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Full text of "Cométographie; ou, Traité historique et théorique des comètes."

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http://www.archive.org/details/comtographieou001ping 


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rilSTORIQUE  EX  THEORIQUE 


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ES   COMETE 


Par  M.  PiNQRÉ,   Chanoine  Régulier  if  Bibliothécaire  de  Sainte- 

Geneviève,    Chancelier  de    rUniverfité  de  Paris , 

de  l'Académie  Royale  des  Sciences, 


Tome    Premier. 


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DE    L^I  M  p  R  I  M  E  RIE     RO  Y  A  L  E, 


M.    DCCLXXXIIL 


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I  N  T  R  O  D  U  C  T  10 

à  VHifloire  des  Comètes* 

J-JES  mouvemcns  des  Planètes  du  premier  ordre  avoient 
été  continuellement  obfervés  depuis  la  naifTance  de  Y Kx- 
tronomie  ;  on  avoit  découvert  dans  le  dernier  fiècle ,  & 
on  avoit  obfèrvé  depuis  ,  les  Planètes  du  fécond  ordre  ; 
Copernic,  Kepler,  Newton  avoient  élevé,  comme  par 
parties ,  l'édifice  d'un  fyflème  général  fondé  fur  les  prin- 
cipes les  plus  fimples  &:  les  plus  folides  ;  les  phénomènes 
les  plus  furprenans  venoient  comme  d'eux-mêmes  iè 
ranger  à  la  fuite  àc  et  iyllème  ;  la  Géométrie  concouroit 
avec  TAflronomie  pour  fonder  les  myftères  de  la  Nature 
ies  plus  nobles  &  les  plus  cachés.  Qui  n'eut  penfé  que 
l'Aflronomie  alloit  bientôt  atteindre  au  point  de  perfec- 
tion dont  elle  efl  fufceptible  !  Hélas ,  pouvons-nous  dire 
au  contraire,  qu'elle  en  efl  encore  éloignée!  -que  le 
nombre  des  Planètes  que  nous  connoiffons  efl  petit  en 
comparaifon  du  nombre  de  celles  dont  nous  ignorons  les 
mouvemens  î  &  combien  s'écoulera-t-il  de  fiècles  avant 
que  l'homme  ait  acquis ,  avant  qu'il  ait  perfeélionné  cette 
connoiiTance  !  Les  Comètes  admirées  autrefois  comme 
des  corps  nouvellement  formés,  reléguées  par  l'igno- 
rance dans  la  clafïe  des  météores,  regardées  avec  effroi 
par  la  fuperflition  ,  comme  f-gnes  de  la  colère  célelle , 
comme   avant  -  coureurs  des  plus  affreux  défaflres  ;  les 

a  7/ 


IJb.  vil, 

Qu.  nat.  c.  I. 


Ihld,  c.  2.    '' 


iv  Introduction. 

Comètes,  dis -je,  font  enfin  généralement  reconnues 
pour  être  des  Aflres  auffi  anciens  que  le  monde  :  ce  font 
autant  d'anneaux  de  la  chaîne  qui  unit  toutes  les  parties 
de  ce  vafte  Univers  :  c'eil  une  nouvelle  branche  de 
l' Aflronomie ,  dont  pre/que  tous  les  rameaux  échappent 
encore  à  nos  regards.  Peut -il  être  un  objet  plus  digne 
de  notre  curiofité  !  «  Non,  en  vérité,  difbit  autrefois 
Sénèque,  je  ne  connois  pas  de  recherche  plus  noble, 
de  fcience  plus  utile  que  ctWç,  qui  fe  propofe  la  connoiA 
fànce  des  Aflres  pour  objet;  mais,  ajoutoit-il,  pour 
perfectionner  cette  fcience ,  n^efl-il  pas  à  propos  d'exa- 
miner fi  la  nature  des  Comètes  diffère  de  celle  des  autres 
corps  céleflesî  fi  nous  réfléchiffons  fur  leurs  mouvemens, 
fur  les  viciffitudes  de  leur  lever  &  de  leur  coucher,  fur 
leur  lumière  &  leur  éclat,  nous  ferons  frappés  de  l'ana- 
logie que  nous  apercevrons  entr'elles  &  ces  autres  corps. 
Il  efl  au  refte  néceffaire  d'avoir  une  hidoire  exa6le  des 
Comètes  qui  ont  paru  autrefois  ;  car  enfin  (c'eft  toujours 
Sénèque  qui  parle)  la  rareté  de  leurs  apparitions  ne  nous 
permet  pas  de  décider  fi  leurs  mouvemens  font  réglés  ; 
nous  ignorons  fi  décrivant  des  orbites  confiantes ,  elles 
doivent  reparoître  dans  des  temps  périodiques  6l  déter- 
minés. »  Nous  ne  doutons  plus  maintenant  de  cette 
vérité.  Une  Comète  a  reparu  au  temps  précis  que  TAf- 
îronomie  &  la  Géométrie  avoient  déterminé  pour  fon 
retour.  La  conféquence  paroît  naturelle  :  les  Comètes 
font  de  même  nature  que  les  Planètes.  Nous  n'en  con- 
noifiTons  encore  qu'une  feule ,  ou  deux  tout  au  plus  : 


Introduction.  t 

nous  entrevoyons  feulement  1  orbite  de  quelques  autres: 
ie  temps,  les  obfervations ,  l'application ,  le  calcul  met^ 
iront  nos  fuccelTeurs  en  état  de  faire  de  plus  grands 
progrès  dans  cette  vaile  carrière.  C'efl  principalement 
dans  la  vue  de  faciliter  leurs  fuccès>  que  j'ai  entrepris  cet 
ouvrage.  Halley  n'annonça  d'abord  que  comme  en  trem- 
blant, le  retour  de  la  Comète  de  1 682.  Il  avoit  cependant 
calculé  la  route  des  Comètes  de  i  j  3  i  &  de  1  607  :  cette 
route  refiembloit  afTez  à  celle  de  la  Comète  de  1682, 
pour  que  l'on  pût  prononcer  avec  afTurance  que  ces  trois 
Comètes  ne  différoient  point  entr'elles,  ou  plutôt  que 
ce  n'étoient  point  trois  Comètes ,  mais  trois  apparitions 
d'une  feule  &  même  Comète.  Mais  Halley  craignoit  de 
s'avancer  trop  :  la  première  période  de  1531a  i  607, 
avoit  été  d'un  an  plus  longue  que  celle  de  1(^0-7  à  1682. 
Halley  feuilleté  les  annales  des  Comètes  ;  il  y  lit  que  les 
années  1456,  1380,  130J  ont  été  marquées  par  des 
apparitions  de  Comètes.  Les  obfervations ,  il  efl  vrai,  iè 
refufènt  au  calcul  ;  mais  le  peu  que  Ton  fait  des  Comètes 
de  1456  <5l  de  1305,  s'accorde  fort  bien  avec  la  théorie 
de  la  Comète  de  1682.  Halley  fe  raffure,  il  ne  doute 
plus  que  ce  ne  foit  la  même  Comète,  dont  les  révo- 
lutions ont  été  alternativement  de  foixante-quinze  &  de 
foixante-feize  ans  :  il  devine  même,  au  moins  en  partie, 
îa  caufe  de  cette  différence  dans  les  temps  périodiques; 
il  conclut  que  la  nouvelle  révolution ,  commencée  en 
11682,  durera  plus  de  foixante-feize  ans  :  fà  conjedure 
efl  appuyée  par  les  calculs  d'un  habile  Géomètre ,  & 


Yj  Introduction. 

confirmée  par  révènement.  Nicolas  Striiyck ,  favantPro- 
feiïeur  de  Mathématiques  en  Hoilande,  de  la  Société 
royale  de  Londres ,  &  Correspondant  de  l'Académie  des 
Sciences  de  Paris,  a  donné  en  1740,  en  hollandois, 
une  hiiloire  générale  des  Comètes ,  bien  plus  exa6le  que 
toutes  celles  qui  avoient  paru  jufqu'alors  ;  il  a  cm  y  dé- 
couvrir plufieurs  retours  de  Comètes ,  &  û  fès  conjeélures 
n'ont  pas  le  même  degré  de  certitude  que  les  prédirions 
de  Halley,  il  faut  au  moins  reconnoître  qu'elles  ne  font 
pas  deflituées  de  toute  vraifemblance. 

Une  connoiffance  générale  des  Comètes  ne  peut  être 
que  d'une  extrême  utilité.  Je  ne  dirai  point  qu'il  y  a 
€u  telle  Comète  qui  parcourpit  en  un  jour  dans  le  ciel 
40  degrés  d'un  grand  cercle  de  la  fphère ,  &  qui  nous 
ofFroit  en  conféquence  le  moyen  le  plus  fur  &  le  plus 
facile  de  déterminer  les  longitudes  terreftres  :  la  rareté 
de  ces  occafions  doit  néceffairement  en  diminuer  le  prix. 
Mais  fuppofons  le  cours  de  toutes  les  Comètes  parfai- 
tement connu  ;  qu'une  d'entr'elies  pafTe  à  une  diftance 
de  la  Terre  beaucoup  moindre  que  celle  de  Mars  &  de 
Vénus  périgées  ;  l'cbièrvation  exaéle  de  fà  parallaxe  fera 
connoître  celle  du  Soleil ,  &  par  conféquent  la  diftance  du 
Soleil  à  la  Terre ,  &  les  diilances  refpeélives  de  toutes  les 
Planètes ,  avec  plus  de  précifion  qu'on  n'en  peut  attendre 
des  obfervations  réitérées  de  Mars  &  de  Venus  faj»  La 

(a)  Ceci  fuppofe  que  le  noyau  de  la  Comète  fera  allez  net  ,  afîez 
exaclenjent  déterminé,  pour  qu'on  puiiTe  obfèrver  Tes  paflages  avec 
une  prccifioa  ruffifante^ 


Introduction.  \ïj 

Chronologie  fera  ftns  doute  auffi  perfecSlionnée  par  une 

Cométographie  exade.    Quels  fecours  ne  retire-t-elle 

pas  des  éclipfes  du  Soleil  &  de  laXune!  les  retours 

périodiques  des  Comètes  bien  déterminés  lui  promettent 

les  mêmes  avantages.  Je  fais  que  les  obfervations  des 

Comètes  avant  le  feizième  fiècle,  font  marquées  au  fceau 

de  la  négligence  la  plus  impardonnable  ;  cependant  elles 

luffifènt  fouvent  pour  reconnoître  les  Comètes.  Je  trouve 

dans  les  hiftoriens  flj,  qu'en  1456  à  la  fin  de  Mai  &  au 

commencement  de  Juin ,  il  parut  une  Comète  ;  que  le 

6  Juin  elle  étoit  vers  le  pied  de  Perfée ,  qu'elle  s'avança 

enfiiite,  contre  l'ordre  des  figues,  vers  la  tête  de  Médufè  ; 

qu'elle  paroiflbit  alors  le  foir  après  le  coucher  du  Soleil  ; 

qu'elle  parut  eniuite  le  matin  avant  fon  lever;  qu'enfin 

on  ceflà  de  la  voir  vers  la  fin  de  Juin  :  cette  defcription 

eft  plus  que  fiifiifante   pour  me  faire    reconnoître   la 

Comète  de  1759,  qui  pafla  en  fon  périhélie  vers  le  S 

Juin.  Si  les  Chronologiftes  font  partagés  fur  l'année  de 

l'apparition,  je  calcule  la  période  félon  la  méthode  de 

Clairaut  ;  le  réfultat  eft  que  la  Comète  a  du  paroître  en 

l'année  1456,  &  que  par  conféquent  c'eft  à  l'année  1456 

qu'il  faut  rapporter  tous  les  évènemens,  qui,  félon  le 

témoignage  des  Hiftoriens,  ont  immédiatement  précédé 

Sl  fuivi  l'apparition  de  cette  Comète. 

Lorfqu'une  Comète   paroît,  l'efTentiel   ejfl  de   hiem 
obferver  fon  cours  apparent  ;  de  ce  cours  apparent  on 


{bj   Voyei  ces  Auteurs  cités  dans  ia  féconde  partie^  fur  i'an  i^jd. 


'i^  i^  ^  n  é  B  ù  cf^ 'fo'-^. 

èBîicfdt:  le  célâfs 'reëT,  mais  dànâ'Xitfe^bfbite  fiaràbolique. 
Si  ce  cdûh  réel  efl  le  mênie  que  celtii  de  quelque 
Comète  pré eééfemrïierït  otfervée  ,  on  prononee  avec 
confiance  qtîe  Ces  deux  Comètes  n'eîi  font  ^qu'une  feule  : 
ie  temps  de  j^  révolution  périodique  efl  connu  :  on  con- 
hoît  donc  le  demi -grand  axe  de  fbn  orbite  ,  &  en 
combinant  ces  connoifTances  avec  les  obfervations ,  on 
peut  découvrir,  par  le  calcul,  la  grandeur,  la  pofition^ 
en  un  mot  tous  les  élémens  de  Tellip/è  que  décrit  la 
Comète.  Ce  fécond  calcul  donnera  des  réfultats  bien 
plus  conformes  aux  obfervations ,  que  ne  pouvoient  être 
ceux  qu'on  avoit  déduits  de  Thypothèfe  d'une  orbite 
parabolique.  Il'  y  â  eu  même  des  Géomètres  qui.  fe  font 
perfuadés  que  les  obforvations  feules  fuffifoient  pour  dé- 
terminer la  nature  dé  la  courbe  que  les  Comètes  décri- 
vent, fans  qu'il  fût  néceffaire  de  connoître  le  temps 
périodique  dé  iêûr  révolution:  leurs  méthodes,  bonnes 
dans  la  théorie,  pâToifîènt  bien  délicates  dans  Texécution, 
i'erreur'd'un  petit  nombre  de  fécondes  dans  fobferva- 
tion,  pouvant  en  occafionner  une  de  plufieurs  fiècles 
dans  le  temps  de  la  révolution. 

Lorfqu'on  attend  une  Comète,  &  qu'il  en  paroît  une, 
l'impatience  nous  faifit  naturellement  ;  on  voudroit  déjà 
fa  voir  fi  la  Comète  qui  paroît  efl  la  même  que  la  Comète 
attendue.  Une  feule  obfèrvation  ou  deux  tout  au  plus, 
fuffifent  pour  s'en  affurer;  le  calcul  n'en  efl  ni  bien 
long,  ni  difficile. 

Une  Comète  a  paru  ;  on  a  calculé  fa  route  dans  une 

orbite 


Introduction.  îx 

orbite  parabolique  :  fes  élémens  fe  trouvent  les  mêmes 
que  ceux  d'une  Comète  antérieurement  obfervée.  Quel 
abîme  de  calculs ,  s'il  faut  fur  nouveaux  frais  déterminer 
fes  mouvemens  dans  l'elîipfe  !  Non ,  cela  n'eft  pas  né- 
ceflaire,  on  peut,  à  beaucoup  moins  de  frais,  réduire  à 
i'ellipfe ,  les  calculs  antérieurement  faits  pour  la  parabole. 

Tels  font  les  principaux  objets  que  je  me  propofè 
dans  cet  Ouvrage  ;  l'hifloire  des  Comètes  &  la  théorie 
des  calculs  néceffaires  pour  déterminer  leurs  orbites.  J'ai 
cru  qu'on  me  fauroit  gré  de  commencer  l'hifloire  des 
Comètes  par  l'hifloire  des  opinions  des  Philofophes  fur 
îa  nature  de  ces  Aflres.  Cette  partie  peut  avoir  fon 
utilité  :  on  conviendra  du  moins  qu'elle  ne  fera  pas  M 
moins  curieufe  de  cette  Cométographie  ;  on  y  verra 
jufqu'où  les  préjugés  d'une  fauffe  philofophie  peuvent 
égarer  l'efprit  humain  :  des  étincelles  de  vérité  fè  feront 
remarquer  au  travers  des  ténèbres  trop  permanentes  de 
i'erreur  ;  la  vérité  même  paroîtra  enfin ,  cWq  fe  manifef- 
tera  comme  par  degrés,  &  les  aiïàuts  qu'on  lui  livrera, 
ne  ferviront  qu'à  rendre  fon  triomphe  plus  éclatant. 

Cet  Ouvrage  fera  divifé  en  quatre  parties. 

Dans  la  première  j'expofèrai  les  progrès  des  connoiA 
fances  humaines  fur  le  lieu  &  la  nature  des  Comètes. 

La  féconde  renfermera  l'hifloire  de  toutes  les  Comètes 
dont  on  trouve  quelque  mention  dans  les  Écrits  des 
Hiftoriens  ou  des  Philofophes. 

Dans  la  troifième  je  traiterai  des  diverfès  queflions 
relatives  aux  Comètes,  comme  de  leur  retour,  des  effets 
Tome  L  b 


X  Introduction. 

qu'elles  peuvent  produire  fur  les  Planètes,  Je  leur  dd- 
tination  ;  enfin  des  phénomènes  &  de  la  nature  de  leurs 
queues  6c  de  leurs   chevelures. 

Enfin ,  la  quatrième  <Sc  dernière  partie ,  roulera  toute 
entière  fiir  la  théorie  du  mouvement  des  Comètes. 

Comme  je  crois  que  les  trois  premières  parties  feront 
à  la  portée  de  tout  le  monde,  &  que  ceux  qui  ne 
s'appliquent  point  particulièrement  aux  Mathématiques, 
peuvent  fe  di/j^enfer  de  lire  la  quatrième  ;  pour  leur 
faciliter  l'intelligence  des  trois  autres ,  je  commence  par 
un  chapitre  préliminaire ,  dans  lequel  j'explique  le  plus 
fommairement  &  le  plus  clairement  qu'il  m'ed  poffible 
ce  qui  regarde  le  fyftème  de  l'Univers, 


TABLE  DES  CHAPITRES. 

V-^HAPITRE  PRELIMINAIRE.  IJee  générale  de  l'Umvers  ; 
Aivîfîon  des  Afîres ,  leurs  mouvemens  ;  hypo- 
thèfes  pour  expliquer  ces  mouvernens»    Page  i 

Première     Partie, 

DocT RIN E  des  Phïlofophes  fur  la  nature  &  le  lien  des 
Comètes , .  .  .  ,      2, 5 

C  H  A  p.  I.  Des  Comètes  en  général ,  &  de  leurs  principaux 
phénomènes Ibid» 

C  H  A  P.  IL  Sentimens  des  anciens  Chaldéens  &  des  anciens 
Egyptiens  fur  la  nature  des  Comètes  .  ,       36 

C  H  A  P.  II L  Faujfes  opinions  des  Grecs  fur  la  nature  des 
Comètes 4,2, 

Chap.  ÏV.  Quelques  Pythagoriciens ,  Diogène ,  Hippocraîe 
de  Chïo  j  Efchïle,  devinent  la  nature  des  Co- 
mètes ;  leur  hypothèfe  efl  perfeâionnée  par 
quelques  Chaldéens  &  par  Apollonius  de 
Mynde  :  fentiment  &  prédiéîion  de  Sénèque» 

53 
Chap.  Y.  Le  fyftème  d'AriJlote  prévaut  ;  on  y  ajoute  des 
opinions  encore  plus  infoutenahles  ;  on  dé- 
daigne d'olferver  les  Comètes  :  état  de 
î' Aftronomie  jufque  vers  la  fin  du  feiiième, 
fiècle ,  .       6© 

Chap.  V  I.  Ohfervations  perfeéîionnées  &  multipliées  ;  ajfauts 
livrés  au  J-eripatétifme.  De  Tycho ,  Mejllin  ^ 
Kepler,  G  a jfendi,  Def cartes  &  autres ,  juj  que 
y  ers  k  milieu  du  dix-feptième  fiècle ,  ,  ,      j^ 


xîj  TABLE. 

Chap.  VII.   ComètesAei6^2,i66^&i66^,SetJiWard 
en  Angleterre ,  Pierre  Petit  en  France ,  Jean- 
Dominique  Cajfini  en  Italie ,  rétabli ffent  le 
fyjîème  d'Apollonius  de  Mynde  fur  la  nature 
des  Comètes 105 

Chap.  VIIÎ.   Syjlème  d'He'vélius  expofé  &  réfute' .  .  .     118 

Chap.  IX.  Grande  Comète  de  1680:  Doérfell  en  explique 
les  mouvemens  d'une  manière  fatisfaifante, 
Syfème  de  Newton  ;  Calculs  &  prédiâion 
d'Halley  ;  travail  de  Clair aut .  ....     143 

Chap.  X.  Nouveaux  fyflèmcs.  Progrès  des  vraies  notions 
furie  mouvement  des  Comètes  dans  l'Académie 
des  Sciences  :  la  théorie  de  Newton  efl  enfin 
généralement  admije 162 

Seconde     Partie. 

Histoire  générale  des  Comètes .  ............    180 

Quelques  notions  générales  fur  la  Chronologie  &  l'Aflronomie 
Chinoife i  ^  i 

Table  des  Citations  abrégées ,  employées  dans  l' Hifloire  générale 
des  Comètes,  &  leur  fgnif  cation  .  ,  ,  .    201 

Sectio.n.  I.  Hifloire  générale  des  Comètes  dont  l'apparition 
a  précédé  l' Ère  Chrétienne .    244 

Section  IL   Hifloire  des  Comètes  qui  ont  paru  durant  les 
./  '  feiip  premiers fiècles  de  l'Ère  Chrétienne.,   283 

Supplément  à  l' Hifloire  précédente 5  6 y 

Supplément  aux  notions  fur  la.  Chronologie ^&  T Ajlronomie  des 
Chinois . 5  (58 

COMÉTOGRAPHÏE. 


COMETOGRAPHIE. 


wm.iMxm.'mmuytmt-itj^-y.mEm 


CHAPITRE    PRÉLIMINAIRE. 

Idée  générale  de  l'Univers;  Dïvifion  des  Ajlres; 

Mouvernens    auxquels    Us  paroîjfent   ûjjujeitis  ; 

Hypothèfes  pour  expliquer  ces  inouvemens, 

J_j'Univers,  àhs  fà  liai  (Tance ,  offrit  aux  hommes  un 
ipeélacle  digne  d'attention  ;  ie  ciel  ,  jfèmé  d'une  multitude 
innombrable  d'Aflres,  piqua  bientôt  fans  doute  la  curiofitér 
on  ne  tarda  pas  à  s'apercevoir  que  la  connoiiTance  du  ciel 
ne  fèroit  pas  moins  utile  qu'agréable.  Deux  Aftres  fe  faifoient 
fur-tout  diftinguer  par  leur  grandeur  &  par  leur  éclat  :  le 
Soleil ,  par  fa  préfence ,  éclairoit  &  échaufFoit  la  Terre  ;  il 
fut  bientôt  reconnu  pour  principe  de  la  lumière  &  de  la 
chaleur;  la  fucceffion  périodique  de  fa  préfence  &  de  fou 
abfence,  diflingua  naturellement  le  temps  du  travail  &  celui 
du  repos ,  le  jour  &  la  nuit. 

La  lumière  de  la  Lune  efl  plus  douce;  elle  ne  paroît  pas 
un  globe  de  matière  embrafée ,  comme  le  Soleil;  fa  blancheur 
fait  tout  fon  éclat.  Le  Soleil  préfide  au  jour;  la  Lune  ne 
préfide  point  avec  autant  d'exaditude  à  la  nuit;  elle  difpai'oît 
quelquefois  entièrement,  mais  ce  n'efl  que  pour  très-peu  de 
jours  ;  bientôt  on  la  voit  reparoître  le  foir ,  du  côté  de 
l'Occident,  en  forme  de  croiffant  très-délié  :  ce  croiffant  fè 
remplit  de  jour  en  jour;  la  Lune  devient  ronde;  elle  éclair^ 
Tome  I.  A 


2  Système 

toute  la  nuit  :  on  dit  alors  qu'elle  eft  pleine.  Le  plein  Je  îa 
Lune  dure  peu;  fa  rondeur  s'altère  bientôt:  tile  redevient 
croiiîànt  ;  on  ne  ia  voit  plus  que  le  matin  vers  i'Orient  : 
enfin  on  ceiïe  abfolument  de  ia  voir,  &  l'on  dit  alors  qu'elle 
eii  nouvelle.  D'une  nouvelle  Lune  à  la  nouvelle  Lune  fuivanîe  ^ 
il  y  a  environ  vingt-neuf  jours  &  demi  :  cette  révolution 
a  donné  nailTance  à  la  diflinélion  à^s  mois  ;  car  les  Anciens 
ne  connoiffoient  guère  que  les  mois  lunaires,  ils  les  compo- 
foient  alternativement  de  vingt-neuf  &  de  trente  jours. 

Tous  les  autres  Allres ,  répandus  dans  fimmenfité  de 
l'efpace ,  font  nommés  Etoiles.  Ils  ne  font  pas  tous  d'un 
même  éclat;  il  en  eft  qui  fe  font  diilinguer  par  une  lumière 
plus  vive  ;  on  dit  qu'ils  font  de  ia  première  grandeur.  Les 
autres  Étoiles  font  ainfi  diftiuguées  par  ordre  de  grandeurs , 
jufqu'à  la  huitième  grandeur  inclufivement;  les  plus  petites 
font  nommées  télefcopiques ,  parce  qu'on  ne  peut  l^s  découvrir 
à  la  vue  fimple,  il  faut  emprunter  le  fecours  dçs  lunettes  ou 
éQs  téiefcopes. 

Le  ciel  nous  paroît  exaélement  rond,  comme  fi  ce  n'étoit 
qu*une  boule  ou  une  fphère  immeniè ,  de  laquelle  nous  ne 
pourrions  cependant  voir  que  la  moitié.  Nous  jugeons  ia 
Terre  au  centre  de  cette  fphère  ;  les  Aftres  nous  lemblent 
fuipendus  à  ia  circonférence  :  quelques  Philolophes  ont 
réellement  prétendu  qu'ils  y  étoient  attachés  à  peu -près 
comme  àts  clous  pourroient  l'être  à  une  voûte.  Si  nous 
nous  en  rapportons  au  témoignage  de  nos  fens ,  tous  ces 
aftres,  d'un  mouvement  commun  &  uniforme,  (ont  emportés 
d'orient  en  occident  autour  de  la  Terre  dans  i'eiJ3ace 
d'environ  un  jour  naturel  ou  vingt -quatre  heuref.  Il  y  a 
feulement  cette  différence ,  que  les  cercles  qu'ils  décrivent 
ne  font  point  égaux ,  vu  qu'ils  font  parallèle^  entr'eux. 
Quelques  Aftres  ont  leur  mouvement  dans  un  grand  cercle 
de  la  iphère  (d);  au-delà  &  en-deçà,  les  cercles  du  mouvement 


(a)    Un  cercle  tel  qu'en  fuivant  fa  trace,  on  couperoit  la  fphère  en  deux 
parties  parfaitement  égales,  fe  nomme  grand  cercle  de  la  fphère» 


DE     l'   U  N  I  r   E  R  S,    ~  3 

Jes  autres  Aflres   diminuent  ;   ils  deviennent  d'autant  pîus 
petits ,  qii'iii  s'écartent  plus  du  grand  cercle  de  part  &  d'autre  ; 
ils  fe  réduiient  enfin  en  deux  points  également  diflans  du 
grand   cercle  :  ces   deux  points   font  appelés    les  pôles  du 
monde  ;  une  ligne   droite,   qu'on  fuppofe   tirée   d'un   pôle 
à  l'autre ,  en  palîant  par  le  centre  de  ia  Terre ,   efl  dit  axe 
du  monde,    &  ie  grand  cercle    efl   nommé  équateur.    On 
peut  facilement  concevoir  tout  ceci ,  en  marquant  fur  une 
boule  deux  points   diamétralement  oppofés  ,   qui   tiendront 
iieu  de  pôles  ;  d'autres  points  placés  indiftincflement  fur  la 
fuperficie  de  ia  boule  repréfenteront  les  Ailres  :  que  par  les 
deux  pôles  on  fixe  cette  boule  entre  les  pointes  d'un  tour, 
&  que  l'on  mette  le  tour  en  jeu  ;  il  efl  clair  que  dans  le 
même  efpace  de  temps,  chaque  point  marqué  fur  la  fuper- 
ficie décrira  un  cercle  d'autant  plus  petit  qu'il  fera  plus  voifin 
d'un  àç^s  pôles;  d'autant  plus  grand  qu'il  fera  plus   éloigné 
de  l'un  &  de  l'autre  :  les  points  qui  feront  à  égale  diflance 
de  l'un  &   de  l'autre  pôle ,   décriront  le  plus  grand  cercle 
polTible,  &  c'efl  ce  cercle  qui  tiendra  lieu  d'équateur. 

Comme  ce  mouvement  général  àe^  Aflres  d'orient  en 
occident  fê  fait  dans  fefpace  d'un  jour  ou  de  vingt-quatre 
heures ,  on  l'a  appelé  mouvement  journalier  ou  mouvement 
diurne  (h). 

Le  Soleil  étant  dans  féquateur  vers  le  2  i  Mars,  il  décrit 
le  grand  cercle  de  i'équateur  par  fon  mouvement  diurne  ; 
mais  on  a  remarqué  qu'il  s^w  écartoit  fenfiblement  en  peu 
de  jours  :  fon  cercle  de  mouvement  diurne  diminue  ;  ii 
approche  du  pôle  feptentrional  :  le  jour  qui  étoit  égal  à  la 
nuit,  le  21  Mars,  augmente  en  longueur  (c) ;  cet  accroif^ 
fement  dure  jufque  vers  le  2  1  Juin  ;  les  jours  ceffent  alors 
d'augmenter;    ie   Soleil   s'éloigne   du   pôle,  retourne   vers 


(b)  Diurnus  en   latin,    lignifie 
journalier, 

(c)  J'écris  dans  un  pays  fepten- 
triona.1;  &  fi  l'on  me  fait  l'honneur 
de  lire  mon  Ouvrage,  ce  fera  plutôt      des  premiers  Aftronomes 

A  ij 


en -deçà  de  I'équateur  qu'au-delà. 
Ceux  qui  demeureront  au  -  delà , 
peuvent  fe  fuppofer  en  France,  ou 
s'ils  veulent ,   en  Chaldée ,  demeure 


4  S  r  s  T  È  M  £ 

i'éqiiateur,  &  décrit  de  pius  grands  cercles.  Le  23  Septembre 
ie  jour  a  teilement  diminué  qu'if  eft  devenu  égal  à  la  nuit: 
le  Soleil  a  regagné  l'équateur  ;  tout  eft  au  même  état  qu'au 
2. 1  Mars.  Les  jours  continuent  enfuite  de  diminuer;  le  Soleii 
s'écarte  de  l'équateur,  mais  du  côté  de  l'autre  pôle  ou  du 
pôle  auftral  ;  les  cercles ,  qu'il  décrit  chaque  jour ,  deviennent 
plus  petits ,  jufque  vers  le  2 1  Décembre.  Alors  les  jours 
font  les  plus  courts  de  l'année;  mais  bientôt  ils  recommencent 
à  croître  :  le  Soleil  s'écarte  du  pôle,  &  retourne  à  l'équateur; 
il  s'y  retrouve  vers  le  2  i  Mars. 

Ces  différentes  variations  du  mouvement  diurne  du  Soleil 
ont  occafionné  la  diftinélion  des  quatre  faifons.  La  pofition 
du  Soleii  dans  léquateur  fè  nomme  e^uhwxe  ;  ce  terme  eft 
originairement  latin,  il   fignifie  égûlite  de  mût;  la  nuit  en 
eftèt  fe  trouve  alors  égale  au  jour.    Les   deux  plus   petits 
cercles,  que  le  Soleil  décrit  en  fes  deux  plus  grandes  diftances 
de  l'équateur ,  /ont  appelés  tropj(]ues  ;  ce  terme  eft  grec ,  ii 
peut  fe   traduire  par  cercle  de  retour  ;  lorfque  le  Soleil  eft 
arrivé   à  un  àes  tropiques ,    il  retourne  ve^'s  l'équateur.  La 
pofition  du  Soleil  dans  un  des  tropiques  eft  woinmée  folflïce ; 
ce  terme  latin  fignifie  flatïon  du  Sokiî.  Le  Soleil  en  effet , 
qui  traver/e  rapidement  l'équateur,  femble  s'arrêter  piufieurs 
jours   à  chaque  tropique  :  depuis   le  17  jufqu'au  25  Juins 
&  pareillement  depuis  le  17  jufqu'au  25  Décembre,  nous 
ne  nous  apercevons  pas  d'un  changement  bien  fenfible  dans 
îa  durée  du  jour  ou  de  la  nuit.    L'équinoxe  du  20  ou  du 
a  I  M^rs ,  eft  nommé  équinoxe  de  printemps  ;  &  celui  du  22 
ou  23    Septembre,  équinoxe  d'automne:  le  folftice  du  21 
Juin  eft  z^^elé  foljUce  d'été;  &  celui  du  2  i  D écemhve  fol/lice 
d'hiver:  ces  deux  équinoxes  &  ces  deux  folftiees  commencent 
les  faifons  dont  ils  portent  le  nom  :  la  coileélion  des  quatre 
fiifons  forme  l'année.  Il  étoit  naturel  de  commencer  l'année 
par   un  de   ces    points  principaux  ;   cependant   notre  ufage 
aduel  eft  de  la  commencer  dix  ou  onze  jours  après  le  folftice 
d'hiver. 

La  coutume  de  divifer  le  temps   en   femaines ,  ou  en 


DE      L*    U  N  I   V   E  R  S.  5 

révolutions  périodiques  de  fept  jours ,  a  été  toujours  prefque 
univerfeilement  reçue  :  cet  ul'age  efl  û  arbitraire  qu'il  auroit 
rtéceffairement  varié ,  s'il  n'eût  été  fondé  fur  quelque  raifoii 
de  fait;  on  en  trouve  une  bien  naturelle  dans  le  premier 
chapitre  de  la  Genèiè. 

Le  jour  naturel,  c'elT:-à-dire ,  compofé  du  jour  &  de  îa 
nuit,  fe  divife  en  24  heures;  une  heure  en  60  minutes; 
une  minute  en  60  fécondes;  on  pourroit  auffi  divifer,  mais 
par  la  penfee  feulement,  une  féconde  en  60  tierces.  Ces 
divifions  font  pareillement  arbitraires^  on  a  probablement 
choifi  ces  nombres ,  parce  qu'ils  peuvent  facilement  fe  divifer 
en  plufieurs  parties  égaies  :  on  peut  en  prendre  la  moitié, 
ie  tiers,  le  quart,  la  fixième  partie,  &c. 

Lorfqu'un  Aftre,  pai*  fon  mouvement  diurne,  commence 
à  paroître,  on  dit  qu'il  fe  lève,  qu'il  monte  fur  l'horizon; 
pareillement  on  dit  qu'il  fe  couche  ou  qu'il  defcend  fous 
l'horizon  lorfqu'il  ceffe  de  paroître.  L'horïipn  ell  le  grand 
cercle ,  qui  lepare  la  moitié  du  ciel  que  nous  voyons  de 
celle  que  nous  ne  voyons  pas. 

Le  point  du  ciel  qui  efl  immédiatement  au-deflus  de 
notre  tête,  fe  nomme  i/nith ;  ce  terme  a  été  emprunté  des 
Arabes.  Si  l'on  fuppofe  un  grand  cercle  qui  paffe  par  le  zénith 
&  les  pôles  du  monde ,  ce  cercle  fera  appelé  méridien.  Le 
méridien  divife  en  deux  également  la  partie  de  tous  \q% 
cercles  de  mouvement  diurne,  qui  efl:  au-defîiisde  l'horizon; 
en  conféquence,  lepaffage  d'un  Aflre  par  ce  cercle  détermine 
ie  milieu  du  temps  de  fon  apparition.  Un  Aflre  doit-il  être 
quatorze  heures  fur  l'horizon  ;  on  peut  affurer  qu'il  s'écoulera 
iëpt  heures  depuis  fon  lever  jufqu'à  ion  pafîàge  par  le  méridien  j 
&  fept  autres  heures  depuis  ce  palfage  julqu'à  fon  coucher  (d). 
Il  eft  facile  de  conclure  que  le  palfage  du  Soleil  par  le 
méridien  détermine' la  moitié  du  jour  ou  l'heure  de  midi. 

On  conçoit  que  les  habitans  de  la  Terre  étant  épars  fur 


(d)  On  croit  pouvoir  ici  ne  pas  faire  attention  à  une  petite  diiférencê 
qu'occafionne  quelquefois  le  changement  de  décîinaifon. 


6  Système 

toute  fa  fiirface ,  on  doit  voir  dans  les  difFérens  pays  les  pôles 
diverfement  élevés.  Lorfque  ies  pôles  ne  font  pas  fitués  dans 
l'horizon  même ,  mais  que  l'un  des  deux  étant  élevés  fur 
l'horizon  ,  4'autre  eft  abailîe  delîbus  ;  on  doit  voir  en  entier 
les  cercles  du  mouvement  diurne  ,  qui  font  moins  éloignés 
du  pôle  élevé  que  ce  pôle  ne  l'elt  de  l'horizon  :  les  Allres 
qui  décriront  ces  cercles  nous  feront  continuellement  vifibles  ; 
ils  pafferont  deux  fois  par  le  méridien ,  une  fois  en  leur  plus 
grande  hauteur  au-delTus  du  pôle,  Sl  une  féconde  fois  en  leur 
plus  grand  abailTement  au-delfous  du  pôle.  Au  contraire  nous 
ne  verrons  jamais  les  Aftres,  qui  feront  plus  près  du  pôle  abaiffé 
fous  l'horizon ,  que  ce  pôle  ne  i'ell:  de  l'horizon  même. 

Le  Soleil  revient  au  méridien  dans  chaque  efpace  de 
vingt-quatre  heures.  On  a  dû  bientôt  s'apercevoir  que  tous 
ies  Ailres  n'étoient  pas  fujets  à  cette  loi  :  les  Etoiles  n'em- 
ploy oient  pour  la  plupart  que  2  3  heures  5  6  minutes  environ 
à  faire  leur  révolution  :  il  arrive  de -là  que  le  Soleil  paroît 
répondre  liicceirivement  à  diverles  parties  du  ciel  étoile. 
S'il  paiïè  un  jour  au  méridien  au  même  inftant  qu'une  Etoile , 
il  y  paiïe  le  lendemain  4.  minutes  environ  plus  tard  :  ces 
Étoiles  confervent  perpétuellement  entr'eiles  la  même  difpo- 
fition ,  les  mêmes  diftances  ;  mais  le  Soleil  en  couvre  fuccef^ 
fivement  piufieurs  ;  il  s'approche  d'elles  par  un  mouvement 
d'occident  en  orient ,  contraire  par  conféquent  au  mouvement 
diurne  de  toute  la  machine.  On  remarqua  qu'il  employoit 
un  an  à  revenir  au  même  point  du  ciel ,  d'où  il  fembloit 
être  parti  :  ce  mouvement  particulier  du  Soleil  fut  appelé 
.. mouvement  propre,  par  oppofition  au  mouvement  diurne, 
qui  étoit  commun  à  tous  les  Aftres, 

Nous  avons  dit  que ,  depuis  un  équinoxe  jufqu'au  fblilice 
fuivant,  le  Soleil  s'écartoit  de  i'équateur  vers  un  des  pôles, 
&  qu'il  retournoit  enfuite  à  i'équateur  :  nous  avons  ajouté 
que  les  cercles  que  le  Soleil  paroiffoit  décrire  par  fon  mouve- 
ment diurne,  dans  Ces  plus  grandes  digreffions  de  I'équateur, 
ctoient  appelés  tropiques.  Cela  pofé,  on  a  imaginé  dans  le 
ciel  un  cercle  qui  coupoit  obliquement  i'équateur  en  deux 


DE    l'  Univers.  7 

points  dîamétraiement  oppofcs  ,  &  qui  sç:Vi  écartoit  de  part 
&  d'autre  jufqu'aux  tropiques  :  ce  cercle  fut  nommé  édiptïqiie , 
parce  que  ies  éciipfes  de  Lune  &  de  Soleii  n'ont  iieu  que 
iorfque  la  Lune  eii:  dans  le  voifinage  de  ce  cercle.  Les  deux 
points  où  i'éclipîique  coupe  i'équateur,  ont  été  tellement 
ehoifis ,  que  le  Soleil  fe  rencontre  réellement  en  l'un  de  cqs 
points ,  à  i'iniiant  de  chaque  équinoxe  :  au  moment  des 
iblftices ,  il  fe  trouve  au  point  où  i'écliptique ,  touchant  un 
à^s  tropiques,  efl  en  une  de  Tes  plus  grandes  diilances  de 
I'équateur.  Les  quatre  points  principaux  de  i'écliptique  font 
nommés  po//;/j  équinoxiaux  è^  points  folftiîïaiix ,  ils  diflinguent 
Iqs,  quatre  faiibns.  .  _ 

La  Lune  avoit  un  mouvement  propre,  trop  fenfible  polir 
n'être  pas  bientôt  aperçu:  on  connut  qu'elle  revenoit  dans 
la  même  partie  du  ciel ,  &  qu'elle  achevoit  fa  révolution 
autour  de  la  Terre  en  vingt -fept  jours  &  demi,  dans  le 
même  fens  que  le  Soleil,  c'eft-à-dire,  d'occident  en  orient. 
Mais  on  s'aperçut  auffi  qu'elle  s'écartoit  de  I'équateur ,  tantôt 
plus,  tantôt  moins  que  ie  Soleil;  ou,  ce  qui  revient  au 
même,  que  fon  orbite,  c'ell-à-dire;,  le  cercle  qu'elle  décrit, 
coupe  I'écliptique  en  deux  points  oppofés ,  &  s'en  écarte  de 
part  &  d'autre  d'environ  5  degrés»  Les  points  où  l'orbite  de 
la  Lune  coupe  I'écliptique  lont  appelés  nœuds  :  ils  font  fujets 
à  variation. 

On  s'aperçut  bientôt  que  parmi  ies  étoiles  il  y  en  avoit 
cinq  qui  varioient  de  lieu,  ou  de  difpofition  avec  les  autres: 
on  les  nomma  Planètes ,  ou  Etoiles  errantes  ;  car  telle  efl  la 
fignifïcation  du  terme  Planètes ,  qui  eft  originairement  grec. 
Le  Soleil  &  la  Lune  furent  mis  au  nombre  à^s,  Planètes: 
on  donna  des  noms  particuliers  aux  cinq  litres» 

Mercure  eu  la  plus  petite  de  toutes,  11  tourne  en  un  an 
autour  de  la  Terre:  fon  mouvement  eft,  aijifi  que  celui  des 
quatre  autres  Planètes,  d'occident  en  orient.  îl  ell  difficile 
de  le  découvrir,  parce  qu'il  s'écarte  peu  du  Soleil.  Lorique 
l'on  peut  le  voir,  il  n'efl  guère  poifible  de  ie  diflinguer 
d'une  Etoile  de  ia  première  grandeur. 


8  Système 

Vénus  furpaiTe  en  éclat  tous  les  autres  Aflres ,  excepté  îe 
Soleil  &  la  Lune  ;  elle  étincelle ,  comme  îa  plupart  des 
étoiles,  c'eft-à-dire ,  que  fa  lumière  n'eft  point  iixe;  elle 
fèmble  trembloter;  elle  lance  comme  des  éclats  de  feu,  qui 
le  rallentiiîent  &  le  redoublent  fucceiïivement;  elle  s'écarte 
du  Soleil  plus  que  Mercure  ;  elle  paroît  le  matin  à  i'orient 
durant  fîx  à  lept  mois;  elle  fe  perd  enfuite  dans  les  rayons 
du  Soleil;  elle  eft  invifible  pendant  cinq  à  fix  mois;  elle 
reparoît  le  foir  à  l'occident ,  &  eft  encore  vifible  durant 
fix  à  fèpt  mois  :  enfin  elle  fe  perd  encore  une  fois  dans  les 
rayons  du  Soleil;  elle  y  refte  cachée  quinze  jours  ou  un 
mois  au  plus,  pour  reparoître  enfuite  le  matin  comme 
auparavant  :  cette  période ,  en  fa  totalité ,  eft  de  dix-neuf  à 
vingt  mois  ;  d'ailleurs  la  révolution  apparente  de  Vénus 
autour  de  la  Terre  eft  d'un  an,  l'un  portant  l'autre. 

Mars  fait  fa  révolution  en  près  de  deux  ans.  Il  s'éloigne 
du  Soleil,  de  manière  à  lui  être  quelquefois  diamétralement 
oppofé.  On  peut  affez  facilement  le  reconnoître  dans  le  ciel; 
il  étincelle  peu ,  ou  même  point  du  tout  ;  fa  lumière  n'efl 
point  blanche,  mais  rougeâtre;  il  varie  en  éclat. En  oppo- 
fition  avec  le  Soleil,  il  égale  prefque  Jupiter;  lorfqu'ii  eft 
plus  près  du  Soleil ,  on  le  prend  à  peine  pour  une  étoile  de 
îa  première  grandeur. 

Jupiter  varie  aufti  en  grandeur,  mais  beaucoup  moins  que 
Mars,  il  peut  être  oppofé  au  Soleil;  fa  révolution  eft  de 
près  de  douze  ans  ;  oh  le  reconnoît  facilement  :  prefque  aufti 
éclatant  que  Vénus,  il  n'étincelle  pas  comme  elle;  fa  lumière 
eft  blanche  Sl  mate. 

Saturne  achève  la  révolutîbn  en  vingt-neuf  ans  &  demi. 
II  s'écarte  du  Soleil  autant  que  Mars  &  Jupiter  ;  on  le 
confond  facilement  avec  les  étoiles  de  la  première  grandeur  : 
M  eft  cependant  facile  de  l'en  diflinguer  par  là  couleur  pâle 
&  livide ,  &  parce  qu'il  n'étincelle  point  du  tout. 

Le  mouvement  des  Planètes  n'eft  pas  uniforme;  celui  du 
Soleil  &  de  la  Lune  eft  tantôt  plus  lent ,  tantôt  plus  prompt  : 
911  remarque  que  plus  le  mouvement  de  l'un  ou  de  l'autre 

eft 


DEL*  Univers,  9 

efl  précipité,  plus  l'Aflre  paroît  grand;  &  ii  diminue  de 
grandeur  apparente ,  à  proportion  que  ie  mouvemeiit  le 
ralentit.  On  en  a  conciu  que  la  diilance  de  i'Allre  à  la  Terre 
lî'étoit  pas  toujours  la  même.  Le  lieu  de  ia  plus  grande 
proximité  de  l'Aflre  à  la  Terre  eft  nommé  le  périgée  de  cet 
Aftre  ,  &  le  lieu  de  fon  plus  grand  éloignement  en  eil 
^apogée  :  ces  termes  font  d'origine  grecque;  ils  fignifient , 
près  de  la  Terre ,  loin  de  la  Terre. 

Les  autres  Planètes  font  bien  plus  irrégulières  dans  leur 
mouvement  apparent  :  dans  leur  apogée ,  elles  précipitent 
leur  mouvement  d'occident  en  orient  ;  on  dit  alors  que 
leur  mouvement  eft  dire6l.  Lorfqu'elies  approchent  de  leur 
périgée,  elles  font /latio/maires ;  c'elV à-dire ,  qu'elles  femblent 
n'avoir  aucun  mouvement,  elles  n'avancent  ni  ne  reculent; 
enfin  vers  leur  périgée  même,  leur  mouvement  eu  rétrograde; 
elles  retournent  fur  leurs  pas  d'orient  en  occident,  jufqu'à 
ce  qu'elles  aient  paffé  leur  périgée;  elles  redeviennent  alors 
une  ièconde  fois  flationnaires ,  &  reprennent  peu  après  leur 
direction  naturelle.  On  a  remarqué  que  les  rétrogradations  de 
Mars ,  Jupiter  &  Saturne  eoneouroient  toujours  avec  leur 
oppofitlon  au  Soleil,  &  que  ces  trois  Planètes  accéléroient 
d'autant  plus  leur  mouvement  direél ,  qu'elles  approchoient 
davantage  de  leur  conjonétion  avec  le  Soleil.  Comme  Vénus 
&  Mercure  s'écartent  trop  peu  du  Soleil ,  pour  être  en 
oppofition  avec  lui,  ces  deux  Planètes  font  direéles  dans 
ieur  conjonétion  avec  le  Soleil ,  rétrogrades  dans  la  con- 
jonélion  fuivante ,  direéles  dans  la  troifième  conjonélion , 
rétrogrades  dans  la  quatrième ,  &  ainfi  de  fuite  dans  un 
ordre  confiant. 

Les  Planètes  ne  fuîvent  pas  précifément  i'écliptîque  ;  elles 
s'en  écartent  de  part  &  d'autre ,  les  unes  plus ,  les  autres  moins; 
leur  orbite  coupe  cependant  i'écliptique  en  deux  points 
oppofés  ,  que  fon  appelle  leurs  nœuds.  Toutes  les  Planètes 
n'ont  pas  les  mêmes  nœuds  ;  chacune  a  Iç^s  fiens  particuliers  ; 
i'un€  traverfera  f écliptique  vers  les  points  écjuinoxiaux ,  fautre 
y^rs  les  points  Iblfliciaux.  Pour  renfermer  le  cours  de  toutes 
Tome  L  B 


.10  ^    s  Y  s    T  è  M   E 

\qs  Planètes  JaDS  un  même  efpace ,  on  sq^  avifé  d'élargir 
i'écliptlqoe  de  part  &  d'autre  ;  on  en  a  fait  comme  une  erpèop 
de  ceinture,  à  laqueiie  on  a  donné  le  nom  de  loàiaque  ; 
*  c'eft  encore  un  terme  emprunté  du  grec ,  &  qui  fignifie 
forte-animaux.  Nous  verrons  bientôt  qu'on  s'eft  figuré  difFé- 
rentes  efpèces  d'animaux  fur  toute  Ja  longueur  du  zodiaque. 
L'écliptique  divife  la  largeur  du  zodiaque  en  deux  parties 
égales;  on  y  rapporte  le  mouvement  de  toutes  \qs  Planètes, 
&.  l'on  regarde  le  point  équinoxial  du  printemps  comme  le 
premier  point  de  l'éciiptique.  A  commencer  de  ce  point, 
on  divife  l'écliptique,  comme  tous  Xq^  autres  cercles,  en 
260  degrés  ou  parties  égales  ;  chaque  degré  petit  fe  divifer 
en  60  minutes,  &  chaque  minute  en  60  fécondes.  La  dif- 
tance  d'une  PLmète  au  point  équinoxial  du  printemps , 
mefurée  lur  l'écliptique,  eft  nommée  longitude  de  cette  Planète; 
fa  latitude  eft  fa  diflance  à  l'éciiptique  :  la  longitude  fe  compte 
toujours  d'occident  en  orient  ;  la  latitude  fè  compte  de 
i'éclipiique  vers  les  pôles,  &  elle  fe  nomme  feptentnonale 
ou  auflrak  ,  fuivant  qu'elle  tend  vers  le  pôle  feptentrionai 
ou  vers  le  pôle  aulbal.  Ainfi ,  lorfque  ion  dit  qu'une  Planète 
a  200  degrés  de  longitude,  &  3  degrés  &  demi  de  latitude 
feptentrionaie ,  cela  lignifie,  qu'en  comptant  d'occident  en 
orient,  il  y  a  2,00  degrés  ou  parties  de  l'écliptique, 
depuis  le  point  équinoxial  du  printemps,  juiqu'au  point  de 
I'éclipiique  le  plus  voilin  de  cette  Planète;  que  la  dillance  de 
cette  Planète  au  point  le  plus  voifin  de  l'écliptique ,  eil 
égale  à  trois  degrés  &.  demi ,  ou  à  trois  parties  &:  demie  de 
l'écliptique  ;  &  qu'enhn  la  Planète  s'écarte  de  l'écliptique  du 
côté  du  pôle  feptentrionai. 

Pour  compter  plus  facilement  les  longitudes,  on  a  divife 
l'écliptique  &  le  zodiaque  en  douze  panies  égales,  que  l'on 
nomme  fignes.  Ainii ,  un  figne  n'eil  autre  chofe  qu'une 
douzième  partie  du  zodiaque;  chaque  figne  a  par  coniéqueijî 
30  degrés,  puifque  le  zodiaque  en  a  douze  fois  30  ,  ou  j  60  : 
on  a  donné  à  ces  fignes  des  noms  d'animaux,  &  c'efl  de-Ià 
que  ie  zodiaque  a  tiré  ion  nom.  Le  premier  figne  a  toujours 


DE    l'  Univers,  iï 

commencé,  6l  commencera  toujours  au  point  équinoxiai  du 
printemps,  que  ion  appelle  auffi  feâion  du  Bélier,  parce  que 
ce  premier  ligne  fe  nomme  le  Bélier  ;  les  autres  ,  en  allant 
toujours  d'occident  en  orient,  font  le  Taureau ^  les  Gémeaux , 
l'ÉcrevijJe,  le  Lion,  la  Vierge,  la  Balance,  celui-ci  efl:  le 
feul  qui  ne  porte  point  un  nom  d'animal ,  le  Scorpion ,  le 
Sagittaire,  le  Capricorne ,  le  Verfeau  &  les  Poijfons.  Ainfi , 
au  lieu  de  dire  qu'une  Planète  a  200  degrés  de  longitude, 
on  dira  qu'elle  ell:  en  20  degrés  du  feptième  Signe  ou  de  la 
Balance  ;  car  \qs  180  autres  degrés  font  précifément  la  valeur 
de  6  Signes ,  ou  fix  fois  3  o  degrés. 

Les  Étoiles  ,  qu'on  a  jugé  n'avoir  aucun  mouvement 
propre ,  ont  été  appelées  Etoiles  fixes  :  on  peut  déterminer 
leur  longitude  &  leur  latitude ,  comme  on  détermine  celles 
dQS  Planètes. 

Pour  diflinguer  les  Planètes,  on  leur  a  donné  à^s  noms; 
il  n'étoit  pas  ïi  facile  de  fe  procurer  le  même  avantage  par 
rapport  aux  Étoiles  fixes  ;  on  ne  peut  les  diflinguer  par 
leur  mouvement  particulier;  elles  n'en  ont  point;  plufieurs 
ont  la  même  grandeur  &:  le  même  éclat  ;  enfin ,  elles  font 
en  fi  grand  nombre ,  que  les  noms  qu'on  leur  auroit  donnes , 
n'auroient  pu  manquer  de  furcharger  la  mémoire  de  la 
plupart  des  Agronomes.  Voici  le  moyen  ingénieux  qu'on 
a  imaginé  :  on  a  féparé  les  Etoiles  en  plufieurs  amas  ;  &  ces 
amas  ont  été  appelés  Conftellations  ;  ce  terme  fignifie  amas 
d'Etoiles  :  on  a  donné  des  noms  d'hommes ,  d'animaux  , 
d'inflrumens  ,  &c.  à  ces  Conflellations.  Après  avoir  repré- 
fenté  fur  un  globe  les  Étoiles  que  l'on  voit  au  ciel ,  en 
obfervant ,  comme  de  raifon ,  les  proportions  de  leurs  dif- 
tances  refpeélives ,  tant  entr'elles  qu'à  l'égard  de  i'écliptique , 
on  a  tracé  fur  ce  globe  les  figures  des  Conftellations ,  relati- 
vement aux  noms  qu'on  leur  avoit  donnés  :  on  étoit  convenu , 
par  exemple,  de  donner  le  nom  de  Lion  à  un  certain  amas 
d'Étoiles  ;  fur  le  globe,  on  a  repréfenté  un  lion ,  qui  com- 
prenoit  tout  cet  amas.  Après  cette  opération ,  il  s'eft  trouvé 
dans  la  région  du  coeur  de  ce  lion  une  belle  Étoile  de  la 

Bi; 


12  Système  . 

première  grandeur  ;  on  l'a  appelée  cœur  du  Uon  :  d'autres 
Étoiles ,  relativement  à  leur  fituation  repréfentative  fur  cette 
même  figure,  ont  été  nommées  queue  du  lion,  œil  du  lion, 
cou  du  lion ,  &  ainfi  àes  autres.  Je  ne  fais  pas  pourquoi 
cette  partie  du  Ciel  a  été  appelée  lion  ^  plutôt  que  tigre  ou 
mdifon  ;  mais  je  fais  que  cette  invention  eft  d'un  ufage 
très-commode  pour  diftinguer  les  Etoiles ,  pour  connoître 
]e  Ciel.  Sur  Terre  nous  avons  plufieurs  états ,  plufieurs 
royaumes  ;  au  Ciel  nous  diftinguons  plufieurs  Conllellations  ; 
chaque  royaume  a  {t%  provinces  ;  chaque  Conftellaîion  i^^ 
parties  :  dans  chaque  province  on  remarque  à^s  villes ,  àt% 
bourgs,  à^i  villages,  àQ?>  hameaux;  dans  chaque  partie, 
par  exemple,  dans  la  jambe  d'une  Conflellation,  on  diftingue 
des  Étoiles  de  différente  grandeur  „  l'une  au  genou  ,  l'autre 
au  gras  de  la  jambe,  une  troifième  à  la  cheville  du  pied ,  &c» 

Pour  mieux  diftinguer  les  Étoiles  d'une  même  Conflellation, 
Jean  Bayer,  Aftronome  d'Au (bourg ,  imagina,  vers  le  com- 
mencement du  dix-feptième  fiècle ,  de  leur  affigner  à  chacune 
une  àti  lettres  de  l'alphabet.  Celle  que  Bayer  a  regardée 
comme  la  plus  brillante  d'une  Conflellation ,  a  été  défignée 
par  la  première  lettre  de  l'alphabet  grec  ;  ia  féconde  lettre 
du  même  alphabet,  a  été  afhgnée  à  celle  que  Bayer  a  jugé 
mériter  cet  honneur  ;  lorfque  l'alphabet  grec  a  manqué , 
i'alphabet  latin  y  a  fuppîéé.  Bayer  n'a  peut-être  pas  toujours 
bien  jugé  à^s  grandeurs  ;  mais  fon  invention  étoit  trop 
utile  pour  ne  pas  devenir  d'un  ufage  général. 

On  diflingue  les  Confleilations  en  trois  claflès  ;  les  unes 
font  nommées  ipdiacales ,  les  2>.\\Xxes  feptentrionales ,  les  der- 
nières aujîraJes.  Les  Conftellations  zodiacales  font  au  nombre 
de  douze;  elles  portent  les  mêmes  noms  que  les  fignes  du 
zodiaque,  elles  n'en  étoienî  pas  même  autrefois  diflinguées: 
mais  on  sQik  aperçu  que  les  Etoiles  s'éloignoient  àQs  points 
équinoxiaux  par  une  révolution  d'occident  en  orient,  laquelle 
s'accompliffoit  dans  l'elpace  d'environ  vingt-cinq  mille  ans; 
cette  révolution  n'efl  point  un  mouvement  propre  &  réel 
des  Étoiles  ;  car  les  Étoiles  faes ,  généralement  parlant ,  font 


D  E      L'   U  N  I   V  E   R  s,  13 

iixes;  ce  ne  font  pas  elles  qui  s'éloignent  réellement  du 
point  équinoxial  du  printemps  ;  c'eil  plutôt  ce  point  équi- 
noxiai  qui  s'éioigne  d'elles  dans  un  fens  contraire  &  rétro- 
grade, c'ef[-à-dire ,  d'orient  en  occident,  &  c'efl  ce  qu'on 
appelle  préceJjJofi  des  équïnoxes.  Il  ne  faut  donc  pas  confondre 
le  figne  du  Bélier  avec  la  conflellation  du  Bélier  :  le  figne  du 
Bélier  eil  une  douzième  partie  du  zodiaque,  qui  commence 
préciiément  au  point  équinoxial  du  printemps ,  Se  qui  fë 
termine  à  3  o  degrés  à  l'orient  de  ce  point  :  la  conflellation 
du  Bélier  eft  un  amas  d'Étoiles  vers  le  zodiaque;  cet  amas 
fe trouvoit autrefois  dans  le  figne  du  Bélier,  mais  il  fe  trouve 
à  préfent  prefque  tout  entier  dans  le  figne  du  Taureau, 
Celte  équivoque  ne  peut  occafionner  d'erreur;  en  la  fuppri- 
mant,  on  rifqueroit  de  ne  plus  entendre  les  Auteurs  anciens; 
on  prend  le  parti  de  la  laifier  fubfjfler.  La  conflellation  du 
Bélier  va  donc  parcourir  tous  \qs  fignes  du  zodiaque;  il  fe  paffera 
.vingt- deux  à  vingt^trois  mille  ans  avant  qu'elle  fe  retrouve 
dans  le  figne  dont  elle  porte  le  nom  :  alors  l'équivoque  ceflera 
pour  recommencer  bientôt.  Mais  combien  d'autres  changemens 
pourront  avant  ce  temps  déranger  la  prédiélion  ! 

Les  Conflellations  fèptentrionales  font  celles  que  l'on  a 
imaginées  dans  la  partie  du  ciel  qui  eft  au  ieptentrion  du 
zodiaque;  &  pareillement  celles  qui  font  au  iiid  du  zodiaque, 
portent  le  nom  de  Conjîelldtions  aujlrales* 

Voilà  à  peu-près  ce  que  les  Anciens  ont  d'abord  connu 
du  ciel  ;  voilà  ce  qu'ils  ont  imaginé  pour  en  rendre  l'étude 
plus  facile.  Comment  toutes  ces  connoifTances  fe  font-elles 
développées  \  Quels  ont  été  dans  les  premiers  fiècles  du 
monde  les  progrès  de  l'Aflronomie  !  C'ell  ce  qu'on  ne  décidera 
pas  fans  doute  facilement.  Josèphe  l'hillorien  (e) ,  rapporte 
l'invention  de  l'Aftronomie  aux  petits-fils  du  Patriaixhe  Seîh  j, 
fils  d'Adam.  Selon  cet  auteur ,  ces  petits-fils  de  Seth ,  craignant 
que  leurs   connoiffances  aftronomiques  ne  tombaiïent  dans 


(e)   Antiq.  liv.  I,  chap,  m.  Veidlejr  réfute  fort  bien  Josèphe,  Hifi^ 
Ajiron,  liy.  II  ;  n.  ^ 


I  ^  Système 

l'oubli  ,  gravèrent  leurs  découvertes  fur  deux  colonnes^, 
dont  une  (iibfiftoit  encore  du  temps  de  Jofeph» 

II  paroît  certain  que  ies  Chaldéens  &:  les  Égyptiens  ont 
cuitivé  l'Adronomie  de  très-bonne  heure;  mais  je  crois 
qu'on  auroit  maintenant  bien  de  la  peine  à  trouver  des  gens 
aiïez  crédules  pour  ajouter  foi  aux  fabies  que  l'on  a  débitées 
fur  l'antiquité  de  leurs  obfervations.  Les  Chaldéens  les  faifoient 
remonter,  au  rapport  de  Cicéron  (f),  jufqu'à  quatre  cents 
foixante-ciix  mille  ans  ;  lèlon  Diodore  de  Sicile  (g) ,  lorfque 
Alexandre-le-Grand  s'empara  de  Babylone,  ils  le  vantoient 
d'obferver  le  Ciel  depuis  quarante-trois  mille  ans  feulement, 
ou  depuis  quarante -huit  mille  huit  cents  foixante- trois  ans, 
félon  Diogène-Laè'rce  (h), 

Du  peu  de  monumens  qui  nous  refient  de  la  fcience  des 
anciens  Chaldéens,  il  nous  fera  facile  de  conclure,  comme 
on  le  verra  Partie  r\  chapitre  ii ,  qu'ils  n'ont  pas  fu  tirer 
parti  de  leurs  obfervations ,  &  que  leur  propre  honneur  efl 
intérelTé  à  ce  qu'on  leur  difpute  l'ancienneté  dont  ils  pré- 
tendent décorer  leur  Aflronomie  :  nous  porterons  à  peu-près 
le  même  jugement  de  la  (cience  àtï>  Egyptiens. 

Les  Grecs  étudièrent  l' Agronomie  en  Egypte  &en  Chaldée: 
ils  ne  fe  contentèrent  pas  d'obferver  \^s  mouvemens  des  Aftres; 
ils  tentèrent  de  réduire  leurs  connoiffances  en  fyflèmes.  Ils 
fuivoient  fans  doute  en  cela  l'exemple  de  leurs  maîtres  ;  mais 
ils  perfeélionnèrent  probablement  les  fyflèmes  Egyptiens  & 
Chaldéens  ;  peut-être  aulfi  les  abandonnèrent-ils  mal-à-propos. 
On  attribue  aux  Egyptiens  d'avoir  découvert  que  Mercure 
&  Vénus  faifoient  leur  révolution  autour  du  Soleil  :  il  ne 
paroît  pas  que  les  Grecs  aient  reconnu  cette  vérité  fi  niani- 
fefle;  la  plupart  ont  fait  tourner  ces  Planètes  autour  de  la 
Terre.  Ce  n  efl  point  mon  defîèin  de  m'étendre  ici  fur  \qs 
découvertes  &  fur  les  imaginations  àts  Philofophes  grecs; 


(f)    De  Divin,  lib.  I ,  cap.  XIX, 
{gj    Livre  II,  chapitre  VIII. 
(h)  In  Proœmio, 


DEL'  Univers.  15 

un  voiume  fuffiroit  à  peine  pour  expliquer  &  pour  réfuter 
les  hypothèfes,  par  lelqueiies  ils  ont  prétendu  rendre  raifon 
i\Q$  difTérens  mouvemens  ,  àçs  différens  phénomènes  que 
nous  avons  ci  -  deffus  remarqués  dans  \çs  Aftres.  Il  en  ell 
d'ailleurs  plufieurs ,  entre  ces  fyflèmes  ,  que  je  me  ferois 
fcrupule  de  tirer  de  l'oubli  ;  mais  je  ne  puis  me  difpenfer 
de  donner  une  légère  idée  dts  trois  principaux  fyllèmes  du 
monde  :  cela  me  paroît  au  moins  très-utile  pour  entendre  ce 
que  j'ai  à  dire  d^s  Comètes.  Cependant ,  il  faut  auparavant 
dire  un  mot  des  nouvelles  découvertes. 

Vers  la  fin  du  leizième  fiècie ,  TAf^ronomle  étoit  encore 
au  berceau:  quiconque  favoit  ce  que  j'ai  dit  ci -deffus  Aqs 
mouvemens  d.Qs  Aflres,  devoit  paiîer  pour  Aftronome;  ce 
qu'on  y  ajoutoit  de  plus  ,  n'éîoit  qu'un  fatras  de  rêveries 
Âflrolcgiques ,  ou  d'hypothèfes  inventées  fans  raifon,  multi-- 
pliées  lans  nécefiité ,  débitées  avec  effronterie ,  crues  fur  le 
fondement  feui  de  l'autorité  :  1  ignorance  étoit  prefcjue  pré- 
férable à  celte  fciencea  Tycho  commença  à  débrouiller  ce 
chaos.  Vers  le  commencement  du  fiècle  lui  vaut,  on  inventa 
les  lunettes  d'approche  ou  télefcopes.  On  découvrit  quatre 
petites  Planètes  autour  de  Jupiter,  &  dans  le  même  fiècfe 
on  en  découvrit  cinq  autour  de  SatLirne  :  on  appela  ces 
Planètes  qui  tournent  autour  d'une  autre ,  Planètes  fécond 
daires  ou  Satellites.  On  s'aperçut  que  Vénus  3c  Mercure 
étoient  lujets  aux  mêmes  phales  que  la  Lune;  c'efl-à-dire  ^ 
qu'ils  n'étoient  pas  toujours  ronds  ou  pleins  ,  mais  que  leur 
dilque  paroifîoit  quelquefois  en  croillant  comme  celui  de  la. 
Lune,  &  que  pour  lors  ils  étoient  beaucoup  plus  gros  que 
dans  leur  plein:  on  en  conclut  non- leuiement  que  ces 
Planètes  recevoient  leur  lumière  du  Soleil  ,  ce  qui  n'étoit 
point  contefté;  mais  encore  qu'elles  failoient  l'une  &  l'autre 
leur  révolution  autour  du  Soleil  &  non  point  autour  de  la 
Terre  ;  vérité  qui  n'étoit  point  encore  généralement  reconnue. 
On  obierva  que  Mars  ,  vers  fa  conjonétion  &  vers  fon 
oppohiion,  paroifîoit  en  fon  plein;  en  d'autres  fituations, 
fa   rondeur  s'altère   un  peu  :   il  fut  même   déAiiontié  que. 


\ 


i6  Système 

cette  Planète ,  en  Ton  oppofition  au  Soîeil ,  efl  pîus  voîfme 
de  la  Terre  que  le  Soieii,  On  diftingua  des  taches  fur  le 
Soieil,  la  Lune,  Jupiter,  Mars  Se  Vénus:  Mercure,  trop 
voifin  du  Soleil  ;  Saturne ,  trop  éloigné  de  la  Terre ,  n'ont 
point  encore  offert  le  môme  lpe6lacle.  De  ces  taches  on  a 
conclu  que  les  Planètes  font  des  corps  raboteux  ,  entre» 
coupés  de  montagnes  &  de  vallées,  à  peu -près  tels  que  la 
Terre  que  nous  habitons.  Ces  taches  nous  ont  encore  procuré 
ia  connoifîance  d'une  autre  vérité  ;  c'eft  que  ces  Altres 
tournent  continuellement  fur  leur  axe ,  comme  une  boule 
que  l'on  feroit  tourner  ou  pirouetter  entre  les  pointes  d'un 
tour  :  ce  mouvement  eft  appelé  mouvement  Je  rotation,  pour 
le  dilîinguer  de  celui  par  lequel  une  Planète  change  de  lieu 
dans  le  Zodiaque,  &  qui  eft  appelé  mouvement  de  tranjlatïoit 
ou  de  révolution.  Le  Soleil  paroît  tourner  en  vingt-fepî  jours 
environ  ;  dans  la  réalité,  fa  rotation  s'accomplit  en  vingt- 
cinq  jours  &  demi  ;  celle  de  la  Lune,  en  vingt- fept  jours 
&  demi;  celle  de  Vénus ,  en  23  heures  20  minutes;  celle 
de  Mars,  en  24  heures  40  minutes;  celle  de  Jupiter  enfin, 
en  p  heures   ^6  minutes. 

Claude  Ptolémée  fîeuriffbit  à  Alexandrie  en  Egypte ,  fous 
i  empire  d'Adrien  &.»fous  celui  de  Tite  Antonin  ;  il  paiîe 
pour  avoir  ofé  le  premier  réduire  l'Aftronomie  en  corps  de 
fyftème  :  des  connoifîances  fupérieures  à  celles  de  tous  les 
Aflronomes  qui  f  avoient  précédé  ,  le  flattoient  fans  doute 
du  fuccès.  Outre  qu'il  poifédoit  les  obfervations  d'Hipparque , 
célèbre  Aflronome  de  Nicée  en  Bithynie,  qui  vivoit  trois 
cents  ans  environ  avant  lui ,  il  en  avoit  fait  lui-même  un  grand 
nombre  avec  un  foin  ,  avec  une  précifion  inconnue  peut- 
être  jufqu'alors  ;  il  fe  perfuada  que  la  comparaifon  de  ces 
obiervations  lui  fuffiroit  pour  pénétrer  ie  fecret  de  la  Natures 
il  (e  trompa  ;  il  lui  manquoit  bien  d^s  fecours  néceifaires^ 
D'ailleurs  ,  un  fyflème  fondé  fur  une  Phyfique  auiîi  peu 
faine  que  celle  de  Ptolémée  ,  ne  pouvoit  manquer  de  s'écrouler 
bientôt;  il  le  foutint  néanmoins  quelque  temps,  par  l'imbé- 
^Hité  d^^  difcipks  de  ce  grand  homme:   ceux-ci  crurent 

apparemment 


D    E      L'   U  N   I    V    E    R   s.  in 

apparemment  que  ie  privilège  de  penfer  n'avoît  jamais  pu 
être  accordé  qu'à  Ariftoîe  &  à  Ptoiémëe»  Le  fyilème  tomboit 
en  ruine  ;  chaque  nouvelle  découverte  en  fappoit  le  fon- 
dement :  ils  n'osèrent  rebâtir;  ils  fe  contentèrent  d'étayer; 
mais  il  efl  facile  de  juger  fi  de  tels  Architeéles  iavoient  cboifir 
à^s  étais  bien  folides.  Je  vais  expofer  ce  fyftème,  tel  qu'il 
étoit  encore  en  vigueur  vers  la  fin  du  feizième  fiècle  :  le 
(jftème  le  plus  fimple  ,  par  lequel  on  peut  expliquer  les 
opérations  de  la  Nature ,  efl  fans  doute  le  meilleur  ;  on  va  voir 
que  jamais  Mécanicien ,  ignorant  &  préfomptueux ,  n'a  fait 
MWQ  machine  fi  compofee  que  le  monde  de  -Ptolémée. 

La  Terre  &  l'Eau  font  immobiles  au  centre  de  l'Univers  : 
ia  fphère  de  i'air  entoure  la  Terre;  elle  eft  divifée  en  trois 
régions;  la  baile,  que  nous  refpirons  ;  la  moyenne,  qui  ell 
extrêmement  froide;  &  la  haute ,  qui  eft  plus  pure  &  moins 
froide.  Autour  de  i'air  eft  la  région  du  feu  :  ce  feu  nous  efb 
snvifible;  mais  fur  ia  parole  d'Ariftote,  nous  devons  croire 
<^ï\  exiile»  Toute  cette  partie ,  excepté  la  Terre ,  efl  fluide , 
&  par  conféquerit  fufceptible  de  génération  &  de  corruption; 
c*e(l-à-dire,  qu'il  peut  %'y  former  de  nouvelles  produélions, 
&:  que  \qs  anciennes  peuvent  être  détruites.  Les  Cieux ,  dans 
iefquels  nous  allons  entrer  ,  font  inaltérables ,  folides ,  tranf^ 
parens  comme  le  criflal  le  plus  pur  :  le  premier  Ciel  efl 
celui  de  la  Lune;  il  efl;  (uivi  de  ceux  de  Mercure ,  de 
Vénus ,  du  Soleil  &"  de  Mars.  Cela  pôfé ,  nous  ne  pourrions 
voir  Mercure,  ni  Vénus  au-delà  du  Soleil,  &  ilell:  certain 
que  nous  les  y  voyons  :  Mars  ne  (eroit  pas  quelquefois  plus 
près  de  la  Terre  que  le  Soleil ,  &  c'efl  cependant  ce  que 
les  obfervations  ont  conflaté.  Quelques-uns  ont  placé  \qs 
Cieux  de  Mercure  &  de  Vénus  au-delà  de  celui  du  Soleil; 
mais  ia  difficulté  refle  la  même,  puifque  qqs  deux  Planètes 
ne  parohTent  pas  feulement  au-delà  du  Soleil ,  mais  aufîi 
fouvent  en -deçà  :  d'ailleurs  ,  ia  di.Hculié  auguiente  pour 
Mars.  Au-delà  du  Ciel  de  Mars ,  Ptolémée  place  les  Cieux 
de  Jupiter  &  de  Saturne ,  &  un  feut  Ciel  pour  toutes  les 
Etoiles  fixes  :  celui-ci  efl  appelé  Firmament.  Le  firmament 
Tgme  I,  -  ~  C 


1 8  Système. 

efl  entouré  Je  deux  Cieux  tranfparens,  qui  ne  portent  aucune 
Étoile,  &  auxquels  on  a  donné  le  nom  de  CryffdUïiis ;  le 
tout  efl:  environné  du  Premier  Mobile ,  au-delà  duquel  plu- 
lieurs  ont  placé  KEmpyrée  ou  le  féjour  à^$  Bienheureux: 
tous  ces  Cieux  jufqu'au  premier  mobile  font  ibiides ,  comme 
nous  l'avons  dit;  ils  fe  touchent,  ils  font  par -tout  d'une 
égale  épailTeur  ;  ils  font  en  coniequence  concentriques  à  la 
Terre,  c'efl-à-dire  qu'ils  ont  tous  la  Terre  pour  centre: 
voilà  le  fyftème. 

Voici  maintenant  comment  on  explique  \qs  mouvemens 
èiÇ:^  Aflres  dans  ce  fyflème  :  le  premier  mobile  efl  emporté 
rapidement  d'orient  en  occident  dans  l'eipace  de  23  heures 
5  6  minutes  4  fécondes  ;  &  par  une  vertu  qu'il  eft  difficile 
de  concevoir,  il  communique  le  même  mouvement  à  tous 
ies  Cieux  inférieurs.  Outre  ce  mouvement  général ,  toujours 
égal,  toujours  uniforme,  chaque  Ciel  en  a  un  particulier, 
qui  efl:  ordinairement  contraire  au  premier  ;  un  cryftallin  fe 
balance  très-lentement  du  midi  au  leptenlrion,  du  fepten- 
trion  au  midi;  &  l'autre  en  fait  autant  de  l'orient  à  l'occidentj 
de  l'occident  à  l'orient ,  l'un  &  l'autre  communique  fon 
balancement  au  firmament  :  ce  jeu  a  été  inventé  long-temps 
après  Ptolémée,  pour  rendre  railon  de  quelques  phénomènes 
qui  lui  étoient  inconnus.  Le  firmament  fait  fa  révolution 
d'occident  en  orient  en  trente -fix,  félon  d'autres  en  vingt- 
cinq  mille  ans  :  le  Ciel  de  Saturne  achève  la  fienne  en  vingt- 
neuf  ans  ci  demi,  celui  de  Jupiter  en  douze  ans,  cekii  de 
Mars  en  deux  ans;  ceux  du  Soleil,  de  Vénus  &  de  Mercure 
en  un  an,  celui  de  la  Lune  en  vingt-fept  jours  &  demi  :  cçs 
Cieux  en  tournant  ainfi  ,  emportent  les  Aftres  qui  y  font 
fermement  attachés  &  comme  cloués. 

Pour  expliquer  l'apogée  &  le  périgée  du  Soleil  &  de  fa 
Lune ,  ainfi  que  l'apogée  ,  le  périgée ,  \qs  direél:ions  ,  \qs 
ftations,  \^s  rétrogradations  à^s  Planètes,  Ptolémée  a  divife 
l'épaiffeur  de  chaque  Ciel  en  trois  parties  :  la  partie  du  milieu 
efl:  excentrique  à  la  Terre,  c'efl-à-dire  qu'elle  n'a  pas  la  Terre 
pour  centre  ;  elle  en  eif  plus  éloignée  d'un  côté ,    étant  à  la 


DE    l'  Univers,  ip 

partie  fupérîeure  de  fon  Ciel  ;  elle  en  efl  pius  voifme  de 
l'autre ,  vu  qu'elle  fe  trouve  alors  à  la  partie  inférieure  de 
ce  même  Ciel  ;  c'efl  une  elpèce  de  couliiïë  à  laquelle 
Ptolémée  a  donné  le  nom  di  Excentrique.  Cela  Jie  fuîTifoit 
pas  ;  dans  cet  excentrique  ,  il  a  encore  fallu  travailler  une 
efpèce  de  boule  ou  de  cerceau ,  auquel  on  a  donné  le  nom 
aÉpïcycJe  :  c'eft  à  cet  épicycle  que  la  Planète  efl;  attachée. 
L'épicycle  roule  dans  l'excentrique  ;  celui-ci  coule  dans  fon 
Ciel  :  le  Ciel  efl:  emporté  en  ^^ws  contraire  par  le  premier 
mobile.  Je  n'expliquerai  pas  plus  au  long  cette  belle  doc- 
trine ;  ceci  doit  fuffire  pour  concevoir  combien  ^Vi.^  doit 
être  embarrafîante  &  embarrafTée  :  j'ajouterai  leulement  que 
ce  fyrtème  n'explique  pas  tout  ,  malgré  k  multiplicité  de 
QQi  reflorts.  On  pourroit  ablolument  fauver  les  phénomènes 
de  Vénus  &  de  Mercure;  mais  dans  l'hypothèfe  de  la  foli- 
dité  à^s  Cieux  ,  il  fera  toujours  impolîible  d'expliquer 
comment  Mars  peut  defcendre  au-dellbus  du  Ciel  à\x  Soleil: 
je  pa(îe  au  fyflème  de  Copernic. 

Ce  fyllème  efl  ancien.  Phiiolaiis  de  Crotone ,  difcipîe 
de  Pylhagore,  Ariflarque  de  Samos,  peut-être  Pythagore 
iui-même  &  plufieurs  autres  Anciens  ,  avoient  placé  le  Soleil 
au  centre  de  l'Univers:  félon  eux,  la  Terre  doit  être  mife 
au  nombre  des  Planètes.  Ce  fyftème  pouvoit  être  conforme 
à  la  raifon;  mais  il  fembloit  contraire  aux  témoignages  des 
ièns  :  il  fut  combattu ,  anathématifé  (i),  oublié.  Nicolas 
Copernic,  Chanoine  de  Fravenberg dans  la  PrufTe  Poionoiie, 
déièlpérant  d'allier  d'une  manière  fatisfaifante  les  phéno- 
mènes céleftes  avec  l'hypothèfe  de  l'immobilité  de  la  J  erre, 
entreprit  de  rétablir  le  fyflème  de  Phiiolaiis.  L'ouvrage 
dans  lequel  il  i'expofe ,  fut  imprimé  pour  la  première  fois  à 
Nuremberg  en  i  543  ;  il  ell  dédié  au  Pape  Paul  IIÏ.  Copernic 
mourut  la  même  année  :  il  eut  peu  de  feélateurs  dans  le 
feizième    iiècie.    Les   découvertes    faites    au   fiècle   fuivant, 

(i)    Arillarque   fut  accufé  d'impiété    par   Cléanthes  ,    pour   avoir   ofé 
déplacer  les  Dieux  tutélaix-es  de  l'Univers   &  Velia.   Plut,  in  fragm,  (U 
fade  in  orbe  Lunw, 

C  ii 


20  Système 

pulvérisèrent  le  fyflème  de  Ptoiémée ,  &  parurent  une  fuilQ 
naturelle  de  celui  de  Copernic.  Ce  dernier  fyflème  eut  en 
conféquence  pour  défenfeurs  les  Aflronomes  les  plus  célèbres, 
ies  Phyficiens  les  plus  éclairés  :  on  auroit  honte  aujourd'hui 
de  (outenir  férieufement  l'immobilité  de  la  Terre. 

Dans  le  fyûème  de  Copernic  ,  perfe61ionné  par  Newton  , 
les  Cieux  font  fluides,  ou  plutôt  ils  ne  forment  qu'un  grand 
elp^vce,  incapable  d'oppofer  la  moindre  réfiilanoe  au  mou- 
vement des  corps  qui  le  traverfent.  Le  Soleil  n'a  aucun 
mouvement  feniible  ;  il  tourne  ieulement  fur  ion  centre  en 
vingt-cinq  jours  &  demi  :  le  Soleil  efl:  le  centre ,  ou  plutôt 
un  foyer  commun  des  orbites  de  toutes  les  Planètes.  L'orbite 
des  Planètes  n'eft  pas  tout- à-fait  circulaire,  mais  elliptique; 
ie  lieu  de  l'orbite  où  une  Planète  eft  dans  fa  plus  grande 
proximité  du  Soleil,  le  nomme  Pénhélie  ;  le  point  oppofé 
eft  appelé  Aphélie  :  ces  termes ,  grecs  d'origine  ,  figniiient 
près  du  Soleil ,  loin  du  Soleil.  La  i'ianèie  également  diilante 
de  fon  aphélie  ^  de  fon  périhélie  ,  efl  dite  être  en  fes 
moyennes  diflanees. 

Six  Planètes  tournent  autour  du  Soieil  ,  d'occident  en 
orient,  en  des  temps  d'autant  plus  grands,  que  leurs  moyennes 
diflances  du  Soleil  lont  plus  grandes  :  ces  fix  Planètes  lont 
Mercure,  qui  lait  la  révolution  en  quatre-vingt-huit  jours; 
Yénus ,  en  deux,  cents  vingt-quatre  jours  dix-huit  heures; 
la  Terre,  en  un  an;  Mars,  en  un  an  &  trois  cents  vingt- 
deux  jours;  Jupiter,  en  onze  ans  &  trois  cents  treize  jours; 
&  Saturne  en  vingt-neuf  ans  &  cent  cinquante-cinq  jours. 
Le  plan  de  l'orbiîe  que  décrit  la  PeTre,  le  nomme  écliptique  : 
les  orbites  des  autres  Planètes  coupent  l'éclipîique  en  deux 
points  oppofés,  qu'on  appelle  Nœuds  de  ia  Planète.  Au-delà 
de  Saturne  lont  \es  Etoiles  hives ,  qui  lont  autant  de  Soleils, 
autour  deiquels  peuvent  tourner  des  Planètes  qui  nous  font 
inconnues  :  celle  oe  toutes  les  Étoiles  qui  efl  le  plus  près 
de  nous  ,  efl  cependant  fi  éloignée  ,  que  le  double  de  la 
diflance  du  Soleii  à  la  Terre  n'efl  qu'un  point  en  comparaifoîi 
de  la  diilance  de  cette  Étoile, 


DE      L'   U  N   T    V  E   R   S.  2  1 

La  iTsérne  ici  qui  emporte  les  Planètes  autour  du  Sofeif, 
peut  faire  tourner  dçs  Planètes  ieconciaires  ou  d^s  Satellites 
autour  d'une  Planète  principale  ;  ainli  la  Lune ,  Sateiliie  de 
la  Terre,  tourne  autour  d'elle  en  vingt-iept  jours  &  demi. 
Jupiter  a  quatre  Satellites  &  Saturne  cinq.  Jupiter ,  Saturne 
&  la  Terre  font  les  plus  groiîes  Planètes;  on  n'a  point  encore 
découvert  de  Satellites  autour  de  Vénus  ,  de  Mars  &  de 
Mercure  ;  il  eil:  probable  que  ces  trois  petites  Planètes  n'en, 
ont  point.  La  même  proportion  qu'on  remarque  entre  \qs 
moyennes  diflances  des  Planètes  au  Soleil  ,  &  les  temps 
qu'elles  emploient  à  achever  leurs  révolLitions  ,  s'obferve 
pareillement  à  l'égard  de  plufieurs  Satellites  qui  tournent 
autour  d'une  même  Planète. 

La  plupart  des  Planètes  &  le  Soleil  lui-mêmie  ont  cer- 
tainement un  mouvement  de  rotation  fur  leur  axe;  il  n'y  a 
donc  aucune  abfurdité  à  attribuer  à  la  Terre,  ainfi  qu'à  ion 
atmofphère  ou  à  l'air  groffier  qui  nous  environne ,  un  mou- 
vement pareil  d'occident  en  orient,  dans  l'efpace  de  23  heures 
56  minutes  4  fécondes':  ce  mouvement  ne  le  fait  pas  dans 
i'écliptique  même  ;  l'axe  de  la  Terre  fur  lequel  le  fait  le 
mouvement  ,  efl  incliné  à  I'écliptique  ( k).  On  remarque 
une  femblable  inclinaifon  dans  l'axe  du  Soleil  &  dans  celui 
des  autres  Planètes. 

Voilà  tout  l'eîTentiel  du  fyflème  de  Copernic  :  il  efl  bien 
fimple  ;  il  fuiht  cependant  pour  rendre  railon  de  tous  les 
phénomènes  ;  ils  en  font  une  fuite  néceffaire.  La  Terre 
tournant  fur  elle-même  d'occident  en  orient,  le  Soleil,  les 
Planètes ,  les  Etoiles  ,  en  un  mot  tout  ce  qui  eit  hors  de 
notre  atmofphère ,  doit  paroître  tourner  en  lens  contraire  : 
ainfi,  tranfportés  vers  f orient  par  le  mouvement  d'un  bateau, 
nous  nous  imaginons  preique  que  \qs  objets  fitués  fur  le 
rivage,  font  emportés  vers  l'occident  par  un  mouvement 
oppofé.   La  Terre   faifant  fa  révolution  autour  du  Soleil  en 

(k)  C'eft-A-dîre  penché  vers  I'écliptique:  foii  E  C ,  figure  i,  I'éclip- 
tique, l'axe  de  la  Terre  ne  fera  point  O X^  qui  efl  droit  ou  perpendiculaire 
fw  EC f  mais  AX^  ^ui  eft  penché  ou  incliné  du  côic  de  C, 


22  Système 

un  an ,  ie  Soîeîi  doit  nous  paroître  faire  la  fienne  autour  de 
nous  dans  ie  même  temps  &  dans  ie  même  fens  :  ies  varia- 
lions  du  mouvement  à^s  Planètes,  leurs  dire(îlions,  flations, 
rétrogradations  ;  leur  apogée ,  ieur  périgée ,  tout  cela  n'eft 
qu'une  fuite  naturelle  du  fyllème  :  ie  mouvement  très-fimple 
de  la  Terre,  combiné  avec  le  mouvement  très -fimpie  des 
autres  Planètes  ,  doit  néceffairement  produire  cqs  déran- 
gemens  apparens.  Les  ennemis  \gs  plus  déclarés  de  ce 
iyflème  ,  font  convenus  qu'il  étoit  impolTible  d'expliquer 
plus  heureufement  cqs>  phénomènes. 

On  propofa  contre  ce  fyflème  àes  difficultés  plus  puériles 
que  foiides.  On  objeéla  que  nous  ne  nous  apercevions  pas 
du  mouvement  de  la  Terre;  c'efl:  parce  que  ce  mouvement 
eft  très -uniforme  :  on  ne  s'aperçoit  du  mouvement  des 
voitures  que  par  les  balancemens ,  les  cahots,  ies  inégalités 
auxquelles  il  eil  fujet  ;  le  mouvement  d'un  Vaifîeau  efî; 
înfenfîble  hors  ie  cas  du  roulis  ou  du  tangage.  On  ajouta 
que  nous  avions  donc  la  tête  tantôt  en  haut  &  tantôt  en  bas; 
cette  difficulté  pou  voit  embarraller  dans  le  temps  où  l'on 
ïgnoroit  que  nous  euffions  à^s  Antipodes,  Mais ,  dit-on , 
à  quoi  fert  cet  efpace  immenfe  que  nous  fbmmes  obligés 
d'admettre  entre  Saturne  &  les  Etoiles  l  on  répondoit  que 
l'ignorance  où  l'on  étoit  de  i'ufage  de  cet  eljiace  ,  n'étoit 
pas  une  raiion  fuffifante  pour  en  nier  l'exiflence:  on  répondra 
dorénavant  que  i'ufage  de  cet  efpace  eft  de  contenir  une 
infinité  de  Comètes  ,  tant  celles  qui  tournent  autour  de 
notre  Soleil  que  celles  qui  font  leur  révolution  autour  des 
Étoiles  fixes. 

L'objeélion  la  plus  Ipécieufe  que  l'on  ait  propofee ,  efî: 
tirée  à^s  Livres  faints  :  on  a  prétendu  que  l'immobilité  de 
la  Terre  avoit  été  confacrée  par  TElprit  de  vérité.  Il  a  été 
facile  de  répondre  que  cet  Elprit  de  iàgeffie  n'a  point  pré- 
tendu nous  donner  des  leçons  de  Phyfique  &:  d' Agronomie; 
il  déclare  lui-même  (l)  avoir  abandonné  le  monde  à  nos 

(l)   Ecclef.  JII,   II, 


DEL*  Univers,  ±^ 

recherches  :  fe  propofant  d'enfeigncr  ,  de  ccrriger  ,  de 
reprendre,  d'inflruire  de  ce  qui  peut  conduire  à  la  piété  & 
à  la  JLîflice  {mj  ;  û  Toccafion  s'efl  préfentée  de  parler  des 
fecrets  de  la  Nature  ,  il  s'ell  en  quelque  forte  abaiiié  à  la 
portée  de  ceux  qu'il  vouloit  inftruire,  à  la  manière  de  penfèr 
de  ceux  qu'il  daignoit  infpirer,  UEgliie ,  fidèle  dépofitaire 
de  la  Foi  ,  ennemie  nécelîàire  de  toute  nouveauté  qui 
pourroit  y  donner  atteinte  ,^  craignit  d'abord  ;  elle  arrêta  la 
promptitude  de  quelques  Ecrivains  :  elle  crut  fans  doute 
cette  précaution  néceflàire ,  pour  empêcher  que  les  foibles 
ne  fuifent  fcandaiifés.  Mais  on  s'efl  familiarile  depuis  avec 
ie  fyfcème  ;  de  nouvelles  découvertes  lui  ont  concilié  le 
plus  grand  degré  de  certitude;  ie  danger  d'ailleurs  a  ceffé: 
î'Eglife  ne  s'oppofe  plus  à  ce  fyftème  ;  elle  permet  que, 
dans  ie  centre  même  de  la  Religion  ,  on  le  foutienne ,  au 
moins  comme  la  plus  probable  de  toutes  les  hypothèïès. 

Je  parlerai  plus  au  long ,  dans  un  autre  chapitre ,  du  plus 
grand  reftaurateur  de  l'Aflronomie  au  feizième  fiècle  ,  du 
célèbre  Tycho-Brahé;  mais  je  ne  puis  me  diipenler  de 
donner  ici  une  légère  idée  de  fon  fyftème.  Tycho  éîoit 
convaincu  de  la  Iblidiîé  de  celui  de  Copernic  ;  mais  l'au- 
torité de  l'Écriture -lainîe  lui  paroiiîoit  décifive  contre  le 
mouvement  de  la  Terre:  d'un  autre  côté,  les  Cieux  folides 
Sl  incorruptibles  de  Ptolémée  devenoient  de  jour  en  jour 
plus  infoutenables.  Tycho  prit  le  parti  de  faire  quelque 
changement  au  fyftème  de  Copernic,  ou  plutôt  il  en  reftuiP- 
cita  un  que  Copernic  attribue  à  Apollonius  de  Perge. 

Dans  le  fyftème  de  Tycho  ,  les  Cieux  font  fluides  :  la 
Terre  eft  au  centre  immobile.  La  Lune  en  vingt-fept  jours 
&  demi,  le  Soleil  en  un  an,  fes  Étoiles  en  vingt-cinq 
mille  ans  ,  tournent  autour  de  la  Terre  ,  félon  le  plan  de 
l'écliptique ,  duquel  cependant  la  Lune  s'écarte  un  peu  :  les 
autres  Planètes  tournent  autour  du  Soleil  ,  comme  dans  le 
fyftème  de  Copernic.  Tous  les  Aftres  d'ailleurs  tournent  en 

^jnj    IL   Tim.  m ,    i6, 


2_t  SyS  TÈM  E    DE    l'UnIVERS. 

fens  contraire,  ou  d'orient  en  occident  autour  de  ia  Terre; 
5c  ce  mouvement  commun  s'achève  en  moijis  de  vingt-quatre 
heures:  enfin,  outre  ce  mouve;ment  commun,  outre  le  mou- 
vement propre  àç^s  cinq  Planètes  autour  du  Soleil ,  cet  Ailre 
leur  en  communique  encore  un  abfolument  égal  &  fembiable 
à  celui  qui  l'emporte  autour  de  la  Terre.  Cette  multiplicité 
de  mouvemens  e(t-elie  bien  naturelle  l  Peut- elle  avoir  une 
caufe  phyfique!  Comment  le  Soleil  agit-il  fur  Mars,  Jupiter 
&  Saturne,  fans  agir  fur  la  Terre  qui  le  trouve  fou  vent  entre 
ces  Planètes  &  lui  !  Les  Planètes  emploient  pour  leur  révo- 
lution autour  du  Soleil  à^s  temps  proportionnés  à  leurs 
diftances ,  pourquoi  l'Etoile  la  plus  éloignée  n'empîoie-t-elle 
pas  plus  de  temps  que  l'Aflre  le  plus  proche  ,  à  achever  fa 
révolution  diurne  autour  de  la-Terre  !  Enfin ,  quelle  préci- 
pitation dans  ce  mouvement  diurne  I  elle  efl  plus  grande  que 
celle  de  la  lumière.  Il  eft  facile  de  prouver  que  dans  le 
iyllème  de  Tycho,  n'admettant  entre  les  Etoiles  fixes  &  la 
Terre  que  la  diftance  néceffaire  au  mouvement  à^s  Comètes , 
il  y  a  à^s  Etoiles  qui  parcourent  un  million  de  lieues  dans 
i'elpace  d'une  féconde,  c'efl-à-dire  dans  le  court  intervalle 
de  deux  battemens  de  cœur.  Il  y  a  déjà  long -temps  qu'on 
a  prononcé  que  ce  fyflème  n'avoit  point  été  diélé  par  la 
Nature,  mais  inventé  feulement  pour  obvier  à  à^s  difficultés 
iàns  doute  chimériques  :  je  me  tiens  à  ce  jugement  ;  &  dans 
t^ut  le  cours  de  cet  Ouvrage  ,  je  fuppoferai  la  vérité  du 
ème  de  Copernic. 


^^i-"^, 


PREMIERE 


liilH  I II I jiii I ji«Mi»utwJtbiiwj5>t-jii-i^K'-f ^^A^A^.iL'jm?jai:!t.j^u!S^^ 


PREMIERE       PARTI  E. 

^Expojîtioii  de  la  do£lnne  des  Philofophes  j  fur  la 
nature  &"  le  lieu  des  Coinctes, 


CHAPITRE     PREMIER. 

Des  Comètes  en  général ,  &"  de  leurs  principaux  phénomènes. 


E  S  premiers  Aflronomes ,  après  avoir  acquis  une  con- 
îioifl'ance  générale  du  mouvement  des  corps  céleiles ,  furent 
bientôt  frappés  par  de  nouveaux  fpeélacles  que  ie  Ciel 
parut  leur  offrir  :  tantôt  un  arc  éclatant  préfentoit  à  leurs 
regards  furpris  les  couleurs  les  plus  vives  &  \qs  plus  diverfi- 
ïïtQs  ;  tantôt  un  cercle  lumineux  ,  mais  d'une  couleur  plus 
douce  &  moins  variée  ,  fembloit ,  comme  une  elpèce  de 
couronne,  entourer  la  Lune  &  le  Soleil  :  quelquefois  même 
ces  Afîres  principaux  fe  multipiioient  en  quelque  forte  ;  à 
quelque  diftance  d'eux  ,  on  voyoit  leur  image  repréfentée 
avec  leurs  couleurs  &  prefque  avec  leur  éclat  naturels  :  ici , 
le  Soleil  plongé  fous  l'horizon,  lançoit  le  long  de  l'Ecliptique 
comme  une  longue  trace  de  lumière  ;  là ,  le  Ciel  paroifloit 
tout  en  feu  ;  ÔlQs  colonnes ,  à^s  jets  de  flamme  fè  fuccédant 
avec  la  plus  grande  vivacité,  frappolent  d'admiration  f  Obfer- 
vateur  :  on  chercha  fans  doute  la  caufe  de  ces  phénomènes. 
Il  ne  fut  pas  difficile  de  s'apercevoir  que  l'iris  ou  arc- en-ciel, 
ies  couronnes  ,  \ç:s  parhélies  &  les  parafélènes  ,  ne  dévoient 
leur  exiftence  qu'à  la  différente  modification  de  la  lumière  :  ou 
ies  nomma  Météores.  En  générai,  on  donna  ce  nom  à  tout 
ce  que  l'on  crut  engendré  de  nouveau  dans  l'air ,  tels  que  les 
éclairs ,  les  globes  de  feu  ,  \qs  étoiles  tombantes  ,  \^s  feux 
follets,  Sec.  Je  doute  que  l'on  ait  bien  obfervé  la  lumière 
zodiacale:  quant  à  l'Aurore  boréale ^  on  la  regarda  comme 

Tome  L  D 


i6       Doctrine  des  Philosophes 

un  prodige  ;  c'étoit  le  Ciel  en  feu  ,  c'étoit  des  flambeaux 
ardens  qui  menaçoient;^ la  Terre,  c'étoient  des  armées  rangées 
en  ordre  de  bataille  ;  fouvent  même  on  s'imaginoit  entendre 
le  cliquetis  àes  armes  &  des  boucliers. 

Un  autre  phénomène  parut  plus  furprenant  que  tous  ceux 
dont  je  viens  de  faire  i'énumération  :  de  nouvelles  Etoiles 
s'ofîl'oient  de  temps  à  autre  aux  regards  de  i'Oblervateur  ; 
leur  durée  s'étendoit  à  plufieurs  jours ,  plufieurs  iemaines , 
plufieurs  mois  ;  cela  feul  devoit  les  faire  diftinguer  des 
météores ,  dont  la  durée  efl  en  quelque  forte  momentanée  : 
mais  on  remarqua  de  plus  que  leur  lieu  dans  le  Ciel  étoit 
indépendant  de  celui  de  tous  les  Aftres  connus  ;  il  n'étoit 
point  déterminé  à fEcliptique,  comme  la  lumière  zodiacale; 
aux  parties leptentrionales  du  Ciel,  comme  l'Aurore  boréale: 
on  ne  \qs  obfervoit  pas  toujours  dans  une  oppofition  confiante 
au  lieu  du  Soleil ,  comme  les  iris  ;  elles  n'accompagnoient  point 
perpétuellement  le  Soleil  &  la  Lune  ,  comme  les  halons  ou 
couronnes.  Toutes  les  parties  du  Ciel  leur  éîoient  en  quelque 
forte  indifférentes  ;  il  n'y  en  avoit  point  où  ces  nouvelles 
Etoiles  ne  puiTent  paroître  &  ne  parufftnt  effeélivemeM  (û). 

Ces  nouvelles  Etoiles  font  de  deux  fortes  ;  les  unes^ 
fembiables  en  tout  aux  Étoiles  fixes ,  ont  le  même  éclat  i 
emportées  d'orient  en  occident  par  le  mouvement  diurne 
commun  à  tous  les  Aftres ,  elles  n'ont  d'ailleurs  aucun  mou- 
vement propre  ;  tant  qu'elles-  paroiflent ,  elles  obfervent  tou-- 
jours  la  même  pofition  entre  \qs  autres  Etoiles.  Lorfqu'elles 
ont  atteint  le  plus  grand   éclat  dont  elles  font  fufceptibles 


(a)  Pline,  Hifl.  nat.  liv.  Il, 
n.  22,  chap.  XXV ,  fait  dire  à  Ariftote 
qu'on  ne  voit  jamais  de  Comète  dans 
Ja  partie  occidentale  du  Ciel  :  on  a 
déjà  remarqué  que  Piine  n'avoit  pas 
faifi  la  penfée  d'Ariftote.  Toutes  les 
Ccmètes  que  nous  avons  vues ,  dit 
ce  Philofophe  ,  ont  difponi  de  dejfus 
rhoriipn  fans  Je  coucher  :  il  parle 
manifeflement  du  coucher  héliaque. 


II  ne  s'agit  ici  que  d'un  fait  :  il  efl 
très-poffible  que  les  Comètes  obfer-» 
vées ,  ou  plutôt  vues  par  Ariftote  , 
aient  difparu  par  leur  trop  grand  éloi- 
gnement  de  la  Terre ,  &  ne  fe  foient 
pas  plongées  dans  les  rayons  du  Soleil , 
ce  qui  auroit  fait  leur  coucher  hé- 
liaque :  c'efl  ainfi  que  nous  avons 
vu  difparoître  les  Comètes  de  1758;, 
de  1759,  &  bien  d'autres, 


SUR    LES    Comètes.  2.j 

ielon  les  circonflances  de  leur  apparition  ,  elles  diminuent 
de  jour  en  jour,  &  fembient  enlin  rentrer  dans  le  néant 
dont  elles  avoient  paru  fortir  :  telles  furent  les  belles  Etoiles 
obfervées  en  i  572  par  Tycho  dans  Caiîiopée,  &  en  i  604, 
par  Kepler  dans  le  Serpentaire.  Les  plus  fages  Philofophes  font 
perfuadés  que  ces  Etoiles  ne  s'anéantiffent  pas  ,  qu'elles  ne 
fe  dilTipent  pas  même  ;  que  félon  des  loix  confiantes ,  mais 
inconnues  ,  elles  peuvent  paroître  &  difparoître  dans  des 
temps  réglés  :  en  effet ,  on  en  a  découvert  dans  le  Cygne  & 
dans  la  Baleine  deux,  dont  les  retours  périodiques  font  déter- 
minés. Ces  Etoiles  n'ont  point  d'autre  nom  que  celui  d'Étoiles 
nouvelles  ;  lorfque  la  période  de  leur  apparition  efl  connue, 
on  les  appelle  Etoiles  changeantes  ou  variables. 

Les  Étoiles  nouvelles  de  la  féconde  efpèce  ont  des  carac- 
tères plus  diilinélifs  :  le  premier  &  le  principal  efl  que, 
outre  le  mouvement  diurne  commun  à  tous  les  Aflres,  elles 
ont  toutes  un  mouvement  propre  ;  caraétère  qui  leur  efl 
commun  avec  les  Planètes.  Ce  mouvement  propre  n'a  point 
de  direélion  déterminée  ;  ces  fortes  d'Etoiles  font  emportées 
quelquefois  d'occident  en  orient  comme  les  Planètes  ;  quel- 
quefois d'orient  en  occident,  dans  une  direélion  abfolument 
oppofee  ;  il  en  efl  qui  dirigent  leur  marche  du  midi  au 
feptentrion  ou  du  feptentrion  au  midi  :  la  direélion  du  mou- 
vement des  autres  efl  moyenne  entre  ces  diredions  principales^ 
Mais  ce  qui  a  dû  paroiU'e  d'abord  plus  furprenant,  c'efl  que 
ces  fortes  d'Etoiles  ne  font  point  confiantes  dans  leur  mou- 
vement: elles  faccelèrent,  elles  le  retardent,  elles  changent 
même  de  direétion  ;  telle  qui  tendoit  d'abord  vers  l'orient, 
s'arrête  dans  fa  courfe,  déclir.e  au  midi,  &  prend  enfin  fa 
route  vers  l'occident.  L'inattention,  le  préjugé,  l'ignorance 
ont  jugé  qu'elles  erroient  au  hafàrd  :  la  raifon  a  découvert 
une  vérité ,  le  mouvement  de  la  Terre  ;  l'irrégularité  du 
mouvement  des  Comètes  a  difparu  :  ces  variations  apparentes 
ne  font  plus  qu'une  fuite  nécefîaire  de  la  Phyfique  la  plus 
fimple  &  la  plus  fage. 

Secondement,  ces  nouvelles  Etoiles  doivent  avoir  quelque 

Di] 


28        Doctrine  des  Philos ophes 

durée;  autrement  ii  feroit  difficile  de  ne  les  pas  ranger  dans 
Ja  claffe  àes  météores  :  ainfi,  Jorfque  nous  iifons  dans  Thifloire, 
qu'il  parut  en  i  527  une  Comète  effrayante,  qui  ne  dura  que 
cinq  quarts  d'heure  ;  ce  peu  de  durée  décide  le  météore , 
nous  ne  pouvons  l'admettre  dans  la  cladë  des  Etoiles  dont 
ii  s'agit  ici  :  c'efl  abufivement  que  \qs  hilioriens  de  ce  fiècle 
iui  ont  donné  ie  nom  de  Comète.  Ce  n'eft  pas  qu'il  ne  foit 
poffible  qu'une  vraie  Comète  ne  foit  vue  qu'une  feule  nuit; 
mais  il  faut  alors  que  fa  difparition  puiiïe  être  rejeîée  lur  le 
mauvais  temps ,  flir  l'entrée  dans  les  rayons  du  Soleil ,  fur  la 
trop  grande  diflance  à  la  Terre  ,  diftance  à  laquelle  l'Aflre 
ne  peut  parvenir  que  par  degrés.  Au  refle ,  ce  caraélère  n'eft 
elTentiel  que  pour  reconnoître  les  Comètes  dont  les  Anciens 
font  mention  ;  le  mouvement  diurne,  joint  à  un  mouvement 
propre  réglé,  nous  iuiiit  maintenant  pour  exclure  toute  idée 
de  météore. 

Troifièmement ,  l'éclat  de  ces  fortes  d'Etoiles  diffère  ordi- 
nairement beaucoup  de  celui  des  Étoiles  fixes.  On  diflingue 
aflez  fouvent  au  milieu  un  point  lumineux  &  très-éclatant  ; 
mais  ce  point  efl  toujours  environné  d'une  efpèce  de  nébu- 
iofité  mai  terminée  ,  qu'on  nomme  chevelure  ;  &  de- là  ces 
fortes  d'Etoiles  ont  été  nommées  Comètes  :  le  terme  efl  grec 
&  figniiie  Etoiles  chevelues.  Le  point  lumineux  efl  appelé 
noyau  ;  &  le  noyau  ,  conjointement  avec  la  chevelure  ou 
î'efpèce  de  nuage  blanc  qui  l'environne  ,  eft  nommé  îéte  de 
ia  Comète  :  outre  cela  ,  les  Comètes  font  ordinairement 
précédées  ou  fuivies  d'une  longue  trace  de  lumière  blan- 
châtre ,  affez  femblable  à  celle  de  leur  chevelure  :  cette  trace 
de  lumière  eft  connue  fous  le  nom  de  queue.  On  diflmguoit 
autrefois  la  trace  qui  fuivoit  ia  Comète  ou  c]uî  étoit  dirigée 
vers  f  orient ,  de  celle  qui  la  précédoit  ou  qui  s'étendoit 
vers  l'occident  ;  la  première  portoit  ie  nom  de  queue ,  on 
donnoit  celui  de  harhe  à  la  féconde  :  nous  verrons  bientôt 
une  autre  diflinétion  de  la  chevelure  &  de  la  barbe. 

Quatrièmement ,  on  a  remarqué  qu'une  même  Comète 
ne  confervoit  ni  fon  éclat,   ni  fa  forme  durant  ie  temps  de 


SUR    LES    Comètes.  29 

^n  apparition  :  piufieurs  font  d'abord  fimpiemenî  chevelues  » 
on  n'y  diflingue  point  de  queue;  elles  en  acquèrent  au  bout 
de  quelques  jours,  &  cette  queue  devient  quelquefois  d'une 
Joiioueur  prodigieufe;  mais  il  femble  que  ce  foit  aux  dépens 
de  la  chevelure ,  qui  paroit  diminuer  à  proportion.  La  queue 
perd  enfuite  elle-même  tous  les  jours  de  fa  grandeur  &  de 
fon  éclat:  la  tête  devient  également  plus  petite;  l'une  & 
i'autre  décroît  de  manière  que  le  phénomène  échappe  enfin 
à  nos  yeux.  C'eil  généralement  ainfi  que  dllparoitrent  toutes 
les  Comètes ,  à  moins  qu'elles  ne  fe  perdent  dans  les  rayons 
du  Soleil,  avant  qu'elles  aient  atteint  le  dernier  période  de 
ieur  petitefTe  fenfible.  On  a  cru  long-temps  que  les  Comètes 
paroiifoient  tout-à-coup  dans  leur  plus  grand  éclat  i  c'eil  qu'on 
ne  les  cherchoit  pas  ;  c'efl  qu'on  ne  les  voyoit  que  quand 
elles  ofiLifquoient  en  quelque  façon  les  regards  :  piufieurs 
expériences  nous  ont  convaincus  qu'elles  ont  des  degrés 
d'accroitfement  comme  elles  en  ont  de  décroiiièment. 

On  a  dû  remarquer  dès  le  commencement,  que  les  Comètes 
paroilîent  d'autant  plus  grandes  &  d'autant  plus  éclatantes  que 
leur  mouvement  propre  apparent  eft  plus  précipité ,  il  étoit 
naturel  d'en  conclure  qu'elles  étoient  alors  plus  voifines  de 
la  Terre  :  on  ne  l'a  pas  fait.  La  diminution  de  leur  grandeur 
&  de  leur  beauté  obferve  une  forte  de  proportion  avec  Je 
ralentiflement  de  leur  mouvement:  font-elles  fur  le  point  de 
difparoîire,  leur  mouvemenî:  iemble  ceffer,  ou  même  le  plus 
louvent  il  fe  courbe ,  &  prend  une  direélion  oppofée  à  celle 
qu'il  avoit  fuivie  julqu'alors. 

Gaffendi  fùj  prétend  que  depuis  le  temps  auquel  un© 
Comète  a  été  vue  dans  fon  plus  grand  éclat ,  elle  ne  femble 
parcourir  dans  le  Ciel  qu'un  quart  de  grand  cercle  au  plus  % 
h  chofe  arrive  ordinairement  ainfi;  mais  il  peut  y  avoir  & 
il  y  a  réellement  des  exceptions  à  cette  règle. 


{bj    Pli/f,  feâ,  II,  lib,  Vf  ds  nat.  ù"  loco  Ccmetarum,  cap,  i  ^  tom>  Ij, 
operum, 


30        Doctrine  des  Philosophes 

En  attendant  que  nous  démontrions  que  les  Comètes 
font  de  vraies  Planètes  ,  nous  définirons  ,  d'après  Claude 
Comiers  (c)  ,  une  Comète ,  un  corps  lumineux  qui  paraît  de 
nouveau  dans  le  Ciel  avec  une  durée  remarquable  :  il  feroit  à 
propos  d'ajouter  que  ce  corps  lumineux  doit  avoir  quelque 
mouvement  propre,  ou  du  moins  qu'on  doit  y  remarquer 
quelque  chevelure  ou  quelque  queue,  afin  de  ne  pas  con- 
fondre  les  Comètes  avec  Iqs  Etoiles  nouvelles.  Mais  {qs 
Comètes  quelquefois  n'ont  point  de  queue  ;  les  Anciens  ont 
fouvent  négligé  de  remarquer  le  miouvement  propre  des 
Comètes  ;  les  Etoiles  nouvelles  paroiffent  rarement  :  il  y  a 
donc  lieu  de  croire  que  la  plupart  au  moins  des  corps 
iumineux,  que  les  Hiftoriens  nous  difent  avoir  paru  de  nou- 
veau dans  le  Ciel  avec  une  durée  remarquable,  ont  été  de 
véritables  Comètes.  D'ailleurs ,  dans  la  féconde  Partie  de  cet 
ouvrage,  nous  rapporterons  fidèlement  les  termes  à^s  Anciens; 
chacun  fera  en  état  de  porter  fon  jugement  fur  la  nature  à^s 
phénomènes  qui  s'y  trouveront  décrits. 

Les  Anciens  partagepient  les  Comètes  en  dificrentes  claffes  : 
ia  figure ,  ia  longueur  ,  i'éclat  de  la  queue ,  étoit  ordinai- 
rement l'unique  fondement  de  ces  diflinélions.  Mon  premier 
delîëin  étoit  de  les  patfer  fous  filence  ,  comme  inutiles  & 
abfolument  imaginaires  :  mais  le  même  principe  qui  vient 
de  me  dicter  une  définition  imparfaite  des  Comètes,  m'en- 
gage à  donner  une  légère  idée  des  différentes  claffes  que 
leur  affignoient  les  Anciens  ;  nous  ferons  plus  en  état  de 
décider  fi  les  phénomènes  dont  ils  nous  ont  tranfmis  quelque 
connoiffance  ,  méritent  d'occuper  une  place  dans  i'hifloire 
des  Comètes  proprement  dites.  La  définition  de  Comiers 
lîous  autorifera  à  exclure  plufieurs  phénomènes  auxquels  ils 
ont  donné  mal-à-propos  le  nom  de  Comètes  :  la  divifion  de 
Pline  nous  donnera  peut-être  lieu  de  regarder  comme  vraies 
Comètes ,  des  phénomènes  auxquels  ils  n'ont  pas  cru  devoir 
xJonner  ce  nom. 


(c)    La  Nature  i;^  prêfage  des  Comètes,  chap,    i, 


SUR    LES    Comètes,  31 

Pline  fJJ  diflingiie  douze  eijpèces  de  Comètes  :  «  On  voit 
àes  Comètes  proprement  dites;  elles  effrayent  par  leur  cri- 
nière de  couleur  de  fang  :  leur  chevelure  hériiîee  ie  porte 
vers  le  haut  du  Ciel.  Les  Barbues  f  Pogonia  )  lailfent 
defcendre  en  bas  leur  chevelure ,  en  forme  d'une  barbe 
majeftueufe.  ^  (Ces  deux  premières  efpèces  peuvent  être  ran- 
gées dans  la  même  clalTe,  puirqu'elles  ne  diffèrent  que  par  la 
diredion  de  leur  queue).  «  Le  Javelot  (Aconûas)  femble  fe 
lancer  comme  un  trait  ;  auffi  l'effet  le  plus  prompt  fuit  de 
près  fon  apparition  :  fi  la  queue  eft  plus  courte  &  fe  termine 
en  pointe,  on  l'appelle  Epée  ( Xiphias) ;  c'efl  la  plus  pâle  de 
toutes  les  Comètes;  elle  a  comme  l'éclat  d'une  épée  fans  aucun 
rayon.  Le  Plat  ou  le  Dilque  ( Difceiis)  porte  un  nom  con- 
formée à  fa  figure  ;  fa  couleur  eft  celle  de  f  ambre  :  il  naît 
quelques  rayons  de  {qs  bords ,  mais  en  petite  quantité.  Le 
Tonneau  (Pitheus)  a  réellement  la  figure  d'un  tonneau  ,  que 
l'on  concevroit  enfoncé  dans  une  fumée  pénétrée  de  lumière. 
La  Cornue  (  Ceraùas )  imite  la  figure  d'une  corne,  &  la 
Lampe  (  Lawpadïas )  celle  d'un  flambeau  ardent.  La  Che- 
valine (  Hîppeiis )  repréfente  une  crinière  de  cheval  qu'on 
agiteroit  violemment  par  un  mouvement  circulaire,  ou  plutôt 
cylindrique.  Telle  Comète  paroît  auffi  d'une  hnguiière  blan- 
cheur ,  avec  une  chevelure  de  couleur  argentine  ;  elle  eff 
tellement  éclatante,  qu'on  peut  à  peine  la  regarder  :  on  y  voit 
l'image  de  Dieu  fous  une  forme  humaine.  11  y  a  d^s  Comètes 
hériflées  ( hïrti ,  &  non  pas  hïrcï  comme  plufieurs  ont  lu  )  ; 
elles  reffemblent  à  des  peaux  de  bêtes ,  garnies  de  leur  poil , 
&  font  entourées  d'une  nébuiofité.  Enfin  l'on  a  vu  la  che- 
velure d'une  Comète  prendre  la  forme  d'une  lance.  «  Telle 
efl  la  divifion  de  Pline  :  je  ne  me  flatte  pas  de  l'avoir  rendue 
également  intelligible  en  toutes  ï^s  parties  ;  mais  je  crois 
qu'il  fera  plus  facile  de  reconnoître  Pline  dans  ma  traduéfion , 
que  dans  la  paraphrafe  qu'en  fait  Hévéiius,  &  fur- tout  dans 
les  figures  qu'il  a  gravées  de  toutes  ces  efpèces  de  Comètes» 


(d)   Lib.  1 1 ,  Hïfl,  natur.  n.  22  ;  cap.  XXV. 


^z        Doctrine  des  Philosophes 

Il  paroît  que  ie  principal  but  de  ce  céièbre  Aflronome,^ 
meilieur  Obfervateur  que  Phyficien,  a  été  de  plier  ies  paroles 
de  Piine  au  fyitème  qu'il  avoit  imaginé  flir  la  nature  àç,s 
Comètes  (  e  )»  Sénèque  met  ie  Tonneau  au  nombre  des 
météores;  félon  iui  (f)  c'efî:  un  vafte  feu  de  figure  fphéri que, 
qui  fous  ia  forme  d'un  tonneau  efl  emporté  dans  l'air ,  ou  fe 
coniume  en  un  même  lieu.  La  figure  ronde  ou  fphérique  que 
Sénèque  donne  à  ce  phénomène,  exciud  néceiîairemenî  l'idée 
que  s'en  efl  formé  Hévéiius.  La  Comète  Xiphias  repréfente, 
felon  Pline,  la  lame  d'une  épée;  mais  il  n'efl  jamais  venu 
dans  l'écrit  de  Pline  d'y  adapter  une  poignée  fembiable  à 
celles  qu'Hévélius  a  repréfèntées  dans  {qs  planches. 

Dans  le  chapitre  fuivant,  ( g )  Pline  donne  la  defcription 
à^s  Flambeaux  &  à&s  Poutres  (Faces  &  Trahes )  ;  il  l^s 
diflingue  manifeflement  àç:s  Comètes;  le  phénomène  qu'il 
apporte  en  exemple  au  Flambeau ,  n'eft  autre  chofe  qu'un 
météore.  Arifloîe  (h)  &  Sénèque  (i)  avoient  pareillemejit 
rangé  \qs  Flambeaux  &  les  Poutres  dans  une  clalfe  différente 
de  celle  des  Comètes  :  je  ne  fais  cependant  fi  cette  diflinc- 
îion  étoit  appuyée  fur  à^s  fondemens  bien  folides.  Les  Poutres 
diffèrent  à^i  Comètes,  félon  Ariflote  cité  par  Sénèque  ^/'^^ 
en  ce  que  le  feu  qui  forme  la  Poutre  efl  continu ,  celui  qui 
conftitue  la  Comète  ne  l'efl:  point  ;  celui  de  la  Poutre  efl 
par-tout  égal,  fans  aucun  vide,  fans  aucune  interruption;  il 
efl  cependant  plus  denfè  vers  les  extrémités.  Je  ne  vois  ici 
que  ia  defcription  d'une  Comète ,  dont  la  queue  feroit  en 
toute  fon  étendue  d'une  largeur  égale  à  celle  de  la  tête  ;  fauf 
que  ïi  l'on  VQuloit  prendre  trop  à  la  lettre  les  paroles  de 
Sénèque,  il  faudroit  reçonnoîtrje  deux  têtes  à  la  Poutre,  ce 
qui ,  je  penfê ,  feroit  éloigné  de  la  penfée  de  ce  Philofophe. 
Selon  lui,  d'ailleurs  (l) ,  la  Pouti-e  paroît  à  ia  partie  la  plus 


(e)    Hevel.  Coînetogr,  lih.  Vlli  , 
pag.  437  &  feq. 

{f^  L&.l,  Nat lirai,  quo'ft.  c.  XI V. 
(g)   HiJL  ]Xh,  Il  f  cap.  xxyi , 

£1.,  2^  ,    26. 


(h)    Lib.  î,  MeteoroL 
(i)   S  m.  iib.   Vil.  JSatur.  qiiœfi, 
cap.  V. 

(k)   Senec.   ibid. 
(  l)    H.  ibi4. 

élevée 


s  U  R     L  E  s     C  0  M  ETES.  33 

élevée  du  Ciel  :  fixe  à  l'endroit  où  elle  iè  forme,  elle  n'elt 
point  le  jouet  du  vent  &  de  la  tempête.  Diodore  de  Sicile 
rapporte  (m)  que  peu  avant  la  fubmerÇion  àqs  villes  d'Hélice 
&  de  Bura ,  on  vit  pluiieurs  nuits  de  luiîe  une  lumière  ardente, 
qu'on  appela  la  Poutre  enflammée.  Ariftote  (n)  prétend  que 
<:ette  Poutre  éioit  une  vraie  Comète  ;  que  ion  trop  grand 
^clat  fît  paroître  d'abord  Ton  feu  continu  ;  mais  que  ion 
ardeur  s'étant  ralejitie,  elle  parut  fous  la  forme  d'une  Comète 
.ordinaire.  Ces  paiïàges  m'autorifent  à  croire  que  la  différence 
que  les  Anciens  mettoi^nt  entre  les  Poutres  &  \qs  Comètes 
^toit  purement  accidentelle:  j'en  dis  autant  à^s  Colonnes, 
qui  ne  difféi'oient  à^s  Poutres  que  par  leur  pofitioii  verticale^ 
J'accorde  donc  à  feu  M.  de  Mairan  que  la  Lumière  zodiacale 
&:  l'Aurore  boréale  ont  été  quelquefois  défignées  parles  Anciens 
•ious  les  noms  de  Poutres ,  de  Colonnes ,  de  Comètes  même; 
inais  en  analylant,  i'il  eii  permis  àç.\Q.  dire,  les  circonilances 
des  phénomènes  rapportés  par  les  Anciens ,  je  crois  m'être 
convaincu  que  dans  leur  langage,  ce  font  les  vraies  Comètes 
qui  iont  le  plus  fréquemment  &:  le  plus  fpéciaiement  défi- 
gnées par  les  termes  de  Poutres  &.  de  Colonnes. 

J'en  dis  autant  à.Qs  Flambeaux.  «  Il  y  en  a  de  deux  iortes , 
dit  Pline  (0) ,  les  Lampes  ou  Flambeaux  proprement  dits, 
&  les  Traits  (Bolides)  :  le  Flambeau  efl;  une  trace  de  lumière 
dont  une  extrémité  eil  embrafée;  le  Trait,  enflammé  dans 
toute  fa  longueur,  a  àçs  bornes  moins  re(ferrées.  >>  La  défi- 
nition du  Flambeau  paroît  convenir  à  une  Comète  dont  la 
tête  ieroit  fort  brillante  &  la  quene  médiocrement  longue.  Une 
autre  raiion  m'engage  à  faire  entrer  les  Flambeaux  dans 
mon  hifloire  d^s  Comètes ,  &  je  fuis  en  cela  l'exemple  de 
Struyck  :  Tite-Live  eft  fans  doute  le  premier  des  Hiilo- 
riens  Latins  ;  mais  il  efl  en  même  temps  le  plus  crédule 
&  le  plus  fuperfiiiieux  de  tous.  Il  femble  s'être  fait  une  loi 


(m)  Dïod.  Sic.  lib.  XV. 

(n)    Ariftot.  lib.  I ,  /Jleteor.  cap.   VI.  Senec  loco  ckato, 

(0)    Plin.  loco  ciîato. 

Tome  L 


34  Doctrine  des  Philosophes 
de  raiïembler  les  {2h\QS  îes  pius  groiTières ,  îes  contes  les  pîos 
ridicuies  que  les  fafîes  de  là  République  ont  pu  iul  olîrir; 
en  cette  partie ,  ii  ne  nous  fait  grâce  de  rien  ;  tout  ce 
qui  peut  amufer  l'inutile  oifiveîé  d'un  ieélem*  incapable  de 
réfléchir  ,  tout  ce  qui  peut  ébranler  le  foibie  cerveau  d'un 
enfant  timide  ,  tout  trouve  également  ià  place  :  ici  des  ani- 
maux acquièrent  le  don  de  la  parole  ,  pour  avertir  Rome 
A^s  malheurs  dont  elle  eft  menacée  :  là  ,  à^s  ftatues  ina- 
nimées ,  tranfporlées  fans  le  fecours  de  main  d'homme^ 
annoncent  les  derniers  délàflres  :  ici  les  fils,  dont  la  campagne 
efl  fouvent  couverte  dans  les  beaux  jours  de  l'automne  ,  font 
transformés  en  une  pluie  de  laine  :  là ,  f  Aurore  boréale  nous 
eft  reprélenîée  comme  un  embrâfement  général  du  Ciel ,  ou 
même  comme  le  choc  de  plulîeurs  armées  qui  iè  livrent  en 
i'air  des  batailles  fanglantes  :  ailleurs ,  au  lieu  de  nous  dire 
qu'il  a  dégelé ,  on  nous  apprend  que  les  idoles  des  Dieux 
ont  été  trouvées  couvertes  de  lueur.  Jules-Obféquens ,  auteur 
qu'on  conjeélure  avoir  vécu  vers  la  fin  du  quatrième  fiècle,, 
a  appréhendé  qu'une  fi  précieufe  partie  de  l'hifloire  Romaine 
ne  pérît  par  la  fucceffion  à^s  temps  ;  il  nous  l'a  précieufement 
conlèrvée  dans  un  ouvrage  qu'il  a  intitulé  :  des  Signes  &  des 
Prodiges.  Cet  ouvrage  de  Jules-Obféquens  n'a  pu  parvenir 
jufqu'à  nous  en  entier;  mais  Lycoilhènes  ,  auteur  du  feizièrae 
iiècle,  en  a  rempli  {qs  lacunes  avec  toute  la  fidélité  poffibiep 
affeélant  de  n'employer  que  les  propres  exprefTions  de  Denys 
d'Halicarnalîe,  de  Tite-Li  ve  &.  des  autres  Anciens»  Or ,  depuis 
la  fondation  de  Rome  jufqu'à  l'année  de  la  mort  de  Céfar^ 
je  ne  trouve  aucune  mention  de  Comètes  dans  aucun  de 
ces  Auteurs  :  efî-il  poifible  qu'il  n'en  ait  réellement  parut 
aucune  dans  i'elpace  de  fept  cents  dix  ans.  Efl  -  il  vrailèm- 
biable  que  les  Romains  n'aient  pas  mis  \qs  Comètes  au 
nombre  àç^s  prodiges!  £ft-ii  enfin  croyable  que  ài^s  Tite- 
Li  ve,  des  Jules-Oblétjuens ,  aient  pu  les  paiïer  fous  filence! 
Non  ,  fans  doute  :  ils  ont  parlé  ài^s  Comètes  ;  ils  nous 
apprennent  qu'il  a  paru  de  temps  en  temps  dans  le  Ciel  à^s 
flambeaux,  des  traits^  des  boucliers  ardens  ;  c'eil  probablement 


s  U  R    L  E  s     C  O  M  à  T  E  S\  J  J 

fbiîs  c^%  noms  qu'ifs  nous  ont  défigné  \qs  Comètes,  Tel  eil  le 
fondement  fur  lequel  je  m'appuierai  pour  iniérer  dans  mon 
catalogue  ài^s  Comètes ,  ies  flambeaux  &:  ies  boucliers  ardens 
de  Tite-Live  &  de  Jules- Oblequens  :  au  relie,  j'empioîraî 
toujours  ieurs  propres  expreflions  ;  le  Le^eur  en  portera  fou 
jugement  avec  connoifîance  de  caufe» 

Avant  que  de  finir  ce  chapitre,  il  efl  à  propos  d'obvier  à 
une  obje(5îion  qu'on  peut  faire  fur  à^s  Comètes ,  dont  i'appa- 
rition  femble  fixée  à  un  feul  lieu ,  quelquefois  pe,u  connu» 
Nous  verrons  dans  la  fuite  que  les  Comètes  font  de  nature 
à  pouvoir  être  vues  dans  tout  un  hémifphère  de  la  Terre  :  en 
confequence  ,  une  Comète  qui  aura  été  vue,  par  exemple;, 
à  Prénefte,  a  nécefTairement  été  vifible  à  Rome.  Cette  réflexion 
ne  feroit-elle  pas  naître  quelque  doute  fur  un  Flambeau  que 
Tite-Live  &  Jules  -  Obféquens  nous  difent  avoir  été  vw  à 
Prénefte ,  fans  ajouter  qu'on  le  vit  pareillement  à  Rome  ! 
On  conviendra ,  du  moins ,  que  ce  Flambeau  pafferoit  bien 
plus  indubitablement  pour  une  vraie  Comète ,  fi  l'on  nous 
afîliroit  qu'il  a  été  vu  dans  toute  l'Italie.  Il  eft  cependant 
poffible  qu'une  vraie  Comète  n'ait  été  vue  qu'à  Prénefte  ^ 
dans  un  temps  où  l'on  ne  règardoit  les  Comètes  que  comme 
de  fuTiples  météores  indignes  d'obfervations  fuivies ,  dans 
un  temps  où  il  n'y  avoit  pas  même  d'Aftronomes  afîez 
courageux  pour  confacrer  leurs  veilles  à  l'étude  du  mouve- 
ment àts  Aftres:  la  vue  à^s  Comètes  étoit  alors  en  quelque 
forte  l'effet  du  pur  hafàrd.  Ainfi ,  une  Comète  qui  peut-être 
dans  les  grands  jours  de  l'été  n'aura  paru  que  très -peu  de 
nuits  dans  un  éclat  capable  tPattirer  les  regards,  aura  pu  être 
vue  à  Prénefte  &  non  à  Rome.  De  plus,  une  Comète  peut 
avoir  été  également  remarquée  à  Rome  &  à  Prénefte  :  différens 
Auteurs  l'auront  infcrite  dans  \qs  Annales  relpeélives  de  leur 
ville  ;  \^s  Annales  de  l'Auteur  de  Prénefte  auront  feules  été 
connues  de  Tite  -  Live  ;  celui  -  ci  ,  par  une  conléquence- 
néceffaire ,  n'aura  pas  pu  dire  que  cette  Comète  a  pareillement 
été  vue  à  Rome.  11  y  a  moins  de  difficulté  lorfque  les  lieux 
ibnt  plus  diftans  :  le  Ciel  eft  ordinairement  plus  ferein  en 

E  ij 


36        Doctrine  des  Philosophes 

Italie  qu'en  France.  Une  Comète,  plus  élevée  fur  l'honzoïr 
de  Rome,  de  Naples,  de  Conflantinople  que  fur  celui  de 
Paris,  peut  échapper  à  nos  regards ,  lorlqu'eile  paroîtra  très- 
éclatante  aux  Aftroiiomes  de  la  Grèce  &  de  ritalie.  D'ailleurs,, 
comme  je  l'ai.  dit,,  je  rapporterai  par- tout  mes  autorités  :  je 
iaiiïe  au  Ledeur  le  droit  d'en  juger,. 


C  H   A^  P  r  T   R  E      I   iv        ^ 

Sentîmens  des  anciens  Chaldéens  è^  des  anciens  Egyptiens- 
fur  la  nature  des  Comètes^ 

J_j  'Egypte,  arinfi  que  îà  Chaîdée  aux  environs  de  Babyîbne, 
formoit  un  terrein  Ipacieux  &  uni,  qu'aucune  éminence  n'in- 
terrompoit;  aucune  montagne  ne  nuifoit  à  la  contemplation 
du  Ciel  :  d'ailleurs ,  la  féréniîé  afîez  confiante  du  Ciel,  invitoit 
à'  l'obfervation  des  phénomènes  céleik^s^  Les  Egyptiens  &  les 
Chaldéens  s'appliquèrent  donc  à  la  connoiiîànee  des  Ailres  (a)r 
i'Aftronomie  leur  efi  fans  doqte  redevable  de  fon  origine», 
Mais  cette  Aftronomie  primitive  fut-elle  d'abord  auffi  parfaite- 
que  plufieurs  Modernes  fèmblentlefuppofer?  J'ai  iû  Hérodote 
&Diodore  de  Sicile  fur  les  connoiflances  de  ces  deux  peuples; 
l'en  ai  conclu  que  quelques  vérités  Agronomiques  leur  avoienî- 
(été d'abord  connues,  mais  que  leur  fcrence  étoit  fi  imparfaite,, 
&  entre-mêlée  de  tant.de  fables  ,  qu'autant  auroi4-il  valu  qu'ils 
iliffent  reliés  dans  la  plus  profonde  ignorance:   on  peut  en 
voir  le  détail  dans  les  deux  Auteurs  que  j'ai  cités  ^^^.  J'avoue 
que  j'ai  eu,,  en  eoniéquence,   beaucoup  de  peine  à  me  per- 
fuader  que  de  tels,  hommes  aient  eu  quelque  connoiflance  du 
,Vîai  lieu  &  de  la  nature  àçs  Comètes, 

Et  comment  les  Chaldéens  auroient  -  ils  pu  ie  fonder  flii' 

(a)    Cicer.de  Divith  lib.  I.  cap.  XLîl. 

fv)    Diod.SicWh.   II,    cap.   m  &  viiî.   Mer  s  dot,   Vih.  Il ,  pa^p^mi 
Yide  etlam.  Lucianum  in  libr,  de  AJîrologiâ,: 


SUR  LES   Comètes.  57 

ées  principes  foiidcs  pour  prédire  les  retours  des  Comètes  î 
Selon  le  témoignage  d-e  Diodore  de  Sicile,  ils  n'avoient  rien 
de  fixe  ,  rien  de  certain  fur  les  éclipfes  du  Soleil  :  partagés- 
en  mille  opinions  différentes  ,  ils  craignoient  de  m-ettre  atî^ 
jour  ce  qu'ils  en  penfoient  ;  ils  ofoient  encore  moins  \çs' 
prédire  Y^y.  L'ancienneté  de  leurs  Gbfervations ,  avant  l'ar- 
rivée d'Alexandre -le -Grand  à  Babylone  ,  remontoit  feioff 
eux  à  quarante -huit  mille  huit  cents  foixante- trois  ans;  & 
durant  cette  longue  fuite  de  fiècles ,  ils  n'avoient  obfervé 
que  trois  cents  foixante-treize  écW^^hs  de  Soleil  &  huit  cenîs> 
trente-deux  de  Lune  :•  c'eft  Diogène  -  Laè'rce  c|eï  nous-  ew 
affure  ( d).  \\s  n'obfervoient  donc  qu'une  ï(i\\\Q  éclipfe  de- 
Soleil  en  cent  trente -un  ans,  &  une  fenk  d©  Lune  en  vtm 
peu  moins  de  cinquante-neuf  ans. 

Si  la  connoiifance  de  la  nature  des  Comètes  eût  été  telle' 
en  Egypte  &  en  Chaldée,  qu'on  eût  pïi  prédire  leur  l'etourj,, 
&  cjue  l'événement  eût  confirmé  ia  certitude  de  la'  prédic- 
tion, eft-il  croyable  que  cette  fcience  fe  fût' altérées,  fe  fût' 
entièrement  perdue!  Nous  trouvon:6  bien  que  du  temps*  de 
Sénèque ,,  &  même  auparavant ,  quelques  Phiiofophes  raii- 
geoient  les  Comètes  dans  la  clalîè  àQ5  Planètes;  mais  nQ\.]s- 
îi'avons  aucun  exemple  d'une  Comète  prédite  &  qui  ait  paru: 
au  temps  annoncé.- Quel  triomphe  pour  la  caufe  de  Sénèque: 
qu'une  prédidion  de  cette  efpèce ,  &  avec  quelle  eomplaifance; 
ne  nous  en  auroit-il  pas  tranfmis  le  fouvenir  ! 

Mais,  dit -on  5.  Diodore  de  Sicile  témoigne  expreffémenfï 
que  les  Chaldéens.  &  les  Egyptiens  annonçoient  le  retour  des 
Comètes.  Voici  le  pafTage  de  Diodore  au  fu jet  des  Chaldéens  i- 
«  Les  Chaldéens,  dit-il,  par  une  longue  fuite  d'obfeTvatronSj,. 
ont  acquis  une  connoiflance  fupérieure  à^s  mouvemens  &  «« 
des  corps  céleftes  ;  connoiffance  qui  les  met  en  éîaî  d'annoncer'" 
les  évènemens  futurs  de  la  vie  des  hommes  :  mais,  félon  eux,  «^ 
cinq  Etoiles  qu'ils  nomment  interprètes,   &  que  ïes  autres •«- 


(c)  Diod.  loco  ckato  ,  cap.  VIII, 

(d)  In  Proœm.  de  vitis  Philofoph, 


38  DûCTRrNE  DES  PHILOSOPUES 

nomment  Planètes,  méritent  une  confidératlon  particuîîére ; 
leur  mouvemenj:  eft  d'une  efficace  bien  fingulière, . . .  Eiies 
annoncent  auffi  l'apparidon  des  Comètes  ,  ies  éclîpfes  du 
Soieil  &  de  la  Lune,  \qs  îremblemens  de  terre  ;  tous  ies 
chaiigemens  qui  arrivent  dans  l'air,  foit  que  ces  changemens 
fbient  faiutaires ,  foit  qu'ils  foient  pernicieux ,  tant  aux  Nations 
entières  qu'aux  Rois  &  aux  fnnples  particuliers  (e).  »  Ainfi  \ç.s 
Chaidéens  ,  d'après  \q^  difFérens  alpe6ls  des  Planètes ,  pou- 
voient  prédire  des  générations  de  Comètes  :  plufieurs  l'ont  fait 
à  leur  exemple  jufqu'à  ce  fiècle-ci  même  (f);  &  fi  l'événement 
a  quelquefois  favorifé  la  conjeéîure ,  on  l'attribuera,  je  penle, 
à  une  elpèce  de  hafard  ,  plutôt  qu'à  la  folidité  des  fondemens 
qui  appuyoient  la  prédiélion. 

Dans  un  autre  livre ,  Diodore  ayant  parlé  de  la  Poutre 
enflammée  qui  parut  vers  l'an  -i^j-i^  avant  l'ère  Chrétienne, 
il  ajoute  :  «  Quelques  Phyficiens  rapportoient  ce  phénomène 
à  à^s  caules  naturelles  :  ils  prétendoient  que  ces  apparitions 
avoient  à^s  retours  réglés,  &  que  les  Chaidéens  de  Babylone 
&  d'autres  Aftrologues ,  en  faiioient  à&s  prédiélions  imman- 
quables ;  qu'ainfi  ,  au  lieu  de  s'étonner  de  ces  fortes  de 
Ipeélacies ,   ils  feroient  extrêmement  furpris  que  la  période 


(e)  Dïod.  Sic.  Ub.  IL  J'ai  traduit 
fur  le  grec ,  &  je  crois  avoir  rendu 
ie  fens  du  texte  plus  fidèlement  que 
r.c  i'a  fait  M.  Pabbé  Ter^aflbn.  Voici 
fa  tradudion  :  «  Ils  prétendent  auffi 
3>  que  les  apparitions  de  Comètes , 
3>  les  éclipfes  de  la  Lune  &  du  Soleil , 
3j  les  tremblemens  de  terl-e  ,  &  tous 
:>i  les  changemens  qui  arrivent  dans 
3>  ïa  nature ,  font  des  préfages  de 
3>  bonheur  &  de  malheur,  non-feu- 
33  lement  pour  les  Nations  entières , 
33  mais  encore  pour  les  Rois  &  les 
maJridres  particuliers.  »  Il  efl  facile 
de  voir  que  dans  cette  tradudion 
même  ,  il  n'eft  point  dit  que  les 
Chaidéens  annonçaffent  le  retour  des 
Comètes. 

(f)  Marie-Marguerite  "Winckel- 


mann  ,  époufe  (d'ailleurs  très-recom- 
mandablepar  fk  fciencc  &  fes  lumières) 
du  célèbre  Godcfroi  Kirch  ,  fit  impri- 
mer en  171 2  un  Ouvrage  in  -  ^.* 
fur  la  triple  oppofition  de  Jupiter  & 
de  Saturne  en  1713  :  elle  prétend 
prouver ,  par  des  exemples ,  que  de 
telles  conjonèlions  ou  oppofitions 
produifent  toujours  des  Comètes.  Elle 
annonce  ,  modeftemenî  cependant  , 
l'apparition  d'une  Comète  pour  l'au- 
tomne de  1712  ,  à  caufe  de  la  con- 
jon(51ion  de  Saturne  &  de  Mars  ;  <Sc 
comme  cette  conjon6lion  arrive  dans 
le  Lion  ,  la  Comète  menacera  de 
mort  un  Prince  puiffant,  à  la  naifiance 
duquel  le  figne  du  Lion  aura  préfidé  : 
l'événement  a  démenti  la  prédi(51ion, 
,   Ad  a  Eriidit.  an,  jiyj2g  pag.  780 


N    SUR   LES    Comètes.  39 

éternelle  &  conilanîe  Je  tout  ce  qui  le  pafie  daos  la  Natore , 
îîe  les  ramenât  pas  dans  les  temps  déterminés  ( g)^  ^  Par 
isne  note  que  M*  fabbé  Terrailbii  ajoute  {iij,  il  paroll  que 
icîon  lui  les  Chaidéejis  regardoienî  cette  Foutre  ou  Comète 
comme  un  météore  ;  &  je  crois  qui!  a  railbn.  Le  palîàge  de 
Diodore  /explique  îiaîureiiemejit  par  le  pafege  précédent  : 
les  Qhzlàéens  auroknî  été  furpris  que  la  période  éternelle  & 
confiante  de  quelque  conjonàioiî ,  de  quelque  oppoiitioîî, 
de  quelqirautre  aîpeél  que  ce  fût  à^s  Planètes  ,  neût  pas 
ramené  cette  Comète  dans  les  temps  déterminés. 

«  Les  Egyptiens,  dit  le  même  Diodore ,  oblêrvent  l'état 
&  \Qi  mouvemens  à&s  Aflres  avec  tout  le  foin  poffible.  Ils 
confervent  précieufement  les  oblèrvations  faites  chez  eux 
depuis  un  très-grand  nombre  d'années.  Ils  tiennent  des  notes 
exaéles  &  détaillées  de  tout  ce  qui  regarde  le  mouvement, 
le  retour  périodique ,  le  lieu  à^s  Planètes  ;  à^s  forces  que 
chaque  Planète  exerce  à  la  nailîance  à^s  animaux;  è^i  biens, 
à^s  maux  que  leur  différente  pofition  a  produits  :  en  confé- 
quence,  ils  prédifent  fouvent  aux  hommes  ce  qui  doit  leur 
arriver  dans  le  cours  de  leur  vie  ,  &  l'effet  fuit  la  prédiélion  ; 
il  n'eil  pas  rare  de  les  entendre  annoncer  les  maladies  qui 
doivent  frapper  les  hommes  ou  les  animaux  :  enfin ,  par  d.ç^î> 
obfervations  accumulées  depuis  long -temps,  ils  prévoyent 
les  îremblemens  de  terre ,  les  inondations  ,  la  naiiîànce  Aqs 
Comètes ,  &  généralement  tout  ce  qui  paroît  furpafîer  la 
portée  de  l'eiprit  humain  (i),  ■>■> 

Eudoxe  ,  félon  Sénèque ,  fut  le  premier  qui  apporta 
d'Egypte  en  Grèce  la  connoiffance  à^s  mouvemens  à^s 
Planètes  ;  mais  il  ne  parle  point  à^s  Comètes  :  il  eft  naturel 
d'en  conclure  que  cette  partie  de  l'Aflronomie  étoit  inconnue 
aux  Égyptiens  mêmes,  c'eft- à-dire,  aux  obfèryateurs  \q$ 
plus  attentifs  de  tous.  Conon  fit  auffi  d'amples  recherches  f 

(g)   Dwd,  lib.  XV.  J'ai  employé  ici  la  traduétion  de  l'abbé  TerralTon. 
(h)   Tome  IV,  pages  335  &  336. 
(i)   Dkd.  Sk.  lib.  J,  fea.  II. 


,40        DocTRrN.E  'des  Pmflosophes 

il  raffembia.  ies  éclipCes  du  Soleii  obfervées  en  Egypte  :  M 
paiïe  les  Comètes  fous  fiience,  ce  que  certainement  ïï  nau- 
Toit  pas  fait,  s'il  eût  pu  puiler  chez  les  'Egyptiens  cjueique 
-fronnoiifance  de  ces  phénomènes  ( k).. 

Ces  pailages  m'autoriient  à  conclure  que  nous  devons ,  il 
-ell  vrai,,  regretter  la  perte  des  obrer valions  Chaidéennes  & 
Égyptiennes;  que  nous  y  aurions  puàie  de  grandes  con- 
lîoifîànces  fur  ies  mouveniens  (Xqs  Planètes,  ^  fur -tout  fur 
Mes  éclîpfes  du  Soleil  &  de  la  Lune;  que  nous  aurions  pu 
même  y  rencontrer  àQS  apparitions  de  Comètes,  au  nombre 
ÂQs  effets  produits  par  Ïqs  diflèrens  a{pe(5ts  des  autres  corps 
céleftes  :  niais  que  nous  y  aurions  cherché  en  vain  àçs  obfer- 
¥atioi,is  de  Comètes  plus  détaillées  que  celles  que  nous 
.trouvons  dans  ies  auteurs  Grecs  &  Latins  ;  &  que  fur-tout 
ici  théorie  à^s  Comètes  que  nous  y  aurions  puiiee,  n'auroit 
pvi  être  qu'abrolument  fauitè  &  deflituée  de  tout  fondement. 

Je  ne  puis  a(fez  téiiioigner  combien  je  fuis  étonné  de 
l'oubli  parfait  où  ell;  tombi  tout  ce  que  les  Chaldéens  & 
les  Egyptiens  avoient  pu  fnire  d'utile  pour  le  progrès  de 
i'Aftronomie  ,  tandis  que  \çs  fables  ridicules  de  l'Aibologie 
judiciaire  ,  dont  ils  paroideut  certainement  les  inventeurs , 
jont  été  fi  généralement  &  fi  long -temps  en  crédit  &  en 
Iionneui>  Et  plût  à  Dieu  qu'il  ne  refcât  plus  aucun  velîige 
.Je  cette  folie.,  fi  hautement  &  Ti  fouvenî  démentie  par  i  ex- 
périence! Mais  quelques  rencontres  fortuites,  peut-être  aufli 
l'autorité  à^s  grands  hommes  que  ie  préjugé  a  autrefois 
féduits,  font  encore  impreffion  fur  àçs  eiprits  attachés  à  la 
vérité,  mais  trop  foibles  pour  réfifler  aux  impreiïions  de 
l'erreur.  Pour  ce  qui  regarde  l'origine  de  cette  Icience  frivole, 
je  ne  crois  pouvoir  la  caraélérifer  mieux,  qu'en  empruntant 
les  paroles  de  Pierre  Petit,  Intendant  des  fortifications  :  «  Les 
»  Chaldéens,  dit  ce  judicieux  écrivain,  font  \qs  inventeurs  de 
»  i'Aflronomie  &  de  TAflrologie;  de  celle-ci,  pour  abufèr 
»  ies  peuples ,  le  rendre  recommandabies ,  en  tirer  du  profit , 

-     ^k)  Senec.  Naîur,  Quœft,  iifa,   ^11^  cap,  llî? 


SUR   LES  Comètes.  41 

&  fubvenlr  aux  néceflités  que  l'étude  fublime  &  fpéculative,  « 
telle  que  i'Aftronomie  ,    engendre  d'ordinaire.  La  dodrine  « 
de  ces  inventeurs   de  fo'ies  fe  répandit  par  fucceffion   de  « 
temps  en  Egypte,  en  Grèce  &  par-tout  :  les  habiles  Princes  « 
y  trouvèrent  leur  compte  pour  la  politique;  les  faux  Prêtres,  ce 
pour  leurs  impies  religions  ;  beaucoup  de  mauvais  Phyficiens  « 
&  pauvres  Agronomes,  pour  un  fecours  à  leurs  néceflités,  « 
qui  leur  étoit  fourni   par  {qs  riches  ;   les  Poètes ,   pour  de  ce 
beaux  iujets    d'exercer  leur   enthoufiafme  poétique  ;    &  {qs  « 
Hiftoriens ,  pour  écrire  au^  goût  &  dans  le  fentiment   du  « 
vulgaire   (  l)»   »    Petit    déclame   principalement  contre   les 
Hiftorieiis  :  fai^nt  profeflion  d'être  les  hérauts  de  la  vérité , 
ils  ont  été  les  échos   de  l'erreur  ;   c'eft  chez  eux   que  les 
Aftrologues   modernes   ont  trouvé  des   faits   pour   appuyer 
leurs  impertinentes  rêveries  :  «  Si  Tite-Live  vivoit  encore , 
conclud-il,  je  ne  pafl^rois  jamais  les  monts,  comme  d'autres  « 
iîrent,  pour  l'aller  voir  &  apprendre  quelque  choie  de  lui,  «« 
û  ce  n'étoit  à  bien  parler  latin  fmj.  »  Je  foufcris  volontiers 
à  cette  cendire.  Je  crois  cependant  que  TAftronomie  a  quelque 
obligation   à   l'AftroIogie  :    fi   le  fentiment   dçs   Comètes - 
météores   n'eût  pas   prévalu   dans  l'efprit   de  ceux   qui   ne 
reconnoiflbient  d'autre  principe  de  vérité,  que  l'autorité  des 
Philofophes  qui  les  avoient  précédés;  &  que  fUnivers  entier 
n'eût  pas  été ,   pour  ainfi  dire  ,   infatué  des  rêveries  Chai-- 
déennes  &  Égyptiennes  flir  les  effets  des  Comètes ,  la  Comète 
de  I  577,  obfèrvée  par  le  célèbre  Tycho ,  feroit  peut-être 
la  première  dont  nous  aurions  quelque  connoiffance. 

Je  n'ai  pas  prétendu  nier  dans  ce  chapitre ,  que  quelques 
Qtinceiles  de  vérité  n'aient  lui  dans  la  Chaldée  en  des  fiècles 
poflérieurs;  au  contraire,  nous  verrons  au  chapitre  quatrième, 
qu'avant  le  fiècle  de  Sénèque,  quelques  Chaldéens  avoient, 
je  ne  dis  pas  trouvé  ,  mais  foupçonné  ou  deviné  le  vrai 
lyflème  de  la  Nature  fur  le  mouvement  de$  Comètes. 
»  '  '  ,  .^^ 

C!J   Petit,  Differt.  fur  la  nature  de§  ConièteF;  fages  82,  8 j  if  84* 
^m)   Ibjd.  page  8j, 

Tome  I,  F 


42        Doctrine  des  Philosophes 

CHAPITRE      I  IL 

Faujfes  opinions  des  Grecs  fur  la  nature  des  Comètes. 


I  E  s  premiers  Agronomes  furent  àts  Barbares,  habitans 
3»  de  i'Égypîe  &  de  la  Syrie  :  les  Grecs  s'appliquèrent  plus  tard 
3>  à  l'étude  du  mouvement  des  corps  céleïles;  mais  iis  perfec- 
3j  tionnèrent  beaucoup  \çs  connoiifances  qu'ils  avoient  reçues 
Aqs,  Chaidéens  &L  des  Égyptiens  :  »  j'emprunte  les  termes 
de  Platon  (a),  11  paroît  en  eftet  que  les  Égyptiens  &  Ïqs 
Chaldéens  s'étoient  contentés  d'obferver ,  &  de  lier  à  leurs 
obfervations  céieiles  des  faits  qui  n'y  avoient  aucun  rapport. 
Ils  avoient  fans  doute  conclu  de  leurs  obfervations,  que  le 
Soleil,  la  Lune  &  \qs  Planètes,  achevoient  en  des -temps 
périodiques  leurs  révolutions  autour  de  la  Terre  j  mais  cette 
conclufion  même  étoit  plutôt  une  obfervation  qu  un  fyftème» 
On  attribue  aux  Égyptiens  d'avoir  les  premiers  découvert 
que  le  centre  Aqs  révolutions  de  Vénus  &  de  Mercure  devoit 
être  placé  dans  le  Soleil  plutôt  que  fur  la  Terre  (h )  :  je 
m'étonne  qu'un  fait  fi  fmiple ,  fi  intimement  lié  avec  les 
obfervations ,  ait  trouvé  dans  la  fuite  des  contradiéleurs  :  ce 
lî'eft  certainement  point  en  cet  article  que  les  Grecs  perfec- 
tionnèrent l'Aftronomie  des  Égyptiens, 

Orphée ,  Mufée ,  Mékmpus ,  Homère,  Platon ,  Pytbagore, 
Eudoxe  ,  Démocrite  ,  Conon  ,  Épigènes  ,  Apollonius  de 
Mynde  &  plufieurs  autres  Grecs  (cj ^  puisèrent  certainement 
en  Egypte  ou  en  Chaldée  les  premières  notions  de  TAitro- 
nomie.  L'imagination  des  Grecs  étoit  trop  vive  &  trop 
féconde  pour  fe  contenter  de  la  feule  obfervation  ;  ils  rédui- 
firent  lAdronomie  en  iyflème  ;  ils  apprirent  même  peut-être 
à  leurs  maîtres  à  joindre  le  raifonnement  à  l'expérience.  Je 


(a)  Plato  in  Epinomide. 

(b)  Aîacrob,  Somn.  Scip,  lib.  I,  cap.  XIX.  Vîtruy.  Archit,  lib.  IX,  cap.  ly. 

(c)  Diod.  Sic.  lih.  l,  cap.  vi.  Sen,  Natur,  Quœfi,  lib.  VU;  cap.  iil. 


SUR  LES  Comètes,  '43 

m*écarterois  trop  de  mon  fujet ,  û  j'entreprenois  d'expofer 
les  fyftèmes  généraux  des  Philofophes  Grecs ,  fur  l'ordre ,  fur 
ies  mouvemens  des  corps  épars  dans  la  valte  étendue  de 
i'efjDace  :  il  ne  s'agit  ici  que  des  Comètes. 

On  peut  réduire  à  trois  chefs  principaux  les  différentes 
opinions  des  Grecs  fur  la  nature  des  Comètes. 

ï.  Piufieurs  Philofophes  anciens ,  fuivis  de  quelques  nio- 
îdernes,  le  font  perluadés  qu'une  Comète  n'étoit  point  un 
être  réel.  «  La  Comète,  diibit  Panétius  (d) ,  n'eft  point  un 
Aftre,  ce  n'en  efl  qu'une  faulîè  apparence.  »  Panétius  étoit 
apparemment  dans  l'opinion  de  certains  Philofophes  anonymes, 
qui  croyoient ,  félon  Piutarque  (e)  ,  que  les  Comètes  étoient 
formées  par  les  rayons  du  Soleil ,  qui  fè  réfléchiffoient  dans 
l'étendue  des  cieux  ,  comme  ils  auroient  pu  le  faire  fur 
fe  poli-  d'un  miroir.  Ces  Philofophes  anonymes  paroiffent 
avoir  été  d'ailleurs  de  la  fe(5le  de  Pythagore.  Les  difficultés 
qu'ils  remarquoient  dans  \qs  autres  opinions  furent  fans 
doute  le  feul  mo^tif  qui  les  engagea  dans  une  hypothèfe  aufîi 
infbutenable  :  il  ne  paroît  pas  qu'ils  aient  eu  beaucoup  de 
fe<5lateurs. 

En  effet ,  ce  qui  n'exifle  qu'en  apparence  ne  peut  exifler 
iong-temps  ,  &  doit  même,  durant  le  temps  de  fon  appa- 
rition ,  être  fujet  à  des  variations  proportionnelles  aux  caufes 
accidentelles  qui  l'ont  engendré  :  telles  font  ies  parhélies  ,  les 
parafélènes  ,  les  couronnes  ,  les  iris ,  &c.  Les  Cpmètes  ,  au 
contraire,  durent  piufieurs  mois  :  leurs  variations  en  grandeur 
&  en  lumière  fe  forment  par  degrés  ;  &  on  ne  les  peut  fuppofer 
proportionnelles  qu'à  la  diflance  des  Comètes  à  la  Terre  ou 
au  Soleil. 

De  plus,  l'image  d'un  objet,  formée  par  réflexion  fur  une 
efpèce  de  miroir  ,  doit  avoir  des  mouvemens  proportionnés 
à  ceux  de  l'objet  dont  elle  elt  l'image.  Mais  il  n'y  a  aucun 
rapport  entre  le  mouvement  des  Comètes  &  celui  de  tous 

(d)  'Sen.  Natiir.  Qœft,  lib.  VII,  cap.  XXX. 
l^)   Plut,  de  placit,  PhiloJ,  lib.  III ,  cap.  II. 

F  ii 


'44        Doctrine  des  Philosophes 

ies  Aftres  vifibles  :  il  feroit  encore  plus  ridicule  de  recourir 
à  des  Aftres  invifibles ,  qui  feroient  capables  de  produire ,  par 
réflexion  ,  des  images  aufTi  monftrueufes  que  les  Comètes  de 
il  577  >  de  16^2  ,  de  i  680. 

On  a  des  exemples  de  Comètes  qui  ont  été  vues  en  même 
temps,  dans  le  même  iieu  du-  Ciel,  par  des  Obfervateurs 
placés  fur  Terre  à  une  grande  diftance  ies  uns  des  autres  :  ceci 
lî'auroit  pu  fe  faire ,  fi  le  miroir  réfléchiffant  n'eût  été  à  une 
diftance  très -grande  de  la  Terre.  Ceci  pofé,  je  demande 
quelle  eft  la  nature  de  ce  miroir  !  pourquoi  il  n  exifte  pas 
toujours  ?  ou  ,  s'il  exifte  toujours ,  pourquoi  la  lumière  du 
Soleil ,  de  la  Lune ,  des  autres  Aftres  ne  s'y  réfléchit  pas 
également,  au  moins  dans  les  mêmes  circonftance^ ! 

Quelques  Anciens  fe  font  pareillement  perfuadés  qu'il  n'y 
avoit  point  dans  la  Nature ,  de  corps  que  l'on  pût  appeler 
Comète;  mais  que  lorfque  ies  Planètes  fe  rencontroienî,  elles 
confondoient  enfembleleur  lumière;  ce  qui  devoiî  produire 
l'apparence  d'un  Aftre  plus  étendu  en  longueur.  Pour  produire 
cet  eftet ,  il  n'eft  pas  nécelfaire  que  deux  Planètes  fe  joignent 
rigoureufement;  leur  approche  feule  fufîit ,  parce  que  l'intervalle 
qui  eft  entre  deux  eft  éclairé ,  eft  embrafé  par  l'une  &  par  l'autre  i 
ce  long  efpace  paroît  tout  en  feu  ;  &  c'eft-ià  ce  qu'on  appelle 
Comète  ffj.  Mais  on  a  vu  fouvent  des  conjondions  de 
Planètes,  fans  qu'il  en  foit  réfuhé  aucune  Comète  :  on  a  de 
plus  obfervé  des  Comètes  hors  de  ces  conjonélions.  Si  ces 
conjonélions  ,  ces  approches  des  Planètes  &  même  des  Étoiles 
produifoient  les  Comètes  ,  on  en  verroit  plufieurs  tous  les  ans; 
puifqu'il  ne  fe  palîè  point  d'années  fans  de  telles  conjonélions. 
D'ailleurs ,  ces  conjoncT:ions  ne  peuvent  durer  long  -  temps  i 
on  voit  des  Comètes  dont  la  durée  eft  de  fix  mois.  De  plus^ 
il  femble  que  dans  cette  hypothèfe  on  devroit  voir  une  Étoile 
ou  une  tête  à  chaque  extrémité  de  la  Comète  ,  &  c'eft  ce  qu'on 

^fj  L'expofitîon  de  ce  fyftème  &  fa  réfutation,  font  tirées  prefque  mot 
pour  mot  de  Sénèque,  Natiir.  Qiiœft.  lïb.  VU,  cap.  XI  ^  Xii.  Il  paroîtj 
au  chapitre  xix,  attribuer  le  même  fentiment  à  Zenon,  chef  de  la  fecte  dçs 
Stoïciens,  de  laquelle  Sénèque  faifoiî  profeffioîj. 


SUR  LES   Comètes.  45 

ïî'a  jamais  aperçu.  Enfin  ,  ces  Etoiles ,  qui  nous  paroiiïent  en 
conjoné1:ion  ,  font  dans  la  réalité  extrêmement  diftantes  :  elles 
ne  peuvent  produire  l'effet  qu'on  leur  attribue.  On  peut  voir 
dans  Sénèque  une  plus  ample  réfutation  de  cette  opinion  ; 
j'en  ai  peut  -  être  déjà  trop  dit. 

IL  Le  fécond  fentiment  établit  que  les  Comètes  font  àes 
êtres  réels;  mais  d'une  durée  limitée.  J'aurois  honte  d'expoier 
&  de  réfuter  férieufement  l'opinion  que  Bodin  (g  )  attribue  à 
Démocrite  :  «  Je  fais  réflexion ,  dit-il ,  à  la  penfée  de  Démo- 
crite  ,  &  je  fuis  porté  à  croire ,  ainfi  que  lui ,  que  les  Comètes 
font  les  âmes  des  perfonnages  illuflres  qui ,  après  avoir  vécu 
fur  Terre  durant  une  longue  fuite  de  fiècles,  prêtes  enfin  à 
périr ,  font  portées  comme  dans  une  efpèce  de  triomphe ,  ou 
font  appelées  au  Ciel  des  Etoiles,  comme  des  Aftres  éclatans. 
C'eft  pour  cela  que  la  famine ,  les  maladies  épidémiques , 
ies  guerres  civiles  fuivent  l'apparition  àes  Comètes  ;  les  villes  , 
ies  peuples  fe  trouvant  alors  privées  du  fecours  de  cqs  excellens 
chefs,  qui  s'attachoient  à  appaifer  \qs  fureurs  inteflines.  "  Je 
n'ai  point  lu  autre  part  que  Démocrite  ait  été  dans  cette  ridicule 
opinion.  Le  peuple  Romain  crut  ou  ût  femblant  de  croire 
que  la  Comète  qui  parut  l'an  43  avant  l'ère  Chrétienne  ^ 
étoit  l'ame  de  Jules-Céfar  tranfporté  au  Ciel.  On  doit  mettre 
ce  fait  plutôt  au  nombre  à^s  baffes  &  indécentes  flatteries 
^^u'en  celui  àçs  opinions  Philofophiques. 

Quelques  Chrétiens,  imbus  d^s  préjugés  de  fécole  Péripa- 
téticienne, fe  figurant  que  l'innovation  n'étoit  pas  moins 
^dangereufe  en  Philofophie  qu'en  Théologie  ,  défefpéranî 
bailleurs  de  pouvoir  concilier  les  propriétés  démontrées  du 
mouvement  des  Comètes  avec  des  opinions  qu'ils  fe  faifoient 
im  point  d'honneur  &  même  de  religion  de  ne  point  aban- 
Idonner ,  prirent  le  parti  de  croire  que  Dieu  créoit  les  Comètes 
'dans  les  temps  auxquels  il  lui  plaifoit  de  manifefl:er  fa  colère 
aux  hommes,  &  qu'il  chargeoit  un  Ange  ou  quelque  Intelligence 
fde  les  conduire  dans  les  Signes  ,  dans  les  Conflellations  leâ 


:  J  iJlHJyi.liJRBHÎS^WW'^ 


($)   Sodirtf  \i\i,  II;  Theatrlt 


46       Doctrine  des  PmiosoptîES 

plus  convenables  à  Ton  deffein  (h).  S/  Jean  Damafcène  (i) 
paroît  avoir  été  de  ce  fentiment  ;  je  n'en  trouve  pas  de  veflige 
plus  ancien. 

Quelques-  uns  ont  cru  que  fes  Comètes  étoient  des  nuages 
éievés ,  éciairés  par  la  lumière  du  Soleil,  de  la  Lune,  & 
même  ào^  fimples  Étoiles.  Telle  a  été  l'opinion  d'Héraclides 
du  Voï\\(k),  Selon  la  différente  figure  de  ce  nuage,  il  le 
formoit  une  Comète  chevelue  ,  une  Comète  barbue ,  une 
Poutre  ,  une  Colonne ,  un  Halon  ou  couronne ,  &c.  D'autres, 
comme  Xénophanes  (l)  ,  prétendoient  que  ce  nuage  devoit 
être  embrafé  &  non  pas  feulement  éclairé.  La  penfée  de 
Alétrodore  (m)  étoit,  que  la  violence  de  rin.pulfion  àç^ 
rayons  du  Soleil  contre  la  nuée  en  exprimoit  à^s  étincelles. 
Je  ne  conçois  pas  bien  clairement  la  penfée  de  Boè'the  (n)  : 
ia  Comète ,  félon  lui ,  étoit  une  image  repréientée  par  un  air 
dilfous;  c'ell-à-dire  fans  doute,  raréfié  :  je  conjedurerois 
qu'il  éîoit  du  fentiment  de  Panétius  :  mais  d'autres  foj  le 
joignent  à  Héraclides  du  Pont  ;  d'autres  fpj  regardent  fon 
fentiment  comme  fort  analogue  à  celui  d'Ariflote.  Enfin,  nous 
pouvons  renfermer  dans  cette  clafîe  Straton  de  Lampfaque, 
qui  /aj  regardoit  les  Comètes  comme  des  lumières  enfoncées 
dans  des  nuées  fort  denfes  ;  ce  qu'il  comparoit  à  des  lanternes. 
Je  ne  perdrai  point  ici  le  temps  à  réfuter  ces  opinions ,  la 
plupart  inintelligibles.  Elles  n'ont  pas  eu  beaucoup  de  fec- 
îateurs;  &  en  effet  ,   je  ne  vois  pas   facilement  fur  quels 


{h)    Voyez  Rkcioll,    Almage/}.   j        /mj   Plut,  ibîd,  Métrodore  étoit 
tom.  Il,  lib.  Vllï,  fed.  I,  cap. XVI,   |   difciple  de  Démocrite. 


in  undecima.  opinione^ 

fij  Lîb.  Il,  de  fde  Orthod, 
^ap,  Viî, 

(k)  Plut,  de  Plae.  Phil.  lib.  îll , 
op.  II.  Héraclides  fut  dilcîple  de 
Platon  &  «nfuite  d'Ariftote. 

(i)  Plut,  ihid,  Xénophanes  étoit 
jchef  de  la  feéle  Éléatique ,  vers  l'an 


(n  )   Plut,  ibid.  Il  y  a  eu  plufieurs 
Philo fophes  du  nom  de  Boëthe, 

(0  )  Venant! us  Baffus,  de  Cometis, 
lib.  i  ,  cap.  VI, 

(p)  Rkcicl.  loco  cit.  in  j  cpinione,  1 

(q)    Plut,  loco  citatc.  Straton  fut 
le  troifiénie  chef  de  l'écaie  Péripaté» 


530  avant  J.  C.  11  regardoit  aufïi      ticienne  après  Arîflote, 
|e  Soleil  comme  un  nuage  embraie.     | 


SUR   LES  Comètes.  47 

principes  on  a  pu  les  fonder,  par  quelles  expériences  on  a 
pu  les  confirmer.  Un  nuage  éclairé  ne  peut  avoir  les  mouve- 
mens  réglés  que  nous  remarquons  dans  les  Comètes  :  un  nuage 
enflammé  ne  peut  pas  facilement  iè  concevoir. 

Je  viens  au  fentiment  d'Arifl:ote.  La  célébrité  du  nom  de 
(on  Auteur ,  le  nombre  prodigieux  de  ceux  qui  ont  embrafle 
fa  doiflrine ,  m'engage  à  m'y  arrêter  plus  long-temps.  Suivant 
ce  Philofophe  (r)  Sl  [es  feélateurs  ,  l'air  qui  nous  environne 
efl  divifé  en  trois  régions.  Nous  connoilfons  la  bâtie  que 
nous  reipirons  ;  elle  eft  comme  immobile  autour  de  la  Terre  t 
la  moyenne  eft  extrêmement  froide,  &  participe  à  l'immo- 
bilité de  la  région  baffe  :  enfin ,  la  région  fupérieure  efl  moins 
froide,  comme  voîfne  de  la  région  du  feu;  elle  participe  au 
mouvement  du  Ciel ,  &  efl  en  conféquence  emportée  d'orient 
en  occident  autour  de  la  Terre ,  dans  f  efpace  d'environ  24 
heures.  Il  s'élève  continuellement  des  exhalailons  de  la  Terre  ; 
&:  elles  peuvent  monter  jufqu'à  la  région  fupérieure  de  l'air  :  le 
mouvement  diurne  Si.  précipité  auquel  elles  participent  alors 
peut  les  unir,  les  condenfer,  leur  donner  de  la  confiftance  ;; 
&  foit  par  ia  force  leule  du  mouvement ,  foit  par  le  voifmage 
de  la  région  du  feu ,  foit  même  par  l'aélion  des  Aflres  & 
fur-tout  du  Soleil ,  ces  exhalailons  prennent  feu;  fembrafement 
dure  tant  qu'il  le  trouve  des  matières  inflammables  ,  ou  déjà 
préparées  ,  ou  qui  montent  fans  interruption  de  la  Terre  i 
le  feu  fe  ralentit  enfin ,  &  s'éteint  faute  de  nourriture  ;  & 
!a  Comète  ceffe  d'exifler.  Ces  exhalaifons  génératrices  deS' 
Comètes  doivent  êtres  chûudcs  &  sèches ,  félon  Ariflote. 

Toutes  les  nouvelles  oblervations  détruifent  abfoiument  le 
fyflème  d'Ariflote,  qui  n'eft  d'ailleurs  qu'un  tilfu  de  fuppo- 
fitions  gratuites  &  inconféquentes  :  je  ne  doute  point  que  fi 
ce  grand  Phiioiophe  eût  eu  les  fecours  &  les  connoilFances 
que  nous  avons  maintenant ,  il  neiit  été  le  premier  à  profcrire 
fon  ientiment  lur  la  génération  des  Comètes.  On  pou  voit 
cependant,  à  ce  qu'il  me  femble ,  le  réfuter  avec  avantage, 
»  •  • 

(r)  Ariji.  lib.I;  Meteor.  cap,  YÀl  ôiX^  dr  alibi. 


:4B        Doctrine  des  Philosophes 

même  en  n'employant  que  les  connoiflances  acquifès  de  fôit 
temps.  Pour  embarraiïer  Ariftote  ,  j'emprunte  les  termes  de 
Comiers  (f),  II  fuffit  de  lui  demander  «  comment  la  Terre  a 
«  pu  fournir  en  l'année  i'y^6 ,  pendant  les  deux  mois  d'Août 
="  &  de  Septembre ,  à^s  exhafaifons  à  cette  prodigieufe  Comète, 
»  qui ,  avec  une  admirable  clarté ,  courut  droit  de  l'Equateur  à 
«  rOurfè  ,  puifque  tous  \qs  bois  du  monde  n'auroient  pu  faire  un 
fi  beau  feu  pendant  un  û  long  temps.  >>  En  effet ,  dh  le  temps 
d'Ariilote  on  a  voit  vu  dQs  Comètes  durer  pendant  plufieurs 
mois:  conçoit-on  facilement  qu'un  tel  embralement  puiffe  durer 
li  long-temps  !  Mais,  dit-on,  lefeuefl  lent,  &  la  matière  efl 
luppofée  bien  denfè  :  au  contraire,  répond  GafTendi^ry, 
plus  on  fuppofera  la  matière  denfe ,  plus  le  feu  fera  aélif  Je 
ne  conçois  pas  d'ailleurs  qu'une  matière  qui  eft  portée  par  l'air, 
le  plus  pur  puiiTe  être  d'une  denlité  fi  extraordinaire.  Mais 
il  furvîent  continuellement  de  nouvelle  matière.  La  défen/è 
pourroit  être  admife  ,  fi  la  Comète  répondoit  toujours  direéle- 
ment  au  même  lieu  de  la  Terre  ;  mais  on  la  fuppolè  emportée 
dans  l'elpace  de  vingt-quatre  heures  autour  du  globe.  De  pius^ 
on  ne  comprend  pas  qu'une  Comète  formée  par  un  tel  embra- 
lement puifle  fuivre  avec  tant  de  régularité ,  non-fèulement  le 
mouvement  diurne  du  premier  mobile,  mais  encore  un  autre 
mouvement  particulier ,  qu'Ariflote  connoiffoit  ,  &  dont  if 
ne  donne  aucune  raifbn  fatisfaifante.  Le  premier  mobile , 
dira- 1- on,  ne  peut-il  pas  emporter  la  région  du  feu  &  la 
région  fupérieure  de  l'air  avec  tout  ce  qui  peut  y  être  comprise 
Mais  on  demandera  comment  &  pourquoi  ce  premier  mobile 
qui ,  dans  le  même  temps  précis ,  emporte  &  Saturne  &  les. 
Etoiles  fixes  ,  &  la  région  fupérieure  de  l'air  ,  ne  produit  aucun 
mouvement  (enilble  iur  la  région  inférieure  &  fur  la  moyenne* 
Mais ,  difoit  Epigènes ,  la  Comète  fuit  fon  aliment.  Si  cela 
etoiî,  répond  GaiTendi  (u) ,  elle  devrolt  toujours  tendre  en 


(f)    Claude  Comiers ,  De  la  nature  if  préfagQ  des  Comètes,  chapitre  II» 
,S.u,r  Comiers  ,  voye-^  ci-dejfoiis  le  chapitre  reptiènic. 

(t)    Gajf.  operunif  tpm..  I;  feu  Phjfic,  fefl.  llf  lifa.  Y,  pa^.  joz, 
^u)   GaJ^'.  ihiip 


SUR   LES  Comètes.  49 

bas,  puîfque  fon  aliment  lui  vient  de  la  Terre.  Enfin,  Gaiïencii 
demande  pourquoi  la  queue  des  Comètes  eft  toujours  oppoiée 
au  Soleil  :  il  prouve  ,  par  la  dodrine  des  parallaxes  ,  que  les 
Comètes  font  bien  plus  élevées  que  la  région  fupérieure  de 
i'air  :  on  peut  ajouter  que  des  exhalailons  enflammées  ne 
pourroient  être  foumifes  à  des  retours  périodiques  &  réglés. 
Mais  ces  raifons  fuppofent  des  obfervations  qu'on  n'avoit  point 
encore  faites  du  temps  d'Ariflote  :  nous  en  parlerons  autre 
part. 

Je  termine  ce  qui  concerne  Ariflote  par  deux  réflexions. 
De  petits  efprits  croient  s'être  relevés  beaucoup  lorlqu'ils  ont 
répandu  le  fiel  de  leurs  Hircafmes  fur  ceux  dont  la  réputation 
a  été  le  plus  loiidement  &  le  plus  univeriellement  établie  dans 
tous  les  temps,  ils  ne  s'aperçoivent  pas  que  leurs  futiles 
difcours  nuifent  beaucoup  plus  à  l'idée  qu'on  fè  forme  de 
leur  jugement ,  qu'à  la  gloire  des  grands  hommes  que  ces 
pygmées  voudroient  ternir.  Ariilote  étoit  homme  :  il  efl 
certainement  tombé  dans  l'erreur.  Mais,  premièrement,  avec 
quelle  modeftie  ne  propofè-t-il  pas  [es  conjeélures  fur  le 
fyflième  du  monde?  «Je  parle  des  corps  cél  eltes ,  dit-il  ^x^  / 
mais  je  ne  les  vois  que  de  loin  ;  je  ne  les  obfèrve  pas  du  lieu 
même  où  ils  exifl:ent  :  la  très-grande  partie  de  ce  qui  fe  pafle 
dans  le  Ciel  échappe  à  nos  lens  ».  Et  peu  après  :  «  Si  quelqu'un, 
conclut-il  fyj  ,  peut  donner  de  ces  phénomènes  une  explication 
plus  certaine,  &:  fondée  fur  des  principes  plus  naturels,  il 
s'acquerra  un  droit  légitime  lur  notre  reconnoilîance.  »  Enfin, 
avant  que  de  propofèr  fon  (yftème  fur  les  Comètes  :  «  Comme 
nous  n'en  pouvons  juger  par  les  fens ,  dit -il  f:^J,  je  croirai 
mon  explication  fuffifante ,  fi  elle  ne  renferme  rien  de  contraire 
aux  vérités  déjà  connues  ».  Si  AriHote  eût  vécu  de  nos  jours  , 
fi  (es  fens  euflent  été  perfeétionnés  par  le  fecours  du  télefcope 
&  d'un  grand  nombre  d'obfervations ,  il  auroit  fans  doute 

(xj    Ariflût.  de  Cœlo ,   lib.  II,    cap.  III. 

(y)    Jbid.  cap.  V. 

(l)  Lib.I,  Meteor,  çdi^,  yu. 

Tome  /.  G 


50        Doctrine  des  Philosophes 

porté ,  comme  je  l'ai  déjà  dit ,  im  jugement  différent  fur  îa- 
nature  d^s  Comètes.  Mais  aimer  la  vérité ,,  la  rechercher  avec 
foin  ,  ne  propofeî*  comme  certain  que  ce  que  l'on  juge  tel, 
douter  foi  -  même  de  ce  que  l'on  lait  n'être  qu'une  fimple 
conjeélure  ;  c'eft  ce  qui  conftitue  le  vrai  Philoiophe^  &  c'ell 
ce  qu'Ariftote  a  fait  au  fujet  du  mouvement  des  corps  céleiles. 

Je  remarque ,  en  fécond  lieu  ,  qu'on  a  fait  tort  à  Ariilote 
en  lui  attribuant  les  rêveries  de  [qs  Dilciples.  J'ai  expofé  fou 
hypothèlè  en  entier  ;  je  l'ai  même  un  peu  amplifiée ,  en  y 
ajoutant  quelques  termes  qu'on  ne  trouve  peut-être  pas  dans 
Ïqs  Ouvrages ,  mais  feulement  dans  ceux  de  (es  Difciples  ,  & 
que  la  nature  de  fon  fyfième  même  fembloit  demander.  Mais 
tout  le  refte  appartient  aux  Péripatéticiens  ,  &:  non  pas  à  leur 
fage  Chef.  Ariftote  ifa  jamais  imaginé  que  Saturne  &  Mars 
préparaifent  la  matière  des  Comètes ,  l'un  enTefferrantles  pores 
de  la  Terre  ,  pour  que  les  exhaiaifons  s'accumuialîènt  ;  l'autre  g 
en  les  élargifîanty  pour  donner  une  libre  fortie  à  ces  exhaiai- 
fons :  Ariilote  n'a  jamais  penfé  que  les  atomes  qui  voltigent 
avec  les  rayons  du  Soleil^  reçus  par  une  ouverture  légère  dans 
une  chambre  obfcure  ,,  fuffent  les  cendres  d'une  Comète 
confumée.  Ariilote  n'a  jamais  attribué  aux  Comètes  lé  droit 
de  caufer  ow  d'annoncer  àçs  maladies  ,  des  famines ,  des> 
Méditions  ,  des  guerres  civiles ,  des  morts  de  Princes  ou  de 
perionnes  conilituées  en  dignité,  II  s'efl  contenté  de  croire 
que  l'apparition  des  Comètes  pouvoiî  occafionner  dés  vents 
&  des  fécherefîes ,  fur-tout  s'il  en  paroiffoit  plufieurs  en  même 
temps  :  des  erabraiemens  aufîi  grands ,  aufîi  longs ,  auifi  voiiins 
de  la  Terre  que  l'étoit  celui  des  Comètes  dans  fon  fyilème  ^ 
lui  fémbloient  devoir  produire  naturellement  ces  deux  effets» 

Épigènes  ,  Philofophe  grec  dont  parle  Sénèque  (  a  )  ^ 
fuivoit  non-feulement  fhypothèfe  d'Ariifote;  mais  il  préten- 
doit  de  plus  que  tel  éîoit  le  fentiment  des  Chaldéens,  fous 
lefquels  il  avoit  étudié  l'Ailronomie.  Épigènes  difFéroit 
cependant  d' Ariftote  en  un  point  :  félon  lui  ,   la   caufé  de 


(aj   Senecr  Natiir.  Qu^rjî.  lib.  VU,  cap.  IIÏ  Ù^ M^ 


SUR  LES  Comètes,  51 

l'inflammation  des  Comètes  e'toit  un  vent  impétueux  revenant 
fur  lui-même,  un  ouragan.  II  admettoit  auffi  dans  quelques 
Planètes,  &  lur-tout  dans  Saturne,  une  efficace  fm^ulière 
pour  la  production  à^s  météores,  &  par  coniéquentpour  celle 
des  Comètes.  Ariflote  n'a  jamais  donné  dans  ces  futiles  inepties. 
Sénèque  réfute  fort  auwng  les  menfonges  d'Epigènes  :  c'efl 
ainfi  qu'il  qualifie  les  fentimens  de  ce  Grec-Chaldéen  (b). 

IIÎ.  Enfin,  il  y  a  eu  dans  l'antiquité  quelques  PhilofopbxCs 
qiui  ont  penfé  que  \qs  Comètes  étoient  des  corps  éternels, 
c'e(l-à-dire,  auffi  anciens  que  le  monde  ( c )  ;  lefquels  étoient 
fujets  à  des  retours  périodiques,  félon  des loix  dont  ces  Anciens 
n'ont  pu  que  deviner  l'exiflence, 

Anaxagore  ,  Démocrite  (d),  quelques  Egyptiens  (e), 
Artém.idore  &  quelques  autres  ,  ont  cru  qu'outre  \^s  fept 
Planètes  que  l'on  connoiffi^it  alors  ,  il  en  exiftoit  un  très-grand 
nombre  d'autres.  Celles-ci,  invilibles  àcaufe  de  leur  extrême 
petiteOe  ,  fe  rencontrent  quelquefois  ;  &  s'accumulant  en 
nombre  fuffifant,  leur  amas  devient  fènfible.  Le  télefcope  nous 
a  fait  découvrir  de  petites  Planètes  autour  de  Jupiter  &  de 
Saturne  ;  par  fon  fecours ,  nous  obfervons  un  nombre  infini 
d'Étoiles,  dont  nous  n'avions  aucune  idée,  peut-être  même 
aucun  foupçon;  mais  ces  prétendues  petites  Planètes,  femences 
en  quelque  forte  des  Comètes  ,  font  reliées  auffii  invilibles 
qu'auparavant.  Ne  faut-il  qu'un  petit  nombre  de  qqs  Étoiles 
pour  produire  l'apparence  d'une  Comète!  Il  eft  pour -lors 


(h)  Senec.  Natur,  Quœft.  lib.  VII , 
cap.  V. 

(c )  Je  pourrai ,  d'après  Sénèque , 
appeler  quelquefois  les  Comètes  des 
corps  éternels.  Maïs  je  m'explique 
ici  :  je  n'entendrai  par  ce  terme  qu'une 
antiquité  égale  à  celle  du  monde 

(d)  Ar'ijîot.  Meteorol.  lib.  I, 
cap.  VI;  Plutarch.  de  Placit.  Philof. 
lib.  III,  cap.  1 1  ;  Senec.  Natur. 
Qiiœfl.  lib.  VJI,  cap.  III,  &.  plu- 
fjeurs  autres.  Anaxagore  fut  un  des 


Chefs  de  la  fecle  Éléatique ,  qua» 
îrième  fucceileur  de  Thaïes  :  on 
fait  que  Démocrite  a  été  le  maître 
d'Épicure. 

(e)  Ariflot.  loco  cîtato.  Ces  Égyp- 
tiens paroiiïent  avoir  éié  plus  parti- 
cuiièrement  de  la  première  opinion. 

(f)  Senec.  ibidem ,  cap.  XIII, 
M,  \VeidIer  conjecture  que  cet  Arté- 
midore  vivoit  environ  un  fiècle  avant 
l'ère  Chréûenfie.  Hifl.  AJlron,  cap.  V^, 
n.  37, 

G  \] 


52        Doctrine  des  Ph i losdphes 

néceffaire  que  l'air  intermédiaire  s'enflamme  ou  du  moins 
foit  éclairé  par  la  lumière  de  ces  Etoiles  concurrentes  ;  autre- 
ment on  ne  pourroit  fau ver  \qs  phénomènes  que  nous  oblèrvons 
dans  \qs  Comètes.  Mais  alors  ce  fentiment  retombe  dans  celui 
de  Panétius  (g)  :  nous  l'avons  réfuté  plus  haut.  Dira- 1- on 
que  ces  Planètes  ne  deviennent  vifibles  que  par  leur  grand 
nombre?  J'ofe  demander  combien  il  en  faut  de  millions  pour 
produire  une  Comète  femblable  à  celle  de  1652:  elle  égaloit 
le  Soleil  en  grofTeur.  Que  dirai -je  de  celle  de  l'an  1^7 
avant  l'ère  chrétienne!  Sa  queue  avoit  la  même  étendue  que 
ia  voie  laélée.  Mais ,  félon  Ëphore,  Hiflorien  Grec  ,  on  a  vu 
la  Comète  de  l'an  373  avant  l'ère  chrétienne,  fe  féparer  en 
deux  Etoiles.  «  Ephore,  répond  Sénèque  (h),  n  eft  rien  moins 
3î  que  fcrupuleux  dans  {qs  récits;  fouvent  il  trompe  ,  fou  vent 
il  efl:  trompé.  «  Je  reipecle  fort  le  grand  Kepler  ;  mais  je  foufcris 
à  cette  critique  de  Sénèque.  Ce  Philofophe  avoit  lu  fans 
doute  les  Ouvrages  d'Éphore  ;  ils  font  aujourd'hui  perdus  : 
Sénèque  les  connoifToit  donc  mieux  que  Kepler. 

Nous  traiterons  dans  un  Chapitre  particulier  de  l'hypothè/è 
'des  autres  Philofophes  qui  appartiennent  à  cette  troifième 
clafle  :  ia  vérité  ne  doit  pas  être  confondue  avec  l'erreur  :  ce 
dernier  fentiment ,  confirmé  par  ia  faine  Phyfique  &  par  des 
obfervations  inconteftables ,  mérite  que  nous  expofions  dans 
tout  leur  jour  les  penlees  de  ceux  que  nous  en  regardons 
comme  les  Auteurs. 


(g)   II  y  a  quelque  apparence    que   îeî    étoit  réellement   le   fentîmenî 
d'Anaxagore  &  de  Démocrite, 
(h)    Senec,  loco  citato. 


CHAPITRE       ï  V. 

Quelques  Pythagoriciens ,  Diogène  ,  Hippocraie  de 
Chio ,  Efchyle,  devinent  la  nature  des  Comètes ,  leur 
hypoîhèfe  eft  perfeéîionnée  par  quelques  Chaldéens 
if  par  Apollonius  de  A4ynde  :  fentiment  if  prédiâion 
de  Sénèque, 

JNewton  &  Haîley  n'ont  pas  feulement  prétendu  que 
ies  Comètes  étoient  à^s  Etoiles  errantes  ou  Aqs  Planètes.  Le 
premier  a  démoniré  cette  vérité  par  à^i  principes  géométriques 
déjà  admis  dans  la  mécanique  de  l'Univers.  Le  fécond  la 
confirmée  par  des  retours  périodiques  de  Comètes  incontefta- 
blement  obfervés.  Quel  changement  cette  découverte  n'a-t-elîe 
pas  produit  dans  la  face  de  l'Aftronomie  I  Un  demi  -  fiècle  a 
fuffi  pour  opérer  une  perfuafion  univerfelie.  Il  y  a  déjà  plus  de 
quarante  ans  que  les  Aftronomes  fe  font  une  loi  de  rapporter 
à  la  théorie  de  Newton  les  mouvemens  à^s,  Comètes  qu'ils 
obfervent  :  s'il  fût  refté  quelque  nuage ,  le  retour  de  la  Comète 
de  1682  en  1755),  l'auroit  fans  doute  dilfipé.  Je  ne  crois  pas 
qu'il  foit  poffibie  que  cette  théorie  éprouve  jamais  un  difcrédit  j 
un  oubli  tel  que  celui  où  éîoit  tombée  l'hypothèfe  d'Apollonius 
de  Mynde.  Celui-ci  faifoit  profeffiort  de  tenir  à^s  Chaldéens 
fes  principes  aflronomiquesY^^/  Epigènes  ,  contemporain,  à 
ce  qu'il  paroît,  d'Apollonius  (h),  témoigne  que  l'on  confervoic 
en  Chaldée  des  obfervations  célefles  faites  dans  l'elpace  de  fept 
cents  vingt  ans,  &  gravées  fur  des  briques  (c).  Sénèque  ( d) 
embraife  le  fentiment  d'Apollonius;  il  féclaircit,  il  le  défend 


(a)  Senec,  Natut,  Qiiœjî.  lib.  VII ,  cap.  III. 

(b)  Je  croîs  que  l'un  &.  l'autre   vivoient  du  temps  d'Alexandre  -  le 
Grand  :  il  paroît  difficile  de  les  placer  dans  un  autre  fiéçIe. 

(e)    Plin.  lib,  VU  ,  cap.  LVI. 

(d)  Sensc,  kco  citato,  cap.  xxii  Ù^  f^q^ 


54^       DôcrniNE  de^  Pmtlô^ûptïeJ 

avec  toute  fa  force ,  toute  l'éloquence  dont  ce  vafte  &  rublimé 
génie  éîoit  capable  :  mais  il  ne  parle  d'aucun  calcul ,  d'aucune 
obièrvation  ,  d'aucun  retour  démontré  de  Comètes.  Les 
obfervations  n'avoient  pas  manqué  fans  doute  à  Apollonius; 
mais  elles  étoient  infuffifantes.  Ce  n'étoit  donc  pas  fur  elles 
qu'Apollonius  fe  fondoit  ;  mais  fur  le  raifonnement  qui  le 
perfuadoit  de  l'infuffiiance  à^s  autres  fyflèmes  ,  lur  d^s  motifs 
de  fimple  analogie,  dépure  convenance;  en  un  mot,  fur  des 
conjeélures  :  Sénèque  n'établit  pas  d'autres  fondemens  ;  l'un 
&  l'autre  devinoient.  Quelle  diftance  entre  leurs  conjedures 
&  les  démonflrations  à^s  Newton  &  dQs  Halley  !  Je  ne 
prétends  porter  aucune  atteinte  à  la  gloire  des  Anciens  : 
j'accorderai  même ,  fi  l'on  veut ,  qu'ils  avoient  plus  de  génie 
que  les  Modernes;  mais  ils  avoient  moins  d'expérience.  Nous 
fommes  des  nains,  ils  étoient  des  géans  ;  mais  nous  fommes 
montés  fur  leurs  épaules  ;  nous  voyons  plus  loin  qu'eux  (e). 
Si  je  ne  crois  pas  devoir  accorder  aux  Anciens  toute  la 
gloire  de  l'invention,  proprement  dite,  du  vrai  fyftème  des 
Comètes  ,  je  ne  nie  pas  pour  cela  qu'ils  ne  méritent  quelque 
part  à  cette  gloire.  Ils  ont  entrevu  la  vérité  ;  c'efl  quelque 
chofe  de  bien  plus  glorieux  que  de  foutenir  l'erreur.  Ils  ont 
parfaitement  compris  le  faux  des  autres  hypothèfes  ;  ils  les 
ont  combattues  avec  des  armes  viélorieules  :  enfin  ,  fi  le 
défaut  d'obfervations  ne  leur  a  pas  permis  d'établir  ciémonf- 
îrativement  leur  fyftème  ,  au  moins  ils  ont  fu  lui  donner  les 
couleurs  de  la  vraiièmblance.  Je  dis  plus  :  ils  méritent  fans  doute 
d'autant  plus  notre  eflime  ,  qu'ils  avoient  moins  de  fecours  ;  ils 
ont  été  auifi  loin  que  les  circonftances  du  temps  auquel  ils 
vivoient  pouvoit  le  leur  permettre.  Ce  qui  m'étonne,  c'efl 
qu'un  fv'iîème  auffi  fimple,  auiTi  naturel,  auffi  probable  que 
le  leur ,  ait  eu  auffi  peu  de  fecflateurs  ;  mais  le  préjugé  de 
l'horreur  du  vide  &  celui  delafolidité  <\qs  Cieux  étouffèrent 
dès  le  commencement  ces  premiers  rayons  de  lumière. 

Plutarque  attribue  à  Diogène  d'avoir  cru  que  les  Comètes 
«■■      I  '        ."  ■"  ■  — ~         ————___ 

fej  CeUe  penfée  eil  d,s  Pierre  PctU,  Gi^^nat'ionfur  les  Comités ,  page  j  q* 


SUR  LES  Comètes.  yj 

ctoîent  Jes  Étoiles  (f).  Mais  quel  étoit,  félon  Diogcne,  le 
mouvement  de  ces  Etoiles!  pourquoi  ne  nous  font-etles  pas 
toujours  vifibles  l  Je  ne  trouve  nulle  part  quel  étoit  à  ce  fujel 
ie  lentiment  de  ce  Philofophe. 

Quelques  Pythagoriciens  regardèrent  pareillement  les 
Comètes  comme  Aqs  Etoiles  errantes  ou  comme  des  Planètes. 
Elles  ne  paroiiïent  que  rarement,  &  leur  apparition  dure  peu: 
cela  ne  doit  pas  furprendre  ;  il  en  eil  de  même  de  la  Planète 
de  Mercure  (g)»  On  conjecture  de-\ï  que  félon  ces  Pythago- 
riciens ,  les  Comètes  étoient  à^s  Planètes  peu  disantes  du 
Soleil.  Mais  ce  ientimeut  ne  peut  plus  fe  foutenir;  il  eft 
démenti  par  l'expérience.  Nous  avons  vu  des  Comètes  en 
oppofition  avec  le  Soleil  ;  elles  s'éloignent  donc  du  Soleil 
plus  que  la  Terre,  &  à  plus  forte  railbn  plus  que  Vénus  ^ 
Mercure. 

Hippocrate  de  Chio  &  ion  diiclple  Elchyle  (h),  embrafsèrent 
ie  même  fentiment.  On  remarque  cependant  (i)  que  leur  opi- 
nion différoit  de  celle  d^s  Pythagoriciens  ,  en  ce  que  ceux-ci 
croyoient  que  la  queue  failoit  partie  du  corps  de  la  Comète: 
Hippocrate ,  au  contraire  ,  fe  perfijadoit  que  cette  queue 
étoit  ablblument  accidentelle  ,  &  qu'elle  étoit  formée  par  des 
vapeurs  aqueufes  ,  attirées  par  le  corps  de  la  Comète ,  & 
capables  de  réfléchir  la  lumière.  Nous  verrons  autre  part  que 
ie  fentiment  d'Hippocrate  approchoit  plus  de  la  vérité  que 
celui  des  difciples  de  Pythagore. 

Diodore  de  Sicile  ne  dit  point  que  le  vrai  fyftème  des 
Comètes  ait  été  connu  des  anciens  Chaldéens  &  des  anciens 
Egyptiens  ;  nous  nous  en  fommes  convaincus  au  Chapitre  IL 
Il  paroît  cependant  que  c'efl:  en  Chaldée  que  les  premières 
étincelles  de  la  vérité  ont  commencé  à  le  faire  jour.  Dit 
temps  d'Epigènes  &  d'Apollonius  de  Mynde ,  les  Chaldéens 

(f)  Plut,  de  Placr  Fini.  lib.  Ilî,  cap.  II.  Ce  Diogcne  paroît  être  celux 
qui  fut  le  Chef  de  la  feéte  Ionique  après  Anaxagore. 

(g)  Arijiot.  Meteor.  lib,  J  ^  cap.  vl.  Plut,  kco  çiiat&y 
(h)   Ariflot,  loco  citatOt 


^6        Doctrine  des  Philosophes 

étoient  divilés  fur  la  nature  des  Comètes.  Ces  deux  Agronomes ,^ 
diffërens  de  feiilimens ,  vouioient  apparemment  appuyer  leurs 
conjeélures  fur  l'autorité  :  ils  le  foncloiejit  lun  &  l'autre  fur 
celle  des  Chakiéens ,  leurs  maîtres.  «Les  Ci.aldéens,  difoit 
^  Epigènes  (k) ,    n'ont   rien    d'aifuré   kw  le  mouvement  des 
^  Comètes  :   ils  les   tiennent    pour   des    corps   entiammés  par 
"  i'adion  d'une   efpèce  de  tourbillon   d'air  agité   6l  revenant 
"  fur  lui-même.  Les   Chaldéens  ,    difoit  A|  oiionius  ,   placent 
""^  les  Comètes  au  nombre  des  Étoiles  errantes,  &  connoiifent 
ieurs  mouvemens.  y>  Comment  accorder  ces  deux  Auteurs  \ 
En  difant  que  les  Chaldéens  étoient  alors  partagés  de  lenti- 
mens;  que  les  uns  foutenoient  encore  i  ancienne  opinion  des 
Comètes-météores  ;  que  d'autres ,  plus  éclairés  par  ies  lumières 
de  la  droite  raifon,  avoient  conçu  l'impoiïibiliié  de  la  longue 
durée  de  ces  embraferaens.  C'eft  ce  que  nous  pouvons  pareille- 
ment conclure  d'un  palfage  de  Jean  Stobée  ,   auteur  Grec, 
qui  vivoit  au  iv/  ou  v.""  fièclé  de  i'ère  Chrétienne  :  «  Les 
»  Chaldéens,  dit-il  (l) ,  croyoient  que  les  Comètes  étoient 
»>  d'autres  Planètes ,  des  Etoiles  qui  font  cachées  durant  quelque 
»  temps  ,  parce  qu'elles  font  trop  éloignées  de  nous  ,   &  qui 
»  paroilfent   quelquefois  ,    iorfqu'elles    delcendent   vers  nous, 
»  îèlon  les  ioix  qui  leur  font  prefcrites  ;  qu'elles  font  appelées 
»  Comètes  par  ceux  qui  ignorent  que  ce  font  de  véritables 
>»  Etoiles,  qui  paroiffent  s'anéantir  iorfqu'elles  retournent  dans 
M  leur  propre  région ,  Iorfqu'elles  fe  replongent  dans  le  profond 
5»  abîme  de  i'étiher  ,    comme  les  poilfons  au  fond  de  la  mer, 
»  Mais   d'autres   ont   penfé   que   des    vapeurs    terreitres    font 
ïj  enlevées   dans  l'air  par  le  vent  ou  par  quelque  tourbillon, 
9>  qu'elles  prennent  feu  ;  <Sl  que  parvenues  au  lieu  où  féther  e(î: 
s>  agité  par  un  mouvement  de  rotation,  elles  font  pendant  un 
«  temps  emportées  avec  l'Univers  autour  de  la  Terre,  jufqu'à 
j>  ce  que  ies  matières  étant  confumées  par  le  feu  ,  elles  s'éva-^ 
?j  nouiflènt  entièrement  ;  &  qu'enfin ,  e'efl-là  ce  que  l'on  appelle 

(k)    Senec.  Nat.  Quœfl.  Ilb.  VII,   cap.  III. 
^l)  Stob,   Eçlog,  Phyf,  lib,  I,  cap.  XX V 9 

Comètes»  » 


SUR  LES   Comètes.  jy 

Comètes.  «  Voilà,  je  penfe  ,   les  fyftèmes  d'Apollonius  & 
d'Epigènes  aflez  bien  détaillés. 

Séiièque,  après  avoir  réfuté  tous  les  iyflèmes,  fans  en 
excepter  celui  d'Apollonius ,  revient  à  celui  -  ci  :  il  i'expoie 
dans  le  plus  beau  jour  ;  il  l'appuie  des  plus  fortes  raifons 
que  les  circonftances  du  temps  auquel  il  vivoit  pou  voient 
i'ui  fournir:  quoiqu'il  eût  lu  fans  doute  les  ouvrages  d'Apol- 
lonius, il  avoue  que  le  cours  des  Comètes,  hors  de  la  portée 
de  notre  vue  ,  lui  efl  abfolument  inconnu ,  qu'il  ignore  {çs 
lolx  auxquelles  elles  font  affùjetties  ;  il  efpère  que  la  vérité 
iè  montrera  fans  voiles  aux  yeux  de  la  poflérité.  Mais  faifons 
parler  Sénèque  lui-même  :  ce  morceau  né  déparera  point  mon 
Iiiiloire;  je  ne  crains  que  de  l'alToiblir  pai'  ma  traduélion. 

«  Je  ne  puis  me  perfuader,  dit  ce  grand  Philofophe,  (^nj , 
qu'une  Comète  foit  un  feu  nouvellement  embrafé:  c'efî;  plutôt  « 
un  des  ouvrages  éternels   de  la  Nature.  Tout  ce  qui  s'en-  « 
gendre  dans  l'air  ,    dure  peu  ;  l'élément  qui  le  produit  fuit  «.- 
toujours  &  change  fans   ceffe.   Quelle  peut  être  la  fiabilité  « 
d'un  corps  formé  dans  l'air ,   lorfque  l'air  lui  -  même  efl  fi  « 
inconfiant!  .....  (n).  Les  feux  ordinaires  que  nous  vovons  ce 
dans  le  Ciel  ,    ne  le   détournent  point   du   mouvement  en  « 
ligne   droite  :    être  mû  circulairement ,   c'efl  le  propre  des  cz 
Allres  feuls.  Si  tel  a  été  le  mouvement  des  autres  Comètes ,  « 
je  l'ignore;    celui  des   deux   qui   fe  font  montrées  de  nos  « 
jours,  a  certainement  été  circulaire:  de  plus,  tout  ce  qui  ne  « 
doit  fbn  exiflence  qu'à  des  caufes  pafTagères ,  périt  bientôt.  « 
Les  flambeaux  céleiïes  font  à  peine  embrafés,  qu'ils  s'étei- « 
gnent  :    la  même   foudre  ne   frappe  qu'une  feule  fois  ;   les  « 
étoiles ,  que  nous  appelons  tombantes ,  volent  &  traverfent  « 
l'air  en  périlîant.  Les  feux  ne  font  permanens  que  dans  leurs  « 
propres  régions  :  je  parle  de  ces  feux  divins,  de  ces  feux  auffi  « 
éternels  que  le  Monde  dont  ils  font  partie.  Us  ne  font  pas  « 
formés  inutilement;    leurs  mouvemens  font  réglés;    ils   les  « 

(m)    Sen,  Natur.  Quœft.  îib.  VII,   cap:.  XXII. 
(n)   Cap.  xxin. 

Tome  L  H 


j8         Doctrine  des  Philosophes 

»  fuivent  avec  exaéliîude;  ils  font  toujours  les  mêir.es.  En  effet, 

M  quels  chanoemens  ne  remarqueroit-on  pas  dans  une  Comète^ 

»  li  ce  n'éîoiî  qu'un  amas  de  feu  étranger ,  allumé  par  quelque 

»  caille   pafîagère  ?   Sa   g'roiTeur  varieroit  à  chaque  infîant ,    à 

M  proportion  du  plus  ou  du  moins  de  nourriture  qu'elle  rece- 

îï  vroit La  Comète  a  fa  place  propre   entre   les   corps 

»  célefles  :  en  conféquence  elle  ne  ceiîë  pas  d'être,  auflitôt  qu'elle 

>i  a  paru  ;  elle  parcourt  fa  carrière  ;  elle  ne  s'éteint  point ,  elle 

w  s'éloigne» 

X»  iMais ,  dîtes  vous ,  fi  la  Comète  étoiî  une  Etoile  errante  , 

»  elle  feroit   dans   le  Zodiaque.    Qui  a  pofë  ces  bornes  aux 

5>  Planètes  !    Qui  ofe  reiïerrer  les  ouvrages  de  Dieu  dans  ces 

»  étroites  limites!  Ces  Aftres,  que  vous  croyez  être  les  ieufs 

î>  en  mouvement  ,   n'ont  pas  tous  la  même  orbite.  Pourquoi 

î3  n'en  exifleroit-il  pas  d'autres,  qui  fe  feroient  tracé  des  routes 

»  particulières!  Y  a-î~ii  donc  quelque  endroit  du  Ciel  inac- 

»  ceffible  aux  Planètes  l    Si  vous  croyez   qu'il  doive  y^  avoir 

»  quelque  rapport  entre  le  Zodiaque  &^  \qs  routes  àes  Etoiles; 

»  je  veux  bien  y  cdhfentir  :  l'orbite  à^s  Comètes  touchera  le 

»  Zodiaque  en    quelqu'une   de    {es   parties.    Cela    n'eil   point 

ï»  nécelîàire  ;   il  futtit  que  cela  puiffë  être  (oj.    Ne  paroit-ii 

«  pas  digne  de  la  grandeur  de  l'Univers  (p) ,  de  le  confidérer 

»  comme    diilingué   par    un   nombre   prelque   infini    d'orbites 

33  planétaires  ,    plutôt  que  de  n'en  admettre  qu'une   ieule  ,  le 

S3  refie  de  l'étendue  languiiïanî  en  quelque  lorte  dans  uneoihve 

5j  inutilité  !    Eft  -  il  polTible  de   croire  qu'entre   tant  d'Etoiles 

3)  répandues  dans  ce  valle  Univers  ,   corps  créés  pour  former 

ï>  le  magnifique  fpeéiacle    de   la   nuit  ,    pour   empêcher  que 

>>  l'étendue  ne  foit  un  vide  immenfe,   cinq  Artres  feuls  auront 

P3  le  privilège  de  fe  mouvoir ,  les  antres,  peuple  vil  &  parelîeux  , 

M  croupiiTant  dans  la  plus  molle  inaèlion  ! 

S3  Quelqu'un   m'arrêtera  peut-être:    Pourquoi,    dira-t-ii, 


(o)    Cela  iion-feulemenî  peut  être,  mais  ell,  &  doit  nccefTairement  être. 
Les  ohfervations  manquoient  à  Sénèqu€ ,  &  noR  le  raifoiinement. 

(p)   Sen.  Natuf.Quo'fi.Wh,   VU,  cap.  XXIV. 


SURLESCOMETES.  59 

ne  peuî-on  pas  déterminer  le  cours  des  Comètes,  commet 
on  détermine  le  mouvement  des  cinq  Etoiles  errantes!  Je  « 
réponds  que  nous  convenons  de  pluiieurs  vérités  qu'il  nous  ce 
eil  impoffible  d'éclaircir.  Eil-il  quelqu'un  qui  révoque  en  ce 
doute  l'exiftence  de  notre  ame!  C'eft  par  fon  ordre  que  nous  <c 
agiffons  &  que  nous  ceflons  d'agir.  Mais  quelle  eil  la  nature  de  ce 
cette  ame ,  principe  &  mobile  de  toutes  nos  allions  \  c'eft  ce  « 
qu'il  ell  auffi  difficile  d'expliquer ,  que  de  déterminer  le  lieu  v. 
du  corps  où  elle  exifte .  .  .  .  Comment  l'homme  peut-ii  ie  « 
flatter  de  comprendre  ce  qui  exille  hors  de  lui ,  lorfqu'ii  ne  « 
ie  coiinoît  pas  encore  lui-même  (^)!  Celions  donc  de  « 
nous  étonner  ,  fi  ies  loix  du  mouvement  des  Comètes  ne  ce 
font  point  encore  développées  :  elles  paroifîent  fi  rarement ,  ^ 
leurs  retours  périodiques  fe  font  fi  long  -  temps  attendre;  « 
comment  pourrions-nous  en  avoir  une  parfaite  connoiffance,  «c 
nous  qui  commençons  à  peine  à  connoître  Ja  çaufe  des  t« 
Eciipfes  (r)  !  Le  temps  viendra,  qu'une  application  affidue  « 
nous  aura  dévoilé  ces  vérités  ,  qui  nous  font  maintenant  «e 
cachées.  La  vie  d'un  leul  homme  eft  trop  courte  pour  des  « 
recherches  û  profondes ,  quand  on  laconfacreroit  toute  entière  « 
à  l'étude  du  Ciel.  Combien  doit -elle  être  plus  infuffilante,  ce 
iorfque  nous  en  faifons  un  partage  fi  inégal  entre  l'étude  &  ce 
ies  piaifirs  !  La  fucceffion  des  fiècles  développera  ces  myflères.  «« 
Le  temps  viendra  que  nos  delcendans  s'étonneront  de  notre  « 
ignorance  fur  dts  vérités  fi  claires ,  fi  fimples  ,  fi  naturelles,  «e 
On  iè  perfuadoit  il  y  a  peu  de  temps  que  Jupiter  revenoit  « 
quelquefois  fur  ["es  pas  (f).  De  fages  Philofophes  nous  ont  ce 
dit  :  Vous  êtes  dans  l'erreur,  fi  vous  croyez  que  quelque  ce 
Planète  s'arrête  ou  recule  dans  fa  coude  :  toutes  lui  vent  ce 
fidèlement  la  route  qui  leur  a  été  une  fois  prefcrite.  Cet  « 
ouvrage  éternel  a  ks  ioix  irrévocables  (t).  Attribuez  donc  « 

(q)    Sen.   Natur.    Quœji.  lib.   Vil,    cap.   XXV. 

^r )   J'abrège  ce  qui  ne  regarde  pas  dircdement  les  Comètes. 

(f)    Sen.   Ibid.   cap.  XXVI. 

(t)  Sénèque  n'etoit  certainement  pas  Péripaîéticien  ,  nî  Ptolémaïcien  j 
il  en  donne  des  preuves  dans  ce  livr,e  même.  Les  paroles  de  Sénèque  peuvent, 
éc  par  conféquent  doivent  être  expliquées  dans  le  fens  que  je  leur  donne. 

H  ij 


6o        Doctrine  des  Phi losophes 

>^  les  dations  ,    les  rétrogradations  àts  Etoiles  ,   à  la  pofitîjon 

»  dQs  cercles  &  des  orbites  terreftres  ,   dont  les  combin-aifons 

w  variées   produifent  ces   irrégularités  appai*entes    (  u)r  II  efl 

^  (  pareiiiemenî  )   réfervé   à  quelqu'un  de   démontrer  un  jour 

M  en  quel  lieu  Çq  retirent  les  Comètes  ;  pourquoi  leurs  orbites 

53  font  fi  différentes  de  celles  des  Etoiles  errantes  ;   quelle  eil 

^  leur  grandeur,  leur  nombre,   leur  nature.  Soyons  contens 

w  de  nos  connoiflances  ;  que  la  poflérité  puiiîë  découvrir  quelque 

nouvelle  vérité.  »  Sénèque  explique  enfuite  ce  qui  regarde 

la  queue  des  Comètes  ;  il  répond  à  quelques  objedions  ;  M 

propofe  quelques  raifonnemens.   Enfin    il  finit   ainfi  (^)^ 

«  Tels  font  les  fentimens  des  autres  ;  tels  font  les  miens  au 

»»  fujet  àes  Comètes  :  fi  ce  que  j'en  ai  dit  efl  vrai ,  les  Dieux 

33  le   favent  ,    eux  à  la   connoiffance   defquels   rien   ne    peut 

s»  échapper.  Quant  à  nous,  le  feul  parti  qu'il  nous  foit  permis 

»  de  prendre ,  ell;  d'étudier  la  Nature ,   de  hafarder  quelques 

^-  conje^ures  ,  fans  préfumer   d'avoir  atteint   la  connoilfance 

de  la  vérité;  mais  auffi  fans  défeipérer  d'y  parvenir»  » 


CHAPITRE       V. 

Le  Jyjïème  d^AnJfore  prévaut  ;  on  y  ajoute  des-  opinions 
encore  plus  infouîenables  ;  on  dédaigne  d'obferver  les 
Comètes  :  état  de  F Aflronomie  ji^fqiie  vers  la  fin 
du  feïyème  fié  de  ^ 

JLi  E  ientiment  d'Apollonius  &  de  Sénèque ,  quoique  démué 
du  fecours  des  obfervations  qui  auroient  pu  le  confirmer, 
étoit  cependant  le  plus  raiionnable  de  tous  :  il  aliroit  du 
prévaloir;  8c  pour  lors  le  premier  devoir  ,  le  premier  foiu 


(u)    Seu,  Natur,  Quœfl.  lib.    VII,  cap,   XXVI.^ 
(tc)    Ibici,  cap.   XXIX. 


SUR  LES  Comètes.  6i 

^es  fe(51:ateurs  de  ce  fyflème,  aiiroit  fans  Joute  été  d'accumuier 
&  de  nous  tranrmettre  des  obfervations  fiiivies  des  Comètes. 
De  quelle  utilité  ne  nous  auroit  point  été  un  femblabie 
catalogue!  Mais  le  Phiiofophe  de  Rome  avoit  à  peine  fermé 
ies  yeux  y  il  naquit  à  Alexandrie  un  Ailronome  defliné  à 
retarder  pendant  (eize  fiècies  la  connoiiTance  de  la  vraie  nature 
des  Comètes.  Claude  Ptoiémée  fleurilToit  vers  le  commen- 
cement du  fécond  fiècle  de  i'Eglife  :  il  obferva  beaucoup;  il 
écrivit  beaucoup  :  peut-être  a-t-il  trop  peu  réfléchi.  Son  zèle 
pour  l'Aftronomie  mérite  certainement  nos  éloges  ;  mais  c'eft 
un  problème,  û  (es  travaux  agronomiques  ont  plus  avancé 
que  retardé  ies  progrès  de  cette  fcience.  il  a  recueilli  les  prin- 
cipales obfervations  des  Chaldéens  &  d'Hipparque;  nous  ne 
ies  trouvons  plus  que  dans  fon  Almagelle  féij;  mais  û  le 
recueil  de  Ptoiémée  eût  été  moins  eflimé  ^  celui  d'Hip- 
parque eût  été  moins  négligé  ;  il  auroit  pu  parvenir  en  entier 
jufqu  a  nous.  Ptoiémée  paffe  pour  avoir  le  premier  réduit 
iAfironomie  en  fyflème:  de  ïes  propres  obfervations,  com- 
parées avec  celles  des  plus  anciens  Aflronomes,.  ii  a  conclu 
îa  quantité  du  mouvement  de  chaque  Planète  ,  ôc  la  dures 
de  leurs  révolutions  périodiques  ;  il  a  conflruit  des  Tables 
des  mouvemens  célefles;  ii  a  enfeigné  le  premier  la  méthode 
que  i'on  pouvoit  employer,  pour  calculer  avec  facilité  les 
iieux  du  Soleil,  de  ia  Lune  &  des  Planètes  :  quoi  de  plus 
grand,  quoi  de  pius  utile!  Eft-ii  furprenant  qu'un "fi  vafïe 
génie  ait  eu  un  nom.bre  fi  prodigieux  de  difciples  !  Mais  ii  a 
été  foupçonné  d'avoir  fait  un  mauvais  choix  des  obfervations 
anciennes  ^  de  les  avoir  même  altérées  pour  ies  faire  quadrer 
avec  fon  fyflème  ;,  mais  ii  n'efl  pas  une  feule  partie  de  ce 
fyflème  qui  ne  foit  oppofé  à  la  faine  Phyfique ,  &  même  à 
i'expérience  ;  mais  le  plein  abfolu  ,  ia  folidité ,  rimpénétra- 
biiiîé  des  Cieux  qu'il  faut  admettre  dans  ce  fyflème  ,.  rend 


<v 


^aj  C'eil  îe  nom  que  les  Arabes  ont  donné  au  plus  grand  Ouvrage  cfe 
Ptoiémée:  Ptoiémée  lui-même  l'avoit  intitulé,  la  grande  CoriJImâilon p.  iâHS 
doute  parce  q,-'ii  y  îraîtoit  de  la  conllru*5iion  de  l'Univers. 


62        Doctrine  des  Philosophes 

iiDDolTibie  ie  vrai  mouvement  àes  Comètes  ;  mais  il  a  dégradé 
ies  vérités  Allroiiomiques,  par  ie  mélange  des  rêveries  Aflro- 
logiques  ies  plus  abfurdes.  Que  conclure  ?  Ptoiémée  travailla 
beaucoup;  Ptoiémée  ne  réuliit  pas  en  tout.  Que  Tes  difciples 
i'euflent  imité  dans  l'afTiduité  de  Ton  travail  ,  dans  l'appli- 
cation de  Çqs  rechercties  ;  chiaque  fiècle  auroit  amené  quelque 
nouvelle  découverte  :  i'Aftronomie  fe  feroit  perfeélionnée 
par  parties  ;  ie  fvllème  de  Ptoiémée ,  convaincu  d'infuffifance 
&  de  faulTeté  ,  auroit  bientôt  cédé  la  place  à  quelqu'autre  ; 
mais  Ptoiémée  auroit  toujours  eu  la  gloire  d'avoir  frayé  ie 
premier  une  route ,  qu'il  ne  s'étoit  pas  flaité  lans  doute 
d'avoir  franchie  en  entier.  Cette  conduite  eût  été  bien  fimple  ; 
on  ne  la  fuivit  pas.  On  prit  tout  dans  Ariftote  &  dans 
Ptoiémée  :  leur  zèle  feul  pour  de  nouvelles  connoilTances 
fut  oublié.  On  crut  que  la  Nature  leur  avoit  accordé  le  pri- 
vilège exclufif  de  la  connoître  ;  on  ne  l'étudia  plus  que  dans 
leurs  livres  :  Ariitote  fut  l'oracle  (}iQS  Phyiiciens  ,  Ptoiémée 
ceiui  des  Aflronomes  ;  ce  qui  avoit  écliappé  à  la  connoifTance 
de  ces  deux  grands  iiomme^  ,  fut  décidé  faux  ,  ridicule , 
impie:  en  un  mot,  ia  Phiiofophie  entière  ne  fut  plus  qu'une 
affaire  de  mémoire.  C'efi  donc  moins  fur  i'erreur  des  maîtres, 
que  fur  l'ineptie  &  la  parelîë  des  dilciples,  qu'il  faut  rejeter 
cette  prompte  décadence  de5  Sciences,  dont  nous  relTentons 
encore  les  triftes  effets. 

La  féduélion  ne  fut  pas  d'abord  univerfelle  :  le  vrai  fyflème 
eut  encore  quelques  partifans.  Ammien  Marcellin  ayant  parlé 
de  l'apparition  d'une  Comète  fous  l'empire  de  Julien ,  expofè 
ies  divers  fentimens  des  Pliilofophes  de  ^on  temps  fur  ia 
nature  de  ces  fortes  de  phénomènes.  Il  rapporte  à  peu -près 
toutes  les  opinions  que  nous  avons  difcuîées  ci-delfus;  il 
n'oublie  pas  celle  de  Sénèque  :  «Quelques-uns  ont  penle,- 
»  dit-il ,  que  les  Comètes  étoient  dts  Etoiles ,  iemblables  aux  cinq 
»  que  nous  connoiflbns  ;  telles  cependant ,  que  nous  ignorons 
encore  fur  quelles  ioix  leur  mouvement  eil;  réglé  ( bj.  »  Il  fè 

^b)  Ainm.    Marc.  lib,  XXV. 


SUR  LES  Comètes,  6^ 

pourroit  faire  cependant  qu'Ammitn  ait  prctenJu  rapporter 
iei  les  fentimens  des  Phîfofophes  tant  anciens  que  modernes  : 
quoi  qu  ii  en  (oit,  voilà  le  leiii  vertige  que  je  trouve  du  vrai 
iydème  à^s  Comètes  pendant  i'e(pace  de  plus  de  quatorze 
fiècles ,  c'eil-3,-dire,  depuis  Favorin  d'Arles  (c) ,  qui  vivoit 
vers  le  commencement  du  deuxième  liècle  à  la  cour  de 
i'empereur  Adrien ,  jufqu'à  Camérarius,  Amtrbach,  Cardan 
&  quelques  autres  qui  fleuriffoient  vers  ie  milieu  du 
feizième. 

L'opinion  d'Ariftote  fur  les  Comètes-météores ,  fut  donc 
généralement  embraiîée  :  il  fut  décidé  que  \qs  Cci-Ve;  ne 
pouvoient  s'élever  juiqu'à  la  Lune.  Quelques-uns  prciendent 
qu'Album'afar,  Procius ,  Hali  &  quelques  autres  ^  aliignèrent 
à  quelques  Comètes  une  région  plus  élevée  :  Riccioii  ({I)  les 
venge  du  reproche  d'une  pareille  innovation  ;  il  prouve  afTez 
bien  qu'on  ne  peut  conclure  de  leurs  exprefTions  ,  qu'ils 
aient  cru  ces  Comètes  plus  élevées  que  la  Lune.  On  négligea 
donc  d'obferver  ie  lieu  «&  ie  mouvement  des  Comètes  :  en 
cela  on  agit  conféquemmenî.  Nous  ne  facrifions  pas  notre 
temps  à  confidérer  ie  mouvement  d'un  nuage,  à  obferver  le 
lieu  d'où  part  la  foudre,  à  mefurer  avec  précifion  ie  diamètre 
d'une  couronne  ou  à\m  arc -en- ciel,  à  déterminer  la  trace 
d'une  étoile  tombante  :  la  confidération  des  météores  peut 
avoir  Ion  utilité;  mais  elle  efl;  étrangère  à  i'Afîronomie. 

La  Coniiétologie  ne  fut  pas  cependant  abfolumenî  négligée  i 
elle  dut  ion  lalut ,  û  je  puis  m'exprimer  ainli ,  à  f  igiiorance 
même  qui  fembioit  avoir  conjuré  fa  perte.  Les  erreurs  d'Ariflote 
ne  fuffirent  point  à  Ï^qs  difciples  ;  ils  y  joignirent  celles  des 
Chaldéens  ,  ïqs  folies  de  l'Aftrologie  judiciaire»  Ptoiémée  leur 
en  avoit  donné  l'exemple;  mais  las  Péripatéticiens  enchérirent 
de  beaucoup  fur  leurs  modèles  :  les  Planètes  acquirent  de 
siouveiles  forces;  les  Comètes  fur- tout  devinrent  \qs  fignQS 


(c)    Favorîn    paroît  avoir  été  ou  du  (èntiment  (FApcIlonlus  ,    ou   au 
înoins  de  celui  de  Démocrite.  Voyey^  Aulu-Gelle,  iib.  XIV,  cap.  l. 

{d)   Ahmg,  Iib.  Vlil,  fed.  I^  cap,  VI  in  fcltoliis. 


64 


Doctrine  des  Philosophes 

les  plus  efficaces  à.ç:i  évènemens  les  plus  iibres  &  les  pîus 
importans.  Les  Comètes  furent  chargées  d'annoncer  \qs  guerres, 
les  féditions ,  les  mouvemens  inteftins  à^s  Républiques  ;  \qs 
Comètes  préfagèrent  à^s  famines,  àç^s  pelles,  à^^  maladies 
épidémiques  ;  il  fut  défendu  aux  Princes ,  aux  perfonnes  même 
conftituées  en  dignité ,  de  payer  le  tribut  à  la  Nature  fans  l'ap^ 
parition  préalable  d'une  Comète  :  la  Comète  devint  l'oracle 
wniverfei;  on  ne  pouvoit  plus  être  furpris  par  un  événement 
inattendu  ;  l'avenir  fe  lifoit  au  Ciel  aulTi  facilement  que  le 
paffé  dans  les  hiftoires. 

On  auroit  en  effet  grand  tort  de  demander  à  quel  figne 
on  reconnoiiï'oit  qu'une  Comète  menaçoit  d'une  féchereife 
plutôt  que  de  la  perte  d'une  bataille.  Nous  avons  encore 
entre  les  mains  les  codes  favans  dans  lefquels  on  avoit 
rédigé ,  avec  ordre  &  clarté ,  \qs  loix  de  la  fignification  àts 
Comètes  (e).  Leur  effet  dépendoit  du  lieu  du  Ciel  où  elles 
étoient  engendrées  ;  de  la  nature  à&s  Planètes  qui  les  avoient 
produites,  ce  que  l'on  reconnoilToit  à  leur  couleur;  ôi^s  pays 
de  la  Terre  qu'elles  dominoient  direélement  par  leur  mou- 
vement diurne;  à^s  Signes  du  Zodiaque  qui  mefuroient  leur 
longitude,  des  Conftellations ,  àes  parties  de  Conftellations 
qu'elles  traverfoient  ;  de  la  figure  &  de  la  longueur  de  leurs 
queues ,  du  lieu  où  elles  s'éteignoient ,  de  mille  autres  cir^ 
confiances  enfin  qu'il  étoit  toujours  bien  plus  facile  d'indiquer 
que  de  diflingaer,  H^ 

Mais  ne  devoit-on  pas  fe  tromper  fbuvent  dans  les  prédic- 
tions que  l'on  fondoit  fur  ces  beaux  principes ,  &  l'événement 
démentant  le  préfage ,  ne  démontroit-il  point  la  vanité  de 
cette  fcience  imaginaire!  La  prédiélion  fuivoit  ordinairement 
l'événement;  alors  on  ne  couroit  aucun  rifque  d'être  furpris. 
Ainfi  un  Allemand  avoit  tiré  l'horofcope  de  Luther,  il  y 
avoit   démontré  manifeflement  toutes  les   circonflances   de 


(e)  Joann.  B.  Venaniio  Bqfo  deConietisj  lib.  III,  Perufiœ,  J S^°  >  in-4.' 
Alfonfo  Zoboli  in  Aficometologia  :  in  Bologna  fôig,  111-4..°  Coinetologia  SchuUri , 
f66s t  în-4..°  pag.  38  ;  &c.  &€.  Mi-^aldi ,  Cçtuetogr,  toîo  iib.  II,  &c.  &c. 

la  vie 


su  n    l'^  s    C  0  M  ET  E  s,  65 

îâ  Vie   Je  cet  Héréfiarque  :    on   s'aperçut   cependfaîit   qu'ii 
5  etoit  trompé  d'un  an  entier  en   déterminant   l'inilant   de 
fa  naiffimce  (f).   Le  hafard  faifoit  quelquefois  rencontrer 
jufte;  l'Aftroiogie  triomphoit  :  d'ailleurs,  on  annonçoit  d'or- 
dinaire des  guerres  ,    des  morts  de  Princes  ou  de  quelque 
grand  Miniftre  ;   mais  il  fe  pafToit  alors  peu  d'anpées  qui  ne 
fuflent  marquées  par  quelque  événement  femblable.  Les  dévote 
Aftrologues   (  car  il  y  en  avoit  beaucoup  de  cette  elpéce  ) , 
rifquoient  moins   que   les   autres  :    félon    eux  ,  la  Comète 
menaçoit  de  tel  malheur;  s'il  n'arrivoit  point,  les  larmes  de 
ia  pénitence  avoient  fléchi  la  colère  de  Dieu;  prêt  à  frapper, 
il  avoit  remis  fon  épée  dans  le  fourreau.  Mais  on  imagina  une 
règle  qui  mit  \gs  Aftroiogues  bien  au  large  :  on  s'avifa  de  dire 
que  l'événement  annoncé  par  l'apparition   d'une  Comète , 
pouvoit  s'étendre  à  une  ou  plufieurs  périodes  de  quarante 
ans,   ou  même  à  autant  d'années  que  la  Comète  avoit  paru 
de  jours  (g);    moyennant  ce  principe,   une  Comète  qui 
avoit  paru  fix  mois  pouvoit  ne  fortir  fon  effet  qu'après  cent 
quatre-vingts  ans:  on  pouvoit  lui  faire  prédire  ce  que  l'on 
jugeoit  à  propos;  i'Aflrologue  n'avoit  pas  à  craindre  de  voii? 
fa  prédiélion  démeiitie  par  l'événement. 

Les  plus  grands  efprits  n'étoient  pas  exempts  de  cette 
contagion.  Outre  Ptolémée,  dont  nous  avons  parlé,  Sénèque 
iui-même  ne  révoque  point  en  doute  ce  que  l'on  débitoit 
de  fon  temps  fur  les  fignifications  des  Comètes;  au  contraire, 
cette  vertu  des  Comètes  lui  fournit  (h)  un  ai'gument,  félon 
lui ,  démonflratif  de  la  vérité  de  fon  fyflème.  Je  n'ai  pas 
cru  devoir  en  faire  ufage  :  ii  ma  paru  indigne  de  la  fagefîè 
de  Sénèque.  Pline  rapporte  allez  fimplement  {qs  vifions  des 
Aftronomes  de  fon  fiècle  (i) ;  il  ne  me  paroît  pas  y  ajouter 


(f)  Petit ,   Dîjfertatîon  fur  la  nature  des  Comètes. 

(g)  Gemma,  de  Cometa  ann.  -r j'T'T'^  pag.   53.  l^^m  ds  Dhims  nûturi 
charaélerifmis ,  \\h,  II,  cap.  III  i^  alii. 

(h)  Quœjh  Natitr.  Ilb.  VII,  cap,  xxvilï. 

(i)   Hift.  lib.  II,  cap,  XXV^  n.°  aj,  , 

Tom^  L  î 


66        Doctrine  des  Philosophes 

une  foi  entière:  cependant,  il  regarde  \çs  Comètes  comme 
avant -coureurs  des  évènemens  les  plus  fâcheux.  Tacite  ne 
s'explique  pas  alTez.  Tous  les  autres  hiftoriens  Romains , 
s'ils  parlent  des  Comètes  ,  n'en  parlent  qu'avec  frayeur;  ce 
font  les  fignes  funeftes  des  malheurs  de  la  République  :  peu 
s'en  faut  qu'ils  ne  regardent  Velpaiien  comme  un  impie. 
Dix-huit  mois  environ  avant  fa  mort,  on  lui  fjt  apercevoir 
une  Comète;  on  ia  regardoit  comme  un  préfage  de  la  mort 
de  cet  Empereur  :  «  Les  effets  n'en  font  point  à  craindre , 
>  dit -il,  cette  Comète  elt  chevelue  ,  &  je  fuis  chauve;  its 
menaces  regardent  fans  doute  le  roi  àes  Parthes  (h).  »  Le 
préjugé  s'enracina  de  plus  en  plus.  Dans  le  dix-feptième  fiècle, 
un  Kepler  ne  regarda  pas  comme  au-de(îous  de  lui  de  tirer 
i'horofcope  de  la  dernière  Comète  de  1618  (l),  Ga(fendi 
fut  accufè  d'athéifme ,  pour  avoir  ofé  dévoiler  la  vanité  de 
i'Aflroiogie  (m).  L'incertitude  &  la  futilité  de  la  Comé- 
îomantie  (n  J ,  n'étôit  point  encore  univerfellement  reconnue 
au  commencement  du  fiècle  où  nous  vivons  ( 0), 

Les  vifions  ridicules  des  Artrologues  ftirent  cependant 
utiles  :  l'apparition  d'une  Comète  fut  regardée  comme  un 
événement  important;  on  crut  devoir  lui  donner  place  dans 
les  fades  de  l'Hiftoire.  Le  fyllème  d'Arillote  ilolé ,  auroit  fait 
regarder  \qs  Comètes  comme  des  météores  alfez  indifîérens  : 
on  \qs  auroit  enievelies  dans  l'oubli  où  font  tombés  ï^s  iris 
&:  la  plupart  àçs  orages.  Les  Aflrologues  prononcèrent  que 
la  Comète  étoit  un  figne  ;  ils  furent  crus  :  on  tint  regilh'e 
de  l'apparition  des  Comètes  ,  fur-tout  lorfqu'eile  fut  iuivie 
de  quelque  malheur  ;  ce  qui  devoit  ordinairement  arriver. 
11  ell  vrai  que  ces  apparitions  font  bien  sèchement  décrites  : 


(  k  )  Sueton,  in  Vefpaf.  Dion. 
\ïh,  LXVI. 

^l)  De  Cometis  libelli  treSfVih.  îlî. 

(in)  Tackius  in  Cœli  anomale .  Joan, 
Henr.  Urjinus  in  Jerem.  virga  vigilante 
é^  alii. 

(n)  Je  ne  fuis  pas  le  premier  qui 


emploie  ce  terme  :  il  efl  d'origine 
grecque ,  &  fignitre  la  Science  de 
deviner  par  les  -Ccmètes. 

(  0  )  Alaria  Margareta  WincheU 
mannia  in  Vorbereitung  zur  groffen 
oppofition ,    &c 
Spréc;  17 12;  in-^,'  iT'c. 


A  Cologne  fur  la 


SURLESCOMÈTES.  6j 

on  fè  contente  fouvent  de  nous  dire  que  tel  JeTaflre  fut 
précédé  de  l'apparition  d'une  Comète.  Mais  c'efl  un  avantage 
de  connoître  au  moins  l'exilience  (Se  ie  temps  du  retour  de 
ces  anciennes  Comètes  :  fouvent  auffi  on  nous  apprend  le 
iieu  du  Ciel ,  ie  temps  de  i'année  ,  ie  figne  même  dans 
lequel  l'Aflre  s'eft  fait  voir;  ce  qui  peut  fervir  à  en  conjec- 
turer la  révolution  :  quelquefois  même  i'Hiflorien  nous  donne 
une  légère  idée  du  mouvement  de  la  Comète  ;  &  l'on  peut 
en  conclure  fà  reffembiance ,  &  foupçonner  fbn  identité  avec 
quelqu'une  des  Comètes  obfervées  depuis  le  rétabliffement 
de  l'Aflronomie.  C'eil  ainfi  qu'il  eft  indubitable  que  la  Comète 
de  145 (^  eft  la  même  que  celle  de  1682  :  oefl:  ainfi  qu'on 
ie  croît  fondé  à  croire  que  la  grande  Comète  de  1 680  a  paru 
en  I  106  &  en  l'année  de  la  mort  de  Céfar:  c'efl;  ainfi  qu'on 
a  calculé  les  élémens  des  orbites  de  la  Comète  de  1264» 
de  celle  de  i^27>  tie  la  belle  de  1472  &  de  quelques 
autres ,  fur  des  obfervations  fort  imparfaites  il  efl  vrai  ;  fufîi- 
fantes  néanmoins  pour  reconnoître  ces  Comètes  ,  fi  la  fuite 
des  fiècles  ies  ramène  à  la  portée  de  nos  obfervations. 

Pour  acquérir  la  connoiffance  la  plus  exaéle  que  l'on  puifîe 
avoir  des  Comètes  qui  ont  paru  avant  le  fiècle  de  Tycho , 
il  fëroit  inutile  de  feuilleter  les  écrits  des  Aflronomes  :  ies 
Annales,  les  Hifloires,  ies  Chroniques  de  tous  les  pays  & 
de  tous  les  temps;  voilà  les  fburces  où  il  faut  puifer.  Mais 
"que  ce  travail  eft  immenfe  1  11  paroît  par  les  citations  de 
Struyck ,  qu'il  a  confulté  un  très-grand  nombre  d'Auteurs  ; 
j'en  ai  fait  autant  de  mon  côté  :  je  ne  réponds  pas  qu'il 
ne  nous  foit  échappé  quelque  apparition  de  Comètes  ;  mais 
j'ofè  affurer  que  nos  omiflions  doivent  être  en  bien  petit 
nombre. 

Le  pontificat  de  Léon  X  &  le  règne  de  François  L^'^ 
font  regardés  comme  l'époque  de  la  renaiffance  des  Lettres 
en  Italie  &  en  France.  Les  Sciences  ne  reprirent  point  fitôt 
une  nouvelle  vie;  le  rétabliffement  parfait  de  l'Aftronomie 
étoit  réfervé  aux  foins  ôl  aux  recherches  de  Tycho  &  de 
KépJei*. -î^ous  trouvons  cependant  dès  le  milieu  du  feizième 


68        Doctrine  des  Philosophes 

fiècîe,  quelques  vertiges  du  fyftème  de  l'éternilé  des  Comètes; 
on  commençoit  à  oblerver  les  Cieux  plus  attentivement  ;  deux 
découvertes  qu'on  venoit  d'y  faire  ^  fembioient  frayer  la  voie 
à  àes  vérités  qu'on  ne  pouvoit  encore  qu'entrevoir. 

Pierre  Appien ,  Aftronome  de  l'empereur  Charies-Quint  ^ 
avoit  obfervé  plus  exaétement  qu'on  ne  i'avoit  encore  fait^ 
cinq  Comètes  en  moins  de  huit  ans ,  entre  le  mois  d'Août  i  5  3  i 
&  celui  de  Mai  i  539»  H  remarqua  (p)  que  quel  que  fût  le 
lieu  &  le  mouvement  d'une  Comète ,  fa  queue  étoit  toujours 
dirigée  vers  la  partie  du  Ciel  oppofée  au  Soleil.  Régiomontaii 
nous  avoit  laillé  k  defcription  de  la  belle  Comète  de  1 472.  (q)  ; 
il  marque  à  chaque  obfervation  le  lieu  de  la  Comète  ;  il  défigne 
de  plus  les  Etoiles  vers  lefquelles  fa  queue  paroiflbit  fe  porter  :• 
ee  qui  le  frappe  principalement ,  eft  qu'en  une  feule  nuit  la 
queue  eut  trois  directions  différentes ,  vers  l'orient ^  vers  le 
midi ,  enfin  vers  l'occident  :  la  combinaifon  du  mouvement 
exti'êmement  prompt  de  cette  Comète  avec  le  lieu  du  Soleil  j 
fut  la  feule  caafe  de  cette  variation.  De  la  defcription  de 
Régiomontan,  ilfuitmanifeflement  que  la  queue  de  la  Comète 
fût  toujours  oppofée  au  Soleil  :  cette  direétion  confiante  échappa: 
à  la  fagacité  de  Régiomoïitan  ;  la  découverte  ne  devoit  être 
faite  que  foixante  ans  après  par  Appieir* 

Le  même  Régiomontan  (r)  avoit  ouvert  à  Ces  fucceffeurs 
Mne  nouvelle  route  pour  parvenir  à  la  connoiffance  du  vrai 
iieu  des  Comètes ,  mais  il  n'y  étoit  point  entré  ;  c'étoit  celle 
àçs  parallaxes  :  il  fut  le  premier  qui  en  appliqua  la  méthode 
à  l'obfervation  du  lieu  des  Comètes.  On  fait  que  la  parallaxe 
îiefl  autre  chofe  qu'une  différence  d'afpecl  :  fufpendez  une 
boule  au-deffous  d'une  voûte  ;  les  perfonnes  qui  feront  en 
bas,  à  quelque  diftance  les  unes  &es  autres,  &  qui  porteront 
îa  vue  fur  la  boule ,  la  rapporteront  néceffairement  à  différent 


^p)   Appiarif  în  Afironomico  Cafareo,- 

(q)    Defcriptio  Cometx ,  ann,   i^-yz  ad  caîcem  diaîexeos  de  nova  flella 
'(^57^)  per  Thaddœinn  Hageçium  ab  H^/ck^  pag,  1^6  ^  ^dit,  francofurû 

(r)  ibld. 


SUR     LES     G  0  M  ET  Ë  S,  6g 

endroits  de  ia  voûte  :  qu'on  élève  peu -à -peu  la  boule  en 
l'approchant  de  la  voûte ,  ies  endroits  de  ia  voûte  vis-à-vis 
delquels  on  voit  ia  bouie ,  s'approclieront  à  proportion ,  jiifqu'à 
€e  qu'enfin  tous  les  fpeélateurs  voient  la  bouie  au  mtme 
point  de  la  voûte  ;  ce  qui  n'arrivera  que  lorique  la  boule 
touchera  la  voûte ,  ou  même  qu'elle  l'aura  pénétrée»  Voilà 
inie  légère  idée  de  la  parallaxe  ;  la  voûte  efl  le  Ciel  ;  les 
ipeéiateurs  font  fur  la  Terre ,  l'un  à  Paris ,  l'autre  à  Pél^in  ou  à 
Québec;  ies  plus  grandes  diftances  produiront  les  plus  grands 
effets  :  enfin  la  boule  efi  un  Afire  ou  un  météore  que  l'on 
fuppofe  vu  au  même  inftant  à  Paris  &  à  Pékin  ou  à  Québec, 
Par  le  fecours  de  la  parallaxe,  on  mefure  fort  exaélement  la 
diflance  de  la  Terre  à  la  Lune  :  il  fera  donc  auffi  facile  d© 
mefurer  la  diflance  de  la  Comète  à  la  Terre  ,  fi  la  Comète 
11' efl  pas  plus  élevée  que  la  Lune.  La  méthode  étoit  fort  fimple  : 
Régiomontan  fut  le  premier  qui  l'employa,  mais  elle  ne  lui 
réuffit  pas  ;  foit  qu'il  ne  l'employât  qu'une  fois ,  &  cela  iorfque 
ia  Comète  pouvoit  être  réellement  fort  près  de  la  Terre  ;  foiî 
qu'il  ne  donnât  point  à  l'opération  toute  l'attention  néceffaire; 
foit  qu'il  fe  fervît  d'inflrumens  défeélueux ,  &  il  n'y  en  avoit 
point  d'autres  alors;  foit  enfin  que  toutes  ces  caufes  Ce  foient 
réunies  enfembie  :  il  trouva  la  diflance  de  la  Terre  à  k 
Comète,  fix  fois  moindre  que  celle  de  la  Lune  à  la  Terre. 
Jean  Vogelin ,  difciple  de  Régiomontan ,  fondé  fur  la  même 
méthode  ,  porta  un  jugement  à  peu -près  femblabie  de  la 
Comète  de  1532  ffj. 

Je  n'ai  pu  découvrir  quel  efl  le  premier  Aflronome  qui 
a  conclu  de  la  méthode  des  parallaxes  ,  que  ies  Comètes 
etoient  fupérieures  à  la  Lune.  Je  trouve  dans  les  Ouvrages 
poflhumes  de  Robert  Hooke,  imprimés  à  Londres  eniyoj  ftj^ 
que  Régiomontan  le  fervit  de  cette  méthode  en  1472  ,  pour 
attaquer  le  fyflème  Cométaire  des  difciples  d'Ariflote  :  cette 


{fJ  Vogelims  ibid.  pag.  150  iif  fequ.  fed prœcipuê ,  pag,   159,    ido 

{t)  Açla  £ruditçrumf  mui  lyoy ^  pag.  152» 


70        Doctrine  des  Philos ophes 

anecdote  ne  fè  rencontre  point  ailleurs  ;  au  contraire ,  Régîo- 
montan  a  paru  prouver  que  la  diftance  Aqs  Comètes  à  ia 
1  erre  étoit  peu  confidérabie.  Nous  verrons  bien-tôt  que  Cardan 
emploie  le  défaut  de  parallaxe  fènfible  ,  pour  détruire  le 
(yftème  des  Comètes  -  météores  ;  mais  il  ne  iè  donne  pas 
pour  auteur  de  cette  méthode  :  (on  témoignage  prouve  du 
moins  que  vers  le  milieu  du  feizième  fiècle ,  on  s'étoit  déjà 
fervi  avec  fuccès  de  la  parallaxe ,  pour  déterminer  que  le  vrai 
iieu  des  Comètes  étoit  ordinairement  au-delà  de  l'orbite  de 
la  Lune. 

Le  petit  nombre  de  ceux  que  le  préjugé  n'aveugloit  pas 
entièrement  ,  fit  une  ierieufe  attention  fur  les  deux  vérités 
nouvellement  découvertes  ;  l'une  &  l'autre  étoient  également 
incompatibles  avec  l'opinion  d'Ariftote.  Si  \ts  Comètes  font 
un  brafier  ardent ,  que  peut  avoir  de  commun  le  Soleil  avec 
la  direélion  de  leur  queue!  Le  feu  doit  fuivre  fon  aliment, 
comme  les  Péripatéticiens  le  décidoient  eux-mêmes  ;  mais 
rien  ne  pouvoit  contraindre  cet  aliment,  ces  matières  inflam- 
mables, ces  exhalailbns  chaudes,  sèches,  fulfureules,  grafles, 
bitumineufes ,  à  éviter  les  approches  du  Soleil  avec  tant  de 
confiance  &  d'uniformité.  Cette  direction  de  la  queue  vers 
les  parties  oppofées  au  Soleil,  ne  dénotoit-elle  pas  une  aélion 
àiQS  rayons  du  Soleil  fur  la  Comète?  N'étoit-il  pas  naturel 
de  penler  en  conféquence ,  que  la  Comète  n'étoit  point 
embrafée,  mais  éclairée;  que  ce  n'étoit  point  un  feu,  mais 
un  corps  plus  lolide  qui  réfléchiiïbit  les  rayons  folaires  \  C'eft 
ia  conclufion  que  tirèrent  quelques  Sages. 

D'un  autre  côté,  {i  les  Comètes  font  fupérieures  à  la  Lune, 

elles  le  font  donc  à  toutes  \ç;i  vapeurs,  à  toutes  les  exhalaifons 

de  l'air  qui  nous  environne;  or,  on  ne  peut  pas  douter  que 

leur  lieu  ne  foit  bien  au-delà  de  celui  de  la  Lune.  «  Nous 

5»  voyons  à  Milan,  dit  Cardan  (u),  une  Comète  qui  eft  fous  le 

^»  tropique  du  Capricorne  :  donc  la  Comète  n'eil;  point  formée 

»»  de  vapeurs ,  puifcjue  de  fimples  vapeurs  ne  pourroient  nous 

(u)   De  Subtilitate,  iib.  IV. 


Sun   LES    Comètes.  71 

être  vîfibles  à  une  (\  grande  diflance.  Les  Comètes  ne  le  « 
forment  pas  non  plus  dans  l'éther  (x)  :  quelle  matière  inflam-  « 
mable  pourrait  les  y  produire  !  Ne  dites  point  que  les  Aftres  «« 
ont  la  force  d'y  attirer  à^s  exhalaifons  :  il  y  a  des  Comètes  « 
qui  fublillent  un,  deux,  trois  mois  &  davantage;  toute  la  « 
machine  de  la  Terre  ne  futiiroit  pas  à  un  tel  embrafement  ;  « 
car  le  feu  ne  peut  fe  perpétuer  dans  une  même  matière;  il  « 
lui  en  faut  inceifamment  de  la  nouvelle ....  Il  n'elt  rien  « 
de  plus  facile  que  de  déterminer  le  lieu  d'une  Comète  par  « 
la  diverfité  d'aipe<51; ,  c'eft-à-dire  par  la  parallaxe.  Le  mou-  « 
vement  des  Comètes  prouve  auffi  qu'elles  font  au-delà  de  « 
ia  Lune  :  leur  queue  eft  toujours  diamétralement  oppofée  au  « 
Soleil;  elles  ne  paroifîent  bien  fouvent  que  dans  le  crépuf-  «« 
cule.  «  Cardan  emploie  contre  les  Péripatéticiens  \qs  mêmes 
armes  par  lefquelles  Sénèque  combattoit  Epigènes  &  Ariflote; 
il  en  ajoute  de  nouvelles  &  de  plus  décifives  ,  que  l'expérience 
ii'avoit  pas  encore  fournies  à  Sénèque. 

Cardan  conclut  :  «  11  eft  donc  clair  qu'une  Comète  efl  . 
un  globe  placé  dans  le  Ciel  &  éclairé  du  Soleil:  \qs  rayons,  ce 
en  le  traverlant,  y  produifent  l'image  d'une  barbe  ou  d'une  <« 
queue.  Ce  globe  s'engendre  dans  le  Ciel,  fi  le  Ciel  peut  « 
fouffi"ir  de  nouvelles  générations  :  fmon ,   il  faut  dire  ,   &■  « 
c'eft  le  fentiment  le  plus  vrai ,  que  le  Ciel  eft  plein  d' Aftres  « 
que  nous  ne  voyons  pas.  «  Voilà  le  fentiment  de  Sénèque 
&  d'Apollonius  de  Mynde.  Cardan  devoit  s'en  tenir  là; 
mais  félon  lui ,   ces  Aftres  font  inviftbles ,  parce  qu'ils  font 
formés  d'une  matière  extrêmement  rare  :  û  l'air  vient  à  s'atté- 
nuer, à  ie  fécher,  les  rayons  que  réfléchiffent  les  Comètes 
trouvent  un  paftage  plus  libre  ,    «Se  parvenant  jufqu'à  nous, 
ils  nous  font  découvrir  \qs  Aftres  defquels  ils  font  émanés. 
Cardan  en  conclut  que  les  Comètes  iont,  non  pas  la  caufe, 
mais  du  moins  le  figne  de  la  féchereftë,  de  la  corruption  de 

(x)  Par  l'éther  ,  les  Phllofophes  non  Péripatéticiens  entendoient  l'air 
pur  qu'ils  fuppofoient  s'étendre  au-delà  de  notre  atmorphére  jufqu'aux 
limites  de  l'Univers,  dans  lequel  ils  faifoient  nager  le  Soleil;  les  Planètes 
&.  les  autres  corps  célefles. 


^2        Doctrine  des  Philosophes 

l'air,  de  la  famine,  à^i  maladies,  à^s  morts  des  Princes,  &c, 
tant  ii  eft  difficile  de  dépofer  à  la  fois  tous  les  préjugés  î 
Cardan,  né  à  Pavie  en  i  508  ,  mourut  à  Milan  ie  2  i  Sep- 
tembre 1575  ,  félon  Weidler  (y)  ;  feion  Brpcker ,  il  eft 
mort  à  la  fin  de  157^?  âgé  de  foixante- quinze  ans  moins 
trois  jours  :  il  feroit  donc  né  en  i  5  o  i . 

Paul  Fabrice ,  Philofophe  &  Médecin ,  Mathématicien  de 
l'empereur  Charles-Quint ,  obferva  la  Comète  de  i  5  5  <3 ,  & 
c'eft  principalement  fur  {^s  obfervations  qu'on  a  calculé 
i'orbite  de  cette  Comète.  Cet  Agronome,  recommandable 
par  i'étendue  de  {^?>  connoiiTances  ,  &:  par  un^  expérience 
qu'un  long  exercice  lui  avoit  acquife,  femble  ne  pas  approuver 
beaucoup  l'opinion  ^ç^s  Péripatéticiens  ;  il  goûte  plus  celle 
de  Sénèque  ,  auquel  il  attribue  de  croire  que  \^s  Comètes 
font  à^?>  Etoiles  que  Dieu  a  créées  àhs  le  commencement,  & 
qu'il  fait  paroître  dans  l^^  temps  déterminés  pour  marquer 
fa  puiiTance  &  annoncer  les  évènemens  futurs  :  ce  font  les 
termes  d'André  Dudithius  (1).  Fabrice  altère  un  peu  le 
fentiment  de  Sénèque;  mais  c'efl  le  même  dans  fa  partie 
jeiTentielle ,  ou  dans  ce  qui  regarde  la  nature  àçis,  Comètes. 
Ce  même  Paul  Fabrice,  dans  une  Lettre  adreffée  aux  Archiducs 
en  l'an  1573»  au  fujet  de  l'Etoile  de  Çaffiopée  qui  avoit 
commencé  à  paroître  l'année  précédente  (a) ,  femble  regarder 
les  Comètes  comme  météores;  mais  il  n'en  dit  qu'un  mot; 
^  avertit ,  fans  doute  à  deffein ,  que  par  le  terme  de  Comètes 
il  entend  auiTi  les  globes  que  l'on  voit  quelquefois  brûlei' 
4 ans  l'air» 

Arétius,  dans  une  courte  explication  de  la  <io(^rIne  des 

Comètes ,  qu'il  fit  imprimer  à  Berne  fa  patrie,  en  i  5  5  6 ,  réfute 

ie  fentiment  d'Apollonius  &  de  Sénèque  :  il  ajoute  cependant 

que  cette  opinion  avoit  alors  quelques  partifans.  «  Sénèque 

j,  foutenoit  que  les  Comètes  foiit  des  Etoiles  ,   dit  un  autre 


(y)    Hifl.  Afiron.  fed.  XIV,  S-  5  i- 

^;^^   De  Coimtariim  fignificatione ,  circa  înit'mm, 

(.a)  Ad  calcsm  diakxees  Ha^ecii  fupra  numoratœ,  pag.  129  if  f^q»  . 

-  Auteur: 


SUR    LES    Comètes,  7^ 

Auteur  Ju  même  fiècle  (h)  ;  ie  plu5  bei  ornement  de  « 
l'Allemagne,  Camérarius ,  Cardan,  Amerbach  &;  pluiieurs  <c 
autres  Savans ,  fouicrivent  au  fentiment  de  Sénèque ,  &  penlent  « 
que  les  Comètes  doivent  être  mifes  au  rang  à^s  Adres  :  elles  «t 
lont comme  en  dépôt  dans  quelque  coin  du  Ciel ,  &  paroifTent  « 
lorfque  ies  circonftances  l'exigent  ;  ou  au  moins ,  elles  font  « 
créées  à  temps  par  la  Puiffance  divine.  «  Cette  nouvelle 
création  efl  de  trop. 

Tels  font  les  légers  vertiges  du  vraî  fyftème  de  la  nature 
à.Qï,  Comètes  ,  que  nous  offi'e  le  feizième  {\h.z\ç:  :  c'efl  une 
bien  foible  Aurore  d'un  jour ,  qui  ne  devoit  paroître  en  tout 
(on  éclat  que  vers  la  fin  du  fiècie  fuivant. 

Il  paroît  que  ce  fut  aulTi  dans  le  feizième  fiècle  que  fou 
commença  à  douter  des  rêveries  Aflrologiques  :  la  Comète 
de  1577  en  fut  la  principale  occadon.  André  Dudithius, 
dont  nous  avons  déjà  parlé ,  Thomas  Erafte  &  Marcel  Squar- 
cialupus  f^J  écrivirent  à  fon  fujet:  leur  principale  but  fut,  à 
ce  qu'il  paroît,  de  combattre  ies  Afirologues  &  les  Cométo- 
mantiens  :  ils  ne  furent  point  réfutés  ,  mais  le  préjugé 
fubfifta  ;  les  Comètes  furent  maintenues  dans  le  droit  de 
préfager  les  évènemens  futurs  :  on  attribua  nommément  à  la 
Comète  de  1577,  des  prédiélions  de  malheurs  qui  n'arri- 
vèrent point. 

C'eil  peut-être  auffi  vers  le  même  temps  que  les  Comé- 
tomantiens  le  divisèrent  en  trois  eff)èces  de  leéles  ;  celles 
dçs  Théologiens  ,  des  Aftrologues  &  des  Phyficiens.  Les 
Théologiens  penfoient  que  les  Comètes  n'avoient  aucune 
vertu  naturelle  pour  annoncer  des  malheurs  ,  encore  moins 
pour  ies  produire;  mais  que  Dieu ,  par  fa  fouveraine  puifîance, 
ks   créoit  ou  ies   faifoit  paroître  ,   iorfque  irrité   contre  les 


fbj  Joannes  Garcœus  in  Aleteo- 
rJogia j    cap.  VIII. 

(c)  Les  Ouvrages  de  ces  trois 
Ecrivains ,  fur  les  Comètes  ,  ont  été 
imprimés  plufieurs  fois.  La  pre- 
mière édition   eil ,   je    penfe  ,   celle 

Tome  l. 


d'Heidelberg  en  1580  ,  in  -  ^.' 
André  Bofius,  dans  l'édition  d'Iene 
en  1665  ,  in-^f." ,  y  a  joint  plu- 
fieurs autres  autorités  plus  récentes 
contre  les  rêveries  des  Aftr.ologuçs» 
cométomantiens? 


74        Doctrine  des  Philosophes 

péchés  à^i  hommes  ,  il  vouioit  ies  châtier  ou  les  rappeler 
à  la  pénitence.  «  Une  Comète,  difoient-ils ,  eft  un  figne  de 
3_la  colère  de  Dieu ,  gravé  en  caracftères  de  feu  fur  le  livre 
de  la  Nature  (d),  >»  Il  eft  clair  que  dans  ce  fyftème  les 
Comètes  ne  pouvoient  annoncer  que  des  défaftres. 

\j&s  Aftroloo[ues  admettoient  non-feulement  dans  le  Soleii 
&  dans  la  Lune  ,  mais  encore  dans  ies  Planètes  &  même 
dans  les  Etoiles  fixes  ,  des  vertus  dont  une  longue  fuite 
d'expériences  leur  avoit,  diibient-ils,  donné  la  connoilTance. 
Il  n'eft  donc  point  furprenant  qu'ils  reconnuflent  de  fem- 
blables  qualités  dans  les  Comètes  ;  foit  qu'elles  duffent  être 
comptées  au  nombre  à^s  Aftres  ;  loit,  comme  on  le  croyoit 
alors  ,  qu'elles  ne  fuifent  que  des  météores  ,  engendrés  par 
i'aétion  d'une  Planète  ou  de  plufieurs  :  \qs  Etoiles  avoient 
auifi  leur  part  dans  cette  génération.  Au  refle,  il  eft  évident 
que  les  Comètes  ainfi  formées ,  dévoient  participer  aux  vertus 
des  Aflres  auxquels  elles  dévoient  leur  exiftence.  Saturne 
&  Mars,  les  plus  malignes  de  toutes  les  Planètes  ,  avoient 
ordinairement  la  principale  part  à  la  formation  à^^  Comètes  ;, 
en  conféquence ,  \^s  Cqmètes  étoient  ordinairement  avant- 
coureurs  d'évènemens  liniftres  :  il  n'étoit  pas  cependant 
împoffible  qu'elles  en  annonçaiîent  quelquefois  d'heureux  : 
ce  dernier  lyftème  n'étoit  pas  nouveau.  Chérémon,  Egyptien^ 
de  la  feéte  àts  Stoïciens,  avoit  compofé  un  Ouvrage  lur  les 
Comètes,  cité  par  Origènes  (e) ;  il  y  montroit  que  l'appa- 
rition <\ts  Comètes  avoit  été  quelquefois  fuivie  d'évènemens 
favorables  (f). 

Les  Cométomantiens  ,  purement  Phyficîens  ,  rejetoient 
les  folies  de  l'Alh'ologie,  &  croy oient  d'un  autre  coté,  qu'il 
ne  falloit  recourir  que  bien  rarement  aux  caufes  furnaturellese 
Selon  eux ,  une  Comète  efî  un  effet  purement  naturel  ;  tout 
ce  qu'elle  fignihe  ,  tout  ce  qu'elle  produit ,  doit  donc  être 

(d)  J'ai  pris  cette  penfée,  à  ce  que  je  crois;  4ans  le  recueil  de  BofmSj, 
iJont  je  viens  de  parler. 

(e)  Contra  Cdfum t  lib,  I;  n.°  59, 
if)   Ibido 


SUR    LES    Comètes,  yj 

dans  l'ordre  de  la  Nature  :  jurqu'ici ,  rien  de  pîus  /âge ,  rien 
de  plus  conforme   aux  lolx  de   la  faine  raiibn.   Mais    ces^ 
prétendus  Phyficiens   éîoient  Péripatéticiens  ,    &    par   une 
conféquence  néceflaire  ,  entêtés   des  préjugés  \qs  plus  ridi- 
cules. Premièrement,  il  falloit  dire  que  les  Comètes  étoient 
fuivies  de  fécherefles  &  de  tempêtes  :  le  fhiiofophe  en  avoifi 
prononcé  l'oracle  (g).  En  lëcond  lieu,  on  ne  pouvoit  pas 
non  plus  Ce  difpenfer  d'attribuer  aux  Comètes,  ou  comme 
figues  ou  comme  cauies,  les  famines,  les  pefles,  \qs  guerres 
civiles ,  &  fur-tout  les  morts  des  Princes  &  des  Grands  ;  on 
avoit  été  élevé  dans  cette  perfuafion  ;   les  chaires  de  Philo- 
fophie,  de  Théologie  même,  retentiflbient  de  cet  axiome; 
le   témoignage   unanime   des  Hiftoriens  ,    confirmoit  cette 
vérité  de  la  manière  la  plus  convaincante ,   par  une  expé- 
rience continue.  Voici  le  beau  fyftème  qu'on  imagina,  pour 
expliquer    phyfiquement    cette   vertu    des   Comètes  :    j'en 
emprunte  rexpofition  de  Fortunius  Licétus  (h).  Cet  Auteur 
infatigable  n'a  écrit  que  dans  le  dix-feptième  fiècle;  mais  if 
n'eft  que  l'écho  des  Phyficiens  du  feizième. 

La  lumière  &  le  feu  d'une  Comète  ne  peuvent  produire 
les  effets  qu'on  attribue  à  ce  météore  ;  toute  fon  efficace  doit 
confifter  dans  la  matière  dont  il  efl  compole  :  or  ,  cette 
matière  pafîe  par  plulieurs  états  qu'il  efl  à  propos  de 
confidérer. 

Premièrement  ,  cette  matière  n'efl  autre  chofe  que  des 
exhalaifons  terreflres ,  non  pas  cependant  de  ces  exhalaifbns 
ordinaires ,  que  la  chaleur  du  Soleil  exprime  fans  ceffe  d^s 
parties  extérieures  de  la  Terre  ;  fi  telle  étoit  la  matière  dts 
Comètes,  elles  fèroient  plus  fréquentes  en  été  qu'en  hiver; 
mais  de  ces  exhalaifons  intérieures  &  centrales  ,  exhalaifons 
chaudes  &  sèches  ,  fuifureufes  &  bitumineufes  ,  telles  que 
nous  les  voyons  s'échapper  par  la  bouche  des  volcans.  Lorfque 
ces  exhalaifbns  font  trop  abondantes ,    elles  font  effort  pour 


(g)    Meteor,  lib.  I ,  cap.  VII. 

(h)   De  Cometa  ann.  j6j2  dT'  i6jji  cap.  VU;  XVin  if  feq, 

K  ij 


76        Doctrine  des  Philosophes 

fe  dégager  ^^s  entrailles  de  la  Terres  de -là  des  trembïemens 
de  terre ,  à^s  tempêtes  fur  la  mer ,  à^i  ouragans  dans  l'air , 
fignes  infaillibles  de  Comètes  qui  vont  bientôt  paroître ,  plutôt 
cjue  leur  effet. 

z^  Les  exhalaifons  fe  font  fait  jour  ;  elles  traverfent  l'air 
que  nous  refpirons;  elles  1  échauffent  donc  &  le  defsèchent  : 
quels  effets  ne  doivent- elles  pas  produire  fur  les  hommes 
qui  refpirent  cet  air  ;  principalement  fur  ceux  dont  le  tem- 
pérament efl  fec  &  chaud  ,  ou  d'un  mélancolique  brûlé! 
De -là  à^s  maladies,  àç.s  colères,  i^^s  haines,  femences  de 
divifions,  de  guerres,  deféditions,  de  révoltes  ,  de  conipira- 
tions:  ces  exhalaifons  font  même  quelquefois  fi  fétides,  qu'elles 
engendrent  à.t2,  pefles  ou  d'autres  maladies  épidémiques. 

3."  La  matière  de  la  Comète  efl  élevée  à  la  région  fupé- 
rîeure  de  l'air:  en  cet  état  elle  n'agit  point,  elle  ne  produit 
rien.  Un  corps,  félon  le  Philofophe  (ï) ,  eft  incapable  d'agir 
fur  un  autre  corps  qu'il  ne  touche  point.  On  pourroit  dire 
cependant  qu'elle  opère  quelque  effet  médiat,  en  tant  qu'elle 
attire  continuellement  de  la  Terre  de  nouvelles  exhalaifons^ 
pour  lui  fervir  d'aliment  ou  de  nourriture. 

4.''  De  nouvelles  exhalaifons  s'élèvent  donc  fans  cefTe  de 
la  Terre,  pour  entretenir  la  Comète  déjà  formée;  la  partie 
crafîe  de  ces  exhalaifons ,  moins  propre  au  mouvement , 
monte  moins  haut ,  fe  mêle  avec  notre  air  &  le  corrompt  :  la 
partie  la  plus  légère ,  de  fon  côté  ,  accroche  les  parties  humides 
de  l'air;  plus  forte  qu'elles,  ûXo.  Iqs  atténue,  \qs  change  en 
air  &  \qs  diffipe  :  c'efl  ce  qui  occafionne  la  féchereffe  &  les 
vents  ;  la  féchereffe  engendre  la  famine ,  &:  altérant  fe  tem- 
pérament des  hommes,  elle  les  rend  atrabilaires.  Mais  le 
Philofophe  (k)  prouve  que  \^h  Princes  fur -tout  font  très- 
mélancoliques  ;  ils  doivent  donc  être  plus  fujets  que  les  autres 
hommes  à  i'aélion  Aqs  Comètes. 

11  arrive  cependant  quelquefois  que  les  vapeurs  humides^ 

^i)    De  geti.  anim.  lib.  JI,   cap.  I, 
(h)  AriJî.Sçéî,  jQ;  ^^oh\^m,U 


SUR  LES   Comètes.  jj 

rencontrées  par  ces  exhaiaifons,  font  en  fi  grande  quantité, 
que  i'aélion  de  ces  exhaiailons  en  eil;  émoufTce  :  ceiles-ci 
s'apprivoifent ,  ciciirantur ,  &  deviennent  moins  malignes. 
Pour  lors  ,  l'apparition  de  la  Comète  ne  fera  ni  précédée , 
ni  accompagnée  d'aucun  défaftre  ;  mais  il  fuivra  infaiiii- 
,  biement  quelque  malheur  ,  même  avant  la  difTipation  totale 
du  météore  ,  ^i  les  exhaiaifons  deviennent  enfin  aiïez  abon- 
dantes pour  vaincre  l'obftacle  qui  leur  étoit  oppole. 

5."  La  Comète  eft  embrafée  ;  «&  comme  félon  Ariflote  (l), 
elle  efl  compolee  de  terre  &  d'air ,  le  feu  conflime  la  terre , 
atténue  l'air  &  le  change  en  un  feu  très-léger ,  qui  monte 
par  la  nature  à  la  région  du  feu  ,  &  qui  nous  étant  abfolument 
infenfible,  ne  peut  ni  produire,  ni  fjgnilier  les  malheurs  qui 
nous  pourroient  menacer. 

6,""  La  partie  terreufe  de  la  Comète  fe  réfout  en  cendres; 
nous  voyons  ces  cendres  tomber  du  Ciel  fous  la  forme 
d'atomes  :  cependant  toutes  les  cendres  qui  defcendent  de 
I1iir  fupérieur  fur  la  terre ,  ne  font  pas  cendres  de  Comètes  ; 
celles  -  ci ,  conformément  à  leur  nature  ,  defsèchent  l'air  de 
plus  en  plus,  &  le  rendent  par-là  plus  propre  à  altérer  nos 
corps  &  notre  caraélère.  Ces  cendres  emploient  du  temps  à 
retomber  :  en  conféquence ,  les  maladies ,  \qs  pefles ,  les 
famines  ,  \^s  guerres  ,  peuvent  tarder  de  quelques  mois  ; 
mais  \qs  effets  de  ces  fortes  d'apparitions  font  d'autant  plus 
trifles,  qu'ils  fe  font  fait  plus  long-temps  attendre. 

Licétus  attribue  les  guerres  &  les  morts  à^^  Princes  à  leur 
tempérament  mélancolique  (m)  ;  félon  d'autres  (n)  ,  \^i 
Comètes  agiffent  plus  efficacement  fur  les  Princes,  parce  que 
le  tempérament  des  Grands  efl  ordinairement  très-délicat: 
il  en  efl  enfin  (0)  qui  croient  que  l'air  étant  infeété  par 

(l)  Anfl.  2  ,  de  gen.  t.  XX  VIII.  part.  IV,  cap.  XI.  Venaniius  Baffiis  de 

(m)   Erafte  dit  qu'il  feroit  à  fou-  Cometis,  1.  III,  c.  IX,  isT  alnimihi. 
Iiaiter  que  la   mélancolie  &  la  bile  (  o  )    Vaje^   le   Difcours    fur   les 

des   Princes   fût  la  vraie   caufe   des  Comètes    fuivant    les    principes    de 

guerres:   quelques  gros  de  rhubarbe  Defcartes  ,  chûf,  ii,  page  2.^,  par 

épargneroient  bien  du  fang.  J.  D.  (Denis)  P.  M.  Paris,  1665^ 

(n)   Anton,  Cattus  de  Cometis ,  ui-iz^ 


•78         Doctrine  des  Philosophes 

l'apparition  d'une  Comète ,  tous  ies  hommes  refpirent  égaîe- 
nient  cette  corruption  ;  mais  que  les  Grands  ajoutent  une 
féconde  caufe  de  mort  à  cette  première  ,  en  fe  rempiiffant 
de  toute  forte  de  volatiles,  qui  leur  communiquent  le  poifon 
cométaire  qu'ils  ont  raflemblé  de  toutes  ies  parties  de  l'air. 

Je  ne  fuivrai  point  Licétus  dans  ce  qu'il  dit  fur  la  trani^ 
parence ,  ies  couleurs ,  la  grandeur  &  \qs  figures  à^s  Comètes; 
ce  que  j'en  ai  rapporté  fuffit  pour  donner  une  idée  du  raifon- 
nement  à^s  Phyficiens-cométomantiens.  Je  ne  prendrai  point 
non  plus  la  peine  de  le  réfuter  :  i'expofition  feule  de  telles 
abfurdités  ,  en  eft  la  réfutation  la  plus  complète.  De  plus, 
s'il  eft  démontré  que  les  Comètes  ne  font  point  des  météores 
fublunaires  ,  engendrés  ,  comme  Licétus  fe  f  eft  figuré ,  par 
des  exhalaifons  terreftres  ;  le  fondement  du  fyftème  étant 
détruit ,  tout  le  fyftème  doit  nécefîairement  s'écrouler. 

Ce  même  fiècie  enfin  a  vu  naître  quelques  nouveaux 
fyftèmes.  Nous  avons  déjà  parlé  de  celui  àQs,  Théologiens, 
qu'on  peut  faire  remonter  jufqu'à  Saint- Jean- Damafcène. 
.Théophrafte-Paracelfe ,  fur  le  fondement  que  la  Nature  n'efl 
point  pythonifîe,  prétendit  que  les  efprits  répandus  dans  l'air, 
voulant  nous  avertir  du  bonheur  que  nous  avons  à  efpérer 
ou  à^s  malheurs  qui  nous  menacent,  rafîemblent  une  matière 
éthérée  fous  la  figure  d'une  Etoile,  &  la  promènent  dans  le 
Ciel  par  à.^s  chemins  propres  à  nous  indiquer  les  évènemens 
futurs  (p).  Selon  Jordanus  Brunus ,  qui  pour  fes  impiétés 
fut  brûlé  à  Rome  le  17  Février  de  l'an  i<Soo  ,  la  Comète 
eft  une  efpèce  de  terre  parfaitement  unie  comme  la  glace 
d'un  miroir  :  on  la  voit  quand  elle  eft  tellement  placée  dans 
fon  orbite ,  que  ies  rayons  qu'elle  reçoit  du  Soleil  fe  réflé- 
chiflènt  direâement  vers  la  Terre  ,  félon  les  loix  connues 
de  la  réflexion  de  la  lumière  fur  les  miroirs  ( q).  Frédéric 
Nauféa  ,   Évêque   de  Vienne  en  Autriche  ,    paroît  être  le 


(p)    Paraceîf,  lib.  I ,  de  Meteor. 

(q)    Bnick.  Hift.  Phil.  tom.  V,  periocj.  IJI>  part.  II,  lii).  I,  cap»  II', 
£K  Heumahno  Aéî.  Phil.  tom.  II, 


SUR    LES    CûM  ET  ES,  79 

premier  qui,  joignant  le  fyflème  dts  Péripatéticîens  avec 
celui  àQs  Théologiens,  a  diitingué  deux  fortes  de  Comètes, 
les  unes  naturelles  ,  les  autres  furnaturelles  (r)  :  il  a  eu 
quelques  feélateurs.  On  imagina  peut  -  être  encore  alors 
quelques  autres  rêveries,  je  les  ignore;  &  d'ailleurs,  de  telles 
énumérations  ne  font  propres  qu'à  accumuler  les  preuves  de 
k  foiblefle  de  i'eiprit  humain. 


CHAPITRE      VL 

Obfervatïons  perfeâïonnées  èr  multipliées  :  nouveaux 
ajfauts  livrés  au  Péripatéûfme.  De  Tycho,  Meftlïn  ^ 
Kepler,  GaQ'endi,  Def cartes  èr  autres,  jufque  vers 
le  milieu  du  dix  -feptieme  fiède, 

J_j'ANNéE  157:2  ouvre  un  nouveau  fpecflacle.  La  de'cou» 
verte  d'Appien  ,  \es  réflexions  de  Cardan  &  de  quelques 
autres  Philofophes,  n'avoient  opéré  qu'une  légère  fenfation; 
le  Péripatétifme  triomphoit  toujours.  On  étoit  cependant 
attentif  fur  les  phénomènes  que  le  Ciel  pou  voit  offiir.  Les 
Coperniciens  commençoient  à  fe  multiplier;  ils  avoient  retenu 
la  plupart  des  principes  de  la  Philofophie  de  leur  fiècle  :  ib 
accordoient  aux  Péripatéticîens  que  les  Cieux  étoient  exempts- 
de  corruption  &  de  génération  ;  mais  la  folidité  des  Cieux 
étoit  incompatible  avec  le  mouvement  de  la  Terre.  Pourquoi 
donc  les  exhaîaifons  de  la  Terre  n'auroient- elles  pas  pu 
s'élever  jufqu'à  l'orbe  de  la  Lune ,  jufqu'à  celui  de  Vénus 
&  même  au-delà!  Les  Péripatéticiens  répondoient  qu'une 
telle  élévation  éîoit  fans  exemple  :  l'application  de  la  doélrine 
àQs  parallaxes  aux  Comètes ,  paroiifoit  pouvoir  feule  décider 
ce  procès 9 

(r)  Fndu,  Nauf,  de  Csmefa  anni  153^1. 


8o        Doctrine  des  Phi  lo  s  op  h  es 

D'un  autre  côté,  le  Danemarck  prcparoit  cà  i'Ailronomie 
une  de  Tes  plus  grandes  lumières.  Tycho-Brahé  fut  zélé 
pour  le  progrès  de  l'ArtroDomie,  alftJu  dans  l'étude  de  cette 
Science,  précis  dans  Tes  obfervatioiis  ,  judicieux  dans  {^s 
raifonnemens.  La  perfuafion  qu'il  e(l  indigne  d'un  Noble 
de  le  faire  imprimer  ,  ne  fut  pas  le  feul  préjugé  qu'il  eut  à 
vaincre  ;  s'il  ne  les  a  pas  furmontés  tous ,  au  moins  il  a  tracé 
ia  route  qui  devoit  conduire  à  la  Vérité.  La  vie  de  Tycho 
a  été  remplie  :  mais  la  Terre  qu'il  avoit  entrepris  de  défricher 
étoit  trop  vafte  ,  &  les  épines  qui  la  couvroient  étoient  en 
trop  grand  nombre  pour  qu'il  pût  réufHr  à  les  faire  entiè- 
rement dilparoître. 

Tycho  avoit  été  imbu  de  toutes  les  fables  Péripatéti- 
ciennes, il  wq\qs  révoquoit  point  en  doute;  mais  il  vouloit  s'in(^ 
truire  par  {qs  yeux.  Il  attendoit  que  l'apparition  d'une  Comète 
lui  donnât  ioccafion  de  le  faire,  lorfqu'au  mois  de  Novembre 
I  572  ,  une  nouvelle  Etoile,  fupérieure  à  toutes  les  autres  & 
à  Vénus  même,  en  éclat  &  en  beauté ,  fixe  les  regards  furpris 
de  tous  les  Aftronomes  :  elle  e(t  obfervée  attentivement  par 
Tycho ,  par  Michel  Meftlin,  pour  lors  Minîltre  dans  un  village 
du  duché  de  Wirtemberg;  par  ThaddéeHagécius,  Médecin  de 
l'Empereur;  par  Paul  Fabrice;  par  Barthélemi  Reducher,  Pro- 
lefTeur  de  Mathématiques  à  Vienne;  par  Jérôme  Mugnoz, 
Profeiïèur  de  Mathématiques  dans  l'Univerlité  de  Vaience  eii 
Efpagne;  par  Cornélius  Gemma,  Profefiëur  royal  de  Médecine 
àLouvain;  par  Paul  Hainzel,  Patrice  &  Coniul  d'Aufbourg, 
&  par  une  infinité  d'autres;  c'eft-à-dire  par  les  plus  habiles 
Aflronomes  du  fiècle.  Prefque  tous  conviennent  que  l'Etoile 
n'a  aucime  parallaxe ,  aucun  mouvement  :  quelques-uns,  faute 
fans  doute  d'inftrumens  afîez  parfaits^  croient  avoir  obfervé 
quelque  parallaxe  ,  mais  beaucoup  moindre  que  celle  de  la 
Lune;  le  très-illufh^e  Landgrave  de  Heffe  afîijre  qu'elle  n'ex- 
cède pas  trois  minutes;  Thomas  Digges ,  Ath'onome  Anglois , 
Ja  trouve  au-delîbus  de  deux  minutes  ;  quelques-uns  fe  per- 
fuadent  qu'elle  peut  monter  à  dix -neuf  ou  vingt  minutes: 
lîi^is  félon  tous  les  Obferyîiteurs  j,  la  parallaxe  de  i'Ét.oile  eft 

bien 


SUR  LES  Comètes.  81* 

bien  certainement  moindre  que  celle  de  la  Lune.  II  faudra 
donc  reconnoître  que  le  lieu  de  l'Etoile  eft  au-deflus  du  ciel 
de  la  Lune  ,  entre  ceux  de5  Planètes,  ou  même  dans  le  ciel 
àQs  Etoiles  fixes. 

C'efl  la  conclufion  que  tirèrent  en  effet  Tycho ,  Meftlin , 
Gemma  ,  le  Landgrave  &  plufieurs  autres.  Mais  que  ne 
peuvent  point  les  anciens  préjugés  !  Il  fe  trouva  àQS  André 
Nolthius ,  des  George  Bufch  ,  citoyen  d'Erford  ;  des  Théodore 
Gramineus,  ProfelTeur  à  Cologne,  qui  démentant  le  témoignage 
unanime  des  autres  ,  prétendirent  avoir  remarqué  dans  le 
lieu  de  la  nouvelle  Etoile,  une  parallaxe  très-fenfible  :  ils  ne 
le  crurent  pas  feulement  ;  ils  voulurent  le  perfuader  aux 
autres  :  ils  écrivirent  ;  &  l'ineptie  de  leurs  raifonnemens 
décela  l'imperfeélion  de  leurs  obfervations. 

Quelques  autres  convinrent  que  l'Etoile  n'avoît  pas  de 
parallaxe  ,  &  prétendirent  néanmoins  qu'elle  avoit  toujours 
été  au-deiïous  de  la  Lune  :  tel  fut  le  fentiment  d'Hainzel 
&  de  Gafpard  Peucer  ,  premier  Profefleur  de  Wittemberg, 
Mais  comment  accorder  ces  deux  prétentions  !  C'efl  ce  que 
ces  deux  Auteurs  ne  paroi ffent  pas  même  avoir  tenté  :  fans 
doute  il  failoit  les  croire  fur  leur  iimple  parole. 

L'Etoiie  décroiffoit  de  jour  en  jour.  Mugnoz  en  prit  occa- 
fion  de  déclamer  fortement  contre  le  fyftème  d'Ariflote  & 
de  ies  dilciples  :  il  avoit  raifon  dans  la  conféquence  ;  mais  il 
(è  trompoit  dans  le  principe.  Cette  Étoile  n'étoit  point  une 
Comète,  elle  n'avoit  point  de  mouvement:  Cyprien  Léo- 
vitius  feul,  prétendoit  y  avoir  remarqué  quelque  mouvement; 
inais  cet  Auteur  étoit  plus  verfé  dans  les  prédidions  Aftroio- 
giques  que  dans  les  obfervations  Agronomiques. 

La  penfée  la  plus  générale  fut  que  ce  phénomène  étoit 
une  Etoile  ;  mais  il  y  eut  des  divifions  fur  la  date  de  fou 
exiftence.  Suivant  Tycho,  Philippe  Appien,  Jean  Pnetorius 
&  plufieurs  autres ,  c'éioit  un  nouveau  météore  engendrée 
dans  le  Ciel  :  il  étoit  donc  déraifonnable  de  prétejidre  que 
les  Cieux  fuffent  par  leur  efîënce  incapables  de  génération. 
Philippe  Appien,  perfuadé  par  les  obfervations  de  fon  père, 
Tome  I,  L 


Bz  DOCTUINE    DES    PHILOSOPHES 

que  les  Comètes  ne  font  point  enflammées  ,  mais  éclairées 
feulement  ,  fe  figuroit  en  conféquence  qu'une  Comète  ,  <Sc 
par  conféquent  la  -nouvelle  Étoile,  n'étoit  que  ie  concours 
A^s  rayons  du  Soleil  ou  de  quelque  Adre  qui  fe  brifoient 
mutuellement  :  cette  idée  reviendroit  allez  à  celle  de 
Panétius. 

Mais  comment  cette  nouvelle  Etoile ,  cette  Comète  ,  ce 
nouveau  météore  s'eft-il  formé  !  Ici  nos  Aftronomes  recourent 
à  la  puifTance  du  Créateur  :  ainfi  raifonnent  Hagécius ,  Fabrice, 
Meftlin  &  quelques  autres.  Tycho  va  plus  loin;  il  compare 
ce  nouveau  phénomène  avec  l'Etoile  qui  conduifit  les  Mages , 
&  avec  Téclipfe  miraculeufe  du  temps  de  la  Palfion  de  Jélus- 
Chrift:  le  Landgrave  eil;  même  porté  à  croire  que  comme 
l'Étoile  à'&s  Mages  a  précédé  le  premier  avènement  du 
Sauveur  ,  la  nouvelle  Étoile  efl  l'avant-coureur  du  fécond. 
Érafme  Reinhold ,  jeune  encore  alors ,  crut  pareillement  que 
îe  jugement  dernier  étoit  proche  ;  fur  quoi  Tycho  fait  la 
réflexion  qu'avant  le  jugement  \qs  Étoiles  ne  doivent  pas  fe 
multiplier ,  mais  tomber  du  Ciel.  Gemma  regardoit  pareille- 
ment cette  Étoile  comme  miraculeufement  créée  ;  mais  il 
croyoit  que  la  différence  de  grandeur  qu'on  y  avoit  obfervée 
provenoit  de  fa  différente  diflance  à  la  Terre.  Tycho  ne  la; 
croyoit  pas  miraculeufement  tirée  du  néant ,  mais  formée  de  la 
matière  de  la  voie  laéîée  :  il  s'imaginoit  même  voir  un  vide 
que  cette  Étoile  avoit  laiffé  dans  cette  voie  en  dllparoiffant. 

Enfin,  quelques-uns  ne  pouvant  fe  perfuader  qu'il  arrivât 
quelque  génération  dans  les  Cieux,  prirent  le  parti  d'accorder 
à  cette  Étoile  une  exiftence  égale  en  durée  à  celle  de  l'Univers^ 
Parmi  ceux-ci,  les  uns  en  fbutenant  que  cette  Etoile  étoit 
ia  Lyre,  la  Chèvre,  Ardurus,  la  planète  de  Vénus  ou  celle 
de  Saturne ,  apprirent  au  public  qu'ils  ne  connoiffoient  point 
ie  Ciel.  Un  Annibal  Raimond  de  Vérone ,  un  Cornélio  Fran- 
gipani ,  un  anonyme  Allemand  ,  prétendant  que  c'étoit  ia 
onzième  ou  la  douzième  Étoile  de  Caffiopée  ,  qui  avoif 
acquis  par  à^i  caufes  occultes  un  nouvel  éclat ,  &  qui  s'étoiî 
dérangée   de  deux  degrés  ,   furent   démentis  par  tous   les 


SUR   LES   Comètes.  S^ 

Aftronomes  ,    qui  contiiuioicnt  de  voir  manifefîement  ces 
deux  Etoiles  aux  lieux  que  \qs  catalogues  leur  affigii oient. 
Jean  Dée ,  Mathématicien  à  Londres ,  &  Elie  Camérarius , 
Proreffeur  de  Aîathématiques  à  Francfort  fur  l'Oder,  crurent 
que  cette  Etoile  étoit  devenue  vilible  en  s'approchant  de  la 
Terre ,    &  que  fa  grandeur  diminuoit  à  proportion    qu'elle 
s  ccartoit  de  nous ,  l'un  &  l'autre  mouvement  fe  faifant  dans 
une  ligne  droite  dirigée  à  la  Terre  :  il  ne  paroît  pas  que  ce 
fèntiment  puiiîe  fe  concilier  avec  les  ioix  de  la  faine  Phy- 
fique.    François    Vallès  de  Covarrubias ,    premier   Médecin 
du  Roi  d'Efpagne  Philippe  II,    dans  fa  Philofophie  facrée^ 
attribue  \qs  accroi(îemens  &  décroiffemens  de  cette  Étoile  à 
quelque   changement    de   milieu  ;    mais   ceci    ne   peut  pas 
facilement  fe  concevoir.   De  tous   les  Auteurs   dont  parle 
Tycho  (a) ,   celui  qui  me  paroît  avoir  penfé  le  plus  fage- 
ment  ,    eft  Bailhélemi  Reifacher.   Selon  lui  ,    l'Etoile   étoit 
auffi  ancienne  que  le  Monde:  pourquoi  ne  favoit-on  pas 
encore  vue  jufqu'alors  !  Dieu  le  fait ,  dit  ce  Profefleur  :   la 
folution  n'ell  pas  phyfique  ;    mais  elle  efl  la  feule  vraie  de 
toutes  celles  qui  furent  données  alors ,  &  peut  -  être  n'efl:  -  on 
point  encore  en  état  d'en  donner  une  plus  fatisfaifante.  Ce 
qu'on  peut  dire  avec  plus  de  vrailemblance  ,  c'efl  que  cette 
Étoile  tourne  avec  une  célérité  étonnante  fur   fon    centre. 
Selon  les  ioix  de  la  gravitation  ,    cette  rotation  précipitée  a 
dû  faire  prendre  à  l'Etoile  une  forme  extrêmement  aplatie  : 
le  tranchant  de  l'Allre  eft  tourné  directement  vers  nous  ;    il 
efl  trop  mince  pour  que  nous  puiflions  le  découvrir.  Mais 
ne  fe  peut -il  pas  faire  que  cette  Étoile  foit  entourée  d'un 
certain  nombre  de  Planètes,  lefquelles  le  combinant  diver- 
fement,  acquerront  enfin    une  telle  pofition  ,  que  par  leur 
action  réunie,  l'Étoile  fera  redrelîee  par  rapport  à  nous,  nous 
préfentera  toute  l'étendue  de  fon  difque,  &  deviendra  vifible 
pour  quelques  mois!  Celle  de  Caffiopée  fut  obièrvée  durant 
feize  mois ,    depuis  la  fin  d'Oélobre  ou  le  commencement 

(a)   Progymnajmatum ,  tom.  I, 


84        Doctrine  des   Philosophes 

de  Novembre  1572.  jufqu'en  Mars  1574  :  après  avoiV 
diminué  peu -à- peu,  prefque  depuis  fa  première  appari- 
tion ,  elle  dilparut  enfin  totalement  ;  elle  ne  s'efl:  pas  montrée 
depuis. 

De  tous  les  Obfervateurs  de  l'Étoile  de  1572  ,  Meflliii 
feui  a  eu  le  courage  de  ne  point  parier  de  Tes  fignifications. 

Les  plus  célèbres  Agronomes  ne  tirèrent  donc  aucune 
eonclufion  bien  certaine  àes  phénomènes  de  cette  Étoile  : 
car  je  ne  conviens  pas  plus  que  les  Péripatéticiens  qu'il  fë 
foit  fait  alors  une  génération  dans  les  Cieux.  Cependant  deux 
avantages  confidérables  réfuitèrent  de  l'apparition  de  cette 
Étoile.  On  fe  perfuada  qu'elle  étoit  inccmpatible  avec  le 
i^ftème  des  Péripatéticiens  ;  &  c'étoit  un  grand  pas  vers  la 
."vérité,  que  de  douter  d'un  fyflème  qui  lui  étoit  oppofé  en 
toutes  fes  parties.  De  plus ,  l'oblervaiion  de  cette  Étoile  exerça 
les  Aftronomes  :  ils  le  trouvèrent  &  plus  difpofés  à  obierver 
}es  Comètes  qui  dévoient  bientôt  paroître ,,  &  plus  en  état 
de  le  faire  avec  foin  &  précifion* 

La  belle  Comète  de  1577  eut  les  mêmes  Obfervateurs 
que  l'Etoile  de  i  572.  :  elle  parut  depuis  le  commencement 
de  Novembre  ,  jufque  vers  la  fin  du  mois  de  Janvier  de 
Fannée  fuivante.  Tycho  en  obferva  les  raouv.emens  avec 
toute  i'exaétitude  polTible  :  il  trouva  que  le  ^  de  Novembre 
fà  parallaxe  avoit  été  de  ip  minutes  52  fécondes  ^  &  que  le 
2.6  Janvier  fuivant  elle  n'avoit  pas  excédé  deux  minutes. 
Cette  obfervation  parut  décifive  contre  les  Péripatéticiens  :: 
on  en  concluoit  que  le  lieu  à^s  Comètes  étoit  au-delà  du^ 
ciel  de  la  Lune  ,  que  les  Cieux  étoient  fufceptibles  de 
génération;  qu'enfin,  le  chemin  que  la  Comète  avoit  tenu- 
en  s'éloignant  toujours  de  la  Terre  ,  démontroit  que  les  Cieux 
ii'avoient  point  cette  folidité  que  l'École  leur  attribuoit» 
L'obfervation  de  Tycho  fut  confirmée  par  celles  de  Meftlin  ,, 
du  Landgrave  de  Heiïe ,  de  Cornélius  Gemma  ,  &c. 
Hagécius  avoit  foutenu  d'abord  que  la  parallaxe  de  la  Comète 
étoit  plus  grande  que  celle  de  la  Lune  :  il  reconnut  depuis 
Ingénument  le  vice  de  fon  Q.bfervation  },.  il  iè  rangea  ai^ 


SUR   LES   Comètes, 

fentiment  Je  Tycho.  Quelques  ignorans ,  perfuaJés  que  ia 
Comète  n'avoit  pu  être  plus  éloignée  que  la  Lune  ,  fe 
répandirent  en  clameurs  ,  en  paralogifmes  ,  en  menfonges 
même  :  ils  furent  méprifés  ;  c'efl  la  feule  réfutation  qu'ils 
méritoient. 

Tycho  conflruifit  une  hypothèfe  du  mouvement  de  la 
Comète.  Il  plaça  fon  orbite  circulaire  au-delà  de  l'orbite  de 
lYénus  par  rapport  au  Soleil  :  le  mouvement  de  la  Comète 
près  de  fon  périgée ,  où  elle  fut  vue  d'abord ,  étoit  aflez 
ient  :  il  s'accéléra  enfuite  ,  &  devint  très  -  lent  iorfque  la 
Comète  fut  en  fa  moyenne  diflance  de  la  Terre.  Un 
mouvement  toujours  égal  eût  été  plus  naturel ,  dit  Tycho  (h) ,: 
mais  le  mouvemejit  de  la  Comète  de  i  577  ne  fut  point 
tel.  Tycho  n'auroit  -  il  pas  mieux  fait  de  reconnoître  qu'un 
fyflème ,  pour  être  bon ,  doit  être  également  conforme  aux 
obfervalions  de  i'Aftronomie ,  &  aux  maximes  de  la  faine 
Phyfique!  Enfin  Tycho  fuppofe  que  le  Soleil  communique 
fon  mouvement  à  la  Comète  ,  comme  il  le  fait ,  dans  fon 
fyflème ,  aux  Planètes.  II  faut  convenir  que ,  dans  cette 
hypothèfe,  Tycho  explique  les  mouvemens  de  la  Comète 
d'une  manière  affez  conforme  à  (qs  obfervations.. 

Mefllin  avoit  déjà  fait  une  hypothèfe  affez  fèmblabîe  a 
eelle  de  Tycho  :  la  principale  différence  confifîoit  en  ce 
que  Mefllin  fuppofoit  le  mouvement  de  fa  Terre  ;  en  confé- 
quence  fon  hypothèfe  étoit  plus  fimple  &  plus  naturelle. 

On  a  vu  des  Comètes  oppofées  au  Soleil ,  après  avoir 
été  obfervées  entre  la  Terre  &  le  Soleil.  Cette  feule  réflexion 
fufîit  pour  détruire  toutes  les  hypothèfes  d'orbites  circulaires  j,. 
qui  auroient  le  Soleil  pour  centre. 

Êlifée  Roeflin  ,  Médecin  à  Saverne  en  Alfàce  ,  tentsE 
d'expliquer  les  mouvemens  de  la  Comète  par  un  fyflème 
tout-à-fait  nouveau  :  fon  but ,  autant  que  je  puis  le  conjedurer^, 
étoit  d'ailier  les  anciennes  opinions  avec  les  nouvelles  expé- 
riences.    Roeflin   imagina    donc    une   nouvelle   fphère  Aqs 

(b)   Pros,ymn»  part.  II.  cap.  vil-i^ 


8(S        Doctrine  des  Philosûphes 

météores  céieftes  :  cette  fphère  eft  déterminée  par  un  cercle 
tracé  autour  du  pôle  du  monde  à  la  diflance  de  60  degrés 
du  côté  de  l'Etoile  de  i  572  ,  &  avec  une  largeur  de  huit 
degrés  de  part  &  d'autre;  ce  qui  forme  une  Zone  ou  efpèce 
de  Zodiaque  des  Comètes ,  dont  la  largeur  eft  de  1  6  degrés. 
C'eil  dans  ce  Zodiaque  que  le  forment  les  Comètes  :  leur 
mouvement  fuit  les  loix  d'une  proportion  géométrique,  & 
eft  en  même  temps  aftreint  à  celles  de  la  Mulique.  Comme 
on  a  vu  beaucoup  de  Comètes  dans  des  parties  du  Ciel 
îrès-diftantes  de  ce  prétendu  Zodiaque ,  il  faut  conclure 
qu'il  n'a  jamais  exiftéque  dans  l'imagination  de  cet  Aftronome- 
Médecin. 

Tycho  fut  perfuadé  que  ia  Comète  de  i  ^yy  étoit  un 
météore  célefte  :  Meftlin  la  crut  miraculeufe ,  &  fe  donna  la 
peine  de  faire  fon  horoicope  :  quelques  -  uns  demeurèrent 
obftinés  dans  ie  pur  Péripalétifme. 

La  Comète  de  i  '^yy  fut  bien-tôt  fuivie  de  celle  de  i  580. 
Celle-ci  fut  obfervée  par  Tycho  ,  Meftlin,  Roeflin  ,  Hagécius 
&  Chriftophe  Rothmann  ,  Aftronome  du  Prince  de  Heffe. 
,Tous  prononcèrent  unanimement  que  fa  diftance  à  la  Terre 
étoit  plus  grande  que  celle  de  la  Terre  à  ia  Lune.  Depuis 
le  commencement  d'Oélobre  jufqu'au  milieu  de  Décembre, 
elle  parcourut  plus  de  quatre  ûgnes  du  Zodiaque  par  un 
mouvement  rétrograde  &  régulier  (  c  ). 

II  parut  une  troifième  Comète  en  i  582  au  mois  de  Mai: 
ia  queue  n'étoit  pas  diredement  oppolée  au  Soleil ,  mais  à 
Venus.  Tycho  avoit  fait  la  même  obfervation  par  rapport 
à  la  Comète  de  i  577. 

La  Comète  de  1585  fut  obfervée  avec  beaucoup  de  foin 
à  CafTel  par  Rothmann ,  depuis  le  8  d'Oétobre  julqu'au  8  de 
Novembre;  elle  n'avoit  point  de  queue,  étoit alfez  obicure , 
environnée  d'une  nébulofité  :  vers  la  fin  de  fon  apparition , 


(e  )    Ce  qui   regarde  cette  Comète  &   les  cinq  fuivantes ,    efl;  tire  de 
Gafleadi  in  vita  T^ckonis  »  lib.  II,  Operum  tpmt  V. 


SUR  LES  Comètes.  Sy 

elle  reffembloit  aïïez  à  l'Étoile  nébuleufe  fc^J  qu'on  appelle 
ia  crèche  de  l' ÊcrévijJ'e,  Sa  parallaxe ,  félon  Rothmann  ,  éîoit 
infenfible  ,  ou  plutôt  elle  n'en  avoit  point  du  tout.  Rothmann 
en  conféquence  croit  que  cette  Comète  étoit  plus  éloignée 
de  nous  que  Saturne  :  il  le  trompe  :  fur  Çqs  obfervations ,  on 
a  calculé  l'orbite  de  cette  Comète  :  elle  étoit  afTez  voifme  de 
ia  Terre.  Tycho  ,  Rothmann  &  les  meilleurs  Aftron ornes 
du  même  fiècle ,  caiculoient  le  lieu  àes  Comètes  par  leur 
diftance  à  quelques  Etoiles  fixes.  Cette  méthode  étoit  la  plus 
parfaite  qu'ils  puffent  employer  avant  l'invention  des  pendules 
à  fécondes ,  des  télefcppes ,  &c  :  mais  dans  la  pratique ,  elle 
pouvoit  être  fujette  à  quelques  erreurs.  De  plus ,  la  doélrine 
dts  réfradions  étoit  alors  fort  imparfaite.  La  Comète  de 
1585  fut  auffi  obfèrvée  à  Uranibourg  par  Tycho,  &  par 
Élie  Oiaik,  fon  difciple,  depuis  le  28  Ocflobre  jufqu'au 
2.2  Novembre. 

En  1590,  il  parut  encore  une  Comète:  fa  queue  étolî 
direélement  oppofée  au  Soleil  ;  on  n'y  remarqua  point  de 
parallaxe  ;  le  mouvement  en  parut  régulier  :  elle  ne  fut  vue 
que  durant  douze  jours ,  à  la  fin  de  Février  &  au  commen- 
cement de  Mars  (e) ,  vieux  flyle ,  ou  depuis  le  5  jufqu'ais 
[16  Mars,  nouveau  ftyle. 

En  I  55)3  ,  il  parut  une  fixîème  Comète  :  Tycho  ne  put 
i'oblèrver  à  caufe  des  fréquentes  Aurores  boréales ,  qui  fe 
montrèrent  alors.  Un  de  ks  Difciples  l'obferva  à  Zerbflj, 
dans  la  principauté  d'Anhalt. 

Enfin  en  15  5?  6,  on  en  vit  une  feptième  au  mois  de 
Juillet  :  Rothmann  en  fit  quelques  obfervations  ;  la  queue 
n'étoit  pas  bien  direétement  oppolee  au  Soleil  ;  elle  déclinoit 
tm  peu  vers  le  pôle.  Tycho  l'obferva  auffi  ;  il  fe  propofoifi 
de  donnerau  Public  une  defcription  détaillée  des  obfervations 

(d)    Defcriptio  Cornet,  an.  i^8j,  per  Chriftoph.  Rothm.  édita  à  Willebr. 

Snellio  in  Offic.  Elievir.  ann.  161  ç.     La  crèche  de  l'Écrevifle,   à  la  vue 

fnnple ,  refîemble  à  un  nuage  :  le  télefcope  a  fait  voir  que  ce  n'efl  auîre 
ehofe  qu'un  amas  d'Étoiles. 

(ej  Cajfend,  ibid,  lib.  III, 


88        Doctrine  des  Philosophes 

de  ces  Comètes ,  comme  il  i'avoit  fait  à  l'égard  de  rÉtoile 
de  Cafîiopée  &  de  la  Comète  de  j  577  :  mais  une  mort 
prématurée  enieva  ce  grand  Aftronome  en  la  cinquante- 
cinquième  année  de  fon  âge  ,  le  24  Oélobre  de  l'année  1601  x 
nous  y  luppléerons  dans  la  féconde  partie  de  cet  Ouvrage. 

Les  obiervations  paroifloient  décider  que  les  Comètes 
ctoient  fupérieures  à  la  Lune  ,  &  ce  fut  le  fenîiment  de 
Tycho  &  de  quelques  autres.  Meftlin  (f) ,  Rothmann  (g) 
&  le  plus  grand  nombre  des  Agronomes ,  crurent  que  les 
Comètes  pouvoientêtre  indifféremment  au-delTus  &  au-deflous 
delà  Lune.  Quant  à  la  nature  même  des  Comètes  ,  Meftlin  (h) 
eut  recours  au  miracle;  Tycho  (i)  parut  croire  qu'elles 
étoient  formées  de  quelque  matière  célefte  ;  Rothmann  ( k) 
s'écarta  le  moins  qu'il  lui  fut  pofTible  de  l'ancien  fyftème  : 
félon  lui ,  les  Comètes  font  engendrées  par  It.s^exhaiaifons 
terreftres  :  ces  exhalaifons  peuvent  s'arrêter  dans  l'atmolphère 
de  la  Terre  ,  elles  peuvent  pareillement  s'élever  plus  haut  que 
la  Lune  &  les  Planètes.  Mais  comment  ces  exhalailbns 
fe  condenfent-elies  alfez  pour  réfléchir  la  lumière  du  Soleil  ! 
Rothmann  a  pareillement  recours  à  la  toute  -  puilîànce  de 
Dieu,  qui,  félon  fès  delfeins,  donne  aux  Comètes ,  quand 
il  veut,  la  denfité  nécelfaire. 

Mais  le  fentiment  qui  prévalut  alors ,  fut  de  diftinguer 
<leux  fortes  de  Comètes  ,  les  Comètes  fublunaires  ,  &  \es 
Comètes  fupralunaires.  Les  premières  étoient  de  fimples 
météores  ,  engendrés  par  Aqs  exhalaifons  terreftres  ,  de  la 
manière  dont  on  I'avoit  toujours  enfeigné  jufqu'alors.  l^es 
Comètes  fupralunaires  fe  forment  non  par  la  voie  de  la 
génération,  mais  par  une  hmple  condenfation  des  paj'ties  les 
plus  pures  de  la   matière  célefte  ( l ).  II  eft  clair  qu'on  ne 


(f)  '^y^^^'    I^rogyinn,  tom.    Il, 
jcap.  X. 

(g)  Roihm.  Defcr.  Cornet,  c.  Vil. 


(k)    Rothin,  loco  citato, 

(l)  Licet.  de  novis  Aflr'is  i7'  Com. 
lib.  Y, C2i\^. X LIX  ,lr  aliiinulti.  Licétus 


fh)    Tycho,  \h\<X>  .    prétend  même  prouver,  /^/û',  c.^Z// 

'  .  \  if  feq.    qu  Ariltote  a   reconnu   des 

(i)  Tj/cho,  ibid,,  I  Comètes  céieltes» 

pOUVOJt 


SUR  LES  Comètes,  %^ 

pouvoît  pas  facilement  foutenir  ce  fyftème ,  lans  abandonner 
celui  de  la  folidité  des  Cieux ,  aiiffi  plufieurs  le  firent;  d'autres 
perfiftèrent  dans  leurs  anciens  principes  :  le  Pcripatétifme  fut 
un  peu  ébranlé;  mais  il  fe  foutint  encore.  Kepler  (m)  ie 
plaignoit  en  i  6  ip  ,  de  ce  que  \qs  Péripatéîiciens  fe  fermoient 
les  yeux  pour  ne  point  voir  ce  que  tout  le  monde  voyoit: 
il  leur  reproche  leur  entêtement  opiniâtre  au  fujet  des  nou- 
velles découvertes.  «  Les  Anciens ,  félon  eux  ,  n'ont  pu 
rien  ignorer  ;  toute  nouvelle  connoillance  efl  interdite  aux 
Modernes.  Ces  Philofophes  aveugles  continuent  de  regarder 
\qs  Comètes  comme  àQs  flambeaux,  dQs  embrafemens  dont 
îa  queue  de  la  Comète  eft  la  flamme  &:  la  tête  l'aliment: 
comme  ils  l'emportent  par  la  force  de  leurs  clameurs  ,  par 
ie  poids  de  l'autorité  ,  par  l'abondance  d^s  livres  dont  ils 
font  gémir  les  prefles  ;  comme  ils  fe  font  attribué  une  domi- 
nation exclufive  fur  les  boutiques  d^s  Libraires ,  &  qu'en 
conféquence  on  n'écoute  qu'eux ,  on  ne  lit  que  leurs  ouvrages, 
ia  raifbn  fe  tait  &:  languit  dans  un  honteux  exil.  « 

La  raifon  revenoit,  mais  pas  à  pas  pour  ainfi  dire,  de  ce 
long  exil  :  Kepler  étoit  un  de  ceux  que  la  Providence  avoit 
deftiné  pour  hâter  le  triomphe  de  la  vérité  fur  l'erreur.  Jean 
Kepler  étoit  né  à  Wi\s  près  de  Lemberg,  dans  le  duché  de 
Wirtemberg ,  le  27  Décembre  i  57 1  :  abandonné  pre/que  dès 
là  tendre  enfance  à  lui-même ,  un  attrait  naturel  pour  l'étude 
préfida  fèul  à  fon  éducation.  Il  fut  pour  l'Aftronomie  difciple  de 
Mefl;lin  :  la  réputation  effaça  bientôt  cqWq  de  fon  maître.  \[  ob~ 
ferva  moins  que  Tycho  ;  mais  il  réfléchit  plus  que  lui  :  héritier 
des  obfervations  de  ce  grand  homme,  il  y  joignit  quelques-unes 
des  fiennes  ;  il  compara  les  unes  &  \qs  autres,  &  la  force  de  fon 
génie  lui  fit  découvrir  dans  cette  combinaifon  le  vrai  iyflème 
de  la  Nature.  Ce  fyftème  parut  en  i  (Sop  ;  le  titre  de  l'ouvrage 
efl:  :  Phyfique  célefie ,  expofée  par  des  commentaires  fur  les 
mouvemens  de  l'Etoile  de  Mars.  Jufqu'alors  \qs  mouvemens 
dts  Planètes  avoient  été  expliqués  par  d^s  orbites  circulaires; 

(m)   Kepl.  de  Ccmeîis  libelli  très,  iib,  IL 

Tome  L 


90        Doctrine  des  Puîiosopûes 

on  y  avoit  ajouté  à^s  excentriques ,  A^s  épicycles  :  on  avoît 
enfuite  fuppoie  que  le  Soieil  n'étoit  pas  abfolument  au  centre 
de  ces  orbes  circulaires.  Kepler  détruit  toutes  ces  fuppofitions 
par  \^s  obrervations  même  de  Tycho  ;  il  conclut  que  les 
Planètes  tournent,  non  pas  dans  à^s  cercles,  mais  dans  à^s 
eiiipres  autour  du  Soieil,  fitué  à  un  foyer  commun  de  toutes 
ces  elliples  :  il  établit  enfuite  \ti  deux  règles  fuivantes. 

Premièrement ,  \^s  fedeurs  de  l'orbite  elliptique  d'une 
Planète,  formés  par  à^i  rayons  tirés  du  foyer  à  la  circonfé- 
rence de  rellipfe,  font  proportionnels  aux  temps  que  la 
Planète  emploie  pour  parcourir  les  parties  de  la  circonférence 
comprifes  enlre  ces  rayons.  Soit  S  le  Soleil ,  placé  au  foyer 
de  l'ellipfe  AMNPR,  laquelle  eft  fuppofée  être  l'orbite 
de  quelque  Planète.  Les  temps  que  ia  Planète  emploîra  à 
parcourir  les  arcs  A  M  8l  P  N  ne  feront  pas  proportionnels 
à  ia  longueur,  à  l'étendue  de  ces  deux  arcs  AA^  8c  P7VL 
Il  faut  tirer  les  rayons  SA,  SM ,  SN ,  SP ;  ils  formeront 
deux  ÇQS.G\yYs  A  SA4 A ,  &  PSNP;  il  faut  de  plus  eonnoître 
i'aire  ou  la  fuperficie  de  ces  deux  feéleurs  :  la  proportion  de 
ces  deux  fuperiicies  fera  la  même  que  celle  des  temps  employés 
parla  Planète  à  parcourir  les  arcs  AAÎ ,  PN qui  bornent  les 
fèéleurs.  Si  par  exemple  la  furface  ou  l'aire  du  (ëéteur  ASM  A 
eft  double  de  celle  du  fecleur  PSNP ,  le  temps  que  la  Planète 
emploîra  à  parcourir  l'arc  A  M  fera  double  de  celui  qu'elle 
emploîra  à  parcourir  l'arc  PN,  Pareillement,  fi  pour  parcourir 
i'arc  AM,  ia  Planète  emploie  deux  fois  plus  de  temps  que 
pour  parcourir  l'arc  PN ,  il  faudra  conclure  que  le  leéleur 
ASM  A  eft  double  du  fedeur  PSNP. 

Secondement,  lorfquepkifieurs  Planètes  font  leur  révolution 
autour  d'un  même  loyer,  les  quarrés  àes  temps  qu'elles 
emploient  à  faire  leur  révolution  font  proportionnels  aux 
cubes  de  leurs  moyennes  didances  de  ce  foyer;  ou  ,  ce  qui 
revient  au  mçme,  les  temps  à^s  révolutii^ns  font  proportionnels 
aux  racines  quarrées  des  cubes  des  diflances  moyennes.  Par 
exemple,  on  fait  que  la  diflance  moyenne  de  Saturne  au 
Soleil ,  eil  environ  neuf  fois  &  demie  piu^  grande  que  celle 


SUR   LES  Comètes,  95 

ée  la  Terre  au  Soleil ,  &  que  la  Terre  fait  fa  révolution  en 
un  an;  on  demande  le  temps  de  la  révolution  de  Saturne» 
Par  la  fuppofition ,  les  dillances  moyennes  de  la  Terre  6c 
de  Saturne  font  comme  i  &  p|-;  le  cube  de  i  eft  i  ,  le 
cube  de  pi  eft  8  57  :  de  ces  cubes  i  ôc  %<yy  /li  faut  extraire 
les  racines  quarrées  :  celle  de  i  eft  i  ;  celle  de  8  57  ell  plus 
de  ap  :  ces  deux  racines  donnent  la  proportion  des  temps 
que  la  Terre  &  Saturne  emploient  à  achever  leurs  révolutions 
autour  du  Soleil  ;  li  la  Terre  emploie  un  an  ,  Saturne  eu 
emploîra  plus  de  vingt -neuf. 

C'eft  à  la  ûi\  de  cette  année  160^  ,  ou  au  commencement 
ide  la  fuivante ,  qu'il  faut  rapporter  l'utile  invention  des 
télefcopes  ou  lunettes  d'approche  ,  &:  leur  application  aux 
obfervations  Aftronomiques.  On  découvrit  par  leur  fècours 
quatre  petites  Lunes  ou  Satellites  qui  tournent  autour  de 
Jupiter;  on  en  a  depuis  découvert  cinq  autour  de  Saturne: 
ies  uns  &:  \qs  autres  font  aflujettis  dans  leurs  mouvemens 
aux  deux  règles  de  Kepler.  C'efl  ainfi  que  [qs  nouvelles 
découvertes  ne  font  que  confirmer  {es  f)''flèmes  fondés  fur  les 
ioix  de  la  Nature,  lorfqu  elles  renverfent  ceux  qui  ne  doivent 
ieur  exiflence  qu'à  l'imagination  des  hommes. 

Kepler  avoit  obfervé  en  1 6^04  une  très-belle  Étoile  qui 
avoit  paru  nouvellement  dans  le  pied  du  Serpentaire.  Cette 
Étoile,  prefque  fèmblable  en  tout  à  celle  de  1572,  n'occa- 
fionna  aucune  révolution  dans  l'Aflronomie.  Une  Comète 
vue  en  1607,  &  deux  autres  qui  fe  montrèrent  en  1(^18, 
attirèrent  l'attention  des  Aftronomes  &  des  Phyficiens.  Kepler 
rendît  compte  au  Public  de  Ces  obfervations  &  de  ks  réflexions 
dans  un  Ouvrage  qu'il  fit  imprimer  en  161^  (n).  Dans 
ie  préambule ,  il  remarque  que  Tycho ,  par  le  fyftème  de 
Copernic ,  habillé  fous  un  extérieur  Ptolémaïcien ,  &:  Mefllin 
par  le  fyflème  Copernicien  pur  &  fimple  ,  avoient  effayc 
d'aflreindre  à  une  orbite  circulaire  les  mouvemens  de  la 
Comète  de  i  577  ;  qu'il  pourroiten  faire  autant  par  rapport 

(n)  De  Coxmtis  libdli  très. 

M  i| 


92        Doctrine  des  Philosophes 

à  celie  de  i  6oy  ;  mais  qu'aiors  il  faudroit  riippofer  que  la 
Comète  va  tantôt  plus  vite,  tantôt  plus  lentement,  qu'elle 
s'arrête  même  ,  &  devient  flationnaire  lorfqu'elie  eft  prête 
de  Te  cacher  dans  les  rayons  du  Soleil;  ce  dont  on  ne  peut 
rendre  aucune  raifon  fatisfaifante  ;  qu'en  conféquence  il  a 
eflayé  d'expliquer  par  un  mouvement  rediligne  les  phéno- 
mènes de  celle  de  1607.  Pour  cela  ,  il  fuppole  dans  le 
premier  Livre  le  mouvement  de  la  Terre  :  la  Comète ,  mue 
eh  ligne  droite,  accélère,  félon  lui.  Ton  mouvement  lelon 
ia  loi  àes  tangentes  d'arcs -de -cercle  croKTans  également  > 
c'eft-à-dire,  que  fi  l'on  trace  un  quart  de  cercle,  dont  ia 
trajeéloire  (0)  de  la  Comète  foit  la  tangente ,  les  parties  même 
de  la  tangente  feront  inégaies  ;  mais  \qs  parties  correipondanies 
du  quart  de  cercle  feront  égales  en  temps  égaux.  Kepler, 
n'ofe  décider  où  doit  être  le  point  d'attouchement  de  cette 
tangente  :  je  ne  vois  pas  même  où  il  prétend  fixer  le  centre 
de  fon  quart  de  cercle.  Eil-ce  fur  la  Terre!  Mais  dans  fon 
fyftème,  qu'a  de  commun  la  Terre  avec  la  Comète  !  Au 
relie ,  il  laille  la  liberté  de  poièr  telle  loi  qu'on  voudra , 
pourvu  qu'elle  foit  régulière. 

Kepler  établit  enhiite  trente  théorèmes  fur  le  mouvement 
réel  d'un  corps  qui  eil  à  une  dillance  de  nous ,  comparable 
à  celle  du  Soleil  à  la  Terre.  La  Terre  étant  perpétuellement 
en  mouvement  ,  doit  néceflairement  communiquer  une 
apparence  de  ce  mouvement  aux  corps  qui  font  à  une  diftance 
d'elle  fenfiblement  finie.  C'efl:  pour  dégager  le  mouvement 
vrai  de  cqs  corps  ,  de  ce  mouvement  optique  &  apparent , 
que  Kepler  a  propofé  ^qs  théorèmes.  Ils  font  bons  pour  la 
plupart;  &  l'on  en  feroit  encore  un  uiage  très-utile,  û  l'on 
n'avoit  pas  découvert  depuis  des  méthodes  plus  faciles  & 
plus  précifes  pour  calculer  le  mouvement  vrai  dQs  Comètes, 
Hévéiius  a  fait  la  critique  (Iqs  théorèmes  de  Kepler  :  il  en  a 
approuvé  plufieurs  ;  il  en  a  perfeétionné    d'autres  ;   il  en  a 


(0)  On  appelle  trajectoire  d'une  Comète ,  la  ligne  ,  foit  droite^  foit  courbe 
qu'elle  décrit  cjans  le  Ciel  par  fon  mouvement  réel. 


s  UR    LE  s    C  0  M  E  T  E  s.  93 

enfin  corrigé  queiques-iins  (p ).  Mais  tous  les  fuppfémens 
&  toutes  hs  correcflîons  ci'Hévéiius  deviennent  égaiement 
inutiles  par  l'invention  dQs  méthodes  dont  je  viens  de  parler. 

Kepler,  par  les  fuppofitions  ,  par  [qs  théorèmes  ,  explique 
affez  bien  le  mouvement  apparent  de  la  Comète  de  1  607. 
H  eft  vrai  qu'on  pourroit  délirer  quelque  choie  de  plus  précis  ; 
&  Kepler  s'en  eft  aperçu  le  premier.  «  En  faifant  quelque 
iéger  changement  dans  cette  hypothèfe  ,  dit-il,  le  tout  s'expli- 
queroit  mieux.  «  C'efl  ce  qu'il  laiife  à  entreprendre  à  quiconque 
aura  afîez  de  temps  à  perdre  pour  calculer  avec  préciiion  le 
chemin  d'une  Comète  qui  ne  doit  plus  revenir.  Kepler  s'efl 
trompé  :  cette  même  Comète  de  1607  a  reparu  en  1682  , 
&  nous  l'avons  obfervée  encore  depuis  en  1755). 

Kepler  explique  enfuite  avec  le  même  fuccès  la  route  dé 
ia  dernière  Comète  de  1  6  i  8  :  il  faut  avouer  en  effet  que 
le  mouvement  reétiligne  eil  bien  plus  propre  à  expliquer 
les  phénomènes  àçs  Comètes  que  tous  \gs  mouvemens  circu- 
laires imaginables.  Ce  mouvement  reéliiigne  cependant  ne 
fàtisfait  pas  pleinement  à  toutes  les  obfervations  :  il  ell  même 
des  cas  où  par  cette  méthode  on  ne  pourroit  rien  expliquer, 

Kepler  conclut  de  ies  obfervations  que  les  Comètes 
traverfent  les  fphères  de  plufieurs  Planètes  ,  &  qu'elles 
peuvent  s'approcher  de  la  Terre  plus  près  même  que  la 
Lune. 

Dans  le  deuxième  Livre ,  Kepler  traite  de  la  Phyfiologie 
àes  Comètes.  Il  croit  que  «  le  Ciel  ell  plein  de  Comètes 
comme  la  mer  l'ell  de  Poiifons  :  on  ne  les  voit  pas  toutes, 
foit  parce  qu'elles  font  trop  éloignées  de  nous  ,  foit  parce 
qu'elles  font  offufquées  par  \qs  rayons  du  Soleil  :  en  confè- 
quence,  elles  ceffent  fouvent  d'être  vues  avant  que  de  ceifer 
d'exifter.  Les  Comètes  ne  font  point  éternelles  ,  comme  l'a 
penfé  Sénèque  ;  elles  font  formées  de  la  matière  célelie.  Cette 
matière  n'ed  pas  toujours  égaiement  pure  :  il  s'y  afîemble 
fouvent  comme  une  elpèce  de  crafle   qui  ternit  l'éclat  du 


,^  (p)   Hevd.  Ccmetogr.  pag.  638  Ù'  feq, 


94        Doctrine  des  Philosophes 

M  Soleil  &  des  Étoiles.  Il  faut  donc  que  l'air  fe  purifie  &  fè 
»»  décharge  de  cette  efpèce  d'excrément  ;  cela  fe  fait  par  le 
»  moyen  d'une  faculté  animale  ou  vitale  inhérente  à  la  fubf^ 
n  tance  même  de  l'éther.  Cette  matière  crafîe  fe  raiïemble 
»  fous  une  figure  fphérique;  elle  reçoit  &  réfléchit  la  lumière 
»  du  Soleil ,  &  elt  mife  en  mouvement  comme  une  Étoile. 
>»  Le  Soleil  la  frappe  par  à^s  rayons  direc1:s  qui  pénètrent  fa 
n  fubflance ,  entraînent  avec  eux  une  partie  de  cette  matière, 
»  &  fortent  pour  former  au-delà  cette  trace  de  lumière  que 
»  nous  appelons  (^ueue  de  la  Comète.  Cette  aélion  des  rayons 
«  folaires  atténue  les  particules  qui  compofent  le  corps  de  ia 
»  Comète,  elle  ies  chafîe,  elle  les  diffipe  :  ainfi  la  Comète 
fe  confume,  en  expirant,   pour  ainfi  dire,   fa  queue». 

Le  refle  de  ce  Livre  efl  indigne  de  Kepler  :  il  y  conclut 
du  fyftème  expofé,  que  la  Terre  peut  traverfer  une  Comète, 
que  li  la  queue  d'une  Comète  touche  la  Terre,  elle  y  doit 
produire  une  pefle  univerfelle.  Kepler  avoue  que  ceci  efl 
rare ,  &  que  ce  qu'il  dit  ici  n'eft  pas  plus  probable  que  les 
rêveries  des  Péripatéticiens  fur  les  effets  dQs  Comètes.  Pour 
expliquer  donc  les  fignifications  des  Comètes ,  il  croit  qu'ii 
faut  avoir  recours  à  une  faculté  animale ,  par  laquelle  la 
Terre  fente  tout  ce  qui  fe  pafTe  de  nouveau  dans  le  Ciel  : 
il  fuppofe  dans  l'homme  un  inflinél  naturel  qui  le  rend 
fenfible  aux  mouvemens ,  à  l'éclat,  à  la  couleur ,  à  la  figure 
de  la  queue  ,  au  lieu  ,  à  tous  les  états  en  un  mot  de  la 
Comète  :  il  veut  qu'on  reconnoifîè  que  la  Comète  efl  mue 
par  quelque  Intelligence  verfée  dans  les  connoiffances  Géo- 
métriques ,  Affcronomiques ,  Géographiques ,  &:c.  II  conclut 

de-là Mais  tirons  plutôt  le  rideau  fur   cette  partie,    & 

fur  tout  le  troifième  Livre ,  dans  lequel  Kepler  s'efforce  de 
prouver  que  tout  ce  qu'il  avoit  prédit  au  fujet  de  la  Comète 
de  1 6oj  n'a  été  que  trop  ponctuellement  accompli ,  & 
annonce  enfuite  les  malheurs  dont  l'apparition  de  celles  de 
1618  menace  l'Univers.  Tout  ceci  ne  prouve  autre  chofè, 
finon  que  le  fommeil  du  bon  Homère  efl  quelquefois  bien 
profond.   Au  refle,  Kepler,  peu  d'accord  avec  lui-même^ 


SUR  LES  Comètes,  95 

ne  fonde  (on  refpeél  pour  i'Aflroiogie  &  la  Cométomantie 
que  fur  la  feule  autorité  du  grand  nombre  :  «  Cela  tiendroit 
du  prodige,  dit -il,  fi  tous  \es  Philofophes  anciens  avoient 
été  dans  l'erreur  avec  tous  ceux  qui  hs  ont  fuivis  ,  &  que  la 
vérité  ne  fe  rencontrât  que  dans  les  raifonnettes  d'une  petite 
poignée  de  Modernes  «. 

Nous  verrons  que  le  vrai  iyflème  du  mouvement  des 
Comètes  efl;  précifément  le  même  que  le  fyllème  général  de 
la  Nature,  découvert  par  Kepler.  Qu'il  lui  fût  venu  dans 
i  efprit  de  l'appliquer  aux  Comètes  ,  cette  première  vérité 
auroit  pu  le  conduire  à  la  connoifiance  même  de  la  nature 
de  ces  Aftres.  Mais  préoccupé  du  préjugé  que  \qs  Comètes 
n'étoient  que  de  fimples  météores ,  il  négligea ,  comme  ii 
en  convient  lui-même,  d'en  bien  étudier  les  mouvemens; 
il  reftaau  milieu  de  la  plus  belle  carrière  qu'il  s'étoit  ouverte 
à  lui  -  même ,  &  laifTa  à  ïes  fuccefleurs ,  dans  l'étude  de  la 
Nature ,  une  partie  de  la  gloire  qu'il  pou  voit  le  réièrver  à 
lui  feuL  Quant  aux  Comètes  ,  il  en  a  déterminé  parfaitement 
le  lieu  ;  il  en  a  expliqué  les  mouvemens  beaucoup  mieux 
que  ceux  qui  l'avoient  précédé ,  &  que  la  plupart  de  ceux 
qui  l'ont  fuivi  ;  il  n'en  a  point  du  tout  connu  la  nature» 
Kepler  mourut  à  Ratifbonne  le  i  5  Novembre   163  i. 

Le  fentiment  de  Kepler  fut  fuivi  par  quelques  Aftronomes 
&:  quelques  Phyficiens,  non  pas  cependant  par  rapport  à  la 
faculté  animale  qu'il  admettoit  dans  la  Terre  &  \qs  Comètes. 
Alphonfe  Zoboli  de  Reggio ,  Ifaac  Habreclh  à  Strafbourg , 
Libert  Fromoiid  à  Louvain  ,  Philippe  Muller  à  Léipfick , 
&  piufieurs  autres ,  dans  les  Ouvrages  qu'ils  firent  imprimer 
en  1 6 1  p  au  fujet  de  la  Comète  qui  venoit  de  paroître  , 
reconnoiiïent  avec  Kepler  que  les  Comètes  font  ordinairejnent 
fupérieures  à  la  Lune ,  &  qu'elles  doivent  leur  génération  à 
quelque  matière  céleite.  Fromond  permet  même  de  prépofer 
une  Intelligence  à  la  conduite  de  la  Comète.  La  précaution 
me  paroît  fage  ;  car  autrement  quel  feroit  le  principe  du 
mouvement,  foit  recliligne ,  foit  curviligne  de  la  Comète! 
Ambrofius  Rhodius  ,   Médecin  de  Wittemberg ,    dans  fou 


96        Doctrine  DES  Philosophes 

Ëcrit  fur  la  même  Comète ,  reconnoît  également  que  les 
Comètes  font  dçs  corps  céieftes  ;  mais  pour  trancher  court 
aux  difficultés ,  il  ajoute  qu'elles  font  des  corps  furnaturels. 
Jeaiî-Baptifle  Cyfat,  né  à  Lucerne  en  Suide,  de  la  Com- 
pagnie de  Jéfus  ,  le  premier  qui  ait  appliqué  le  télefcope  à 
i'obfervâtion  des  Comètes ,  fembia  vouloir  faire  revivre  le 
fentiment  de  Démocrite  ;  félon  lui  ,  une  Comète  eft  un 
aflëmblage  de  plufieurs  corps  qui  reçoivent  leur  lumière  du 
Soleil ,  &  luifent  comme  autant  d'Etoiles  différentes.  C'eft 
ce  que  Cyfat  s'étoit  imaginé  voir  dans  la  Comète  de  161  8, 
&  ce  qu'il  auroit  dû  plutôt  attribuer  ou  à  l'inégale  denfiîé 
de  i'atmofphère ,  ou  au  corps  même  inégal  &.  raboteux  de 
la  Comète.  Jérémie  Horroxius ,  dans  les  Opufcules  imprimés 
à  Londres  en  1 673  ,  pages  j  1 1  &  ^2.1 ,  regarde  le  Soleil 
comme  l'origine  à^s  Comètes.  Selon  lui  \qs  Comètes  s'éloi- 
gnent du  Soleil  en  ligne  droite ,  en  retardant  leur  mouvement 
jufqu'à  ce  qu'elles  deviennent  ftationnaires  :  elles  font  enfuite 
reportées  vers  le  Soleil  par  un  mouvement  accéléré  & 
pareillement  recliligne  ou  prefque  reéliligne  ;  car  Horroxe 
a  cru,  page  ^21 ,  que  ce  mouvement  reèfiligne  étoit  altéré 
par  faétion  du  Soleil  qui  emporte  les  Comètes  autour  de 
lui.  Mais  n'ayant  point  eu  d'occafion  d'obferver  à^s  Comètes, 
il  n'a  ni  détaillé  ,  ni  éclairci  fufîifamment  le  fyftème  qu'il 
avoit  imaginé  fur  leur  nature  &  leur  mouvement. 

Depuis  la  découverte  d'Appien  ,  \qs  plus  habiles  Aflro- 
nomes ,  les  Phyficiens  les  plus  éclairés ,  avoient  cru  que  les 
Comètes  recevoient  leur  lumière  du  Soleil  :  il  plut  à  quelques- 
uns  de  reffufciter  l'ancien  fyflème.  En  effet,  les  Chaidéens, 
félon  Snellius,  avoient  déterminé  la  nature  des  Comètes  fur 
d^s  obfervations  bien  plus  parfaites  &  bien  plus  multipliées 
que  les  nôtres  (q).  En  conféquence,  Willebrord  Snellius, 
Profeffeur  de  Mathématiques  à  Leyde  ;  Chrétien  Sévérini, 
plus   connu   fous  le    nom    de    Longomontan  ,   difciple   de 


((l)   Semll.  Defa:  Corn.  ann.  1618,  cap.  VIII. 

Tycho 


w($ R  LES  Comètes,  97 

Tycho ,  Profefleur  de  Mathématiques  à  Copenhague  frj , 
Sl  Godefroi  Wendelin ,  Chanoine  de  Condé  ffj,  rendirent 
aux  Comètes  la  lumière  propre  dont  les  Péripatéticiens  eux- 
mêmes  les  avoient  dépouillées.  Selon  Snellius  ,  le  Soleil 
jette  fans  cefle  hors  de  lui  des  exhalaifbns ,  des  elpèces  de 
fumofités;  ceflce  qui  forme  la  matière  des  taches  du  Soleil 
&  des  Comètes  :  il  faut  cependant  que  les  exhalaifbns  qui 
forment  les  taches  foient  moins  pures  «Se  plus  opaques  que 
celles  qui  produilènt  les  Comètes.  AVendelin  eft  à-peu-près 
dans  le  même  lentiment.  Celui  de  Longomontan  efl:  que 
les  Comètes  &  les  Étoiles  nouvelles  ont  la  même  géne'ration. 
Leur  matière  ejlcélefle  ;  leur  lieu  toujours  au-dejfus  de  la  Lune  : 
Kepler  a  eu  tort  de  dire  quelles  pouvoient  paroître  au-deffous  ; 
puifquil  n'étoit  appuyé  d'aucune  obfervation.  (  Kepler  a  dit 
que  les  Comètes  pouvoient  deicendre  au-deiïbus  de  la  Lune, 
parce  que  e'étoit  une  fuite  néceflaire  de  fon  fyllème ,  &  que 
d'ailleurs  il  ne  voyoit  pas  la  moindre  caufe  phyfique  qui 
s'y  oppofât  :  &  Kepler  avoit  rai  fon  ).  Selon  Longomontan, 
îa  caufe  efficiente  des  Comètes ,  après  Dieu ,  doit  être  établie 
dans  les  divers  afpeâs  des  Planètes ,  &  fur -tout  de  Mars  &. 
de  Mercure  ;  leur  matière  efl  celle  de  la  voie  laâée  ;  enfin 
leur  lumière  leur  efl  naturelle. 

Hévélius  paroît  avoir  eu  en  1^19,  un  précurfèur  de  fbn 
fentiment  fur  la  nature  des  Comètes ,  en  la  perfbnne  de 
Jean  -  Camille  Gloriofo  ,  ProfefTeur  de  Mathématiques  à 
Padoue.  Au  jugement  de  Gloriofo  ,  les  Comètes  font 
formées  des  exhalaifons  de  toutes  les  Planètes ,  &  reçoivent 
ieur  lumière  du  Soleil  (t). 

Je  ne  puis  omettre  ici  un  Mathématicien  célèbre  par  la 
multitude  de  ies  découvertes,  d'un  efprit  prompt  à  faifir  le 
vrai ,  accufé  néanmoins  d'un  peu  trop  d'ardeur  à  s'attribuer 
exclufivement  les  découvertes  de  ies  Contemporains  (u).  Je 


(r)  AdcalcemAfironomiœ  Danîcœ> 
(f)    In  Teratologia  Cometica. 
(t)   Gloriof.  Dijfert,  AJlrojnomicO' 


Tm^  /• 


ru)  Le  Télefcope  ayant  été  inventé 
en  Hollande,  Galilée  prétendit  avoir 
découvert  le  fecret ,  après  avoir  eu 


Phyfica  de  Cometis,  \  cependant  avis  de  la  découverte  ;  ce  qui 


N 


^8        Doctrine  des  PffTLûsmhHES 

parie  du  fameux  Galilée.  Il  ne  croyoit  pas  que  l'argument  tiré  Je 
ia  parallaxe  fût  décifif  pour  déterminer  le  lieu  des  Comètes  fxj. 
il  y  a  des  météores  dans  iefquels  on  ne  remarque  aucune 
efpèce  de  parallaxe  ,  tels  que  font  les  iris  ,  les  couronnes 
ou  halons ,  les  parhélies  ,  en  un  mot  tous  les  phénomènes 
qui  ne  doivent  leur  exillence  qu'à  la  réflexion  des  rayons 
folaires  ou  planétaires  réfléchis  dans  un  milieu  d'une  certaine 
étendue.  Qu'il  me  ioit  permis  de  dire  à  Galilée  que  Tycho, 
Meftlin ,  Kepler ,  &:c.  favoient  fort  bien  cela.  Si  on  leur  eût 
propofé  cette  objeélion  puérile ,  ils  auroient  répondu  que  de 
tels  météores  font  aflreints  à  une  pofition  toujours  déterminée 
à  l'égard  de  l'Aftre  qui  les  produit ,  &  qu'il  y  a  auiant  d'iris 
&  de  parhélies  que  de  fpectateurs  ;  ce  que  l'on  ne  peut  pas 
dire  des  Comètes  ;  qu'ainli  l'argument  qu'ils  tiroient  de  la 
parallaxe  étoit  déciiif  par  rapport  aux  Comètes.  Lorfqu'ils 
prouvoient  que  les  Comètes  étoient  fupérieures  à  la  Lune,  ils 
avoient  déjà  pofé  pour  principe  que  les  Comètes  exifl:oient 
réellement ,  Se  non  pas  fimpiement  en  apparence  ,  comme 
les  halons ,  les  iris  &  autres  météores  lèmblables.  Galilée 
prétend  renverfer  l'argument  tiré  du  mouvement  propre  des 
Comètes ,  en  faifant  remarquer  que  ce  mouvement  efl;  un 
peu  irrégulier.  Il  n'y  a  qu'à  admettre  le  mouvement  de  la 
.Terre,  comme  Galilée  étoit  tenté  de  le  faire ,  &  comme  il  l'a 
fait  réellement  depuis  ,  le  mouvement  des  Comètes  s'expliquera 
par  une  orbite  très-régulière.  De  plus  ,  quand  le  mouvement 
feul  ne  prouveroit  rien,  le  mouvement^  joint  au  défaut  de 
parallaxe,  forrneroitùn  argument  démonfl:ratif.  Galilée  détruit 
encore  quelques  autres  preuves  femblables  ,  &  décide  enfirt 
qu'il  efl:  probable  que  les  vapeurs  terreflres  s'élèvent  en  droite 


elt  tves-poliible  :  il  s  en  lervjt  aulïitot,  [  aperçu  le  premier  les  taches  duboieil. 

j&  découvrit  ies  Satellites  de  Jupiter.  1  /^xj  Cette  expofition  efl;  tirée  du 
Simon  Marias  les  découvrît  auiïi  Difcours  fur  les  Comètes .  Drononcé 
dans  le  même  temps  :  Galiiée  fit  tous 


ïes  efforts  pour  le  dépouiller  de  cette 
gloire.  Il  ell:  difficile  d'excufer  Galilée 
de  plagiat  vis-à-vis  de  Chriftoplie 
^ehôiner^  Jéfuite  Aiienî^nd^-guiavoit 


par  Mario  Guiducci  dans  l'Académie 
de  Florence  en  lôip.  Galilée  paffe 
pour  Auteur  de  ce  Difcours  :  il  a 
depuis  adopté  cette  même  expofition 
dans  Ton  premier  Dialogue. 


SUR  LES  Comètes.  99 

ligne ,  qu'elles  fe  raflèmbleiit,  &  qu'elles  continuent  Je  s'éloi- 
gner toujours  de  nous  par  un  mouvement  toujours  égal  &. 
rediligne.  Q'eù. ,  à  très-peu  près ,  le  fentiment  de  Kepler. 
Le  changement  que  Galilée  y  fait  n'efl;  pas  en  mieux.  Je 
ne  dirai  pas  que  ce  Mathématicien  admettant  l'immobilité 
de  la  Terre ,  il  fuivra  de  Ton  hypothèlè  que  la  Comète  doit 
être  emportée  dired;ement  au  Zénith  du  lieu  qui  Ta  formée, 
Galilée  fent  la  difficulté;  il  faudroit  admettre  la  rotation  de 
la  Terre  ;  ttiûis  je  n'ofe  ,  dit-il.  Je  dirai  feulement  que  le 
iyflème  de  Galilée  eit  contraire  à  la  Phyfique  &  à  l' Agro- 
nomie ;  à  la  Phyfique ,  parce  que  ,  comme  nous  l'avons  déjà 
remarqué  ,  les  èxhalaifons  de  la  Terre  ne  fuffifent  point  pour 
former  un  corps  aulTi  gros  que  doit  l'être  celui  d'une 
Comète;  à  l'Aftronomie,  parce  qu'un  corps  qui  s'éléveroit 
perpendiculairement  de  la  Terre  ,  ne  pourroit  paroître  décrire 
dans  le  Ciel  qu'un  quart  de  cercle  par  Ion  mouvement  propre  : 
or  il  y  a  des  Comètes  qui  décrivent  en  peu  de  jours  un 
demi-cercle  Se  au-delà.  Donc  Galilée  n'a  fait  que  gâter  le 
iyflème  de  Kepler. 

Pierre  GafTendi,  né  à  Chanterfier  près  de  Digne,  le  22 
Janvier  1592,  ne  fe  déclara  pas  l'adverfaire  du  Péripatétifme 
fur  les  queflions  Aflronomiques  feulement  :  il  en  entreprit 
ia  deitruélion  entière  ;  il  l'attaqua  fur  tous  les  points  de  la 
Phyfique.  On  peut  le  regarder  même  comme  le  précurfeur 
de  Newton,  entant  que,  rétablilTantle  vide,  il  rendit  les 
mouvemens  célefles  pofTibles.  Il  fuivit  le  fentiment  de  Kepler 
flir  le  lieu  &  le  mouvement  reéliligne  à^s  Comètes  ;  fur  leur 
nature,  il  réfuta  les  opinions  des  autres  ,  &  ne  décida  rien; 
c'étoit  affez  la  méthode  de  fon  maître  Épicure.  Après  avoir 
rapporté  les  paroles  (y)  dont  Sénèque  fe  feit  pour  exprimer 
i'efpérance  qu'il  conçoit  que  la  nature  à^S)  Comètes  fera  quel-, 
que  jour  parfaitement  connue:  «  Ces  paroles  n'expriment  qu'un 
fimple  defir  ,  dit  Gafîendi  (1)  ;  il  n'efl  pas  probable  qu'il  y  ait  <« 


(y)   Nous  avons  rapporté  ces  paroles  vers  la  fin  du  chapitre  iv» 
(l)  Phyf,  fed;.  u,  lib.  V,  cap.  I,  tom,  I  opmm. 

N  il 


100      Doctrine  des  Philosophes 

»  jamais  un  fiècle  aflez  heureux  pour  qu'il  ne  refle  pas  toujours 
un  tel  fouhait  à  former.  »  Ce  fiècie  heureux  n  étoit  pas  fi 
éloigné  que  Gaiïendi  le  penfoit. 

Mais  le  plus  grand  fervice  que  Gaffendi  a  rendu  à  l'Aflro- 
nomie-cométaire,  a  été  de  la  dégager  des  vaines  fu perditions; 
des  ridicules  vifions  de  l'Aflrologie  &  de  la  Cométomantie. 
Avant  lui  ,    les  plus  grands  efprits  n'avoient  pu  fe  garantir 
de  la  contagion  ;  Régiomontan  ,  Appien  ,  Cardan  ,  Tycho , 
Meitlin  ,   Kepler  ,   Longomontan ,   avoient  été  Allrologues 
ou  du  moins  Cométomantiens.  Depuis  Gaflendi  ,    à  peine 
trouve-t-on  quelques  vertiges  de  cette  ilkifion  ;  du  moins  il 
ne  faut  pas  les  chercher  dans  les  Écrits  des  grands  Hommes 
dont  il  nous  refle  à  parler  :  l'erreur  étoit  ancienne  ,  invé- 
térée,  générale  Gaffendi;  la  terraffa  par  des  raifonnemens 
bien  fimples  :  «  Je  ne  puis  concevoir,  difoit-il  (a),  quei 
«  enchantement   fafcine   l'efprit    des   hommes  :   fi  les   années 
»  n'étoient  ftériles,  fi  nous  n'étions  affligés  de  la  famine,  û  la 
M  pefle  n'exerçoit  ks  affreux  ravages,  fi  la  guerre  ne  dépeuploit 
35  nos  provinces  ,  fi  nous  n'étions  obligés  de  céder  la  vidoire 
35  à  nos  ennemis  ,   fi  la  mort   ne    nous    enlevoit   nos   Princes 
3ï  qu'après  l'apparition  de  quelque  Comète,  on  pourroit  ajouter 
35  jfoi  aux  prédidions  des  Aftrologues;  mais  foit  qu'il  paroiffe 
>i  des  Comètes,  foit  qu'il  n'en  paroifîë  pas,  \es  mêmes  évène- 
»>  mens   fe   fuccèdent.    Pourquoi   donc   rapportons  -  nous   ces 
3>  évènemens  aux  Comètes,   foit  comme  fignes,  ibit  comme 
»  caufes,  foit  fous  l'un  ik  l'autre  titre!  De  plus,  fi  les  Comètes 
?î  n'avoient  aucun  mouvement,  fi  elles  étoient  toujours  fufpendues 
»  au-defl'us  de  la  même  maiion ,  de  la  même  ville ,  de  la  même 
35  province;  fi  la  défaite  d'une  armée  pouvoit  fe  féparer  de  ia 
y»  vidoire  de  l'armée  ennemie;  fi  ce  qui  fait  la  perte  de  celui-ci 
s»  n'opéroit  point  en  même  temps  fa  félicité  de  celui-là;  fi  les 


(a)  Gajf.  loco  citatQ ,  cap.  Illy 
3Dès  Tan  1578,  Fr.  Sanchez ,  Phi- 
îbfon'ie  c\  Dndeur  en  Méderine , 
avoît  fait  imprimer  à  Lyon  un  Poëmc 
latin  ;  dans  lequel^  à  i'occafion  de 


îa  Comète  obfcrvée  l'année  précé-- 
dente  ,  il  réfute  fortement  les  Con  é- 
tomantiens&  même  les  A  Urologues 
judiciaires  :  ^t^  raifons  font  à  peu-près. 
\%i  mêmes  quf  celles  de  Gaffendi* 


SUR  LES  Comètes.  ioi 

Rois  feuîs  moiiroient,  &  que  les  corps  céieftes  euflent  plus  « 
de  rapport  avec  les  Grands  de  la  Terre  qu'avec  la  populace  ce 
la  plus  abjeéle  ,  les  prédirions  fondées  fur  Tappariiion  de  « 
ces  fortes  de  phénomènes  ,  feroient  lans  doute  fpécieufes:  « 
mais  les  Comètes  parcourent  plufjeurs  royaumes  &  même  la  « 
iTerre  entière;  le  malheur  d'un  feul  homme  ou  d'un  peuple  « 
entier ,  eft  ordinairement  la  fource  du  bonheur  d'un  autre  « 
Iiomme  ou  d'un  autre  peuple  ;  la  mort  quitte  le  palais  des  « 
Rois  ,  pour  frapper  le  pauvre  en  fa  cabane  ;  le  choix  de  la  « 
.victime  qu'elle  doit  immoler  ,  dépend  de  caufes  naturelles  u 
abfolument  étrangères  à  ce  qui  ie  palTe  dans  le  Ciel.  Pourquoi  ce 
regardons -nous  donc  les  Comètes  comme  cruelles,  funeftes,  ce 
terribles ,  plutôt  que  de  les  appeler  douces  ,  bienfaifantes ,  ce 
aimables?  Oui,  les  Comètes  iont  réellement  effi'ayantes ,  «t 
mais  par  notre  fottife  :  nous  nous  forgeons  gratuitement  des  « 
objets  de  terreur  panique  ;  &  non  contens  de  nos  maux  réels,  ce 
nous  en  accumulons  d'imaginaires.  Afais  Dïeu  ne  peut-il  pas ,  « 
dites -vous  ,  fe  fervir  des  Comètes  pour  nous  avertir  de  [es  ce 
yolontés  !  Oui  ,  fans  doute ,  il  le  peut  ;  mais  qui  vous  a  ce 
révélé  qu'il  le  faifoit  \  Vous  fondez-vous  fur  un  autre  prin-  ^^ 
cîpe  que  fur  celui  de  la  préfomption  dont  nous  fommes  «« 
enflés  ,  &  qui  nous  perfuade  que  nous  méritons  que  Dieu  ce 
s'épuife  en  notre  faveur  en  prodiges!  Car  enfin,  efl-ce  «« 
Dieu  qui  vous  a  déclaré  que  fi  le  mouvement  de  la  Comète  c« 
eft  vers  l'occident  ,  vous  devez  craindre  les  ennemis  du  ce 
dehors;  ceux  du  dedans  au  contraire,  fi  la  Comète  fe  meut  c« 
dans  un  fens  oppofé  ?  Eft-ce  fa  parole  qui  a  inflruit  les  c» 
Princes  qu'ils  avoient  tout  à  craindre  d'une  Comète  ,  lorf^  « 
qu'elle  paroiffoit  dans  un  figne  matutinal  qui  avoit  préfidé  c« 
à  leur  horoicope  !  Efl-ce  fur  fa  vérité  que  mille  inepties  de  «j 
cette  eipèce  font  appuyées  !  «  Ces  raifonnemens  paroiffent 
bien  naturels  ;  je  ne  m  etonnne  pas  qu'ils  aient  fait  impreffion  : 
je  iuis  plus  furpris  qu'il  ne  fe  Ibit  pas  trouvé  plus  tôt  un 
Gafîèndi  capable  de  les  piopoSer  6c  de  les  faire  admettre. 
Gaiïendi  fut  Profefieur  de  Réthorique  à  Ligne,  à  l'âge  de 
leize  ans  ;  trois  ans  après ,  Proieileur  de  Phiiofophie  à  Aix  ,^ 


102      DûcfRiNE  DES  Philosophes 

énfuite  Chanoine  de  l'égfife  de  Digne,    enfin  Profefîeur  aif 
Collège  Royal  :  il  mourut  à  Paris  le  24  Octobre  i  <^5  5. 

Le  nom  feul  de  Defcartes  attire  nos  refjDeifls  :  je  n'entre- 
prendrai point  de  flétrir  les  lauriers  qui  couronnent  le  front 
de  cet  excellent  Philofophe  ,  lauriers  qu'il  a  û  juilement 
mérités  par  l'exaélitude  de  fa  Méthode ,  par  la  fubi imité  de 
fa  Géométrie ,  &  fur-tout  par  le  grand  exemple  qu'il  nous  â 
iaiffé  de  penfer  par  nous-mêmes  ,  &  de  n'admettre  hs 
âpophthegmes  de  ceux  qui  nous  ont  précédés  ,  qu'autant 
que  nous  les  trouvons  conformes  à  l'expérience  ou  à  la  laine 
l'aifon.  Le  Syftème  du  Monde  qu'il  a  imaginé  ,  efl  faux 
dans  prefque  toutes  ks  parties  ;  il  a  cependant  quelque  chofe 
de  grand ,  de  noble ,  de  féduiiant.  Defcartes  a  fait  de  l'Univers 
une  machine;  il  a  eu  raifon  :  le  Monde  &  les  mouvemens 
des  corps  qui  le  compofent  ,  font  fondés  fur  des  loix  de 
Mécanique  ,  &  non  point  fur  des  entités  imaginaires  de 
Métaphyfique.  Les  raifonnemens  de  Defcartes  font  ordinai- 
rement exaéls  ;  mais  les  principes  fur  lefquels  ils  font  appuyés 
ne  font  pas  toujours  bien  folides.  Delcartes  n'étoit  point 
Aflronome  :  il  fut  obligé  de  lier  les  Comètes  à  fon  fyftème  ; 
il  le  fit  par  une  hypothèfe,  plus  ingénieufe  à  la  vérité ,  mais 
aufïï  contraire  que  celle  d'Ariflote  aux  loix  de  la  Phyfique 
&  aux  obfervations  de  l'Aflronomie.  Selon  lui ,  les  Comètes 
&  les  Planètes  ont  été  autrefois  Aqs  Soleils  ;  les  Etoiles  fixes 
ie  font  encore.  Les  Etoiles  fixes,  en  conféquence,  peuvent 
contraéler  d^s  taches  ainfi  que  le  Soleil  :  fi  ces  taches  s'accu- 
mulent de  manière  à  former  une  croûte  continue  autour  du 
corps  de  l'Étoile,  cette  Étoile  ceife  d'être  Soleil  (  cela  efl 
certain  )  ;  elle  n'a  plus  la  force  de  conferver  le  centre  de 
fbn  tourbillon ,  qui  eft  abforbé  par  les  tourbillons  voifms. 
(  Pourquoi  cela  !  La  force  de  faire  tourner  un  tourbillon: 
autour  de  foi  efl  indépendante  de  la  lumière ,  comme  if 
pafoît  par  l'exemple  de  la  Terre,  de  Jupiter  &  de  Saturne  ). 
Cette  Étoile  ayant  perdu  fon  tourbillon  ,  elt  emportée  çà 
&  là  par  les  tourbillons  voifms  ;  elle  erre  de  tourbillon  en 
tourbillon  ,  Jufquà  ce  quelle  devienne  Planète  de  quelque 


'       SUR   LES    Comètes.  103 

Soieli  ,  ou  jufqu'à  ce  que  fa  croûte  étant  diffipée  ',  elle 
reprenne  (on  premier  état  &  fe  forme  un  nouveau  tourbillon. 
Toutes  les  parties  de  cette  explication  font  démenties  par  les 
îoix  mêmes  du  mouvement  propofées  par  Dekartes ,  par  les 
phénomènes  du  mouvement  de  toutes  les  Comètes  oblèrvées 
jufqu'à  ce  jour  ,  enfin  par  leurs  retours  ,  démontrés  pério- 
diques. Delcartes  a  hafardé  ce  fyftème  ;  s'il  eût  été  Ailronome, 
il  ne  l'eût  pas  fait  :  aufîi  tous  les  Cartéfiens  Adronomes  ont 
abandonné  Defcarîes ,  fur  ce  qui  regarde  la  formation  &  le 
mouvement  à^s  Comètes. 

Dans  les  temps  dont  je  viens  de  tracer  l'hifloire,  on  inventa 
quelques  nouvelles  opinioiis  :  ainfi ,  un  Nicolas  Cabée  ima- 
gina que  \^s  Cieux  de  la  Lune  &  â^s  Etoiles  fixes  étoient 
ÎquU  foiides,  &  que  ceux  des  Planètes  étoient  fluides:  ainfi, 
un  Blaile  de  Vigenère  fe  figura  que  les  exhalaifons  terrefires 
alloient  fe  faire  cuire  au  Soleil  avant  que  de  devenir  Comète, 
un  Valdérama ,  Auguflin  Eipagnol,  rêva  que  c'étoit  les  malins 
efprits  ou  les  démons  ignéens ,  qui  ra(fèmbloient  la  matièi'e 
Àes  Comètes  pour  effrayer  les  hommes.  Il  y  eut  encore  beau- 
coup de  Péripatéticiens  ,  léls  que  Jean-Baptifte- Venant  Baffo, 
Médecin  Italien;  Simon  Grynée ,  Barthélemi  Keckermann, 
Profeiièur  de  Philofophie  à  Danîzick;  Fortunius  Lkéîus,  Sci- 
pion  Chiaramonti,  &:e.  Ce  dernier  ne  vouloit  rien  réformer 
dans  le  fentiment  ancien  ;  il  tenta  de  s'iliufirer  en  attaquant 
Tycho,  Galilée,  Rothmann,  Kepler,  Gloriofo,  en  un  mot 
tous  ceux  qui  pouvoient  alors  avoir  quelque  réputation  ^ 
jufqu'à  Fortunius  Licétus  lui-même:  il  nioit  les  faits,  il  défi- 
guroit  les  principes  ;  les  conféquences  les  plus  abfurdes  ne 
i'effrayoient  point.  Auffi  ,  comme  le  dit  parfaitement  biefi 
jVl.  de  Montucla  ,  en  parlant  à^s  découvertes  de  Tycho  : 
*t  Les  oppofition^  qu'y  mirent  de  lerviles  Péripatéticiens, 
tels  qu'un  Claramonti,  un  Bérigard,  &c.  ne  firent  que  mettre  ,; 
dans  un  grand  jour  leur  ignorance  &.  leur  peu  d'amour  pour  « 
ja  vérité  ( b  ).  « 


(bj   Montucia^  Hift.  des  Mathém.   /K"/  partie,  livre  ViSi, 


Ï04      Doctrine  des  Philosophes 

Durant  tout  cet  intervaiîe  de  temps ,  c'ell-à-dire  Jepiifs 
î  572  julqueii  1652,  je  n'ai  trouvé  que  trois  veftiges  de 
i'opinioii  de  Sénèque.  Thomas  Fiène,  Profefleur  de  Médecine, 
de  l'Académie  de  Louvain  ( c) ,  penchoit  beaucoup  pour  ce 
iyftème;  ii  ne  le  trouvoit  point  du  tout  abfurde,  il  l'appuie 
nicme  par  d'aifez  bonnes  raifons;  cependant,  il  aime  mieux 
avouer  qu'il  ignore  le  myftère  de  la  nature  des  Comètes. 
D'ailleurs  ,  il  n'eft  point  parti(àn  de  i'Aflrologie ,  non  plus 
que  Ton  ami  Libert  Fromond ,  dont  nous  avons  parlé  ci- 
àQ^ïws  :  celui-ci  convient  cependant  que  la  Comète  de  1 6 1  8 
a  annoncé  &  doit  opérer  un  grand  défaftre,  la  ruine  entière 
de  la  Phiiofophie  d'Ariftote.  C'efl;  la  leule  prédiélion ,  fondée 
fur  les  apparitions  des  Comètes ,  qui  ait  été  bien  certainement 
accomplie. 

Érycius  Putéanus ,  ProfefTeur  de  Belles-Lettres  dans  i'Unî- 
verfité  de  Louvain,  &c.  fit  imprimer  en  16 ip  un  Écrit  fur 
cette  même  Comète  :  félon  lui ,  les  Comètes  iont  des  corps 
céleftes ,  permanens  ,  réfléchilTans  la  lumière  du  Soleil  ;  en 
un  mot,  elles  font  de  vraies  Planètes  &  ne  préfagent  rien. 
Nicolas-Claude  Fabrice  de  Peirefc,  Confeiller  au  Parlement 
de  Provence ,  fut  prefque  perfuadé ,  félon  le  témoignage  de 
Gaflendi  fJJ,  que  le  mouvement  de  la  Comète  de  161 8, 
avoit  été  reétiligne.  Cependant ,  afîuré  que  cette  Comète 
n'étoit  pas  produite  par  des  exhaia,ilbns  terreflres,  il  ne  put 
fe  perfuader  qu'elle  fût  comme  vomie  par  le  Soleil  ,  ou 
formée  par  les  parties  de  féther  :  il  embralîa  plus  volontiers 
l'opinion  de  Sénèque  ;  mais  la  perfuafion  où  il  étoit  que  le 
Monde  e(t  fini ,  lui  fit  trouver  cette  opinion  bien  dure.  Il 
(e  contenta  donc  d'admettre  ce  que  les  ob/ervations  démon- 
troient,  que  la  trajeéloire  de  la  Comète  étoit  fort  fupérieure 
à  l'orbite  de  la  Lune  :  Peirefc  ,  né  en  1580,  ell  mort 
en  1^37. 

^ej   Thom,   Fien,  Ù"  Lib.  From.  de  Ccmeta  O-n,  16 1 8, 
(d)   Cajf.  in  vita  Peîreskii ,  lib.  III,  tom.  V  operum, 

CHAPITRE  yiL 


CHAPITRE 

Comètes  de  16^2,  1664  f  166 j.  Seîh  Ward  en 
Angleterre,  Pierre  Petit  en  France ,  Jean-Dominique 
Caffmi  en  Italie ,  rétablijfent  le  fyjlème  d'Apollonius 
de  Mynde  fur  la  nature  des  Comètes, 

J_jA  Comète  de  fan  i6<^2,  quoiqu'égale  en  grandeur  au 
Soleil,  dans  \es  premiers  jours  defon  apparition,  ne  produifit 
que  peu  de  DilFertations  :  je  parlerai  plus  bas  de  celle  de 
Caffini.  Jean  Tackius  ,  Médecin  à  Darmftat ,  crut  qu'elle 
étoit  lurnaturelle  ,  &  qu'elle  pronoftiquoit  les  plus  grands 
malheurs  :  il  expofa  fon  fentiment  &  Çqs  frayeurs  dans  uit 
Ouvrage  qu'il  intitula,  Cœli  Anomalon  ,  c'elt-à- dire  ,  je 
penfe ,  Le  dérèglement  des  Cteiix,  Seth  Ward  ,  alors  Profeileur 
d'Ailronomie  à  Oxford,  depuis  Do6leur  en  Théologie,  & 
fucceflivement  Évéque  de  Salifburi  &  d'Excefler,  fit  imprimer 
en  1653  à  Oxford ,  un  petit  Traité  fur  cette  Comète  :  il 
entre  dans  l'examen  de  la  nature  àts  Com.ètes  en  général;  il 
réfute  très  -  folidement  le  fentiment  de  Defcartes  ,  fondé 
principalement  fur  ce  qu'on  n'a  jamais  vu  d'Etoiles  dilparoitre 
avant  l'apparition  des  Comètes  ;  il  décide  que  les  Comètes  » 
auffi  anciennes  que  le  Monde ,  font  leur  révolution  dans  àes 
cercles  fort  excentriques  à  la  Terre  ,  dont  la  concavité  ou  la 
convexité  peut  être  indifféremment  tournée  vers  nous.  Je 
parlerai  de  ce  lyftème  en  parlant  de  Caffini ,  qui  i'embraffà 
à  peu-près  dans  le  même  temps, 

La  Comète  qui  parut  à  la  fin  de  1 664  &  au  commencement 
de  I  66  5  ,  &  celle  qui  lui  fuccéda  auffitôt ,  dès  le  mois  d'Avril 
166^,  firent  beaucoup  plus  de  fenfation  ;  elles  occalionnèrenî 
un  nombre  infini  d'Ecrits ,  de  Traités  ,  de  Differtations ,  à^ 
Conférences,  d'Éphémérides,  deSyflèmes,  &.c.  Dès  le  10 
Janvier  1665  ,  il  fe  tint  à  ce  fujet  une  grande  aflemblée 
Tome  L  O 


io6      Doctrine  des  Philosophes 

extraordinaire  au  collège  de  Ciermont ,  appelé  depuis  collège 
de  Louis-le-Grand  :  la  féance  efl  ouverte  par  ia  défenfe  du 
fyilème  de  Démocrite  ;  le  P.  d'Arrouis  prétend  ,  avec  cet 
ancien  Phiioiophe ,  que  les  Comètes  font  des  amas  de  petites 
Planètes ,  qui  deviennent  fenfibies  par  leur  conjonélion.  Gilles 
Perfonne  de  Roberval,  prend  la  parole  pour  prouver  que  les 
Comètes  font  àQs  cxhalaifons  de  la  Sphère  élémentaire,  qui 
forment  une  longue  traînée  ;  &  que  ,  le  feu  courant  d'un 
bout  à  l'autre ,  la  Comète  paroît  avoir  un  mouvement  propre. 
Pheiippeaux,  Médecin  Allemand,  fe  déclare  pour  l'opinion 
de  Defcartes.  Enfin  le  P.  Jacques  Grandami  explique  fon 
fyftème,  tel  qu'il  i'avoit  imaginé  àhs  l'an  1618  :  il  confifte 
à  dire  que  les  Comètes  font  des  parties  du  Ciel  condenfées 
par  fadion  à^s  Aflres ,  que  leur  mouvement  propre  venoiî 
des  Ailres  qu'elles  fuivoient ,  &  qu'elles  étoient  détruites  ou 
par  i'adion  de  quelques  autres  Aftres ,  ou  par  la  celfation  de 
i'aélion  à^s  premiers  :  la  conférence  fe  fépare  enfuite  fans 
rien  décider»  Si  le  temps  l'eût  permis,  le  P.  Garnier  (è  pro- 
pofoiî  d'apprendre  au  Public  que  les  Comètes  font  compofées 
de  feux  renfermés  dans  l'air ,  prefque  de  ia  même  manière 
que  l'air  renfermé  dans  l'eau  forme  des  bouteilles.  Pierre 
Petit  nous  apprend  (a)  qu'il  auroit  affifté  à  cette  conférence 
s'il  en  eût  été  averti  :  il  auroit  propofé  fans  doute  le  vrai 
fyftème  d'Apollonius.  J'ai  tiré  le  précis  de  cette  conférence 
du  Journal  des  Savans  de  la  même  année. 

11  paroît  que  Roberval  àvoit  un  peu  mitigé  fon  fentiment  i 
car  en  i  644  il  avoit  donné  au  Public  un  ouvrage  félon  les 
principes  duquel  la  Terre  animée  attiroit  l'air,  &  rejetoit  les 
vapeurs  &  les  exhalaifons  qui  pou  voient  lui  nuire  ;  c'étoit  aux 
plus  fubtiles  de  ces  exhalaiions  que  nous  étions  redevables 
de  ia  formation  des  Comètes.  Pour  accréditer  ce  fyflème, 
Roberval  s'étoit  cru  permis  de  le  publier  fous  le  nom  d'Arii^ 
tarque  de  Samos  ,  dont  l'original  Grec  étoit  perdu  ,  mais  dont 
on  avoit  recouvré ,  difoit-il ,  un  manufcriî  Arabe. 


(a)    Petit j  Dijfertationftir  les  Comètes, 


SUR  LES  Comètes.  107 

La  conférence  du  collège  de  Ciermont  donna  iieu  à 
quelques  Ecrits.  Un  anonyme,  dans  un  Ouvrage  intitulé, 
i'Efpiit  du  Sage  informé ,  &c.  critiqua  avec  beaucoup  de 
juftellë  &  d'amertume  les  fentimens  de  tous  ies  Aéleurs  de 
ia  conférence  :  mais  il  ne  fe  montra  pas  plus  fagé  qu'eux, 
en  prétendant  que  ies  Comètes  doivent  leur  exiilence  aux 
exhalailons  que  le  Soleil  élève  ou  attire  du  corps  de  toutes 
ies  Planètes  ;  &  que  ces  exhalailons  s'alTeniblanî  en  un  globe , 
&  s'embrafant ,  le  feu  fe  fait  ouverture  au  lieu  le  plus  foible, 
d>L  enflamme  l'air  groffier  qui  e(l;  au-delà.  11  eil  plus  fage , 
lorfqu'il  décide  que  ies  nouvelles  Etoiles  ont  toujours  fubfifté, 
mais  qu'elles  (ont  environnées  d'un  nombre  prodigieux  de 
Planètes ,  qui  nous  en  dérobent  prefque  continuellement  la 
vue  :  cela  ne  feroit  point  impoffible.  Cet  Auteur  eft  Coper- 
nicien ,  &  ne  fe  montre  pas  ami  d'Arillote. 

Jean-Baptifte  Denis ,  Médecin ,  publia  la  même  année  un 
Traité  ou  Difcours  fur  les  Comètes.  îi  y  réfute  les  fentimens 
propofës  dans  ia  conférence ,  excepté  celui  de  Defcartes ,  ou 
du  Médecin  Allemand  qu'il  s'efforce  de  mettre  dans  un  point 
de  vue  tolérable.  Erafme  Bartholin  ,  Profeffeur  de  Mathé- 
matiques à  Copenhague ,  ^imprimer  cette  année  Ces  obfèr- 
vations  fur  la  même  Comète  :  il  fe  décide  pareillement  en 
faveur  de  l'hypothèfè  de  Defcartes.  Je  connois  peu  d'Aflro- 
nomes  qui  lui  aient  fait  cet  honneur. 

Les  anciens  préjugés  fubfiftoient  encore.  Quelques-uns  (b) 
reconnoiffant  que  ies  Comètes  font  fupérieures  à  la  Lune  , 
fe  contentoient  de  dire  que  leur  génération  dans  le  Ciel  étoit 
nouvelle  &  relîembloit  à  celle  des  taches  du  Soleil  ;  d'au- 
tres ( c )  prétendoient  qu'elle  étoit  même  furnaturelle  :  ces 
Comètes  récentes  de  1664  &  de  1665  ,  annonçoient , 
félon  plufieurs  (d)  ,  toutes  fortes  de  malheurs.  Un  P.  Luyt , 

^b)    Geminianus  Alontanarius  apud  Weidler^  cap.  V,  p.°   103. 

(c)  Daniel  Berkringer,   ibid. 

(d)  Difqinfitio  Philofophica ,  auélore  Jean,  Schider  Phïlofophiœ  Profejfore, 
Jeremice  Virg4  vigi/ans  df  oUa  fuccenfa  à  Jeanne  Henrico  Urjino,  &  pluiieurs 
autres. 

O  ij 


îo8       Doctrine  des  Philosophes 

Prédicateur  du  Roi  (il  faut  donc  ie  ruppofer  meilleur  Prédi- 
cateur qu'Aflronome  )  ,  fait  revivre  le  lyftème  pur  &  fimple 
àes  Péripatéticiens  ( e).  Un  Jacques  le  Royer ,  Avocat  au 
Parlement  de  Normandie  ,  croit  avoir  fait  la  plus  belle 
découverte  du  monde,  lorfqu'il  a  reproduit  à-peu -près  le 
fyflème  de  Panétius  (f), 

Claude  Comiers ,  Prévôt  de  l'églife  collégiale  de  Ternan, 
&  Chanoine  en  la  cathédrale  d'Embrun ,  donna  en  i66j  un 
fyftème  nouveau  fur  la  nature  des  Comètes.  Son  ouvrage  eft 
intitulé ,  la  nature  &  préface  des  Comètes.  11  traite  problémaîi- 
quement  celte  féconde  partie  :  quant  à  la  première.,  fon  fenti-» 
ment  a  quelque  rapport  avec  celui  d'Apollonius.  Selon  lui, 
il  y  a  beaucoup  de  Planètes  &  de  corps  céleftes  qui  nous  font 
invifibles,  foit  parce  qu'ils  font  trop  près  du  Soleil,  foit  parce 
qu'ils  font  trop  petits  &  trop  éloignés  de  la  Terre,  foit  parce 
que  leurs  furfaces  font  trop  unies  pour  réfléchir  de  tous  \qs  côtés 
les  rayons  du  Soleil.  Tous  X^i  corps  célefles  font  fujets  à  la 
corruption:  ces  Planètes  invifibles  s'échauffent ,  s'altèrent,  fè 
corrompent,  (  mais  quelle  eil  la  caufe  de  cette  corruption  )  \  li 
s'élève  autour  d'elles  des  exhalailons,  il  fe  forme  une  atmofphère 
qui  nous  renvoie  les  rayons  du  Soleil  lous  un  diamètre  vifible. 
(  On  voit  quelquefois  le  noyau  même  de  la  Comète,  non- 
feulement  fous  \\i\  diamètre  vifjble ,  mais  même  avec  le 
plus  vif  éclat).  Cette  atmofphère  poufîce  par  les  rayons  du 
Soleil ,  en  fe  dilfipant ,  forme  la  queue  de  la  Comète»  Le 
mouvement  de  la  Comète  efl  compofé  de  fon  ancien  mou- 
vement planétaire  propre^  &  d'un  nouveau  qu'elle  acquiert 
comme  Comète  ;  celui-ci  efl  reéliligne.  En  conléquence  ,  îa 
Comète ,  par  fon  mouvement  compofé  ,  monte  toujours  en 
haut  en  ligne  fpirale.  La  caufe  du  mouvement  reéliiigne  eft 


(e)  Son  livre  efî  intitulé:  Quejîicns 
■surieiijes  fur  la  Comète  de  i66^.  J'ai 
Trouvé  à  la  fin  du  livre  ce  fixain 
manufcrit  : 

Cette  Comète  à  rouge  t]ueue , 
Quf  depuis  un  peu  l'on  &  veue 


Luire  ardente  deffus  Paris , 
Ne  préjage  nulle  infortune , 
Si  donc  que  s  ce  n'eft  U  commune , 
Qjie  redoutent  tant  les  maris. 

(f)  Sa  brochure  efl:  intitulée  :  K^ra 
Cometanim  Caufa, 


SUR    LES    Comètes.  iqq 

la  légèreté  àçs  exhaiajTons  de  Ton  aîmofphère  :  aiiifi ,  dit 
Comiers ,  une  fiifée  enlève  (à  baguette.  D'ailieurs  devenue 
plus  légère  par  fbn  expanfioii ,  ia  Comète  eft  enlevée  facile- 
ment par  ia  matière  fluide  d^s  Cieux  ,  jufqu  a  ce  qu'elle  fè 
trouve  en  équilibre  avec  elle.  Alors  elle  s'arrêtera,  &  ne 
reviendra  plus  fervir  d'épouvanîail  aux  ignorans.  Elle  pourra 
même  augmenter  le  nombre  des  Etoiles ,  &c.  Mais  quelle 
caufe  détruira  ie  mouvement  planétaire  de  cette  Comète  ? 
De  plus ,  il  eft  démontré  que  les  Comètes  reviennent.  Ainfr 
ie  fyflème  de  Comiers  eft  faux  ,  quoiqu'il  ait  quelque  choie 
d'ingénieux.  Dans  fon  hypothèfe,  il  n'a  pas  beloin  d'admettre 
le  mouvement  de  la  Terre  ;  auffi  ne  l'admet-ii  pas.  «  Nous 
devons ,  dit-il,  pieufement  croire  que  le  Soleil  tourne  autour 
du  monde ,  nonobilant  les  grandes ,  \çs  belles ,  \qs  bonnes 
&  admirables  raifons  àçs  Coperniciens  ».  N'efl-il  pas  beau- 
coup plus  fmipie  d'admettre  le  fyflème  de  Copernic  ,  que 
de  le  rejeter  de  cette  manière  l 

Pierre  Petit,  Chevalier,  fieur  du  Portail,  Intendant  des 
fortifications ,  né  à  Montluçon  vers  le  commencement  du 
dernier  fiècle ,  eut  ordre  de  Louis  XIV ,  d'écrire  fur  ia 
Comète  de  1664.  Le  choix  d'un  Prince  auffi  bien  informé 
des  talens  de  Ces  Sujets  que  l'étoit  Louis  XIV ,  fait  i'éloge  de 
Petit  ;  &  l'on  peut  dire  qu'il  étoit  très-digne  de  cet  honneur, 
A  un  zèle  ardent  pour  ÏQS  connoiiïances  Agronomiques, 
Petit  joignoit  un  elprit  jufte  &  folide,  capable  de  difcerner 
le  vrai,  de  le  fuivre&  de  ie  défendre.  Dans  une  Diflertation 
fur  la  nature  des  Comètes  ,  qu'il  fit  imprim.er  àhs  l'année 
fuivanîe  ,  il  réfute  pleinement  le  fenîiment  d'Arifrote  ;  il 
rapporte  celui  de  Delcarîes ,  vu  que  le  rapporter  &  le  réfuter 
c'eft  la  même  chofe ,  dit-il,  au  fens  de  plufieurs  :  il  ne  croit 
pas  que  dans  la  bonne  Philofophie  ,  il  faille  recourir  aux 
miracles  ;  il  expofe  dans  le  jour  le  plus  favorable  l'opinion 
de  ceux  qui  croient  la  génération  des  Comètes  analogue  à 
celle  des  taches  du  Soleil  ;  il  eft  même  tenté  de  l'embraifer  ; 
mais  il  ne  voit  pas  comment  cette  hypothèfe  peut  fe  concilier 
avec  la  régularité  du  mouvement  de^  Comètes.  Il  finit  donc 


iio      Doctrine  des  Philosophes 

par  décider  avec  Sénèque ,  que  les  Comètes  lont  dQS  ouvrages 
éterneis  de  ia  Nature  ;  qu'elles  deviennent  invifibles  par  leur 
diflance ,  &  qu'elles  reparoiflent  dans  des  temps  périodiques 
&  déterminés.  «  Ainfi ,  dit  -  il ,  Mars  augmente  &  diminue 
«  périodiquement  en  grandeur   apparente.  Les  Aftres  ont  d.QS 
»  révolutions  périodiques  depuis  un  jour  jufqu'à  trente  :  pour- 
'»  quoi  n'en  n'auroient-ils  pas  jufqu'à  foixante  ans  ,  jufqu'à  cent, 
M  jufqu^à  mille  &  au  -  delà  l   II  ne  faut  pas  craindre  de  faire 
l'Univers  trop  vaile  ».   Mais  dans  ce  fyltème  ,   \qs  Comètes 
devroient   revenir!    «Sans  doute  ,    répond  Petit;   maison 
y>  ne  les  reconnoît  pas.  Il  faut  croire  ce  qu'a  dit  Sénèque,  que 
»  quelqu'un  démontrera  un  jour  tout  ce  qui  concerne  le  mou- 
vement &  les  retours  des  Comètes  «.  Petit  fe  flatte  déjà  d'être 
celui  qui  a  été  prédit  par  Sénèque  :  dans  cette  confiance ,  il 
annonce  le  retour  de  la  Comète  de  i66^  pour  l'année  1710: 
fa  révolution,  félon  lui ,  eit  de  quarante-lix  ans  :  elle  a  dans 
les  mêmes  mois  tenu  prefque  la  même  route  que  celle  de 
i6i2  ;  &  en  remontant  de  quarante-fix  en  quarante-fix  ans, 
on  trouve  beaucoup  d'apparitions  de  Comètes  :   lorfqu'elles 
manquent ,  il   faut  l'attribuer  à  la  proximité  des  rayons  du 
Soleil:  enfin  fur  chaque  révolution ,  on  doit  faire  grâce  d'un 
an  en  plus  ou  en  moins.  Petit  fe  glorifie  d'être  le  premier 
cjui   ait  annoncé  le  retour   d'une  Comète.  Mais  le  fyflème 
n'étoit  qu'ébauché ,  il  falloit  encore  décider  fur  la  qualité  &  la 
pofition  de  l'orbite  des  Comètes;  &  ce  point  a  été  la  pierre 
d'achoppement  de  Petit. 

Il  veut  que  la  moindre  révolution  d'une  Comète  foit  au 
moins  de  plus  de  trente  ans  ,  parce  qu'elle  doit  s'éloigner 
plus  que  Saturne  :  cela  n'eft  cependant  pas  abfolument 
néceffaire.  Quant  à  forbite ,  elle  peut  être  convexe  du  côté 
de  la  Terre  ,  elle  peut  être  concave ,  enfin  la  route  peut  être 
reéliiigne.  Les  obfervations  s'accordent  affez  bien  avec  le 
mouvement  reéliligne  ,  bien  moins  avec  la  fuppofition  d'une 
orbite  convexe  vers  la  Terre,  beaucoup  migux  avec  celle 
d'une  orbite  concave.  D'ailleurs,  ceue  dernière  hypothèfe 
efl  plus  conforme  à  ia  raifon  ;   il  faut  donc  l'admettre ,  & 


SUR    LES    Comètes.  m 

décider  que  ies  Comètes  iè  meuvent  dans  des  orbites  circii- 
iaires  ou  elliptiques  très-excentriques  à  forbite  du  Soleil  ou 
de  la  Terre.  Julqu'ici  Petit  ne  s'écarte  pas  beaucoup  du  vrai 
chemin  :  mais  la  Comète  de  1664.  paroiiToit  encore  lorfqu'ii 
prononçoit  cette  décifion. 

L'ouvrage  de  Petit  n'étoit  pas  encore  fort!  de  deiTous  la 
preiië  ,  iorlque  l'orbite  apparente  de  la  Comète  foufFrit  une 
inflexion  bien  ienfible  :  cet  Aftre  avant  que  de  difparoitre , 
changea  de  dire(51ion  ,  &  fembla  retourner  fur  Tes  pas.  C'étoit 
im  eliet  néceiTaire  du  mouvement  propre  de  la  Comète  , 
combiné  avec  celui  delà  Terre;  mais  Petit  n,e  goûtoit  point 
le  lyltème  de  Copernic.  Il  prit  donc  le  parti  d'ajouter  quelques 
réflexions  à  fa  Diiîerîation,  Il  remarque  ,  &  c'ell  avec  railon, 
que  la  Comète  de  i  664  ,  n'eflpas  la  feule  qui  ait  ainft  courbé 
ion  cours  vers  la  fin  de  (on  apparition  ;  il  en  conclut  ;,  &  cela 
fort  mal-à  propos  ,  que  l'orbite  de  femblables  Comètes  doit 
être  convexe  du  côté  de  la  Terre.  Il  croit  cette  orbite  ellip- 
tique ;  &  periifte  à  regarder  \çs  Comètes  comme  des  corps 
aulfi  anciens  que  le  monde ,  &  fujeîs  à  des  retours  périodiques  ; 
elles  peuvent  être ,  félon  lui ,  des  Planètes  qui  tournent  autour 
des  Étoiles  dans  des  orbites  non  circulaires. 

Par  l'extrait  que  je  viens  de  donner  de  la  Diiîertation  de 
Petit ,  il  me  paroît  très  -  probable  que  cet  habile  Ingénieur 
auroit  trouvé  le  vrai  fyftème  des  Comètes  ,  s'il  eût  voulu 
admettre  le  mouvement  de  la  Terre ,  &  qu'il  fè  fût  donné  la 
peine  d'en  combiner  l'effet  optique  avec  l'effet  réel  du  mou- 
vement elliptique  de  la  Comète.  Il  a  connu  la  vraie  nature 
de  ces  Ailres  :  il  a  même  entrevu  d'une  manière  générale 
i'elpèce  de  leur  mouvement  :  il  a  le  premier  annoncé  le 
retour  d'une  Comète ,  fondé ,  non  fur  ies  vaines  imagina- 
tions de  l'Aflrologie  ,  comme  Appien  &  quelques  autres 
avoient  tait  avant  lui ,  mais  fur  la  nature  même  des  Comètes, 
&  fur  les  obfervations  antérieures  de  leurs  apparitions, 
C'étoit  approcher  bien  près  de  la  vérité;  mais  le  temps 
de  fa  révélation  entière  n'étoit  pas  encore  venu.  La  pré- 
didion  de  Petit  n'a  point  été  accomplie.  Sa  Dilièrtaîion  ne 


112      Doctrine  DES  Philosophes 

paroît  pas  avoir  produit  beaucoup  d'effet.  Petit  éîoit  mort 
en  i6jj' 

La  vérité  parut  vouloir  fe  lever  fur  l'horizon  de  l'Italie  » 
<ians  le  même  temps  qu'elle  répaiidoit  quelques  rayons  en 
France.  Jean-Dominique  Caffini  étoit  né  d'une  famille  noble , 
à  Périnaido,  dans  le  comté  de  Nice,  le  8  Juin  1625.  Je 
lie  pourrois  qu'afîbibiir  par  mon  ftyie  l'idée  que  l'on  a  des 
talens ,  de  l'efprit ,  àçs  vertus  du  cœur  ,  &.  fur-tout  de  la  tendre 
religion  de  ce  grand  homme.  Sqs  travaux ,  fes  recherches  ^ 
{es  Écrits  font  ion  éloge  :  la  découverte  de  quatre  Satellites 
de  Saturne  ,  de  la  vraie  dodrine  Aqî  réfraélions  ,  de  la  révo- 
lution des  Planètes  fur  leurs  axes,  de  la  lumière  Zodiacale ^ 
de  la  méthode  de  calculer  les  Longitudes  terrelbes  par  les 
Éclipfes  du  Soleil,  de  celle  de  déterminer  géométriquement 
fexcentricité  &  l'apogée  d'une  Planète  fur  deux  différences 
données  entre  fon  lieu  vrai  &  fon  lieu  moyen  ,  le  rétablif- 
fement  &  la  correélion  de  la  méridienne  de  l'églilë  de 
Saint  -  Pétrone  à  Boulogne  ,  la  conib-uélion  des  premières 
Tables  des  Satellites  de  Jupiter,  celles  du  Soleil  &;  des  Planètes 
réduites  à  un  ordre  plus  naturel ,  portées  à  une  exaélitude 
à  laquelle  on  n'avoit  pas  encore  atteint  ,  mille  autres  travaux 
Aftronomiques  fournilîent  à  M.  de  Fonlenelle  (g)  la  matière 
d'un  Eloge ,  que  l'on  peut  confulter  û  l'on  veut  fe  former 
une  idée  légère  de  ce  dont  l' Agronomie  eft  redevable  à 
l'immortel  CalTini.  Je  dois  me  borner  ici  à  ce  qu'il  a  fait 
au  fujet  des  Comètes. 

Yei's  la  fin  de  1652,  une  Comète  vint  exercer  fon  zèle, 
^  fe  propofer  à  lui  comme  une  des  plus  grandes  difficultés 
de  l'Aih-onomie  (h).  Il  l'obferva,  &  fit  fur  ce  phénomène 
toutes  \es  recherches  que  l'art  pouvoit  defirer ,  &  toutes  les 
déterminations  qu'il  pouvoit  fournir;  &  il  en  publia  en  1^53 
un.  Traité  dédié    au   Duc  de  Modène.    Dans  cet  Ouvrage, 


(g)    Voye^  l'Hifloire  de  rAcadémie ,  année  fyiz> 
(h)    J'emprunte  les  termes  de  Fontenelle  :   j'ai  à  dire  les  mêmes  chofes 
.gue  iuE  ;  je  ne  trouverois  pas  (Je  meilleures  expreffions  que  les  iîennes. 

il  ne 


SUR    LES     Cô  M  ETE  S,  ^  '  î 

îl  ne  prend  ies  Comètes  que  pour  à^s  générations  fortuites  p 
pour  à^^  amas  d'exhalailbns  fournies  par  ia  Terre  &  par  ies 
Aftres;  mais  il  i^n  forma  bientôt  une  idée  plus  noble.  If 
s'aperçut  que  le  mouvement  de  la  Comète  pouvoit  n'être 
inégal  qu'en  apparence ,  &  fe  réduire  à  une  aufli  grande 
égalité  que  celui  d'une  Planète;  &  de-là  il  conjedura  que 
les  Comètes  qui  avoient  toujours  paffé  pour  à.Qi  Aftres  nou- 
veaux ,  &  entièrement  exempts  des  loix  de  tous  les  autres , 
pou  voient  être,  &  de  la  même  rég4alarité,  &.  de  la  même 
ancienneté  que  ces  Planètes ,  auxquelles  on  efl  accoutumé 
depuis  la  naiiïànce  du  Monde. 

La  Comète  de  1^64  parut  :  Caiîinî  i'oblèrva  à  Rome  en 
préfence  de  la  Reine  Chriftine  de  Suède,  la  nuit  du  \j  au 
iS  Décembre  &  la  nuit  fui  vante.  Il  étoit  déjà  tellement 
famîiiarifé  avec  fon  idée  de  la  régularité  du  mouvement  des 
Comètes ,  que  fur  ces  deux  feules  obfêrvations ,  il  traça 
hardiment  à  la  Reine ,  iur  le  globe  célefte ,  la  route  que  ia 
Comète  devoit  tenir.  Après  une  quatrième  obfervation  qu'il 
fît  le  2.2  ,  il  alTura  que  la  Comète  n'étoit  pas  encore  dans 
fa  plus  grande  pi'oximité  de  la  Terre  :  le  23  il  ofa  prédire 
qu'elle  arriveroit  à  cette  plus  grande  proximité  le  2p  ;  & 
quoiqu'alors  elle  furpaflat  la  Lune  en  vîtelîè,  &  femblât  devoir 
faire  le  tour  du  Ciel  en  peu  de  temps  ,  il  avança  qu'elle 
s'arrêteroit  dans  le  Bélier ,  dont  elle  n'étoit  guère  éloignée 
que  de  deux  lignes ,  &  qu'après  qu'elle  y  auroit  été  flation- 
naire  ,  ion  mouvement  y  de^vieiidroit  rétrograde ,  par  rapport 
à  la  direction  qu'il  avoit  eue  (i).  Ces  prédidions  trouvèrent 


(i)  Je  le  dis  d'après  Fontenelle  : 
il  taut  cependant  remarquer  que  ce 
ne  fut  qu'après  coup  que  Caffini 
prédit  cette  rétrogradation.  Sa  pre- 
iriièi^  Éphérnéride  ruppùfoit  l'orbite 
circulaire  de  la  Comète  fi  grande, 
que  la  partie  dans  laquelle  la  Comète 
étoit  vifible ,  pouvoit  être  fenfibi-e- 
jîient  prife  pour  une  ligne  droite: 
la  iongitu-de  de  fon  Éphéméride  fe 
-îrouva   différer  de  ^2    minutes  de 

Tqïïis  L 


celle  <juî  fut  obfervée  le  5  Janvier, 
fept  jours  après  le  Périgée.  CafTinî 
attribua  cette  différence  à  la  courbure 
de  l'orbite  ,  &  pour  y  remédier ,  ir 
crut  devoir  altérer  de  6  minutes  les 
longitudes  qui  fuivoient  le  Périgée, 
c'eft-à-dire,  de  6  minutes  celle  du 
fH-emier  jour,  de  1 2  celle  du  fécond, 
&ainfide  jour  en  jour.  C'efl dans  cette 
féconde  fuppofition  que  la  Comète 
devoiî  enfin  revenir  fur  fes  pas^ 


iî4      Doctrine  des  Philosophes 

quantité  d'incrédules  :  après  leur  accompiiffement,  on  prétendit 
qu'il  Vi'j  avoit  rien  de  fi  facile  que  de  faire  ce  qu'avoit  fait 
Çaffini.  Ce  n'eft  pas  le  premier  exemple  d'une  pareille  injujp- 
îice,  6c  ce  ne  fera  pas  le  dernier. 

11  parut  une  féconde  Comète  au  mois  d'Avril  i66^^ 
comme  nous  l'avons  déjà  dit.  Cafîini  fit  promptement  une 
Table  ou  Ephéméride  de  cette  Comète.  Quelques-uns  de  fes 
incrédules  le  changèrent  en  imitateurs  ,  mais  malheureux. 
Huit  ou  dix  jours  après  la  première  apparition  ,  Calfmi  publia 
fon  Ephéméride.  11  fit  aufîi  imprimera  Rome  la  même  année, 
ini  Traité  Latin  fur  la  théorie  de  ces  deux  Comètes ,  dédié 
à  la  Reine  de  Suède.  Dans  cet  ouvrage  il  témoigne  avoir 
communiqué  dès  l'année  1(353  à  ïfmaël  Bouillaud  ,  célèbre 
Afironome  François  ,  une  théorie  de  la  Comète  de  1652  p. 
par  laquelle  il  expliquoit  les  phénomènes  de  cette  Comète 
dans  fhypothèfe  d'un  mouvement  abfolument  régulier.  Petit 
îi'avoit  peut-être  pas  penlé  encore  alors  au  fyftème  d'Apoi- 
îonius  y,  qu'il  embx"alîk  depuis. 

La  Reine  de  Suède  avoit  reçu  de  France  une  Ephéméride 
au  mouvement  de  la  première  Comète.  L'Auteur  en  étoit 
Adrien  Auzout,  très-profond  Mathématicien,  habile Obfer va- 
leur, éternellement  célèbre  par  l'invention  du  micromètre  fÂj, 
Son  Ephéméride  étoit  appuyée  iur  les  mêmes  principes  que 
eelle  de  Calfmi  :  les  différences  entre  l'une  &  fautre  étoient 
fort  légères.  Ignace -Gafton  Pardies  ,  de  la  Compagnie  de 
Jélus,  en  avoii  imaginé  une  femblable  à  Bordeaux.  Ces  Ephé- 
mérides  étoient  également  fondées  fur  fh^pothèle  uu  mouve- 
ment red:iiigne  de  la  Comète  :  les  lentimens  de  leurs  Auteurs 


("kj  Quelques  Anglois  ont  fait 
honneur  de  l'invention  du  micro- 
mètre à  Guillaume  GafGoigne  ,  leur 
compatriote  ,  mort  le  2  Juillet  i  64.4., 
vingt-deux  ans  avant  qu'Auzout  eût 
fait  connoître  cet  inllrument.  On 
en  a  trouvé,  difcnt-ils,  une  def- 
cription  exa<5le  dans  les  papiers  de 
Gâfcoigne  :   le  fait  peut  être  wrsâp  I 


mais  il  eft  bien  plus  certain  qu'Auzout 
n'avoit  eu  aucune  communication  de 
ces  pa}Mers  ,  qu'on  n  en  a  eu  aucune 
connoifîance  avant  l'an  1667,  ^ 
que  dès  l'année  précédente  Auzout 
avoit  invente  le  micromètre ,  &  I  avoit 
employé  avec  l'Abbé  Picard  dân§  le§ 
obfervations  altronomiques. 


su  n    LE  s    C  0  M  ET  ES.  ïry 

îî'étoîent  cependant  pas  les  mêmes.  Je  ne  \ois  pas  que  Pardies 
&  Aiizout  aient  été   d'une  opinion   différente  de  celle  de 
.  Kepler  iiir  le  mouvement  des  Comètes  :  CafTmi  au  contraire 
les  regardoit  comme  des  Aftres  fujets  à  des  rçyoiutions  &  à 
des  retours  périodiques  :   leur  trajeéloire  devoit   donc  être 
curviligne  &  fermée  ;  elle  étoit  circulaire  félon  Cafîini ,  mais 
d'un  diamètre  fl  étendu,  que  la  petite  partie  dans  laquelle  la 
Comète  étoit  vifible  pouvoit  être  confondue  fans  erreur  avec 
la  tangente,  il  paroît  d'ailleurs  qu'Auzout  &;  Pardies  ne  doii- 
toienî  point  de  i'exaélitude  de  leurs  Ephémérides  :    CafTini 
îie  donnoit  la  fienne  que  comme  un  à -peu -près  fulSrant 
pour  prévoir  la  route  de  la  Comète,  &  pour  conjeélurer  ia 
régularité  de    Ton  mouvement.    Pour  conflruire  ces   Ephé- 
mérides ,  du  lieu  où  la  Terre  étoit  flipporée  immobile ,   on 
tiroit  des  lignes  qui  formoient  entr 'elles  des  angles  d'autant 
de  degrés  que  la  Comète  en  avoit  parcourus  dans  le  Ciel  p 
dans  les  intervalles  écoulés  entre  Ces  premières  oblervations. 
Il  falloit  enfuite  tirer  obliquement  une  autre  ligne  tellement 
pofée ,  que  les  premières  lignes  la  féparafîent  en  parties  propor- 
tionnelles   aux    temps   écoulés    entre  \es  obfervations    déjà 
faites  ;    cette  ligne  étoit  cenfee  la  trajeéîoire  de  la  Comète» 
Des  intervalles  déjà  déterminés,  on  concluoit  par  une  règle 
de  proportion  celui  qui  convenoit  au  mouvement  journalier 
de  la  Comète,  &  l'on  répétoit  cet  intervalle  fur  la  trajeéloire 
autant  de  fois  qu'on  le  jugeoit  à  propos.  Je  ne  m'arrêterai 
point  à  expliquer  plus  en  détail  &  à  réfuter  cette  méthode  i 
CafTmi   ne   tarda   point  à   en   reconnoître    la    faufTeté.    Le 
triomphe  de  la  vérité  étoit  le  feul  objet  de  Tes  recherches: 
le  fuccès  de  fa  méthode,  éprouvé  fur  plufieurs  Comètes,  ne 
i'éblouit  pas  ;  il  voulut  en  faire  l'efTai  fur  la  Comète  de  i  'y/jp 
obfervée  parTycho;  elle  fe  trouva  en  défaut:  CafTmi  l'aban- 
donna, &  tourna  ies  vues  fur  d'autres  hypothèfes  qui  pufTent 
s'accommoder  avec  la  régularité  du  mouvement  des  Comètes 
&  l'éternité  de  leur  exiflence,  deux  vérités  dont  il  ne  s'efl 
|amais  départi. 

CafTini  étoit  venu  s'établir  en  France  au  commencement 


[lié      DocrniNi  des  Philosophes 

de  i'aiinée  i66^y  plus  attiré  par  les  fecours  qu'ii  y  envîfageoîl; 
pour  cultiver  i'Aflronomie  avec  fuccès  ,-  qu'iutéreiïe  pai*  les 
dons  &  \qs  promefles  de  Louis  XLV  &  du  grand  Colbert» 
Les  fuffrages  d'un  û  grand  Roi  &  d'un  Miniftre  ii  éclairé, 
font  d'autant  plus  d'honneur  àCaflini,  que  la  France  poiïédanfc 
alors  ^es  Picard  &  Çqs  Auzout ,  paroilîoit  n'être  point  dans 
îe  cas  d'envier  à  Tes  voifms  ieurs  richeiïes.  Caffini  continua 
de  répondre  à  la  haute  idée  qu'on  s'étoit  formée  de  Ton  intelli- 
gence :  le  lyllème  des  Comètes  fembloit  fui'  -  tout  l'afîeéler 
fingulièrement  ;  il  n'en  paroiflbit  point  qui  n'occafionnât  de 
ià  part  quelque  nouvelle  recherche,  qui  ne  donnât  lieu  à 
quelque  nouvelle  hypoîhèfe.  Ii  n'eut  pas  cependant  le  bonheur 
de  rencontrer  la  véritable  théorie  du  mouvement  de  ces  Aftres  : 
la  délicateiïe  de  fa  religion  ,  qui  le  rendoit  d'ailleurs  extrê- 
mement refpeélable  ,  l'empêcha  de  fecouer  un  préjugé  de 
iiaiiïance.  Le  fyftème  du  mouvement  de  la  Terre ,  approuvé 
dans  Copernic,  avoit  été  condamné  dans  Galilée;  celui-ci 
avoit  été  obligé  d'en  faire  une,  rétradation  folennelle  :  la  phn 
part  des  Italiens  rejetoient  fur  le  fyftème  même  une  condamna- 
tion ,  que  l'on  pou  voit  facilement  regarder  comme  perfonnelle 
à  Galilée.  Calfini  étoit  fans  doute  affez,  éclairé  pour  concevoir 
la  prééminence  du  fyftème  de  Copernic  fur  tous  les  autres- 
lyilèmes;  mais  il  le  fitun  fcrupule  de  l'admettre:,  il  ne  voulut 
pas  même  y  fuppléer  comme  Tycho,  en  admettant  de  la  part 
du  Soleil  fur  les  Planètes  8l  fur  les  Comètes.,  une  aélioii 
efficace  dont  il  ne  concevoit  pas  le  principe.  En  conféquence^, 
il  ne  reconnut  jamais  aucune  différence  entre  le  mouvement 
vrai  &  le  mouvement  apparent  des  Comètes:  par  cela  feul, 
3a  connoilfance  du  vrai  mouvement  de  cei  Aftres  lui  devenoit 
abfolument  impolfible.  Il  paroît  d'ailleurs  qu'il  inclinoit  pour 
ie  fyftème  des,  tourbillons  Cartéfiens ,  fyftème  auffi  oppofe 
ati  mouvement  particulier  des  Comètes  ,.  qu'aux  principes 
généraux  de  la  Statique.  Au  refle  ,  plus  je  lis  \es  différens 
mémoires  de  Caffini  fur  les  Comètes,  plus  je  me  perfuade 
que  ce  grand  homme  n'a  jamais  prétendu  donner  les  idées 
fui:  leur  mouvement  que  comme  un  effai,  comme  une  hypothèfè 


SUR  LES   Comètes,  117 

qui  n'excédoit  pas  \qs  bornes  de  la  fimpie  opinion.  Son 
but  principal  étoit  d'appliquer  l'attention  àes  Aflronom es  fes 
confrères ,  pour  arracher  ,  s'il  étoit  pofTible ,  à  la  Nature  Ton 
fècret  :  peut-être  en  encourageant  Newton ,  contribua-t-il  à 
ia  découverte  du  vrai  lyilème ,  quoiqu'il  n'ait  pas  cru  devoir 
admettre  les  principes  qui  pouvoient  feuls  y  conduire. 

Selon  Caffini,  les  Comètes  ,  auffi  anciennes  que  le  monde  f 
font  leurs  révolutions  dans  des  orbites  abfoiument  circulaires^ 
en  décrivant  d^s  arcs  égaux  en  temps  égaux.  Ces  orbites  font 
extrêmement  excentriques  à  la  Terre»  La  Comète  vifibie  feule- 
ment en  fon  périgée,  cefle  d'être  vue,  loità  caulê  de  fon  éloi- 
gnement,  foit  par  quelque  railon  analogue  à  celle  qui  nous  cache 
le  cinquième  Satellite  de  Saturne  dans  toute  la  partie  orientale' 
de  fon  orbite.  Les  Comètes  doivent  revenir  :  Caflini  a  cru 
reconnoître  piufieurs  retours  de  Comètes;  il  a  eu  la  iageiîe 
de  n'en  prédire  aucun.  Il  étoit  perfuadé  d'ailleurs  qu'une 
Comète  en  fon  périgée  pouvoit  être  invifjble ,-  tant  à  caule^ 
de  la  proximité  du  Soleil,  dans  les.  rayons  duquel  elle  feroit 
plongée^  que  par  quelques  autres  raifons  moins  décifives* 
li  reconnoît  fouvent  que  l'on  peut  voir  d^s  Comètes  dans 
toutes  les  parties  du  Ciel  :.  mais  il  a  cru  remarquer  qu'on  les 
découvroit  bien  plus  fréquemment  que  par  -  tout  ailleurs  ^ 
dans  une.  efpèce  de  zone  ,  qu'il  a  appelé  zodiaque  des 
Comètes..  Il  a.  renfermé  en  deux  vers  Latins  les  Confteilations 
qui  compofènt  ce  zodiaqjiie,- 

Ant'inous ,  Pegafufque ,  Andromeda ,  Taurvs ,  Or  ion  ^, 
Procyon ,  atque  Hydrus ,  Centaurus ,  Scorpîus,  Anm,- 

C'eft-à-dire ,  Antinoiis ,  Pégafe ,,  Andromède ,  le  Taureau'>, 
Orion  ,  Procyon  ou  le  petit  Chien  ,  i'H-ydre  (femelle  ) ,  le 
Centaure  ,  le  Scorpion  ,  le  Sagittaire. 

Le  fyftème  de  CafTmi  efl  vrai  dans  fa  première  partie, 
on  quant  à  ce  qui  regarde  la  nature  des  Comètes  :  mais  leur 
mouvement  ne  peut  être  expliqué  par  Thypothèiê  de- fa  féconde 
partie.  Quelle  pourroit  être  la  caule  d'un  mouvement  abfor 
Jkment  égal  daiis  une  orbite   extrêmement  excentrique  tant 


rii3      Doctrine  des  Philosophes 

au  Soleil  qu'à  ia  Terre?  Dans  la  théorie  de  CafTinî  ,  îa 
révolution  de  la  Comète  de  1680  ne  (eroît  que  de  deux 
ans  &  demi.  Je  ne  vois  point  la  caule  qui  pourroit  nous 
l'avoir  û  conflamment  caciiée  en  ks  retours  ,  tandis  qu'elle 
étoit  fi  brillante,  fi  prodigieufement  grande  en  i6§i,  & 
félon  Caflini ,  en  i  577.  i^e  cinquième  Satellite  de  Saturne 
eft  toujours  également  vifible  dans  Ïqs  mêmes  parties  de  fou 
orbite.  Mais  ce  qui  a  fait  principalement  abandonner  le 
iyflème  de  Caffini  ,  c'efl  qu'.l  n'eil  guère  poffibie  de  le  faire 
quadrer  avec  les  obiervations.  Dans  ce  lyilènie,  le  mouve- 
ment apparent  d'une  Comète  doit  être  égal  à  égales  diftances 
du  périgée  :  on  a  obfervé  le  contraire.  On  a  pareillement 
vu  àQs  Comètes  fè  rapprocher  c,e  la  Terre  ,  après  s'en  être 
écartées  :  ce  qui  eft  i\  incompatible  avec  cette  opinion  ,  que 
Caflini,pour  fauver  ion  hypothèfê,  fut  obligé  de  féparer  en 
deux  la  Comète  de  1680. 

Le  fyftème  de  CafTmi  fut  fuivi  non-feulement  par  piufieurs 
Phyficiens  ou  Aftionomes  de  l'Académie  dei.  Sciences ,  mais 
auiii  par  quelques  Étrangers ,  comme  par  Jean-Baptifte  de  la 
Grange,  Prêtre  de  fOratoire  (l),  le  P.  Anthelme,  Chartreux 
(m),  &c.  D'autres  en  confervant  ce  qu'il  peut  avoir  d'eifentiei 
pour  le  ïonds ,  en  altérèrent  quelques  parties  pour  le  rendre 
plus  conforme  aux  obfervations  &  aux  loix  de  la  Phyfique, 
comme  nous  le  verrons  ci-de(îbus  au  Chapitre  dixième. 


a6MMmB»BiaigMBPiiiJB.an^ 


CHAPITRE       VII  L 

Syjîème  d^Hévélius  if  fa  réfutation» 

EAN  Hévelke ,  plus  connu  fous  le  nom  iatin  d'HévéliuSs» 
naquit  à  Dantzick  le  ^8  Janvier  i^ï  i.  On  ne  vit  jamais 
peut-être  un  goût  plus  décidé  que  celui  d'Hévélius  pour  les 

(l)  Traité  ^t%  Élémens  &  ^t%  Météores,  contre  les  nouveaux  PhilofopheSj 
Pans,    i6yg. 

(m)  Explication  de  la  Comète ,  àj:,  h  Dijon,  i68i> 


SUR     LES     C  0  M  ET  E  Ss  I19 

fciences  Mathématiques.  La  promptitude  avec  laquelle  il 
les  apprit  fut  un  garant  de  Tes  fuccès  futurs.  Outre  its 
Mathématiques  proprement  dites  ,  il  s'appliqua  dès  {qs  plus 
tendres  années  au  deffin ,  à  l'art  de  la  gravure,  à  la  mécanique 
tant  ihécrique  que  pratique.  En  1630  il  quitta  fa  patrie, 
pour  étudier  le  Droit  dans  l'Univerfité  de  Leyde.  Des 
Pays -bas  il  fut  en  Angleterre,  en  France,  en  Allemagne. 
Il  oblerva  à  Leyde  1  Ecliple  de  Lune  du  ic^  Novembre 
,1620.  Son  oblervation  ,  faute  dTnftrumens ,  fut  fort  impar- 
faite; jt  n'en  parle  que  parce  qu'Hévélius  datoit  de  cette 
Éclipie  la  longue  luite  de  les  Oblervations.  Il  revint  à  Dant- 
zick  en  1634.  Les  afîiiires  publiques  ,  auxquelles  il  fut 
obligé  de  prendre  part  ,  interrompirent  quelque  temps  Çqs 
études  maihcmatiques.  11  fe  maria  en  1^35  ,  pour  étudier, 
dit-on,  avec  plus  de  liberté.  E.n  1639  ilréloiut  de  s'appliquer 
tout  entier  à  l'Allronomie.  11  fit  bâtir  un  oblervatoire  ,  qu'il 
enrichit  <}iU\\  nombre  confidérable  d'inflrumens  ,  également 
précieux  parleur  grandeur  ,  par  Tinteiligence  qui  dirigeoit  la 
mécanique  de  leurs  mouvemens,  pari'exaélitude  &  la  précifion 
de  leur  conflrudion  &  de  leurs  divifions.  Hé\élius  les  fit 
exécuter  iur  les  defTms  &:  en  fa  prélence  ;  il  mettoit  lui- 
même  la  main  à  l'œuvre  lorlque  les  opérations  demandoient 
une  délicateiie  qu'il  ne  croyoit  pas  devoir  fuppofer  dans 
ies  ouvriers  qu'il  employoit.  Il  fit  de  plus  conflruire  une 
imprimerie  ,  qu'il  fournit  de  caractères  très- nets  ,  dellinés- 
à  l'impreffion  de  [qs  ouvrages  :  il  gravoit  lui-même  prefque 
toutes  les  planches  néceiiaires  à  leur  ijitelligence.  Avec  ces 
fecours  ,  Hévélius  commença  létude  du  Ciel  la  plus  longue  g. 
la  plus  iuivie  ,  la  plus  appliquée,  la  plus  générale  que  je 
iàche  avoir  jamais  été  faite  par  aucun  Aftronome  tant  ancien 
que  moderne.  Aucun  obflacle  ne  fut  déformais  capable  de 
l'arrêter.  Elu  Echevin  de  fa  patrie  en  1641  ,  &  Conful  ou 
Bourgmeftre  en    1651   (a),  il   fut  ailier  les  fondions  de 


{aj   Ces  charges ,  à  Dantzick  ,  font  plus  conficjérables  qu'elle?  ne  lont^ 
4ans  nos  villes  i  elles  font  d'ailleurs  perpétuelles. 


120  DûCTRrNE  DES  PHILOSOPHES 
la  MacrîHrature  avec  l'obfervation  du  Ciel.  Le  jour  étoît 
confàcré  aux  premières  ;  les  nuits  les  plus  rigoureufes  de 
l'hiver  ne  paroiffoient  pas  affez  longues  iorfqu'il  éîoit  queftioa 
d'exercer  ion  7èle  adronomique.  En  iifant  le  fécond  volume 
de  fa  Machine  célefle ,  ouvrage  dans  lequel  il  a  rafîèmblé  la 
plus  grande  partie  de  Tes  oblervations  ,  je  n'ai  pu  m'empêcher 
de  me  demander  fou  vent  :  Mais  quel  temps  fe  refervoit-il  donc 
pour  Tes  repas ,  pour  Ton  repos ,  pour  cette  nombreufe  mul- 
titude d'excelieus  Ouvrages ,  dont  il  a  enrichi  la  Librairie 
Agronomique?  La  providence  d'un  Dieu  Touî-puijfant ,  maître 
de  tout  ,  toujours  adorable  Aans  fes  jugemens  (  ce  font  les 
termes  d'Hévéiius  (b)  ) ,  voulut  J  éprouver  par  l'accident 
ie  plus  fâcheux  qui  pût  lui  arriver.  Déjà  vieillard  refpedable, 
il  alloit  finir  la  fc/ixante-huitième  année  de  la  vie  ,  la  quarante- 
neuvième  de  i^çs  travaux  Altronomiques.  Il  venoit  de  mettre 
ja  dernière  main  à  la  féconde  partie  de  fi  Machine  célefle, 
le  plus  grand  ,  le  plus  confidérable ,  le  plus  utile  de  fes 
^ouvrages.  La  méchanceté  d'un  valet,  qu'il  appelle  le  plus 
pervers  des  animaux  à  deux  pieds ,  le  priva  de  tout  ce  qu'il 
'poffédoit,  &  fur -tout  de  prefque  tout  le  fruit  de  quarante^ 
neuf  années  de  travail.  En  peu  d'heures,  le  16  Septembre 
I  Gj<^  ,  le  feu  confuma  fèpt  maiion^  qui  lui  appartenoient  ^ 
don  obler.vatoire ,  'lq^  Jnlirumens ,  fon  imprimerie  ,  fa  biblio* 
thèque,  une  partie  de  {^s  manufcrits  ,  prefque  tous  les  exem^ 
plaires  delà  féconde  partie  de  fa  Machine  célefle  nouvellement 
impmmée  :  en  un  mot  Hévélius  fe  trouva ,  pour  ainfi  dire , 
abandonné  à  la  merci  à'&s  âmes  généreufes.  Un  tel  malheur 
le  frappa  ,  mais  jie  l'abattit  point.  Il  trouva  les  motifs  les 
plus  efficaces  d'une  confoiation  foiide  dans  fa  parfaite  fou- 
lîiiffion  à  Ja  volonté  de  fon  Créateur.  Tel  qu'un  autre  Job,  if 
regarda  Dieu  comme  Je  véritable  auteur  de  ï^s  pertes;  ii 
adora  fa  providence;  &  Dieu  fe  plût  en  quelque  forte  à  le 
rétablir  dans  un  état  prefque  aufîi  florifîant  que  celui  dont 
il  J'avoit  retiré.  Plufieurs  Princes  &  autres  perfon nés  opulentes 

(b)   Dans  la  Préface  de  Ton  Année  Climaîérique. 

/emprefsèreîît 


SUR     LES     COMÈTEi.  îll 

s'emprefsèrentà  verfer  \qs  effets  de  leur  générofité  fur  Hévélius. 
Aiigufte  &  Mécène  ,  je  veux  dire  ,  Louis  le  Grand  &  le  grand 
Colbert,  prote(fi:eurs  décidés  des  Sciences  ,  fans  auxrune  accep- 
tion des  pays,  fournirent  les  plus  puiifans  fecours.  Hévélius 
fît  conilruire  de  nouveaux  initrumens ,  fit  imprimer  de  nou- 
veaux ouvrages ,  &  continua  d'obferv^r  le  Ciel.  Il  cefîa  de 
travailler  le  28  de  Janvier  i  687  ,  jour  anniverfaire  de  (a 
naiifance ,  &  le  dernier  d'une  vie  que  l'on  peut  dire  que 
i'Aftronomie  s'étoit  particulièrement  confàcrée» 

Il  n'efl  point  de  partie  de  l'Aflronomie  à  laquelle  Hévélius 
ne  fe  loit  particulièrement  attache.  li  n'a  point  regardé  \qs 
Comètes  comme  à^s  Afli^es  ;  il  pouvoit  donc  fè  difjienfer 
de  les  ©bferver.  Cependant  il  étoit  intéreflant  d'approfondir 
ieur  nature;  une  connoilîance  parfaite  à^s  Comètes  pou voil 
mêm€  beaucoup  influer  fur  la  théorie  générale  de  fUniv^rs; 
enfin  \^s  Comètes,  quoique  météores  palîagers  ,  paroifTenÉ 
avoir  àts  mouvemens  bien  analogues  à  ceux  àts  Planètes. 
Ces  raifons  décidèrent  Hévélius  :  il  regarda  l'obfervation  des 
Comètes  comme  auffi  intér-effante  qu'elle  avoit  été  négligée  ; 
il  réfléchit  fur  les  difîerens  phénomènes  qui  avoient  accompagné 
jufqu'alors  les  Comètes  ;  il  étudia  \qs  méthodes  les  plus  fûres 
pour  fulvre  leur  mouvement  dans  le  Ciel  ;  il  obferva  avec 
une  exacftitude,  &  calcula  avec  un  iPavaii  inconnu  jufqu'alors 
les  Comètes  de  1652  ,  1661  ,  16^4  &  1665.  Les 
phénomènes  de  celle  de  1^52  le  conduilirent  à  inventer  uii 
nouveau  fyftème  dont  il  crut  trouver  la  confirmation  dans 
îes  mouvemens  obfervés  à.Q?,  trois  autres  Comètes.  Après  avoir 
rédigé  ce  lyHème  avec  autant  de  patience  que  d'application , 
il  fit  paroître  en  166^  un  Ouvrage  auquel  il  donna  le  titre 
de  Préciirfeur  Cométique.  Ce  n'^toit  en  effet  qu'un  fimpîe 
•effai  :  il  y  rendoit  compte  de  ïts  obfervations  de  la  Comète 
Aq  \66â^,  &  y  expofoit  fon  fyflème  fur  la  nature  &:  \qs 
mouvemens  des  Comètes.  L'année  fuivante  il  publia  un 
(econd  Ouvrage,  au  fujet  de  la  Comète  de  166^,  dont  il 
rapporte  li^s  obfervations  ,  confirmatives  félon  lui  ,  de  foa 
fyilème.  Il  prend  auffi  très  -  chaudement  la  défènfe  de  la. . 
Tome  L  O 


122      Doctrine  des  Philosophes 

dernière  obfèrvation  de  la  Comète  de  1664  :  cette  obfer- 
vatioii  étoit  contredite  par  tous  ies  autres  Ailronomes  de 
l'Univers.  Hévéiïus  prouve  qu'il  obfervoit  au  moins  auffi- 
bien  que  \qs  autres  ,  &  en  général  il  a  raifon  ;  cependant,, 
on  ne  peut  difconvenir  qu'il  ne  le  loit  trompé  dans  i'obier- 
vation  conteftée.  On  continua  de  voir  la  Comète  en  France 
durant  piufieurs  jours  :  la  route  qu'elle  tint  ell  ablolument 
incompatible  avec  celle  qu'Hévélius  lui  faifoit  tenir  dans  Tes 
dernières  obfervations. 

Enfin  le  grand  Ouvrage  d'Hévélius  fur  les  Com.ètes ,  ou 
ia  Coméîographie  ,  parut  en  1668;  il  efl  divifé  en  douze 
Livres  :  le  premier  ell  confacré  tout  entier  à  lexpofition  & 
au  calcul  ài^s  obfervations  de  la  Comète  de  1^52.  Hévélius 
avoit  obferve  très -fréquemment  les  hauteurs  &  les  azimuts 
de  cette  Comète ,  &  ks  diflances  à  différentes  Etoiles.  Nous, 
déterminerons  dans  la  quatrième  Partie ,  le  degré  de  con- 
fiance que  l'on  peut  accorder  à  ces  fortes  d'obfervations  ;  elles 
ne  font  pas  les  meilleures  ,  mais  leur  multiplicité  peut  remé- 
diera leur  défaut  de  précifion.  Hévélius  calcule  rigoureufement 
l'heure  de  chaque  oblervation  ,  la  longitude  &  l'alcenfion 
droite  du  Soleil  ;  l'afcenhon  droite ,  la  déclinaifon  ,  la  lon- 
gitude, la  latitude  de  la  Comète  à  l'inllant  de  chaque  obfèr- 
vation; Çqs  diftances  angulaires  au  Soleil,  fon  mouvement 
propre  &  diurne  apparent,  l'inciinaifon  apparente  &:  variable 
de  fon  orbite  à  l'équateur  &  à  l'écliptique;  le  lieu  apparent  & 
variable  du  nœud  de  cette  orbite  avec  l'écliptique  &:  l'équa- 
teur. Il  prouve  l'utilité  ,  la  néceffité  même  de  ces  calculs 
multiphés  ;  il  doit  en  tirer  des  conféquences  extrêmement 
intéreflantes.  La  première  qui  fe  préfente  elt  que  l'inciinaifon 
apparente  de  l'orbite,  loit  au  plan  de  l'équateur,  foit  à  celui 
de  l'écliptique ,  ainfi  que  l'un  &  l'autre  nœuds ,  vus  de  la 
Terre,  Ibnl  fujets  ^àes  variations  continuelles:  ceci  ne  peut 
être  fondé  que  fur  la  fîmple  obfèrvation  ;  or ,  Hévélius  étoit 
un  obfervateur  trop  exaél  pour  fe  tromper  en  pareille  matière. 
Les  obfervations  poilérieures  n'ont  fait  que  confirmer  de  plus 
en  plus  cette  vai'iation  apparente  de  finclinaifon  «Se  du  lieu 


SUR  LES   Comètes.  123 

Jes  nœuds  des  orbites  cométaîres  :  eile  avoit  déjà  été  remarquée 
par  quelques  Aflroiaornes  ;  Hévélius  eft  le  premier  qui  l'ait 
obfervée,  qui  l'ait  calculée,  qui  l'ait  appréciée.  Il  demande 
enfuite  fi  toutes  les  Comètes  traverfent  les  plans  de  l'équateur 
èc  del'écliptique  :  il  ne  le  croit  pas.  «  Quelques-unes,  dit-il, 
n'ont  pas  duré,  &  ne  dureront  pas  aflèz  long- temps  pour  a 
parvenir  jufqu'à  ces  cercles  y  l'orbite  de  quelques-autres  eft  « 
tellement  fituée  fous  \qs  pôles ,  que  fa  circonférence  efl  toute  «« 
entière  hors  de  l'étendue  du  plan  des  mêmes  cercles  /c)  :  » 
première  erreur  d'Hévélius.  On  a  calculé  l'orbite  de  toutes 
îes  Comètes  obfervées  avec  quelque  foin ,  Ibit  par  d'autres 
Aflronomes,  foit  par  Hévélius  lui-même.  Il  n'efl  pas  une 
feule  de  ces  orbites,  dont  la  circonférence  ne  coupe  l'éclip- 
tique  en  deux  points  ,  diamétralement  oppofés  par  rapport 
au  Soleil ,  lequel  efl  toujours  placé  dans  la  ligne  d'inter- 
feélion  de  l'orbite  avec  le  plan  de  l'écliptique.  Je  ne  parle 
pas  de  l'équateur:  ce  cercle  n'exifle  que  fur  Terre.  Hévélius, 
difciple  éclairé  de  Copernic,  ne  reconnoiiïbit  pas  fans  doute 
d'équateur  célefle,  auquel  on  pût  rapporter  les  mouvemens 
des  Planètes. 

Dans  le  fécond  Livre ,  Hévélius  prouve  très-bien  que  la 
Comète  de  1652  étoit  plus  élevée  que  la  Lune. 

Le  troifième  Livre  eH:  employé  à  démontrer  la  même  vérité, 
par  le  défaut  ou  du  moins  par  la  petitefle  de  la  parallaxe  de 
la  Comète. 

Le  quatrième  contient  une  très  -  bonne  méthode  ,  par 
laquelle  un  feul  Obfervateur  peut  s'alTurer  chaque  jour  de  la 
parallaxe  d'une  Comète. 

Cette  méthode  eft  appliquée  à  la  Comète  de  16^2,  dans 
le  cinquième  Livre. 

Dans  le  fixième,  Hévélius  traite  de  la  grandeur  de  fa 
tête  &  de  la  queue  de  cette  Comète  ,  de  fa  couleur ,  de  fa 
lumière ,  &:c.  La  grandeur  abfolue  de  la  tête  &  de  la  queue 
de  la   Comète  dépend   de  deux   élémens ,    de  la  grandeur 

(£j    Page  /^j, 


^v 


r24      DocTntNE  des  Philosophes 

apparente  obfervée,  &  de  la  diftanee  vraie  de  la  Comète  à 
la  Terre ,  conclue  de  la  parallaxe.  Or  Hévéiius  n'a  pu  déter- 
miner CQS  deux  élémens  avec  préciiîon.  Les  méthodes  qu'if 
a  employées  pour  déterminer  le  lieu  de  la  Comète  ne  font  pas 
affez  exaétes  pour  qu'il  ait  pu  en  conclure  la  parallaxe  mieux 
qu'à  quelques  fécondes  ou  même  à  quelques  minutes  près  : 
fes  inllrumens  d'ailleurs  garnis  de  fimpies  pinnules  ,  fans 
lunettes,  ont  été  foupçonnés  avec  raifon  d'infuffirance;  on  en 
a.  k  preuve  dans  fon  Catalogue  des  Etoiles  fixes ,  lequel , 
ouoique  fupérieur  à  tous  ceux  qui  exiftoient  alors,  n'elt  pas, 
cependant  exempt  de  fautes,  même  très-fenfiblesY«^y'.'  enfin 
Hévélius  n'éîoit  pas  aiïëz  initié  dans  la  icience  des  réfradioios; 
en  conféquence,  fes  erreurs  fur  la  réfradion  auront  nécefTai- 
Eement  influé  fur  ia  parallaxe.  Ainfi  quoique  les  obfervations' 
puiiïënt  nous  faire  connoître  affez  exaéîemenî  la  route  de 
la  Comète  ,  elles  ne  font  pas  cependant  aifez  précités  pour 
que  l'on  puiiTe  en  conclure  fa  parallaxe  &  fa  vraie  diftance 
à  la  Terre  par  la  méthode  d'Hévélius,  On  peut  trouver  cette 
difiance  avec  affez  de  précifion,  &:  en  déduire,  fi  l'on  veut, 
la  parallaxe  de  ia  Comète  en  employant  la  méthode  de 
Newton.  Mais  alors  on  trouvera  qu'Hévélius  s'efl  trompé 
dans  les  diftances  qu'il  a  déterminées.  11  n'a  pas  pu  mieux 
rencontrer  dans  ks  prétendues  obfervations  de  la  grandeur 
apparente  de  la  tête  de  la- Comète.  11  ne  diftinguoit  pas  aflez 
3e  noyau  de  la  Comète  de  l'atmofjphère  ou  chevelure  qui 
i'environiîe  :  d'ailleurs  il  n'avoit  point  encore  de  micromètre, 
Hévélius  ne  pouvoit  donc  eflimer  avec  une  précifion  fuffifante 
aucun  des  deux  élémens ,  dont  la  connoiffance  efî  néceffaire 
pour  déterminer  la  grandeur  abfolue  de  la  tête  de  la  Comète. 


;fd)  En  1679,  Halîey,  â^é  de 
vîngl-cinq  ans,  rendit  vifite  à  Hévé- 
îius  j  &  voulut  s'afCurtr  par  lui-même 
xîe  la  fiifteffe  de  (ts,  inllrumens.  ils 
©hfervèrent  enfemble  :  \ts  inflrumens 
d'HalIty  étoient  montés  avec  des 
lunettes  ou  téltTccipes;  ceux  d'Hévé- 
iiiisitoient  garnis  (ie  limples  pinnuies. 


Les  obferva'tions  s'accordèrent ,  félon 
le  témoignage  d'Halley  ;  mais  fi  cela 
eil ,  pourquoi  le  Catalogue  d 'Hévé- 
lius cfi:  -  il  fi  peu  ex  a  (51  î  Comment 
accorder  cela  î  en  difant qu'Hévélius 
avec  fes  pinnules,  atteignoit  quelque- 
fois la  précifion;  mw  Ce  fuççéâ  deYOJÎ 
être  aifez  xare< 


s  V  K  L  E  s   Comètes»  125 

^Ainfî  lorfque  Hévéli'js  nous  dit  que  la  grandeur  apparente 
de  la  Comète  diminuoit  de  jour  en  jour  ,  parce  qu'elle 
s'éloignoit  de  la  Terre ,  nous  convenons  volontiers  de  cette 
vérité  ;  lorfque  fondé  fur  les  prétendues  oblèrvations ,  if 
ajoute  que  la  grandeur  abfolue  de  la  Comète  augmentoit 
réellement  tous  les  jours  ,  nous  nous  croyons  autorife's  à  nier 
ini  fait  que  nous  avons  démontré  n'être  appuyé  ilir  aucun 
fondement  légitime. 

Dans  ce  même  Livre  ,  Kévélius  prétend  que  l'on  vit 
mille  variations  dans  la  tête  &  dans  la  queue  d^s  Comètes 
de  1652  &  de  1661  ;  que  félon  le  P.  Cyfat  le  noyau  de 
celle  de  i.^  i  8  parut  le  8  Décembre  fe  diviier  en  trois  ou  quatre 
autres  plus  petits,  &  que  le  20  Décembre  la  tête  refîembloit 
à  un  amas  de  petites  Etoiles.  Le  témoignage  de  Cyfat  efi: 
confirmé  par  ceux  de  Scheiner  ,  de  Wendelin  ,  &  de  quelques 
autres  Affronomes.  Je  ne  nierai  point  d.Qs  faits  attelles  par 
d'habiles  Aftronomes,  témoins  oculaires  de  ce  qu'ils  avancent. 
Mais  je  demanderai  quelles  confequences  on  prétend  tirer 
de  ces  obfervations  !  Elles  démontrent,  dit-on  ,  que  le  corps 
ou  le  noyau  d^s  Comètes  eft  fujet  à  des  variations  réelles* 
Par  un  raifonnement  fembkbk  les  Agronomes  de  la  Lune, 
s'il  y  en  a ,  ne  manquent  point  fans  doute  de  démontrer 
dans  leurs  Ecrits  que  la  Terre  ell  fujett€  à  d^s  variations 
jéeiles.-  Car  je  ne  doute  pas  que  l'i-négalité  de  denfiîé  de 
notre  atmo/phère ,  i'inconitance  de  la  tranfparence,  i'irrégu- 
iarité  de  la  génération  6c:  du  mouvement  de  iios  nuages  ne 
donne  aux  Obfervateurs  de  ce  pays -là  les  mêmes  Ipeélacles 
que  les  Comètes  de  161  8,  de  1652  &- de  1661  ont  offerts 
a  ceux  <|ui  \es  ont  obfervés.  Les  Aflrononies  de  la  Lune 
auroient  cependant  grand  tort  de  décider  que  notre  Terre  efl 
©rdinairement  divifée  en  plufieurs  petites  Terres ,  dont  le- 
nombre,  la  grolîèur  ,  la  figure  feroient fournis  à  d^s  variations 
continuelles.  Qu'il  me  (oit  donc  permis  de  ne  point  admettre 
k  conclufion  d'Hévélius,  jufqu'à  ce  qu'elle  fe  trouve  confirmée 
par  des  obfervations  plus  décifives.  On  efl:  attentif  depuis 
,56.80  :  fur  quarante  Comètes  obfervées  depuis  cette  anoée. 


«s 


126       Doctrine  des  Philosophes 

ii  ne  s'en  efl  préfenté  aucune  qui  ait  pu  faire  foupçonner 
ia  vérité  de  l'opinion  d'Hévéiius. 

Le  fèptième  Livre  de  ia  Cométographle  d'Hévéiius ,  traite 
de  ia  génération  ,  de  ia  matière ,  de  ia  forme ,  des  propriétés 
Se  de  la  diffolution  des  Comètes.  Pour  expliquer  toute  cette 
doétrine ,  je  procéderai  par  ordre ,  &.  je  n'empioîrai  que  les 
propres  expreffions  d'Hévéiius  fideilement  traduites. 

La  première  caufe  de  la  génération  des  Comètes  efl;  Dieu. 
Hévélius  n'aura  point  ici  de  contradideurs.  La  féconde  efl 
difficile  à  découvrir.  On  l'a  défignée  par  différens  noms  :  on 
l'a  appelée  ame  du  monde ,  efprit ,  forme  intrinsèque ,  qualité 
occulte  ,  vertu  magnétique  ,  propriété  ejjentielle  ,  faculté 
végétative  ,  ér'c.  Au  relie  ,  la  dénomination  de  cette  caufè 
doit  être  allez  indifférente,  pourvu  qu'on  reconnoiffe  que 
c'eft  une  faculté  naturelle  &  innée,  par  la  force  de  laquelle 
les  corps  célefles  rejettent ,  repouffent,  condenfent,  raréfient, 
diffjpent ,  diffolvent  ,  attirent ,  opèrent  tout.  C'efl  cette  vertu 
qui ,  dans  f  intérieur  &  fur  la  circonférence  de  la  Terre , 
produit  les  métaux,  les  arbres  &  \qs  plantes,  qui  chafîè  les 
çxhalaifons  ,  &c.  C'eft  cette  même  vertu  qui  engendre  les 
Comètes  &  les  nouvelles  Étoiles  (e),  Hévélius  venoit  de 
reconnoître  qu'il  ne  devoit  pas  fuffire  à  un  Phyficien  de 
recourir  à  ia  première  caufe  :  nos  Phyficiens  ne  fe  perfua- 
deront-ils  pas  qu'il  auroit  mieux  fait  de  paffer  la  féconde 
fous  filence  \ 

Les  Comètes  font  dans  i'éther ,  &  non  point  dans  cet  aîr 
crafî'e  que  nous  refpirons  :  elles  doivent  donc  être  formées 
d'une  matière  éthérée.  La  Lune ,  le  Soleil ,  les  Planètes ,  les 
Étoiles  même  ont  probablement  une  atmolphère  analogue 
à  celle  de  la  Terre  (f).  Par  leur  propriété  effentielle ,  les 
Planètes ,  pour  purger  leurs  corps ,  rejettent  continuellement 
-dans  leur  atmofphère  les  exhalaifons  qui  pourroient  leur  nuire, 
Les  plus  craffes  d'entre  ces  exhalaifons  s'écartent  peu  du  corps 

(e)  Page  j^i. 


SUR   LES  Comètes.  i  27 

de  îa  Planète  qui  \ts  a  produites  ;  elles  forment  nos  nuages 
&  les  taches  du  Soleil  :  elles  fe  diffolventenfuite,  &  retournent 
à  la  fource  qui  les  avoit  formées.  Les  plus  fubtiles  ne  diffèrent 
de  ces  premières,  qu'en  tant  qu'elles  peuvent  s'élever  plus 
haut,  atteindre  la  furface  extérieure  de  i'atmofphère ,  &  aller 
même  au-delà.  Alors  il  peut  arriver  que  cette  matière  s'atténue; 
mais  fes  parties  \ts  plus  graffes  &  les  plus  tenaces  peuvent 
aufîi  s'épaiffir  Se  s'unir ,  de  manière  que  piufieursexhalaifons, 
plufieurs  nuages  célefles  fe  condenient  en  une  feule  nuée  plus 
îolide,  en  un  lëul  corps ,  en  un  feul  noyau.  Car  cette  matière, 
ainfi  que  nos  vapeurs  terrefires  ,  par  une  faculté  naturelle  & 
innée ,  aune  inclination  marquée  à  fe  condenfer.  Il  furviendra 
d'autres  nuages  ,  d'autres  corps ,  d'autres  noyaux  des  atmo- 
Iphères  voifines  ,  qui  fe  joindront  aux  premières.  Le  tout 
formera  une  malfe  furprenanîe ,  parviendra  peu-à-peu  à  fa. 
maturité ,  acquerra  une  iolidité  capable  de  réfléchir  \qs  rayons^ 
du  Soleil;  &  voilà  ce  que  nous  appellerons  une  Comète  (g). 

Cette  matière  eft  donc  d'abord  engendrée  par  une  puifiànce 
d'altérer,  d'engendrer  &  de  corrompre,  qu'il  faut  reconnoître- 
dans  tous  les  corps  célefles  ;  qWq  fe  condenfe  enfuite  ;  &  j. 
parce  que  plus  la  matière  efl  denfe,  plus  elle  eft  propre  au 
mouvement  ,  elle  commence  à  fe  mouvoir  vers  Textrémité 
du  tourbillon  de  fa  Planète.  Là ,  elle  entre  dans  l'éther;  qWq 
pénètre  dans  le  tourbillon  de  la  Planète  voifine ,  fur-tout  fi 
elle  doit  y  rencontrer  d'autre  matière  fèmblable,  à  laquelle 
elle  fe  puiffe  unir.  Le  tout  fuit  en  fon  mouvement  la  déter- 
mination de  la  matière  qui  domine.  La  figure  en  efl;  prefque 
ronde,  à  caufe  de  la  tendance  d^s  parties  à  l'union;  cette 
tendance  a  pour  caufe  une  efpèce  de  force  magnétique. 
L'union  cependant  n'efl  pas  parfaite ,  vu  la  différence  des 
matières  qui  compofènt  la  Comète.  Par  cette  raifon  ,  la 
Comète  peut  être  compofée  de  différens  noyaux.  Lorfqu'elle 
approche  du  Soleil ,  elle  reçoit  ordinairement  les  plus  grands 
accroiffemens ,  parce  que  les  évaporations  du  Soleil  tendent 

(g)   Pages  j 82  èr  jSj. 


128      Doctrine  des  Philosophes 

fort  à  la  coiideiifation ,  &  cimentent  en  quelqihe  forte  celles 
qui  /ont  émanées  âiQ?>  Planètes.  Mais  le  Soleil ,  comme  tous 
les  corps  céledes,  n'expire  pas  feulement  'i^s  exhalaifons ,  il 
les  attire  auÏÏî ,  il  les  fiit  revenir  en  temps  convenable  ;  c'eft 
pour  cela  que  la  Comète  commence  à  décroître  dans  k  fphère 
même  du  Soleil  (h). 

II  eft  déplus  à  remarquer  que  la  fphère  de  Saturne  contenant 
toutes  les  autres ,  les  Comètes  qu'elle  engendre  peuvent  pénétrer 
ÏQi  fphères  de  Jupiter  ,  de  Mars ,  de  la  Terre ,  &c  :  mais  ies 
vapeurs  engendrées  dans  urte  fphère  inférieure  ne  peuvent 
monter  dans  les  iJDhères  fupérieures.  En  conléquence ,  \qs 
Comètes  qui  avoient  pris  des  accroiffemens  dans  les  fphères 
inférieures  à  ia  Planète  génératrice ,  font  obligées  de  laiffer 
ces  accroiffemens  dans  les  fphères  inférieures  :  elles  doivent 
donc  diminuer  de  grandeur  en  s'écartant  du  Soleil  (i ). 

Tei  eft  le  roman  inventé  par  Hévélius  fur  la  nature  à^^ 
Comètes.  J'ofe  demander  s'il  en  eft  uiie  feule  partie ,  dont 
on  puiffe  rendre  une  raifbn  phyfique  fpécieufè,  Hévélius  en 
a  {a.\\s  doute  aperçu  le  foible ,  puifqu'il  cherche  par  -  tout  à 
i'étayer  par  à^s  qualités  occultes,  par  à^s  vertus  innées,  par 
des  tendances  inexplicables.  Quel  but  fe  propofoit-il  donc  en 
imaginant  un  tel  fyflème  î  d'expliquer  des  faits  fur  lefquels 
il  n'avoit  pu  acquérir  afîez  de  lumières.  11  fe  perfuadQit  que 
ie  noyau  de  ia  Comète  augmentoit  &  diminuoit  en  groffeur 
effeéiive  &  réelle  ;  nous  avons  vu  qu'il  n'appuyoit  point  ce 
fait  fur  à.Qs  obfervations  fufîifantes.  Il  avoit  aperçu  à^s  varia- 
tions dans  la  tête  de  quelques  Comètes  :  je  crois  qu'on  efl 
convenu  avec  moi  qu'il  s'étoit  un  peu  trop  précipité  ,  en 
décidant  que  ces  apparences  ne  pouvoient  s'expliquer  autre- 
jîient  que  par  à^s  variations  réelles  ,  dans  ie  corps  même  ou 
dans  le  noyau  de  la  Comète.  Ces  deux  fondemens  renverfes , 
que  devient  tout  l'édifice  du  fyflème  d'Hévélius!  Au  refte» 
ii  \qs  principes  de  fon  hypothèfe  font  foibles,  les  conféquences 

(h)    Pages  ^Sj  ù-  j^^, 
(i)   Pages  jU  àr fif- 

<^ui! 


SUR   LES   Comètes..  129 

qii'il  en  tire  ne  font  pas  heureufes.  Selon  lui ,  la  couleur  des 
Comètes  décèle  leur  origine;  éclatantes,  elles  doivent  leur 
exiilence  au  Soleil  ;  pâles  &  livides ,  elles  font  engendrées 
de  Saturne ,  &  aijifi  à^s  autres  :  par  exemple ,  les  évapora- 
tions  de  Jupiter,  de  Mercure  &:  du  Soleil,  ont  contribué  à 
ia  formation  de  la  Comète  de  i  53  i  ;  fa  couleur  approchante 
de  celle  de  l'or  en  fait  foi  :  mais  la  Comète  pâle  &  livide 
de  I  607,  ne  pouvoit  avoir  été  engendrée  que  par  \ts  exha- 
laiions  de  Saturne  ,  de  Jupiter  &  de  leurs  Satellites  ( k)^ 
Lorfqu'Hevélius  raifonnoit  ainfi ,  il  ignoroit  que  quelques 
années  après,  \ç:s  Anglois  démontreroient  que  ia  Comète  de 
i6oy  étoit  abfolument  la  même  que  celle  de  1531:  s'il 
eût  pu  le  deviner ,  il  n'auroit  pas  conclu  de  fon  fyllème 
qu'il  étoit  abfolument  impoffible  de  prédire  l'apparition  des 
Comètes  (I) .;  il  n'auroit  pas  prononcé  ii  affirinativement  que 
ia  nature  des  Comètes  eft  abfolument  la  même  que  celle  des 
taches  du  Soleil  fmj.  Celles-ci  diminuent  en  apparence  de 
grandeur,  &  dilparoiflent  enfin  :  on  conclut  que  cette  dimi- 
îiution  eft  réelle ,  parce  que  l'on  prouve  qu'elles  font  toujours 
fenfiblement  à  même  dillance  de  i'œil  ,  &  qu'on  les  voit 
fouvent  diminuer  &  difparoître  dans  le  temps  même  qu'elles 
nous  préfentent  leur  furface  la  plus  large  :  on  ne  peut  en 
dire  autant  des  Comètes»  Enfin  Hévélius  ne  réuffit  pas  mieux 
ioriqu'au  huitième  Livre  il  explique  les  phénomènes  des 
queues  des  Comètes  ,  par  le  pafîàge  des  rayons  du  Soleii 
entre  les  différens  noyaux  qui  compofent  la  tête  fnj  ;  mais 
nous  traiterons  autre  part  de  ce  qui  concerne  les  queues  des 
Comètes  :  c'efl  la  matière  du  huitième  Livre  de  ia  Cométor 
graphie  d'Hévélius. 

Dans  le  neuvième  Livre  il  explique ,  ou  plutôt  il  s'efforce 
d'expliquer  le  mouvement  des  Comètes.  Un  Auteur  moderne 


/A;    Page  j  s 8. 

(l)    Page  ^2y, 

(m)   Pages  412.  if  feq.  if  alibi  pa_Qîm, 

^n)    Page  ^82  if  alibi. 

Tome  L 


ïjo  Doctrine  des  Philosophes 

vient  deffayer  de  refllifciter  fou  fyflème  fur  la  nature  àits 
Comètes.  Un  autre,  diftrait  fans  doute  par  ia  multitude  des 
occupations  Aftronomiques  qu'il  remplit  avec  autant  de  fuccès 
que  de  zèle,  a  prétendu  que  par  les  lumières  d'une  Phyfique 
très -éclairée  pour  ce  temps -là  ,  Hévélius  avoit  découvert  le 
premier  que  les  Comètes  décrivoient  àç:s  paraboles  autour 
du  Soleil;  &:  qu'on  n avoit  point  rendu  judice  à  fa  fagacité, 
en  voulant  partager  cette  belle  découverte  entre  Newton 
&  Doërfeil  (o).  Je  remarque  d'abord  que  le  vrai  fyflème 
efl:  que  ies  Comètes  ne  fe  meuvent  point  dans  une  para- 
bole, mais  dans  une  eliiple  extrêmement  alongée,  quoique, 
pour  la  facilité  du  calcul  ,  la  petite  partie  de  i'ellipiè  dans 
îaquelle  la  Comète  efî:  vifible,  puiffe  lans  grande  erreur  être 
regardée  comme  une  partie  de  parabole.  On  convient  d'ailleurs 
que  le  Soleil  doit  être  placé  au  foyer  de  la  parabole  ou  de 
i'ellipfe  :  ceci  pofé,  voici  la  Phyfique  d'Hévélius  fur  le  mou- 
vement Aqs  Comètes. 

Hévélius  débute  par  nier  le  mouvement  circulaire  &  ellip- 
tique à^s  Comètes,  c'eit-à-dire,  qu'il  commence  par  fàpper 
par  le  fondement  le  vrai  fyflème  de  leur  mouvement  :  voici 
iç.i>  raiions.  Le  mouvement  circulaire  ou  elliptique  ne  convient 
qu'à  àQs  'corps  éternels  ;  or  ,  les  Comètes  ne  font  point  àç^s 
corps  éternels  (-p).  Le  mouvement  recliligne  efl  le  ieui  que 
la  faine  raifon  permette  de  reconnoîire  dans  à^^  corps  fujets 
à  la  diffolution  (q)  :  de  plus  ,  le  mouvement  circulaire  & 
elliptique  appartient  aux  corps  qui  font  mus  dans  leur  propre 
lieu  ,  &  le  mouvement  reéliligne  ou  prefque  reéliiigne  ,  à 
ceux  qu'une  caufe  intrinsèque  ou  extrinsèque  fait  fortir  de 
leur  lieu  (r).  On  auroit  fans  doute  embarraffé  Hévélius,  en 
le  priant  d'aiîigner  quelque  raifon  au  moins  vraïfèmblable 
de  cette  différence.  Quoi  qu'il  en  foit ,  il  en  conclut  que  \qs 

(o)   Vcj'ei  le  Journal  Encyclopédique  du  15  Juin  1759 ^  p^g^  ^J' 
(p)    Paoe  j6r. 
(q)    Page  ^62. 
(rj    Pa^j  j6(). 


SUR  LES  Comètes.  131 

Comètes  n'ont  point  d'autre  mouvement  que  le  mouvement 
reétiligne;  que  quand  on  !eur  impiimeroit  d'abord  un  mou-^ 
vement  circuiaire ,  elles  ne  pourroient  le  conferver  :  ce 
mouvement  de'généreroit  bientôt  en  ligne  droite,  ou  en  une 
fedion  de  parabole  ou  d'hyperbole  (f)  très  -  approchante 
de  la  ligne  droite.  Ces  deux  premières  raifons  d'Hévélius, 
fondées  fiir  fon  hypothèfe  de  la  nature  à^s  Comètes  ,  ne 
méritent  pas  que  nous  nous  y  arrêtions.  Sa  troifième  &: 
dernière  raifon  ,  eft  qu'il  s'efl:  efforcé  d'expliquer  les  phé- 
nomènes du  mouvement  des  Comètes  ,  dans  la  fuppofition 
d'une  orbite  circulaire,  &  qu'il  n'a  pu  y  réuffir  fans  mul- 
tiplier \qs  hypothèfes  ;  mais  qu'en  admettant  une  trajeéloire 
en  ligne  droite  ,  tout  s'explique  fans  recourir  à  d'autre 
hypothèle  qu'à  celle  du  mouvement  de  la  Terre  (t).  hes 
recherches  d'Hévélius  n'ont  pas  fans  doute  été  aifez  multi- 
pliées :  en  admettant  comme  lui  le  mouvement  de  la  Terre , 
on  a  parfaitement  bien  expliqué  les  mouvemens  à^s  Comètes 
dans  une  orbite  elliptique  très- différente  de  la  ligne  droite. 
Je  conviens  que  \qs  phénomènes  fe  fauvent  ordinairement 
beaucoup  mieux  par  la  fuppofition  d'un  mouvement  re<51î- 
iigne,  que  par  celle  d'un  mouvement  circulaire  :  mais  il  y 
-en  a  qui  profcrivent  la  ligne  droite  auffi  décifivement  que  le 
cercle;  tous  s'expliquent  dans  i'hypothèfe  d'une  eilipfe ,  ou 
d'une  parabole  au  foyer  de  laquelle  il  faut  néceifairement 
placer  le  Soleil. 

Hévélius  conclud  donc  en  faveur  du  lentiment  de  Kepler  (11): 
il  décide  que  les  Comètes  {e  meuvent  en  ligne  droite  (x)  ^ 
ou  dans  une  direétion  qui  ne  diffère  que  très -peu  de  la 
ligne  droite  (y).  Hévélius  étoit  beaucoup  meilleur  Agronome 


(f)  P^g^  jp-o. 

(t)    Page  jpo. 

(u)    Pages  ^88 ,  if  jp  j. 

(x)  Cometœ  imllo  alio  motu  quàm 
reél'dineo  conckantuf ,  pag.  569,  & 
en  mille  autres  endroits. 


pag.  561;  propemodùm  reélà  traji-' 
ciuntur .  ,  ,  ,  gaudent  hoc  unïco  motu 
ferè  reélo ,  pag.  568;  motus  eonim 
ferè  reéîimi  œmulatitr  ,  pag.  5  6  9  ; 
Cornet  a  iionnihil  a  reéîœ  linex  perfeC' 
tmie  ex  or  bi tare  videtur ,  pag.  64.Î  | 
Pauxdluin  tantîim  a  lineâ  recîâ  incur- 


(y)  MotLim  propemodùm  reâuni}  j  vatur^  pag,  6S4.;  &  en  une  infinité 

R  il 


Î32      Doctrine  des  Phiiosophes 

que  Phyficien  ;  il  vit  bien  que  les  obfervations  ne  per- 
mettoient  pas  d'attribuer  une  route  abroiument  rediiigne  à 
quelques  Comètes,  fur-tout  à  celles  de  i  577  &  de  1652  : 
îi  crut  en  conféquence  que  la  trajeétroire  àç:i  Comètes ,  natu- 
rellement droite  ,  s'inclinoit  ,  fe  courboit  un  peu  vers  le 
Soleil,  par  Aç^s  raifons  que  nous  expoferons  bientôt.  La 
Comète  fe  meut  régulièrement  dans  cette  trajec^loire  ,  & 
décrit  des  efpaces  proportionnels  aux  temps  ,.  ou  du  moins 
fies  accroiffemens  &  décroilTemens  de  fa  vite fîe  font  dans  cette 
proportion  (1).  Hévélius  propofè  un  moyen  fort  ingénieux, 
pour  déterminer  dans  cette  ïuppofiîion  la  irajeéloire  de  la 
Comète  (a)  ;  il  fait  l'application  de  cette  méthode  aux 
Comètes  qui  avoient  été  obfervées  jufqu'aîors  (h):  il  le 
perfuade  avoir  aifez  bien  réuifi  dans  cette  application.  Mais. 
en  premier  lieu,  pour  que  cette  méthode  iatisfït  pleinement,, 
il  feroit  peut-être  à  propos  de  donner  une  caufe  phylique 
de  ce  mouvement  de  la  Comète  :  nous  verrons  bientôt  que 
\Qi  cailles  qu'en  donne  Hévélius  ,  ne  font  point  dictées  par 
line  phyfïque  bien  éclairée.  En  iëcond  lieu,  Hévélius  (e  met 
trop  au  large  en  établilîant  que  la  vîteiïe  de  la  Comète,  ou 
les  augmentations  &  diminutions  de  cette  vitefîe  ,,  doivent 
être  proportionnelles  aux  temps.  La  Nature,  toujours  fimple 
dans  ïçis  opérations,  femble  ne  permettre  ici  qu'une  leule 
loi,  qu'une  feule  proportion  toujours  confiante,  toujours 
uniforme  par  rapport  à  toutes  les  Comètes.  En  le  contentant 
d'une  proportion  quelconque  en  général ,  entre  les  efpaces 
parcourus  &  \^s  temps,  on  peut  quelquefois  trouver  pkifieurs 
îrajeéloires  d'une  même  Comète  r  ainfi  Hévéh'us  lui-même 
a  calculé  la  Comète  de  1 472  dans  une  trajeéloire  reéliiigne  (c); 
&  de  plus,  il  convient  que  de  toutes  les  Comètes  oblervées 
jufqu'au  temps  auquel  il  écrivoit ,   les  Comètes  de  i  577  & 


d'autres  endroits.  Ceft  donc  avec 
raifcin  que  Grégori  ,  dans  Tes  Elé- 
mcns  d'Afîronomie  phyfïque  &  géo- 
mérrique  j  lib.  V ,Jeéi  1,  prop.  il ,  met 
Hévélius  au  nombre  des  panifans  du 


mouvement  redlîîgne  àc%  Comètes. 
(l)    Page  <,^4,   n."  ^. 

(a)  Paoe.^gz  i"  ftq. 

(b)  Pages  ^g2,  602  àr  féqi 
(cj   Page  6q2> 


s  U  R    L  E  s    C  0  M  è  T  E  s.  Ijj 

'de  1^52  fe  refiifoient  feules  à  cette  hypothèfe  (A).  On  peut 
fans  doute  les  calculer  toutes  dans  l'orbite  un  peu  courbée 
d'Hévélius.  Haliey  les  a  toutes  calculées  fort  exactement  dans 
i^ne  orbite  elliptique  ou  paraboliqiie  dont  le  Soleil  occupe 
Je  foyer  :  enfin  Caffini  en  a  ailreint  quelques  -  unes  à  une 
orbite  circulaire  très-excentrique  à  la  Terre.  Voiià  donc  quatre 
orbites  diâérentes  adaptées  aux.  mêmes  Comètes  ^  il  l'on  ne 
cherche  dans  la  Nature  une  loi  qui  fixe  irrévocablement  la 
proportion  qui  doit  régner  entre  les  vîlefTes  àts  Comètes, 
&  les  efpaces  qu'elles  parcourent.  En  troifième  lieu ,  l'hypo- 
thèiè  d'Hévélius ,  même  avec  la  liberté  qu'il  ie  donne ,  n@ 
fatisfait  point  encore  aux  obfervations  :  elle  aidera  tout  au 
plus  à  repréfenter  le  cours  de  la  Comète  vers  le  milieu  de 
(on  apparition;  vers  le  commencement  &  vers  la  £n  ,  c@ 
cours  ell  fujeî  à  Ats  irrégularités  apparentes,  fuites  néceflaires 
du  fyftème  de  Newton,  mais  qu'Hévélius  ne  peut  expliquer j,. 
qu'en  admettant  des  irrégularités  réelles  dans  le.  mouvement 
Je  la  Comète.  Selon  lui,  la  Comète,  au  commencement  de 
fon  apparition  ou  de  ion  exiftence,  eft  détournée  du  chemin, 
qu'elle  devroit  tenir  ,  par  l'acceffion  des  différens  noyaux- 
ou  portions  qui  s'uniflent  à  elle  au  fortir  de  fon  atmolphère 
génératrice  :  une  railbn  contraire  lui  fait  fubir  de  fembîables 
déviations  ,  lorfqu'eile  eft  fur  le  point  de  fe  diiïbudre  (e),. 
Je  ne  penfe  donc  point  qu'Hévélius  ait  aufli-bien  réufîi  qu'il 
fei'imaginoit,  dans  l'application  de.  fa  méthode  aux  Comètes 
©bfervées  jufqu'alors;  celle  de  Newton,  dont  nous  parlerons 
bientôt ,  n'efl  fujette  à  aucun  de  ces  inconvéniens, 

Hévélius  remarque  ,  avec  raifon ,  qu'on  doit  attribuer  à 
des  caufes  phyfiques ,  tout  mouvement  que  l'on  reconnoît 
dans  la  Nature  :  il  va  tenter  d'expliquer  phyfiquement  le 
mouvement  des  Comètes.  La  vérité  feule ,  pour  la  plus  grande 
gloire  de  Dieu,  eft  le  but  qu'il  fe  propofe;  l'autorité  humaine 
ne  lui  en  a  jamais  impofé  dans  l'étude   de  la  Nature.  li 


(dj   Page  6^1^ 

(e)  Pages  ^6^_  Ù'  jjj. 


•!34      Doctrine  des  Philosophes 

exhorte  les  Ailroiiomes  à  i'i miter,  à  ne  céder  qu'à  ies  raifaiîs, 
s'ils  ies  jî-igent  aflez  fortes;  ou  à  approfondir  la  matière,  pour 
de'couvrir  quelque  explication  mieux  fondée  &  plus  cer- 
taine que  œile  qu'il  va  expoier  ;  car  il  conçoit  parfaitement 
combien  fon  e(J3rit  eft  peu  éclairé  ,  pour  réfoudre  définiti- 
vement une  quellion  fi  importante  &  fi  difficile  ffj.  Après 
ce  préambule,  qui  fait  honneur  à  ion  cœur  &  à  fa  religion, 
il' entre  en  matière. 

«c  Les  exhalaifons  d'une  Planète ,  deilinées  à  former  une 

3>  Comète  ,    tendent  à   s'écarter   de   leur  centre  ,   &   font  en 

a'  même  temps  emportées  circulairement  autour  de  leur  Planète 

»  par  la  rotation  de  fon  atmolphère.  L'inégalité  de  leur  vîîeile , 

»  &  fur-tout  leur  tendance  naturelle  à  l'union,  les  affemble  en 

M  un  feul  corps ,  d'autant  plus  propre  au  mouvement ,   qu'il 

3ï  acquiert  plus  de  malfe.   Le   mouvement  de  réceffion  de  la 

3>  Planète,   combiné  avec  celui  de  rotation,  produit  un  mou- 

w  vement  ipiral ,  par  lequel  la  Comète  arrive  jufqu'à  l'extrémité 

*»  de  la  Iphère  ou  du  tourbillon  de  la  Planète  qui  l'a  formée: 

as  là,  n'étant  pkis  retenue,  n'étant  plus  foumife  au  mouvement 

a>  de  l'atmolphère  de  la  Planète,  elle  s'échappe  par  une  ligne 

droite  ,  tangente  de  cette  atmolphère   ^gj.  >^  Nous  avons 

parlé  plus  haut  des  tendances,  des  qualités  innées,  qu'Hévélius 

reconnoît  dans  la  matière.  De  plus ,  Jacques  Bernoulli  objeèle 

à  Hévélius  que  félon  cette  explication,  le  plan  de  la  fpirale 

que  décrit  la  Comète  dans  l'atmolphère ,  &  par  conféquent 

la  trajeèloire  qu'elle   parcourt   hors    de   l'atmolphère   de  la 

Planète    génératrice  ,    devroient   toujours    être    parallèles   à 

i'équateur  de  la  Planète  ;    ce  qui  eu.  contraire  à  foblerva- 

tion  f/ij.  Hévélius  auroit  répondu  fans  doute  que  robjeélioiî 

jferoit  fondée  ,   fi  la  direèlion  du  mouvement  par  lequel  k 

Comète  s'écarte  de  la  Planète  ,   étoit  perpendiculaire  à  l'axe 


(g)    Page  644  èr  feq. 

(h)   Conameu  novi  fjyjicm,  Cometar,  pag.  j^  ,   edkionîs  AmJIeI<xdam^^ 
».n,   1682. 


SUR   LES  Comètes.  r^f 

de  cette  Piaiiète;  mais  comme  ce  mouvement  a  pour  caufe 
la  force  innée  que  la  Planète  a  de  rejeter  [es  exhalailons, 
ii  eft  manifeile  que  fa  direélion  ne  doit  pas  être  perpendi- 
culaire à  l'axe  ou  parallèle  à  i'équateur ,  mais  perpendiculaire  à 
la  furface  même  de  la  Planète  :  ainfi ,  la  Ipiraie  que  décrit  une 
Comète  n'efl  pas  toute  entière  dans  un  même  plan.  Hévélius 
ie  décide  aiïez  clairement,  lorfqu'il  projette  horizontalement 
ies  Comètes  qui  le  forment  fous  I'équateur  même  ;  perpen- 
diculairement ,  celles  qui  font  engendrées  fous  les  pôles  ; 
©biiquement  ,  celles  que  la  Planète  exhale  dans  les  parties 
intermédiaires  fij.  Il  y  a  apparence  que  Bernoulli  w'avoit 
point  fait  attention  à  ce  palfage  ,  lorfqu'il  a  propofé  cette 
objeélion  :  on  pourroit  en  propoler  une  plus  folide.  Il  fuit 
de  cette  première  partie  du  fyflème  d'Hévélius,  premiè- 
rement ,  qu'une  Comète  peut  être  projetée  hors  de  fou 
atmofphère  en  tout  fens  :  fa  îrajeéioire  pourra  donc  ne  point 
parvenir  jufqu'au  plan  de  i'écliptique.  Cette  conféquence , 
qu'HévéJius  admet  f  kjy  eft  démentie  par  toutes  les  Comètes 
■©bièrvées  jufqu'à  ce  jour.  Il  s'enfuivroit  de  plus  ,  qu'il  arri- 
veroit  très -rarement  que  le  Soleil  fe  rencontrerait  dans  fe 
plan  de  la  trajeéloire  d'une  Comète  :  il  s'y  rencontre  cependant 
toujours  ;  toutes  les  obfervations  en  font  foi. 

ce  Les  différentes  exhalailbns  qui  doivent  concourir  à  îa 
formation  d'une  Comiète  ,  c'eft  Hévélius  qui  parle  ,  ne 
s'unilfent  point  en  une  fphère  autour  d'un  feui  centre ,  mais 
autour  de  pkilieurs  centres  ,  pour  former  plufieurs  noyaux  : 
ces  noyaux  fe  placent  les  uns  à  côté  des  autres  ;  &  de  leur 
luiion  ,  naît  un  corps  qui  n'eil  point  fjphérique  ,  mais  plat 
àes  deux  côtés  ;  &  comme  la  circonférence  ell  ordinairement 
aiïez  ronde  ,  on  ne  peut  mieux  déiigner  la  figure  d'une 
Cgmète,  que  par  celle  d'un  palet  à  jouer.  «  C'efl  ce  qu'Hé- 
yéiius  exprime ,  en  difant  que  les  Comètes  font  difcïformes  (l).- 

r  1. 

(i)    Hevel.   Cometogr,  pag.   671. 
(k)    Page  12  y. 

(l)    Pag.  6^g  17"  alibi  paffim,   Difciforme ,  efl:  un  terme  originairement: 
latin  ,  qui  fignifie ,  fait  en  forme  de  difque»  de  plat  ou  de  palet. 


136      Doctrine  des  Phi losophes 

On  dira  peut-être  que  fi  toutes  ces  exhaiaifons  ont  une  iî 
grande  tendance  innée  à  leur  union  mutuelle  ,  cette  union 
lèroit  beaucoup  plus  pai'faite,  fi  elles  s'alTembloient  en  ligure 
Iphérique  autour  d'un  feui  centré!  cela  n'efl:  pas  douteux; 
mais  H,évélius  avoit  beloin  de  cette  figure  difciforme,  pour 
en  faire  le  principal  appui  de  fon  fydème  fur  le  mouvement 
à&s  Comètes  :  on  peut  juger  fi  cette  feule  raifon  peut  être 
mife  au  nombre  des  caufes  phyfiques. 

Les  Comètes,  dans  l'atmofj^hère  cie  leur  Planète  génératrice, 
tournent  toujours  une  de  leurs  fuperficies  planes  vers  la  Planète  : 
par-tout  ailleurs ,  elles  la  préientent  directement  au  Soleil  (m), 
La  caufe.de  cette  pofitioxi  efi  bien  naturelle.,  fuivant  Hévélius., 
puifqu'elle  n'efl;  autre  qu'une  pente  naturelle  que  les  taches 
du  Soleil,  les  nuages  &  par  conféquent  les  Comètes,  ont  à 
préfenter  leur  fuperficie  plane  au  Soleil ,  ou  à  la  Planète 
dans  l'atmolphère  de  laquelle  elles  ont  pris  naifiànce  (n)^ 
On  pourroit  peut-être  ioupçonner  que  la  Comète ,  pénétrant 
dans  les  atmoiphères  àç:s  autres  Planètes ,  &:  y  prenant  même 
à^s  accroilTemens  fenfibleSj,  devroit  j[è  tourna*  au  moins  en 
partie  vers  cç.s  Planètes  ;  quelque  caraétère  naturel  &  inné 
y  met  fans  do.ute  obfi;acle.  Une  Comète  a  pai'u  quelquefois 
prelque  en  oppofition  avec  le  Soleil  ;  elle  préfèntoit  donc 
(à  fuperficie  plane  à  la  Terre  ainfi  qu'au  Soleil  :  peu  de  jours 
après  ,  elle  ne  .nous  préfèntoit  plus  que  le  tranchant  de  fbii 
difque.  La  tête  ne  devoit-elle  pas  difparoître ,  ainfi  qu'il 
arrive  en  pareille  circonfi:ance  à  l'anneau  de  Saturne  î  C'efl 
cependantun  phénomène  dont  perfonne  n'a  été  i'obfèrvateur. 

Le  raouv^ement  d'une  Comète  échappée  de  l'atmolphère 
Je  fa  Planète ,  feroit  toujours  égal  &  reéliligne ,  auffi  -  bien 
que  celui  d'une  pierre  échappée  de  la  fronde  ;  mais  le  mou- 
vement de  la  pierre  efl;  altéré  par  la  réfillance  de  l'air  &  par 
l'attraélion  de  la  Terre  (0) ,  laquelle  attraélion  n'eft  autre 


(m)    Pages  é^p  if  .6^6  if  alibi, 
(n)    Page  6^6  if  alibi. 

(o  )  Quelqu'un  ne  prétendra-t-il  pas  en  conféquencC;  qu'on  a  tort  de 
fdlrê  honneur  à  Newton  du  f/ftème  cje  l'atlradion  \ 

ehofe 


s  c/ R  LES  Comètes,  137 

cîiofe  qu'une  efpèce  de  Jefir  que  \çs  parties  arrachées  de  la 
Terre  confervent  pour  rejoindre  leur  tout.  Des  caufes  fem- 
blables  altèrent  &  fléchilTent  le  mouvement  à^s  Comètes  : 
elles  ne  le  meuvent  point  dans  un  vide  parfait  ;  i'éther  efl 
bien  rare,  il  ed;  vrai,  mais  il  réfille.  De  plus,  i'inclinaifoii 
du  difque  de  la  Comète  à  fa  trajeéloire  doit  fléchir  la 
direélion  de  fon  mouvement:  foit  S,  le  Soleil,  figure  j  ; 
P,  une  Planète  génératrice  de  la  Comète  ;  P  QRT,  la 
ipirale  que  la  Comète  décrit  dans  Tatmofphère  de  fa  Planète  ; 
Py,  la  tangente  à  cette  atmosphère,  ou  la  trajeéloire  reéli- 
iigne  de  la  Comète,  fur  laquelle  la  Comète,  en  dç.s  temp? 
déterminés,  doit  parcourir  les  efpaces  TA,  AB,  BC, 
CD,  &c.  Le  difque  de  la  Comète  efl  repréfente  par  \qs 
lignes  co,  co,  &c.  Selon  l'axiome  d'Hévélius  ,  les  rayons 
SA,  SB,  &c.  doivent  toujours  être  perpendiculaires  fur 
les  lignes  c  o  ,  c  o ,  &c.  qui  repréfentent  le  difque  ou  le  plat 
de  la  Comète.  Cela  pofé,  on  conçoit  premièrement  que  le 
difque  c  0  de  la  Comète  ne  fe  confondra  avec  la  trajeéloire 
qu'au  feul  point  H ,  auquel  la  perpendiculaire  S  H  2i\x  difque 
c  0 ,  lera  en  même  temps  perpendiculaire  à  la  trajeéloire  TV^. 
On  conçoit  en  fécond  lieu  que  le  difque  c  o  de  la  Comète 
fera  d'autant  plus  incliné  à  la  trajeéloire  ,  qu'il  fera  plus 
éloigné  du  point  //.  On  conçoit  ti'oifièmement  que  plus  le 
difque  fera  incliné  à  la  trajeétoire ,  plus  la  partie  de  I'éther 
qu'il  fera  obligé  d'écarter  fera  grande  :  c'eft  ce  qu'on  peut 
comprendre  facilement  par  l'infpeélion  des  lignes  ponctuées 
et,  ou,  marquées  fur  la  figure.  Je  conciurois  de -là  que  la 
Comète  trouvant  toujours  de  la  réliflance  ,  doit  toujours 
ralentir  fon  mouvement  ;  avec  cette  différence  cependant, 
que  la  réliilance  étant  plus  forte  en  T  5c  en  V  que  vers  le 
point  H ,  le  ralentiffement  doit  être  plus  confidérable  vers  T 
&  vers  V  que  vers  le  milieu  H:  mais  je  me  tromperois 
félon  Hévéiius  ;  car  on  doit  concevoir  en  quatrième  lieu 
que  le  mouvement  s'accélère  depuis  T  jufqu'en  H ,  &  fe 
ralentit  depuis  H  juiqu'en  K  Enfin ,  il  faut  concevoir  cin- 
quièmement ,  mais  fur  la  feule  parole  d'Hévélius ,  que  la 
Tome  L  S 


Î3B       Doctrine  des  Philosophes 

dlfTéreDîe  réfifbnce  que  le  difque  co  éprouve  de  la  part  Je 
ieîher,  fléchit  néceiîairement  la  route  de  la  Comète,  &  lui 
fait  décrire  la  courbe  TXV  -àu  lieu  de  la  droite  THV  (p). 
Je  dois  à  Hévélius  la  juftice  de  reconnoître  qu  il  éciairciî 
fort  ingénieufement  celle  dernière  partie ,  par  l'exemple  d'un 
Vaiiîèau  que  le  gouvernail  détourne  de  la  diredion  félon 
laquelle  il  iembieroit  être  pouilé  par  \es  vents  ou  par  le 
courant.  Mais  on  pourra  toujours  demander  fi  la  réfiflance 
de  l'éther  ne  devroit  pas  plutôt  raiïembler ,  le  plus  étroitement 
qu'il  fe  pourroit ,  les  parties  de  la  Comète ,  &  par  conféquent 
leur  faire  prendre  une  ligure  (phérique.  Si  l'inclination  naturelle 
de  la  Comète  pour  le  Soleil  y  met  obflacle  ,  &  exige  que 
la  Comète  préfente  au  Soleil  la  plus  grande  furface  poifiblej, 
cette  même  pente  devroit  ce  fembie  empêcher  que  l'éther 
B'écartât  la  Comète  "  du  Soleil  ,  en  lui  faifant  décrire  la 
courbe  T XV  au  lieu  de  la  droite  THV»  Ne  pourroit-oii 
pas  même  dire  que  l'aélion  du  Soleil  ,  étant  plus  forte  que 
celle  de  l'éther,  devroit  attirer  la  Comète  &  lui  faire  décrire 
la  courbe  TYV  ou  quelqu'autre  femblabie ,  peut-être  même 
yoe  fpirale  qui  conduiroit  la  Comète  au  Soleil  par  une  caule 
analogue  à  celle  qui,  par  un  mouvement  pareillement  Ipiral  y. 
î'écartoit  de  fa  Planète  génératrice  ! 

La  îraje(51oire  d'une  Comète  étant  décidée  curviligne  ,   il 

s'agit  maintenant  de  déterminer  quelle  efpèce  de  courbure  li 

faut  lui  attribuer.    Ici  Hévélius  ne    le   fonde  point   fur  \qs 

obfervations  ^  mais  fur  le  raifonnement  leuL  «  Un  boulet  de 

5>  canon  y  dit -il,    tous  les  projeéliles^.  les  eaux  hydrauliques, 

î3  les  feux  d'artifices,  les  météores  fabiunaires,  en  un  mot  tous 

M  les  corps  terrellres  affeélenî  le  mouvement  parabolique.    La 

w  raifon  en  ell  maniieile»  On  doit  diilinguer  deux,  mouvemens 

13  dans  un  projeélile.   Le  premier  eft  violent,  ou  forcé;  il  efl 

55  communiqué   par  la  main  ,   ou  par   le  canon  qui  lance  le 

li  projeélile  ^  il  eil  toujours  reéliligne.    Le  fécond  mouvement 

»  efl;  naturel  ;  fa  caufe  eit  la  pefanieur  du  projeélile  ,    ou   la 

(p)    Toute  ceît^  expofition  efl  «(traite  dthpage  6^4  &  fulvantes. 


Tom.  1.  PcLJ^  J^^^- 


li^. 


I. 


e 


F,;ff.E. 


M  A 


F^.m. 


4^ — 9^ 


H 


û     c 

Y 


SUR  LES  Comètes.  139 

pente  ,  par  l'inftinét  de  laquelle  tout  corps  fe'paré  de  la  Terre  « 
tend  à  s'y  réunir  comme  à  ion  but.  De  la  combinaifon  de  £c 
ces  deux  mouvemens ,  ii  naît  un  mouvement  paraboiique.  « 
ïi  en  efl  de  même  à^s  Comètes.  Le  mouvement  par  lequel  « 
elles  s'échappent  de  i'atmofphère  de  leur  Planète  génératrice ,  « 
eft  un  mouvement  forcé ,  un  mouvement  violent ,  un  mou-  « 
vement  qui  devroit  être  toujours  reéliligne.  Le  mouvement  « 
naturel  s'oppofe  à  cette  direction.  Une  Comète ,  il  efl:  vrai ,  ce 
n'a  point  de  pefanteur  ;  mais  elle  a  une  tendance  qui  équivaut  « 
à  la  pefanteur.  Cette  tendance  a  pour  objet  le  Soleil ,  comme  « 
centre  du  monde,  &  les  orbites  d^s  Planètes  ,  comme  circon-  « 
férence  de  ce  centre.  Par  rinfl;in(?t  de  ce  penchant ,  la  Comète  ce 
prélènte  toujours  une  de  (gs  fùrfaces  planes  au  Soleil ,  &  ce 
l'autre  aux  orbites  des  Planètes.  Ainfi  l'aiguille  aimantée  fè  « 
dirige  vers  les  deux  pôles  du  monde  ;  ainfi  le  fer  tend  à  e 
s'approcher  de  l'aimant.  Et  voilà  la  caufe  du  mouvement  « 
par^rbolique  àts  Comètes  ( q)  ''^* 

Je  vois  bien  dans  cet  expofé  d'Hévélius  une  caufè  d'un 
mouvement  compofé  ;  mais  non  pas  celle  d'un  mouvement 
parabolique.  Pour  produire  un  tel  mouvement,  il  ne  fuffit 
pas  que  deux  caufes  agiifent  fur  un  même  corps  :  il  eft 
nécelîaire  qu'elles  agiflent  félon  une  loi  déterminée  &  toujours 
confiante ,  que  l'une  agiffe  uniformément ,  &  que  l'autre 
accélère  fon  mouvement  dans  la  proportion  à^s  nombres 
impairs ,  1,3,  5  ,  7  ,  &c.  Il  paroît  que  cette  loi  n'étoit 
point  connue  d'Hévéiius. 

Mais ,  dira-t-on  peut-être  ,  Hévéliusa  le  premier  découvert 
que  le  mouvement  à^s  Comètes  efl;  parabolique.  Je  nie 
qu'Hévéiius  ait  fait  aucune  découverte  à  ce  fujet.  Le  mou- 
vement qu'il  attribue  aux  Comètes  efl  abfolument  différent 
de  leur  véritable  mouvement, 

i.°  Selon  Hévélius,  le  mouvement  parabolique  efl  le  vrai 


(  q)    Tout  ceci  efl;  un  extrait  fidèle  de  ce  que  dit  Hévélius  à  \2ipa^e  6^^, 
666  <Ù^  fuivantes ,  page  6/ S  if  juivanUs ,  i7c, 

S  i; 


140      Doctrine  des  Philosophes 

mouvement  des  Comètes  :  félon  la  vérité ,  les  Comètes  iê 
meuvent  dans  des  eliipfes. 

2,.°  Hévélius  croit  que  ia  trajecl:oire  de  quelques  Comètes 
ne  touche  point!  eciiptique,  la  vérité  eft que  ies  orbites  de  toutes 
les  Comètes  coupent  i'éclipîîque  en  deux  points ,  &  qu'une  ligne 
tiiée  d'un  de  cqs  points  à  l'autre  pafle  par  le  centre  du  Soleil. 

3."  Hévélius  difiingue  plufieurs  elpèces  de  paraboles  ^/•y' r 
il  n'y  en  a  qu'une  feule  :  car  Hévélius  ne  penioit  pas  fans 
doute  aux  paraboles  de  plufieurs  degrés  ;  &  celles-ci  d'ailleurs 
font  ablolument  étrangères  au  vrai  lyftème  des  Comètes. 

4."  Dans  ia  penfée  d'Fïévélius ,  la  partie  de  parabole  que 
décrit  une  Comète  ,  approche  extrêmement  de  la  ligne  droite  , 
qWq  ne  peut  sqw  écarter  que  d'un  degré  ou  de  deux  tout 
au  plus  (f)  :  les  obfervations  nous  ont  convaincus  que  les 
Comètes ,  dans  le  temps  ieul  de  leur  apparition ,  décrivoient 
fouvent  àes  arcs  plus  courbés  que  le  cercle. 

5.°  Hévélius  décide  même  que  la  trajeéloire  des  Comètes , 
qui  approchent  le  plus  près  du  Soleil,  eii  hyperbolique  ^/•y' / 
nous  examinerons  autre  part  fi  l'orbite  des  Comètes  peut 
devenir  hyperbolique  ;  f[  cela  efl  poffible ,  au  moins  c'efl: 
indépendamment  de  la  diftance  de  la  Comète  au  Soleil. 

6."  Pîévélius,  de  ce  qu'il  juge  \ts  Comètes  plus  grandes 
&  moins  denfes  dans  leur  génération  &  vers  leur  difîolution , 
conclut  que  leur  vîtelîë  n'eit  pas  la  même,  à  égales  diflances 
du  périhélie  ;  &  que  leur  plus  grande  vîteïlè  ne  concourt 
pas  toujours  précifément  avec  leur  palfage  par  le  périhélie, 
ou  par  le  fommet  de  la  parabole  :  il  lui  ièmble  donc  qu'il  y 
auroit  ici  lieu  à  quelque  proiiaphérèfe  (u)  ou  équation,  li 
ajoute  cependant  que  cette  équation  eil  vraifemblablemenî 
trop  petite  pour  être  facilement  obfervée  (x).  En  effet,,  [qs 


(r)    Pages  68^  if  68^. 

(f)  ibrd. 

(t)    Page  6P4.      . 

(  u  )  LoiTque  l'on  a  trouvé  le 
mouvement  d'une  Comète  ou  d'une 
Planète  ;  fclon  une  certaine  loi  ^  & 


que  l'on  fait  que  ce  mouvement  n'efl 
pas  encore  parfaitement  tXc\S.  ,  on 
appelle  Prcjtapliérêfe  la  quantité  qu'ii 
faut  lui  ajouter  ,  ou  qu'il  faut  en 
retrancher  pour  le  rendre  tel  q^u'il 
doit  véritablement  cîre. 
(xj    Page  6yj. 


SUR   LES  Comètes.  \^a- 

©bfervations  ies  plus  exaéles  des  Comètes  depuis  Hévélius  j 
ont  toujours  déterminé  la  plus  grande  vîtelFe  des  Comètes 
au  paiïage  par  le  périhélie ,  &  d^s  vîîedes  égales  à  des  dif- 
tances  égales  du  Soleil. 

7.°  Hévélius  trouve  que  la  Comète  de  1472  a  été 
direéle  fyj  :  elle  étoit  rétrograde. 

8.°  La  méthode  d'Hévéiius  lui  fait  placer  le  pafîàge  de 
ia  Comète  de  1532  par  fon  périhélie ,  vers  la  fin  de  Sep^ 
îembre  (1)  :  qWq  n'y  a  palîé  que  le  20  Octobre  au  matin. 

Le  dixième  Livre  d'Hévéiius  regarde  ia  Comète  de  i  66 1  : 
il  rapporte  les  obiervations  qu'il  en  a  faites;  il  les  adapte  à 
fon  fyflème.  Je  ne  vois  rien  autre  chofe  à  remarquer  dans 
ce  Livre,  finon  qu'il  le  commence  par  nous  apprendre  qu'il 
ne  rejette  pas  abfokiment  tout  ce  que  les  Aftroiogues  difent 
des  influences  des  Aflres;  qu'il  croit  que  les  différens  alpeéls 
des  Planètes ,  foit  entre  elles  ,  foit  avec  les  Etoiles  fixes , 
peuvent  influer  fur  les  corps  fubiunaires  :  mais  il  laiiîè  à 
d'autres  le  foin  d'examiner  plus  attentivement  quels  peuvent 
être  les  effets  de  ces  influences  (û).  îl  établit  le  palîage  de 
iîi  Comète  par  fon  périhélie  vers  le  i  6  de  Février  (b)  ; 
Qlle  y  avoit  paffé  dhs  le  27  Janvier  avant  midi. 

Dans  le  Livre  onzième  ,  Hévélius  traite  du  cours  des 
Comètes  de  1664  &:  166  y.  il  l'explique  félon  fa  théorie, 
îl  renvoie  les  obiervations  à  fon  Précurfeur  Cométique,  & 
à  fa  delcriplion  de  la  Comète  de  166 y 

Enfin  le  douzième  Livre  contient  une  hiftoire  générale 
de  toutes  les  Comètes  qui  ont  paru  depuis  le  commen- 
cement du  Monde  juiqu'à  l'an  1665  :  nous  en  parlerons 
dans  ia  Partie  fui  vante. 

Hévélius  a  obfervé  les  Comètes  de  1672  &  de  1677: 
îl  en   a  accommodé   ies   phénomènes    à   fon   fvflème.    Ses 


(y)  E^^g^  <5'<?g,   Voye'^  auffi  ia  planche  qui  précède  cette  page, 

(l)  Ibid. 

(a)  Page  yi S, 

(b)  Page  7^/, 


142      Doctrine  des  Philosophes 

obfervations ,  Tes  calculs  &  fa  théorie  fur  ces  deux  Comètes, 
font  la  matière  de  deux  petits  Ouvrages  en  forme  de  lettres, 
qu'il  publia  dans  ces  mêmes  années. 

Quel  chagrin  pour  un  Aftronome  auiîi  zélé  qu'Hévélius, 
de  n'avoir  pu  obferver  la  grande  Comète  de  idSo  !  Il  la 
fui  vit  autant  qu'il  put  entre  les  Étoiles  fixes  :  il  marquoit  fur 
un  globe  à  peu -près  le  lieu  qu'elle  occupoit  dans  le  Ciel. 
Sqs  inftrumens  avoient  été  coniumés  parle  feu;  il  n'en  avoit 
point  encore  de  fuffifans  pour  déterminer  plus  exaètement 
le  lieu  de  la  Comète.  Il  la  vit  dhs  \qs  premiers  jours  de 
Décembre  ,  avant  qu'elle  le  plongeât  dans  \qs  rayons  du 
Soleil.  Il  prédit  qu'elle  reparoîtroit  :  c'efl  lui  -  même  qui 
nous  apprend  cette  anecdote  (  c ).  C'étoit  en  effet  une  coiv 
jfequence  du  fyflème  d'Hévélius  ,  que  la  Comète  devoit 
reparoître  ;  mais  je  crois  pouvoir  avancer  qu'Hévéiius  la 
revit  où  il  ne  i'attendoit  pas.  Son  filence  fur  le  lieu  où  elle 
devoit ,  félon  lui  ,  reparoître  ,  pourroit  même  fervir  de 
preuve  :  au  refle ,  le  grand  âge  d'Hévélius  ne  lui  permettoit 
point  de  retoucher  fa  théorie. 

Il  obferva  plus  exaélement  les  Comètes  de  i  d8  2  &  de 
1683  :  de  nouveaux  inflrumens  lui  en  procurèrent  la  facilité. 
Le  noyau  de  celle  de  1682  lui  parut  très- éclatant.  Il  le  vit, 
ou  il  crut  le  voir  formé  comme  en  efpèce  de  crochet  (d)  : 
fi  on  ne  veut  point  attribuer  cette  apparence  à  quelque  défaut 
de  la  lunette  dont  Hévélius  fe  fervoit;  on  peut  l'expliquer 
par  quelque  changement  dans  i'atmofphère  de  la  Comète. 

Tels  font  les  travaux  d'Hévélius  au  fujet  des  Comètes. 
J'en  conclus,  ainfi  que  de  ks  autres  Ouvrages,  qu'il  étoit 
un  excellent  Aftronome,  un  calculateur  zélé  &  intelligent, 
un  appréciateur  exaél  des  mouvemens  céleftes  :  mais  je  ne 
crois  pas  qu'il  puiffe  paffer  pour  un  Phyficien  éclairé  :  je  me 
perfuade  encore  moins  qu'on  puiffe  revendiquer  en  fa  faveur 
îa  moindre  partie  du  fyfième  de  Newton. 

CcJ    Hevelii  annus  Cliinaéîer.  pag,   107. 
(.4)  lUd, 


SUR  LES  Comètes.  143 

HévéOiis  a  eu  peu  de  lec^lateurs.  La  plus  grande  partie 
àts  Afb'onomes  fe  partagèrent  entre  les  fyftèmes  de  Caffini 
ôc  de  Newton  :  les  Phiiofophes  Cartéilens  fuivoient  pour  la 
plupart  l'opinion  de  Defcartes  :  celle  d'Hévéiius  ne  paroît 
avoir  été  embralfée  que  par  quelques  Mathématiciens  Alle- 
mands. Jean  Chriilophe  Sturm  ,  célèbre  ProfelTeur  de 
Mathématiques  &  de  Phyfique  dans  l'Uni verfité  d'Altdorf , 
ia  regarde  comme  la  plus  vrailèmblable  de  toutes  (e). 

Deux  ans  avant  l'impreffion  de  la  Cométographie  d'Hé- 
véiius ,  Vincent  Mut ,  dans  un  Ecrit  fur  les  Comètes,  imprimé 
à  Majorque  en  1666  ,  avoit  décidé  que  la  trajeéloire  de  la 
Comète  de  1664  n'avoiî  pas  été  parfaitement  reéliligne  ; 
qu'on  devoit  la  fuppoler  un  peu  fléchie  dans  une  direction 
parabolique ,  iï  on  vouloit  expliquer  comment  la  Comète , 
par  Ton  mouvement  apparent  ,  avoit  pu  parcourir  prefque 
un  demi-cercle  entier ,  contre  l'ordre  des  fignes. 

Doërfell ,  dont  nous  parlerons  bientôt ,  femble  avoir  bâti 
fur  le  fondement  d'Hévéiius. 

CHAPITRE      î  X.-       . 

Grande  Comète  de  1680:  Doërfell  en  explique  les 
mouvemens  d'une  manière  fatisfaifante,  Sj'ftème  de 
Newton;  Calculs  iT'  prédidion  d'Halky;  Travail 
de  Claïrauî. 

v_JoDEFROi  KiRCH,  célèbre  Aftronome  Saxon  ,  obferva 
le  premier  la  belle  Comète  de  i  68  o.  Mars  &  la  Lune  étoient 
\^h  feuls  objets  de  {qs  recherches  ;  le  1 4  Novembre  ,  au  matin ,. 
une  Comète  attira  ies  regards  ;  il  détermina  fon  lieu  dans  le 
Ciel  ;  il  continua  de  l'obferver  les  jours  fuivans  à  Cobourg; 
en  Saxe»     Doërfell  i'obferva  à  Plaven   dans  le   Voimland^ 


l&)   Conutarum  natura^.  motus  Ù^  or'i^ ,.  édita  Aàdorfi ^.  an.  lôSl 


744      Doctrine  des  Philosophes 

Hévélius  Ja  vit  feulement  à  Dantzick,  vers  les  premiers  jours 
de  Décembre  ;  elie  reffembloit  d'abord  à  un  nudge  blanchâtre  : 
on  n'y  voyoit  point  de  noyau  :  mais  on  la  diftinguoit  diffi- 
cilement ,  à  caufe  du  crépulcule.  La  Comète  fe  retiroit  tous 
les  jours  vers  le  Sud  :  elle  s'approchoit  du  Soleil  :  elle  fe  perdit 
dans  les  rayons  vers  le   j  de  Décembre. 

Le  2  2  du  même  mois  ,  au  foir  ,  CaHini  à  Paris ,  Flamlléed 
à  Gréenwich ,  &  les  jours  fuivans  tous  les  Aftronomes  virent 
fortir  àes  rayons  du  Soleil  une  àQs  plus  grandes ,  une  àQS 
plus  éclatantes  Comètes  que  l'on  ait  vue.  Sa  route  étoit  vers  le 
Nord  :  elle  fut  obfervée  jufque  vers  i'équinoxe  du  printemps, 
La  plupart  des  Aftronomes  fe  perfuadèrent  que  cette  Comète 
ne  difîéroit  point  de  celle  que  l'on  avoit  vue  au  mois  de 
Novembre  &  au  commencement  de  Décembre.  Il  eft  vrai 
qu'on  ne  pouvoit  la  regarder  comme  la  même ,  fans  recon- 
iioîîre  que  Ion  orbite  s'étoit  .extrêmement  courbée  vers  fon 
périhélie.  Auffi  i'illuflre  Caffini ,  &  tous  ceux  dont  les  opinions 
ne  s'accommodoient  pas  avec  cette  grande  courbure  à^s 
orbites  cométaires  ,  décidèrent  qu'il  avoit  paru  deux  Comètes 
différentes.  Hévélius  ne  reconnut  qu'une  feule  Comète;  mais 
il  ne  jugea  pas  à  propos  d'y  appliquer  fa  théorie,  comme  ii 
l'avoit  lait  à  toutes  les  Comètes  précédentes  ;  ou ,  s'il  le  fit , 
il  ne  dut  pas  s'applaudir  du  fuccès.  Les  autres  effayèrent 
d'inventer  différentes  hypothèfes  ,  pour  rendre  raifon  de  cette 
courbure  extraordinaire. 

George -Samuel  Doërfell  ,  Miniflre  à  Plaven  dans  le 
Voigtland ,  en  haute  Saxe,  fit  imprimer ,  àhs  l'an  1681, 
Ïqs  obfervations  fur  cette  Comète  ,  depuis  le  2  Décembre 
jufqu'au  I  o  Février.  Aux  obfervations  il  ajoute  des  queftions 
dans  lefquelles  il  fe  propofe  de  corriger  la  théorie  des 
Comètes  enfeignée  par  Hévélius ,  dont  il  paroît  d'ailleurs 
grand  admirateur.  Je  m'étonne  qu'Hévélius  ,  dans  fon  Année 
Climatérique  ,  imprimée  quatre  ans  après,  ne  parle  point 
d'un  Difciple  qui  devoit  lui  faire  tant  d'honneur.  DoérfelJ, 
,par  la  combinaifon  d^s  obfervations  faites  fur  \es  apparences 
4e la  Comète,  prouve  îrès-judlciçufement  «  qu'il  n'en  a  paru 

qu'une  ; 


SUR    LES    C  0  M  È.T  E  S,  14^ 

qu'une  ;  &.  comme  Ton  mouvement  ne  pouvoit  être  expliqué  « 
par  aucune  des  hypothèfes  inventées  jufqu'aiors  (a)  ;  il  affirma  <« 
pofitivement  que  l'orbite  étoit  parabolique  ;  &  plaça  le  Soleil  « 
au  foyer  de  cette  parabole,  attribuant  une  fèmbiable  orbite  « 
à  toutes  les  Comètes.  Or  comme  il  n'avoit  encore,  ni  ne  « 
pouvoit  avoir  auçuîie  connoiflànce  de  l'Ouvrage  de  Newton  « 
(qui  ne  fut  imprimé  pour  la  première  fois  qu'en  1686),  «« 
on  ne  fauroit  lui  contefter ,  fmon  la  primauté  ,  du  moins  « 
l'égalité  d'invention  »>.  C'eil  la  décifion  du  Secrétaire  de 
l'Académie  de  Berlin  (  bj. 

Tous  \qs  Auteurs  qui  parlent  de  Doërfeil,  s'uniflent  pour 
rendre  juilice  aux  connoiiïances,  à  l'intelligence  ,  à  la  fagacité 
decet  Aflro.ome.  Mais  quelques-uns  n'ouirent-ils  pas  un  peu 
\qs  louanges  qu'ils  donnent  à  la  découverte!  Selon  Whiflon, 
la  Théorie  Newtonienne  àçs  Comètes  devroit  plutôt  être 
appelée  Doërfellienne  (c).  i  Ceci  me  paroît  un  peu  exceffifL 
Comparons  i^s  fyflèmes  de  l'un  «Se  de  l'autre.  Selon  Newton  , 
les  Comètes  iont  auffi  anciennes  que  le  monde ,  elles  font 
de  vraies  Planètes  ;  il  paroît  que  Doërfeil ,  à  ce  fujet ,  ne 
penloit  pas  autrement  qu'Hévélius,  Doërfeil  a  trouvé  que  les 
mouvemens  d^s  Comètes  n'étoient  pas  bien  repréfèntés  par 
les  autres  fyllèmes  ;  il  a  trouvé  que  la  parabole  feule,  au 
foyer  de  laquelle  efl  le  Soleil  ,  pouvoit  en  fournir  une 
explication  laîisfaifante.  Il  efl;  vrai  que  cette  hypothèie  de 
la  parabole  luffit  aux  obfervations  Aflronomiques  ;  &  fous  ce 
titre,  Doërfeil  mérite  [qs  plus  grands  éloges  :  mais  fuffit-eik 
également  du  côté  des  loix  de  la  Phylique!  Selon  Newton, 
i'orbite  des  Comètes  efl:  elliptique  :  on  peut  feulement  la 
fuppofer  parabolique  vers  fon  fommet  ,  pour  faciliter  le 
calcule  Si  l'on  eût  demandé  à  Doërfeil  pourquoi  les  Comètes 


(a)  Ce  font  les  termes  de  l'Auteur 
de  Ihiftoire  de  l'Académie  de  Berlin 
(  apparemment  M.  Jariges  ,  alors 
Secrétaire  perpétuel  de  cette  Aca- 
démie )  ,  dans  le  l.'^^'  Vol.  des  Mé- 
moires ,  an.  ly^^ ,  ycig.  ^8-  N'ayant 


pas  l'Ouvrage  même  de  Doërfeil ,  ]t 
fuis  obligé  de  m'en  rapporter  à  des 
autorités  étrangères. 

(b)   Ibid. 

(  c  )     Afironomicâl    Principes    of 
Religion  naturai  and  reveal'd. 


Tome  L  T 


146      Doctrine  des  Philosophes 

fe  meuvent  dans  une  parabole,  la  queftion  l'aurciî  fans  doute 
embarrafle  :  Newton  leur  donne,  dans  une  ellipfe,  un  mou- 
vement qui  fuit  néçeflairement  des  loix  générales  de  l'Univers, 
îl  y  a  plus  ;    Doërfell  n'a   point    déterminé  ia  quantité   du 
mouvement  de  chaque  Comète   dans  ia   parabole  ;    c'eil-à- 
dire  ,  en  quelle  proportion  ce  mouvement  pouvoit  s'accélérer 
&  fe  ralentir  :   Newton  n'a   rien  iaiffé   à  defirer  fur  cette 
matière.  En  un  mot,  Doërfell  a  deviné  une  partie;  Newton 
a  trouvé  &  démontré  le  îont.   Qu'on  me  permette  la  corn- 
paraifon  fuivante  ;  je  crois  qu'on  la  trouvera  jufte»  On  fàvoiî 
en  général  qu'il  exiftoit  une  Kîe  ;  on  defiroit  ardemment  de 
coniioître  le  chemin  qui  pouvoit  y  conduire.  Piufieurs  Navi- 
gateurs avoient  entrepris  cette  recherche  :  l'un  avoit  vogué 
vers  l'Orient,  l'autre  vers  l'Occident,   un  troifième  vers  le 
Nord,  plulieurs  dans  (\q$  direélions  intermédiaires ,    tous  an 
gré  de  la  mer  &  des  vents  ,  &  comme  au  hafard.  Le  chemin 
de   l'îie    étoit   auffi  inconnu   qu'auparavant.    Doërfell    dit  t 
Toutes  ces  recherches  ont  été  inutiles  .*  voguei  au  Midi ,    à", 
vous  trouverei  l'île  dejirée  i    il   elîaye    le  premier  ;    fait   le 
trajet  ;,  &  découvre  l'île ,    mais  làns  y  aborder.  Newton  n'a 
aucune  connoiflance   du  voyage  de  Doërfell,   à  l'aide  d'un 
excellent  télefcope  ,  il  voit  l'île  de  loin  ,  elle  ell  fituée  à  deux 
degrés  &  demi  du  Sud  vers  l'Etl  :  il  découvre  le  fecret  de 
l'aiguille  aimantée  ,   &:   celui  d'obier  ver   les  latitudes  &  les 
longitudes  fur  mer  :  il  inilruit  les  Navigateurs  de  îes  décou- 
vertes :  il  leur  dit  de  partir  avec  confiance  :   il  dirige  lui- 
même  leur  marche.   On  arrive  à  l'île  ;  &  le  fuccès  a  toujours 
couronné  depuis  les  tentatives  de  ceux  qui  ont  entrepris  de 
femblables  voyages.  Je  demande  à  qui ,,  de  Doërfell  ou  de 
Newton  j    on  aura   plus    d'obligation  de    la  découverte  du 
chemin  qui  conduit  à  cette  île  ;  l'application  efl  facile  à  faire. 
Le  Secrétaire   de  l'Académie  de    Berlin  ajoute  à  ce  qu'il 
a  dit  plus  haut  au  fujet  de  Doërfell  (d),    «  Sa  Dilfertaîion 
auroit  bien  mérité  d'être  traduite  en  d'autres  Langues ,.  &  de 

(d)   Au  lieu  cité  ci-defTus^  p^^ss  ^8  (if  ^p, 


SUR  LES   Comètes,  ï^j 

parvenu*  à  la  connoiffance  des  autres  Nations  ».    Je  Ibufcris 
à  ce  jugement,  d'autant  plus  que  Struyck,  dont  les  fentimens 
fur  Doërfell  font  entièrement  conformes  aux  miens,  a  conclu 
de  ia  ledure  de  fon  Ouvrage ,  que  Doërfell  étoit  très-habile 
dans  la  fcience  du  Ciel  fej.   «En  effet,  outre  cette  grande 
découverte  ;    cette  Diiïèrtation  renferme   des   obfervations  «* 
très-exaétes  fur  cette  Comète,   lefquelles,    malgré  le  défaut  ««^ 
d'inflrumens  bien  convenables  ,  peuvent  être  employées  avec  « 
beaucoup  de  fruit  à  déterminer  plus  précifément  l'orbite  de  <« 
ia  fufdite  Comète  ".    Struyck  rapporte  les    obfervations  de 
Doërfell  :    elles  ne  font  pas  aiiffi  précifes  que  le  Secrétaire 
de  l'Académie  de  Berlin  le  fuppofe  ;  elles  font  fort  inférieures 
à  celles  de  Kirch ,  de  Flamftéed ,  de  Caffmi  &  de  plufieurs 
autres.  Le  défaut  d'inftrumens  le  répare  difficilement.  «  Sur- 
tout les  obfervations  faites  avant  qu'elle  arrivât  au  périhélie,  « 
font   infiniment    dignes   d'attention  ,    puifque  Newton  lui-  « 
même  n'a  pu  en  recueillir  par  rapport  à  ce  temps-là  que  de  * 
fort  groffières ,    &   fouvent   fautives   de  plus  d'un  degré  ». 
Les  obfervations  de  Kirch  ,  faites  long -temps  avant  celles  de 
Doërfell ,  pafferont  toujours  pour  plus  utiles  &  plus  exaéles 
que   celles-ci.  «Enfin,  quoique  cette  Comète  n'eût  aucune 
parallaxe  fenfible ,    &   que  l'on  ne   connût  point  encore  de  « 
théorie    propre   à   déterminer  fa  dillance  de  la  Terre ,  cet  « 
Auteur  a  trouvé  des  raiions  très  -  fubtiles  ,   par  lefquelles  il  a  « 
fuppléé  très-heureufement  à  ces  défauts  ;  &  il  a  décrit  fi  exac-  « 
tement  la  parabole ,  fuivant  laquelle  cette  Comète  fe  mouvoit,  «f 
qu'elle  s'éloigne  fort  peu  de  celle  que  Newton  lui  a  affignée». 
La  parabole  décrite  par  Doërfell  eftïi  peu  exaéle,  &fi  différente 
de  celle  de  Newton  ,  que  la  moindre  diftance  de  ia  Comète 
au  Soleil,  qui,  félon  Newton,  n'eff  que  la  cent  foixante- 
troifième  partie  de  la  moyenne  diflance  du  Soleil  à  la  Terre, 
en  eil:  environ  la  quatorzième  partie  fejon  Doërfell.    Cette 
différence  ne  peut  provenir  que  du  défaut  des  obfervations 
de  Doërfell,  ou  de  l'imperfedion  de  fa  méthode,  ou  même 

(ej   Struyck  f  Vervolg  van  de  Befchriving  de)-  Staartjîerrev.  pag.  4.3. 

Ti; 


î4;8       Doctrine  des  Philosophes 

de  ces  Jeux  càxi^^s  à  la  fois.  Je  conclus  donc  avec  Striiyck  , 
que  Dcèïfeil  avoit  fait  un  pas  important  vers  ie  vrai  fyilème; 
mais  qu'il  n'y  elt  point  parvenu  :  qu'il  ne  niériîoit  point 
i'oubli  général  où  Ton  nom  fembloit  être  tombé;  mais  qu'on 
i'en  a  peut-être  retiré  avec  un  peu  trop  de  fracas ,  &  que  \ts 
éloges  accordés  à  ia  mémoire  par  ie  Secrétaire  de  l'Académie 
de  Berlin  ,  doivent  être  modérés  li.ir  plufieurs  articles. 

Lorfque  la  Comète  de  1680  parut,  le  vade  génie  de 
Newton  embrafloit  l'Univers  entier.  Phyficien  éclairé  , 
Géomètre  pénétrant,  Aftronome  inteiligeiit ,  il  renfermoit  en 
lui  feul  à^i  taiens  dont  chacun  en  particulier  auroit  luffi  pour 
éîerniler  la  mémoire  de  tout  autre  Philoiophe.  L'étendue  de 
{q^  connoifîances  en  tout  genre  l'exemploit  de  la  néceffité 
de  recourir  à  des  lumières  étrangères.  Seul  il  étudioit  la 
Nature  dans  la  Nature  même  ,  il  iaifilîoit  les  moindres  lecrets 
qu'elle  lailîoit  échapper  ,  il  approfondlifoit  les  idées ,  il 
combinoit  les  rapport-.  Sublime  dans  les  vues,  fimple  dans 
{'ès  principes ,  profond  dans  Ïqs  recherches ,  loiide  dans  les 
raifonnemens ,  rélervé  dans  i^i  conféquences  ;  un  tel  homme 
étoit  fait  pour  inflruire  l'Univers.  11  linilruilit.  11  vit  la 
marche  de  la  Nature ,  &  n'enleigna  point  autre  chofe.  Il  ie 
repréientoit  facilement  àç.^  corps  tant  fluides  que  folides  ;;  il 
ie  \çs  iiguroit  plus,  ou  moins  grands,  (eion  la  volonté,  & 
leur  pofoit  telles  limites  qu'il  jugeoit  à  propos  :  mais  ii 
concevoit  nécelTairement  de  l'efpace  au-delà.  H  n'y  avoit  que 
i'eipace  feul  auquel  la  penlée  ne  pouvoiî  afTigner  des  bornes» 
Quelque  grand  efpace  qu'il  embralsât  dans  Ton  idée ,  un 
efpace  ultérieur  fe  prélentoit  toujours ,  fans  qu'il  fût  pofiible 
de  luppofer  la  fin  de  I'eipace.  C'eft  ians  doute  par  une  vue 
ièmblable  que  Newton  diûingua  le  corps  de  I'eipace  ou  de 
l'étendue:  i'efpace  ou  l'étendue  e(i,  il  elt  vrai,  une  propriété 
du  corps  ,  mais  ne  le  conflitue  pas.  En  effet  ,  ccmme  le 
remarque  un  des  plus  judicieux  Philofopiies  de  l'école  (f), 
pour  que  je  puiiie  alîurer  qu'il  y  a  des  terres  ,   à^s  mers , 

(f)   Dagoumer, 


SUR    LES    Comètes,  i  49 

de  i'aîr  ou  quelqu'autre  corps  au-delà  de  Conilantînopie , 
au-deid  du  Soleil ,  au  -  delà  de  l'Étoile  h  plus  éloignée  de 
nous,  il  faut  ou  que  je  m'en  fois  allure  par  moi-même, 
ou  que  j'y  fois  autorifé  par  le  rapport  de  témoins  dignes  de 
foi,  ou  enfin  que  je  puillë  le  conclure  par  des  raifoimemens 
folides.  Mais  je  ne  palferois  pas  pour  fage  ,  û  j'entreprenois 
im  tel  voyage,  ou  fi  je  me  livrois  à  la  moindre  application, 
pour  me  convaincre  qu'il  y  a  de  l'efpace  au-delà  de  ce  terme: 
je  l'y  conçois  néceflairement  ;  il  exifte  donc  néceiïairement 
Sl  indépendamment  de  tout  corps.  Ceux  qui  admettent  des 
vides  légers  répandus  dans  la  Nature  ,  conviendront  fans 
doute  que  i'elpace  efl;  différent  du  corps  ;  car  ces  vides, 
quelque  petits  qu'on  les  iuppofe,  iont  des  eipaces.  Les  Car- 
ttljens  rigides  n'admettent  aucun  vide.  Dans  ce  fyflème,  il 
y  a  donc  autant  de  matière  dans  un  pied  cube  d'air  que 
dans  une  malTe  égale  d'eau ,  de  bois ,  ou  même  d'or  :  cela 
po(é  ,  il  me  femble  que  le  bon  fens  diéle  que  ces  corps 
devroient  être  également  maffifs  ,  également  durs  ,  égale- 
ment pelans.  Delcartes  a  elfayé  d'expliquer  le  mouvement 
dans  Ion  plein  abfolu  ;  la  railon  décide  qu'il  y  a  quelque 
im.agination  ,  mais  aucune  folidité  dans  Ion  explication. 
Newton  a  démontré  rigoureufement  qu'un  corps  ,  projeté 
dans  le  plein,  doii  avoir  perdu  tout  fon  mouvement,  iori- 
qu'il  a  parcouru  leulement  \es  deux  tiers  de  ion  diamètre:  j^y^i 
On  peut  raifonner  à  peu -près  de  même  contre  ceux  qui 
n'admettent  que  quelques  vides  légers  répandus  dans  la 
matière.  Mais  ce  qui  renverle  abloiument  les  imiiginations 
des  uns  &  des  autres  ,  c'ell  ie  mouvement  des  Comètes. 
Pour  expii.uer  ies  mouvemens  céleftes  ,  les  Cariéiiens  (up- 
polent  que  toute  la  matière  éthérée  eil  emportée  autour  du 
Soleil  d'occident  en  orient,  par  un  mouvement  très- rapide. 
Les  Planètes  participent  à  ce  mouvement  ;  il  eil:  d'autant 
plus  précipité,  que  la  Planète  ou  la  matière  fluide  oii  eile 
nage  eil  voiiine  du  Soleil.  Suppofez.une  malie  quelconque 

^gj    Principia  Mathem,  lib,  il  ^  in  fchd^ad  ^xo"^.  4.0, 


ijo  Doctrine  des  Philosophes 
iancée  dans  ce  fluide  d'orient  en  occident,  c'eft-à-dire,  en 
fens  contraire  au  cours  de  ce  torrent  :  fera-t-ii  polTible  que 
cette  mafle  conferve  Ton  mouvement  \  ou  plutôt ,  ne  fera-t- 
elie  pas  bientôt  arrêtée  dans  fa  courfe  \  &  ne  fera-t-eile  pas 
forcée  de  retourner  en  arrière,  pour  s'accommoder  au  mou- 
vement du  fluide  dans  lequel  elle  efl:  plongée  !  C'efl:  fans 
doute  ce  que  la  droite  raifon  enfeigne.  Mais  il  efl;  démontré 
par  les  obfervations ,  que  plufieurs  Comètes  ,  &:  fur -tout  la 
célèbre  de  1755?,  traverfent  \^s  orbites  des  Planètes  d'orient 
en  occident,  fans  qu'aucun  fluide  s'oppofe  à  leur  marche; 
qu'au  contraire  ,  leur  mouvement  s'accélère  à  proportion  de 
ieur  proximité  du  Soleil ,  c'efl:à-dire  qu'elles  font  emportées 
d'autant  plus  rapidement ,  que  le  prétendu  fluide  élhéré  met 
plus  d'obftacle  à  leur  courle  :  ce  fluide  n'exifte  donc  que 
dans  l'imagination  à^s  Cartéfiens.  Tels  font  les  motifs  fur 
iefquels  Newton  fe  fonde,  pour  n'admettre  entre  le  Soleil  & 
ies  Étoiles  fixes  qu'un  efpace ,  ou  abfolument  vide  ,  ou  du 
moins  rempli  d'une  matière  fluide  très -rare  &  incapable 
d'une  réfifl:ance  lenfible  :  il  en  faut  excepter  les  Planètes  & 
ieurs  atmofphères.  Si  ce  fluide  efl;  incapable  de  réfiflance 
fenfible,  on  accordera  facilement  qu'il  efl  pareillement  inca- 
pable d'une  aélion  fenfible  :  ce  n'eft  donc  point  dans  ce 
fluide  qu'il  faut  chercher  le  principe  du  mouvement  à^s 
Planètes. 

Tout  corps  en  mouvement  perfevère  en  fon  mouvement, 
s'il  n'en  efl  détourné  par  quelque  obftacle  :  le  mouvement 
en  ligne  droite  efl  le  mouvement  le  plus  fimple.  Un  corps 
mu  dans  une  ligne  courbe,  tend  à  s'échapper  à  chaque  inftant 
par  la  tangente  de  la  courbe  qu'il  décrit  :  donc  ,  pour  qu'un 
corps  continue  à  fe  mouvoir  dans  une  ligne  courbe ,  il  faut 
qu'outre  la  caufe  qui  l'a  mis  d'abord  en  mouvement ,  il  y 
en  ait  une  autre  qui  le  retienne  dans  la  ligne  courbe ,  & 
i'empêche  de  s'échapper  en  ligne  droite  par  la  tangente  de 
la  courbe.  La  caufe  du  mouvement  primitif  à^^  corps  efl 
Dieu  feui  ,  lorfque  par  fa  puiffance  il  a  donné  l'exiftence 
aux  corps.   Ces  axiomes  font  communs  à  tous  les  fyftèmes 


SUR  LES  Comètes.  i^i 

à\x  Monde.  On  a  coutume  d'appeler  force  centrifuge ,  i'efFort 
que  fait  tout  corps  mu  circulairement  pour  s'échapper  en 
iigne  droite ,  &  s'éloigner  du  centre  de  ion  mouvement  :  la 
force  qui  le  rapprochant  du  centre  ,  le  retient  dans  la  ligne 
courbe ,  eft  communément  appelée  force  centripète  (h). 

Tous  les  corps  céleites  s'approchent  \qs  uns  dçs  autres  en 
raifon  direde  de  la  maiîè  du  corps  vers  leqiiel  fe  fait  ie  mou- 
vement, ôc  en  raifon  inverfe  du  carré  de  la  diftance  qui 
fépare  \qs  corps  :  j'explique  ces  termes.  Soient  deux  corps 
dont  l'un  ait  dix  fois  autant  de  mafle  ,  autant  de  matière 
que  l'autre  :  celui -ci  approchera  dix  fois  plus  du  premier 
que  le  premier  n'approchera  de  lui.  Soient  trois  corps  ;  le 
premier  pèfe  huit  livres,  le  fécond  n'en  pèfe  qu'une;  le  îroi- 
ïième,  quelque  foitfon  poids,  approchera,  dans  un  temps 
donné,  huit  fois  plus  du  premier  que  du  fécond;  fa  diflance 
à  ces  deux  corps  étant  d'ailleurs  fuppofée  égale.  Voilà  la 
raifon  direéle  des  mafTes  :  voici  la  raifon  inverfe  du  quarré 
àes  diflances.  Un  corps  efi;  à  une  lieue  d'un  fécond  corps,  à 
quatre  lieues  d'un  troifième  :  une  fois  un  eft  un  ;  quatre  fois 
quatre  font  feize  :  le  premier  corps  approchera  lëize  fois 
plus  du  fécond  que  du  troifième.  S'il  ell  à  deux  lieues  du 
fécond  ,  à  cinq  lieues  du  troifième  ;  deux  fois  deux  lieues 
font  quatre  lieues,  cinq  fois  cinq  lieues  donnent  vingt-cinq 
lieues  :  durant  le  temps  que  ce  corps  approchera  de  vingt- 
cinq  lieues  du  fécond ,  il  n'approchera  que  de  quatre  lieues 
du  troifième.  J'applique  le  carré  vingt-cinq  lieues  (  ou  toute 
autre  mefure  de  diftance  )  au  corps  qui  n'eft  éîoicrné  que 
de  deux  lieues  ;  &  le  carré  quatre  lieues ,  à  celui  qui  eft 
éloigné  de  cinq  :  c'ell  ce  qui  conftitue  la  raifon  inverfe.  Au 
refte  le  fait  que  j'avance ,  que  \qs  corps  s'approchent  en  cette 
proportion,  eft  prouvé  par  toutes  \qs  obfervations ,  &  n'efl 
contredit  de  perfonne.  Et  voilà  tout  le  myftère  de  l'attraélion 
Newtonienne  :  voilà  la  loi  générale  de  la  Nature,  que  hs 


(h)    Les  termes  de  centrifuge  &  de  centripète  font  originaîrement  latins  î 
le  premier  fignme/wV^  du  centre  /  le  kçonà  ^  tendance  au  centre^ 


îji      Doctrine  DES  Phi  lus  ophes 

îgnorans  blafphèment  parce  qu'ils  '  ne  ia  connoillent  pas  : 
voiià  cette  pi'ctendue  qualité  occulte  ,  dont  le  nom  feul 
paroît ,  ielon  quelques-unij ,  équivaloir  à  une  démonflration 
rigoureufe  contre  ie  fyûème  de  Newton.  Peut -on  nier  un 
fait,  une  vérité d'obfervation  î 

Mais,  dira-t-on,  quelle  eft  la  eau (è  de  cette  tendance  des 
corps  à  s'approcher  î  quelle  e(î:  la  eau  le  de  cette  gravitation 
iiniverièlîe!  Newton  a  découvert  la  loi  de  celte  gravitation, 
il  l'a  démontrée ,  il  en  a  ignoré  la  caulë ,  il  l'a  avoué.  Rare 
&  fublime  effort  d'un  génie  qui  ne  cherche  que  le  vrai , 
qui  n'entreprend  point  de  mêler  les  vifions  bizarres  de  ion 
imagination  avec  \qs  eflets  certains  &  confiâtes  de  la  Nature  l 
Que  quelqu'autre  génie  femblable  plus  vaite  encore ,  découvre 
cette  caufe  ;  Newton  lui  a  déjà  prodigué  par  avance  les  éloges 
que  fa  découverte  méritera.  Il  n'aura  point  altéré  le  iyfième 
de  Newton  ,  il  l'aura  amplifié;  il  ne  l'aura  point  renverlé,  ii 
l'aura  perfeélionné.  Car  enfin  ,  ii  ne  faut  pas  s'imaginer  que 
ia  caufe  de  la  gravitation  univerlelle  puifle  être  expliquée  au 
préjudice  du  vide,  tel  que  Newton  l'admet.  Ce  vide  marche 
de  pair  avec  la  gravitation  ;  des  faits  également  décififs 
établiifent  l'un  &  l'autre.  Il  eft  vrai  qu'en  admettant  un  leî 
vide ,  il  pai  oît  difficile  ,  pour  ne  rien  dire  de  plus ,  d'expliquer 
les  mouvemens  des  corps  célefles  par  la  voie  de  l'impuifion. 
Mais  l'impullion  efl-eiie  abiolument  néceliaire  pour  la  com- 
munication des  mouvemens.  La  plupart  de  ceux  dont  nous 
fommes  témoins  fur  Terre,  ont  manifeftement  l'impullion 
pour  cauie  ;  c'eli  ce  qui  fait  que  nous  fommes  familiarilés 
avec  l'impuifion ,  &  non  avec  l'attraélion.  Peut-être  n  ell-ce 
^ue  faute  d'expériences  que  nous  ne  concevons  pas  fi  faci- 
lement l'attraction,  &:  que  dans  un  autre  ordre  d^s  choies 
nous  en  aurions  une  idée  bien  plus  claire  (i).  Mais  fur  une 
iimple  polTibilité ,  Newton  efl  trop  fage  pour  établir  l'attraélioii 
en  dogme  piiyf  îque.  Il  emploie  iouvent  ce  terme  ,  &  je  m'en 
fervirai  à  fon  exemple;   mais  il  déclare  que  par  ce  terme  il 

(  i)  Ob  peut  voir  là-deflTus  Maupertuis,  Figure  des  AJires,  çhap,  ii. 

n'entend 


s  U  R    L  E  s    C  0  M  à  TES.  15-3 

n'entend  que  la  gravitation  univerfeiie  ,  de  quelque  manièj'e 
qu'on  l'explique,  (bit  par  attracftion ,  comme  il  croit  qu'il  eft 
peut-être  néceflaire  de  le  faire  ;  Ibit  par  impulfion  ,  comme 
il  defire  qu'on  réLiffilTe  quelque  jour  à  l'expliquer  ( kj. 

Le  vide ,  ou  du  moins  un  milieu  non  réfillant ,  &  la 
gravitation  univerfeiie  ,  voilà  tout  le  iyllème  de  Newton  ; 
&  moyennant  ces  deux  leuls  principes ,  toute  la  mécanique 
de  l'Univers  efl  expliquée.  Le  milieu  ne  réfilknt  point ,  les 
corps  céiefles  ne  rencontrent  aucun  obftacle  dans  leur  mou- 
vement. L'attraétion  retient  perpétuellement  Ïqs  Planètes  dans 
les  elliples  qu'elles  décrivent ,  &  le  Soleil  elt  néceflairement 
placé  à  l'un  ôqs  foyers  de  ces  ellipfes.  Les  deux  belles  règles 
de  Kepler,  dont  nous  avons  parié  au  Chapitre  VL^  ne  lont 
■que  deux  conféquences  néceiïaires  du  lyftème  de  Newton, 
Kepler  avoit  découvert ,  par  la  combinailon  à^s  mouvement 
célefles ,  que  ces  deux  loix  exiftoient  :  Newton  a  conclu  de 
iès  principes  qu'elles  dévoient  néceflairement  exifler.  Il  n'ell 
aucune  inégalité  obfervée  dans  le  mouvement  dç$  Planètes, 
qui  ne  dépende  abfolument  du  fyfième  de  la  gravitation 
.univerfeiie  ,  telle  que  nous  l'avons  expliquée.  Je  ne  rapporterai 
pointici  lesdémonflrations  vraimentgéométriques  que  Newton 
a  données  ,  dans«ifes  Principes  Mathématiques  de  la  Phiîofophic 
naturelle  ,  de  toutes  les  parties  de  fon  fyflème.  Je  n'ai  point 
entrepris  un  Traité  général  d'Aftronomie.  Ce  que  j'en  ai 
dit  peut  fufîîre  &  m'a  paru  néceffaire  pour  entendre  ce  qu'il 
me  refte  à  dire  fur  les  Comètes. 

Les  Comètes  font  des  Planètes  ;  voilà  tout  le  fyftème 
Cométaire  de  Newton  :  il  ne  faut  point  d'explication  ulté- 
rieure. Mais ,  fi  cela  efl  ainfi  ,  les  Comètes  feront  donc 
fu  jettes  aux  mêmes  loix  que  les  Planètes  ?  fans  aucune  exception. 
Les  orbites  des  Comètes  font  elliptiques  comme  celles  des 
Planètes  :  le  Soleil  eft  placé  à  un  foyer  commun  aux  unes  Sç 
aux  autres  :  le   mouvement   des  Comètes   efl  réglé  fur  le? 


(k)    Pr'mcip.  defin.  Vîii  ,  lib.  I;  fed,  ïl,  if  in  fchol.  ^ûfprop.   69.  In 
£c]ioI,  generali  ad  calcem  overis. 

Tome  L  U 


ij4  Doctrine  des  Phi lûsophes 
deux  loix  de  Képier ,  avec  autant  de  précifion  que  ceîuî  àçs 
Planètes  î  enfin  les  Comètes ,  dans  ieurs  mouvemens ,  font 
expofees  aux  mêmes  dérangemens  que  les  Planètes.  Mais 
pourquoi  les  Comètes  paroiiïent  -  elles  fi  rarement  I  C'eft 
parce  que  leur  ellipiè  eft  bien  plus  alongée  que  celle  des 
Planètes.  Nous  les  voyons  dans  la  partie  inférieure  de  leur 
orbite  :  leur  grande  diflance  les  dérobe  enfuite  à  notre  vue 
pour  plufieurs  années  ,  &  même  pour  plufieurs  fiècles.  L'orbite 
de  Vénus  ell  prefque  circulaire  :  celles  de  la  Terre ,  de 
Jupiter ,  de  Saturne  ,  de  Mars  s'écartent  un  peu  plus  du 
cercle  ;  celle  de  Mercur-e  efl  bien  feniiblement  aiongée  :  enfin 
celles  des  Comètes  font  beaucoup  plus  alongées  que  celle  de 
Mercure.  La  différence  n'efl  que  du  plus  au  moins  ;  une 
légère  variation  dans  le  rapport  des  forces  centrifuge  & 
centripète  ,  peut  opérer  des  différences  encore  plus  confidé- 
râbles.  Si  dans  un  certain  point  de  l'orbite  ces  deux  forces 
font  égales ,  l'orbite  efl  circulaire  :  fi  l'une  eft  d'un  peu  plus 
de  deux  cinquièmes  plus  forte  que  fautre ,  f orbite  devient 
infinie  ;  la  Planète  s'écarte  du  Soleil  fans  eipérance  de  retour. 
Mais  les  Planètes  fe  meuvent  toutes  d'occident  en  orient. 
Cela  efl  vrai  des  Planètes  qui  ont  toujours  été  reconnues 
pour  telles  ;  mais ,  fi  comme  nous  l'avons  prouvé ,  le  milieu 
ne  forme  aucune  réfiflance  ,  quel  inconvénient  qu'il  y  ait 
d'autres  Planètes  emportées  d'orient  en  occident ,  du  midi 
au  feptentrion ,  du  feptentrion  au  midi  !  D'ailleurs  le  fait 
efl  démontré.  Quelque  fentiment  que  l'on  veuille  em- 
braffer  fur  la  nature  des  Comètes  ,  les  obfèrvations  ne 
permettent  pas  de  douter  qu'elles  ne  traverfent  fefpace  en 
tout  fens ,  &  qu'elles  ne  pénètrent  dans  l'intérieur  de  l'orbite 
ÛQs  Planètes. 

La  marcbe  de  la  Nature  efl  ordînairement  uniforme.  La 
complication  des  diffêrens  mobiles  avoit  fait  abandonner 
généralement  le  f)'flème  de  Ptolémée;  la  fimplicité  ÇtiAe  de 
celui  de  Newton  formoit  uji  préjugé  bien  fort  en  fà  faveur. 
La  multitude  des  obfèrvations  tourna  le  préjugé  en  démonf^ 
îration,  11  n'étoit  pas  facile ,  il  efl  vrai  ,    de  déterminer  par 


SUR   LES    Comètes.  i^^ 

les  obièrvatîons  le  vrai  mouvement  àts  Comètes.  Placée  au 
centre  du  Soleil  ,  nous  jugerions  des  mouvemens  céiefles 
par  les  feules  apparences  ;  ils  feroient  abfolument  tels  en 
eux-mêmes ,  qu'ils  nous  paroîtroient  être.  Mais  nous  obfervons 
le  Ciel  de  delTus  la  circonférence  d'une  Planèt^  alîujettie  à 
un  mouvement  perpétuel.  Tels  ,  &  plus  fujtts  encore  à 
i'illufion ,  qu'un  Navigateur  qui  s'imagine  que  les  terres  & 
les  villes  l'abandonnent ,  lorfque  le  Vaiiîèau  qui  le  porte , 
s'éloigne  feul  du  rivage  ,  nous  attribuons  à  tous  [e$  corps 
céieiïes  Ïqs  mouvemens  dont  notre  Terre  eft  agitée.  Si  au 
mouvement  de  la  Terre  (e  joint  un  mouvement  particulier 
de  quelque  corps  céleile  indépendant  de  la  Terre,  tel  que 
peut  être  celui  d'une  Planète  ;  ces  deux  mouvemens  pouvant 
ië  combiner  d'une  infinité  de  manières,  il  doit  en  réfuher  un 
mouvement  apparent  irrégulier  de  la  Planète  oblèrvée.  Ainli 
ie5  Planètes  nous  paroilîent  tantôt  diredes  ,  tantôt  flation- 
naires  &  tantôt  rétrogrades,  quoique  la  diredion  de  leur 
mouvement  d'occident  en  orient  foit  absolument  conlîante. 
Les  Planètes  nous  font  vifiblfes  dans  toutes  les  parties  de  leurs 
orbites,  en  conléquence,  il  étoit  moins  difficile  de  dépouiller 
leur  mouvement  apparent  de  l'effet  optique  caufé  par  le 
mouvement  de  la  Terre:  cette  iôuftraélion  faite ,  il  eft  refté 
le  mouvement  réel  &  vrai  de  la  Planète ,  tel  qu'il  feroit  vu 
du  centre  du  Soleil.  Mais  il  n'en  eft  pas  de  même  d^s 
Comètes  ;  nous  ne  pouvons  les  obferver  que  dans  une 
très-^pevite  partie  de  leur  orbite  :  pour  démêler  leur  mouve- 
ment réel  ,  la  méthode  que  l'on  avoit  employée  pour  \qs 
Planètes  devenoit  infuffiiante;  il  falloit  en  imaginer  une 
nouvelle.  Que  ne  pouvoit  pas  l'efprit  univerfel  de  Newton? 
Il  penfe ,  il  réfléchit ,  il  combine  ;  &  fi  Çqs  recherches  ne  le 
terminent  point  à  nous  faire  connoîîre  l'orbite  entière  des 
Comètes ,  nous  pouvons  au  moins  en  déterminer  la  partie 
qui  eft  la  plus  voifme  du  Soleil  ,  c'elt-à-dire ,  celle  qui  eft 
feule  à  portée  de  nos  oblervations.  L'ellipfe  que  décrivent 
les  Comètes  eft  extrêmement  alongée  :  or  dans  une  ellipfè 
extrêmement  alongée,   la  partie  qui  eft  vers  un  des  deux 

U  ij 


156      Doctrine  DES  Philosophes 

foyers ,  ne  diffère  pas  renfiblement  d'une  partie  feinbîabie  de 
paraboie ,  puifque  la  paraboie  n'eft  autre  chofe  qu'une  eilipie 
infiniment  alongée.  Gela  pofé,  comme  le  calcul  d'une  para- 
bole eil  bien  plus  facile  que  celui  d'une  ellipfe ,  &  que 
d'ailleurs  il  y  a  une  infinité  d'efpèces  d'elljpfes,  au  lieu  qu'il 
n'y  a  qu'une  feule  efpèce  de  parabole  ;  Newton  propofe  de 
reo-arder  comme  une  partie  de  parabole  la  partie  de  l'ellipiè 
que  la  Comète  décrit  durant  le  temps  qu'elle  efl  vifible. 
Gn  choifit  trois  obfervations  ;  par  une  eipèce  de  règle  de  deux 
faufîes  pofitions  ,  on  cherche  une  fituation  de  paraboie  qui 
làtisfafle  aux  trois  obfervations  choifies  ;  la  parabole  ainfi 
déterminée  repréfèntera  à  très-peu  près  la  route  vraie  que  la 
Gomète  a  fui  vie  durant  le  temps  de  fon  apparition.  La  preuve 
de  cette  méthode  efl:  bienfimple;  fi  l'orbite  ainfi  trouvée  efl 
l'orbite  vraie  de  la  Gomète ,  elle  doit  repréfenter  toutes  les 
obfervations  de  cette  Gomète ,  en  cjuelque  nombre  qu  elles 
foient.  On  a  fait  l'elfai  de  cette  méthode  fur  plus.de  cin- 
quante Comètes,  elle  a  toujours  réuffi  :  f  orbite ,  déterminée 
fur  trois  obfervations  feulement  de  chaque  Comète  ,  a  repré- 
fente  les  autres  lieux  de  la  même  Comète  ,  tels  qu'ils  avoient 
été  réellement  obfervés.  On  n'attribuera  point  fans  doute  un 
accord  fi  confiant  au  hafard.  C'efi  cependant  le  feul  parti  qui 
refteroit  à  prendre  à  ceux  qui  refuferoient  encore  de  recon- 
noître  que  le  fyftème  de  Newton  fur  le  mouvement  àQs 
Comètes  efi  le  îyfième  même  de  la  Nature.  ïfaac  Newton , 
né  dans  le  diocèiè  de  Lincoln ,  le  4  de  Janvier  i  643  ,  at 
inventé  le  calcul  difierentiei  ;  il  efi  l'auteur  du  télefcope 
catadioptrique  ;  il  a  découvert  la  nature  de  la  lumière  ;  il  a 
perfeélionné  prelque  toutes  les  Sciences  ;  il  étoit  Afîbcié  dé 
notre  Académie  Royale  d^s  Sciences  ,  &  Préfident  de  la 
Société  Royale  de  Londres  :  le  monde  a  perdu  ce  gran4 
homme  le  3  i   Mars   1727  ( l). 

Par  la  méthode  de  Newton ,  on   ne  pouvoit  détermine? 


(I)  Je  date  les  jours  de  la  naijOTance  ôi.  de  la  mort  de  Newton  félon  le 
nouveau  ilyle. 


-^    SUR  LES   Comètes,  157 

qu'une  très-petite  partie  de  l'orbite  des  Comètes  ;  mais  cette 
petite  partie  pouvoit  conduire  à  la  connoiiïance  de  l'orbite 
entière.  Pour  cela,  il  étoit  nécelTaire  de  calculer  toutes  les 
Comètes  obfervées.  Le  calcul  pour  chacune  étoit  long  & 
pénible;  mais  l'utilité  devoit  dédommager  du  travail.  On 
s'afluroit  par-là  du  retour  des  Comètes  :  c'étoit  en  quelque 
Ibrte  mettre  ie  fceau  à  la  certitude  de  nos  connoiffances  Hir 
ieur  nature.  En  effet ,  fi  l'orbite  ,  calculée  par  fa  portion 
vifible,  étoit  trouvée  la  même  pour  plufieurs  Comètes,  il 
n'étoit  guère  poffible  de  douter  que  cette  même  orbite  n'ap- 
partînt à  la  même  Comète ,  qui  avoit  paru  plufieurs  fois  :  le 
temps  de  fa  révolution  périodique  devenoit  connu  ;  &  par  la 
deuxième  loi  de  Kepler ,  il  étoit  facile  de  déterminer  fà 
moyenne  diilance  du  Soleil ,  &  d'en  conclure  la  grandeur 
&  toutes  les  autres  dimenfions  de  l'ellipfe  qu'elle  parcouroit. 
On  pouvoit  pareillement  prédire  fon  retour  ;  &  l'accompli!^ 
fement  de  la  prédiélion  devoit  porter  le  fyflème  de  Newton 
au  plus  haut  degré  d'évidence  dont  il  étoit  fufceptible.  Edmond 
Haliey,  né  à  Londres  au  mois  de  Novembre  1^56,  digne 
ami  du  grand  Newton  ;  déjà  célèbre  par  mille  travaux  ,  par 
mille  fuccès  Agronomiques ,  entreprit  cette  vafle  recherche» 
L'immenfité  du  travail  ne  le  détourna  point  d'entrer  dans 
une  carrière  d'autant  plus  pénible  à  parcourir  qu'elle  n'étoit 
point  encore  frayée.  Il  appliqua  la  méthode  de  fon  illuftre 
ami  à  vingt-quatre  Comètes.  Ce  qu'il  defiroit ,  ce  qu'il  efpéroit 
même,  arriva.  Les  Comètes  de  i  53  i  ,  de  i  6oy  &  de  i6Sz 
avoient  à  très-peu  près  fùivi  une  même  route.  La  defcription 
que  les  Hirtoriens  nous  ont  tranfmifè  de  la  Comète  de  145^, 
ne  permettoit  pas  de  douter  que  fon  mouvement  réel  n'eût 
été  conforme  à  celui  de  ces  trois  Comètes.  D'ailleurs  les 
intervalles  de  temps  écoulés  entre  les  apparitions  de  ces 
Comètes  font  à  peu-près  les  mêmes.  Haliey  fe  perfuada  que 
ce  n'éîoit  qu'une  feule  &  même  Comète  ,  qui  avoit  paru 
dans  ces  quatre  années ,  &  antérieurement  encore  en  1380 
&  en  1305  :  que  la  révolution  étoit  d'environ  foixante-- 
quinze  à  foixante  -  feize  ans  ;  qu'en  conféquence  on  devoit 


ijS      Doctrine  des  Philosophes 

attendre  fou  retour  vers  ia  fin  de  1758  ou  ie  commence- 
ment de   1759. 

Halley  n'elt  pas  le  premier  qui  ait  annoncé  le  retour  d'une 
Comète.  Appien  &  quelques  autres  avoient  prédit  des 
apparitions  de  Comètes  ,  mais  non  pas  àes  retours,  lis 
regardoient  \^s  Comètes  comme  des  météores  engendrés 
par  \Qi  conjondtions ,  oppofitions  &  autres  alped:s  à^?,  Pla- 
nètes. Ces  afpeds  pouvoient  être  facilement  connus  par  A^s 
Tables  Aftrononiiques  ,  ou  par  à^s  Éphémérides  ;  on  en 
concluoit  l'apparition  ,  c'eft-à-dire ,  la  génération  prochaine 
d'une  Comète.  Il  n'eft  pas  furprenant  qu'entre  plufieurs  pré- 
diélions  on  ait  quelquefois  rencontré  jufle;  mais  l'on  le 
trompoit  le  plus  fouvent.  Nous  avons  vu  ci-deflus  que  Petit 
kvoit  prédit  pour  17 10  le  retour  de  la  Comète  de  1664, 
Elle  n'efl  pas  revenue ,  &  ne  devoit  point  en  efFet  revenir» 
Quoique  Caflini  fût  perfuadé  de  l'éternité  &  du  retour  des 
Comètes ,  ce  grand  &  lage  Aflronome  n'a  ofè  haiàrder  aucune 
prédidion  à  ce  fujet.  Mais  Halley  efl  le  premier,  qui  fondé 
fur  àt'Q?,  observations  Aflronomiques  ,  &  fur  àfi%  confequences 
légitimes  de  principes  raifonnables  ,  ait  prévu  ie  retour  d'une 
Comète ,  &  dont  la  prédi<5tion  ait  été  inconteftablement 
confirmée  par  l'événement.  La  théorie  de  Newton  ne  doit  plus 
déformais  éprouver  de  contradiélion  ;  les  Comètes  reviennent, 
&  reviennent  dans  les  temps  précis ,  auxquels  elles  doivent 
reparoître  ;  donc  les  Comètes  font  de  vraies  Planètes.  Le 
procès  ell:  irrévocablemeiit  décidé. 

Halley  a  donné  au  Public  une  Cométographîe  bien  moins 
volumineule,  mais  beaucoup  plus  folide  que  celle  d'Hévélius. 
Elle  parut  pour  la  première  fois  en  1705  dans  les  Tran- 
faélions  Phi lofop biques  :  Whifion  la  traduifit  en  Latin,  y 
ajouta  à^s  Commentaires,  &  la  fit  imprimer  en  171  o  à  la 
fuite  de  lès  Praleâiones  Phy/ico-Mathematka.  M.  le  Monnier 
nous  en  a  donné  une  traduélion  Françoife  en  1743  ,  dans 
fa  Théorie  des  Comètes,  Dans  les  Tables  Agronomiques  de 
Halley ,  publiées  en  1 749  ,  on  trouve  cette  même  Comé^ 
tographie  avec  plufieurs  additions  confidérables.  Enfin  M.  de 


SUR    LES    Comètes,  13^9 

ia  Lande  en  a  donné  en  17  jp  une  nouvelle  Tradu<5lion, 
avec  un  fupplément  intéreflant  (m).  Dans  cet  Ouvrage , 
ji^  Halley  enlèigne  la  méthode  Newtonienne  de  calculer  fur 
trois  obrervations  choifies  la  route  d'une  Comète  dans  une 
orbite  parabolique  ;  il  rapporte  le  rélultat  de  [qs  calculs  fur 
ies  vingt-quatre  Comètes ,  dont  nous  avons  parlé  plus  haut  ; 
il  propofe  la  manière  de  calculer  dans  une  orbite  elliptique 
le  mouvement  d'une  Comète  ,  dont  le  temps  de  la  révolution 
périodique  eft  connue  ;  il  éclaircit  le  tout  par  quelques 
exemples  ;  il  détermine  rellipfe  de  la  Comète  de  16B2  , 
&  prédit  Ton  retour  ;  enfin ,  il  ajoute  quelques  Tables  pour 
faciliter  \qs  calculs ,  &  explique  les  fondemens  fur  iefquels 
ces  Tables  font  conftruites. 

Halley,  outre  fa  Cométographie ,  a  donné  au  Public  un 
nombre  prelque  infini  d'Ouvrages  ,  de  Diiïertations  ,  de 
Mémoires  extrêmement  utiles  pour  l'Altronemie  &  la  Navi- 
gation. Il  obfêrva  le  premier  les  Etoiles  voilines  du  pôle 
auftral  ;  il  étoit  allé  pour  cet  effet  à  l'île  de  Sainte-Hélène , 
à  feize  degrés  de  latitude  aullrale  :  il  publia  le  Catalogue 
de  ces  Étoiles  en  i  6y^,  il  aperçut  le  premier  la  progrelîion 
des  variations  de  l'aiguille  aimantée;  il  fit  part  de  fa  théorie 
en  1683  à  la  Société  Royale.  11  procura  en  1687  la  première 
édition  des  Principes  de  Newton.  11  avoit  l'année  précédente 
communiqué  à  la  même  Société  une  Hiltoire  des  vents  alifés 
&  des  mouffons ,  avec  un  effai  fur  leur  caufe  phyiique.  Il 
fit  imprimer  en  17 ip  àes  Tables  du  Soleil,  de  la  Lune^ 
àes  Planètes ,  plus  parfaites  que  celles  qu'on  avoit  conflruites 
jufqu^aiors;  elles  n'ont  cependant  été  publiées  qu'en  174^» 
Halley  traitoit  la  Lune  d'AfIre  rebelle ,  tant  {^$  mouvemens 
paroifîent  irréguliers  ;  il  ne  iè  flattoit  pas  de  \Qi  avoir  repré* 
fentes  dans  Tes  Tables  avec  une  parfaite  exaditude  :  maif 
comme  la  Lune,  au  bout  de  dix -huit  ans  &.  dix  ou  onze 
jours  fè  retrouve  à  peu -près  dans  les  mêmes  circonflances , 

i_ —  ■      ; — "  •'         '     '  I  ■  Il 

(m)    Dans  l'édition  françoife  des  Tables  d'HalIey  ,  deuxième  Volume  î 
%t  premier  Volume  cil  de  l'AJDfaé  Cliappe  d'Auteroche. 


i6o      Doctrine  des  Philosophes 

par  rapport  aux  cauiès  de  /es  irrégularités;    il  fe  perruacTa 
que  les  erreurs  àQs  Tables  dévoient  être  à  peu-près  les  mêmes, 
après  une  période  de  dix-huit  ans  &  dix  ou  onze  jours.   En 
con(equence  ,   âgé  déjà  de  foixante-fîx  ans  ,  il  entreprit  de 
(iiivre  le  cours  de  la  Lune  durant  une   femblable  période , 
&  de  comparer  fès  obfervaîions   avec  Tes   calculs ,   pour  en 
conclure  l'erreur  de  ks  Tables,   dans  toutes  les  parties  delà 
-période.  Il  eut  le  bonheur  de  finir  cet  ouvrage  ,  n'étant  mort 
que  vers  le  commencement  de  1742  ,  dans  la  quatre-vingt- 
fixième  année  de  ion  âge.  Il  étoit  de  l'Académie  à^s  Sciences,  & 
avoit  été  Secrétaire  perpétuel  de  la  Société  Royale  de  Londres. 
Les  découvertes  de  Newton  &  d'Halley  ne  laiflbient  rien 
à  délirer  fur  la  connoiflance  de  la  nature  à^s  Comètes ,  de 
i'efpèce  de  leur  mouvement ,  &  de  la  certitude  de  leur  retour. 
L'Ouvrage  cependant  n'étoit  point  encore  porté  à  la  perfec- 
tion :  on  pouvoit ,    lelon   la  méthode  de  ces  deux  grands 
Aflronomes ,    prédire  à  peu-près  le  temps  du  retour  d'une 
Comète  :  mais  cette  méthode  ne  luffifoit  pas  pour  prévoir  le 
mois ,  le   jour  de  Ton  apparition.  En   efîet ,   fi  les  Planètes 
altèrent  réciproquement  le  mouvement  qu'elles  reçoivent  du 
Soleil ,   par  l'aétion  qu'elles  exercent  \qs  unes  fur  les  autres  ; 
qui  doute  que  cette  caufe  n'aglife  également  fur  les  Comètes  l 
Il  falloit  donc  non -feulement   eftimer    avec    précifion   les 
orbites  àes  Comètes ,  mais  encore  apprécier  les   variations 
prefque  continuelles  de  la   grandeur ,   de  la  figure  &  de  la 
pofition  des    orbites   qu'elles    décrivent.    Autrement   on  ne 
pouvoit  fe  flatter  de  connoître  avec  une  exactitude  fuffilante 
la  durée  de  leur  révolution ,  &  le  temps  de  leur  retour.  Ce 
n'étoit  plus  ici  l'affaire  de  l'Aftronome  ;  le  Géomètre  le  plus 
profond  n' avoit  point  trop  de  talens  pour  exécuter  une  telle 
entreprife.  Alexis  -  Claude  Clairaut ,  né  à  Paris  le   j  3  Mai 
iji"^  ,  reçu  à  l'Académie  des  Sciences  le  14  Juillet  173  i, 
jofa  tenter    ce  travail.    Dans  un   Ouvrage    qu'il    publia  en 
1760  (n) ,  il  applique  aux    Comètes  la  théorie  générale 

(n)   ThéoriQ  dcèComèîQS,  Paris j  1/60  f  in-S* 

qu'il 


s  U  R    L  E  s    C  0  M  è  T  E  s,  î6ï 

qu'il  avoît  ci-devant  propofée  fur  \qs  perturbations  réciproques 
des  Planètes.  L'analyie  la  plus  profonde  lui  fournit  des  for- 
mules, à  l'aide  defquelles  on  peut  eflimer  avec  précifion  \qs 
altérations  qui  peuvent  affeéler  le  mouvement  d^s  Comètes , 
en  conféquence  de  l'adion  de  Jupiter  &  de  Saturne,  tant 
fur  les  Comètes  mêmes ,  que  fur  le  Soleil.  Clairaut  avoit 
fait  i'elTai  de  cette  méthode  fur  la  Comète  dont  nous  atten- 
dions le  retour  :  il  avoit  conclu  qu'elle  feroît  périhélie  vers 
le  milieu  du  mois  d'Avril  1755?,  Mais  il  n'avoit  préfenté 
cette  annonce  qu'avec  beaucoup  de  ménagemens  ;  «  tant  de 
petites  quantités  ,  difoit-il  |^o^,  négligées  néceflairement  par  « 
ies  méthodes  d'approximation  ,  pourroient  bien  en  altérer  le  « 
terme  d'un  mois ,  comme  dans  le  calcul  à^s  périodes  précé-  « 
dentés  ».  La  Comète  en  effet  fut  périhélie  vers  le  milieu  du 
mois  de  Mars,  comme  Clairaut  avoit  prévu  que  cela  pourroit 
arriver.  Il  a  depuis  retouché  fa  méthode;  il  a  calculé  l'effet 
de  la  perturbation  caufée  à  l'orbite  de  la  Comète  par  l'aétion 
de  Vénus  ,  négligée  dans  ks  premiers  calculs.  S'il  a  porté 
cette  méthode  au  degré  de  perfeélion  dont  elle  eftfufceptible, 
comme  il  y  a  lieu  de  le  fuppofer,  que  refte-t-il  à  faire  fur  la 
théorie  des  Comètes?  Il  faudra  obierver  celles  qui  paroîtront; 
calculer  les  élémens  de  leurs  orbites ,  \qs  comparer  avec  celles 
qui  auront  déjà  été  obfervées  ;  tenir  compte  de  celles  que 
l'Aflronomie  décidera  avoir  déjà  paru;  déterminer,  félon  la 
méthode  de  Newton  fie  d'HalIey  ,  l'orbite  de  celles  -  ci  ;  y 
appliquer  la  méthode  de  Clairaut ,  pour  en  prédire  avec  plus 
de  précifion  les  retours,  &  attendre  avec  patience  que  le 
Catalogue  foit  complet  :  ce  ne  fera  pas  l'affaire  d'un  petit 
nombre  de  fiècles.  Le  17  Mai  1765,  l'Académie  perdit, 
dans  la  perfonne  de  Clairaut  ,  un  efprit  jufle  ,  un  génie 
profond  ,  un  excellent  Géomètre  ,  un  cœur  droit ,  ami  de 
ia  probité,  de  la  vérité  &  de  la  bienfaifance. 


(0)    Journal  dts  Savans,  Janvkr  1^59  >  P^è^  44  ^^  l'édition  in-^, 

Tome  I,  X 


i62      Doctrine  des  Phi los ophes 

CHAPITRE       X. 

Nouveaux  Jyftèmes.  Progrès  des  vraies  notions  fur  le 
mouvement  des  Comètes  dans  V Académie  des  Sciences: 
la  théorie  de  Newton  efl  enfin  généralement  admife. 

J  E  n'ai  pas  voulu  interrompre  ce  qui  regardoit  le  vrai 
lyftème  à^s  Comètes  i  ainfi,  je  ne  pouvois  me  diipenfèr  de 
rapporter  de  fuite  tout  ce  qui  pouvoit  concerner  Doërfell, 
Newton ,  Haliey  «Se  Ciairaut  :  je  reprends  maintenant  le  fil 
de  mon  Hifloire. 

La  Comète  de  i68a  a  donné  naiiîance  au  vrai  fjflème; 
elle  étoit  trop  éclatante  pour  ne  pas  frapper  les  regards  de 
tous  \qs  Altronomes  ,  &  pour  ne  pas  animer  l'imagination 
de  tous  les  Phyficiens.  Elle  paroiffoit  encore  ,  &  le  monde 
étoit  déjà  comme  inondé  d'Ecrits  fur  ks  phénomènes  ,  fur 
fa  nature  ,  fur  Ces  fignifications  ;  car  il  y  avoit  encore  d^s 
Aftrologues  &  des  Cométomantiens  :  les  raifbnnemensfolides 
de  Gaflendi  n'avoient  pas  purgé  entièrement  la  Terre  de 
cette  feéle  ridicule.  Tout  le  monde  connoît  une  Lettre  fur 
la  Comète  à  un  Doâeiir  de  Sorhonne ;  elle  fut  imprimée  en 
ï68  I  ;  il  en  parut  en  1683  une  féconde  édition  fort  aug- 
inentée ,  fous  le  titre  de  Penje'es  fur  la  Comète.  Le  célèbre 
Bayle  en  étoit  l'auteur  ;  il  devoit  donc  néceflairement  le 
rencontrer  des  écarts  dans  l'Ouvrage:  mais  l'Auteur,  à  mou 
avis,  raifonne  très-fagement  &  très-folidement  fur  la  figni- 
iîcation  àQs  Comètes.  S'il  exifte  encore  des  Cométomantiens 
&  qu'ils  aient  lu  cet  Ouvrage  de  Bayle,  je  ne  puis  que  les 
plaindre  de  leur  peu  de  raifonnement.  Bayle  ne  traite  point 
ce  qui  regarde  la  nature  &:  les  mouvemens  àes  Comètes  ;  il 
paroît  feulement  hs  regarder  comme  d^s  corps  affujettis  à 
des  mouvemens  réguliers. 

Dès  I  d8  I ,  outre  plufieurs  Lettres,  outre  pi ufieurs  Ouvrages 


SUR    LES    Comètes.  163 

dans  iefquels  (ont  rapportées  les  oblervations  de  la  Comète 
qui  venoit  de  paroître  faj ,  on  vit  éclore  de  nouvelles 
yilions,  c'efl-à-dire  de  nouveaux  fyflèmes.  L'un  crut  avoir 
trouvé  le  fecret  de  la  Nature,  en  fe  figurant  que  deux  tour- 
billons de  Planètes  voifines  ,  en  s'entre  -  choquant  en  fens 
contraire ,  formoient  par  leur  collifion  un  troifième  tour- 
billon, au  centre  duquel  la  matière  la  plus  craiïe  s'amafToÎÊ 
&  formoit  une  Comète  ;  on  trouvoit  moyen  d'expliquer 
par-là  un  phénomène  imaginaire ,  la  génération  des  Comètes 
vers  le  temps  des  conjonélions  des  Planètes  ftj.  L'autre  ^ 
pour  expliquer  la  génération  de  la  Comète  de  1680, 
remontoit  jufqu'aii  Déluge.  Les  eaux  qui  inondèrent  alors 
îa  Terre  ,  ne  font  point  anéanties  ;  elles  font  remontées 
dans  leurs  rélèrvoirs  naturels  ,  dans  les  efpaces  de  l'air: 
primitivement,  elles  avoient  couvert  toute  la  face  du  globe; 
les  Planètes  en  avoient  été  formées.  A  ces  eaux  ,  on  peut 
encore  joindre  celles  qui  s'évaporent  des  Planètes;  le  tout 
condenfe ,  formera  une  Planète  analogue  à  nos  uiàges  ,  & 
qui  réfléchira  de  la  même  manière  les  rayons  du  Soleil: 
Ion  mouvement  aura  pour  caufe  une  vertu  intrinsèque 
d'autant  plus  facile  à  concevoir,  que  l'on  eft  obligé  den 
reconnoître  une  femblable  dans  les  Planètes ,  &  que  l'ori- 
gine des  Planètes  &  des  Comètes  eft  manifeftement  la 
même  fcj.  Celui-ci,  par  une  fiiite  de  proportions  plus 
méthodiques  que  folides ,  s'imagine  avoir  démontré  que  la 
Comète  de  1680  étoit  un  météore  célefte  f4J  :   celui-là 


(a)  Erhardus  "WVigellus  ,  dans 
un  Ouvrage  intitulé  Himmels  Zeiger, 
imprimé  à  lène  en  1681.  JVÎontanari 
in  Epiflolis  ad  Magliabechiim,  Marc- 
Antoine  Cellius  in  litteris  ad  Cajfmwn. 
Difcurfus  Academici  cujufdam ,  (t^c, 
de  Cometa,  an.  1680  ^  168 1.  Ces 
jtrois  derniers  Ouvrages  fe  trouvent 
dans  les  Mifcellama  Italica  Phyfico- 
JVIathematica  Gaudentii  Roberti,  îs^c. 

(h )  Domin,  Gmliclinini  Traéîat. 
fU  Cgmetis, 


(ç)  Lettra  del  P.  Francefco  Efchi- 
nardi  Soc.  J.  al  Signer  Francefco  Pedi, 
i68i.  C'efl  auffi  le  fentiment  de 
l'Auteur  des  EiTais  de  Phyfique  con- 
firmés par  l'expérience  ;  à  Paris  chez 
Pralard,   lôB^f. 

(d)  Pétri  M.  Kavinœ  Géomètres 
Faventini  Coinetaon.  i  680  if  i68 1 „ 
Faventiœ,  1681.  Obfervations  fur  la 
Comète,  &c.  par  le  P.  J.  de  Fon- 
t&nty;  à  Paris )  j 6 S I . 


1^4      Doctrine  des  Philosophes 

ne  rougit  pas  de  reffiifciter  le  ridicule  fyflème  des  Pérîpa- 
téticiens ,  &  veut  faire  pafler  les  Comètes  pour  Aqs  météores 
terreftres  inférieurs  à  la  Lune  (e).  Defcartes  ,  Hévélius , 
Caflini  ont  chacun  leurs  fedateurs  (f).  Je  crois  que  les 
langages  n'ont  point  été  fi  confondus  à  la  tour  de  Babel, 
que  les  fentimens  le  furent  fur  cette  fameufe  Comète  ;  mais 
l'opinion  la  plus  extravagante  de  toutes  ,  fut  celle  de  Jean* 
Charles  Gailet  ,  Prévôt  de  l'églife  de  Saint -Symphorien 
d'Avignon ,  Aftronome  d'ailleurs  aiTez  recommandable  ;  ii 
prétendit  qu'une  feule  &  même  Étoile  ,  tournant  autour  du 
Soleil,  étoit  fouvent  invifible,  &  qu'elle  fe  rendoii  quel- 
quefois vifible  ,  tantôt  fous  la  forme  d'une  tache  &  tantôt 
fous  celle  d'une  Comète  :  telle  étoit  félon  lui  f  origine  àts 
Comètes  &  des  taches  du  Soleil.  Il  fe  glorifoit  d'avoir 
découvert  les  mouvemeiis  de  cette  Étoile,  ce  qui  lui  donnoit 
ia  facilité  de  prédire  le?  apparitions  é^s  Comètes  &  des 
taches  (claires  :  il  promit  même  d'en  donner  une  Éphé- 
méride  détaillée  (g).  Il  s'eft  fans  doute  aperçu  lui-même 
du  ridicule  de  cette  imagination ,  car  ii  n'a  pas  tenu  parole. 

On  inventa  vers  le  même  temps  quelques  hypothèfes  plus 
raifonnables.  Le  vrai  fyflème  ne  pouvoit  être  goûté  dQs 
Cartéfiens  ;  celui  de  Defcartes  n'avoit  d'appui  pour  fe  foutenir 
que  le  refpeélable  nom  de  ion  Auteur,  Quelques  Carîéiiens 
fe  perfuadèrent  que  \gs  Comètes  étoient  à^s  Planètes  d'Étoiles 
fixes  (h).  On  fauvoit  par -là  tout  ce  qui  pouvoit  regarder 
la  nature  àts  Comètes  :  on  s'imaginoit  même  pouvoir  expli- 
quer leur  mouvement  vers  toutes  les  parties  du  CieL  Mais 
dans  ce  fenîiment,  il  étoit  impoffible  qu'une  Comète  parût 
pafrcourir  un  demi-cercle  entier   autour  du  Soleil  :  celle  de 


(  e  )  Donûîi  Mojfetti  Cornet  a. 
Taurinîj,  2681. 

( f  )  Mallemant  de  Meïïanges , 
Dijjertationfur  les  Comètes ^  à  Paris , 
I  6  8  I .  Cornet  arum  natiira  ^  ifc.  a 
Jeanne  Chrijîoph,  Stiirmio.  AltcIorfF. 
i68r. 

(g)  Journai  desSavans,  36  Nov, 


1 68z,àL  Aéla  Eruditorum  an .  1682, 
pag.  396. 

[h)  DiJJertatio  Phyfca  de  cmifâ 
motûs  (Ù^  principiis  folidcrum  corporum 
aTheodoroSantvoort .  Ultrajedi,  1704.. 
André œ  Rudigeri  Phyfica  divina.  Fran- 
cofurti  ad  Maeiium ,  1 7 1 6 . 


SUR  LES  Comètes»  165 

:t68o  en  avoit  parcouru  bien  davantage.  Une  Comète  ne 
pouvoit  defcendre  au-deiïous  de  Saturne;  celle  de  1 680  étoit 
delcendue  piu.s  bas  que  Mercure.  Quelle  devoit  être  d'ailleurs 
ie  volume  immenfe  de  la  queue  de  la  Comète  de  1680  , 
&  de  la  tête  de  celle  de  1652,  fi  elles  e'toient  à  une  diftance 
de  nous  plus  grande  que  celle  de  Saturne  ?  Telles  étoient 
auiTi  les  difficultés  que  l'on  pouvoit  objecter  au  célèbre  Géo- 
mètre Jacques  Bernoulli  (ïj.  Selon  lui ,  les  Comètes  font 
des  fatelliîes  d'une  feule  Planète  invifible  ;  cette  Planète 
tourne  autour  du  Soleil  en  quatre  ans  &  cent  cinquante-fept 
jours  ;  elle  eft  deux  cents  cinquante  fois  plus  éloignée  du  Soieli 
que  Saturne.  Le  fatellite  qui  forma  la  Comète  de  idSo, 
ne  peut  paroitre  dans  la  partie  fupérieure  de  fon  orbite ,  à 
caille  de  fon  trop  grand  éloignement  :  il  paroît  facilement 
dans  la  partie  inférieure.  Il  parcourt  un  degré  dix-fept  minutes 
en  cinquante  jours ,  &  doit  reparoître  au  bout  de  trente-huit 
ans  Se  cent  quarante -lept  jours.  Bernoulli  annonce  donc  fon 
retour  pour  ie  27  de  Mai  171c?,  vieux  flvle  :  on  devoit 
alors  le  revoir  dans  un  degré  douze  minutes  de  la  Balance  (k). 
Je  demanderois  volontiers  où  l'efprit  de  Bernoulli  prenoit 
toutes  CQs  belles  imaginations  l  Son  fyflèm.e  fut  incontinent 
réfuté  par  M.  de  la  Montre  ,  Profefîëur  au  Collège  Roval  (l), 
Bernoulli  femble  même  l'avoir  abandonné  ;  &  M.  Montucla 
doute  avec  raifon  fi. Bernoulli  eût  veiilé  lui-même  pourvoir 
faccom.pliffement  de  fa  prédidion  fur  ie  retour  de  la  Comète. 
Ce  fyllème,  ajoute-t-il ,  étoit  l'ouvrage  d'une  jeuneffe  ingé- 
iiieuie  à  la  vérité,  mais  un  peu  précipitée  (m). 

Prefque  tous  les  fyfîèmes  dont  je  viens   de  parler  furent 
antérieurs  à  la  publication  de  celui  de  Newton ,    qui  ne  fut 


(  jj  Le  P.  Hardouin  ,  fur  le  cha- 
phre  XXV  du  ÏL*  livre  de  Pline, 
traite  Bernoulli  d'Aftronome  :  il  a 
tort.  Bernoulli  avoit,  il  efl  vrai,  un 
peu  étudié  i'Aftronomie ,  comme  on 
le  peut  voir  dans  fon  éloge  par  Fon- 
tenelie,  ////?.  de  l'Academ,  370^ i 


mais  il  n'a  jamais  été  Aflronome  pro- 
prennent dit. 

(k)  Conamen  iwvï  fyflemaùs  Corne' 
?ûrw7n,  Amfteled.  i68^. 

(l)  Journ.  desSav.  2^  JVlaî  j  6 Sz, 
(m)    HiiL   des  Mathématiques, 
■partie  IV,  livre  VIII,  page  j  6/, 


i66     Doctrine  des  Philosophes 

rendu  public,  pour  la  première  fois,  qu'en  l'année  \6%G  om, 
1(^87  (n).  La  fimpiicité  de  celui-ci  ne  convainquit  point 
ies  mauvais  Phyficiens.  Vers  le  même  temps  ,  un  Anglois 
même  attribuoit  aux  Aftres  la  génération  des  Comètes,  ainft 
que  la  formation  àç.i  taches  du  Soleil,  à.^%  tempêtes,  àQ% 
nuages ,  des  pluies ,  àç^s  iris ,  en  un  mot  de  tous  ies  mé- 
téores (0).  D'autres  rapportèrent  la  caule  de  leur  nouvelle 
génération  à  l'aétion  des  Planètes  (p  )  ou  aux  évaporations 
du  Soleil  (q),  Robert  Hooke  qui  mourut  en  1703  ,  tenoit 
les  Comètes  pour  des  corps  embrafés  ;  il  comparoit  leur 
queue  à  la  flamme  d'un  flambeau  (r).  Les  Comètes  furent 
aufli  regardées  comme  à&i  Planètes  lumineufes  par  elles- 
mêmes  ,  &  douées  d'un  principe  aélif  de  mouvement  (f) , 
ou  comme  à^s  corps  diaphanes,  pénétrés  par  les  rayons  du 
Soleil  (t)»  Le  Marquis  Jean  Poleni  crut  apparemment 
accorder  tout  le  monde  en  difl;inguant  trois  fortes  de  Comètes, 
ies  unes  météores  terreftres,  les  autres  météores  célefl:es,  le5 
troîfièmçs  enfin  véritables  Planètes  (u).  Un  Jean-Chryfoitôme 
Scarfo ,  faifant  profelfion  de  n'écrire  que  pour  la  jeunefl^e  & 
ie  beau  (èxe  ,  attribue  l'apparition  d'une  Comète  au  concours 
à'è^  rayons  de  deux  Planètes  (  x)*  Enfin  il  n'y  eut  pas 
jufqu'au  fyflème  furanné  d'Ariftote  qui  trouva  un  zélé  défen- 
feur ,  recommandable   d'ailleurs  par  ies   c^aalités  du  cœur  & 


^(n)  Je  trouve  dans  plufieurs  Au- 
teurs ,  que  la  première  édition  àt^ 
Principes  de  Newton  efl  de  1686  : 
l'exmplaire  de  notre  Bibliothèque  eft 
daté  de  1687. 

(0)  Aphor'ifms  and  Difcurfes  of 
the  bodies  celejiial.  By  Jonh  Goad, 
London^  1686.  Jodnnis  Goad  Angli 
AJîrûmeteoroIogia  fana .  Lond.  1690. 

(-p)  Vorbereitung  ^ur  grojjen  Oppo^ 
Jlt'ton ,  ifc.  ou  Préparation  à  la 
grande  Oppofition  ,  &:c.  par  Marie- 
Marguerite  Winckelmann ,  veuve  de 
Godefroi  Kirck.  A  Cologne  fur  la 
Sprée,  IJX2,  Elle  prédit  une  Comète 
pour  1713» 


( q)  Eiïai  de  Dioptrique  ,  par 
Nicolas  Hartfoëker.  Paris,  i6p^. 

(r)  The  Poflhumous  Works  of 
Robert  Hook,  London  ,    1705. 

(  f)  Inftitutïo  Phyftco  -  Aflrono- 
inica,  a  Cajetano  Fontana,  TheatinOf 
Mutinae,    1695. 

(t)  Ichnographïa  nova  contempla- 
tionum  de  Sole ,  è^c.  a  GeorgioChriJIo- 
phoro  ^immarto.  Noriberg* ,  ï  70 1  • 

{u  J  De  Vortîcibus  cœlefiibiis  Dia- 
logus,  Patavii,  17 12. 

(x)  LetterePhyfiçali,ifç.ytXi%^ 
îiîs,   I74-Q» 


SUR   LES  Comètes,  i6j 

de  refprît,  dans  la  performe  d'Eusèbe  Amort  ,  Chanoine 
Régulier  de  la  Congrégation  de  Latran ,  à  Polling  en  haute 
Bavière  (y). 

Bernoulii  ne  fut  pas  le  leul,  qui  fondé  f«r  un  faux  (yftème, 
ofa  prédire  le  retour  de  quelque  Comète.  Le  Marquis 
Antoine  Ghifîeri  en  1720  &  en  1733  »  annonça  qu'il 
paroîtroit  des  Comètes  en  1736,  ^^J^^t  ^74-7'  ^75^» 
1758,  1783,  175^0  f^J.  Elles  n'ont  point  paru;  celles 
qui  ont  été  obfervées  en  quelques-unes  de  ces  années  étant 
manifeftement  différentes  de  celles  dont  Ghiileri  attendoit  le 
retour.  Les  prédiétions  de  Ghiileri  étoient  fondées  fur  le 
1^'flème  de  Calfmi. 

Cependant  la  théorie  de  Newton  fe  fortifioit  de  jour  en  jour, 
par  l'accord  parfait  que  l'on  trouvoit  entre  le  mouvement  des 
Comètes  conclu  par  cette  théorie  ,  &  celui  qu'on  obfervoit 
réellement.  Guillaume  Whifton  en  16^6  &  en  17  10  faj, 
David  Grégori  en  1702  {I^J  ,  Jean  Keil  en  lyiSfcJ, 
Guillaume- Jacques  s'Gravefande  en  1720  f<^J  &  plufieurs 
autres  l'embrafsèrent,  l'éclaircirent ,  l'appuyèrent  par  les  raifons 
les  plus  folides. 

Le  fyitème  Newtonîen  des  Comètes  fut  bientôt  connu 
dans  l'Académie  des  Sciences  :  il  fut  aufli-tôt  admiré  ;  il  ne 
fut  admis  que  long-temps  après.  On  convenoit  que  par  fou 
/ecours  on  expliquoit  les  phénomènes  des  Comètes  avec  la 
plus  grande  facilité ,  avec  le  fuccès  le  plus  flatteur.  Mais  ne 
pouvoit-on  pas  imaginer  quelqu'autre  voie  qui  conduisît  au 


(y)  P/iilo/op/iia  Po/lingana.  Au- 
guftae  -  Vindelic.  1730.  L'Auteur 
avoit  donné  dès  1723  un  Ouvrage 
intitulé  ,  Novwn  Philofophiœ  Plane- 
taruin  jyflema.  Il  fait  profelïlon  de 
fuivre  ia  Philofophie  Péripatéticienne; 
mais  il  s'en  écarte  fouvent  pour  fauver 
les  Phénomènes. 

("^J  In  PrœfatioTie  Ephemeridutn 
anno  ijzo  ,  &  en  1733  ^'^"^  "" 
Ouvrage  Italien  intitulé;  Prtdi':Qone 
de/ia  Cometa ,  ^c. 


(a)  New  Theory  of  the  Eartk, 
London,  1696.  Prœleéiiones  Phyjico- 
Alathanatiae  ^  <ifc,  Cantabrigise  , 
171  o. 

(b)  Aflromm.  Phyficx  if  CeO" 
meîricce  élément  a. 

(  c)  Introdudio  ad  veram  AJîro- 
nomiam. 

(d)  Phyjïces  Ekmmta  Mathc" 
matica, 


i6S      Doctrine  des  Philosophes 

même  but!  On  étoit  familiarifé  avec  le  fy^ème  de  Defcartes; 
vu  les  principes  qu'on  y  avoit  puifés,  le  vide  devoit  paroîtré 
un  être  de  raifon  ,  l'attradion  un  effet  fans  caufe ,  ou  même 
une  qualité  occulte.  Les  Aftronomes  crurent  d'ailleurs  que 
leur  temps  feroit  beaucoup  mieux  confacré  à  étudier  le  Ciel 
qu'à  approfondir  une  Phylique  nouvelle  ,  qui  ne  fembloit  pas 
facile  à  faiiir.  Et  en  effet,  fans  recourir  aux  Comètes  anciennes, 
ne  fuffifoit-il  pas  d'obferver  celles  qui  dévoient  paroîtré  ,  & 
de  combiner  leurs  mouvemens  avec  le  fyflème  du  plein! 
Si  f  on  réuffiiïbit  à  les  expliquer  d'une  manière  fatisfaifante  , 
on  enlevoit  aux  Newtoniens  une  des  principales  preuves  de 
leur  théorie  :  fi  le  plein  étoit  trouvé  incompatible  avec  les 
obfervations ,  on  y  renonçoit  fur  un  fondement  plus  analogue 
à  fAftronomie  que  n'auroit  été  la  dilculfion  des  principes 
Géométriques  de  Newton.  Les  Aftronomes  de  l'Académie 
réfolurent  donc  d'examiner ,  avant  que  de  fe  décider ,  pour 
ne  point  fè  décider  trop  légèrement.  Par  cette  conduite  la 
décifion  ne  devoit  être  que  plus  folide  &  moins  expolee  au 
danger  de  la  rétraélation.  Je  n'attribue  point  ici  à  nos  ref- 
pe(5lables  prédécelfeurs  des  vues  qui  leur  fuiïent  étrangères  ; 
l'oracle  même  de  la  Compagnie  ,  l'illuflre  Fontenelle  ,  qui 
travailloit  alors  à  s'immortaiifer  lui-même,  en  traçant  aux 
yeux  de  la  poftérité  le  tableau  noble  &  fidèle  des,  fuccès, 
des  recherches ,  des  vues  de  fès  favans  Confrères  ,  après  avoir 
expofé  dans  fHiftoire  de  i/o^  (e)  les  différens  phénomènes 
des  Comètes,  les  difficultés  qu'ils  pouvoient  faire  naître  contre 
ies  fyflèmes  admis  ,  les  réponfes  que  l'on  avoit  coutume  de 
faire  à  ces  difficultés  ,  l'impoffibilité  d'allier  le  mouvement 
d^s  Comètes  avec  le  fyflème  Péripatéticien ,  la  difficulté  de 
l'expliquer  dans  l'hypothèfe  de  Defcarîes  :  «  On  le  délivreroiî 
*'  tout  d'un  coup,  dit-il ,  de  tous  les  embarras  qui  peuvent  naître 
*»  de  toutes  ces  direél-ions  de  mouvemens  ,  en  fupprimant , 
*»  comme  a  fait  un  des  plus  grands  génies  de  ce  fiècle ,  toute 
*»  cette  matière  fluide  immenfe  cjuel'on  imagine  communément 

(e)    Hifl.  de  i'Acad.  dti  Sciences,  1708,  pag.  py  if  fuivantes. 

entre 


SUR   LES   Comètes.  169 

entre  les  Planètes,  Sl  en  les  concevant  fufpendues  dans  un  « 
vide  parfait;    mais  ce  moyen  de  lever  une  difficulté  pourroit  « 
en  avoir  lui-même  de  très-grandes.  Il  nous  fuffit  préfentement  <« 
d'avoir  fait  ienlir  une  partie  de  celles  qu'on  aura  à  vaincre  « 
dans  un  fyflème  Phyfique  des  Comètes  :    c'ell:   en  quelque  « 
forte  annoncer  par  avance  la  gloire  de  ceux  qui  l'entrepren-  «<^ 
dront  ".  On  réullit ,  à  la  très-grande  fatisfaétion  Aes  Cartéfiens , 
à  expliquer  les   mouvemens   de  la  Comète  de  172.^  dans 
l'hypothèfe  admife  jufqu'alors  :    on  fe  flatta  que   les  autres 
Comètes  fè   prêteroient  à  une   fèmbiable  explication  :    ou 
entrevoyoit  même  une  méthode   félon  laquelle   toutes   les 
Comètes  pourroient  être  aflreintes  à  un  mouvement  dired;» 
«c  II  femble  que  le  fyftème  des  Comètes  avance  ,  dit  Fonte- 
nelle  ;  car  il  faut  bien  fe  garder  de  le  compter  pour  fini ,  &  «« 
le  fût-il  même ,   on  auroit  tort  de  le  croire  û  tôt  (f)  ».  Et 
parlant  encore  de  la  même  Comète  :  «  II  ne  faut  pas  s'at-* 
tendre,  dit-il,  que  tout  s'accorde  fi  prompîement  à  donner  « 
un  fyflème  général  des  Comètes  ,    ni  même  celui  d'aucune  « 
Comète   en  particulier.    Des    Philofophes    trop    impatiens  <« 
auroient  à  revenir  fur  leurs  pas  (g)  ».  Ce  n'étoit  donc  point 
un  attachement  décidé  pour  aucun  fyfîème  particulier ,  mais 
ia  précaution  fage  d'un  mûr  examen ,  qui  dirigeoit  la  marche 
àes  Aflronomes  de  l'Académie  :    nous  en  avons  pour  garant 
le  plus  favant ,  le  plus  éclairé,  le  plus  confiant  défenfeur  du 
Cartéfianifme.  C'eft  fous  ce  point  de  vue  qu'il  faut  envifager 
tout  ce  qui  fe  pafTa  dans  l'Académie  des  Sciences  ,    au  fujet 
àes  Comètes  ,  depuis  l'établi ffement  fixe  &  folide  qu'elle  recul 
en  i6pc)  jufqu'en  1742. 

Dès  l'année  1 6pp  ,  Caffini  lut  un  Mémoire  fur  les 
Comètes  (h),  femé  d'excellentes  réflexions.  Il  perlille  à 
fbutenir  le  fyftème  d'Apollonius  de  Mynde  ;  il  trouve  un 
rapport  marqué  entre  le  mouvement  àts  Comètes  &  celai  des 

*(    U  I  '  .     -     i      .  .      L.  1.  .  ...       I_    I     ,  .  I  ■  I      I        I  ■  I  II.  I 

(f)  Hxftoire  de  l'Académie  des  Sciences,  172.^,  page  y?., 

(g)  Jbid.   ly^o  ,  page  2.84.  (If  Juivames. 
(h)   Mém.  de  i'Acad.  i6gç ,  page  j6  if  fuivantes, 

Tome  L  ï 


I70  Doctrine  des  Phi losophes 
Planètes  ;  il  accorde  que  les  obfervations  faites  dans  ie  temps 
de  l'apparitioii  d'une  Comète  ne  fuffifent  point  pour  déter- 
miner la  durée  de  fa  révolution  périodique  ;  il  pofe  à^^  règles 
folides  pour  diilinguer  fi  deux  Comètes  ne  font  pas  la  même  : 
iJ  avertit  avec  raifon  qu'une  Comète ,  dont  le  retour  efl 
annoncé,  peut  revenir  fans  être  obfervée  ,  parce  que  le  défaut 
de  queue  ,  le  mauvais  temps ,  la  proximité  du  Soieii  peuvent 
nuire  à  fon  apparition  :  mais  il  rapporte  tous  les  mouvemens 
de  la  Comète  à  la  Terre,  au  lieu  de  les  rapporter  au  Soleil. 
C'eft-là ,  je  penlè,  l'unique  obftacle  qui  a  empêché  ce  grand 
homme  cl'embraffer  ou  même  d'inventer  en  entier  le  vrai 
fyftème  des  Comètes.  Il  trouve  du  rapport  entre  la  Comète 
de  1(^52  &  celle  de  i(5pc?. 

En  1702,  Jacques  -  Philippe  Maraldî  ,  digne  neveu  du 
grand  Caifini,  &  l'un  à^s  premiers  Aflronomes  de  ce  fiècle, 
obferva  deux  Comètes  :  il  \q?>  compara  ,  félon  la  méthode 
de  fon  oncle ,  avec  celles  qui  avoient  été  obfervées.  antérieu- 
rement ;  &  il  crut  les  avoir  reconnues  dans  celles  de  16  «5  8 
&  de  1664  (i).  Ces  Aflronomes  éclairés  étoient  perfuadés 
avec  raifon  qu'il  n'y  avoitpas  de  moyen  plus  efficace,  pour 
conilater  la  certitude  du  fyftème  d'Apollonius  de  Mynde , 
fur  la  nature  à^i  Comètes ,  que  de  s'aiïlirer  qu'elles  étoieiit 
aiïlijetties  à  à^s  retours  périodiques  ;  &  que  pour  acquérir 
plus  tôt  cette  connoiffance  ,  il  fallait  multiplier  les  conjeélures 
au  rifque  même  de  voir  le  foupçon  démenti  par  l'événement. 
C'efl  dans  cette  même  vue  que  Caffini  crut  devoir  pro- 
poler  (k)  les  reiTemblances  qu'il  trou  voit  entre  les  Comètes 
de  170^  &:  de  1580.  Celles  de  1707  sSc  de  1723  furent 
jugées  pouvoir  être  les  mêmes  (l )  par  Jacques  Caffini ,  mort 
en  i7  5<^î  héritier  du  nom,  de  la  religion,  à^^  vertus  du 
cœur  &  àts  qualités  de  l'efprit  du  grand  Caffini  fon  père.    ^ 

un  '  '      '  ■  II. 

(i)   Hifl.  de  i'Acad.  lyoi ,  page  6j  if  fuivantes. 

(k)    Ibid.  de  lyoG  ,  page  106. 

(l)  Ibid.  de  1725  ,  page  6j.  Maraldi  y  trouve  auffi  des  conformités. 
JVIém,   de  iy2.j  f  page  z^. 


SUR    LES     Cû  AI  ÊTES,  lyi 

Pour  ce  qui  regarde  le  lieu  des  Comètes  ou  leur  diftance 
à  la  Terre ,  les  obfervations  fembloient  déterminer  qu'elle 
étoit  beaucoup  moindre  que  celle  de  Saturne.  Philippe 
Villemot  n'étoit  point  Aftronome  :  partifan  peut  -  être  trop 
décidé  des  tourbillons  Cartéfiens,  il  fentit  combien  il  étoit 
impoffible  de  les  concilier  avec  un  mouvement  régulier  des 
Comètes ,  qui  (atisfît  aux  phénomènes  :  il  crut  devoir  pro- 
noncer en  coniequence  que  les  Comètes _  étolent  au-de(Ris 
de  l'orbe  de  Saturne  ,  qu'elles  ne  fuivoient  aucune  loi  dans 
leur  cours ,  8c  qu'elles  ne  dévoient  leur  nailTance  qu'à  l'aP 
fèmblage  des  parties  craffes  de  l'éther  fmj;  mais  ce  lentiment 
n'eut  point  de  le<5lateurs  dans  l'Académie.  Dès  i  6pp  ,  Caffinî 
avoit  déterminé  le  lieu  des  Comètes  ,  c'efl-à-dire ,  celui  où 
elles  deviennent  à  portée  de  nos  obfervations ,  entre  les  orbites 
de  Vénus  &  de  Mars  ffij.  Ayant  depuis  combiné  avec  plus 
d'attention  les  apparences  des  Comètes  obfervées  jufqu'alors  , 
il  reconnut,  en  1708  ,  qu'elles  pouvoient  defcendre  entre 
Vénus  &  la  Lune  ^0/  Toutes  les  Comètes  ,  calculées  depuis 
par  les  Aflronomes  de  l'Académie  ,  ont  été  trouvées  au  moins 
en-deçà  de  Jupiter ,  fur  quelque  fondement  que  le  calcul  ait 
été  appuyé;  .mais  on  ne  pouvoit  fuppofer,  fans  préjudice  des 
tourbillons ,  que  les  Comètes  pénéîroient  dans  l'intérieur  des 
orbites  des  Planètes,  pour  remonter  enfuite  bien  au-delà  de 
l'orbite  de  Saturne.  Pour  faire  diljDaroître  cet  inconvénient , 
Jean-Jacques  Dortous  de  Mairan  imagina,  en  1725  ,  que 
ie  tourbillon  du  Soleil  pouvoit  être  extrêmement  aplati  & 
comme  difciforme  :  alors  les  Comètes  pourroient  être  des 
Planètes  d'un  tourbillon  voifni  ;  elles  s'approcheroient  fort 
près  de  nous  ,  &  s'éloigneroient  encore  plus  ,  fans  rencontrer 
aucun  obftacle   f  p  J.    L'hypothèfe  étoit   ingénieufe  :    mais 


fmj  HvÀ.  de  IJQJ ,  page  lo^, 
ÔC  Nouveau  Syftème  ,  ou  Nouvelle 
explication  du  mouvement  des  Pla- 
nètes, par  Philippe  Villemot,  Doâï. 
en  Théol.  A  Lyo?i ,  iyo7.  Villemot 
n'étoit  point  de  l'Académie  :  je  ne 
parle  ici  de  lui ,  que  parce  qu'il  eil 


fait    mention    de    Ton    opinion    dans 
l'Hiftoire  de  l'Académie. 

(n)    Hill.  de  1699  '  p'^ë^ 7^' 
(0)    Mém.  de  1708,  fcige  g- 

(■p)    Mém.  de  17-2.5  ,  pas^e  yz 
if  fuivantes. 


172      Doctrine  des  Philosophes 

i'obiervation  démontra  que  les  Comètes  traverfoient  IV'c^ip- 
tique,  &  par  conféquent  ce  prétendu  tourbillon  difciforme. 

La  partie  qui  méritoit  ie  plus  d'être  éclaircie  ,  étoit  celle 
qui  concerne  ie  mouvement  àts  Comètes  :  aufli  ce  fut  celle 
qui  fixa  principalement  l'attention  de  nos  Aftronomes.  Nous 
avons  vu  au  Chapitre  VII.^  quelle  étoit  à  ce  fujet  ia  penlee 
de  Jean-Dominique  CafTuii  :  il  y  a  perfifté  jufqu'à  fa  mort  (q) , 
arrivée  le  14  Septembre  17 12.  Maraldi  ne  crut  pas  devoir 
s'écarter  du  fentiment  d'un  oncle  fi  refpecftable  (r)  ;  il  paroit 
d'ailleurs  qu'il  participoit  à  Ion  préjugé  fur  la  fiabilité  de  ia 
Terre.  On  s'apercevoit  cependant  que  i'Iiypoîhèfe  d'une 
orbite  circulaire  ne  pouvoit  fatisfaire  à  toutes  les  obfervations  ï 
Jacques  Caffini  préfënta  en  1725  un  excellent  Mémoire  (f): 
ia  qualité  de  l'orbite  cométaire  avoit  été  affez  difcutée  ; 
CaiTmi  ia  décide  elliptique  ,  &  place  le  Soleil  au  foyer  :  ii 
affujettit  de  plus  \^s  Comètes  à  la  féconde  loi  de  Kepler. 
C'étoit  prelque  le  vrai  fyllème  :  mais  premièrement ,  l'Auteur 
néglige  la  première  règle  de  ICépler  ;  en  fécond  lieu  ,  ii  ne 
falloit  abandonner  les  tourbillons  Cartéfiens  que  quand  ia 
place  feroit  abfolument  hors  de  défenfe  :  c'efi:  iàns  doute  ce 
qui  engage  CaiTmi  à  tenter  tout  pour  expliquer  le  mouve- 
ment de  toutes  \Qi  Comètes  en  iens  direél ,  c'eft-à- dire, 
d'occident  en  orient ,  prêt  à  abandonner  n^ême ,  fi  cela  eft 
jugé  néceiïaire  ,  la  vérité  qu'il  venoit  d'établir  ,  que  ie  Soleil 
étoit  placé  au  foyer  à^s  orbites  elliptiques  à^s  Comètes.  Ii 
defire  de  plus  que  l'orbite  à^s  Comètes  ne  foit  trouvée 
inclinée  à  i'écliptique  que  d'environ  fept  degrés.  Cet  clprit 
jufle  &  folide  concevoit  parfaitement  combien  ces  deux 
conditions  étoient  nécelfaires  pour  étayer  fuffifamment  ie 
fyfième  chancelant  de  Defcartes.    C'efl  donc  en  partant  de 


(q)    Voyei  VH'id.  de  1699  ,  page  y2.i  celle  de  1706  ,  pa^e  10^;  îes 
Mém.  de   1708  ,  page  go   é^  fuhantts. 

(r)    Mém.  de  1723  ,  page  2jo   iT'  fuivantes. 

(f)    Hift.  de  \J2.<^  y  page  6j  df  fuiv.   Si.  Mémoires-;  page  j/'j  i:f 
fuivantcs. 


SUR   LES  Comètes,  173 

ces  idées  qu'il  va  commencer  le  plus  férieux  ,  le  plus  profond 
examen  de  ia  vraie  diredion  du  mouvement  des  Comètes. 

J}ès  l'année  1727  ,  il  communiqua  à  l'Académie  une 
méthode  géométrique ,  par  laquelle  on  pouvoit  déterminer , 
loit  fur  une  figure  graphique,  foit  en  employant  le  calcul, 
î'orbite  d'une  Comète  ,  fur  quatre  ou  cinq  obfervations  ftj. 
îl  fuppofe  d'abord  les  efpaces  parcourus  par  la  Comète  pro- 
portionnés aux  temps,  &  pour  lors  il  ne  faut  employer  que 
quatre  obfervations  pour  décider  la  pofiîion  de  la  partie  de 
l'orbite  dans  laquelle  ia  Comète  a  été  vifible.  Une  cinquième 
obfervation  déterminera  la  figure  &  la  grandeur  de  l'orbite  : 
il  faut  qu'elle  foit  prife  à  quelques  Jours  de  diflance  de  la 
quatrième.  Par  la  ieconde  règle  de  Kepler  ,  on  connoîtra 
la  durée  de  la  révolution  périodique.  Si  le  Soleil  n'eft  point 
au  foyer  de  l'orbite  ,  la  méthode  réufTira  également  ;  mais  il 
faudra  faire  ufage  d'un  plus  grand  nombre  d'obfervations  : 
cette  méthode  donnera  même  avec  affez  de  précifion  les 
élémens  de  l'orbite  ,  dans  toute  autre  fuppofition  que  celle  de 
la  proportion  des  elpaces  parcourus  aux  temps.  On  ne  pouvoit 
donc  imaginer  de  méthode  plus  générale  que  celle-ci  :  Caffmî 
fuppofe  qu'entre  les  obfervations  choifies  ,  la  Comète  a  luivî 
fenfibiement  une  ligne  droite.  Cette  fuppofition  doit  être 
admife  ,  dit-il,  dans  une  théorie  fuivant  laquelle  on  ne  peut 
pas  déterminer  géométriquement  la  diflance  de  la  Comète  à 
Ja  Terre ,  dès  que  la  courbure  de  fon  orbite  devient  fenfible 
dans  l'intervalle  des  jours  écoulés  entre  ces  obiervations  :  l'on 
ne  doit  donc  employer  dans  cette  recherche  que  des  obfer- 
vations peu  difiantes  hs  unes  des  autres.  Cette  méthode  eft 
bien  plus  compliquée ,  bien  plus  embarraffante ,  bien  moins 
certaine  que  celle  de  Newton  ;  mais  elle  pouvoit  conduire  à 
conflater  la  certitude  ou  l'inutilité  du  fyftème  du  Philofophe 
Anglois  ;  &  c'efi:  le  principal  objet  qu'on  fe  propofoit  alors. 

Il  parut  en  172^  une  Comète  tout-à-fait  iingulière  ;  foit 
par  rapport  à  fa  durée  ,  elle  fut  de  fix  mois  ;  foit  par  rapport  à 


{t^   Mém,  de  J  727;  jjage  2z8  iy  fuivames, 


jy^      Doctrine  des  Philosophes 

fa  moindre  diflance  du  Soleil,  elle  égaloit  prefque  celle  de 
Jupiter  ;  foit  enfin  par  l'irrégularité  apparente  de  Ton  cours , 
elle  parut  décrire,  depuis  le  3  i  Juillet  jufqu'au  ip  Oc5lobre, 
une  ligne  fenfiblement  droite  contre  l'ordre  des  Signes ,  & 
enfuite  elle  fembla  rebroulTer  chemin  ,  pour  décrire  jufqu'au 
z  I  Janvier  ,  félon  l'ordre  des  Signes  ,  une"  féconde  ligne 
droite  égaie  à  la  première ,  &  faifant  avec  elle  un  angle 
d'environ  cinquante  degrés.  Caffini  y  appliqua  fa  méthode , 
en  fuppofant  le  Sokii  au  foyer  de  fellipfe  :  il  la  fimplifia 
même ,  car  il  n'employa  que  trois  obfervations ,  dans  deux 
defquelles  la  Comète  avoit  eu  la  même  longitude  apparente  ; 
ee  que  l'on  ne  rencontre  pas  ordinairement.  Le  fuccès  fut 
auffi  heureux  qu'on  pouvoit  le  délirer  :  le  cours  vrai  de  la 
Comète  fut  aulfi  exaélement  déterminé  qu'il  l'a  été  depuis 
par  la  méthode  Newtonienne  (u).  Le  cours  de  cette  Comète 
avoit  été  direél ,  quoiqu'il  eût  été  d'abord  rétrograde  en 
apparence  :  c'efl  ce  qui  perfuada  Caffini ,  qu'il  ne  feroit  pas 
împoffible  de  réuffir  à  expliquer  le  cours  de  toutes  les  Comètes 
par  un  mouvement  direél  ;  il  réfolut  d'entreprendre  ce  travail. 
Il  paroît  que  ce  fut  cette  Comète  qui  f  engagea  à  faire  ufage 
de  la  première  loi  de  Kepler  :  il  ne  la  révoquoit  plus  en 
doute  en  1737  (x).  Dès  l'année  1733  ,  Fontenelle  affure 
que  non  -  feulement  on  convenoit  généralement  que  le  mou- 
vement des  Comètes  fe  fait  fur  la  circonférence  d'une  ellipfe 
dont  le  Soleil  occupe  un  des  foyers  ;  mais  qu'on  fuppofoit  aufîi 
très-volontiers  que  \es  Comètes  ,  comme  les  autres  Planètes 
folaires,  fuivent  les  deux  fameufes  règles  de  Kepler  (y). 

Caffini  exécuta  en  173  i  le  projet  qu'il  avoit  formé, 
d'examiner  fi  les  phénomènes  des  Comètes  ne  pouvoient 
point  fe  concilier  avec  un  mouvement  toujours  direél  (i^)  : 
il  y  réuffit  dans  un  fèns.  Il  trouva  moyen  d'affigner  un  cours 

(a)    Voye^  THiftoire  de    I72r9  ,  page  68;  &  les  Mémoires , /^^^f  40 jjj 
^  fuïv.  HilL  de  1730,  page  ç)8;  &  les  Mém.  page  zS^  if  fuïvanUs, 
(x)    Mém.  de  17 '^7 ,  page  ly. 
(y)    Hift.  de   1733»  P^g^  7^- 
(■l^)  Hift.  de  1731,  page  jj;  ôl  Mém- page  2pp  if  fuivantes. 


SUR  LES  Comètes.  175 

dire^  à  toutes  les  Comètes ,  reconnoiiTant  cependant  que  le 
mouvement  apparent  de  la  plupart  pouvoit  également  bien 
s'expliquer  par  un  cours  rétrograde.  Son  explication  n'étoit 
fujette  à  aucun  inconvénient  ,  par  rapport  aux  Comètes  qui 
avoient  été  réellement  direéles  :  quant  aux  autres ,  on  ne 
pouvoit  leur  attribuer  un  tel  mouvement  fans  doiiner  atteinte 
à  la  vérité  qu'on  venoit  d'établir,  &  que  la  Comète  de  17-29 
confirmoit  ïi  manifedement ,  que  le  Soleil  occupoit  un  à^s 
foyers  de  l'orbite  de  la  Comète  ,  ou  du  moins  il  auroit  fallu 
en  ce  cas  renoncer  aux  règles  de  Kepler ,  lefquelies  n'étoient 
plus  révoquées  en  doute.  C'eft  ce  que  Calfmi  conçut  fort 
bien,  lorfqu'il  rendit  compte  à  l'Académie  de  {ç.^  obfervations 
de  la  Comète  de  1737  (^)'  Dans  le  Mémoire  qu'il  com- 
pola  à  ce  iujet,  il  elt  attentif  à  raflembler  tous  les  moyens 
que  l'on  avoit  imaginés  pour  éluder  la  néceffité  de  renoncer 
aux  tourbillons  Cariéfiens  ;  il  propo/è  entr'autres  de  regarder 
l'es  Comètes  comme  Satellites  de  la  Terre  ou  de  quelqu'autre 
Planète  :  il  trouve  de  la  reiîemblance  entre  \qs  Comètes  de 
1737  &  de  16^ -i^.  C'eil  la  dernière  conjeèlure  de  cette 
eipèce  que  j'aie  trouvée  dans  les  Mémoires  de  l'Académie  : 
ce  font  aulfi  \qs>  dernières  difficultés  objeélées  contre  le  vrai 
fyftème  du  mouvement  des  Comètes.  Caffini  appliqua,  il  efl 
vrai,  fa  méthode  à  la  Comète  de  1 742  (h)  :  mais  ce  ne  fut  que 
pour  déterminer  fa  diflance  à  la  Terre  ;  encore  ne  la  décida-t-il 
qu'en  gros.  Cette  Comète,  véritablement  rétrograde,  ne  put 
ie prêter  à  d'autres  fuppolitions  :  il  fallut  ou  reconnoître  l'impcf- 
fibilité  du  plein  Cartélien,  ou  renoncer  à  à^s  théories  dont 
tous  les  raifonnemens ,  dont  toutes  Iq^  obfervations  rendoient 
la  certitude  inconteflable.  Un  efprît  ,  qui  n'avoit  jamais  eu 
d'autre  but  que  d'éclaricir  \qs  doutes ,  &  de  parvenir  à  la 
vérité ,  n'eut  point  de  peine  à  fe  décider.  Calfmi  termina  {q% 
travaux  cométaires  en  expliquant  par  la  méthode  de  Newton , 
ies  mouvemens  de  la  Comète  de  1 744  (c ). 

(a)  Hift,  de  ij^'j  ,page  8y  ;  &  M-ivcï.  page  lyo  if  fuivanîes, 

(b)  Hifl;.  de  174.2  ,  page  y  8. 

(c)  Mém.  de  iZ-^^j  page  jo^  if  fuivantes, 


176     Doctrine  des  Phïiosophes 

Le  célèbre  Pierre-Louis  Moreau  de  Maupertuis ,  mort  à 
Baie  en  1755? .  paroît  être  le  premier,  qui  ,  dans  l'Académie 
àes  Sciences ,  fe  foit  déclaré  ouvertement  pour  le  lyllème 
Newtonien.  Il  fit  imprimer  en  1732  un  D  if  cours  fur  les 
figures  des  Afires  :  il  y  expole  les  lyftèmes  de  Defcartes  & 
de  Newton  :  il  met  l'un  &l  l'autre  dans  le  jour  le  plus 
favorable.  Il  femble  ne  pas  vouloir  le  décider  fur  la  préférence; 
mais  la  feuie  leélure  de  fon  Ouvrage  fulîit  pour  éclairer  ceux 
que  le  préjugé  n'a  point  entièrement  aveuglés  :  on  diroit  que 
ie  génie  a  emprunté  le  pinceau  des  Grâces  pour  tracer  le 
tableau  de  la  théorie  Newtonienne  ,  préiènté  dans  le  deu- 
xième &  le  cinquième  Chapitre.  Je  ne  doute  pas  que  cette 
fimple  expofition  n'ait  produit  fbn  effet  dans  l'elprit  de  plufieurs. 
Dès  1733,  Pi^^'i'^  Bouguer ,  mort  à  Paris  le  i  5  Août  1758, 
imagina  une  méthode  (  J )  pour  déterminer  l'orbite  entière 
d'une  Comète  fur  trois  obfèrvations  exaéles  faites  à  peu  de 
diftance  l'une  de  l'autre.  Ces  fortes  de  méthodes  font  extrê- 
mement délicates ,  comme  nous  le  ferons  voir  dans  la  qua- 
trième Partie  de  cet  Ouvrage  :  quelque  perfeélion  que  la 
théorie  femble  leur  attribuer,  elles  ont  de  la  peine  à  foutenir 
l'épreuve  de  la  pratique  :  la  moindre  erreur  dans  f  obfervation 
(è  multiplie,  &  en  occafionne  une  de  plufieurs  fiècles  dans 
la  durée  de  la  révolution  périodique  -de  la  Comète.  On  peut 
reprocher  ce  défaut  à  la  méthode  dont  il  s'agit  maintenant, 
avec  d'autant  plus  de  fondement ,  que  l'on  y  exige  que  les 
obfèrvations  fe  fuivent  à  de  très-petites  diflances.  Auffi  je  ne 
crois  pas  que  Bouguer  ait  eu  railôn  d'avancer,  auffi  affirma- 
tivement qu'il  l'a  fait ,  que  la  trajed:oire  de  la  Comète  de 
172P  étoit  hyperbolique,  &  qu'en  conféquence  nous  atten- 
drions inutilement  le  retour  de  cette  Comète  :  mais  je  ne  crois 
pas  pouvo-ir  foufèrire  à  la  cenfure  trop  amère  que  Struyck  a 
faite  de  cette  méthode,  &  en  quelque  forte  de  fon  Auteur  (e). 

m  '  •    ■  „  ■, ^ — 5 • ' ^ — "■» 

fd)    Hift.  de  1733,  pageyi}   &   Mém.  page  jj  i  Ù^  fiiivantes. 
(e)    Dans  fon  Ecrit:  fur  les  Conîètes,  à  la  fuite  de  fon'Introdu(flion  à 
la  Géographie  ,  en  HoIIandois ,   imprimé  à  Amllerdam  en  174.0^  i/z-f.* 

Ce 


SUR  LES  Comètes,  lyy 

Ce  Cométographe  favant  &  éclairé  n'a  certainement  point 
apporté  Ton  atîejition  ordinaire  à  la  lecture  de  ce  Mémoire. 
Il  reproche  à  Bouguer  de  s'être  attribué  une  précieufe  décou- 
verte en  employant  le  premier,  non  \qs  longitudes  feules, 
mais  les  longitudes  &  les  latitudes  ,  pour  déterminer  l'or- 
bite de  la  Comète.  La  méthode  de  Bouguer  exige  ,  il  efl 
vrai ,  que  l'on  ait  obfervé  ïqs  trois  latitudes  de  la  Comète, 
ainfi  que  \ts  trois  longitudes,  au  lieu  cjue  celle  de  Newton 
réuifit  ,  quand  même  il  n'y  auroit  que  deux  latitudes 
obfervées.  Voilà  tout  ce  que  Bouguer  a  prétendu  dire , 
fans  même  qu'il  lui  ait  échappé  un  feul  mot  qui  donne 
à  entendre  qu'il  prétende  formellement  à  la  gloire  de  l'in- 
vention (f).  Or  tout  ceci  efl  exaétement  vrai  ;  &  de  plus , 
fi  la  méthode  de  Bouguer  étoit  aufTi  fûre  dans  la  pratique 
qu'elle  eft  évidente  dans  la  Ipéculation  ,  on  ne  pourroit  lui 
refafer  la  gloire  d'être  l'auteur  d'uiîe  excellente  méthode ,  qui 
auroit  enchéri  fur  celle  de  Newton  ,  en  ajoutant  aux  données 
de  Newton  i'obrervation  d'une  troifième latitude.  Mais,  peut- 
on  dire,  la  méthode  de  Newton  n'efl-elle  pas  d'autant  plus 
parfaite  qu'elle  exige  moins  de  données  !  Généralement 
parlant  ,  cela  efl  hors  de  doute.  Ainfi  la  méthode  de 
Newton  efl  la  plus  parfaite  de  toutes  pour  connoître  la  partie 
de  l'orbite  parabolique  que  la  Comète  paroît  décrire  durant 
ie  temps  qu'elle  efl  vifible.  Mais  ce  n'efl  pas  ce  dont  iî 
s'agilfoit.  Bouguer  prétendoit  déterminer  non  une  partie 
parabolique  de  l'orbite ,  mais  l'orbite  elliptique  entière  (g), 
C'eft  fous  ce  point  de  vue  qu'il  faut  envifager  5c  tout  ce  que 
iui-même,  6l  tout  ce  que  l'Hiflorien  de  TAcadémie  (h) 
difent  de  la  prééminence  de  cette  méthode  fur  toutes  \es 
autres,  &  pour  lors  on  ne  s'imaginera  i^-às  qu'ils  Je  font  moqués 
ilu  Public.  J'ai  déjà  admis  ce  que  Struyck  ajoute  fur  l'imper- 
feélion    de   la  théorie   de   Bouguer.  II  y  a   cependant  une 

^f)    Comparez  Mém.  de  '733  ?  page  jjz  if  page  j^S, 
(g)    Voye-^  au  même  Volume  le  tirre  même,  f^^^  J  ^  ^  >  vers  le  bas  de 
ia  même  page,  &  l'énoncé  du  Problème  ,  pai^e  j^o ,   Ù^c, 
(h)    H  ht.  de  1733,  F'^8>^  7^  liT"  fuivantes. 

Tome  L  Z 


lyS        DC€TRÎNE   DIS    PHILOSOPHES 
îinperfeélion  que  ce  dode  ProfefTeur  y  trouve  &  que  je  n'y 
aperçois    pas.     La  fuppofition  que  l'orbite  de  la  Comète  ell 
re(51;iligne  dans  une  de  {es  très  -  petites  parties  ,   &  que  la 
vîteffe  de  la  Comète  dans  cette  très-petite  partie  eft  propor- 
tionnelle aux  efpaces  parcourus ,  me  paroît  affez  railonnable 
iorfqu'il  ne  s'agit  que  de  découvrir  la  vîtefië  abfolue  de  la 
Comète  en  cette  très-petite   partie  de  Ton  orbite  ;  je  crains 
ici  beaucoup  plus  le  défaut   des  obfervations  que  celui  de 
î'hypothèfe.  c<  Mais  quel  efl  le  principe  de  tout  ceci ,  ajoute 
"  Struyck!  La  fureur  de  laiffer  intaél  le  fyHème  de  Defcartes. 
"  Qu'on  le  foutienne  ,  qu'on  admette  des  exceptions  aux  règles 
'>  de  Kepler ,  &c  :  mais  que  fur  les  plus  légers ,  les  plus  ruineux 
^>  fondeniens,  on  ne  porte  pas  l'attentat  j-ulqu'à  vouloir  mordre 
»'  à  la  gK  ire  d'un  illullre  Auteur ,  qui  nous  a  communiqué  les 
»  premières  lumières  pour  calculer  les  Comètes  avec  autant  de 
précifïon  que  les  Planètes  ,  &c  ".  J'ai  relu  très-attentivement 
ie  Mémoire  de  Bouguer,  &  je  n'y  ai  pas  trouvé  le  plus  léger 
veftip'e  de  cet  attentat    criminel.    Non -feulement' le  réfultat 
de  ce  Mémoire  efi;  abfolument  inconciliable  avec  le  plein  de 
Defcarîes  ;  mais  Defcarîes  n'y  efi;  pas  nommé  une  feule  foi?. 
Au  contraire  ,    Ntwton  y  e'à   nommé  ;    fa  méthode  y   eit 
qualifiée  de  très-helle  &  très  -f ayante  ;   &  fi  l'on  en  propofe 
une  autre ,  on  allègue  entr'autres  raifons ,    que  c'efi:  four  fe 
conformer  davantage  aux  principes  de  ce  célèbre  Auteur  (i), 
La  fureur  de  laiiier  intact  le  fyftème  de  Defcartes  n'a  donc 
point  été  le  principe  qui  a  fait  imaginer  cette  méthode  ;    & 
je  puis   compter    feu  M.   Bouguer  au  nombre  de  ceux  qui 
dans  l'Académie  Aes  Sciences  fe  font   déclarés   \e^  premiers 
pour  la  théorie  de  Newton. 

Y^w  1742,  il  parut  une  Lettre  fur  la  Comète.  Maupertuis 
en  étoit  l'auteur.  C'ed;  vaiq.  elpèce  de  théorie  abrégée  de 
ia  nature  &  du  mouvement  des  Comètes ,  &  des  effets  qu'elles 
peuvent  produire.  L'agrément  avec  lequel  cet  Ouvrage  étoit 
€crit  ,  lui  procura  des  Lecteurs*  Le  ly flème  Newtonien  y 
»     ■  ■  " 

(ï)   Hill,  de  1/37;  p^^g^  7 1  iX fuivanîes ;  &:  Nlém.  fa^e  jji, 


SUR     LESCOMèTES.  IJ(^ 

étoît  moins  démontré  qu'expofé ,  fi  cependant  ia  feule  expo- 
iition  de  ce  fyilème  n'en  eft  pas  la  démonftration  la  plus 
perfuafive.  La  même  année  M.  le  Monnier  expliqua  par  cette 
théorie  le  mouvement  de  la  Comète  qui  venoit  de  paroître  (k). 
L'année  fuivante,  M.  Maraldi  calcula  par  la  même  méthode 
i'orbite  de  la  Comète  de  1725?  (l);  &  M,  le  Monnier  publia 
fa  Théorie  des  Comètes  ,  dont  celle  de  Newton  fait  le  fonde- 
ment :  la  Cométographie  d'Halley  y  eft  inférée  en  entier , 
jSc  éclaircie  par  à^s  notes  favantes.  M.  Maraldi ,  l'Abbé  de 
la  Caille,  M.  de  la  Lande  &  \qs  autres  Aftronomes  n'ont 
employé  que  la  feule  méthode  d'Halley  dans  le  calcul  à^s 
Comètes  qui  ont  paru  depuis.  Les  voix  (è  font  réunies  pour 
décider  unanimement  que  la  théorie  de  Newton  atteint  un 
degré  de  perfeélion  qui  exclut  irrévocablement  toute  objec- 
tion (erieufe.  On  ne  vit  jamais  fans  doute  un  fentiment 
adopté ,  après  une  délibération  plus  mûre ,  après  un  examen 
plus  férieux  ,  après  une  oppofition  ,  fi  je  l'ofè  dire ,  plus 
opiniâtre.  On  n'accufera  point  l'ignorance ,  le  préjugé ,  la 
précipitation  ,  la  légèreté  d'avoir  diélé  la  prolcription  des 
tourbillons  Cartéfiens,  La  vérité  leule  a  opéré  ce  changement  : 
elle  a  parlé,  &  s'eft  fait  entendre  à  à^s  efprits  qui  ne  fe  font 
jamais  montrés  plus  folidement  {ç:S  difciples  qu'en  ne  l'ad- 
mettant qu'avec  connoitlance  de  caufe. 


(k)    Hifloire  de  1742  ,  pa^e  y 8  if  fuîvantes, 
(l)   Mémoires  de  174-3  ,  page  ipj  if  fuivante  s, 


ZHu. 


i8o  Histoire 

SECONDE     PARTIE. 
Histoire  générale  des  Comètes. 

J'ai  fait  voir  au  commencement  de  cet  Ouvrage,  de 
quelle  utilité  pou  voit  être  une  Hifloire  générale  d^s  Comètes, 
pour  accélérer  la  connoiflance  du  retour  périodique  de  ces 
Aûres  ,  pour  fixer  par  leur  moyen  quelques  points  de  chro- 
nologie ,  pour  conclure  même  de  leur  parallaxe  la  dillance 
àes  Planètes  à  la  Terre  &:  au  Soleil.  Mais  la  difficulté  de 
faire  une  telle  Hiltoire  égale  au  moins  l'utilité  dont  elle  peut 
être.  Pour  y  réuffir ,  j'ofe  dire  qu'il  faut  un  grand  difcerne- 
ment,  de  profondes  recherches  Se  beaucoup  de  patience;  6c 
foLivent,  après  un  mûr  examen,  on  fe  trouve  plus  incertain 
qu'on  ne  i'étoit  d'abord.  Les  Anciens  n'ont  pas  toujours 
exprimé  les  phénomènes  célefles  par  leurs  véritables  noms  : 
ils  attribuent  quelquefois  le  nom  de  Comètes  à  dts  phéno- 
mènes auxquels  il  n'appartient  pas  ;  plus  fouvent  ils  déiignent 
Iqs  véritables  Comètes  par  des  noms  étrangers  ou  même 
équivoques ,  tels  que  ceux  <ï Étoiles  en  feu  ,  de  boucliers 
embrafés  ,  de  flambeaux  ardens  ,  de  poutres ,  de  colonnes 
enflammées  ,  Se  femblables  ,  comme  je  l'ai  remarqué  plus 
au  long  au  premier  Chapitre  de  la  première  Partie.  La 
difficulté  de  difcersier  les  vraies  Comètes  au  travers  de  ces 
expreffions  bizarres ,  n'cfi  pas  cependant  la  plus  grande  que 
j'aie  eue  à  combattre  ;  le  parti  qui  m'a  paru  le  plus  fage  a 
été  celui  de  faire  part  aux  Leéleurs  de  mes  découvertes,  de 
citer  mes  garans ,  d'employer  leurs  propres  expreffions ,  de 
remettre  la  décifion  au  jugement  de  ceux  qui  voudront 
approfondir  ces  matières  :  lorique  les  révolutions  périodiques 
des  Comètes  feront  généralemeiit  déterminées  ,  on  reconnoîtra 
fans  doute  quelques-uns  de  leurs  retours  dans  les  flambeaux 
&  les  boucliers  ardens  de  Tite-Live  Ôc  de  Julius-Obfequens. 


D^s    Comètes.  i8i 

Mais  mon  plus  grand  travail  a  été  de  chercher  les  Comètes 
même  fous  quelque  nom  qu'elles  pulfent  être  déiignées. 
Dans  quels  labyrinthes  une  telle  perquilition  ne  m'a-t-elle 
pas  conduit  \  J'ai  déjà  dit  que  \qs  Comètes  étoient  regardées  , 
non  comme  des  Alh'es  à  obferver ,  mais  comme  des  fjgnes 
à  remarquer  &  à  comparer  avec  l'événement  ;  qu'en  confé- 
quence,  pour  raiTembler  leurs  apparitions,  il  feroit  infulÎTlant 
de  feuilleter  les  Écrits  Aqs  Phyficicns  &  à^s  Adronomes  ; 
que  les  Hiftoires ,  les  Annales,  ï^h  Chroniques  de  tous  les 
pays  &  de  tous  les  fiècles  étoient  \qs  fources  les  plus  fécondes 
&  où  il  éîoit  le  plus  efîentiel  de  puifer.  On  conçoit  facilement 
toute  l'étendue  ,  toute  l'immenfité  de  ce  travail. 

Plufieurs  l'ont  entrepris  avant  moi  ;  je  regrette  le  temps  que 
j'ai  perdu  à  lire  les  Ouvrages  de  la  pkipart  de  ces  Écrivains  : 
je  n'y  ai  acquis  d'autre  connoiiïànce  que  celle  du  défaut  de 
leur  critique ,  &  de  l'incertitude  de  tout  ce  qu'ils  débitent. 
Les  plus  anciens  ne  citent  prefque  jamais  \qs  autorités  fur 
iefquelies  ils  s'appi^yent  ;  &  leur  témoignage  feul  fait  la  loi  de 
ceux  qui  ont  couru  fucceffivement  la  même  carrière.  Le  plus 
ancien  catalogue  de  Comètes  qui  foit  venu  à  ma  connoiiïànce  , 
eft  celui  de  Paul  Éber ,  Miniftre  Proteftant  &  Profeiïeur  de 
Belles-Lettres  à  Wittemberg;  il  efl  imprimé  à  la  fin  de  ia 
Cométogïaphie  de  Mizaud  :  je  l'ai  trouvé  aiïez  exa^  ;  mais 
îl  ne  contient  que  quarante-huit  Comètes.  Antoine  Mizaud , 
Médecin ,  né  à  Montluçon ,  y  en  a  ajouté  plufieurs  autres , 
&  a  terminé  le  tout  par  un  catalogue  des  météores  ignés  :  la 
plupart  de  cts  météores  font  des  Aurores  boréales;  quelques- 
uns  peuvent  être  des  Comètes.  De  plus  Mizaud  ,  dans  le 
cours  de  fa  Cométographie  ,  parle  de  plufieurs  Comètes 
omifes  &  dans  fon  Catalogue  &.  dans  celui  d'Éber.  La  faine 
critique  n'a  point  dirigé  la  plume  de  Mizaud  dans  tout  ce 
qu'il  a  écrit  furies  Comètes.  Sa  Cométographie  a  été  imprimée 
à  Paris  en  i  54p« 

Vers  le  même  temps,  Conrad  Wolfhart,  de  Rufîàch  en 
Alface ,  Diacre  *\qs  Proîeftans  à  Baie,  compofa  un  Ouvrage 
intitulé  ,  des  Signes  &  des  Prodiges  i  la  crédulité  &.  le  defir 


ï82  H  ï  s  r  0  T  R  E 

de  multiplier   les  prodiges  font  i'ame  de  cet  Ouvrage;    les 
apparitions  des  Comètes  n'y  font   poijit   oubliées.  Woifhart 
eil  plus  connu  ious  le  nom  de  Lycofthènes  ,  cju'ii  s'éioit  donné 
,&  qui  a  en  Grec  la  même  fignification  que  Wolfhart  Qn  Alle- 
mand.  Marc  Fridch  venoit  de  publier  un  femblable  Ouvrage, 
fous  le  titre  de  Catalogue  des  Prodiges  :  c'efl  le  même  efprit 
qui  dirigeoit  la  plume  de  ces   deux   Écrivains.    En    155^, 
jBenoît  Arétius  ,    Miniflre  Calvinifte  de  Berne ,   donna  un 
Catalogue  de  foixante-douze  Comètes  ;    &  en  1568,  Jean 
Garcée ,    dans  fa  Météorologie  ,  n'en  fit  monter  ie  nombre 
qu'à  foixante^   David  Herlicius ,  Louis  Lavater  ,  Miniflre  de 
Zurich  ;  Abraham  Rockemback ,  Henri  Eckflorm ,  George 
Cœfius  ,   Jean -Henri  Alftedius  multiplièrent  ie  nombre  des 
Comètes.  Le  but  principal  de  prefque  tous  ces  Écrivains  étoit 
de  montrer  que  l'apparition  de  ces  Aflres-météores  ne  pouvoit 
qu'être  funefle  ;  en  coni<jquence  tout  leur  étoit  bon ,  pourvu 
qu'il  tendît  à  cette  fin.  Je  ne  les  accuferai  point  d'avoir  forgé 
ÛQs  apparitions  chimériques  de  Comètes  :  mais  profondément 
ignorans  fur  ia  chronologie ,  ils  allioient  des  obfervations  de 
Comètes,  prifes  dans  un  Auteur,  avec  des  évènçmens  rap« 
portés  par  un  autre,  &  diflans  quelquefois  de  plufieurs  années; 
c'efl  ce  qui  eil:  facile  de  démontrer  par  rapport  à  quelques 
Comètes,  &  ce  qu'on  efl  auîorifé  à  préfumer  de  beaucoup  d'au- 
tres. Comme  ces  Cométographes  garantiffent  rarement  ce  qu'ils 
^.vancent  ,   négligeant  de  l'appuyer  fur  l'autorité  de  quelque 
ancien  Écrivain  ;  il  efi  impofîibie  de  juger  de  quel  poids  eft  leur 
témoignage  fur  l'année  de  l'apparition,  &  même  fur  la  réalité 
des  Comètes  dont  ils  font  mention.     On  peut  leur  affocier 
Barthélemi  Keckerman  ,  Profeffeur  de  Philolbphie  à  Dantzick 
yers  le  commencement  du  dix-feptième  fiècle ,  grand  partifan 
des  rêveries  Péripatéticiennes.    Celui-ci   n'a   point  fait   de 
Catalogue  ;    mais    au  Chapitre  V  du  Livre  VI  de  fi  Phy- 
fique ,  il  fuppofe  le  Catalogue  de  Lavater ,  parle  de  prefquç 
toutes  les   Comètes    qui  y   font  mentionnées,    &  l'enrichit 
Blême  de  plufieurs  nouvelles  Comiètes ,  fans  nous  apprendre 
jQÙ  il  3  pu  les   décQuvrif.   Enfin   vers  le  milieu  du  même 


DES    Comètes,  185 

fiècîe,  Jean- Baptifte  Riccioii,  Jéfuite  très-favant  d'ailleurs , 
a  inféré  dans  la  féconde  Partie  de  (on  nouvel  Almagefte  , 
une  hiftoire  de  cent  cinquante  -  ûx  Comètes  ;  il  cite  (es 
autorités  ,  mais  il  s'en  faut  qu'elles  foient  toutes  d'un  poids 
égal. 

Tels  ont  été  les  principaux  guides  de  Jean  Hévélius ,  de 
Staniflas  Lubienietzki ,  de  Jean  Zahn ,  &  du  Rédadeur  des 
.Tables  agronomiques  de  Berlin,  dans  la  conftruclion  des 
quatre  Catalogues  de  Comètes  les  plus  étendus  dont  j'aie 
connoillance.  Un  volume  in-folio  fuffit  à  peine  à  Lubienietzki  ; 
c'eil  le  fécond  de  fbn  Theatrum  Comettcum,  Ses  prédécelTeurs 
dans  cette  carrière  avoient  joint  à  l'apparition  des  Comètes 
i'hifloire  des  guerres ,  des  famines  ,  des  pelles ,  des  tremble- 
mens  de  terre,  des  morts  de  Princes ,  en  un  mot  de  tous  les 
malheurs  qui  avoient  fuivi.  Lubienietzki  embraiïe  un  champ 
bien  plus  vafle  :  comme  il  avoit  afTez  de  fens  pour  ne  point 
ajouter  foi  à  ces  préfages  défaflreux  des  Comètes ,  il  s'étoit 
propofe  de  prouver  que  leur  apparition  étoit  fuivie  d'évène- 
mens  auûi  favorables  que  malheureux.  Il  rapporte  donc  égale- 
ment \es  uns  &  les  autres  ;  &  Ion  Ouvrage  devient  ainfi  une 
efpèce  d'Hiftoire  univerfeile»  Uniquement  attentif  à  fon  but 
principal  ,  il  n'apprécie  point  les  autorités  qui  le  dirigent* 
il  lui  ell  indifférent  de  multiplier  le  nombre  des  Comètes , 
en  rapportant  une  même  Comète  fur  différentes  années  ^ 
auxquelles  difFcrens  Auteurs  l'ont  attribuée  ;  il  s'aperçoit 
même  quelquefois  de  cette  multiplicité  ,  il  en  avertit ,  mais 
il  pafTe  outre ,  parce  que  tout  lui  eft  bon ,  pourvu  qu'il  en 
puilTe  prendre  occafion  de  continuer  fon  Hifloire.  Auiîi  fait-if 
monter  le  nombre  des  Comètes  jufqu'à  quatre  cents  quinze 
depuis  le  Déluge  jufqu'à  l'an  1665.  Mais  quel  fonds  peut-on 
faire  fur  un  Ecrivain  fi  peu  méthodique  ,  &  qui  ne  cite 
ordinairement  pour  Ces  garans  que  des  Auteurs  modernes , 
abfolument  décriés  par  le  défaut  de  leur  critique! 

Le  douzième  Livre  de  la  Cométographie  d'Hévélius  ne 
contient  qu'une  hifioire  générale  des  Comètes  :  cet  auteur 
a  puifé  dms  les  mêmes  iources ,  &  n'a  guère  mieux  réuiîi  que 


î84  Histoire 

Lubienietzkî.  II  ne  compte  depuis  le  Déiuge  jufqu'en  \C>6^ 
que  deux  cents  cinquante-une  Comètes,  &  Struyck  prétend 
avoir  trouvé  cent  foixante-quatorze  erreurs  dans  ((.n  Catalogue. 
On  ell  forcé  de  convenir  qu'Hévéiius  ne  s'efl  pas  montré 
meilleur  critique  dans  ce  douzième  Livre  ,  qu'il  ne  s'éioit 
montré  bon  Phyfîcien  dans  les  onze  précédens  :  entr'aulres 
défauts  y  celui  d'une  faine  chronologie  perce  de  toutes  parts, 
Hévélius  mérite  cependant  nos  éloges  ,  pour  le  but  qu'il  s'eft 
propofé  dans  fon  hifloire  ;  il  n'en  a  point  eu  d'autre  que 
celui  de  confèrver  à  ia  pollériîé  la  mémoire  à^i  Comètes  qui 
avoient  paru  ,  &  de  la  mettre  en  état  de  Juger  ,  de  confirmer, 
d'abandonner,  foit  fon  hypothèlè  fur  la  nature  &  les mouve- 
mens  des  Comètes,  foit  les  autres  (yftèmes  imaginés  jufqu'alors, 
ou  qui  pourroient  être  propofés  par  ia  fuite  ,  pour  en  expliquer 
les  phénomènes.  Aulfi  a-t-il  purgé  celte  partie  de  fon  Ouvrage 
de  tout  ce  fatras  hiflorique  ,  qu'on  avoit  coutume  d'étaier  , 
pour  entretenir  les  pré,jugés  vulgaires  fur  la  figniiication  des 
Comètes» 

Jean  Zahn  ,  Prémontré  Allemand  ,  au  premier  volume  de 
fon  Admirable  économie  du  Monde  ,  foutient ,  avec  railon  , 
que  les  Comètes  ne  fignifient  naturellement  rien,  &:  que  leur 
apparition  efl  indifféremment  fulvie  d'évènemens  iavorables 
.5c  défavorables.  Le  Catalogue  des  Comètes  qu'il  donne  à 
ce  fujet  n'eft  prefque  autre  que  celui  de  Lubienietzki ,  fort 
abrégé  quant  à  la  partie  hiflorique  ,    &  continué  jufqu'à  l'an 

Dans  le  Recueil  de  Tables  ajîronomiques ,  publié  fous  la 
direélion  de  ï Académie  royale  des  Sciences  &  Belles-lettres  de 
Pnijfe ,  imprimé  à  Berlin  en  iyy6  ,  in-  8f  on  trouve  ,  pages 
ly  & fuiv.  du  premier  volume ,  un  Catalogue  de  près  de  fèpt 
cents  Comètes  depuis  le  Déluge  jufqu'en  l'j'j^.  On  appuie 
prefque  toujours  de  quelque  autorité  l'apparition  de  chacune 
de  CQS  Comètes;  mais  on  ne  remonte  jamais  aux  premières 
fources,  C'eff  fur  les  témoignages  de  Céfi ,  de  Riccioli , 
d'Hévélius  &  de  Lubienietzki  que  s'appuie  le  Rédaéleur  du 
Catalogue  ;  depuis  le  Déluge  jufqu'en  1530  on  ne  cite,  pour 

treize 


DES    Comètes,  185 

treize  Comètes  feulement ,  que  deux  ou  trois  autres  Auteurs 
modernes;  on  n'allègue  abfolument  aucune  autorité  ancienne. 

Nicolas  Struick ,  dont  j'ai  parlé  au  commencement  de 
cet  Ouvrage,  fit  imprimer  en  1740  ,  à  la  fuite  diune  Inîro- 
duâion  à  la  Géographie  iiniverfelle ,  une  autre  Introdutîion 
à  la  connoijfance  générale  des  Comètes  ,  &  de  plus  une 
Defcription  abrégée  de  toutes  les  Comètes ,  tirée  de  l'Hifloire , 
le  tout  en  Hollandois.  L'Auteur  y  ajouta  en  1753  ,  un 
iiipplément  confidérable;  il  eut  la  complailance  de  me  com- 
muniquer, en  175c;),  piufieurs  additions,  correélions  & 
remarques  qu'il  avoit  faites  depuis.  Cette  Hifloire  des 
Comètes  ne  peut  fouffrir  de  comparaifon  avec  \qs  précé- 
dentes ;  elle  leur  ed  trop  fupérieure  :  elle  ne  me  paroît 
cependant  pas  portée  au  degré  de  perfection  dont  qïIq  efl 
fu^eptible.  feu  M.  Struyck  avoit  tout  l'amour  de  la  vérité, 
tout  le  zèle,  tout  le  difcernement ,  toute  la  finefîe  de  critique 
îiéceiïàire  pour  réuffir  dans  une  telle  entreprife  :  mais  il 
n'étoit  pas  comme  moi  à  la  fource  des  recherches  ;  il  n'avoit 
pas  tous  les  livres  qui  font  à  ma  difpofition  ;  il  avoit  été 
obligé  d'en  confulter  piufieurs  par  les  yeux  de  quelques 
amis,  moins  attentifs  &  moins  éclairés  que  lui.  Je  reconnois 
cependant  que  fês  travaux  m'ont  été  d'un  grand  fecours; 
ils  m'ont  dirigé  dans  ma  marche  ,  ils  m'ont  indiqué  les 
fources;  j'y  ai  fur-tout  trouvé  des  remarques  excellentes  & 
marquées  au  coin  de  la  plus  grande  fagacité. 

Des  perfonnes  ,  dont  je  me  ferai  toujours  un  devoir  de 
refpe(fter  \es  lumières  &  un  honneur  de  fuivre  les  avis,  ont 
cru  qu'il  étoit  à  propos  que  j'inféraffe  dans  mon  Hiftoire, 
toutes  les  Comètes  dont  j'ai  trouvé  quelque  mention  dans 
ies  Auteurs.  En  effet,  celles  que  j'aurois  pu  omettre  font, 
ji  eft  vrai ,  toutes  incertaines;  mais  elles  ne  font  peut-être 
pas  toutes  abfolument  faulTes.  Un  jour  peut-être  on  ea 
reconnoîtra  dans  ce  nombre  quelques  -  unes  dont  i' Agro- 
nomie ,  aidée  de  la  Géométrie  ,  aura  conftaté  le?  retours 
périod  ques.  Je  me  luis  donc  déterminé  à  luivre  ce  confeil; 
jnais  j'ai  cru  devoir  en  même  temps  diftinguer  ies  Comètes 
Tome  I.  A  ^ 


i86  Histoire 

dont  je  tiens  l'apparition  pour  certaine ,  de  celles  dont  je  ne 
fais  mention  que  d'après  un  Mizaiid  ,  un  Aîilédius  ,  un 
Rockemback ,  un  Sigebert,  &c.  J'ai  trouvé  dans  ce  dernier 
Ecrivain  une  éclipfë  de  Soleil  marquée  fur  trois  amiées 
différentes ,  &  aucune  A^^  trois  n'étoit  la  véritable  année  de 
i'éclipfe  :  fur  ce  feul  échantillon,  on  peut  juger  de  l'exaéli- 
tude  de  cet  Auteur.  Cependant ,  quand  ces  mêmes  Hiiloriens 
ne  rapportent  plus  ce  qu'ils  ont  recueilli  d'ailleurs  ,  mais  ce 
qui  s'eft  pafîe  de  leur  temps  ,  ce  dont  ils  ont  pu  être  eux- 
mêmes  témoins  oculaires,  je  les  cite  avec  plus  de  confiance^ 
&  je  regarde  leur  témoignage  comme  plus  décifif  que  celui 
de  tous  les  Ecrivains  poftérieurs.  J'ai  toujours  pefé  les  auto- 
rités que  j'allègue;  quand  un  Auteur  paroît  d'ailleurs  exaél, 
quand  il  ne  court  pas  après  le  merveilleux  ,  quand  il  date 
fidèlement  Xq^  faits,  quand  il  les  garantit  fur  le  témoignage 
de  Ïqs  yeux  ou  fur  des  autorités  fatisfaifantes ,  je  ne  balance 
point;  l'apparition  d'une  Comète,  fondée  fur  fon  feul  rapport, 
ne  laiiïe  aucun  doute  dans  mon  efprit  ;  j'en  doute  encore 
moins,  lorfqu'un  tel  phénomène  eft  appuyé  fur  la  réunion 
de  plufieurs  autorités  de  cette  ei|3èce.  Cela  pofé ,  je  diûingue 
trois  fortes  de  Comètes  ,  i.'*  celles  defquelles  je  ne  crois 
pas  qu'on  puiffe  légitimement  douter;  l'année  de  leur  appa- 
rition fera  marquée  en  titre  au  milieu  de  la  ligne:  2.°  celles 
dont  i'exiftence  aura  quelque  degré  de  probabilité ,  avec 
quelque  doute  cependant  ;  l'année  à  laquelle  on  les  rapporte 
fera  marquée  au  commencement  de  la  ligne  &  non  en  titre; 
mais  tout  ce  qui  les  concerne  fera  écrit  en  caraélères  ronds 
ou  romains:  3."  celles  qui  me  paroîtront  peu  fondées  ou 
abfolument  incertaines,  feront  exprimées  par  à^i  caraélères 
penchés  ou  italiques. 

Les  figues  de  doute,  dont  je  viens  de  parler,  ne  fè  bornent 
pas  à  l'apparition  à^s  phénomènes  auxquels  les  Ecrivains  ont 
donné  le  nom  de  Comètes ,  ils  s'étendent  aux  circonfiances 
de  fapparition  &  à  la  nature  même  de  c^s  phénomènes. 
Un  ancien  Auteur  dépofëra  en  faveur  de  l'apparition  d'une 
Comète,  &  des  Ecrivains  modernes  ont  ajouté  qu'elle  avoit 


DES    Comètes:  1 87 

paru  tant  de  jours ,  dans  tei  ou  tei  figne  du  Zodiaque  :  alors 
je  mets  en  titre  l'année  de  l'apparition  ;  j'écris  en  caraélères 
romains  que  ia  Comète  a  paru  ,  &.  \qs  circonflances  de  Ton 
apparition  ,  imaginées  par  nos  Cométographes ,  font  expri- 
mées en  caraélères  italiques.  Ailleurs ,  je  donne  pour  douteufes 
des  Comètes  dont  on  fonde  l'apparition  fur  le  témoignage 
d'anciens  Auteurs  ;  ce  n  eft  pas  que  je  révoque  en  doute 
ia  réalité  du  phénomène  dont  ces  Auteurs  alfurent  l'appa- 
rition ,  mais  c'eft  que  je  doute  fi  ce  phénomène  étoit  une 
véritable  Comète. 

Nonobftant  la  règle  que  je  me  fuis  propofee  de  parler  de 
toutes  les  Comètes  mentionnées  dans  [qs  Livres  que  j'ai 
confultés ,  j'ai  cru  cependant  pouvoir  fouvent  me  difpenfer 
de  doubler  l'apparition  d'une  Comète  rapportée  par  difterens 
Auteurs  à  des  années  différentes,  fur -tout  lorfque  le  détail 
à^s  circonflances  déffgne  manifeftement  qu'il  n'a  paru  qu'une 
feule  Comète.  S'il  y  a  quelque  doute ,  quelque  léger  qu'il 
puiffe  être  ,  je  fais  mention  des  deux  apparitions.  J'ai  cru 
pareillement  pouvoir  me  difpenfer  de  mettre  au  nombre  Aqs 
Comètes ,  fur  la  foi  d'un  Fortunius  Licétus  &:  de  quelques 
Ecrivains  de  même  trempe ,  la  colonne  qui  durant  quarante 
ans  (èrvit  de  guide  aux  Ifraëlites  dans  le  dé/ert ,  Igs  Étoiles 
qui  combattirent  contre  Sifara,  les  armées  qui  fe  heurtèrent 
dans  le  Ciel  du  temps  des  Machabées,  &c.  De  telles  ima- 
ginations pouvoient  paroître  fort  belles  à  des  Péripatéticiens  : 
nous  ne  connoiiTons  point  de  Comètes  qui  puiffènt  éclairer 
durant  quarante  ans ,  ou  repréfenter  le  choc  de  deux  armées 
ennemies. 

Comme  j'aurois  à  citer  trop  (buvent  Struyck  ;  pour  abréger, 
tm  fimpîe  aftérifque  *  placé  après  l'année  de  la  date  d'une 
Comète,  fignifiera  que  Struyck  tenoit  l'apparition  de  cette 
Comète  pour  certaine  ,  ou  du  moins  pour  très-vraifemblable. 

L'exaélitude  de  la  Chronologie  m'a  paru  devoir  être  une 
des  qualités  \qs  plus  eflentieiies  de  l'Ouvrage  que  j'entreprends. 
Je  n'ai  épargné  ni  application ,  ni  foins ,  ni  recherches  pour 
neiaiiTer  rien  à  defirer  dans  cette  partie.  Mes  principaux  guides 

A  a  ij 


ï88  Histoire 

ont  été  CaivîfiLis ,  le  F.  Fétau  ,  le  P.  Pagi ,  les  Auteurs  de 
XArt  de  vérifier  les  dates ,  &c.  Je  ne  ies  ai  cependant  pas 
aveuglément  fuivis  ;  lorfque  j'ai  cru  devoir  m  écarter  de  leur 
autorité  ,  j'ai  expolé  ies  railbns  qui  m'ont  autorifé  à  le 
faire. 

Je  date  ies  années  avant  Jéfus  -  Clirifi;  félon  la  méthode 
du  P.  Fétau  ,  adoptée  par  plufieurs  habiles  Chronologifles  : 
l'année  qui  précède  ia  première  année  de  l'ère  Chrétienne, 
n'eft  défignée  par  aucun  nombre  ,  mais  par  le  caraétère  o  : 
il  s'enfuit  que  je  dois  compter  un  an  de  moins  que  ne  font 
ceux  qui  fuivent  une  autre  méthode.  Je  commence  à  fuivre 
ie  calendrier  Grégorien  auffitôt  après  i'an  1582,  vers  la  fin 
duquel  il  fut  établi  par  l'autorité  du  Pape  Grégoire  XIIî, 
&  accepté  en  France  par  celle  du  Roi  Henri  III.  Je  compte 
ies  heures  à  la  manière  des  Aflronomes ,  lorfque  je  n'avertis 
pas  fi  elles  appartiennent  au  matin  ou  au  foir;  c'efl-à-dire^ 
que  je  commence  le  jour  à  midi  ,  &  que  je  compte  vingt- 
quatre  heures  fans  interruption  jufqu'à  midi  du  jour  fuivant: 
fur  l'heure  du  paffage  des  Comètes  par  leur  périhélie  ,  je 
me  règle  toujours  lur  le  temps  moyen  «Se  fur  le  méridien  de 
i'Obfervatoire  royal  de  Paris. 

Les  Auteurs  que  je  cite,  datent  fouvent  les  faits  d'une 
autre  époque  que  celle  que  nous  avons  accoutumé  de  fuivre; 
j'emploie  ordinairement  leurs  propres  expreffions  ;  &  j'y 
joins  la  réduélion  aux  années  de  l'ère  Chrétienne.  Ainfi, 
ies  Critiques  qui  pourroient  avoir  d^ts  fentimens  particuliers 
fur  ies  rapports  des  autres  ères  avec  la  nôtre  ,  pourront 
adapter  à  leurs  idées  les  dates  mêmes  des  Auteurs  originaux  : 
il  eft  rare  d'ailleurs  que  les  années  ,  rapportées  à  difîér^ites 
ères ,  aient  le  même  commencement.  Les  olympiades  corn- 
mençoient  vers  le  mois  de  Juillet  :  les  Grecs  comptent  les 
années  par  indiélions ,  &  les  commencent  fouvent  au  mois  de 
Septembre  :  le  commencement  des  années  de  l'Hégire  parcourt 
en  trente-deux  ans  &  demi  les  douze  mois.  Les  années  même 
de  l'ère  Chrétienne  n'ont  pas  eu  toujours  un  commencement 
iixe  &  uniforme  ;  ia  date  de  l'année  changeoit  ici  à  ia  fête 


DES    Comètes.  i 89 

d€  Noëi  ,   ià  au  premier  jour  de  Janvier  ,   aiiieurs  à  ia  fête 
de  Pâque  ou  à  celle  de  l'Annonciation.  J'ai  laiiTé  ces  réduc- 
tions de  dates  indécifes ,  lorfqu'aucune  circonftance  apparente 
ne  m'a  déterminé  :  lorique  quelque  caraélère  particulier  m'a 
procuré  la  connoilîance    de  la   date   véritable  ,   je  me  fuis 
décidé  pour  elle.  Au  refle,  je  n'ai  point  cru  devoir  appuyer 
chacune  de  mes  décifions  de  cette   efpèce  fur  des  raifon- 
nemens  longs  &  ennuyeux  :  je  me  contente  d'avertir  ici  en 
général  que  j'ai  étudié  la  chronologie  particulière  des  Auteurs, 
iorfque  cette  chronologie  m'a   paru  pouvoir  donner  lieu  à 
quelques  difficultés  ;   je  l'ai  comparée  avec  elle-même  ,   je 
l'ai  iuivie  dans  Ççs  détails;  &  par  l'ordre  delà  narration,  par 
la  multiplicité  à^s  caraélères  chronologiques,  par  le  rapport 
àes  années  avec  de  certains  faits,   dont  la  date  eil  d'ailleurs 
incontelîable ,  je  me  flatte  d'être  parvenu  à  connoître  le  temps 
précis  auquel  chaque  Hiftorien  avoit   coutume  de  fixer  le 
commencement  de  l'année.  Pour  moi ,  dans  toutes  mes  dates, 
je  l'ai  toujours   fuppofée  commençant  au  mois  de- Janvier, 
comme  nous  la  commençons  à  prélent  :  ainli,  iorfque  dans 
cette  Hiftoire  j'ai  marqué  ,    non  -  feulement  l'année  ,    mais 
encore  le  mois  de  l'apparition  d'une  Comète,  on  peut  être 
affuré   que  ce  phénomène   appartient  réellement   à   l'année 
déterminée,  commençant  au  mois  de  Janvier.  Un  feu!  doute 
peut  arrêter:  un  Ecrivain,  accoutumé  à  commencer  l'année 
au    I."  Janvier  ,    copie  quelquefois  ,    fans  en   avertir  ,    un 
Hiftorien  qui  ne  change  fa  date  que  trois  mois  plus  tard; 
j'en  ai  rencontré    beaucoup    d'exemples.    Alors ,    fi  l'Écrit 
de  l'Auteur  original  exifle,    le  remède  fè  préfente  naturel- 
lement;  s'il  n'exifle  pas  ,    &  que  d'autres  autorités  ne  nous 
aident  point  à  démêler  l'erreur,   il    ne   paroît  pas  poffible 
de  féviter;  mais  ce  dernier  cas  doit  être  extrêmement  rare, 
je  ne  penfe  pas  l'avoir  remarqué  dans  toute  la  fuite  de  cette 
Hifloire. 

Les  Chinois  commencent  depuis  long-temps  leur  année  à 
la  nouvelle  Lune  qui  précède  immédiatement  l'entrée  du 
Soleil   au  ligne  des   Poilîbns  ;    leurs   mois  font  lunaires; 


ipo  Histoire 

i'équinoxe  du  printemps  tombe  dans  la  deuxième  Lune  ou  îe 
fécond  mois  ;  durant  la  troidème ,  le  Soieil  entre  au  Taureau. 
Si  pendant  ie  cours  d'une  lunaiion  le  Soleil  n'entre  dans  aucun 
figne ,  cette  lunaiion  ou  ce  mois  eft  intercalaire  ;  il  porte  ie 
même  nom  que  celui  qui  l'a  précédé  :  fi ,  par  exemple ,  il 
vient  à  la  fuite  du  quatrième  mois,  on  le  nomme  quatrième 
mois  ou  quatrième  Lune  intercalaire ,  &  la  lunaifon  fuivante 
fera  le  cinquième  mois.  On  voit  par-là  comment  les  années 
lunaires  Chinoifes  fe  concilient  avec  nos  années  fblaires.  Il 
ne  faut  cependant  pas  s'attendre  à  une  précifion  rigoureufe 
dans  l'ordre  de  ces  mois  ;  l'imperfedion  de  i'Aflronomie  Chi- 
noife  a  pu  fans  doute  occalionner  à^s  erreurs  de  deux  ou 
trois  jours  fur  leur  commencement  ,  Se  l'on  (ait  d'ailleurs 
que  les  Chinois  regardoient  les  quatre  faifons  de  l'année 
comme  parfaitement  égales.  L'empereur  Tching  -  tang ,  en 
l'année  1760  avant  l'ère  Chrétienne,  changea  la  forme  de 
l'année;  il  ordonna  qu'elle  commenceroit  à  la  nouvelle  Lune 
qui  précéderoit  l'entrée  du  Soleil  au  Verfeau;  &  le  commen- 
cement du  jour  ,  fixé  jufqu' alors  au  lever  du  Soleil  ,  fut 
déterminé  à  l'heure  de  midi.  Ou-ouang  ,  fondateur  de  la 
dynaftie  Tche'ou  ,  en  l'an  i  i  i  i  avant  l'ère  Chrétienne , 
voulut  qu'on  tînt  pour  premier  mois  de  l'année ,  celui  durant 
lequel  le  Soleil  entreroit  au  figiie  du  Capricorne ,  &  que  le 
jour  fût  cenfé  commencer  à  minuit.  Enfin  fous  la  dynaflie 
dQS  Hin  ,  qui  prit  polTeiTion  du  trône  en  l'an  245  avant 
notre  ère  vulgaire ,  l'ancien  calendrier  fut  rétabli  :  depuis 
cette  époque ,  la  première  Lune  a  toujours  renfermé  l'entrée 
du  Soleil  aux  PoiîTons  ;  mais  le  commencement  du  jour  eft 
refté  ^y.é:  à  minuit  :  l'année  Japonoife  efl  modelée  fur  l'année 
Chinoilè. 

Quoique  les  Chinois  connoiflent  notre  lemaîne  ou  notre 
cycle  de  fept  jours ,  &  qu'ils  en  faffent  ufa^e  ,  ils  ont  un 
autre  cycle ,  fort  ufité  parmi  eux  ;  il  efi  de  foixante  jours  : 
chaque  jour  eft  défigné  par  deux  nomiS  particuliers  ;  deux 
fuites  ,  l'une  de  dix  noms  ,  l'autre  de  douze  ,  combinées 
eiifemble,  forment  cette  nomenclature.  Comme  j'aurai  fouvent 


DES    Comètes.  191 

occafion  de  citer  les  jours  de  ce  cycle  ,   ii  ne  fera  pas  hors 
de  propos  d'en  donner  ici  le  tabieau  général. 


I. 

J^/^-r//. 

21. 

iSfZiî  -  t'/i/;?. 

41. 

Kia  -  tchin» 

2. 

F-  tchéou. 

22. 

Y-yéûu. 

42. 

Y-fé, 

3- 

Ping-yn. 

23. 

P^"g  -/?^' 

43. 

Ping  -  eu. 

4. 

Ting  -  mao. 

24. 

Jz'w^  -  /z<?jy. 

44. 

Ting  -  ouey. 

5* 

Vûu  -  îchin* 

25. 

Vûu  -  tfé. 

45. 

Vûu  -  chin. 

6. 

Ki-fé. 

2.6. 

Ki  -  îchéûu. 

4^. 

Ki  -  yéou. 

7- 

Keng  -  oit» 

27. 

Keng  -yn. 

47- 

Kcng  -fu. 

8. 

Sin  -  ouey. 

28. 

Sin  -  maû. 

48. 

Sin  -  hay. 

5?- 

Gin  -  chin. 

29. 

Gin  -  tchin. 

49. 

Gin  -  tfé. 

10. 

Kouey-yéou, 

30. 

Kûuey  -fé. 

30. 

Kûuey- tchéou, 

1 1. 

Kia^fu, 

31- 

Kia  -  ou. 

51- 

Kia  -  yn. 

12. 

Y-hay. 

32. 

Y-  ouey. 

52. 

Y-  mao. 

13- 

Fing  -  tfé. 

3  3- 

Fing-chin* 

53- 

Ping  -  tchin. 

14. 

Ting  -  tchéûu. 

34- 

Ting-yéûu, 

54. 

Ting-fé. 

15- 

Vûu  -  yn» 

35. 

Vûu-fu, 

35- 

Vûu  -  ou. 

ï6. 

Ki  -  maû. 

36. 

Ki  -  hû}'. 

5^. 

Ki  -  ouey. 

17- 

Kcng  -  tchïn. 

37- 

Keng  -  tfé. 

57. 

Keng  -  chin. 

18. 

Sin  -  fé. 

38. 

Sin  -  tchéou. 

58. 

Sin  -  yéou. 

19. 

Gin  -  ûu. 

39- 

Gin-yn, 

59- 

Gin  -^fu. 

20. 

Kûuey-ûuey. 

40. 

Kûuey  -  mao. 

€0, 

Kouey  -  hay. 

Le  ic)  Janvier  1780  ,  concourt  avec  le  premier  jour 
Kia  -  tfé  de  ce  cycle  ;  de  -  là  ,  en  remontant ,  on  peut  rap- 
porter tous  les  jours  Chinois  à  notre  calendrier. 

Outre  ce  cycle  de  foixante  jours,  les  Chinois  en  ont  un 
de  foixante  ans  :  quelques  Annaliftes  rapportent  ia  première 
année  du  premier  cycle,  à  l'an  23^6  avant  l'ère  Chrétienne; 
d'autres  anticipent  cette  époque  de  trois  cents  ans.  Il  doit 
réiulter  de -là  une  différence  de  cinq  cycles  dans  le  comput 
Chinois;  l'année  1780  ,  trente -feptième  année  du  loixante- 
dixième  cycle  ,  félon  les  uns  ,  fera  ,  félon  \qs  autres  ,  la 
trente- feptième  année  du  foixante -quinzième  cycle.  Ainfi, 
ia  contrariété  que  l'on  pourroit  foupçonner  dans  les  dates 
de   quelques   Comètes   obfervées   en  Chine  ,   n'efl   qu'une 


1^2  Histoire 

contrariété  apparente  ,  &  ne  doit  point  arrêter  îe  Leéleur . 
qWq  a  fans  doute  fa  véritable  caufe  dans  l'incertitude  de  tout 
ce  que  les  Chinois  nous  racontent  de  i'antiquité  fabuieufè 
de  leur  Empire. 

Les  Chinois  ,  ou  les  Européens  leurs  copifles  ,  datent 
fouvent  leurs  années  par  celles  du  règne  de  leurs.Empereurs. 
Pour  réduire  ces  fortes  de  dates  à  notre  manière  de  compter 
ies  années ,  j'ai  fiiivi  les  Auteurs  même  defquels  j'ai  extrait 
l'apparition  des  Comètes;  à  moins  que  quelque  raiion  déci' 
five ,  &  dont  je  fais  part  à  mon  Leileur,  ne  m'ait  forcé  de 
réformer  en  quelque  partie  l'autorité  de  mes  garans.  J'en  fais 
autant  à  l'égard  d'une  autre  manière  de  compter  Xq^  années, 
fort  ufitée  à  la  Chine  :  un  Empereur ,  à  fon  avènement  au 
trône,  donne  le  nom  à  l'année;  il  ordonne,  par  exemple, 
qu'elle  s'appellera  Ta-té :  en  confequence  de  cet  édit,  l'année 
fui  vante  fera  nommée  première  année  Ta-té  ;  on  continuera 
de  nommer  les  années  féconde  ,  troiftème  année  Ta-té ,  &c. 
jufqu'à  ce  qu'il  plaife  ou  au  même  Prince  ou  à  fon  fiiccefîeur , 
de  donner  un  autre  édit,  en  confequence  duquel  l'année  ne 
fera  plus  nommée  Ta-té,  mais  pi'endra  le  nom  de  première 
Hoang  -  kin ,  ou  tel  autre  qu'il  plaira  à  l'Empereur  de  lui 
impofer  :  fur  ces  dénominations  &  leur  réduélion  à  nos  années, 
le  P.  Gaubil  a  été  mon  guide. 

Les  Chinois  connoillènt  nos  douze  fignes  céleftes  ;  ils  s'en 
fervent  pour  régler  leurs  mois  &  leur  année ,  comme  je  l'ai 
dit  plus  haut  :  mais  ils  ont  coutume  de  rapporter  d'ailleurs 
les  mouvemens  céleftes  à  l'équateur  <Sc  non  pas  à  l'écliptique. 
Ils  divifent  l'équateur  en  trois  cents  foixante-cinq  degrés  un 
quart,  c'e(l-à-dire  en  autant  de  degrés  qu'il  y  a  de  jours 
dans  l'année  folaire  ;  chaque  degré  efl;  divifé  en  cent  minutes: 
vingt -huit  conftellations  ,  de  grandeur  inégale  ,  mobiles  à 
l'égard  des  points  équinoxiaux  &  folflitiaux  ,  forment  une 
efpèce  de  zodiaque  ,  aux  parties  duquel  ils  rapportent  les 
phénomènes  céiefles.  Ainfi,  lorfqu'ils  difent  qu'une  Comète 
a  paru  dans  le  neuvième  degré  d'une  conilellaîion  ,  cela 
fignifie  que  cette  Comète  avoit  neuf  degrés  d'afcenfion  droite 

piii3 


^  D   E   s     C  0    M   È  T  E  s,  I93 

pïus  que  le  point  du  Ciel  ou  cette  conftellation  commençoit 
alors;  mais  cela  ne  détermine  point  la  déclinaiibn  ,  ni  par 
confe'quent  le  lieu  précis  de  cette  Comète. 

Tout  ce  que  j'écris  ici  de  i'Allronomie  Chinoile  ,  efl 
extrait  à^s  manufcrits  du  P.  Gaubil ,  Miffionnaire  François  à 
ia  Chine ,  très-verfé  dans  les  Lettres  &  TAflTonomie  Chinoife  : 
mais  je  ne  trouve  pas  dans  ces  manufcrits  toute  l'uniformité 
qu'on  pourroit  defu'er  fur  le  commencement  des  conftellations 
Chinoifès,  &  fur  le  nombre  de  degrés  qu'elles  renferment; 
peut-être  \qs  Chinois  eux-mêmes  ne  s'accordent-ils  pas  fur 
l'étendue  de  leurs  conflellations.  La  notice  que  je  vais  en 
donner  ell  digérée  par  le  P.  Gaubil  ;  il  étoit  à  la  fource ,  & 
par  conféquent  plus  en  état  de  juger  avec  connoilTance  de 
caufe.  Je  reélifierai  cependant,  fur  le  catalogue  de-Flamfléed, 
ies  pofitions  que  ce  Père  alTigne  aux  Étoiles  par  lefquelles 
ies  Chinois  commencent  leurs  conftellations  :  ces  pofitions 
font  déterminées  pour  le  commencemejit  de  l'année  Julienne 
1^7 00.  Il  eft  cependant  à  remarquer  que  les  Etoiles  ,  par  " 
îeiquelles  \qs  Chinois  difent  que  leurs  conftellations  com- 
mencent ,  ne  font  pas  toujours  rigoureufement  placées  à  la 
partie  la  plus  occidentale  de  ces  conftellations  :.  de -là  on 
peut  élever  un  doute  ,  dont  je  ne  vois  point  la  folution 
dans  les  manufcrits  du  P.  Gaubil.  Lorfque  \ç:s  Chinois  difent 
qu'une  Comète  eft  en  ^^jo'  d'une  conftellation,  ces  5*^  70^ 
doivent-ils  fe  compter  depuis  l'Etoile  par  laquelle  on  fait 
commencer  la  conftellation ,  ou  bien  de  l'Etoile  la  plus  occi- 
dentale de  cette  même  conftellation  ,  ou  enfin  d'un  autre 
point  à  l'occident  de  toutes  ces  Étoiles  ,  intermédiaire  à  la 
conftellation  précédente  &  celle  dont  il  eft  queftion  ?  Le 
doute  ne  fubfifte  peut-être  ,  que  parce  que  les  Chinois 
ai'avoient  rien  de  déterminé  à  cet  ég^d.  Comme  cependant 
ïl  eft  plus  naturel  de  comparer  \ç^s  Comètes  à  à^s  Étoiles 
principales,  je  regarde  comme  très-probable  que  les  Chinois 
obfervoient  le  palîàge  des  Comètes  &  des  Étoiles  principales 
de  leur  zodiaque  par  un  même  cercle  de  déclinaiion  ;  de  la 
différence  des  paiTages  en  temps ,  ils  concluoient  celle  de^ 


194  Histoire 

afcenfions  Jrohes  en  degrés  :  cela  paroît  fuppofer  que  tout 
étoit  rapporté  aux  Etoiles  qu'ils  avoient  choifies  pour  être  le 
commencement  de  leurs  confteilaîions.  Si  je  me  trompe  en 
cela  ,  l'erreur  ne  peut  être  de  grande  coniequence  :  il  eit 
peu  de  conileliations  Chinoifes ,  qui  ne  commencent  par 
leur  Etoile  la  plus  occidentale;  s'il  en  eft  quelques-unes  qui 
s'écartent  de  la  règle  générale ,  au  mcâns  l'Etoile  qu'on  leur 
affigne  pour  commencement  ,  eft- elle  peu  éloignée  de  la 
partie  la  plus  occidentale  de  la  conftellation  :  enfin  les  obfer- 
vations  de  Comètes,  faites  à  la  Chine,  font  de  telle  nature, 
que  l'incertitude  que  l'on  pourroit  avoir  fur  le  commencement 
àQs  confleilations  ,  occafionnera  beaucoup  moins  de  doute 
fur  le  lieu  à^s  Comètes  ,  que  l'imperieétion  même  à^s 
obfervatioixs. 

Yy^i  vingt-huit  conftellations  Chinoifes ,  fèpt  font  regardées 
comme  appartenantes  à  l'automne  ;  \qs  fept  fuivantes  font 
attribuées  à  l'hiver  ;  fept  autres  au  printemps  ,  Se  les  fept 
dernières  à  l'été.  On  conçoit  que  ces  conftellations  étant 
mobiles ,  leur  rapport  aux  fiifons  de  l'année  ne  peut  être 
conftant.  L'hiver ,  félon  \qs  Chinois ,  commence  lorfque  le 
Soleil  eft  au  milieu  du  Scorpion  ;  le  printemps ,  lorfqu'il  a 
atteint  le  milieu  du  Verfèau ,  &  ainfi  àts  autres;  ou  plutôt, 
\qs  trois  premières  Lunes  appartiennent  au  printemps ,  les 
trois  fuivantes  à  l'été,  &c. 

L  Les  Chinois ,  depuis  un  temps  immémorial,  commencent 
leur  zodiaque  par  la  conftellation  Kio  ;  éi\Q  renferme  deux 
Étoiles  a.d>L^àQ  la  Vierge  ;  elle  commence  par  ce,  dont  la 
longitude  étoit  en  1700  en  6^  iÇ)"^  35)'  41",  &la  latitude 
2.^  \'  59"  au  fud.  La  conftellation  Kio  a  12  degrés  Chinois 
d'étendue  en  afcenfion  droite  de  l'oueft  à  l'eft. 

I I.  La  conftellation  Kang  contient  quatre  Etoiles ,  x.  A,  /,  v 
de  la  Vierge  ;  la  plus  auftrale  des  quatre  Kang  lui  tient  lieu 
de  commencement,  c'eft  jc  de  la  Vierge,  longitude,  7^  o'^ 
\(^'  o"\  latitude,  2^  55'  40"  au  nord;  l'étendue  de  la  conf- 
tellation, félon  l'équateur,  eft  de  ^  degrés. 

III.  Tï  a  quatre  Etoiles ,  et,  /3,  y  &  ;  de  la  Balance;  le. 


D  E  ^    Comètes.  19  y 

cOmmenceinent  efl  au  fud-ouell  àçiS,  quatre  77,  ou  à  d , 
dont  ia  lougkude  en  1700' étoit  en  7^  10^  55^  o";  lati- 
tude boréale,  o^  22'  51".  La  conftellation  77  a  i  5  degrés 
d'étendue. 

IV.  ivz/;^  a  auffi  quatre  Etoiles ,  /3 ,  cT,  tt  ,  55  du  Scorpion: 
elle  commence  à  la  féconde  auftrale  à<^s  quatre  Fang ,  ou  à 
TT ,  dont  la  longitude  étoit  en  1700  de  7^  28^  45^  45''î 
latitude,  5*^  25^  46"  fud.  Cette  Etoile  nefl  pas  la  plus 
occidentale  des  quatre  Fang  ;  p  félon  i'équateur  &  S"  félon 
i'écliptique  font  moins  avancées  qu'elle,  mais  de  i  i'  30" 
feulement.  Cette  conftellation  n'a  que  ^  degrés  d'étendue. 

V.  Sin  contient  trois  Étoiles,  o- ,  ol  &  t  du  Scorpion; 
c  eft  la  première  ;  longitude,  8*3^  37^44";  latitude  auftrale, 
2^  ^p'  4";  ia  conftellation  ne  s'étend  qu'à  5  degrés. 

V I.  Ouy  renferme  neuf  Etoiles,  g,  /^,  (^,  vi.  G,  /,  x,  A,  tj  du 
Scoi*pion  :  quoique  g  foit  de  14  a  15  minutes  plus  occidentale 
que  IX  ,  c'eft  cependant  à  ^  que  les  Chinois  ont  Çixé  le  com- 
mencement de  la  conftellation  ;  longitude,  8^11'^  58^32"; 
iatitude  auftrale,  15^  22'  35?";  étendue  de  la  conftellation-, 
[l  8   degrés. 

VIL  Ki  a  quatre  Etoiles,  y,  J^,  e,  71  du  Sagittaire;  y  eft 
îa  première;  longitude,  8^  27^  4'  7"  ;  latitude,  6^  5  5'  5  i" 
au  fud  ;  étendue  de  la  conftellation ,    i  i   degrés. 

VIIL  Téou ,  première  conftellation  d'hiver,  eft  compofee 
de  fix  Etoiles,  J^,  A,  (p,  o-,  r,  (^  du  Sagittaire;  S"  commence; 
longitude,  5)^5'^  59'  2";  latitude,  ^^  54'  35"  au  l«d  ; 
l'étendue  de  cette  conftellation  eft  de  2.6  degrés. 

IX.  ,iVi^oz/ com.prend  quatre  Etoiles,  c,  fè,  ^,  ^  du  Capri- 
corne ;  /3 ,  quoique  moins  occidentale  que  o- ,  com.mence  la 
conftellation;  longitude  en  1700,  p^  2^'^  52'  ly"  ;  latitude 
boréale ,  4^  3  7'  27"  ;  étendue  de  la  conftellation  ,   8  degrés. 

X.  Nu  a  quatre  Étoiles  ,  doute  &  /uu  du  Verfeau  font 
partie  ;  on  ne  convient  pas  des  deux  autres  :  e  commence  la 
conftellation;  longitude,  10^7'^  32^  26";  latitude  boréale ^ 
8"^  6' 41"  ;  étendue,   12  degrés. 

'_       Bb  ij 


îp6  Histoire 

X  I.  Hiu  n'a  que  deux  Étoiles ,  jS  du  Verfeau  &  et  Ju  petit 
Cheval;  la  première  commence  la  conflellation  ;  longitude, 
lo^  icf^  12^42";  latitude,  8^38'  43"  au  nord;  étendue  de 
la  conflellation  ,    i  o  degrés. 

XII.  Ouey  ou  Goey  contient  trois  Étoiles,  cl  du  Verfeau, 
ê  &  G  de  Pégafe  ;  le  commencement  eil;  à  et  du  Verfeau  ; 
longitude,  10*  2^"^  10^36";  latitude  boréale,  io'^4o'38"; 
étendue,  17  degrés. 

XI IL  67// a  deux  Étoiles ,  et  &:  /3  de  Pégafe  ,  et  commence 
la  conflellation  ;  longitude,  i  i^  i^^  ^7'  3  3">  latitude  boréale, 
10)^24'  ]y"  j  étendue,  16  degrés. 

XIV.  Pi  ou  Toiuig-pi  contient  aufli  deux  Étoiles,  y  de 
Pégafe  ,  %  d'Andromède  :  y  commence  la  conflellation  ; 
iongitude,  0^4^  58'  10";  latitude  boréale,  12^  35'  12"; 
étendue  de  la  conitellation  ,    c;  degrés. 

XV.  Kouey ,  première  conileilation  du  printemps  ,  contient 
feize  Étoiles,  (^,  »,  nt,  J^,  e,^,  /^,  j/  d'Andromède,  cp,  p^,  -v]/,  u, 
1 ,  T,  g ,  cr  des  Poiiïons  ;  le  commencement  eft  à  (^  d'Andromède  ; 
iongitude,  o^  16^24^4^";  latitude,  \j^  35^  51"  au  nord; 
étendue  ,   i  6  degrés. 

XVL  L/o«  renferme  trois  Étoiles,  y,  Ci  y  cl  du  Bélier;  jS^ 
de  I  ^^  moins  occidental  que  y,  commence  la  conflellation  ; 
longitude,  o*  25)^^  4(5'  19";  latitude  boréale,  S*^  28'  16"; 
étendue  en  afcenfion  droite  ,    i  2  degrés. 

XVïï.  Ouey  contient  les  trois  Étoiles  de  îa  Mouche  ou 
Fleur-de-lys  ;  la  conflellation  commence  à  la  plus  occidentale 
à^s  trois  Ouey  ;  longitude,  1^12^^  44'  y"\  latitude  boréale, 
ïi^  \y'  13";  étendue,   14  degrés. 

XVIII.  Mao  comprend  \qs  lept  Pléiades  ;  -a  ou  la  Claire 
commence  la  conileilation ,  quoiqu'elle  ne  foit  pas  la  plus 
occidentale;  longitude,  i'^  25*^48'  28";  latitude,  4^^  o'  -^j" 
au  nord  ;  l'étendue  eft  de  i  i  degrés. 

XIX.  Pi  contient  huit  Étoiles  des  Hyades,  &:  commence 
par  g,  quoique  cette  Étoile  ne  foit  pas  la  plus  occidentale 
des  huit  Pi  ;  longitude  ,  2^  4^  i  5^  3  i";  latitude  auftrale,  2^ 
35'  58";  étendue  ^  x  ^  degrés. 


DES    Comètes, 

XX.  Tfan  contient  dixÉtoiies,  «t,  y,  J^,  «,  ^,  G,  ^,  x,  &c« 
^'Ôrion  ;  elle  commence  par  cP ,  qui  n  eft  pas  la  plus  occi- 
dentaie  des  dix  Tfan ;  longitude,  2^  i^^  ^'  58";  latitude  ^ 
^^d  ^^'  j",  au  fud;  étendue,  ^  degrés. 

XXI.  Tfé  ou  Tfouy  renferme  trois  Etoiles,  A  &  les  deux 
<p  d'Orion;  elle  commence  par  A  ;  longitude,  2^  ic^^  30' 
138";  latitude  auflrale,  13^  25^  2";  cette  confteilation ,  qui 
îi'a  que  2  degrés  d'élendue ,  eft  entièrement  renfermée  dans 
la  conftellatJon  Tfûti  ,  avant  laquelle  elle  efl  même  placée 
par  quelques  Auteurs* 

XXII.  Tfitig,  première  conftelîation  de  Tété,  comprend 
huit  Étoiles  /x,  v,  y,  2,  A,  ^,  e  &,  je  penfe,  d  d^s  Gémeaux; 
elle  commence  à//.;  longitude,  ^^  i^  6'  30";  latitude,  o^  5  i/. 
2.2"  au  fud;  étendue  de  la  conftellation ,  ^^   degrés. 

XXI II.  Yu-kouey  a  quatre  Étoiles,  ô,  yi,  y,  J^  de  l'Écre- 
viiïe,  &  commence  par  ô;  longitude,  4^  i*^  ^^'  4";  latitude 
auflrale,  0^51^22";  étendue,  4  degrés. 

XXIV.  Lîeou  contient  huit  Etoiles,  j^,  o-,  w,  5),  g,  ^,û?,  9 
tie  l'Hydre,  &  commence  à  J^;  longitude,  4^  d*^  7'  23",  lati- 
tude auflrale ,   I  2^  25' 37'' ;  étendue,   15  degrés. 

XXV.  Siiig  renferme  fept  Etoiles,  dont  la  première  &  la 
principale  efl  le  cœur  de  l'Hydre  ;  longitude,  4^23^  6'  i^"  ; 
latitude  auftrale,   22^  24'  32";  étendue,  7  degrés. 

XXVI.  Tcharig  afix  Etoiles,  jc,  u,  A,  /x  &  (p  de  l'Hydre; 
quoique  x-  foit  la  plus  occidentale ,  la  conftellation  ne  com- 
mence qu'à  la  première  des  deux  v  ;  longitude ,  5^i^3i'53"; 
latitude  auflrale,  z6'^  5'  14";  cette  conftellation  a  18  degrés 
d'étendue. 

XXVII.  Y  contient  vingt-deux  Etoiles,  ^  de  l'Hydre 
&:  toute  la  Coupe  ;  ce  de  la  Coupe  efl  la  première  ;  longitude  ^ 
i5^i9'^3  5'3";iatilude,22^42'o"aufud;étendue,  18  degrés. 

XXVIII.  Tching  a  quatre  Étoiles ,  e,  y,  J^,  iS  du  Corbeau  j 
la  conflellation  commence  à  y  ,  qui  n'efl  pas  la  plus  occi- 
dentale ;  longitude  au  commencement  de  1700*^  6^  6^  34^^ 
Il  8";  latitude  auftrale,  14^^  z^'  o"  ;  l'étendue  de  la  confie!- 
lation,   en  afcenfion  droite^  efl  de  17  degrés. 


ip8  Histoire 

Outre  les  viJigt-huit  conftellaîions  ,  les  Chinois  dîflînguent 
cinq  autres  parties  dans  le  Ciel ,  le  palais  Tfé-ouey ,  ie  palais 
Tay-ouey ,  ie  Tien-ché ,  les  Étoiles  au  nord  des  vingt-huit  conf^ 
tellations,  &  les  Etoiles  au  Sud  à^s  vingt-huit  conflellations  ; 
ces  deux  dernières  parties  n'ont  pas  befbin  d*expIication. 

Le  palais  Tjé-oiiey  eft  déterminé  par  le  cercle  de  perpé- 
tuelle apparition  àts  Étoiles  :  ainfi  une  Comète,  un  Aftre 
qui  efl  dans  ce  palais  ne  fe  couche  pas ,  il  refle  perpétuelle- 
ment fur  l'horizon. 

Le  palais  Tay-ouey  s'étend  entre  le  Tfé-ouey  Si  i'équateur , 
vers  le  colure  des  équinoxes  du  côté  de  la  Balance  ;  il  ren- 
ferme le  dos  ,  la  queue  &  les  pattes  de  derrière  du  Lion  , 
la  partie  orientale  du  petit  Lion  ,  les  Chiens  de  chaffe ,  la 
Chevelure  de  Bérénice ,  le  Bouvier  &  prefque  toute  la  Vierge. 
Lorfque  la  conitellation  Kio  étoit  en  deçà  de  I'équateur,  elle 
n'étoit  pas  pour  cela  comprife  dans  le  Tay-ouey. 

Le  Tien  -  ché  efl  pareillement  borné  au  nord  par  le  Tfé^ 
oiiey ,  au  fud  par  I'équateur  :  de  l' ou  efl:  à  l'efl:  il  s'étend  depuis 
ie  Tay-ouey  jufque  vers  le  colure  àts  foUlices,  comprenant 
la  Couronne  boréale ,  prefque  tout  Hercule ,  &  la  partie 
boréale  du  Serpentaire  8l  du  Serpent. 

Je  me  fuis  un  peu  étendu  fur  l'Aflronomie  Chinoife  :  j'ai 
cru  qu'il  étoit  néceflaire  de  le  faire ,  pour  que  le  Ledeur 
entendît  mieux  ce  que  j'ai  recueilli  fur  les  Comètes  obrervées 
à  la  Chine ,  pour  qu'il  pût  {çts  comparer  avec  \qs  obierva- 
îions  Européennes ,  pour  qu'il  fût  plus  en  état  de  juger  des 
réfuitats  que  j'ai  cru  pouvoir  tirer  de  quelques-unes  de  ces 
obfervations  Chinoifes.  Les  plus  précieufes  de  ces  obferva- 
tions  font  tirées  des  manufcrits  du  P.  Gaubil ,  qui  m'ont  été 
obligeamment  communiqués  par  feu  M.  de  llfle.  Le  P.  Gaubit 
s'étoit  fingulièrement  appliqué  à  la  recherche  de  ce  qui 
concerne  i'Aftrologie  Chinoife  ;  il  avoit  envoyé  les  h-uits 
de  fon  travail  à  M.  Fréret ,  à  M.  de  fille  ,  au  P.  Souciet , 
à  d'autres  Savans  de  fEurope  ;  M.  de  flfle  a  recueilli  le 
tout  :  ks  manufcrits  précieux  font  confervés  au  dépôt  de 
la  Marine. 


DES    Comètes.  199: 

Mon  hilloire  ne  roulant  que  fur  des  faits,  ne  peut  obtenir 
le  fufîrage  du  Public  qu'autant  qu'elle  fera  reconnue  pour  une. 
compilation  exa(5le ,  mais  cependant  raifonnce  ,  de  tout  ce 
qui  a  été  dit  avant  moi  fur  l'apparition  à^s  Comètes.  Je  ne 
puis  donc  me  dilpenler  de  citer  mes  garans,  &  de  les  citer 
de  manière  qu'ils  puiiTent  être  ficilement  reconnus,  tk  même 
conlultés  par  ceux  qui  defireroient  vérifier  mes  citations.  En 
conléquence  ,  j'avois  d'abord  joint  les  citations  au  texte  ;  elles 
i'entre-coupoient  dé(apTéablement  ;  elles  étoient  fouvent  plus 
iongues  que  le  texte  même  ;  les  mêmes  citations  revenoient 
fouvent  dans  la  même  page.  Je  me  fuis  donc  déterminé  à 
fuivre  un  confeil  qu'on  m'avoit  déjà  donné.  M.  de  Tillemont , 
dans  Çqs  excellens  Mémoires  fur  l'Hiftoire  Eccléfiaflique  Se 
fur  la  Vie  des  Empereurs  ,  me  fervira  de  modèle.  A  fou 
exemple,  je  ne  donnerai  que  à^s  citations  abrégées  &  les 
plus  courtes  qu'il  me  fera  poffible;  mais  je  vais  préalablement 
donner  une  liile  alphabétique  de  ces  citations  abrégées  ^ 
fuivies  des  mêmes  citations  plus  étendues  ,  avec  les  caractères 
de  l'édition  que  j'ai  confuitée  ,  la  note  de  la  colleélion  où 
i'Ouvrage  cité  efl  inféré,  &  fouvent  avec  quelques  remarques 
fur  le  temps  auquel  un  Auteur  a  vécu ,  &  fur  le  degré  de 
confiance  que  ion  autorité  mérite.  Sans  ces  remarques  ,  on 
pourroit  être  étonné  de  ce  que  je  néglige  quelquefois  l'autorité 
d'un  Ecrivain  dont  je  donne  ailleurs  le  témoignage  comme 
décifif.  J'ai  confulté  tous  les  Auteurs  dont  je  donne  ici  la 
lifle;  il  ne  faut  pas  en  conclure  que  je  n'ai  confulté  que 
ceux-là  ;  je  ne  nomme  ici  que  ceux  qui  m'ont  fourni  quelques 
matériaux.  Lorfque  j'ai  tiré  i'Ouvrage  cité  de  quelqu'autre 
bibliothèque  que  de  celle  de  Sainte-Geneviève  ,  j'en  avertis  ; 
ainfi  du  défaut  d'un  tel  avis ,  on  peut  conclure  avec  affurance 
que  rOuvrage  cité  fe  trouve  dans  notre  bibliothèque. 

Lorfque  l'Écrivain  ,  dont  j'allègue  l'autorité ,  efl  nommé 
dans  le  texte ,  &  qu'il  n'y  a  point  de  citation  de  chapitre , 
d'article  ou  de  page  à  ajouter  à  fon  nom  ,  je  me  difpenfè 
ordinairement  de  le  nommer  une  féconde  fois  en  note,  les 
premières  lettres  de  fon  nom  fufîifent  pour  chercher  dans  la 


20O  H   t    S    T    0    I    R     E ,    è-'C, 

table  fuîvante  fon  nom  &  la  notice  de  l'Ouvrage  dont  il  efï 

Auteur. 

Quand  un  Cométographe  ou  un  Hiftorien  fuît  dans  la 
relation  des  faits  l'ordre  chronologique,  je  me  contente  de 
citer  feulement  fou  Ouvrage  ;  le  palTage  cité  fe  trouvera 
facilement  fur  l'année  à  laquelle  il  eft  rapporté.  S'il  peut  y 
avoir  quelque  difficulté  ,  j'ajoute  à  la  citation  les  caraélères 
ïîécefîaires  pour  qu'on  puiffe  aifément  la  vérifier.  T.  lignifie 
tome  ou  volume  ;  P.  partie;  7>.  traité;  L- livre  ;  C  chapitre; 
Arî,  article  ou  paragraphe  ;  Th.  titre  ;  P.  page ,  &c. 

Dans  la  lifte  qui  va  fuivre  ,  on  trouvera  à^s  citations 
abrégées  ;  il  faut  les  chercher  dans  la  lifte  même  ,  en  leur 
ordre  alphabétique.  Vous  en  avez  un  exemple  àhs  le  fécond 
Ouvrage  nommé  dans  la  lifte  ;  il  fe  trouve  dans  une  col- 
ieétion  défignée  par  l'abréviation  Bouquet,  Cherchez  cette 
abréviation  fur  la  lettre  B ,  &  vous  connoitrez  quelle  eft  \% 
çolieétion  où  fe  trouve  l'Ouvrage  cléfigné» 


TABLE 


201 


TABLE 

Des  Citanons  abrégées,  employées  daiis  l'H'iJloïre  générale 
des  Combes  ^  ir  leur  Jignijicaîion* 

A  ^ 

J\  B B.  S  T  A  D.  Chronîcon  Albertl ,  Ahhatîs  Stadenjis.  HeTmaeftadîi, 
I  587  ,  in-^°  Albert  écrivoit  vers  le  milieu  du  XIII.''  fiècle  ;  il 
m'a  paru  fort  exadl  fur  les  dates  des  Éclipfes  ,  fur-tout  depuis 
i'an  looo;  c'eft  un  préjugé  en  faveur  de  fon  exadiitude  fur  les 
dates  ÙQs  Comètes.  Je  ne  le  cite  point  avant  l'an  1000. 

'A  B  B  R.  F  R.  R  E  G.  Abbreviaùo  gejlorum  Francîœ  Regum.  Repe- 
ritur  in  Bouquet,   to.  X  &  XL  II  finit  en  i  i  37. 

'Abdic.  Carol.  V.  HijîoYia  abdïcationis  Caroli  V>  Imptratorîs. 
In  Hiflor.  op.  to.  II. 

Abulph.  Gregorii  Abul-pharajn  Hijîorîa  omntalis.  Oxonîae , 
1672  ,  m-^.' 

Acad.  Inscr.   Hiftoiie  de  rAcadémie  royale  des  Infcriptions 

&  Belles  -  Lettres ,  &.c.  Paris,    171 7  e^fuiv.  in-^.' 
ACAD.  Se.    Mémoires  de  l'Académie  royale  des  Sciences.  Paris j 

1  6 ^  .^  Ù"  fuiv.  in-^." 
A  C  O  s  T.   Hîjloria  natural y  moral  de  las  Indias ,  por  el  Padre  Jofepk 

de  AcoJIa ,   Religiofo  de  la  Compania  de  Jefus.  Madrid,    1608  , 

în~^'  Cette  Hiltoire  a  été  compofée  en  1  58^» 

ACROP.  Georgii  Acropolitœ ,  magni  Logothethvs f  Hijloria.  Parifiis, 
I  6  5  I  ,  in-fol. 

Adam.  AI.  Adaml  Hijloria  Ecclefiajlica.  Helmeftadii ,  1670  ^ 
în-^.'  Cet  Auteur  vivoit  vers  le  milieu  &  la  fin  du  XI.^  fiècle. 

Ademar.  Ademari  Cabanenfis  Chronicon-  In  Bouquet,  to,  X,  H 
finit  en  1029  ,  &  vivoit  alors. 

'M  G  î  D.  Traâatus  fratris  yEgidii  de  Çometis.  Maniifcrit  .de  Cam- 
bridge ,  dont  on  trouve  un  extrait  dans  Struyck  ,  1 7  j  3  ,  /?.  1  8  ^ 
20  j  I  07  ;  &  dans  Philofophical  Tranfaâions,  t.  XL VII ,  p.  28  i , 

'.^MiL,  Pauli  ^miliif  ds  rébus  g^Jlis  Frmcorum>  Bafileas,  i6oï; 
in-fol.  _, 

Tome  L  C  c 


202.  Table 

A  G  N  E  L  L.  Ravennat'is  Agnellï  liber  Pontïficaîis.  In  Murator.  t.  II, 
Cet  Auteur  vivoit  au  ix/  fiède  ,    félon  Vofîlus. 

AiMOiN.  Aimoinï ,  Alonachî  Florîacenfis ,  de  gejîis  Regum  Fr an- 
cor  um ,  librî  IV.  In  Bouquet,  r.  ///. 

AlMOlN.  SUPPL.  Annonii  (  id  ejl ,  Aimoïni  )  fuppkmentum ,  feu 
liber  quinîus.  II  efl  imprimé  à  la  fuite  des  quatre  prëcédens. 
Paris ,  1514?  in-fol.  li  eft  dit  à  la  fin  du  Livre  qu'il  a  pour 
Auteurs  divers  Moines  de  Saint-Denys. 

Alber.  Casin.  Anonymi  Cafinenjîs,feu Domni Alberici Chronicon, 
In  Murator.  t.  V.  II  n'efl:  pas  toujours  exad  fur  les  dates. 

Albert.  Magn.  AWerti  Afagni ,  liber  primus  Afeteorori/m  , 
traâatu  ^.  cap.  ^  ,  dans  le  fécond  volume  du  recueil  de  fes 
Ouvrages.    Lyon  y    1651,    in-fol. 

AlpERT.    Alperîus  de  diverfitate  tempormn.  In  Eccard.    t.  I. 

Al  ST.  Joannis  Henrici  Alftedii  Thefaurus  Chronologiœ.  Herborna? 
NafTovîorum ,  i  637  ,  in-8 .'  La  cinquante-cinquième  chronologie, 
qui  efl:  celle  des  Comètes  ,  efl:  faite  fans  aucun  difcernement. 

Am  A  L  R I C.  Amalrici  Augerii  de  Biterris ,  Aâus  Pontificum  Roma- 
norum  ad  Joannem  XXII ,  feu  ad  annum  i  ^  2 1 .  In  Piflor.  t.  II, 

A  M  MI  AN.  Ammiani  Alarcellini ,  rerum  geftarum ,  libri  XVIJI 
fuperflites.   Parifiis ,   i  6  8  i  ,   in  fol. 

Ammir.  Hiforia  Fiorentina ,  di  Scipione  Ammirato.  In  Firenze^ 
I  647 ,  in  fol. 

A  N  A  s  T  A  s.  Anaflafii  Bibliothecarii ,  Hiflaria  Ecclefiajlica,  Parifiis  , 
I  64P  ,   in  fol. 

A  N  D  R.  Rat.  André  œ  Ratifionenfis ,  &  Joannis  Chraft  ^  Chronicon, 
In  Eccard.  t.  I.  André  finit  en  1348,  &  fon  continuateur, 
Jean  Chraflft,  en  1490. 

Anecdot.  Grande  colledion,  dont  le  titre  efl  ,  Thefaurus novus 
Anecdotorum ,  opéra  &  ftudio  PP.  Edmundi  Afarîenne  &  Urfini 
Durand.  Parifiis  ,    1717,  in  fol. 

Angelocr.  Danielis Angelocratoris  Chronologia autoptica,  i  6 0  i , 
Je  n'ai  pu  trouver  cet  Ouvrage;  je  le  cite  peu,  &  je  ne  le  fais 
que  fur  la  foi  de  Struyck. 

Ann^eb.  Annœbergœ  ,  Mifniœ  urbis ,  Hiforia,  auâore  Paulo 
Jenifo  ,  Annœbergenf.  Drefdae ,  i  605  ,  in-^."  Je  ne  cite  que  le 
livre  II  ou  les  Annales  ;  elles  s'étendent  depuis  la  fojîdatioa 
d'Amieberg,  en  M'5*7?  jwfqu'en  1604. 


/  ï 


DES    Citations.  203 

Annal.  Adlz.  Annales  Boicœ  gentis  p$r  Joannem  Adbjeitter. 
Francofurti  ad  Mœnum,  171  o,    in-fol. 

An  N  a  l.  Asser.  Chrome  on  fanï  S.  Neothi ,  five  Annales  Joann'is 
AJferii.  In  Th.  Gai.  Ces  Annales  finilTent  en  914.,  AfTer  vivoit 
alors  ;   il  efl  exa<5t  fur  les  dates  des  Eclipfes. 

Annal.  Augstb.  AchilUs  Pîrmini  Gajfarï ,  Annales  Augjl- 
burgenfes.  In  Menken.  t,  I.  L'Auteur  efl:  afTez  exaâ;  fur  les 
Éciipfes.  II  étoit  né  en  1505;  il  finit  fes  Annales  en  i  576;  il 
mourut  l'année  fuivante.  Il  avoit  compofé  ,  étant  jeune  ,  une 
C  hronique  générale ,  dont  je  ne  fais  aucun  ufage ,  la  chronologie 
m'en  ayant  paru  trop  fautive. 

Annal.  Bamb.  Annales  Bamhergenfis  Epifcopatûs ,  Afart'mi 
Hoffmanni ,  ab  origine  ad  annum  j^^o.  In  Ludewig.   t.  I. 

Annal.  Bel  g.  Annales ,  five  Hijforîœ  rerum  Belgïcarum ,  a 
dherfis  auâoribus  confcriptœ.  Francofurti  ad  Mœnum ,  1580, 
în-foL 

Annal. Bertin.  Annales  Bertiniani.  In  Bouquet,  t.  VI  &  VIL 

Annal.  Bosov.  Annales  Bofovîenfes ,  ab  anno  112^  ad  annum 
1 1()8.  In  Eccard.  t.  I, 

Annal.  Burton.  Annales  Monajlerlî  Burtonenfis  ,  ab  ann9 
100^  ad  annum  1 26 ^.   In  Rer.  Angl.  Script.  î,  I. 

Annal.  Cœsen.  Annales  Cœfenates.  In  Murator.  t.  XIV. 
Elles  paroiiîènt  avoir  été  terminées  d'abord  en  1334,  &  conti- 
nuées enfuite  par  d'autres  Auteurs. 

Annal.  Colmar.  Annales  Dominîcanorum  Colmarenfmm.  In 
Urftis. 

Annal.  Est.  Annales  EJlenfes ,  auâore  Jacob 0  Delayto ,  Can- 
cellarîo  Domini  Nicolai  EJlenfis ,  Alarchîonis  Ferrarîœ ,  ab  anno 
^393  ad  annum  1^0^.  In  Murator.  f.  XVHL  Cet  Auteur 
efl:  contemporain. 

Annal.  Flandr.  Annales  Flandrîœ.  In  Annaï.  Beîg.  /. // 
L'Auteur  ou  le  Coiledeur  efl;  Jacobus  Meyerus  Baliolanus,  il 
vivoit ,  je  penfe ,  en  1 477. 

Annal.  Franc.  Annales  Francorum  ah  anno  yi4  ad  8 8 ^ . 
In  Pith.  Quoiqu'il  y  ait  quelque  différence  entre  ces  Annales  & 
celles  de  Fulde ,  il  y  a  lieu  de  croire  cependant  que  ce  ne  font 
que  deux  éditions  différentes  d'un  même  Ouvrage.  Les  Annales 
de  Fulde  font  d'ailleurs  plus  exades  fur  les  dates. 

A-NNAIm  Forol.  Annales  Forol'menfes  (de  Forli  dans  la  Romagne) 


2  04  TABLE 

ah  anno  /-S//  ad  anmm  147^  >  anonymo  aurore.   In  Murator, 

t.  XXJI. 
j^NNAL.   FuLD.   Annales  FrancQYum  Fuldenfes.  In  Bou^^uet. 

t.  VII  &  VIIL  L'auteur  vivoit  vers  la  fin  du  ix.*  fiècle. 
Annal.  Gen.   Georg'û  Stellœ ,  Annales  Genuenfes.  In  Murator. 

t.  XVI L  Elles  finifîent  en  1409  ,    &  ont  e'té  e'crites  vers  ce 

même  temps. 
Annal.  Hildesh.  Annales  Hîldesheîmenfes.  /«  Script.  Brunfwlc. 

î.  L 
Annal.  Hirsaug.  Joamîs  Trîthemîî  ;  Annales  Hirfauglenfes. 

Typïs  monajlerii  S.  Gallï ,    1690,  in-fol.  . 
Annal.  MarG.   Annales  de  Margan ,  five  Ckron'ica  ahhreviata , 

a  tempore  S.  Edwardi ,  Regîs   ultimi  de  progenie    Anglorum.    In 

Rer.  Angl.  Script,  t.  IL    Elles  finirent  en   i  23  i  ;  les  dates  des, 

Éclipfes  lont  prefque  toutes  exades. 
Annal.   Mediol.   Annales  Medîolanenfes.  In  Murât.  î,  XVI* 

Elles  font  écrites  au  commencement  du  xiv,^  fiècle. 
Annal.  Met.    Annales  Metenfes.  In   Duchefn.  t.  lîl,  &-m 

Bouquet,    t.  II  &  F".  Cette  compilation  finit  à  l'an  903, 

Annal.  Mutin.  Annales  veteres  Mutinenfium.  In   Murator^ 

t.  XL 
Annal.  Placent.    Annales  Placent inï ,  per  Antonlum  d^ 

R'ipalta  y    ab  anno    i^oi    ad  ann.    14^  S    confcr'ipti ,    &  per' 

Albertum ,  e'jus  jilium ,   ad  amium  i^S^-  continuaù.  In  Murator,. 

t.  XX, 
Annal.  Raim.   Annales  de  Rahno  ,  five  hrevis  Hïjîorïa  NeapO" ' 

inana ,  ab  anno  1  i  ()y  ad  ann.  i  ^8 6 ,  auâoribus  Ludovico  feniore ^ 

&  Ludovic 0  junior e  de  Raîmo.  In  Murator.  r.  XXI IL 
An  N  a  L.  S  A  X O.  Annalïjla  Saxa.  In  Eccard.  t.  L  L'Abbé  Ekkéard, 

Auteur  de  ces  Annales  ,  vivoit  au  commencement  du  xii.''  fiècle» 
Annal.  TrEVIR.   Antiquîtates  &  Annales  Trevîrenfmm ,  auâo- 

ribus  Chrijhphoro  Browero  &  Jacobo  Alafenïo ,  Soc,  Jefu.  Leodii;^ 

I  671  ,  m- fol. 
Annal.  Turc.  Annales  Sultanorum  Othmanîdamm ,   a  Tunis 

fuâ  linguâ  Jcriptï ,    &c.  Ad  calcem  Hijlonarum  Leonici  Chako-' 

condilœ.  Parifiis ,   16^0 ,  in  -fol. 
Annal.   Vicent,   Annales  Vicentîni ,  per  Confortum  Pulicem  , 

ab  anno  i ^yi  ad annum  i ^  8y.  In  Murator.  t.  XI IL 

Annal.  "Way£RL.  Annales  Waverleienfes.  In  Rer.  Angl.  Script,  ^ 


DES     C  J  T  À  T  T  0  N  S,  'iàf 

t.  II.  Elles  finiflent  en  1 2^  i  ;  les  eclipfes  y  font  afîêz  exacSlement 
datées. 
A  NON.    AsTRON.    Anonymus   auâor   Vitce   Ludovïd   PU.   In 
Bouquet,  t.  VX,  Cet  Auteur  eft  contemporain,  &  fe  donne  pour 
Aftronome. 

An  ON.  Bav.  Anonymi  Bavari  Chronîcon ,  ah  ann,  1$^^  a.à 
141  8.  In  (Efel.  î.  L 

Anon.   Benevent.  Anonymi  Bemvênîanî  Hîjîorla  Longobaf" 

doYum.  In  Thef.  It.  t.  IX ,  p,  i . 
Anon.   Brev.   Anonymi  Itali ,    Breviarium  Italicce  HiJIorîœ.  In 

Murator.   z.  XVI»   Cet  Anonyme  écrivoit  vers  le  milieu  du 

XI Y."  fiècle. 
Anon.   Casin.   Anonymi  ÂlonacU  Cafinenfis  hreve  Chronîcon.  In 

Murator.  t.  V,  &  Thef.  It.  t.  IX.   Il  finit  en  i  1 9  5 .  Les  dates 

des  ëcIipfes  font  peu  exaéles.  Muratori  penfe  que  cet  Anonyme 

n'efl:  autre  qu'Albéric  du  Mont  Calîin  :  on  a  une  Chronique  de 

cet  Aibéric  ,  bien  plus  étendue  que  celle-ci. 

Anon.  Compil.  Anonymi  Compilatio  Chronologica ,  ah  initia 
mundi  ad  annum  1 474.  In  Piflor.  r.  /.  Cette  Compilation  fait 
douter  quelquefois  du  difcernement  de  fon  Auteur, 

Anon.  de  Com.  1468.  Anonymi  Traâatus  de  Corne  ta  annî 
î 46 S  ,  ad  fummum  Pontifcem.  Ce  Traité  fe  trouve  dans  une 
colledion  manufcrite  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  n.°  7336, 
in -4.'  Elle  m'a  été  obligeamment  communiquée  ,  ainfi  que 
plufieurs  autres  ,  par  feu  M.  Capperonnier,  qui  m'a  aidé  même 
à  les  déchiffrer. 

Anon.  Erphesf.  Anonymi  Erphesfordienfis ,  Hijloria  de  Land" 
graviis  Thuringiœ.  In  Piftor.  /.  /. 

Anon.  Gnezn.  Anonymi  Gne^nenfis,  brevior Chronica  Cracovii^» 
In  Sommerfb.  t.  II. 

Anon.  Leob.  Ano?iymi  Leohienfis  Chronîcon.  In  Pez,  Auflr. 
t.  I.  Dans  tout  le  premier  livre  de  (à  Chronique ,  cet  Auteur  eft 
un  compilateur  fans  difcernement  ;  il  y  a  autant  de  fautes  de 
chronologie  que  d'articles;  dans  le  fécond  livre,  il  eft  plus  étendu 
&  plus  exaét  :  il  finit  en  i  343. 

Anselm.  Gembl.  Anfe/mij  Gemhlacenfis  Ab  bâtis  j  Chronicon^_ 
cum  omnibus  cjus  auâuariis.  In  Piftor.  î.  I. 

Antiqu.  Brit.  Antiquitat^s  Eççkjiç^  Britannicos,  Londini^ 
J572,  in -foi 


206  T     A      B      L      E 

Antiqu.  Constant,  Anonymî  ,  Antîmtltates  Conjlant'mo^ 
polis,  in  tomo  primo  Imperii  Orieiitaiis.  Pariliis,    lyii,  in-fol, 

A  N  T  O  N  I  N.    Divi  Antonini  Chronica.  Lugduni ,  1586,  in-fol. 

ApiAN  ou  Appian.  AJlronomicum  Cefareum  ,  Pétri  Apiani. 
Ingoiftadii ,  i  540,  in-fol.  forme  d'Atlas.  li  m'a  été  communiqué 
à  la  Bibliothèque  du  Koi. 

Appian,  Al,  Appiani  Alexandrini ,  Romanarum  Hijloriarum^ 
Ù'c.  Excudebat  Henricus  Stephanus ,    1592,  in  fol. 

ArcHIEP.   Brem.    Incerti    Auûoris ,    Hijloria  Archiepifcoporum 

Bremenfium,  In  Liiidenb. 
Archiep.    TrevîR.    Gefa   Trevirenfum   Archiepifcoporum.   In 

CoIIecH;.    monum.    Il    paroît    que   c'eft    l'ouvrage   de   plufieuis 

Auteurs    contemporains  ,    ou   prefque  contemporains  aux    faits 

qu'ils  rapj)ortent. 
Arenpeck,    Viti    Arenpeckii ,    Chronicon   Aujlriacum.   In  Pez. 

Auftr,  t,  I. 
A  R  E  T.    B  revis    Cometaruui    explicaiio  ,    &c.    Auâore    B.    Aretio 

]S.  Bernes  Helvetiorum ,     '550,    in-^."  Cette   explication    eft 

fuiviç  d'un  Catalogue  de  Comètes, 

Arist.  Arifotelis,  Afeteorologicorum  liber  primus  ;  au  premier 
volume  de  Tes  Ouvrages  ,   édition  de  Paris ,    i  6 1  9  ,  in  fol. 

A  R  N  U  L  p  H.  Arnulphi ,  Gejla  Mediolanenfium.  In  Thef.  It.  t.  IV, 
&  in  Script,  Brunfv,  t.  III.   Cet  Auteur  eft  contemporain. 

Aven  TIN.  Joannis  Aventini  ,  Annales  Boiorum,  Francofurti , 
16^27,   infbl. 

Au  G.  DE  CiV,  Augufini  Operum  tomus  feptimus ,  libros  XXII 
de  Civiîate  Dei  compleélens.  Parifiis ,    1685,   in  fol. 

A  VI  EN.  Aratea  phœnomena ,  Rufo  Fefo  Avieno  paraphrajle.  Cette 
paraphrafe  ell  dans  un  Recueil  intitulé  ,  AJfronomica  veterum 
fçripta  Ifagogica.  In  officina  Santandreana ,    i6S^ ,  in-  S." 

AuREL,  ViCT.  Sexti  Aurelii  Viâoris ,  Hiftoriœ  Romance  com- 
pendium,  in  ufim  Ser.  Delphini,  Parifiis,   16B1  ,  in-^.' 


A  F  F.  De  Cometis  libri  très  ,  auâore  J.  B,  Venaniîo  Baffo , 
Curinaltenf  Medico.  Perufiae ,  1580,  in-^.'  Je  ne  le  cite  que 
fur  les  Comètes  de  foii  temps  ;  il  éçrivoit  en  1  579. 


2)ri    Citations,  207 

BaldEJRîC.  B  aider  ici ,  Noviomenfis  Epifcopî ,  Chronicon  Came- 
racenfe  &  Atrebatenfe.  In  B©uquet  ,  t.  X.  Cet  Auteur  écrivoit 
vers  la  fin  du  XI,''  fiècle. 

B  A  L  ^.  Joannes  Balœus ,  de  Script orîhus  illujlribus  majorîs  Britannîœ, 
Bafileae  ,  1559»  in-fol.  Cet  Ecrivain  ert  plus  ardent  à  décrier 
la  foi  &  la  difcipline  de  l'Églife  catholique  ,  qu'attentif  à  la  fidélité 
de  i'Hifloire  &  ài'exaditude  des  dates  ;  tout  lui  eft  bon,  pourvu 
qu'il  morde. 

B  A  R  L  A  N  D.  Adrîanî  Barlandï ,  Chronicon  Brahantiœ  Ducum.  In 
Annal.  Belg.  t.  IL 

B  A  R  R  E  T  T.  Lucii  B  arrêt  ti ,  (vero  nomine ,  Alherti  Curtii)  Hijloria 
cœkjlis  i  e  Tychonis  Brahœï  manufcriptis  defumpta ,  ù'c.  Auguflse 
Vindelicorum  ,    1666,   in-fol. 

B  A  S  N  A  G.    Thefaurus  monumentorum  ecclefiajlicorum  if  hijîoricorum , 
five  Henrici  Canifii  Leâiones  antiquœ  ,  editœ  per  Jacobum  Bafnage, 
Antuerpiae  ,    1 72. 5  ,  in-fol. 

Bed.  Venerabilis  Bedcs  ,  Hifloria  ecclefiafica  gentis  Anglorum, 
Cantabrigis  ,    i  644  ,   in  fol. 

Bell.   Livon.  Hiforia  belli  Livonici.  In  Hift.  op.  t.  III. 

Bergom.  Suppkmentum  fuppkmentî  Chronicarum  ,  a  P.  Jacobo 
Philippo  Bergomenfe.  Venetiis ,   1505,  in-fol, 

Bernard.  Bemardus  Thefaurarius ,  de  acquifitione  Terres fan6lce> 
In  Murator.  î.  VIL 

Berthold.  Bertholdi ,  Conjîantienfis  ,  Appendix  ad  Hermanni 
Contraâi  Chronicon.  Reperitur  ad  calcem  diâi  Chronici.  Berthold 
vivoit  au  XI. ^  fiècle. 

BiBL.  Labb.  Nova  Bihliotheca  manufcriptorum  Ubrorum  ,  opéra 
Philippi  Labbe ,  Soc.  J.  Parifiis  ,    1657,  in-fol. 

B I  z  A  R.  Rerum  Perficarum  Hifloria >  auélore  Petro  Bi-^aro ,  Sentinate, 
Francofurti  ,  i  60  i  ,  in-fol. 

BiZAR.  Gen.  Senatûs  ,  populique  Genuenfs  Hiforia  ,  auâore 
P.  Bi^aro ,   Sentinate.  Antuerpiae  ,    1  5  79  >   in-fol. 

Blanc.  Spkœra  mundi  feu  Cofmographia  demonfrativa ,  if c  auâore 
Jofepho  Blancano  Soc.  J.  Mutinae  ,   16^  ^ ,  in-fol. 

B  O  D I  N .  Univerfœ  Naturœ  Theatrum ,  auâore  J.  Bodin.  Hanoviae  j 
1605,  in- S."  &  Lugduni,    1596,  in- S." 

B  O  e  T  H .  Scotorum  Hijloria  a  prima  origine ,  Heâore  Boethio  >  Dei- 
dcnano ,  auâore ,  cum  appendice  ,  per  Joannem  Ferrerium ,  Peds-^ 
montanum,  Parifiis,    157J;  in-foL 


2o8  TABLE 

BoHEM.   PI  A.   Georgiî  Bertholdi  Ponîanî ,    Bohemîa  pia.  Fraii« 

cofurti,    1608,  in-fol, 
Bon  FIN.    Anton! i    Bonfnii ,    Rerum   Hungaricarum,  Hanoviae, 

1606,   in-foL 
BONINCONTR.    Laurent  a  Bonîncontrïî ,   Mînîatenjîs ,   Annales , 

ah  anno  1^60  ad  annum  14^  S,  In  Murator.  t.  XXI,  L'Auteur 

étoit  né  en   1410. 
Bouquet.   C'ell  l'abbre'viation  par  laquelle  je  deTigne  îa  grande 

Colledion    des    Hiftoriens  des  Gaules    &    de    la   France ,    par 

D.    Martin   Bouquet    &  autres    Religieux    Benédidins.    Paris, 

î  y^  S  iX  fuiv.  in^fol. 

B  R  O  M  P  T.  Joralanenfis  Hîjloria  ,  a  Joanne  Brompten  ,  Abbate 
Jornalenfi ,   confcripta.  In  Hill.   Angl.  Script,  t.  I, 

B  R  u  N  N  E  R.  Annales  Boîorum  ,  André œ  Brunneri,  S.  J.  Francofurti 
ad  Maenum ,    1 7 1  o ,   in-fol. 

B  U  C  E  L I  N.  Germania  Topo  -  chrono  -Jlemmato  -  graphie  a  ,  opéra 
Gabr'ielis  Bucelïni ,  S.  J.  Augujlœ  Vindelicorum ,  16 j^  ,  in-fof, 
Je  ne  cite  de  cet  Ouvrage  que  les  Annales  qui  font  à  la  tête. 

BUCELIN.   Rh(ET.    Rhœtîa  Topo  -  chrono  -Jlemmato  -  graphica , 

opéra  Gabrïel'is  Bucelïni.   Ulmas  (  vel  Augullae  Vindelicorum  ) , 

I  666,  in-j^." 
B  u  L  E  N  G.    Juliî    Cœfarîs    Bulengerî ,    Hijloriw   fui    temporis^ 

Lugduni ,    1619,   in-fol. 
BuONFiGL.   lîiforia  Siciliana ,   raccolta  per  Giofeppe  Buonfglio 

Cojianio  ,    Cavalliere   Aleffïnefe,    In    Venezia  ,     i  604.  ,   in  -  -f  .* 

Auteur  fans  jugement. 

BURKHARD,  Burkhardi ,  Monachi  S.  Galli ,  Hiforia.'Dz.ns  un 
Recueil  qui  a  pour  titre ,  Alamannicarum  rerum  Scrip tores  aliquot 
velujli ,  è  Bibliotheca  Jldelchioris  Haiminfeldii  Goldafi,  FraU'» 
cofurti,   1606,  in-fol.  t.  I ,  p.  i. 

Bzov.  Annalium  Ecckfiaficorum  Baronii ,  t.  XIII,  XIV,  XV, 
ifc.  auélore  Fr.  Abrahmno  B^ovio.  Colonise  Agrippinae,  162.1  ^ 
îtt-foU 

C 

%,^  ADAM  us  T.  Aloyfii  Cadamiifi  Navigatio.  In  CoUeâione ,  eue 
titulus ,  Novus  orbis.  Parifiis ,    i  j ^  2  ,  in-fol. 

12/ES.  p«  Ces,  Georgii  CeefU  Çatalogus  omnium  Gometarum,  ufquc 

ai 


DES      ClTATîONS.  2O9 

eâ  anmim  ijyp,    à^c.   Norimbergae ,    1579,   in- S.'  Je   ne  le 
cite  que  d'après  les  Tabies  Aftronomiques   de  Berlin. 

CyESAR.  Heisterb.  Excerpid  Hifrorïarum memorabilium ,  Cœfaril 
Heijîerbacenjis.  In  Script.  Brunlw.   Auteur  contenjpofain. 

Calch.   Trïjlan'i  Calchï ,  Hiftoriœ  patriœ.  In  Thef.  It.  t.  IL 

Calch.  nupt.  Tiîftanï  Calchï  ,  Nuptïœ  Mediolan.  &  EJlenf. 
Prïncipum.  Ibidem. 

Caeend.  Ambros.  Excerptd  e  vetujliffîmo  Cakndar'io  manuf- 
criplo  Ambrofianœ  Bibliothecœ.  In  Mura.or.  /.  //,  p.  2.  Je  ne 
trouve  dans  ce  Calendrier  aucune  date  poltérieure  à  l'an  12,75. 

Callimach.    p.   Callimachi  Exp^rîentîs  Attila.   A  la  fuite  de 

Boiifin,  cité  plus  haut. 
C  A  L  V  I  s.   Opus  chronologicum  Sethi  Calvifii.  Francofurti  ad  Oderam  j 

1  63.0,   in-fol. 
Cambden.   Coll.    AngUca ,  Hibimica ,  Normmnica,  Cambrica 

a  veteribus  fcripta ,  e  Bibliothecâ  Guillelmi  Cambdeni.  Francofurti  ^ 

I  602  ,  in-fol. 

Cambden,,    E  l  1  z.   Vie  de  la  Reine  Éîizabeth  ,  par  Guillaume 

Cajnbden.  On  Ja  trouve  dans  une  Coîledion  compleie  de  l'HiJfoire 
d' Angleterre ,  avec  la  vie  des  Bois  &  des  Reines ,  ifç.  en  Anglojs. 
Londres ,  1  y  0  â ,  m  -toi. 
C  A  M  E  R  A  R.  Joachimi  Camerarii ,  de  eorum ,  qui  Corne tœ  dicuntur, 
nominibiis ,  naturâ  ,  ù'c.  difputatio.  Liplise,  i  558  &  i  578,  in- S." 
L'ouvrage  a  été  compolé  en  1^58. 

Camerar.     ANNOT.    Joachimi    Camerarii,    Annotât io    rerunt 
prcEciuuarum ,  quœ  acciderunt  ab  anno  i  j  ^  0  ad  i  ^  6 1 .  In  Freher. 
t.  IIL 
Cand.    Decembr.    Vit  a  Philippi  -  ALariœ    Vicecomitis ,    per 
Petrum  Candidum  Decembrium.  In  Murator ,   t.  XX. 

Cardan.  AstroR.  LIieronymî  Cardani  in  Ptolemœum  de 
AJlrorum  judiciis.  Au  cinquième  Volume  de  les  (ÎEuyres  de 
l'édition  de  Lyon,   1663  ,   in-fol. 

Cardan..   Subtil.  Ejufdem  Cardani  de  Subtilitate,  libri  XXL, 

Au  troilième   Volume  de  la  même  édition. 
Cardan.    Var.    Ejufdem  de  reruni   Varie tate.  Dans  le   même 

Volume.» 
Cas  PAR.    Cafparï ,   Annales    Genuenfes.  Ln  Murator.  t.  VL.   Il 

n'y  a  que  le  premier  livre  de  .cet  Ouvrage  qui  foit  de  Carpari 
J'orne  L  P  d 


2IO  Table 

ies  autres  ont  chacun  leur  Auteur  particulier ,  &  tous  ces  Auteurs 
font  contemporains  des  faits  qu'ils  rapportent. 

Catal.  su  m  m.  Pont.  Catalogus  fummorum  Pontificum ,  non 
diu  pojl  annum  10^8  confcriptus.  In  Piftor.   t.  II, 

Cavit.  Ludovicï  CaviteUïi  Cremonenfes  Anna/es.  In  Thef.  It, 
t.  III,  Cet  Auteur  auroit  mieux  fait  de  ne  pas  écrire  ;  il  efl: 
inexad  ,  même  fur  la  date  des  faits  arrivés  de  Ion  temps  :  il  e(l 
d'ailleurs  d'une  crédulité  exceffive  fur  tout  ce  qui  peut  tenir  du 
prodige ,  ou  paroître  extraordinaire. 

C  E  D  R  E  N .  Georgii  Cedrenï  ,  Compendium  Hijlorïarum.  Parifiis , 
I  647,  in-fol. 

Cent.  Ecdefœ  Hijlorla  ,  fecundùm  fmgulas  centurîas  digejia  ,  per 
aliquot  Jtudiofos  in  urhe  Magdeburgïcâ.  Bafilese  ,  1564,  in-fol. 
Ces  Auteurs  font  ceux  qu'on  a  coutume  d'appeler  les  Centuria-' 
leurs  de  Magdebourg.  Lorfque  je  cite  fimpiement  cette  Hiftoire, 
(ans  indiquer  la  partie  où  fe  trouve  le  fait  que  je  rapporte  ,  c'eft 
toujours  au  treizième  chapitre  du  iièele  ou  de  la  centurie  cou« 
rante  qu'il  faut  le  chercher. 

Chron.  Admont.  Chronicon  monajierii  Admonîenfis.  In  Fez, 
Aurtr.  t.  II.  Cette  Chronique  finit  en  1250  ;  mais  il  paroît 
qu'elle  avoit  été  terminée  d'abord  en  12.05  ,  &  que  ce  qui  fuit, 
jufqu'en  1250,   a  été  ajouté  après  coup. 

Chron.  Alber.  Chronicon  Alberid ,  Trium-fontium  Monachî, 
In  Leibnit.  t,  IL  Menken.  /.  /,  &  Bouquet ,  t,  XI,  Auteur 
peu  exad  fur  les  dates;   il  finit  en  1241. 

Chron.    Andeg.    ï.    Chronicon    Andegavenfe,    In    Bouquet, 

t,  VII  &  VIIL 
Chron.    Andeg.    II.    Chronicon     Andegavenfe  ,   feu  potiùs 

Chronicû.  Andegavenfia  brevia.  In  Bibl.   Labb.  t,  /, 

Chron.    Andr.     Brève    Chronicon   André œ  ,    Prejbyteri,  In. 

Bouquet,  t.  VII}   &  Menken.  t,  I.  Cet  Auteur  écrivoit  peu 

après   875. 
Chron.   Aug.   Chronicon  Augienfe,  In  Bouquet,  î.  VII. 
Chron.  August.   Chronica  Augufenfs,  In  Freher.  t,  I. 
Chron.   Austr.   Chronica  Aufralis.   In  Freher.  /.  /. 
Chron.   Bald.    Chronicon   F.  Balduini ,    Diaconi  &  Canonîct 

Viconienfis ,  Ordinis  Prœmonfrat.  a  Ckfifto  nato  ad  annum  i-zp^* 

In  Sacr.  Antiqu.  monum,  t,  II, 


DES    Citations.  m 

ChRON.  Bel  g.  Magnum  Chronicon  Belgicum ,  colkâore  anonymo 
Canonîco  regulari.  In  Piftor.  t.  III.  La  Chronologie  de  ce 
Compilateur  n'eft  pas  fort  exadle. 

Chron.  Boss.  Chron'ica  Bojfiana.  Mediolani ,  1492,  in  fol. 
Ces  Chroniques  contiennent  principalement  l'Hiftoire  de  Miian  : 
il  y  a  bien  des  anachronifmes  ;  ils  deviennent  plus  rares  depuis 
ï'an  looo.  Ce  qui  regarde  Milan  eft  fans  doute  plus  exaél  que 
ie  refte.  L'auteur,  Donatus  Bofîius  ,  Avocat  à  Milan  ,  dit 
plufieurs  fois  qu'il  étoit  dépofnaire  des  anciens  Statuts  de 
Milan ,  en  originaux  :  il  pouvoit  l'être  aulîi  des  anciennes  Chro- 
niques de  cet  Etat. 

Chron,  Bothon.  Bothonîs ,  Chron'ica  Brunfw'icenfis,  In  Script. 
Brmifw.  t.  III.  Elle  finit  en  1489. 

Chron.  B  r  e  m.  Chron'ica  Bremenfis ,  Henrïc'i  Wolterî,  In 
Meibom.  /.  //.  Elle  finit  en  1^6^, 

Chron.  Bret.  Chronique  abrégée  de  la  petite  Bretagne, 
jufqu'en  1360,  écrite  vers  ce  même  temps.  C'efl  un  manufcrit 
de  Sainte  -  Geneviève  ,  in  -  4." 

Chron.  Carion.  Chronicon  Carionis  ,  auâum  a  Philippo 
.Jïlelanôihone  &  Gafparo  Peucero ,  1581  ,  in- 8."  La  critique  en 
eft  aifez  faine  ,  mais  trop  fouvent  déparée  par  l'efprit  de  parti  ; 
un  fait,  par  exemple,  de  fréquentes  digrefîions  fur  l'ignorance 
&  l'inutilité  des^  Moines  en  certains  fiècles ,  &  ce  n'eft  prefque 
que  dans  les  Ecrits  des  Moines  &  autres  Religieux  de  ce* 
mêmes  fiècIes ,  que  j'ai  trouvé  les  fecours  néceflaires  pour  con- 
tinuer le  fil  de  mon  Hiftoire. 

Chron.  Casaur.  Chronicon  monajlerii  Cafaurienfis.  In 
Bouquet,  t.  VIL 

ChroNo  Casin.   Chronicon  monajlerii  Cafinenfis,  In  Murator. 

t.  IV 
Chron.  Câssiod.   Ca^^wdori  Chronicon.  Dans  une  Collediou 

intitulée ,  Hijloriœ  Romance  Scriptores  Latîni  minores.  Francofurti, 

1588,  in-fol.  t.  I. 

Chron.  Catal.  Chronicon  S.  Pétri  Cataîaunenfis  ah  anno  i  0  0  p 
ûd  annum  122^.  In  BibL  Labb.  t.  I. 

Chron.  Cav.  Chronicon  Cavenfe ,  finifîant  en  1 3  1 8.  In 
Murator.  t.   VIL 

Chron.  Citiz.  Pauli  Langii  Cygnoeî ,  Chronicon  Ciliienfe. 
In  Piftor.  î,  I, 

Ddi; 


2Î2  Table 

Chron.  ClAUSTRO-Neob.  ï^hronicon  Claujlro-Neohurgenfe. 
In  Pez.  Aufir.  t.  I.  Cette  Chronique  eft:  une  des  plus  exades 
que  j'aie  trouvée  fur  les  dates  des  éclipfes  :  çMq  finit  en  1348. 

Chron.   Clusin.   Henricî  Bodonis ,   Chronicum  Clufinum.  In 

Script.  Brunfw.   t.  IL 
Chron.   Constant.  Chronograph'm ,  juffu  CoTiJIantim  Por- 
.    phyrogennetî  confcripta,  In  Script,  poil  Theoph. 

Chron.    ElNON.    Brève   C/ironicon  Elnonenfe   S.  Amand'i  ( ad 

ann.  122^  ).  In  Anecdot.  t.  III. 
Chron.   Elv/ang.   Chronicon  Elwangenfe  ( ad annum  i ^jy). 

In  Freher.  t.  I, 
Chron.    Em.    Chronicon  Emonis  &  Alenconis ,   Ahbatum  Weru- 

menfium  ,    ab    anno    120^  ad  ann.    I2j6.    In   Sacr»    Antiqu. 

monum.  t.  I. 
Chron.    Engelh.   Chronicon  Engeîhufn  (  finiffant  vers  1423). 

In  Script.  Brunlw.  /.  //. 
Chron.    Erfurt.    Chronicon    S.   Petri ,    vuîgo   SampetrinuM 

Erphurienfe  (ad  annum  1 1 J  J )>   In   Menken.  t.  III. 
Chron.    Est.    Chronicon   EJîenfe ,  per  Synchrones  Auâores.    Tît 

Murator.  t.  XV. 
Chron.   Floriac.   Chronicon  Florlacenfe.  In  Bouquet,  t.  VII 

&  VI  IL 
Chron.    Fontan.     Chronlcl    Fontaneîknfis  frâgmsntum  ^  per 

audoretn  coœvum.  In  Bouquet,  t.  VJI. 

Chron.  Foroliv.  Chronicon  Forollvknfe ,  ah  anno  1^97 
ad  I  ^^  ^  ,  a  Fr.  Hieronymo  Forollvienfi ,  Ordinis  Pnxdlcat.  Itl 
Murator.  t.  XIX.  L'Auteur  étoit  né  en  1348. 

Chron.    Foss.-NOV.    Chronicon    Foff'œ.- novœ.    In    Murator^ 

t.  VIL 
Chron.    Franc.   Chronique   de  France  abrégée,  écrite  vers 

i'an   1440.   C'eit  un  raanulcrit  de  Sainte-Geneviève,  in-^." 

Chron.  GermaN.  Germanorum  Chronicon,  auélore  Uulderïco 
Adutlo.  In  Piftor.  î.  IL  La  Chronologie  de  cet  Auteur  eft  peu 
exadte,  quant  aux  fiècles  éloignés  du  feizième  dans  lequel  il 
vivoit, 

Chron.  FIerveld.  Chronicon  Hljlorios  Germanlcœ ,  auâore 
Monacho  quodam  Flervddenfu  In  Hillor.  op.  /.  /,  L'Auîeus 
YÎYoic  au  XJ.'  fiède. 


DES    Citations.  213 

ChRON.  Hirsaug.  Joannîs  Trithemii ,  Chron.  Hîrfaug'ienfe, 
In  ejus  Operïbus  hiflor'icîs ,  editis  Francofurti,    î6oi,  in- fol. 

Chron.  Isid.  Ifidori ,  Hifpalenfis  Archiepîfcopi ,  Chron icon,  In 
Hifp.  iiluftr.  t.  IV, 

Chron.   Leod.   I.   Chronîcon  Leodienfej  In  Êouquet,  t.  IX^ 

Chron.  Leod.  II.  Chronîcon  leodienfe.  In  Bibl.  Labb.  t.  I, 
Eile  finit  êii  1132. 

Chron.  Lob.  Chronîcon  Lobîenfe.  //7  Bouquet,  t.  ÏX,  &  in 
Anecdot.  /.  ///.  Dans  cette  dernière  colledion ,  la  Chronique 
s'étend  jufqu'à  l'an  i6ji^\',  mais  les  Éditeurs  jugent  que,  depuis 
Fan  1000  ,  prefque  chaque  fait  a  Ton  Auteur  particulier  & 
contemporain. 

Chron.  Lunèb.  Chronîcon  Lunehurgïcum ,  Saxonicâ  diakéto 
confcrîptum.  In  Eccard.  /.  /. 

Chrôn.  Magdeb,  Chronîcon  Magdeburgenfe.  In  Meibom, 
t.  II 

Chron.  Mailr.  Chronlca de Alaîlros,  ah  anno  7^ j  ad  1  ^y &, 
per  diverfos  Audores.  In  Rer.  Angl.  Script,  t.  I.  Les  dates  des 
éciipfes  y  font  aiïez  exades  :  j'y  ai  cependant  trouvé  quelques 
erreurs  d'un  jour,  &  même  d'un  an  llir  l'éclipfe  de  Lune  dû 
2,3  Novembre  755,  que  la  Chronique  rapporte  au  23  Novembre 
756.  II  y  en  eut  bien  une  totale  en  756,  mais  Je  i  i  Novembre 
&  non  ie  2, 5 . 

Chron.  Mâll.  Chron.  Malkacenfe.  In  Bibl,  Labb.  t.  IL 
C'eft  Ja  même  que  Chron,  S,  Aîaxent,  ci-après. 

Chron.  Mass,  Chronîcon  S.  Vidorïs  Majdienfs.  In  EibL 
Labb.  î.  I. 

Chron.  MelLic.  Chronîcon  Mdlîcenfe.  In  Pez.  Auflr.  t.  L 
Elle  finit  de  la  première  main  à  l'an  i  123  ;  elle  a  été  lucceffi- 
veinent  continuée  par  diftérens  Auteurs  ,  julqu'en  i  564:  elle 
eft  en  général  afîez  exade.  On  peut  voir  d'ailleurs  ce  que  j'en 
dis  fur  l'an  1265, 

Chron.  Mort.  mar.  Chronîcon  monajlmi  Mortuî - mariso 
In  Anecdot.  î.  III. 

Chron.  Mutin.  Chronîcum  Mutînenfe ,  Joannîs  de  BaianOc 
In  Murator.  î.  XV. 

Chron.  Neumb.  Chronîca  Neumburgenjîs  Ecckfiœ ,  per  Pauluni 
Langîum  in  monajierio  Pofavienfi  colle él a ,  iT'  ab  eodcm  ad  annum 
j  j  ^  6  £erdu6la.  In  Meiilieii.  î.  IL 


2î4  TABLE 

ChroN.   NovAL.   Chronicon   Novalidenfe.  In  Murator.  î,  lî, 

p.    2. 
ChroN.   Nuremb.'  Liber  Chronïcamm ,  per  viam  Epitomatis ^ 

ifc.  vulgo  Chronicon  Nurembergenfe.  Nurembergae,    1493,  ïn-foL 

chartâ  max. 

Chron.   Pad,   Monachî  Paduanï  Chronicon^  In  Thef.  It.  t.  VI p 

&  Murator.  t.  VIII. 
Chron.   Parm.   Chronicon  Parmenfe.  In  Murator.  t.  IX. 
Chron.    Pasch.    Chronicon  Pafchale.  Parifiis,  ï6S^  ,  in-foL 
Chron.    Pegav.   Chronici  Pegavknfis  collât  iones  &  continuat'io , 

ab  anno  iizj  ad  ann.   12]  6,   La  première  main  paroît   finir 

en  121  5.  In  Murator.  t.  III. 
Chron,    Pict.     Chronïca   abbreviata    Petr'i    Pïâavienfis  ,    ad 

annum.  i  2J4.  Dans  un  manuicrit  de  l'abbaye  de  Saint-Vidor, 

qui  m'a   e'té    obligeamment  communiqué  ,    ainfi    que   plufieurs 

autres,  par  M.  Luce,  Chanoine,  &  alors  Bibliothécaire  de  ladite 

Abbaye. 
Chron.  Pipin.    Chronicon    Francîfcî    Pîpîni.   In  \Murator, 

;.  IX. 
pHRON.   Placent.   Joannîs  de  Alujfis,  Chronicon  Placent'inum, 

In  Murator.  t.  XVI,  Cette  Chronique  eft  écrite  en  1400. 

ChrON.  p.  VI VI.  Chronicon  S.  Petrï-v'iv'i  Senonenfis.  In  Spicif, 
t.  II ,  &  Bouquet  ^  t.  X  &  XI.  L'Auteur  écrivoit  en  1  1 2,4 , 
ou  peu-après  :  c'efl:  le  même  que  Clarius. 

Chron.  Quedlinb.  Chronicon  Quedlinburgenfe,  In  Script. 
Brunfw.  t.  IL  Eiie  finit  en  Ï025;  l'Auteur  vivoit  alors.  Les 
dates  des  éçlipfes  font  affez  exades  avant  le  ix.*"  fiècle ,  &  bien 
plus  exades  depuis  Fan  800. 

Chron,  Reg.  Chronica  régla  S.  P^ntaleonis,  ufque  in  annum  1 1  6  î 
coniinuata.  In  Eccard.  t.  I. 

ÇhroN.  Rem.  Chronicon  Remenfe.  In  Bibl.  Labb.  /.  /.  Cette 
Chronique  n'efl:  pas  fort  exade  fiw*  les  dates  des  éçlipfes  ;  elle 
en  rapporte  à  l'an  1023  ,  une  qui  appartient  à  l'an  1037,  & 
à  l'an  1027,  une  autre  qui  appartient  à  l'an  1033. 

Chron.  Riddag.  Chronicon  Riddaggeshufanum ,  veî  Riîîa- 
geshufanum.  In  Script.  Brunfw.  t.  IL 

Chron.  Rotom.  Chronicon  Rotomageiife.  In  Bibl.  Labb,  t.  L 
Elle  finit  en  1338;  ce  qui  fviit  cette  année  a  été  ajouté  par 
une  autre  main? 


DES    Citations,  21J 

Chron.  Saliseurg.  Chron.  Salijburgenfe  (ad annum  i ^ ^  $), 
In  Pez.  Aullr.  t.  I. 

Chron.  Salisb.  II.  Chronîcon  Salijhurgenfe ,  anonymî  Sarî" 
Petrenfis.  In  Pez.  Auftr.  î.  II.  Elle  finit  en  140)4. 

Chron.  Salisburia,  Chronica  Salifiurgenfia.  In  Bafnacj, 
t.  IIL 

Chron.   Salmur.    Chronîcon  S.    Floreniïï   Salmurienfis.   In 

Bouquet,  t.  IX,   &.  Coll.  monum.  t.    V.    Cette    Chronique  finit 

en    1235  ;    la   chronologie    i\^\\  efl    pas    fort    exade  ,    avant 
l'an    1 1 00. 

Chron.  S.  >Egid.  Chronîcon  S.  yEgïdïï  Brunfwîcenfis  (ad 
annum  i^j^  ).   In  Script.  Brunfw.   r.   ///. 

Chron.  S.  Alb.  I.  Chronîcon  S.  Alb'ini  Andegavenfis.  In 
Bibl.  Labb.  t,  I.  Elle  finit  en  1200. 

Chron.  S.  Albiri.  II.  Chronîcon  S.  Albinî  Andegavenfis, 
In  Bibl.  Labb.  t.  I,  Celle-ci  finit  en  i  i  i  o. 

Chron.  S.  Benign.  Chronîcon  S,  Benîgnî  Divionenjîs.  In 
Spicileg.  t.  II.  L'Auteur  finit  en  1052  ,   &  vivoit  alors. 

Chron.  S.  Den.  Vieilles  Chroniques,  connues  fous  le  nom 
de  Chroniques  de  Saint- Denys.  Dans  Bouquet,  t.  II  &  fuïvans, 
C'eft  une  compilation  d'Auteurs  anciens  &:  contemporains  pour 
la  plupart. 

Chron.  S.  Dionys.  Chronîcon  brève  S,  Dlonyfiî ,  ad  cycîos 
Pafchales.  In  Spicileg,  /.  //.  Cette  Chronique  s'étend  julqu'en 
1292;  QWe  eft  probablement  l'ouvrage  de  plufieurs  Auteurs  qui 
y  ont  travaillé  fucceffivement. 

Chron.  S.  Flor.  Chronîcon  S.  Florentll.  In  Bouquet,  t.  VIT, 
&  allud  t.  IX. 

Chron.   S.   Gall.   Chronîcon  S.Galll.  In  Bouquet,  t.  VIL 

Chron.  S.  Maxent.  Chronîcon  s.  Maxentll,  allas  Malle a^ 
cenfe.  In  Bouquet,  t.  VII  &  IX,  &  In  Bibl.  Labb.  t.  IL 

Chron.  S.  Medard.  Chron.  S.  Medardl  Sueffwnenfis,  In 
Spicileg.  t.  IL 

Chron.  S.  Mich.  Chronica  S,  Mlchaëlls  in  perlcuîo  maris.  In 
Bibl.   Labb.  t.  L 

Chron.  San.  I.  Chronica  Sanefe ,  idejî,  Chronîcon  Senenfe , 
audore  Andréa  Del,  &  continuât ore  Angelo  Turœ.  In  Muraior, 
t,  XV.  Cette  ChfQiiique  fe  termine  au  milieu  du  Xi  Y/  fièçle. 


21 6  Tablé 

ChroN^   San.   IL    Chrome  a  Sanefe  ,  ïd  ejl ,  Chronîcon  Senenfe  ^ 

cmjcrïptum  a  Ner'io ,    Donati  fdio.  in  iVlurator.  t.  XV.  Ceile-ci 

iinit  en   1381. 
Chron.   Sic.   Sicardi  Chronîcon.  In  Murator.  /,  VII.  Sicard  eîl 

mort  en  i  2  i  5 . 
ChroN.    Siles.    Chronïci  vetujlijfmi   Siîejiœ  fragmentum,   In 

Sommerlb.   t.  II. 
Chron.   Si  th.   Chronîcon  Sîthîenfe.  In  Bouquet,  t.  IX.  Voyez 

I  PE  R. 
Chron.   SlAV.    Incertî  auâorls ,  Chronka  Slavka.  In  Lindenb. 
ÇhroN.    SpONH.    Jimnnis  Trithemii ,  Chrouïcon  Sponheimenfe.  In 

ejus  operibus  h'ijloricis.    Francofurn ,    1601  ,  In-Jol. 
Chron.    Stepebb.    Ckronicon    Stederburgenfi.    In    Aieibom, 

f,  /;,  &  în  Scripî.  Bruniv/,  t.  I.  Ceïte  Chronique  finit  en  1  1  80; 

je  ne  l'ai  pas  trouvée  fort  exaéte  lu^  les  dates  des  éciiplës, 
Chron.   T  a  r  V  I  s.    Chrpnicon   Tarvîjînum ,   ab  anno   1^68  ad 

cnnum    1^28  ,    audore   Andréa  de   Redujiis   de  Quero  j  fcriptore 

coœvu.  In  Muraior.  t.  XIX. 
Chron.   Turon.    Chronîcon    Turonenfe.    In    Colî,,    monum, 

î.  IL 
Chron.    Verdens.    Chronîcon    Epîfcoporum   Verdenfwm.   In 

Script.  Brunfw.  t.  II.  Cette  Chronique  finit  en  1472  ou  1480. 
Chron.   VET^.   Chronici  veterls  excerptum.  In  Duchefii.  t.  IV' 

Chron.  Vetero-CELL.  Chronîcon  Vetero-celknfe  minus.  In 
Menken.  t.  II.  La  première  main  finit  en  ï  44.2  ;  cette  Chro- 
nique  efl:  afïèz  exade  fur  les  dates  des  ëclipfes. 

ÇhroNo   Vezel.   Chronîcon  Vev^elïacenfe.  In  BibL  Labb.  t.  I, 

Chron.  Virdun.  Chronîcon  Vîrdimenfe ,  Hugonîs ,  Ahbatîs 
Florîacenfis.  In  BibL  Labb.  î.  I.  L'Auteur  vivoit  à  la  fin  du 
XI.''  fiècle  ,  &  au  commencement  du  Xïi/ 

Chron.   Vulturn^    Chronîcon  S.   Vmcentîi  de  Vuhurno.  In 

Bouquet.  î.  VII. 
Chron.   Wa  l  D  s.    Chronîcon   Waldfajjenfe ,    Ottonîs  ,    Prîorîs 

Waldfajfenfis  (  ad  annum  ijoô').  In  (Ê-teL  t.  I. 

Chron.  Weich.  Excerpta  e  vetujlîlfimo  Chronico  Weîchen- 
Slephanenfi.  In  Pez.  Auftr.  Ces  extraits  finifiènt  en  131 7.  La 
Chronique  même  avoit  été  commencée  au  xil.^  fiècle;  elle  a, 
g  té  fi-icceillyemçnt  continuée  par  des  Éçrivaùis  contemporain?. 

GhRONî^ 


DES    Citations.  217 

ChRON.  Zwetl.  Anonymi  Cœnobitœ  Zwetîenfis  Chronîcon.  In 
Pez.  Auflr.   t,  L 

Chronogr.  Saxo.  Chronographus  Saxo,  a  Chr'ijîo  nato  ad 
ûnnum  i  i  8 8 .  In  Leibnit.  t.  I.  L'Auteur,  dès  le  commencement 
du  XI /  fiècle  ,  parle  comme  te'moin  oculaire  des  faits  qu'il  rap- 
porte :  cette  Chronique  a  eu  fucceffivement  plufieurs  Auteurs. 

Chronol.  Saxon.  Chronologia  Saxonica.  On  la  trouve  à  la 
fin  de  l'Hiftoire  Ecclëfiaftique  du  vénérable  Bède ,  de  l'édition 
Latine  &  Saxonne  de  Cambridge,  164.4,  >  in-fol.  Elle  finit  au 
facre  de  Saint- Anlelme,  en  105)3. 

Claram.  Ces.  Scipicnis  Claramontîi ,  Hifiorîa  Cefence.  In 
Thef.  It.  t.  VIL 

Claram.  Com.  Scipîonîs  Claramontïi ,  Supplementum  Antîty- 
chonis,  de  fede  fublunari  Cometarum.  Amflelodami ,  1636,  in-^.' 
C'efl:  un  Ouvrage  di6té  par  le  préjugé,  &  diamétralement  oppofé 
à  la  faine  raiion  ,  ainfi  que  toutes  les  autres  produdions  de  cet 
infipide  Péripateticien.  Si  je  le  cite ,  ce  ne  fera  que  fur  des  faits 
étrangers  aux  fauffes  opinions  qu'il  avoit  enibraffées.  Il  m'a  été 
communiqué  à  la  Bibliothèque  du  Roi. 

Cl  A  RI  us.  Chronîcon  S.  Petrï-vivï ,  auâore  Clar'io  Afonacho,  In 
Spicileg.  t.  IL  Cet  Auteur  eft  ordinairement  exad  fur  les  dates 
des  éclipfes  ;  j'y  ai  cependant  remarqué  quelques  fautes.  Je  le 
cite  plus  ordinairement  fous  l'abréviation  Chron.  P,  vivi. 

Claudian.  Cl.  Claudiani  opéra  quœ  exîant.  Parifiis ,  16^/,, 
in  -  ^° 

ClÉMENC.  Art  de  vérifier  les  Dates,  par  D.  Cléniencet  & 
D.  Durand.  Paris,    ijyo,  in-^."  &  lyjQ  ,  in-fol. 

C  L  u  V  E  R.  Joannis  Cluveri  H'ijlorlarum  tot'ius  mundi  Epîtomc, 
Lugduni  -  Batavorum  ,    1637,   in-^." 

CODIN.  Georgîi  Codini  excerpta  ex  libro  chronîco  de  Orîginïhus 
Conjlantinopoleos.  Reperitur  pojl  Conjlantini  Manajjis  Breviarium, 
Parifiis ,    16^^  ,   in  -fol. 

COGGESH.  Radulphî  Coggeshak  Abhatis  ,  Chronîcon  Angli- 
canum.  In  Coll.  mouum.  t.  II.  L'Auteur  finit  en  1200;  ii 
vivait  alors:  il  paroît  qu'il  eft  mort -vers    1228. 

Coll.  moNUM.  Veterum  Scrîptorum  &  Afonmnentorum  ampli  ffima 
colleâio ,  opéra  PP,  Edmundi  Marcenne,  &  Urfin'i  Durand,  Parifiis^ 
Î729  ,  in-fol. 

Tome  1.  E  e 


2i8  Table 

CoMiERS.    La  nature  &  préfage  des  Comètes,    par   Claudç 

Comiers.   Lyon  ,  i  6 6 ^  ,  in-  i  2. 
CoMNEN.    Annœ  C&mnenœ ,   Alexïas.  Parifiis ,   1^51,  în-fol. 
CoNST.    PoRPH.    Incerti    continuatoris    Conjlant'inus    Porphyro-' 

gennetus.  In  Script,  pofl.  Tlieoph. 
CoNTlN.   Tyr.   Guïlklmï  Tyrii  )  feu  Hîjlorîœ  belli  facrî  conîî' 

nuatio.  Bafileae ,    1560,   în-fol. 
CoRTUS.   Cortufiorum  Hiforïa ,  de  novitatïhus  Paducs  &  Lom~ 

bardiœ.  In  Thef.  It.  t.  VI,  &  Murator.  t.  XI L 
Cou  PL.   Alonarchïœ  S'inkœ  Tabula  Chronolog'ica ,  audore  Philippe 

Couplet,   S.  J.  Parifiis,    1686^  in  fol. 

C  R  O  M  E  R.   Martini    Cromeri  ,    Varmïenfis   Epfcopï  ,     Polonla» 
Colonie  -  Agrippin^  ,    i  5  8p,  în-fol. 

Crusius.   Annales  Suevîci ,  auâore  Afartîno  Crufio.  Francofortiy 

I  595  >  în-foL 
Cu  RE  us.   Gentîs  Sîlefiœ  Annales,  a  Joachîmo  Cureo,  Witebergae,, 

I  571  ,  în-fol. 
C  u  R  o  P.  Excerpta  e  Breviarîo  hîforîco  Joannis  Scylït'^œ,  CuropalatXr 

Ad  calcem  Hîjloriarum  Cedrenî.  Parifiis ,   1 647 ,  in-foh. 


ANDUL.   Andreœ  Dandulî  Chronîcon.  In  Murator.  t.  XIL 

Deci  M.    Lîbellus  de  Stellîs  fxîs  if  erratîcîs ,  &c.  auÛore  Henric& 
Decimatore  Giffhornenfi.  Magdeburgi ,    1587,  în-8," 

DiAR.   Neapol.   Dîarîa  Neapolîtana ,  ab  anno  1266  ad annum 
I  ^J  8  ab  anonymo  confcrîpta.  In  Murator.  î.  XXI. 

DiAR.    Rom.    Dîarîum   Romanuni  ,    ab    anno   140^   ad  annum 
i^-iy ,  audore  Antonîa  Petrî.  In  Murator.  t.  XXIV. 

D  I  o.  C  A  s  s.  Dîonis  Caffiî  Cocceianî ,  Uîflofm  Romance  lîbri  XLYI» 
Hanoviae  ,    1606,   în-fol. 

DiODOR.  Sic.    Dîodorî  SîcuU ,  Bibliothecœ  hîforîcœ  lîbrï  xv. 
Hanoviae,    1604,  în-fol. 

D  I  O  G  E  N.    Laërtiî  Dîogenîs ,  de  vitîs ,  dogmatîs  &  apophthegmatls 
Phîlofophorum.  Londini ,    1664,   în-fol. 

D  I  T  M  A  R.    Dîtmarus  rejlîtutus  ,  feu   Dîtmari  ,   Epîfcopi  Jl^erfe^^ 
burgenfis  Chronîcon,  In  Script,  Biunfw.  t»  I 


D  E  s      C  r  T  A   T  T  0  N  s,  219 

DlUCOSS.   Joannis   DlugoJJï ,  feu  Long'ini  ,    Hîjloria  Polonica* 

Francofurti ,    1 7 1  i  ,  in-fol. 
D  O  D  E  c  H.    Dodechini ,  Appendix  ad  Afarianum  Scotum,  In  Pidor. 

t.  I,  II  finit  à  l'an   1200. 
Do  E  RING.   Alatthîœ  Doerîngiî ,  Continuat'io  Chronîc'i  Theodorîci 

Engelhufii ,  ab  anno  i  ^20  ad  ann.  i  ^p  8 .  In  Menken.  t.  III. 

D  U  B  R  A  V.    Joannis   Dubravîï  ,     Olmucenfis    Epïfcopî ,    Hijforîa 

Bojemïca,    Proftannas  ,    1552.,    in-fol.    &   Hanoviae ,     i6©2, 

in  -fol. 
Duc.   Ducœ ,  Michaëlis  Ducœ nepotls ,  Hifloria  Byyimina.  Parifiis , 

I  64P ,  in  -fol. 
DuCHESN.   Hifloriœ  Francorum  Scripîores  colle  ai ,  opéra  Andreœ 

&  Francifci  Duchefne.   Parifiis,   1636  &  feq.  in-fol. 

Du   H  A  L  D.  Defcription   Géographique  de  la  Chine  ,    par  le 
P.  Jean-Baptifte  du  H  aide ,  de  la  Compagnie  de  Jéfiis.  Paris, 


BENDORFF.    Thomœ  Ebendorfferi  de  Hafelbach ,  Chronicon  Auf- 
triacum.  In  Fez.  Aufir.  t.  II.  Il  étoit  né  vers  la  fin  du  1 4.'  fiècle, 

Eber.   Pau  h  Eberi  Kitiingenfis  >  Catalogus  Corne  tarum ,   Corne  to~ 
graphiœ  Aii-^aldi  infertus  ^  pag.  2  1 4  &  feq. 

Eccard.    Corpus  hijîoricum  medii  œvi ,    editum  a  Joanne -Georgio 
Eccardo.  Lipfiae ,    1723,   in-fol. 

ECKST.    Henri  Eekftormius  a  compofé  un  Traité  des  Comètes, 
-   fource  féconde ,  où  les   Hévélius ,    les  Lubienietzki ,   les   Zahn 

ont  abondamment  puifé. 
E  D  D  A.   Edda  Ifandorum ,  &c.  édita  pèr  Petrum  Joannem  Refenium. 

Havnias ,  i  665 ,  m-^/  Je  ne  cite  qu'une  addition  à  la  Préface/ 

extraite  de  deux    manufcrits    communiqués    à    Réfénius  ,    après 

l'imprefiion  de  l'Edda  ,  fgnature  M.  Ce  livre  m'a  été  prêté   de 

ia  Bibliothèque  du  Roi. 
Eginh.   Annales  Eginhardi ,  de  gefiis  Lndovici  Pii ,   Imper atoris. 

In  Bouquet,   t.   VI. 
E  K  K  É  A  R  D.    Ekkeardi ,   Abbatis  (  Vraugienfis  )  ,  Ubellus  de  facrâ 
-  expeditïone  Hierofolymitanâ.  In  Coll.  monum.  t.  II.  Cet  Auteur 

eil  contemporain. 

-^      *  E  e  i| 


220  Table 

E  L  M  A  c  I  N.  Hiforia  Snracenïca  ,  feu  Res  gejlœ  MulifmoYum ,  &c. 
Arabiù  exarata  a  Georgio  Elmaciro,  Latine  reddita  per  Thomam 
Erpenium.  Lugcluni-Batavorum  ,    \6z'),  in-fol. 

E  M  M.  Rerum  Frïficarum  HîJIor'ia,  auâcre  Ubhone  Emmlo.  Lugduni- 
Batavoruni  ,    i6\6 ,  in  -fol. 

EphemePx.  Sen.  Ephemerides  Sencnfes  ah  anno  j  ^j  o  ad  annum 
j  ^(}6 ,  auâore  Allegretto  de  Allegrettis.  In  Murator.  t.  XXIII. 

Epit.  Ferdin.  I.  Epitome  rerum  geflarum  fub  Ferdinando  I,- 
In  Hiftor.   op.  t,  II E 

Epit.  Greg.  Epitomata  Hifioriœ  Francorum  Gregorïî  TuronenfiSf 
per  Fredegarium  Scolajlicum.  In  Bouquet ,  t.  IL 

E-T  H  E  L  w.  Fabii  Qucefloris  Patricii  Ethehverdi  Chronica.  In  Script, 
poft.  Bed.  Sur  les  fucce/îions ,  la  chronologie  des  règnes,  &c. 
il  diffère  fouvent  de  Y  Art  de  vérifier  les  Dates  ;  mais  il  eft  ancien  r 
il  e'crivoit  au  x.^  fiècie  ;  il  e'toit  du  Sang  des  Rois  d'Angleterre, 
dont  il  écrit  l'hiftoire. 

E  u  s  E  B.  Thefaurus  temporum  y  Eufebii  Pamphilî ,  Ccefarienfis 
Epifcopï  Chronicon  ,  Ù'c.  opéra  Scaligerï,  Lugduni-Batavorum  3. 
1606,  in- fol. 

E  U  T  R  O  p.  Eutropii ,  Hifioriœ  Romance  iihrï  x.  Lugduni-BataVv- 
i|^2,  în-S,°  ôi.  Paris  ;   172.6,  în-^.' 


ï^  A  B  E  R.  Speech io  celefe,  per  gl'influjfi  deî  anno  1666,  deî  DoUor 
Leonello  Faberi ^  Fiorentino.  In  Firenze,    1665,  ïn-^° 

Fabric.  memoraB.  Georgii  Fabricïi  ,  Chemnicenfis  ,  rerum 
Germaniœ  magnœ  &  Saxoniœ  memorabilium.  Lipfiae  ,  1 6019 , 
in  -fol. 

Eabric.  MisK.  Ejufdem  ,  Annales  nrhis  Mifnce  ,  feu  res 
Alifnicœ.  C'eft  la  fuite  ou  le  deuxième  Volume  de  l'ouvrage 
précédent. 

Fabric.  ORIG.  Ejufdem ,  Saxoniœ  illufîratœ ,  feu  originum  Saxo^ 
ni c arum ,  libri  IX,  Lipfi^  ,  i6o(5  ,  in-fol.  Cet  Auteur,  morî 
le  1  3  Juillet  I  3  7 1  ,  m'a  paru  fort  exad  fur  les  dates  des  éclipfes , 

•  au  moins  depuis  l'an  1000.  Ses  defcendans  ont  continué  fes 
Ouvrages ,  &  ne  font  pas  toujours  bien  d'accord  avec  eux- 
mêmes  r 


DES    Citations.  zxï 

FalC.   Faîconis   Beneventani  Cbronïcon.    In  Thef.  It.   t.  IX,  & 

Murator.  t.  V. 
Je  R  RE  T.   Ferretï  Vicenîïnï  Hîjforîœ.  In  Murator.  t.  IX. 

Fjen.  De  Cornet  a  annî  i6iS ,  Dijfertatlones  Thomœ  Fieni  Ù' 
Liberti  Fromondï.  Antuerpiœ  ,    161  p,  in- 8," 

Tlor.  Diac.  Florî ,  Diaconî  Lugdimenfis,  querela.  /«Bouquet^ 
t.  VIL 

Florent.  Vig.  Florent îi  Vîgornîenjis  Chrouicon  ,  ab  exord'w 
mundi  ad  ann.  iiij.  Cet  Ecrivain  eft  mort  en  11  18.  Un 
Auteur,  à  peu-près  du  même  temps,  a  ajouté  à  cette  Chronique 
une  vingtaine  d'années  :  le  tout  eft  imprimé  à  la  fuite  de  Matthieu 
de  Weftminfter ,  édition  de  Francfort ,   i  60 1  ^^in-fol. 

FoRDUN.    Joann'is   Fordun ,    Scotï  ,    Chronicon  ,   five   Scoîorum 

Hïfioria.  7/2  Th.  Gale. 
F  R  A  C  A  s  T.   H'ieronymï  Fracajlorïi  Carm'inum  edîtîo  fecunda.  Patavii ^ 

173^,  in -^.'  Aux  Poëfies  font  joints  des  fragmens  ,    ce  font 

eux  feuls  que  je  cite. 
Fracast.   Homoc.   Ejufdem  Homocentrica ,  dans  la  deuxième 

partie  de  fes  (Euvres,  imprimées  à  Genève,  1621  ,  in- 8," 

Fragm.  Hist,  Franc.  I.  Fragmentum  Hiforiœ  Francorum j 
quod  edidit  Quefnius  (  définit  in  ann.  mortis  Roberti  Régis  ).  In 
Bouquet ,  t.  VIII ,   &  Duchefn.  t.  III. 

Fragm.  Hist.  Franc.  II.  In  Duchefn.  t.  IV.  Celui-ci 
finit  en  1 1  i  o  ;   l'Auteur  vivoit  alors. 

Fredegar.   Fredegarii  Chronicon.  In  Bouquet,  t.  II. 

Freher.  Rerum  Germanicarum  Scriptores ,  ex  Bibliothecâ  Alar-- 
quardi  Freheri ,  editio  tertia ,  curante  Burcardo  Gottelffio  Struvlo^ 
Argentorati ,   1717^  in  -fol. 

F  R I  S  I  N  G.   Ottonis  Frifingenfis  Chronicon.  In  Urflis. 
Frodoard.   Frodoardi  Chronicon.  In  Bouquet,  î.  VII L 
F  ROM.   Voyei  Fi  EN. 

Frystch.  Catabgus  prodigiorum  a  M.  Marco  Fryflchio  conf- 
criptus.  Bafileae ,  1555,  in-8  '  La  critique  de  cet  Écrivain  n'eft 
pas  fûre;  je  ne  le  cite  que  depuis  l'an  1300. 

FuLCHER.  Fulcherii  Carnotenfs  ,  Hiforia  Hierofolymitana.  In 
Duchefn.  t,  IV,   &  in  Geft.  Dei,  t.  L 

F  u  N  G  c.  Chronologia  Johamïs  Fmcçl'u  Witebergae,  i  578;  infoh 


22  2 


G 


Ta    b    l    e 

G 


A  G  u  1 N.  Roiertî  Gaguini ,  Rerum  Gallicarum  Annales.  Fran- 
cofurti ,   I  5  yy,  in-fol, 

Galfred.  Galfredi  Afonumetenfis ,  de  origine  &  gejlls  Regum, 
Britannîœ.  In  Rerum  Britannicaruin  Scriptoribus  vetuftioribus 
&  prgecipuis.  Heidelbergœ ,   ij8y,  in-fol. 

G  ARC.  Meteorolog'ia  Joh.  Garcœi.  Witebergse ,  i  5<58,  în-S."  Soit 
Catalogue  des  Comètes  fe  trouve  au  chapitre  VJIJ. 

G  AT  T.  Antonii  Gatti ,  Traâatus  de  Cometis.  Romse  ,  i  jSj , 
in-^."  Je  ne  le  cite  que  pour  les  Comètes  de  fon  fiècle. 

Gass.  Peir.  Gajfendi  Opéra,  Lugduni ,  1658,  in-fol.  t.  Vt 
in  vitâ  Peireskii, 

Gass.   Phys.   Ihidem,  t,  I,  in  Phyficâ ,  feél.  2  y  lih.  V, 

GasS.   TyCH.   Ibidem,  t.  V,  invita  Tychonis-Brahœl. 

Gaubi  L.  Manufcrits  du  P.  Gaubil,  dont  j'ai  parle'  dans  ie  pré- 
ambule  de  cette  féconde  Partie. 

Gemein.  Gemeiner  Loblicher ,  &c.  c'efl: -à-dire  :  Defcription 
ge'néraie  de  la  Suifle ,  préeéde'e  de  l'État  de  l'Europe ,  d'une 
Chronique  abrégée  d'Allemagne,  &  d'une  autre  de  France, 
&c.  par  Jean  StumpfF.  A  Zurich,    i  54B  ,  in-fol.   Cet  Ouvrage 

.    eft  eftimé. 

Gemma.  De  naturœ  divïnis  charaâerifmis ,  auâore  Cornelio  Gemma, 
regio  Aledicinœ  Profejfore.  Antuerpise,  1575  ,  in- 8." 

G  E  M  M.  C  O  M.  Ejufdem  de  prodigiofâ  fpecie  Cornet œ  ,  ....  amû 
i^jy-  Antuerpias ,    1578^   in-S .' 

Georg.  Mon.  Georgii ,  Monachî ,  Novi  Imperatores,  In  Script, 
poil  TheOph, 

Georg.  TrAp.  Guidon  is  Bonatî ,  de  Ajlronomiâ  Traâatus 
decem  ;  adjeâus  ejl  Cl.  Ptokmœi  liber  Fruélûs ,  cum  commentariis 
Georgii  Trapejuntii.  Bafileae  ,    1550,   in-fol.   Je  ne  cite  que  ce 

-    dernier  Auteur  fur  le  centième  aphorifhie  de  Ptolémée. 

Gerbrand.  Joannis  Gerbrandi  a  Leydis ,  Carmelitœ,  Chronîcon. 
Belgicuiîi  (in  annum  141 J  defmens ) ,  In  Svi^eert.  t.  I. 

G  est.  Andegav.  g  ejl  a  Andegavenfium  Confulum ,  per  Monachum 
Majoris  -  monaferii.    In    Spiçiieg.    t.   1 1 1    L'ouvrage    eft    du 
■  xii."  fièele. 


DES      Cl  T  A  T  I  0   N  S.  223 

Ces  T.    Baldew.    Gejla  Baldewini  de  LucTemburch   In  CgIL 

monum.  t.  IV. 
Gest.   Dei.   Gejla  Dei  per  Francos.  Hanoviae,    i^ii,  în-foL 

Gest.  Franc.  Gejla  Franc  or um  ,  expugnanîîum  Jerufalem.  In 
Gefl.  Dei,  t.  I. 

Gest.  Frider.  Gejla  Frîdericî  II,  ejufque fliorum ,  per  coœvum 
éf  gravem  auôlorem.  In  Eccard.  t.  I. 

Gest.  Maximil.    De  rébus  gejlis  fub  Maximîliano  IL    In 

Hiftor.  op.  t.  IV. 
GhirARD.    Délia  hïjlor'ia  di  Bologna,  dal  R.  P.  Aï.  Cherubin§ 

Ghirardacci ,  Bolognefe.  In  Bologna.  y    i^()6,  in -fol, 

Giblet.  Hîjlorîa  de'Re  Lufignani ,  publîcata  da  Henrico  Giblet. 
Venetia,  1651  ,   in- 1 2.  Auteur  très-izifidèle  dans  Tes  dates. 

GiLB.  Guilielmi  Gilberti  Colcejlrenfis  ,  Aledici  regii ,  de  mundb 
nojlro  fublunari  Philofophia  nova.  Amftelodami  ,  1651,  in-^f 
Gilbert  écrivoit  en  i  580, 

G  LAB.   Glabri  Rodulphi  Annales,  In  Duchefn.  t,  IVA 

Glyc.  Aîicha'élis  Glycœ  Annales.  Parifiis,  1660 ,  in-foL 

GODEFRID.   Godefridi ,  Monachi ,  Annales.  In  Freher,  t,  I, 

Go  D  E  L  L.  Chronica  Willelmi  Godelli.  In  Bouquet ,  t.  XI.  Elie  eil 
écrite  au  XI l.*"  fiècle. 

Greg.  Niceplwri  Gregorœ ,  By^antina  Hijloria,  Parifiis,   1702^ 
.  in -fol. 

Greg.  Tur.  Gregorïî ,  Turonenfs  Epîfcopî ,  Hïjloria  Francorumo 
In  Bouquet,  t,  II,  &  in  colledione  ejus  Operum,  Parifiis,  i6^^f, 
în-fol. 

Griffon.   Memoriak   hijloriarum  Matthœi  de  Griffonîbus.   In 

Murator.  t.  XVIII. 
GryN.   Simonis  Grynei ,  Aledici  &  Aïathematici ,  Commentarii  dm 

de  ignitis  JVteteoris  &  Cometïs ,  ifc.  Dans  un  Recueil  intitulé», 

De  Comeîis  dijfertatïones  novœ ,  1  580  ,  iw--^." 

Guibert.  Guiberti ,  Ab  bâtis  j  Gefa  Dei  per  Francos.  In  Gefl, 
Dei,  t.  I. 

Guicciard.  Ludovici  Guicciardini ,  de  rébus  memorabilibus sr 
quœ  in  Europâ ,  &  maxime  in  Belgio  acciderunt ,  ab  anno  i  y ^  Q 
ad annum  i y6 0.  In  Annal.  Belg.  t»  IL  J'ai  remarqué  bien  dês 
anachronifiiies  dans  cet  ouvrage. 


224  Table 

GuiLL.  DE  Thoc.  Vita  s.  Thomœ  Aquinat'is ,  auâore  Gmlklmo 
de  Thoco.  ,  fcr'iptore  Juppare  ,  apud  Bollandum  ad  diem  m 
Afartii» 

AGEC.   Dialexis  de  nova  Stella  ann'i  ijy2,  auâore  Thaddat 
Hagecio  ah  Hayck.  Francofurti  ad  Maenum ,   i  5  74  ,  in-^.° 

H  A I  N  A  u  T.  Nouvel  abrégé  chrouologique  dç  l'Hiftoire  de  France, 
Paris ,   ij^2,   in-  8 . " 

H  A  L  E  P  O.  C'eft  le  nom  d'un  Aftronome  de  ThefTalonique  ,  qui 
vivoit  au  xvif*  fièçle  ,  &  que  je  cite  d'après  Wolf,  centenar.  xvi^ 
p,  908. 

Haly  in  Gentil.  L'iher  Ptolemœl ,  quatuor  Traâatuwn , 
curn  centiloquio  ejufdem  Ptolemœi ,  ù"  commenîo  Haly.  Venetiis, 
i4'84,  in-^f  Haïy  a  fini  ce  commentaire,  l'an  de  l'Hégire  J30  , 
îe  1 2  du  deuxième  Giumedi  ,  donc  le  17  Mars  i  135.  Je  ne 
ie  cite  que  fur  le  centième  aphoriime  de  Ptoiémée. 

Har^us.  Francîfci  Harœï,  Annales  Ducum  B ra l? ant l ^.  Antuer' 
pi^  ,   1 623  ,  in- fol. 

H  E  L  G  A  L  p.  Helgald'i  ,  Flor'iacenfis  Monachi  ,  Epitome  vitts 
Poberti  Régis.  In  Duchefn.  t.  IV.  C'eit  un  Auteur  contemporain. 

HelleR.  Epitome  totius  Afirologice ,  confcripta  a  Joanne  Hif 
palenfi  ,  ifc.  cum  Prœfatione  Joachimi  Helleri  ,  Leucopetrm* 
Noribergae,   i  548  ,  in-^."  Je  ne  cite  que  la  Préface. 

H  E  MIN  G  F.  Chronica  Walteri  Hemingfort ,  ab  ann.  iq66  ad 
i2j^-.  In  Rer.  Angl.  Script,  t.  IL  II  vivoit  en  1273  •  ^ 
rapporte  peu  d'éclipfes ,  mais  il  les  date  exaélement. 

H  E  N  N  E  N  F.  Nicolai  Hçnelii  ab  Hennenfeld ,  Annales  Silefm,  Iii 
SommerlL,  t.  II. 

Hepid.  Annales  Hepidannî ,  Afonachi  S.  Galli.  In  Bouquet, 
t.  VII )  &  Duchefn.  t.  III.  Qqs  Annales  finilTent  en  1044. 

Herlic.  Davidis  Herlicii ,  Defcriptio  Cometœ  anni  16 oj.  Je 
ne  le  cite  que  d'après  Hévélius  ,  Lvibienietzki ,  &c.  dont  il  elt 
un  des  principaux  oracles» 

Hermann.  Contr.  Hermanni  Contraâi  Chronicon.  In  Piilor, 
t,  l.  Bouc^uet,  t,  yii  ù^ç^ 

HERMAN*>r, 


D   E  s      C  I   T  A   T  T  0   N   s,  225 

H E^R MANN.  Corner.  Hermannï  Comeri  ChronlCà  novella , 
ufque  ad  annum  1 4^  8  deduâa.  In  Piftor.  t.  II. 

Herod.  Herod'iani  Hijloriarum  lïbri  VIII ,  ex  editîone  Joannis 
Henri  ci  Boëc  le  ri.  Aï  gemor  m,   16^^,  in- S." 

Hev.   Joannis  Hevelii  Comeîographia.  Gedani,  166%  ,  in-foL 

HiGDEN.    Polychronicon  Radulphi  Higdeni ,    Alonachi  Chejlrenjis, 

In  Th.   Gale.    II   finit    en    1066  :     je    doute    cependant    qu'il 

vécût  alors. 
H  IS  P.    I  L  L  U  S  T  R.    Hîfpaniœ   illujlratœ ,    feu  rermn  urhiumque 

Hifpaniœ ,   Lufitaniœ ,   yEthiopiœ  &  Indice  Scriptores  varii.  Fran- 

cofurti,    1603  ,  in-fol. 
HiST.   Angl.   Script.  Hijîoriœ  AngUcanœ  Scriptores  decem, 

Londini,  1652,  in-fol. 
HiST.   BONON.    Cronica  di  Bologna ,  feu  Hiforia  mifcella  Bono- 

nienfis ,  auâore  prcefertim  Bartholomœo  délia  Pugliola  ,    ad  annuni 

j  ^  p  4  ;  inde  ad  annum  l^j  i  continuata  per  fynchronos  Auâores. 

In  Murator.  î.  XVIII. 

HiST.  Croyland.  Hiforiœ  Croylandenfis  continuatio.  In  Rer. 
Angl.  Script,  t.  I. 

HiST.  Ep.  Virdun.  Hiforia  h  revis  Epifcoporum  Virdunenfum , 
auâore  Laurentio  de  Leodio ,  continuatore  anonyme  monacho.  In 
Spicileg.   t.  IL 

HiST.  HiEROS.  Secunda  pars  Hiforiœ  Hierofolymitanœ ,  auâore 
anonymo ,  qui  coœvus  judicatur.  In  Gell.  Dei ,  t.  I. 

HiST.  MISCELL.  Hiforia  mifcella,  ab  incerto  auâore  confar- 
cinata  ,  compleâens  Eutropii  Hiforiam,  a  Paulo  Diacono  primitm. 
continuatam ,  tum  a  Landulpho  Sagace ,  feu  quolibet  alio ,  ad  annum 
806  produâam.  In  Murator.  t.  I ,  p.  i. 

HiSTOR.    OP.    Hiforicum  opus.  Bafdeae  ,  i  5  74  ,  in-fol. 

HiSTOR.  Pad.  Iforia  Padouana  di  Andréa  Gataro.  In  Murator, 
t.  XVII. 

HiSTOR,   PoLON.   Polonicœ  Hiforiœ  Corpus.  Bafilese ,   1582, 

in  -fol. 
HOVEDEN.    Rogeri  de  Hoveden  Annales.  Z;?  Script,  pod.  Bed. 

Il  eft  ordinairement  exaél  fur  les  dates  des  Écliples  :  il  finit  fes 

annales  en  i  2  o  i . 
JrJuG.  Floriac.   Chronicon  Hugonis ,  Floriacenfs  monachi.   In 

Bouquet,   t.   VIIL  - 

Tome  L  Ff 


226  Table 

HunttNdoN.  Henrîcî ,  Huntindonîenfis  ArcMdiaconî  >  Hifioria, 
Jn  Script,  poft.  Bed.  Il  écrivoit  vers  le  commencement  du 
XI  l/  fiècle. 

Hygin.  Hyginî ,  quœ  hodie  exîanî ,  adcurante  Jeanne  SchefferOy 
i/c.  Hamburgi,   1674,  in- 8' 

I 

DAT.    Idatîï  Epifcopî  Chron'icon,  Jn  Sirm.  t.  II. 

ÎNFESSUR.  Stephani  Infejfurœ ,  Senatûs  populîque  Romanî  Scrîbœ'y 
dïarium  urbîs  Romœ.  In  Piftor.  î,  IL 

I N  G  U  L  P  H.    Hïjioria    Ingulphi ,    Abbatis   Croylandenfis.   In  Rer^ 

Angl.  Script.    Cette  Hiftoire  finit  en    1091  :   Ingulphe    vivoit 

alors. 
I  p  E  R.   Joannîs  Iperii ,  Chron.  S.  Bertinî,  alias  Sithienfe.\In  Anecdof, 

t.  III.  Cette  Chronique  finit  en  1294;  elle  eft  eftimée,  quoique 

i' Auteur  n'ait  écrit  qu'au  XI V.*"  fiécie. 

15IDOR.  Ifidori ,  Hifpalenfis  Epifcopi ,  Hijloria  Goîhorum  ,  Wan- 
dalorum  &  Suevovum.  In  Bibl.  Labb.  t.  I, 


ACOB.   DE   Varag.   Chronicon  Januenfe ,  Jacohî  de  Varagîne^ 
In  Murator.  t.  IX. 

J  A  M  s  I  L  L.  Hijloria  Nicolai  de  Jamfdla ,  cum  appendice  r  In  Murator.» 

t.  VIIL 
JOANN.   DiAC.   Joannis  Diaconî  Chronicon.  In  Murator.   t.  I y. 

p.  2, 
Joseph.    FlavH  JofepM  Opéra  omnia ,  ex  edidone  Sigebertl  Uaver- 

campi.  Amdeledami,  1726,  in-foL 

Jov.    Pauli  Jovii ,  Hijioriœ  fui  îemporîs.  Lutetiae,   i  ^  ^S  ,  in-fol. 

Justin.  JuJUnus ,  de  Hijloriis  Philippicis ,  ù'c.  Parifiis.   1677^, 
in- 4' 


AEMPF.   Hiiloire  du  Japon,   par  Engelbert   Kaempfer.  Z<« 
Haie ,  ij2.^,  in- fol.   Je  ne  cite  que  le  fécond  livre. 


DES      CiTÂTTONS.  227 

K  E  C  K.   Banholomœi   Keckermanni   Syjlhema   Phyficum  ,    lihr.    VI, 
c.  V.  In  ejus  operum  editione ,  Geiievœ ,    i6\^,  in-fol, 

Kepler.  Joannis  Kepleri  de  Cornet is  libelli  très.  Auguilae  -VindêF. 

Kepler.   E  p.   Ejufdem  &  aliorum  Epîjlolœ  mutuœ ,  i  yi  8 ,  in-fof. 

Knigth.   Henricus  de  Knîgthon ,   de  eventibus  Anglîœ.  In  Hift. 
Angî.  Script,  t.  IL 

KraNtz.    Metr.    Albertï  Krantiji ,    Hijîorïa  Ecckfiafiica ,  five 
Aletropolis.  Francofurti  ad  Mœnum  ,    1575,  in-fol, 

KrANTZ.    Sax.    Ejufdem  Saxonia,   Ibid.  1575,   in-fol, 

Krantz.  ^Y"AND.   Ejufdem  Wandalïa.  Ibid.  1575;  in-foL 

L 

A  M  BEC.   Lambecïanl  Annales  Francorum.  In  Murator.  t.  II, 
p.  2. 

Lambert.  Lamberti  Parvï  Chronîcon ,  a  Reînero  continuatum.  In 
Coll.  moiium.  t.  IL    Cette   Chronique  finit  en  1230. 

L  A  M  P  R  I  D.  yElius  Lampridïus.  In  Hiftoriae  Romanae  Scrip- 
toribus  Latinis  minoribus.  t.  IL  Francofurti ,   1588,   in  fol. 

Landulph.  Landulphi  junioris  ,  Hiftoria  Adediolanenfis  ,  ah 
anno  i  0  c)  ^   ad  ann.  1 1  ^j.  In  Murator.  t.  V. 

Landulph.  Sag.  Landulphi  Sagacis  additam.enta  ad Eliforiam 
mîfcellam.  In  Murator.   t.  I ,  p.   i . 

Lavât.  Ludovici  Lavateri  Catalogus  Cometarum.  Je  ne  ie  cite 
que  d'après  nos  Come'tographes  modernes. 

Leibnit.  Godefridi  Guilielmi  Leibnitii  ,  Accejfiones  Hîforicûe, 
Lipfise,    i^^8,  in-^." 

Léo  Bas".  Incertl  continuaîoris ,  Léo ,  Bafilii  flius.  In  Script, 
poft.  Theoph. 

Léo  GrAMm.  Leonis  Grammatici  Chronographia.  Ad  calceni 
Chronographiœ  Theophanîs.  Parifiis ,  1  <5  5  j  ,  in  fol. 

L  E  O  V I  T.  Cypriani  Leovitii ,  de  Conjunâionibus  magnis ,  EcUpfibuS 
if  Corne tis.  Ad  calcem  Acroteieutii  AftroJogici  Roberti  Goclenii, 
Marpurgi,  1618,  in-^.^  L'Ouvrage  de  Leovitius  a  été  com- 
pofé  en  I  563. 

Le  Petit.    La  Grande   Chronicjue  ancienne   &   moderne   dr 

F  f  ij 


2.28  Table 

Hollande,   Z  élan  de ,  Weflfrife  ,  juiqu'en    i^oo,  recueillie  par 

François  ie  Petit.  D  ordre  dit ,   1601  ,  in -fol. 
LiCET.   Fortunii   Lïceti ,   de   novîs  AJlrîs   &  Cometîs,  Yenetiis', 

I  ^22  ,   ïn-^.' 
LiNDENBR.   Scriptores  rerum  Germanicarum ^  opéra  Erpoldï  Lin- 

denbrogi.  Francofurti ,    1630,   în-fol. 
1. 1  T  T  A  R.    Vincentii    Littarœ  ,    de    rébus   Netinîs.    In   Thef.  Itaî. 

t.  XIL 
Liv.    Titï   L'm'i  Patavinï ,  Hijioriarum   lïbri  qui  extant.   Parifiis^ 

1679,   in-^." 
L,OCR.    Ferreoli   Locrïï  Paulinatis ,    Chronicon  Belgicum  ad  annum 

,/ (f  0  0.  Atrebaîi,    1616  ,  in- ^.' 
X,UB.    StaniJIai   de   Luhieniet?^,    Lubie  ni  cii ,    Theatri   Cometict  pars 

pojferior.  Lugduni-Batavorum ,    1681  ,  in-fol. 
Luc  AN.    M.  Annœi  Lucani  Pharfalia ,  five  de  Bello  civili ,  libri  Xr 

Liigduni-Batavorum  ,  165.8,  in- S," 

LUDEWIG.  Colleâio  adornaîa  a  Joanne-Petro  de  Ludeivig ,  cui 
îitulwn  fecit ,  Novum  volumen  Scriptorum  Gernianicorum.  Fran^ 
cofurîi  &  Lipfm ,    ijiS  ,   in-iPoi. 

X.  u  I  T  p  R.    Luitprandi ,  Ticinenfis ,   rerum  prœcipue  fuo  tempore  gef- 

"    tarum  Hbri  VI.  In  Duchefn.  t.  III. 

XiYC.  Conradi  Lycojîhenis  ,  Prodigiorum  &  ojlentorum  Chronicon^ 
Bafîleae,   1557»  in -fol. 


AILLA.  Hiiloire  ge'ne'rale  de  ia  Chine,  traduite  du  Tong- 
tien-kang-mou ,  par  ie  P.  Jofeph- Anne-Marie  de  Moyriac  de 
Mailla.  Paris,  1776  &  fuiv.  in-4.° 

Major.    EUœ  JUajoris  Uratijlmienfis ,   de  Cometis  Paradoxon.  In 

Colle âione ,  quam  de  Coinetarum  fignificatione  idem  Elias  JVIajor 

edidit.  Breflse  ,    161  ^  ,   in- S." 
M  AL  AL.   Joannis   Malalœ  ,   Hijloria  Chronica.   Venetiis  ,   1733  >" 

in  -fol. 
Malvec.   Jacobi  Alalveài ,    Chronicon    Brixienfe.    In   Muraton 

t.  XIV.  Cet  Auteur  eft  du  commencement  du  xv.*  fiècle. 

M  A  N  î  L.   AI.  Manilii  AJlronomicon  Hbri  V.  Londini ,  1735),  ^V^>f  / 
Marcejll.  Ma/çellini  Comiùi  Chronicon,  In  Sjrm,  1,  II,- 


DES    Citations,  229 

MàR.  Afarii ,  Aventïcenfis ,  feu  Laufannenfis  Epïfcopî ,  Chronkorif 
a  tempore  quo  Profper  Aquitanus  définit,  ad  annum  j  8  j .  In  Bouquet. 
t.  IL 

Mari  AN.  Marïani  Scoti  Chronîca.  In  Piflor.  t.  I,  Auteur  du 
xi/  fiècle. 

Martin.  Martini  Martinii ,  Sinicœ  Hiflorlœ  de  cas  prima, 
Amflelaed.  i6j^,  in- S." 

Martin.  Fuld.  Martini  Fuldenfs  Chronicon ,  ad  ann.  i^Jj) 
produâum.  In  Eccard.  t.  I. 

Martin.  Minor.  Martini  Minoritct ,  Flores  temponim  ,  ah 
Hermanno  Januenfi  continuati  vfque  ad  Carolum  IV,  In  Eccard. 
t.  L 

Martin.  Polon.  Martini  Poloni  Supputationes ,feu  Chronicon. 
Bafileae,  i  559,  in-fol.  Cette  Chronique  finit  en  1268;  fon  fup- 
plément  s'e'tend  lufqu'en  1320. 

M  AT  TH.  Par.  Matthœi  Paris,  AngH,  Hiforia  major. 'Londmi, 
I  640  ,  in  -fol. 

Matth.  Westm.  Flores  Hiforiarum,  per  Matthceum  Wefmo^ 
naflerienfem  colleâi.  Londini,  i  570,  &.  Francofurti,  i  601 ,  in-foL 

Maurol.  Framifci  Maurolyci ,  Sicanica  Hijioria.  In  Thef.  lî. 
T.  X. 

M  E  I  B  o  M .  Germanicarum  rerum  Scripîores  ,  toile  ai  ah  Henrico 
Meibomio.   Helma^ftadii ,    1688,  in-fol. 

Memor.  Histor.  Memoriale  Hifloriarum.  Manufcrit  de  Sainte- 
Geneviève  ,  in-fol.  Cette  Hiftoire  s'étend  depuis  la  création  du 
Monde  jufqu'en  1322.  L'Auteur  ne  fe  nomme  pas;  une  autre 
main  a  ajouté  qu'il  s'appeloit  Jean  de  Saint-Vidor  :  il  n'eft  pas 
toujours  exaâ:  fur  la  Chronologie. 

M  E  n  K  E  N.  Scripîores  rerum  Germanicarum ,  prœcipu}  Saxonicarum, 
Edidit  J.  Burchardus  Menkenius.  Lipfias ,    iy2Û,  in-fol. 

MÉZER.  Hiftoire  de  France,  depuis  Pharamond,  par  F.  E,  du 
Mézerai.  Paris ,  i  (f  ^j> ,  in-fol.  II  y  en  a  un  Abrégé  que  je 
cite  quelquefois;   Paris,  1668 ,  in-4.° 

MiCHOV.    Matthiœ  de  Michoviâ  ,    Chronica  Polonorum  ah  eorum 
■    or  tu  ad  annum   1^0^    (  Mel  potiiis  j^o6  ).  In  Hiftor.   Polon,. 
t.  IL 

Ml  Lie  H.  Liber  fecundus  C.  Plinii  de  mundi  Hifioriâ  ,  cum  com- 
mentariis  Jacobi  Milichii.  Francofurti,    1543  ?   ^«'-f*"  J^  i^^  cite; 


2^0  Jl       À      B     I'      E 

que  le  Commentaire  fur  le  vîngt-cinquième  chapitre  :   ce  îivre 
m'a  été  communiqué  à  la  Bibliothèque  du  Roi. 

M  I  Z.  Antonïi  MÏTaldi  ,  Alonjlucîanî  ,  Cometographîa.  Parifiis , 
I  549,  in-^."  A  la  fin,  on  trouve  un  Catalogue  des  Comètes, 
par  Éber,  avec  un  Supplément  par  Mizaud. 

M  O  R I  G.   Bonincontrî  Morigiœ ,  Chronîcon  Modoetîenfe.  In  Murator. 

t.  XIL 
Mss.   CantABR.    Manufcrits   de  Cambridge  fur  ies  Comètes , 

cités   dans   Philof.   Tranf.   &.  dans  Struyck ^    1753,    p.   106  ôc 

fui  vantes. 
M  u  L  L  E  R.   De  Cornet â  anni  i  6 1  8 ,  commentatîo  Phillppi  Mulkrî, 

Lipfiœ  ,    16 15),  in- 8," 
Murator.    Rerum  Italie  arum  Scrîp  tores,  éfc,  coUeâti  a  Ludovico 

Aluratorio.  Mediolani ,    1723    ôl  {eq.  in-fol. 

Mussat.  I.  Albertinl  Mujfati ,  Hijloria  Augujla.  In  Murator» 
t.  X.   C'eft  un  Auteur  contemporain. 

Mussat.  IL  Albenini  Alujfati ,  de  gejlis  Italicorum pojl  rnortem 
Henrici  VIL   In  Murator,  t.  X. 

Mylius.  Afartini  Afylii,  Annales  Gorlicenfes.  In  fecundâ  parte 
tomi  primi  Colleâionis  ,  cui  litulus  ;  Scriptores  rerum  Luf^ti-* 
carum,  Lipfiœ  &  Budijjœ ,  ^7^9  >   in-fol. 


N 


N 


A  N  G I  s.   Chronîca  Guillelmî  (de  Nangis),  Monachi  S,  Dîonyftî , 

ad  annum  1^00.  Manufcrit  de  Saint- Vidor ,  in-fol,  Dans  le 

Spicileg.  t.   III  ,   outre  une  partie  de  cette  Chronique  ,   on  ea 

trouve    deux    continuations    par    des    Auteurs    contemporains  ; 

l'une  s'étend  depuis  1300  jufqu'en  1340,  i'autre  depuis  1340 

jufqu'en  1368. 
Kaucler.    Chronîcon  Joann.  Nauclerî  ah  initia  mundi  ad  annum 

jy  00.   Colonise,    i  57^  ,    in-fol.   Cet  Ouvrage  eft  divifé  par 

générations. 
Naus.   Frederici  Naufeœ ,  Blancicampiani ,  Ecclefiaftœ  Moguntinî ^ 

fuper  Cometâ  hujus   anni  ly^i  ,    ^  alio  quolibet  ,     exploratio, 

Moguntiœ  ,    1531,  ^*n-^/ 
Necrol.  Fuld.  Necrologium  chronologicum  Fuldenfe,  In  Script» 

Brunfw.  t.  III, 


DES      ClTAT/ÛNS,  231 

Necrol.    Senon.    Pervetuftum  Necïologïum  ,     ol'im  Senonenjîs 

Ecclefiœ ,  nunc  Bibliothecœ  Floriacenfis.  In  Bouquet,   /.  VIL 
Neplac.    Chronïcon  Bohem'iœ  ,    auâore  Neplacone  ,    Opatovîcenfis 

in  Bohemïâ  MonaJIerii  A b bâte  (fcriptum  anno  1^60).  In  Pez. 

Auûr.    t.  II.   Les   dates  des   éclipfes  n'y   font  pas  tout- à -fait 

exades. 
Nerlius.   Antonî'i  Nerlii ,    brève  Chronïcon,   ab  anno  jojy  ad 

annum  1^18.   In  Murator.  t.  XXIV. 

Niceph.  Nkephorî  Callïjli ,  hijlor'iœ  Ecckfiajïicœ  libri  XYJîl. 
Parifiis ,    1630,  ïn-fol. 

JSfiCET.   Nicetœ  Acominati  Chonîatœ ,   Hïjlor'ia.    Parifiis,    1-^47, 

in  -fol. 
. ]SI  I  E  M.    Theodorïci   a  Niem  ,    Vitœ  Pontifcum    Romanorum  ,    a 

Nicolao  IV  dd  Urbanum  V,  &  inde  ab   anonyme  ad  annum  j ^i  8 

continuât œ.  In  Eccard.  t.  I. 
NiEM.    SCHISM.    Ejufdem  de  Schîfmate  înter  Urbanum   VI  & 

Clementem  VII,  &c.  Hijlorïa.  Bafileae  ,   lj66,  în-fol. 

3S[  I T  H  A  R  D.  Nithardi,  Caroli  Magnï  nepoîis,  Hijloria.  In  Bouquet, 
t.  VIL 

Noël.   Obfervationes  Mathematîcœ  &  Phyficcs ,  in  Indïâ  &  China 
faâûe.  Pragas,  171  o,  in-^." 

O 

V-/BSEQU.  Juin  Obfequentis ,  Prodigiorum  liber.  Amilelodami , 
1675),  in- 8,°  Cette  édition  ,  ainfi  que  toutes  les  e'ditions  de 
Jules  Obféquens,  contient  plufieurs  articles,  fuppiéés  par  Lycof- 
thènes.  Ces  additions  font  défigne'es  par  l'abréviation  Obfequ, 
Suppl. 

O  E  F  E  L.  Rerum  Boicarum  Scrîptores  ,  &c,  Edidît  Andréas  Félix 
Oefelius,  Alonacenfis.  Auguftœ-Vindelicorum ,   1763  ,  in-fol. 

O  L  A  H.  Nicolai  Olahi ,  Métropolites  Strîgonienfis ,  Attila.  In  Bonfin» 
poji  Attilam  Callimachi. 

Oliver.   Oliverii  Scholafiici ,  Hijloria  Regum  Terrœ-fanâœ.  In 

Piflor.  t.  IL    Cet  Auteur  efl:  contemporain. 
Onsorg.    Udalrici  Onforgii ,  Chronicon  B  avarice.  In  Oefel.  t.  L 

II  finit  en  1422  :   il  écrivoit  en  1454. 

O  N  u  p  H  r.  Onuphrii  Panvinu  ,  Epitome  Pontificum  Romanorum, 
Venetiis,  1557,  in-fol. 


3,32  Table 

OrderiC.  Ordencï  Vit  a  lis,  Hijioria  Ecdefiafîica.  In  Bouquet, 
t.  IX. 

Oros.  Pauli  Orofii ,  adversiis  paganos  hijtoriarmn  Ubrî  Vil,  notis 
hijloricis  illujlrati ,  opéra  &  Jludio  Francifci  Fabricii  Aîarcodurani, 
Colonie,   i  "^^i  ,  in- 8 ." 

OviD.  Fa  ST.  vel  OviD.  Meta  M.  Publiî  Ovidiï  Nafonîs 
Fajiorum  libri  fex  ,  vel  Metamorphofeon  librl  X  Y.  Lugduni , 
168^  ,  in-^.' 


P 


P 


A  C  H.  A  N  D  R.    Georgll  Pachymerîs ,    Andronîcus  Palceohgus, 
Romse  ,  i  6^9 ,  in-fol. 

Pach.   Mich.   Ejufdem ,   Michaël  Palœologus.  Romae  ,    1666 ^ 

in  -fol. 
P  A  G I .   Critica  Hijlorica-chronologica  Annaîium  Baroniî,per  P.  Anto-' 

nium  Pagium ,   cum  ipjîs  Annalibus  édita.  Lucse ,    1738   &  feq« 

in  -foL 
Pa  l  m  E  R.    Chronicon  Eufebii ,  cum  additionibus  Hieronymi ,  Profperi 

if  Matthœi  Palmerii.  Venetiis,  1483  ,  in-fol  Matthieu  Palmier. 

a  fini   fa  Chronique  en  1448  ;    Matthias   Palmier  l'a  continuée 

lufqu'en  148  i  :    la  Chronologie  de  cette  Chronique  n'eft  pas 

fort  exaâie. 
Paltram.   Paltrami  feu  Vat^onis ,  Confulis  Viennenfis ,  Chronicon. 

Aujlriacum.  In  Pez.  Auftr.  t.  I.    Elle  étoit  termine'e  en   1301; 

Nicolas  Vifchel ,  Bernardin ,  l'a  continuée  jufqu'en  1310,  &  ua 

Anonyme  jufqu'en  1455. 

Paul.   Longob.   Pauli,  Diaconi,  de  gejlis  Longobardorum.  In. 
Murator.  t.  L 

Pausan.   Ach.    Paufaniœ  Achaica ,  five  liber  feptimus.  In  ejus 
Graeciae  Defcriptione.  Lipfiœ ,  16^6,  in-fol. 

P  ERS  ON.   Gobelini  Perfonœ  Cofmodromium.  In  Meibom.  t.  I, 

pETR.   BiBL.   Pétri  Bibliothecarii ,  Hijloria  Francorum  abbre^ 
viata.  In  Bouquet ,   t,   VI. 

p  E  u  ç  E  R.   Comment arius  de prœcipuis  divinationum  generibus ,  auâore 
Cafparo  Peucero.  Francofurti,  1607,   in- 8."  p.   5^4  &  55)5. 

Pez.   Austr.   Scriptores  rerum  Aufriacarum f  edente  R,  P.  Hie- 
ronymo  Pt"^.  Lipfice^   1721   &  feq.  in  fol, 


DES    Citations,  '235 

Phil.  de  Lign.  Philippi  de  Lïgnamïne ,  continu at'io  Chroniù 
H icobaldini.   B.omx  ,    1474,   in-^.'  &  in  Eccard.  t.  I. 

Philos.  Trans.  Philofophical  Tranfaâions y  ù'c.  ou  Tran- 
faélions  Phiiolophiques  de  la  Société  Royale  de  Londres,  &c. 
A  Londres  ,  in-^°  C'ell  M.  de  la  Lande  qui  me  les  a 
communiquées. 

Philostorg.  Epitome  Hijlorlœ  Ecclefiajîicœ  Phïlojiorgii ,  a. 
Photio  Patriarcha  confeâa.  In  Reading.  i.  III. 

PHILOSTR.  Vita  Apollonîï  Thyanœi ,  in  Phïlojlratorum  quœ  fuperfimt 
omnibus ,  edente  Gottfrido  Okario.  Lipfiœ ,   xjoc)  ^  in-fol. 

PhrANZ.    Georgii  Phran-^œ ,  Protovejliarii ,    Chronicon,  Ad  calceni 

Jojephi  Genefii ,  de  rébus  Conjlantinopolitanis.   Venetiis  ,    ^7Hi 

in  -fol. 
PiSTOR.   Rerum  Germanîcarum'  Scriptores  aîiquot  infignes  ,    oïim 

colleùTi  per  Joannem   PiJIorium.   Editio   tertia  ,    curante    Bure  arda 

Gotthelffio  Struvio.  Ratifbonae,    172.6,  in-fol. 

Pi  TH.  Annalium  &  Hijîoriœ  Franconim  ah  anno  y  0  8  ad  annum 
()j)û  Scriptores  coœvi  duodecirn ,  edente  P,  Pith-œo.  Francofurti  ^ 
I  594  ,   in-  8 .° 

Platin.  Bapt.  Platinœ ,  de  vitis fummorum  Pontifcum.  Colonice, 
I  5  40  ,  in-fol. 

P  L  I  N.  C.  Plinii  Secundi  f  Hijloria  naturalis.  Parifiis  ,  172.3  » 
in  -fol. 

pLUTARCH.  Plutarchi  Chœronenfis  opéra.  Lutetiae  Parifiorum , 
1624,  in-fol.  Les  abréviations  ,  de  plac.  In  Lyf  In  Timol. 
renvoient  au  livre  intitulé  De  placitis  Philofophorum  ,  dans  Iç 
fécond  volume ,  ou  aux  vies  de  Lyfandre  &  de  Timoléon  dans 
Je  premier. 

P  O  G  G.  Poggii  Bracciolini ,  Hijloria  Florentina.  In  Thef.  It. 
t.  VIII,  &  in  Murator.  t.  XX. 

POLYD.  ViRG.  Polydori  Vergilii  ,  Anglica  Elijloria.  Bafilese^ 
1534,  infoL 

PONTAN.  Joannis  Ifaci  Pontani ,  Hijïoria  Gelrica.  Hardervici- 
Geirorum  ,    1639,  in  fol. 

POTEST.  Rheg.  Memoriale  Potejlatum  Rhegienfum.  In  Murator» 
t.  VIIL 

Prior.   Hagust.   Hif cria  Joannis ,  Prioris  Hagufaldenfs.  Irk 
Hift.  Angl.   Script.  î.  /, 
Tome  L  G  g 


234  I       A      B      L      E 

P  ROC  OP.   Procopiî,  Cœfarienfis ,  hijlorïarum  fui  temporîs  lihri  oâo, 

Parifiis,    1662,  in-fol. 
P  R  o  s  P.    Profperi   Aquitani   Chronïcon   întegrum,  In  Bibl.    Labb, 

t.  I. 
Prosp.   Tyr.    Profperi   al  tenus    (  cuî  vuïgb  Tyroni  cognomen) , 

Chronïcon,  In  Bibl.  Labb.  t.  I. 

Protosp.   Lupi  Protofpatœ  brève  Chronïcon»  In  Thef.  It.  t,  IX, 

if  in  Murator.  t.  V. 
Ptolom.  Annal.    Ptolom^i  Lucenfs  Annales.   In  Murator. 

t.  XL 
Ptolom.    Histor.    Ptolomœi    Lucenfs  Hiforia   Ecclefafica. 

In  Murator.    t,   XL  Je    ne    commence    à  citer   cette   Hiftoire , 

que  iorfque   Ptolomëe    devient  auteur    contemporain  ;    dans  ce 

qui  précède  ;   ia  chronologie  eft  peu  exad;e. 


A  c  c  G  L  T.  Raccoha  d'opiifculifcientlfci  e phïlologici.'  In  Veneziay 
1-727  &  feq.  hn-i2. 
R  A  D  u  L  P  H.    Abbreviationes  Chronicorum  ,    auâore   Radulpho    de 
Diceto,    In  Hiil.  Angl.   Script,  t.  L 

Ranzan.   Pétri  Raniani ,  Epitome  rerum  Hungaricarum.  In  Rei% 

Ungar.   Script. 
Reading.    Eufebïi    &   aliorum    Ecclefaficœ    Hïforiœ  ,     edentt 

Guillelmo  Reading.  Cantabrigise  ,    1720,  in-fol. 

Rebd.    Henri  ci  f    Monachi  in  Rebdorff,  Annales,  ab  anno  12^^ 

ad  ann.  13^3-  In  Freher.  /.   /. 
Regin.   Reginonis  j    Jllonachi    Prumienfis ,    Annales.   In    Piflor, 
•    t.  IL 

Regiom.    Scripta  clariffimi  Mathematici ,    M.   Joannis  Regio-^ 
,    montani.  Norimbergse ,    1544,  in-^f.^ 

Regiom.  de  Com.  i 472.  Joannes  de  Aîoiite-regio,  de  Cometâ 
anni  i  ^j2.  Apud  Hagec.  p.  1^6  &  feq. 

Rer.  Angl.  Script.  Rerum  Anglicarum  Scriptores  veîeres* 
Oxonise  ,   i.  1 ,    168^;   t.  II,   16 8j,   in-fol. 

Rer.  Ungar.  Script.  Rerum  Ungaricarum  Scriptores 0 
Francofurti ,    1600,  in-fol. 

.Jlicc.  /.  B,  MççîqU ^    Soc.  J,  Almageflum  novum*  Bonoïil^s 


DES    Citations.  23^ 

1  6p,  in-fol.  Dans  la  féconde  partie,  liv.  VIII,  fcâ.  i ,  cJiap.  m, 
eft  un  catalogue  des  Comètes;  c'eft  ce  Catalogue  que  je  cite, 
iorfque  je  n'ajoute  rien  au  nom  de  l'Auteur. 

Hic.   de  S.   Germ.   Ricardï   de   S.  Germano    Chronïcon.   In 

Murator.  î.  VU. 
RiCH.   Chronïcon  Fr.  Rîchdrdî ,  A4onachî  Cluniacenfis.  In  Bouquet, 

î.  X &  XI.  II  finit  en  i  i  53  ;  on  i'a  continué  jufqu'en  i  174. 

HlCOB.  CoMPIL.  Rîcobaldi  Compilaûo  Chronologica  ad  an,  1^12. 
jRiCOB.   Imper.   Ejufdem  Hîjforia  Imperatorum  a  Carolo  JVIagno 

ad  ann.  1 2  ()  8 . 
HlCOB.    Pont.   Ejufdem  Hijlorla  Ponûjîcum  Romanorum  ad Cle- 

mentem  IV.  Ces  trois  Ouvrages  font  dans  Eccard.  t.  I  :  i'Auteur 

étoit  né  vers  1  240. 
H I G  O  R  D.   R'igordus ,  de  rébus gejlis  Phïlippî-Âugujli,  In  Duchefii. 

t.  V. 
H I  p  A  M.   H I S  T  O  R.  Jofephî  Ripamontîi  Hijîoriarum ,  a  Ph'ilippo  II 

régnante.  /«  Thef.   It.  t.  II. 

RiPAM.   Mediol.   Jofephî  R'ipamontii ,  Hïftoria  urhis  Aledio- 
lanenfis.  In  Thef.  It.  t.  IL 

Robert.   Rohenl ,  Aïonachï ,  Hijîorla  Hîerofolymîtana.  In  Gell, 

Dei ,  t.  I. 
JloCK.    Abrahami  Rockembaclûî  ,   exempla  Cometarum,  Je  ne  cite 

cet  Auteur  fans  difcernement ,  que  d'après  fes  échos,  HévéliuSj 

Lubienietzki  &  Zahn. 

H  O  D  E  R  I  C.    Roderïc'i    Toletanî  ,    de  rébus   Hfpaniœ.  In  Hifp» 
illuftr.  t.   IL 

Roland.    Chronïcon  Roîandim.  /«Thef.  It.  t,  VI,  &  Murator. 

t.  VIII.   Cet  Auteur  eft  contemporain, 
Ro  L  E  w.    Werneri  Rolewinck,  Fafcieulus  temporum.  In  Piftor.  t.  IL 
^O  M.  u  A  L  D.    Romualdi  Salernîtanî  Chronïcon.  In  Murator.  t.  VIL 
RosiTZ.    Sigfmundi   Rofit-^ii   Chronïcon.  In  SommerfL.   t.  L  Cet 

Auteur  eft  né  vers  le  commencement  du  XV. "  fiècle. 
R.UB.  Hieronymï  Rubei ,  Hijiorïa  Ravennœ.  In  Thef.  It,  î,  VU» 


A  B  E  L  L.   Marcî  Ântonîï  Coccïî  Saheîlïci  opéra  omn'ia.  Bafiïeae 
ï  ;  60  ,  înfol.  Ces  Ouvrages  font  divifés  en  ennéades  &  décades. 


236  Table 

Sacr.   Antiqu.   mon.   Sacrœ  Anûqultatis mommema hlfloricaj 

dogmatica,   &c.  t.  I.  Stivagii ,    1725,  in -fol,  t.   II.  In  oppido 

S.  Deodati,    1731?  in-fol. 
S  AL  LAS.   S  allas  Malafpina ,  rerum  Sicuhtrum.  In  Thef.  It.  t.  X^ 

&  Murator.  t,   VUL 
S  AN  TU  ce.    Trattato  niiovo   délie   Cojnete ,   d'Antonio  Santuccî  da 

Kipomarancî.  In   Fiorenza ,    161  i  ,    in-^."   Ce  Traité   m'a   été 

communiqué  à  la  Bibliothèque  du  Roi. 

Sanut.  Vue  de' Duchi  di  Vene^ia ,  feu  Vit  ce  Ducmn  Venetiœ ,  ah 
ûnno  ^21  ad  annum  i ^p ^  ,  auâore  Alarino  Sanuto ,  Patricia 
Veneto,  In  Murator.  î.  XXII. 

Sarnic.  Stanifaî  Sarnicii ,  Annales  Polonorum,  Au  deuxième 
Volume  de  Dlugoff. 

S  C  A  L  I  G.  Juin  Cœfaris  Scaligeri  ,  Exotericarum  exercitationum 
liber  XV,  de  Subtilitate  ad  Cardanum.  Lutetiœ,  1557,  in-^."  Je 
ne  cite  que  la  foixante-dix-neuvième  Exercitation. 

Se  H  AFFN.  Lambertus  Schaffnaburgenfis ,  de  rébus  ge fis  Germa- 
norum.  In  Piftor.  t,  I.  C'efl  un  bon  Auteur  ;  il  écrivoit  en  i  077. 

S  C  H  u  L  E  R.   Cometologia  Joannis  Schulerî.  Hagse-Comitis ,  166^  ^ 

inr  ^° 
Script.   B  r  u  n  s  \v..  Scriptores  rerum  Brmfwicenfum.  Hanoverae  ^ 

1707  &  feq.   in-fol. 

Script,    post   Beh.   Rerum  Anglicarum  Scriptores pof  Bedam 

prœcipui.   Londini ,    1596,  in-fol. 
Script,    post   Theoph.   Scriptores  pof  Theophanem;  c'efl:  1$ 

titre   d'un   des   volumes   de    la   grande    coliedion    des    Auteurs 

Byzantins.   Parifis ,   168^,  in-foL 

Senec.  L.  Annœi  Senecœ  Quœfiones  naturales.  In  fecundo  volu-^ 
mine  ejus  operum,  Lugduni-Batay.    1640,  in- 12, 

S  E  N  N  E  R  T.  Danielis  Sennerti  ,  Epitome  naîuralis  Scient la?^ 
Witebergas ,    162^,.  in-  S." 

Ser.  Came.  Joannis  Ser-Camhii ,  auéloris fynchroni ,  Chronicon , 
de  rébus  gefis  Lucenfum ,  ab  anna  i^o  0  ad  1^0  ().  In  Murator» 
/,  XVIII. 

Si  FARD.  Joannis  Sifardi  Cygnœi  ,  Spécula  Cometarum.  Lipfiaey 
I  60  5 .  Je  le  cite  quelquefois  d'après  Riccioli  &  autres  ;  mais 
fans  prétendre  lui  concilier  aucune  elpèce  d'autorité. 

SiFFRjD,  Siffridi  Prefiytm  ^/Hom»  h  Piftor.  h  L 


DES    Citations,  237 

SiGEB.  Sigeberti  ,  Gemblacenfis  Aïonachï  Chronographîa  ,  ah 
anno  ^  8 1  ad  ann.  1 1 1 ^ .  Parifiis ,  i  5 1  3  ,  in-^f  &  in  Bouquet, 
î.  III  àrfeq.  &  in  Piftor.  t.  I. 

SiGON.  Ital.  Caroli  Sigoni'i ,  de  regno  Itaîiœ  librî  XX, 
Hanovia; ,    i  6  î  3  55:  i  d  i  8  ,  in-fot. 

SiGON.  OcciD.  Caroli  Sigonii,  de  Occident  ali  Imperio  libri  XX, 
Hanoviœ  ,    1  d  i  8  ,  in  -fol. 

SiM.  DuNELM.  Simeonis  ,  Dunelmenfis  Adonachi ,  de  gejiis 
Regwn  Ànglorum.  In  Hift.    Aiigl.   Script,   t.  I. 

Si  M.  LoG.  Simeonis ,  Magijlri  if  Logothetœ ,  Annales.  In  Script, 
poft  Theoph. 

Si  M  OC.  Theophylaâi  Simocattce  ,  Hijîoriarum  libri  odo.  Parifiis,. 
1^47,.  in-fot. 

Si  M  ON  ET.  Bonifacii  Simonetœ  ,  CornU- Abbatis  ,  vita  ^  mores 
Romanoruîn  Pontifcum ,  &c.  Bafilese,    ijocj,  in- fol. 

Si  RM.  Jacobi  Sirmondï ,  S,  J,  Prejbyteri ,  opéra  varia.  Parifiis, 
I  696  ,  in-fol, 

S  N  E  L  L.  Willebrordi  Snellii ,  Defcriptio  Cornet œ  anni  i  6 1  8 :  accefjlt 
Chrijlophori  Rothmanni ,  defcriptio  accurata  Cornet  œ  anni  ij8j, 
Lugduni-Batavorum ,   161^,  in-^." 

S  N  O.  Reneri  Snoi ,  rerum  Batavicarum  (  ad  ann.  ijij)).  In 
Sweert.  t.  I. 

5  OC  RAT.  Socratis  Scholafici ,  Hiforia  Ecclefafica.  In  Readingr 
t.  IL 

SoMMERSB.  Sikfiacarum  rerum  Scriptores  ,  opéra  Friderici- 
Wilhelmi  Sommerfberg.   Lipfis,    ^7'^^  &.feq.  in-fol. 

SozoM.  Hermiœ  So^omeni ,  Hiforia  Ecclefafica,  In  Reading, 
t.  II. 

SozoM.  PiSTOR.  Spécimen  Hiforiœ  So:^omeni  Piforienfs^ 
auâoris  coœvi.  In  Murator.  t.  VIL 

Spicileg.  Spicilegium ,  feu  colle âio  veterum  aliquot  Scriptorum , 
Ù'c.  nova  editio.  Parifiis,  1723  ,  in-fol.  Le  fécond  volume  eft 
tout  hiftorique  ;  je  ne  l'ai  cependant  parcouru  que  ie'gèrement  i 
je  n'y  trouvois  que  des  Chroniques  de  Monaflères ,  des  énurae'- 
rations  de  donations  faites  aux  Moines,  des  détails  de  leurs  biens, 
de  leurs  meubles  ,  de  leurs  livres ,  de  leurs  coules  ,  &.c.  tout 
cela  ne  m'a  pas  paru  plus  amufant  qu'intéreiTànt. 

S  POND.  Annalium  Baronii  continuatio ,  per  Henricum  Spondanunts 
Luteti^  Parjftorum ,   i  ^4 1  ;  in  fol, 


2.?8  Table 

SquarciAL.    De  Cornet â  in  unïverfum ,  &c,  Marcelli  Squarcia- 

lupï  op'inio.  Dans  un  Recueil  de  Diflertations  fur  les  Comètes, 

1 580  ,  in-4' 
S  T.A  D  T  w  E  G.   Stadtwegii  Chronîcon  (ad  ann.  i ^^i  ).  In  Script. 

Bruiifw.   t.  IL 
Staindel.   Joann'is  Staîndelii  Chronicon.  In  Oefeï.  t.  I.  Cette 

Ctironique  finit  en  i  508  ;   ainfi ,  l'Auteur  n'eft  pas  fort  ancien; 

il  eft  ordinairement  affez  exaâ:  fur  l'anne'e  des  éclipfes. 

Steron.  Henr'ic'i  Steronîs  Altahenfis  Annales,  ah  anno  126 S 
ad  ann.  1^00,  exinde  ad  annum  i  ^  2  j  per  Ulricum  &  Conradum 
Wellingos  continuatî.  On  trouve  ces  Annales  dans  Freher.  t.  I  : 
elles  font  bien  plus  complètes  dans  Bafnag.  t.  IV;  mais  la  con- 
tinuation ne  fe  trouve  pas  dans  cette  dernière  colledion.  Stérou 
vivoit,  il  e'toit  même  fort  âgé  en  i  300, 

S  T  u  M  P  F.    Voyei  G  E  M  E  I  N. 

îSturm.  Cometarum  natiira ,  motus  &  origo ,  fecundum  Hevel'n  éf 
Petlti  Hypothefes  ,  &c.  audore  Jeanne  Chr'ijlophoro  Sturmio^ 
Altdorfï  ,    I  68  I  ,   in- 4." 

S  U  E  T  o  N.  C-  Suetonïï  TranquîUi  opéra  omnla.  Parifris,  1684^ 
in-  4. 

S  V  E  Y  R  o.  Annales  de  Flandes ,  por  Emmanuel  Sveyro.  En  Anvers  ^ 
I  624 ,  in-fol. 

■S  w  E  E  R  T.  Rerum  Belgicarum  Annales ,  opéra  Francifci  SweertVu 
Francofurti,    162.0,  in-fol. 

Syn.  Chronol.  Adonarchiœ  Sinicœ  Synopfis  Chronologica.  Ou 
la  trouve  au  deuxième  volume  des  Voyages  de  Melchifedech 
Thévenot.   Paris ,   16^6,   in-fol. 

Sylv.   Pli  II ,  feu  yF,neœ  Sylvii  opéra,  Bafileae,   1571  >  ïn-fol,    _ 


i.  agit.   C,  Cornelii  Tacltî  opéra.  Venetis,   1707,  171-4..* 
Tack,   Cœli  anomalon ,  id  ef ,  de  Cometis  Scriptum ,  per  Joânnetît 
Tackium.  GiiTae-Hafforum ,    1653,  ^^'4-° 

Tarchagn.    Délie  Hifiorie  del  niondo ,  di  M.  Giov.  Turchagnotûi 
In  Venetia,    1617,  in- 4." 

Theobald.   Bellum  Huffticmn ,   a  Zacharîa    Theobaldo ,  ann^, 
16  Q^  confcripîum.  In  Lindenb. 


DES    Citations.  239 

The  OLP  H.  Prophetîa  S.  Theolphi  pro  anno  j^è^.  Manufcrit 
de  la  Bibliothèque  du  Roi,    ii."  7336,  în-^f 

Theophan.    Theophanîs  Chronographïa.  Parifiis ,  i  (^5  5  ,  in-fol. 
The  S.   It.    Thefaurus  anûquïtntum  &  hijlorïarum  Jtalïœ ,   cura  ù" 
Jludio    Joannïs -  Georgii  Gneviï.  Lugduni-Batay.    1704-  &  feq» 
in  -fol. 

T  H  I  E  R  R.  Va  L  L  I  C.  Vïta  Urbani  IV,  carminé  elegiaco  defcripîa , 
per  Thierricum  Vallicolorem ,  excerpîa  e  vitis  Swmnorurn  Ponîijicum 
cpud  Papyrium  Alaffonum ,  lib.  V ,  de  Epifcopis  nrbis  Komœ.  In 
Murator.  t.  III ,  p.  2.   Thierri  vivoit  en   12.(54. 

Th.  Gale.  Hijioriœ  Britannicœ  ,  Saxonicœ  ,  Angio  -  Danicce 
Scriptores  quindecim,   opéra  Th.  Gale,  Oxonise  ,   1  6 cj  1  ,  in-fol. 

Thuan.  Jacobi  Augujîi  Thuani ,  Hijioriœ  fui  temporis.  Édition 
de  Buckley,  Londres,    1733  >  in -fol. 

Thurec.  Thurecenfis  Phyfici ,  de  Comeîis  Traâatus ,  ants  anno  s , 
plus  minus ,  feptuaginta  editus ,  nunc  denuo  in  lucem  datus,  Bafilese, 
1556,  in- 8'  L'édition  originale,  in-fol.  fans  date,  eft  dans  la 
Bibliothèque  de  feu  M.  le  Duc  de  la  Vallière.  M.  l'Abbé  Rive 
la  fuppofe  publiée  vers  1475  ,  &  je  penfe  de  même  :  les  deux 
éditions  font  conformes  fur  i'eflentiel. 

Tillem.  Hifloire  des  Empereurs  par  le  fieur  de  Tiiîemont. 
A  Paris,  j6pe  &  fuiv.  in -4.°;  &  Mémoires  pour  fervir  à 
i'Hiftoire  Eccléhaflique,  par  le  même.  A  Paris ,  i^p3  df 
fuiv.  in -4.° 

ToROM.  Colle  dio  hiforica  &  chrono graphie  a ,  liber  IV,  ex  T  oro- 
macho. In  Bafnag.  t.  IL  Le  Coiiedeur  vivoit  du  temps  de 
Charlemagne.  Pour  Toromachus  ,  Bainage  prouve  qu'il  ne  diffère 
pas  de  Grégoire  de  Tours. 

Tri  VET  T.  Chronicon  Nicolai  Trivetîi ,  ab  anno  11^6  ad  annum 
130-/  ( quo  vivebat  AuâorJ.  In  Spicileg.  /.  ///. 

T  y  C  H .  Tychonis  Brahe  ,  opéra  omnia  ,  five  AJlronomiœ  inflauratcs. 
Progymnafmata ,  in  duas  partes  dijlributa.  Francofurti ,  1648; 
în-^.' 

Tych.  e  p.  Tychonis  Brahe ,  Dani ,  Epijlolarum  AJlronomicarum 
liber  primus,  Uraniburgi ,  1610,  in-^."  C'eft  feu  M.  l'Abbé 
de  fa  Caille  qui  m'a  communiqué  ce  volume. 

Tyrius.  JVillermi  Tyrenjis  { allas  ;  Tyrii  )  Arçhiepifcopî  THJlorîa, 
In  Gelt.  Dei  ^  t.  I> 


■40 


T     A      B 


u 

R  s  I  N.  Jeretnlœ  v'irga  vigilans  & ollafuccenfa,  a  Joanne-Henrlco 
Urfino.   Norimberg^  ,    1665  ,   in- 8 ." 

U  R  s  P  E  R  G.  Conradi ,  Abbatïs  Urfpergenfis  Chronïcon.  Argentorati , 
î6o^,  in -fol.  Conrad,  Abbé  depuis  1215,  finit  fa  Chronique 
en  1230  :  elle  eft  fuivie  d'un  fupplément  recueilli  de  divers 
Auteurs.  Conrad  en  copiant  ,  fans  en  avertir  ,  les  Annalilles 
qui  l'avoient  précédé  ,  auroit  dû  ,  pour  Ton  honneur  ,  change^ 
au  moins  les  perfonnes  des  verbes ,  &  ne  nous  pas  dire  effron- 
tément qu'il  a  été  témoin  occuîaire  de  faits ,  arrivés  foixante  & 
quatre-vingts  ans  avant  fa  naifîance. 

"Urstis.  Rerum  Germanicarum  Scriptores ,  opéra  Chrijliani  Urjlifii, 
Francofurdi ,  1 5  S  j  ,  in-foL 

V 

A  p  O  V.    Bernardi    Vapovii  fragmentum.    Ad    caîceni    Polonicë 
C  romeri.   Colonies  -  Agrippinœ ,   1^8^,   in  -  fol. 

Varch.   Florentina   Hijloria  di  Benedetto   Yarchi.   In   Thef,   It* 

t.  VIIL 
Vas ^ us.   Joannls  Vafœi,  rerum  Hifpanicarum  Chronicon,  In  Hi(p, 

illudr.  t.  I. 
V,E  N  T  u  R.   Aîemoriale  Guillelmi  Venturœ ,  civis  AJienfis.  In  Murator. 

î.  XI.  Cet  Auteur  eft  un  franc  vifionnaire  :  il  n'eft  point  exaél 

fur  les  dates ,  quoique  contemporain. 
"Veter.    busc.    Rerum  LeodUnfmm ,  fuh  Joanne  Heinfiergio  if 

Ludûvïco  Borbonio ,  Epifcopis ,  per  Adrianum  de  Veteri-bufco.  In. 

Coll.  monum.  t.  IV. 
ViCOMERC.    Francifci  Vicomercati  ,  in  quatuor  libros  Arijlotelis 

Aleteorologicorum   Commentarii.    Venetiis ,    1565,    in -fol.  Je   i^e 

cite  que  le  n.°  49  fur  le  premier  livre  des  Météores. 

VîCT.   TujMUN,    Vidoris  Tununenfis  Chronicon.  In  Bafiiag.  t,  I. 

.ViLL.  (Giov.  )  Chroniche  di  Meffer  Giovanni  VUlani-  1rs 
Murator.   t.  XI K 

Vl  L  L.   (  M  A  T  T.  )  IJlorie  di  Aîatteo  Villani.  />^. Murator.  t.  XIV ^ 
yiLLALP.  Dmionologia ,  five  de   magià  naîurali ,  Do^moniaçât 

licitd 


m 


DES    Citations,  241 

licïtà  &  illicitâ  ,  lihri  quatuor ,   auâore  Don  Francifco  Torreblanca. 
Villalpando ,  Cordubenfi.  Moguntiœ  ,    1623,   in-^." 

ViRGiL.    Publii  Virgilïi  Adaronis  opéra.  Parifiis^  1682,  în-^.° 

VlTA   Boni  F.    VIII.    Vita  Bonîfacii  Oâavi  y    e  manufcriptîs 
Bernardi  Guïdonîs.  In  Murator.  t.  III ,  p.  i. 

Vita   Clem.   IV.   Vita  démentis  IV,   ex  iifdem  manufcripiis. 
In  Murator.  ibïd. 

Vita    Clem.   V.   Vita  démentis  quinti ,  ex  iifdem  manufcriptîs» 
In  Murator.  ibid, 

Vita.   S.    Leod.    Vita  S.  Leodegariî ,  auâore  anonymo ,  Alonacho 
Augujlodunenfi ,   coœvo.  In  Bouquet ,  t.  II, 

Vita   Urban.   IV.   Vita  Urbani  quarti,  e  manufcriptis  Bernardi 
.   Guidonis.  In  Murator.  t.  III ,  p.   i. 
VlTODUR.   Joannis  Vitodurani  Chronicon ,  a  Friderico  II,  Impe- 

ratore ,  ad  annum  i S4^'  1^  Eccard.  t.  I. 
V  O  G  E  L.  Significatio  Corne tœ  anni  i  j ^  2  ,  per  Joannem  Vogelinum g 

Haylpronnenfem ,  Ù'c,  Apud  Hagec.  p-  i  j  Q  à^  f^' 


W 


w 


ALSINGH.   HIST.    Thomœ  Walfingham ,  Hifloria  AngUcd 
brevis ,  ab  Eduardo  I,  ad  Henricum  V.  In  Cambdeii  Coll. 

Walsingh.   hypod.   Ejufdem ,  Hypodigma  Neufriœ.  Ibid. 

"Web.  Difcurfus  curiof  &  fruâuofi  de  Macrocofmo  &  Microcofmo ,  &C> 
auâore  Joanne  Adamo  Weber.  SalifLurgi,   16.73,  i^-^'" 

"W  H  I  s  T  O  N.  Nouvelle  Théorie  de  la  Terre ,  par  Guillaume 
Whifton,  cinquième  édition.  Londres,  17^  y,  in-8.°  en  Anglais» 
Elle  m'a  été  communiquée  par  M.  de  la  Lande. 

"Wikes.  Chronicon  Thomœ  W'ikes ,  aliter  Chronicon  Salijlmrienfs 
Alonaferii ,  ad  annum  1^0^.  In  Rer.  Angl.  Scripu  t.  IL  II  efl 
aflez  exad  iur  la  date  des  ecliples. 

"WlLH.  GEMIT.  Wilhelmi  Gemiticenfs ,  de  Ducibus  Normannice. 
In  Cambden.  Coll.  Guillaume  de  Jumieges  éerivoit  fous 
Guillaume  II  &  fous  Etienne  ,  Rois  d'Angleterre. 

"Wl  LH.  Malmesb.  Wilhelmi  Malmejburienfs ,  de  gefis  Regum 
Angliœ.  In  Script,  poft  Bed.  &  in  Bouquet,  t.  XL  C'èil  un 
bon  Hiftorien  ;  ii  éerivoit  lous  le  règne  de  Henri  I. 

Tome  L  H  h 


'242  Table 

"WlLL.  Brit.  Willelml  ,  Brïtonis  Armorkï  ,  Phil'ippidos.  In 
Duchefn.  t.   V.  II  écrivoit  vers  1225, 

"W^  1  T  I C  H.  Witîchîndi ,  Annal'mm  lïhri  très.  Francofurti ,  i  62 1 , 
in- fol. 

WOLF.  Joam'is  Woljïî ,  J.  C,  Leélîonum  mirabilmn  & recondharum 
centenarïi  XVI.  Lavingae ,  1600,  in- fol.  Mauvais  Auteur,  à 
tous  égards. 


X 


X 


IPHIL.   Epîtome ,  vel  Supplementa  Dîonîs  Caffiï  per  Joanmm 
Xiphilinum,  In  Dion.  CafT. 

■Z       -     '' 

X-<AHN.  Spécula  Phyfico-Mathematïco-Hijlorica ,  &c.  feu  Mundî 
mirabilis  œconomia ,  audore  Joanne  Xahn,  ordinis  Prœmonftratenfis 
Canonico  regulari ,  ifc,  Norimbergas ,  165)6,  in- fol.  Je  ne  cite 
que  fon  catalogue  des  Comètes  :  il  Te  trouve  au  premier  volume  y 
p.   162  &  fuivantes. 

Zantfl.  Chronicon  Cornelii  Zantfiet ,  ab  anno  12^0  ad  annum 
I ^6 1 .  In  Coll.  monum.  t.  H. 

Z  O  B.  Aficometologia ,  Difcorfo  del  Sig.  ID  aï  tore  Alfonfo  Zoboli  ^ 
Reggiano  ,  intorno  alla  nuova  Stella  deU'amw  160^,  ù'  délia 
Cornet  a  di  16 1  8 ,  &c.  In  Bologna,   1615^,  in-jf." 

Z  O  N.   Joannîs  Zonarœ  Annales.  Parifiis,  1686,  in -fol. 

Je  n'ai  point  inféré  dans  cette  lifte  quelques  noms  d'Auteurs 
que  je  ne  cite  que  d'après  Riccioli,  Hévélius,  Zahn,  &c. 
tels  font  Praetorius ,  Bunling  ,  J.  Pontanus  ,  Seuflanus  ou 
Sueflanus,  &c.  Comme  ces  Auteurs  font  tous  modernes, 
îeur  autorité  n'ajoute  rien  à  celle  de  nos  Cométographes;  je 
n'ai  donc  pas  cru  devoir  me  donner  beaucoup  de  peine  pour 
déterrer  leurs  Ouvrages ,  qui  ne  font  pas  mcme  ipécihés  par 
ceux  qui  s'appuient  lur  leur  témoignage.  Je  ne  connois  pas 
même  Sueflanus  ,  à  moins  que  par  ce  nom  on  n'ait  voulu 
défigner  Auguftinus  Niphus  ,   qui  fe  donnoit  l'épithète  de 


DES    Citations,  £43 

Phiîotheus  Suefîanus  :   il  a  fait  de  longs  commentaires  fur 
Arillote, 

Je  divife  cette  Hifloire  en  trois  feaions  ;  la  première 
comprend  {ts  Comètes  qui  ont  paru  avant  l'ère  Chrétienne; 
la  féconde  ,  celles  qu'on  a  vues  depuis  le  commencement 
de  cette  ère  jufqu'à  la  lin  du  xvi.^  fiècle  ;  la  troifième, 
celles  qui  ont  été  obfervées  depuis» 


H  ît  i| 


244 


H   I    s    T    0    I    R 


E 


SECTION     PREMIERE. 

Histoire  générale  des  Comètes 
Qui  ont  paru  avant  Vère  Chrétienne, 

J_i  E  s  nombres  Je  la  date  àç.s  Comètes  défignent  les  années 
avant  l'ère  Chrétienne,  comptées  félon  la  méthode  que  j'ai 
expliquée  dans  le  préambule  de  cette  féconde  Partie.  J'ai 
pareillement  averti  que  fi  ces  dates  font  placées  comme  en 
titre  ou  au  milieu  de  la  ligne  ,  c'elt  une  marque  que  je 
regarde  l'apparition  de  la  Comète  au  moins  comme  très- 
probable  :  les  dates  font  au  commencement  de  la  ligne  ^ 
lorfque  j'ai  douté  fi  le  phénomène  étoit  une  Comète  ,  ou 
même  s'il  avoit  réellement  paru  ;  enfin  ,  {i  fa  réalité  n'efl 
fondée  que  fur  à^s  témoignages  abfblument  incertains  & 
caducs ,  l'apparition  eft  marquée  en  lettres  penchées  ou  de 
caractères  italiques. 

Trois  jours  avant  la  mort  de  Mathufalem ,  on  fait  paroitre 
une  Comète  dans  le  Signe  des  Poijfons ,  fous  la  Planète  de 
Jupiter  :  en  un  mois  ou  en  vingt-neuf  jours  ^  die  parcourut  les 
Roch.Eik(h'  dou^e  Signes  du  Zodiaque  ;  elle  df parut  le  1 6  Avril.  Voilà 
Tierlic.  Ccefus,  certainement  une  Comète  bien  circonflanciée  ;  plus  ancienne 
que  le  Déluge ,   éiXo.   feroit  un  monument  précieux   d'anti- 
quité :  fon  apparition  maiheureufement  n'efl  fondée  que  fur 
Âç:s  autorités  qui  lui  font  poftérieures  de  quatre  mille  ans« 
Le  coftume  efl  même  ici  trop  négligé.  Connoilfoit-on  avant 
le  Déluge  la  divifion  du  Zodiaque  en  douze  Signes  l    ces 
Signes  étoient-ils  déjà  défignés  par  les  noms  qu'ils  portent 
aujourd'hui?    une  Planète  portoit-elle  le  nom  de  Jupiter! 
Si  cela  n'eft  pas,  comment  s  y  efl -on  pris  pour  réduire  les 
noms  anciens  des  Signes,  dss  Planètes,  des  mois  aux  déno- 
minations aéluelles! 
irjequf'^^^      Un  Aviteur  de  ce  fiècle  croit  que  l'année  du  Déluge  a  été 


# 


DES    Comètes.  245 

marquée  par  l'apparition  d'une  Comète,  à  iaquelle  même  il 
croit  pouvoir  attribuer  la  fubmerfion  totale  de  la  Terre  : 
il  s'appuie  fur  un  fondement  allez  railonnable  ,  incertain 
cependant.  Selon  lui ,  le  Déluge  iiniverlel  eft  arriyé  l'an 
^349  avant  l'ère  Chrétienne  r  or,  la  Comète  de  l'an  1680 
de  l'ère  Chrétienne  ,  faifant  fa  révolution  en  cinq  cents 
foixante-quinze  ans,  a  dû  paroitre  vers  l'an  ^34p  avant 
l'ère  Chrétienne.  Cela  peut  être  :  mais  en  premier  lieu  , 
plufieurs  habiles  Chronologîfles  reculent  bien  plus  loin 
l'époque  du  Déluge  :  de  plus,  le  raifonnement  de  cet  Auteur 
n'excède  pas  les  bornes  d'une  conjeéiure  ingénieulè  ;  de  fon 
aveu  ,  l'apparition  de  cette  Comète  n'efl  fondée  fur  aucun 
témoignage  hiftorique.  Enfin ,  quant  aux  retours  de  la  Comète 
de  1680,  voyez  ce  que  nous  en  dirons  fur  l'an  5  3  i  de 
l'ère  Chrétienne ,  &  dans  la  troilième  partie  de  cet  Ouvrage, 
<ians  laquelle  nous  parlerons  plus  au  long  de  cette  hypothèfe 
:de  Whiflon. 

2  2pd.  Ta-yu  (  ou  limplement  Yu  )  ,  Empereur  de  la 
Chine  ,  commença  à  régner  l'an  54  du  troifième  Cycle 
•(  2223  avant  l'ère  Chrétienne  )  ;  il  mourut  en  la  vingt- 
feptième  année  de  ^on  règne  ,  en  la  centième  de  Ion  âge 
(par  conféquent  l'an  zi^6  de  notre  ère  vulgaire)  :  or  fa 
mère ,  étant  enceinte  de  lui  ,  vit  une  Étoile  errante  & 
en  tira  un  augure  favorable.  Si  les  anciennes  Chroniques  SynopJ.  chr&n. 
Chinoifes  font  d'une  autorité  auffi  grande  que  quelques 
Européens  veulent  nous  le  perfuader,  &.  que  d'ailleurs  cette 
Etoile  errante  ait  été  une  véritable  Comète  ,  cette  Comète 
aura  paru  en  229^.  Mais  félon  le  P.  Gaubil ,  qui  paroît 
avoir  fait  une  étude  plus  particulière  de  la  Chronologie 
.Chinoiiê ,  l'Empereur  Yu  n'efl  mort  qu'en  2184,  ce  qui 
retarderoit  de  douze  ans  f apparition  de  la  Comète  :  félon 
le  P.  de  Mailla,  il  mourut  en  21^8. 

Vers  2241  ,    fous  l'empire  de  Chun  ,  fucceffeur  d'Yao, 
lequel  commença  à  régner  en  2284,   on  vit  en  Chine  à^s 
Etoiles  nouvelles  ,    dont  une  égaloit  la  moitié  de  la  Lune,     mi^ 
Le  P.  Couplet  ajoute  que  cela  arriva  en  la  feizième  année 


246  Histoire 

du  règne  de  ce  Prince  ;  ii  paroîîroit  donc ,  félon  la  date 
donnée,  que  ces  phénomènes  auroient  été  vus  en  2269: 
Couplet,  cependant  le  P.  Couplet  \qs  rapporte  à  l'an  2241.  Chun 
monta  fur  ie  trône  en  l'an  2255,  félon  le  P.  de  Mailla. 
Enfin  ,    le  P.  Gaubil  ne  fait  commencer  le  règne  de  Xuti 

Gaulni.Mailla,  ou  Chuti  Qu'en  2  241  !  felou  Cette  dernière  Chronologie,  la 

t,I.  V.  8S'       i^        ^  ^  '  ^  /^ 

^  Comète  n  auroit  paru  quen  2226  ou  2225. 

L'an  2ipi  ou  2024,  ou  2.%'è  après  le  Déluge ,  &  mmé-^ 
d'mtement  avant  la  confufion  des  langues ,  vers  le  Caire,  en 
Egypte,  on  vît,  félon  nos  Cométographes  modernes,  une 
Comète  dans  le  Capricorne  ;  en  Joixante-cinq  jours  elle  par- 
'Hèi'éh  Lui.  courut  trois  fignes  du  Zodiaque.  Ce  lont  encore  là  de  pures 
Rock.  Cafms,  Ç^Siions ^  imaginées  fans  aucun  fondement,  &  qui  ne  méritent 
feulement  pas  d'être  réfutées.  D'ailleurs,  la  Chronologie  de 
nos  Cométographes,  &  fur-tout ,  celle  d'Hévéiius,  eit  per- 
pétuellement en  contradiiftion ,  tant  avec  elle-même  qu'avec 
la  vérité. 

1^30,  ou  ic)2o,  ou  ip4p,  ^n  un  mot  l'an  yo  ou  80 
de  la  vie  d' Abraham ,    me  Comète  parut  durant  vingt-deux 

'p  ^k\^'â'  i^^^^  ^^'^^  ^^  f^ë^^^  ^^  Bélier ,  fous  la  Planète  de  Mars  ^* 
Hnl  Cœjius,  Struyck  ^  croit  qu'on  a  pris  l'Idée  de  cette  Comète  du 
Zahn.  y ^  ^j  jy  -^y^e  chapitre  de  la  Genèfe  ;  il  y  eil:  parlé  d'une 

J74.f!v'!f6'8.  vJlion  dans  laquelle  Abraham ,  au  milieu  d'épailfes  ténèbres 
&  d'une  fumée  fembiable  à  celle  qui  fort  d'un  four  allumé, 
aperçut  une  laoïpe  ardente.  Pour  orner  le  récit,  on  a  ajouté 
ia  pofition  dans  ie  Bélier ,  la  proximité  de  Mars  &  la  durée 
de  vingt -deux  jours.  Keckermann  rapporte  les  mêmes  cîr* 
conftances  ,  d'après  un  Ecrit  que  Bernard  Tornheufer  avoit 
publié  fur  la  Comète  de  i  577  :   ii  ajoute  qu'il  n'a  trouve 
ailleurs    aucun   veftige    de   cette   ancienne   Comète.    Si   la 
Comète  de  l'an   1066  après  Jélus-Chrifl  eil  la  mçme  que 
^^"^^'^ •  j'';j;  celle  de  fan   1665  ,   comme  le  penie  Struyck,   elle  a  dû 
^'^       paroître  vers  fan  1920  avant  fère  Chrétienne. 
-  L'an  pp  de  la  vie  «^^ 'Abraham  ,   ie  feu  du  Ciel  conflima 

Sodome  &  Gomorrhe  ;  il  parut  alors  une  Comète  des  plus 
'Halepo,        effrayantes* 


DES    Comètes,  247 

L'an  1820  ou  1841  ,  Comète  dans  le  Lion  durant  neuf    Hévéh  Luh, 
jours.  ^c^^'  ^<:¥* 

^^  Htrlic.  Zahtît 

Vers    1770. 

Saint-Augullin  nous  a  confervé  un  fragment  de  Varron    Aug.  de  cbit, 
conçu  en' ces  termes  :  «  On  vit,   dit  Varron ,   un  prodige  ^'^^^'^'(^-viii, 
furprenant  dans  le  Ciel ,  à  l'égard  de  ia  brillante  Ëtoiie  de  « 
Vénus ,  que  Plaute  &  Homère  appellent  ,  chacun   dans  fa  « 
langue ,  l'Étoile  du  foir.  Caftor  attelle  que  cette  belle  Étoile  ^ 
changea  de  couleur,  de   grandeur  ,   de  figure  &  de  route,  w 
ce  qui  n  étoit  point  arrivé  auparavant ,   &  qui  n'a  point  été  « 
revu  depuis.  Adriiflle  de  Cyzique  &  Dion  le  Napolitain  rap-  « 
portent  ce  grand  prodige  au  règne  d'Ogygès.  «    Quelque 
phénomène  céleile  a  donné  lieu  lans  doute  à  cette  fable  :  or, 
on  ne  peut  en  imaginer  d'autre  que  l'apparition  d'une  Comète; 
le  vulgaire  ignorant  l'aura  priië  pour  la  Planète  de  Vénus. 
L'Aftronomie  étoit  alors  très  -  imparfaite  ;    \gs  mouvemens 
éts  Planètes  étoient  plus  admirés  que  connus.  Vénus  avoit 
paru  long -temps  le  foir  :    elle   dilparut   en  peu   de  jours, 
comme  cela  doit  toujours  arriver  lorfqu'elle  s'approche   de 
fa  conjonéiion  inférieure,  &  elle  fe  plongea  dans  les  rayons 
du  Soleil  :  quelques  jours  de  mauvais  temps  purent  même 
empêcher  d'obferver  qu'elle  tendoit  à  cette  conjonélion.  Peu 
jde  jours  après,  Vénus  avoit  disparu:  au  lieu  d'elle,  on  vit 
a  l'occident  une  Comète  éclatante  ;   le   crépufcule  ne   per- 
mettoit   pas    de  diltinguer   fa   chevelure  :   on  la   prit  pour 
Vénus.  Les  jours  luivans ,  cette  Comète,   au  lieu  de  fuivre 
ïe  Soleil  ou  de  s'en  approcher  comme  auroit   fait  Vénus, 
s'en  écarta  au  contraire   beaucoup  vers  l'orient  ou   vers  le 
nord;  on  dit  que  Vénus  avoit  changé  de  route:  la  Comète, 
dégagée  des  rayons   du   Soleil  ,    montra  fa   chevelure  ;    on 
penfa  que  Vénus  n'avoit  plus  la  même  fgure:  cette  chevelure 
ternit  l'éclat  du  noyau  de  la  Comète  ;   on  en  conclut  qu'il 
étoit   furvenu   un   changement   dans   la    couleur   de   Vénus» 
Enfin,  loit  à  caufe  du  plus  ou  du  moins  -de  développement 
de  la  chevelure  de  la  Comète,  foit  à  caufe  de  fa  plus  grande 


248  Histoire 

proximité  ou  de  fa  plus  grande  diflance  de  la  Terre,  la 
Comète  parut  plus  ou  moins  grande  ;  il  fut  décidé  que 
Vénus  avoit  changé  de  grandeur.  Voilà  ,  je  penfe,  ia  feule 
explication  raifonnable  qu'on  puiife  donner  de  ce  prétendu 
prodige.  Fortunius  Licétus  ,  au  dernier  fjècie  ,  en  avoit 
approché  de  fort  près;  félon  lui,  Vénus  s'éioit  cachée  dans 
les  rayons  du  Soleil:  une  nouvelle  Étoile,  qui  parut  alors, 
a  UceL  1 1,  fut  prife  pour  cette  Planète"^.  Nous  penions  avec  feu  M.  Fréret, 

"^'^A'dlfc    ^^  l'Académie  Royale  des  Infcnpuons  &:  Belles- Lettres  ^, 

f.  X,  '  '  que  les  paroles  de  Varron  s'entendent  bien  plus  naturellement 
de  l'apparition  d'une  Comète  que  de  celle  d'une  nouvelle  Etoile. 
Une  Etoile  n'auroit  pas  tardé  à  le  plonger  dans  les  rayons 
du  Soleil  :  comment  fe  feroit-on  imaginé  que  Vénus  avoit 
changé  de  route  l  Quoique  Struyck  n'ait  point  iiiiéré  cette 
Comète  dans  fon  Catalogue,  il  en  recconnoît  cependant  la 
réalité  ,    lorlqu'ii  parle  des  retours  périodiques  de  celle  de 

Struyck.p.tS.  1680.  Le  Déluge  ou  rinojidation  d'Ogygès,  eft  rapporté  à 
l'an  1706  avant  l'ère  Chrétienne  ;  ainh,  Ogygès  pouvoit 
régner  encore  en  1770.  Si  la  révolution  de  la  belle  Comète 
de  i/58o  eft,  comme  on  le  prétend,  de  cinq  cents  loixante- 
quinze  ans,  elle  a  dû  paroitre  vers  1770  avant  J.  C. 

L'an  50  du  rè^ne  de  ï empereur  Kié  ou  Li-Koué,   ç'eft-à- 

'S^m.  Chr.onoi.  dire  l'an  1768,  les  Chinois  virent  des  Étoiles  tomber.  li 
n'y  a  pas  d'apparence  que  ces  Étoiles  fuflent  des  Comètes. 

L'an    1718    ou  1732,   on  vit  dans  l'Arabie  une  Comète 

qui  rejfembloit  à  une  roue  :  elle  étoit  dans  le  Sagittaire  au- 

Hevél.  Caf.  ^^ffQ^s   jg  Jupiter.    Hévélius    conjedure  ,    d'après   pluheurs 

Lubien.    Eckjt.       i/      .  ^  V^         x  /i         u  •    /- 

Herl.  Zahn,  autorués  tres  -  graves  ,  que  cette  Comète  elt  celle  qui  fut 
nommée  Typhon:  nous  en  parlerons  fur  l'an  ^j y 

Vers   I  5  3  I  ,  les  Hébreux  fortent  de  l'Egypte ,   Pharaon 
les  pourfuit  &  efl  fubmergé  dans  ia  mer  Rouge  ;  on  vit  alors. 
Hahpo.       ^^^  terrible  Comète, 

En   \é^()^    ou    ï  5  ï  5  f   ^^  ]parut  dans  la  Syrie ,   dans  la 
Chaldêe  &  dans  l Inde  une  Comète ,  qui  rejfembloit  encore  à 
'Hévêl  Luh.  nfiQ  YQiie  ;  ^//^  étoit  dans  le  Capricorne.    C'efi  celle  -  ci   quQ 
S/ ''^'""  Lubienietzki  croit  ctre  le  Typhon  de  Pline, 

Vers 


DES    Comètes.  249 

Vers  1200,  dii  mois  d'Août,  les  Ajfyriens  virent  une 
Comète  terrible  dans  les  Gémeaux  ;  l'impie  Amenemos  ,  roi 
d'Egypte,  mourut  peu  après  :  la  guerre  de  Troie  fuivit  ,  6c 
cette  ville  fut  détruite  treize  ans  après  l'apparition  de  la 
Comète.   Mais   où   nos   CométograDhes   ont -ils   puifé    cqs  ^^"'•J-!''''' 

r         '  n  9/^1       /l'A  t     rr^       •      Rock,  Cœj'ius, 

curieuies  circonitances  \  Quel  eît  ce  roi  Amenemos  i    1  roie  Zahn. 
fut  prife ,   félon  les  marbres    d'Arundel  ,    en   i  2  i  o  ;    félon 
d'autres   Auteurs  ,    beaucoup    plus   tard.    Struyck    dit   avoir  Stmyclijy^o, 
calculé  une  éclipfè  ,    qui  peut  donner  quelque  lumière  fur  le  ^''  '7^  '^' 
temps  de  la  prife  de  Troie  ,    6c  il  afllire  que  cette  éclipfe 
confirme  la  date  indiquée  par  \ç:s  marbres  d'Arundel,  Fréret  Acad,desJr.fct, 
fait  remonter  le  fac  de  Troie  jufqu'à  l'an   1280  &  au-delà:  ^'-^'ï'^^^^- 
cette  Comète  ,    au   refte  ,    pourroit   ne   pas   différer   de  la 
fui  vante. 

Vers    î  1^4.  * 

Les  Anciens  ,  à  la  vue  fimpîe ,  ne  diftinguoîent  que  fix 
Pléiades  :   elles  avoient  cependant  été  au  nombre  de  fept; 
mais,  dit  Ovide,  Eleélre  (a)  ne  pouvant  fupporter  la  vue  Ovid.Faj}, 
de  Troie  réduite  en  cendres,  fe  cacha  &  n'a  plus  reparu.  En 
effet,  lelon  Pïygin,  contemporain  d'Ovide,  «  les  Pléiades 
animent  \ti  Étoiles  à  la  danfe  (b)  :  mais  lorfque  Troie  fut  prife,  « 
&lapoftériîé  de  Dardanus  éteinte,  Eleélre,  dit- on,  accablée  « 
de  douleur,  abandonna  la  compagnie  de  ^ç^s  fœurs  &  fe  retira  « 
vers  le  cercle  du  pôle  arélique,  où  elle  parut  long-temps  en  « 
pleurs  &  \^s  cheveux  épars ,  ce  qui  lui  fit  donner  le  nom  ^» 
de   Comète.  D'autres  cependant,   félon  le  même  Auteur,  ^^  Hyghu  Poeu 
prétendent   que   la  Pléiade  fugitive  efl  Mérope ,   qui  n'ofa  «    -^flroiuin. 
plus  fe  montrer  depuis  qu'elle  eut  époufé  un  mortel,  tandis  « 
que  toutes  ks  (œ\v:s   s'étoienî  alliées  à  dQs  Dieux  :  ch^affée  « 
en  confcquence  de  la  compagnie  de  {qs  fœurs  ,   etîè  laiffe  « 
flotter  Ï^Gs  cheveux  en  figne  de  triftefle;    on  lui  5.  donné  le  « 

(^a)  Celte  Ekéîre  n'efl  pas  la  fille  à'Agamemnon,  fœur  d'GreJle ;  celle 
dont  il  s'agit  kî  eil:  bien  pius  ancienne;  elle  étoit  fille  d'Ai/as,  ôi.  mère  de 
£)ardanus  ,  fondateur  <5c  premier  roi  de  Troie. 

^\bj   Qn  peut  pafTer  cette  expreiîion  à  un  Poëte  fabulifte. 

Tome  I,  I  i 


CXCIl, 


250  Histoire 

Hyg.  Fab.  nom  Je  Comète.  »  Aviénus ,  dans  fa  paraphrafe  d'Aratus  en 
vers  latins  ,  fur  l'autorité  de  Mynthès  ou  Smynthès  ,  autre 
Poète  commentateur  d'Aratus  &  probablement  plus  ancien 
qu'Hygin  ,  rapporte  la  fuite  d'Éledra  ,  &  témoigne  qu'elle 
s'élève  quelquefois  au-deiïus  des  eaux  de  l'océan ,  non  pour 
rejoindre  la  compagnie  de  {^%  lœurs ,  mais  pour  montrer  {q^ 
cheveux  épars  ,  &.  donner  aux  hommes  le  fpedacie  d'une 
chevelure  flottante:  c'efl,  ajoute-t-il,  ious  cette  trifte  forme 

y^wKffj  m  que  l'on  voit  s'élever  les  Comètes  pernicieufes.  Je  ne  viens 
Cl  expoler  que  des  raoles  ;  j  en  conviens  :  mais  qui  ignore 
que  les  fables  avoient  leur  fondement  dans  l'Hilloire?  Tout 
ce  récit  ne  peut  être  appuyé  que  fur  la  perfuafion  où  l'on 
étoit  alors  ,  qu'en  l'année  de  la  priie  de  Troie  il  avoit  paru 
une  Comète,  dont  le  mouvement  apparent  avoit  été  depuis 
ies  Pléiades  jufqu'au  cercle  polaire  arélique.  C'efl  peut-être 
à  cette  même  Comète  que  Virgile  fait  allufion  ,  lorfque 
après  avoir  décrit  la  prife  &  l'incendie  de  Troie  ,  il  fait 
defcendre  du  Ciel  une  Etoile  ,  qui  ,  par  une  longue  trace 

Vkg,  jEneld,  de  lumière  ,  marque  le  chemin  qu'elle  a  parcouru. 
■''•  ^'^'  Troie  fut  priie ,   comme  je  l'ai  dit ,  en  12x0,   ou  peut- 

être  même  avant  1280.  Je  crois  pourtant  qu'on  peut  différer 
l'apparition  de  la  Comète  jufque  vers  i  ip4  :  voici  mes 
raifons.  Timée,  le  plus  ancien  des  Hiftoriens  qui  ait  entrepris 
de  déterminer  la  chronologie  de  l'Hiftoire  générale  de  la 
Grèce  ,  avoit  fixé  la  prife  de  Troie  à  l'an  417  avant  la 
i/^  Olympiade  ,  &  par  conféquent  à  l'an  1193  avant 
Jéfus-Chrift.  L'Aflronome  Thralylle ,  Veiléius  Paterculus  j, 
i'Hiftorien  Ephore,  le  Chronoîogifte  Caftor  de  Rhodes,  & 
plufieurs  autres ,  fuivirent  la  chronologie  de  Timée  ,  ou 
du  moins  ils  s^w  écartèrent  très -peu.  Les  Anciens  ,  qui 
nous  ont  laiffé  quelques  détails  fur  la  guerre  de  Troie  ,  ne 
font  aucune  mention  de  l'apparition  d'une  Comète  à  cette 
époque  :  ceux  auxquels  nous  fommes  redevables  de  cette 
anecdote,  font  pollérieurs  à  Timée.  Il  eil:  poffible ,  ou  plutôt 
il  eil:  très -probable  qu'il  n'avoit  point  paru  de  Comète  au 
temps  de  la  priie  de  Troie  ;  &  voilà  la  caufè  du  fi lence  des 


DES     Comètes.  251 

Anciens  fiir  i'appariuon  de  ce  phénomène.  ?vlaîs  il  exifloit 
apparemment  des  Mémoires  ,  félon  iefquels  une  Comète 
avoit  été  vue  vers  l'an  417  avant  ia  i.'^  Olympiade  : 
tl'un  autre  côté ,  félon  la  chronologie  de  Timée  ,  adoptée 
alors ,  cette  année  étoit  précifément  ceile  de  Ja  ruine  de 
Troie  :  une  rencontre  auffi  heureuiè  fut  iàifie  par  \qs  Poètes; 
ils  bâtirent  fur  ce  fondement  ia  fabie  du  délèfpoir  d'Eleélre. 

Ce  qui  fait  préférer  la  chronologie  de  Timée  à  toute  autre, 
iur  le  temps  de  l'apparition  de  cette  Comète  ,  c'ell  que  le 
mouvement  de  cet  aftre  ,  Aqs  Pléiades  au  cercle  polaire 
arélique ,  lui  donne  quelque  trait  de  reflemblance  avec  la 
Comète  de  l'an  1680  de  notre  ère:  or,  vu  la  révolution 
périodique  de  cinq  cents  foixante-quinze  ans  ,  qu'on  attribue 
à  cette  dernière  ,  elle  a  dû  paroître  vers  l'an  1 1  cj4  avant 
Jéfus -Chrifl, 

Eratofihènes  ,  dont  la  chronologie  parut  peu  après  celle 
Je  Timée ,  &  fut  plus  généralement  adoptée ,  place  la  prile 
de  Troie  fur  l'an  i  1S4.  Alors  ,  la  Comète  auroit  paru  en 
ia  première  année  de  la  guerre  ,  c'eft-à-dire  au  commen- 
cement àç^?>  malheurs  de  ia  famille  d'Eleclre:  la  fa  le  pourroit 
encore  fe  foutenir. 

Prefque  tout  cet  article  ell  extrait  d'un  Mémoire  de  Fréref.     ^'^^-deslnjer, 

Lan  1200  ou  1175,  leutanus  étant  roi  dAuyrie,  on 
vît  par  toute  la  Grèce  une  Comète  dans  le  Bélier  ;  elle  dura 
qi\'rant€  jours,  ^^'"^  ■^"^• 

L'an   looi  ,  la  lumière  de  la  Lune  parut  beaucoup  plus  Za/m    ''"  ' 
éclatante  que  de  coutume:   de  plus,  cet  adre,  femblable  à 
une  Comète  ,  lancoit  un  long  rayon  jufqu'à  la  confteilation 
du  Lion.  '  yiW;, /.///. 

L'année  de  rappariiion  cie  cette  Comète  me  paroît  abfb- 
îument  incertaine.   «  Les  Égyptiens  &  \qs  Éthiopiens  ,   dit 
Pline  ,  ont  reiïenti  \*ds  funeftes  effets  de   cette  Comète  ,   à  «  P^'"'  '•  ^^' 
jaqueile  Typhon  ,  qui  régnoit  alors ,  donna  fon  nom  :   elle  «    «.'  ^j. 
parut  tout  en  feu ,  entortillée  comme  en  forme  de  volute ,  « 

I  i  i; 


252  Histoire 

»  (l'un  afpecfl  menaçant;  c'étoit  moins  ime  Etoile  qu'un  nœud 
de  feu.  »  Pour  déterminer  l'époque  de  cette  Comète  ,  ii 
faudroit  connoître  ce  Typhon ,  roi  d'Egypte.  Diodore  de 
Sicile  ne  parle  que  d'un  Typhon,  qui  tua  Oiiris  ,  &  qui  fut 
fuppiicié  par  l'orch'e  d'ihs  :  ce  Typhon-là  reculeroit  bien  loin 
Struyck,Tpr^o,  notre  Comète.  Selon  Struyck  ,  Typhon  ,  nom  Grec,  a  la 
^''  ^  '  ^nême  fignification  que  le  mot  Egyptien  Seth  ,  ou  Sélhofis, 
ou  Séfoltris;  ce  Prince  ell  le  même  que  Sélac  dont  l'Ecriture- 
iliRfg.i^,  Sainte  fait  mention  :  il  régnoit  en  5^75.  La  Comète  de 
l'an  de  grâce  1652  ,  étoit  aufîi  grande  que  la  Lune,  & 
n'avoit  pas  de  queue  :  différentes  nuances  de  lumière  dans 
fon  atmoiphère,  pouvoient  caufer  l'apparence  d'un  entortille- 
ment tel  que  Pline  le  décrit  dans  la  Comète  Typhon.  Celle 
de  1652  ,  félon  Struyck,  achève  fa  révolution  en  cent 
trente-huit  ans  &  quelques  mois  ;  un  de  ks  retours  tombe 
fur  l'an  ^y  ^  avant  Jéfus-Chfifl  :  tout  cela  peut  être.  Mais 
d'autres  retours  de  la  même  Comète  tombent  fur  d'autres 
années  :  de  plus ,  cette  révolution  périodique  de  cent  trente- 
.  huit  ans ,  n'efl  rien  moins  que  conflatée.  Enfin  ,  il  n'eft 
point  abfc  ornent  néceffaire  que  le  Typhon  de  Pline  foit 
wne  àes  Comètes  dont  la  révolution  p>ériodique  eft  connue. 
Pour  être  afîuré  d'aA'^oir  rencontré  le  temps  précis  de  l'appa- 
rition de  ce  Typhon,  il  faudroit  ,  je  penfe  ,  être  en  état 
de  montrer  comment  on  a  pu  dire  que  \es  Égyptiens  &:  les 
Ethiopiens  en  avoient  refîenii  \qs  funefles  efiets.  Je  croîs 
donc  pouvoir  donner,  fur  l'autorité  de  Pline,  cette  Comète 
pour  certaine  ;  mais  je  ne  décide  rien  fur  le  temps  de  fon 
apparition.  AVhiflon  croit  que  ce  Typhon  eft  le  dernier  roi 
d'Egypte  avant  le  déluge,  &.  que  c'efî:  cette  même  Comète 
W/ii'î.jh  J2CC,  qui  a  occafionné  le  déluge  :  fon  fenîiment  eil  au  moins  aufli 
vraifemblable  que  celui  de  Struyck. 

626.  *  Siûiig-oiiang  monta  fur  le  trône  de  la  Chine  en 
la  vingt- deuxième  année  du  vingt -neuvième  cycle,  ou  en 
l'an  635  :  en  la  dixième  année  de  fon  règne,  au  quatrième 
mois,  c'efl-à-dire  vers  le  mois  de  Mai ,  uwq  Etoile,  ou  plutôt 
une  Comète,  s'évanouit,  après  s'être  réfolue  en  une  eipèce 


DES    Comètes.  253 

de  pluie.  Je  doute  fort  que  ce  phénomène  fût  une  véritable    Sjm,  chronot, 
Comète. 

Vers    (^ip   ou  618. 

Soie  fub  occîduo  vero  vocitata  Cometd 
Stella  relucebït ,   gladiî  mort  ait  bus  index , 
Et  famis ,  &  moriïs  ,  pmdarorumque  virorum 
Atque  ducum  interîtûs ,  Ù'c. 

Ce  font  ies  oracles  Je  la  Sybille.    Leur  fens  efl  :  «  On     SyUd,  l.  lih 
verra  de  plus,  du  côté  de  i'occident,  l'Etoile  appelée  Comète;  « 
elle  annoncera  aux  hommes  la  guerre ,  la  flimine  ,  la  mor-  « 
talité,  la  mort  de  plulieurs   grands   hommes  ,   de   plufieurs  « 
Capitaines  célèbres,  &c.  >'  La  prétendue  Sybille  entre  enfuite 
dans  le  détail  à^^  évènemens  qui  dévoient  fuivre  l'apparition 
de  la  Comète  :   elle  \ts  prédiloit  fans    doute  à   coup  fur , 
puilqu'ils    avoient    précédé  la  prédiction.    Feu   M.    Fréret,  Acad.deslnjcr, 
prouve  que  tous  ces  évènemens  ont  fuivi  de  près  l'année 
^ip  ou  618  ,   &  qu'en  coniéquence  il  eft  naturel  de  rap- 
porter à  ce  même  temps  l'apparition  de  la  Comète  ,    que  la 
Sybille  foi  -  diiante  n'auroit  apparemment  pas  annoncée  ,  fi 
elle  ne  l'eût  trouvée  mentionnée  dans  les  Mémoires  qu'elle 
confuftoit.  Je  cite  donc  ici  la  Sybille  comme  hiflorienne  & 
non  comme  prophétefle.   Si  la  révolution  de  la  Comète  de 
16^8 G   eft  de   cinq  cents  foixante- quinze  ans,    elle  a  dû 
réellement  paroître  vers  l'an  6i8  avant  l'ère  Chrétienne. 

Jérémie  ,  au  chapitre  premier  de  fa  Prophétie  ,   rapporte- 
une  vifion  dans  laquelle  Dieu   lui   demande  ce  qu'il   voit  : 
Je  vois ,  répond  le  Prophète ,  une  verge  élevée  &  comme 
prête  à  frapper.   Que  voyez -vous  Jérémie  \    dit  Dieu    de 
rechef  :  Je  vois ,  répond  Jérémie ,  une  marmite  enflammée  ; 
elle  paroît  tournée  du  côté  de  l'Aquilon.  Plufieurs  Auteurs  Urfn.Bekker^e 
ont  cru  que  l'objet  de  la  vifion  de  Jérémie  étoit  une  vraie  ^°'"''^^'F'S^' 
Comète,  dont  la  queue  paroiflant  feule  d'abord,  relîèmbloit /^  77/        ' 
à  une  verge  prête  à  frapper  :   la  tête  s'étant  enluite   élevée 
fur  l'horizon,  y  parut  fous  la  forme  d'un  globe  obicur,  dont 


2  54  Histoire 

ii  fortoit  une  épaiiîe  fumée.  Dieu  qui  donna  i'arc  -  en  -  ciel 
à  Noé,  pour  îigne  de  l'alliance  qu'il  contradoit  avec  là 
podérité,  peut  bien  avoir  montré  une  Comète  à  Jérémie, 
comme  figne  à^s  malheurs  qui  menaçoient  le  peuple  Juif. 
La  vocation  de  Jérémie,  rapportée  dans  le  même  chapitre, 
efl:  datée  de  la  treizième  année  du  règne  de  Jofias,  &  par 
conféquent  de  l'an  628  ;  mais  la  vifion  peut  être  poltérieure 
de  dix  ans  ou  même  davantage ,  à  la  vocation  du  Prophète. 
La  vifion  de  Jérémie  &  le  retour  de  la  Comète  de  1680, 
font  rapportés  par  Sîruyck  à  fan  62.  i  ,  trois  ans  avant  la 
captivité  de  Joakim  ,  roi  de  Juda,  félon  la  chronologie  de 
Marsham.  Si  l'on  veut  reconnoître  un  retour  de  la  Comète 
de  1680,  tant  dans  celle  que  Jérémie  vit  vers  le  Nord-eft, 
que  dans  celle  que  la  Sybille  fait  paroître  du  côté  de  l'Oueft, 
il  faut  que  cette  Comète  ait  palîé  par  fon  périhélie ,  en  Août , 
Septembre  ou  Oélobre;  mais  dans  cette  fuppofition  même, 
ii  reliera  toujours  quelque  difficulté  :  il  efl  au  refte  très-poffible 
que  la  Comète  dont  parle  la  Sybille  foit  différente  de  l'objet 
de  la  vifion  du  Prophète. 

612. 

En  la  quatorzième  année  du  règne  de  Ven-koting,  prince 
de  Lou ,  en  Chine,  à  la  feptième  Lune,  c'eft-à-dire  vers 
le  mois  de  Juin  ,    on  vit   une  Comète  dans  le  Pé-téou, 
Cmhil,      (c'eft-à-dire  dans  les  fept  Étoiles  de  la  grande  Ourfe). 

Vers    533. 

On  vit  en  Chine  une  nouvelle  Etoile  ou  une  Comète 
dans  la  confleliation  Nu  (  cette  Conflellation  renferme  la 
main  occidentale  du  Verfeau  ,  &  la  précédente  de  la  queue 
du  Capricorne).  On  étoit  alors  dans  la  première  Lune,  &: 
îa  première  Lune  renfermoit  en  ce  temps -là  le  Solflice 
iM      d'hiver. 

^  524.  * 

Il  parut  une  Comète  en  Chine  durant  l'hiver,  en  la  vingtième 


DES    Comètes.  255 

année  du  règne  de  King-ouang ,   qui  avoiî  commencé   de 

régner  l'an  543,    cinquante -quatrième  du  trente  -  unième 

cycle ,  ou ,  ce  qui  revient  au  même ,   en  la  dix  -  feptième  Sjm.  Chonoh 

année  de  Tchao-koung  :  elle  étoiî  dans  les  Étoiles  du  Scpr- 

pion  ;   elle  s'avança  jufqu'à   la  voie  laélée.   Cette   QomhXQ  (^^^''''^■■^'^<^''^'^' 

n'a  paru  qu'à  ia  fin  de  524,  ou  en  Janvier  523  :  ie  Père  '    '^'^^^' 

Mailla  la  rapporte  à  la  fin  de  l'an  525. 

5  03.  *  Soiis  le  fécond  confulat  de  P.  PofthumiusTudertu5, 
&  le  premier  d'Agrippa  Ménénius  Lanatus  ,  on  vit  paroitre 
bien  avant  dans  ia  nuit,  comme  à'di  piques  militaires  en  feu.  ohfequ.juppL 
Struyck  croit  qu'une  de  cqs  piques  pourroit  être  la  Comète 
d'Halley  ou  de  175^»  Tout  ce  phénomène,  félon  nous, 
a  plus  d'analogie  avec  une  aurore  boréale  qu'avec  une 
Comète. 

48  3 .  On  voyoit  tous  les  jours  des  prodiges  dans  le  Ciel.        Uid. 

481. 

En  Chine,   en  la  treizième  année  de  Gai-koung ,  à  la 
-onzième  Lune  ou  vers  la  fm  de  l'année-,  on  vit  une  Comète 
vers  l'orient.  Le  P.  de  Mailla  la  date  d'un  an  plus  tôt:  elle  GauUi. Mailla, 
s'étendoit,  dit-il,  de  l'Étoile  Yng  à  l'Étoile  Sin ,  qui  en  gft '•^^'^•^^^' 
éloignée  de  deux  degrés  ( c ). 

^79'  * 

En  la  première  année  de  la  lxxv.^  Olympiade  ,    au 
temps   de   la   bataille    de   Salamine  ,    on    vit   une   Comète 
de  l'efpèce  de  celles  qu'on  nomme  Ceratias,  parce  qu'elles 
imitent  la  figure  d'une  corne  ^:  on  dit  même  qu'elle  éclîpfa    ^  Pi'^n.  i  ri, 
ie  Soleil  \  c.xxv.n.'.^. 

■\r  /■  ^  ^  Fre'ret, AcaJ, 

vers    465.    "^  Infcr.  U  X. 

«  Les  Grecs,  dit  Pline,  rapportent  qu'Anaxagore  de  Clazo-     PUn.  h  II, 
mène,  en  la  féconde  année  de  la  lxxviii.''  Olympiade,  prédit,  «  ^^^^,'^^ * 

(c)    Sin  ert  le  cœur  du  Scorpion  ,   y  compris  les  ÉioUes  «r  &  t  qui  en 
Ibnt  voiiines  :  je  ne  trouve  Yn^,  ni  dans  le  P.  Gaubil,  ni  dans  le  P.  Noël. 


2j6  Histoire 

»  parla  grande  connoilîiince  qu'il  avoit  du  Ciel,  le  jour  auquel 

»  une  pierre  devoit  tomber  du  Soleil  :  le  fait  arriva  de  jour, 

»  près  d'Egos -potamos ,  ville  de  Thrace.  On  montre  encore 

»  cette  pierre  ;  fa  grandeur  eft  telle  ,  qu'elle  chargeroit  leule 

»  une  voiture  ;  fa  couleur  reflemble  à  celle  d'une  pierre  brûlée. 

li  parut  auffi  alors  une  Comète  durant  plufieurs  nuits.  »  Le 

témoignage  de  Pline,  au  fujet  de  la  prédidion  d'Anaxagore, 

D'wg/inAnax.  eft  confirmé  par  l'autorité  de  Diogène-Laërce  &  de  quelques 

V'^^'  autres  Anciens.  Anaxagore  avoit  même  prédit  la  chute  de 

*%/^.C^//.//,  plufieurs  pierres,   félon  Tzetzès  ^  &  Philoflrate  ^    Ariftote 

v.Sjfzfjuiv.  jj^  feulement  qu'un  vent  violent  fit  tomber  une  pierre  de 

^.  ji^  ^  1  au* ,   &  que  le  ion*  du  même  jour  li  parut  une  Comète    . 

^  Arifi.  Météor.  Selou  Plutarque ,  il  tomba  une  Étoile  de  pierre  en  forme  de 

l.l,c.vii.      fçLi  d^  J[  avoit  dit  immédiatement  auparavant,    qu'une   dts 

/. //  f.  jt-///.  opmions    dAnaxagore  etoit  que   les  htoiles  ne  lont  autre 

chofe  que  des  pierres  enlevées  de  la  Terre  par  l'impétuofité 

de  quelque  tourbillon  de- vent,  &  enfîammées    par  le  feu 

répandu  dans  l'éther.  «  Anaxagore  prévit  donc ,  c'efl  toujours 

Flut,inLyJ.^^  Plutarque  qui  parle,  mais  dans  un  autre  Ouvrage ,   que  les 

»  corps    célefîes  fe  heurîeroient  de  manière   qu'un  d'entr'eux 

«  tomberoit  du  Ciel.  Damachus  appuie  le  témoignage  d'Ana- 

»  xagore  ,    en   rapportant  ,    dans    iç:s   livres   De  la   Religion , 

n  qu'avant   la  chute    de    cette   pierre  ,    on  vit  dans   le  Ciel , 

«pendant  foixante- quinze  jours  confécutifs,   un  corps  d'une 

»  grandeur  extraordinaire,  femblabîe  à  une  nuée  embrafée:  if 

»  n'étoit  point  immobile  ;  il  paroKfoit  de  temps  en  temps  agité 

«  par  des  mouvemens  divers ,  de  manière  que  des  morceaux 

3>  enflammés  ,  fcparés  par  ces  différentes  fecoufîes ,  furent  dif^ 

'^  »  perfés  en  divers  lieux ,  &  parurent  traverfer  l'air ,  à  la  manière 

»  de  ces  Etoiles  qu'on  appelle  Etoiles  volantes.  La  crainte  des 

?j  habitans  du  lieu  étant  difiipée,  ils  approchèrent  &  ne  trouvèrent 

«  aucune  trace  de  feu  :  ils  virent  la  pierre  par  terre,  grande  il  efl 

»  vrai ,  mais  retenant  à  peine  quelque  marque  du  feu  qui  i'avoit 

»  pénétrée.  11  eil  clair  que  Damachus  compte  ici  beaucoup  fur 

»  la  crédulité  de  {es  leéleurs.  Si  cependant  fon  récit  eft  vrai, 

?»  il  contient  une  pleine  réfutation  dit  fentiment  de  ceux  qui 

prétendent 


DES     Comètes.  257 

prétendent  qu'un  ouragan  violent  avoit  détaché  cette  pierre  « 
du  iommet  de  quelque  montagne  ,  &c.  «  Je  crois  pouvoir 
conclure  de  ces  pallages  ,  que  vers  la  féconde  année  de  la 
Lxxviii.''  Olympiade,  laquelle  commence  en  Juillet  466, 
il  a  paru  une  Comète  ;  elle  peut  même  avoir  été  vue  durant 
foixanîe- quinze  jours,  leion  le  témoignage  de  Damachus: 
voilà  tout  ce  qui  peut  nous  intérefler.  dans  ce  fait.  Des 
termes  de  Damachus,  on  pourroit  conclure  que  dans  le, 
même  temps  il  a  paru  une  ou  plulieurs  Aurores  boréales. 
Quant  à  la  pierre ,  elle  n'eft  certainement  pas  tombée  du  Soleil 
îii  du  Ciel;  le  vent,  ou  un  tremblement  de  terre,  l'aura 
détachée  de  quelque  montagne  voifme  :  la  peur  défigure 
fou  vent  les  iûis  les  plus   fmiples.    Pour  ce  qui  regarde  la  . 

prédiétion  d'Anaxagore,  Philolkate  dit  expreilément  que  ce  Fhii.  hco  cùaw, 
Philolophe  ayolt  annoncé  qu'il  viendroit  une  nuit  fubiîe  en 
plein  jour  ;  il  pouvoit  donc  avoir  prédit. ou  voulu  prédire 
une  éclipie  de  Soleil.  Mais  ibit  qu'il  le  déhâî  de  fa  prédiction, 
îoit  qu'il  voulût  faire  le  myltérieux  ,  il  avoit  enveloppé  fou 
annonce  dans  àes  termes  oolcurs  .&  relatifs  à  fon  lyftème 
phyhque,  leion  lequel  tous  \qs  Aftres  étoient  autant  de  pierres. 
Il  a  donc  pu  dire  que  les  pierres  le  heurteroient  dans  le  Ciel, 
que  l'une  céderoit  à  l'autre,  qu'il  en  réiulteroit  un  effet  lur- 
prenant,  &c.  On  vit  une  pierre  que  l'on  crut  defeendue  du 
Ciel;  on  ne  douta  point  que  ce  ne  fiit-là  l'effet  annoncé  par 
Anaxagore  :   chacun  habilla  cette  hifloirc  &  cette  prophétie 
à  la  manière.  Si  cette  explication,  qui  efl;  allez  conforme  à 
celle  de  Struyck,   ell  vraie,   &  que  la  Comète  ait  accom-  St-yck,Tp'^(}, 
pagné  l'écliple  de  Soieil  ,  il  faut  rapporter  ion  apparition  à   -^ZauU^cf' 
ï-àn^6z  ,  ou  à  la  première  année  de  la  lxxix.*^  Olyn.piade. 
Il  y  eut  réellement  le  30  Avril  de  cette  année  une  éclipie 
de   Soleil  ;    Struyck  a  calculé    qu'à  Athènes  ,    vers   quatre  Siryyck,  ihid> 
heures   trois   quarts  du  foir  ,   i'éclipfe  fut  totale,    &   que  la 
durée  de  la  totalité  fut  de  2.  minutes  :^  i  fécondes.  Pofidonius, 
durant  une  éclipie  totale  de  Soleil  ,    vit  une  Comète  que 
l'éclat   du  Soleil  cachoit  auparavant  ^  Siruyck^  croit  qu'on  ^^"^x,' 
pourrofi  appliquer  ceci  à  la  Comète  de  4-62  :   cela   peut    hStru^^xk^ihU, 
Tome  L  K  k 


e.  V 


258  Histoire 

tti  e  ;  mais  û  c'efl  en  cette  même  année  que  îa  prédi^lîoiî 
d'Anaxagore  a  eu  Ion  effet,  il  faut  reconnoître  que  ia  Comète 
fe  fera  enluite  écartée  du  Soleil ,  &  aura  été  vue  plufieurs 
nuits. 

C'ell  fans  doute  de  cette  même  Comète  qu'il  faut  entendre 
Senec.  !,  VU.  qq  qye  diloit  Charimandre  dans  fon  Livre  des  Comètes  , 
qu'Anaxagore  avoit  vu  dans  ie  Ciei  une  lumière  extraor- 
dinaire, de  la  grandeur  d'une  poutre,  phénomène  qui  avoiî 
duré  plufieurs  jours. 

432.   * 

En  la  quarante-cinquième  année  du  trente-huitième  cycle, 
Couplet,     on  vit  une  Clomète  à  la  Chine.    Tous  les  Cométographes 
modernes  marquent  l'apparition  d'une  Comète  vers  le  com- 
mencement de  la  guerre   du   Péloponèfe  ,    qui   commença 
certainement   en   430,    au    printemps.    Quelques-uns    lui 
Crtr.  Eher.  donnent  foixante- quinze  jours  de  durée,  &  la  confondent 
'^*    '"''        manifeftement   avec    la    précédente  ;    d'autres    bornent   ion 
Chron,  Car.  apparition  à  foixante  jours  :  je  n'ai  trouvé  aucun  ancien  Auteur 
Zah'n    "^     ^"^  ^'^  ^^^  mention.  Riccioli  cite  cependant  Thucydide ,  qui 
n'en  parle  pas,  &:  Plutarque,  qui  ne  parle  que  de  la  Comète 
Fiut,  in  Lvf,    précédente.  Il  efl  vrai  que,  félon  Plutarque ,  plufieurs  croyoienî 
que  la  chute  de  la  pierre,  annoncée  par  Anaxagore,  avoit  été 
ie  préfage  de  la  déroute  eîiîière  des  Athéniens.    Mais  cette 
défaite  des  Athéniens,  eft  poftérieure  de  plus  de  vingt-lepî 
ans  au  commencement  de  la  guerre  du  Péloponèfe,  à  laquelle 
au  contraire  elle  mit  fin  ;  Anaxagore  ne  vivoit  plus  alors,  & 
Pline  fixe  l'année  de  la  prédiétion,   qui  fans  doute  ne  tarda 
pas  plus  de  foixante  ans  à  s'accomplir.  Ceux  dont  parle  Plu- 
tarque fe  trompoient  donc  dans  leur  chronologie  ,    &  leur 
autorité  ne  peut  fervir  de  fondement  aux  Cométographes 
modernes.  Il  eft  cependant  vrai  qu'en  432,  un  ou  deux  ans 
avant  la  guerre  du  Péloponèfe  ,    on  a  pu  voir  une  Comète 
en  Grèce ,  puifqu'on  en  a  vu  une  à  la  Chine  ;  mais  la  réalité 
de  fon  apparition  ne  peut  être -appuyée  que  fur  le  témoignage 
du  P.  Couplet  :  il  feroit  à  fouhaiter  que  ce  témoignage  fût 


DES     Comètes.  259 

fécondé  Je  i'autorité  du  P.  Gaiibii.  Le  P.  de  Mailla  (u  II, 
p.  24-^)  en  parle;  mais  il  la  rapporte  à  l'an  433» 

42e  *    ou   402. 

Eucféès  ,  fils  de  Moîon  ,  étant  Archonte  à  Athènes ,  on 
vit  ,  vers  le  folflice  d'hiver  ,  une  Comète  près  du  pôle 
arélique.  Il  y  a  eu  deux  Eucléès  ou  Euclidès  ,  Archontes  à  Arîjl.l.l.c.vh 
Athènes  ,  [\m  en  426,  l'autre  en  402  ;  mais  je  ne  trouve 
rien  qui  piiiiîe  me  faire  diftinguer  celui  qui  étoit  fis  de 
Molon.  Struvck  détermine  l'apparition  de  la  Comète  à  l'an 
428  ,  &  il  penle  que  c'efl  un  retour  de  la  Comète  d'HalIey; 
mais  cette  Comète  d'Halley  ne  peut,  ni  ne  pouvoit  alors, 
paroître  au  milieu  de  l'hiver  au  voiimage  du  pôle  arclique. 
Zahn,  d'après  d'autres  Cométographes  modernes,  fixe  l'appa- 
rition de  cette  Comète  à  i'an  412. 

En  l'an  400  ,  fous  le  règne  d' Archélaûs ,  roi  de  Mûcédoïne , 
on  vit  une  Comète ,  difent  Lubienietzki  &  d'autres  Cométo- 
graphes modernes  :  ils  fe  fondent  fur  l'autorité  de  Sénèque , 
qui  n'a  point  parlé  d'Archélaiis,  roi  de  Macédoine  ,  mais 
d'Attalus  régnant  en  Afie. 

371.  "^ 

«  En  ia  première  année  de  la  cii.^  Olympiade ,  AlcîHhènes 
étant  Archonte  à  Athènes  ,   piufieurs   prodiges  annoiicèrent  « 
aux  Lacédémoniens  leur  humiliation  prochaine  :  un  flambeau  « 
ardent ,  d'une  grandeur  extraordinaire ,  auquel  on  donna  le  c« 
nom  de  poutre  enflammée,   parut  durant  piufieurs   nuits."    /)w,  sic. 
Ce  paffage  de  Diodore  de  Sicile,   fembie  conllater  l'année  ^'^' ^V* 
de  l'apparition  de  la  Comète.  La  première  année  de  la  cii.^ 
Olympiade  commence  au  mois  de  Juillet  371  ;  la  Comète, 
comme  nous  le  verrons  bientôt,  parut  en  hiver  :  il  fembie 
donc  qu'il  faut  la  rapporter  à  la  fln  de  371  ,    ou  au  com- 
mencement de  370:  ceci  n'efl:  cependant  pas  lans  difficulté. 
'Les  autres  Anciens  qui  ont  parlé  de  cette  Comète,  nomment 
i' Archonte  Ariltée  (Arifiœus) ,  &  je  n'en  trouve  pas  de  ce 

K  k  ij 


26o  Histoire 

nom  dans  la  fuite  des  Archonlesd' Athènes.  En  la  quatrième 
année  de  la  ci.^  Olympiade,  l'Archonte  (è  nommoit  Aftius 
ou  Afteus  ;  l'Archonte  de  l'année  fuivante  fut  Arifthènes 
ou  Aicillhènes  :  or  ,  il  y  a  quelque  fondement  de  douter 
lequel  àQs  deux  occupoit  la  fouveraine.magidrature,  lorfque 
la  Comète  fut  obfervée.  Vers  le  temps  de  fon  apparition. 
Hélice  &  Bura,  villes  de  fAchaïe,  furent  englouties  par  \çs 
eaux  de  la  mer  ;  &  les  Lacédémoniens ,  comme  le  dit  Dîo- 
dore,  perdirent  l'empire  de  la  Grèce  qu'ils  poffédoient  depuis 
cinq  cents  ans.  Sénèque  parle  de  la  Comète,  comme  ayant 
précédé  la  ruine  d'Hélice  &  de  Bura,  &  fonde  cette  alfertion 
Senec.LVlI,  fur  f autorité  de  Callifthènes  :  or,  félon  Diodore,  ces  deux 

c,v  er  XVI.  yiiiQ^  périrent  pendant  la  magiftrature  d'Afleus.  Mais  Sénèque 
écrivoit  quatre  cents  trente -cinq  ans  après  ce  défaftre  ,  & 
nous  n'avons  point  le  patfage  original  de  Caliifthènes  ,  qui 
peut-être  ne  difoit  pas  expreflement  que  la  Comète  eût 
précédé  la  lubmerfion  à^s  deux  villes.  Paufanias  donne  à 
entendre  que  ce  îrifte  événement  fut  précédé  par  l'appari- 
Paujan.  Ad.  tion   d'Artres  inconnus   jufqu'alors  ;    mais  il  ne  le  dit   pas 

cTx'xiv.  '  clairement.  Il  efl;  d'ailleurs  très-polfible  que  dans  un  temps, 
où  Ton  étoit  perfuadé  que  les  tremblemens  de  terre  étoient 
àQs  effets  naturels  de  l'apparition  d^s  Comètes ,  on  ait  attribué 
celui  qui  renverfa  Hélice  &:  Bura ,  à  une  Comète  qui  ne 
parut  cependant  que  lept  ou  huit  mois  après.  Pline  lie  l'ap- 
parition de  cette  Poutre  à  la  perte  que  firent  les  Lacédémoniens 
*  Fan.  l  II,  de  l'empire  de  la  Grèce  ^  Ariflote  ,   auteur  contem.porain, 

b  ^■^^if        dit  llmplement  ^  qu'elle  parut  vers  le  temps  du  tremblement 

îibll,'c,vi,  '  de  terre  &.  de  firiondation.  Le  nom  d'Ariflée,  qu'il  donne 

à  l'Archonte  ,    paroît   plus   analogue  au   nom   d'Ariflhènes 

qu'à  celui  d'Allée.  Je  penfe  donc  qu'on  peut  s'en  tenir  à  la 

date  que  Diodore  donne  à  l'apparition  de  la  Comète. 

Ariflote   décrit  aflez  au  long  les  circonftances  de  cette 

îiij,       apparition.  Après   avoir   dit  que   la  Comète    commença  à 

paroitre  vers  le  couchant   des   Equinoxes  ,    il  la   quite  un 

inflaiit  pour  y    revenir   quelques   lignes    après.    «  Lorlque 

»  Ariilée,  dit -il,  exerçoit  ia  fuprême  magiflrature  à  Athèaesij, 


DES    Comètes,  261 

au  pins  fort  de  l'hiver,  on  vit  paroître  le  foir,  par  un  Ciel 
fereiii,  cet  Aftre  prodigieux  dont  j'ai  déjà  parlé.  Le  premier 
jour  on  ne  le  vit  point;  il  fe  coucha  avant  le  Soleil  f^J'  On 
l'aperçut  le  fécond  jour  ,  le  Soleil  l'ayant  laiiïe  derrière  lui  , 
quoiqu'à  une  très-petite  diilance;  il  fe  coucha  auditôt  après 
le  Soleil.  Mais  fa  lumière  (  c'eft-à-dire  fa  queue  ) ,  s'étendit  « 
comme  une  elpèce  d*aliée  d'arbres  julqu'au  tiers  du  Ciel,  ce  « 
qui  lui  fit  donner  le  nom  de  route  :  il  monta  jufqu'à  la  ceinture  « 
d'Orion,  où  il  s'évanouiti  » 

Il  fuit  de-là  que  le  cours  apparent  de  cette  Comète  étoit 
dire<5l ,  ou  d'occident  en  orient  ;  mais  fon  mouvement  réel 
étoit  probablement  rétrograde.  Puilqu'au  commencement  de 
fon  apparition,  le  Soleil  étoit  au  figne  du  Capricorne,  & 
que  la  Comète,  voihne  du  Soleil,  paroiiïbit  vers  le  couchant 
Âqs  Equinoxes ,  &  fe  couchoit  peu  après  le  Soleil;  fa  lon- 
gitude devoit  être  d'abord  moindre  que  celle  du  Soleil ,  &: 
fâ  latitude  boréale  ne  pouvoit  être  moindre  que  de  2,0  degrés. 
La  Comète  ayant  dil]3aru  vers  la  ceinture  d'Orion,  fa  lati- 
tude devoit  être  alors  de  2,0  à  25  degrés  vers  le  fud  :  elle 
avoit  donc  paffé  par  fon  nœud  defcendant  durant  le  temps 
de  fon  apparition  ;  &  comme  fon  mouvement  fut  d'abord 
très  -  précipité  ,  &  qu'il  y  a  lieu  de  croire  qu'elle  étoit  alors 
affez  voifme  de  la  Terre,  on  peut  conjeéiurer  avec  quelque 
fondement ,  qu'elle  paffa  par  fon  nœud  defcendant  peu  de 
jours  après  fon  apparition  &  fa  conjondion  avec  le  Soleil  :  fou 
nœud  defcendant  étoit  donc  probablement  dans  i'Ecrevifîe 


^d)  Je  traduis  fidèlement.  Quel 
peut  être  le  fens  d'Ariilote  S  Veut -il 
dire  que  le  premier  jour  on  ne  vit 
que  la  queue  de  la  Comète,  &  que 
fa  tête  s'étoit  couchée  avant  le  Soleil  ! 
Mais  cela  n'ell  pas  poffible  ;  fi  la  tête 
étoit  couchée  avant  le  Soleil  ,  la 
queue ,  toujours  oppofée  au  Soleil , 
devoit  être  toute  entière  fous  l'ho- 
rizon, le  fens  elt-il  que  la  Comète 
ne  parut  que  le  fécond  jour  de  l'hiver  ! 
JVIais  comment  Ariiloîe;  qui  j'egardoit 


les  Comètes  comme  des  météores  for- 
tuitement formés  ,  a-t-il  pu  dire  que 
la  Comète  exiftoît  le  premier  jour  de 
l'hiver  ,  &  qu'elle  s'étoit  couchée 
avant  le  Soleil  I  Le  premier  jour  on 
aura  pu  ne  voir  que  la  queue  dans 
un  fort  crépufcule  ;  Ariilote  aura  cru 
que  ie  Soleil  n'étoit  pas  encore  couché. 
Peut-être  auffi  l'éclat  de  la  Comète 
le  deuxième  jour,  aura  perfuadé  à 
Ariilote  qu'elle  exifloit  dès  le  pre- 
mier |our« 


262  Histoire 

ou  dans  le  Lion.  L'éclat  &  la  longueur  de  fa  queue,  peuvent 
faire  juger  que  ioriqu'elle  commença  à  paroîue  ,  elle  n'éioit  p^s 
fort  éloignée  de  fon  périhélie  ;  je  me  perfuade  même  qu'elle 
l'avoit  déjà  padé:  autrement,  elle  n'auroil  pu  s'éloigner  du  Soleil 
autant  qu'il  paroît  qu'elle  i^n  éloiî  éloignée  ,  lorfqu'Ariflote 
i'obierva  près  de  la  ceinture  d'Orion.  Je  crois  donc  que  fou 
périhélie  pouvoit  être  dans  la  Balance  ou  dans  la  Vierge  :  (a 
moindre  diilance  au  Soleil  a  dû  être  beaucoup  moindre  que 
celle  du  Soleil  à  la  Terre.  Je  Jie  puis  rien  décider  fur  l'in- 
clinaifon  de  (on  orbite  :  en  conlidérant  cependant  la  gra  de 
latitude  qu'elle  eut  vers  la  fin  de  ion  apparition  ,  je  me  crois 
fondé  à  conjecT:urer  que  cette  inclinaifon  devcit  excéder 
30  degrés.  Tels  font  les  caraélères  auxquels  on  pourra  dif- 
îinguer  cette  Comète  entre  celles  dont  l'orbite  eil  déjà 
calculée,  ou  le  fera  dans  la  fuite.  Entre  les  orbites  calculées, 
je  n'en  vois  aucune  qui  puiiïe  s'adapter  à   la  Comète  pré- 

Strvych.iy^o,  {qx\\q,  Struyck  avoit  jugé  d'abord  qu'elle  ne  différoit  pas  de 
'  la  Comète  de  1664  ,  à  laquelle  il  afîignoit  une  révolution 
périodique  de  deux  cents  quatre  ans  ou  environ  ;  mais  ce 
favant  Profelfeur  étoit  trop  éclairé,  pour  tarder  à  s'apercevoir 
de  l'incompatibilité  Aqs  élémens  de  ces  deux  Comètes.  Dans 
à(^s  papiers  manufcrits  qu'il  me  communiqua  en  1759,  ii 
ne  reconnoiiloît  plus  aucune  analogie  entre  ces  deux  Comètes; 
il  mettoit  celle  de  1664  au  nombre  de  celles  dont  la  révo- 
lution périodique  efl  encore  inconnue. 
Semî.lVU,       Éphore ,  hiîlorien  Grec,  rapportoit,  félon  Sénèque,  que 

^' ^^^'  la  Comète  de  371  s'étoit  diviiée  en  deux  Etoiles,   vers  la 

fin  de  fon  apparition.  Comme  il  efl  le  feul  garant  de  ce 
fait ,  Sénèque  ne  croit  pas  que  fa  feule  autorité  fuffife  pour 
ie  conflater  ;  il  l'accufe  même  de  tromper  fouvent  &:  d'être 
fouvent  trompé.  Ariftoîe  ,  immédiatement  après  les  paroles 
que  j'ai  citées  de  lui ,  dit  que  Déniocrite  prétend  appuyer 
fon  opiîûon ,  fur  la  lormation  Aq?>  Comètes  par  le  concours 
de  plufieurs  Etoiles,  fur  ce  qu'on  avoit  vu  ,  félon  lui,  des 
Étoiles  paroître  après  la  di(îolution  à^s  Comètes,  Si  le  fait 
rapporté  par  Ephore  étoit  vrai  ,  les  difcipies  de  Démocrite 


DES    Comètes.  263 

ri'auroîent  pas  manqué  de  s'en  prévaloir  ;  Ariflote  aiiroit 
pareillement  fait  mention  de  cette  preuve  ,  &  l'auroit  fans 
doute  réfutée  :  fon  filence  me  paroît  juililier  le  doute  de 
Sénèque  fur  la  véracité  d'Ephore. 

.  Vers  370  ,  ou  comme  Struyck  le  dit  ailleurs,  entre  370  Smiyd. 
&  321  ,  Ariilole  vit  une  Etoile  de  la  conftellation  du 
Chien  ,  environnée  d'une  chevelure.  Ceux  qui  jetoient  la 
vue  lur  cette  Etoile  voyoient  fa  lumière  plus  terne  ;  ceux 
qui  la  fixoient  attentivement  lui  trouvoient  plus  d'éciat. 
btruyck  croit  que  cette  Etoile  n'étoit  autre  chofe  qu'une 
Comète  qui  commençoit  à  s'éloigner  de  nous  :  cette  penfée 
me  paroît  d'autant  plus  probable  ,  qu'il  eft  certain  d'ailleurs 
qu'Ariflotenes'adonnoit  pas  afTezài'Aftronomie  pour  connoître 
toutes  ]qs  Etoiles  fixes  du  Ciel.  Mais  s'il  efl  vraifemblable 
que  cette  Etoile  fût  une  vraie  Comète,  il  nous  efl:  impoflible 
de  fixer  avec  précifion  le  temps  de  fon  apparition. 


3 


6 


0. 


En  la  huitième   année    de  l'empire  êiHien-ouûng ,  qui 
commença  de  régner  en  Chine  la  cinquantième  année  du 
trente- quatrième   cycle,   on  vit  une  Comète  à  l'occident '\    ^  Syn.  Chon, 
Cette  Comète  eft  apparemment  la  même  que  Kasmpfer^  dit  Couplet. Mailla. 
avoir  paru  à  la  Chine  &  au  Japon  fous  le  règne  de  Koaji.  l  J^'^r  ,'^',t 
qui  gouverna,  dit-on,  1  empire  du  Japon  depuis  lan  30^ 
jufqu'à  l'an  2cjo.  Le  P.  de  Mailla  accélère  d'un  an  l'appa- 
rition de  cette  Comète. 

345-  * 

La  chevelure  d'une  Comète,  en  changeant  de  forme,  a 
pris  une  fois  la  figure  d'une  pique,  l'an  de  Rome  408  ,  en 
îa  cviii.^  Olympiade.  On  lit  dans  les  anciennes  éditions  de  ^JZ'J^'  ^^' 
Pline,  que  ce  phénomène  arriva  l'an  de  Rome  35)8  ;  mais 
l'an  3^8  de  la  fondation  de  Rome,  ne  concourt  pas  avec 
la  cviii.*^  Olympiade.  Le  P.  Hardouin  a  cru  qu'au  lieu 
de  ccccviii ,  leçon  à^s  anciens  manulcrits ,  quelque  Copifte 
moderne,  inférant  par  mégardeune  x,  aura  écrit  cccxcviii. 


C,  XXV* 


264  Histoire 

Si  l'on  ii'aJmet  pas  cette  corredion  ,  ii  faudra  rapporter  l'ap- 
parition de  la  Comète  à  l'an  355,  comme  ont  lait  tous  \^s 
Cométographes ,  &  même  Struyck  ;  mais  alors  elle  aura 
.  paru  dans  la  cv.^  Olympiade.  11  y  en  a  qui  dans  Pline  ont 
lu  mha  au  lieu  dQ  juba  ;  ils  ont  dit  en  confèquence  que  la 
Comète  avoit  paru  d'abord  (bus  la  forme  d'une  trompette. 

344. 

Eubulus  étant  Archonte  à  Athènes ,  en  la  quatrième  année 
de  la  cviii.^  Olympiade,  fous  le  confidat  de  M,  Fabius  & 
de  Ser.  Sulpicius  ,   Timoléon  de  Corinthe  partit  pour  une 
expédition   en  Sicile,  lues  Dieux ,    par  un  prodige   extraor- 
dinaire, annoncèrent   Çqs  fuccès   &  la  grandeur  future:   un 
flambeau  ardent  parut  dans  le  Ciel  durant  toute  la  nuit  ,  8c 
Diod,  Sic,    précéda  la  flotte  de  Timoléon  jufqu'à  ion  arrivée  en  Sicile. 
Ub.  XVI.        Plutarque  rapporte  le  même  fait,  &  y  joint  des  circonilances 
Plut,  in  Timoi  bien  plus  merveiileufes.  11  efl  facile  de  juger  que  la  Comète 
paroiifoit  vers  l'occident,  &  que  fa  déclinaifon  boréale  étoit 
aiîèz  confidérable. 

340.   * 

Niconiaque  exerçant  la  fouveraine  mao-iilrature  à  Athènes, 

on  vit  une  Comète  vers  le  cercle  Equinoxial  :  elle  ne  paroiiicit 

Arif.  Meie'or,  p^^   |g   f^jj-  .   ç^  clurée  ne  fut  que   de   peu   de  jours.    Dts 

Modernes  ont  ajouté  que  cette  Comète  étoïî  dans  le  fgne  du 

Hév.  Rock.      l^'ion. 

En  356  &  3  3^'  cejl-ci-dïre  au  ccnvv.enczment  de  la  vie 
&  du  règne  d'Alexandre ,  il  parut  deux  Comètes;  elles  durèrent 
Luh,Ricc,  ire,  l'une  &  l autre  joixanîe-dix  jours ,  au  rapport  de  Jujlïn.  J'ai 
lu  tout  ce^que  Juftin  dit  d'Alexandre;  il  dit  que  la  naillance 
fut  précédée  &  accompagnée  de  plulieurs  prodiges  :  ii  ne  parle 
en  particulier  d'aucune  Comète.  Mais  à^i  Cométographes 
Aftrologues  ont  penlé  que  la  nailîance  ,  que  le  commen- 
cement du  règne  d'un  conquérant  tel  qu'Alexandre,  avoient 
dû  néceifairement  être  annoncés  par  l'apparition  de  quelque 
Comète  éclatante  &  de  longue  durée. 

3  ^4-  '^ 


DES    Comètes.       '        265 


304.  * 


En  l'année  clnqnante-troifième  du  quarantième  cycle,  une 

Comète  fut  vue  à  la  Chine.  Coup!.  MaîUd^ 

t,  II,  p.  j  o  <r, 
302.  * 

ïi  en  parut  une  autre  en  la  cinquante -cinquième  année 
Ju  même  cycle.  Ces  deux  Comètes  parurent  un  an  plus  tôt,     j^^i^^ 
félon  le  P.  de  Mailla. 


2, 


39' 


En  ia  fèptième  année  de  Tfni-chi-hoang  ( e),  on  obfèrva 
en  Chine  à^s  Comètes  à  f eft  &  au  nord.  A  ia  cinquième 
Lune  (  vers  la  fm  de  Juin  )  on  en  vit  une  à  l'ouefl.  Gaulle 

En  l'an  220,   une  Comète  brilla  dans  h  Bélier  fendant 
vingt-deux  jours ,  avant  la  mort  de  Scleucus ,  auquel  Antïochus 
Juccéda.  Je  ne   relève   pas   les   fautes    de    chronologie   qui     //^v/.  Uth 
aiïaifonnent  fouvent  ces  annonces  de  Comètes.  ■'^^^'  ^^-f* 

216.  On  vit  un  bouclier  dans  le  Ciel ,  fous  ie  confulat 
de  Cn.  Servilius   Geminus  &  de  C.  Quintius  Flaminius.  oifequ,  Supp?^ 
On  ajoute  qu'à  Prénefte  des  lampes  ardentes  parurent  tomber 
du  Ciel ,  ce  qui  défigneroit  plutôt  une  aurore  boréale  qu'une 
ou  plufieurs  Comètes. 

213.  En  la  trente -troifième  année  de  Tfm-chi-hoangj 
une  brillante  Étoile  parut  à  l'oued  :  des  Auteurs ,  pollérieurs 
de  plufieurs  fiècles  à  fon  apparition  ,  lui  ont  donné  le  nom 
de  Comète.  Le  P.  de  Mailla  la  tient  pour  Comète,  &  ia  date     Gauh?, 

de  214.  Mailla,  t,  11,^ 

203.    *  P'SPJ^J 

M.  Cornélius  Cethegus  Sl  P.  Sempronius  Tuditanus  étant 
Conluls,  on  \ii  ^  Sezze ^  Setlii^J  un  flambeau  qui  s'étendoit 
de  l'oripnt  vers  l'occident.  Ce  phénomène   pou  voit  ne  pas   ohjequ.  Suppî^ 
différer  de  la  Comète  qui  fut  réellement  obfervée  en  Chine,  ^^''•Dàad,  ^^^ 

(e)  Selon  la  chronologis  du  P.  de  Mailla,  la  fèptième  année  de  Tfijî- 
chi-hoang-ti  concourt  avec  l'an  i^o  avant  l'ère  Chrétienne. 

Tome  L  L 1 


2.66  Histoire 

Cmiîi  Maîr.a.  Y^lz  ^ Arâurus  (f),   à  la  feptième  Lune  ou  vers  ia  fin 
t^ii,P>^73'   a' Août. 

2  0  2.  *   Sous  le  coiifulat  de  Cn.  Serviiius  Cspio  &  de 
Cn.  Serviiius  Geminus ,  on  vit  un  flambeau  ardent  dans  le 
Difetiu.  Suppi.  Ciel.  Struyckpenfe  que  ce  flambeau  pourroit  être  la  Comète 
d'Halley. 
Luh.  Echfl,        En  2  o  G  ,  Comète  dans  î'EcreviJfe. 

En  1^6 ,  on  vit  deux  Comètes  ,  l'une  durant  peu  de  jours 
dans  le  Capricorne ,  l'autre  deux  ans,  ou  deux  mois,  ou  deux 
^  Heu.  Rock.  JQiirs  après  dans  l'EcrevïJfe  :  celle-ci  dura  dix-neuf  jours  ^ 
> Rock  En   1^4.,  Aîithridate  naquit;  on  vit  une  Comète ,    &.c.  ^» 

La  date  efl  faufîe;  Mithridate  ne  naquit  que  vers  \-^6. 

L'an    183,    horrible    Comète   pendant   quatre-vingt-huit 

jours  ;  elle  occupoit  prefque  le  quart  du  Ciel  :  plus  éclatante 

qu  le  Soleil ,  on  la  vit  de  jour  dans  les  Poïjfons  ;  elle  employait 

'Lui),  Hévél.  Jept  ou  huit  heures  à  fe  lever  ou  à  je  coucher.  Voilà  en  vérité 

'Rock.  Zahn,     ^j-^^  belie  Comète;  c'ed  bien  dommage  que  fon  apparition 

foit  fi  peu  conllatée. 

176.   C.  Claudius  &  L.  Pétellus  étant  Confuls  ,    on  vît 
Oij'eqa, Suppi.  un  flambeau  dans  le  Ciel,  h^s  Confuls  de  l'an  iy6  furent 
C.  Claudius  &  T.  Sempronius.  Y  eut-il  un  Confui  fubrogé! 
on  ne  le  voit  pas  dans  Tite-Live. 
'Lui).  Hévél       1 74.   Comète  dans  le  Bélier  pendant  trente  -  deux  nuits. 

'Rock.  Zahn.  /  ^  ^ 

% 

En  la  fixième  année  du  quarante- troifième  cycle j  on  vit 
Couplet,     une  Comète  à  la  Chine.  Le  P.  de  Mailla   dit  qu'elle  parut 
'Mailla, î, 11,  en  172  à  la  fln  de  l'été,  &  qu'elle  étoit  grande  ôc  à  queue, 

168.   Sous   le   confulat  de  Sp.  Pojlhumius  Albinus  &  ds 
Q_u,   Adacius   Scevola  ,    une  Comète  brilla  durant  cinquante- 
I^ock,      cinq  femaines.   Hévélius  remarque  que   ces    Confuls    appar- 
tiennent  à   l'an    172.    Lubienietzki    veut    qu'on    iifè    cinq 

(f)  Le  P.  de  Majila ,  qui  anticipe  d'un  an  l'apparition  de  cette  Comète, 
dit  qu'elle  parut  à  i'ÉtoHe  Tn-kïo,  que  nous  appelons  Y  Epi  de  la  Vierge; 
cela  n'eftpas  exad  ;  l'Étoile  Ta-kio  eft  certainement  ^î-c^i/r/;^,  Noël,  p.  83. 


DES    Comètes.  ±6j 

iemaines  au   lieu   de   cinquante  -  cinq  :    ces   correéllons  ne 
procurent  pas  plus  d'authenticité  à  ia  Comète. 

I  68.  *  On  vit  à  Agiianie  un  flambeau  dans  le  Ciel ,  fous 
îe  confulat  de  Qu.  Martius  Philippus  (Se  de  Q.  Serviiius 
Caepio.  Ol'fetju.  Supph 

1(56.  *   Sous   le    confuiat    de   Q.  Émiiius  Petus   &:   de  ixL?n'c,iu\ 
M.  Juiius ,  à  Lavinia  (  ou  Lavinium  ) ,  un  flambeau  ardent 
parut  dans  le  Ciel.  .>  Obje^u» 

i6<y.   M.    Marcelfus    &    P.    Suipicius    étant   Confuls  ,    à    ' 
ïndovina    (  ou  Lanuvium  )  ,    on  vit  un  flambeau    dans   le 
Ciel.  A  Cafliuie  on  vit  le  Soleil  durant  queiques  heures  de 
la  nuit.  Ce  pouvoit  être  une  Comète  fort  éclatante,    qui"     lUd^ 
efli'aya  ies  ignorans  :  la  frayeur  grolîît  toujours  ies  objets. 

i66  ou  165.  Le  ^  de  Septembre,  on  vît  une  Comète ,  à 
laquelle  on  donna  le  nom  de  bouc ,  &  il  y  eut  une  écîipfe  de 
Lune.  L'éclipfe  appartient  à  l'an  167.  Quant  à  ia  Comète,  Lui,  Hêvél,. 
nos  Cométographes  fondent  fa  réalité  llir  l'autorité  de  Sénèque.  ^°^^' 
En  confëquence  de  cette  citation  ,  j'ai  relu  tout  le  fèptième 
livre  ài^s  Queflions  naturelles  -  de  ce  Philofophe  ;  je  n'y  ai 
pas  trouvé  un  mot  qui  puilie  appuyer  l'apparition  de  cette 
Comète  bouc, 

1 62.  T.  Gracchus  &  M.  Inventius  étant  Confuls  ,  on 
vit  de  nuit  le  Soleil  à  Capoue  :  à  Pifaure,  on  vit  pendant  la 
nuit  une  elpèce  de  Soleil.  Ohjeqia 

156. 

Sous  l'empire  de  Ven-ti ,  fèptième  année  He'ou ,  neuvième 
Lune  ,  ou  vers  la  fin  d'Oélobre ,  on  vit  en  Chine  ,  vers 
i'ouefl: ,  une  Comète  longue  de  i  o  degrés  :  t\\^  parut  durant 
vingt-un  jours  ;  elle  regardoit  les  conilellations  tiïu  &  Goey.  Gaulùi  Malïïa^ 
Ces  confleilations  Chinoifes  contiennent  les  épaules  du  ^-i^'V-S^^t 
Verfeau ,  le  petit  Cheval  ,  la  bouche  &  le  cou  de  Pégafe, 
Le  P.  de  Mailla  date  cette  Comète  de  i  57. 

155,    154»    153-  * 

«  A  ia  douzième   Lune  de  l'an   155    (en  Janvier  ou 

Ll  II 


268  Histoire 

«  Février  ) ,  ii  parut  une  Comète  vers  le  fud-ouefl .  ,  .  ,  Dans 
«  la  huitième  Lune  {  vers  le  mois  de  Septembre  ) ,  une  autre 

«  Comète  parut  au  nord-eft A  la  première  Lune  du 

»  printemps  (  vers  Février  i  54)  ,  parut  une  Comète  du  côté 

■Mailla,  hU.  de  l'occident.  "    L'ordre  que   fuit  le  P.  de  Mailla  ,   &  Tes 

l' S  S'J7''  exprelTions  même  ,   paroiifent  prouver  que  la  première  de 

ces  trois  Comètes   a  réellement   été   obiervée  la  première» 

Mais  comme  le  P.  de  Mailla  anticipe  d'un  an  fur  \qs  autres 

Annaliftes  Chinois  les  évènemens  qui  ont  précédé  notre  ère 

vulgaire ,   ces  Comètes  pourroient  bien  n'avoir  paru  qu'en 

Janvier  &  Septembre  154,  &  en  Février  ou  Mars  153:  & 

en  effet,  le  P.  Couplet  ne  fait  paroître  la  dernière  qu'en  la 

vingt-quatrième  année  du  quarante-troifième  cycle  ^   &  paF 

confëquent  en  153.  Elle  parut  pendant  neuf  jours  dans  le 

Taureau,  en  154  ou  en   153,  difent  nos  Cométographe? 

Tui.  Hévél,  modernes:  mais  où  ont-ils  puifé  ces  circonftances ! 

^JRoch,  Zahn, 

14^» 

Eli  Chhie ,   à  la  quatrième  Lune  ,   il  parut  une  Comète 
'Maillait,  lî,  jy  ç^j^  jy  YLOxà  '.  il  efl  poffible  qu'elle  n'ait  paru  qu'en  147^ 
^  ^'  Le  P.  de  Mailla  ajoute  qu'il  y  eut  une  éclipfe  de  Soleil  à  la 

neuvième  Lune  :  la  neuvième  Lune  commençolt  en  148  j, 
le  3  ou  le  4  d'Oélobre  ,  &  il  n'y  eut  certainement  pas 
d'éclipfe  à  cette  nouvelle  Lune.  En  147  ii  n'y  en  eut  pas 
3ion  plus  le  2  I  ou  22  Oèlobre  ,  premier  jour  de  la  neu- 
vième Lune  ;  mais  il  y  en  eut  une  le  20  Novembre  à  la 
dixième  Lune ,  ou  au  trentième  jour  de  la  neuvième  Luiie. 

147. 

A  la  neuvième  Lune ,  il  parut  en  Chine  une  Comète  an 
êid,p,jSS.  nord-oueft.  Le  P.  de  Mailla  ajoute  que  le  trentième  de 
cette  même  Lune  il  y  eut  une  écliplè  de  Soleil,  ce  qui  eft 
vrai,  foit  qu'on  rapporte  la  Comète  à  l'an  147,  loit  qu'on 
date  fon  apparition  de  146:  en  cette  dernière  fuppofitionj 
h  Comète  poiirroit  ne  pas  différer  de  la  Comète  fui  vante. 


DESC0M,ETES.  :i6^ 

Sous  ie  confuîat  de  P.  Africanus  &  de  Leiius ,  une  Étoile 
brûla  durant  trente-deux  jours ^  On  lit  dans  Sénèque^  :  ce  Après     »  Ol>fe(ju. 
la  mort  de  Démétrius,  roi  de  Syrie,  père  de  Démétrius  &  «   ^  ^^enec. 
d'Antiochus ,  peu   avant  la  guerre  d'Achaïe  ,    il  parut  une  «  '*  ''^' 
Comète  auffi  grande  que  le  Soleil.  Son  difque  étoit  d'abord  « 
rouge  &  comme  de  feu  ,  répandant  alTez  de  lumière  pour  te 
diffiper  les    ténèbres   de  la  nuit  :    peu -à -peu  fà  grandeur  <r 
diminua,  fon  éclat  s'afFoiblit;  enfin  elle  diiparut  entièrement.  » 
Démétrius  Soter  fut  tué  vers  la  fin  de  l'an  150:  Démétrius 
Nicanor,  (on  û\s  aîné,  ne  lui  fuccéda  qu'en  145.  La  guerre 
d'Achaïe  fut  déclarée  en  146;  mais  les  principales  hoflilités 
n'eurent  lieu  que  l'année   fuivante^  :    ainfi ,  la  Comète  de 
Sénèque  peut  ne  pas  différer  de  l'Etoile  brûlante  de  Julius 
Obféquens.  Lubienietzki  &  Zahn,  guidés  par  Eckftormius, 
doublent  la  Comète  de  Sénèque;  font  paroître  l'une  après 
la  mort  de  Démétrius  en   150  ,  l'autre  en   146  avant   la 
guerre  d'Achaïe;   placent  la  première  dans  le  Capricorne ^ 
&  donnent  à  la  féconde  trente-deux  jours  de  durée» 

138. 

A  la  feptième  Lune  ,  &  en  Automne ,  on  vît  en  Chine 
une  Comète  au  nord-ouefi  :   probablement  qWq  n'aura  paru    Maîih  hîîJ 
-qu'en  137,  &  elle  ne  diffère  peut-être  pas  de  la  fuivante,       v* S' 

î  3  6.   * 

Je  joins  ici  trois  Comètes  ,   qui  peut-être  ne   difièrent 
point  entr'elles. 

L  M.  Emilius  ,  C.  Hoflilius  Mancinus  étant  Confuls  ,  on 
vit  à  Prénefle  un  flambeau  ardent  dans  le  Ciel.  Des  Auteurs      oije^m 
d'un  grand  poids  ,    s'il    en  faut  croire  des  Coméîographes 
d'une  très-mince  autorité  ,    att-ftent  que  ,    deux  ans  après  ,      ^Lw^  Roch 
une  Comète  fut  vue  pendant  quatre-vingt-trois  jours  dans  h  ^^I'  ^^^^i 
fi^tie  des  Cerneaux, 


i^o  Histoire 

IL,  Sous  ie  règne  d'Attale,   on  vit  une  Comète,  petite 
d'abord,  mais  fa  grandeur  augmenta;  elle  atteignit  le  cercle 
équînoxiai;  eiie  égala  en  étendue  (  c'eil-à-dire  probablement 
que  fa  queue  égala  en  largeur  )  cette  partie  du  Ciel  que  l'on 
:Sengc.  l  Vil,  appelle  voie  laâée.    Cet  Attale  paroît  être  Attaie  ,   troifième 
^'  ^^'  du  nom ,  roi  de  Pergame ,  lequel  établit  la  république  Romaine 

Ion  héritière  univerfelle.  Il  monta  fur  le  trône  en  138  ou 
i^jy  &  ne  régna  que  cinq  ans  :  ainfi  cette  Comète  peut 
avoir  paru  en  i  3  6, 

IIL   A  la  naifiance  de  Mithridate,  une  Comète  parut  & 

dura  foixante-dix  jours  :  le  Ciel  paroilToit  tout  en  feu;  la 

Comète  en  occupoit  la  quatrième  partie ,    &  fon  éclat  étoit 

fupérieur  à  celui  du  Soleil  :  elle  employoit  quatre  heures  à 

'jupu       fe  lever ,   autant  à  fe  coucher.   Il  eft  difficile  de  déterminer 

I.  xx:kVll.  Y^YméQ  de  la  naiiTance  de  Mithridate;  il  efl  certainement  mori 

OroJJ.  VI.    en  62  :  Orofe  lui  donne  loixante-quinze  ans  de  vie,  Eutrope 

Eutïop,     foixante-douze  feulement;  ainfi  il  fera  né  en  137  ou  en  i  34, 

Peut-être  la  Comète  dont  parle  Juftin  ell-elle  la  même  que 

"^App.  Al.  de  la  fuivante.  Selon  Appien,  Mithridate  n'a  vécu  que  foixante- 

hlii!  Muhnd,    j^^j^  ^y  ioixante-neiif  ans  ;  îi  feroit  donc  né  vers  131. 

134- 

En  ia  quarante  -  troifième   année   du   quarante -troifième 
Ccupkt,     cycle ,  on  vit  une  grande  Comète  à  la  Chine  :  à  la  fixième 
Gmbih      Lune ,  ou  vers  la  fin  de  Juillet ,  elle  paroiiïbit  au  nord.  On 
Couplet,     i  obferva  auifi  à  f  orient  ;    on  la  voyoit  encore  au  huitième 
'^Jjmvf,  chrcn,  mois  ,    c'eft  -  à  -  dire  à  la  fin  de  Septembre  ou  au  commen- 
cement d'OcTtobre.  Le  F.  de  Mailla,  tome  111,  page  i ^ ,  la 
rapporte  à  l'an   135,  &:  dit  qu'elle  parut  en  Automne,  à  la 
huitième  Lune,   au   nord-eil ,   &  qu'elle  s'éîendoit  jufqu'au 
milieu  du  Ciel.  Je  croirois  alîëz  volontiers  que  cette  Comète 
ék.  la  même  que  celle  qui  parut  félon  Juflin  à  ia  naiffance 
de  Mithridate, 

133.  A  Amiterne  on  vit  le  Soleil  pendant  la  nuit  ;  ce  phé- 
nomène dura  quelque  temps  :  les  Confuls  éîoient  P,  Africanus^ 


DES    Comètes,  271 

C.  Fulvius.  Ces  Soleils  noélurnes  pouvoient  n'être  que  d^s    ohjequ, 
globes  de  feu  ou  à^s  Chafma,  tels  qu'on  en  voit  quelquefois 
dans  l'air,  &  qui  peuvent  durer  quelques  minutes. 

I  27.  *  Durant  le  confulat  de  Cn.  Odavius  &  de  T.  Annius 
Rufus ,    on  vit  dans  le  Ciel  un  flambeau   ardent.    Struyek   OlJe^u.jv.pi>I, 
croit  que  c'efl  ici  un  retour  de  la  Comète  d'Halley» 


Au  printemps  de  Tan  ï2o  .(oh  peut-être  i  ip  ) ,  il  parut  MaïUa.  t,in,- 
en  Chine  une  Comète  du  côté  de  i'efl,  *       V'  ^^« 

118, 

Lorfque  Mithridate  monta  fur  le  trône  ,  il  parut  pendant 
loixanîe-dix  jours  une  Comète  entièrement  femblable  à  celle 
qui  s'étoit  montrée   au  temps   de  fa  naiflance.    L'année   de       j^jUn, 
l'avènement  de  Mithridate  au  trône ,  eft  auffi  difficile  à  déîer-  ^'  ^'^^^^^^^ 
miner  que  celle  de  fa  naiffance.  Eutrope  dit  que  Mithridate  Eutrop.  h  VI 
a  régné  foixante  ans ,   ou  félon  quelques  éditions  quarante 
ans  feulement.  Selon  Appien,  le  règne  de  ce  Prince  a  été  de     Apy,  Al  de 
cinquante-fept  ans,  &  ce  témoignage  eft  confirmé  par  celui  ^^^^^^ ^^^^"'^'■^^ 
de  Juftin.  On  fait  que  l'ouvrage  de  celui-ci  n'eft  qu'un  abrégé 
des  hiftoires  de  Trogue  -  Pompée  ,   hiftorien   contemporain 
d'Augufte,  &  dont  l'oncle  paternel  avoit  fervi  fous  le  grand 
Pompée,  dans  la  guerre  même  de  .Mithridate  :  l'autorité  de 
Juftin  doit  donc  être  ici  d'un  grand  poids.  Or ,  cet  Auteur 
rapporte  qu'après  la  mort  d'Ariarathe  ,    roi  de  Cappadoce,       j^f^in. 
les  Romains  voulurent   accorder  la  liberté   aux  Cappado-  ^'  ^^^VllL 
ciens  :  fur  leur  refus ,  ils  placèrent  fur  le  trône  Ariobarzanes , 
qui  fut  bientôt   chalfé   par  Mithridate.   Le  Roi   détrôné   /è 
réfugie  à  Rome  :  le  Sénat  ordonne  fon  rétabliiîèment.  Mithri- 
date aftemble  {^s  loldats  ;   il  leur  fait  une  longue  harangue 
pour  les  convaincre  de  la  néceftité  de  la  guerre   contre  les 
Romains.  Ainfi  ,  dit  Juftin  ,  Mithridate,  après  vingt -trois 
ans   de  règne  ,   fe   réfolut  à   la  guerre.    On  fait  d'ailleurs 
qu' Ariobarzanes  fut  rétabli  à  main  armée  par  Syila,  l'an  66q 


2-72     .  Histoire 

de  la  fondation  de  Rome  ,  quatre- vingt- treize  ans  avant 
J,  C,  La  harangue  de  Mithritiate  précéda  fans  doute  d'un 
an  ou  àçux  ce  réîabiJiïem.ent  :  il  fallut  que  Mithridate  s'op- 
posât à  l'exécution  du  décret  du  Sénat  ,  qu'on  en  apprît  ia 
nouvelle  à  Rome  ,  qu'on  fît  \qs  préparatifs  de  ia  guerre.  La 
feule  oppolition  de  Mithridate,  dans  laquelle  il  n'employa 
que  ia  rufe  &  non  la  force  ouverte ,  demanda  quelque  temps 
pour  fe  manifefLer.  Sylla  rétablit  donc  Ariobarzanes  fur  le 
trône  de  Cappadoce  en  5)3  ,  comme  je  l'ai  dit,  ou  même 
Calvijt'ir ali'i.  feloîi  quelques  Auteurs,  dès  l'an  5)4  :  donc,  on  peut  fixer 
ia  harangue  de  Mithridate  à  l'an  ^5.  Mais  au  temps  de  fa 
harangue,  Miithridate  avoit  déjà  régné  vingt-trois  ans;  iî 
étoit  donc  monté  fur  le  trône  en  118,  &  puifqu'il  efl  cer-^ 
tainement  mort  en  62  ,  il  a  régné  cinquante -fix  ans,  ou 
même  il  a  commencé  la  cinquante -feptième  année  de  fou 
règne. 

La  détermination  de  l'apparition  de  ia  Comète,   &  par 
conféquent  du  commencement  du  règne  de  Mithridate  en 
l'année  118,  femble  être  confirmée  par  Tautonté  à^s  hifto- 
riens  Chinois.  Selon  eux,  en  la  cinquante-neuvième  année 
du  quarante -troifième  cycle,  &:  par  conféquent  en  118  ou 
au   commencement  de   117,    il   parut   une  Etoile  grande 
Couplet,     comme  le  Soleil  :  une  telle  Comète   eft   bien  analogue   à 
celle  que  Jufcin  dit  avoir  été  vue   au   commencement  du 
'Simyckj^^o>  xhgnQ  de  Mithridate.  Struyck  foupçonne  une  erreur  dans  la 
^°  ^^■^'  chronologie  Chinoife ,  parce  que  cette  Comète  y  eft  men- 

tionnée avant  celle  qui  parut  en  la  quarante-troifième  année 
du  même  cycle.  Mais  dans  ce  même  Ouvrage,  il  y  a  plu- 
fieurs  exemples  de  tranfpofitions  femblables  :  une  tranfpofition 
n'efl  pas  une  erreur.  De  plus  ,  dit  Struyck  ,  il  efl  marqué 
cTu'il  y  eut  une  éclipfe  de  Soleil  la  trentième  année  de  ce 
cycle,  à  la  dixième  Lune,  &  une  autre  la  trente-deuxième 
année  encore  à  la  dixième  Lune  ,  ce  qui  efl  impofîible.  Je 
ne  vois  pas  cette  impodibilité.  Il  peut  très  -  certainement  y 
avoir  deux  éclipfes  de  Soleil  vifibies,  à  vingt-quatre  Lunes 
Qu.  à  vingt -quatre  mois  lunaires  de  diftan.ee  l'une  de  l'autre- 

Je 


D  1ë  s     C  0  M  è  T  E  s,  271 

Je  me  fuîs  afTuré  par  un  calcul  fur  les  Tables  d'HalIeî ,  que 
les  deux  éciipfes  avoient  eu  lieu ,  i'une  le  2  o  Novembre  1 47, 
l'autre  ie  30  Octobre  145  ,  vifibles  l'une  &  l'autre  au  nord 
xfe  l'Equateur.  Toutes  les  deux  ont -elles  e'té  réellement 
oblèrvées  à  la  Chine  l  je  ne  le  garantirai  pas.  Le  P.  Couplet, 
'dans  ie  même  Ouvrage ,  nous  apprend  que  \qs  Mathématiciens 
Chinois  inleroient  quelquefois  dans  les  Annales ,  des  écliples 
qu'ils  avoient  prédites  &  qu'ils  n'avoient  point  oblèrvées: 
ils  s'imaginoient  fans  doute  fauver  par -là  leur  honneur. 
Mais  ils  n'avoient  point  d'honneur  à  ménager  par  rapport 
aux  Comètes  ;  ils  n'entreprenoient  point  d'en  prédire  les 
apparitions.  Quand  donc  on  démontreroit  que  la  chronologie 
Chinoife  n'elt  pas  exempte  d'erreur  à  l'égard  des  éciipfes, 
on  n'en  pourroit  rien  conclure  contre  la  certitude  de  cette 
même  chronologie ,  fur  le  temps  de  l'apparition  des  Comètes. 

ï  I  6.   Comète  dans  l'Ecrevijfe  ;  Lubienietzki  penlè  cepen-     Lui,  Edjfi 
iïant  que  cette  Comète  ne  diffère  pas  de  la  fuivante.  ^^^'^'  ■^'^^"* 

112   ou   III   ou    1 1  o.    On  vit  au  Joir  ,    durant  quinze 
jpurs,  une  Comète  dans  l'ÉcrevîJfe,  Héuéi,  uk 

Rockt 

ï  I  O.  Deux  Comètes. 

En  iio   (ou  peut-être  en  lop  )  en  automne,   il  parut 
tone  Comète  aux  Etoiles  Tong-tfwg  ;  il  en  parut  une  autre 
prefque  en  même  temps  aux  Etoiles  San-tdL  L'Etoile  San-   Maïiïa,t,lh 
tai  pourroit  être  dans  \es  pattes  de  la  grande   Ourle  :   les  ^'  ^^' 
Etoiles  Tong  -  tfing  ,   doivent  être  celles  àes  pieds  i&  àes 
euifles  des  Gémeaux. 

105-   V»  Sarranus  &  C.  Attilius  étant  Confuls,  on  vit  à 
Rome,  en  plein  jour,   un  flambeau  traverfant  les  airs:  ce    Ohjequ^i 
n'étoit  manifeftement  qu'un  Chafma, 

5>5?.  *   Sous  le  confuiat  de  C.  Marins  &  de  L.  Valerius, 
on  vit  à  Tarquinies  un  flambeau   ardent  ,    qui  tomba  fubi- 
îement.  Vers  le  coucher  du  Soleil ,   on  aperçut  une  efpèce     ihid^ 
de  .corps   rond  ,  femblable  à  un  bouclier;  fon  mouvement 
^toit  d occident  en  orient.  Si  ion  reconnoît  ici  une  Comète,    obfequ.  Pht 
Tome  l.  M  m    -  /.tt^.^^AriK. 


274  Histoire 

ce  fera  plutôt  dans  le  bouclier  ,    que  dans  le  flamBeau  qu! 
tombe  fubitement. 

p^*  *   Sous  le  confulat  de  C.  Leiius  &  de  L.  Domitius, 
Vlife^u>     il  parut  un  flambeau  dans  le  Ciel. 

5?  I .   C.  Claudius  6c  M.  Perpenna  étant  Confuls ,  on  vit 
Jl'iJ.      un  flambeau  dans  le  Ciel. 
'Ld.^Ec/iji.        po.   Comète  dans  la  Vierge  durant  quatre  nuiis. 

^j,  L.  Sylla,  Q.  Pompeius  étant  Confuls,  un  grand  Aflre 
Ohjeciu.     tomba  du  Ciel  :  ce  n'étôit  encore  qu'un  Chafma, 

Fiin.  I.  n,  "  La  Comète,  dit  Pline,  efl;  ordinaii'ement  un  Aftre  bien^ 
4,  XXV,  n  terrible  ;  elle  n'annonce  point  de  petites  efFufions  de  fang* 
M  Nous  en  avons  vu  un  exemple  durant  les  troubles  civils, 
fous  le  confulat  d'0(5lavius  ^^,  La  plupart  des  Cométographes 
font  perfuadés  que  cet  Ocîtavius  efl;  Cn.  Oélavius  ,  qui  fut 
Confui  avec  L.  Cornélius  Cinna  ,  l'an  de  Rome  66 j ^ 
quatre- vingt-fix  ans  avant  Jéfus-Chrift.  Il  a  plu  cependant 
au  P.  Hardouin  d'entendre  les  paroles  de  Pline  de  l'Empereur 
Augufle,  &  de  rapporter  l'apparition  de  la  Comète  à  l'an  7 1  i 
de  Rome,  quarante -deux  ans  avant  l'ère  Chrétienne.  Les 
Confuls  de  cette  année  furent  C.  Vibius  Panfa  &  A.  Hirtius» 
Octavius-Céfâr  leur  fut  aflbcié  avec  une  puiiTance  procon- 
fulaire  :  étoit-ce  une  raifon  Riflifante  pour  dater  l'année  par 
ie  Confulat  d'Odavius  feul  !  On  dira  peut-être  que  les  deux 
Confuls  ayant  été  du  nombre  àts  conjurés  contre  Céfar, 
&  d'ailleurs  ayant  été  tués  vers  la  fin  de  l'année  devant 
Modène,  Pline  n'a  pas  cru  devoir  les  nommer.  Mais  en 
premier  lieu  ,  Pline  écrivoit  après  l'extinélion  totale  de  la 
famille  d' Augufle  ;  quel  motif  d'intérêt  ou  de  flatterie  pouvoit 
l'engager  à  taire  les  noms  des  Confuls  vrais  &  légitimes  de 
l'an  42  \  De  plus,  il  a  fu  ailleurs  défigner  cette  même  année 
par  d'autres  caradères;  il  l'appelle  l'année  des  malheurs  de 
Ihu.c.xxvj  Modène,  l'année  de  la  guerre  d'Antoine.  Quand  donc  on 
ir  XXX.       fuppoferoit  qu'il  abhorrât  h^  noms  d'Hirtius  &  de  Panfa ,  ii 


DES    Comètes.  27/ 

poiîvoît  exprimer  l'année  71  i  de  Rome,  fans  recourir  à  une 
manière  de  parler  tout- à -fait  impropre  &  infoiite.  Enfin, 
Jous  le  confiilat  d'Oâavius ,  dit  Pline  :  mais  Pline  aiiroit-il 
donné  le.  fimple  nom  d'Odavius  à  AugLifle,  lui  qui  par-tout 
ailleurs  l'appelle  le  Dieu  Augufle  ,  Auguile  Céfar  ,  ou  du 
moins  Céfar;  qui  lui  donne  même  ces  noms  ,  en  parlant 
devènemens  qui  ont  précédé  fan  711  de  Rome  !  Je  ne  Pline,  i.ii, 
doute  donc  pas  que  Pline  n'ait  voulu  parler  de  la  guerre  ^''C  ^^/' 
civile  de  l'an  66y  de  Rome.  Alors  Cn.  Odavius  ,  conful,  "  '  * 
ayant  chalTé  de  la  ville  fon  collègue  Cinna ,  qui  troubloit 
tout ,  refta  en  quelque  forte  feul  maître  de  Rome ,  feul  Conful. 
Mais  Cinna,  joint  à  Marins,  affembla  une  armée,  affiép-ea 
Rome,  la  prit,  &  fit  périr  les  plus  nobles  de  Çqs  Citoyens, 
Cette  Comète  eft  fans  doute  la  même  qui  fut  obfervée  en 
Chine,  en  Automne,  à  la  feptième  Lune,  du  côté  de  l'orient, 
&  datée  par  le  P.  de  Maiiia  de  l'an  87%  "^ Mailk.t.in, 

Quelques  Modernes  ^  difent  que  la  Comète y^/^  vue  quatre-  ^'  ^^' 
vingt-quatorze  nuits  dans  la  Vierge.   Un  d'eux  ^  la  rapporte  à    ^^^°^^'^^^^ 
i'an  65,  &  la  donne  comme  un  préfage  certain  à&s  malheurs 
arrivés  vingt  ans  avant  fon  apparition, 

84. 

Ou  peut-être  83  ,  à  la  deuxième  Luiie  du  printemps,  on 
yit  en  Chine  une  Comète  du  côté  du  nord-ouelK  AMid,  u  IIî, 

75- 

«  Sous  le  confulat  de  Cn.  Oélavius  &  de  C.  Scribonius, 
on  vit  une  étincelle  tomber    d  une   Étoile  ,    s'agrandir  en 
s' approchant  de  la  Terre ,   devenir  égale  en  grandeur  à  la 
Lune ,  &  répandre  autant  de  lumière  que  le  Soleil  en  donne 
durant  le  jour ,  lorfque  le  Ciel  eft  entièrement  couvert  :  t\\Q  *' 
prit  la  forme  d'une  lampe  en  fe  retirant  dans  le  Ciel.  »  Le  "  pn^,  i  j/. 
P,  Hardouin  ne  doute  pas  que  ce  phénomène  ne  fût  une  ^'  ^^^v» 
vraie  Comète ,   de  l'efpèce  de  celles  que  les  Anciens  appe- 
loient  lampes  ou  lampadias.  J'adopte  volontiers  le  fentiment 
du  P,  Hardouin ,  fi ,  comme  il  y  a  fujet  de  le  croire ,  les 

M  m  ij 


'f^^d  H  r    s    T  0    T    R    E 

différentes  formes  que  Pline  attribue  à  (on  phénomène  ^ 
appartiennent  non  à  une  lèuie  &  même  nuit,  mais  à  plufieurs 
nuits  confécutives  :  autrement,  je  ne  reconnoîtrois  ici  qu'un 
météore. 

74.  A  la  deuxième  Lune ,  en  Chine ,  il  parut  une  Étoile 
'j\Uïïa,uJU,  aulîi  grande  que  la  Lune.. 

En  Chine ,  fous  l'empire  de  Suen  -  ti ,  première  année 
Ti-tfie  (l'an  68  avant  l'ère  Chrétienne),  à  la  hxième  Lune, 
jour  Vou-fu  (23  de  Juillet,  année  Julienne),  on  vit  une 
Comète  pendant  la  nuit.  Au  jour  Ping-yn  (  20  dAoût)  , 
elle  alla  au  fud.  Au  jour  Kouey- yeou ,  de  la  feptième  Lune 
ÇauUl,  (  27  dAoût  ) ,  elle  fut  la  nuit  dans  le  Tien-che.  Le  Tien-che 
eft  la  partie  du  Ciel  renfermée  entre  l'Equateur  &  le  cercle 
de  perpétuelle  apparition  àes  Etoiles  ,  au  nord  des  Etoiles 
de  la  Balance  &  du  Scorpion  :  la  tête  d'Hercule  en  occupe 
affez  précifément  le  milieu.  Le  P.  de  Mailla  dit  qu'en  6^^ 
Mniik^t.iii,  au  printemps,  il  parut  une  Comète  du  côté  de  l'occident. 


f.  i^i-» 


6%, 


* 


Pendant  le  confuiat  de  M.  Cefo   (  lifez  Cicero),    &  Je 
C.  Antonius  ,    on   vit  une  poutre  ardente  ,    qui  s'étendoit 
Ohjequ.      depuis  l'occident  jufqu'au  haut  du  Ciel.  Des  flambeaux  cou- 
a  Dio  Caf    rurent   depuis  le  couchant  jufqu'au   milieu  du  Ciel  ^   Nos 
f,  xxxn.       Cométographes  modernes  ^  reconnoiifent  cette  Comète  :   ils 
'Mock.  'rUcT.'  en  placent  l'apparition  fur  l'an  60  ;  ils  décident  ocelle  dura 
Zahn,  neuf  jours.  C'eft,  félon  eux,  cette  Comète  que  Pofidomus  vit 

fendant   une  écUpfe  totale  de  Soleil.    Voyez    ci-delTus   fur 
l'an  465.  Le  P.  de  Mailla  fait  paroître  en  62  une  Comète 
'Maiîia,  t,  III,  à  la  fixième  Lune ,  du  côté  de  l'orient. 
¥'  ^^^'  5  5*  *  C"'  Cornelius-Lentuius-Marcellinus,  &  L.  Marcîus- 

Phiiippus  étant  Confuls  ,   il  parut  un  flambeau  qui  s'avança 
Dîo  Caf     du  midi  au  feptentrion. 
ixxxix.  52.  "^   L'an  701  de  la  fondation  de  Rome,  ou  peut -être 

/</,  /,  XL,    l'année  fuivante  ,  un  flambeau  pafla  du  midi  à  l'orient  :  c'efi 
félon  Struyck,  un  retour  de  la  Comète  de  i755>» 


lo  E  s   Comètes^  ±yy 

48.  * 

«  Nous  avons  vu ,  dît  Pline  ,  dans  la  guerre  entre  Céfar      fi;„.  i  u^ 
'&  Pompée ,  un  exemple  des  terribles  effets  qu'entraîne  après  «  ^'  ^^^' 
foi  l'apparition  des  Comètes,  Vers  le  commencement  de  cette  « 
guerre  ,    les  nuits  tes  plus  obfcures  furent  éclairées  ,    ielon  « 
Lucain,  par  des  Aftres  inconnus;  le  Ciel  parut  en  feu,  des  «  Lwan.hh 
flambeaux  ardens  traverfoient  en  tout  feus  la  profondeur  de  « 
l'eipace  :  la  Comète  ,    cet  Aftre  effi'ayant ,    qui  renverle  les  «; 
puiffances   de  la  Terre  ,     montra   fa   terrible    chevelure.  « 
£ckiformius  &  d'autres  rapportent  cette  Comète  à  l'an  50. 
En  4p,  dit  le  P,  de  Mailla  (  ou  probablement  en  48  ) ,   à 
îa  troifième  Lune,  on  vit  en  Chine  une  Comète  à  l'Étoile 
Ouang-leang   (^  de  Caifiopée)  ;  paffant  à  l'Étoile  Ko-tao 
(  /  de  Caifiopée  )  ;  elle  fut  fe  perdre  dans  le  figne  de  Tfé-oué 
^( parmi  les  Etoiles  qui  ne  fe  couchent  point).  AMiîa.t.m^ 

P'  V/' 

43.  *  Deux  Comètes. 

«c  Lorlque  Je  donnois  des  jeux  au  peuple  ,  c'efl  Augufle 
<]ui  parle,  un  Aflre  chevelu  parut  durant  fept  jours  fous  les  ce 
Etoiles  du  Chariot.  Il  fe  levoit  à  la  onzième  heure  du  jour  ^^ 
,'(  vers  cinq  heures  du  foir  )  :    il  étoit  d'un  grand  éclat  ;  on  « 
ïe  vit  de  toutes  les  parties  de  la  terre.  :»  Les  jeux  en  l'hon-     vr     ?  rr 

117/  i    r        ]•!'•••  riine ,  u  li-^ 

jieur   de   Venus,   aelquels   il  s  agit  ici,    commençoient  \e<^>  xxv, 
7-1    Septembre  &  duroient  fept  jours.   C'efl  fans  doute  à 
cette  durée  des  jeux  qu'Augufle  faifoit  principalement  atten- 
tion :  félon  lui ,  la  Comète  avoit  été  vue  tous  les  fept  jours 
'<3es  jeux;  mais  elle  peut  avoir  été  plus  long -temps  vifible.^ 
Tous  les  anciens  Auteurs  ont  répété  les  paroles  d'Augufte  ^    »  Suetcn,  h 
Dion^,  après  avoir  dit  qu'on  avoit  vu  cette  Étoile  tous  lesfhff-^"^^'^''^'' 
jours  de  la  durée  des  jeux  ^   &  que  plufieurs  la  prenoient  bbjequ'&l  ^' 
pour  une  Comète,  ajoute  que  Ion  vit  en  la  même  année  (g)     ^^^'^  C.a^ 

^ *»  '^■*^V% 

(g)  Je  dis  la  même  amiée  ;  car  à  peu -près  dans  la  même  page,  Dion 
ïiomme  les  Confuls  Antoine  &  Dolabella ,  qui  appartiennent  certainement 
à  l'an  4.3  ,  Dolabella  ayant  été  fubrogé  à  Céfar  ,  auffitôt  après  la.  niort 
e«  celui-ci. 


%jS  Histoire 

un  flambeau  ardent ,  qui  traverfoit  le  Ciel  d'orient  en  occident 
(  ce  qui  ne  fut  probablement  qu'un  fimple  météore  ) ,  &  une 
Etoile  inconnue  jufqu'alors ,  qui  brilla  pendant  un  grand 
nombre  de  jours.  Il  y  a  tout  lieu  de  croire  que  cette  Etoile 
inconnue ,  n'étoit  autre  que  la  Comète  qui  continua  de  paroître 
après  les  jeux  folennels ,  &  à  laquelle  plufieurs  refusèrent  de 
donner  le  nom  de  Comète ,  parce  qu'on  étoit  alors  perliiadé 
que  l'apparition  des  Comètes  ne  préfageoit  que  des  malheurs 
&  des  déiadres  :  la  flatterie, aima  mieux  transformer  l'ame  de 
Céfar  en  cette  nouvelle  Etoile.  Voyez  les  rêveries  d'Ovide 
'Ovld.  Métam,  fur  cette  nouvelle  métamorphofe.  Quoique  Augufte,  cédant 
*^  à  cette  baffe  flatterie  ,    ait  cru  pouvoir  en  prendre  occafion 

de  couronner  d'une  Etoile  la  ftatue  qu'il  éleva  quelque  temps 
après  à  Céfar,  il  convient  au  moins  que  fEtoile  qui  parut 
durant  les  jeux  de  Vénus,  étoit  chevelue,  c'efl:  -  à  -  dire  que 
c'étoit  une  véritable  Comète.  Elle  fe  levoit  ,  c'efl:- à -dire 
fans  doute,  qu'elle  commençoit  à  être  vifible  vers  la  onzième 
heure  du  jour ,  lorfque  le  Soleil ,  approchant  de  l'horizon , 
commençoit  à  fe  dépouiller  de  fon  éclat  :  car  ,  vu  le  lieu 
qu'Augufte  lui-même  afligne  à  la  Comète,  elle  devoit  être 
depuis  long -temps  au-detîus  de  l'horizon  ;  elle  étoit  même 
alors  fort  à  f  occident  du  méridien.  Elle  étoit  au-deflbus  du 
Chariot,  ou  des  principales  Etoiles  de  la  grande  Ourfe,  êc 
par  conféquent  dans  le  figne  du  Lion  ou  même  de  la  Vierge, 
avec  une  latitude  feptentrionale  de  3  5  à  40  degrés  :  elle 
devoit  être  très-belle,  puifqu'on  la  voyoit  de  jour.  Il  n'y  a 
aucune  de  ces  circonftances  qui  ne  convienne  parfaitement 
à  la  belle  Comète  de  1680  ;  &  en  eflet  ,  la  plupart  àts 
Aftronomes  reconnoiflent  cette  dernière  Comète  dans  celle 
de  fan  43  avant  fère  Chrétienne. 

Cette  même  année  43  ,  on  avoit  obfervé  une  Comète  en 

Chine  au  nord-oueft,  dans  la  confleilation  Tjan ,  c'efl-à-dire 

en  même  afcenfion  droite  qu'Orion.  On  date  fon  apparition 

de  la  quatrième  Lune,  c'efl- cà-dîre  du  mois  de  Mai  ou  du 

CmhîiA^ ailla,  commQncemtYïi  de  Juin.  Il  eft  diflicile  de  fe  perfuader  que 

t^Uhp.iâ^,  çgt^g  Comète  foit  la  même  que  la  précédente;  fi  cela  étoit^ 


DES    Comètes,  2^79 

cette  Comète  de  l'an  43  ne  pourroit  être  celle  Je  1680. 
La  Comète  Chinoife  pourroit  être  plus  facilement  confondue 
avec  l'Étoile  nouvelle  de  Dion.  Il  efl  inutile  d'avertir  que  le 
P.  de  Mailla  date  fon  apparition  de  l'année  44. 

42  *   &  41. 

Virgile,  avant  que  de  parler  de  la  bataille  de  Philippes, 
livrée  en  41  ,   dit  que  l'on  n'avoit  jamais  vu  des  Comètes 
auiîi  fréquentes  qu'il  en  parut  alors.  Manilius  attelle  pareille-     virg.  Georgi 
ment  que  cette  bataille  fut  précédée  par  des  feux   céleftes  ^' ^^  "''^'^J'^'^^'^' 
plus  fréquens  que  jamais.  Pline  enfin,  dit  qu'il  y  a  des  feux     yî/^„//,  /,  / 
célefles  auxquels  on  a  donné  le  nom  de  traits  y  tel  que  celui  "ycafinem, 
qui  fut  vu  durant  le  fiége  de  Modène,  ou  en  l'an  42,  Outre     pii„e,  /,  // 
ia  Comète  de  43,  il  en  a  pu  paroître  deux  en  42  ,  ou  une  ^'  ^^yt* 
en  42  &  une  autre  en  41  ;  ce  n'efi;  certainement  pas  trop, 
pour  donner  quelque  couleur  de  vérité  aux  expreffions  de 
iVirgile  &  de  Manilius.  Quant  à  Pline,  Çqs  paroles  dénote- 
roient  plutôt  une  Aurore  boréale  qu'une  Comète,  s'il  faifoit 
paroître  plufieurs  traits  à  la  fois  durant  le  fiége  de  Modène, 
Mais  il  ne  fait  mention  que  d'un  feul;  c'étoit  probablement 
une  Comète  qu'on  s'imaginoit  repréfenter  ia  forme  d'un  trait. 

40.  Trois  ans  après  la  mort  de  Céfar,  il  parut  une  Comète  ^ 
félon  Hévélius ,  qui  ne  s'appuie  que  de  l'autorité  de  Marianus^ 
auteur  trop  moderne  ,  pour  eonltater  ia  réalité  de  cette 
apparition. 

31.* 

Sous  ie  confulat  de  Cn.  Domitius  Ahénobarbus  &:   de 
C.  Soffius ,  on  vit  un  flambeau  fufpendu  au-deffus  de  la  mer 
de  Grèce  :  après  avoir  lui  plufieurs  jours  ,  il  fe  retira  dans  le 
CieP.  En  Chine,  année  32  (ou  3  i) ,  à  la  première  Lune,     ^  Dl»  Caf^ 
on  vit  une  Comète  à  l'Étoile  Yiw-ché'^  :  je  ne  connois  pas  '''  ^* 
cette  Étoile.  .  ^  '  ^    ,.,J,f^>. 

Avant  que  l'Egypte  fè  foumît  à  ia  puiffance  d'Augufle , 
H  parut  des  Comètes.  Selon  Lubienietzki  &  autres  modernes ,  DîoCa([,iu^ 


28o  H  r  s  T  0  r  R  É 

U  en  parât  une  dans  la  Balance  ;  elle  dura  quatre-vhgt-qulnié. 
jours. 

En  2.^  y  îl  en  parut  une  grande  dans  le  Taureau ,  pendant 
"Luk  Cafius ,   quelques  jours . 

Zahtù     ^'^  '         1 6^.  *   Un  flambeau  célefle  ,    étendu  du  midi  au  lepten^ 

trion,  produifit  durant  la  nuit  une  lumière  égale  à  celle  dit 

^Ohjequ.      jour,   C.  Furnius   &  C.  Sylianus  étant  Confuls  ^  Dion^- 

f  lir"'  ^'^^'  P^^*^^  ^^^^  ^^  ^^  flambeau ,   &  dit  qu'il  dura  toute  la  nuit  ; 

mais  il  le  rapporte  à  l'année  fui  vante  :   fi  ce  flambeau  ne 

parut  qu'une  nuit,  ce  n'étoit  point  une  Comète. 

14.   Han-tching-ti  monta  fur  le  trône  de  la  Chine  en  la 

vingt-fixième  année  du  quarantième  cycle  ;  en  la  dix-huitième 

année  de  Ion  règne ,  on  vit  une  Etoile  s'évanouir  &  fe  refondre 

'tf^ff,  Chroml  en  une  pluie  très-Ane.  Il  efl:  difficile  de  reconnoître  ici  l'ap^^ 

parition  d'une  Comète, 

II.* 

et  Sous  le  confulat  de  M.  Valerîus  Meflala  Barbatus   &^ 
»  de  P.  Sulpieius  Quirinus  ,  avant  la  mort  d'Agrippa  ,   on 
"  vit  durant  pkifieurs  jours  une  Comète  :   elle  étoit  comme 
'>  fufpendue  fur  la  ville  de  Rome;  elle  parut  enfiiite  fe  réfoudre 
Dto  Caf,     en  plufieurs  petits  flambeaux.  »  Ces  fiifpenfions ,  ces  réfblu- 
tions  de  Comètes ,  font  àes  imaginations  qu'on  n'exige  pas 
fans  doute   que  je  réfute  à  chaque  page  ,    fur -tout  quand 
elles  ne  font  pas  atteflées  par  àts  témoins  contemporains  8c 
oculaires.  Sénèque,  plus  ancien  que  Dion  ,  réfute  ceux  qui 
'Sen.  î.  VIL    croyoient  ces  diffolutions  :  il  ignoroit  fans  doute  celle  -  ci , 
puifqu'il  ne  fe  l'pbjeéle  pas.  Quant  à  la  Comète  même,  elle 
Coupi  S)m.  fut  obfervée  en  Chine,  fous  l'empire  deTching-ti,  première 
iX%.  ^oj,  année  Yv  en-y  en.  A  la  feptième  Lune,  jour  Sin-ouei  (  2  5  Août), 
■^«  ^'"^^  '^  '  qWq  étoit  dans  la  conftellation  Tfing  (  \e5  pieds  &  \qs  cuifles 
ITlJfP.toV,  ^^^  Gémeaux).  La  Comète  paifa  enfuite  fur  les  Étoiles  de 
la  main  gauche  de  Caftor  ;   elle  parut  au  nord  de  l'Aigle , 
alla  aux  Étoiles  du   Lion  &  de  la  Vierge  ,   fut  vue  près 
d'Arâurus,  &  parvint  jufqu'aux  Étoiles  du  Tien-che  (partie 
:4u  Ciel  qui  renferme  la  Couronne  boréale,  la  tête  d'Hercule, 

çelii 


DES    Comètes.  281 

èeîîe  du  Serpentaire ,  &  prefque  tout  ie  corps  de  ces  deux 
conftellations  )  :  cette  Comète  parut  foixante- trois  jours.  li  C<i^^'^ 
5'eiî  glidé^une  faute  dans  cette  defcription.  Le  nord  de  l'Aigfg 
n'a  aucun  rapport  avec  le  refte  de  la  route  que  l'on  lait 
tenir  à  cette  Comète  :  je  penle  qu'il  faut  lire,  le  nord  de 
l'Ecrevïjfe ,  ou  fmiplement  rÉcrevijJe.  Struyck  ne  doute  pas 
que  celte  Comète  ne  foit  la  même  que  celle  de  l'année 
166 1  de  l'ère  Chrétienne. 

4- 

En  Chine,  fous  Fempire  de  Gay-û  j  deuxième  année 
Kien-pïng,  à  la  première  &  deuxième  Lune  (  vers  l'Equinoxe 
du  Printemps  ) ,  il  parut  une  Comète  dans  la  conilellation 
Nie  ou  (  tête  du  Capricorne  )  :  on  la  vit  durajit  foixante- dix 
jours  ^  M.  Struyck  croit  que  ce  pourroît  être  ia  Comète  de  ^GauiiiMaiik 

,  j  /C  ^  2,  ^  -  Jwl'anj.t,  IJJf 

3  *  ^  Struyck  , 

L'an  4  (  ou  plus  probablement  Tan  3  )  avant  l'ère  Chré- 
tienne ,  à  la  troifième  Lune  (  en  Avril  ou  Mai  )  ,  il^  parut 
une  Comète  aux  Étoiles  Ho-kou  (  et  de  l'Aigle  &  Étoiles 
;Voifnies  ) ,  au  nord  de  ia  conflellation  Kien-n'ieou  (  partie  du 
Capricorne).  Cette  Comète  ,  fi  elle  a  paru  en  l'an  4  ,  ne  Mailla.  tAIl,^ 
'diffère  probablement  pas  de  la  précédente.  v^'i-* 

Lan  j  avant  l'ère  vulgaire ,  une  Étoile  nouvelle  conduifit 
îes  Mages  de  l'Orient  à  Bethléhem  ^  Origènes  ^  &  l'Auteur  de     '  Math.  IL 
i'Ouvrage  imparfait  fur  Saint -Matthieu  ,    ont  paru  mettre     ^Or!g.cmtrt 
cette  Étoile  au  nombre  des  Comètes.  Théodore   de  Beze,    ^•'*  '  ' 
fTannérus,  Maldonat  même  &:  quelques  autres,  ont  été  de 
ce  fentiment  :    voyez  auffi  nos  Cométographes   modernes^.    ^  Lui.  Hévil 
On  a  rapporté  à  cette  prétendue  Comète  ce  que  dit  Pline '^  ^^^' 
de  la  i^omete  argentme  ,   qui  repreienîe  i  nnage  d  un  JJieu  ^^  ^^^^y^       * 
ibus  une  forme  humaine.  Pour  enjoliver  cette  belle  imagi- 
2iation  par  àçs  circonilances  encore  plus  merveilleufes ,  on  a 
ajouté  que  Jéfus-Chrift  paroilîbit  au  milieu  de  cette  Comète, 
porté  dans  les  ht^^  de  celle  qui  venoit  de  le   donner   au 
Toms  L  '  N 11 


282  Histoire 

monde.  Je  ne  crois  pas  que  cet  Aftre  miraciyeux  ait  pnêtre 
une  Comète.  Les  Comètes  font  des  Aftres  fournis  aux  loix 
générales  de  l'Univers  :  outre  leur  mouvement  propre ,  elles 
font  alfujetties  au  mouvement  diurne,  qui  fembie  emporter 
tous  les  Aftres  d'orient  en  occident,  dans  l'efpace  d'environ 
vingt -quatre  heures.  Comment  une  Etoile  pouvoit-elle 
montrer  aux  Mages  le  chemin  de  Bethléhem  !  comment 
dilparut  -  elle  ,  lorfqu'ils  entrèrent  à  Jérufalem  !  comment 
reparut -elle  enfuite?  enfin,  comment  s' arrêta -t- elle  fur  la 
maifon  où  étoit  né  Jéfus  -  Chrifl  !  Toutes  ces  circonftanceSj 
qu'il  ne  nous  efl  pas  permis  de  révoquer  en  doute ,  me 
paroifTent  incompatibles  avec  le  mouvement  des  Comètes. 
Or,  fi  cette  Etoile  à^i  Mages  n'a  pas  été  une  vraie  Comète  ^ 
elle  ell  étrangère  à  mon  fujet  :  il  efl  inutile  que  je  m'arrête 
à  difcLiter  en  quel  temps  &  combien  de  temps  elle  a  paru» 


DES    Comètes.  283 

S   E   C   T   I   O   N      I   L 

Histoire     des    Comètes 

Qui  ont  paru  pendant  les  fei:(e  premiers  fiècles 
de  l'ère  Chrétienne. 

ES  années  feront  déformais  comptées  félon  l'ère  vulgaire; 
l'opinion  commune  eft  que  cette  ère  commence  quatre  ans 
après  ia  nailîance  de  Jcfus-Chrift. 

L'an  I  ,  Comète  ou  flambeau  ardent  dans  le  Lion ,  pendant 
trois  nuits.  On  y  joint  une  éclipfe  imaginaire  de  Lune.  Lui>.  RocL  _ 

Zahî, 
ÎO.    * 

Sous  le  confuïat  de  P.  Corneiius  Dolabella,  &  de  C.  Julius 
Silanus,  en  ia  quarantième  année  de  Synin  ,   Empereur  du 
Japon ,  on  vit  plufieurs  Comètes  à  la  fois  ^  Quelques  modernes^  ""Mmii.  1,  J.Dlé 
en  marquent  une  dans  le  Bélier,  durant  trente-deux  jours.  Kaempf.  1. 11. 

^  Luit  Cajt 
iA,,    *  Rock,  Zahn, 

S.  Pompeius  Magnus  Se  S.  Apuieîus  étant  Confuls ,  on  vit 
Mlier  des  Etoiles  chevelues  &  de  couleur  de  fang.  En  Chine,     Dh  Caf. 
inie  Comète  le  montra  durant  vmgt  jours,  en  lan  5  du  règne  ^ 

de  Vam-mam  ou  Ouang-mang,  c'eft- à-dire  en  l'an  13  ou  SjnopJ.Chmu 
au  commencement  de  l'an  1 4.  f ^ff;  ''  ^^^^- 

En  ia  feizième  année  du  quarante -fixième  cycle,  on  vît 
une  Comète  à  la  Chine.  Coupla,. 

22.  * 

II  parut  encore  une  Comète  à  la  Chine ,  à  la  onzième 
Lune  (  en  Décembre  ) ,  à  i'Éioile  (  ou  plutôt  à  la  confleilation  ) 
Chan^  (>c,  .,  A,  ^  &  ^  de  THydre).  '  /l%f^]l'g' 

Nn  i|  p,  2jjt      ^ 


284  Histoire 

En  ^^    ou  40,    après   la  mort  de  Tibère,    on  vh  um 

Cafius,  Lvl.  Comète  dans  les  Gémeaux,.  Tibère  eit  mort  en  37  au  moîs^ 

■Bm  Rock.       ^^  ^^^^^ 

Sous  fe  règne  de  Kouang-ou-ti ,  Empereur  de  ïa  Chlnev 
au  jour  Ting-ouey  de  ia  première  Lune  (13  Mars  ),  Comète' 
dans  la  conftellation  Mao  (  les  Pléiades  )  :  elle  alla  à  ia  conl^ 
teliation  Che  (  l'aile  de  Pégafe).  Au  jour  Y-ouey  de  la  fécond© 
Lune  (30  A\Til  ) ,  elle  éîoit  dans  la  confteliation  Toung-pi 
(  cuifTe  de  Pégafe,  tête  d'Andromède)  :  on  ia  vit  quarante- 
G^7//;.yW"^///^,  neuf  jours.  Il  y  a  ici  quelque  erreur  de  date,  comme  le 
f,lii,2>' j2o.  YQ^j^2.Y(\uQ  le  P.  Gaubiî.  Le  30  Avril  elt  clairement  déter- 
miné par  le  jour  Y~  ouey  ;  mais  il  ne  peut  tomber  dans  ia 
deuxième  Lune,  qui  avoit  commencé  vers  le  14  de  Mars  î- 
on  aura  peut-être  écrit  deuxième  Lune  pour  troifième  Lune, 

Lubienietzki ,.  Hévélius  &  autres  Cométographes  de  cette 
elpèce,  marquent  à^s  apparitions  de  Comètes  en  40,  48, 
50  &  5  I  ,  mais  fans  aucune  autorité,  fans  aucun  ordre  chro- 
nologique. Tel  d'enti-'eux  fait  mourir  l'empereur  Claude 
éjès,  Tan  48» 

54"  ''' 

Avant  îa  mort  de  f empereur  Claude  ,  on  vît  long-temps 

'DïoCaf.lLJ;  une   Comète.  Elle  parut  d'abord  au  Septentrion  ,    s'éleva.. 

r^/'^J*'"'^^'^'''''- jufqu'au  Zénith,  &  s'avança  enfuite  vers  l'orient;  elle  deve* 

Sen.iib.viL  noit  de  jour  en  ^our  moins  brillante  ;  elle  s'écartoit  prefque 

*xxi^f^  ^  ^^"^  ligne  droite  deJa  Terre,  jufqu'à  ce  qu'enfin  on  ia  perdit 

de  vue.  Claude  mourut  le  i  3   d'Oétobre  ;  ainfî  la  Comète 

a  pu  paroître  en  Août  &  en  Septembre:  mais  elle  a  pu  aufli^ 

précéder  de  quelques  mois  ia  mort  de  i'Empereur. 

Les  annaies  Chinoifes   font   mention    de   cette  Comète j 
mais  elle  ne  nous  en  apprennent  autre  chofe  ,  fnion  qu'elle 
'maiïia,i.ni,  parut  au  TJé-oueï  ,  partie  du  ciel  qui  relie  continueliemenl. 
f'  3-fS'         fur  f  horizon. 

En  5  5  ,  ou  au  commencement  du  règne  de  Néron  ,.  0^^ 
^^MhAi^.Wà,.  vit  me  Comète  &  trois  Sokiio^ 


ES     C  Û   M  ETES.  2 


Kos  Cométographes  font  encore  paroître  des  Comètes  en 
\^6,  60 ,  6î  ,  6z  f  6/y  Se  deux  en  6S.  Tacite  dit  en  effet 
que  la  Comète  efl  un  Aûre  auquel  Néron  a  toujours  facrifié 
!eSangiepius  illuflre^  Cet  Aftre,  félon  Pline'',  s  eu  prefque  ^^Taàt.Anmh 
continuellement  montré  fous  le  règne  de  cet  Empereur.  Ces      "^^ 
exprelîions  autorifent  à  croire  qu'il  a  paru  un  grand  nombre  ^  ^^^'^  '    ''' 
de  Comètes  fous  l'empire  de  Néron  :    en  détail  ,   nous  ne 
fommes  alfurés  que  des  fuivantes. 

Sous  le  règne  de  Kouang-vouti ,  première  année  Tchong- 
yven ,  le  vingt-deuxième  jour  de  la  deuxième  Lune  (  vers 
le  26  Mars),  on  ceffa  de  voir  à  la  Chine  une  Comète  au 
nord-eft  de  la  conflellation  Yu-kouey  (fEcreviffe)  :  onfayoït 
yu  cent  treize  jours;  elle  étoit  allée  au  fud-efl:»  Cmiil 

Sous  ïe  quatrième  confulat  de  Néron  ,  &  ie  premier  Je 
Cornélius  Coifus,  il  parut  une  Comète^r  On  la  vit  en  Chine,  Tach.  AmaU 
fous  le  règne  de  Ming-ti,  troifème  année  Young-ping ,  au '• -^'^^' «•^'^* 
jour  Ting-mao ,  lixième  Lune  (  p  Août)  :  elle  éîoit  au  nord 
àe^  Etoiles  de  Perlée,  avec  une  queue  de  deux  degrés  de 
longueur  :  elle  fut  au  fud  de  la  conlîellation  Kang  (les  pieds 
de  la  Vierge  )  ;  elle  parut  cent  trente-cinq  jours,  GmUi  AJailkè 

62, 

«  La  Comète  ,  dît  Sénèque ,  qui  a  paru  fous  ïe  confulat   Senec,  i  Viîf 
de  Paterculus  &  de  Yopifcus ,  a  eu  les  fuites  qu'Ariftote  &  «''*  ^^^^^^^ 
Théophrafte  attribuent  à  ces  fortes  d'Allres.  11  y  eut  par-tout  des  « 
tempêtes  violentes  &  continuelles  :  dans  TAchaïe  &  dans  la  « 
Macédoine,  plufieurs  villes  furent  renverfées  par  des  tremble-  « 
mens  de  terre.  »  Les  noms  de  ces  deux  Confuls  ne  paroiflent 
point  dans  {es  faftes  ;  ils  étoient  fans  doute  fubrogés.  Plufieurs 
Cométographes  rapportent  leur  confulat  à  l'an  60  ou  à  l'an 
§^ ,  di.  confondent  en  coiifèquence  cette  Comète  avec  la 


1^86  Histoire 

précédente  ou  avec  la  fuivante.   Je  fuis  d'un  autre  avis ,  & 

voici  fur  quoi  je  me  fonde.  Les  tremblemens  de  terre  dont 

parle  Sénèque  ,    ont  précédé  d'un  an  ,    félon  Sénèque  lui- 

*SefuÎ!h.VI,  n^éme^  ceiui  qui  affligea  la  Campanie,  &  abîma  la  ville  de 

cap.  /.  Pompeies  :  mais  Pompeies  fut  certainement  ruinée  en  63  ^, 

iXV.Tiiiem.ju'r  hes  trembiemeus  de  terre  dont  parie  Sénèque  ,  appartiennent 

mon.  Caivij.   (^qy^q  \  l'an  62  ,  &  ia  Comète  a  été  vue  en  la  même  année 

62  ,  ou  au  plus  tôt  à  la  fin  de  (Si, 

64.  "^ 

^Taciu  Annal  Ou  Vit  à  ia  fin  de  l'année  une  Comète^:  elle  parut  Jurant 
,   ^         .  piuiieurs  nuits  conlecutives  ^. 

Nerom.  Sciièque  parle  d'une  Comète  qui  parut  tous  Néron,    & 

qui  dura  fix  mois  :  on  la  vit  d'abord  au  Septentrion  ;    elle 

Senec.i.vif,  paiïà  dc  -  là  au  Midi  par  l'occident.  Comment  a-t-il  pu  fè 

^xxix^'  ^  ^^^*'^  qu'un  Philorophe  ,  auffi  éclairé  ,  auffi  profond  que 
Sénèque  ,  qui  par  l'étendue  de  fon  génie  avoit  pénétré  le 
fecret  du  vrai  mouvement  des  Comètes  ,  qui  avoit  admiré 
l'ignorance  &  la  négligence  de  Ïqs  contemporains  fur  ce  qui 
pouvoit  les  conduire  à  la  connoiifance  de  la  vérité  ,  qui 
avoit  prédit  que  nous  déterminerions  un  jour  \qs  orbites  de 
ces  Aflres  errans ,  n'ait  daigné  nous  procurer  aucun  fecours 
pour  accélérer  ces  précieufes  découvertes  l  II  parle  de  plu- 
fieurs  Comètes  qui  ont  paru  de  fon  temps;  il  le  fait  fi  négli- 
gemment, qu'il  ne  détermine  pas  le  temps  de  l'année  auquel 
elles  fe  font  montrées,  ïi  y  a  plus  ;  il  ne  défigne  pas  même 
ies  années  de  leur  apparition  ,  ou  s'il  \gs  défigne,  c'eft  par 
à^s  caraélères  niéconnoKfables  ,  qui  laiffent  l'efprit  dans 
l'incertitude  :  telle  étoit  la  date  de  la  Comète  précédente. 
Quant  à  celle-ci,  il  en  parle  comme  de  la  dernière  qui  eût 
paru  lorfqu'il  écrivoit.  Mais  quand  écrivoit-il!  On  pourroit 
conjeélurer  que  la  Comète  de  64  a  été  la  plus  belle  de 
toutes  celles  qui  ont  paru  fous  Néron  ,  puifque  Suétone  ne 
parle  que  d'elle  feule  :  la  grande  Comète  de  Sénèque  feroit 
donc  celle  de  (^4,  fi  Sénèque  a  pu  écrire  depuis  fon  appa- 
rition ;  mais  c'efl  ce  qu'il  feroit  difficile  de  démontrer.  Si  h 


DES    Comètes,  287^ 

Comète  Je  64  n'a  paru  que  vers  la  fin  de  l'année,  comme 
le  dit  Tacite  ,  Sénèque  n'a  pu  lui  donner  (ïx  mois  d'appa- 
rition, que  bien  avant  dans  l'année  6 ^  :  or,  ce  Philoiophe 
devint  la  viélime  des  foupçons  &  de  la  jaioufie  de  Néron, 
vers  le  12  ou  13  Avril  de  cette  même  année  65.  On  croit  Tiikm.  fur 
qu'il  compofa  fes  Qiœfiions  Naturelles  en  64  :  on  peut  en  ^"'°^' 
effet  conclure  de  {^s  propres  paroles  ,  qu'il  écrivoit  lorfque  Semc.  l,  VI, 
ie  tremblement  de  terre  qui  ravagea  la  Campanie  duroit  ^•'^'  ^' 
encore,  ou  au  moins,  lorfqu'il  étoit  encore  récent,  c'ell-à- 
dire  en  63  ou  tout  au  commencement  de  64.  Alors ,  la 
Comète  dont  il  parle  ne  peut  être  que  celle  de  62.  Ne 
pourroit-on  pas  dire  cependant  que  la  Comète  de  64  a 
paru  dhs  le  mois  de  Septembre  ;  qu'elle  paroiffoit  encore 
lorfque  Sénèque  écrivoit  le  feptième  livre  de  Ç^s  Qiiejlions 
Naturelles ,  vers  la  fin  de  l'an  64  ;  &  que  la  Comète  ayant 
difparu  en  Février  65,  Sénèque  ajouta  à  Ton  manufcrit  qu'elle 
s'étoit  montrée  l'efpace  de  fix  mois!  Ne  pourroit-on  pas  auffi 
abandonner  Tacite  fur  ie  temps  de  l'apparition  de  la  Comète, 
en  remarquant  que  Ton  îémoignage'efl  contredit  par  \çls  annales 
Chinoifes ,  félon  lefquelies  la  Comète  a  paru  le  jour  Keng-fu 
de  la  troifième  Lune  (le  3- Mai)  ,  au  fud  de  Tfo-tchï-fa 
(  71  de  la  Vierge  )  !  Ou  plutôt  ,  puifque  la  Comète  a  paru  Cauhîi, 
durant  fix  mois ,  félon  Sénèque ,  ne  pourroit-on  pas  concilier 
tout,  en  difant  qu'elle  a  paru  depuis  Mai  jufqu'en  Odobre, 
ce  qui -peut  paroître  fufiifant,  pour  qu'on  puilfe  dire  qu'elle 
a  paru  vers  la  fin  de  l'année  \  Cependant ,  une  difficulté 
arrête  encore.  La  Comète  de  Sénèque  a  été  vue  d'abord  au 
Septentrion;  celle  des  annales  Chinoifes  fut  obfervée  vers 
i'équateur  ou  au-delà  :  il  a  pu  paroître  deux  Comètes  en  (34. 

En  la  huitième  année  Young-pïng,  fixième  Lune,  jour 
Gïn-ou  (  25)  Juillet  )  ,  une  Comète  fortit  de  la  conftellation 
Tchaug  (  la  partie  de  l'Hydre  entre  la  coupe  &  le  cœur  de 
l'Hydre);  elle  fut  près  des  Étoiles  du  Lion:  on  ia  vit  cin- 
quante-lix  jours  à  la  Chine,  -    Uid,, 


1^83  H  r  ^  T  a  T  n  1 

66. 

En  Chine,  neuvième  3.nnée  You/ig~pwg ,  première  Lune, 
jour  Vou-chin  (20  Février),  on  vit  une  Comète  de  huit 
degrés  de  longueur  dans  la  conllellation  Nieou  (  tête  du 
Capricorne  )  ;  elle  parcourut  le  Sagittaire ,  &  parvint  jufqu'au 
fud  du  front  du  Scorpion  :  fon  apparition  fut  de  cinquante 

'GauUl,      joiirs, 

»  Dh  Caf       \\  parut  une  Comète  fous  le  règne  de  Vîtellius  ^ 

Jib.   LXV.  ou  ^ ,  ,  ^         ^  , 

Jdphil  Plulieurs   prodiges    annoncèrent  la   ruine   de  Jérufaiem  , 

^Jofeph.deBeil.  ÇqIou  Josèphe  ^  :  entre  autres  préfaces,  une  Comète,  du 
nombre  de  eelles  qu  on  appelle  Atpnias  ,  parce  que  leur 
queue  paroît  repréfenter  la  lame  d'une  épée,  iut  vue  pendant 
un  an  entier  fur  la  ville  de  Jérufaiem.  Cette  ville  fut  prijfè 
&.  faccagée  en  Septembre  70  :  la  guerre  avoit  commencé 
àhs  l'an  66  \  il  faut  donc  que  la  Comète  ait  paru  entre  6<y 
8l  6p.  Les  autres  prodiges  ,  dont  parle  Josèphe  ,  doivent 
certainement  être  rapportés  à  l'an  65  :  il  fembleroit  donc 
naturel  de  rapporter  à  cette  même  année  l'apparition  de  la 
Comète;  mais  cela  n'eft  pas  abfoiument  néceiîàire.  La  plupart 
des  Coniétographes  croyent  que  la  Comète  n'a  précédé  que 
d'un  an  la  ruine  de  Jérufaiem  :  elle  auroit  donc  paru  en  6^  ; 
elle  auroit  été  vue  fous  le  règne  de  Vitellius,  Les  paroles 
même  de  Josèphe  peuvent  autorifer  à  le  croire  :  cet  hillorien 
dit  au  moins  alfez  clairement,  que  cet  Aftre  ne  s'eil;  montré 
qu'après  le  commencement  de  la  guerre.  Mais  on  peut  pro- 
pofer  d'autres  difficultés.  Josèphe  diftingue  manifeilement 
i'Ailre  qui  reflèmbloit  à  une  épée,  de  la  Comète  qui  dura 
un  an.  D'ailleurs,  une  Comète  peut-elle  être  û  long-temps 
vifible  !  Il  me  femble  que  ces  deux  difficultés  peuvent  le 
détruire  l'une  par  l'autre,  en  admettant  l'apparition  de  plu- 
fieiirs  Comètes  en  une  feule  année.  Une  Comète  aura  paru 
d'abord ,  voifine  du  Soleil ,  &  avec  une  queue  qui  pouvoit 
^¥oir  quelque  reifemblance  avec  la  lame  d'une  épée.  Après 

quelaue^ 


T>  E  s     C  0  M  è  T  E  s.  2. 

quelques  jolirs  de  mauvais  temps,  elie  aura  reparu,  plus  voifuie 
de  la  Terre,  avec  une  telle  déclinaifon  boréale,  qu'elle  aura 
pafle  tous  les  jours  affez  près  du  zénith  de  Jérufalem ,  ou  du 
moins  dans  une  telle  pofition ,  que  fa  queue  aura  paru  tou- 
jours dirigée  vers  le  zénith  de  cette  ville  :  elle  aura  été 
vifible  pendant  quatre  mois  ou  environ.  A  Ton  apparition, 
aura  fuccédé  la  laifon  des  pluies,  régulières  en  Judée  ;  & 
cette  faifon  aura  été  fuivie  de  l'apparition  d'une  nouvelle 
Comète,  qui  en  confequence  de  quelque  analogie  avec  la 
précédente  ,  aura  été  confondue  avec  elle  :  celle-ci  aura 
pareillement  duré  quelques  mois  ;  &  les  deux  Comètes , 
conjointement  avec  la  faifon  dQs  pluies ,  auront  occupé  prefque 
l'année  entière.  Cela  fuffit,  pour  que  l'on  puiiîe  donner  une 
interprétation  raifonnable  aux  exprefTions  de  Josèphe.  Rien 
n'empêche  d'ailleurs  de  dire  que  le  prétendu  Aftre ,  en  forme 
d'épée ,  n'étoit  qu'un  fimple  nuage  ou  quelqu'autre  météore. 
Je  ne  crois  pas  qu'il  faille  ici  recourir  au  furnaturel,  comme 
ont  fait  quelques  Écrivains  :  Dieu  fans  doute  ne  multiplia 
pas  \ts  miracles  en  faveur  d'une  nation  ingrate  qui  n'étoit 
plus  fon  peuple ,  qu'il  avoit  réfolu  de  difperier ,  à  laquelle  ii 
avoit  déclaré  lui-même  qu'il  ne  donneroit  plus  d'autre  figne 
que  celui  du  Prophète  Jonas.  Matth,  is  | 

70  &  71.  En  Chine,  à  la  onzième  Lune  (en  Décembre  ^^' 
yo  ,  ou  en  Janvier  de  l'année  fuivante) ,  une  nouvelle  Étoile 
fut  oblervée  dans  le  Lion  :  elle  dura  quarante  -  huit  jours. 
L'année  fuivante ,  jour  Vou-tfe  de  la  première  Lune  (  6  Mars) , 
on  en  vit  une  autre  dans  Mao  (  les  Pléiades  )  ;  elle  parut 
foixante  jours.  GaiM, 

72.   Comète  dans  la  Balance ,  pendant  quarante  jours,  Lub.CafiuSi^ 

Héi'él,    Eckjl,  ' 
7  5  *  Eoeài  Zahn, 

A  la  fixième  Lune  de  cette  année  (  en  Juillet)  ,  il  parut 
une  Comète  aux  Étoiles  Taï-oueï  (les  parties  boréales  du   MalUa > u ÎÎU^ 
Lion  &  de  la  Vierge ,  auflrale  du  Bouvier ,  &c  ).  ^'*  ^■^^^ 

«  La  dernière  Comète  que  l'on  ait  obfervée  jufqu'à  ce     piin.  m,^  îï^ 
Tome  L  Q  o  h^xKVj^ 


290  Histoire 

»»  jour,  dit  Pline,   efl  ceiie  dont  l'empereur  Tite-Céfar  a  fait 

»  la  defcription  durant   fon  cinquième  confulat  :    c'étoit  une 

V  Comète  Acontîas ,  c'eft-à-dire ,   qu'elle  avoit  la  figure  d'un 

trait  ^K  Elle  fut  auffi   obfervée  en  Chine  ,    en  la  première 

année   Kien  -  tfou ,  ■  ^u  jour   Keng-yn    de  la  huitième  Lune 

(7  Septembre),  dans  le  Tien-che  (vers  la  tête  d'Hercule; 

voyez  fur  les   années  68    &   i  i    avant  J.  C.  ).    Sa  queue 

étoit  de  3  degrés  ;   elle  entra  dans  le  troifième  degré  de  la 

conftellation  IsHeou  (  environ  3  degrés  à  l'efl  de  ^  du  Capri- 

^ifr'^'  ^'^'^''^'  corne  )  :  on  la  vit  pendant  quarante  jours. 

y  y   ou  y^,  * 

En  ia  même  année,  première  Kîen-tfou,  au  jour  Vou~ym 
de  la  onzième  Lune,  Comète  vue  en  Chine,  dans  le  troi- 
fième degré  de  la  conltellation  Leou  (  3  degrés  environ  à  l'efl 
de  (l  du  Bélier),  avec  une  queue  longue  de  8   à  9  degrés: 
Cmlll,      ^^^  ^"^  ^^^  pendant  cent  fix  jours.  Le  jour  Vou-yn  tombe  au 
a  3   Janvier  yy  \  mais  il  appartient  à  la  douzième  Lune  & 
non  à  la  onzième.   Le  P.  Couplet  dit   que   la  Comète  fut 
obiervée  à  la  douzième  Lune  ;    mais  il  retarde  fon  appari- 
tion   d'un   an  ,    en   la  rapportant  à   la   quatorzième   année 
du   quarante -feptième    cycle  :    alors    elle   auroit   paru    en 
Janvier  78.   Le  P.  de  Mailla  date  pareillement  fon  appa- 
rition   de  la    douzième   Lune    78  ,   &  dit  qu'elle    fut    aux 
Maïlk.tJlî,  Etoiles  Tfé-oueï  (  qui  ne  le  couchent  jamais).   En  ce  cas> 
^'•^   "^  le   jour   Vou-yn   tomberoit  fur   le    13    Janvier   7^,    &   la 

date  de  la  Comète  du  P.  de  Mailla ,  feroit  de  deux  ans 
poftérieure  à  la  date  de  celle  du  P.  Gaubil.  Peut  -  être  ces 
deux  Comètes  font-elles  différentes  :  celle  du  P.  de  Mailla 
pourroit  alors  être  la  même  que  la  Comète  fuivanîe. 

79' 

«  Plufieurs  prodiges  précédèrent  la  mort  de  Ve/pafien  ^ 
^  une  Comète  parut  long-temps  ;  le  tombeau  d'Augufle  s'ouvrit 
*  de  lui-même.  Comme  \qs  Médecins  reprenoienî  Velpafien 
^  de  ce  que,  attaqué  d'une  maladie  férieufè,  il  continuolt  de 


DES    Comètes,  291 

vivre  à  Ton  ordinaire ,   &  de  vaquer  aux  affaires  de  i'Etat  :  « 
Il  faut ,  répoiidit-ii  ,    qu'un   Empereur  meure  debout.  Voyant  « 
quelques    courtifans    s'entretenir    tout    bas    de   ia   Comète  :  « 
Cette  Etoile  chevelue ,   dit-il ,  ne  îiie  regarde  pas  ;   elle  menace  « 
plutôt  le  roi   des  Parthes  ,   il  efl  chevelu   &  je  fuis  chauve.  « 
Sentant  fa  fin  approcher  :  Je  crois ,  dit-il ,  que  je  deviens  Dieu,  « 
li  vécut  foixante-neuf  ans  &huit  mois.  »  J'ai  cité  ce  pafTage      Din  Gif, 
en  entier,   parce  qu'il  me  femble  qu'il  ne  laiHe  aucun  doute  '^-.  ^jf'  °"' 
fur  le  temps  de  l'apparition  de  la  Comète.   Velpafien  étoit 
bien  certainement  alors  attaqué  de  ia  maladie  dont  il  mourut. 
La  Comète  n'a  donc  pas  paru  dix-huit  mois  avant  h  mort 
<îe  cet  Empereur  ;   elle  n'efi;  donc  pas  la  même  que  celle 
qui  avoit  été  vue  en  Janvier  &  Février  de  l'année  précé- 
dente. D'autres  anciens  parlent  de  cette  Comète  en  des  termes 
qui  donnent  clairement  à  entendre  que  ion  apparition  a  pré- 
cédé de  fort  près  la  mort  de  Velpafîen  ,    qui  arriva  ie  24   Suet.  in  Vefpi 

Juin  7_9.  Aurei.  Vléîor, 

117. 

Sous  le  règne  de  Gan-tî,  troifième  année  Yven-tfou,  au 
jour  Kia-ou  de  la  onzième  Lune  (p  Janvier  i  17),  on  vit  - 
en  Chine  une  Etoile  nouvelle  vers  l'oueft.  Au  jour  Ki-hay 
(  14  Janvier) ,  elle  fut  au  ^\\à  de  la  confieliaîion  Hiu  (/2  du 
Yerfeau  &  et  du  petit  Cheval)  :  éàe  alla  jufqu'à  la  conftella- 
tion  Ouey  (  la  ?4ouche  ).  Le  mouvement  de  cette  Étoile  Gau\tl 
nouvelle,  prouve  qu'elle  étoit  une  véritable  Comète  :  elle 
n'avoit  apparemment  point  de  queue. 

128,    Comète  durant  trente -neuf  nuits  dans  le  Verfeau  & 
le  Capricorne  ;    elle  fut  fuivie  d'un  tremblement  de   terre  qui 
renverfa  Nicopolis  (  ou  félon  d'autres,  Nicomedie)  &  Céfarée.     LuhCœftnii^ 
Ce  tremblement  de  terre  appartient  à  l'an  12p.  HeWl,  Rock, 

130.  Comète  très-favorable  à  Ujuard ,  roi  d'Angleterre  ;  il 
défit  le  tyran  Carduela  ;  il  augm.enta  Joi:  royaume  &  celui  de 
Dieu  de  plufeurs  belles  provinces.  Rîcd  Zahm 

132.  *  Adrien  écoutoit  avec  làtisfaélion  ceux  qui  difoient 
quel'ame  d'Antinous  avoit  été  changée  en  une  nouvelle  Etoile^ 

Q  G  ij 


292 


Histoire 


'Dio  Caf    qL^e  ion  voyolt  depuis  peu  de  jours.  Cette  flatterie  de  Cour 
iciphU,    '  "^    prouve- t-eiie  bien  décirivement  la  réalité  de  cette  nouvelle 
Etoile  !  Adrien  ,   dit  Dion ,   prétendoit  voir  l'Étoile  d'An- 
tinous :  cela  fuffiloit  pour  faire  voir  à  des  courtifans  ce  qu'ils 
ne  voyoient  peut-être  pas  réellement.  On  voyoit  fans  doute  ^ 
ou  l'on   eroyoit  voir  cette  Etoile  dans  la  conftellation  de 
Ganimèdes  enlevé  par  l'Aigle,  &  c'eft  apparemment  ce  qui 
a  donné  occafion  de  changer  le  nom  de  Ganimèdes  en  celui 
d'Antinoiis.  En  admettant  la  réalité  de  l'Etoile  ,    il  refteroit 
à  décider  fi  cette  Etoile  étoit  une  Comète.  Struyck  le  croit; 
'Stfiiycl,iy^o-,  il  juge  même  que  cette  Comète  ell  celle  de  1652  :  fi  cela 
^"^■^•-  eft,  cette  nouvelle  Etoile  n'a  pu  paroître  dans  la  conftella- 

tion d'Antinoiis. 

141. 

Chun-ti  régnant  à  îa  Chine,  en  la  fixième  année  Young-ho^ 
au  jour  Ting-fe  de  ia  deuxième  Lune  (27  Mars)  ,  on  vit 
une  Comète  longue  de  6  ky  degrés,  à  i'efi;  :  au  fud-oueft  elle 
regardoit  la  conftellation  Che  [cl  ^  àQ  Pégafe  ).  Au  jour 
Ting  -  cheou  [16  Avril  ) ,  elle  étoit  dans  le  premier  degré 
de  ia  conftellation  Kouey;  Ton  afcenfion  droite  excédoit  de 
peu  celle  de  (^  d'Andromède.  Au  jour  Kouey-ouey  [2.2.  Avril  ) , 
elle  parcourut  au  foir  la  conftellation  Mao  (  où  font  les 
Pléiades ,  &  qui  a  près  de  i  i  degrés  d'étendue  en  aicenfion 
droite).  Au  jour  Kïa-chin  (23  Avril  ) ,  on  la  vit  dans  la 
conftellation  Tfnig  (  pieds  &  cuilTes  à^s  Gémeaux  ).  Elle 
parcourut  les  conftellations  Yu- kouey,  Lieou,  Sing ,  Tchang ^ 
(depuis  \qs  Gémeaux  jufque  près  de  la  Coupe) ,  &  elle  diiparut 
Gml'il  Maïïia,  dans  le  Lion. 

yp.^^z.       -^^^   «45,  fous  Antonîn  ,   une  Comète  fut  vue  pendant  Jix 

Lui.  Rock,    nuits  dans  le  Verfeau.   Quand  l'apparition  de  cette  Comète 

^J'    '^^"'      ièroit  bien  conftatée,  le  temps  de  cette  apparition  leroit  mai 

déterminé  par  cette  expreffion  vague,  Sous  t empire  d' Antotiin , 

ce   Prince  ayant  régné  vingt  -  trois  ans  ,    depuis  138  jui^. 

qu'en  161. 

%uh,  lùcL        1^6*  Une  Comète  parut  long-temps  &fui  vue  par  toute  la  terre  x 


DES    Comète  s.  293 

148   ou   145?. 

Sous  le  règne  de  Huon-ti  ,    deuxième  année  Kien~ho, 
au  jour  Y-tcheou  de  la  huitième  Lune  (  24  Odobre  )  ,    on 
vit  en  Chine  une  Comète  de   5  degrés  de  longueur,    dans 
ie  milieu  du  Tien-che  (  vers  la  tête  d'Hercule  )  :  elle  diiparut 
au  jour  Vou-tchin  de  la  neuvième  Lune  (  ou  au  27  Odobre).     CauUk 
La  huitième  Lune  doit  renfermer  l'équinoxe  d'Automne, 
lequel  en  148  efl  tombé  le  24  ou  25  Septembre  :  la  Lune 
a   renouvelé  le    i."    Oétobre  ,    &  l'on   a   dû  àts  ce  jour 
compter  la  neuvième  Lune.  Le  P.  de  Mailla  ne  fait  paroître 
la  Comète  qu'en  145? ,  &  la  difficulté  dilparoît.  La  huitième  Maîlia,  u  ilî^ 
Lune  aura  commencé  le  20  Septembre,    le  jour  Y-tcheou  v-  4^^* 
aura  été  le  i  p  Oélobre  ,   &  le  jour   Vou  -  tchin  le  2  2    du 
même  mois. 

158.  Janflen  Twisk,  dans  (on  Traité  des  Comètes,  fait 
mention  d'une  Comète ,  qui  a  dû  paroître  cette  année.  StruycA^iy^o^ 

161, 

A  ia  première  Lune  de  l'année  161  (elle  commençoiî 
ie  1 3  Février  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète  à  la  conflella- 
îion  Sin  (o-,  a,  r  du  Scorpion).  MaWa/uijl^ 

En  161,  l'Empereur  Antonin  mourut  :  fous  fon  règne  il 
parut  une  Comète.  Mais  en  quelle  année  ,    demande  Lubie-    Luh.  Edfij^ 
ïiietzki  lui-même?  en  160,  difent  Eckftormius  &  Zahn. 

1^2.  *   Lucius  Cé/àr  làcrifiant  à  Athènes,  un  feu  parut 
îraverfer  le  Ciel  d'orient  en  occident ^  Mais  ce  feu  étoit-il  c^Éj^^nlr- 
bien  une  Comète  ?   Je  ne  le  penfe  pas.  Struyck  ^  cite  auffi  »w?'«-  Comr., 
une  hiftoire  Chinoife^  dans  laquelle  je  ne  trouve  aucune     ^^^>''iy^^^ 
mention  ni  de  cette  Comète  ni  de  la  fuivante.  Un  ignorant  é?/^/^]/;.//' 
Copifte    aura  fans    doute   communiqué    à  M.  Struyck  les  '  Sjn.  Chonoli 
Comètes  de  182  &  188  fous  \qs>  dates  de  162  &  168.  '  ^   ■ 


168.  *  On  vit  une  Comète.  Ici  Struyck  cite  \2i  mtmQ  stmyck,i^^oi 
Bïftoire  Chinoife,  où  il  n'eft  parlé  d'aucune  Comète  fur  cette  /"•  -^^^  '  ^^ 
année,  &  P.  JaniTen  Twi^k  ,  auteur  trop  moderne  ;   pour  '^^^'^''^ 


2.94  Histoire 

que  (on  autorité  puiiïe  condater  la  réalité  de  cette  Comète. 
Je  trouve  auffi  dans  le  Recueil  des  Tables  Aflronomïques , 
imprimé  à  Berlin  en  1776,  &  dans  un  Catalogue  manufcrit 
de  Comètes,  qui  m'a  été  envoyé  de  Pollingen  en  Bavière, 
r apparition  d'une  Comète  en  l'an  165  ;  apparition  qui  n^û. 
fondée  que  fur  à^s  autorités  modernes  ,  &  par  conféquent 
trop  caduques. 

178.- 

A  ia  huitième  Lune  (commençant  le  3  o  ou  le  3  i  Août), 
AMld,  1. 111,  on  vit  à  la  Chine  une  Comète  dans  ÏQTien-ché.  he.Tien-ché 
i^'  J°^'         renferme  la  Couronne  boréale ,  la  tête  &  les  épaules  d'Hercule 
&  du  Serpentaire,  &:c. 

180; 

A  la  dixième  Lune  (  commençant  vers  le  6  Novembre) , 
les  Chinois  obfervèrent  une  Comète  aux  Etoiles  Lang-fin^ 
^^nîâ.p.;oS  ^  }iou-frng^  [yexs  Sirius ). 
\iY\i^j        181.   Comète  barbue^. 

JLckfi.   Zahn.  182.    '*' 

Wàer, 

Han-Iing-ti  monta  fur  le  trône  de  ia  Chine  en  1(38  :  en 

^jttXhmoL    la  quinzième  année  dé  fon  règne,    il  parut  une  Comète. 

A  la  feptième  Lune    (  qui  en  cette  année  commença  vers 

le  17  Août),  elle  étoit  dans  San-tay  (patte  précédente  de 

*  Gaulîl.      la  grande  Ourfe^)  :  on  la  vit  dans  Tdi-ouéi^  (  qui  contient 

^ Mailla, î.Uh  la  queue  du  Lion,    prefque   toute   la  Vierge,   partie    du 

M'  i°7-'         Bouvier,  &c.) 

188.  * 

On  vît  une  autre  Comète  en  la  vingt-unième  année  du 
^ Syn. Chronol.  même  Empereur^,  à  la  deuxième  Lune^  Cette  Lune  com- 
fc  Maiiiaj  t.  W,  mença  en  1 8  8  ,  le    16  Mars. 

Vers  ipo.   * 

jLamprid.  m       ç^^^^^  l'empire  de  Commode,  on  vit  une  Étoile  cheveIue^ 
imodfUL   «Piufieurs  prodiges,  dit  Herodien'^,  parurent  en  ce  même 


DES    Comètes.  ipy 

temps  :  on  voyoit  continuellement  àes  Etoiies  en  piein  jour  ;  « 
quelques-unes  d'entre  elles,  étendues  en  long,  paroifToîent  « 
comme  fufpendues  au  milieu  de  l'air.  »  Hérodien ,  immédia- 
tement auparavant ,   avoit  parlé  de  la  mort  de  Cléanthe  ou 
Cléandre  ,    qui  fut  tué  en  i8f)  :    auflitôt  après  il  parle  de 
l'incendie  du  temple  de  la  Paix,  brûlé  en  i^i.  Si  donc  la 
Comète   de  Lampride  eil  du   nombre   des  prodiges   dont 
parle  Hérodien,  elle  aura  pu  paroître  en  ic>o.  Struyck  en^^'-m^''i7^o'i 
détermine  l'apparition  à  l'an    i86.  Peut-être  en  a-t-on  vu^'"^"^' 
plufieurs  Tous  le  règne  de   Commode  :    celles    de    182    6c 
de  188,  font  conftatées  par  les  chronologies  Chinoiies. 

tp2,  A  la  mort  de  Commode,  on  vit  une  Comète.  Luhùn.  Ed^i 

15)3. 

A  la  dixième  Lune  (  commençant  vers  le  i  i  Novembre) , 
ïi  parut  à  la  Chine  une  Comète  dans  le  Tien-ché.  Y oyç:z  Maiiia,t,  m ^ 
fur  l'an  178.  P'S^S>. 

1^3.   Peu  avant  la  mort  de  l'empereur  Perîinax  ,    il  parut 
une  Comète.   Pertinax  régna  depuis  le    i  .^'^  Janvier  julqu'au   Foutan.  h  //j 
2.8  Mars  1^3. 

IP3.   Sous  l'empire  de  Julien,  en  Avril  ou  en  Mai  15)3, 
«  On  vit ,  dit  Dion ,  trois  Etoiles  autour  du  Soleil  ;    on  les     dîo  Caf, 
diflinguoit  très-faciitment ,   les   Soldats  fe  \qs   montroient  :  «t''^^''^.,-^;Ç^^d 
IIS  etoient  perluades  qu  elles  annonçojent  de  grands  mameurs  « 
à  Julien.  Ce  préfage  nous  flaîtoit;   mais  la  crainte  de  l'Em-  « 
pereur  ne   nous  permettoit  pas  de  regarder  ces  Etoiles  :  je  « 
fuis  cependant  bien  alTuré  qu'elles  parurent,  comme  je  l'ai  « 
dit.  »  Au  commencement  d'Avril  15)3  ,    on  pouvoit    voir 
Vénus  de  jour  :  quant  aux  deux  autres  Etoiles ,   avant  que 
de  décider  ce  qu'elles  étoient  ,   il  faudroit  favoir  combien 
de  temps  elles  ont  paru. 

En   ip5  ,    du  temps  de  l'empereur  Sévère,    on  vît  une 
Comète,  Lubienietzki  fbupçonne  qu'elle  ne  diffère  pas  de  îa    v^^* 
Comète  de  fan  2.04. 


296  Histoire 

200. 

A   la  dixième  Lune    (  commençant   \q   2.6   0(5lobre  ) , 
'Ma'Ua,t,iV,  Comète  obfervée  à  la  Chine  dans  la  confleilation  Ta-léans. 

204. 

Avant  la  difgrâce  de  Plaiitien ,  on  vit  une  Comète  à  Rome 

•  plo  Caf  Jurant  plufieurs  jours  ^   Plautien  fut  tué  en  204,  ou  peuti^ 

jiHvhii.  eti'e  même   au   commencement   de   205     .   KjeliQ  Cornet» 

i>  Ti'l/em.  fur  fut  vue  à  la  Chine;    on   comptoit  alors  la  vingt -unièm© 

'S'eum.  année   du    quarante -neuvième    cycle  ^:    elle   fut  vue  à  la 

''^P  ^''     dixième  Lune ,   commençant   le   i  o   Novembre  à  l'Étoile 

^Mmlla.t.IK  Tom--tfwq^, 

*  ^  206   &  207. 

En  la  vingt-troifième  &  en  la  vingt-quatrième  année  du 

Çoufieu    quarante -neuvième  cycle  ,  on  vit  à^s  Comètes  en  Chine. 

Le  P.  de  Mailla  les  rapporte  toutes  \ts  deux  à  l'an  20^.  La 

première  fut  vue  le  premier  jour  de  l'année  (  27  Janvier), 

près  du  pôle;  la  féconde  à  la  dixième  Lune   (  commençant 

mailla,  t. IV.  vers  le  i  8  Novembre) ,  dans  la  confleilation  Chun-oue'i, 

211.   La  mort  de  l'empereur  Sévère  fut  précédée  de  ïappa* 
■^"^  ^jfiî  riîïon  d'une  Comète.  Sévère  mourut  en  Février  211. 

^^Imagtli  VJU, 
Jeél.  I.eap.V, 
^,  ^  ^,  Zahn,  ^  i  _j  • 

L'an  2  12,  à  la  douzième  Lune  (  elle  commençoit  le  p 
ou   10  Janvier  213  ),   on   vit   en  Chine  une   Comète   à 
mailla, u IV,  l'Étoile  Ou-tchu-heou  (9,  ê,  t   à^i  Gémeaux,   &c.  félon  le 
*^'  ^'  P.  Noël  ). 

217.   Une  Comète  parut  durant  dix  -  huit  jours  dans  les 
Poijfons ,   avant  la  mort  de  Caracalla  ;  fon  mouvement  étoit. 
'Luh.  Rsch,  4' orient  en  occident.  Caracalla  mourut  en  Avril  217. 

%ahttt 

218.    * 

Peu  avant  la  mort  de  l'empereur  Macrin,  «  Une  Etoile  j 

iLXXvfîu'  dit  Diôiij  cjui  durant  plufieurs  nuits  étendit  fon  rayon  ou  fa 
^~  -  —  '"       "  "  '  '  queue 


DES    Comètes.  297 

queue,  de  l'occident  à  l'orient,  nous  effraya  beaucoup.  »> 
Macrin  fut  tué  en  Juin  218.  On  vit  cette  Comète  en 
Chine ,  mais  du  côté  de  l'orient ,  à  la  troifième  Lune ,  qui 
commençoit  le  i  3  Avril. 

2  2  2.  En  Chine,  troifième  année  Hoang-tfou ,  neuvième 
Lune,  jour  Kïa-tchin  (4  Novembre),  on  vit  une  Etoile 
nouvelle  dans  Tay-ouey ,  près  de  Yemen  oriental  (  ou  entre  ^ 
de  la  Vierge  ^  s  du.  Lion).  Gmhli. 

232. 

Sixième  année  Tay-ho,  jour  Ping-yn  de  la  onzième  Lune 
(  4,  Décembre  ) ,  Comète  vue  en  Chine ,  près  de  <r  du  Lion.       ihid, 

En  la  quatrième  année  Tftng-Ioung ,  dixième  Lune,  jour 
'Kia-chïn  (30  Novembre)  ,  une  Comète  de  3  degrés  parut 
en  Chine  dans  le  Scorpion.  im. 

En  la  même  année,  au  jour  Ki-hay  de  la  onzième  Lune 

(16  Décembre) ,  on  vit  une  autre  Com.ète  près  de  Hoan , 

au  milieu  du  Tien-che.  ( Hoan  efl  une  petite  Étoile  au  fud 

de  la  tête  d'Hercule  ).   Ces  deux  Comètes  n'en  font  peut-     îbîà, 

être  qu'une  feule.   Le  P.  de  Mailla  \qs  fait  paroître  toutes 

\qs  deux  dans  la  dixième  Lune,    l'une  à  l'Etoile  Ta-tchin, 

l'autre  du  côté  de  i'eft.  Mailla,  t.  iv, 

p,  10;. 

238.  Deux  Comètes. 

On  vit  à  la  Chine  deux  Comètes  en  cette  année ,  deuxième 
Kin-tfou.  La  première  parut  à  la  huitième  Lune,  la  queue 
étoit  de  3  degrés;  elle  rétrograda  pendant  quarante-un  jours: 
on  l'obferva  dans  la  conflellation  Tchang  (  entre  le  cœur  de 
i'Hydre  &  la  Coupe).  GaulU 

Au  jour  Kouey-fe  de  la  dixième  Lune  (  2p  Novembre  ) , 

on  vit  une  Étoile  nouvelle  dans  la  conllellation  Goey  (  et  du 

Yerfeau,  é  &  ô  de  Pégafe)  :  elle  étoit  rétrograde;   tWe  fut 

au  nord  de  Pégafe ,  parut  entre  le  Cygne  &  Céphée.  Au  jour 

Tome  L  Pp 


298  Histoire 

Kia-tchin  (  10  Décembre),    on   l'obferva  à  i'ouefl:  Je  la 
queue  de  l'Aigle.  Au  jour  Ki-yeou \  15   Décembre),  elle 
Gauhii,     dilparut.  Le  mouvement  de  cette  Étoile  ne  permet  pas  de 
l'évoquer  en  doute  que  ce  ne  fût  une  vraie  Comète. 

240. 

A  la  première  année  Tching-cin,  au  jour  Y-yeou  de  la 
dixième  Lune  (  i  o  Novembre  )  ,  on  vit  en  Chine  une 
Comète  de  30  degrés  de  longueur  ,  dans  la  conftellation 
Ouy  (  laquelle  renferme  toute  la  queue  du  Scorpion  )  :  elle 
fut  en  approximation  avec  Vénus  (  mais  quel  jour  î  Vénus 
étoit  alors  dans  le  Capricorne  ;  elle  y  refta  jufque  vers  le 
5  Décembre,  qu'elle  entra  dans  le  Verfeau.  Sa  latitude, 
au  I  o  Novembre ,  étoit  d'environ  2.  degrés  au  fud  ;  au 
commencement  de  Décembre  ,  elle  n'étoit  pas  d'un  degré 
entier  ).  Au  jour  Kia-tfe  de  la  onzième  Lune  (  i ^  Décembre), 
la  Comète  fut  près  dts  Étoiles  Yu-lin  (  qui  font  entre  le 
JUd,     Verfeau  &  la  Baleine,  au  fud  de  l'écliptique  ). 

245. 

En  la  fixième  année  Tchîng-chï,  au  jour  Voa-on  de  îa 
huitième  Lune  {  1 8  Septembre  ) ,  les  Chinois  obfervèrent 
une  Comète  de  2  degrés  dans  la  conftellation  Sing  (  le  cœur 
de  l'Hydre  Se  Étoiles  voifmes  )  :  elle  fut  vue  vingt-trois 
jours  ;  elle  parvint  à  la  conftellation  Tchang  (  entre  le  coeur 
ihid,     de  l'Hydre  &  la  Coupe).  , 

247. 

L'année  fuîvante,  une  autre  Comète  fut  vue  dans  ia  conf- 
tellaiion   Tchin    (  le  Corbeau  ) ,   au  jour  Kouey  -  hay  de  la 
onzième  Lune  {16  Janvier  247)  :   elle  parut  durant  cent 
Wd,     cinquante -fix  jours. 

248. 
Neuvième  année  Tchwg-chi,  à  ia  feptième  Lune ,  Comète 


DES    Comètes.  299 

de  2  degrés  dans  la  confteilation  K  (  la  Coupe  )  :   elie  fut 
à  la  confiellation  Tchin  (  le  Corbeau  )  ;  on  la  vit  42  jours  :     Gaubl 
ce  pourroit  être  la  Comète   d'Haiiey.    La  feptième  Lune 
commença  le  6  ou  7  Août  248. 

^52.  Deux  Comètes. 

En  la  troifième  année  Kia-ping ,  au  jour  Kouey-ouey, 
onzième  Lune  (10  Janvier  252),  Comète  vue  en  Chine 
dans  la  confiellation  Che  (  aile  de  Pégafe  )  :  elle  fut  à  l'oueft 
&  parut  quatre-vingt-dix  jours.  i^an* 

En  la  quatrième  année,  jour  Ting-yeou  de  la  deuxième 
Lune  {25  Mars  ) ,  Comète  dans  la  confiellation  Ouey  (  la 
Mouche)  :  fa  longueur  étoit  de  50  à  éo  degrés;  on  la  vit 
vingt  jours.  La  Comète  précédente  paroifloit  donc  encore,      Uem» 
iorfqu  on  découvrit  celle-ci. 

En  la  cinquième  année  Kia-pïng,  à  la  onzième  Lune 
{  elle  étoit  prefque  toute  entière  renfermée  dans  le  mois  de 
Décembre) ,  on  vit  en  Chine,  près  de  vi  de  la  Vierge,  une 
Comète  longue  de  5  o  degrés.  ^^'f^. 

En  Chine,  troifième  année  Kin-yven ,  jour  Gîn-yn ,  onzième 
Lune  (  2  Décembre),  Comète  longue  de  50  degrés,  dans 
ia  conftellation  Kang  (les  pieds  de  la  Vierge  )  :  elle  alla  au 
nord  &  parut  quarante-cinq  jours.  idemt 

2.6%,  Deux   Comètes. 

Sous  l'empereur  Vou-ti ,  quatrième  année  Tay-M,  pre- 
mière Lune  (  au  mois  de  Février  ) ,  on  vit  en  Chine  une 
Comète  dans  la  confiellation  Tchin  { le  Corbeau  )  :  elle  alla 
au  nord-ouefl.  Idem, 

A  ia  neuvième  Lune  (  commençant  le  2  5  Septembre  ) , 

Ppi; 


300  Histoire 

en  Automne  ,  il  parut  à  la  Chine  une  Comète  dans  Tfe- 
' Mailla. u IV,  ouéi ,  partie  du  Ciel  autour  du  pôle,   &  qui  ne   defcend 
f.  j^S,         jamais  fous  l'horizon. 

A  la  feptième  Lune  de  cette  année    (  elle  commençoit 
le  1 6  Août  )  ,   on  vit  encore  à  la  Chine  une  Comète  dans 
n!d.p,  1 62,  Tje  -  oue'i. 

Sous  l'empereur   Vou-tï ,  quatrième  année  Hien-ning ,  on 
vit  une  Comète  à  la  quatrième  Lune  ,   ou  vers  le   mois 
Gaiilii.      de  Juin. 

En  la  huitième  année  Tay-kang ,   on  vit  en  Chine  une 
Comète  de  plufieurs   dixaines  de  degré  de  longueur  :    elle 
étoit   dans  la   conftellation   Téou    (ja,A,   (?',(r,r,Çdu 
Idem,      Sagittaire  )  ;  elle  parut  ^dix  jours. 

A  la  huitième  Lune  (  commençant  le  6  Septembre  ) ,  on 
'AM/a,t,JK  vit  en  Chine  une  Comète,  près  de  l'Étoile  du  nord. 

305   ou   30^,  Avant  la  mort  de  Conflance    Chlore  ,   on 
Hév.  Lui,    Vît  une  Comète.  Cet  Empereur  mourut  en  Juillet  30 (S. 

'Ilhn,  Vers  319  ou  '^^'i^l  y  une  Comète  Je  montra  dans  la  Vierge» 

^Peucer.iùcJi.  4ivant  que  l'héréfiarque  Arius  commençât  à  publier  fes  erreurs^' 

^ocï  ^chi  Struyck  en  date  l'apparition  de  l'an  316,    d'autres  de  l'an 

Weh.  ire.      307,  &c.  M.  de  Tillemont^  tient  pour  probable  que  l'hé- 

J- Tiii.  Hîfi.  réfie  Arienne  éclata  vers  l'an   510,   quoique  Arius  ait  pu 

note  I  fur  les  Commencer  a  la  lemer  quelques  années  auparavant  :  a  autres 

Arkos,  diffèrent  cet  éclat  jufqu'en  ^2.^,   On  met  auffi  la  Comète 

avant   la  dernière  défaite  de  Licinius  par  Conftantin ,   en 

323,   ou  avant  le  Concile   de  Nicée  ,    célébré   en  325. 

Lycofih.     Quelques  Auteurs  parlent  même  de  plufieurs  Comètes:  La 

Comète  de  Halley  a  dû  paroitre  vers  324. 


DES    Comètes.  301 

La  mort  Je  l'empereur  Conftantin  fat  annoncée  par  l'ap- 
parition d'une  Etoile  chevelue  ,  extraordinairement  grande  : 
elle  brilla  durant  quelques  jours.  Conflantin  mourut  en  3  37,    Eunop.i.x^ 
îe  jour  de  la  Pentecôte,   2,2   Mai.  On  s'accorde  cependant 
affez  généralement  à  rapporter  l'apparition  de  la  Comète  à 
l'année  précédente:  en  effet,  on  vit  à  la  Chine  une  Comète 
en  la  trente-troifième  année  du  cinquante-unième  cycle ,   Se    Coupkt, 
par  conféquent  en  ^'^6.  Au  jour  Sïn-fe  de  la  première  Lune 
(  I  6  Février  ) ,  au  foir ,  elle  étoit  dans  la  conftellaîion  Kouey     GauUk] 
(  le  bras  auflral  &  la  ceinture  d'Andromède,  &le  Poiiîon  boréal  ). 
On  la  vit  auffi  dans  la  conftellation  Leou  (  tête  du  Bélier  ).  Mailla,  t.  ly. 
Quelques  Auteurs  font  paroître  cette  Comète  deux  ans  avant  ^*  ^^-^^ 
la  mort  de  Conftantin.    Nos  Cométographes  modernes  ont    Hiflor,  Mijc, 
imaginé  c]iielle  avoîî  para  dans  le  Bélier  durant  fix  mois  &  (^emur. 
trois  jours.  Rock.  Ed^, 

Zan,  &  alii, 
340. 

A  la  première  Lune  (  commençant  le   1 4  Février  ) ,   on 
TÎt  en  Chine  une  Comète   dans  Taï-oiiéi,  partie  du  Ciel  Mailla,  t,iv, 
qui  contient  une  grande  partie  du  Bouvier,   de  la  Vierge,^'  ^^^' 
du  Lion,  &c. 

En  340  ,   Comète  avant  la  mort  de  Conflantin  -  le  -  Jeune.     Lui.  RvciC. 
On  lui  donne  aulîi  cent  quatre-vingt-trois  jours  de  cl  urée , -^"^f"  ^'^A^-î 
&  on  la  fait  paroître  dans  le  Bélier  :  c'eft  fans  doute  la  fuite 
de  quelque  erreur  de  chronologie ,   fur  l'année  de  la  mort 
du  grand  Conftantin.  On  cite  Orofe,  Uv.  VU,  chap.  xix  ; 
il  n'y  efl:  fait  mention  d'aucune  Comète. 

343- 

En  Chine,  fous  l'empire  de  Kang-iî ,  première  année 
''Kien-yven ,  fjxième  jour  de  la  onzième  Lune  (  vers  le  p 
Décembre  ) ,  on  vit  une  Comète  de  y  degrés  dans  la  conf- 
tellation  Kang  (  les  pieds  de  la  Vierge),  ç^^^^^ 


302  Histoire 

■     _      35^' 

Mo-tî  régnant  en  Chine,  cinquième  année  Yowig-ho,2iM 
jour  Y-mao  de  la  onzième  Lune  (  7  Janvier  350),  on  vit 
Cauhil.     u"6  Comète  longue  de  i  o  degrés  dans  la  confteliation  if^/;^ 
(pieds  de  la  Vierge). 

3(^3.   * 

Sous  l'empire  de  Jovien  ,  on  vît  des  Comètes  en  plein 

"Ammlatu     jour.  Quelques  Ecrivains  ayant  dit  que  ces  Comètes  avoient 

Jh,  xjlV,       pgJ.^  fQU5  Jovien ,  après  la  mort  de  Julien ,  Lubienietzki  en  a 

pris  occafion  de  faire  paroître  une  Comète  avant  la  mort  de 

Julien  :  il  cite  pour  garant  Riccioli ,  qui  ne  parle  point  de 

cette   Comète.  Il  eft  certain,    par   les  Annales   Chinoifes, 

qu'il  a  paru  au  moins  une  Comète  en  3  63  ;  elle  fut  vue  à 

la  huitième   Lune   (  commençant  \q  z6  Août  ) ,    dans  les 

j\Mk,t,  IK  conftellations  Kio  Se  Kang  (et,  Ç,  îc.  A,  /,  i»  de  la  Vierge). 

jh^ip  £jj  -^j  Qy  '^7^*  Comète  -pendant  on:(e  femaines  dans  le. 

Luh.  Hévéi  Bélier, 

'Jlock,  Zahn.  5  ja 

En  l'année  373,  douzième  Lune    (  commençant  le  18 
Janvier  374  ) ,  il  parut  une  Comète  en  Chine  aux  Étoiles 
■Maiik,î.X,  Oueï  &  Ki  (peut-être  Oui  8l  Ki,  €,  /a,  r,  Ç,  8,  /,  Jc,  A,  u 
f'^j7'  du  Scorpion,  7,  J^,  e,  vi  du  Sagittaire). 

375'  '^ 

Très-peu  de  jours  avant  la  mort  de  l'empereur  Vaïentînîen,: 

Ammian.     OU  vit  dçs  Comètes  :  Valentinien  mourut  le  17  Novembre 
m,  XXX,       _  _  - 

3/5'  ,  ,       .       .     . 

Luh.Cœfus,  377*  Comète.  La  plupart  de  ces  Comètes  imagmaires  ne 
'Ljc.  lùck.  Joivent  leur  exiftence  qu'au  défaut  de  la  chronologie  qui  a 
guidé  nos  Cométographes  modernes.  Keckerman ,  par  exemple, 
cite  ici  Nicéphore-Callifte  pour  fon  garant  ;  c'efl  qu'il  anticipe 
manifeftement  de  douze  ans  la  date  de  la  Comète  men- 
tionnée par  Nicéphore. 


DES     Comètes.  303 

'380.   Comète  ronde  &  plus  grande  que  la  Planète  de  Vénus: 
on  la  vit  dans  la  Balance  depuis  le   commencement-  de  Mai 
juj  qu'en  Septembre  ;  elle  éclair  oit  tout  l'horizon  :  fa  durée  fut 
de  quatre  mois.    C'eft  encore  vraifembiablement  la  Comète     Luh,  Hévél. 
Je  38^;  l'anachronifme  neft  plus  que  de  neuf  ans.  °'^^'  ^^'^'' 

383.  Grande  Comète^.  C'efI;  encore  la  Comète  de  38^,     ^ Luh.  Rkc. 
anticipée  de  fix  ans.  Caj..Aifi.Zahn. 

384.  Comète femhlahle  à  une  colonne^.   Celle-ci   eil   la    ^LuhHévéU 
oniete  de  3^0. 

2 'S 6,   Comète"".  Ceû  encore  celle  de  3po.  On  vit  cette     ^  Lue.  RUc. 
année  en  Chine  une  Etoile  nouvelle  dans  la  conftellation  ^'^''"' 
Teou  (  yu, ,  A ,  (p ,  0- ,  T ,  Ç  du  Sagittaire  )  :  elle  parut  depuis 
la  troiiième  Lune  jufqu'à  la  fixième.  Gaulil, 

3h-  * 

«  Sous  le  Confulat  de  Primalius  Se  de  Promotus,  indiélion 
deuxième ,   une  Étoile  fe  leva  du  côté  du  Septentrion  ,    à  « 
i'heure  du  chant  du  coq.  Semblable  à  l'Étoile  du  matin ,  elle  « 
brûloit  plutôt  qu'elle  ne  luifoit  ;  elle  ceffa  d'être  au  bout  de  *« 
vingt-huit  jours.  »   Ces  paroles  du  Comte  Marcellin  déter-     Marceîiin, 
Biinent   l'année  de  l'apparition  :   les  caraélères   ne  peuvent 
convenir  qu'à  l'an  38^.  Voici  maintenant,  d'après  Philoftorge     PhUoflr.i x, 
&  Nicéphore  ,  quelques   détails   à^s   circonllances  de  cette  "'/^'*^//^'' 
apparition.  «  Une  Étoile  infolite  &  extraordinaire  parut  au  caiu  xxxvii, 
milieu  de  la  nuit  dans  le  Ciel ,    près   de  Vénus  ,    vers  le  ^^ 
cercle  que  l'on  nomme  Zodiaque.   Comme  les  rayons   qui  ,^ 
i'environnoient  la  rendoient  grande  &  brillante ,  elle  égaloit  .^ 
prefque  en  éclat  j'Ètoile  du  matin  :   on  vit  s'approcher  d'elle  ^^ 
un  très-grand  nombre   d'Étoiles.  »   (  Elle  s'approcha   peut- 
être   elle  -  même   ées  Pléiades  ,    ou  àes  Hyades ,  ou   de   la 
Nébuleufe  de  l'ÉcreviiTe,  ou  de  quelqu'autre  amas  d'Étoiles). 
«  Si  vous  euffiez  vu  ce  fpeélacie,  vous  l'eufTiez  comparé  à 
un  eiTaim  d'abeilles  qui  le  rafTemblent  autour  de  leur  che£  » 
(Tout  cela,  &  ce  qui  fuit,    pouvoit  n'avoir    d'autre  caufe 
que  des  variations  dans  l'atmofphère  de  la  Comète,  les  diffé- 
rentes parties  de  fon  noyau  étant  fucceffivement  couvertes 


lï'IarceUîn  , 
Cah'if,  Tillem, 
^ur  Théodoje  g 

ifCt 


>04  Histoire 

ou  laiffées  à  découvert  par  les  nuages  de  cette  atmofphère  :  on 
fait  d'ailleurs  combien  l'imagination  efl  féconde  pour  groffir 
ies  objets  extraordinaires).  «  La  iumière  de  ces  petites  Etoiles 
que  leur  choc  violent  &  réciproque  faifoit  en  quelque  forte 
étinceler,  fe  raflembk  bientôt  en  une  feule  flamme,  &  prit 
la  forme  d'une  épée  à  deux  tranchans  :  la  vue  feule  infpiroit 
la  terreur.  Ainfi  ,  toutes  les  autres  Étoiles  ne  formant  plus 
qu'un  feul  tout,  auquel  fAftre  qui  avoit  été  vu  le  premier 
fervoit  en  quelque  forte  de  fondement  ou  de  manche  (  ii 
n'eft  point  dit  qu'il  en  eût  la  figure  ) ,  on  auroit  pu  prendre 
tout  ce  phénomène  pour  une  lampe  dont  la  flamme  s'élevoit 
en  haut.  Cet  Aflre  procura  donc  un  fpeélale  tout -à- fait 
nouveau.  Son  mouvement  différoit  auffi  totalement  de  celui 
de  tous  \qs  Aflres.  Il  commença  à  le  mouvoir  du  lieu  où 
nous  avons  dit  qu'il  parut  d'abord;  il  fè  levoit  &  fe  couchoit 
avec  l'Etoile  du  matin;,  il  s'en  écarta  enfuite  peu -à -peu, 
avança,  pour  ainfi  dire,  à  petits  pas  vers  les  O li r fes  ,  & 
fembloit  prendre  fa  route  à  la  gauche  de  ceux  qui  le  regar- 
doient.  11  étoit  fujet  au  mouvement  commun  à  tous  les 
Aflres;  mais  par  Ion  mouvement  propre,  qui  dura  quarante 
jours,  il  parvint  à  peine  jufqu'à  la  grande  Ourfe  :  il  s'évanouit 
enfin  vers  le  milieu  de  cette  confteliation.  «  L'empereur 
Théodofe  palfa  à  Rome  l'été  de  l'an  ^%^,  Sl  àhi  les  pre- 
miers jours  de  Septembre,  il  quitta  cette  ville  pour  fe  rendre 
à  Milan.  Or ,  félon  Philoflorge ,  la  Comète  commença  à 
paraître  avant  le  départ  de  Théodofe  ;  elle  aura  donc  paru 
dans  le  mois  d'Août.  Mais  j'ai  calculé  le  lieu  de  Vénus  & 
j'ai  trouvé  qu'au  mois  d'Août  38  c),  cette  Planète  ne  paroilfoit 
pas  le  matin  :  elle  approchoit  alors  de  fa  conjonction  inférieure 
avec  le  Soleil;  elle  n'a  commencé  à  paroître  le  matin  que  vers 
le  commencement  de  Novembre.  Cependant  ,  félon  Phi- 
loflorge &  Nicéphore ,  la  Comète  paroiffoit  au  matin ,  &:  elle 
fe  levoit  &  fe  couchoit  avec  Vénus  ,  près  de  laquelle  on 
l'obferva  d'abord.  Dira-t-on  que  l'on  a  pris  Jupiter  pour 
Vénus  !  Jupiter  étoit  en  effet  îilors  à  foccident  du  Soleil, 
^  pou  voit  fe  lever  peu  après  minuit.   Mais  il  paroît  dur 

d'imputer 


DES    Comètes,  305 

cî'imputer  une  pareille  méprife  à  des  gens  qui  coiinoifToienî 
le  Zodiaque  &  lesOurfes,  qui  diilinguoient  le  mouvement 
diurne  dQs  Aflres  de  leur  mouvement  propre  ,  enfin  qui 
voyoient  alors  Vénus  tous  hs  foirs  à  l'orient  du  Soleil.  C'eft 
cependant  le  feul  parti  qu'on  puifle  prendre  pour  accorder  ces 
Hiftoriens,  Toit  entr'eux,  foit  avec  eux-mêmes.  La  Comète, 
difent-ils,  fut  vue  d'abord  près  de  Vénus,  vers  le  milieu  de 
la  nuit.  Or  Vénus  ,  en  Décembre  3  8p ,  ne  le  le  voit  que 
vers  quatre  &  cinq  heures  du  matin ,  plus  tard  encore  en 
Novembre.  La  Comète,  félon  le  comte  Marcellin,  fe  levoit 
vers  le  leptentrion  :  elle  pouvoit  en  Août  fë  lever  au  nord-ell, 
aiïez  près  de  Jupiter  &  vers  le  milieu  de  la  nuit  ;  mais  en 
Novembre  &  Décembre ,  jamais  Vénus  ne  le  leva  vers  le 
fèptentrion.  Puifqu'il  eft  donc  certain ,  par  le  témoignage  de 
Philoftorge,  que  la  Comète  fut  d'abord  obfervée  le  matin, 
au  mois  d'Août,  il  faut  dire  qu'elle  parut  près  de  Jupiter, 
&  non  pas  près  de  Vénus.  Le  comte  Marcellin  compare  fa 
grandeur  &  fon  éclat  à  la  grandeur  &  à  l'éclat  de  Vénus  ; 
mais  il  ne  dit  pas  qu'elle  ait  été  obfervée  au  voifinage  de 
cette  Planète. 

3c?o. 

Sous  le  quatrième  confuîat  de  Valentinien  &  le  premier 
cle  Néotéricus  ,  indiélion  troifième  ,  on  vit  dans  le  Ciel , 
durant  trente  jours,  un  figne  femblable  à  une  colonne  pen- 
dante. L'autorité  du  comte  Marcellin  &  la  différence  (\^$  Marcellin. 
dates,  montrent  clairement  qu'il  faut  diflinguer  cette  Comète  '^'^''  '^^''^ 
de  la  Comète  précédente.  Quelques  Cométographes  &  Hif- 
toriens ,  font  parohre  une  colombe  au  lieu  d'une  colonne  :  le 
changement  d'une  feule  lettre,  dans  les  mots  latins  columba, 
columna ,  leur  a  fans  doute  paru  propre  à  rendre  le  phé- 
nomène plus  merveilleux. 

L'empereur  de  la  Chine  Kien-ven-ti  meurt,  la  neuvième 
année  du  cinquante  -  deuxième  cycle  :    Vu-ti   lui  fùccède 
Tome  L  O  a 


30(5  HtSTOiRE 

i'année  fui  vante;  l'an  io  du  règne  de  Vu-tî,  il  paroît  une 
Coiipht,     Comète. 

Sur  l'an  3^3  &  3^4»  ï'»os  Cométographes  nous  parlent 
encore  .de  colonnes  &  de  colombes  ;  ils  nous  entretiennent 
de  la  Comète  de  385?  :  ils  en  font  paroître  en  i^o^G  ,  lous 
l'empire  ,    difent  -  ils  ,    de   Théodofe  ,    qui  étoit   mort   en 

Lycojlh,  Centur,    3  O  5  ,    &C. 
Aret.   Gare.  a       r\  •  t^mj»  •  rr  •  /y 

Luhkn,  Hév.        390»   ^n  Vit  une  Ltoiie   de  jour;    elle  paroidoit   auni 
^°^S'  belle   que  l'étoile    du    Bouvier    peut  le  paroître  durant  la 

Cîaudian.  in  nuit.  ^\\  3^8  on  a  pu  voir  Vénus  de  jour ,   vers  la  fin  de 
^Honorit      Janvier  &  vers  le  commencement  d'Avril, 

395' 

En  Chine  ,    à  îa  feptième  Lune    (  au  mois  d'Août)  ,  îî 

parut  u  'e  grande  Comtte  à  léioile  Siu-niu    (  probablement 

à  la  conflellation  Nu  ou  Niu  e,  pu  du  Sagittaire,  6cc.  )-  Elle 

prit  fa  route  vers  l'Etoile  Cou-fm ,  dans  la  confleliation  Hm 

-Mailla,!, IV,  [(l  du  Yerfeau,  ce  du  petit  Cheval  ). 

400.  * 

«t  Les   malheurs   dont   Gainas   menaçoit  ConflantJnopîej, 

»  étoient  fi  grands,  difent  les  Hiftoricns  ,  qu'ils  furent  annoncés 

>»  par  la  plus  terrible  Comète  dont  \qs  hiftoires  falTent  mention  ;: 

M  elle  brilloit  au-deflus  de  la  ville  ,    &  du  plus  haut  du  Ciel 

•JWr./.r/,,,  qWq  atteignoit  prefque  julqii'à  la  Terreur  elle  avoit  la  forme 

1  viîl.c.  'iv.  d'une  épée^".  La  perfidie  de  Gainas  8c  fon  defîein  de  fur- 

Mceph.i.xin,  pi'endre  Conftantinople,  appartiennent  à  l'an  400.  Philoftorge 

»•  PhiM  f  XI  ^^^^^^^  cette  Comète   comme  un   préfage  d'une  pefte  qui 

»."  7»  Niieph,  arriva  vers  ce  même  temps  :   il    parle   de  Ion   apparition  j, 

*  après  avoir  rapporté  la  mort  de  l'eunuque  Euti'ope  ,  qui  fut 

îué  vers  la  fin  de  35? 5?.  Ainfi,  je  ne  crois  pas  qu'on  puiïîe 

douter  que  la  Comète  ,    à  laquelle  il  donne  la  figure  d'une 

épée ,  ne  loit  celle  dont  il  eft  fait  mention  dans  Socrate  & 

dans  Sozomène.  Les  Chinois  ont  auffi  obfervé  cette  Comète 

fous  le  règne  de  leur  empereur  Gan-ti,    quatrième  armée 


DES    Comètes,  307 

Loung-gan.  Au  jour  Ki-tcheou  de  Ja  deuxième  Lune  (  ip 
JVIars  400  ),  elle  étoit  dans  la  conftellation  Kouey  (formée 
par  le  Poilîbn  boréal  ,  la  ceinture  &  le  bras  au  (Irai  d'An- 
dromède )  :  fa  queue  avoit  3  o  degrés  de  longueur.  La  Comète 
parcourut  les  étoiles  Ko-tao  (  de  Cafîiopée);  elle  entra  dans 
l^enceinte  du  palais  Tfe-ouey  (  ce  palais  céielîe  renferme  les 
J^toiles  qui  ne  fe  couchent  point  à  Nanking,  où  il  paroît  que 
l'obrervatioD  a  été  faite.  Mais  quelle  peut  être  l'enceinte  occi- 
dentale de  ce  palais  !  On  a  fans  doute  voulu  dire  que  la  Comète 
paroifîoiî  durant  la  nuit  à  la  partie  occidentale  de  ce  palais  : 
mais  à  quelle  heure  de  la  nuit  )  !  La  Comète  entra  dans  le 
Kouey  du  Pe-teou  (  dans  le  carré  de  la  grande  Ourfe  )  ;  elle 
palîa  près  de  l'étoile  Tay-yang- cheou  (  %  de  la  grande 
Ourle),  fur  l'étoile  Tï-tjo  (et  d'Hercule),  &  enfin  entre  %" 
Tfo-tchi-fa  &  Yeou-tchï-fa  (  entre  )i  &  /3  de  la  Vierge  ).  Cette  Cadil 
route  de  la  Comète  ne  paroît  pas  naturelle  ;  elle  le  feroit 
beaucoup  plus,  fi  au  lieu  de  Ti-tfo,  tête  d'Hercule,  on  lifoit 
Ou-ti~tjo ,  queue  du  Lion. 

401. 

L*an  400  ,  à  la  douzième  Lune  (  commençant  le  2  Janvier 
'401  ),    il  parut  au   Ciel   une  Comète  à  l'étoile   Tien-tfin 
{  J^  du  Cygne  ).  Le  temps  de  l'apparition  de  cette  Comète    Mailla,  t.IVt 
&  le  lieu  où  elle  fut  oblervée  ,    ne   permettent  pas  de  la^'^^'^* 
confondre  avec  la  Comète  précédente,  ni  avec  la  fuivante. 

Vers  402.  * 

Claudien  parle  de  la  crainte  que  l'arrivée  d'AIarîc  en  Italie     Ckudkn. 
înfpiroit  à  tous  les  Romains.  La  frayeur  imaginoit  àt^  fonges,  ^/^'"^:  ^^V ' 
auxquels  on  ajoutoit  toi,  &  à^s  prodiges  que  Ion  regardoit  ^. ^^.f  d^/f, 
comme  avant-coureurs  Aqs  plus  grands  maux.  Ces  malheurs 
ctoient  annoncés  ,    diloit-on  ,  par  des   oifeaux  de  mauvais 
augure,    par  à^s  orages,    àç.s  tonnerres   fréquens  ,   par  des 
éclipfes   de  Lune   qui   fe  fuccédoient  rapidement  ;   car ,   dit 
Claudien  ,   on  ignoroit  que  ces  phénomènes   n'ont  d'autre 


note 


308  Histoire 

caiife  que  finterpofition  de  la  Terre  entre  la  Lune  &:  le 
Soieil.  «  On  rappeloit  même  ies  prodiges  vus  l'année  précé- 
"  dente  ,  &  que  l'on  avoit  négliges  au  fèin  de  la  paix  ;  àts 
''  grêles  monftrueules ,  àts  abeilles  raîTemblées  en  eliaim  ,  à^s 
='  incendies  fpontanés,  &  l'apparition  d'une  Comète,  ipeclacle 
"  que  la  Terre  n'a  jamais  vu  impunément.  Elle  commença  à 
'^  paroître  du  côté  de  l'orient,  vers  la  partie  du  Ciel  où  l'on 
»  voit  briller  Céphée  &  Caffiôpée  :  chaffée  enfuite  peu-à-peu 
''  au-delà  de  l'Ourfe  Lycaonliienne  (  la  grande  Ourle  )  ,  elle 
'*  altéra  ,  par  fa  chevelure  errante  ,  la  beauté  des  Aftres  du 
*'  Chariot,  jufqu'à  ce  que  languilfante  enfin,  elle  fe  dilfipa  en 
un  feu  très  léger.  »  Stilicon  vainquit  Aiarîc  en  403  ,  ou 
VqyriJyilem.  même,  felou  quelques  Auteurs,  en  402,  près  de  Poîlence, 
hmp.  Hcrnor.  En  402  ,  il  failoit  trembler  toute  l'Italie.  Il  y  eut  une  éclipfè 
totale  de  Lune  le  17  Décembre  400  ,  deux  autres  également 
totales  les  1  2  Juin  &  6  Décembre  40  i  ,  &.  enfin  une  de 
plus  de  dix  doigts  le  i.^"^  Juin  402  ;  ces  éclipfes  font  fans 
doute  celles  que  Claudien  dit  s'être  fuccédées  ii  rapidement  : 
il  n'y  eut  point  d'éclipfe  de  Lune  en  403.  11  y  a  donc 
apparence  qu'il  faut  rapporter  la  frayeur  des  Romains  à  l'an 
402  ,  &  l'apparition  de  la  Comète  à  l'année  précédente  ou 
à  l'an  401.  Je  ferois  très-difpofe  à  croire  que  cette  Comète 
ne  diffère  même  pas  de  celle  qui  fut  obfervée  en  Orient  & 
à  la  Chine,  en  l'année  400;  elle  porte  avec  elle  des  traits 
frappans  de  reffemblance  :  cependant  une  difficulté  m'arrête  ; 
Claudien  dit  que  la  Comète  dont  il  parle  fut  vue  en  temps 
de  paix  :  or ,  il  eft  certain  qu'Alaric  &  Radagaife ,  chefs  des 
Goîhs ,  avoient  fait  une  irruption  en  Italie  dès  l'an  400  ^ 
&  qu'Honorius  fut  obligé  de  leur  céder  i'Efpagne  Sl  les 
Gaules.  Si  donc  la  Comète  de  Claudien  fut  vue  au  fein 
de  la  paix  ,  elle  n'a  dû  paroître  qu'en  40  i  ou  au  com- 
mencement de  402  :  Sigonius  rapporte  fon  apparition  à 
^  SIgon.  Occid,  l'an  40  I  ^. 

'l  '    '  En  40  8  ,  ûVûTit  la  mort  d' Arcade ,  Comète  dans  le  Lion  ^. 

LuDiemetzki  cite  pour  garant  1  ouvrage  d  un  Mathématicien 
anonyme  de  Nuremberg,  fur  la  Comète  de  1664. 


DES    Comète  So  309 

410.   Le  -2^  d'Août,  Alaric  prend  Rome;  une  Comète 

prélagea  ce  défaftre.  Il  s'agit  ici  de  ia  Comète  de  418  :  nos  Héy//,  Lui, 

Cométographes  ont  été  trompés  par  Nicéphore.  Rock' Wcf' 

412.    Comète   dans    le   Capricorne  pendant  quatre   mois, 
depuis  le  milieu  de  l'été  jujqu'à  la  fin  de  ï automne  ^  *  Luh.  Rock, 

41J.    Comète  dans  la  Vierge  pendant  quatre  mois^.  ^^'    "^  "' 

Q       ^  EckJ],   Rock* 

4^^'  Herl.  Zahn, 

«  L'empereur  Théodofe  (fécond),  dit  Philoftorge,  étoît 

déjà  entré  dans  les  années  de  i'adolefcence  ;   ie   i^  du  mois  « 
de  Juillet  ,    vers  la  huisième  heure   du  jour,  le  Soleil  fut  « 

tellement  éclipfé  qu'on  vit  même  les  Etoiles.  Or,   dans  le  « 

temps  même  que  ie  Soleil  étoit  ainfi  caché  ,  on  vit  dans  le  « 

Ciel    une   lumière   en    forme   de   cône  ;  quelques  ignorans  « 

l'appelèrent  Comète  ;    mais   dans   les   phénomènes  de  cette  5e 

lumière,  nous  ne  vimes  rien  qui  annonçât  une  Comète;  car  « 

cette  lumière  n'étoit  pas  terminée  par  une  chevelure  :  elle  « 

reflembloit  à  la  flamme  d'un  flambeau,  fubfiftante  par  elle-  ce 

inême,   fans  qu'aucune  Etoile  lui  fervît  de  bafe.   Son  mou-  « 

vement  étoit  auffi  bien  diffèrent  de  celui  àes  Comètes  :  on  <« 

îa  vit  d'abord  à  l'orient  des  équinoxes;   de -là  ,  ayant  pafTé  « 

près  de  la  dernière  Etoile  de  ia  queue  de  i'Ourfe  (  de  la  « 

grande   Ourfe   fans    doute  )  ,   elle    continua   lentement  fon  « 

chemin  jufqu'à  l'occident.  Après  avoir  ainfi  parcouru  tout  le  ce 

Ciel,  elle  dilparut  enfin  ,  fon  cours  ayant  duré  plus  de  quatre  « 

mois.  Son  fommet  s'aiguifoit  quelquefois  en  une  pointe  très-  « 

longue;  elle  excédoit  alors  les  mefures  &  les  dimenfions  du  « 

cône  ;   elle  reprenoit  enfuiîe  la  figure  conique.   Elle  com-  « 

mença  à  paroître  vers  ie  milieu  de  l'été  ,    &  dura  prefque  « 

jufqu'à  ia  fin  de  fautomne.  «   Suivant   un   autre  Auteur  :  mioflorg. 

«  Sous  ie  douzième  confulat  d'Honorius  &  le  huitième  de  ^''^' -^'^^  »•" «^•' 

Théodofe ,   on  vit  du  côté  de  i'orient  une  Étoile  qui  brûla  « 

fèpt  mois^  »  Elle  fut  aulTi  vue  à  la  Chine'',  à  ia  dixième  ^Manelîin, 

Lune,    qui  commença  cette  année  vers  le  15   Novembre:  ^ Cou^ku 
c'efl  un  peu  tard,  fi,  comme  on  ne  peut  guère  en  douter, 
ia  Comète  vue  en  Chhie  eft  ia  même  que  celle  de  Philoftorge» 


îo  Histoire 


3 

Au  refle,  celle-ci  paroilToit  encore  au  mois  Je  Novembre , 

&   la  Comète  Chinoife  qui  paroifFoit  à  la   dixième  Lune, 
pouvoit  avoir  paru  dans  {^^  Lunes  précédentes.  Quoi  qu'ii 
en  foit,  la  Comète  en  Chine   «  parut  commencer  à  l'étoiie 
*  Tien-tfin   (  cP  du  Cygne)  :    elle  pafla  aiïëz  près  de  l'étoile 
^*'  Pé-téou  {  du  carré  de  la  grande  Ourfe  )  ,  d'où  elle  alla  par 
»  la  conftellatîon  Tfé-ouéi   (  partie  du  Ciel  qui  ne  defcend 
»»  jamais  fous  l'horizon),  à  la  conftellation  Tdi-ouéi  (partie  du 
»>  Ciel  comprenant  la  plus  grande  partie   du  Bouvier,   de  la 
>»  Vierge ,  du  Lion ,  la  Couronne ,  &c.  )  Elle  diiparut  au  bout< 
N!aUla,î,lv.  de    quatre-vingts  jours.  »>    Le   P.   de  Mailla  n'étoit  point 
V  S9'"  Allronome  ;   il  transforme  des  conftellations  en  étoiles,  des 

parties  du  Ciel  en  conftellations  ,  &c.  Ici  il  attribue  à  la 
Comète  une  route  qu'elle  n'a  certainement  pas  fuivie  :  il 
faut  fuppofer  que  de  la  conftellation  Tien-tfin  elle  aura  été 
au  Pé-téou  par  le  Tfé-oueï ,  &  du  Pé-téou  au  Jdi-ouéù 
Revenons  à  Philoftorge.  Sans  craindre  de  paffer  pour  igno- 
rant, je  ne  balance  point  à  regarder  la  lumière  dont  il  parie, 
comme  une  Comète  bien  décidée.  Mais  fi  je  m'écarte  de  cet 
Hiftorien  fur  la  nature  de  la  lumière  qu'il  a  vue  ,  je  crois 
que,  par  rapport  au  temps  de  l'apparition,  fon  témoignage 
'Kiceph.iXîU,  eft  d'un  poids  bien  fupérieur  à  celui  de  Nicéphore.  Celui-ci 
copie  Philoftorge,  fans  indiquer  la  fource  dans  laquelle  il 
a  puifé  fon  récit ,  ce  qui  lui  eft  fort  ordinaire  :  il  s'écarte 
feulement  de  fon  original ,  en  ce  qu'il  rapporte  le  phéno- 
mène au  temps  du  fac  de  Rome,  prife  par  Alaric  en  410, 
Nicéphore  vivoit  au  xiv.^  fiècle,  &  Philoftorge  eft  témoin 
oculaire  :  celui-ci  donne  au  temps  de  l'apparition  de  ia 
Comète  deux  caraélères  décififs.  Théodofe  et  oit ,  dit -il, 
entré  dans  l'adolejcence  ;  ce  Prince  n'avoit  que  neuf  ans 
en  410  :  entre-t-on  dans  l'adolefcence  avant  neuf  ans!  De 
plus,  la  première  apparition  de  la  Comète  eft  déterminée 
par  .une  éciipfe  totale  de  Soleil  ,  arrivée  le  15?  de  Juillet; 
or  cette  éciipfe  appartient  inconteftablement  à  l'an  4 1  8  ,  & 
n'a  pu  avoir  lieu  en  410.  La  Comète  de  Philoftorge  a 
donc  certainement  paru  en  418  ,  6c  ne  diffère  point  de 


&.  XXXV i.       copie 


DES    Comètes,  311 

celle  dont  le  comte  Marcellin  fait  mention  :  il  faut  peut-être 

lire  dans  la  chronique  de  celui  ci ,  quatre  mots  au  lieu  de  fept 

mois.    On  peut   auiïi   luppofer  que  Marcellin   ou   d'autres, 

auront  vu  cette  Comète  dès  la  fin  de  Juin,  &  ne  l'auront 

perdue  de  vue  qu'après  le  commencement   de  Décembre  J 

ce  qui  aura  pu  fuffire  à  Marcellin  ,  pour  dire  qu'elle  a  été 

vue   pendant  fept  mois  :   Sigonius   fixe   l'apparition  de  la  ,./'<^^  ^^^'^' 

Comète  au  mois  de  Septembre  418.  Des  Cométographes 

modernes  /a  font  paraître  dans  la  Balance  :  cela  e(l  très-  Rock.  Zahn, 

pofTible;  mais  où  ont-ils  puilé  cette  anecdote? 

Struyck,  en  1740,  avoit  penfé  que  cette  Comète  étoit  Smyck.iy^Q, 
la  même  que  celle  de  15^6;  en  17 5p  il  a  cru  devoir  ^' '^*'°^' 
abandonner  cette  fuppofition  :  il  a  fans  doute  obfervé  qu'en 
Juillet,  Août,  Septembre  &.  Ocflobre,  la  Comète  de  150^ 
ne  pouvoit  paroître  facilement  du  côté  de  l'orient,  acquérir 
enfuite  une  latitude  géocentrique  allez  boréale  ,  pour  être 
vue  au  voifinage  de  la  queue  de  la  grande  Ourfe  ,  6c  diP 
paroître  enfin  en  Novembre  du  côté  de  l'occident. 

420    ou   42 1.  * 

Kao-tfôu  monta  fur  le  trône  de  la  Chine  en  420  ;    en 
la  première  année  de  fon  règne ,    on  vit  une  Comète  à  la 
quatrième  Lune.  D'autres  retardent  l'avènement  de  Kao-tfou    ^k»  Ckrm 
au  trône ,  &  piU*  conféquent  l'apparition  de  la  Comète  juf- 
qu'en  l'an  411.  En  Europe,  on  vit  en  42  i  un  ligne  admi-    Couplet, 
rabie  daiis  le  Ciel.  Seroit-ce  cette  Comète!  pyofp.  T^r^ 

422.   * 

Sous  ié  treizième  cônfulat  d'Honorius ,  &  ié  dixième  de 
Théodofe  ,  indidion  cinquième,  on  vit  au  mois  de  Mars 
une  Etoile  de  laquelle  il  partoit  un  rayon  blanc,  dune 
iongueur  extraordinaire  :  on  la  vit  pendant  dix  nuits  ou 
environ  après  le  chant  du  coq.  On  i'obferva  en  Chine,  au  Ckm,  Fajsk. 
jour  Siii-fe  de  la  deuxième  Lune  (  16  Mars),  dans  les 
conftellations  Hîu  &  Goey  (  ies  épaules  du  Verfeau ,  le  petit 
Cheval,  la  tête  &  le  cou  de  Pégafe*  GmèH- 


3^ 


Histoire 

423.  * 


înJîéliôii  fixîème,  Afclépiodote  &  Marînien  étant  Confliîs, 
la  Comète  parut  fouvent ,    &  l'empereur  Honorius  paya  le 
Marcdlm,     îribut  à  la  Nature  :  il  mourut  ie  i  5  d'Août. 

En  430,  l'apparition  d'une  Comète  précéda  le  fiége  d'Hip- 
Lub,  Rock,  pone  &  la  mort  de  Saint- Augujlin.  Lycoflhènes  &  d'autres, 
Ljcefih.Zahn,  datent  tout  cela  de  434» 

■43^. 

En  Chine,    deuxième   année    Tay-yen,   jour  Gin-chin, 
cinquième  Lune   (  2  i  Juin  ) ,   on  vit  une  Comète  danî  ia 
Ca^Ul     conftellation  Fan  g  (  ie  front  du  Scorpion  ). 

442.   * 

Au  mois  de  Décembre ,  on  vit  une  Comète  ;   elle  parut 

Marceilin.  Idai.  durant  quelques  mois. 

448.   Une  Comète  parut  long-temps ,  félon  Weber. 

44p. 

Dixième  année  Tching-Kun,  jour  Sin-fe  de  la  dixième 
Lune  (  ip  Décembre),  on  vit  en  Chine  une  Comète  dans 
Tay-ouey  (partie  du  Ciel  au  nord  de  i'écliptique,  renfermant 
GauJ>ii.     ia  plus  grande  partie  du  Lion ,  de  la  Vierge  &  du  Bouvier). 

En  ia  vingt-huitième  année  du  règne  de  Vaîentinien  ÏII, 
Attila  vint  dans  les  Gaules  &  y  fut  défait  par  Aétius.  Une 
Comète  commença  à  paroître  le  i  o  de  Juin.  Le  25)  du  mcme 
mois ,  après  qu'on  l'eût  vue  de  grand  matin  à  l'orient ,  on 
commença  à  i'obferver  du  côté  de  foccident,  après  le  coucher 
du  Soleil  :  le  i.*^*^  Août,  elle  fe  montroit  à  l'occident.  Il  y 
îdau  eut  une  éclipfe  de  Lune  le  27  de  Septembre.  D'.aiîre5 
Ecrivains  rapportent  l'apparition  de  la  Comète  aux  années 
448,  44p,  450,   452»    453'  ^   ^^"^   y  ajoutent   une 

éclip/è 


T>ESCûMETFS,  313 

ecïipfè   de  Lune.  II  y  en  eut  une  en  effet  en  451  ,   non 
ie  zj y   mais  le  26  Septembre  au  foir ,   ou  la  nuit  du  26 
au  27.  Saint -Ifîdore  rapporte  auffi  cette  Comète  au  temps 
de  la  défaite  d'Attila^;  mais  il  regarde  féclipfe  comme  fur-  '■iftdor.y.gs. 
naturelle^:  d'autres  Anciens  font  auffi  mention  de  l'écîipfe,    '^ Chron, îfid. 
vue  du  côté  de  l'orient^,  Olahus'^  fait  précéder  la  journée    ^Rodeïk.ili, 
de  Châlons  ou  la   défaite   d'Attila ,   par  l'apparition   d'une  '^'  ^^^^' 
Comète  &  par  deux  éclipfes  de  Lune  :   la  première  de  ces  ^Oj^^j^-i^^^i'^' 
deux  éclipfes  étoit  arrivée  le  2  Avril  au  matin.  Ces  éciipfes 
décident  l'année  de  l'apparition  de  la  Comète. 

452.  Agnelli  dit  qu'avant  la  prifè  d'Aquilée  par  Attila,   AgueiLmlîhr» 
une  Etoile  brûla  durant  trente  jours  :  ceci  pourroiî  bien  ne  ^"^^' 
regarder  que  la  Comète  précédente. 

453.  '*'   Attila  mourut  en  453  :    avant  fa  mort  on  vît    Pro/p.  cwm, 
une  Comète  vers  le  lieu  du  Ciel  où  le  Soleil  fe  lève   au 
printemps.    Les  Cométomantiens    étendent   les    efïèts    d^s    Okh.  m  Attîi. 
Comètes  à  piufieurs  années  :  la  Comète  de  45  i    n'auroit-     >/^///,  Fabric 
qWq  pas  été  regardée  par  quelques-uns  d'entre  eux  comme    mimorak 
prélage  de  la  mort  d' Attila  ,    arrivée  deux  ans  après  î  Les 
Auteurs  cités  ne  difènt  point  que  la  Comète  ait  paru  immé- 
diatement avant  la  mort  d'Attila  :  d'ailleurs  ces  Auteurs  font 
refpeélables ,  mais  ils  ne  font  pas  anciens.  Il  feroit  inutile  de 

fortifier    leur    témoignage    par    d^s    autorités    encore    plus 
modernes  \  *^«^«  ^^'''A 

455.   La  mort  de  Valentlnien  fut  préce'dée  de  l' apparition    c^^tL  '  Frai 
d'une  Comète'^.  Valentinien  fut  tué  le  16  iViars  455.  '^'^^'^'  ^^• 

457.  Une  Etoile  d'une  grandeur  prodtgieufe  parut  au-dejjiis  ^  ^ontan.  /«  IIL 
de  l'Angleterre,  &c.  (Voyez-en  la  defcription  fur  l'an  504). 
he  roi  Ambroife  Aurèle  mourut  alors ,  &c.  Tous  nos  Corné-  Sigeh 
tographes  ont  copié  Sigebert ,  &  Sigebert  s'eft  trompé.  Aurèle 
n'eft  certainement  mort  que  vers  l'an  ^00  :  la  Comète,  dont 
l'apparition ,  félon  Sigebert ,  efl  liée  avec  la  mort  de  ce  Prince, 
n'a  donc  pu  paroître  que  vers  l'an  500. 

45^.   Chilpe'ric ,    roi  de  France  ,    commença  à  régner;  de 
Jon  temps  on  vit  une  Comète  environnée   d'un  nuage  obfcur,  ^Gaguk.LiL 
avec  un  rayon  ou  une  queue  éclatante^'.  La  critique  d'Hévéiius     -^'/f  -^i^^f' 
À  orne  L  Kr  Wehr, 


314  Histoire 

eli  ici  plus  judlcieuie  que  de  coutume  ;  ii  remarque  que 
Chilpéric  ne  monta  fur  le  trône  qu'en  565  (ou  plutôt  562)^ 
&  que  Gaguin  décrit  une  Comète  qui  parut  vers  la  fin  àvt 
règne  de  ce  Prince  (en  582  ),  précifémenî  dans  les  mêmes 
termes  dont  il  s'eiî  fervi  pour  circonftancier  celle  de  459- 


467. 


* 


"Sous  le  confuiat  de  Puféus  &  de  Jean  ,   îndidion  cin- 
quième ,   on   vit   durant  quelques  jours  un  grand  prodige 
^  dans  le  Ciel  ;   il  fut  nommé  par  les  uns ,  la  trompette  ;  par 

*Chon.Faj(.h.\Qs  autres  ,   la  pique;   par  d'autres  enfin,   la  petite  poutre  ^^o- 
^  Theophan.    Cette  Comète  fut  obfèrvée  le  foir^  durant  quarante  jours  ^: 
^'f/ibid  G/'c.  ^^"^   quelques  lieux   cependant  Ton  apparition  fut  bornée  à 
y,  2  6^>         dix  jours  ^. 

\  ^'^'  ^^""""'      480.   Plufeiirs  Comètes  \ 

*  Aveu  ~  ^ 

f  Lub.  Heu,      48  8.  *  Vers  cette  année  ^  on  vît  des  Comètes  extraordinaires  ^« 


l^ycajlk.  Lavât 
ex  Sei 
Franck, 
Weba\ 


ex  SeèajUano  a  r\f\       ■^ 

Fi'anck,   Zahn.  ^9^- 


L'apparition  d'une  Comète  précéda  la  féconde  irruptîoîi 
Zonay,  t.  II,  àes  Bulgares  en  Iliyrie» 

Vers    504.  * 

a  Au  temps  de  ïa  mort  d'Ambroifè- Aurèle  ,  roî  de  îa 
n  Grande-Bretagne ,  on  vit  une  Étoile  d'une  grandeur  &  d'un 
y>  éclat  prodigieux  :  elfe  n'avoit  qu'un  rayon  ;  mais  ce  rayon 
?>  étoiî  terminé  par  un  globe  de  feu  ,  qui  par  fon  étendue 
X.  reprélèntoit  un  dragon ,  de  la  bouche  duquel  fortoient  deux 
aa  rayons:  l'un  fembloit  s'étendre  au-delà  de  la  France;  l'autre  s, 
5»  tourné  vers  la  mer  d'Irlande,  fe  terminoiî  en  fept  rayons  plus 
Gaîfred.lVîIl,  p^îl^s.  »  H  y  a  quelquc  confufion  dans  cette  delcription  ;,  on 
f.  IV.  Voyei  y  parle  d'un  ièul  rayon ,  de  dtux  &  de  fept.  Au  refte ,  j'ai 

au(ïi  Sieelu  ad    j/-\  ,  i         l'/r'/  r  •  i       i» 

annum\s7.  ^^}^  remarque    que  la  airterente  connguraîjon   de  1  atmo- 

£oeth,  h  IX,  fphère  d'une  Comète ,  peut  y  faire  imaginer  Aq^  figures  de 

dragon  j    de    trompette    &   d'autres  (emblables.   Ne   nou5 


DES    Comètes.  3 1  -j  ' 

repréientons  -  nous  pas  iouvent  ies  nuages  de  notre  atmo- 
iphère  fous  mille  formes  étrangères  l 

507. 

En  Chine,  quatrième  année   Tch'mg-ki  ^  jour  Ki-ntao , 
ièptième  Lune  (  i  5  Août  ) ,  on  vit  une  Comète  au  Nord-eft,        CadH 

51p.  * 

Juflin  &  Euîhéric   étant  Confùls ,    indiélion   douzième , 
on  vit  du  côté  de  l'orient  un  Aftre  effi'ayant,  une  Comète 
il  dont  la  queue  ,  tournée  vers  l'occident,  étoit  comme  pen- 
dante: on  appela  cette  Comète  Pogonias  ou  barbue.  Chron.Pafck. 

>  Theophan, 

y.i A.2.  Mtulal, 

520.  ai,  XVII. 

■  ^  ^  Cedren.p.j  6^, 

Première  année  Tching-kouatig  ^  jom  Sin-fe,   neuvième  Zomr.t.ii, 
Lune  (7  Od:obre),  on  vit  en  Chine,  à  l'efl,  une  Comète  ^' '^-^' 
brillante  comme  le  feu.  Au  jour  Y-^ay  (30  Novembre  ) , 
on  la  voyoit  le  matin.  CatM, 

524. 

En  ia  feptième  année  de  l'empire  de  Juflin,  on  vît, 
durant  vîngt-fix  jours  &  vingt-fix  nuits,  une  Étoile  au- 
deflus  de  ia  porte  d'airain  du  palais.  Cedren.p.s^f, 

Glyc,  pé  z  6  ()» 

&sic  Ant,  Confianu 

531-  B,nL 

On  vît  du  côté  de  l'occident ,  pendant  vingt  jours  ,  une 
Comète  très-grande  &  très-efîrayante  :  elle  étendoit  ^qs  rayons , 
c'eft-à-dire  fà  queue ,  vers  la  partie  ia  plus  élevée  du  ciel  ;  en 
conféquence,  on  lui  donna  le  nom  de  Lampadïas,  parce  qu'elle 
reffembloit  à,  une  lampe  ardente,  Théophanes  dit  qu'elle  parut  Theoph.p.if^, 
dans  la  neuvième  indidion ,  donc  en  5  3  i .  Maîala  en  place  ^^jf,'^lp^^^J'\ 
i'apparition  fous  le  confulat  d'Orefte  &  de  Lampadius ,    &  ciyc.  p.  270, 
Cédrène  fur  la  quatrième  année  du  règne  de  Juftinien ,  carac-   ^,''X  /'    ' 
tères  qui  femblent  convenir  à  l'an  530.  Selon  Zonare ,  elle  a 
paru  ea  ia  cinquième  année  de  Juftinien,  donc  en  l'année 

Rr  i| 


^i6  Histoire. 

531.  Théophanes  &  Malala  font  fuivre  iinmédiaîement  k 
conclulîon  de  la  paix  entre  les  Perfes  &  \ç^i  Romains,  & 
celte  paix  n'a  été  conclue  qu'en  532.  Enfin,  une  Comète 
fut  vue  à  la  Chine  pendant  la  neuvième  Lune  de  la  quarante- 
Couiku  feptième  année  du  cinquante-quatrième  cycle ,  c'eft- à-dire 
vers  le  mois  d'Oétobre  530.  On  peut  donc  douter  à  quelle 
année  il  faut  rapporter  l'apparition  de  cette  Comète. 

Le  mois  de  l'apparition  eil  défigné  par  Théophanes ,  ie 
plus  ancien  des  hifloriens  Européens  qui  ont  parlé  de  cette 
Comète  :  elle  parut  d'abord  au  mois  de  Septembre.  En 
Chine  l'année  commença  le  i  3  de  Février;  2X\'\{\  le  premier 
jour  du  neuvième  mois  ou  de  la  neuvième  Lune  en  530, 
tomba  fur  le  6  ou  7  d'Oélobre,  ce  qui  ne  s'éloigne  pas 
beaucoup  du  rapport  de  Tiafto^fianes.  Haliey  n'avoit  point 
vu  c^i  autorités  lorfqu'il  fe  pcri'nada  que  cette  Comète  éioit 
ia  même  que  celle  de  1^80»  La  révolution  de  cinq  cents 
ioixante- quinze  ans  qu'il  attribue  à  la  Comète  de  1680, 
exige  en  effet  un  retour  en  531.  Mais  cette  Comète  n'a  pu 
paroître  alors  du  côté  de  l'occident  en  Septembre  &  Oétobre; 
il  elle  s'eft  montrée  pendant  ces  deux  mois,  ce  n'a  pu  être 
que  le  matin  à  l'orient  :  vers  la  fin  de  fon  apparition  feii- 
iement  on  auroit  pu  la  voir  ie  foir ,  mais  entre  ie  feptentrion 
&  l'orient;  &  le  matin,  peu  après  fon  pafîàge  par  ie  méri- 
dien &  vers  le  Zénith.  Ainfi ,  la  Comète  dont  les  Auteurs 
Byzantins  font  mention,  ne  paroît  pas  pouvoir  être  la  même 
que  celle  de  i  680. 

La  révolution  périodique,  affignée  par  Haliey  à  la  Comète 
de  1680,  eft-elle  donc  imaginaire  &  deflituée  de  fon- 
dément  ?  Je  ne  le  penfe  pas.  Nous  avons  déjà  vu  que  les 
circonflances  de  la  Comète  de  l'an  43  avant  l'ère  Chré- 
tienne, s'accordent  avec  la  théorie  de  celle  de  1680.  Nou5 
reconnoîtrons  ailleurs  un  rapport  alfez  fenfible  entre  cette 
dernière  Comète  &  celle  de  i  \q6.  En  remontant  dans  ia 
plus  haute  antiquité ,  nous  avons  trouvé  quelques  velliges 
de  {qs  retours  périodiques  :  il  efl  vrai  que  dans  cette  fuppo- 
iiîxon,  un  defes  retours  tombe  Hir  l'an  531.  Mais  efl-ii  bÏQn 


DES   Comètes.  ^ij 

décidé  qu'elle  n'a  point  reparu  alors  î  Et  quand  eiie  n'aurolt 
pas  reparu,  s'enfuivroit  -  il  néceffairement  que  ion  retour 
n'auroit  pas  eu  lieu  ? 

D'abord  la  difficulté  ne  rouie  que  fur  un  feui  mot  de 
Théophanes,  il  nomme  feul  le  mois  de  Septembre.  Mais  fi 
par  une  erreur  très-poflible ,  foit  dans  fon  texte  original,  foit 
dans  les  premières  copies  qui  en  ont  été  faites ,  on  a  écrit 
Septembre  au  lieu  de  Novembre  ou  Décembre ,  la  difficulté 
dilparoît.  Elle  s'évanouira  pareillement ,  fi  l'erreur  tombe  fur 
ia  partie  du  Ciel  où  la  Comète  fut  d'abord  aperçue;  car 
fi  Théophanes  s'efl  trompé  ,  ceux  qui  ont  écrit  depuis  lui 
ont  copié  fon  erreur,  &  l'erreur  générale  aura  fa  fource  dans 
ia  feule  erreur  particulière  du  premier  Ecrivain.  Théophanes 
écrivoit  trois  fiècles  entiers  aprèo  l'apparition  de  la  Comète; 
une  errtur  d'un  feul  mot  ,  dans  des  circonftances  qu'on  juge 
très-peu  importantes ,  peut  échapper  à  un  Auteur  qui  ne  fait 
que  raiTembier  d'anciens  Mémoires. 

En  fécond  lieu ,  il  a  paru  probablement  deux  Comètes, 
i'une  en  530,  obfervée  à  la  Chine  ;  l'autre  en  531,  vue 
à  Conllantinople.  Tous  ies  Auteurs  Byzantins  parlent  de 
cette  dernière  :  il  n'efî;  pas  difficile  de  \qs  concilier  fur 
l'année  de  fon  apparition,  Malaia  ne  dit  pas  exprelfément 
que  la  Comète  ait  paru  fous  le  confulat  d'Orefle  &  de 
Lampadius  ;  il  rapporte  feulement  Its  faits  de  l'an  531, 
fans  nommer  les  Coniuls  de  cette  année,  parce  qu'il  n'y  en 
eut  point.  Juflinien  commença  à  régner  feul,  après  la  mort 
de  Juftin  fon  oncle,  le  31  Août  527;  Juftin  étoit  mort 
ie  premier  du  même  mois:  ainfi,  l'année  527  pouvoit  être 
comptée  pour  la  dernière  année  de  Juftin,  ou  pour  ia  pre- 
mière de  Juftinien  ;  &  (èion  ces  deux  différentes  manières 
de  compter ,  l'année  5  3  i  iè  trouve  être  la  quatrième  ou  ia 
cinquième  du  règne  de  Juftinien.  La  Comète  vue  à  Conl^ 
îantinople  a  donc  f raifèmblablement  paru  en  531;  elle  eft 
donc  différente  de  celle  qui  fut  obiervée  en  530  à  la  Chine: 
d'ailleurs ,  celle-ci  fut  obfervée  depuis  l'étoile  Ta-kio  (Arâurus), 
jufqu'à  Tchon^'taï  (  A  &  //.  de  ia  grande  Ourfe  ),   Cette 


MarUa.u  V, 


^8  Histoire 

circonflance  convient  auffi  peu  à  la  Comète  Jes  Byzantins, 
qu'elle  paroît  s'accorder  avec  la  théorie  de  celle  de  1680. 
Je  regarde  donc  comme  très  -  probable  que  la  Comète  de 
1680  a  paru  en  530 ,  &  quelle  a  été  obiervée  à  la  Chine. 
Le  temps  ne  permit  pas  apparemment  de  robferver  en  Europe, 
ou  les  Hiftoriens  ont  négligé  de  nous  inlhuire  d^s  circonflances 
de  Ton  apparition ,  ou  nous,  avons  perdu  les  monumens  qu'il 
nous  en  avoient  iaiffés. 

Enfin,  par  furabondance  de  raîfons ,  on  pourroit  dire  qu'il 
eil  très  -  poffibie  que  la  Comète  de  1680  foit  defcendue 
en  5  3  I  »  fans  être  remarquée.  Qu'elle  ait  été  périhélie  vers 
la  fin  de  Mai ,  elle  étoit  alors  en  conjonélion  inférieure  avec 
ie  Soleil  ;  plongée  dans  les  rayons  de  cet  Aftre  ,  elle  étoit 
invifibie  :  il  n'aura  pas  même  été  poflible  de  la  découvrir, 
foit  quelques  jours  avant  ,  foit  quelques  jours  après  fon 
palTage.  Cependant  elle  fe  fera  écartée  de  la  Terre ,  &  la 
pofition  de  fon  orbite  eft  telle,  qu'à  20  degrés  feulement 
d'élongation  du  Soleil ,  fa  diilance  à  la  Terre  aura  été  prefque 
aufli  grande  qu'elle  i'étoit  en  1 68  i  ,  iorfqu'au  commen- 
cement de  Mars  on  ne  pouvoit  plus  ia  découvrir  qu'à  l'aide 
des  téielcopes.  Ainfi ,  dans  cette  fuppofition  très -poffibie, 
elle  aura  pu  paffer  fans  être  obfervée  :  donc ,  fi  le  temps  de 
fa  révolution  périodique  étoit  d'ailleurs  bien  déterminé,  on 
objeéleroit  vainement  qu'on  ne  Ta  point  vue  vers  531. 
Mais  fi  elle  n'a  pas  été  obiervée  en  531,  il  efi:  au  moins 
très-vraiiemblable  qu'elle  l'a  été  en  Chine  l'année  précédente. 
Yoyez  d'ailleurs  ce  que  nous  difons  plus  bas  fur  la  Comète 
de  53p. 

534- 

En  îa  deuxième  année  Tien-ping ,  on  vît  en  Chhie  une 
Comète  dans  Tay-ouey  (  partie  du  Ciel  «enfermant  les  Étoiles 
ies  plus  boréales  du  Lion  &  de  la  Vierge  ,  &  les  plus 
auftrales  du  Bouvier).  La  Comète  paffa  par  Hia-tay  (deux 
petites  Étoiles,  à  10  ou  1 1  degrés  au  nord  de  ^  du  Lion); 


DES    Comètes.  .3^9 

elle  aila  aux  conftellations  Che  &  Toung-pi  (  au  quadrilatère 
de  Pégafe).  ^''''^'^' 

Ç28.   Comète^,    On  cite  Idace,  mais  mai-à-propos.  '^  Rkc  Lui. 

53 p.   Cornet e  dans  la  Balance^,  ^Eckji.Hirh 

539^ 

En  la  treizième  année  de  Juftinien ,  on  vit  une  Comète» 
te  Sa  grandeur  ,   dit  Procope  ,   égaloit   d'abord    celle    d'un 
grand  homiiie;  elle  augmenta  encore  dans  ia  fuite.  La  tête  « 
de  la  Comète  étoit  vers  l'orient  ,   fa  queue  s'étendoit  vers  «c 
l'occident  ;  elle  étoit  dans  le  Sagittaire  ,   &  fuivoit  le  Soleil  «     - 
qui  étoit  alors  dans  le  Capricorne  :   on  ia  vit  pendant  plus  a 
de  quarante  jours  «.   On  peut  rapporter  à  cette  Comète  ce    ^^occf  l  ^L 
que  dit  Abulfaraje ,  que  «  lous  l'empire  de  Jullin  (ou  plutôt 
de  Juftinien  )  ,  Cofras ,  roi  de  Perfe  ,   affiégea  EdefTe  &  fit  « 
périr  une  grande  multitude  de  citoyens  :    il  parut  auffi  une  « 
Comète  qui  dura  quarante   jours»  »   Coll'as  ou  Coircès  ,  a    Ahul-fnu 
régné    depuis    531    juiqu  en    579.    il    ne    recommença   ia 
guerre  contre  les  Romains  qu'en  53^  ou  540  :  il  affiégea 
Edefle  en  543   ou  544. 

La  Comète  de  539  fut  aufTi  obfervée  à  la  Chine,  en  îa 
première  année  Hing-ho,  Au  jour  Sin-tcheou ,  dixième  Lune 
(17  Novembre  )  ,  elle  étoit  dans  ia  conflellation  Teou 
(iJLy  A,  (p,  û",T,  Çdu  Sagittaire)  :  fa  queue  étoit  longue 
de  dix  pieds.  Au  jour  Phig-fu  de  la  onzième  Lune  (  le 
i.'*^  Janvier  540  )  ,  la  Comète  n'éloit  éloignée  que  de 
3  degrés  de  Vénus.  (  Ceci  ne  s'explique  pas  facilement»  Le 
i.*^*^  Janvier  540,  à  midi,  m^éridien  de  Gréenwich  ,  &  par 
conféquent  vers  fept  à  Iiuit  heures  du  foir  en  Chine  ,  le 
Soleil  étant  en  12^  :2i'  35"  du  Capricorne,  Vénus  étoit 
en  id'^  2  i^  2  i"  du  même  figne,  avec  une  latitude  i>oréaie 
de  4<^  55'  8".  Les  Chinois  ont-ils  vu  Vénus  à  6  degrés  & 
demi  du  Soleil,  ou  bien  ont -ils  pris  un  autre  Aflre  pour 
Vénus  )  !  La  Comète  étant  arrivée  à  ia  confteliation  Leou 
(  tête  du  Bélier  ) ,  elle  commença  à  difparoiîre  :  ce  fut  le 


Djnaf, 


•  y» 


320  Histoire 

<^  '-il  jour  Y-mao  (30  Janvier).  Vénus  paroît  mai-à-propos  à 
côté  de  la  Comète  ;  mais  d'ailleurs  l'obfervation  àç:^  Chinois 
s'accorde  trop  bien  avec  le  récit  de  Procope ,  pour  qu'on  ne 
regarde  pas  ces  deux  autorités  comme  confirmatives  l'une 
de  l'autre  ,  &  pour  qu'on  ne  détermine  pas  l'apparition  de 
la  Comète  à  la  lin  de  l'an  539- 
Stfuyd,iy^o,  Struyçk  ,  auquel  i'obfervation  Chinoifè  étoit  inconnue  ^ 
v^iziri^,  ^j.Quyg  beaucoup  de  rapport  entre  la  Comète  de  53^  & 
celle  de  1(^80  :  il  croit  en  conféquence  que  Procope  s'eft 
trompé ,  que  fa  Comète  ne  diffère  point  de  celle  que  les 
autres  Auteurs  Byzantins  rapportent  à  l'an  531;  qu'il  faut 
cependant  corriger  Théophanes  par  Procope  fur  le  mois  de 
l'apparition  ,  qui  aura  été  celui  de  Novembre  &  non  pas 
celui  de  Septembre ,  comme  le  dit  Théophanes  ;  que  Procope, 
en  retardant  jufqu'en  535»  l'apparition  de  cette  Comète,  & 
la  donnant  comme  préfage  d'une  irruption  que  les  Huns 
firent  en  540  fur  les  terres  de  l'Empire  ,  aura  confondu 
jdeux  invadons  que  firent  les  Huns  fous  le  règne  de  Juflinien, 
l'une  en  532,  l'autre  lèpt  ou  huit  ans  après  ;  qu'il  eil  jufte 
de  faire  céder  l'autorité  du  feul  Procope  à  celle  des  autres 
Hiftoriens  Byzantins  réunis,  &c.  Ces  raifbns  font  plaufibîes, 
mais  elles  ne  me  convainquent  pas.  Les  circonllances  de 
l'apparition  à&s  deux  Comètes  ne  font  pas  \qs  mêmes;  l'une 
a  duré  vingt  jours ,  l'autre  plus  de  quarante  :  la  première 
a  paru  en  Septembre,  la  féconde  en  Décembre  ou  Janvier, 
puifque,  comme  le  dit  Procope,  le  Soleil  éîoit  alors  dans 
le  Capricorne  :  celle-là  fut  vue  le  foir  à  l'occident,  celle-ci 
ie  matin  à  l'orient.  Procope  efl;  feul,  dit-on;  mais  il  eil;  feui 
contemporain  ;  il  faudroit  des  autorités  bien  graves  ,  à^^ 
raifons  abfolument  péremptoires  ,  pour  l'abandonner  fur  un 
fait  dont  il  a  été  vraifemblablement  le  témoin.  Si  tous  les 
Auteurs  Byzantins  parient  d'une  feule  &  même  Comète,  la 
fàine  critique  demande  qu'on  faiïè  plier  Ibus  l'autorité  de 
Procope,  toutes  \qs  autres  autorités,  plus  nombreufes  il  efl 
vrai,  mais  dont  la  plus  ancienne  efl  de  plus  de  trois  fiècles 
poftérieure  à  l'apparition  de  la  Comète,  Enfin  Procope  n'efl 

pas 


DES    Comètes,  321 

pas  feuï,  ies  annales  Chinoiles  ne  laifîent  pius  aucun  doute 
rur  l'année  à  laquelle  il  faut  rapporter  cette  CoiP.ète.  Ajoutez 
à  tout  cela  que  le  SoJeil  étant  dans  le  Capricorne  ,  félon 
Procope  ,  il  n'étoit  pas  poffible  fous  nos  latitudes  ièplen- 
îrionaies ,  de  voir  en  531  la  Comète  de  1680  dans  le 
Sagittaire.  Le  Soleil  elt  au  Capricorne  en  Décembre  & 
Janvier,  &:  non  pas  en  Novembre;  quoiqu'il  foit  d'ailleurs 
certain,  par  ies  annales  Chinoiles,  que  la  Comète  a  été  vue 
en  Chine  dhs  le  17  Novembre. 

Calvifius  place  l'apparition  de  la  Comète  iur  la  fin  de 
Tau  535,   je  ne  vois  pas  fur  quel  fondement. 

541.  Au  jour  de  Pâques  on  vit  une  Comète ,  félon  prefque 
tous  nos  Coméîographes.  Sigebert  le  dit  en  efî'et  ;  mais  il 
joint  à  ^apparition  de  la  Comète  plufieurs  prodiges ,  que 
Grégoire  de  Tours  ,  Auteur  contemporain  ,  rapporte  dans 
ies  mêmes  termes  à  l'an  582.  Voyez  cette  année, 

54,7.    Une   Étoile    entra    fur  le   difque   de  la   Lune  ^    ^Aimchuiii, 
Quelques  Ecrivanis  rapportent  ce  phénomène  a  ian  553    ;   Devjs. 
d'autres  le  font  arriver  entre  547  So.  545»  '^^  H  feroit  difficile     ^  Greg.  Tur. 
de  décider  fi  ce  phénomène  étoit  une  Comète.  V.-  ' ^'  1  ù^ 

5  5  o.    Lorjque  Home  jut  prije  par  l  otila  ,    il  parut  une  cap.  xliv. 
Comète^.    Rome   fut  prile  par  Totila    en    547    6c    54^.    a  lub.  Aif., 
Pontan  ,   en  conféquence,  fait  paroître  la  Comète  en  546  ^'^'""'  ^^''^' 

ou    547^.  ^  Pontan, LUI, 

552.  En  l'année  quî  précéda  la  mort  de  Théo  deb  al  de , 
on  vit  des  fîambeaux  dans  le  Ciel ,  &  une  Comète  parut.  ibid. 

Indiélion  cinquième  ,  au   mois  de  Novembre  ,   on   vit 
dans  le  Ciel  un  feu  qui ,  comme  une  lance  ,  s'étendoit  de 
l'orient  jufqu'àf occident,  dit  un  Auteur  Byzantin.  C'étoit,  MakllXVlll 
dit  un   autre  Ecrivain  ,   une  Comète  en  forme  de  lance  ; 
elle  s'étendoit  du  feptentrion  jufqu'à  l'occident.    Quelques    Eiflor.mîjciTi 
Hiftoriens  anticipent  d'un  an  l'apparition  de  cette  Comète  ,  J"ft"^^^"^- 
en  la  marquant  iur  l'an  555  "",   ou  fur  la  vingt -neuvième     ^  Sigeh. 
année  de  Juflinien  ^  .  ^cimnop; 

Tome  L  -  SÇ  ^'''' 


^22  Histoire 

Lui.  Ricc.         ç  c  7,   Comète. 

Première  année  Tïen-kîd,  neuvième  Lune,  jour  Kouey- 
îcheou  (  c?  Oélobre  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète;  Ta  queue, 
Çaiibii     ionc^ue  de  4  degrés ,  regardoit  le  fud-ouefl. 

Une  Comète ,   dont  la  queue  ou  îe  rayon  reîîèmbloîî  à 
Creg.Tur.lJV.  mie  épée ,   parut  durant  un  an  entier.  Lubienieîzki ,  Zahnj 
Sîruyck,  penfenî  qu'il  (uffiroit  de  lire,  durant  iin  mois  entier. 

En  la  première  année  Tien-toung ,  jour  Gin-fu ,  fixième 
Lune  (  4  Août)  ,  on  vit  à  la  Chine  une  Comète  dans  Vert- 
îchang  (  e,  f,  83  ^,  y ,  h  de  la  grande  Ourfe  )  :  fa  queue 
n'avoit  de  longueur  que  quelques  dixièmes  de  degré.  Elle 
alla  à  ia  conilellation  Goey  (  et  du  Verfeau ,  g  &  G  de  Pégafe  )  : 
fa  queue  fut  pour  lors  longue  de  i  o  degrés.  Après  cent  jours 
Gaul'il  d'apparition ,  la  Comète  fut  dans  la  conftellation  Hiu  (  jS  dis 
Verfeau  ,  le  petit  Cheval  ).  Le  P.  de  Mailla  fait  paroître 
Mailla >  t.  V,  cette  Comète  dès  la  quatrième  Lune» 

566. 

En  ia  deuxième  année  du  règne  de  Juflin  îe  jeune,  un 
feu,  lançant  une  longue  flamme,  parut  vers  le  pôle  arélique 
'  Abul-f&r.  Sl  dura  un  an\  Marius  parle  auffi  de  ce  phénomène^;  mais 
^Af'c/-  ^^  ^^^  ^^^'^  donne  que  foixante-dix  jours  de  durée,  ce  qui  efl 
plus  vraifemblable.  lî  le  rapporte  à  Tan  566,  mais  il  met  la 
mort  de  Juftinien  en  la  même  année:  or,  Jufiinien  étoit 
mort  le  14  Novembre  5^5,  indiélion  quatorzième.  Cette 
indication ,  chez  les  Grecs ,  étoit  commencée  dès  le  mois 
de  Septembre  5^5. 

5^8.  Première  Comète. 

En  la  quatrième  année  Tien-toung  ^   à  la  iîxième  Lime, 


IhiA. 


DES    Comètes.  323 

on  vit  en  Chine  une  Comète  dans  la  confteilation   T(îng 
(pieds  &  cuifles  dQs,  Gémeaux).  La  fixièmeLune  a  dû  com-     Çauhii. 
mencer  vers  ie  i  o  ou  ï  i  Juillet. 

5^8.  Deuxième  Comète. 

En  ia  même  année,  feptième  Lune,  jour  Ki-ouey  [  3  Sep- 
tembre )  ,  les  Ctiinois  obfervèrent  une  autre  Comète  dans 
ies  confleliations  Fang  &  Sin  (  le  front  &  ie  cœur  du 
Scorpion  )  :  qWq  alla  vers  l'eft.  A  la  huitième  Lune  (  qui 
commença  vers  ie  8  Septembre)  ,  elle  îrainoit  une  queue 
de  40  degrés,  près  àes  Etoiles  boréales  du  Dauphin  :  elle 
parcourut  les  confleliaîions  Hlii  (  ^  du  Verfeau ,  cl  du  petit 
Chevai  ) ,  &  Coey  (  cl  du  Verfeau  ,  e  &  6  de  Pégafe  )  ;  elle 
entra  dans  la  conilellation  Che  (aile  de  Pégale).  A  la  neu- 
vième Lune  (  qui  commença  vers  le  8  Oélobre  ) ,  elle  fut 
dans  la  conflellation  Leou  (  tête  du  Bélier  ).  On  i'obferva 
pendant  foixante-neuf  jours. 

Ç70,   Comète.  ,,^^'"'  ,^"^' 

574- 

En  la  feptième  année  Tay  -  kîen ,  quatrième  Lune  ,  jour 
ping  -fu  (  2  Mai  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète ,  près 
d'Ardurus.  ^'ï"'^'^» 

577.  Le  I  I   Novembre,  lorfqu'on  célébroit  les  Vigiles 
de  Saint- Martin ,  une  Étoile  brillante  parut  au  milieu  de  la 
Lune.  Grégoire   de   Tours  ajoute  qu'il  y  avoit  un  grand     Greg.Turen, 
nombre  d'Étoiles  près  de  ia  Lune.  Struyck  a  calculé  le  lieu  j-o/g^',  ^uf.^jv, 
de   la   Lune   &    de  Jupiter   pour   la   nuit   du    10    au    11    cap.ixxv 
JNovembre  577  :  n  a  trouve  que  la  Lune  etoit  alors  près 
àes  Hyades  /  &  Jupiter  entre  la  Lune  &  Aldébaran.   Quant 
à  l'Étoile  qu'on  crut  voir  au  milieu  de  la  Lune ,  ce  pouvoit 
il* être  qu'un  météore. 

Pontan  fait  paroître  une  Comète  en  l'année  de  la  mort 
deMérouée,   fils  de  Chilpéric,  &  par  conléquent  en  577:   Pontan, LUI, 
c'efl  fans  doute  ie  météore  de  Grégoire  de  Tours. 

Sfij 


324'  Histoire 

580.  ^ 

Greg.  Turon.      On  Vit  uîie  CoîTiète.  Hermanniis-CoiUra(5lus  cîlt  que  ce 
l.V,c.xL}i.   ^^^  1^  j^^^j.  jg  Pâques;    mais   il  y   joint  des  prodiges  qui 
appartiennent  certainement  à  fan  582. 

582.  * 

«  Au  mois  de  Janvier ,  dit  un  Auteur  contemporain  5  on 
35  vit  piufieurs   prodiges.   II   parut   une   Comète  ;    eiie   étoiî 
^^  entoure'e  d'une  noirceur  épaiiïe  :  placée  comme  à  une  efpèce 
«d'ouverture,  eiie  brilioit  au  milieu  à^s  ténèbres,  qWg  étin- 
3»  celoit,  elle  étendoit  fa  chevelure.  Il  fortoit  de  cette  Comète 
»  un  rayon  d'une  grandeur  furprenante  :  cette  queue  paroiffoit 
w  comme  la  fumée  d'un  grand  incendie  que  l'on  verroit  de 
»  loin.  La  Comète  fe  montroit,  dès  la  première  heure  de  la 
»  nuit,    du  côté  de  f occident.  Le  jour  de  Pâques,  on  vit  le 
Id.LVlcKiv,  Ciel  en  feu  à  Soiflbns.  »    Le  tout  eft  daté  de  la  feptième 
année  du  règne  de  Chiidébert,  &  de  la  vingt -unième  de 
Torom,  l  IK  celui  de  Contran  &  de  Chiipéric.  Toromachus  fait  paroître 
€,  Lxxxiu     j^  Comète  le  jour  de  Pâques ,  en  la  feptième  année  de  Chii- 
débert, &.  la  vingtième  feulement  des  deux  autres  Princes: 
c'eft  fans  doute  une  erreur  des  Copiftes,  qui  auront  oublié  le 
motprinîus  après  vigefimtis;  car  Contran  &  Chiipéric  régnoient 
depuis  quatorze  ans  bien  complets,  iorique  Chiidébert  monta 
Fredegar.     fur  le  trôue.  Piufieurs  Auteurs  marquent  pareillement  l'appa- 
Aimm.  L  Uh  juIq-^  Je  la  Comète  au  jour   de  Pâques ,    qui    cette  année 
étoit  le  2^  Mars.  Ces  Ecrivains  auront  pu  prendre  dans  Gré- 
goire de  Tours,  la  date  de  l'aurore  boréale  vue  à  SoifîonSj 
pour  la  date  de  l'apparition  de  la  Comète. 

584.  * 

Chron.TuroH,      En  i'année  de  la  mort  de  Chiîpérlc,  on  vît  une  Comète* 
c'étoit  comme  une  colonne  de  feu,  fuipendue  en  l'air  :  au- 
Aiminj.lll.  d^Hus  y  on  voyoit  une  grande  Etoile. 

5  8  d  ou  5  87.   En  la  quatnème  aimée  de  l'empereur  Maurice  f 


DES    Comètes.  325 

(9«  vtt  une  Comète  environnée  d'un  nuage  fomhre.  On  feroit  R!cc.  Lui, 
tenté  de  croire  que  cette  Comète  eft  ceile  dont  Grégoire  ^^''  "^  "' 
de  Tours  parie  fur  i'an  582  ;  mais  nos  Cométographes 
citent  Zonare  :  j'ai  lu  Zonare ,  &  je  n'y  ai  rien  trouvé  qui 
ait  trait  à  cette  prétendue  Comète.  Frédegaire  &  Hermannus- 
Contradus ,  parient  d'un  giobe  de  feu  qui  tomba  du  Ciel 
en  terre;  mais  ce  n'efl  pas  là  une  Comète. 

588, 

En  Chine,  huitième  année  Kay-hoang ,  dixième  Lune, 
jour  Kïa -tfe  [zz  Novembre  ) ,  une  Comète  parut  dans  la 
conH^lhûon  Nie  ou  (tête  du  Capricorne  ).  GauHl, 

58p.   Quatre   ans  avant  la  naijfance  de  Mahomet,    une 
'Comète  brilla   durant   un    mois   entier.    Mais  l'année    de   la     ^-y^-  ^^^> 
naiiïance  de  Mahomet  n'efl  pas  bien  conftatée:  aufTi  quelques 
Écrivains  retardent  de  cinq  ans  l'apparition  de  cette  Comète.     Cmnerar.  Com 

5^0.   i^n  1  année  qu  Agiluiphe  prit  poileilion  du  trône 

dQs  Lombards  (donc  en  5^1  &  non  5^0  ),   une  Comète 

fut  vue  durant  un  mois  entier.  Bonfin.Dec.!, 

m,  vni 

5P5-  * 

On  vit  une  Comète  en  cette  année^,   ou  en  îa  troîfième     ^  Simocnu 
année  du  règne  de  Chiidébert  en  Bourgogne  ^  Childébert  'ynmok.! ni, 
Hiccéda  en  Bourgogne  à  fon   oncle  Contran  ,  le   2  8  Mars     b  chron. 
'593'  Quelques  Auteurs  modernes  ^  rapportent  l'apparition  ^'  ^^^-i"' 
de  cette  Comète  à  l'an  59^,  ou  plutôt,  lëlon  notre  manière       ^'^  '  '    ' 
aéluelle  de  compter,   à  l'an  600  :   cela  vient  fans   doute 
d'une  fauiTe  chronologie,  félon  laquelle  des  Ecrivains,  elli-» 
mables  d'ailleurs ,    diffèrent  la   mort   de   Contran   jufqu'en 
'5p7%  La  Comète  fut  vue  en  Janvier,  félon  Paul  'Dhcïe^,^CaIi^if'à'aiu, 
dont  le  récit  cependant  foufîi'iroit  d'affez  grandes  difficultés;    '^P^ul.Diac. 
mais  les  annales  Chinoifes  les  font  abfoiument   diiparoître.  irxîi»  ' 
En  la  quatorzième   année  Kay-hoang  ,    jour  Kouey-ouey^ 
onzième  Lune,  donc  le  ^  Janvier  55)5,  les  Chinois  obfer- 
.vèrent  cette  Comète  dans  la  conftellation  Hiu  (  ^  du  YerfeaUj 


>26  Histoire 

a.  du  petit  Chevaî  )  :  elie  alla  jufqu'aux  conflellatîons  Kauey 
(ceinture  &  bras  auftral  d'Andromède  &  le  Poiffon  boréal), 
GauMi.     &  Leou  (cornes  cju  Bélier). 

597.   Avant  la  naîffance  de  Mahomet,  on  vît  une  terrible 
Lycoft.  Luh,  Comète.  La  chronologie  de  nos  Coméîographes  a  au  moins 
ZaL  ^"'^'  ie  mérite  de  la  variété. 

Caîvij.Hévéï.      5PP  OU  600.   Comète.   C'efl  celle  de  5^5  ;  voyez  cette 
année. 

<^02.    * 


Lubien,   Calch, 
fupra  Zahn, 


L'avarice  de  l'empereur  Maurice  ayant  occafionné  la  mort 

de  plufieurs  de  Tes  Soldats  ,  \es  Hiftoriens  racontent  que  ce 

Prince  crut  en  fonge  être  tranfporté  devant  le  tribunal  de 

Dieu ,   qui  lui  demanda  en  quelle   vie  il  choififfoit  d'être 

puni  :    En   cette  vie ,  répondit  auffitôt   Maurice  ;    &  Dieu 

ordonna  qu'on  le  livrât  au  ioldat  Phocas.  La  nuit  même  il 

parut  une  Comète;  on  l'appela  Xiphias ,  parce  qu'elle  avoit 

Tkeoph.p.2^o.\2i  forme  d'une  épée.  Lubienietzki ,   d'après  Ofiander  &  les 

*^^^^'J:f;f  J^-^' Centuriateurs   de  Magdebourg,    croit   qu'en   l'année   de  la 

p.p'g-chronogr.  mort  de  Maurice ,   il  parut  deux  Comètes ,  l'une  en  Avril 

IV.adfrà'c.  ^  Mai ,   l'autre  en  Novembre  &  Décembre  :  Maurice  fut 

tué  le  27  Novembre.  Hermannus-Contraéîus  dit  en  général, 

qu'on  vit  alors  des  globes  de  feu  &  plufieurs  prodiges.  Il  y 

â   ici   une   grande   confufion   dans   la  chronologie   de   nos 

Cométographes  :  les  fix  premières  années  du  vii""  fiècle  font 

toutes  fpécifiées  chez  eux  par  la  mort  de  Maurice  ,  &  par 

i' apparition  d'une  ou  de  plufieurs  Comètes. 

Vers   60 y  * 

Paui.Diac.UV,      Comète  aux  mois  d'Avril  &  de  Mai,  ou  l'année  fuivante 
€,  XXX j II,     ç^^^^^  Hermannus-Contradus.^ 

Vers    60  y  * 

Autre  Comète  durant  les  mois  de  Novembre  &  de  Dé- 
liim,  m.  IV,  cembre  ;  celle-ci  parut  le  matin.  Les  Centuriateurs  parlent 

cap.  XXXIV.  *■ 


DES    Comètes,    -  327 

Je  c^s  Jeux  Comètes,  &  les  rapportent  à  l'an  606;  mais  ils 

ont  tort  de  donner  leur  apparition  comme  antérieure  à  la 

mort  de  Maurice.  Quelques  Ecrivains  ne  parlent  que  d  une 

feule  Comète.  Platine,  en  marquant  fon  apparition  fous  le  P/aim.inSaùm 

pontificat  de  Sabinien,  la  rapporte  à  l'an  604,  s'il  eu  vrai 

que  Sabinien  n'ait  tenu  le  fouverain  Pontificat  que  depuis 

le  mois  de  Septembre  604  juiqu'en  Février  605,  comme 

le  penfe  M.  Fleury;  mais,  félon  le  P.  Pagi,  Sabinien  n'efl: 

mort  qu'en  606.  Sigonius^  fait  paroître  la  Comète  fur  la  ""sigon.OccU, 

fin  de  6^05  ;   Pontanus^,  trois  ans  après  celle  de  602.  En  'hP^ytjr/ 

général ,  les  Auteurs  qui  parlent  de  ces  deux  Comètes ,  ou 

Ibnt  trop  récens ,    ou  ne  déterminent  pas  le  temps  de  leur 

apparition  par  des  caractères  affez  décififs.  Je  fuis  très-porté 

à  croire  qu'elles  ne  diffèrent  pas  des  deux  fuivantes. 

60  j.  Deux  Comètes, 

En  la  troifième  année  Ta-ye,  on  obferva  en  Chine  deux 
Comètes,  que  quelques  Aitronomes  prirent  pour  une  feule, 
La  première  parut  en  la  troifième  Lune,  jour  Sïn-hay  (4 
Avril  )  ;  elle  étoit  à  l'ouefl;  :  elle  îraverfa  les  coniteliations 
Kouey  (  Poiffon  boréal  ,  ceinture  &  bras  auflral  d'Andro- 
mède ) ,  Leou  (  tête  du  Bélier  )  ,  Kio  (  a  &  ^  de  la  Vierge  ) , 
&  lùwg  (  pieds  de  la  Vierge  ) ,  &  elle  difparut.  GauùH 

ha.  féconde  Comète  fut  vue  à  la  neuvième  Lune  ,  jour 
Sin-ouey  {  2.  i  Oélobre  ) ,  dans  les  mêmes  conflellations  Kio 
Sl  Kang;  elle  traverfà  le  palais  Tay-ouey  (partie  boréale  du 
Lion  &  de  la  Vierge  &  autres  Etoiles  plus  au  nord).  La 
Comète  n'atteignit  pas  la  conilellation  Tfan  (ci,  jS,  y,  <^,  g, 
{^,  VI,  ô,  X,  &€.  d'Orion).  Il  efl  facile  d'apercevoir  l'analogie  îhidt 
de  ces  deux  Comètes  avec  les  deux  précédentes. 

614.   Lorfque  Cofroès,  roi  de  Perfe,  s'empara  de  Jéru-  / 

faîem  ,    on  vit  une  Comète  durant  un  mois.   Les  uns  placent     US.  Hévét, 
l'apparition  de  cette  Comète  fur  f année  614,  les  autres  fur  C^nt.Lyc.Mij. 

j^  ,         r   '  -r'  /  T  /^  •  Lavât,  tcjtornu 

ies   années  luivantes   juiquen    617.    Les    Centuriateurs  ne  ZahuCaf.^c.^ 
mettent  aucune  iiaifon   entre  ia  prife  de  Jérufalem   &  la 


32.B  Histoire 

Comète,  &  rapportent  celle-ci  à  Tan  6iy,  II  peut  avoir 
paru  piufieurs  Comètes  ;  peut-être  aulîi  n'en  a-t-on  vu 
aucune  en  Europe. 

Onzième  année  Ta-ye,  fixième  Lune  (  en  Juillet),  on 
vit  en  Chine  une  Comète  au  fud  àes  étoiles  Ven-tchan  (a)  : 
fà  couieur  étoit  noirâtre  ,  &  durant  la  nuit  fa  pointe  avoit 
comme  un  mouvement  de  libration  3  Ta  longueur  étoit  de 
co  à  60  degrés  :  elle  alla  pendant  quelques  jours  au 
CauUi.     nord  -  oueft. 

Treizième  année  Ta-ye ,  à  la  fixième  Lune ,  autre  Comète 
,  dans  ie  paiais  Tay-ouey  (voyez  à  i'an  607  )  :    elle  avoit 
3  ou  4  degrés  de  longueur.  On  la  vit  près  de  la  queue  du 
îhid.      Lion  ;  elle  diiparut  au  bout  de  quelqpes  jours. 

Eckfl,  Lui,      62.2»   Comète. 
ZAhn.  5^^^    * 

En  la  feizième  année  du  règne  d'HéracIius ,  indiéîion 
quatorzième ,  on  vit  au  mois  de  Mars  ,  à  l'occident ,  après 
t^hrcn> Pajch.  le  couclier  du  Soleil,  un  Aflre  extrêmement  brillant.  Cette 
Comète  fut  obfervée  à  la  Chine ,  en  la  neuvième  année 
Vou-îe.  Au  jour  Gïn-ou  de  la  deuxième  Lune  (  2  6  Mars  ) , 
die  étoit  entre  les  confteliaîions  Mao  &  Ouey  (  les  Pléiades 
&  la  Mouche  )  :  au  jour  Ting-hay  (  3  i  Mars  ) ,  elle  fut  à  la 
GauhiL     jambe  occidentale  de  Perlée. 

628.   En  la  ciix-feptième   cannée   d'HéracIius ,    Mahomet 
meurt ,   &  cette  même  année  l'on  vit  durant  trente  jours  une 
Vafceus.    fyure  d'épée  dans  le  Ciel.  C'efi  la  Comète  fuivante» 

^32.   * 

En  ia  vingt-troifième  année  du  règne  d'HéracIius,  on  vit 

(a)  Le  P.  Gaubii  n'explique  pas  ce  que  c'efl  que  ces  étoiles  Ven-tchani 
félon  le  P.  Noëî ,  p.  8  i  ,  Ven-cham  (ou  Ven-tchang)  ,  font  dts  Étoiles 
dans  le  genou  &  les  cuilTes  antérieures  de  la  grande  Ourfe,  e^  f,  ô^  ç,  v, 

un 


D   E   s      C  0   M   è  T  E  s.  329 

un  figne  Jii  côté  du  midi  ;  fà  forme  lui  fit  donner  le  nom 
de  poutre  :  il  dura  trente  jours.  Il  s'étendoit  du  midi  au  nord. 
D'autres  iui  trouvoient  la  figure  d'une  épée.  Cédrène  dit  que  Theeyh.y.^^. 
ce  figne  parut  après  la  mort  de  Mahomet,  arrivée,  félon  lui,  )if!'i]Jaf>l"iv. 
en  la  vingt-unième  année  d'Héraclius:  il  ne  dit  cependant  <^^^^^«'/''^^/* 
pas  que  1  apparition  du  phénomène  ait  luivi  immédiatement 
la  mort  du  faux  Prophète.  Glycas  fuit  Cédrène ,  excepté  qu'il 
ne  fixe  pas  le  temps  de  la  mort  de  Mahomet  ;  il  paroît  même 
le    faire  vivre  juiqu'au   règne   de    Confiant.    Mahomet   eil; 
réellement  mort  en  Mai  ou  Juin  (^3  2.  Cette  Comète  pourroit 
être  la  même  que  celle  de  iGGi,  cumcnc, 

djj.   Comète  en  forme  défaire,  iVehr. 

634.. 

Huitième  année  Tclihig  -  kouan  ,  huitième  Lune  ,  jour 
Kia-tfe  (22  Septembre),  on  vit  en  Chine  une  Comète 
dans  la  conftellation  Hiu  (  iS  du  Verfeau ,  a,  du  petit  Cheval  )  : 
elle  parcourut  le  figne  qui  répond  à  peu-près  à  notre  Verfèau , 
&  difparut  le  jour  Y-ha^  (3  Odobre),  CaM, 

Douzième   année   Tchîng  -  kouan  ,   troîfième  Lune,    jour 
Y~tcheou  (  5  Mai),  une  Comète  fut  obfervée  en  Chine, 
entre  les  conllellations  Pi  &  Mao  (entre  les  Hyades  &  les     îbid. 
Pléiades  ). 

640.  On  vit  une  Etoile  fur  le  difque  de  la  Lune.  Katm^f.lU^ 

(.IV. 

641. 

En  îa  quinzième  année  Tchîng  -  kouan ,  fixième  Lune, 
jour  Kï  -  ouey  (  i  .^^  Août  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète 
dans  Tay-ouey  (voyez  fur  l'an  607).  Elle  palTa  auprès  àes 
Étoiles  de  Lang-ouey  (chevelure  de  Bérénice  )  :  au  jour 
Kia-fu  de  la  feptième  Lune  (  26  Août) ,  elle  ne  parut  pas.  GmU.Mami 
Le  P.  de  Mailla  la  fait  paroître  dans  la  cinquième  Lune.        '     'V'^^" 

^48.  "^  En  la  dix- neuvième  année  du,  règne  deTai-çum, 
Tome  L  T  t 


^20  Histoire 

Siïuyd.îj^c,  une  Comète  parut  ci  la  Chine,  Struyck  donne  ponr  garant 
^v^^'  de  ia  réalité  de  cette  Comète,  l'auteur  de  la  Synopfe  Chro- 

nologique ,  page  ^y.  Je  trouve  en  effet  à  cette  page  l'appa- 
rition d'une  Comète,  rapportée  à  la  dix -neuvième  année^ 
non  de  Tai-çum  ,  mais  de  Cao-çum  Ton  fuccefTeur. 
Luk  Eckjl.       660.   Comète  dans  le  Scorpion  ,  durant  douze  jours. 

Ciif,  Zahn, 

661. 

En  !a  troifîème  année  Loung-cho ,  jour  Kouey-mao ,   hui- 
tième Lune  (  27  Septembre) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète 
Cûdil.     près  â'Arânms, 

66^.   "^   En  la  première  année  du  règne  de  Thierri ,  roi  de 

•  Striiych ,  ^   France ,    une  Comète  fat  vue  pendant  deux  mois  ^,  Struyck , 

j/^o,p.2o,,     ^^^  perfuader  la  réalité  de  cette  Comète,  cite  Jean  Balée^ 

f.  Sj>  ol  1  Auteur  anonyme  de  la  vie  de  oamt- Léger,  baiee  me 

paroît  un  Auteur  peu  judicieux  ;   d'ailleurs  il  eft  moderne* 

ïl  rapporte,   il   eff  vrai,   l'apparition  de  la  Comète  à  fan 

66^;  mais  il   y   joint   des  faits    que   des  Hiiloriens  bien 

plus  anciens  datent  de  fan  6y^.    Quant  à  l'Anonyme,   if 

me  femble  que  lelon  lui  ia  Comète  ne  parut   qu'en   6yj^ 

Clotaire  ÏII  ne  mourut  qu'en  670  ;  Ton  frère  Thierry  I  lui 

fuccéda ,  ÔL  fut  auflitôt  cha(fé  &  renfermé  dans  un  monaftèreo 

Childéric  il  ,  déjà  roi  d'Auftrafie  ,  fut  reconnu  Roi   de  la 

France  entière;  il  mourut  en  6'/'^  ,  Thierry  fut  rétabli,  & 

c'efl:  certainement  de  ce  rétablhîëment  que  f  Anonyme  date 

le  commencement  du  règne  de  ce  Prince.  La  chronologie 

que  Struyck  a  fui  vie,  n'eft  pas  deflituée  de  tout  fondement; 

mais  celle  que  je  viens  de  propoier  ert  plus  certaine  &  plus 

Clemtnco  ¥ç,   généralement  admife. 

6(37. 

En  îa  deuxième  année  Kien-foung ,  jour  Ping-tchïn ,  qua- 
trième Lune  (24-  Mai  ) ,  on  vit  e»  Chine  une  Comète  au 
Gmjjii,     nord-ellp  entre  le  Cocher,  les  Pléiades  &  le  Taureau. 

En  ia  dix-neuvième  année  de  Kao-tfong  ^  empereur  Je 


DES    Comètes,  ^^i 

ia  Chine ,  une  Comète  parut  à  h.  quatrième  Lune.   Cette   Syn,  Chrmo!. 

Comète  ne  feroit-elle  pas  ia  même  que  ia  précédente!  Dans 

les  annales  du  P.  de  Mailla,  il  eil  dit  que  ia  Comète  parut   Malk,u  Vi, 

à  i'étoile  Ou-tche ,  &  qu'elle  dura  peu  de  jours.  L étoile,  ou  ^'  '^^' 

piutôt  i'aflérirme  U-  che  ou  Ou  -  tche ,   comprend  ,  félon  ie 

P.  Noél,  et,  iê,  9,  /  du  Cocher  &  /3  du  Taureau;  cefl  pré-    ^"^'^^  v-  S  S. 

cifément  où  l'on  a  obfervé  ia  Comète  de  66j,  Kao-tfong  eil 

monté  fur  le  trône  à  ia  fixième  Lune  de  l'an  649  ;  fi  cette   MaïUa-,  u  VI 

année  64^  eft  regardée  comme  ia  première  année  de  fon  ^'  '^•'' 

règne,  la  dix -neuvième  année  tombera  fur  fan  66y,  Mais 

outre  que  ce  n'eil  pas  Là  la  manière  ordinaire  de  compter 

àes  Chinois,  le  P.  de  Mailla  dit  qu'il  y  eut  une  éclipfè  de 

Soleil  l'année  qui  précéda  l'apparition  de  la  Comète,  &  que 

cette  éclipfe  fut  obiervée  le  premier  jour  de  la  huitième 

Lune:  or,  cette  éciipfe  appartient  certainement  à  l'an  66  j;    l/n'^/.p.  r^f. 

donc  la  Comète  aura  paru  en  66S. 

En  la  première  année  du  règne  de  Thierry,  on  vît  une 
Comète  ^   Un  feu  parut  au  ciel   durant  dix  jours  ^.   Une  »  Viia  S.  Leod. 
iris  extraordinaire  caufa  tant  de  frayeur  ,   qu'on  crut  que  le  ^Cenw.Chro», 

\         '        '  /.     •.  TCrr-i^  •    r        /  J    •  A  ^    Bon,  Are!, G  arc, 

dernier  jour  etoit  procrie  .  lout  ceci  le  réduit  peut-être  a  paimer.  Bonfin, 
une  aurore  boréale.  Des  Auteurs  cités  en  marge  ,  un  fèul  ^^^-  ^'  ^'  ^^^^' 
nomme  une  Comète;  il  eft  contemporain,  mais  le  mot  de  er?v7  ;,^t  » 
Comète  eit  queiquerois  bien  équivoque.  Sisd, 

^74.    Grande  Comète'^,  ^  Aifl.  Lui, 

67 S'   Comète  pendant  trois  mois'^.  ^'^^"' 

6y6»   Première  Comète. 

Seconde  année  Chang-yven ,  au  jour  Gtn-ou,  douzième 
Lune  (  4  Janvier  67e  ) ,  on  découvrit  en  Chine  une  Comète 
longue  de  5  degrés ,  au  lud  àts  conflellations  Kio  (  ce,  &  (^  de 
ia  Vierge)  &  Kang  (pieds  de  la  Vierge).  ^^"^''"^^ 

676.  *   Deuxième  Comète, 

Le  pape  Adéodat  mourut  au  mois  de  Juin  6y6;  Donus 

Ttij  ^ 


33^  Histoire 

Ion  fucceiTeur  ne  fut  élu  que  le  i ."  Novembre  de  k  même 

année  :   ce  font  des  points  de  chronologie  qui  ne  font  plus 

dilpuîés.  Or,    «  lorfque  Donus  étoit  élu,  au   mois  d'Août, 

»  une  Eîoiie  fe  montra  du  côté  de  l'orient  pendant  trois  mois, 

«  depuis  le  chant   du   coq  juiqu'au  matin  :    fes   rayons  péné- 

»  troient  le  ciel.    Toutes   les    provinces  ,    toutes   les   nations 

M  radmiroient  à  Ton  lever  :   revenant   enfuiîe   iur  elle-même, 

*  Amft<if.  m   elle  dilparut  ^  «   Selon  quelques  Auteurs ,  fa  flamme  ou  fa 

Dono,  FauL    qyeue  avoiî  la  forme  d'une  colonne  ^.    Quant  à  la  date  de 

cap.  'xx'xi'.    l'apparition  ,    elle  parôît  d'abord  ne  pouvoir  fouifrir  de  diffi- 

joann.Diac.    ^uiié  t   au  mols  d'Août  6j().  Donus  n'étoit  pas  encore  élu; 

Chron.  luron,     .,     ,      .  .,  •        x     n  m     r       i  i         i  i 

SigeL  ad.     li  eîoit  mort  en  pareil  mois   670  ;   il  lembie   donc  que  la 

ann.  6yj,  ire  Comète  n'a  pu  paroître  qu'en  Août  ^y/.  Et  en  effet,  Bède 

c,  x]u'  '       témoigne  qu'elle  a  paru  en  cette  année  6yy  &  non  en  678, 

comme  le  F.  Pagi  le  démontre  victorieufement ,  &  par  à^s 

raifonnemens  décififs,  &  par  l'autorité  de  plufieurs  manufcrits, 

^PagiCritic.  contrc  Celle  des  éditions  ordinaires  de  Bède  ^    Higuen   dit 

^'     '  ^  auffi  que  la  Comète  parut  en  automne  en  677  ^.D'autres  j 

^  '"  •   '  trompés    fans    doute   par    des   manufcrits    fautifs    de   Bède , 

Afn.ChronùL  diffèrent   l'apparition   de  la  Comète  jufqu'en   678  :    mais, 

Sa^o.Huraind.  j^^j^j^-jg  jg  j'^j  ^\\^  ^  Donus   étoJt  moFt  alors.  Il  feroit  donc 

naturel  de  conclure  que  la  Comète  a  été  vue  en  6yy.  Mais 
pourquoi  Anaftafe  le  Bibliothécaire  &  les  autres  ,  difent-ils 
cju'elie  a  paru  lorfque  Donus  étoit  élu,  &  non  lorfque  Donus 
étoit  Pape!  Le  lens  ne  feroit -il  pas  que  lorfque  le  i."  No- 
vembre 676,  Donus  fut  élu  Pape,  on  voyolt  une  Comète 
qui  s'éîoit  montrée  des  ie  mois  d'Août  précédent,  &  qui  en 
tout  dura  trois  mois  ?  Un  Auteur  du  xi."  fiècle  dit  en  effet 
Cdtai  Summ.  que  la  Comète  parut  lorfque  Donus  n'étoit  que  Diacre. 
Hermannus  -  Contraéîus ,  d'ailleurs  exaét  fur  la  date  des 
éclipfes  de  ce  temps-là,  marque  l'apparition  de  la  Comète 
fur  l'an  6y6.  D'autres,  mais  moins  anciens,  datent  même 
Eatin. Simone tt.  fon  apparition  du  pontificat  d'Adéodat.  Mais  ce  qui  doit 
Chïo'n/Bof  '  abfolument  décider  pour  6y6 ,  c'ell  que  cette  Comète 
femble  ne  pas  différer  de  celle  qui  fut  obfervée  en  Chine, 
à  la  îroifième  année  Chang-pen ,  à  la  feptième  Lune.  Le 


D   E  s     C  0  M   à   T  E   s,  7^:^^ 

jour  Twg-hay  (4  Septembre  ^j6),  elle  étoit  près  de  Pe-ho 
(  tête  des  Gémeaux  )  :  fon  cours  fut  au  nord-efl.  La  longueur 
de  fa  queue ,  d'abord  de  3  degrés ,  s'accrut  jufqu'à  trente.  La 
Comète  atteignit  les  étoiles  Tc/wiing-iay  (  A  &  /^  de  Ja  grande 
Ourfe)  :  le  jour  Y-yeou  de  la  neuvième  Lune  (ou  ie  i/^  de 
Novembre  ) ,  on  ne  la  vit  pas.  De  cette  defcription  ,  il  eft  GmbiL 
facile  de  conclure  que  la  Comète  a  dû  paroitre  tous  les  jours 
au  matin  du  côté  de  l'orient.  On  ne  i'obiërva  qu'au  commen- 
cement de  Septembre  en  Chine;  on  a  pu  la  voir  quelques 
jours  plus  tôt  en  Europe. 

681.    . 

Première  année  Kay-yo ,  neuvième  Lune,  jour  Phig-chin 
(  1 7  Oélobre  ) ,  Comète  vue  en  Chine  au  milieu  du  Tien-che 
(  près  la  tête  d'Hercule  )  :  elle  étoit  longue  de  5  o  degrés. 
Peu -à-peu  elle  diminua;  elle  prit  Ion  cours  vers  l'Aigle, 
Au  jour  Kouey-îchéou  (  3  Novembre),  elle  dilparut.  Uid, 

684.   Première   Comète. 

Première  année  Ven-ming ,  feptième  Lune,  jour  Sin-oney 
(  6  Septembre),  on  vit  en  Chine,  vers  l'oueft,  une  Comète 
longue  de  10  degrés.  Au  jour  Kïa-tclïm  de  la  huitième 
Lune  (  ^  Oélobre  ) ,  on  ne  la  vit  pas.  ihid.- 

^84.   *   Deuxième  Comète. 

Sous   le  pontificat   de   Benoît  î  î ,    entre   Noè'l   &  l'Epi- 
phanie ,   on    vit   de  nuit  ,    près    des   Pléiades  ,    une  Etoile 
abfolument  obfcure;  elle  refiembloit  à  la  Lune  couverte  d'un 
nuage.  De  plus,  après  le  14  Février  (685  ),  on  découvrit 
en  plein  midi   une  Étoile   d'un  grand  éclat  ,    laquelle  paiïa 
d'occident  en  orient.   Struyck  croit  que   cette  Comète  ne      Anajhf.  fn 
diffère  point  de  celle  de  1652;  &  il  faut  convenir  que  Is  ^A^^'^'lk^^f 
reiïëmbiance  de  ces  deux  Comètes  efl  bien  frappante.  Quant  cap,  jx,  'sigoL 
à  l'Etoile  du  mois  de  Février  685,  il  y  a  app^ence  que  ce  ^'^^'^'^'•^^^ 
n'éîoit  qu'un  météore. 


354  Histoire 

Lé.  Hévél       684.   Comète  qui  a  duré  trois  mois, 

C<x.f,  Zabi,  <lXc, 

yiu 

L'an  p2    6.ÇS  Arabes,   il  parut  une  Comète;   elle  Jurit 
onze  nuits  :  elle  paroiiïbit  toutes  les  nuits   avoir  un  mou- 
HalyînCcnùi,  vement  fenfibie.    L'an  ^2  de  l'Hcgire  a  commencé  le   2p 
Odobre  710,  Se  a  fmi  le  1 8  0<5tobre  711. 

712.  "*" 

En  la  deuxième  année  du  règne  de  Jouî-tfong  en  Chine, 
au  feptième  mois  (  commençant  le  7  Août  )  ,  une  Comète 
fortit  du  côté  de  l'occident,  &:  rentra  enfuite  (\.2^ï\sTdi-ouèi 
(  chevelure  de  Bérénice  ,  grande  partie  du  Lion  ,  de  la 
Mailla, t.Vf.  Vierge  &  du  Bouvier,  &c.  )  Arétius  dit  qu'elle  avoit  un 
^Chrono/,'  ^"'  afjDeél  fombre ,  &  que  fa  queue  étoit  tournée  vers  le  pôle: 
il  cite  Sabellicus  ,  qui  parle  certainement  de  la  Comète 
fuivante. 

y  16,   *  Vers  cette  année  il  y  eut  une  éclipfe  de  Lune, 

&:  l'on  vit  une  Comète  d'un  aipeél  terrible  ;  fa  queue  étoit 

SahfWe.       tournée  vers  le  Pôle.  En  Perfe,  réclipfe  dura  depuis  la  pre- 

frvf/^^^^'  l'nière  veille  de  la  nuit  juicju'à  la  troifième;  on  y  vit  aufli 

la  Comète  :  Théodofe  étoit  alors  empereur   de  Conftanti- 

Bt'iar.  l,  VI.    nople.  Théodofe  fut  proclamé  par  les  Soldats  en  715;  fon 

Clcmenc,    prédécefîèur  Anaflafe  abdiqua  àhs  le  commencement  de  7 1  ^. 

Le  13  Janvier  716,  il  y  eut  une  éclipfe  totale  de  Lune; 

elle  dura  à  Rome  depuis  cinq  heures  julqu'à  neuf  heures  du 

foir  :    gWq  arriva  plus  tard  à  Conftantijiople  ,   &  bien  plus 

tard  encore  en  Perfe.  Il  n'y  a  donc  point  de  doute  qu'il  ne 

s'agiffe  de  cette  Eclipfe  ,   îk.  que  fapparition  de  la  Comète 

n'appartiennne   à  l'an  y  16,    11    feroit   feulement   à   defirer 

qu'on  appuyât  la  réalité  de  cette  Comète  fur  quelque  autorité 

moins  moderne. 

lui.  Eckfl,        7ip*   Comète  rictus  le  Sûgittûire.  On  y  joint  des  faits  qui 
Caj.Zahtt,      n'ont  aucune  fuite,  aucun  fondement  dans  l'Hifloire. 


r>  E  s    Comètes,  335 

Plufieurs  Écrivains  afTurent  qu'au  mois  Je  Janvier  il  parut 
deux  Comètes ,  qui  accompagnèrent  le  Soleil  pendant  qua- 
torze jours  ;    l'une  fè  montroit  le  foir  après  fon  coucher, 
i  autre  le  matin  avant  Ion  lever  :    leur  queue  éîoit  tournée 
vers  le  leptentrion  ^   D'autres  ne  font  mention  que   d'une     '  ^'^'  ^'^'  ^i 
Comète,  qui  fut  vue  du  côté  de  l'occident ^  avec  une  queue  ^Hm>eid.Flhrk, 
tournée  vers  le  nord  ,   &  qui  s'étendoit  jufqu'au  milieu  du    orig.  Stainaei. 
ciel  ^.   Pierre  Apien ,    Hagecius ,   Struyck   &   d'autres,   ont  chr(m."En'"e/h, 
cru  qu'en  effet  il  n'avoit  paru  qu'une  feule  Comète,   peu  ^ordun, lib. iii. 
diftante  du  Soleil  en  alcenlion  droite,  &  plus  feptentrionale  /Iv.HimuJon, 
que  lui  ,    ce  qu'il  etl  facile  de  conjedurer  par  la  dire(51:ion  ^'  ^^' 
feule  de  la  queue  ,   toujours   tendante  au  nord  :   une  telle  Cref.TLAijer. 
Comète  a  dû  fe  lever  le  matin  avant  le  Soleil  &  fe  coucher  Erhehv.tia.ii, 
ie  loir  après  lui.  Struyck  conjedure,  avec  quelque  vraifem-  '^SaJon,'    '^""^ 
blance,  que  cette  Comète  efc  ia  même  que  celle  de  lùyy. 
Quelques-uns  de  nos  Cométographes  modernes  anticipent 
de  trois  ans  l'apparition  àts  deux  Comètes.  Higden  les  rap- 
porte à  fan  728;  mais  de  fon  temps ,  le  mois   de  Janvier 
72p  appartenoit  félon  plufieurs  à  l'an  7281. 

730* 

En  Chine,  dix-huîtième  année  Kay-ynn ,  fixième  Lune, 
jour  Kia-tfé  (  2^  Août),  on  vit  une  Comète  dans  le  Cocher. 
Au  jour  Koiiey-yéou  (7  Septembre),  elle  rcpandoit  la 
lumière  entre  les  conflellaiions  Pi  (  les  Hyades  ) ,  &  Mao 
i^ÏQs  Pléiades).  Cmhlh 

735.  En  la  dix-huitième  année  du  règne  de  Léon  flfaurien^ 
on  vit  un  feu  dans  le  ciel.  Ce  feu  étoit-il  une  Comète?  Miflor.  mfc. 

Q  /.  XXI,  in  Leout 

y  3  ^»  Çetttiir>  Funcct 

En  Chhie ,  vingt- fixîème  année  Kay-yven ,  troifième  Lune, 
jour  Ptng-tfe  (  i/'  Avril  ) ,  Comète  dans  le  palais  Tfé-ouey 
(  partie  du  ciel  qui  refte  toujours  fur  fhorizon  )  ;  elle  par- 
courut la  grande  Ourle  ;  les  nuages  empêchèrent  enfuite  de 
la  voir»  Cmhr, 


3  3^  //  /  j-  r  ^  7  i?  JF 

742.   Eli  îa  deuxième   année   du   règne   de  Conftantin 

Copronyme ,  indidion  dixième ,  au  mois  de  Juin ,   on  vit 

Hi!^or.  niijc.  uw  figue  dans  le  ciel  vers  le  nord  ,   peut-être  une  aurore 

l.XXlI.Cedren.  J^     .^^j^   ^u  ^^^   Ç^^^[q  météore. 
■p,  ^6 o<  A 

Hift.  mifc,  au,      743*  E'^"^  ^3.  troifième  année  du  même  Prince,  on  vit  un 
Cedrcn.-p.f6i,  fjgne  du  côté  du  nord, 

744-  "" 

En  îa  quatrième  année  de  Conflantin,  une  grande  Comète 
^Theophan.    fut   vue  cu   Syrie  %    Piufieurs    Cométographes    modernes^ 
p.^^j.Cedren.  f\Q^\^\QY^[  cette  Comète  ,   &  la  font  paroître  &  en  744  Se 
;w//f.  /.  XXIL    en  745» 
^Cenmr.Lyc.       745.    Comètc   dcius  V Écreviffe  pendant  trente -neuf  jours ,    ifl 
•^'    "^  "'     dit  Lubienietzki,  d'après  fon  Anonyme  de  Nuremberg.  Ou  .|l 
cite  auffi  Prastorius.  ^ 

Hoveden,  75  5*   «  H  7  ^"^ >  dît-on,  Une  éclipfe  de  Lune  le  8  (lifez 

part.  I.        «  le  p  )  des  calendes  de  Décembre  (  elle  fut  totale  &  de  plus 
1»  de  dix-fept  doigts).  Une  Etoile  brillante  fuivoit  la  Lune» 
»  &  elle  1 A  patîa  de  manière  qu'après  l'éclipfe,  l'Étoile  précédoit 
»»  autant  la  Lune  qu'elle  la  fuivoit  avant  le  commencement  de 
l'éclipfe.  »  Calvilius  a  fuppofé  que  cette  Etoile  pouvoit  être 
Aldébaran  ;  il  s'eft  convaincu  du  contraire  par  le  calcul  du 
lieu  de  la  Lune  :  il  auroit  pu  même  fe  détromper  facilement, 
iâns  recourir  à  aucun  calcul ,  la  latitude  ^Aldébaran  diffère 
trop  de  celle  de  la  Lune  totalement  éclipfée.   Par  un  autre 
calcul,  fait  fur  \ç^^  Tables  d'Hallei,  j'ai  trouvé  que  l'Etoile 
dont  parle  Hoveden ,  n'étoit  autre  que  la  planète  de  Jupiter. 

760,   * 

En  la  vingtième  année  du  règne  de  Conflantin ,  le  Soleil 

fut  éclipfé  un  vendredi,  i  5  du  mois  d'Août,  vers  la  dixième 

heure  du  jour.  En  la  même  année,  une  Comète  trçs-éclatante , 

imitant  la  figure  d'une  poutre  ,  parut   durant  dix  jours   du 

côté  de  l'orient,    &   enfuite  à  l'occident  durant   vingt- un 

Theoph.-p.3  62.}^o\\xi,  En  Chine,  on  la  vit  pendant  cinquante  -  neuf  jours.- 

^jifl7.n$dù  Au  jour  Ting-Je  de  la  quatrième  Lune    (  id  Mai)  ,  elle 

lib,  xxiu    "  avoit 


DES    Comètes,  3 3*7 

avolt  4  degrés  de  long  ;    elie   étoit  entre  les   conflellations 

Ouey  &  Léou  (  entre  la  Mouche  &  les  cornes  du  Bélier  )  : 

elle  paiïa  par  \qs  conflellations  Mao  (  les  Pléiades  )  y  Pi  [  \qs 

Hyades  j ,   Tfoay  (  A ,  (p  d'Orion  ) ,  Tchin  (  ou  plutôt  Tfan , 

Orion  ) ,  Tfng  (pieds  8c  cuilfes  des  Gémeaux),  Yii-kouey 

(9,  71,  y,  <P  de  l'EcrevilIë),  Lieoii  (tête  de  l'Hydfe)  :  enfin 

ti'averfîint  le  Lion,  elle  parvint  jufqua  Yéou-tchi-ja  (  jS  de 

la  Vierge  )o  De  cette  defcription  ,   il  fuit  que  la  Comète  a      CmllU 

dû  paroitre  d'abord  le  matin  à  l'orient  ,    &  enfuite  le  fbir  à 

l'occident.  Quelques  modernes  diftinguent  ici  deux  Comètes; 

l'une,    qui    aura  paru  durant   dix  jours    à  l'orient;  l'autre, 

vue  pendant  vingt-un  jours   à  l'occident,  &  les  rapportent 

à  l'an  ydi^i  d'autres  n'admettent  qu'une  Comète,  mais  il    ^Funcc.Luh, 

retardent  d'un  an  Ton  apparition^.  L'éclipfe  de  Soleil  &  \e$  lJc".' Tm/!"^' 

annales  Chinoifes  déterminent  l'année  760.  ^Cri,j.j,an,ii 

lih,  XL  Calviù 

En  la  vingt -deuxième  année  de  Conflantin  ,   on  vit  du 
côté  de  l'orient  une  Comète  en  forme  de  poutre.  Ceux  qui  Tiuoph.v-f^^è 
retardent  dun  an  la  Comète  précédente,   en  lont  autant  ^  nb,  xxil. 
l'égard  de  celle-ci. 

701.    Comète  dans  la  Vierge  ^,  l.^"!''^'^ffî 

{.■^  >^        »      k  j:.ckjlorm.Herh 

<>00.     Comète^,  Zahn. 

809.   Horrible  conjonélîon  de  Saturne  5c  de  Jupiter  dans   ^  Rîcc.  Luh, 
ie  commencement  du  Sagittaire  :  pendant  celte  conjondion ,  il    ^^^'    ^' 
parut  une  Comète.  La  conjonélion  a  eu  lieu,  mais  l'apparition     ^«t*  ^^'^« 
de  la  Comète  n'en  ell  pas  pour  cela  mieux  conftatée  :  les  "^  '^* 

Cométomantiens  étoient  perfuadés  que  la  conjonélion  des 
Planètes  Tupérieures  produiioit  néceiîairement  une  Comète; 
de  la  néceffité  de  la  Comète,  on  aura  facilement  conclu  fa 
réalité. 

813,   * 

En  îa  deuxième  année  du  règne  de  Michel  Curopaîate, 
ou,  félon  d'autres,   au  commencement   du  règne  de  Léon 
l'Arménien,  «on  vit,  le  ^   du  mois  d'Août,  une  Comète 
Jome  L  U  u 


^^S  Histoire 

»  qui  reiïembloit  à  deux  Lunes   jointes   enfembfe  :    elles   fs 
»  réparèrent ,   6c  ayant   pris   diverfes  formes  ,    elles   parurent 
•  Teophan.     enfin  fous  celle  d'un  homme  fans  tête  \  »  Un  feui  Auteur^ 
j),  ^2j.  Suv.  ^^^  anciejî ,  date  ce  phénomène  du  <:  Novembre  <:  12  ^. 

Ceorg.  mon.  Ce  phé|ioraène  peut  avoir  été  une  vraie  Comète,  &  voici 
^iAf.V.i°2j',  comme  on  pourroit  l'expliquer.  La  Comète  était  d'abord 
i'Hifor.Mijc,  entre  le  Soleil  &  ia  Terre,  plus  boréale  cependant  que  le 
HhJ^Xiy,  Soleil;  en  conféquence  elle  paroiffoit  en  croiiïant,  telle  que 
la  Lune  lorfqu'eile  n'a  que  deux  ou  trois  jours  :  le  refle  du 
noyau  de  ia  Comète  étoit  invifible.  La  queue  de  la  Comète 
éîoit  épailîè ,  mais  courte,  vu  fa  direélion  tendante  prefque 
à  la  Terre.  Celte  queue  débordoit  donc  de  peu  ia  partie 
obfcure  du  noyau  ;  arrondie  par  fon  extrémité ,.  elle  pré- 
fentoifc  à  la  vue  la  forme  d'un  iêcond  croiffant,  qui  îouchoit 
ie  premier  par  les  pointes  (  &  non  pas  qui  lui  étoit  adofîes, 
comme  il  a  plu  à  Lubienietzki  de  le  repréfenter  ).  La  Comète 
s'approcha  de  fa  conjonélion  avec  le  Soleil  :  \gs  croiiTans 
devinrent  plus  déliés;  les  pointes  qui  les  joignoient  dilpa- 
rurent  :  on  conclut  que  les  deux  Lunes  s'étoient  féparées» 
Divers  changemens ,  lurvenus  enfuite  dans  l'atmolphère  de 
la  Comète,  firent  imaginer  les  diverfes  formes  qu'on  lui 
attribua.  Cet  Afire,  par  exemple,  s'éloignant  de  la  Terre 
&  s'approchant  du  Soleil ,  fa  chevelure  &  fa  queue  auront 
augmenté  en  grandeur  &  en  éclat,  tandis  que  la  tête  devenoifi 
prefque  invifible  :  la  Comète  aura  pris  alors  dans  l'idée  de 
plufieurs  fipe<flateurs  la  figure  d'un  homme  Ç^ns  tête.  En  tout 
ceci,  je  fuppofe  que  la  Comète  aura  été^  ou  de  moins  aura 
pu  être  vue  pendant  plufieurs  jours;  car  fi  l'apparition  du 
phénomène  a  été  bornée  à  une  ieule  nuit,  il  ne  mérite  pas 
le  nom  de  Comète. 

812,814,815.  Nos  Cométographes  modernes  marquent 
àes  Comètes  fur  toutes  ces  années.  Ici ,  c'eil  ia  Comète  pré- 
cédente qu'ils  tranfportent ;  là,  c'efc  celle  de  837,  dont  ils 
anticipent  l'apparition  de  vingt-deux  à  vingt-trois  ans ,  attri- 
buant à  Charlemagne  ce  que  \qs  Auteurs  contemporains  ont 
dit  de  Louis-le-Débonnaire  :  ils  imaginent  même  de  noiweiles 


ID  ES    Comètes.  339 

Comètes  Jont  je  ne  trouve  aucun  veftige  dans  Tantiquité. 
Plufieurs  font  fur-tout  fort  ardens  à  nous  forger  une  Comète ^^ 
,qui  puiffe  être  le  préfage  de  ia  mort  d'un  aulTi  grand  empereur 
que  Charlemagne.  Ce  Prince  eft  mort  le  28  Janvier  8  14, 
&  félon  nos  Cométographes  ,  i'Aflre  précurfeur  de  cette 
mort  ne  parut  qu'au  mois  d'Avril  de  la  même  année  ou  la 
fui  vante. 

Schédélius  rapporte  l'apparition  d'une  Comète  ,  comme 
préfage  de  la  mort  du  pape  Léon  lîl ,  &  il  fixe  cette  mort 
à  l'an  814:  il  a  tort;  Léon  efl;  mort  le  8  Juin  816.  Chron, Nm-mit 

817.   * 

Le  5  Février  ,  à  la  deuxième  heure  de  la  nuit ,  il  y  eut 
une  éclipiè  de  Lune  ,   &  l'on  vit  une  Comète  monftrueuie 
dans  le  figne  du  Sagittaire '\   Quelques  Auteurs,   qui  font  * Anon.Aflron,, 
également  mention  de  la  Comète,  ont  fubflitué  par  mégarde  Pl!^^ ^i'^jj^th. 
une  éciiple  de  Soleil  à  celle  de  Lune  °.  La  Comète  avoit  la    Fuid.  Aïkr, 
figure  d'une  épée  \  ^ifv.c^civ.' 

•818.     Comète^.  ''^^nn.  Fuld. 

Herman.  cont)-, 

824.   *   Comète^.    II  faut,   dit  Struyck,  qu'elle  ait  paru   ^ Annal. Fuld», 
bien  peu  de  temps ,  puifqu'aucun  autre  Auteur  n'en  a  parlé.     ^Lub.  Aljf» 
Si  la  Comète  de  i  677  achève  fa  révolution  périodique  en     "'    "^  "' 
quatre- vmgt-quatorze  ou   quatre-vmgt-qumze  ans  ,    comme  Seufano, 
ie  penlbit  Struyck,  elle  a  dû  paroître  vers  824,  &.  d'ailleurs 
elle  ne  doit  pas  ordinairement  paroître  long -temps.   Mais 
û  telle  étoit  la  révolution  périodique  de  ia  Comète  de  1 6yj, 
elle  auroit  dû  paroître  en  1771  ou  1772,  Sl  elle  n'a  pas 
paru. 

828.  Comète  dans  la  Balance^,  ^Fakmemorah 

829.  Comète  dans  le  Bélier^.    Ces   deux  Comètes  font  Eckfi.' Zahn»  *' 
certainement  celles  de  837  &  S^^,  anticipées  de  neuf  à    ^  Hdm, 
dix  ans. 

830.  Autre  Comète  dans  k  Bélier^  Luh.  aîji, 

U  u  ï)  ^'^'  ^^^'*' 


540  Histoire 

Le  P.  de  Maiiia  ne  nous  dit  autre  chofe  de  cette  Comète, 

obfervée  en  Chine ,  fnion  qu'à  la  troifième  Lune,  on  i'obferva 

dans  la  conileilation  Tchang ,  &  qu'elle  avoit  quatre -vingts 

7rf^//7^,  ^.  F/;  pieds  de  long-  Le  P.  Gaubii  s'étend  davantage  iur  les  mou- 

l>.f(^s,i-7o.  vef^^ens  de  cette  belle  Comète  :   voici  ia  marche  qu'il  en;  a 

extraite  à^s  ajinaies  Chinoifes. 

En  la  deuxième  année  Kdi-îchïn ,  jour  Ping-mi,  deuxième 
Lune  (  2  2  Mars)  ,  ia  Comète  étoit  dans  la  conilellation 
Goey  (  CL  du  Verleau ,  g  &  G  de  Pégafe  ;  qtl  'è  ^y  elle  com- 
mençoit  vers  i6  degrés  &  demi  du  Verfeau  &  avoit  ij\ 
degrés  d'étendue].  La  queue  de  ia  Comète  avoit  7  degrés 
de  longueur» 

Jour  Voii-chin  (  24  Mars  ) ,  îa  Comète  était  au  Sud-ouell: 
'de  ia  conileliation  Goey  :  elle  étoit  très-brillante. 

Jour  Koitey-tchéou  (  25)  Mars  ) ,  on  ia  vit  dans  la  confteila- 
îion  Hiu  (  fè  du  Verleau ,  a,  du  petit  Cheval ,  commençant 
en  8  3  7  au  feptième  degré  du  Verfeau  ),. 

Jour  Sin-yeou  [6  Avril),  elle  avoit  une  queue  longue 
de  I  o  degrés  ;  fbn  mouvement  étoit  vers  i'oueft. 

Jour  Gin-fu  (  7  Avril),  elle  avoit  vingt  pieds  de  lon- 
gueur, &  elle  étoit  dans  la  eonfteiiation  Nu  i^t^  f/.,  y  du 
Verfeau  &  y  du  Capricorne  ;  elle  commençoit  à  e  du 
Verfeau,-  vers  25  degrés  du  Capricorne  ,  &  s'étendoit  juF-, 
qu'à  ï  2   degrés  vers  l'eft  ) . 

Jour  Koiiey-hay  (  8  Avril) ,  la  Comète  étoit  plus  grande. 

Jour  Kia-tfe  ,  troilième  Lune  (  p  Avril,  c'étoit  préci- 
fément  le  jour  de  la  nouvelle  Lune) ,  on  vit  ia  Comète  dans 
la  conftelktion  Teou  (  cP,  ^tt.  A,  (p,  (t,  r,  Ç  du  Sagittaire, 
commençant  alors  vers  23  degrés  &  demi  du  Sagittaire  <> 
(Se  ayant  x6  degrés  d'étendue  vers  i'efl  ), 

Jour  Y-tchéou  (  i  o  Avril  ) ,  ia  queue  de  la  Comète  avoit 
'50  degrés  de  long:  elle.fe  divifoit  comme  en  deux  rayons^, 
dont  un  s'élendoit  vers  la  eonfteiiation  Ti  (  et  &  1.1  de  ia 
Balance  )  ^  l'autre  couvroit  ia  conileliation  Fang  (  front  du 


D  E  S    Comètes.  3^>i 

Scorpion).  De  cette  diredion  de  la  queue,  il  éfl  facile  de 
.conclure  que  la  Comète  étoit  dans  i'écliptique,  ou  du  moins 
qu'elle  n'en  étoit  pas  foit  éloignée. 

Jour  Ping-yn  (  i  i  Avril  ) ,  la  longueur  de  la  queue  étoit 
'de  60  degrés;  mais  fans  divifion.  La  Comète  étoit  au  neu- 
vième degré  de  la  conftellation  Kaiig  (  laquelle ,  formée  par 
-  ies  pieds  delà  Vierge,  commençoit  en  837  au  dix-huitième 
degré  de  la  Balance,. ou  vers  \^6  degrés  &  dem^i  d'alcenfion 
droite,  &  avoiî  leulement  c^  degrés  d'étendue  vers  l'eft). 

Jour  Ting-nmo  (  12  Avril  )  ^.  la  Comète  alla  au  nord- 
ouefl. 

~Jour  Ki-fe  (  14  Avril)  ,  la  longueur  de  k  queue  étoit 
de  80  degrés  :  on  obferva  la  Comète  dans  la  conilellation 
Tchûiig  (  (Çi,  /x,  A,  u,  x  de  l'Hydre,  commençant  en  S?-/ 
vers  ip  degrés  du  Lion,  &  ayant  18  degrés  d'étendue  à 
i'efl  ).  Il  elt  donc  clair  qu'elle  avoit  été  en  oppofition  avec 
le  Soleil  entre  le  i  i    &  le  14  Avril* 

Enfin  au  jour  Kouey-auey  (28  Avril)  ,   fa  queue  étoit 
réduite  à  3   degrés  &  on  ne  la  vit  pas  depuis.  On  pourroit     Gaulîk 
foupçonner  que  la  Comète  n'eft  pas  fortie  de  la  conftellation 
Tchang ,  puifqu'on  n'en  avertit  pas» 

Cette  Comète  a  beaucoup  d'analogie  avec  celle  crui  fut 
obfervée  en  même  temps  en  Europe.  Prefque  tous  les  auteurs 
Latins  qui  parlent  de  celle-ci ,  témoignent  qu'elle  parut  dan^  "■  Pen.  BMiotn^ 
la  Balance ,   &  plufieurs  datent  fa  première  obfervaîion  du   ^■''^^^- ^^^''^^ 
Il  I  Avrir:  or,  le  iï  Avril,  les  Chinois  obfervèrent  leur  ^  \  Ai^nùn! 
.Comète   dans    la   Balance.    La   Comète   àQ%  Latins  parut,  ^'^''  ^^' 
dit-on,  vinot-cinq  jours  en  tout^;  on  la  vit,  félon  d'autres,     ^  ^ahic. 
depuis  le  i  i  Avril  juiqu  au  7  cle  Mai  .  Cela  peut  facilement   AAnnaiFuîd. 
s'accorder  avec  la  théorie  de  la  Comète,  que  je  fonderai  fur  J-^^rman.  comn. 
les  obfervaîions  Chinoifes.  Mais  il  fe  préfente  ici  deux  diffi-  c^'^j^^i^rk 
cultes  ;    ia  première  regarde  l'année  de  l'apparition    de  \^  Po>it.i.iv.Cruf,. 
Comète  :   félon  les  uns  ^,    elle  a  paru  en  857  ;  en  8^8  J'Jl'^'!!.i.  , 
lelon  les  autres  .  En  pelant  les  autorités  de  part  &  d autre,  Sigeb.Smyck, 
il  ell  difficile  de  ne  pas  fe  décider  pour  l'année  8  ^  7.    Un  ^T^^'  ^^^''  ^^" 

.  >o^'  i^f'^T  rahic,  ?nemor„ 

anonyme  ^  çantemporain  oc  témoin  oculaire^,   ne  donne  f^^^z^^^/?^^.. 


342.  Histoire 

pas  exprefTëment  la  date  de  l'apparition  ;  maïs  ïes  faits  qu'il 
rapporte  enfuite  appartiennent  à  l'an  837,  feion  les  plus 
CJmencCabif.  hablIes  Chronologlfles.  Pierre  le  Bibliothécaire  ,  le  plus 
ancien  de  ceux  qui  diffèrent  l'apparition  de  la  Comète  juf- 
qu'en  838,  n'eft  pas  exad  fur  les  dates;  il  retarde  d'un  an 
plufieurs  faits  arrivés  alors  :  par  exemple,  il  date  de  818, 
l'éclipfe  de  Lune  du  5  Février  &  la  Comète  de  817;  or» 
l'année  de  l'éclipfe  ne  peut  fouffrir  de  difficulté ,  elle  ne 
peut  être  que  8  1 7. 

La  féconde  difficulté  efl;  plus  embarraffante ,   elle  a  pour 

objet  le  lieu   de  la  Comète ,    &  elle   naît  c\qs  paroles   de 

"Ason,  ÀJîron.  l'Auonvme   contemporain   que   nous  avons    déjà  cité  :    les 

voici  fidèlement  traduites.   «  Vers  le  milieu  de  la  foiennité 

>.  de  Pâques  (  Pâques  tomboit  au   i"  Avril  en  837,   au  14. 

»  du  même  mois  en  838  ) ,   il   parut  une  Comète  dans  le 

»>  ficrne  de  la  Vierge.   Elle  étoit  dans  la  partie  de  ce  fgne, 

»  laquelle,  outre  le  bas  de  la  robe  de  la  Vierge,  renferme  la 

»  queue  du  Serpent  (  c  eft-à-dire  de  THydre  )    &  le  Corbeau. 

(  La  Comète  étoit  donc  dans  la  Balance;  car  cette  partie  du 

ciel,  où  fut  obfervée  la  Comète,  étoit  paffée  dans  le  figne 

de  la  Balance,   bien  avant  837  ).  «  Le  mouvement  de  la 

w  Comète  ne  fut  point  femblable  à  celui  des  fept  Planètes, 

î»  dont  le  cours  eft  vers  l'orient.  La  Comète ,  au  contraire ,  ce 

»  qui  ed  bien  furprenant,   parcourut  en  vingt -cinq  jours  Iqs 

î>  fignes  du  Lion,  de  l'Écreviffe  &  des  Gémeaux;  enfin  elle 

«  dépofa   fon   éclat  &  fa  longue   chevelure    dans  la  tête  du 

5>  Taureau ,  fous  les  pieds  du  Cocher.   L'empereur  (  Louis-le- 

»  Débonnaire  )  ,  perfuadé  que  ces  Aftres  font  des  avant-coureurs 

5»  de  la  mort  des  Grands ,   m'interrogea  fur  la  fignification  de 

»  ce  prodige  ,    parce  que  je  paflois  pour  avoir  quelque  con- 

»  noiifance  du  ciel.  Je  tentai  de  le  raffiirer,  en  lui  alléguant 

»  la  parole  de  l'Ecriture ,  Ne  craigne?^  rien  des  fignes  du  ciel, 

«  Je  ne  crains  point  le  figne,  me  répondit  ce  pieux  Monarque, 

î>  je  crains  l'Auteur  tout-puiffant  de  ce  figne  &  de  mon  être; 

il  m'avertit  fans  doute  de  me  dilpofer  à  la  mort ,  &c.  •» 

La  Comète  en  Chine  fut  obfervée  dès  le  32  Mars,   on 


DES    Comètes,  343 

îa  vit  Jans  le  Verfeau,  dans  le  Capricorne,  dans  le  Sagittaire 
&  dans  ie  Scorpion ,  jufqu'au  i  i  Avril  :  l'Anonyme  ne  fait 
pas  mention  de  ces  obfervations.  On  peut  répondre  que  le 
ciel  e'toit  alors  couvert  à  Aix-la-Chapelle.  D'ailleurs  ,  félon 
la  théorie  de  la  Comète  que  nous  propoferons  ci-après  ,  la 
Comète  devoit  alors  monter  très -peu  fur  l'horizon  de  la 
France  <Sc  de  l'Allemagne. 

On  conclut,  à  ce  qu'il  femble,  des  paroles  de  l'Anonyme, 
que  vers  le  milieu  de  la  femaine  de  Pâques,  ou  vers  le 
4.  Avril,  la  Comète  étoit  dans  le  figne  de  la  Balance  :  or, 
félon  \çs  obfervations  Chinoifès  ,  elle  n'a  été  dans  ce  figne 
que  le  I  I  du  mcm.e  mois.  Cette  difficulté  peut  fe  réfoudre 
en  difant  que  vers  le  4  Avril  on  vit  la  Comète  ,  fans 
remarquer  bien  politivement  le  lieu  du  ciel  où  elle  paroiffoit, 
L'Empereur  &  le  foi  -  difant  Aflronome  en  furent  avertis , 
ils  furent  attentifs:  les  jours  fuivans  le  ciel  fut  couvert; 
enfin  le  i  i  Avril  le  ciel  s'éclaircit  &  la  Comète  reparut  dans 
ia  Balance.  Nous  avons  vu  que  félon  plufieurs  Ecrivains, 
ia  Comète  avoit  été  réellement  vue  le  i  i  dans  le  figne  de 
ia  Balance. 

La  Comète  a  parcouru,  par  un  mouvement  rétrograde ^ 
Iqs  fignes  de  la  Balance,  de  la  Vierge  &  du  Lion;  cette 
circonilance  eft  commune  aux  deux  obfervations. 

Mais,  félon  lAnonyme,  ia  Comète  a  été  de -là,  par 
rÉcreville  &  hs  Gémeaux ,  jufqu'à  la  tête  du  Taureau  :  or 
il  eft  abfolument  impoffible  de  concilier  ceci  avec  la  fuite 
des  oblèrvations  Chinoiles.  Diilinguerons-nous  la  Comète 
Européenne  de  celle  qui  a  été  oblervée  en  Chine  ?  Mais 
il  feroit  lurprenant  que  deux  belles  Comètes  ayant  paru  dans 
ie  même  temps  &:  dans  la  même  partie  du  ciel,  une  eût  été 
vue  en  Chine  ,  exclufivement  à  la  féconde  ,  laquelle  auroit 
été  obfèrvée  feule  en  Europe  fans  le  plus  léger  foupçon  de 
ia  première.  Dirons -nous  que  l'anonyme  Européen  s'efl 
trompé  dans  la  route  qu'il  a  afîignée  à  fa  Comète  ?  Il  paroît 
cependant  inlîruit  de  la  divihon  du  ciel.  Les  autres  hiftoriens 
Occidentaux  difent  fimplement  que  la  Comète  a  été  obfèrvée 


^344^  H  I  s  T  0    IRE 

en  Europe  dans  la  Balance  &  dans  la  Vierge,  &  c'efl  pré- 
cifcment  dans  ces  fignes  que  les  obrervateurs  Chinois  lui  ont 
trouvé  le  plus  d'éclat.  L'Anonyme  ne  paroît  pas  trop  exaél 
fur  le  lieu  de  la  Comète  de  Bjp  ,  comme  nous  le  verrons 
bientôt.  Tout  ce  que  nous  pouvons  imaginer  de  plus  favo- 
rable pour  fauver  en  partie  ion  honneur,  c'eft  qu'il  aura 
ceffé  de  voir  la  Comète  dans  le  figne  du  Lion  ,  ainfi  que 
les  Aftronomes  de  la  Chine:  quelques  nuits  fombres  auront 
fuivi  fa  dernière  obfervation.  Du  mouvement  de  la  Comète 
qu'il  avoit  obfervé ,  concluant  mal- à- propos  celui  qu'elle 
devoit  avoir  eu  durant  ces  jours  de  mauvais  temps,  il  l'aura 
cherchée  vers  le  figne  àts  Gémeaux;  un  phénomène  ou  quel- 
que météore,  vu  dans  cette  partie  du  ciel,  aura  été  pris  par 
lui  pour  la  Comète  qui  s'évanouilîoiî. 

J'ai  eiTayé  de  profiter  àes  obier vations  Chinoi fes  pour 
calculer  l'orbite  de  la  Comète,  &  je  crois  y  avoir  réulîi , 
du  moins  en  partie.  J'ai  luppoié  que  la  Comète  avoit  pafTé 
par  fon  nœud  le  i  o  Avril  ;  la  direélion  de  fa  queu«  dénotoft 
qu'elle  ne  pouvoit  être  alors  éloignée  de  i'écliptique.  J'ai 
conjeduré  que  ce  nœud  étoit  le  nœud  afcendant  :  autrement 
ejle  n'auroit  pas  pu  aller  le  12  Avril  au  nord  -  ouefL  J'ai 
déterminé  l'inclinaifon  de  l'orbite  de  1  o  à  12  degrés  :  les 
Chinois  ne  marquant  nulle  part  la  diftance  de  la  Comète  au 
Pôle,  je  n'ai  point  adez  de  données  pour  établir  avec  préci- 
fion  cette  inclinaifon;  mais  des  iuppoiitions  que  je  fais,  ii 
s'enfuivra ,  i .°  que  la  Comète  aura  eu  d'abord  une  déclinaifori 
auflrale  alfez  forte,  qu'en  conféquençe  elle  aura  peu  monte 
fur  notre  horizon,  &:  qu'elle  aura  été  vue  aiïez  tard  en  Europe  ; 
2..^  que  fa  déclinaifon  boréale  ne  iera  pas  devenue  afîez 
çonfidérable  pour  que  la  Comète  ait  pu  être  obfervée  dans 
Ifi  partie  du  ciel  que  les  Chinois  appellent  le  Tien  -  che , 
circonftance  que  leurs  Adronomes  n'auroient  point  palfée 
fous  filence.  Je  crois  \ç.i  auires  éiémens  alfez  exaéls. 

Lieu  du  périhélie ....,..- cf    i  cj^     3', 

X^ieu  du   nœud    aleendant. ^.   26.  3  :;. 

Inclinaifon* 


DES    Comètes.  345; 

încïinalfon ^         ï  0  à  1 2* 

Logarithme  de  la  cliftance  périhélie ^,7^ 3 4.2  8. 

Pajfage  au  j)érïhélie ,  i^  Mars  à  midi,  MeYidien  de  Paris. 
Sens  du  mouvement Rétrograde. 

837.  *  Mézerai  dit  qu'il  parut  deux  Comètes  en  ^^J % 
mais  que   la    féconde  n'eut  rien  de   remarquable.    Boèthe 
ajoute ,  je  ne  fais  fur  quelle  autorité ,  que  cette  féconde  parut 
en  Automne.   Quelques  Cométographes  modernes  ont  fuivi     Boetk  m,  x 
Boèthe  :   d'autres  d'une  feule  Comète  en  font   deux ,  dont     Eckfl,  Vide 
ils  font  paroître  l'une  dans  la  Balance  en  838  ,  l'autre  dans  -^«^''"v 
la  Vierge  en  83^.  ,  Mer.Cafw, 

^39-  * 

«Durant  cet  hiver,  dit  l'Anonyme  déjà  cité ,  c'efl-à-dire  ^ 
ie    i.^**  Janvier  (83^),  on  vit  le  feu  cruel  d'une  Comète  »« 
dans  le  figne  du  Scorpion  ,  peu  après  le  coucher  du  Soleil  ». 
Le  témoignage  de  notre  loi-difant -Aflronome  fe  trouve  ici 
contredit  par  une   multitude   d'autorités   contraires.   Je   ne     Amaï,  Mef> 
parle  pas  de  ceux  qui  rapportent  l'apparition  de  la  Comète    ^o^^*  ^^'''^* 
à  l'an  8  3  8  ;  elle  a  pu  réellement  paroître  à  la  fin  de  cette 
année  :  d'ailleurs  il  en  efl,  parmi  ces  Auteurs,  qui  anticipent 
d'un  an  la  plupart  des   faits   qu'ils  rapportent.   Il  s'agit    ici     Annal,  Ma. 
principalement,  du  lieu  de  la  Comète;  l'Anonyme  nomme 
ie  Scorpion;  tous  \qs  autres  Hifloriens  atteftent  unanimement 
qu'elle  parut  dans  le  Bélier.   L'Anonyme  feul  efl;  contem-     Anytai  FiM. 
porain  ;   cette   raifbn   fembleroit   devoir    faire  préférer   fmi    ^^'''  ^'''^'"'^'" 
autorité  à  celle  de  tous  \çs  autres  ;  mais  ion  récit  implique  Chro?i.  mddag, 
contradiaion.  Le  i.^'  de  Janvier,  le  Soleil  étoit  dans  le  [^!Z''7'%IU 
Capricorne;  la  Comète,  placée  dans  le  Scorpion,  étoit  donc    An>er.  Cifln. 
à  l'occident  du  Soleil,  &  devoit  paroître  le  matin  avant  le  ^J„7if,  aZII 
lever,  &  non  ie  foir  après  le  coucher  du  Soleil  :  cette  difficulté  ^^f^-  StahM, 
s'évanouit  fi  la  Comète  efl  dans  le  Bélier  ;  elle  doit  alors 
paroître  le  foir.  On  pourroit  dire  que  le  i.^*^  de  Janvier  la 
Comète  étoit  réellement  dans  le  Scorpion  avec  une  latitude 
boréale  de  50  à   55  degrés ^  ce  qui  fuffifoit  pour  qu'elle  fe 
Tome  L  X  x 


346  Histoire 

foit  couchée  ce  jour- là  après  le  Soleil.  Quelques  joïirs  de 
mauvais  temps  feront  furvenus,  après  lefquels  on  aura  revu 
la  Comète  dans  le  Bélier  avec  une  moindre  latitude.  Je 
doute  cependant  que  l'Anonyme  eût  placé  la  Comète  dans 
ie  Scorpion ,  fi  elle  eût  été  diilante  de  5  o  degrés  de  la 
confteilation  qui  porte  ce  nom  ;  il  auroit  probablement  dit 
qu'elle  éîoit  dans  Hercule.  Aimera-t-on  mieux  dire  que  cet 
Anonyme  étoit  plus  Aflroîogue  qu'Aflronome,  &  qu'il  ne 
connoiflbit  pas  le  ciel  auffi  parfaitement  qu'il  fe  glorifîoit 
de  le  connoître?  Il  eft  enfin  pofTible  qu'il  ait  paru  plufieurs 
Comètes  en  8  jp;  un  Auteur  ancien  dit  qu'en  cette  année ^ 
Annal  Berlin.  {[  parut  fouveut  des  Etoilcs  avec  des  chevelures  ardentes» 
Lubien,  Aijî.       840,  841,  842,   Trots  Comètes, 

Zahn,  Weè, 

84Î  ,     842.    * 

Anml  Fuld,       Comète  le  2  5  Décembre  dans  le  Verièau.  Un  Hiftorlen^, 

aflèz  peu   exaél  fur  les  dates,   dit  qu'avant  la  bataille  de 

Fontenay,  c'eft-à-dire,  ayant  le  25  Juin   841,  on  vit  une 

Alher.Cafin.  Comète  dans  le  Sagittaire.  Cette  Comète,  fi  elle  a  exifté, 

diffère  fans  doute  de  celle  qui  fut  obfervée  le  2  5  Décembre 

fui  vaut.  Plufieurs  Européens  font  mention  de  celle-ci,  comme 

»  Herinann,    ayant  été  oblervée  le  2  ^  Décembre^  &  dans  le  figne  du 

^rr*,  '^^,'      Verfeau  ^.   Mais  que  veut  dire  Nithard ,   lorfqu'il  dit  «  que 

*>  Itdem.  Chron.      ,  .  -ii-x/  t  t-  or-/' 

Turon.  Memor.  oans   îes    mois   cie  i/ecembre,  Janvier    ol    revner,    cette 

hijwr,  „  Comète  monta  par  le  centre  d^s  Poiiïbns,  (ou,  comme  il 

>»  eft  dit  dans  le  texte,  per  Pifces  cenîrum  )  entre  le  ligne  qui 

»  eft  appelé  Lyre  par  quelques-uns,  par  \qs  autres  Andromède ^ 

Nithard,  lîIL  &   le  moindre  des  Arélures»!  On  entrevoit  ici    quelques 

traces  de  la  vraie  route  de  la  Comète  obfervée  en  Chine ^ 

au  jour  Gin-yn  de  la  onzième  Lune  (  22  Décembre  841  ) , 

près  de  l'étoile  Fomalhaut  ;  de -là  ^Wq  fut  à  la  conftellation 

Che   (  aîle   de   Pégafe  )  ;   elle    entra   enfuite  dans  le  palais 

Tfe-ouey  (  partie   du  ciel  dont  \es  Etoiles  ne  fe   couchent 

point).  Au  jour  Sin-niûo  de  la  douzième  Lune  (  c)  Février 

Gauhn,      842),  elle  ne  parut  plus.   Une   ancienne   Chronique   dit 

•qu'on  la  vit,   indi^ion  cinquième,  à  l'occident,  depuis  k 


DES    Comètes,  347 

y  Janvier  jufqu'au   13    Février.  Selon   ies  autres  autorités     Chron.Turm. 
que  nous  avons  alléguées,  on  dut  la  voir  d'abord  à  l'orient, 
enfuite  durant  toute  ia  nuit. 

843.  On  dit  qu'il  a  paru  plujieurs  Comkês,  Ricci. 

844.  Comète.  Aîhumafar  vivoit  alors ,  il  a  vu  une  Comète  LnhUn.  Eckji. 
cu-de^us  de   Vénus. ^  On  afTure  qu'il  ne  fe  trouve  rien  de     ^Luh.Hévéï. 
fembiable    dans   \qs   écrits    d'AIbumafar.^   Mais   quand    cet  f^'^^^;  ^''^''' 
Aftronome  auroit  vu  une  telle  Comète,  qui  a  dit  à  nos     b  Smyck, 
Cométographes  que  c'eft  en  844  qu'il  l'a  vue!  Il  auroit  pu       17^°  ' 
voir  une  à^s  Comètes  précédentes  ou  à^s  fui  van  tes.  Dans 

ia  réalité,  il  n'en  a  vu  aucune  dans  ce  temps-ci;  il  efl  plus 
que  probable  qu'il  vivoit  en  un  autre  fiècle. 

855. 

On  vit  en  France  une  Comète  pendant  vingt  jours.  La        Chr.m, 
Comète    d'Halley   a    dû   paroître   vers   cette    année.    Une    ^'  ^''''"'' 
Chronique   ancienne   parle   de   «  deux  Étoiles ,   l'une   plus 
grande,  l'autre  plus  petite,  qu'on  vit,  au  mois  d'Août,  s'avancer  <« 
d'occident  en  orient,  &  cela  pai*  dix  fois  confécutives ,  avec  « 
une  fi  jufte  proportion,  que  ia  plus  grande  paroiflant  toujours,  « 
ia  plus  petite  difparoifloitTouvent».  Je  fuis  fort  éloigné  de    Annal,  Bertifit 
décider  que  ces  deux  Etoiles  fuflent  des  Comètes. 

858.  * 

Au  temps  de  la  mort  du  Pape  Benoît  III ,  il  parut  une 
Comète  du  côté  de  l'orient  ,  fa  queue  étoit  tournée  vers 
l'occident.  Benoît  eft  mort  le  8  Avril  858.  Ftoim.Hipr. 

l  XVI,  c.  IX, 
g^^  ^~  Martin.  Fuld. 

On  vît  une  Comète  vers  le  premier  jour  de  Mai.  chren.  Fimac^ 

866. 

On  vit  àts  Comètes   avant  la  mort  de  Bardas.  Bardas    CohJI.  Poriih 

fut  tué  le  2  I  Avril  866.  biyc'.pilpj,' 

8  6y,  Comète.  C'eft  peut-être  la  fuîvante  anticipée  d'un      chron.  Auft. 

.an,  ou  qui  aura  été  vue  àhs  ia  fin  de  867.  Chon.  Mdiic. 

Xx  ij 


34^  Histoire 

Indîélîon   première  ,   on  vit   une  Comète  vers  ie  2p 

Janvier  ;  elle  parut  durant  environ  dix-fept  jours.    Elle  étoit 

d'abord  fous  le  timon  du  petit  Ardure  (  ou  ibus  la  queue  de 

MecroiSemn.  la  petite  Ourfe  )  :   elle   s'avança   prefque  jurqu'au    triangle» 

''Ann.  Fuid,  Beaucoup  d'Auteurs  font  mention  de  cette  Comète.^ 

^chr'ol'Augt       8(39.     Une   Comète    annonça  la   mort  de  Lothalre  le 

chron.  s.  FiorU  jeune ^  mort  le  8  Août  860. 

Chron,Mailu  '  ^  ^ 

Hoved.^  p.    t,  ,  S7?» 

HepiJann.  /  j" 

hmnann.contr.  r^  >^  t  r^         ^         \  «  .  .  c 

AJmor,  Hijior.       Un  Vit  en  Trauce  une  Comète  durant  vnigt-cinq  jours, 

Andeglù,  La  mort  de  l'empereur   Louis  II  fut  annoncée  par  un© 

Etoile  ardente  comme  un  flambeau,  laquelle  fe  montra  le 

dv-on.  Vuiiurn,  j  Juin ,  au-delà  du  feptentrion.    On  la  vit  même  àhs  le  6 

chron.Cajaur.    j^jj^  ^^  nord-efl ,   à  la  première  heure  delà  nuit  :  elle  étoit 

plus  brillante  que  les  Comètes   n'ont  coutume  de  l'être ,  Sl 

Annal.  Fuid.  elle  étendoit  une   belle  chevelure.  Cette  Comète  éclatante 

Nem.contraéi.  ^  ^  longue  queue  parut  le  matii'i  &  le  foir  durant  tout  ie 

ChroK.Andr,  moîs   de  Juîn  ,    indi(!T:ion    huit.     Quelques     Chroniqueurs 

retardent  la   mort   de    Louis   &  l'apparition  de  la  Comète 

Sigeh.Amai.  jufqu'en  87 d;  ils  fe  trompent,  Louis  efl  mort  le  13   Août 

¥û£jf*      ^7  5'  "  -^^^  ^'^"  ^^  l'Incarnation  874 ,  dit  un  ancien  Écrivain  , 

»•  indi<51ion  trois  ,  au  mois  de  Juin ,  un  vendredi,  à  la  cinquième 

»  heure  de  la  nuit,,   on  vit  un  figne  dans  le  ciel;  il  parut  une 

»•  Comète  dans  le  Bélier ,  elle  étoit  éclatante  comme  un  flambeau  5 

»»  elle  brilla  durant  quatorze  jours.  Or  en  cette  même  année  ^ 

»  le  féréniflîme  empereur  Louis  mourut  au  mois  d'Août,   un 

Ckor.r Kovai  vendredi''.   Il  y  a  ici  une  confufion  manifefte  de  dates.  En 

874  l'indidion  étoit  fept ,    &  Louis  efl:  mort  un   famedi  , 

non  un  vendredi.   Au  lieu  de  ces  mots  :  indïâion  trois  au 

mois  de  Juin,   on  pourroit  llibftituér  ,  indiflion  huit ^  trois  du 

mois  de  Juin,   &  ce  jour  étoit   réellement  un  vendredi  en 

875.  Ces  corredions  de  dates  étant  faites ,  on  peut  admettre 


^JlLer.  Cafn, 
^Necroh  Fuld, 


DES     Comètes,  349 

îe  refle  de  la  narration.  La  Comète  aura  paru  ie  3  Juin 
dans  le  Bélier ,  avec  peu  de  latitude  ;  elle  Te  fera  levée  en 
conféquence  peu  après  minuit,  &  aura  été  vue  ce  même  jour 
à  Novalaife.  Lqs  jours  fuivans ,  fa  longitude  diminuant ,  & 
fa  latitude  boréale  augmentant,  on  l'aura  vue  par-tout  le  6  ou 
ie  7  Juin  au  loir  vers  le  nord-efl.  Quant  à  la  durée,  on 
(ait  qu'elle  peut  varier  beaucoup,  à  raifon  de  la  différente 
conflitution  de  l'air  en  différens  pays  ,  de  l'attention  des 
obfervateurs  ,  &  de  l'intérêt  plus  ou  moins  vif  qu'ils  peuvent 
prendre  au  phénomène. 

^y6.   Quelques  Hiftoriens  marquent  fur  cette  année  une 
Comète   très  -  éclatante  ^   qui   auroit  paru   le    6   de   Juin,^ 
Quoique  ces  Ecrivains  ne  le  trompent  pas  fur  l'année  de  la 
mort  de  Louis ,   leur  Comète  paroît  ne  pas  différer  de  la    Chromgr, 
Comète  précédente, 

874,  ou  875  ,  ou    Îj6,  ou  ^j^ ,   on  vit  une  Comète 
au  mois  de  Juillet,  félon  trois  anciennes  chroniques,   &  ii 
y  eut  une  grande  éclipfè  de   Soleil  le   28    Gdobre   de  la 
même  année  874^ ,  ou  87  5  ^ ,  ou  2)y6.^  Ces  trois  chroniques,     -Chrort, 
affez  exaéles  ordinairement  fur  les  dates  ,  font  ici  manifelle-     l  chw^!' 
ment  en  erreur  :   il  ne   peut  y  avoir  eu  aucune  éclipfe  de    Âri^-gar. 
Soleil  en  ces  trois  années,   au  mois  d'Oéiobre.   Il  y  en  eut    MalkaL 
réellement  une,  non  le  28,  mais  le  2p  Oélobre  878;  elle 
fut  prefque  totale  à  Paris  :  faut -il  en  conféquence  rapporter 
l'apparition  de  la  Comète  au  mois  de  Juillet  878.  Les  trois 
chroniques  fe  trompent  vifiblement  en  portant  le  2  8  Odebre 
au  lieu  du  2^;   ne  pourroient-elles  pas  le  tromper  pareille- 
ment iiir  le  mois  de  l'apparition  de  la  Comète  \  îi  le  mot  de 
Julio,  Juillet,   s'eil  gliffé   dans   ces   chroniques  au  lieu   de 
Junio ,   Juin,   la  Comète  fera  celle  de   875,   de   laquelle 
nous  venons  de  parler  :  d'ailleurs   cette  Comète  de  875  a 
pu  paroître  jufqu'en  Juillet, 

877.  * 

On  lit  dans  une  ancienne  chronique  :  «  Charles ,  roi   de 
France,    entra  en  Italie   avec    une    puiilante  armée  ;  il  tint  « 


jp  Histoire 

n  l'Empire  durant  deux  ans  (  il  avoit  été  cou-ronné  Empereur 

«  16  2  5  Décembre  875  ).  En  la  féconde  année  de  fon  entrée 

«  en  Itâiie ,  on  vit  au  mois  de  Mars  une  Comète  du  côté  de 

»  l'occident ,  dans  le  figne  de  la  Balance  ;   elle  brilla  pendant 

»  quinze  jours,   mais   avec  moins   d'éclat  que  la  précédente 

»  (celle  de  875  ).  En  cette  même  année,  l'empereur  Charles 

Ckron,Novah  ell  mort  ».  Charles-le-Chauve  eft  mort  le  6  Odobre  877  > 

donc  la  Comète  a  paru  en  Mars  ^yj*  Puilcju'elle  étoit  dans 

ia  Balance,  elle  étok  oppofée  au  Soleil;  elle  paroi  (Toit  donc 

toute  la  nuit,  le  foir  à  l'orient,  le  matin  à  l'occident.   Mais 

elle  étoit  affez  obfcure  ;  l'inattention ,  ou  peut-être  \qs  nuages 

empêchèrent  de  la  voir  d'abord  le  foir  à  l'orient.  Les  Moines 

de  Novalaife   la  découvrirent  le  matin  à  l'occident  ,    fans 

doute  à  la  fbrtie   de   leur  Office   de  la   nuit.  D'ailleurs  ia 

Comète  ne  fera  pas  refiée  dans  la  Balance  tous  les  quinze 

jours  de  fon  apparition ,   elle   aura    pu   rétrograder  jufqu'à 

i'Écreviffe  ou  jufqu'aux  Gémeaux,    &  alors   on  l'aura  vue 

le  foir  du  côté  de  l'occident. 

882.  * 

Le  I  8  Janvier,  à  la  première  heure  de  la  nuit,  on  vit 
une    Comète  ,    dont  ia  chevelure    étoit    prodigieufemeni 
'Annal  FuU,    étendue. 

Herman,  conir.  9iCi\       ^ 

Lamhec  J 

Aventin,  /.  IV, 

^C'  tt  Lorfque  le  jeune  Urfus  eut   commencé  à  gouverner, 

Axon.  Benev*   Une  Comète  jeta  durant  quelques  jours  un  éclat  efîrayant  »* 

Urfus  ceffa  de  gouverner   Bénévent  en   Oélobre    8p  i  ,    if 

n'avoit  régné  qu'un  an.  Un  Écrivain  du  douzième  fiècle  dit 

que  «  le  21   Mars  8p  i  ,   vers  le  milieu  du  carême,  on  vit 

»  une  Etoile  d'une  grandeur  furprenante  :  plufieurs  prétendirent 

»  que  ce  devoit  être   une  Comète  :    éX^  iançoit  en  bas  de 

»  grands   rayons  ,   &   durant  plufieurs  nuits ,    elle   paroifîbit 

'Annal, Saxo,  monter  dans  le  Zodiaque».    Deux  Auteurs  contemporains 

diffèrent  l'apparition  de  la  Comète  jufques  après  Pâques, 

^hdwluiv!  "^^^^  ^'^  temps  à.t^  Rogations.  Pâques  tomboit  en  8pi  au 


D   E   s      C  0   M    È  TE  S,  aîl 

4  Avril,  les  Rogations  aux  lo,   ii,  12  MaL  En  Chine, 

ia  Comète  parut  à  la  quatrième  Lune  ,    commençant  vers  ie 

i  I   Mai  :  on  la  vit  d'abord  à  l'Étoile  San-tay  (pattes  de  la 

grande   Ourfe  )  ,   elle  fe  perdit  dans    Tay  -  ouey  (  partie  du 

ciel  où  font  la  chevelure  de  Bérénice,  le  petit  Lion,  grande 

partie  du  Bouvier  ,   de  la  Vierge  &  du  Lion).  On  jugea 

qu'elle  pou  voit  avoir  cent  pieds  (100  degrés  de  long).  Si,   Mailla,  t.  VIL 

comme  il  n'eft  guère  poffibie  d'en  douter,  cette  Comète  n'efl  f'  ^^' 

autre  que  celle  de  1661  ,  elle  a  pu  paroître  dès  le  2  i  Mars, 

mais   elle    n'a   pu  parvenir    qu'au  mois  de  Mai  à  fon  plus 

grand    éclat.    Un  Écrivain   du  onzième  fiècîe   la  fait  auflî 

pai'oitre  aux  Rogations;   mais  il  la  rapporte  à  l'an  Spi,  Chmmi. Saxon, 

Une  Comète  parut  cette  année  dans  îa  queue  du  Scorpion , 
durant  près  de  quatre  -  vingts  jours  :  elle  fut  fuivie  d'une 
féchereflë  extrême  aux  mois  d'Avril  &  de  Mai.  Le  lieu  de  chm.Aadeg, 
cette  Comète  ne  permet  pas  de  ia  confondre  avec  la  précédente. 

85*5. 

Seconde  année  Kin-fou ,  quatrième  Lune  ,  jour  Y-yeou 
(25  Juin  ) ,  à  travers  its  nuages  on  vit  une  Comète  de  i  po 
degrés  de  long  dans  Chang-tay  (/,  x  de  la  grande  Ourfè)  s 
elle  alioit  à  l'eft.  Elle  entra  dans  Tay-ouey  (voyez  fur  l'an 
8p  I  )  :  elle  pafla  dans  le  Tien-che  (la  Couronne,  grande 
partie  d'Hercule  &  du  Serpentaire,  &c  ).  En  trente -ièpt 
jours  fa  longueur  augmenta  jufqu'à  200  degrés  (cela  efl 
difficile  à  croire  ).  Les  nuages  empêchèrent  de  la  bien  obferver.  CauUf, 
Il  ell  à  remarquer  que  le  2  5  Juin  efl  bien  le  jour  Y-yeou  >  mais 
il  appartient  à  la  cinquième  Lune  ,  &  non  à  la  quatrième. 
Peut-être  s'ell-ii  giilfé  une  erreur  de  chiffre  dans  le  manufcrit 
du  P.  Gaubil.  Cette  Comète  a  beaucoup  de  rapport  avec 
celle  dont  le  P.  de  Mailla  rapporte  l'apparition  à  fan  8pi  , 
&  en  Spi  la  quatrième  Lune  avoit  un  jour  Y-yeou.  c'étoit 
le  \y  Mai.  L'apparition  de  la  Comète  du  P.  de  Mailla  en 
Mai  8^  I  eu  confirmée  par  des  auteurs  Européens  contem- 


Chron.Malleac» 


3^2  Histoire 

porains.  Dirons  -  nous  qu'on  peut  rapporter  la  Comète  du 
P.  Gaubii  à  l'année  891!  Mais  le  Père  de  Mailla  dit  exprejP- 
fément  que  la  Comète  de  8p  i  fe  perdit  dans  Tay-ouey  ; 
donc  elle  n'a  point  palTé  au  Tien  -  che»  Je  fuis  d'autant  plus 
porté  à  croire  que  les  Comètes  du  Père  Mailla  &  du  Père 
Gaubii  font  deux  Comètes  différentes,  que  ,  comme  je  l'ai 
dit,  je  ne  doute  prefque  pas  que  la  première  ne  foit  un  retour 
de  celle  de  1661  ;  or  c'eft  ce  qui  ne  pourroit  fe  dire  de  la 
féconde.  La  Comète  de  1661  n'a  pas  pu  parvenir  en  Juin 
8pi  ,  à  la  partie  du  ciel  que  les  Chinois  nomment  le 
Tien  -  che. 

Lnh.  Zabi.  8p8  OU  8^9.  Une  Comète  partit  Jurant  quatorie  jours. 
On  cite  Aimoin,  c'efL  -  à  -  dire ,  Ton  Continuateur;  nous  le 
citerons  fur  ia  Comète  de  poj. 

^Lul>.  Aijî.       poo.    Comète  après  la  mort  de  l'empereur  Arnoul.^ 
Tack,  Zakn.  go 2.   Comèîe.^  C'efl  la  fuivante  anticipée  de  dcux  ans. 

b  Calvif.  Lui,  «^  ^ 

He..EckJl,irc.  ^^^^^ 

Vers  îe  temps  de  la  naiifance  de  fempereur   Conftantin 

Porphyrogénète  ,  une  Comète  éclatante  lança  Ïqs  rayons  du 

Léo   Gr.      côté  de  l'Orient;  elle  dura  quarante  jours  &  quarante  nuits. 

V''f^3-      Conflantin  fut  baptifé  le  jour    de    la   Théophanie  ,    ou  le 

Confiant.  Poyh,     ^     ,  .  K     r^         ^  t  a  1       r 

p.  28c),  Léo  6  Janvier  ^05  :  la  Comète  a  donc  pu  paroitre  vers  la  nn 

f.^66.GeQrg.  ÇOS"    * 

Aîon,  p,  j  6^, 

Cedrcn.p.^g I,  "tr         r  m*  r  •       t       -sx    •  t*.  •        t» 

«  y/ ers  le  milieu  du  mois  de  Mai ,  nous  dit-on ,  un  jeudi 

»  (  donc  le  1 6  Mai  ) ,    on  vit  une  Étoile  vers  le  feptentrion , 

»  en  déclinant  un  peu   vers   foccident  :  elle   lançoit   vers  le 

»  fud-eil;  un  grand  rayon  qui  reffembloit  à  une  longue  pique, 

Chren.  Fior,  &  qui  traverfoit  le  Zodiaque  entre  le  Lion  &  les  Gémeaux  ». 

Franchi  Eft - îl   poffibk   que   ie  Soleil  étant  au  commencement  à^s 

Gémeaux  ,   la  queue  de  la   Comète  traversât  le   Zodiaque 

entre  ie  Lion  &  \qs  Gémeaux.  De  plus ,   que  fignifie  cette 

expreffion  ,    entre  les  Gémeaux   &  le  Lion!   Pourquoi   ne 

pas  nommer  i'ÉcrevilTe ,    qui   eft  entre  deux  !  La  fcience 

Agronomique 


DES    Comètes,  i^:^ 

Allronomîque  de  nos  Chroniqueurs  ne  s'étendoit  probablement 
qu'à  quelques  mots,  dont  ils  ne  favoient  pas  faire  une  jufle 
application.  D'ailleurs  l'apparition  de  la  Comète  au  mois  de 
Mai  efl  conftatée^;  elle  parut  en  Chine  à  la  cinquième  Lune,    ^Syn.  Oivonot 
qui  commençoit  enpo5  dhs  les  premiers  jours  de  Juin;  on  ^j^^^^^]  //^K, 
ia  voyoit  vers  le  couchant  d'été,  ou  vers  le   nord- oueft^  :  /o/.  ^;?i>. 
û\q  cou vroit  tout  le  ciel'^.   Le  feul  Continuateur  d'Aimoin  ^Synopf.  Chron. 
dit  qu'elle  fut  vue  quatorze  jours  vers  le  milieu  de  Mars '^  :  il  ^'^^^^îi^^f^'V^^r 
l'aura   peut-être  confondue  avec  celle  de  pi 2.  Réginon  &   àjif„oin.fuv,i 
Hoffmann  anticipent  d'une  année  la  date  de  fon  apparition'^:  c.xli. 
ils  ont  été  luivis  par  quelques  Modernes  ^.  ^Regin.  i.  il 

^06.  On  vit  une  Comète^  prefque  pendant  la  moitié  de  "^^'  "^"^  ^^' 
l'année ^  L'auteur  de  la  Chronique  deMailros  dit  fur  l'année  Cœj. 
précédente  ,  que  la  Lune  fut  terriblement  obfcurcie  :  cela  ^  chwn,  Maïk. 
s'entend  naturellement,  quoique  non  néceiïairement ,  d'une  ^^ Amiq. Brhan. 
éclipfe  de  Lune;  il  n'y  en  eut  point  en  poj  ,  il  y  en  eut  ''^"  '  ^^'"°° 
deux  totales  en  5)04. 

L'empereur  Alexandre  régna  à  Conftantînople  depuis  le 
ï  I  Mai  ^  I  I  jufqu'au  7  Juin  p  i  2  ;   fous  fon  règne  on  vit 
une  Comète  durant  quinze  jours  du  côté  de  foccident  :  on 
i'appeloit  Xiphias ,  parce  qu'elle  avoit  la  figure  d'une  épée^      ""Lio  Gr. 
Un  feul  autcLir  Bylantin  lui  donne  quarante  jours  de  durée  ^  ^Baîin^Àkxm. 
Selon  \qs  auteurs  Latins,  elle  parut  durant  environ  quatorze  r.^j^.Georg. 
jours ,  vers  le  nord-ouefl,  au  mois  de  Mars  ^   Quelques-uns  cednn.v^ô^S, 
la  rapportent  à  l'an  911^,    ce  qui  ne  peut   être  ,     puifque  ciyc.p.^00. 
Alexandre  ne  régnoit  pas  encore ,  &  qu'il  eft  plus  que  pro-    ^'^^"^'  ^ogoth, 
bable  que  les  Grecs  &  les  Latins  parlent  d'une  feule  &  même    'c^,^  °^  ^j^^. 

Comète.  -Clarius,  ire, 

Q  I  2    ou    0  I  ^  .  ^Ordericl.  VU. 

•^  .  ^      '  Heftdan. 

Il  parut  plufieurs  Comètes  en  912^,  ou ,  fèîon  un  fêui  ^Amai  Saxo. 
Auteur,  en  913  ^  En  effet,  outre  la  Comète  précédente ,  c"mrMe"rcc 
il  en  pai'ut  une  chevelue  en  Egypte ,  en  l'an  300  de  l'Hégire,  c/imt.  Quedi, 
dans  un  des  angles  de  la  conjonction".  L'an  300  de  f  Hégire  ^C/imt.Aujlr, 
a  commencé  le  18  Août  piz  &  a  fini  le  6  Août  pij.  'HaiiinCmiL 
Tome  L  Y  y 


3^4  Histoire 

Lui/.  Eckji,       013.   Comète  dans  le  Scorpion. 

^23.   * 

En  la  première  année  du  règne  de  Tchiiang-tfong,   ora 

'  Syn.Chïoml  vit  en  Chine  ime  Comète  à  la  neuvième  Lune,  commençant 
vers  le  12  Ocflobre.  Selon  le  P.  de  Mailla,    la  Comète  ne 

Mailla,  t.vih  parut  qu'à  la  dixième  Lune,  à  l'étoile  y^w-/^o/^/  (6,  vi,  y,  J^^,. 

^'^'"  de  l'Écieviffe). 

^25.   En  l'an  313   âiQs  Arabes,   on   vît  en  Egypte  une 

grande  Etoile ,    étincelante   &   environnée  de   rayons  ;    une 

grande  flamme  la  fui  voit,  elle  infpiroit  la  terreur;  elle  étoit 

très -rouge.  Son  mouvement  étoit  du  feptentrion  à  l'orient: 

elle  étoit  longue  d'environ  trente  piques  &  large  de  deux^, 

entortillée  comme  un  ferpent.    On  la  vit  après  le  coucher 

du  Soleil ,  le  mercredi  24  du  fécond  Gjumadi.  Elle  s'éteignit 

%imacîn*      au  bout  de  trois  heures^    Donc    cette    Etoile  n'étoit  qu'un 

météore.     La  date  de   fon   apparition  eft  le    1 6  Septembre 

5)25;  mais  ce   jour   étoit  un  vendredi.   Si  l'on  veut  lire  le 

premier  Gjumadi  au  lieu  du  fécond ,  la  date  fera  le  mercredi  ^ 

17  Août  de  la  même  année^ 

Mil.  Lui,         9'^^'  *   Comète  dans  fEcrevifîe.  Si  elle  a  paru  vers  les 

'Eckji.Caf,irc.  j^QJ^  jg  M2i\,.  Juin  ou  Juillet,  ce  feroit  un  retour  de  la  Comète 
d'Halley. 

«En  ce  temps-ià,  dît  un  Auteur  contemporain,  îe  Soîeil 

»  fouftrit  une  grande  éclipfe ,  qui  effiaya  tout  le  monde  ;  elle 

»  arriva  le  vendredi,  à  la  troifième  heure  du  jour  (donc le  iq 

»>  Juillet  5? 3c?;    elle  fut  à  Paris  de  plus  de  dix  doigts,   bien 

»'  plus  forte  en  Italie).  De  plus,  on  vit  en  Italie,  durant  huit 

'»  nuits  continues   une  Comète  d'une   grandeur    furprenante  ; 

^Lmtpr.  l  V,  elle  lançoit  des  rayons  d'une  longueur  extraordinaire  «^ 

hAmn.Gneirt.       5?4i'   ^^^  '^^^  des  Comètcs*^:  uue  dura  quatorze  nuits*^; 

"^■^c^f^)  elle   préfageoit  la  mortalité  qui  iê  ht  fentir  l'année  fiiivante 

Zaïin.  ire.     '  fui"    les   bœufs  '^,     Un    Auteur   dit   hmplement  qu'il    parut 

^chron.Leod.L  ^j^^    figne    admirable    dans   le   ciel".   Selon    une    ancienne 

Cnron,  Lob,  O 

fHepldamsi^ 


DES    Comètes,  355 

chronique,  ia  Comète  fut  vue  au  mois  d'Odobre  pendant 
vingt-un  jours  :  il  eft  clair 'que  c'eft  ia  Comète  fuivante  que 
cette  chronique  a  anticipée  d'un  an. 


Chron. 
S>  Fhretic, 


9^ 


2. 


Une  Comète  parut  au  mois  d'Ocflobre  durant  vingt  -  un 
ou  vingt^deux  jours  dans  ia  partie  occidentaie  fbj  du  ciel.  La 
tête  étoit  afîèz  obfcure ,  elle  îrainoit  après  elle  un  long  flambeau 
qui  reiïembiôit  à  une  efpèce  de  fumée  :  elle  s'avança  peu  à 
peu  vers  l'orient  jufqu'au  méridien  ^  Plufieurs  cependant  ne       '^c^ro», 
virent  cette  Comète  que  pendant  quatorze  jours,  ou  depuis  ^^^"f^'j^^J^^ 
le  ï8  Oclobre  jufqu'au  i."  Novembre^  Tous  parlent  d'une      h  \Yitichind, 
mortalité  furies  bœufs,    arrivée   l'année   fuivante,    comme    Hem.  comu 
d'une  fuite  ou  d'un  effet  de  l'apparition   de   cette  Comète.       Sw«!'" 
Une  ancienne  chronique  dit  qu'il  parut  cette  année  en  Italie      Nepiach. 

C\TJ  î  r  »C/'~'»  "ii,*  col,    I  o  2  Oê 

omete  d  une  grandeur  lurprenante  «  l^ecipourioit  bien  Cemein.  l.  Ill, 

regarder  la  Comète  de  o^o.  f°^'  ^S''  ^ 

^43.   On  Vit  QQs  Comètes    durant  quatorze  nuits ^.  Le  Cmm.  Fah-k. 

temps  de  la  durée  peut  faire   foupçonner   qu'il  ne  s'agit  ici  ^ww.  t-c. 

que  de  la  Comète  précédente.  ^  Chron.  Sah. 

5)44.  "^   Il  y  eut  une  terrible  éclipfe  de  Soleil ,  un  vendredi  yi™f'jiyil\ 

€1  la  troifième  heure  du  jour.    De  plus  ,     on   vît  en  Italie  une  Anon.Leob.lJ. 

Comète  d'une  grandeur  furprenante  ;  elle  dura  huit  jours.   Le  AnnahHhfaug, 

nombre   des  Auteurs  qui  ont  parlé  de  cette  Comète,   en  ^  sigeb.' NangL 

Impofé  à  Struyck.   îl  efî  cependant  manifefte  que  cette  Co-    Ai^^^-  Cafm. 

N  '    il  II        j  i       ^     V  •.'  a.    Hermann.Corii, 

mete  nelt  autre    que  celle  de   ^jp».  dont   i  apparition  eit    Cnifius.-p.z, 
retardée  de   cinq  ans.   L'éclipfe  du  Soleil   fuffit  feule  pour  ''•  iV.Cenw, 
conftater  l'erreur  de   tous  ces  Ecrivains.    Il  y  a  réellement 
eu  en  5)44,    le  vendredi    20    Septembre  ,    une  éciiple  de 
Soleil,   mais  très-petite  &  non  terrible  ;    mais  au  lever  du 
Soleil  &  non  pas  vers  ia  troifième  heure  du  jour  ;  mais  vifible 


(b)  Puifque  la  Comète  s'avançoit  vers  le  méridien  &  vers  i'orient, 
comme  le  témoignent  uniformément  les  Chroniques  d'Angers  &;  de  Maillezais, 
elle  fut  donc  obfervéc  d'abord  dans  la  partie  occidentale  du  Ciel,  comme 
on  le  lie  dans  la  Chronique  d'Angers  :  c'eft  donc  une  erreur  de  copifte  dans 
celle  de  Maillezais,  fi  l'on  y  lit  que  la  Comète  parut  d'abord  à  l'orient. 


35^  Histoire 

à  peine  au  nord  de  la  Lapponie  &  de  la  Ruffie,  &  învîfibîe 
pour  tout  le  refle  de  l'Europe.  Depuis  le  vendredi,  ip 
Juillet  P3P  jufqu'en  0)44  ,  il  n'y  a  eu  aucune  éclipfë  de 
Soleil  vilible  en  Europe  le  vendredi  à  la  troiiième  heure  du 
jour.  Nos  Chroniqueurs  parlent  donc  fur  l'an  ^44  de  l'éclipfe 
de  P3P  :  leur  Comète  efl  donc  pareillement  celle  de  ^Jp, 
qu'ils  n'ont  pas  voulu  féparer  de  réclipfe  obfervée  la  même 
année  que  la  Comète,  Au  refle  ^  Sigebert  &  i'Annalifte 
Saxon  ,  les  deux  plus  anciens  de  ces  Hiftoriens ,  écrivoient 
près  de  deux  fiècies  après  la  Comète  &  réclipfe. 

P45-  * 

«Théotilon,  évcque  de  Tours,  étant  part!  de  Laon  pour 

»  retourner  en  fon  diocèie ,  fut  lurpris  en  chemin  de  la  maladie 

>3  dont  il  mourut.  Il  rendoit  le  dernier  (oupir,  lorftjue  l'on  vit 

>»  un  ligne  lumineux  traverfer  l'air.  Ce  figne  avoit  une  coudée 

M  de  longueur  ;    fa  lumière    avoit   affez  d'éclat  pour  éclairer 

»  au  milieu  de  la  nuit  ceux  qui  furent  chargés  de  conduire 

»  à  Tours  le  corps  de  ce  Prélat,  dans  une  traveriée  de  près 

'FrodoarJ.      de  deux  cents  milles  ».  La  durée  de  ce  figne  me  perfuade 

prefque  que  c'étoit  une  véritable  Comète.  En  effet,  pluheurs 

Vrjperg.  iper.  Auteurs  marquent  fapparition  d'une  Comète  lur  l'an  ^4^  i 

Memor,  hifl.    ^^"^^^  H  €n  elf  parmi   eux  qui  font  cette  Comète  un  peu 

trop  reiïemblante  à  celle  de  5)3^. 
Leovit,  apud       En  945,   ielon  quelques  Auteurs  modernes ,  on  vit  une 
?i^r;//ii:  nouvelle  Etoile  près  de  Caifiopée. 

B.  V,.  c,  XII,  . 

limh  959* 

Vers  le  temps  de  la  maladie  &  de  îa  mort  de  Confïantlîï 

Porphyrogénète ,  on  vit  une  Etoile  fombre  &  oblcure;  elle 

'Conilant.Porph.  parut  affez  long  temps.  Conftantin  eft  mort  le  ^  Novembre 

'logol^'p  i""^'  959'  ^^^'^J^^  trouve  beaucoup  de  rapport  enti'e  cette  Comète 

&  celle  de  1652.  Elle  fut  vue,  dit  Tackius,  depuis  le  17; 

0(51:obre  juiqu'au  i,^*^  Novembre. 

On  vit  l'an  6y  ^  (  de  fère  de  Dioclétien  ,    ou  p  59  de  la 
BÔtre  ) ,  un  phénomèue  fembiable  à  celui  dont  nou5  avons 


DES    Comètes,  357 

parlé  (fur  fan  ^25  ).  Au  premier  Rabie  (au  mois  Je  Mai), 

on  vit  une  grande  Etoile,  environnée  de  rayons,  étincelante 

&  fuivie  de  trois  fl.;mmes:  elle  étoit  claire  comme  le  jour.       Elmacm 

li  ne  paroît   pas  que  ce  météore   puiiTe  être  confondu  avec 

ia  Comète  àts  Auteurs  Byzantins. 

^64.     Comète^»  *Aret,LnI>, 

^68.     Comète''.  Alfled.Tack, 

^ji*  On  vit  dans  le  Ciei  un  figne  de  couleur  de  feu^  ^Cenm.Lycofl' 
Mais  étoit-ce  une  Comète  \  Lub.  Ruck, 

Zahtt, 

975'  ^  'Wi"rg. 

Sous  l'empire  de  Jean  ZimifcèSy  au  mois  d'Août,  indiélion 
trois  (donc  en  ^75  )  ,  on  vit  une  Comète  barbue  :  elle  parut 
jufqu'au  huitième    mois,     indiétion  quatre  y,  c'ell:  -  à  -  dire ,  Ctdren.p.sSj.^ 
jufqu'au  mois  d'Oclobre  delà  même  année,  \qs>  Grecs  chan-  ^^^'/'•i«'^? 
géant  l'indiélion  au  mois  de  Septembre.   Calvifius  fait  dire 
à  Cédrene  qu'elle  parut  durant  huit  mois ,  ce  que  nos  Comé- 
tographes  modernes  n'ont  pas  manqué  de  faifir.  Le  P.  de 
Mailla   la   fait  paroitre    en  Chine   dès  la   cinquième  Lune  MaUla,uvn\ 
qui ,    cette   année  ,   a  fini   vers    le     11    Juillet.    Beaucoup    ^'  ^  ' 
d'Auteurs   Latins   rapportent  fon    apparition    au   temps    de 
î'automne.    Selon  le  P.  Gaubil,   on  commença  à  la  voir  en  Simon  Dmelmr 
Chine    le   jour   Kia-tje   de   la   fixième  Lune    (3    Août),   ^S.ChZl 
dans  ia  conitellation  Lïeoii    (tête  de  l'Hydre).    La  queue       Avgufi. 
de  ia  Comète  avoit   alors  40    degrés  de  longueur  ,    on  la       J'^^]^  /^* 
yit  entre  fept  heures  &  neuf  heures  du  matin.   La  Comète     Huntmdon^ 
parcourut    la   conflellation    Yu  -  Couey    (  l'EcreviiTe  )  ;    elle    '   Brùann!'^^* 
parvint  à  la  conflellation  Toung-pi  [y  de  Pégafe,  cl  d'An-     CauhiU 
dromède).  Son  apparition  fut  de  quatre-vingt-trois  jours. 
Il  y  a  beaucoup    d'apparence   que  c'eil:   ici  un  retour  de  la  ^ 

Comète  de  1556,  qui  aura  palTé  par  fon  périhélie  quelques 
jours  avant  la  fin  de  Juillet.  Dans  cette  hypothèfè ,  il  aura 
été  très  -  polfibie  de  découvrir  la  Comète  dès  avant  le  i  i 
Juillet.  Elle  aura  été  vers  le  3  Août  en  conjonélioii  avec 
Je  Soleil,  mais  avec  une  latitude  boréale  aflez  forte,  pour 
paroître  avant  le  lever  du  Soleil  j  avec  une  queue  de  4Q1 


^^8  Histoire 

degrés ,  &:  avec  aflez  d'éclat  pour  pouvoir  être  aperçue  de 
jour.  Elle  aura  parcouru  par  un  mouvement  rétrograde  en 
apparence ,  ies  fignes  de  i'Éereviiïe ,  des  Gémeaux ,  du 
Taureau  &  du  Bélier;  &  enfin  on  aura  pu  ceiTer  de  i a  voir 
au  mois  d'Octobre  dans  ce  dernier  figne. 
Lnl,  Eckjî.      py^'   Comète  Jans  la  Vierge, 

'iîaU  Zahn, 

5,81.  * 

Sous  ie  pontificat  de  Benoît  VÏI,  qui  fiégea  depuis  Mars 
^Chon,      ^j<y   jufqu'en   Juillet  ^83,  il  parut  des   Comètes '\  Outre 
Engheih.      ^^11^  de  ^75,  on  en  vit  une  durant  l'automne  de  ^8  i^ 
€  I.  HepiJ!'  '       9^3'    ^^^'^  ^^  temps  de  la  mort  de  l'empereur  Othon  II, 

^Luh.HévéU  on  vit  une  Comète^. 
MkchZahn.         ^84.  On   vit  unc  Etoile  en  plein  jour^.  C'étoit  appa- 
fChronogr.    gemment  Vénus,  Tackiùs  fait  paroître  une  Comète  en  cette 
année. 

^8j.  Sous  ie  pontificat  de  Jean  XVI,  fils  de  Léon,  il 

Pïatin,,       parut,   dit -on,  une  Comète.    Ce  Jean,  que  plufieurs  ne 

s!^xLvi.  '  comptent    point    au   nombre    A^%   Papes,    &   que    d'autres 

nomment  fils  de  Robert,  fijt  élu  en  ^85,  &  mourut  ou  îvX 

dépofTédé  la  même  année* 

^pSp.   *   Plufieurs  Comètes, 

'Annal  Saxo,       0\\  vlt  des  Comètes.  Dîtmare ,  livre  ^,  parle  d'une  qu'il 

Omdiinb      ^^"^  vraifembiablemeut  rapporter  à  cette   année.   II  en  parut 

'fhronoguSaxo.  une  cu  Chine  au  jour  Kia-chin  de  la  première  Lune   (  10 

Février  )  ,  au  nord  de  la  confiellation  Che  {a.,  (2>  de  Pégafe )  : 

elle  n'avoit  qu'un  degré  de  longueur;  on  la  vit  durant  qua- 

iGaul/iL     torze  jours. 

Le  jour  du  Soleil ,  vingtième  du  deuxième  Rabie  de  l'an 
37^   (  Dimanche  28  Juillet  5)8  c)  ) ,   on  vit  à  l'occident  une 
Etoile  chevelue  :  elle  dura  vingt  jours  &  plus;   on  la  voyoit 
'Eimacifi.     toutes  les  nuits  :  elle  fe  diffipa  enfin. 

En  automne ,  à  la  feptième  Lune  (qui  commença  le  5  Août) 
il  parut  en  Chine  une  Comète  à  l'étoile  Tong-tfing  (  c'eft- 
à-dire ,  je  penfe ,  à  la  partie  orientale  de  la  confieilatio» 


DES    Comètes.  359 

Tfnig ,  qui  renferme  les  pieds  &  les  cuifles  dçs  Gémeaux): 
elle  le  fit  voir  dLirant  trente  jours ,  jufqu'à  la  huitième  Lune.  Mailla.uVIIl 
Pour  que  cette  Comète  foit  la  même  que  celle  dont  parle  ^' "^' 
Elmacin,  il  faut  qu'après  avoir  paru  le  28  Juillet  à  l'occident 
dans  le  ligne  de  la  Vierge,  elle  ait  parcouru,  par  un  mou- 
vement rétrograde ,  \qs  fignes  du  Lion  &  de  l'ÉcrevilIë ,  afin 
qu'au  mois  d'Août  on  ait  pu  lobferver  en  Chine  dans  ce 
dernier  figne,  ou  dans  celui  des  Gémeaux;  ce  qui  n'eft  point 
impoffible.  Sa  grande  latitude  boréale  a  pu  contribuer  à  la 
rendre  vifible  toutes  les  nuits.  Hépidanne  dit  qu'elle  parut  le 
jour  de  Saint-Laurent,   i  o  Août.   Voyez  fur  l'an  5)^5» 

Un  Hiflorien ,  très-infidèle  fur  les  dates ,  fait  paroître  au 
nord  une  Etoile  dont  la  queue  avoit  la  longueur  d'un  pas  ; 
il  ajoute  que  quelques  jours  après  l'Etoile  étoit  à  l'occident  ^ 
&  que  fa  queue  s'étendoit  vers  l'orient.  Cette  autorité ,  fort  JRomuaid, 
équivoque  en  elle-même ,  eft  appuyée  de  celle  des  Annales 
Chinoiles.  On  y  lit  qu'en  la  quatorzième  année  du  règne  de 
Taï-tfong,  au  huitième  mois,  commençant  le  jzj  Août,  on 
vit  une  Comète  du  côté  de  l'occident.  Coujjkf,  Smf 

Du  temps   du  comte  Arnoul  ,    qui   régna  en   Hollande    ''^°^°' 
depuis  c)8^  jufqu'en  pp8  ,  il  parut  une  Comète  fort  épou- 
vantable.   Mais  en  quelle  année  parut  -  elle  ?  LcPnUJAL 

pp2.   Une  Comète  fut  vue  durant  quatre-vingts  jours ,  & 
Jon  apparition  fut  fuivie  d'une  grande  fécherejfe.    C'eft  certai-  Om,  Salmun: 
iiement  ia  Comète  de  8^2  retardée  d'un  fiècie* 

PP5-  *  ^ 
Le  jour  de  Saint-Laurent,  10  Août,  on  vit  une  Comète,  Hepîdam 
Les  favans  Éditeurs  du  Recueil  des  Hifl;oriens  de  France, 
tome  X,  croient  qu'il  faut  rapporter  cette  Comète  à  l'an  ^  8p. 
«  Hépidanne,  difent-ils,  retarde  de  fix  ans  tous  \es  faits  qu'il 
rapporte  dans  cette  partie  de  fa  chronique.  «  Ces  faits,  outre 
les  apparitions  dts  Comètes  ,  font  en  petit  nombre  ;  & 
d'ailleurs  la  réalité  de  la  Comète  de  00  5  efl  confirmée  par 
i'autoiité  de  Florent  de  Vinchefter». 


Florent,  yigr 


360  Histoire 

Bergom.i.xiï.       p^6.  Coinète.    Les  Ecrivains  qui  font  mention  de  cette 
^uur.    H .    Qqj^-,^jç  f^j-ji;  ^Yop  modernes  pour  qu'on  puifle  faire  un  grand 
fonds  fur  leur  autorité. 

p^J'  On  vit  dans  la  partie  auflrale  du  ciel  une  Comète , 
Chïon,  Belg^  qui  répandoit  des  flammes  effrayantes.  Tous  les  faits  dont  on 
accompagne  l'apparition  de  cette  Comète,  appartiennent 
certainement  à  l'an  1005  ou  lood.  S'il  faut  anticiper  de 
fix  ans  les  Comètes  de  la  chronique  d'Hépidanne ,  il  faut 
rapporter  à  fan  p^j  celle  que  cet  Écrivain  dit  avoir  paru 
l'an  1003. 

998.* 

En  la  première  année  du  règne  de  Tchin-tfong ,  on  vit  à 
^Coupi.Syn,  Ja  Chine  une  Comète  au  premier  mois^  (en  Février)  :  elle 
T-.r"!'  T„r,  étoit  au  nord  de  l'Etoile  Yng-clie^  (cl.  /3  de  Pégafe). 

^       ^  ÏOOO. 

L*an  1000  de  Jéfus-Chrift  fut  accompli  en  ia  quatrième 
année  du  règne  de  Robert;  il  avoit  été  fertile  en  prodiges, 
félon  un  très-grand  nombre  d'Hiltoriens  ;  on  avoit  éprouvé 
de  grands  tremblemens  de  terre ,     une  Comète  avoit  paru 
Iperks,       pendant  neuf  jours.    La  plupart  de  nos  Auteurs  datent  foii 
apparition  du  ip  à^s  calendes  de  Janvier  ,  ou  du   14  Dé- 
cembre.  Prefque   tous   continuent   ainfi  :    «  Le  ciel  s'étant 
?>  ouvert  ,   une  efpèce    de   flambeau   ardent  tomba  fur  terre , 
»  laiiTant  derrière  lui  une  longue  trace  de  lumière,    femblable 
»  à  un  éclair.   Son  éclat  étoit  tel  qu'il  effi'aya  non -feulement 
^S^'geh.  Ipey.  „  ceux  qui  étoieut  dans  les  campagnes ,  mais  même  ceux  qui 
Hfmannî' '*  étoieut  renfermés  dans  les  maifons.  Cette  ouverture  du  ciel 
'Â^^^^r'r  ^'  ^^  refermant  infenfiblement ,   on  vit  la  figure  d'un  dragon  , 
Vincent.  '"  dout  les  pieds  étoient  bleus,  &  dont  la  tête  fembloit croître 
^cvH^cIrô    toujours^».  Ce  météore  ou  chafma ,  joint  à  l'apparition  de  la 
Turon.  Anton.   Coiiiète ,  a  répandu  de  robfcurité  Iiir  l'exiflence  même  de  la 
^c,^nTa.iv.'  Comète  &  fur  le  temps  de  fon  apparition.  Quelques  Auteurs 
^ Aller.  Cafin.  paroiiïcnt  Confondre  la  Comète   avec  le  chafma ^  D'autres 
Diugof  L  //.  p{y5  anciens,   6c  en  bien  plus   crraiid  nombre,   diltinpuent 

Crujms,  p.  2.  *•  -  10  '  D 

//^,  K/fc  i^f.  clairement 


DES     Comètes,       -       361 
clairement  l'une  &  l'autre  comme  deux  prodiges  difFe'rens'\     ^  Baideuc 

D,    .ri  1       r^         \  ^        j  r  '  Chron,  BalJ, 

ailleurs  nous  avons  vu  que  la  l^omete  ciura  neur  jours  ,  chmi,  Neumi. 

ce  que  l'on  ne  pourroit  dire  d'un  fimple  météore.  iif^'''  ^hron, 

i-  i-  i  luron,  Anton, 

Quant  à  ce  qui   regarde  ie  temps  de   {'apparition   de  îa      ivSr. 
Comète,  pfufïeurs  la  rapportent  à  l'an  pc?^  ,  &  Struyck  eft    ^^«^'''  54' ^ 
de  ce  fentiment  ;    il  fe  fonde  fur  l'autorité    de    Winfenius,  ^'aif '/o?* 
en  fa  chronique  de  Fri/è.   Winfenius  y  dit  que  la  Comète  v-^7''^^' 
fat  vue  dix  jours  dans  la  Frife.  Cette  Comète  de  Winfenius     ^^"y^^- 
pourroit  être   différente  de  celle  que    mille  autres  Ecrivains     y.  21  S. 
difent  avoir  été  vue  en  l'an   looo.  Mais,    dit-on,  prefque 
lous  nomment  la  Comète  avant  le  <r/z<^/w^/;  donc  elle  a  paru 
avant  le  chafma  :  or  la  date  du  chalma  eft  le  vendredi-îaint 
(  2p  Mars)    de  l'an   looo^   ou  le  printemps  de  la  même     ^  chron. 
année  ^;   &  la  date   de  la  Comète,   lëlon   prefque  tous  les      -y"*^^  ^'' • 
Auteurs  cités,  ^ÇtÏQ  14  Décembre  :  donc  la  Comète  a  paru 
le   14  Décembre  pp^i»  J'ai  lu  tous  \qs  Auteurs  cités,  &  il 
m'a  iemblé  que  ce  qu'ils  difoient  de  plus  clair ,    c'efl  que 
la  Comète  a  paru  en  l'an  1000:  il  fe  pourroit  même  que   le 
chafma  auroit   accompagné    la    première    apparition    de  la 
Comète.   Les    deux    Ecrivains   qui    fèmblent    rapporter  le 
chafma  au  printemps  de  l'an    1000  ,    font  de  près  de  trois 
fiècies  poflérieurs  à  l'événement.  Uii  Hiflorien  ,  plus  ancien 
de  deux  fiècles  ,  dit  expreffément,  que  le  chafma  ïwX  y  \\\q  14 
Décembre ,    un  an  avant  la  mort  de  l'Empereur  Othon  111.    BaUmc, 
Ce  Prince  mourut  le  23   Janvier   1002.     L'auteur  ajoute, 
que  la  même  année  on  vit   des  Comètes  :  Ipfo  etiam  anno 
Cometa  apparuenmt.  Donc  i.°  oiûre  ie  chafma  il  a  paru  une 
ou  plufieurs  Comètes.  2."  La  Comète  a  paru  au  plus  tôt  en 
l'an    1000,    ou  peut-être  même  en  .1001.    Un  Ecrivain     Bucei/n. 
ancien  femble  même  en  retarder  l'appariiion  jufqu'en  1002.  Càron.  Vhdum 
D'autres  fe  contentent  de  dire  qu'elle  a  paru  avant  la  mort 

d'Othon.  ChroTj.Gematt, 

r-i-  r  •  •  Tarchagiu 

S  if  en  fuit  croire  Mizaud,  la  Comète  a  commence'  à  paraître  p>  2,  i.  XI, 
le   I ^  Décembre  ç p  ç  ,  à   la  neuvièmie  heure  du  jour,  ou  peu 
après  le  coucher  du  Soleil  dans  le  fgne  de  la  Vierge.    Il  n'efl  Mii.Lll,c,Xî 
1  orne  L  Z  z 


362  Histoire 

pas  facile   de   concilier  toutes  ces   circonllances  :  maïs  nos 
Cométographes  n'y  regardent  pas  de  fi  près. 

1003.  * 

Au  mois  de  Février,  on  vit  une  Comète,  elle  s'écarta  peu 
à\x  Soleil ,  on  ne  la  vit  que  quelques  jours ,  peu  avant  le 
Heyidan,  lever  de  cet  aftre.  Soit  qu'on  rapporte  cette  Comète  à  l'an 
1003  ,  ainfi  qu'elle  e(l  datée  dans  les  annales  d'Hépidanne, 
foit  qu'on  l'anticipe  à  l'année  ppj  ,  comme  le  veulent  les 
Éditeurs  du  recueil  des  Hifloriens  de  France  ,  fa  réalité  ne 
fera  fondée  que  fur  le  feul  témoignage  de  cet  Auteur  :  il 
eft  contemporain  ,  &  \qs  circonftances  de  l'apparition  de 
cette.  Comète  ne  permettoient  pas  que  beaucoup  de  per- 
fonnes  la  découvrirent. 

Quelc|ues  Auteurs  marquent   l'apparition    d'une   Comète 
Chron.Niiremh.  fous  le  pontificat  de  Jean  XVIÎ.   Jean  fut  ordonné  Pape  le 
inToan.'xvïL   ij  J^-'ii"^    1003  ,    &  mouiut  le  7  Décembre   de  la  même 
Simonet,  /.  V,    année.  La  Comète   d'Hépidanne  ,    ayant  paru  en  Février , 
n'appartient  point  au  pontiiicaî  de  Jean.  Une  ancienne  chro- 
nique dit  qu'on  vit  en    1003    une  Comète  qui  dura  long- 
Chron.  Stederh.  tcmps.  C'cfl  fans  doute  celie  qui   fut  obfervée  en  Chine  à 
la  onzième  Lune  (  commençant  le  26  Novembre,  à  l'étoile 
Mailla. t.vin,  Tf.ng-kouéi ,    (peut-être   Tfing ,  les  pieds  Sl  les  cuiffes  des 
!'•  'fS'        Gémeaux,  &  Kouey  ou  Yu-kouey  l'Écrevifle  ). 

1004.  * 

=  chrsn.  On  vit  long-temps  une  Comète  ^  ;  elle  refTembloit  à  une 

col"^/^.'    gi'ande  poutre '^.    Cette  Comète  ne  diffère  peut-être  pas  de 

Urfperg.chron,  celle    qui  fut  obfervéc  en   Chine   à   la  onzième   Lune   de 

Gefman°"'  l'année  précédente,  &  qui  aura  été  vue  en  Europe  dans  les 

Gemein.t.i,    mois  de  Janvier  &  Février  1004;   elle  a  même  été  décou- 

'     '  verte  avant  le  7  Décembre   1003  ,  on  aura  pu  la  rapporter 

^'  au  pontificat  de  Jean  XVIL 

1005, 
On  vit,    dit -on,   dans  la  partie  auflraie   du    ciel  une 


D  E  s      C  0   Âl   è   T  E  s.  363 

Comète  ;    elle  étoit  terribie.    Nonobflant  le  grand  nombre  Alperr.  Chon. 
àes  Ecrivains  qui  rapportent  l'apparition  de  cette  Comète  à  yv^Z/^,  chàn. 
l'an  1005  ,  j'ai  de  ia  peine  à  me  perfuader  qu'elle  diffère  de  Athn.  Antonk. 
celle  de  Tannée  fuivante.  Alpert  eft  cependant   contempo- '^'cf '/k,'.?. /.  ' 
rain  ,   &  il  attelle  que  la  Comète  parut  trois  ans  après  que  f^eymatm'Corn, 
Henri  HT  fut  couronné  Roi  dQs  Romains  :    or  Henri  avoit 
été  élu  le  6  Juin  1002,  &  couronné  le  lendemain.  L'erreur 
d'Aipert,   fi   c'en  efl  une  ,  .  aura  entraîné  celle  de  piufieurs 
autres.    Quoi  qu'il  en  foit,    il  efl  certain  qu'il   a   paru   une 
Comète  en  1005;  on  i'obfervà  en  Chine  à  la  huitième  Lune 
(  commençant  vers  le  6  Septembre) ,  dans  Tfé-ouey.  C'eft  fans  Mailla, t.  viiL 
doute  à  cette  Comète  qu'il  faut  rapporter  ce  que  dit  Giaber  ^''  '■^^' 
Rodulfus  ,    que  «  fous  le  règne  du  roi  Robert  on  vit  une 
Comète  dans  la  partie  occidentale  du  ciel ,  au  mois  de  Sep-  « 
tembre,  au  commencement  de  la  nuit;  elle  dura  trois  mois,  « 
brillant  d'un  éclat  extraordinaire  ;  elle  éclairoit  la  plus  grande  « 
partie  de  l'air,  &  ne  fe  couchoit  que  vers  le  chant  du  coq  ». 
Cela  fuppofe  que  ia  Comète  avoit  une  grande  latitude  fepten- 
trionale  :  cette  latitude  avoit  été  ou  devint  encore  plus  boréale, 
puifqu'en  Chine  on  la  vit  dans  le  Tfé-ouey  (  c'eft -à- dire, 
qu'elle  ne  fe  couchoit  plus).  La  Comète  paroifîbit  encore  en  Centur. Cmfvs, 
Octobre,  Nos  modernes  font  paroître  la  Comète  de  1 0  0  j  vers  ^'  ^'  '  ' 
la  fête  de  Pâques ,  pendant  treiie  nuits.  C'eft  manifeftement  Lub.Ha-.Ricc, 
la.  Comète  fuivante  qu'ils  anticipent  d'un  an? 

100^.  * 

Haly-ben-Rodoan  étant  jeune  ;  on  vit  une  Comète  dans  ie 
quinzième  degré  du  Scorpion  :  la  tête  étoit  trois  fois  plus 
groffe  que  Vénus  :  elle  rendoit  autant  de  lumière  que  ie 
quart  de  ia  Lune  pourroit  en  donnçr.  Peu  après  fa  première 
apparition  ,  le  Soleil  &  la  Lune  furent  en  conjondion  dans 
ie  quinzième  degré  du  Taureau ,  Mercure  étoit  alors  en 
5^^  58^  du  Taureau,  Vénus  en  12^  28'  des  Gémeaux, 
Mars  en  21^  ^'  du  Scorpion,  Jupiter  en  i  i^  zi'  de  i'Ecre- 
vïfTe ,  &  Saturne  en  12^  i  i  ^  du  Lion.  La  Comète  fut 
emportéepar  un  mouvement  précipité  d'orient  en  occident 

Zz  ii 


^6^  Histoire 

^Cardan,      conirc  l'ordrc  clcs  figues,  jufqu'au  15.^  degré  Je  îa  Vierge  ^ 

c'^fx.['ext!!'4.  Nos  Cométographes  ^  rapportent  cette  Comète  à  l'an  1200, 

hRicc,  Lui'.  ^oi"t  mai-à-propos ;  la  poiition  à^s  Planètes,    déterminée  par 

Heu.Zahn.irc.  Y{2[y ^   appartient  au  30  Avril    1006  :   j'ai   calculé  le  tout 

fur  les  Tables  d'Halley  ;  une  erreur  de  3  à  4  degrés  échappée 

fur  le  feul  lieu  de  Mars  ,    peut  facilement    être   attribuée  à 

l'inattention   d'un    copifle,    ou    même  à  l'impcrfeélion   des 

Tables  dont  Haly  fe  fervoit  :  c^^r  Mercure  étant  alors  indi- 

vifible ,  il  eft  clair  que  Haly  nous  a  donné  ces  pofitions  de 

Planètes  d'après  le  calcul ,    &  non  d'après  i^Qs  obfervations« 

La  Comète  a  donc  commencé  à  paroître   peu  avant  le   3  o 

Avril ,  ou  comme  plulieurs  Auteurs  le  diloient ,   fur  l'année 

précédente  ,  vers  la  fête  de  Pâques  ,  qui,  en  1006,  tomboit 

au  2  I   Avril.   D'autres    Hifloriens  rapportent  à  cette  même 

année  1006  l'apparition  d'une  Comète  dans  les  parties  auf- 

Menwr,}iiflo)\  trales  du.ciel  :  c'ell  le  caradère  qu'on   donnoit  à  la  Comète 

f aimer.  i      v  '  '    '  J       * 

Stamdei.      dc  1  anncc  précédente. 
Fontan.  B.  V.      Maintenant  qu'on  fuppofè  que  le  nœud  afcendant  de  k 
'  Comète  de  1006  fût  au  8.^  degré  du  Taureau ,  l'inclinaifon 
de  ion  orbite  de  17  degrés  &  demi ,  fon  périhélie  en  4  ou 

5  degrés  du  Verfeau,  le  logarithme  de  fa  diftance  périhélie 
^,766040,  qu'elle    ait  paifé  par  fon  périhélie  le  22  Mars, 

6  enfin  que  fon  mouvement  fût  rétrograde  ,  il  s'enfuivra 
de  ces  fuppofitions ,  que  la  Comète  aura  été  le  2p  Avril  au 
foir  en  i  5  degrés  du  Scorpion ,  qu'elle  aura  été  très-voifme 
de  la  Terre ,  &  par  conféquent  belle  ,  grande  &  éclatante  ; 
que  par  un  mouvement  précipité  contre  l'ordre  à^$  fignes  y 
elle  aura  bientôt  été  emportée  juiqu'à  i  5  degrés  de  la  Vierge  ; 
qu'on  l'aura  vue  enfin  dans  \qs  parties  auftrales  du  ciel,  & 
comme  le  dit  Hépidanne,   au-delà  à^s  confteilations  qu'on 

Hefid&n.  y  difiingue.  On  aura  même  pu  la  voh*  dans  \qs  fêtes  de 
Pâques;  mais  elle  étoit  alors  dans  les  parties  boréales  du 
ciel.  11  y  a  plus  ;  on  aura  pu  même  la  voir  en  Mars  après 
fon  périhélie,  tout  le  mois  d'Avril  &  jufqueversla  mi-Mai; 
ce  qui  fans  doute  aura  lufîi  pour  faire  dire  à  quelques  HiP 
Chm.Leod.n.  toriens  qu'on  i'avolt  vue  durant  trois  mois, 

Chron.  Lob,  -*■ 

Lamkert, 


D    E   s      C  0   M    È   T  E   s.  365 

La  théorie  que  nous  venons  d'affigner  à  cette  Comète  e(l 
celle  de  la  Comète  d'Hailey;  ilneparoît  donc  point  douteux 
que  ce  ne  foit  ici  un  de  Tes  retours.  Nous  avons  été  obligés 
d'avancer  un  peu  le  lieu  du  périhélie;  mais  on  fait  que  le 
périhélie  àçs  Comètes  rétrogrades  eft  lui -même  rétrograde. 
On  pourroit  cependant  retrancher  quelques  degrés  du  lieu 
que  nous  avons  affigné  à  ce  périhélie;  il  faudroit  alors  anti- 
ciper l'obfervation  d'Haly  &  le  paffage  de  la  Comète  par 
fon  périhélie  au  moins  d'autant  de  jours  qu'on  auroit  retranché 
de  degrés.  On  peut  remarquer  qu'en  1006  \qs  circonftances 
du  retour  de  la  Comète  étoient  plus  favorables  qu'en,  1750; 
Je  paffage  au  périhélie  arrivoit  huit  à  neuf  jours  plus  tard; 
l'équinoxe  ,  au  contraire ,  étoit  fix  jours  plus  tôt  ;  la  différence 
totale  étoit  de  quinze  jours  :  d'ailleurs  Haly  obfervoit  dans 
mi  pays  plus  méridional  que  la  France.  Il  n'y  a  donc  pas 
iieu  de  s'étonner  qu'il  ait  trouvé  dans  la  Coiriète  un  éclat 
fupérieur  à  celui  que  nous  y  avons  remarqué  en   175p. 

1007.  Comète  horrible.  Kecken 

1008.  Le  lundi  de  Pâques,  on  vit  une  Etoile  en  plein 

jour.   C'étoiî  ou  un  météore,  ou  Vénus  qui  approchoit  alors    Amaî.  Saxo, 
de  fa  conjonction  inférieure.  ^^"'Tfrof"''" 

1009^    On  vit   une  Comète    durant  quatre  mois  :    elle      QuediM. 
reHembloit  à  une  grande  poutre'^;  elle  parut  au  mois  de  Mai  ^ ,    ^Ch-on.  Be!g> 
dans  la   partie  auftraie   du  ciel  ^.    Tout   cela  pourroit  bien    ^  Centur. 
n'être  qu'un  aifembiage  informe  dçs  phénomènes  des  Comètes      "" Cardan. 
précédentes  &  fui  vantes,  c/xT/èxi/'^, 

Ricci,  Hcv% 
1Q\Q,    "^  Zahti, 

On  vit  àes  Comètes.  Annal,  Saxo, 

ioi2  *  Hépidanne  rapporte  à  cette  année  «  l'apparition  QueMiah 
d'une  nouvelle  Etoile  d'une  grandeur  extraordinaire  ;  fon  « 
éclat  bleifoit  la  vue,  on  ne  pouvoit  la  regarder  fans  frayeur.  » 
Tantôt  reiferrée  dans  à^s  bornes  plus  étroites,  tantôt  s'éten-  » 
<Iant  au  loin ,  elle  dilparoiifoit  même  quelquefois.  On  la  vit  « 
pendant  trois  mois  ,  en  la  partie  la  plus  auftraie  du  ciel ,  « 
au-delà  à^i  conftellations  qû'oii  y  diftingue  ».  Si  Hépidanne     Hepi^am 


^66  Histoire 

retarde  cîe  fix  ans  tous  les  faits  qu'il  rapporte  dans  cette 
partie  de  fou  journal,  celte  Comète  efl  ceiie  de  1006; 
mais  la  Comète  de  1006  n'efl  pas  reftée  trois  mois  dans 
ies  parties  auftraies  du  ciel. 

10  14.     Autre  Étoile  vue  par  plufieurs  en  plein  jour  vers 

Annal.  Sûxo.  la  fin  de  l'année.    C'étoit  encore  Vénus  qui  tendoit  à  fa  plus 

Chronogr.  axo.  gj,^^^ jg  (jigreiTion  occidentalc  ,  après  fa  conjonôlion  inférieure, 

ICI  5.  * 

Fmof/^.  On  vit  une  Comète  au  mois  de  Février,  Struyck  croit 
que  ce  pourroit  être  la  Comète  de  1  ^77  :  eile  ne  peut 
paroître  long-temps  en  Europe  :  c'eft  pour  ceia  que  û  peu 
d'Auteurs  font  mention  de  celle  de  10 15, 

10  17.  * 

Une  Comète,  femblable  à  une  grande  poutre,  pîus  terrible 
^Sigeh. Nangts,  que  de  coutume,  fe  montra  durant  quatre  mois^:  eWe  fut 
AibeuChmu  vuc  très-loug-temps  dans  la  Hollande,  elle  paroiffoit  tous  \qs 
Rem,  Hevman.  foirs  ^  :  elle  éîo'ït  dctis  le  Lion  ^  &  dans  la  partie  auftrale  du 

Corner. Staindel,      .    y  a      r  i  r^  ^^  u  J 

^'      ,     ,     ciel"^  :  lelon  nos  Cometographes  modernesa 

7,  IX,  c.  VIII.  o       * 

Hevrl.  Herl, 

à  Mil.  ^y  mois  d'Août,    une  Étoile,  placée  près  du  Chariot, 

effraya  durant  plus  de  quatorze  jours  ceux  qui  la  regardoient, 

Dimar,/.VIII.  (iit  un  Auteur  qui  écrivoit  alors,  &  qui  mourut  cette  même 

année  le   i.'*^  Décembre;   on  peut  conclure  de  (es  paroles, 

que  la  Comète  paroifloit  encore  lorlqu'il  écrivoit.  D'autres 

j-AnnaLSaxo.  (jifent   fimpicment  qu'on    vit   une   Comète  ^   Un  Hidorien 

Fabric.  memor.  contemporaui  dit  qu  elle  avoit  ia  forme  d  une  epee  tort  large, 

^',^^a9'M^'J^'  &  qu'elle  parut  vers    le   feptentrion  durant  plufieurs   nyits 

irMijn.l.L  1  1^  ^r  .  u     j        1  c 

^Ademar      "  ^^^  '  ^'^  ^^itre  Contemporain  attelle  qu  elle  dura  long-temps  . 

""Omn.      C'eft  probablement  de  cette  Comète  qu'il  faut  entendre  ce 

Qiiedlinb.     que  dit  un  écrivain  du  même  fiècle,  que  «  l'on  vit  dans  la 

»  partie  boréale  du  ciel  une  Comète  dont  la  chevelure  étoit 

^^W"^- ^^^  »  très -longue  &  la    couleur   livide.  «  Il  ajoute  que  «  avant 

»i  l'apparition  de  ce  prodige,   il  s'éleva  une  guerre  vers  le 


DES    Comètes,  367 

rivage  de  l'océan  ».  li  s'agit  nianifeftement  de  la  guerre  de     A/j>erf.  i,  ij, 
Frife,  laquelle  commença  en  Jiiiliet    ici  8.  En  Chine,  la*^'^^' 
Comète  fut  vue  d'abord  à  ia  fixième  Lune  (  commençant 
vers  le  i  5  Juillet),  à  l'Étoile  polaire,  c'eft-à-dire  fans  doute,  Maiih.t.vuh 
vers  le  pôle.  ?•  '7^^ 

10  15?. 

Hépidanne  dit  fur  cette  année  : 

Infolïto  more  tr'ijles  arfere  Cometœ , 

Tempora  longa  quidem ,  per  loca  non  eadem .' 
Nunc  médium  cœii ,  nunc  interlora  fub  aujlri , 

Nunc  fê  pojl  gelidûs  occuluere  polos. 

«On  vit  de   trifles  Comètes  durant  long -temps,  mais 
non  pas  dans  les  mêmes  lieux  du  ciel  :  elles  parurent  tantôt  « 
vers  l'Equateur,  tantôt  vers  les  parties  les  plus  méridionales,  « 
&  tantôt  derrière  le  pôle  glacé  ".   Outre   qu'on   pourroit,    HefidM. 
comme  nous  l'avons  dit,  changer  la  date  de  loip  en  celle 
de   I G 1 3 ,    il  me  fembie  qu'Hépidanne  ne  prétend  ici  que 
récapituler  les  Comètes  qui  avoient  paru  \qs  années  précé- 
dentes, les  unes  vers  l'Equateur,  comme  peut-être  celles  de 
1003   &  1004;  les  autres  au   Sud,  comme  en   1006;  les 
autres  enfin  au  Nord  en  1005,  1018  &  peut-être  i  o  i p. 

Les  Annales  de  la  Chine  font  mention  de  l'apparition 
d'une  Comète  en  loip:  au  jour  Sin-hay,  fixième  Lune 
(30  Juillet),  elle  parut  vers  la  grande  Ourfe  avec  une 
queue  de  3  degrés  d'abord,  &  enfuite  de  30;  en  trente-fept 
jours,  elle  traverfa  les  étoiles  Ven-îchang  (e,  f,  ô,  cp,  li,  h, 
de  la  grande  Ourfe),  celles  de  San-tay  ( /,  x.  de  la  grande 
Ourfe),  &  enfin  celles  du  Lion  &  de  l'Hydre.  Ne  feroit-ce  Cauhik 
pas  la  même  Comète  que  le  P.  de  Mailla  rapporteroit  à 
l'année  10  î  8  &  le  P.  Gaubil  à  loip?  Il  y  a  bien  de 
l'analogie  entre  le  temps  de  l'apparition  &  le  lieu  où  la 
Comète  fut  obfervée  :  c'efi;  de  part  &  d'autre  la  fixième 
Lune  &  le  voifinage  du  pôle.  Si  l'un  des  deux  Annaiilles 
s'eil  trompé,  ce  n'eil  pas  le  P.  de  Mailla;  ion  témoignage 


^68  Histoire 

eft  confirmé  par  ceiui  àts  auteurs  Européens.  S'il  faut 
rapporter  à  Tan  i  o  1 8  la  Comète  du  P,  Gaubil ,  ii  eft  à 
remarquer  que  le  jour  San-tay  tombera  alors  fur  le  4  Août, 
Au  refre,  ii  n'efl  pas  impolTible  que  les  deux  Comètes 
foient  différentes. 

1023.  Eciipie  de  Soleil  en  Janvier  à  la  fixième  heure 
du  jour  (  elle  eut  lieu  le  24  Janvier  à  midi  ).  Eclipies 
fréquentes  de  Lune;  ,(il  y  en  eut  une  de  dix  doigts  le  p 
Janvier,  une  totale  le  5  Juillet,  &  une  encore  totale  le  2^ 
'  Décembre,  toutes  trois  vifibfes  en  Europe).  Deux  Étoiles 
parurent  fe  combattre  vers  Ife  fud ,  dans  le  figne  du  Lion , 
pendant  toute  l'automne.  La  plus  grande  &  la  plus  claire 
étoit  à  l'orient,  la  plus  petite  à  l'occident:  celle-ci  s'élançoit 
comme  en  colère  jufqu'à  la  grande,  qui  ne  lui  permettoit 
pas  de  s'approcher  d'elle,  mais  qui,  par  fes  rayons  chevelus, 
'Aàmar.  ia  repoulToit  vers  l'occident.  Le  fait,  quoiqu'atteûé  par  un 
Auteur  contemporain ,  ne  peut  être  admis  dans  toutes  fes 
parties.  Ce  que  j'y  trouve  de  vraiiemblable  eft,  qu'il  aura 
paru  une  Comète  qui  étendoit  î^s  rayons  ou  (a  queue  vers 
une  petite  Etoile  qui  fe  fera  approchée  de  la  Comète,  Le 
iendemain,  la  Comète  ayant  dépaffé  cette  Etoile,  une  autre 
Étoile  de  même  grandeur  aura  paru  à  l'extrémité  de  la  queue; 
on  aura  fuppofé  que  c'étoit  la  même  Etoile  qui,  s'étant 
approchée  ia  veille  de  la  Comète,  avoit  été  repouflee  vers 
le  lieu  dont  elle  étoit  partie.  Que  Ton  ait  remarqué  trois  ou 
quatre  fois  cette  même  circonftance ,  durant  le  temps  dç 
l'apparition  de  la  Comète,  cela  aura  fuffi,  dans  le  onzième 
fiècle,  pour  conftruire  la  fable  dont  le  Moine  d'Angoulême 
a  voulu  bercer  {^s  lecteurs.  Ainfi  je  croirois  volontiers  que 
l'apparition  réelle  d'une  Comète  en  automne  ÏO23,  a  fervJ 
de  fondement  à  cette  fable. 

1024» 

La  mort  de  Bpleflas  L^*^  roi  de  Pologne,  fut  annoncée  par 
Vlugos,Cmus,  une  Comète  qui  parut  l'année  précédente.  Boleflas  eil  mort 
le  28  Oélobre  102^. 

Î025. 


D   Ë   s     C  0   M   E   T  E   s.  369 

ï  01  5 .    Comète  ^  ""Echji.  L-ui. 

1027.    Comète"^,  ^''•^"• 

1029.  Le  31  Oaobre,  une  Étoile  pafTa  de  l'occident  à    ' ^'^^- ^'^'^"^ 

l'orient.  C'étoit  fans  doute  un  météore,  Cedïen.p.yz^, 

103  I.   Comète ,  inondation,  famine  &  pejîe.  Aijl. Hev. Lvh. 

1032.   Une  Étoile  pafla  du  midi  au  feptentrlon,  éclairant  ^'"^"' 

toute  la  Terre  par  fa  lumière.  Ceé-en.v.-r,o, 

1033.   * 

Peu  avant  ia  mort  de  Robert,  roi  de  France,  on  vit  une 
Comète  ardente^;  çWq  parut  en  l'année  de  la  mort  de  ce     ^Frapn.hùi 
Prince"^,  le  7  àes  Ides  de  Mars,  ou  le  ^  de  ce  mois,  vers  la  F'ranc.i.Chron, 
dixième  heure  de  la  nuit^   Elle  avoit  la  longueur   d'une  'V  ^  ., 
pique;  elle  parut  ainn  durant  trois  jours  jufqu'à  l'aurore*^.  Je     <^ pr  ■    Fd 
lais   que  les  plus  habiles  Chronologiftes  marquent  la  mort  Franc,  il 
de  Robert  fur  l'an  103  i^  Mais  «Robert,  dit  un  Auteur     ''^'^''^• 
contemporain,  mourut  le  î  3  A^s  Calendes  d'Août  (20  Juillet).  «   ^ckmenc. 
Avant  fa  mort,  le  jour  du  martyre  de  Saint- Pierre  &  de  «    '^"^'^"^' 
Saint- Paul,  à  la  fixième  heure  du  jour,  le   Soleil  devenu  « 
iemblable  à  la  Lune,  lor/qu'elle  eft  dans  (on  quatrième  jour,  « 
parut  obfcurci  dans  toute  la  Terre  :   il  pâlifîbit  en  quelque  « 
façon  fur  les  malheurs  qui  nous  menaçoient.  Infortunés  que  « 
nous  étions,  nous  reffentimes  bientôt  le  coup  qui  nous  étoit  « 
préparé;  car  depuis  le  jour  de  Saint-Pierre,  il  ne  s'écoula  « 
que  vingt-un  jours  jufqu'à  celui  de  la  mort   de  notre  fàint  « 
Roi".  Voilà  une  date  que  tout  Aftronome  jugera  préférable  Htigddp.yj, 
à  toutes  les  chartes.    Le  2C)  Juin,  jour  confacré  à  la  mémoire 
des  faints  Apôtres,  en  l'an  1033,  peu  après  onze  heures  du 
matin,  le  Soleil  fut  écliple  à  Paris   d'environ  onze  doigts. 
Donc  Robert  eil  mort  en  1033.  Un  autre  Auteur,  U'ès-voifin 
'de  ce  temps-là,  lie  &  la  mort  de  Robert  &  l'apparition  de     F,vgm.  hijf» 
ia  Comète  avec  une  éclipfe  de  Lune ,  qui  arriva  vers  la  ^^'^''^^'  ^^' 
îroifième  heure  de  la  nuit.  En  103  i,  il  y  eut  une  éclipfè 
totale  de  Lune  le  i  o  Février  au  lever  du  Soleil;  une  autre 
le  5  Août,  invifible  en  France.  En  103  2,  il  n'y  eut  point 
d'éclipfe  de  Lune  vifible  en  France.  Eniin  en  1033,  le  8 

Tome  L  Aaa 


^ya  Histoire 

Décembre,  il  y  eut  une  éciipfe  de  Lune  d'environ  dix  doigts; 
elle  commença  vers  neuf  heures  du  foir  ou  vers  ia  troilième 
heure  de  la  nuit.  Donc  c'eH;  en  1033  que  Robert  efl  mort, 
&  que  la  Comète  a  paru. 

Au  refte,  en  accordant  mcme  que  Robert  efl  mort  en  103  i , 
l'apparition  d'une  Comète  en  Mars  1033  n'en  feroit  pas 
moins  certaine;  elle  efl  encore  conftatée par  les  Annales  de 
ia  Grèce  &:  de  la  Chine.  En  Grèce  «  le  Dimanche  i  3  Août 
(donc  en  1032  ),  on  relîëntit  un  tremblement  de  terre». 
Je  ne  rapporte  ce  fait ,  que  pour  conftater  la  date.  «  Le  i^ 
Février,  une  Etoile  paffa  du  midi  au  feptentrion  avec  bruit». 
Quelque  météore  aura  apparemment  accompagné  ou  précédé 
la  première  apparition  de  la  Comète  à  Conftantinopie. 
«  On  continua  de  voir  cette  Etoile  jufqu'au  i  5  de  Mars  ». 
C'étoit  donc  une  vraie  Comète,  d'autant  plus  que  «elle  avoit 
une  efpèce  d'arc  au-deflus  de  fa  partie  fupérieure  ».  On  fait 
que  la  queue  des  Comètes  fe  courbe  quelquefois  en  forme 
d'arc.  «'  Le  Mardi  6  Mars  (  donc  en  i  o  3  3  ) ,  on  éprouva  \qs 
Cedrn.p.yjo.  fecouiïes  d'un  autre  tremblement  de  terre  ».  Donc  la  Comète 
a  paru  en  Mars   1033. 

En  Chine,  «  à  la  deuxième  Lune  {elle  commençoit  îe 
>»  4  Mars),  il  parut  une  Comète  du  côté  du  nord-oueft.  On 
5j  la  prit  d'abord  pour  une  nouvelle  Etoile,  &  le  Tribunal  en 
M  parla  ainfi  à  l'Empereur  ;  mais  enfuite  elle  étendit  une  queue 
«  de  deux  pieds  (  de  2  degrés  )  de  longueur,  &  l'on  vit  que 
Ma't!Ja,t.viii,  c'étoit  une  véritable  Comète», 

F'  'Pi- 

ÏO34.    * 

Sous  l'empire  Je  Michel  le  Paphlagonien ,  îndiélion  3, 

au  mois  de  Septembre,  on  vit  une  colonne  de  feu  du  côté 

Ceiiren.p.yj;^'  de  l'orieut ;  fon  fommet  inciinoit  vers  le  midi.  En  Chine, 

J^'P-J'/'  ^  j^  huitième  Lune,  commençant  le  16  Septembre,  il  parut 

une  Comète  aux  étoiles  Tchang  (îc,  y,  A,  ^,  (p  de  l'Hydre) 

^Mania.uviîi,  &  y  (x  de  l'Hydre  &  toute  ia  coupe )^ 

^Aifl.  Luh.       1038.   CometeK 

Hep,  Zahn, 


D  E    s     C  0    M    è   T  E   s,  371 

ï  o  3  8  ^  Ou  félon  d'autres  en  i  o  3  7  '^j  ou  103  c?^,  ou  1 040*^,    *  ^^Ww.:. 
on  vit,  le  6  Avril,  une  poutre  de  feu  pafTer  fur  le  Soleil,     ^chron. 


Hirfa, 


tomber  en  terre,  &c.  C'étoit  un  météore.  ^"-'f'''^* 


104 


I. 


mulii, 

^  Chron.  Belg, 


Des  Comètes  paroiflant  de  nouveau  au  ciel,  annoncèrent 
fa  mort  de  Michel  le  Paphlagonien.   Ce  Prince  mourut  le  cij'c.p.jiS, 
iio  Décembre  1041. 

1042.  * 

Le  6  0(5lobre,  indicflion  onzième,  vers  le  commencement 
'<îe  l'empire  de  Conflantin-Monomaque,  on  vit  une  Comète 
dont  le  mouvement  étoit  d'orient  en  occident  :  elle  parut 
durant  tout  le  mois.  Giycas  rapporte  fon  apparition  à  la  Cedïe}up,yj4, 
'deuxième  année  du  règne  de  Conilantin  ;  ou  plus  tôt  ^b^^^i'-s ^p' 
l'exprelTion  grecque  dont  il  le  iert  fignifie  mot  à  mot  que 
la  Comète  parut  un  an  après,  ou  l'année  d'après  l'avènement 
de  Monomaque  au  trône;  ce  qui  ne  contredit  point  Cédrène. 
Monomaque  commença  de  régner  le  12  juin  1042,  in- 
diétion  dix;  donc  la  Comète  qui  fe  montra  le  6  Oélobre 
fuivant,  parut  la  première  année  du  règne  de  ce  Prince, 
comme  le  dit  Cédrène.  Mais  l'année  avoit  renouvelé  chez 
ies  Grecs  le  i.^^  Septembre,  &  ce  même  jour  on  avoit 
commencé  à  compter  i'indiétion  onzième.  Ainfi  Giycas  a 
pu  dire  que  la  Comète  n'avoit  paru  que  l'année  d'après  le 
couronnement  de  Monomaque. 

,1043.   Comète  félon  nos  Cométographes  modernes.  Caj.  Hevei, 

Alfkd.  Lyc, 
1046.  Rock,Web,ifc, 

Un   feul    Hiftorien,    mais    ancien,    témoigne   qu'en   la    CoddU 
quinzième  année   du   règne   de  Henri  L^^  roi  de  France, 
indidion  quatorze,  il  parut  une  Comète. 

104p. 

Première  année  Hoang-yeou,  à  la  deuxième  Lune,  au  jour  Maîiia.uVlîh^ 
Tifi§-mao  (  10  Mars),  le  maiia,  avant  le  lever  du  Soleil,    ï'^i-^' 

Aaa  ij 


GùiiliL 


3^2  Histoire 

on  vît  en  Chine  une  Comète  dans  la  conflellatîon  Hlu 
(  /3  du  Verfeau ,  et  du  petit  Chevai  )  ;  eile  paiïà  par  les 
conftellations  Tfoui  (tête  d'Orion),  Ouey  (la  Mouche), 
Léon  (  les  Cornes  du  Bélier  )  :  elle  parut  cent  quatorze  jours* 
La  route  qu'on  affigne  à  cette  Comète  n'eft  pas  naturelle» 
Luh.  Sifard.       1053.   *   Comète, 

10  J^. 

Première  année  Kia-yeou,  feptième  Lune,  une  Comèfe 

fut   obfervée   en   Chine    dans   la    conftellation    Tfoui  (  tête 

d'Orion  )  :  elle  alla  jufqu'à  la  conflellation  Sing  (  cœur  de 

l'Hydre  &:  Étoiles  voifines).  Sa  longueur  fut  de  10  degrés. 

Au  jour  Kouey-hay  de  la  huitième  Lune  (  25  Septembre), 

GauUi.      on  ne  la  vit  pas.  Le  P.  de  Mailla  dit  qu'elle  parut  dès  la 

fixième   Lune   (commençant  vers  le    14  Juillet)   dans  le 

Mailla, t.vui  Tfe-ouey,  c'ell-à-dire ,  parmi  les  Étoiles  qui  ne  fe  couchent 

^'^'^■^'        jamais,  ce  qui  eft  très-poflibie» 

Î058.  "^ 

La  mort  de  Cafimîr,  roi  de  Pologne,  fut  annoncée  par 

^  Hennenf,     xiuQ  Comètc    qui   parut   durant   pluiieurs   nuits  ^  Quelques 

jyiTgofiil'i,  Écrivains   difent  qu'elle  fe   montra  durant  toute  la  femaine 

Mchov.Li,    Je  Pâques^:  ils  ont  peut-être  confondu  cette  Comète  avec 

£,  xiV,Cureus,         u       j  / /^ 

Funccèrc.        celle  de  lOOO* 

^Moug.LL.  10  do» 

Mort  de  Henri,  ror  de  France  (le  25?  Août).  Peu  après ^ 

une  Comète  parut  le  matin  avec  une  chevelure  longue  & 

Will.  Â'iaimejh.  enflammée. 

^Corner!'  io6o.    (  Ou  pius  tôt  lo^i),   le  pape  Nicolas  mouruL 

Alexandre  II  lui  fuccéda  (donc  en    1061).  Au  temps  de 

ceUe  mutation   de  Pontifes,  on  vit  une  Comète  durant  un 

CakLi.  VI.  mois.  La   Comète  précédente   auroit  bien  pu  ne  paroître 

qu'en   1061. 

Cmop.y,8iy.       Un  auteur  Grec  rapporte,  au  règne  de  Conftantin  Ducas^ 

indidion  quatorze   (donc  à  l'année    ro6i),   l'apparition 


DES     C  0  M  è  T  E  S.  l'Ji 

d'une  Comète,  que  Zonare  décrit  dans  ies  mêmes  termes 
fur  l'iiididioii  4,  feptième  année  du  règne  du  même  Prince; 
donc  fur  l'année  1066*  Nous  parierons  de  cette  Comète 
fur  cette  dernière  année  à  iaqueile  je  penfe  qu'elle  appartient. 
L'addition  d'un  /,  faite  au  texte  de  Curopalate  par  quelque 
copifte  inattentif,  a  fans  doute  cccafionné  cette  erreur. 

10^2.    Comète.  .  Chcn.Cav, 

I  o 64.   Comète^  durant  quelques  mois^,  loricjue  Guillaume      "  Fah-k, 
conquit  l'Angleterre^  Cette  dernière  date  dénote  l'an  i  o  6'6.     '"'^'"■^^'  ^'  ^^ 

10(^5.   Indiélion   trois,  on   vit   une   Comète^.   Piufieurs       ^  " '^"" 
hcrivams  anticipent  a  cette  année  1  apparition  de  la  L-omete     Catakun. 
fuivanîe.    Elle   a  paru,  félon   eux,  en  l'année   à^s  grandes  ^Chron.Vhdun, 
guerres   d'Angleterre  ^  fous  le   règne  d'Harald^,  le  jour  de     ''Stadweg. 
iodave  de  Pâques,    8    à^i  Calendes  de  Mai  ^  :   tous   ces  '^^o'^^. ^' /^=. 
caraélères  appartiennent  à  f année  \q66.  Quelques-uns  font     ^Benhold, 
paroître  la  Comète  avant  la  mort  d'Edouard,  mort  le   6 
Janvier   \o6G,   La   Comète  auroit   donc  paru    en    10(^5? 
Mais  lorfque  ces  mêmes  Hidoriens  joignent  à  l'apparition 
de   cette   Comète    la    mort   de   Henri   L^*"   roi   de    France    KrJgth.  l  /, 
(mort  en  io6o  ),  ou  celle  de  l'empereur  Henri  III  (mort  Higdfu,uvi, 
àhs  1056);  ils  nous  difpenfent  de  \q$  regarder  comme  à^^ 
Chronologiftes  dont  fautorité  mérite  quelque  confiance. 

100  0.  JHmtind.},VI[, 

Mat  th.  Paris, 

Grande  &  célèbre  Comète.  Voici  les  circonftances  de  'l^f^'^'  ^^ffi* 
fon  apparition,  telles  que  j'ai  pu  les  recueillir  d'un  nombre  ^i  /y"^' 
infini  de  relations.  c^^    ' 

Elfe  parut  au  commencement  de  l'année,  fèion  piufieurs  <=<  ^^i  'aiià's 
auteurs   Anglois^:  mais    alors,   en  Angleterre,   l'année  ne   Brct' Abf' 
commençoit  qu'à  Pâques.  En  Chine ,  la  Comète  fut  vue  àhs   '^"^^' 
le  2  Avril  ^.  En  occident  on  ne  la  remarqua  que  vers  la  fête  ^^""^^•^vgujï, 
de  raques  .  Quelques  hcrivains,  non  contemporains,  difent  /.  vu. 
qu'elle  parut  le  jour  même  de  Pâques^,  qui,  en  cette  année,       ^Chon. 
îomboit  le  i  6  Avril.   D'autres  fe  contentent  de  dire  qu'on  ^'"^^^'Chrem 
ia  vit  durant  \qs  fêtes  de  Pâques  ^    Il  en  eft  qui  fixent  ion    tsiagi  cl- 
apparition  à  toute  la  femàine   de   cette  fête^.    Selon   à^^    Belg.'chwn! 

Aller.  Harans-t, 
Anienln, 


f 


^jA  Histoire 

Hirtoriens ,  la  plupart  comtemporains  ,  elle  commença  à 
^Chnn.  Saxon,  paroîu'e  le  I  8  ^  le  2  3  ^  le  24^,  le  25 "^  ou  le  26  Avrils  On 

^Fior£vig.  lie  peut  donc  révoquer  en  doute  qu'on  ne  l'ait  vue  en  occident 

jw7.  Dundm.  ^^5  {q  mois  d'Avrll  :  il  y  a  même  tout  lieu  de  préfumer  qu'elle 
B,vmm,HoveJ.  étoit  déjà  fort  belle.  En  orient  on  ne  la  vit  qu'au  mois  de 
p.  1,  Bnthoid.  j^^j  .  Jq  moins  les  auteurs  Byzantins^,  fuivis  de  quelques 
GoM.  '  '  Latins  ^,  difent  limplement  qu'elle  parut  au  mois  de  Mai.  Le 
AAimoin.Suppl  ^jçj  ç^^  peut-être  couvert  à  Conftantinople  les  derniers  jours 
^'  «  chro'n,  d'Avril  :  il  fe  peut  faire  aufn  que  les  auteurs  Grecs  aient 
S.Dionyf'     nommé  le  mois  de  Mai,  parce  que  la  très -grande  partie  de 

;/>S.^i^/' l'apparition  de  la  Comète  apparîenoit  à  ce  mois.  Un  Latin^ 
2o!mr.p.^7f-  jji;  Que  ia  Comète  parut  fur  le  déclin  du  printemps,  Jecli- 

Cliron.  Car.  ncinte  jaiiî  vere ,  ce  qui  peut  ne  ligmner  autre  choie  Imon  que 
,  h^^^'i^i'^Yrlr  la  Comète  fut  vue  durant  les  derniers  jours  d'Avril  &  durant 

c,  XV.  tout  le  mois  de  Mai. 

/P''^'"'  ^"^'      Les  Hirtoriens  ne  font  pas  moins  partagés  fur  la  durée  de 

Abbï,  tr.  Kfg,  ri  ^       ,      r  -^  •  •  r-ii 

KAimoin.Suppi.  la  Comète  que  lur  le  temps  de  la  première  apparition.  Liie 

^Florent,     ^^q  parut  que  quelques  nuits,  félon  un  écrivain  Allemand*; 

hunelm,      Cinq  jouî's  Icuiement,  s  li  en  raut  croire  un  auteur  rrançois"^, 

Raduiph.      Les  Auslois  reflrelo-neiit  fa  durée  à  fept  jours  ^,  un  François  à 

Knigth.  L  1,    neuf    ,  un  autre  a  douze  ,  piulieurs  Allemands  ce  JNormands 

H'.gden.  i.  VI.  ^  quatorze  ou  quinze^.  Son  apparition  a  excédé  vingt  jours^, 

S.Dh7^>r.    ^  même    été  jufqu'à  trente"^,  félon  les   Italiens  &  quelques 

"Chron.F.  Vm.  Allemands.    Les   Grecs  s'accordent  à  dire  qu'elle  a  été  vue 

^Schafnab.    j^u'^j-jt  quarante  jours *".    Les   Allemands   orientaux  affurent 

ivii.W'aijingh.  qu'elle  a  paru  long-temps;  diu  vifus  ejl\  ou  multis  Jiehis Mon 

.r.;ff'"'i'   ■   ua  auteur   Françoise  En  Chine  on  la  vit  durant  foixante- 

i.vi.c.xxxi.  fept  jours  .  Ennn  un  François  témoigne  qu  elle  rut  vue  durant 

^'p^i     .      près  de  trois  mois^.  Struyck,  peiiuadé  que  cette  Comète  ne 

Bamherg.L  II,  diffère  pas  de  celle  de  1665,  ne  s'accommode  pas  de  cette 

«1"'^^''^'''  longue  durée.  «Le  temps  de  quarante  jours,  dit-iP',  eft  une 

"iBertkoid.n  durée  que  les  auteurs  Byzantins  accordent  alîez  ordinairement 

uîf.a'xv,   à  leurs  Comètes».  Mais,  i.°  fautorité  d^s  Byzantins  eft  ici 

'C«ro/;.G/}r.  confirmée  par  celle  à^s,  Allemands  orientaux,  &  par  celle 

Z.onay. 

f  Cronogr,  Saxo.  Annal  Saxo.  Chron,  reg.  Urfperg,  Chron,  Adnwnt.  Staind.   «  Rkh,   "  Cauhtl   ""  Fragtn, 

Jiij},  Fr&nc.  IL    ^  Straj/d.  iji-o,  y.zzz. 


r>  E  s    Comètes.  375 

Jes  Annales  de  la  Chine.  2.°  La  raifon  qu'allègue  Struyck, 
pour  infirmer  l'autorité  des  Byzantins,  eft  d'autant  moins 
décifive,  qu'il  ne  s'agit  ici  que  de  Jean  Curopalate,  de  Glycas 

6  de  Zonare;  ce  font  \(^s  feuls  Grecs  qui  parlent  de  la 
Comète  de  1066.  Or,  de  toutes  les  Comètes  que  j'ai 
recueillies  de  ces  trois  Auteurs,  je  ne  trouve  que  celle  de 
1066  dont  ils  prolongent  l'apparition  jufqu'à  quarante  jours. 
Ce  n'efl:  donc  point  par  habitude  cju'ils  lui  accordent  une 
û  longue  durée.   La  Comète  a  été  vue   en   Chine  jufqu'au 

7  de  Juin.  En  Grèce  «Se  dans  la  partie  orientale  de  l'Alle- 
magne, on  la  vit  pareillement  jufqu'en  Juin.  C'efl  le  mau- 
vais temps  ou  l'inattention  qui  l'aura  fait  perdre  de  vue 
beaucoup  plus  tôt  en  Angleterre  ,  en  France ,  en  Italie ,  & 
dans  une  partie  de  l'Allemagne. 

La  Comète  fut  donc  vue  en  Chine  àhs  la  troifième  Lune.  Mailla,  t.vili, 
Au  jour  Ki-ouey  (  2  Avril  )  ,  elle  étoit  dans  la  confleilation   ^'  ^^^'- 
Che  [cl,  (è  de  Pégafe).  On  la  voyoit  le  matin;  fa  longueur 
étoit  de  7  degrés  :  ûïq  alla  fort  vite  vers  l'eft ,   &  fut  près 
du  Soleil  ^  En  occident  on  la  vit  auffi  d'abord  le  matin  ^  du    ""GavMi 
côté  de  rOrient^;  Jfà  queue  étoit  tournée  du  côté  du  midi'^,  ^  Chon.  Aiheu 
ou  du  côté  de  l'occident^;  l'un  &  l'autre  pouvoit  être  vrai     " R^'^^aU. 
à  différentes  heures,    ou  mieux  encore  à  difierens  fours.  Le    t^°''™ij.'a 
24  Avril  on  la^yit  le  loir  a  i occident*;  ce  qui  eft  confirmé     Franc,  ii. 
par  iQs  Annales  de  la  Chine,  où  il  eft  dit  que  le  jour  Sïn-fe     " Dhgof 
(  24  Avril)  on  commença  à  la  voir  le  fbir;   ^V^q  paroilfoit  ^C^'rQn.P,Vivk 
comme  une  Etoile  fans  rayons ,  &  telle  qu'une  vapeur  blanche 
de  3  degrés.    On  ajoute    ocelle   traverfa  les   Etoiles   Ven- 
îchang  (  e,  f,  9,   (p,  v,  h.  de  la  grande  Ourfe  )  ,  &  celles  du 
Pe-teou  (du  grand  Chariot ).  Un  Hiftorien  femble  dire  que     GmiMl 
le  25  Avril  fa  queue  regardoit  encore  foccident,  ce  qui  eft    Amomjuppi 
îrès-poffjble ,  fi  elle  fe  levoit  le  matin  avant  le  Soleil;  éX^ 
fe  couchoit  certainement  après  lui  :  car  dans  ce  même  temps 
on  l'obferva  dans  \qs  Gémeaux  ,  &  par  confè'quent  elle  avoit  chnn,  Aup^^ 
pafîe  par  fa  conjonélion  inférieure  avec  le  Soleil.   Ce  même 
jour,  en  Chine,  on  lui  vit  des  rayons,  c'étoit  une  Comète 
rfe    10  degrés  •   elle  traversa  Bootes ,    les   Gémeaux  &  la 


^-76  Histoire 

Cauhil,      Vierge.    Il  n'eft  pas  poffible  que  le  24  &:  Je   2  5    Avril  la 
Comète  ait  fuivi  la  route  que  lui  affignent  \qs  Annales  Chi- 
ïioifes.  Si  le  24  elle  eût  été  dans   les  Étoiles  de  la  grande 
Ourfe  ,  on  l'auroit  vue  toute  la  nuit.  D'ailleurs  que  la  Comète 
ait  été  de  la  grande  Ourle  au  Bouvier,  rien  de  plus  naturel  ; 
mais  que  du  Bouvier  elle  ait  paffé  dans  \es  Gémeaux ,  pour 
aller  de-là  dans  la  Vierge,  &:  revenir  eiifuite  dans  la  conflel- 
ktion  TcJiang  (x,  u,  A,  ^,  (p  de  l'Hydre)  ,  cela  ne  fë  peut. 
Il  y  a  néceirairement  erreur  ,  ou  dans  Ïqs  obfervations  même, 
ou  dans  les  copies  qui  en  ont  été  tirées.    Des   Gémeaux  la 
Ckon.  Augufi.  Comète   rétrograda   avec  tant  de  promptitude ,   que   dhs   le 
Chron,       26  Avril  OU  commcuça  à  la  voir  le  loir.   Nous  avons  vu 
S.Dionyj.     ç^y'gjig   avoit  commencé  à  paroître  le  foir  dès  le  24.    Sa 
^GaulîiMailia,  qucuc  étoit  dc   15    degrés  "",  tournée  du  côté  du  midi^,  ce 
r,vni,p.2jj,  g^j  e(l  très  -  poffible  fi  l'on  fuppofe  à  la  Comète  une  décli- 
^RomuaU     ^^^.^^^^  j^^^^^j^  de  3  G  à  40  degrés  ;    &  cefl  ce   qu'il  faut 
ïiéceiTairement  fuppofer ,  puifque  l'on  voyoit  la  Comète  au 
^Waifngh.    iiord-ouefl^:  ii  en  fortoit  trois  rayons  qui  s'étendant  au  loin 
WiiMm^Gemif,  ccîairoient  prefque  toute  la  partie  auflrale  du  ciel^  Ces  rayons 
\  lidem,   '  "^  furent  point  d'abord  de  cette  longueur.    Nous  avons  vu 
que  le  24,  en  Chine,  la  Comète  avoit  paru  fans  rayons;  elle 
étoit  fans  doute  alors  très-voiûne  de  fa  conjondion  inférieure. 
C'eft  peut-être  ce  même  jour,  24  Avril,  que  \qs  Grecs  la 
découvrirent  pour  la    première   fois  :  elle  fuivoit   alors  le 
Soleil  après   ion  coucher  ;    fa  grandeur   égaioit  celle  de  la 
Lune,  lorfqu'eiie   eft  pleine.    Le  lendemain   du  jour  de  (à 
première  apparition ,   on  commença  à  lui  découvrir  du  côté 
de  l'orient  une  queue  qui  augmenta  de  jour   en  jour ,   &  ia 
^  Curôp,  Gijic,  tête  diminuoit  à  proportion.  Vers  \gs  premiers  jours  de  Mai 
^o,.w.  ^jj^  paroilîbit  depuis  le  commencement  de  la  nuit  jufqu'au 

Chron.  s.  Dion,  chaut  du  coq  ;  elle  s'avança  vers  l'orient  durant  quarante 
Ar<ï'.  Gijc.  jours  :  cette  dernière  circonftance  peut  s'accorder  avec  ce 
qui  eft  dit  plus  haut,  que  la  Comète  rétrograda  avec  beau- 
coup de  promptitude.  La  Comète  n'a  pu  paroître  le  matin, 
être  vue  enfuiîe  dans  les  Gémeaux  &  le  montrer  le  foir,  fi 
ion    mouvement   appai;ent   étojt    véritablement   rétrograde. 

L'écrivain 


D  "E  s    Comètes.  377 

L'Ecrivain  qui  s'eft  fervi  de  cette  expreffioii  a  apparemment 
comparé  le  mouvement  de  la  Comète  au  mouvement  diurne 
dçs  allres,  qui  fe  fait  d'orient  en  occident.  La  Comète  a 
rétrogradé  feion  lui ,  parce  qu'elle  a  avancé  promptement  de 
l'occident  du  Soleil  à  ion  orient.  La  Comète,  en  Chine, 
celTa  de  paroître  dans  la  conflellation  Tchang  (  entre  le  cœur 
de  l'Hydre  &  la  Coupe).  CaulnL 

Il  fuit  de  ce  détail,  que  le  mouvement  réel  de  la  Comète 
a  été  probablement  rétrograde  ;  que  lorfqu'on  la  découvrit 
en  Europe,  elle  étoit  afîèz  voifine  de  la  Terre;  qu'elle  avoit 
paiïe  par  fon  nœud  alcendant  peu  avant  le  2  5  Avril  ;  qu'eu 
conféquence  ce  nœud  étoit  un  peu  plus  avancé  que  la  Terre 
ne  l'étoit  alors  dans  ion  orbite,  ou  qu'il  n'étoit  pas  éloigné 
du  20.^  degré  du  Scorpion,  Continuant  de  combiner  Ïqs  . 
phénomènes  obfervés  de  cette  Comète,  voyant  fur-îout  fa 
tête  diminuer  à  mefure  que  fa  queue  augmente  ,  je  crois 
pouvoir  en  conclure  qu'elle  s'écartoit  de  la  Terre  en  s'appro- 
chant  du  Soleil ,  &  qu'elle  n'a  paiTé  par  fon  périhélie  que 
vers  la  fin  de  fon  apparition.  On  peut  fuppoièr  qu'elle  y  a 
paifé  vers  la  fin  de  Mai  avec  une  latitude  géocentrique  de 
12  à  15  degrés  au  moins;  que  le  lieu  de  ce  périhélie  étoit 
vers  le  commencement  du  Lion;  que l'inclinaifon  de  l'orbite 
ée  la  Comète  à  l'écliptique  étoit  de  yo  ou  80  degrés,  & 
que  fa  diftance  périhélie  étoit  égale  au  tiers  de  la  diilance 
moyenne  de  la  Terre  au  Soleil,  ou  même  un  peu  plus  forte. 
Plufieurs  circonilances  de  l'apparition  de  cette  Comète,  & 
fur-tout  fa  longue  durée ,  ne  me  permettent  pas  de  foufcrire 
au  jugement  de  Struyck,  qui  croyoit,  comme  je  l'ai  dit  plus 
baut,  que  cette  Comète  étoit  la  même  que  celle  de  166^5. 
Celle  de  1066  auroit  plus  de  rapport  avec  celle  de  i  677  ; 
je  n'oferois  cependant  pas  prononcer  définitivement  fur  leur 
identité,  celle  de  1066  a  été  obiervée  trop  long-temps. 

La  Comète  de  1066  a  été  regardée  comme  le  préiage  de 

îa  conquête  du  royaume  d'Angleterre  par  Guillaume,    duc 

de  Normandie.  Cette  circonfiance  occafionna  quelques  dii^ 

îiques,  qui  conilateroient  l'année  de  l'apparition  de  la  Comète, 

Tome  L  ^bb 


378  Histoire 

il  on  ne  la  favoit  pas  d'ailleurs.  Selon  un  Poëte  Je  ce 
temps -ià,  la  Comète  avoit  été  plus  favorable  à  Guiiiaume 
que  la  Nature  à  Céiar  :  celui-ci  n'avoit  point  de  chevelure ^i 
Guillaume  en  reçut  une  de  la  Comète. 

Cœfarîem ,  Cœfar ,  tïbi  fi  natura  negavlt  ^ 

Huntindoa,  Hanc ,  Willelme ,  tibi  Jiella  Comata  de  dit, 

î,  VIL 

Cette  chevelure  étoit-elle  la  couronne  d'Angleterre!  Un 

Moine  de   Malil^uri  ,    voyant  fa   Patrie  fur  le,  point   d'être 

attaquée,  d'un  côté  par  Harald,  roi  de  Norvège;  de  l'autre 

par  Guillaume,   &  jugeant  qu'il  y  auroit  du  lang  répandu  : 

«Te  voilà  donc,  dit-il  en  apoÛrophant  la  Comète,  te  voilà, 

»  fource   à^s  larmes   de   plulieurs  mères.    Il  y  a  long -temps 

'»  que  je  t'ai  vue;  mais  je  te  vois  maintenant  plus  terrible  :  tu 

'}-J!gden,  l  VI.  meuaces  ma  Patrie  d'une  ruine  entière  ».  C'étoit  ainfi  qu'on 

Knigih.  l.  L    j-aifonnoit  alors. 

^Chrom  1 067,   Comète^  à  la  mort  de  Conftantin  Ducas  ^  ,  &  par 

^"  ^^*    '      conféquent  en  Mai   1067.     On  pourroit  appuyer  la  réalité 

■^        de  cette  Comète  lur  ce  qu  une  ancienne  chronique  lait  men- 

Chron.AïaUeac.  tioii ,  &L  de  la  précédente  &  de  celle-ci,  ce  qui  a  été  luivl 

^Giib.  I.IIL  par  quelques  modernes  ^ 

%[ip!l  ^^'^^^"'       Ï06S,   Comète^,   Les  Centuriateurs  ,    pour    la  décrire-, 
hCatner.Coni.  emploient  les  expreflions  de  Zonare  fur  celle  de  1066,  & 
p.  88.  HeveL  s'appuieiit  même  de  l'autorité  de  cet  Hiftorien. 


Entre   1071   &  1078. 


* 


Sous  l'empire  de  Michel  Parapinace,  on  vit  fréquemmenî 

'Çurop.p,B;^.  à^s  Comètes. 

1071.    Comète   durant  vingt-cinq  jours:    on  avoit  vu 
'€af.  Aift.Ricu  précédemment  une  Etoile  nouvelle  vers  le  midi  &  l'occident* 

%ub,  Hev, 

loyy  * 

'Syn.  chronoL       On  Vit  en  Chine  une  Comète.  Elle  parut  dans  la  conf^ 

'Mai/la, t. VIII,  tellation  Tc/ii/i  (le  Corbeau)  ,  à  la  dixième  Lune,   au  jour 

^.  28/.         Y-ouey  (  17  Novembre)  ;  Tes  rayons  s'étendoient  à  3  degrés  s 

au  jour  Tin§-yeou  (  ip  Novembre)  ils  furent  de  5  degrés 3 


DES    Comètes.  379 

Bc  Je/  au  jour  Voii-fu  (  20  Novembre).  Au  29  du  même 

mois  la  Comète  ne  parut  pas.  Caukl 

1077.  Le  jour  du  Dimanche  des  Rameaux  ,  p  Avril, 
vers  la  fixième  heure ,  par  un  temps  ferein  ,  on  vit  une 
Étoiie.    C'étoit  fans  doute  Vénus  qui  aporochoit  alors  de  fa  Sige^.  Chron. 

n-  '     r/   •  i.  i.  Alber,  Annal, 

conjonction  mierieure.  Waveyl  ire 

1080. 

A  la  ieptième  Lune,  commençant  vers  le  ip  Juillet,  on 
vît  en  Chine  une  Comète    dans    Tay-ouey ,   partie  du  citi  ^^^'^^.f-Vm. 
qui  contient  la  chevelure  de  Bérénice,  les  Chiens  de  ChafTe  ^*  ^^^* 
&  partie  du  petit  Lion ,  du  Lion ,  de  la  Vierge  &  du  Bouvier. 
La  Comète  d'Hailey  a  pu  paroître  en  1080  au  mois  de  Juillet 
dans  le  Tay-ouey. 

1084.  Comète  cm  mois  de  Juin.   Tout  ce  qu'on  ajoute  à       Woîf. 

f'       ^  f  o  Tl     Centen,  j  2 , 

on    apparition   appartient  aux  années    i  i  i  o   oc    i  i  i  i.   11     juj^j, 

pourroit  y  avoir  une  faute  d'impreffion  dans  Wolf. 

1085.  Le  17  Février,  au  commencement  de  la  nuit, 
une  Etoile  très  -  claire  entra  dans  le  cercle  de  la  Lune,   qui 

n'avoit  encore  qu'un  jour.  D'autres  rapportent  ce  phénomène   Aihey.  Cafm 
à  l'année  fuivante^  à  laquelle  il  convient  beaucoup  mieux.     ^Romudd. 
\J>\\  Écrivain  dit  expreiïément  que  cette  Étoile  étoit  la  planète  ^^^i^^l'yonÉv. 
^e  Vénus  ^  ^  ^     ^vni.fGwv,)^ 

Sur  l'an   lopi  on  commence  déjà  à  parler  de  la  Comète  i.iv,c.xv, 

Je    I  006,  Centur. 

1092.   Comète  au  fil d  vers  le  7  Odobre,   C'eft  celle  à^  Cœj.EdJî.Luh, 
[10^6  anticipée  de  quatre  ans. 

En  la  même   année,   le    i.^^  Août  au  foir,    une  grande 
Étoile  &  comme  une  grande  poutre,   parut  être  tranfportée 
de  l'efl  à  l'ouell:  par  le  nord.    11  y  a  toute  apparence  que  ce     Laml>erf, 
îi'étoit  qu'un  météore. 

10^3.   Deux  Comètes.  La  première  eu  celle  de  i  106,  h  CAron.Nuretnl'f 
féconde  celle  de  i  o(56,  rapportées  par  une  faulfe  chronologie 
à  l'an  10^3. 

En  cette  même  année  on  vit  une  lumière  comme  celle 
id'un  flambeau ,  voler  dansi'air  en  partant  de  l'orient.  D'autres    f'-'^^^- Saxa. 

Sbb  1}  Urjperg,        ' 


380  Histoire 

^■Nangis.  difent  que  ce  phénomène  reiïembloit  à  un  bâton  embrafé^, 
emor,  ij or.        .  ^^^^  javeiot  en  feiA  II  parut  de  plus  un  dragron^.  C'étoit 

lans  doute  autant  de  météores. 
c/iroii.  reg.         Comète  encore  en  la  même  année  ^.  C'ell:  fans  doute  celle 

^m>eT-'  ^^   ioc?6  ou  de  lop/. 

^Aifled,  ï  ^9  5  •    ^'^  ^^^  ^^'^^  Comète  au  midi  vers  le  y  Odohre^.  C'efl 

^  Annal,  cncorc  Celle  de  10^6.  Un  Hiftorien  ancien  dit  qu'il  y  eut 

Hirjaug.  cette  année  un  grand  mouvement  d'Étoiles^» 

Tahric,   memor,  ^ 

Effl'J^uK  iog6, 

Iiei\  Weo,  ■^ 

^m""^^'  ^^  "^  conflaterai  point  l'apparition  d^une  Comète  en  cett^ 


Me 


arsan, 


année ,  par  le  témoignage  de  ceux  qui  difent  en  général  qu'on 
^Naucler.     vit  unc  Comète  en    iop6^  encore  moins  fur  l'autorité  de 
vf^yTs^Aret.  quelques  Écrivains,  qui  rapportent  à  cette  année  &  l'appari- 
Ctnmr.  Woif.  tîon  d'uue  Comète  &  la  prile  d'Antioche^  :  ceux-ci  fe  trompent 
v!^-2o!&c.   manifeftement,  Antioche  n'ayant   été  prife  par  les    Croiiés 
"^Amn^Cafm,  qu'eu   10^8  ;  îes  premiers  font  tous  modernes,  &  d'ailleurs 
Chron  Cajin.  jg^  caraélères   qu'ils  donnent  à  la  Comète  peuvent  convenir 
a  la  Comète  iuivante.  Mais  je  me  tonde  lur  1  autorité  claire 
&  décifive  d'un  Auteur  fenfé  &  contemporain ,  témoin  oculaire 
&  irréprochable.  «  On  vit ,  dit-il ,  plufieurs  prodiges  ;  car  nous 
»ï  vimes  nous-mêmes  (  bien  décidément  en   io(p6  )  ,  vers  ie 
îî  7  Oélobre  une  Comète  dans  la  partie  méridionale  du  ciel  : 
35  femblable  à  une  épée,  elle  étendoit  obliquement  {q^  rayons.. 
S5  En  la  troifième  année  qui  fuivit ,  nous  vimes  pareillement, 
M  le  24  Février ,  du  côté  de  l'orient,  une  Étoile  qui  changeoit 
^AnnalSaxo.  A'Q  lieu  par  de  longs  intervalles  ,    comme  fi  elle  eût  fauté  ». 
Cette  dernière  Étoile  étoit  fans  doute  un  météore.  Plufieurs 
Chron. reg.    Ecrivains  ont   rapporté  à  l'an    100(3   la  Comète  vue   par 
Abb,Stadt  -î^i^^caf^ij    niais   lans  dire  quils  lavoient  vue  eux-mêmes. 
Conrad,  abbé  d'Urfperg  en  12  15,  a  fait,  vers   1230,  une 
chronique ,  dans  laquelle  il  copie  Ekkéard  prefque  mot  pour 
mot ,  fans  en  avertir.   II  a  eu  ici  la  mal  -  adrelîe  de  ne  pas 
changer  la  première  perfbnne  ;  il  dit  avoir  vu  lui-même  cette 
Etoile,  lui  qui  n'efl  né  que  près  d'un  fiècle  après  fon  appa- 
rition.   Cependant ,  à  l'imitation  d'Ekkéard  dans  ua  autre 


DES    Comètes,  381 

Ouvrage ,  îl  parle  de  la  Comète  fur  l'an  i  op/ ,  mais  fans  Ekkeard, 
décider  qu'elle  ait  pai'u  en  cette  année.  Ils  rapportent  l'un  & 
l'autre  {^i  prodiges  qui  précédèrent  la  première  croifade ,  fans 
déterminer  à  quelle  année  chaque  prodige  appartient.  La 
croifade  fut  prêchée  en  1095  *  ^^^  ^^  croifa  ,  on  partit  en 
\jo^6  :  on  ne  commença  à  porter  les  grands  coups  qu'en 
Il  097.  Piufieurs  ont  copié  l'abbé  d'Uriperg.  11  eft  à  remarquer 
qu'Ekkéard ,  dans  Ion  Annalifle  Saxon ,  n'oublie  pas  de  faire 
mention  fur  l'an  1 05)7  de  la  Comète  fuivante. 

1097.  * 

Cette  Comète  a  été  fort  remarquable  ;  mais  on  ne  îa  vil 
que  très-peu  de  temps.  Il  lemble  qu'on  la  découvrit  pour  la 
première  fois  le  3  o  Septembre ,  &  qu'elle  fut  vue  en  Europe 
durant  cjuinze  jours,  à  compter  de  cette  date'^.  Quelques-uns 
bornent  fa  durée  à  la  première  femaine  du  mois  d'Oèlobre^ 
En  quelques  endroits  on  ne  la  vit  que  le  5  ou'  le  6  Oélobre , 
&  X^i  fept  ou  huit  jours  fuivans^  :  elle  dilparut  (  en  Europe  ) 
vers  le  14.  du  même  mois.  Prefque  tous  s'accordent  à  dire 
qu'on  la  voyoit  du  côté  de  l'occidenf^  :  elle  fut  oblervée  en 
Chine  dans  cette  même  partie  du  cieP.  Elle  lançoit  deux 
rayons  ;  le  plus  long  étoit  tourné  vers  l'orient ,  le  fécond  vers 
ie  midi^,  ou  plutôt  vers  le  fud-efl^,  fi  l'on  en  croit  quelques 
Hiftoriens  ;  mais  d'autres  ne  lui  reconnoiifent  qu'une  feule 
queue  ,  aflez  éclatante  ^,  très-longue  S  &  reiïemblante  à  une 
pique  ^  :  quelque  nuage  léger  de  notre  atmofphère  pouvoit  pro- 
duire quelque  part  fapparence  d'un  fécond  rayon.  En  Chine, 
au  jour  Ki-yeou ,  huitième  Lune  (6  Odobre),  la  queue 
parut  longue  de  30  degrés:  elle  s'étendit  jufqu'à  50  degrés 
au  jour  Gin-tfe  de  la  neuvième  Lune  (  9  Odobre  )  '.  Un 
Écrivain  contemporain  dit  que  le  5  Oc%bre  la  Comète  étoit 
yers  le  feptentrion ,  que  fa  queue  regardoit  le  midi ,  qu'elle 
parut  depuis  le  coucher  du  Soleil  jufqu'à  la  féconde  veille 
de  la  nuit  (  c'eft-à-dire,  durant  trois  ou  quatre  heures  au 
moins  ) ,  &  cela  pendant  huit  jours.  Cela  s'accorde  fort  bien 
j^vec  ce  qui  eit  dit  dans  les  Amiales  de  la  Chine  ;,  <ju  ou  ia. 


^  Florent,    Vig^ 
Sim.  Dmelnu 

& 
autres  Anghisi 
^  S'geb.  Chren, 
Belg,   StaindeJ, 

"  Chron.  Mail, 
Chron,  S,  Albi 
^  Sigeb.  Chron. 

Albtr.  Chron, 
Leod.II,  Chron„ 

Belg.  Nangis» 
StaindeL 

^Coupl.Maillax 

^  Chron,  AlheK_ 

^  Annal. 
Morgan.  Wl/L 
Malmefi.  /.  IV. 

^  Chron,  Augujl, 

'  Annal» 
IVaverl, 

k  Fragm.^  Hifl^ 

Franc.   11, 
Chron,  S.  Aib^. 

^  GauliU 
Chren,  StAê^ 


3 


I   s   T  a  T   R  Ë 


*  Couplet, 

'Mailla. 


voyoit  vers  ioueH^  le  6  Odobre  dans  ia  conflelîatîon ,  Ti^ 
[cl,  /x  de  la  Balance ).  Tout  cela  fuppole  que  la  Comète  avoit 
une  déciinaifon  boréale  aiîez  forte  :  en  conféquence  ,  comme 
elle  n'étoit  que  d'un  petit  nombre  de  degrés  plus  orientale 
que  le  Soleil ,  peu  après  le  coucher  de  cet  Aftre  elle  paroiifoit 
du  côté  de  l'occident  ;  elle  avançoit  enluite  vers  le  nord  : 
on  ne  la  voyoit  pas  au  nord  même ,  puilqu'alors  elle  ne  (e 
feroit  point  couchée;  mais  elle  ailoit  juiqu'au  nord-  'ucll, 
où  elle  fe  couchoit  à  la  féconde  veille  de  la  nuit,  ou  vers 
neuf  ou  dix  heures  du  foir.  Un  autre  Auteur  contemporain 
Fragin.  Hifl.  dit  que  la  Comète  parut  du  côté  du  midi,  ce  qui  n'ell  pas 
"^'^'  '  impolTibie,  pourvu  que  l'obfervation  foit  rapportée  à  ia  fin 
du  mois  de  Septembre  ,  ou  aux  premiers  icurs  d'Oélobre. 
Un  autre  non  contemporain ,  mais  d'ailleurs  exaél ,  dit  que 
cette  Comète  fut  vue  le  4  Octobre  au  >oir  ver^  le  iud-ouefl , 
&  qu'elle  fe   couchoit  preique  auilltôt  ;   que  fa  queue  éloît 

Oimul,  Waverl  tournée  vers  le  fud  -  ouelL  Si  cela  efl ,  il  faut  qu'elle  ait 
parcouru  bien  du  chemin  du  4  au  5  Oélobre,  &  que'par 
conféquent  elle  ait  été  bien  voifme  de  la  Terre.  Ces  deux 
Auteurs  n'auroient-ils  pas  pu  confondre  la  Comète  de  i  op/ 
avec  celle  de  l'année  précédente.  Au  jour  Kï-oiiey  (  1 6 
Oélobre  )  ,  les  Chinois  virent  la  Comète  fort  près  de  la 
GaiilU.  petite  Étoile  qui  eftau  lud  de  ia  tête  d'Hercnle«  Un  Ecrivain 
du  temps  dit  que   cette   Comète  n'étoit  ni  grande  ,  ni  fort 

'Chron,  S,  Aîb.  claire  :  c'étoit  donc  la  grandeur  de  fa  queue   qui  la  failoit 

remarquer.   On  cefla   de  la   voir   en  Chine  au  jour   Von- 

Gauhïl.     tchin  (25   Odobre).   Un  Hiftorien,   exaél  d'ailleurs,  mais 

qui  n'écrivoit  que  dans  le  feizièinc   fiècle ,    dit  qu'elle  étoit 

Annal  Augujî.  fort  grande,  &  qu'elle  parut  au  miis  de  Novembre. 

10(^8. 

«  Je  ne  dois  point  palTer   fous  fiîence  ,   dit  un  Hiflorlen 
35  contemporain ,    que  ia  nuit  même  de  ia   prife   d'Antioche 
>>  (  3  Juin  ) ,  la  Comète  ,   qui  a  coutume  d'annoncer  la  révo-, 
3ï  lution  Aqs  Empires  ,.brilioit  entre  les  autres  A rtres  du  Ciel^ 
i*  &  étendoit  au  loin  i'éclat  de  k^  rayons.    On  vit  auffi  entre 


D  E  s      C  0   M   è  T  E  s,  383 

îé  nord  &  Torient  une  rougeur  de  feu ,  &c.  »  Plufieurs  autres   ^ohn,  m.  v, 
Écrivains  marquent  auffi  fur  cette  année  la  prife  d'Antioche  '''^•^"^"'• 
^l'apparition  dune   Comète^:  mais  un  d'entre  eux  a  tort   ^  Chron.  Fof, 
de  rapporter  cette  Comète  au  mois  d'Odobre  ^  :  elle  parut  .T".:  ^'"'''"' 

■        I       T    •  01  'Ci  II  I         ^i  ^ûw.    AnnaL 

au  mois  de  Jum,    OL  les  crepulcules,    plus  longs  alors  dans       WaverL    ' 
nos  climats  que  du  côté  d'Antioche ,  ont  fans  doute  empêché    ''  Protofj}, 
qu'on  ne  l'obfervât  dans  la  plus  grande  partie  de  l'Europe. 
ÛAuteur  qui  a  diffère  jufqu'au  mois  de  Novembre  l'apparition 
de  la  Comète  précédente  ,    en  fait  paroître  cette  année  une 
extraordinaire  au  mois  d'Odobre.  D'autres  diffèrent  jufqu'à  Amal,  Augufi^ 
cette  année  l'apparition  de  la  Comète  précédente.  Cemur.  HêréU 

lopp.   Comète,  wdeu 

iioo  *.  C'efl  vraifemblablement  ie  ^24  Février  1008 
ou  iop9  au  plus  tard,  qu'Ekkéard  vit  cette  Étoile  fiutanîe 
dont  nous  avons  parlé  fur  l'an  \o^G,  Je  crois,  comme  je 
i'ai  dit,  que  ce  n'étoit  qu'un  météore.  Struyck  la  rapporte 
à  l'an  I  100,  &  paroît  très-porté  à  y  reconnoître  un  retour 
de  la  Comète  de  1652.  Struychi^^^^ 

I  ICI. 

En  la  première  année  du  règne  de  Hoey-tfbng  en  Chine, 
au  premier  jour  de  la  première  Lune  (  le  3  i  Janvier  i  i  o  i  )  ^ 
on  vit  une  Comète  vers  le  couchant  d'hiver  :  elle  rcpandoit 
une  fi  grande  clarté ,  que  toute  la  Terre  en  étoit  éclairée  ; 
elle  effaçoit  la  lumière  de  tous  les  Aftres.  Elle  paroiffoit  du  Syn,  Chom 
côté  de  l'occident  auffitôt  après  le  coucher  du  Soleil  ;  qWq. 
étonnoit  par  fa  grandeur  ^  .  cent.  Lavât, 

Sur  I  102,  nous  trouvons  encore  la  Comète  de  1007^   r'!^^"'!f'^' 
On  anticipe  au  contraire  à  l'an  i  1 03  la  Comète  de  1 1  oé  ^,  ^^^' 
En   I  1 04 ,  on  vît  de  nouveaux  Àftres  d.  ^iTÈcïfolt 

î  I  o  5.  Quelques  Hiftoriens^  même  contemporains^,  datent  ^^^''  ^^''"'^' 
i'apparition  d'une  Comète  du  mois  de  Février  i  10^.  Mais  «  ^l'   TC'  ' 
ces  iicrivams   aonnent  a  cette  Comète  ùq^  caradere.s  qui  chron,  Cav. 


f  Fak,  Cet 


384  Histoire 

femblent  appartenir  à  la  Comète   fuivante ,     de  laquelle  ifs 

ne  parlent  pas.    Dans  une  hifloire  Chinoife ,    où  l'on  pafTe 

pareillement  loiis  illence  la  belle  Comète  de  i  io<^,  quoique 

Gavl'tl  Ma'iUa,  oblcrvée  bien  certainement  en  Chine,  on  dit  qu'en  lacinquième 

u      ,p.si-o.  g^j-jj^^g  jg  Hoey-tfong  ,  ou  en  i  105,  à  la  première  Lune,  on 

Syn.  Chrott,    vit  une  Comète  du  côté  de  l'orient.   Je  loupçonne  qu'il  y  a 

ici  erreur  de  date,   &  même  de  lieu  :  la  Comète  de  i  \oG 

a  été  obfervée  à  la  première  Lune ,    il    efl;   vrai ,    mais  du 

GmUl.Mailla,  côté  de  l'occideut  &  non  du   côté  de,  l'orient.    Je  ne  parle 

point  de  ceux  qui  anticipant  d'un  an  &  la  mort  de  l'empereur 

Henri  IV  &  l'apparition  de  la  Comète ,  rapportent  l'une  & 

Sdnon.  Cafm.   l'autre  à  l'an  i  i  o  5  ,  ni  de  ceux  qui ,   commençant  l'année 

en  Mars ,  comptoient  encore    1 1  o  ^  ,     lorique  la  Comète 

'ChYoju  Elnon.  fui  Vante  a  paru.' 

I   106.      ^ 

^S'igeh.^Memor,  Grande  &  belle  Comète.  On  vit  d'abord  le  4^,  ou  félon 
Aiher.  chron.  u  autrcs  le  ^  Tcvrier^,  une  Ltoile  qui  netoit  datante  du 
'^^^S'  Soleil  que  d'un  pied  &  demi  :  elle  fut  vue  ainfi  depuis  la  troi- 

!>  Lycojih       fjème  jufqu'à  la  neuvième  heure  du  jour.  Quelques  Auteurs 
^ Matth.  Par.  ont  donné  à  cette  Étoile  le  nom  de  Comète^.    On  pourroit 
demander  p,ourquoi  cette  Ltoile  ne  iut  pas  vue  plus  long- 
temps,  frc'étoit  un  Aitre  fixe  &  permanent!  Ce  ne  font  pas 
ies  témoins  oculaires  de  ce  phénomène  ,   qui  lui  ont  donné 
ie  nom   de  Comète  ,   ce  qu'ils  n'auroient  pas  manqué  de 
faire,  s'ils  lui  euffent  découvert  quelque  apparence  de  queue 
ou   de  chevelure.   Ils   ne   voyoient   donc   que   l'apparence 
d'une  Etoile;  or,  je  demande  fi  une  Etoile,  un  Aûre  pro- 
prement dit  ,    peut  être  vifible  à  une  aulîi  petite  diflance 
du  Soleil  ! 
[Ph'ihJ.  TranJ,        Le  7  Février  on  commença  à  découvrir  en  Paîeflîne ,  &' 
(^aubil,         ie  I  o  en  Chine  ,  une  Comète  proprement  dite  :   elle  étoit 
ie  j  vers  le  commencement   du  figne  d^s  Poilfons.    «  Au 
'*  mois  de  Février ,  difent  trois  Hiiloriens  contemporains ,  le 
'*  joiu*  ique  BOUS  comptions  pour  premier  de  la  Lune  (  donc 

ie  7 


DES    Comètes.  385 

le  7  Février)  (c) ,  une  Comète  parut  dans  le  cîel  &:  nous  « 

furprit  fort.  Placée  vers  ie  iieu  du  ciel  où  ie  Soleil  fe  couche  « 

en  hiver ,    elle  étendoit  au  loin  un  rayon  blanchâtre   qui  « 

reffembloit  à  une  toile  de  lin.  Depuis  le  commencement  de  « 

Ion  apparition  ,  tant  la  Comète  même  ,  que  Ton  rayon  qui  « 

imitoit  la  blancheur  de  la  neige  ,   diminuèrent  de  jour  en  « 

jour.  »  Ces  dernières  paroles  ne  doivent  pas  cependant  être    Fukher.  i  n. 

prifes  à  la  rigueur,  comme  fi  la  Comète  eût  commencé  à  ^'^J//^  '^'/l' 

diminuer  àhs  le  8  de  Février,  &  eût  continué  de  décroître  Hifl.  Hieraf, 

les  jours  fuivans.  Au  contraire ,  félon  quelques  Chroniques , 

«  Sqs  rayons ,  plus  blancs  que  le  lait ,  paroiifoient  augmenter 

tous  les  jours,  »»  Selon  d'autres  ,   on  vit  une  grande  clarté ,   Cbon.  Men 

jfemblable  à  une  poutre  enflammée ,  le  joindre  à  l'Etoile ,  en 

s'étendant  entre  l'orient  &  le  nord.  Nous  tâcherons  de  con-     Fiormt.  vig. 

eilier  ces  contrariétés  apparentes.  BrompuHoved. 

Tous  ne  virent  pas  la  Comète  ie  même  jour,  y  Février»  P' ^' 
Guillaume  de  Tyr  ne  date  fa  première  apparition  que  du  p.   Apud,  Calvif. 
H  paroît  qu'en  occident  on  ne  la  vit  pour  la  première  fois 
que  le  i6^,   &  en  quelques  lieux  le  i8  du  même  mois^    ^sfm^^'u^eim. 
On  efi;  encore  moins  d'accord  fur  fa  durée  ,   ce  qu'il  faut  Brompt.  Annah 
attribuer  en  grande  partie  à  la  différente  conftitution  de  l'air,  il^aifàl.'^''"'^ ' 
Selon  quelques-uns,  elle  ne  parut  que  durant  quatorze  ou    h chmi.  Rem. 
quinze  jours ^:  félon  d'autres,    elle  brûla  pendant  quarante  "^y^nW.^/rfrjr. 
jours  ^  ou  pendant  tout  le  Carême  ,    depuis  le  7  Février  ^J^;^('  '^^2^; 
jufqu'au  25  Mars^,   ce  qui  fait  quarante -fix  jours  d'appa-  //. 
rîtîon.  Après  cinquante  jours  d'apparition  ,  «  la  vue  la  plus     ^  Comnen, 
perçante  avoit  de  la  peine  à  la  dillinguer  ,    »  dit   un  àçs 


(  c  )  Dans  un  manufcrit  de  la 
Bibliothèque  de  Sainte-Geneviève , 
que  je  juge  du  xiii."  fiècle  au  plus 
tard,  à  la  fuite  de  l'Hiftoirede  ia  pre- 
mière Croifade  par  le  moine  Pvobert, 
,  on  trouve  une  partie  de  l'Hiftoire  de 
J-érufalcm  par  Foucher  de  Chartres , 
telle  que  cet  écrivain  l'avoit  cpnipofée 
d'abord.  Entre  autres  variantes  très- 
cumufès ,  que  ce  manufcrit  pourroit 

Tome  L 


fournir  ,  la  première  apparition  de  la 
Comète  de  i  106  y  ell  expreiïement 
datée  du  7  àti  ides  de  Février ,  ou 
du  7  Février.  La  date  par  la  Lune 
pourroit  être  équivoque  ,  celle-ci  ne 
l'efl  pas.  II  y  ed  dit  de  plus  que  la 
Comète  fut  vue  cinquante -fix  jours 
&  au-delà  :  les  imprimés  ne  portent 
que  cinquante  jours. 

C  C  C 


'^  Vinc.  Beîlou, 
lib.   XXV, 
eap,  CXVlt 


^S6  Histoire 

*  Gefl.  Franc,  témoîiis  ocufaîres  ^  :   un  autre  enfin  prolonge  fa  durée  juA 
^Tpn'    •  '  4"'^  cinquante-fix  jours  &  au-delà''. 

dans  la  note.         Des  Autcurs  dilènt  que  cette  Comète  étoît  très-grande^, 

=  Chrm.  Sic.  qu'elle  imitoit  le  flambeau  du  Soleil  ^ ,   qu'elle  couvroit  de 

d  ri        ^  ^^^  rayons   une  grande  partie  du  ciel  ,    &   qu'elle   jeta  la 

/f/yi.^w/f^,  terreur  dans  tous  les  efprits^;    qu'elle  étoit  la  plus  grande 

cap.^Lv.  chron.  jg  toutes  Ics  Comètes  qu'on  eût  vues  jufqu'alors  ^-  elle  étoit 

"'Mailla,     ^'■'  contraire  très-petite,  s'il  en  faut  croire  deux  Hilloriens* 

t,viii,p,^^o.  i[  efl;  vrai  cependant  que   ceux-ci   ajoutent  que  fon  rayon 

Cemnen.     ^^^jj.  très-graud  &  très-étendu^,  &  l'on  peut  remarquer  que 

g  chroir.      fautorîté  d'un  des  deux  au  moins  eft  fort  équivoque. 

S.  Aib.  IL         Ce  qui  regarde  le  lieu  du  ciel  où  la  Comète  fut  obfervée, 

efl  plus  intérelTant ,  &  mérite  plus  d'attention  de  notre  part, 

hes  anciens   hifloriens  Européens   daignent   rarement  faire 

mention  du  lieu  à^s  Comètes  ;  &  lorfqu'ils  en  parlent ,  ik 

fe  contentent  de  nous  apprendre  en  général  de  quel  côté  ils 

ont  plus  particulièrement  obfervé  la  Comète,  au  temps  de 

fa  première  apparition ,  fans  nous  indruire  d^s  changemens 

de  lieu  poilérieurement   furvenus.  Comme   tous  n'ont   pas 

découvert  la  Comète  le  même  jour  ,  il  s'enfuit  qu'il  doit  y 

avoir    entre   eux   d^s   contradi^ions   apparentes  ,   que  l'on 

peut,  &  par  conlequent  que  l'on  doit  concilier,  en  rapportant 

à  différens  jours  les  oblervations  qui  paroilfent  contradiéloires» 

Cela  pôle ,  je  vais  faire  un  tout  de  ce  que  j'ai  pu  recueillir  fur 

le  lieu  d>L  les  mouvemens  de  la  Comète  de  i  i  06. 

A  Conftantinople   &  en  Paleftine  ,    «  on  vit  la  Comète 

''  dès  le  7  Février;,  elle  étoit  ce  jour-là  vers  le  commencement 

-^ê''^'      du  figne  des  Poilfons.  «  On  la  vit  le  10  en  Chine,  vers  la 

CauU     fin  du  même  figne;  «  fa  queue  avoit  ^o  degrés  de  longueur, 

"  Le  7,  on  la  voyoit  vers  la  partie  du  ciel  où  le  Soleil  a  coutume 

ui^^!T^6  "  ^^  ^  coucher  en  hiver''  :  fa  queue  s'étendoit  jufqu'au  corn- 

Gtfl.  /v««r.  "  mencement  du  figne  dts  Gémeaux'*,   fous  la  eonfiellation 

f.  z/F.  Hiji,   J'Orion^*  »   Sa  latitude  étoit  donc  méridionale ,  autrement 

^  Fhiioj.Tranf.  ^^  queue  n  auFolt  pu  atteindre  la  conftellation   méridionale 

"^ Chron.  Aiùer,  d'Orlou  ;  &  comme  le  Soleil  étoit  en  25  degrés  du  Ver/eau, 

la  Comète  ne  pouvoit  être  moins  avancée  que  le  10  ou  x^ 


DES    Comètes,  387 

degré  à^s  PoiiTons ,  pour  pouvoir  fe  montrer  le  foir  après  le 
coucher  du  Soleil.  On  ne  voit  pas  que  la  Comète  ait  été 
oblervée  du  10  au  i  (d  de  Février.  Alors,  c'eft-à-dire  vers 
Je  1 6  ou  le  18  de  Février ,  «  elle  avoit  paffe  à^s  parties 
auftraies  du  ciel  aux  parties  occidentales^;  on  la  voyoit  en  c^  ^Cav!t. 
plein  occident^;  c'étoit  du  côté  de  l'occident  qu'on  robfervoit,  «  ^  RomuaJ.d. 

rr    f^  \i  lOJMC  y^r  Tii  Ordir.    Vit, 

aumtot  après  le  coucher  du  ooleil  .  »  Ce  rut  probablement  b.  v.  chon. 

dans  cette  circonflance  ou  à  peu -près,  que  la  Comète  ayant   ^l^^^^.  chron. 

d'abord  paru  fans  queue,  vu  la  clarté  du  erépufcule,  on  vit    ^  piatin.  m 

ie  erépufcule  s'afFoibliiïant,  la  queue  iè  former  &  s'étendre   M'^-  ^^• 

en  forme  de  grande  poutre  de  l'occident  au  nord-eft.  Cette 

queue  pouvoit  avoir  alors  plus  d'éclat  &  plus  de  longueur 

que  le  7  de  Février  :  &  il  peut  fe  faire  auifi  que  le  mauvais 

temps  n'ait  pas  permis  qu'on  obfervât  cette  circonll:ance  en 

Palefline.  Plufieurs  jours  s'écoulèrent,  &  «  la  Comète  parut 

du  côté  du  Septentrion  vers  l'occident:  fa  queue,  fembiable  «  Landui^h, 

à  une  grande  poutre ,  regardoit  la  partie  du  ciel  qui  eft  entre  « 

ie  feptentrion  &  l'orient'*;  on  la  voyoit  jufque  vers  le  milieu  «  ;.  Fior^Vig^ 

de  la  nuit^.  Durant  vmgt-cmq  jours  elle  briiioit  de  la  même  "^^  Bwmpt. 

manière  à  la  même  heure ^«,  paroiflant  n'avoir  d'autre  mou-    ^GepFmnc. 

vement  que  celui  du  Soleil,  &  «  elle  avoit  en  conféquence    ' Fhr.Vigom. 

lin  mouvement  bien  réel  d'occident  en  orient^.  Elle  parut  ^'^""^^^"'1'"' 

en  effet  traverlèr  les  conftellations  Kouey  (épaule  &  bras  auftral  «     Annal 

d'Andromède  &  Poiffon  boréal),  Léou  (ce,  ^,  y  du  Mier),  «f^7^^;^'' 

Mao  ( les  Pléiades),  &  Pï  (les  Hyades)  ""; »  c'efl-à-dire  qu'en    ^  q^i,-i^ 

Chine,  depuis  le  10  Février,  jour  de  fa  première  apparition , 

on  ia  vit  fe  tranfporter  de  la  fin  du  figne  à^i  Poiflbns  jufque 

vers  la  iin  du  Taureau.  Elle  s'éloignoit  fans  doute  &  de  la 

Terre  &  du  Soleil,  au  moins  depuis  le  20  Février,  puifque 

ies  Hifioriens  àç.s  guerres   de  la  Paleftine  alfurent,  comme 

nous  l'êivons  vu  plus  haut ,  que  tant  la  Comète  que  ion  rayon, 

diminuoient  de  jour  en  jour. 

On  croit  communément  que  la  Comète  de  1 10^  eft  la 
même  que  celle  de  1680,  &  cette  opinion  eft  aflez  foute- 
nable.  Mais  pour  qu'elle  foit  vraie ,  il  faut  d'abord  renoncer 
à  ia  prétendue  apparition  de  celte  Comète ,  antérieure  au  7 

Ccc  ij 


388  Histoire 

Février;  je  veux  dire  que  l'Etoile ,  qu'on  a  cru  voir  îe  4  cTii 
mois  à  un  pied  &:  demi  du  Soleil ,  ne  peut  être  la  Comète 
de  1680,  qui  auroit  été  alors  en  Ton  périhélie.  La  latitude 
de  la  Comète  de  1680  ,  après  Ion  paiïage  au  périhélie  eu 
1106,  n'a  pu  être  que  feptentrionale:  or  la  latitude  de  la 
Comète  de  i  106  a  paru  méridionale  depuis  le  4  Février. 
On  peut  facilement  récufer  l'autorité  des  Ecrivains  que  j'ai 
cités,  hors  celle  des  trois  témoins  oculaires.  Ceux-ci  nous 
difent  qu'au  y  Février  on  voyoit  la  Comète  le  foir  vers  le 
lieu  où  ie  Soleil  a  coutume  de  le  coucher  en  hiver  :  celafignifîe 
naturellement  que  fa  latitude  étoit  auftrale.  Je  laifle  au  Leéleur 
à  apprécier ,  ou  plutôt  à  expliquer  ce  témoignage.  H  efl  certain 
que  û  la  Comète  a  été  périhélie  dans  les  premiers  jours  de 
Février,  tout  ce  qu'on  connoît  de  Tes  mouvemens  s'applique 
on  ne  peut  mieux  à  la  Comète  de  j  680.  Mais  fi  fa  latitude 
étoit  auftrale  le  y ,  elle  n'aura  pu  'être  périhélie  qu'entre  le 
Il  0  &  le  1 6  ,  &:  alors  il  n'aura  pas  été  poiTible  de  la  voir  le 
iio  à  la  fin  du  figne  des  PoilTons',  où  ce  même  jour  elle  fut 
obfèrvée  en  Chine.  Dirons -nous  que  le  7,  au  coucher  dm. 
Soleil ,  on  la  voyoit  du  côté  de  l'oueft-fud-oueil:,  ou  du  couchant 
d'hiver,  mais  avec  quelque  hauteur  fur  l'horizon,  de  manière 
qu'elle  fe  couchoit  vers  l'occident  des  Equinoxes  l  alors  M 
fera  rigoureufement  vrai  que  depuis  le  y  Février  la  tête  & 
ia  queue  de  la  Comète  auront  diminué  de  jour  en  jour.  Si 
l'on  admet  cette  explication,  qui  me  paroît  aiïez  plaufible, 
tous  les  Auteurs  contemporains,  ou  dignes  de  foi,  feront 
accordés  ,  &  rien  n'empêchera  de  reconnoître  en  i  io<5  un 
retour  delà  Comète  de  i68o. 

Il  eft  vrai  qu'en  prenant  ce  parti ,  il  faudra  abandonner 
Alberic  ou  Aubri  de  Trois  -  fontaines  ,  qui  fait  terminer  là 
queue  de  la  Comète  fous  ia  conftellation  d'Orion  ;  mais  c'efî 
un  inconvénient  très -léger,  cet  écrivain  n'eft  ni  contempo- 
rain, ni  exaél,  ni  judicieux.  Un  anonyme,  que  nous  avons 
cité  quelquefois  d'après  Struyck ,  donne  lieu  à  une  bien  plu'S 
forte  objeétion  :  félon  lui  la  Comète  de  i  1 06  parvint  jufqu'au 
commencement  du  ligne  de  i'Écrevilîè,  Or  il  n'eft  pas  pollibie 


DES    Comètes.  3^9 

que  la  Comète  de  1680  ait  été  périhélie  en  Février  1106, 
3c  ait  pu  atteindre  ies  premiers  degrés  de  l'ÉcrevilIe.  Mais 
ia  difficulté  s'évanouit,  fi,  comme  Struyck  le  fuppofe,  &  je  Struyd,!;;^;^, 
penfe  avec  raifon,  cet  anonyme  n'eft  autre  qu'un  certain  Fr. '^  ,iv,arr.^. 
Gilles,  qui  a  compofé  un  Mémoire  lur  ia  Comète  de  126^, 
J'ai  prouvé,  dans  un  Mémoire  particulier,  que  ce  Fr.  Gilles,  je. (ies Sdcnc, 
Aflrologue  plus  qu'Aftronome  ,  avoit  très-mal  reprélenté  les  ^7/<'> 
mouvemens  de  la  Comète  de  i  264,  qu'il  avoit  vue  :  de  quel 
poids  peut  être  Ton  témoignasse  fur  la  Comète  de  1106  qu'il 
n'a  point  vue?  Je  n'objeéte  point  qu'il  fait  paroître  la  Comète 
au  mois  de  Juin  :  on  répondroit  peut  -  être  qu'il  s'efl:  glifîé 
dans  ion  manufcrit  une  erreur  de  copifle  :  mais  qui  m'empê- 
cheroit  de  dire  qu'il  peut  y  avoir  une  pareille  erreur  fur  le 
lieu  de  la  Comète?   Je  n'infiflerai  pas  même  fur  ce  que  le 
Soleil  étant  au  vingt-cinquième  degré  du  Verfeau ,  8l  la  latitude 
de  la  Comète  étant  auflrale ,  l'anonyme  la  fait  paroître  au  com- 
mencement des  Poiiïbns,  ce  qui  ne  peut  être.  Je  dirai  feulement 
qu'on  peut  bénignement  interpréter  fes  paroles,  de  manière  que, 
félon  lui ,  ce  ne  fera  pas  la  tête  ,  mais  la  queue  de  la  Comète 
qui  aura  atteint  le  commencement  de  i'Ecrevifle. 

Un  écrivain,  que  nous  avons  apprécié  plus  haut,  dit  que 
ie  troifième  jour  de  l'apparition  de  la  Comète,  il  en  tomba  un     ^, 

I    1         j      r  a    o   I  u  •  r  a  ^  Chron,  Aller , 

globe  de  ieu  en  terre  .  oelon  d  autres ,  on  vjt  vers  ie  même    ^  //^^^^^  y^^ 

temps  plufieurs  Étoiles  extraordinaires  ^.  Sim.  Duneim, 

I  1 07.   On  vit  une  Comète  ^  :  elle  parut  à  l'orient  (  ou*    J^'^f' 

T  I  •  \  I  ChronogY. 

apparemment  dans  les  pays  orientaux]  vers  le  commencement  Saxo.  Luh. 
de  la  nuit  pendant  quarante  jours  '^.  C'eft  fans  doute  la  Comète  ''  Tj^ms,  IXJ,^ 
précédente.  '^'  ^' 

I  1 08.  Il  parut  une  Comète  ^  :  elle  fut  vue  en  Normandie  Suderb.  ùh 
pendant  quelques  jours  ^  :  on  la  vit  ailleurs  durant  quarante  /  Fo/yd.  v/rg, 
jours  ^.  C'eft  encore  ,  à  ce  qu'il  paroit,  la  Comète  de  1 1 06.     ^'t'^T^''  ^  ^ 

1  A  '  b  Chron,  Fop 


710V, 


■^*  ^  Hemingf, 

Comète  au  mois  de  Décembre  près  la  Vole  lactée,  avec  ^Hmfdfn^^p/h 
ime  chevelure  dirigée  vers  la  partie  aulirale  du  ciel  ' .  Quelques  Fkrem,  Vigom, 
auteurs  paroi (fent  anticiper  à  cette  année  i'appaiition  de  ia  cZ'ofMÏlL 


390  Histoire 

^  Atio».  CafK.  Qomhte  fui  vante  ^   Struyck  croit  que  cette  Comète  eft  la 

_^«.    zj-^ff.        Q^  ^.j.  ^j^^  Comète  à  ia  Chine  "^  &  ailleurs  ^.  Quelques- 

"  Chron,  regt  ,  ^         1 

o>w.  ^^û//r.  uns  la  virent  àhs  le  mois  de  Mai^;  d'autres  l'aperçurent  pour 
Uneb  ^7"'  ^^  première  fois  le  6  ou  le  8  Juin  ^:  un  hiflorien  retarde  fon 
*^  Chron.  apparition  jufqu'au  mois  de  Juillet  ^  ;  c'eft  fans  doute  une 
Leod,  II.  erreur  de  copiite.  On  commença  à  la  voir  en  Chine  le  ip 
^hn^'^Dunelm'  "^^^  »  ^^  qu€ue  s'étendoit  à  6  degrés:  la  Comète  fut  obfervée 
Hmingf.  i.  I,  dans  les  confteilations  Aow^y  (épaule  &  bras  auftral  d'Andrc- 
'^ÂmuA%'.    "^ède,  &  Poiflbn  boréal) ,  «Se  Leou  (cornes  du  Bélier)  :  elle 

%Hopeden,  ^Ila  au  nord  ^  On  la  voyoit  au  nord-ell':  depuis  le  loir 
P' I'  jufqu'au  matin  elle  paroiffoit   tourner  autour  du  pôle  ^.  Sqs 

i-  Caubil.  xàyons  étoient  tournés  du  côté  du  midi  ^  ;  on  les  vit  aulfi  s'étendre 
iVnverï   '      ^^  fud-oucfl'"  &  à  feft  ".  Toutcs  ces  circonllances  peuvent 

k  RomuaJd.  facilement  s'aci:order  :  mais  je  ne  conçois  ni  n'admets  ce 
i  Sigeh.      QQe  clifent  quelques  hifloriens  Angiois ,  que  le   mouvement 

Memor.    hift.     \  r^       s  ,      ■  ^      r  •  ^        i-       -  >    u 

Fuicher. /.  Il ,  ^^   cette  Comète   etoit  tout  -  a  -  tait  extraordmaire  ,   quelle 
;;.  8jS.  Hift.  commençoit  à  paroître  du  côté  de  l'orient:  &  qu'étant  montée 

HieroJ.   Annal.  i         /        ^      j  ■    I  II  -/r  • 

Siixo.  Annal,  au  plus  haut  du  Ciel,  elle  ne  paroiiloJt  pas  avancer,   mais 

Hiidesh.  reculer  plutôt  fur  Ces  pas  °.  Huntindon  aura  rêvé  cela,  les 

WaverlT^'  autres  l'auront  cru  fur  fa  parole.   La  Comète  parut  tout  le 

"  c/iron.  mois   de  Juin  ^  :   àes  Écrivains  anciens  bornent  à  quelques 

S.  Aib.  IL  ^xuits  la  durée  de  fon  apparition  ^;  d'autres  l'étendent  à  trois 

h  viT'Aiattiu  femaines*".  En  Chine,  elle  fut  vue  jufqu'à  la  fixième  Lune^, 

Pay.  Aiatth,  commençant  vers  le  p  de  Juillet,  Quelques  modernes ,  (ans 

„„'"',,  citer  leurs  garans,  étendent  fa  durée  jufqu'à  fix  mois^ 

P  RomuaJd.  r-       i  ^  '         i       '  ta  /  i  •  r 

q  fi,icfjfr.         ^^  1^  même  année,  le  24  Décembre,   on  vit  entre  les 
HJI.  Hier,     aftres   du   lirmarnent  une  Étoile  d'un   éclat  furprenant  ;  on 
^  Knigth.  i  IL  i'auroit  prile  pour  un  Soleil  :  elle  parut  du  côté  de  l'orient  ". 
SiT^DunJm         ^^^  ^'^^^  I  M  i>  Comète ,  &c^,  C'eil  la  précédente  que  l'on 

Hovtden.     double» 

s  M  1  1 1  I  ^     '  i^omete'  :  ce  pourroit  être  la  luivante  anticipée 

uviii.p.s^s.  d'un  an. 

^ Nauckr.  gentr.  ;<?>/'.  8t2.  Lub,  ire,  î*  Ctntur,  * Centur,  Hév,  if'c  ^ Chron,  reg.  Chron,  Hirfaug, 


DES    Comètes.  391 

1 1 13. 

Grande  Comète  au  mois  de  Mai.  ^^^^'h'  Par, 

Matth,  Wefm, 
II  14.    * 

Autre   Comète  en   Mai  ^,   vers  ia  fin  du  mois^.  On  vit     ^^  lûUm, 

durant  plufieurs  nuits  une  Étoile  extraordinaire  ,  accompagnée     ^  Hmtinden, 
V         ï  ^  r    1       .^      c  ^  ^         B.  VII, 

d  une  longue  trace  de  lumière  .  c  ^     . 

o  ^  *  Annah 

I  I  1  5.  Comète  ^:  on  la  vit  durant  fix  moîs^.  On  vit  en  '^Vaval, 
Chine,  à  la  huitième  Lune  (commençant  vers  le  22  Août)  ,   ./  Annah 
une  Ltoile  extraordmaire  dans  la  coniteliation  Leou  [cn^^^y     ^  ,     ,, 
du  Béh'er).  Sa  lumière  très  -  éclatante  fe  faifoit  fenfiblement 
apercevoir  par  l'ombre  à^s  objets  qu'elle  éclairoit  :  cette  lumière 

étoit  d'une  couleur  rougeâtre ,  tirant  un  peu  fur  le  jaune ,  & 
l'Étoile  avoit  une  aflez  longue  queue.  On  ne  nous  apprend  ^ Mailla. t. vi  11, 
rien  de  la   durée  de  cette  Étoile;  c'eft  ce  qui  m'empêche  ^'' -^^/^* 
d'affirmer  décidément  que  ce  foit  une  Comète. 

1 1 17.  Une  Etoile  ,  aufli  grande  que  la  Lune,  avançoît 
vers  le  midi.  Coupkf. 

I I  ip.  Comète.  C'efl:  encore  celle  de   iio^,   dont  nos    Keck.Luk 
Cométographes  modernes  nous  répètent   ia   delcription  fur 

i'an  1 1  i^. 

i  125. 

<i  Uladiflas  ,  roi  de  Bohème  ,  tomba  malade  à  Stebna  :  il 
parut  en  cette  même  année  une  Comète ,  préfage  ordinaire  tt 
de  la  mort  àQS  Grands.  L'époufe  d'Uladiflas  craignit  tout  en  « 
voyant  un  tel  phénomène:  elle  écrivit  à  la  foeur  ».  11  s'agit  DuhavJ,XIi 
de  la  dernière  maladie  d'Uladiflas ,  &:  ce  Prince  efl  mort  en 
1 125. 

112e.   *   Première   Comète. 

Comète  *  :  on  la  voyoit  avant  l'aurore  entre  l'orient  &  fe  '■Amah  Sofm 
nord  ;  fa  queue  s'étendoit  versus  nonam  ^  :  ce  terme  fignifie    ^'^'  ^^^f' 
lans  doute  le  lieu  où  efl;  le  Soleil  vers  la  neuvième  heure  du  ^  '     ' 

jour,  ou  le  iud-oueft.  Pour  que  ia  queue  ait  eu  cette  direc- 
tion, il  paroît  néceffaire  que  i'obfervation  ait  été  faite  en  été^ 


ainfi  cette  Comète  eft  ia  même  que  celle  ciui  fut  obfervée 

cette  même  année  en  Chine  à  la  fixième  Lune  (commençant 

ie  2  2  Juin  ).  Elle  étoit  fort  grande  ;  «  on  la  vit  dans  le  Tfe-ouey 

»  (partie  du  Ciel  dont  les  Etoiles  ne  fe  couchent  pas)  :  elle  com- 

»  mença  à  fortir  de  l'étoile  Ti-tfo  [cl  d'Hercule),  &  finit  à  l'étoile 

Maîlla, t.vui,  Veii-tchang  ».   Ouen-tchang  ou  Ven-îchang ,  n'efl  pas  une 

F'  i-i-S'         Etoile,  mais  une  conftellation  compofée  de  ^,  /,  6,  (p,  i»,  h  de  la 

grande  Ourle.  Ces  iieux  de  ia  Comète,  obfervés  en  Chine, 

ne  cadrent  avec  ce  que  difeiit  les  Hilloriens  Latins,  qu'autant 

q^ue  l'on  fuppofera  que  la  Comète  aura  été  dans  les  Etoiles 

Ven-îchang  vers  la  fin  de  Juillet,  ou  même  au  mois  d'Août. 

i  iz6.  Deuxième  Comète. 

La  même  année ,  onzième  Lune  intercalaire  (Gommençaht 
Ibid.p.  ^^7.  ie  ï  5  Décembre) ,  on  vit  en  Chine  une  fort  grande  Comète. 
Chron, Scederh,  iizy.  Comète.  Sou  apparition  n'efl  fondée  que  fur  ie 
témoignage  d'un  feul  écrivain ,  qui  ayant  daté  de  i  1 2  5  une 
éclipfe  de  Soleil,  arrivée  certainement  en  i  124,,  a  pu  pa- 
reillement rapporter  à  l'an  1 1 27  l'apparition  d'une  Comète 
obfervée  en  112^. 

11^2.* 

j 

'Annal.  Saxa,        Oïï  Vit  une  Comète  le  2  0(5lobre.  En  Angleterre  on  la 

'Florenu  vig.  vit  le  8  du  même  mois ,  &  elle  parut  durant  fept  jours.  On 

comin.  i'obferva  en  Chine ,   à   ia  huitième  Lune ,  dans  les  parties 

^Ma!iia,t,vili,  méridionales ^  ou  depuis  le  7  jufqu'au  27  Odobre,  dans  ia 

^''{y\.,       confleilation  Ouey  (la  Mouche  )^    Quelques  Auteurs  anti- 

f^Gaiwiu  ,  f  /,  ^     ^    p  /  ,    /T         c  I  I 

é^L      r     /  cipent  Ion  apparition  a  1  année  précédente  ,  ou  la  retardent 

"^  Chron.  Lune b.  ^    r  ,'■    r  ■  j     t     t  •       •        t  •  î  r  t 

^Frior.Hamfl.)^^^^  1  aunce  lui  vante '^.  Lubienietzki  en  prend  occalion  de 
doubler  la  Comète. 

ï  1 3  7.  «  La  mort  de  l'empereur  Lothaire  (  arrivée  le  4 

>»  Décembre  i  137  ) ,  fut  précédée  &  fuivie  de  celle  de  plu- 

»  fieurs  Grands.  On  vit  une  Comète  ;  il  y  eut  une  éclipfè  de 

Chm,  EngeJh.  Soleil  au  mois  d'Août,  Sec.  >»  L'éclipfe  de  Soleil  appartient 

certainement  à  l'an   1 1 3  3  :    ia  Comète  pourroit  être  celle 

de  1 132. 

:i  1 3  8. 


t>  E  s    Comètes.  393 

1138. 

En  Chine ,  à  la  feptième  Lune  (  commençant  vers  le  7 
Août),  ii  parut  au  ciel  une  Comète ^  '^Mailla.t.vm, 

;i  I4i-   Comète^,  ^'/if  r  , 

^  ''  Ricc,  Luit 

-ju  Héie'l, 

1 142    OU    1 143.  ^ 

En  la  feizième  année  du  règne  de  Kao-tfong,  à  la  douzième 
Lune  (commençant  le  ip  Décembre  i  142  )  ,  on  vit  en 
Cnine  une  Comète ,  vers  le  couchant  d'hiver.  S^n,  Chronot, 

I  1 44.   Comète,  Les  garans  de  Ton  apparition  rapportent    Anoti.  Caf». 
à  i'an  I  1 44  la  mort  du  Pape  Luce  11,  qui  n'efl  m.ort  qu'en  '^^'"'-  ^''^'"'  . 
il  145  ;  ils  marquent  fur  i  14.6  une  éciipfe  de  Soieii,  arrivée 
certainement  en  i  147:  ii  y  a  toute  apparence  qu'ils  auront 
pareillement  accéléré    d'un   an   l'apparition    de  la  Comète 
fuivante. 

1145.  '^ 

'Au  mois  de  Mai  ^,  on  vit  une  Comète^   dans  la  partie    *  Dodechm 
occidentale  du  ciel*^:  elle  étoit  fort  grande'^  :  elle  avoit  com-  u'!^r''"lT^' 
mence  a  paroitre  des  le   i  5   Avril    ;  elle  dura  long  -  temps  ^  Chrcn,  Bof 
En  Chine ,  le  premier  jour  de  la  quatrième  Lune  (24  Avril  ),    °  Tùpat. 
on  la  découvrît  du  côté  de  l'eft  S,  félon  le  P.  de  Mailla:  mais  ^(ff^f  * 
félon  le  P.  Gaubil,  on  ne  la  vit  qu'au  jour  Vou-yn  de  la     '  cJendàn 
quatrième  Lune  (26  Avril)  :  au  jour  P'wg-chhi  (14  Mai)  ,  Ambrof. 
elle  fut  dans  la  conftellatîon   Tfan ,    (croix  d'Orion;  donc  ^^■^^Ti'i''^^^' 
avec  une  latitude  fort  boréale;  autrement  elle  n'auroit  pas  été  sy\jaiHa,t.viiL 
.vifible).   Son  rayon  étoit  de  10   degrés  au  nord-elt.   Au  F- JfS* 
jour  Ting-fe  de  la  cinquième  Lune   (4  Juin),  la  Comète 
ctoit  comme  une  Etoile:  au  jour  Giri-fu  (9  Juin),  elle  fut 
ftationnaire  dans  la  conllellation  Tchang  (  entre  le  cœur  de 
l'Hydre  &  la  Coupe).  On  la  vit  jufqu'au  jour  Ting-hay  de  la 
dixième  Lune  (14  Juillet). 

1 14^.  * 

On  vit  une  Comète  :  elle  parut  loiig-temps  du  côté  de   P'^'°^:J.'f' 
Tome  l.  ^  %dd  ^'"•H..j.„i. 


394  Histoire 

l'occident  ;  elle  éciairoit  par  Tes  rayons  tout  l'air  qui  Tenvî- 
Matth.  Par.  rounoit.   Il  fe   pourroit    abfolLiment   que   cette   Comète   ne 
Tjui'iZf''  différât  point  de  la  précédente  ou  de  la  fuîvante. 

1147. 

L'empereur  Conrad  partit  en  Mai   i  147  pour  ia  Terre- 

fainte  :  cette  expédition   avoit  été  précédée   de  l'apparition. 

'Hifl.  Ep.      d'une  Comète.   En  Chine,  première  Lune,  ]ouï  Sin-ouey- 

(0   revrier) ,  une  Comète  parut  vers  1  ett;  on  la  vit  pendant 

Caubil.      quinze  jours;  fon  rayon  éîoit  de   10  degrés.  Au  Japon,  en 

la  fixième  année  du  règne  de  Konjei,  le  vingt-deuxième  jour 

'tiiempfeïjAl,  du  Icptième  mois  (vers  le  20  Août)  ,  on  vit  une  Comète». 

Aura-t-il  paru  à^v\^  Comètes  en  cette  année  \ 

La  Comète  de  1661  a  dû  palier  veri  ce  temps -ci. 

1135.   * 

Çhron>Admonh       Comète   le    5   Mai  :  c'ell  probablement  un  retour  de  îa. 

Comète  d'Hailey.. 

I  I  5  6»- 

En  la  vingt  -  fixième  année  Cliao  -Inng ,    jour  Ping- ou, 

feptième  Lune  (2^  Juillet),  on  vit  en  Chine  une  Comète 

de  I  o  degrés  dans  ia  confleiiation  Tfing  (pieds  des  Gémeaux  )» 

Au  jour  Koiiey-îchéou  (  2  Août  )  ,   elle  fut  près  de  l'Étoile  ê 

€auML      é.Qs  Gemeaux.- 

î  I  62> 

Au  Jour  Vou-tcliîn,  dixième  Lune  (13  Novembre  )j  oîl: 
vit  en  Chine  une  grande  Etoile  entre  \qs  conlleilations  Che 
(^x,i8  de  Fégafe),  S^Toung-pi  (y  dePégafè,  et  d'Andromède)  t. 
elie  alla  jufqu'aux  Étoiles  de  Yu-Hn  (entre  le  Verfeau  &  la. 
Baleine  au  fud  deTécliptique).  La  trace  de  fa  queue  excédoit 
^hU,         ïo  degrés^ 

î  1(^5.  *  Deux  Comètes,. 

Deux  Comètes  parurent  au  mois  d'Août,  avant  le  lever 
'ûu  Soleil;  i'uiie  étoiî  du  côté  du  midi^  l'autre  du  côté  du. 


DES    Comètes,  39^ 

îîor  J^  Quelques  Ecrivains  fe  font  imaginé  que  ce  n'étoît  qu'une    ^Chrott.Maiin 
leule  Comète  avec  aeux  queues,  dont  les  dn'ections  etoient  ^^/^y^^ 
diamétralement  oppofées  ^  Ces  écrivains  font  modernes  :  ils  hBoeth.lXliL 
ignoroient  d'ailleurs  ,  ou  plutôt  ils  avoient  oublié  que  la  queue  Carjm. Ajîror, 
àes  Comètes  efl  toujours  oppofée  au  Soleil.  'text.'j^i.',Faheu 

Mizaud  place  la  Comète  de  1 16 ^  dans  la  Balance,  joi- 
gnant les  deux  Comètes  en  une  feule  :  Riccioli  en  diffère  Mi.i.ii,c,x» 
i'apparition  jufqu'en  i  i  ^p ,  d'autres  en  font  paroître  en  1 1 65 , 

11^8,    116^  ,    Sec,  Lui,.  H/y.  ifc, 

I  I  ^7,  OU   quelqu'une  àç:s  années  fuivantes  ,  on  vit  deux 
Étoiles   de  couleur  de  feu ,   l'une  plus  grande ,  i'autre  plus 
petite  :  jointes  d'abord,  ejies  feféparèrent  à  une  grande  diftance, 
&  difparurent.  Il  auroit  fallu  nous  apprendre  combien  ces    Roh.àeMim. 
Étoiles  avoient  duré,  fi  elles  avoient  à^s  queues,  &:c.  Lj7.'&c.'"'' 

En    1173,    ou    quelqu'une   des    années    lui  vantes  ,    une 
Étoile   immenfe ,     environnée   d'une  infinité   d'autres    d'un 
roUge  plus  éclatant ,  fixa  le  jour  &  la  mût  du  côté  de  l'occident, 
iioâem  diemque  perpétué  in  occidente  fixum  tenuit.    Qu'eft-ce    Soeth.lxiIÎ^ 
que  celafignifie!  Davus  fum ,  non  Œdipus.  Ce  que  j'y  vois     ^"''    ^'^' 
de  plus  clair,  c'eft  que  le  tout  n'étoit  qu'un  météore. 

1 17^.   Vers  la  fixième  heure  du  jour,  le  i.'^'^  Août,  on 
vit  une  Etoile  près  du  Soleil.  Ce  ne  pouvoit  être  Vénus  ;      Godefrîj,, 
c'étoit  quelque  météore. 

1181. 

On  vît  une  Comète  au  mois  de  Juillet  ;   elle  parut  peu    Chron.  Maîlrà 
de  temps  avant  la  mort  d'Alexandre  III.  Ce  Pape  eil:  mort     Cavit, 
ie  3  G  Août  1 1 8  I . 

Le  P.  Gaubil  fait  mention  d'une  Etoile  nouvelle ,  que 
Ton  vit  en  Chine  le  i  i  Août  de  cette  année  ,  dans  {qs 
étoiles  Hoa-kay  (fous  le  marchepied  de  Caifiopée)  ;  il  ajoute 
qu'après  cent  cinquante  -  fix  jours  elle  difparut.  Il  ne  nous 
.dit  pas  fi  cette  Etoile  avoit  un  mouvement. 

I  I  82.  Après  que  les  Latins  eurent  été  chaffés  de  Conflan- 
tinople ,  on  vit  un  pronoftic  d^s  fureurs  &  des  crimes  auxquels 
Aiidronic  devoit  fe  livrer  :  «  Une  Comète  parut  dans  le  ciel  : 

D  d  d  i  j 


3S^6  Histoire 

'^  fembiabîe  à  un  ferpent  tortueux ,  tantôt  elle  s'étendoît ,  tantôt 
'»  elle  fè  replioit  fur  elle-même  ;  tantôt,  au  grand  effroi  des 
»  Ipeélateurs ,   elle  ouvroit  une  vafle  gueule;   on  auroit  dit, 
»»  qu'avide  de  fang  humain  ^    elle   étoit  fur  le  point  de   s'ea 
"  raiïafier.  On  ne  la  vit  que  le  refte  du  jour  &  la  nuit  fuivante  i 
^icet. p.  t  ^s '  elle  s'évanouit  enfuîte.  »  Ce  phénomène  étoit plutôt  un  météore 
qu'une  Comète  :    peut-être  même  aura -ce  été  une  aurora 
boréale  qui  aura  donné  lieu  à  ces  belles  imaginations.  Quoi 
qu'il  en  foit,  les  Latins  furent  chalfés  de  Conflantinople  ea 
ij  182  ;  Andronic  vint  la  même  année  dans  cette  ville,   & 
3'empara  du  gouvernement  :  il  fit  étrangler  l'empereur  Alexis^ 
&  devint  feul  maître  de  fempire  en   1183.    C'efl  donc  àL. 
i'an  I  I  8  2  qu'il  faut  rapporter  l'apparition,  du  phénomène. 

I  184.  Le  i.^*^  Mai,  vers  la  fixième  heure  du,  jour,  on 
vit  un  figne  dans  le  Soleil;  fa  partie  inférieure  fut  totaie- 
ment  obfcurcie;  on  voyoit  au  milieu  comme  une  poutre  qui: 
le  traverfoit.  Le  refte  de  fon  difque  étoit  fi  pâle,  qu'il  impri- 
jfrjiM,  Gémi/,  moit  la  même  pâleur  fur  le  vifage  de  ceux  qui  Le  regardoient».. 
Ce  phénomène  étoit-il  l'effet  d'une  Comète  placée  entre  le 
Soleil  &:  nous!  Je  n'en  fais  rien,  mais  je  tiens  le  fait  pout 
pofiible. 

1:1^7.  «  Après  la  mort  de  l'empereur  Henri  Vî,  lorfque 
S3  l'on  délibéroit  dans  le  palais  fur  l'-éleélion  de  (on  fucceffeurj, 
nous  vimes  après  midi  une  Etoile  très -brillante  ,   »   dit  um. 
Csfar.Heîfinb.  Auteur  contemporain.  Ce  ne  pouvoit  être  Vénus. 

En  l'année  fuivante,  on  vit  une  Etoile  à  Cologne,  verij 
Ço&frid,      ia  neuvième  heure  du  jour. 

On  vît   Je  jour  ime  Comète  au.  mois   de  Novembre,;; 

elle  parut  durant  quinze  jours  :    elle  annonçolt  la  mort  de. 

Co^hesh,      Richard  X^  roi  d'Angleterre  ;  ce  prince  eft  mort  le  6  Avril! 

I  I  C)C), 

€arAan.Ricç,        1:2  oo.   HûJy -  bcu- RoJoûîi.  Vit  Une  Conûte. ,   &c.  C'eft.  fcà 

mk>0m.        Comète  de  1006  ,  déplacée  de  cent  quatre-vingt-quatorze. 

3iisa  y  11  autre  Auîeujc  en.  a  accélère  l'apgaritibn  4^  de.iix.  ceiits. 


V  D   E   s     C  0   M   E  T  E  s.  397 

iqiiatre- vingt -quinze  ans,   en  la  rapportant  à  l'an  ^3   àç^s 
Arabes,  711  de  Jéfus-Chrifl  :  celui-ci  a  vraifembiablement      Sneil 
confondu  deux  Haly.  Il  tomba,  dit-on^  àQ%  pierres  de  celle 

.Comète.  KedXaràaUi 

120Z.   Comète  dans  le  Scormotu  Eckji.  HnL 

Hé'.;  lub. 
1204. 

En  Tannée  Je  la  prife  de  Conflantînople  par  les  Latins,. 
«ne  grande  Comète  brilla  dans  le  ciel  >  dit  un  Auteur 
contemporain»  Chon»  Si^ 

1208.  * 

Eclipfè  de  Lune  le  4  Février  { elle  fut  totale  îe  3  Février 
au  foir).  En  la  même  année  il  parut  une  Comète.  Durant  c/im,]V£i§^f 
deux  femaines,  on  vit  après  le  coucher  du  Soleil  une  Etoile 
fi  brillante ,  que  femblable  à  un  feu  ,  elle  produifoit  une 
grande  lumière  :  les  Juifs  la  regardoient  comme  un  figne 
de  l'avènement  du  Meffie.  Cette  Etoile  parut  dans  l'année  Cœjar,He']ler^ 
même  de  la  mort  de  l'empereur  Philippe ,  ou  dans  l'année 
précédente.  Si  le  garant  de  fon  apparition  eût  déterminé  le 
mois  dans  lequel  elle  s'^efl:  montrée,  on  pourroit  décider  fi 
ce  n'étoit  pas  la  planète  de  Vénus ,  qu'on  prenoit  pour  une 
Etoile  extraordinaire.  Je  trouve  encore  ailleurs  qu'en  1207, 
on  vit  deux  cercles  entrelacés  l'un  dans  l'autre:  on  diflinguoit 
au  milieu  une  Etoile  fort  éclatante ,  &  peu  éloignée  du  Soleil,.     AnnalCaJ^,^. 

Ï2  I  1.   "^ 

On  vît  en  Pologne  mne  Comète  au  mois  de  Mai,,  durant 
dix-huit  jours^:  elle  tournoit  au-deflus  de  la  Pologne,,  de  ^^IZ'tn'JVÏ^, 
la  Ruffie  &  d.u  Tanaïs^;  là  queue  étoit  dirigée  vers  forient  J^khov.  i  in\, 
félon  les  uns.""  ^   vers  l'occident  félon  les  autres 'ï;.  l'un   &  Zj/;™^//^ 
i'autre  pouvoit  êti-e  vrai  à  différentes  heures  de  la  nuit.  u.'xiL 

On.  anticipe  jufqu  à  cette  année  l'apparition  de  la  Comète    ^^chov^ 

'de    1240  V  ^  Cromer,. 

ÏZÏA    ou     12  1  s,    '^  ^Dkgoj^' 

Qn  yii  eji  1^14,  au  mok  de  RUp  ^  deia  ComÔes 


^p8  Histoire 

^Boethî.XliL  îerribks;  Tune  précédoit  le  Soleil  &  l'autre  îe  ^uîvoît^  If 

c^irdan.  Afiror.  n'a  peut-étrc  parti  qu'une  feule  Comète  ,    qui  fe  levoit  ie 

lit.  II,  cap,  IX.  ixjatin  avant  le  Soleil  &  fe  couchoit  le  foir  après  lui.  Plufieurs 

*^*,''^7'  ;       Écrivains  ne  parlent  en  effet  que  d'une  feule '^.  Tous  com- 

Hh-faug.      inencent  certainement  l'année  en  Janvier ,  &  fixent  l'apparition 

CrufMs.  F.  II.  ^^^  Comètes  ou  de  la  Comète  au  6  Mars  12  14:  un  feui*^ 

?  Codefrid.     J  j^int  Une  éciipfe  de  Lune  au  17  Mars.  Or,  cette  éciiplè 

appartient  à  l'an  1 2  i  5  :  c'eil  ce  qui  a  donné  lieu  à  plufieurs 

modernes    de    différer    jufqu'en    1 2 1  j    l'apparition    de    la 

»  Calvif.      Comète  ^ 

Stiuyck,ij^o,        Hï"/*  On  oblerva  plulieurs  prodiges;  on  vit  des  Comètes 
^Contin^Tyr.  Meues ^  Entre  ces  Comètes,  il  faut  fans  doute  compter  la 
!-'"''■"'■     fuivame, 

I2I7.     * 

UrfpeYg.  «  En  automne,  dît  un  témoin  oculaire,  après  îe  coucher 

"  du  Soleil,  nous  vimes  un  figne  admirable  dans  une  Etoile, 
5*  qui  alloit  bientôt  defcendre  ious  l'horizon.  Cette  Étoile  étoit 
?*  vers  le  midi  ,   déclinant   un  peu  vers  l'occident  ;   fon  lieu 
regardoit  celui  de  la  Couronne  d'Ariadne  :  «  (  c'eft  ainfi  que 
je  traduis  c^s  termes  ,   ///  Jireéîo  fuleris  illius  ,   qiwd  vocmit 
ajîrologi ,  Coronam  Ariadnes ).  Selon  d'autres,  l'Étoile  étoit 
»  Centar.         à  l'oppofite  de  la  Couronne ,  ex  adverfo  Corons  ^ ,   ou  fous 
^'Irf  xf'^'  ^^  Couronne  ,  fub    Coronâ  Ariadies  ^    L'un  &  l'autre  efl 
"    ''  '      '     infbutenable.  Je  penfe  que  fÉtoile  déclinoit  autant  de  l'oc- 
cident vers  le  midi ,  que  la  Couronne  déclinoit  de  l'occident 
au  nord  ,  &:  que  la  hauteur  de  l'une  &  de  l'autre  étoit  la 
même  :   c'efl  le  feul  fens  railbnnable  que  l'état  du  ciel ,   en 
automne,  le  foir,   après  le  coucher  du  Soleil,  permette  de 
donner  aux  paroles  de  TAuteur  contemporain.  Il  pourfuit  : 
«t  Cette  Étoile,  qui  étoit  auparavant  fort  petite,  &  qui  revint 
se  enfuite  à  fa  première  petiteffe ,   brilla  d'un  éclat  qui  ne  lui 
?»  étoit  point  ordinaire:  on  en  vit  fortir  un  rayon  très -clair, 
s»  lequel  monta  comme  une  grande  poutre  jufqu'au  plus  haut 
p  du  ciel.   Ce  phénomène  dura  plufieurs  jours  ,    &  fut  vu  ie 
f?  foir  en  Automne;  comme  je  l'ai  dit:  il  s'affoiblit  enfuite,  ^ 


DES    Comètes.  399 

l'Êîoile  diminuant  revint  à  fon  premier  état.  »   On  trouve 
dans  une  Hiiloire  plus  moderne  une  defcription  de  cette    ^'"M'^-  7>w>,- 
Éioile,  fort  anafogue  à  celle  de  l'abbé  d'Ufperg,  &  calquée  ^'    '^•^^' 
iàns  doute  fur  la  iienne.  Un  Écrivain  contemporain  dit  iîm- 
plement  qu'il  parut  une  Comète.  En  effet,  je  ne  crois  pas    Chro?i,\Vf!c„. 
qu'on  faflë  difficulté  de  reconuoîîre  cette  Etoile  pour  une 
vraie  Comète  ,   fujette  à  toutes  \çs  viciffttudes  de  grandeur 
fi  ordinaires  à  ces  fortes  d'alires.  Si  le  fens  àes  expreffions^ 
de  l'abbé  d'Ulperg  ,   efl:  que  la  queue  de  la  Comète  s'eft 
portée  jufque  vers  le  Zénith  ,   il  faut  que  la  Comète  même' 
ait  abandonné  le  voifmage  du  midi,    où  on  l'avoit  d'abord 
découverte,  &  qu'elle  fe  loit  avancée  vers  l'occident;  autre-   "-Cenm.iVoif^ 
inent,  fa  queue  n'auroit  pu  fe  porter  vers  le  Zénith  :   cette  p.j"A!ecâ/,. 
queue  ne  paroifîbit  pas  d'abord  ;  elle  ne  fe  montra  qu'après  ^"^• 
que  la  Comète  eut  reçu  plulleurs  accroifTemens  de  grandeinv     ,.f^^^''{*  ^"^» 
12 10.   Comète   extrêmement  grande  .   L.  elt  certaniement      c  ^     r 

1       r  '  •  r  AnnaU 

la  iuivante;    car  tous   ceux    qui    en   font  mention  ,   citent       Waverh 
Poiydore-Virp-ile.  fi'^'"'^" 

J  a  col,    1 01  1 1' 

_     122  1.  Il  parut  en  Angleterre  une  Comète  extrêmement     a  Griffon, 
grande  K  Ce  pourroit  être  la  fui  van  te,  anticipée  d'un  an.-        jF'^"''"';,,  ^''='' 

^^^^'  'Roland.  Lie. 

.     En   Automne'',    e'efl-à-dîre  aux  mois  d'Août 'î   8c  de  %  Vi' fn-'" 
-Septembre  ,  on  vit  une  Etoile  de  première  grandeur^,  fort    de  s.  Germ. 
-rouge,  &  accompagnée  d'une  grande  queue ^  qu'elle  étendoit      ^°^'  ^'^'^'' 
vers  le  haut  du  ciel ,  en  lorme  d  un  cône  extrêmement  aigu  \.  Ajmai,  WaverU. 
elle  paroiiïbit  fort  près  de  la  Terre  :  on  l'oblerva  (d'abord)     ^ Hifl.Bonon,^ 
vers  le  lieu  où  le  Soleil  fe  couche  au  mois  de  Décembre  ^^  Griffon, 
Le  15  Août,  jour  de  la  première  apparition  de  cette  Comète   '^^.^7' ^f "T" 
t{peut-être  à  Milan) ,  la  Lune  fut  comme  morte  ;  elle  n'avoit    maris. 
pius  d'éclat,  &  elle  joignit  la  Comète'.  On  vit.  enfuile  cette      ^  Caknd.^ 
Comète  à  1  occident  *",  &  même  vers  le  nord  ,  avant  la  fin     ^""!^-^' 
du  mois  d'Août'.  En  Chine  on  i'obferva  le  10  Septembre^-    cfffonî'mL 
entre  la  conftellation  Kang  {\qs  pieds  de  la  Vierge),  Arâurus^:    Bonon, 
&  ia  chevelure  de  Bérénice  :  éX^  difparut  le  8  Oflobre"".  Le   J^'^'^V^'^ 
rere  de  Mailla  dit  que  jes  Chinois  virent  une  Comète  à    ^  CmèiU- 


400  Histoire 

Maîîla.t.ix,  l'oLieft  en  1222,  à  la  première  Lune:  c'efl  fans  doute  une 
^'  ^^^'  erreur  de  copiile,  il  faut  lire  à  la  huitième  Lune. 

I  223. 

ce  Au  commencement  de  Juillet ,  efl-il  dit  dans  une  vieille 

»  chronique  ,  un  peu  par  avant  la  moitié  ,  par  huit  jours  apparut 

3>  un  figne  du  ciel ,  que  l'on  appelle  Comète ,  dénotant  i'éternuent 

"  du    Royaume;  car  Philippe    le  roi,    qui  long-temps   étoit 

»  contraint  de  fièvre   quarte ,  à  Mante  clouifl  fon  derrenier 

ÇhYm,  Franc,  jour  »  le  14  Juillet  1223  «.  Cette  Comète  parut  dans  toute 

»5  la  France ,  dit  un  Hiflorien  voifin  de  ce  temps-là ,  au  com- 

»  mencementde  Juillet ,  durant  huit  jours,  avant  le  crépufcule 

l^ang's,     de  la  nuit  » ,  &  par  conlequent  vers  l'occident ,  comme  la 

précédente,  mais  non  pas  dans  le  même  temps  de  l'année; 

ce  qui  fuffit  pour  regarder  ces  deux  Comètes  comme  incon- 

teftablement  diftinéles  l'une  de  l'autre.  Celle  de  1223  fut 

apparemment  moins  belle ,  &  dura  certainement  moins  que 

celle   de    1222  ,  c'efl  ce  qui  fait   fans  doute  que  celle  de 

11223  a  été  moins  obfervée.  La  plupart  des  Hifloriens  ont 

regardé  celle  de   1222  comme  le  préfage  de  la  maladie  & 

^Wiïi.  Br'it,    de  la  mort  du  roi  Philippe-Auguile"^:  celle  de  1223  pouvoit 

\^ilP'^4S'  bien   préfacer  fa   mort  ,  mais  non  la  maladie  dont  il  étoit 

Antonin.P.lll.  attaqué  depuis  près  d  un  an.  Cette  Comète  fut  aufli  vue  en 

^mu  î'/' ^^^ '  Italie'':  beaucoup  d'auteurs  font  mention  de  fon  apparition^. 

^  Mahec.      ^^  conviens  cependant  que  plufieurs  d'entr'eux  ont  pu  rap- 

l^'j^'7'      porter,  par  erreur,  à  Tannée  de  la  mort  de  Philippe  fobfer- 

^'rh      F     ^"^^^^^^   d'une  Comète  vue  l'année  précédente ,  &  regardée 

'Eicob.  compih    comme  un  préfage  de  cette  mort;  mais  l'erreur  n'a  pu  être 

Cemein.  t.  1.  g^Y\éï2i\Q.   Gaguiu  donuc   pour   pronoftics    de    la    mort  de 

Ceniur.  Areu    Philippe  -  Augufle   une  Eclipfe  (totale)    de  Lune,    arrivée 

^^^'  l'année  précédente  entre  minuit  &  le  lever  de  l'aurore  (le 

2  2  Odobre  1222),   &   une  Comète  obfervée  en  Tannée 

Cagnmj.vj,  même  de  la  mort  de  ce  Prince,  donc  en  l'année  1223. 

Chmu  Bof  IZ2^,  ComèîÇ, 

1230.  * 
lluhcv,ixv.       On  vit  une  Comète:  ce  pourroît  être  un  retour  de  fa 
Comète  d'Haliey, 

i^3U 


DES    Comètes.  401 

123 1. 

Comète  obfèrvée  en  Chine.  Au  jour  lùng-yn  Je  îa 
douzième  Lune  (  6  Février  123  i  )  ,  elle  étoit  au  fud  du 
gué  célefle  ;  c'eft  le  nom  que  ies  Chinois  donnent  à  une 
partie  du  Cygne,  renfermant,  ct,y,t^,e,Ç,j',o,u,& 
une  autre  petite  Etoile  de  cette  confteilation.  La  Comète 
pou  voit  donc  être  alors  vers  20  degrés  du  Verieau,  avec 
une  latitude  boréale  de  58  à  60  degrés  :  elle  étoit  dé  la 
■grandeur  de  Saturne.  Elle  pafla  auprès  des  étoiles  Nien-tao 
(n  &  ô  de  ia  Lyre)  :  on  i'obierva  enfuite  au  lud  de  (ia 
îuifante  de)  la  Lyre.  ïi  paroît,  par  la  fuite  de  la  deicription, 
que  la  première  de  ces  deux  obfervations  doit  être  attribuée 
à  la  nuit  du  8  au  p  de  Février,  &  la  féconde  à  une  des  deux 
aiuits  fuivantes.  Ainfi ,  durant  la  nuit  du  8  au  c? ,  la  Comète 
aura  été  vue  vers  la  fin  du  figne  du  Capricorne,  avec  une 
latitude  de  60  ou  6 1  degrés  :  elle  aura  enfuite  continué  de 
rétrograder,  fa  latitude  diminuant  un  peu.  Au  jour  Y-ouey 
■(  I  I  Février  ) ,  elle  entra  dans  le  Tien-ché ;  elle  en  fortit  au 
jour  Vou-chin  (  24  Février).  Le  Tien-ché  efl  une  partie  du 
ciel  bornée  à  l'efl:  par  le  colure  à&s  folflices  ,  au  fud  par 
i'équateur ,  au  nord  par  le  cercle  de  perpétuelle  apparition 
A'ès  Etoiles  ,  &  occupant  en  aicenfion  droite  environ  deux 
fignes ,  ceux  du  Sagittaire  &  du  Scorpion.  Il  paroît  donc 
que  la  Comète,  le  i  i  Février,  étoit  vers  le  commencement 
du  Capricorne,  &  que  le  24  elle  paffa  au  Sud  de  I'équateur. 
Au  jour  Kouey-tchéou  (  i.^'^  Mars),  elle  fut  au  nord  de  la 
confteilation  Farig  (  J^ ,  /S ,  tt  ,  p  du  Scorpion  )  :  de-là ,  elle 
le  porta  au  fud-eft.  Le  lens  de  cette  dernière  expreffion  GaubîU 
peut  être  que  le  mouvement  de  la  Comète ,  rétrograde  juf- 
qu'alors  ,  commença  à  devenir  direél ,  la  latitude  boréale 
diminuant  toujours  :  peut-être  auffi  n'a- 1- on  voulu  dire 
autre  chofe  ,  fnion  que  le  lieu  du  lever  de  la  Comète 
5'avançoit  tous  les  jours  vers  le  fud-eft.  Quoi  qu'il  en 
/oit,  les  circonftances  du  mouvement  de  cette  Comète  m'ont 

Tome  L  E  e  e 


402  Histoire 

donné  îleu  detabiir  la  théorie  fuivante,  qui  les  repréfènt^ 

toutes  afTez  bien. 

Lieu  du  nœud  afcendant ,  .  o^    i  3"^    30'^ 

Incîinaifon  dç  i'orbite li 6.       5. 

Lieu  du  périhélie ^^    i/^.   ^8. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie..  .  .  9^97^7-               ' 

PafTage  au  périhélie  en  Janvier 30'      7^    22'., 

Sens  àvL  mouvement. ,..  Diredl. 

123  2 .. 

Autre  Comète  obfervée  en  Chine ,  à  ia  neuvième  Lime 
MaSia,t,lX,  Intercalaire.  Au  jour  Ki-yeou  {  17  Octobre),   on  ia  vit  ai 
?'  V^'  Y^ç^  ^  g,y  j^jjj  jg  1^  confteiiation  Kio  (  c. ,   Ç  de  la  Vierge)  %, 

fa  longueur  étoit  de  i  o  degrés.  Au  douzième  jour  (  de  l'ap- 
parition de  la  Comète  ,  lans  doute  )  ,  elle  étoit  longue  de 
20  degrés.  Le  feizième  jour,  la  Lune  rencontra  ia  Comète». 
Le  vingt- feptième  jour,  à  la  cinquième  veille  ,  la  Comète 
reparut  au  fud-eil,  longue  de  40  degrés  :  elle  dilparut  le 
premier  jour  de  la  dixième  Lune  ,  c'eil-à-dire  vers  le  14. 
Gmib'il,  Novembre.  On  la  vit  en  tout  durant  quarante -huit  jours.  lii 
faut  ou  lire  vingt -huit  jours ,  ou  dire  que  la  Comète  avoit 
paru  long -temps  avant  le  17  Oétobre. 

1238.   «  Edouard,   ^s  d'Henri  IIÎ,  roi  d'Angleterre ^ 

»'  naquit  vers  le  commencement  de  l'an  1238.  Peu  après,  ou. 

»'  vers  le  temps  de  la  nailTance,  fuh  ejus  ortum  ,.  une  Etoile 

w  d'une  grandeur  immenfe,  parut  durant  quelques  jours  avant 

»  le  lever  du  Soleil.,  Par  un  mouvement  prompt  &  répété  ^, 

»  veloci  crehroque  curfu ,   elle  traverfoiî   de  longs   efpaces   du 

'>  cieî ,  tantôt  précédée  d'une  trace  de  feu ,  tantôt  fuivie  d'une 

Pdvd.  ï^%.  traînée  de  fumée  ".  Il  efl;  vraifemblable  qu'il  s'agit  ici  d'une 

tXjii'ccn7r  ^'^^^^  Comète,  décrite  en  àts  termes  un  peu  trop  arapouiésa. 

^'c.  Mais  Edouard  n'eft  bien  certainement  né  qu'en  1239  :  il  y^ 

a  donc  quelque  apparence  que  cette  Comète  ne  difière-^as 

de  la  Comète  fuivaiiîe^ 

123^.. 

En  ta  quinzième  année  du  règne  de  Li-tfong>:  à  la  première 


DES    Comètes, 

Lune  (en  Février  1239),  on  vit  en  Chine  une  Comète:    Syn, Chronoh 
la  Comète  précédente  efl  auffi  rapportée  à  cette  année  par 
quelques  Hiftoriens.  Centur,  Baliz, 

12^^  «  Le  3  Juin,  on  vit  une  Etoile  chevelue,  accom- 
pagnée d'un  Aftre,  iequei  s'avançoit  avec  promptitude  vers  « 
le  couchant,  »  dit  Caviteili. 

123p.  Et  le  24  Juillet,  félon  Matthieu  Paris,  dans  le 
crépufcule,  les  Étoiles  ne  paroiffant  point  encore,  l'air  étant 
pur  &  ferein ,  on  vit  une  très-grande  Etoile  femblable  à  un 
flambeau  :  elles etoit  levée  du  côté  du  midi ,  &  elle  s'avançoit 
vers  le  nord ,  par  un  vol  à  peu-près  égal  à  celui  de  l'épervier. 
Lorfqu'eile  fut  parvenue  au  milieu  du  ciel ,  elle  fe  diffipa  & 
difparut,  laiiïant  après  elle  une  fumée  enîre-mêlée  d'étincelles. 
Il  eft  inutile  que  j'avertilîe  que  cette  prétendue  Etoile  n'étoit 
qu'un  météore. 

1240.* 

Vers  ïe  2  5  Janvier ,  on  vit  une  Comète  ^  ;  fur  la  fin  du    '"^^^c"-  P^A 
même  mois,   on  l'obferva  du  côté  de  l'occident^;  durant  \'v/j,r/ 
tout  le  mois  de  revrier,  elle  contmua  de  paroitre  le  Ion-  du  c.  /, 
atiême  côté  du  ciel  :  elle  étoit  d'une  couleur  brune ,  &  fon 
rayon  étoit  dirigé  vers  l'orient.  Albert  le  Grand  l'obferva    ^^^f-  Par, 
du  côté  du  pôle  boréal.  Sa  queue  étoit  alors  tournée  vers  la    ''^"'    ^•'   ° 
partie  du  ciel  qui  eft  entre  l'orient  &  le  midi,  déclinant 
un  peu  plus  du  côté  de  l'orient.  Cette  Comète  dura  fix  mois,   Alhat.imgn; 
félon  nos  Cométographes  modernes.  En  Chine,  elle  fut  vue     Ricc.  Lub. 
à  la  première  Lune  (commençant  le  26  Janvier),  dans  la  ^^^^^'^^S' 
conflellation  Che  (et,  /2  de  Pégafe).  Mailla, ulXf 

«  Le  Soleil  parcourant  i'Ecreviiîè,  dit  un  auteur  Byzantin, 
fut  éciipfé  vers  le  milieu  du  jour.  (  Il  s'agit  bien  certainement  « 
de  l'éciipfe  du  3  Juin  1 239,  le  Soleil  étant  dans  les  Gémeaux, 
non  dans  l'Écrevifle).  L'Impératrice  me  demanda  la  raifon  «s» 

de  cet  obfcurciflement  du  Soleil Cette  PrincelTe  mourut  «= 

quelque  temps  après ,  &  je  ne  doute  point  que  fa  mort  n'ait  « 
cté  annoncée  par  cette  écliple  du  Soleil.  Six  mois  avant  fa  « 
mort,  on  avoit  auÏÏi  obfefvé  dans  la  pai'tie  boréale  du  ciel,  « 

'    E  e  e  i| 


4^4  Histoire 

5j  une  Comète  de  l'efpèce  de  celles  que  nous  appelons  harhuesl 

w  elle  dura  trois  mois;   elle   nétoit  point  arrêtée  à  une  feule 

55  partie  du  ciel  ;  elle  en  parcourut  plufieurs  durant  le  temps  de 

^crQf.p,^^,  ion   apparition.  »    Cette  Comète  peut  avoir  paru  vers  le 

commencement  de   1 24.0. 

Polydore  -  Virgile  (  1.  xvi)  retarde  probablement  d'une 
année  l'apparition  de  la  Comète  de  1240,  en  la  datant  diL 
commencement  de   1241.  :  il  la  fait  durer  trente  jours. 

1245.  Vers  l'Afcenfion ,  on  vit  du  côté  du  midi,  comme 
dans  le  Capricorne,  une  Etoile  grande  comme  Vénus,  fort 
claire,  rouge  cependant,  reiTemblant  à  une  Planète,  réglée 
dans  Ces  mouvemens  ;  plufieurs  croyoienî  que  c'étoit  la  Planète 
de  Mars.  Ce  n'étoit  certainement  pas  Jupiter».  Plufieurs 
^flliroient  que  ^  quoiqu'appliqués  depuis  long-temps  à  l'étude 
des  mouvemens  céielles,  ils  ne  reconnoilibient  point  cette 
Étoile,  &  qu'ils  n'en  avoient  jamais  vu  de  femblable.  Après- 
AhlK.Stad,.  le  25  Juillet,  fa  grandeur  &  fon  éclat  diminuèrent,  &c« 
^aï/f'^''^^'^'  ^^^  avoit  tort  de  ne  pas  reconnoître  cette  Étoile,  qui  n'étoit 
autre  que  la  Planète  de  Mars.  Cette  Planète  fut  en  oppo- 
fiîion  avec  le  Soleil  ie  20  Juillet  1245  ,  en  j  degrés  du: 
Verfeauo. 

1245.  A  la  même  heure  que  le  pape  Innocent  IV  pro^- 
nonçoit  la  fentence  de  dépoiition  contre  l'empereur  Frédéric  11^ 
on  vit  avant  le  coucher  du  Soleil,  une  Etoile  enflammée, 
iortir  de  l'horizon  du  côté  de  l'orient:  elle  fendit  le  ciel  d'un 
cours  précipité,  &  parvint  jufqu'à  la  partie  occidentale  du. 
'gohnd,  L  V,  ciel.  C'étoit  lans  doute  un  météore.  Frédéric  fut  dépofé  ie: 

t%-X[V.Malvec.  t    .11    . 

I2J0.    * 

K  Le  grand  empereur  Frédéric ,  dépofé  &  excommunié^;, 

»  mourut  le   jour   de   Sainte  Luce ,    1 3    Décembre,..,..   Une- 

55  Comète  paroiflbit  depuis  plufieurs  jours ,  &  continua  de  lè. 

^Arch.Trevir.  montrer   encore    durant   quelque  temps  ^  55  II  eil  auffi  fait 

Vidât:  '  ^  ^^^"  nieiîtioiî  de  cette  Comète  dans  ies  Aanales.  de  Gènes  % 

'kCaJfar,  /.  VL 


DES    Comètes,  405 

1253.  On  trouve  fur  cette  année  un  combat  d'Etoiles, 
livré,  dit-on,  le  18  Septembre,  vers  le  foir»  Annal Bvnc^ 

1254.  * 

Vers  îa  fin  de  125,4  ou  le  commencement  de  1255,  on 
vit  une  Comète   en  Angleterre  ""  &  en  Allemagne  ^,  avant  ,  ^If/Z'J'''^* 
la  mort  de  Gautier,  eveque  d  lorck,  arrivée  le   i.     Mai   un     ,  v/rr- 
I12  5  5.  Une  ancienne  chronique  dit  qu  elle  parut  le  vendredi,  Rock.RiccUh 
dixième  jour  de  la  Lune,  avant  la  fête  de  Saint  André;  on  ^""^'^' 
ajoute  que  le  pape  Innocent   I V  mourut   le  jour  de  Saint 
Nicolas  de  la  même  année.  Innocent  ell  mort  en  12  54,  le  7    Chron,  Piâair». 
&   non  le    6   Décembre.  Un  auti*e  Auteur  fait  paroître  la  CkmencCahiff^ 
Comète  en    1 2  5  5  ,  &  date  pareillement  fon  apparition  du 
.vendredi:,  dix  de  la  Lune,  avant  la  fête  de  Saint  André.  Eu   ^^^^''^^'■^k^ 
[12  54,  le  vendredi  20  Novembre  étoit  réellement  le  dix  de 
la  Lune;  mais  félon  le  Calendrier  de  ce  fiècle,  il  n'en  étoit 
que  le  7.  En  1255,  le  vendredi,   12  Novembre,  étoit  eix 
effet  le  dixième  jour  de  la  Lune^.  félon  le  comput  eccléfiaf- 
tique  ufjté  alors.  Faut-if  en  conféquence  diflinguer  ici  deux 
Comètes,  comme  l'ont  fait  nos  Cométographes  modernes!   Lyc.Luh&r^ 
Ceux-ci   difent  qiie  la   Comète  de  12.  j/^  a  duré  quelques 

mois  ^  ^CaJ.  LycoJ?r 

12^6.  Comète  ^.  Les  Centuriateurs  de  Magdebouro-  garaiv-  JUcd^^'  ^"'' 
tiïfent  Ion  apparition  fuE  l'autorité  d'un  abrégé  manufcrit  de,-,  ^  Cent.  E^Af. 
i'Hiiloire  du  monde^  '^*^' 

i  1 2  5  8 ..  Comète;.  Xuh'en,- 

1260.  Comète  êr  mort  d'Urhain  IV.  Urbain  n'efî  mort  '^^^^^'^'•^/w'"^- 
qu'en  1264  :  c'efl  donc  la  Comète  de  12^4  qu'on  anticipe  ^'"'H^uZ'l^' 
de  quatre  ans,.  MijaldJib,  ii',. 

120  1^  Au  commencement  de  l'année  126 1,  on  vît  a-  Pto- 
'fémdide  une  Comète  en  forme  d'e'pée  ;  fa  longueur  étoit  de  fx 
hraffes ,  fa  largeur  d'une  palme:  elle  venoit  de  l'orient,  fa: 
pointe  fe  terminoit  fur  la  tour  de  l'églife  de  Notre-Dame,  Cilku 

1262.  On  vit  une  Comète  durant  quelques  mois,,  fefoir 
pn  Auteur  qui  fait  en  fon  temps  mention  de  celle  de  12  (54>    CruÇ^us,  p,  im 


406  H   I    s    T  û    T    R    E 

126^.  On  rapporte  encore  à  cette  année  &  îa  mort  Ja 

■*-Nauchr.     'pape  Urbain ,  &  l'apparition  d'une  Comète^ »  II  eft  des  Écri- 

JTl'yfiVo'f  vains  qui  marquent  l'un  &  l'autre  événement ,  &  fur  l'année 

centen.  ij,     126^  &L  fur  la  fu  1  Vante  ^  Un  Ecrivain  contemporain,  mais 

b'//  *      jeune  alors,    après  nous  avoir  aiïiiré  qu'il  a  vu  la  veille  de 

Nuremb.c'hrotu  l'Afcenfion  12(^1,  Une  éclipfè  de  Soleil  arrivée  le  lendemain 

^"S^A  de  l'Aflomption  1262-,  aprè^  avoir  commis  un  anachfonifme 

suffi  révoltant  fiir  une  éclipie  de  Lune ,  qu'il  dit  pareillement 

avoir  vue,  n'eft  plu5  reçu  à  nous  dire  qu'il  a  vu  une  Comète 

Venîur,  c.  V,   en  1263.  Stéron ,  hiflorien  contemporain ,  date  de  l'an  1263, 

Freher.  1. 1.    l' apparition  d'une  Comète,  dans  la  coileélion   de  Fréhere  ; 

'Bajnng,  t,  ly,  mais  dans  celle  de  Canifius,  on  lit  12^4,  &  c'efl  ians  doute 

la  véritable  date.  On  ne  peut  donc  appuyer  l'apparition  d'une 

Comète  en  1263,  que  fur  l'autorité  de  deux  Annaiiftes,  qui 

:^md.Augitjl.  T\Q  font  pas  aiïèz  anciens  pour  mériter  une  confiance  entière: 

^Annli^Ad! ,  ^^^^^  Qw^ ,  on  vit  aux  mois  de  Juillet  &  d'Août,  du  côté  de 

F.hlXXlV.  l'orient,  une  Comète  qui  répandoit  au  loin  {ç:s  rayons,   & 

en  l'année  fuivante,  il  en  parut  une  autre  durant  trois  mois, 

avant  la  rnort  du  pape  Urbain. 

1264.  * 

Grande  &:  célèbre  Comète  ;  prefque  tous  les  Hiflôrîens" 
en  ont  fait  mention  :  voici  les  circonflances  de  Ion  apparition , 
recueillies  principalement  des  Auteurs  contemporains,  témoins  » 
pour  la  plupart  oculaires ,  à.^s  mouvemens  de  cette  Comète. 
Deux  d'entr'eux  certifient  que  la  Comète  commença  à 
paroître  avant  le  mois  de  Juillet;  elle  parut,  dit  Pachymère, 
'l^ach.  Mich.  depuis  le  printemps  jufqu'à  l'automne ,  de  l'occident  à  l'orient, 
rres  de  cmquante  ans  après  i  apparition  de  la  Comète ,  un 
Anonyme ,  qui  prétendoit  l'avoir  oblervée ,  voulut  réformer 
Pachymère  ;  il  écrivit  en  marge  du  manufcrit  de  cet  Hiftorien , 
qu'il  y  avoit  dans  fon  narré  une  double  erreur;  i.°  que  la 
Comète  n'avoit  point  paru  depuis  le  printemps  jufqu'en 
automne,  mais  feulement  dans  les  mois  de  Juillet,  Août  & 
Septembre  ;  2.°  que  ion  mouvement  avoit  été  ôbfervé  d'orient 
è  i'oççident,  ou  de  l'orient  au  midi ,  &  non  pas  d'occident' 


DES      C  û   M  É  T  E   S.  ^.OJ 

€11  orient,  comme  te  dit  Pachymère  ^  Je  crois  avoir  prouvé  ^^Paé.  m-ch 
ailleurs  ^,,  que  l'Anonyme  a  confondu  la  Comète  de  Pachy-  '^J^-^^/'-f/i^. 
mère  avec  une  autre  Comète,  qui  ne  parut  que  deux  ans  '  b'^.^^,  ^.^ 
après;  Pachymère,   d'ailleurs,  n^  dit  point  que  la  Comète  Sciaic.  rp^i^a,. 
art  ete  vue  depuis  le  commencement  du  printemps  juiqu  a       >'■>    ^ 
i'automne:  pour  le  difculper  d'erreur,,  il  fuîlit  qu'elle  ait  paru 
quelques  purs  avant  le  (oiftice  d'été,,  ou  avant  le  14  Juint 
cependant  ,    comme  Pachymère  eil  le  feul  qui  accélère  fi 
fort  ia  première  apparition  de  la  Comète ,  il  faut  dire  ,  ou 
que  la  Comète  étoit  alors  bien  petite  &  difficile  à  découvrir, 
ou  qu'il  eft  échappé  à  cet  Hiftorien  quelque  légère  erreui' 
iur  le  temps  de  la  durée  de  cette  Comète.  Quant  au  fécond 
reproche  de  l'Anonyme ,  Pachymère  ne  dit  pas  que  le  mou- 
vement de  la  Comète  ait  été  d'occident  en  orient;  félon  [uiy 
elle  a  paru  d'occident  en  orient,  c'efl-à-dire  apparemment ^ 
que  la  Comète  s'étendoit  fuivant  fà  longueur ,  entre  l'occident 
(8c  l'orient ,  ck  non  pas  entre  le  nord  &  le  midi  ;   ou  même  5 
fi  l'on  veut,  qu'après  avoir  paru  d'abord  à  roccident,  on  la 
vit  enfuile  à  l'orient.  Pour  ce  qui  regarde  le  fécond  Auteur, 
qui  date  la  première  apparition  de  la  Comète  du  24  Juin,  CaM^tAm^yaù- 
M  la  fait  diiparoître  avant  la  fin  du  mois  d'Août  ;  il  écrivoit 
en  Italie  ;  or  il  ell  certain  qu'en  Italie  ,  la  Comète  fut  vue 
jufqu'à  la  fin  de  Septembre:  il  y  a  doncJieu  de  foupçonner 
qu'il  s'eft  gliiTé  dans  l'Ouvrage  de  cet  Ecrivain  une  erreur 
d'un  moii  ,   fur  la  date  de  la  première   &  de  la  dernière 
apparition  de  la  Comète.- 

En  France  ,  peut-être  dès  le  14  Juillet ,  m.aîs  bien  certaî-     'jEgid» 
îiement  le  17  du  même  mois,  on  vit  la  Comète  le  foir,^ 
après  le  coucher  du  Soleil  ^;  il  paroît  qu'on  la  vit  quelque    'i^l'uru'vf* 
part  le  matin,-  dès  le  22.  ^,  ou  le  25  Juillet  '^;  elle  fe  levoit   ^Aneiucompiri- 
alors  avant  la  planète  de  Vénus,  entre  le  nord  &  l'orient  ^,  ^''sf"^!dt 
mais  bientôt  par  un  cours  précipité ,  elle  précéda  de  loin  cette   Chron.Erfuru 
Etoile  ^  ;  fa  queue  ou  i^s  rayons  paroliToient  long-temps  avant    &  chmu  71X- 
que  la  tcte  ou  le  noyau  fortît  de  deffous  l'horizon  ^,   Le  p-  ^• 
27  Juillet  au  matin,  le  Soleil  ayant  paffé  le  onzième  degré  y-^^2r  T'^"^ 
du  Lion  j  la  Comète  etoit  eu  30  degrés  de  l'ÉcrevifTe  (:fans  eompi/.-^ 


4o8  H  I   s    T  0    î   R    E 

doute  avec  une  latitude  boréaie   de  quelques  degrés  )  ;  eîle 
avoit  deux  mouvemens  bien  diflincls  ,   l'un  rétrograde  en 
ioJigitude ,  ou  d'orient  en  occident ,  contre  l'ordre  àes  fignes 
Thierr.  Val/ic,    du  Zodiaquc,  i'autrc  en  latitude  du  leptentrion  au  midi.  Ces 
deux  mouvemens  nous  font  repréfentés  comme  aflez  égaux: 
la  latitude  de  la  Comète  peut  avoir  varié  de  40  degrés  en 
deux  mois,  &  de  plus  de  50,  durant  tout  le  temps  de  Ton 
apparition  :  en  longitude  ,    elle  paffa  en  peu   de  jours  du 
jBgy.      huitième  degré  de  l'Écreviffe  dans  les  Gémeaux  ;  on  la  vit 
Idem,        entre  Orion  &  le  Chien;  elle  s'approcha  de  la  conflellation 
Pioiem.  Annal,    d'Orion  ;  k  I  .^^  d'Août  elle  fe  levoit  deux  heures  avant  le 
Annal. Colmar.  Soleil ;   le  2 2  de  Septembre,   elle  étoit  au  méridien  avant 
^Ckron.Beig.  l'aurorc  ^;  elle  traverfa  la  conflellation  d'Orion  ^;  fa  queue 
Vit.  Uïh.iv.     ^jjïijnuant  de  jour  en  jour  en  largeur  ,  augmentoit  au  contraire 
^ Therr.Vnihc.  ^^  longueur*^.  Elle  fut  aulfi  obier vée  eh  Chine,  à  la  feptième 
<i  r  "^^r/;  '°'i   -^^""^^  "^  •  ^"  j*^*^^'  Kia-fu  de  cette  Lune  (26  Juillet)  ,   elle 
Jiâaiiia,  t.  ix]  étoit  dans  la  conflellation  Liéou  (tête  de  l'Hydre  )  ;  la  longueur 
/v/*'-^'  de  fà  queue  étoit  de  i  00  degrés  :  au  jour  Ki-mao  (3  i  Juillet)  , 

elle  avoit  rétrogradé;  on  l'obièrva  dans  la  conflellation  Yu-kouey 
(il, -A,  y,  ^  de  l'Ecrevide).  Au  jour  Tfin-fe  ,  (ou  plutôt 
Sin-je ,  2  Août;  il  n'y  a  point  de  jour  Tfm-fe  dans  le  Calen- 
drier chinois  ) ,  la  Comète  étoit  dans  la  conflellation  TJtng, 
(pieds  des  Gémeaux)  ;  on  la  vit  enfuite  dans  la  conflellation 
JJan  ,  (croix  d'Orion)  :  à  la  lin  de  la  huitième  Lune,  ^its 
rayons  diminuèrent,  on  la  vit  durant  quatre  mois.  Telle  efl 
la  defcripîion  du  cours  de  cette  Comète ,  telle  que  le  P.  Gaubil 
î'a  extraite  des  Annales  de  la  famille  régnante  alors  à  la  Chine  ;  ' 
tout  s'y  fuit  bien  ,  &  s'accorde  d'ailleurs  avec  ce  que  les 
Auteurs  européens  nous  apprennent  de  cette  Comète.  11  n'en 
eil  pas  de  même  d'une  autre  defcription ,  que  le  même  P.  Gaubii 
a  puifée  dans  les  fafles  de  la  dynaflie  Yven  ,  qui  commen^^ 
jçoit  alors  à  s'établir,  &.  qui,  quelques  années  après,  s'empara 
du  trône  Impérial.  Selon  cqs  dernières  Annales,  la  Comète 
parut  le  2  6  Juillet ,  dans  la  conflellation  Liéou ,  comme  ci- 
deiïus;  on  la  voyoit  le  foir  au  nord-ouefl:  le  P.  -Mailla  dit 
j^ii'elle  parDiiloit  à  i'eft;  à  la  quatrième  veille  de  la  nuit,  ou 

vers 


DES    Comètes.  409 

vers  Jeux  Heures  du  matin  :  i'un  &  i'autre  peuvent  être  vrais, 
à  caufe  de  la  grande  latitude  de  la  Comète.  De-là. ,  la  Comète 
fut ,  félon  i'Hiflorien  de  la  dynaflie  Yve/i  ,■  aux  étoiles  Tchang- 
tay ,  Ven-tchang  &  Pé-téou ,  c'eft-à-dire ,  que  fuivant  l'ordre 
à^s  Signes ,   &  montant  au  nord ,  elle  traversa  la  grande 
Ourfe;  au  lieu  que  tous  les  Hiftorîens  aflurent  que  (on  mou- 
vement étoit  contre  l'ordre  ôi^%  Signes,  &  qu'elle  deicendoit 
du  nord  au  lud  :  on  borne  Ton  apparition  à  quarante  jours , 
au  lieu   que  les  Annales  de  la  dynaftie  régnante  l'étendent 
à  quatre  mois ,  ce  qui  peut  s'entendre  de  la  fin  de  la  fixième 
Lune  ,  de  la  feptième  &  de  la  huitième  Lune  entières  ,   &:  du 
commencement  de  la  neuvième.  Il  paroît  très-probable  que 
ia  dynaftie  régnante  avoit  de  meilleurs  Ailronomes  que  la 
dynaftie  Tartare   à^s  Yveiu  Quelques  Européens  terminent 
i'apparition   de   la   Comète  à  la  fin  d'Août^,  ou  au  com-    *vitodur, 
mencement   de  Septembre  ^;  le  mauvais   temps  a  pu  fans      ^  Chron, 
doute  empêcher  de  la   voir  plus  long -temps   en   quelques     s!'j3idT 
parties  de  l'Europe:  d'autres  au  contraire  étendent  fa  durée   Anon.compiL 
jufqu'à  trois  mois'^,  ou  quatorze  fèmaines'^,  ou  même  jufqu'à     *"  Dandui 
fix  mois  ^  On  la  vit  dans  \qs  mois  de  Juillet,  Août,  Sep-  Amai.Hhflug, 
îembre  &  Odobre  :  cela  fans   doute  a   pu  fuffire  pour  lui  ^"«f/;  Fjandr, 

j  '  .0  A  I         j       J       /       #^  •  B.îX.  Onforg, 

accorder  trois  mois  oc  même  plus  de  durée.  Ceux  qui  pro-  Xack. 
iongent  fon  apparition  jufqu'au  mois  de  Novembre  ^,   ou  à  ^ Chron, Augujî, 
quatorze  femaines  &  au-delà ,  ne  font  point  contemporains  ;     '  Nepkch. 
ils  ont  pu  ne  faire  qu'un  feul  tout  de  ia  Comète  de  cette  "'  \°^^' 
année  &  de  celle  de  l'année  fuivante.  Les  témoins  oculaires  ^  y^  ejxci'ii' 
atteftent  que  la  Comète  difparut  le  jour  même  de  la  mort  du 
pape  Urbain  IV,  ou  le  2   Odobre;  ils  en  concluent  qu'elle      Amaîrk. 
ne  s  étoit  montrée  que  pour  annoncer  cette  mort  ;  cette  coii-  yl^^^ijyianiiv, 
clufion  feroit  puérile ,  à  ce  qu'il  me  fembie ,  fi  la  Comète  Poie^,  Rhe^, 
grande  encore  &  pleine  d'éclat,  n'eût  difparu  que  par  l'iii- 
terpofition  à^s  nuages,  pour  quelques  pays,  &  pour  quelques 
jours  feulement. 

J'ai   cru   que  l'on  connoiffoit   affez  de  circonftances  de 
cette  Comète,  pour  calculer  les  élémens  de  fon  orbite.  Il  eft 
clair  que  cette  détermination  ne  peut  être  de  la  plus  grande 
Tqm^  /•  F  f  f 


410  Histoire 

précifion  :  je  ne  donne  les  élémens  fuivans  que  comme 
approchés  ;  mais  je  les  crois  au  moins  auffi  exads  que  ceux 
à^i  Comètes  de  1337,  1472&  i  ^  ^6 ,  calculés  par  Halley. 

Lieu  du  nœud  afcendant 5*"  28*^  45'. 

Inclinaifon  de  i'orbite 30.   25, 

Lieu  du  périhélie 9.      5.45, 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie ^,61  3^4. 

Paffage  au  périhélie,  en  Juillet lyi  6^  îo'. 

Sens  du  mouvement Diredl. 

M.  Dunthorne ,  de  la  Société  royale  de  Londres ,  avoit 
calculé  avant  moi  cette  orbite.  11  avoit  principalement  appuyé 
fa  théorie  fur  l'autorité  d'un  manufcrit  latin  de  la  bibliothèque 
Voy,  Smiyck^,  Je  Cambridge ,  intitulé ,  Tmâatus  fraîrïs  yF.gidn  de  Cometïs, 
VJ/ie'y.  '  Mais  je  crois  avoir  fuffiCimment  démontré  la  caducité  de  ce 
témoignage,  dans  une  Diflertation  particulière  faite  fur  la 
Comète  de  1264,  &  que  j'ai  jugée  trop  longue  pour  l'in-^ 
Voy.  Ac.  éics  férer  ici.  J'y  fais  voir  que  ce  frère  Gilles  contredit  tous  les 
^  '  7  0.  Y{\[\q^Iq^^  Je  Çç^Y\  temps,  &  qu'il  (e  contredit  lui-même  fur, 
les  mouvemens  de  cette  Comète.  Selon  lui,  la  Comète , 
durant  tout  le  temps  de  fon  apparition,  n'a  parcouru  que 
5  degrés  en  longitude  :  félon  la  vérité ,  elle  en  a  parcouru 
plus  de  60,  M.  Dunthorne  a  conclu  dts  expreffions  du  frère 
Gilles,  que  le  14  Juillet,  la  Comète  étoit  vers  8  degrés  de 
i'Ecrevifîe  :  du  témoignage  exprès  de  Thierri  de  Vaucouleurs^ 
confirmé  par  les  annales  Chinoifès  ,  que  je  n'avois  pas  encore 
confultces  en  1760,  on  conclut  que  le  27  du  même  mois,, 
îa  Comète  n  étoit  encore  qu'en  3  o  degrés  de  I'Ecrevifîe ,  de 
manière  que  par  un  mouvement  ,  rétrograde  en  apparence  ^ 
elle  n'a  pu  atteindre  le  huitième  degré  de  ce  figne  que  vers 
le  13  Août.  Ce  qu'il  y  a  ici  de  lingulier,  c'efl;  qu'en  partant 
de  données  fi  différentes  ,  fi  oppofées  même  ,  nous  nous 
réuniffoîis  ,  M.  Dunthorne  &  moi,  dans  un  point  qui  peut 
paroîîre  très  -  effentiel.  La  théorie  de  la  Comète  de  12^4^, 
telle  que  M.  Dunthorne  Ta  établie,  s'accorde  affez  avec  la 
théorie  de  celle  de  i  5  5  6  ;  la  mienne  en  approche  beaucoup 


r>  È  s     C  0  M  è  T  E  s.  41  ! 

J)îus  ,-  s  l'auroit  même  repréfentée  bien  plus  parfaitement, 
îi  je  n'avois  pas  voulu  éviter  de  faire  pénétrer  la  Comète 
ti'op  avant  dans  l'Éridan,  avant  le  3  d'Odobre,  jour  auquel 
elle  diiparut ,  Thierri  de  Vaucouieurs  fe  contentant  de  dire 
qu'elle  traverfa  Orion.  D'ailleurs,  la  théorie  de  la  Comète 
de  155^  n  efl  pas  aflez  précifèment  déterminée ,  pour  que 
àes  différences  légères  puiiTent  légitimement  nous  arrêter. 
Je  conclus  donc  que  la  Comète  de  12(^4  efl  très -proba- 
blement la  même  que  celle  de  i  5  5  d  ,  que  fa  révolution 
périodique  efl  d'environ  deux  cents  quatre-vingt-douze  ans, 
qu'on  peut  en  confequence  en  efpérer  le  retour  vers  1848. 

Léovitius,  après  avoir  parlé  d'une  nouvelle  Étoile,  obfervée 
félon  lui  près  de  Caffiopée  en  ^45  ,  ajoute  que  l'apparition 
d'une  femblable  Etoile,  au  même  lieu  du  ciel  en  12.6^  y  efl 
fondée  fur  un  témoignage  bien  plus  authentique.  Mais  Tycho  Tych,  Uh  /^j 
remarque,  avec  plus  de  juftelîe ,  que  \qs  Hiftoriens  connus^'  '^'^^* 
ne  parlent  point  de  ce  phénomène  ;  &  que  l'autorité  d'un 
ieul  manufcrit ,  dont  Léovitius  ne  nomme  point  l'auteur ,  efl 
abfolument  infufîilante ,  pour  perfiiader  la  réalité  de  l'appa- 
rition d'une  telle  Etoile.  U!d.p,f2^i 

»  Vers  le  commencement  de  l'automne    126^^,   dit  un 
fiiflorien  Autrichien ,  en  défaut  quelquefois  flir  les  faits  qui  « 
concernent  l'Italie ,  mais  très  -  exaél  fur  les  autres  dates ,  on  «c 
vit  une  Étoile  extraordinairement  éclatante  :  ellecommençoit  «< 
à  paroître  après  minuit  ,    Sl.  elle  brilioit  le  refle  de  la  nuit.  « 
On  la  vit  jufqu'à  la  fin  de  l'automne  ;  comme  une  fournaife  « 
ardente,  elle  vomiffoit  en  quelque  forte  une  épailfe  fumée.  ^Chm.Mdllc,. 
On  vit  au  mois  de  Septembre ,  dit  un  Auteur  contemporain ,  « 
une  Comète  qui  fut  de  longue  durée.   Je  l'ai  vue  fouvent  «c 
vers  le  lever  de  l'aurore,  à  l'endroit  du  ciel  où  efl  le  Soleil  c< 
à  la  troifième  heure  du  jour  :  du  côté  de  l'occident ,   il  en  « 
fortoit  une  traînée  de  fumée,  qui  fe  terminoit  en  une  pointe  «s 
fort  aiguë  ;   elle  avoit  la  longueur  d'une  pique  de  foldat.  >'    RUoh  Iwp, 
Plufïeurs  autres  Ecrivains  s'accordent  à  dire  qu'il  parut  une 

Fffij 


412  Histoire 

*Chm,  Pîpin,  Comète  au  mois  de  Septembre  ^   après  l'arrivée  de  Charles 

^ Anon, Brev.  d'Anjou  Cil  Italie^,  &  par  conféquent  en  126*:.  Quelques- 

compii.  ""S   dentreiix  le  trompent,  il  eit  vrai  ,  en  rapportant  a  la 

''Chim,MeWc.  même  année  la  mort  d'Urbain  IV  ^,  Mais  s'il  a  réellement 

^^'  paru  deux  Comètes,   l'une  en  Juillet,   Août  &  Septembre 

1264;  l'autre  en  Septembre,  Oélobre  &:  Novembre  1265, 

il  n'eit  pas  furprenant  que  dans  ce  fiècle  on  ait  confondu  & 

les  prétendus  effets  de  ces  Comètes  &  les  Comètes  mêmes. 

Tel  qui  ne  connoifFoit  que  la  Comète  de   12^5  ,    &  qui 

favoit  d'ailleurs  qu'une  Comète  avoit  été  regardée  comme 

l'avant  -  coureur  de  la  mort  d'Urbain,  éioit  naturellement 

porté  à  retarder  d'un  an  la  mort  de  ce  Pape.  C'efl:  par  une 

raifon  femblable  que  quelques  Hiftoriens  anticipent  d'un  an 

l'arrivée  de  Charles  d'Anjou  en  Italie  &  fa  victoire  furMainfroi, 

''^f°^''f^Yfj-^i  l'oi  de  Naples  &  de  Sicile  ;  c'eft  même  ce  qui  a  pu  faire  dire 

Annal.  Mediol.  r  ^  ^  ^t  r 

a  quelques  Hiltoriens,  que  la  Comète  de  1264  avoit  paru 

^ViiL(G!ov.)  jufqu'en  Novembre^,  &  qu'elle  avoit  duré  fix  mois^, 

'  b'i^'epiach.'        L'apparition  de  la  Comète  de  1265    effi'aya  Maînfroi  : 

col  io^j»      «  Ce  prince,  dît  un  Auteur  grave  &i  contemporain  ,  ayant 

''appris  l'arrivée  de  Charles  à  Rome,  parut  déconcerté.  Les 

='  prodiges  que  le  ciel  ,   la  terre  &  les  eaux  produifjrent  vers 

»  le  même  temps,  lui  firent  faire  les  réflexions  ies  plus  férieufes, 

=»  Car  la  Comète  ,    laquelle  cachée   pendant  plufieurs  lufires 

»  dans  la  profondeur  du  ciel  ,  n'a  coutume  de  paroître  que 

^'  pour  transférer    les   fceptres   &  abattre  les   trônes  les  plus 

'^  folides ,  étendit  jufqu'à  la  terre  à^s  rayons  émules  de  ceux 

GeJJa  Fnder.  du  Soleil.  »>  SI  Cette  Comète  n'a  paru  qu'après  l'arrivée  de 

SalL,  if//'jl',  Charles  à  Rome  ,  elle  n'a  pu  paroître  qu'en  12^^.  Charles 

(ap,  XX,         attaqua  l'armée  de  Mainfroi,  le  26  Février  iz66  :  Mainfrol 

perdit  en  ce  fèul  jour  la  viéloire ,  la  couronne  &  la^  vie.  Cet 

AmahcSaiias,  avènement  fut  précédé  de  l'apparition  d'une  Comète,  félon 

Vit.Urb.iv.  plufieurs  Anciens;  &  tel  qui  a  décrit  alTez  au  long  les  cir^ 

VinCIm.JK  confiances  de  l'apparition  de  la  Comète  de  12  {^4,  fait  aulîi 

mention  de  celle  qui  précéda  la  mort  de  Mainfroi.    11  efl 

donc  au  moins  probable  qu'il  a  paru  une  Comète  vers  la  iiB 

de  l'an  iz6j^ 


D  E  s     C  0   M  È  T  E  s.  413 

1266. 

Voîcî  une  troîfième  Comète  de  la  réalité  de  laquelle  ii 
me  paroît  difficile  de  douter.   «  Elle  fut  vue  en  France  au 
mois  d'Août  avant  l'aurore  ;  Tes  rayons  étoient  tournés  vers  « 
Vorient.  "   Il  faut  lire  vers  l'occident  ;  une  telle  erreur  peut    Nangîsi 
facilement  échapper  à  un  Copifle.  On  vit  la  même  Comète 
au  Japon  &  à  la  Chine,  en  la  leptième  année  du  règne  de 
^Kame-Jamana  au  Japon.  On  la  vit  enfin  à  Conflantinople ,   Kampf.  h  ÏÏ^ 
Se  Grégoras  nous  en  a  laiiïe  la  defcription  fui  vante  :  «  Elle  ^"^'*  ^' 
parut  près  du  figne  du  Taureau.  On  la  voyolt  la  nuit,  vers  « 
le  point  du  jour ,  un  peu  au-deflus  de  l'horizon.  Autant  que  « 
3e   Soleil  s'avançoit  fuivant  l'ordre   des  figues  ,    autant  la  ce 
Comète  s'écartoit  peu-à-peu  de  l'horizon,  julqu'à  paifer  même  « 
3e  milieu  du  ciel.  Car  ,  lorfqu'elle  commença  à  paroître,  le  «« 
Soleil ,  parcourant  i'Écreviiïë ,  ramenoit  l'été  fur  la  Terre  :  « 
3'automne    égaioit  les  nuits   aux  jours  ,    quand  la  Comète  « 
perdit  fa.  lumière  &  fe  diffipa.  Ainfi,  depuis  le  folilice  d'été  ce 
jufqu'à  l'équinoxe  d'automne,  le  Soleil  parcourut  l'e/pace  de  « 
trois  fignes ,  la  Comète  reftant  toujours  comme  fixe  vers  le  « 
iTaureau.  »    C'eft  fans    doute   de  cette  Comète  qu'il   faut    Greg,m,iy^ 
entendre  ce  que  l'Annotateur  de  Pachymère  difoit  de  celle  ^'^■^' ^' '^'''' ^' 
■de  12(^4,  qu'elle  avoit  paru  près  des  Hyades.  Prefque  tous  Pachym.Mkh.. 
les  Hifloriens   &  Cométographes  appliquent  la  defcription  '"^""''P'^js^ 
de  Grégoras  à  la  Comète  de  1 2  ^4.  Dans  la  DifTertation  dont    Chron,  Car. 
j'ai  déjà  fait  mention ,  j'ai  fait  voir  que  les  defcriptions  que  ^&^f:  -^*'^'^*« 
les  Anciens  ont  faites  de  ces  deux  Comètes ,  étoient  abfo- 
iument  incompatibles.  De  plus  ,    Grégoras   ne   date  point  Ac.àesSàenëii 
fa  Comète  ;    il   dit   feulement  qu'elle  parut  du  temps  que  ^7.^°'^ 
Charles  d'Anjou  étoit  roi  d'Italie  ,    &  en  état  de  fecourir 
Baudouin  fon  allié  ,  dépoffédé  du  trône  de  Conflantinople  i 
or ,  Charles  n'a  point  été  en  cet  état  avant  le  26  Février 
11266.    D'ail  eurs  ,    des  raifons   prifes    du  texte  même   de 
Grégoras ,  perfuadent  que  l'apparition  de  la  Comète  ne  peut 
être  pofténeure  à  l'an  ii(>6  \  ceft  donc  en  iz66  qu« 
a  paru^ 


414  Histoire 

Struyck  avoît  cru,  en  1740,  que  la  Comète  3e  12^4' 
étoit  la  même  que  celle  de  i  5  8  5  ;  la  defcription  de  Grégoras 
lui  fembioit  alors  préférable  à  toutes  les  autres.  Il  eut  depuis 
communication  du  manufcrit  de  Cambridge  &  du  calcul  de 
M.  Dunthorne  :  l'analogie  entre  les  Comètes  de  12^4  & 
de  I5  5<^  étoit  frappante,  Struyck  changea  de  fentiment,  il 
embralfa  celui  de  M.  Dunthorne  ;  il  accufa  Grégoras  de 
s'être  trompé.  Ce  dernier  point  étoit  de  trop  :  la  defcription 
de  Grégoras  efl:  bien  fuivie  ;  toutes  (ts  parties  fe  lient  &  fe 
foutiennent  réciproquement  ;  il  faudroit  qu'il  eût  inventé  à 
plaifir  toutes  les  circonftances  qu'il  rapporte ,  {^i  elles  n'étoient 
pas  fondées  directement  fur  l'oblervation.  Cette  circonftance 
feule  m'auroit  paru  fuffire  ,  pour  diftinguer  la  Comète  de 
Grégoras  de  celle  qui  eft  décrite  par  les  autres  Hiftoriens  de 
ce  même  fiècle.  Cette  diltinélion  admife  ,  il  ne  me  paroît 
pas  hors  de  vrailèmblance  que  la  Comète  de  1266,  décrite 
par  Grégoras ,  ne  puifle  être  la  même  que  celle  de  i  5  8  5  :  au 
moins ,  fi  l'on  fuppofe  que  celle  de  1585  ait  été  périhélie 
au  premier  degré  du  Bélier,  vers  le  milieu  de  Juillet  1266, 
elle  aura  paru  durant  prefque  tout  l'été  dans  le  figne  du 
Taureau ,  ou  dans  les  Étoiles  qui  compofent  la  conltellation 
de  ce  nom  ,  avec  une  latitude  méridionale  d'un  petit  nombre 
de  degrés  ;  elle  aura  été  alfez  long-temps  près  des  Hyades  : 
elle  aura  paru  d'abord  peu  élevée  fur  l'horizon ,  6c  elle  s'en 
fera  écartée  de  jour  en  jour,  jufqu'à  paroître  au-delà  du. 
méridien.  Mais  il  faut  convenir  aufli  que  tout  cela  peut 
s'adapter  à  une  Comète  différente  de  celle  de  1585, 

Pour  appuyer  la  réalité  des  Comètes  de  126^  &  de  12  66, 
je  n'ai  point  cité  les  Auteurs  qui  lient  leur  apparition  avec  la 

* Aiatth. Parrf.  mort  du  Pape  Urbain^,  ou  qui  font  paroître  la  Comète  de 
Te'ot  f"r'  i^^5    «depuis  le  25  Juillet  jufqu'à  la  fin  de  Septembre^; 

^Chron.  Cav.  c^tte  durée  efl  trop  analogue  à  celle  de  la  Comète  de  1264; 

Crufius.p.iii,  ni  enfin  ceux  qui  difènt  ç^ià  la  mort  de  Mdinfroi  on  vit 

J  M    ' ,  mr  ,■ ,  une  Comète  pendant  trois  mois  ^  :   il  ne  faut  pas  prendre 

^Amal.MedwI.  m  y     i      j  ii       r        T       r  i 

c.  XXXVI  ir  cette  expreliion  a  la  lettre  ;  eue  iigmrie  lans  doute  que  vers 
xxxvii,      }g  temps  de  la  mort  de  ce  prince,  on  vit  une  Comète.  En 


DES    Comètes,  41  j 

efîet,  iï  en  parut  une  avant  ,  une  autre  après  la  mort  de 
Mainfroi  :  ii  n'efl:  pas  facile  de  décider  de  laquelle  ces 
Auteurs  ont  prétendu  parler. 

12^7.   «  Le   18   Juillet,   au   lever  du  Soleil,    on   vit 
paroître  une  Étoile   fort  belle  &  très -grande,  près    de   la  « 
Lune,  qui  étoit  alors  à  fon  dix-huitième  jour.  Cette  Étoile,  « 
avec  beaucoup  de  précipitation,  s'avança  du  lieu  où  étoit  la  « 
Lune  jufque  vers  le  milieu  du  ciel ,   laiflant  après  elle  une  « 
nuée  blanche  &  enflammée,  fuivie  d'une  féconde  nuée  plus  « 
petite ,  &  le  tout  cefîa  de  paroître  en  même  temps.  »  C étoit  ^"»û^.  Colman 
nue  Comète,  félon  nos  Cométographes  :  dans  la  vérité  c'étoit    RUd,  Lub. 
,un  météore. 

.1268.  Comète ,  Sic,  C'efl:  la  fuivante,  anticipée  d'un  an.       R/cd.  Lui^ 

Hév,  Faber%, 
I2^p. 

En  la  vhigtième  année  du  règne  d'Alexandre,  roi  d'Écofle, 
on  vit  plufieurs  jours  de  fuite  une  très-grande  Comète,  vers 
3e  m\ài,  juh  mendiem^.  Elle  paroiflbit,  félon  quelques-uns,  ^Bceth.iXUU 
vers  l'heure  de  midi^;  &  c'eft-là  en  effet  la  fignification  la  ^Sror^ifb^Ti 
plus  naturelle  de  l'expreflion  ,  fuh  meridiem  :  le  fens  cependant  c.ix,text,j^\ 
peut  être  aulTi  que  la  Comète  paroiiïbit  dans  la  partie  auftrale  ^  Ricc. Cardan, 
du  ciel.   On  l'obferva  aiilîi   du  côté   de  l'orient  aux  mois 
d'Août  &  de  Septembre.  Struyck  Ibupçonne  que  tout  ceci  Mahec.difl.s^ 
pourroit  bien  ne  regarder  que  la  Comète  de  1254.  clxxvuu 

1273. 

En  îa  dixième  année  Tcîiî-yven ,  dixième  Lune,  jour  Kouey- 
yéou  (  5  Décembre  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Étoile  nouvelle 
dans  la  conftellation  Pi  (  les  Hyades)  ;  elle  pafla  par  \qs  étoiles 
du  Cocher,  par  celles  de  Ven-tchang  {  e,  f,  §,  cp,  v,  h  de 
îa  grande  Ourfe)  &  Keng-Jio  (e,  o-,  y  du  Bouvier)  ;  çMg 
continua  la  route  jufqu'à  l'étoile  Ardurus  :  ^]!iQ  parut  vingt- 
un  jours.  Le  mouvement  de  cette  Étoile  ne  permet  pas  de  Cmllii 
douter  que  ce  ne  fût  une  Comète.  Lubienietzki  marque  î'appa- 
4'ition  d'une  Comète  en  cette  année. 


4i6  H  T  s  T  a 


T    R    É 


1274.  * 

Trois  jours  avant  la  mort  de  Saint  Thomas  d'Aquhi,  on" 
vit,  au-deflus  du  monaffcère  de  Fofle-neuve,  une  Étoile  qui 
refTembloit  à  une  Comète  :  on  ignoroit  ce  qu'elle  preTageoit  ; 
on  n'en  douta  plus  ,  lorfqu'après  la  mort  du  faint  Dodeur 

Gu'ili.  de  Tlwc.  elle  cefîa  de  paroître.   Cette  Comète  eft  probablement  un 

''/,'"'' p^w  retour  de  celle  de  i(5di. 

îit.2s.c,vii,       1275.   Kong-tlong  ne  régna  en  Chine  que  cette  année: 

*"'''"'        à  la  troifième  Lune  on  vit  deux  Etoiles  fe  rencontrer;  l'une 

'S^n,ChmoL  des  deux  fe  diffipant,  cefla  d'être  vue. 

1277. 

En  ia  quatorzième  année  Tchi-yven ,  deuxième  Lune ,  jou^, 
Kouey-hay  (  p  Mars  )  ,   oH<yit  en  Chine  une  Comète  au* 
Gaulih     nord-eft;  la  longueur  de  fa  queue  étoit  de  4  degrés. 

1280.   Le  2^  Janvier ,  la  Planète  de  Saturne  fut  dïjlin^uée 

Paltram,      dans  le  ciel ,  depuis  neuf  heures  du  matin  jufquà  onie,  Saturne 

étoit  alors  fur  l'horizon  ;    mais  je  ne  crois  pas   qu'on  l'ait 

jamais  vu  de  jour  à  la  vue  fimple  :    Vénus  étoit  alors  dans; 

fon  plus  grand  éclat  apparent ,  approchant  de  fa  conjonélioii 

''Amm,  L(ol,  inférieure.  Un  Anonyme  rapporte  ce  phénomène  à  l'année  fui- 

^'^'  ^^'  vante  ;  mais  le  2  9  Janvier  1 2  8  i ,  Vénus  étoit  au-delà  du  Soleil. 

Luh.Sifard,  1282.     Comète, 

1283,  En  l'année  de  la  mort  de  l'empereur  Adolphe  ,   oi% 
Frxtor, Ricci  vit  une  Comète,  Adolphe,   élu  en   I2p2  ,  n'eft  mort  qu'eu 
1298. 

1285.  * 

Il  parut  une  grande  Comète,   dont  la  queue  regardoît  le 
'Ptôiem.  Hifl.  nord  -  oueft. 

''  xYii.  '  Le  5  Avril,  en  Bohème,  on  vît  une  Etoile  très-brillante ^ 
au-deflus  d'une  d^s  cornes  de  la  Lune  ;  elle  fut  regardée 
'Bohm.PM.ll,  comme  un  préfage  du  retour  du  roi  W^enceflas ,  circonftance 
qui  détermine  l'an  1285.  Mais  en  cette  année,  la  Lune  fut 
nouvelle  le  6  Avril  au  matin  ;  eft-il  pofTible  qu'on  l'ait  vue 
le  j  en  Bohème  \ 

Pu 


DES    Comètes.  417 

On  trouve  ailleurs  qu'il  parut  une  Comète  entre  1284 
&  I2p4.  Rokw. 

128(3.   Comète.  C'eft  la  précédente,    différée  d'un  an.         Cmtur.  Lyu 

Lubien, 
I2CJ3      OU     1294. 

Des  annales  de  la  Chine  difent,  qu'en  la  première  Lune, 
commençant  le  8  Février  12^3,   on  vit  une  Comète,   & 
qu'elle  dura  tout  le  mois  ^  D'autres  annales  en  diffèrent  l'appa-    ^  Coui>I.  Syn, 
rition  jurqu'à  la  dixième  Lune  ^  En  la  trentième  année  Tchi- 
yven y  dixième  Lune,  jour  Keng-yn  (  6  Janvier  12^4,  mais  Mailla,  t.  IX, 
c'étoit  la  onzième  Lune) ,  on  la  vit  dans  Tfé-ouey  (  enceinte  à^s  p-  f/^« 
Etoiles  qui  ne  fe  couchent  pas)  ;  elle  palïa  par  le  quarré  de  la 
grande  Ourfe  :  elle  dura  un  mois.  Lubienietzki  en  fait  paroître 
une  durant  l'été  12^3  ;  j'ignore  fur  quel  fondement. 

I2c^^.   *   «  On  regardera  peut-être  comme  ri^iicule  un 
fait  que  quelques  Auteurs  rapportent  à  cette  année  (i  2^4).  « 
Le  8  Février,  par  un  temps  extrêmement  froid,  on  entendit  « 
deux  roffignols  chanter  dans  le  temple  d'Harlebec.  On  vit  « 
aufîi  une  Comète.  '»  Si  cette  Comète  a  aulîi  paru  durant  le  Amat.  Flâner, 
mois  de  Février  ,   il  faut  la  rapporter  à  fan   i  2^  5  ,    félon  '  '    * 
notre  manière  a(fluelie  de  comm.encer  fannée. 

Je  trouve  aulfi  une  Comète  marquée  fur  le  mois  de  Juillet 
[12^4,    &  une  autre,   que  Ton  dit  en  général   avoir  paru    chron.Cav^ 
en   I2p4,   comme  un  pronoflic  de  la  bataille  de  Courtrai    ivita/: 
(livrée  en   i  302  ). 

12^6.  Une  Comète,  paroiffant  long-temps  dans  le  cîel, 
annonça  les  évènemens  futurs,  &  fur-tout  la  mort  de  fem- 
pereur  Adolphe,  mort  en  12^8.  Anon.  Leoh 

i2.^j,  *  Adolphe  fut  tué  le  i  j  Juin ,  le  Soleil  étant  dans 
le  Lion  :  on  vit  alors ,  dit-on ,  une  Etoile  chevelue.  L'empereur  Feneu 
Adolphe  fut  tué  le  2  Juillet  12^8,  le  Soleil  étant  dans 
i'Ecreviffe.  Struyck  effaye  de  reélifier  ces  erreurs  i  mais  il  y 
en  a  trop  en  trop  peu  de  mots  :  le  meilleur  parti  eft,  je  penfe, 
d'abandonner  un  Écrivain  fi  peu  exaétc 

Tome  L  -C^gg 


î8  HiSTOinE 


I2Cj8, 


Des  fignes  céieftes  annoncèrent  la  mort  de  Boémond ,  arche- 
vêque  de  Trêves  (  mort  ie  p  Décembre   i2pp  ).  L'année 
précédente,  on  vit  une  Comète  durant  douze  nuits  confé- 
cutives ,   vers  ia  troifième  heure  de  ia  nuit;  fon  rayon  éîoit 
^^Arch.T\epiu  toumé  du  feptentrîon  au  midi^  Ailleurs,  on  ne  la  put  voir 
t,  11,  i.  XVI  '  que  durant  trois  jours  après  le  coucher  du  Soleil  ;  fà  queue 
^AiaffUVe/lm,  .'p-ài'oiiToh  touméc  vcrs  l'orieut  ;  la  tête  étoît  du  côté  du  fep- 
'=  Anon.  B,-ev,  teutriou ^  Pluficurs  Hirtoriens  ont  parlé  de  cette  Comète^: 
ku/eù.  pZ.  "o^   modernes   la  font  paroîîre    au    mois    de   Novembre  ^* 
M  Bantj,  VIII.  Struyck  crovoit  que  cette  Comète  étoit  ia  même  que  celle 

e.xiV.Siffrid.    «e    1677. 

\\  ^.  '     1209.     ^ 

^Spond,  Ricch  -^  -^ 

Lub, 

En  la  deuxième  année  Ta-îe,  douzième  Lune ,  jour  Kia-fii 

(24  Janvier  i  2pp  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète  au-deflbus 

^ Mailla, t.iX-,  de  i étoile  Tfé-lun,  ou  au  lud  du  hçc  de  la  Colombe^;  elle 

't^'^'^"  '  ^^^^^  fbixante-feize  jours  ^.  On  ia  vit  auffi  en  Europe  avant 
'  '  la  fin  de  Janvier;  ia  têîe  étoit  alfez  grande,  ia  queue  longue 
relativement  à  ia  tête  :  elle  étoit  en  i  8  degrés  du  Taureau , 
avec  plus  Aq  -^o  degrés  de  latitude  auftrale.  Après  ia  fête 
de  Saint  Mathias  ,  tombant  au  24  Février  ,  elle  étoit  en 
14  degrés  du  Taureau,  avec  une  latitude  auftraie  de  5  degrés; 
la  tête  &  ia  queue  éîoient  fort  diminuées:  fon  mouvement 
paroiffoit  dirigé  vers  les  Pléiades  &  Aldébaran ,  plus  cependant 
au  nord  qu'à  l'oueft.  On  la  vit  jufqu'au  5  de  Mars  ;   elle  fe 

nifCantahr.  diffipa  près  de  Vénus  ,  qu'elle  îouchoit  prefque.  Selon  les 
Tables  deHailey,  le  5  Mars  i2^p,  à  neuf  heures  du  loir, 
temps  moyen,  méridien  de  Çréenwich  ,  Vénus  étoit  en 
8^  30'  37"  du  Taureau  ,  avec  une  latitude  bôréaie  de 
2^  41^  55".  Ces  obferyations  Européennes  ne  s'accordent 
point  entr'elles.  J'avois  fait  d'inutiles  efîbrîs  pour  en  déduire 
ia  théorie  de  l'orbite  de  la  Comète  ;  je  fiippofois  la  première 
obfervation  faite  ie  3  i  Janvier ,  &  je  rapportois  la  Ççconàe 
au  lendemain  de  ia  fête  de  Saint  Mathias  :   je  n'ai  retiré 


DES    Comètes.  419 

d'autre  iî'uît  de  mon  travail,  que  de  me  convaincre  qu'une 
de  ces  deux  obfervations  éîoit  abfblument  inconciliable  avec 
celle  du  5  Mars.  Cependant  i'obfervation  du  24  Janvier, 
faite  en  Chine ,  eft  venue  à  ma  connoilTance  :  elle  exclut 
décifivement  l'obrervaiion  Européenne  de  la  fin  de  Janvier; 
mais  éiiç.  Te  concilie  facilement  avec  celles  du  2  5  Février 
&  du  5  Mars.  De  leur  combinaifon  j'ai  conclu  la  théorie 
fuivante. 

Lieu  du  nœud  afcendant w  ,  3*"   ly^      8'. 

Incfinaifon  de  l'orbite  à  i'écliptique.  ...  68.    57. 

Lieu  du  périhélie o.       3.    20. 

Logarithme  de  fa  diftance  périhélie.  ...  9,502330. 

Paflage   au  périhélie  en  Mars 31'      7^»    3  8'. 

Sens  du  mouvement Rétrograde. 

Selon  cette  théorie ,  la  Comète  a  dû  être  le  3  i  Janvier 
au  foir ,  en  i  i  degrés  &  demi  des  Gémeaux  ,  avec  une 
latitude  auftrale  de  3  5  degrés  &  demi ,  c'eft-à-dire  qu'elfe 
étoit  éloignée  de  la  fin  du  Taureau  d'environ  1 2  degrés  à 
i'eft,  au  lieu  que  l'anonyme  Européen  l'en  éloigne  de  1 2  degrés 
à  i'ouefi.  Seroit-ce-là  le  vrai  point  de  vue  de  Ton  erreur! 
De  cette  même  théorie  il  fiiit  que  la  Comète  a  été  vifibie 
durant  foixante-feize  jours  &  plus;  mais  ou  les  nuages,  ou 
les  crépufcules,  plus  longs  en  Angleterre  qu'à  Pékin,  ont  pu 
ne  pas  permettre  aux  Anglois  de  la  fuivre  auffi  long- temps 
qu'on  Ta  fait  en  Chine. 

12pp.   En  la  cinquième  année  de  Ki-tfong ,  empereur  de 
la  Chine,    on  vit  une  Comète    avec   une  queue  rougeâtre 
trcs-éclatante  ;    elle  fe  dilTipa  peu  après ,  avec  un  bruit  égal 
à  celui  du  tonnerre.    Cette  Comète  n  efl  vraifemblablement   Syn,  Chronoi, 
qu'un  météore, 

12^9.  On  fait  encore  mention  de  quatre  Comètes  qui  parurent 
Tune  après  l'autre  en  la  nuit  de  Noël  12pp.  La  première, 
dit-on,  étoit  auffi  grande  que  la  Lune;  elle  difparuî  au  bout 
d'une  heure  :  deux  autres  également  grandes  lui  ayant  fuccédé , 
fe  difTipèrent  prefque  aufliiôt.   11  ne  s'étoit  pas  écoulé   une 


420  Histoire 

heure,  lor/que  îa  quatrième  parut,    pour  ne  pas  durer  pïus 
^Archkp.Trevïr.  fong-teiTips  oueies  précédentes.  On  conçoit  que  ces  prétendues 

Comètes  etoient  de  iimpies  météores. 
»  RocL  Aifi.  1300.  Il  parut  une  terrible  Comète^  en  l'année  du.  Jubilé^, 
"'  "'^'.  au  mois  de  Septembre^.  Quelques  Auteurs  ayant  dit  des 
Woif.  'cernai.  Comètes  précédentes  ,  qu'elles  avoient  paru  dans  le  temps 
/i ./'./«?/.  que  Boniface  VÏII  indiquoit  le  Jubilé  pour  l'an  1300; 
^ Annal  C ajtn,  ^^^^^^^    auront  pu   confondre   l'année   de  i'indiélion   avec 

celle  de  la  célébration.   On   aura  auffi  pu  anticiper  d'un  aa 

l'apparition  de  la  Comète  fuivante. 

I  3  o  I .  *  Première  Comète. 

Grande   Comète.  Voici  la  defcription   que   Pachymère^ 
témoin  oculaire,   nous  en  a  donnée, 

Autumnus  luci  ac  tenehrïs  œquaverat  horas , 
Ofque  facrum  Erïgones  fol  annuus  hofpes  hahehaï p 
Cîim  lœtiun  rutîlans  e  Thracum  parte  Comètes  ■ 
Cœfarïem  in  traélus  extendere  cœp'it  Eoos , 
Limite  ab  ocàduo  procedens  Ipfe  ;  fed  ufqiie 
Imparïhus  gyris ,    dum  neâis  femper  omïttit 
Amplïus  hejlerno  fpatium ,    quo  furgit  in  alto. 
Ocyiis ,   &  propioY  fummo  fefe  admovet  axi. 
JVam  nullius  iter  fxi  cornes  injlitît  ajlri  ; 
JVoâe  fed  unâquâque  viam  in  fuhlime  fupinat^ 
lUo  iterum ,  primœvo  uhi  fufit  crine ,   rêve  fus  ,■ 
Jldarcuit  hic  caudâ  mutilus ,   desitque  yidefu 

«c  L'automne  a>voit  égalé  îa  nuit  au  jour,  &  le  Soleil,  par 
3  fon  mouveniejit  annuel ,  avoit  atteint  les  étoiles  de  la  Vierge, 
38  iorfqu'une  Comète  paroillant  du  côté  de  la  Thrace  ,  com- 
59  mença  à  étendre  fa  belle  chevelure  vers  la  partie  orientale 
»  du  ciel.  On  la  vk  d'abord  du  caté  de  l'occident  :■  prenant 
>j  de-là  fa  courfe  ,  elle  décrivoit  tous  les  jours  des  cercles 
=>  inégaux,  paroiffant  plus  avant  dans  la  nuit,  fe  montrant 
»  plus  élevée  ,   &  s'approchant  de  plus  en  plus  du  pôle  du 


DES    Comètes,  ^ii 

monde.    Elle  ne  fuivoit  la  route   d'aucune  Étoile  fixe  :    à  « 
chaque  nuit  on  la  voyoit  s'élever  de  plus  en  plus  vers  ie  « 
plus   haut   du   ciel.   Revenant  enfin   au    lieu   où  elle   avoit  « 
d'abord  fait  briller  la  chevelure,  fon  éclat  diminua,  fa  queue  « 
fe  diliipa,  elle-même  cefla  bientôt  d'être  aperçue.  »  Pachymère     ^Pachym. 
ajoute  qu'il  n'ignore  pas  que  d'autres  ont  parlé  différemment  ^,^7r.'  ^'     ' 
de  cette  Comète;  que  pour  lui,  il  l'a  décrite  félon  les  con-  ^ Nkm. Piolcm, 
lîoiflances  qu'il  en  avoit  ^   Selon  les  hiftoriens  Latins  ,    ia  Diug Jlf Martin, 
Comète  a  paru  au  mois  de  Septembre,  du  côté  de  foccident,    Poion.  Vm 
dans  le  figne  du  Scorpion ,  en  quelques  endroits  pendant  un  jv2j.  Chrom 
mois^,  en  d'autres  durant  quinze  jours  feulement^.  Sa  che-  Franc.  Chron. 
velure  étoit  tournée  tantôt  vers  l'orient ,  tantôt  du  côté  du     "^^"Faimc. 
midi^.  En  îfîande  on  k  vit  vers  la  ïèiQ  de  Saint  Michel;  memor.nh. ii. 

r'  T    •  T  r/         ]  I      ^  C/ircn  Rotom, 

la  queue  pendoit  en  bas;  par  un  mouvement  renverle,  elle  Niem.  Chron. 
alloit  de  l'orient  au  fepîentrion  ^.   Il  pourroit  bien  y  avoir   Seig,  Piohm, 
quelque   chofe  de  renverfé  dans   ce  narré.   Ailleurs   «  elle    *=  Eddf, 
parut  àhs  le  i.^*^  de  Septembre,  &  fut  vue  durant  plus  d'un  « 
mois.  Le  dernier  du  même  mois,   i  heure  40  minutes  après  « 
le  coucher  du  Soleil,  on  compara  fon  lieu  avec  celui  de  trois  « 
Etoiles  connues;  &  l'on  trouva  quelle  étoit  en  20  degrés  « 
du  Scorpion,   avec  une  latitude  boréale  de  x6  degrés  (d).  « 
Sa  longitude  étoit  prefque  ia  même  que  celle  de  Mars»  (Cette  « 
Planète,  félon  les  Tables  de  Halley,  étoit  alors  en  2  i  degrés 
&  demi  du  Scorpion  }.  La  longitude  de  k  Comète  croiiibit  ^'. 
toujours  vers   l'ed ,    mais  fà  latitude  diminuoit.  Loriqu'elle  « 
commejiça  à  paroître  ,    fa  queue  étoit  tournée  vers  le  nord  ;  es 
elle  fe  tourna  enfuite  par  l'efl  du  côté  du  fud ,  &  elle  s'éten-  c; 
doit  JLifqu'à  l'étoile  Alîair  du  Vautour  volant  (et,  de  l'Aigle  ).  k 
Le  premier  jour  qu'on  vit  cette  Comète ,  fa  latitude  étoit  de  « 


(d)  Selon  M,  Dunthorne  ,  ie 
chiffre  2  ,  dans  ce  nombre  de  degrés, 
a  été  altéré  par  une  autre-  main  :  ce 
Savant  penfe  qu'il  y  avoit  oviginai- 
rement  i6  degrés.  En  effet,  l'Auteur 
dit  que  la  latitude  de  la  Comète  était , 
le  i/"^  Septembre,  de  20  degrés  ,<3c  j  feptenîrionale, 
que  cette  latitude  diminuoit-  tous  les  i 


jours.  Mais  il  me  femble  qu'il  ne 
faut  entendre  ztxit  diminution  jour- 
nalière que  de  la  fin  de  Septembre  & 
jours  fuivans  ;  car  ,  félon  Pachymère 
&  les  annales  Chinoifes ,  la  latitude 
devenoiîd'abcrd  de  jour  en  jour  plus- 


422  Histoire 

>»  plus  Je  10  degrés.  Le  jour   de  Sainte  Foy  [6  Odobre  ) , 

w  à  i'heure  fufdite ,  ie  iieu  de  la  Comète  étoit  dîins  un  degré 

*  MSS.       du  Sagittaire,  avec  une  latitude  de  lo  degrés  au  nord  ^  » 

Ccmtabr.  Phiïof.  Uj^  Hiftorieu  date  feulement  du  mois  d'Oétobre  l'apparition 

'  .,',  n        de  celte  Comète''.  Un  autre  la  fait  durer  iulqu'au  mois   de 

«  r//V<îiW  Janvier    :    celui-ci  lans  doute  a  juge  quelle  n  etoit  quune 

uiu   VIII,    feule  &  même  Comète  avec  la  fuivanie. 

cai>,  xLvii.  YiW^n  la  première  Comète  de  i  3  o  i  a  été  obfervée  à  ia 
Chine.  Lailîànt  de  côté  le  peu  qu'en  dit  le  P.  de  Mailla , 
qui  n  étoit  pas  Aflronome,  voici  ce  que  le  P.  Gaubil  nous 
en  apprend.  Au  jour  Keng-tchïn ,  huitième  Lune  (  16  Sep- 
tembre) ,  elle  étoit  en  24  degrés  40  minutes  de  la  conftei- 
lation  TJi'^ë  (  ^^4^1^^^^  formée  par  les  pieds  des  Gémeaux, 
commençoit  alors  à  25^^  32'  des  Gémeaux  ).  La  Comète 
alla  à  Nan-ho  (  Procyon  ;  la  latitude  étoit  donc  auilrale  )  :  fa 
queue  étoit  longue  de  5  degrés.  Elle  courut  enfuite  au  nord- 
ouefl ,  traverfa  les  étoiles  Ven-tchang  (  e ,  f ,  ô  ,  u ,  (p ,  h  de 
la  grande  Ourfe  ) ,  celles  du  Fé-téou  (du  grand  Chariot), 
&  les  trois  Koung  (  trois  petites  Etoiles  dans  ia  tête  d'Aitérion , 
au  fud  de  -a  de  ia  grande  Ourfe  )  :  la  longueur  de  fa  queue 
fut  de  10  degrés.  Elle  entra  dans  le  Tien-che  (où  font  la 
Couronne,  les  têtes  d'Hercule  &  du  Serpentaire,  &c.  )  Sou 
apparition  fut  de  quarante-fix  jours.  Il  fuit  de  cette  delcrip- 
îion ,  I .°  que  la  Comète  a  paru  d'abord  dans  i'Ecrevifle ,  & 
qu'elle  a  dilparu  vers  le  Sagittaire  :  en  conféquence ,  on  ne 
peut  prendre  à  la  lettre  ce  que  dit  Pachymère,  que  la  Comète 
efl  revenue  vers  la  fin  de  fon  apparition  au  lieu  où  on  i'avoit 
d'abord  obfervée;  Pachymère  convient  qu'il  étoit  jeune  alors, 
&  que  fon  récit  fur  les  mouvemens  de  cette  Comète  étoit 
contredit  par  d'autres  témoins.  La  Comète  a  fans  doute  paru 
à  l'occident ,  mais  à  la  fin  de  Septembre ,  après  avoir  patlé 
par  fa  plus  grande  latitude  boréale,  &  non  auparavant.  2.*^  Si 
îa  Comète  a  eu  20  degrés  de  latitude  le  i.^*^  Septembre, 
comme  on  ie  dit  d'après  les  manufcrits  de  Cambridge,  celte 
iatitude  a  dû  être  auflraie  &  non  boréale,  puifque,  ielon  \ts 
obfervaîions  Chinoifes,  la  Comète  étoit  encore  au-delà  de 


x>ES    Comètes,  423:' 

i'éclîptîque  ié  16  du  même  mois.  ^ ."  On  peut  conclure  de^ 
obfervations  Chinoifes ,  que  le  nœud  afcendant  de  l'orbite 
de  cette  Comète  étoit  vers  ie  milieu  du  figne  du  Béiier  ; 
fon  inclinaifon  à  l'écliptique  de  do  ou  70  degrés,  ou  peut- 
être  même  davantage;  le  mouvement  rétrograde,  la  diftance 
périhélie  moindre  que  la  demi  -  diftance  du  Soleil  à  la  Terre; 
le  périhélie  dans  le  Capricorne  :  la  Comète  y  aura  pafle  avant 
la  fin  d'Oélobre ,  mais  non  pas  avant  ie  milieu  de  ce  même 
mois.  Ces  élémens  généraux  repréfenteront ,  à  quelques  degrés 
près,  les  obfervations  de  Cambridge.  J'ai  cherché  inutilement 
une  théorie  plus  précife  ;  les  oblervateurs  Anglois  de  ces  fiècles 
reculés  n'étoient  point  des  Newton ,  àes  Hailey ,  à^s  Bradley  : 
)e  puis  répéter  que  leurs  obfervations  n'ont  été  retirées  de 
l'oubli,  que  pour  donner  la  torture  aux  calculateurs  trop  zélés. 

1 3  o  I .   *   Seconde   Comète. 

Avant  Noël  on  vit  une  Comète  du  côté  de  Tocciclent , 
après  le  coucher  du  Soleil  ;   elle  fe  couchoit   avant  minuit  ; 
elle  parut  durant  quinze  jours  ^  L^/7rf;w/>r  de  Décembre  elle  ^  Sifrid.  Rkoh. 
étoit  dans  le  Verfeau  ou  dans   les    PoifTons  ^    En  îllande,  'pjnfjfj'' 
on  la  vit  depuis  le  commencement  jufqu'au  milieu  de  l'hiver.     ^  Rock,  Luh, 
A  Berghen  en  Norvège ,  elle  fut  vue  avant  le  Carnaval ,  &  '^'^^^^' 
à  B.ome  avant  la  fête  de  Pâques.  Si  cela  ell,  elle  a  dû  paroître      zdda. 
plus  de  quinze  jours.  Un  Italien  dit  en  général  5  qu'en   ijoi 
on  vit  à^i  Comètes.  Chron,  Bcjf, 

1302.   Dans  le  temps  que  Matthieu  Viiconti  fut  dépouillé 
de  la  fouveraineté  de  Milan  (en    Juillet    1302),    on  vit 
une  Comète  au   nord  ;   fa   queue  étoit  tournée  du  côté   de 
Milan.  Quelques  Ecrivains  difent  que  la  bataille  de  Courtrai,    -^nnai.Medy, 
livrée  ie  11  Juillet  1302,  fuivit  immédiatement  l'apparition 
d'une  Comète.    Mais  ceia  peut  s'entendre  d'une  des  Comètes   Rokw.Pontan,, 
de  1301.    A  plus  forte  raifon  a-t-on  lieu  de  foupçonner   '     '     ^ 
d'erreur  ceux  qui  difent  qu'en   1302,  en  automne,  on  vit 
du  côté  de  l'occident,    dans  ie  Scorpion,  une  Comète,  qui 
dura  un  mois ,  &c.  ces  caradères  appartiennent  évidemment    stevon,  contïn 
a  la  première  Comète  de  130 1.  L^^> 


424*  H  r  s  T  0  î  R  E 

120'^,     Avant  ia  mort  de  Mechtilde ,  fœur  Je  l'empereur 

ÂnnaJ,  Adii.  Albert,  on  vit  une  Comète  en  automne  durant  un  mois.  Ne 

P.i,  hXJiV,   ç^^qI[_ç.q  pas  encore  la  première  de  1301  !  Celle  de  1303  , 

dit-on,    reflembloit  à  une  colonne  de  feu,    qui  deicendoit 

RkcL  KecL    fur  terre ,  &  remontoit  auffitôt.  Quelques-uns  de  nos  Comé- 

^''''''''  too-raphes  modernes  ont  alTez  de  difcernement  pour  douter 

HeWi,         {i  ce  dernier  phénomène  étoit  une  vraie  Comète,  ou  même 

fi  les  Écrivains  qui  rapportent  de  tels  faits ,  n'ont  pas  un  peu 

MuUn.c.xKi.  trop  compté  fur  la  crédulité  des  fimples. 

1304. 

^Syn.  ChromU       JJnç  Comète  parut  durant  foixante-feîze  jours  ^ ,  ou  pendant 
v.'lg'^.'     '  trois  mois,  du  côté  du  fèptentrion'^,  à  la  douzième  Lune  de 
b  Lj>c.  Rock,  l'année  1303^,  donc  en  Janvier  ou  Février  i  3  04.  Le  Père 
-^"''''  Gaubil  parle  deux  fois  de  cette  Comète ,  &  femble  la  rapporter 

p.  //'t  ''  '  à  deux  années  différentes ,  à  la  feptième  &  à  la  huitième  année 
Ta-îé ;  cette  contradiélion  n'eft  qu'apparente.  En  la  feptième 
année  Ta -té,  douzième  Lune,  jour  Keng-fu  {3  Février 
1304),  la  Comète  fut  obfervée  dans  la  confleilation  Che 
(  ce ,  /2  de  Pégafe  )  ;  elle  alla  jufqu'au  palais  Tjé-ouey  (  enceinte 
à'&s  Etoiles  qui  ne  fe  couchent  pas  )  :  elle  traverfa  les  Etoiles 
Teng-ché  (entre  la  queue  du  Cygne  &  Céphée).  Son  appa- 
rition fut  de  fbixante-quatorze  jours.  La  huitième  année  Ta-té 
avoit  commencé  en  Chine  dès  le  6  de  Février.  Ainfi  la  Comète 
a  voit  commencé  à  paroitre  dans  la  feptième  année;  mais  prefque 
toute  la  durée  de  fon  apparition  concouroit  avec  la  huitième 
année.  D'ailleurs  il  n'y  a  point  eu  de  jour  lù/ig-fu  durant  la 
douzième  Lune  de  la  huitième  année  Ta-té.  Il  efl  donc  hors 
de  doute  que  l'an  1 3  04  eft  la  véritable  année  de  l'apparition 
de  la  Comète. 

1305,  "^ 

Trois  jour5  avant  Pâques ,  &  trois  jours  après ,  on  vit  une 

Chon.Bothon.  gvaude  Comète  avec  une  longue  queue,  C'efl probablement 

libfi'n,  Ftincc.  ^'l'i  retour  de  la  Comète  d'Hailey.    Struyck  paroît  incliner 

'BucauuFryjkb,  ^  différer  ce  retour  jufqu'en  1^06  \  mais  tous  les  Ecrivains 

qui 


DES     Comètes,  42  5 

qui  parient  de  cette  Comète  ,  en  rapportent  Tappantlon  à  l'an 
1305.  D'ailleurs  Pâques  en  1305  tomboit  au  18  Avril,  &: 
en  1306  au  3  du  même  mois  :  or  l'orbite  de  la  Comète  de 
Hailey  efl  tellement  placée ,  que  cette  Comète  a  pu  paroître 
fort  belle  vers  le  1 8  Avril  1305,  &  beaucoup  moins  belle 
Ters  le  3  Avril  de  l'année  fuivante. 

><->        I ,    a  *  Caf,  Lavât i 

1307.   Comète  .^                           ^                ,       .            .  Aiji.Lub.Hév. 

1 3  I  I .  Lorfque  l'empereur  Henri  VII  aflîégeoît  Brelcîa  ,  b  Muffat.  /, 

on  vit  en  France  un  Afîre  inconnu  &  menaçante  On  joint  ^•^^^-^"''p^J; 

à  ce  phénomène  des  Éclipfes  de  Lune  &:  de  Soleil,  qui  n'ont  „..  T.l'.xviii, 

certainement  pas  eu  lieu  en  i  ^  i  i.  ^V,[%  ^^"^' 

13  12.   On  vit  une  Comeîe  pendant  quatorze  jours  .  c^^.^^  Bucdin- 

13  13.  Avant  la  mort  de  l'empereur  Henri  VII,  on  vit,  le  Fabrk.  memor. 

jour  même  de  l'Epiphanie,  une  Étoile  chevelue  très-brillante;  ^fJl'h.^'^^'^' 

elle  étoit  dans  le  figne  de  la  Vierge  :  elle  fut  fui  vie  d'une  à  AnnaiTrevir. 

Écliple  de  Lune'^.   L'Éclipfe  de  Lune  avoit  plutôt  précédé ,  ^-^^^  ixviu 

étant  arrivée  le   14  L/ecembre  13  12.  m^  c.xvi 

if  XV lU 


1313.   * 


En  la  deuxième  année  du  règne  de  l'empereur  Gin-tjong,    Sj>n.  c/im^ 
deuxième  année  Hoang-kin ,  jour  Ting-ouey ,  troifième  Lune 
(13  Avril  )  ,  on  vit  à  la  Chine  une  Comète  dans  la  conftel- 
iation   Tfmg  (pieds  des  Gémeaux).   En  Europe,   «  le   16      Gauùïl, 
Avril ,  Jupiter  &  Vénus  furent  en  conjonélion  dans  le  figne  « 
des  Gémeaux.  Quatre  jours  après  on  vit  en  Italie  une  Comète  « 
vers  ie  lieu  du  ciel  où  le  Soleil  paroît,  lorfqu'il  efl:  près  d^en-  « 
trer  dans  les  eaux  de  l'océan  :  fa  queue  chevelue,  iemblable  à  <« 
une  fumée  blanchâtre ,  s'étendoit  à  la  diftance  de  vingt  pieds  ^^ 
du  côté  de  l'occident    (  il  faut  lire,    du  côté  de  l'orient).  « 
Après  s'être  afFoiblie  peu-à-peu  durant  quinze  jours,  cette  « 
Comète  enfin  s'évanouit  ^  «  D'autres  Hiftoriens  témoignent     *^^ufae.l, 

•II  I      /^         ^         r  T         A    /     I     i>         •  î  k      I.XV,rul)r,.ifm 

pareillement  que  la  Comète  tut  vue  du  cote  de  1  occident'';  h chron, Bown, 
donc  fa  queue  ne  pou  voit  regarder  l'occident.  Un  Ecrivain  Cf"'on^  Slau. 
dit  qu'elle  fe  retira  du  fepîentrion  au  midi  :  un  autre  ajoute       MiHd, 
«qu'elle  fuivoit  le  mouvement  de  Mars.  uka 

Je  trouve  qu'en  1 3  1 3  on  vit  une  terrible  Comète  ^  qui 
Tome  L  Jihh 


.^w.^,.£^.  42-6  Histoire 

col  i^yd.      paroiiïànt  durant  près  de  quatre  mois  ,    ne  difparut    qu'en 
v.sl's'^'^^'  ^3  ^4'""'  ^^^^  n'auroit  donc  commencé  à  paroître  qu'en  Sep- 

'  CAron.  Cù/i.  temhre  ou  pius  tard.  li  y  a  iieu  de  foupçonner  que  cette 
Y'i^'C^'""'^  Comète  eft  celle  de  i  ^  i  s  .  anticipée  de  deux  ans. 
Chron.Nuremh.  Le  T.  de  Mailla  dirtere  1  apparition  de  la  Comète  de  i  3  i  3' 
'^AimninRui  j^^^î^'^  ^^  douzièiTie  Lunc ,  ou  julqu'en  Janvier  13  14^.  Mais 
uxxi.c.iji,  comme  il  la  fait  auffi  paroître  dans  la  conftellation  Tfing ,  ii 
en. ^.  Statmki.  ç^  probable  qu'il  s'eft  gliffé  dans  fon  Ouvragée  une  erreur  de 

^  Kecher        Hombre,  ocquil  tant  lire  troijieme  Lune  au  lieu  de  douzième 
'Mkc,  Lubien.    Lunc,  comme  dans  le  P.  Gaubil. 

*"  Chrnn,  Citi:^, 
'Bodin.  LU.  1514,''^ 

^  Chron,  /^         '  r^  \  i  tttt«t/t 

'.H''rfaug,ch)'on-  On  Vit  une  Comète  vers  le  nord ,  dans  les  derniers  degrés  de 
Nufemb"'    1^  V^^^g^  ^\  ^1^^  parut  ûu  mo'is  d'Oâohre'^  durant  trois  jemaines  ^, 

'Antonin,  iTc,   OU  pendant  un  mois  &  demi^,  ou  même  durant  trois  mois 

^Pontan.  i,  VI.  prefque  entiers  ^.  Elle  fut  vue  pour  la  première  fois  le  i  .^"^  Mai , 
ûgec.c.iv.  &  l'on  continua  de  la  voir  durant  dix  mois,  li  nous  voulons 
Aiedtûi.      en  croire  Pontan^  Il  eft  enfin  d^s  Annaliftes  qui  anticipent 

eap.  Lxxxvi.  à  cette  année  l'apparition  des  deux  Comètes  fuivantes. 

IChm.Engelh.  •     ^  ï  3  I  S    *     &    I  2  I  6  *. 

oteron,  Niem.  J      7  J 

Medb.  "pabr.        **  Depuîs  îc  moîs  dc  Décembre  i  3  i  5  »    dit  un  Ecrivain 
MJa.  L  II, ,,  du  feizième  fiècle,  jufqu'aii  mois  de  Février  de  l'année  fui- 

CaMs,  ire,  '       \  d-^         \  p  •CL'  I 

""  Ch       **  vante,  on  vit  deux  Comètes;  lune  en  conjonction  avec  la 

Verd.  Zan'tfi,  »  Planète  de  Mars ,  i'autre   renfermée  dans  le  cercle  polaire 

'MetiMix.  "  ^f^ique.   L'une  &  l'autre  a  été  décrite  par  un  Aftronome  de 

c.H.  Cagiiin.   Cologne ,  dont  j'ai  vu  &  lu  le  manufcrit'».  Ces  deux  Comètes 

%aub\i Mailla  P^i'Lirent  du  côté  du  feptentrion,  félon  d'autres  Auteurs^;  & 

t.ix,p,;i^,  en  effet,  j'ai  calculé  le  iieu  de  Mars;  cette  Planète  étoit  alors 

'„  '^'  dans  l'Ecréviffe,  avec  une  latitude  boréale ,  &  par  conféquent 

T^otom'. Niem.'  en  deçà  du  Tropique  d'été.  Un  grand  nombre  d'Hiftoriens 

{^ron.Beig.    parlent  des  deux  Comètes';   quelques-uns  ne  font  mention 

"Chron.  Verd.  ^"^  d'uue    leulc "^.   La  première  étoit  plus  grande   &   plus 

'Meier.  Annal,  éclatante  ouc  la  féconde";  c'eft  ians  doute  pour  cette  raifbn 

Flandr.  l.  XI,  i      r  A  '.'  '  '        \  -  '.    v 

Bariand.      <^ue  la  lecoiide  aura  ete  moms  remarquée.  La  première  etoit 
€ap.  Lvi,    tl'uae  grandeur  prodigieufe  "  ;  on  la  découvrit  vers  la  fête  de 


DES    Comètes.  427 

Saînt-Thomas  (21  Décembre^),  ou  vers  Noè'i^;  eiie  dura  //^ 


Hanns, 


iufqu'après  la  fête  de  la  Chandeleur,  2  Février^.  Elle  îournoit    "^/i^rm.  Poh 

'  T  AI         o        II      /  T    •    r    I  I'      •  Steron.  Anon. 

autour  du  pôle ,  oc  elle  etendoit  la  longue  queue  vers  1  orient ,  leoL  i  v,  &e. 
&  quelquefois  vers  les  autres  parties  du  ciel  ^ ,  circondance ,    "  ^"^"'  ^^°^' 
qui,  félon  Hagécius ,  fembleroit  plutôt  caraétérifèr  ia  féconde   ^ Sieron. Niem, 
Comète.   On  ia  vit  près  de  l'Étoile  de  Mars  ^    Selon  un  ^J""/^;^^^  ^^^^^ 
Auteur  contemporain ,  «  elle  commença  à  paroître  vers  le  B.  V. 
î."''  Décembre.  Elle   fuivoit  ie  mouvement  diurne,    &  de  « 
plus  elle  étoiî  alTujettie  au  mouvement  de  i'épicycie  de  Jupiter:  « 
car  autant  que  Jupiter,   avançant  dans  fon  épicycle,  déclinoit  « 
en  latitude  vers  le  nord ,  autant  cette  Comète  raontoit ,  en  « 
s'approchant    du  pôle  arélique;   non  pas   dans  une  parfaite  « 
égalité,  mais  au  moins  dans  une  certaine  proportion  de  mou-  « 
vement.  En  effet,  ie  vingt-cinquième  jour,  àla  vingt-feptième  « 
heure  du  mois  de  Décembre  vigefimâ  quinîâ  die ,  hora  XXV lî  ^ 
Decembris ,  elle  étoit  diftante  du  pôle  de    iS'^  ^y'  53",   &  « 
ie  XV  Janvier  à  XVII  heures ,   (à  diftance  au  pôle   n  etoit  <« 
plus  que  de  ^^  48^  39".  Cette  Comète  avoit  auffi  un  mou-  *« 
vement  femblable  à  celui   A^s  Planètes  :  en  conféquence  de  « 
ce  mouvement,  fa  chevelure  étoit  toujours  tournée  du  côté  ^ 
de  Jupiter ,  quoiqu'à  caufe  de  l'afpeél  de  la  diverfité ,  propîer  "■" 
diverftatîs  afpeéïum ,  ces  rayons  de  ia  Comète  parufîënt  un  « 
peu  s'écarter  de  cette  direélion  ».    En  effet ,   Jupiter  ne  fut     Mufat.  il, 
en  oppoiition  avec  ie  ooleil  qu  au  mois  de  revrier  13  16; 
donc  fi  ia  queue  de  la  Comète ,  fituée  près   du  pôle ,    étoit 
dirigée  à  l'oppofite  du  Soleil ,  elle  ne  pouvoit  pas  être  tournée 
précifément  du  côté  de  Jupiter.  Mais  iailîbns-ià  ces  rêveries 
aflrologiques  &  péripatéticiennes  que  leur  Auteur  fans  doute 
ne  concevoit  pas  plus  que  moi,  &  venons  à fes  obfervations. 
II  s'y  efl  d'abord  gliiîe  au  moins  une  erreur  de  chiffre.  A  la  pre- 
mière, Struyck  croit  qu'il  faut  lire,  le  2^  Décembre  à  XVIÎ  Smych,ij^p\ 
heures,  &  je  penfe  de  même.  li  ajoute  qu'on  pourroit  rapporter 
la  féconde  obfervation  au  5  Janvier  au  lieu  du  15,  une  X  dans 
ie  chiffre  Romain  XV  ayant  pu  facilement  fe  glilfer  dans  les 
premières  copies  de  Muffiti.  Le  but  de  Struyck  dans  cette  der- 
nière corredion  efl  d'établir  une  analogie  entre  cette  Comète 

Hbh  ii 


^28  Histoire 

&  la  dernière  Je  1 6 1 8,  dont  la  révolution  efl ,  felcn  lui,  de  cent 
cinquante-un  à  cent  cinquante-deux  ans,  &  dont  un  retour 
tomberoit  en  conféquence  fur  Tan  1 3  i  5  ou  1 3  i  6.  Mais  li  telle 
étoit  la  révolution  périodique  de  la  dernière  Comète  de  i  6  i  8  , 
elle  auroit  dû  revenir  vers  l'an  1770,  &  elle  n'a  pas  reparu» 
Celle  de  1315  a  été  obfervée  à  la  Chine  en  la  deuxième 
année  Yen-yeou ,  au  jour  Ping-îfe  de  la  dixième  Lune  (29 
Oélobre  i  3  i  5  )  ,  dans  le  Tay-ouey  (  comprenant  le  dos  ôc 
îa  queue  du  Lion^  partie  de  k  Vierge^  la  chevelure  de 
Bérénice,  les  Chiens  de  chafTe ,  les  pattes  de  derrière  de  la 
grande  Ourfe,  &c).  Au  jour  Ping -ou  de  la  onzième  Lune 
(28  Novembre),  ia  Comète  fut  au  Palais  TJé-ouey  (elle 
ne  fe  couchoit  plus  fous  l'horizon  de  Pékin).  Elle  traverfa 
-^  enfuite  la  conlleilation  Tchin  (le  Corbeau).  Soit,  qu'elle  ait 
eu  la  même  afcenfion  droite  que  \qs  Étoiles  du  Corbeau  ^ 
cela  ed  très-poffible;  mais  qu'on  ne  ia  faiïe  pas  fortir  pour 
cela  du  Tfe-oiiey  :  autrement,  on  lui  afTigneroit  une  route 
bizarre,  qu'elle  n'a  certainement  pas  tenue.)  Elle  alla  jufqu'à 
la  conlleilation  Toung-pi  (y  de  Pégafe,  cl  d'Andromède.) 
Elle  ne  diiparut  qu'au  jour  Keng-yn  de  ia  deuxième  Lune 
Gmhiï.  de  l'année  fuivante  (  i  i  Mars  1316.)  Ces  circonftances  ne 
peuvent  convenir  à  la  Comète  de  16  18.  En  Europe,  cette 
Comète  a  difparu  dès  le  6  Janvier,  luivant  une  feule  Chro- 

^Chmu  Cav,   niquc^  ;  d'autres  ne  la  font  diiparoître  qu'à  la  fin  de  Février  ^. 

hSteron.Niaru       Ceux  ciui  parlent  de  la  deuxième  Comète,  diient  qu'on  ia 

Chron.  kotom.  i         a  i      n       •  c     /^       •      ii»     i  '  i  > 

^chYon.Rowm.  voyoit  du  coté  de  ionent  .  Cavitelli  donne  a  entendre  qu  on 
.Wwn,  Niem.  Y\e  l'a  vue  qu'au  mois  de  Mai  131  6.  Si  cela  efl,  on  ne  peut 
irc^  '       *''  confondre  les  deux  Comètes  en  une  (èule. 

A  Weher.  ^3^7'    CoUlète  ^, 

*  Eckj},  Herl,       1318.   Comète  élans  l'Ecreviffc  ^.  Le  20  Janvier  de  cette 

même  année  au  foir ,   on  vit  une  grande  Etoile  >    dont  les 

rayons   s'étendoient  vers  les  quatre  parties   du  Monde  :   ce 

météore  ne  dura  qu'une  demi-heure ,  &  fut  fuivi  d'un  fécond 

Coms.hll,  cle  même  efpèce,  dont  la  durée  ne  fut  pas  plus  longue. 

^*^^^'  ^3  33^  Un  foir  ,   au  mois  de  Juin,   on  vit  une  grande 

Ghirard,     Étollc  avcc  unc  qucue  très-ample»^ 
p.  IL  t,  XXh  ^ 


DES    Comètes,  429 

1334. 

En  la  féconde  année  du  règne  de  l'empereur  Chim-Hoang-tî , 
on  vit  à  la  Chine  une  Comète  grande  comme  une  tafîe,  de 
couleur  rougeâîre,  avec  une  queue  très -éclatante,  &  longue 
de  cinq  coudées  ou  de  lept  pieds  &  demi.  Ce  phénomène 
fut  vu  dans  la  feptième  Lune  ou  vers  le  mois  d'Août.  Sj/n,  Chr&nol 

I  3  3  (j.   Une  Comète  commençant  a paroîîre  au  mois  de  Juin , 

fut  vue  durant  trois  mois.  C'elt  manifeftement  la  fuivante,        Anon.Leeh, 

lib.Vï. 

^3  37'  *  Prc'mière  Comète. 

Un  Hillcrlen  dit  que  la  mort  de  Frédéric,  roi  de  Sicile j, 
arrivée  le  2^  Juin  1337,  fut  annoncée  par  une  Comète  cjui 
parut  plufieurs  jours  auparavant,  vers  le  folftice  d'hiver.  Il  eil  BtmfglP.t, 
clair  qu'il  faut  lire  vers  le  fol  flic  e  d'été  ;  autrement  Buonfiglio  °  *i''i^  '- 
parleroit  d'une  Comète  que  perlonne  n'auroit  vue  ,  &  il 
palîèroit  fous  filence  une  dts  plus  belles  &  des  plus  grandes 
qu'on  ait  jamais  obfervées.  D'ailleurs  ,  le  folltice  d'hiver 
étoit  arrivé ,  non  plufieurs  jours ,  mais  plufieurs  mois  avant 
ie  23  Juin. 

La  célèbre  Comète  de  1337  fut  vue  à  la  Chine  depuis 
la  quatrième  Lune  jufqu'à  la  feptième ,  s'il  en  faut  croire  des 
Annales  imprimées  de  ce  Royaume  :  or  la  quatrième  Lune  Sjin>  Chrmi 
Chinoiiè  en  13^7  a  été  entièrement  renfermée  dans  notre 
mois  de  Mai  ;  ia  Comète  auroit  donc  été  vilible  dès  le  mois 
de  Mai.  Alais  le  Père  Gaubil  retarde  ces  dates  d'un  mois. 
Selon  lui,  la  Comète  fut  obièrvée  durant  foixanîe-trois  jours  ^ 
depuis  le  jour  Ting-mao  de  la  cinquième  Lune  (  26  Juin) 
jufqu'au  jour  Keng~ou  de  la  huitième  (28  Août  ).  Le  26  Juin 
elle  fut  vue  au  nord~eft ,  en  5  degrés  de  la  confteilation  Mao 
(les  Pléiades);  la  longueur  delà  queue  n'éîoit  que  d'un 
degré.  Au  jour  Vou-tchïn  (27  Juin),  elle  alla  fort  vite  au 
fud-oued,  dit  le  Père  Gaubil.  Mais  de  toutes  \qs  autres 
autorités,  &  de  celle  du  P.  Gaubil  lui-même,  il  eft  aile  de 
conclure  qu'elle  montoit  plutôt  au  nord.  Au  jour  Y-mao  de 
la  fixième  Lune  (il  y  a  encore  ici  néceifairement  une  faute 


430  Histoire 

de  copifle  :  la  fîxîème  Lune  de  l'an  1330  n'a  point  eu  de  jour 
Y-mao;  on  aura  peut-être  écrit  Y-mao  pour  Ki-mao ,  &  le 
jour  fera  ie  8  Juillet  ).  Alors  la  Comète  fut  près  des  Etoiles 
du  pôle  boréal,  jufqu'à  Tien-hoang-ta-ti  (petite  Etoile  dans 
le  pied  de  Céphée ,  près  de  1  Etoile  polaire).  Au  jour  Ting- 
%éou  (  -lG  Juillet  ) ,  la  Comète  fortit  du  palais  Tfé-ouey^  (  elle 
commença  à  fe  coucher  fous  l'horizon  de  Pékin;  les  Etoiles 
du  Tfé'Ouey  font  celles  qui  ne  fe  couchent  jamais  ).  Au  jour 
Vou-fu  (  27  Juillet  )  on  1  obferva  près  de  la  Couronne  boréale 
&  àes  Etoiles  Tien-kï  (  qui  font  au  voifmage  de  la  Couronne 
à  i'eft).  Au  jour  Keng-tfé,  feptième  Lune  (  2p  Juillet), 
elle  fut  près  de  ï%ioï\^  Ho-kien  (y  d'Hercule)  ,  &  elle  entra 
ckns  le  Tien-ché,  (  Il  (emble  qu'elle  étoit  dans  le  Tïen-ché 
àhs  ie  27  ou  même  dès  le  26  Juillet  ;  mais  cette  confidération 
eli:  ici  de  peu  d'importance).  Au  ]oux  P'wg-ou  (4  Août), 
elle  fut  près  de  l'Étoile  Lié-fé  [m  ou  n  d'Hercule).  Au 
j,our  Kï-yéou  (  7  Août  ) ,  la  grande  lumière  cle  la  Lune  empêcha 
de  voir  la  Comète  ;  elle  lortit  du  Tien  -  ché  (  elle  traverla 
i'équateur  dans  le  Serpentaire).  Elle  palla  enfuite  près  de 
i'Etoile  Léang  (  J^  du  Serpentaire).  Au  jour  Sin-yéou[  19 
Août  ) ,  {es  rayons  étoient  foibles  ;  elle  étoit  au  nord  de 
l'Étoile  Fang  (  front  du  Scorpion  )  ,  &  fort  difficile  à  obferver  s 
elle  parcourut  en  foixante  -  trois  jours  quinze  conflellations , 
depuis  Mao  jufqu'à  Fcmg.  Le  P.  de  Mailla  lui  fait  parcourir 
le  même  nombre  de  conftellations ,  &  lui  donne  foixante- 
■Afd//ii,^ /a;  quatre  jours  de  durée. 

I),  s6p,  £1^  Europe,  on  obferva  cette  Comète  àhs  le  commen- 

*Vili,fGm',)  cernent  de  Juin,  dans  le  figne  du  Taureau,  au  nord^  Dans 

hXLc.Lxvi.  ce  même  mois  on  la  yit  dans  les  Gémeaux'^  vers  la  fête  de 

^SuenoJ.Xl.  Çaint-Jean-Bapîiile,  ou  vers  le  24  Juin'^  :  elle  avoit  alors 

'yE<yid"apud  une  forte  déclinaifon  boréale^  puifqu'elle  approchoit  du  pôle 

'Struyck.i^;!,  arcftique,  &  que  le  lendemain  elle  étoit  entre  les  deux  pôles 

^''àGîfdi      4e  f éclipîique  &  de  i'équateur'^.  Ces  dernières  drconftances 

ibid_,  '    font  extraites  à^s  manufcrits  de  Cambridge,  cités  par  Struyck» 

L'expreffion  vers  la  fête  de  Saint- Je  an  eli  bien  vague.  Ou 

4it  d'ailleurs  que  la  Comète  ne  fut  entre  les  deux  pôlei  que 


DES    Comètes.  '431 

vers  ie  8  Je  Juillet,  II  femble  que  ces  manufcrits  de  Cam- 
bridge n'aient  été  tirés  de  la  poulFière  que  pour  einbarraffer 
ies  Cométographes.  Un  Auteur  dit  que  la  nuit  du  2.3  au 
2.^  Juin,  on.  vit  la  Comète  entre  l'occident  &  le  midi.  Ce  Spécial  i.vill, 
fait  efl  unanimement  démenti  par  tous  les  autres  Hiftoriens  '^'  ^^^^' 
Latins,  Grecs  Si  Chinois.  Le  Fr,  Gilles,  déjà  cité,  dit  que 
du  pôle  arctique  la  Comète  continua  fa  route  vers  ie  midi , 
déclinant  cependant  un  peu  vers  l'eft  par  un  mouvement 
rétrograde,  puifque  dans  Tefpace  de  fix  femaines  elle  dirigea 
fa  route  vers  ies  Planètes  de  Saturne  ôc  de  Mars  ,  qui  étoient 
alors  dans  le  Scorpion  ;  mais  qu'avant  de  les  atteindre ,  elle 
5'évanouit.  Tout  cela  efl  un  vrai  gaiimathias  qui  ne  fait  que 
déceler  l'ignorance  de  l'Auteur  du  manulcrit.  Un  autre  Écri- 
vain dit  que  le  mouvement  de  la  Comète  étoit  d'orient  en 
occident ,  ce  qu'on  peut  bénignement  entendre  du  mouvement  MeU, 
diurne. 

A  Conftantinople  ,    «  ie  Soleil  ayant  atteint   le  folftice 
d'été,  la  Comète  commença  à  paroître  tous  les  foirs,  vers  « 
ies  parties  feptentrionales  de  l'horizon  ;   elle   fembloit  avoir  ^ 
pris  fon  origine  vers  les  pieds  de  Perfée ,  lefquels  font  peu 
éloignés  de  fépine  du  Taureau.  Sa  chevelure  s'étendoit  au 
loin  vers  l'orient.  Partant  donc  àes  pieds  de  Perfée ,  cet  aftre 
s'avançoit  tous  les  jours  d'environ  trois  degrés  vers  ie  nord. 
Ayant  paffé  le  pôle  boréal ,   il  traverfa  la  petite  Ourfe ,  Its 
plis  du  Dragon  ,  toucha  le  pied  droit  d'Hercule ,   paiîa  par 
la  Couronne,   &  la  main  gauche   du   Serpentaire  :  enfin  fa 
chevelure  étant  diffipée ,  il  ceiîa  d'exifler  ».  Voilà  un  détail     Greg.  l  Xli 
afîez  circonltancié  des  mouvemens  de  cette  Comète;  il  feroit  ^'  ^'  ^^^'  ^' 
à  defirer  queGrégoras,  qui  nous  l'a  lailîe,  eût  déterminé  le 
temps  de  chaque  oblervation.  Il  dit  que  la  Comète  commença 
à  paroître  vers  ie  folftice  d'été  :  cela  efl  bien  vague.  Savoit-il 
d'ailleurs   quand   arrivoit  ce  folflice  !  Il  fè  trompe  de  cinq 
jours  fur  le  terme  de  l'équinoxe  du  printemps  :  or  cinq  jours 
d'erreur  fur  les   obfèrvations  d'une   Comète    qui  palîë  fort 
près  de  ia  Terre ,  peuvent  occafjonner  des  erreurs  confidérables    - 
dans  la  détermination  dQs  élément  de  ion  orbite.  Nonobflant 


432  Histoire 

les  incertitudes  qui  réfultent  de  ces  réflexions,  Halley  a  cru 
pouvoir  calculer  forbite  de  la  Comète  de  1337  Tur  les  feuies 
obfervations  de  Grégoras.  J'ai  voulu  appliquer  la  théorie  de 
Hailey  aux  obfervations  Chinoifes;  les  erreurs  ont  quelquefois 
excédé  20  degrés.  En  conféquence,  j'ai  calculé  l'orbite  fur 
nouveaux  frais,  &  j'ai  trouvé  pour  réfultat  ies  élémens  fuivans , 
qui  repréfentent  alTez  bien  tant  les  obfervations  de  Grégoras 
que  celles  àes  Aftronomes  Chinois. 

Lieu  du  nœud  afcendant 2*"     6^     2.2.' . 

Inclinaifon  de  i'orbite 32.     11. 

Lieu  du  périhélie o.   20.       o. 

Logarithme  de  ia  diftance  périhélie 9,809240. 

Paflage  au  périhélie   en  Juin IJ     o'^     40'. 

Sens  du  nî.puv.ement Rétrograde. 

Selon  la  théorie  propofee  par  Halîey,   îe  lieu  du  nœud 

&  celui  du  périhélie  font  plus  avancés  de  \j^  59',  i'incli- 

naifbn  &  le  fens  du  mouvement  font  \qs  mêmes ,   le  loga- 

rittime  de  la  diftance  périhélie  efl  9,600)236  ;   enfin,   la 

^  Hall  Cornet,  Comètc  a  été  périhélie  le  2  Juin  à  6^  34^^ 

^  Arentin.  ^       ^  ,     , 

///;.  VU.  La  plupart  des   écrivains  Européens   donnent  trois  ^   ou 

l  xi.c.LxvL  quafi'e  mois  *^  de  durée  à  l'apparitioiî  de  cette  Comète.  En 
Chron.  citii.  Normandie  elle  ne  fut  vue ,  à  ce  qu'il  fèmble ,  que  durant 
"^ilfnl^.^Rhfu  ^^5  quinze  derniers  jours  de  Juillet  &  les  quinze  premiers 

StdmdehBodln.  d'AoÛt '^^ 

^.Chron.  Rotm'  I  ?  ^  7.   Secondc  Comète* 

Waifmg.  Hifi,  :>:>/ 

L'apparition  de  cette  féconde  Comète  n'eft  pas  aufîi  £onf- 

îatée  que  celle  de  ia  première  ;  la  féconde  ne  fut  point  obfervée 

^ViihfGiov.)  à  \^  Chine,  Cependant  prefque  tous  les  auteurs  Européens, 

'«'  ViiL-Buceiin.  ^^^^  *^"^  parlé  de  la  première,  s'accordent  à  dire  que  lorfqu'elle 

Chron.  Cnij,   paroifToît  encore,  on  en  vit  une  féconde  dans  l'Écreyifîè ^ î 

Ch-on,  Kf*  celle-ci  dura  deux  mois^  ou  trois ,  félon  quelques  Modernes^. 

'Staindd,  iTc.  Struyck  croit  que  cette  Comète  pourroit  n'être  autre  chofe 

Fr kk'  ^"^^'  ^^^  ^^  planète  de  Vénus  ,   laquelle  fut  vue  à  la  Chine  en 

pleiiî 


DES    Comètes,  433 

pîeîn  Jour ,  depuis  la  Septième  Lune  juiqu'à  la  onzième,   li    Syn.  Chmu 
eft  vrai  que  Vénus  étoit  vers  ce  tenips  dans  Ton  plus  grand 
éclat  ,   ayant  pafîë  par  fa  conjondion  inférieure  à  la  iin  de 
Septembre.  Mais  \es  Hilloriens  qui  font  mention  de  la  féconde 
Comète  de  1337,  nous  affurent  qu'elle  a  paru  dans  l'Ecre- 
vifle,   &  lorfque  la  première  paroiiïbit  encore;  l'apparition     F7/.  &  alii 
de  la  première  n'a  même  précédé  que  d'un  mois  celle  de  la  '^"^"' 
féconde  :  or  Vénus ,  depuis  le  mois  de  Mai ,  n'a  point  paru     Cabh, 
dans  l'Ecreviiïe.   De  plus  ,    on  ne  nous  dit  pas   que  cette 
féconde  Comète  ait  paru   en   plein   jour.   Vénus    depuis  le 
mois  de  Février  paroilToit  tous  \çs  foirs  à  l'occident ,  &  con- 
tinua d'être  vifible  à  la  même  heure  jufqu'au  commencement 
de  Septembre  ;   il  n'étoit  pas  poffible  qu'on  la  prît  durant 
deux  mois  pour  une  Comète.   Ces  confidérations   ne  me 
permettent  pas  de  foufcrire  à  l'opinion  de  Slruyck.  Styuycii,ij^o>^ 

1338.* 

La  fête  de  Pâques  tomba  cette  année  au  1 2   Avril  :  or , 
durant  l'oélave  de  cette  fête,  on  vit  encore  une  Etoile  che- 
velue;   elle    dura   quinze  jours    &    plus.    On   la    découvrit    Chon,Rmm 
d'abord  le  i  5  Avril  ;  elle  paroiiFoit  aiîez  près  de  la  Terre  ; 
mais  elle  n'étoit  pas  belle,  on  ne  la  voyoit  pas  avec  plaifu*: 
elle  étoit  fans  chevelure.   Le  Mercredi  i  5   Avril ,  le  Soleil     ISlangis» 
étant  dans  le  Taureau  ,   la  Comète  étoit  vers  le  commen- 
cement des  Gémeaux  :  fon  mouvement  étoit  d'occident  en 
orient,  avec  quelque  déclinailon  vers  le  nord  :   elle  fuivoit 
ie  Soleil ,  &  fe  couchoit  vers  le  milieu  de  la  nuit.  Le  1 7  Avril 
elle  étoit  en  24  ou   25    degrés  à^s  Gémeaux  :    une  ligne 
tirée  par  l'étoile  de  la  Chèvre  8c  Jupiter  ,   touchoit  prefque 
ia  Comète.  Struyck  a  calculé  le  lieu  de  Jupiter  pour  le  i  5  yEgîd..^truycJii 
Avril  1338  ,  à  neuf  heures  &  demie  du  foir,  temps  moyen,  '7SS'F'-^°<'- 
au  méridien  de  Londres  :  il  a  trouvé  la  longitude  de  cette 
Planète  en  ^^ ^^  2,'  50",  avec  une  latitude  boréale  de  %%'  20". 
Le  17  du  même  mois,  Jupiter  ne  pouvoit  être  éloigné  de 
cette  même  polition  :  je  dis  le  ij;  car  il  me  paroit  mani- 
fefte  par  le  paflage  même  du  Frère  Gilles  ,    tel  qu'il  ell 
Tome  I,  1  i  i 


Cavit. 


43^  Histoire 

rapporté  par  Struyck,  que  ce  Frère  n'avoit  pas  obfervé  plus  tôt 
la  Comète.  Il  l'obferva  durant  quatre  jours  ,  à  commencer  du 
17  Avril  ;  &  du  mouvement  apparent  de  la  Comète  pendant 
ces  quatre  jours ,  il  conclut  que  s'il  étoit  vrai ,  comme  on  le 
difoit,  qu'elle  eût  été  oblèrvée ailleurs  Ahs  le  i  5  Avril,  on  avoit 
dû  l'observer  vers  le  commencement  du  ficrne  des  Gémeaux. 
Nous  n'avons  donc  de  véritable  oblervation  de  cette  Comète, 
que  celle  du  17  Avril;  elle  fut  ce  jour  là  en  24  ou  2  5  degrés 
des  Gémeaux,  avec  une  latitude  boréale  de  17  à  18  degrés. 
Le  Frère  Gilles  préfenie  d'ailleurs  le  lieu  de  la  Comète  par 
des  configurations  de  triangles  auxquelles  je  n'entends  rien  : 
il  dit  que  fi  la  Comète  eût  fuivi  la  route  qu'elle  lembloit 
tenir  les  quatre  premiers  jours  de  Ton  apparition ,  elle  auroit 
atteint  la  planète  deSaturne,  qui  étoit  alors  dans  le  Scorpion. 

Je  ne  parle  point  de  quelques  Ecrivains,  qui ,  par  erreur 
de  chronologie ,  rapportent  à  cette  année  l'apparition  d'une 
àts  Comètes  de  1 3  ^  7  ^  ou  de  celle  de  i  3  40  ''. 
k  Eckji.  Lui.        1 3  3  0.   Comète  ^.  C'efl  certainement  la  fuivante. 

*  Eber.Peucer,  ■>  ■>  ^ 

Gare,  ,  ^  .  ^      ^ 

1340. 

«  La  faifon  de  l'hiver  étant  écoulée ,  le  Soleil  parcourant 

3'  déjà  le  figne  du  Bélier,  une  Comète  en  forme  d'épée  parut 

»  dans  le  ciel.  Semblable  d'ailleurs  à  celle  que  l'on  avoit  vue 

"  trois  ans  auparavant  ,   elle  n'étoiî  point  dans  le  même  lieu 

«  du  ciel  ,   elle  n'avoit  pas  le  même  mouvement  ;    car  on  la 

M  vit  d'abord  vers  la  ïm.  du  figne  de  la  Balance ,  au  lieu  où 

«  fe  trouvoit  alors  l'épi  de  la  Vierge:  àç.-W  elle  rétrogradoit 

5>  chaque  jour  de  5  degrés,  jufqu'à  ce  qu'elle  parvînt  au  fjgne 

^Gregor.lXl.  du  Lion  ,  où  elle  ceiïa  de  paroître^  »  C'eft  ce  qui  fut  obfervé 

c-  VII,  n.  ;,  ^  Conflantinople.  A  la  Chine,  on  la  vit  à  la  féconde  Lune 

B.  11.  dans  la  coniiellaîion  Fang  (  front  du  Scorpion  )  ;  elle  dirigea 

^ Mailla,  t,  IX,  fou  cours  vers  l'oueft,  &  difparut  après  trente-deux  jours  ^. 

^''^^  '  La  deuxième  Lune  Chinoife  commença  en  1340,   vers  le 

2.^  Février.   Le  P.  Gaubil  dit  que  ce  fut  le  jour  Kï-yeou  de 

la  féconde  Lune  (24  Mars),    que  la  Comète  fut  obfervée 

dans  le  feptième  degré  'de  la  coniîellation  Fang ,  &  que  de-là 


DES    Comètes.  435 

e!ie  fut  au  nord-oued.  II  s'enfuit  que  la  première  obfervatioii 
de  Gregoras  a  dû  être  faite ,  lorfque  le  Soleil  étoit  déjà  avancé 
dans  le  Bélier.  On  vit  la  Comète  le  26  Mars,  dans  la  partie 
occidentale  de  l'Europe^;   elle  étoit  entre  l'occident  &  le      •  Ow». 
midi;  fa  queue  étoit  tournée  vers  le  nord-eft  ^.  Si  la  Comète  s'£h^'^'^^''^* 
étoit  vers  le  fud-ouefl,  fa  queue  devoitlè  diriger  vers  le  fud    ^  Nangis, 
ou  au  moins  vers  le  fud-eft.  Vers  la  fin  de  Mars  on  vit  la 
Comète  à  l'orient ,  à  la  fin  de  la  Vierge  ou  au  commence- 
ment de  la  Balance  :  eiie  dura  peu%  Un  Ecrivain  dit  qu'elle    ^  vm.  (Giov.) 
fut  vue  comme  dans  le  fi^ne  de  l'ÉcrevilTe  ^  '    -'^•^^^^^« 

1341.   Comète  .  C'efl  manifeftement  la  précédente.  Baidew.i.iii, 

I  5  4.  c  ,  *^  Calvis.  LuJf, 

^^^  Ricc.    Bonfin. 

Grégoras  fur  l'an  r34()  s'exprime  ainfi  :  «  En  l'année  ^^^' ^^ '  ^' ^-^^^ 
précédente  ,  au  lever  de  la  conftellation  d'Orion  (  vers  la  « 
fin  de  Juillet  ) ,  une  Comète  en  forme  d'épée  parut  dans  le  « 
ciel ,  près  de  la  tête  de  la  grande  Ourfè  :  de-là ,  elle  s'avança  « 
chaque  jour  vers  le  zodiaque ,  julqu'à  ce  qu'elle  eût  atteint  « 
la  fin  du  figne  du  Lion ,  où  le  Solçii  étoit  alors ,  &:  là  elle  " 
difparut.  «  '       Greg.LXV^ 

^  C.V.  n."  é, 

1347. 

En  la  dernière  année  du  règne  de  l'empereur  Louis  de 
Bavière ,  on  vit  une  Comète  durant  deux  mois.  En  Italie  on  Chron,  Nuremh 
ne  la  vit  que  pendant  quinze  jours,  au  mois  d'Août;   elle 
étoit  en   I  6  degrés  du  Taureau ,    dans  la  tête  de  Médufe  : 
on  la  décida  de  l'efpèce  de  celles  que  l'on  appelle  Comètes 
noires^.  Quelques  Modernes  ont  dépeint  cette  Comète  fous  ^^'l^-  (Gm.i 
ies  couleurs  d'un  météore  ^  ;  ils  ont  pu  la  confondre  avec  le        '  xcvîu 
météore  fuivant.  Des  deux  Comètes  de  1345  &  de  1347,     ^  Bergom. 
Struyck  n'en  fait  qu'une ,  &  la  rapporte  à  fan  1 3  46  ;  mais  ^^'Z^^^'  ^"  * 
ces  Comètes  ont  paru  dans  des  lieux  du  ciel  trop  différens, 
pour  que  je  croye  qu'on  puilfe  les  confondre. 

1348.   Comète  durant  deux  mots,    C'eft  certainement  la     -^reti 
précédente. 

En  cette  même  année  w  au  mois  d'Août,  on  vit  (à  Saint- 

lii  i; 


^^6  Histoire 

*'  Denys  en  France  )  une  Etoile  âu-deffus  de  la  viife  de  Paris  ^ 
»  du  côté  de  fa  partie  occidentale  :   elle  étoit  fort  grande  & 
»  très-claire.  L'heure  de  Vêpres  étoit  palfée  ;  le  Soleil ,  encore 
«  fur  l'horizon  ,   tendoit  à  ion  coucher.   Cette  Etoile  n'étoit 
*'  point  élevée  au-de(îus  de  notre  hémirphère ,  comme  le  font 
>>  les  autres  Aflres  ;  elle  étoit  aiïez  voifme  de  nous.  Le  Soleil 
»  s'étant  couché,  &  la  nuit  approchant,  cette  Etoile,  obfervée 
»  par  plufieurs  Frères  &  par  moi,  dit  l'Auteur  que  je  traduis ^ 
»  ne  nous  paroi (foit  avoir  aucun   mouvement.   Enfin  la  nuit 
^  commençant ,   en  notre  préfence ,  &  à  notre  grand  étonne- 
»>  ment,  cette  Etoile  très-grolfe  fut  divifée  en  plufieurs  rayons, 
»  lefqueis  fe  répandirent  fur  Paris  &L  du  côté   de  l'orient ,   «Se 
«le  tout  difparut.   Ce  phénomène  étoit -il    une  Comète  ou 
>»  une  autre  Etoile,  ou  bien  étoit- il  formé  de  quelques  exha- 
»»  lailons ,  6c  fe  réfolut-il  enfuite  en  vapeurs  l  ceiï  ce  que  je  laiffe 
Nangîs.      au  jugement  des  Aflronomes.  »   Je  juge  facilement  que  ce 
phénomène  n'étoit  qu'un  météore;  mais  il  a  piu  à  un  Auteur 
Le  P.  Bertier.  moderne,  grand  partilan  de  la  difTolution  des  Comètes,  de 
déciàer  que  c'étoit  une  Comète  fublunaire,  de  lui  accorder 
deux  jours  de  durée,   &  de  fonder  le  tout  fur  l'autorité  de 
Mézerai ,  qui  ne  le  dit  pas  fc).  C'eft  pour  cela  que  j'ai  cru 
devoir   rapporter  en  entier  le   texte  de   l'Auteur   contem- 
porain, témoin  oculaire  du  fait:  j'ai  traduit  ce  texte  avec 
toute  la  fidélité  poffible» 

1350»  A  la  fixième  Lune ,  ou  vers  le  mois  de  Juillet ,, 

on  vit  en  Chine  une  nouvelle  Etoile  ,   auffi  grande  que  la 

'Syn,  Chïonel  Lune ;  elle  entra  dans  la  eonflellation  des  fèpt  Etoiles,  avec 

MaUk.t.ix,  une  explofion  auffi  forte  que  celle  d'un  coup  de  tonnerre. 

j7. /^t»,         C'étoit  fans  doute  un  autre  météore. 


(e )  Je  n'atltopte  ni  la  phyfiqtie, 
ni  les  raifonnemens  du  P.  Bertier  ; 
mais  je  ne  prétends  pas  le  faire  foup- 
çonner  de  mauvaifê  foi.  Il  a  confuîté 
unabrégéde  Mézerai,  de  format /V/-^," 
où  ce  phénomène  ell  aïïèz  exad;ement 
décrit;  mais  une  légère  équivoque  a 
îronipé  le  P.  Bertier  ,   &  lui  a  fait 


croire  quê  le  phénomène  avoit  duré 
plus  d'un  jour.  Je  lui  ai  montré  le 
textedu  Continuateur  deNangîs;  il  l'a 
trouvé  clair  îSc  décifif.  Si  /à  Phyfique 
des  Courtes  eût  paiîe  à  une  féconde 
édition  ,  la  durée  de  la  Comète  fub- 
lunaire de  1348,  eût  été  réduite  à 
(^$  juftes  bornes- 


DES    Comètes.  437 

«  Au  mois  de  Décembre  ,  dit  un  Auteur  contemporain , 
nous  commençâmes  à  voir  une  Comète  du  côté  de  l'orient,  w 
vers  la  fin   du   figne    de  l'EcrevifTe.   Quelques  -  uns   difent  « 
qu'elle  entra  dans  le  Lion  ;    mais  avant  qu'elle  nous  parût  « 
hors  de  l'EcreviiTe ,    l'hiver  finit,   le  Soleil   s'approcha   de  « 
l'Ecrevifle  &  la  Comète  ceiïa  d'être  vue,  »  Eft-ce  que  cette  Viîi.  {Mat/h,} 
Comète  fut  vue  durant  près  de  fix  mois,   toujours  dans  jg '-^ 'f»^^^*^- 
figne  de  rÉcreviffe?  A-t-elle  mcme  été  dans  ce  ligne!  A  la 
Chine,  onzième  année  Tchi-tchïng ,    onzième  Lune,   jour 
Sin-hay  (24  Novembre  1351  ),  on  vit  une  Comète  afiex 
petite  dans  la  conftellation  Kouey  [(è,  /jl,  v  d'Andromède  Se 
le  Poiiïon  boréal  ).  Au  jour  Kouey -tchéou  (26  Novembre) , 
elle  fut  dans  la  conftellation  Léon  (tête  du  Bélier).  Au  jour 
Ping-tchin  (  2 c)  Novembre),  dans  la  conileilation  Mao  [\q% 
Pléiades).  Au  jour  Ting-fe  (  30  Novembre),  dans  Pi  [les 
Hyades  ).   Qu'au  mois  cie  Décembre  cette  Comète  ait  été     Gmirk 
vue  dans  l'Ëcrevllfe  ,    &  qu'elle  y  ait  été  llationnaire   ou 
même  rétrograde ,  cela  eft  lans  doute  poffible  ;  mais  qu'elle 
foit  reftée  dans  ce  même  ligne  jufqu'au  mois  de  Mai ,  je  ne  AnimLHh-LfL 
le  crois  pas.  D'autres  Écrivains  témoignent  pareillement  que  Chron, Nuremiu 
cette  Comète  fut  vue  au  mois  de  Décembre  ^  du  côté  du  ^Chron.Beig, 

.         ,  Annal.  Hirjaugi 

Septentrion  *^,  Cavîu 

On  parle  auffi  de  ï'O.ux  ^   de  poutres  enflammées,  c'eft-à-   '^ Niem.Chron\, 
dire  d'aurores  boréales  ou  autres  météores,  vus  en  la  même  Hwjang^  ^°^' 
année  .  •'  Anmhu 

1352.   Comète  ûu  mois  de  Septembre  ou  de  Décemhre^,  e'.xi'^^àrfVi' 

C'eft  certainement  la  précédente  retardée  d'un  an,  Lubkn,  Rock,- 

Le  I  2  Oéiobre  on  vit  un  grand  feu  célefte,  qui  répandoit  Jiji°d?'B7ovi 

à^s  flammes  fur  la  terre  &  qui  fut  fuivi  d'un  grand  bruit ^;  t.  xiv.  Areu 

jl  ne  dura  qu'un  demi  Ave  JVÎarïa^ :  on  dit  cependant  qu'il  r,f,V,v^   ,  , 

r  II-         rj  A  II  A!--  II        ^"/'  (Matth) 

lut  VU  en  iiaiie,  kir  \qs  cotes  de  la  mer  Adriatique,  dans  le  ub.  m,  ' 
Frioul ,  dans  l'Efclavonie,  la  Hongrie,  &c. ^  Cela  peut  être,  ^"^'-J^^^^^^' 
û  ce  feu  célefte  étoit  une  aurore  boréale.  On  ne  dit  pas  que  i chron.  Munn, 
ie  bruit  accidentel  qui  s  y  joignit ,  fût  entendu  par-tout,         sym^^Matth,) 


438  Histoire 

Un  Hiflorien  dit  qu'une  Etoile  chevelue  parut  le  i  5 
Odobre   1352,    &  qu'elle   fut   obfervée   durant  plufieurs 

•  GhirarJ.       nultS  ^» 

p.ii.LXXiH.  Comète  \ 

^Camer.Com,  r^  \  r  ri  c        t      rr 

p.SS.Luùien,       On  parie  encore  iur  cette  année  dç  poutres   ,  de  rtammes 
Ricc.  Hei'.       célefles  ^ ,     d'autres    météores  ^  :    on   en   décrit   un   vu  le 

ubi  fupra.  Vill.  M  S  ^' 

cap.  Lxxiv,       £j^  Chine,  à  la  huitième  Lune,  on  vit  une  Comète  d'une 

chmuHirjaug.  couieur  blanchâtre,  tirant  fur  le  bleu;  elle  difparut  à  la  dou- 

' Faùric.memor.  zièmc  Luuc  ^.    Cette  Couiètc  uc  fut  pas  obiervée  ailleurs, 

f  viil.fAiatth.j  ce  qui  me  feroit  douter  de  la  longue  durée  qu'on  lui  afhgne, 

Vo'!lf^^',  Il  s'eft  piiiïë  fans  doute  dans  le  texte  une  faute  de  Copifte 

ou   dimprmieur.   Le  r.  Oaubii  rait  paroitre  la  Comète  eu 

la  feizième  année  Tchi-  tchïng ,   au  jour  Kia-fu,  huitième 

Lune  (  21   Septembre)  ,    en    ly'^    i  o'   de  la  confteilation 

TchûTig  (  cp,  lU,,  A,  u,  X.  de  l'Hydre)  ,  &  termine  la  durée 

de  fon  apparition   au   jour    Vou-ou   de   la   dixième  Lune 

(  4,  Novembre  ), 

A  la  Chine  ,    pendant  la  troifième  Lune  (  commençant 
vers  le  ï  8   Mars  )  ,  une  Comète  commença  à  ie  faire  voir 
^Mailla,). IX.  du  côté  de  i'efl:^  On  la  vit  auffi  en  Europe  vers  la  fête  de 
p.  6s j.  l'Annonciation  (25  Mars)  :  elle  dura  peu  de  jours  ^ 

c  rr  '  '  I  ;  <5 1 .  Grande  Comète  à  l'orient'^.  C'efl:  la  fuivante  :  car 
Corner,  chroti,  OU  y  joint  la  mort  d'Innocent  V I ,  qui  n'eil  mort  qu'en 
Biddag,  Septembre  i^6z. 

13^2.  *   Première  Comète. 

A  la  Chine,  en  la  vingt-deuxième  année  Tchi-tchïng ,  on 
obfèrva  deux  Comètes.  Au  jour  Y-yéou  de  la  deuxième 
Lune  (  5  Mars),  la  première  étoit  en  j^  20'  de  la conitella- 
tion  Goey  (  cl  du  Verfèau,  e  &  9  de  Pégafe),  Au  jour  77//^- 
^eou  (  1 7  Mars  ) ,  elle  fut  près  de  A  de  Pégafe.  A  la  fin  de 


DES     Comètes.  43^ 

la  Jeuxîème  Lune,  les  rayons  de  la  Comète  éîoîent  de  vingt 

pieds.  Au  jour  Gin-tfe  de  la  troifième  Lune  (  i.^"^  Avril  )  , 

la  Comète  fut  fans  rayons  au  fixième  degré  de  la  confiellation 

Mao  (  \qs  Pléiades).  Au  jour  Vou-ou  (  7  Avril  ) ,  elle  di/parut.     Cmlil 

Le  P.  de  Mailla  dit  qu'après  un  mois  d'apparition  ,   on  ne 

vit  plus  la  tête  de  la  Comète,  &  que  la  feule  chevelure  qui 

reltoit  alors,  difparut  peu  de  jours  après^:  la  durée  de  l'appa-  ^-Maiikj.lX, 

rition  fut  de  trente-quatre  jours  ^  En  Europe,  on  vit  durant  ^'^  ^°', 

1      r-^      ^  !•  -r-.ir  Tr,  4>'"'  C/iroiî, 

le  Carême,  avant  le  jour,  une^  Etoile  fort  grande  &  tres- 

éciatante  :  ce  n'étoit  point  une  Etoile  ordinaire,  c'étoit  plutôt 

une  Comète.  Au  mois  de  Mars ,  on  l'oblerva  le  matin  entre      Nar^^rs, 

i'orient  &  le  midi  dans  le  figne  des  Poiflbns;  elle  avoit  une 

longue  queue  de  couleur  cendrée''':  elle  devint  enfuiîe  plus  ^vnifAUtth) 

boréale,  puifqu'on  la  vit  non-fèulement  du  côté  de  l'orient^,  ^'^•'^'^ciu. 

mais  encore  entre  i'orient  &  le  nord ,  dirigeant  fa  queue  vers     ^Awe?xf"^' 

le  nord  ^,   Toutes  ces  circonflances  s'accordent  entr'elles  &      Rebdorf. 

avec  \es  obfervations  Chinoifes  ;    il  n'en  efl:  pas   de  même     ^"^  fi^^"' 

de  celles  que  je  trouve  dans  quelques  écrivains  Saxons  & 

Polonois  :  lelon  eux,  le  i  i  Mars  (f),  la  Comète  étoit  vers 

la  fin  du  Verfeau  près  de  la  planète  de  Vénus;  elle  dirigeoit 

fa  queue  vers  l'orient  ,    du  côté  de  la  planète  de  Mercure,  Mkhov.Uh.  îV,' 

Le    II    Mars  (  à  midi  ),    le  Soleil  étoit  en  28'^    ^o'   des   ^J'P'.^^''vt'. 

roilions ,    Mercure  en    i'*  30    du   même   ligne,    oc  Vénus 

en  27^  27'  30"  du  Verfeau.  Tout  fe  foutient  jufqu'à  préiènt. 

Mais  fi  la  Comète  étoit  proche  de  Vénus,  (à  queue,  diri^^ée 

vers  Mercure  &  vers  l'orient ,   étoit  tournée  vers  le  Soleil  ; 

&  Texpérience  démontre  que  cela  n'arrive  jamais  :    depuis 

que  l'on  obferve  les  Comètes  avec  quelque  attention ,  c'ell-à- 

dire  depuis  deux  cents  cinquante  ans,  on  a  toujours  vu  les 

queues    des  Comètes  oppolées  au  Soleil.   Dans  la  pofiîion 

qu'on  donne  à  la  Comète  le  i  i  Mars,  elle  ne  devoit  paroître 

en  Pologne  &  en  Saxe,  que  dans  les  rayons  d'un  crépufcule 

bien  fenfible  :  comment,  dans  cette  circonflance,  auroit-on 

-  -        —  ..-..■         .-■■■■  .    _-.....  ■  ■  -  .  ■  _ 

(f)   On   ilt  dans   Fabricius   k  ji  A'Iai j    c'efl   fans   douîe   une  fauî« 
cJ'iniprcffion.  ^ 


^^O  H    I    s    T    0    T    R    E 

pu  obfêrver  une  queue  entr'eile  &  le  Soleil!  Seroît-ce  ïa 
lumière  Zodiacale  ,  qu'on  auroit  prife  pour  une  queue  de 
Comète,  ou  plutôt  un  nuage  léger  qui  le  fèroit  trouvé  par 
halard  entre  Mercure  &:  la  Comète  \  Celle-ci  continua  d'être 

^Mkhov.iiV,  vifiLle  pendant  cinq  femaines  ^    Un  Auteur  prolonge  fon 

c.  XXV II.        apparition  jusqu'au  mois  de  Mai  ^. 

*  Rehdorf, 

1362.  *   Deuxième  Comète. 

Cette   Comète  parut  en  Chine  à  la  quatrième  Lune  & 
Syn.  Chronoi  (jura  quarante   jours.  Le   P,  Gaubil  ,    qui    la   circonllancie 

Mailla,  t.  IX.      X  /  i      rv  '^^  >         '  c-       r     i      \      f- -^ 

V,  64.0,  davantage,  ne  la  lait  paroitre  qu  au  jour  Sin-je  de  la  lixieme 

Lune  (  2p  Juin);  ^\\q  étoit  en  2^  ^o'  de  la  conflellaîion 

Nieou  ((^,  /3,  5>,  a-  du  Capricorne),   &  dans  l'enceinte  du 

Yàhis  Tfé-ouey  (  c'efl-à-dire  qu'elle  ne  defcendoit  point  /bus 

l'horizon  de  Pékin  )  :  Tes  rayons  étoient  d'un  pied.  Elle  alla 

au  /ùd-oueil.  Au  jour  Y-mao,  feptième  Lijne  (2  Août), 

Caulil,      elle  dilparut.   Le  P.  de  Mailla   dit   qu'elle  parut  avec  une 

queue  de  plus  de  cent  pieds  ,    entre  i^s  coniteilalions  Hiu 

(/3  du  Verleau ,  cl  du  petit  Cheval  ) ,  &  Ouey  { et  du  Verieau, 

'Mailla,  t. IX,  e,  ô  de  Pégale) ,  ce  qui  eft  incompatible  avec  la  deicriptiou 

^'    "^"V        du  P.  Gaubil.  Auroit -il  paru  en  13(^2   trois  Comètes  à  la 

Chine,   ou  plutôt  le  P.   de  Mailla  auroit -il   attribué  à  la 

féconde  Comète  ce  qui  ne  convenoit  qu'à  la  première! 

13(^3. 

On  vit  une  Comète  en  Chine  à  la  troifième  Lune;   elle 
Syn, chmwL    dura  un  mois  :  elle  paroilToit  du  côté  de  l'orient.    La  troi- 
fième Lune,  en  1363  ,  a  dû  commencer  vers  le  i  5  Mars. 
Nos  Cométographes  modernes  rapportent  à  cette  année  l'ap- 
Rock.   Aiji.  parition  d'une  Comète  immenfè  vers  l'orient, 
m'el''^' ^''^'       La  veille  de  la  Trinité  (  27  Mai)  avant  midi,    yqys  la 
troifième  heure  du  jour  ,    on   vit  à  Paris  une  Etoile  très  - 
petite,   vers  le  lieu  du  ciel  où  le  Soleil  eil:  à  midi  ;    on  la 
Nantis.       diftingua  durant  quelques  jours.  C'étoit  fans  doute  Vénus , 
qui  avoit  été   quelques  jours  auparavant  en  fa  conjonélion 
inférieure  avec  le  Soleil, 

13(54. 


DES    Comètes.  441 

î  3  (^4.   L'ûpparîtion   d'une  Comète  en    cette  année ,    n'eft 
appuyée  que  lùr  l'autorité  de  quelques  Modernes ,    dont  la  ^-^"Z  <■•  ^j^ 
chronologie  efl;  très-iuiceptible  de  deux  ans  &  plus  d'erreur.     Paber', 

1365.  A  la  féconde  Lune,  on  vit  en  Chine  la  Lune  & 
une  Étoile  près  du  Soleil.  Cette  Étoile  pouvoit  être  Vénus.      Syn.  chromU 

En  cette  même  année ,    Comète  entre  V occident  &  le  nord.     Poiyd.  Virg. 
Polydore-Virgile,  qui  a  induit  les  autres  en  erreur  ,  dit  que  Annaif'Adii'^, 
cette  Comète  a  paru  vers  le  temps  que  Henri ,  après  la  mort  ^^^k 
de  Pierre -le -Cruel,  devint  pailjble  poiîefltur  éts  royaumes 
de  Caftille  &  de  Léon  ;    ce   qui  n'eft   arrivé   qu'en  Mars 

1166, 

En  la  vîngt-fîxième  année  Tchi-tclnng ,  jour  Keng-tfé, 
huitième  Lune  (26  Août),  on  vit  à  la  Chine  une  Comète 
dans  le  Pé-téou  (dans  le  grand  Chariot).  Au  jour  Sin-tchéou 
(  27  Août),  elle  fut  en  i  '^  5  o^  de  îa  conllellation  Ouy  (  queue 
du  Scorpion).  Au  jour  Kouey-mao  (  2.^  Août  ),  en  (>^  cjo'  de 
ia  conlteliatïon  Nu  (e,  ^  ■.  u  Verieau  ).  Au  jour  Kïa-tchïn 
(  3  o  Août  ) ,  en  o^  80'  de  la  conftellation  Hïu  (  /8  du  Verfeau , 
6C  du  petit  Cheval).  Le  P.  de  Mailla  dit  que  cette  Comète  Gaulîi 
parut  à  la  neuvième  Lune,  du  côté  du  nord-efl  :  il  faut  AUiiia^t.ix^ 
làns  doute  lire  a  la  huitième  Lune,  V'  ^/^' 

1368.   * 

Cette  Comète  fut  obfervée  en  Chine  à  la  première  Lune     Cou^îeu 
(laquelle  finilloit  vers  le    18   Février)  ,    ou  à  la  troifième 
Lune  (commençant  vers  le  ip  Mars),  au  nord  de  ia  conf^ 
teiiation  Mao  { les  Pléiades  ).  On  la  vit  en  Normandie  au      GauUl 
mois  de  Mars ,  entre  l'occident  &  le  nord  ;  fon  rayon  étoit 
tourné  vers  la  France ^  En  d'autres  endroits  on  la  vit,  nous  ^ Waifng. Hijt, 
dit  -  on  ,   en  Carême  ^.    Pâques ,    cette  année ,   tomboit  au  fji,faug"ciiroH 
p  Avril.  Quelques-uns  datent  fa  première  apparition  de  la  ^r^'^à.^ 
S  maine  iainte*^,   d'autres  du  mois  d'AvriH.   On  s'accorde  MéinTÉond. 
afièz  à   dire  qu'elle  a  paru  le  foir  à  l'occiden-t ,    ou  entre  ^Chron.pucent^ 
l'occident  ,&  le  nord  ^  En  quelques  provinces  elle  ne  parut  Nutigh:Afe'ier. 


442  Histoire 

'^Chron.Pkcent,  que  durant  quinze  jours  ^;    ailleurs  on  ia  vit  long- temps ^: 

^  Nangis,       çj-,  Chine  elle  dura  trois  mois*^  &  même  trois  ans^^,  ce  qui 

•  Couplet.        ^^  irnpofTible  ,  &  ce  qui  n  eft  dû  fans  doute  qu'à  l'inattention 

.  j/n,    )ono.  ^^  qyelque  Copifte.   Sa  queue  étoit  tournée  vers  l'orient, 

déclinant  cependant  un  peu  vers  le  nord  ;  elle  refTembloit  à 

une  pyramide  :  à  Reims ,  on  la  prit  d'abord  pour  un  clocher 

^I^angts.Ale'ier,  embrafé. 

I37I. 

Comète  très  -  grande  ,   le  i  5  Janvier ,  vers  le  nord  :  fà 
'Bonîncontr.     queue  étoit   dirigée   vers   le   fud.    Un    Auteur  parle   d'une 
Comète  qui  a  dû  paroître,   félon  lui,   vers  1370  ,   le  jour 
de  la  iiiort  de  Philippe  ,    empereur   titulaire  de  Conftanti- 
Vky.  Neapoh  nopie  :  mais  Philippe  ne  mourut  que  le  2  5  Novembre  1 374. 
Edda,  1 37  5*  Comète  :  nos  Cométographes  modernes  en  parlent; 

mais  quelques-uns'  d'entr'eux  y  joignent  dçs  faits  qui  appar- 
tiennent à  l'an  I  3  7  B . 

1376.    Les   Chinois  obfervèrent   une  Étoile   nouvelle, 
au  jour  Vou-tfé  de  la  iixième  Lune   (  22  Juin  ).   Le  jour 
,  Y-hay  de  la  feptième  Lune  (  8  Août  ) ,  fut  le  dernier  de  fon 
€auhii.      apparition. 

1378.   * 

Durant  ia  neuvième  Lune ,  qui  commença  en  Chine  vers 

le  22  Septembre,  une  Comète  traverfa  les  Etoiles  du  pied 

■    ^GauMl.       occidental  d'Anîinoiis^  On  la  vit  auifi  en  Europe^  Le  2^ 

\^u''^"if'F'  Septembre  elle  étoit  près  de  la  grande  Ourfe,  entre  le  Bélier 

'     &  le  Taureau;  fon  mouvement  étoit  très-prompt  &  contre 

V/ugof.  i.  X,  l'ordre  du  firmament  :  on  ne  la  vit  que  durant  cinq  jours. 

Il  y  a  ici  du  louche  ;   la  grande  Ourle  eft  fort  éloignée  du 

Bélier  &  du  Taureau.  Que  d'Antinous  la  Comète  ait  été  à 

la  grande  Ourfe ,   cela  eft  très-pofTible  ;    mais  il  efl  difficile 

qu'elle  ait  été  de-là  au  Bélier  &  au  Taureau.  Cette  Comète 

efl  celle  de  1652  ,  félon  Struyck. 

1380. 

Go-jenju  monta  fur  le  trône  du  Japon  en  1372  :  en  la 


DES    Comètes.  443 

huitième  année  de  (on  règne  (  en  1 3  8  o ,  félon  ie  flyîe  ordi- 
naire de  Kaempfer  5c  à^s  Orientaux  ) ,  il  parut  une  Comète  *:  "^ICampf.  i  n, 
elle  parut  la  veille  de  la   fête   de  Saint -Martin   ou  le  10  '^'  ^' 
Novembre  ^  Lorfque  la  Comète  de  Hailey ,   dont  celle-ci    ^Chron.Cinxs 
efl  probablement  un  retour ,  paroît  vers  le  mois  de  Novembre, 
elle  ne  peut  être  fort  brillante,  &  elle  ne  doit  pas  être  vue 
long-temps  :  c'eft  fans  doute  par  cette  raifon  que  peu  d'Hlf- 
toriens  font  mention  de  fon  retour  en  1380.  Nos  Comé- 
tographes  modernes  marquent  une  Comète  fur  cette  année*;     "" ^f'  ^"^* 
quelques-uns  difent  qu'elle  a  paru  dans  le  Verfeau^,  ce  qui      "'^',  ,  . 
conviendroit  tort   bien    a  la   Comète    cl  HaiIey  :    mais   ils  HéiéL 
ajoutent  qu'elle   dura  trois   mois ,    ce  qui   efl  incompatible 
avec  ies  éiémens  de  celte  Comète. 

Je  ne  parie  point  d'une  Étoile  qui  parut  dans  f air ,  traî- 
nant une  longue  queue  embrafée ,  le  2  i  Août  à  une  heure 
de  nuit  :  elle  éciairoit  ies  rues  &  les  maifons  ;  elle  fembloit 
fe  mouvoir  du  levant  au  couchant  ;  elle  étoit  fi  grande,  qu'elle 
rempliffoit  d'étonnement  tous  ceux  qui  la  regardoient.  Ce  ^^'^'^"'  ^'^»'  ^^^ 
n'étoit-ià  qu'un  météore. 

1381.   Comète  vers  la  fête  de  Saint- Martin  :  elle    dura 
quatorze  jours.  C'eit  probablement  la  précédente.  La  durée  ^'■^^■''e^memwi 
de  quatorze  jours  qu'on  lui  attribue  ici ,  eft  plus  analogue  à 
l'orbite  de  la  Comète  d'Halley. 

1382.   *   Plufieurs  Comètes. 

II  a  paru  au  moins  une  Comète  en  cette  année  ;    il  eft 
même  fait  mention  de  plufieurs  dans  mes  recueil*. 

i.''   On  en  vit  une  le  jour  des  Rameaux  (30  Mars):  Chwn, Bothom. 
fon  apparition  efl  confirmée  par  \^s  annales  Chinoifes  ;  on  y 
lit  qu'une  Comète  fut  obfervée  à  la  féconde  Lune.  Gmhil 

2."   Il  n'eft  pas  pofhble  de  révoquer  en  doute  celle  qui 
parut  au  mois  d'Août,  le  famedi  20  (ou  plutôt  ip)   de  ce 
mois.  Louis,  roi  de  Hongrie  &  de  Pologne,  mourut  ie  i  i   ^nnd.  Augfl^ 
Septembre ,   &:  ili  mort  fut  précédée   de  l'apparition  d  une 
Comète.  «  Elle  parut,    dit  un  Auteur,   dans  la  partie  du  BonfnDec.n, 
ciei  où  le  SoleJ  a  coutume  de  fe  coucher  au  mois  de  Juin,  «  '  '   '"'^'^'^ 

Kkkiï 


444  Histoire 

»  vers  la  vingt- deuxième  heure  du  jour    (  &  par  conféquent 

«  deux  heures  avant  le  coucher  du  Soleil  ).  Je  la  vis,  ainfi 

»  que  beaucoup  d'autres  citoyen-s  de  Vicence;  elle  me  paroifloit 

»  refîembler  à  une  lance  :   i^i  rayons  s'clevoient  en  haut  :   fa 

' Annal,  Vie ent.    couleur  étoît  blanchâtre.  »  Struyck  ajoute,  peut-être  d'après 

la  chronique  deMansfeld^  qu'elle  parut  durant  quinze  jours; 

&  par  la  vingt -deuxième  heure  du  jour,    il  entend  celle 

qui  précède  de  deux  heures  le  lever  du  Soleil  (  comme  û 

les  Italiens  commençoient  le  jour  au  lever  &  non  pas  au 

coucher  du  Soleil  ).    Enfin  Struyck  croit  que  cette  Comète 

'StruyJi.i/^o,  ç(i  u^-^  retour  de  celle  d'Halley  ,   fans  cependant  le  décider 

poiitivement. 

3.°   Au  temps  de  la  mort  de  Louis ,   roi  de  Hongrie ,   uiu 
"'Annal.  Forol,    Comète  errolt  dans  le  ciel ,  au  mois  d'Odobre,   11  y  a  mani- 
feftement  ici  une  erreur  de  mois. 

4.°   Comète  durant  quatorze  jours ,   vers  la  fête  de  Saiut- 
Eckf}.  Rock,  Martin.  C'eft  manifellement  celle  de  i  ?8o. 
'^"'  <y.^  En  Décembre,  une  Comète  parut  à  l'occident  durant 

Waifmg.  H'ijU  plus  de  quinze  jours. 

En  1383  on  ouvrit  le  tombeau  de  Saint  Dominique,  & 
tant  qu'il  demeura  ouvert,  une  Etoile  grande,  grolTe  &  très- 
éclatante ,  de  laquelle  on  voyoit  lortir  trois  queues ,  refta 
Cn^on.  Hifor.  perpétuellement  immobile  fur  l'Eglife  de  ce  Saint.  Je  ne 
regarde  pas  ce  phénomène  comme  une  Comète.- 

1385. 

En  l'a  dix-huitième  année  Hoiing-vou ,  neuvième  Lune, 
jour  Vou-yn  (  23  0(fl:obre  )  ,  on  vit  une  nouvelle  Etoile 
dans  le  palais  Tay-ouey  (partie  du  ciel  où  font  les  parties 
les  plus  boréales  du  Lion  &  de  la  Vierge,  \qs  plus  auilrales 
de  la  grande  Ourfe,  &c. )  Au  jour  Y-yeou  (30  Ocflobre), 
au  matin ,  une  Comète  traverla  la  conflellation  1^  (  %  de 
l'Hydre,  la  Coupe)»  A  la  dixième  Lune-,  une  Comète 
traverfà  l'efpace  au  iud  de  la  conflellation  Tchang  (<p,  /t, 
Cauliil,  A,  K,  X  de  l'Hydre  ).  Cette  Etoile  &  ces  deux  Comètes, 
indiquées  par  le  P.  Gaubil  comme  trois  Aflres  difîéiens ,: 


Monon, 


DES    Comètes.  ^^j 

peuvent  n'être ,  &  ne  font  probablement  qu'une  feule  & 
même  Comète,  dont  ie  mouvement  étoit  du  nord-efi:  au 
fud  -  ouell:. 

1386.   On  vit  ie  27  Septembre  une  Comète  terrible  par 
fa  forme,   &  par  la  variété  de  {ts  couleurs,  rouge,   lioire, 
verte,  livide:  elle  donna  lieu  à  beaucoup  de  dircours\  Un       ^ Sveyro, 
Hillorien  rapporte  ce  phénomène  à  l'an  1385  ^»  ^'^''  ^^^^' 

^        \      c  ^  Annal. 

13^90.   Comète  .  Fkndr.hxm 

j.Ol.    *  '  Alfl.Liib. 

^  -^  Wé. 

Au  mois  Je  Mai,  on  vit  une  Comète  obfcure  &  petite, 
près  àes  Étoiles  de  k  grande  Ourfe  :  t\\Q  erroit  dans  le  ciel 
avec  une  chevelure  qui  n'étoit  pas  fort  îumineufe.  On  i'ob-    ^„„j/,  ^^,^^^ 
ferva  auffi  en  Chine,  à  la  quatrième  Lune  ou  au  mois  de 
Mai;  elle  ne  le  couchoit  pointa  Plufieurs '^  rapportent  à      ""  Gmdnl 
cette  année  l'apparition  d'une  Comète  qu'on  appela  la  broche ,      ^Smiych,. 
parce  que  fa  chevelure  &  {ts  rayons  étoient  élevés  direc-   ^.z.^"-  h'^' 
tement  vers  ie  plus  haut  du  ciel ,  &  que  fa  tête  pendoit  en 
quelque  forte  du  côté  de  l'horizon  :  elle  alloit  de  l'occident 
au  nord  ;   on  ne  la  voyoît  pas  le  matin  ,  mais  le  foir  :   elle 
parut  entre  1384  &  1404.  Roîew. 

1394.    Comète  en  forme  de  hrocîie.  ICeck.Aifl.Luh 

135)8.  On  trouve  dans  un  ancien  Hifïorien ,  qu'il  parut 
tme  Comète  en   13^8;  c'elV une  faute  d'impreffion ,  il  faut    Anon.  Brep, 
îire  I2p8  :  l'Auteur  ne  vivoit  plus  en  1398.  cap.xx. 

En  cette  même  année  1398,  à  la  neuvième  Lune,  ou 
vers  ie  mois  d'Oclobre,  une  Etoile  cetTa  d'être  en  rendant 
un  grand  bruit.  C'étoit  apparemment  quelque  météore»  Coupku 

ï3^p.   * 

Au  mois  de  Novembre  ,■   on  vit   en  France  une  Étoile 
d'un  éclat  extraordinaire;  fa  queue  étoit  tournée  vers  l'aueft: 
elle  ne  parut  que  pendant  une  leinaine'\  On  vit  près  d'Eifenach  CanJU'uTx^ 
en  Thuringe,  trois  grandes  queues  de  Comètes  ^   Sîruyck  V'  '''>' 
croit  que  ce  pouvoit  être  la  queue  d'une  même  Comète,    ^  ^^'f"-  , 


^j^6  Histoire 

vue  en  Jlfférens  jours  avec  Aq^  différences  marquées  dé 
grandeur,  cie  figure,  de  direélion  ou  d'éclat:  Hévélius  penfe 
au  contraire  que  c'étoit  des  queues  de  parhéiies. 

1400,  1 40  î ,  1402,  1403.  On  fait  paroîîre  àts  Comètes 
en  ces  quatre  années  coniécutives.  De-ià ,  quelques  Ecrivains 
auront  conclu  que  les  quatre  premières  années  du  xv.^  fiècle 
avoient  été  marquées  par  à^^  apparitions  de  Comètes.  Mais 
comme,  à  proprement  parier,  i'an  1400  n'appartient  point 
au  fiècle  qui  commence,  mais  à  celui  qui  finit  ,  cela  aura 
donné  occafion  à  un  Hiflorien  de  rapporter  ces  apparitions 
TheohaU.  jg  Comètes  aux  années  1401  ,  1402,  1403  ,  1404.  Cet 
a  Camerar,     Auteur  eft  d'ailieurs  le  feui  qui  faiîë  mention  d'une  Comète 

;/.  p6.    Gare,   fur  l'an    1404. 

Ceman.   t,  II,  ^         y  .r  r  i  an 

lib,  XIII,         1400.   Comète   terrible  avec  une  longue  queue    :  elle 
r  '  ^^^',     P^i'Lit  durant  le  Carême  ou  vers  le  commencement  du  Carême; 

^ LycSchuler.   S  ,     .  ,  i'         •  j       .  1         -^  j      ^ 

HéWL  Lavar.  1^  queue  ctoit  toumec  vers  i  occident  ;  on  la  vit  pendant 
'Dlugof  i,  X.  quarante  jours ^.  Son  mouvement  étoit  d'orient  en  occident^: 
Hkc.iuh^^'  ^^  ^^  ^^^  ^  l'occident^.  Le  temps  de  l'apparition,  la  direcliion 
^Onjorg,  de  la  queue,  le  lieu,  la  durée,  la  grolfeur  de  la  Comète, 
Chrm!'Bmhm.  ^^"^  autant  de  circonftances  qui  paroiffent  déiigner  la  pre- 
Chron.s,/EgiJ.  mihïQ  Comète  de  1402, 

^ Stadtweg.  1401.   On  vit  uno  Comète^  du  côté  de  l'occident^  & 

^And,\Ratijb,  Jy  côté  du  nord  ^  :  elle  étoit  très-grande'^  &  reffembloit  à  la 

"^"^  a'iron.      queue  d'un  paon'.  Elle  parut  vers  la  fin  de  Février  ou  durant 

Saiijhuria.      {q  Carême *",  après  le  coucher  du  Soleil':  elle  dura  long  temps 

i  't^'V^'      ou  plus  d'un  mois"\   Il  efl  encore  difficile  de  méconnoître 

T.ui.  i.  VI.  ici  la  Comète  fu  i  vante  ,    anticipée  dun  an,   d  autant   plus 

uvÀ   "^ r  I  ^■'  ^"^  quelques-uns  ô.Qs  Auteurs  qui  font  mention  de  i'appa- 

//lifii.iJLAndr.  Htion  d  uue  Comcte  en   1401  ,  y  joignent  ia  mort  du  duc 

^Ëif'É't!'  ^^  Milan",  qui  n'eft  mor^u'en  1402.  Au  temps  de  i'appa- 

Wand,  rition  de  la  Comète  fuivante,  ou  durant  le  Carême  de  Tan 

^^^^''R^^'fi'   1402,  \qs  François  ne  comptoient  encore  que  1401  ,  puif^ 


'Andr.    Ratifh.  ^  ^l^  "6  commençoieut  1  année  qu  a  raques  ;  cette  cuirerence 
Krami.  Waiid,  Je  compte  aura  pu  induire  quelques  Ecrivains  en  erreur, 
^""Faitram,  i^c,  ceux-ci  auroiit  été  fui  vis  par  d'autres. 


DES    Comètes.  447 

1402.   *     Première    Comète. 

Cette  Comète  étoit  fort  grande  &  très  -  éciatante  ^  :  per-    *Pogg.i.iv. 
fonne  ne  fe  fouvenoit  d'avoir  vu  un  tel  prodige  ^.  Les  uns    ^  Ebendorf, 
iui  donnent  la  figure  d'une  broche*^,  les  autres  celle  d'une  ^°''^^^' 

CD  '  CD' 

épée'^.  Elle  commença  à  paroître  plufieurs  jours  avant  le      ^ 
Carême^;  un  Écrivain  date  fa  première  apparition  du  pre-  Croyicomin, 
mier  jour  de  Carême*^,  8   Février.  Elle  étoit  apparemment     '^  Anon. 
alors  fort  petite,  ou  le  ciel  ne  permettoit  pas  de  l'obferver,  ^^'l'^'^f- 
puifcjue  tous  \qs  autres  Hifloriens  rapportent  cette  première  ^^'''^' 

apparition  de  la  Comète  au  i  x  ^,  au  15  '^j  au  23  ^  au  28  Jp" Amal' 
Février^,  ou  en  général  à  la  fin  de  Février^,  ou  même  au  ^edwi.c.iâ^, 
commencement  de  Mars"^.  ^  J-Hji,  Bonon. 

,Le  II   Février,  la  queue  ou  la  chevelure  de  la  Comète    ^^^''^^'Efl. 
paroiflbit  s'élever  en  haut  ;   on  la  voyoit  tous  les  jours   au  ^ x}S'in.'^^' 
foir,  entre  le  midi  &  l'occident:  elle  fe  couchoit  à  l'occident".    1  Rofiti.  RuI. 
Un   Ecrivain  dit   qu'on   la   vit  le   i  5   Février  ,   &  qu'elle  ^v^^('  '^'""^^' 

,rr  '.  I  •     o      Ti       J    /i  rri  i         t  .1.  Forol,    Anon, 

paroiiloit  toute  la  nuit    .   n  neit  pas  poliible  de  conciher    Bay. 
cette  circonflance   avec   celles   qui    fuivent.   Si  les  anciens    "  Ehcndorf, 
Hifloriens  fe  font  permis   fouvent   de  confondre   fous   une  f"^xvi  \ ^■' 
feule  date,   tous  les  phénomènes   fucceffifs  de  l'apparition  /•  iv.  Soiom. 
d'une  même  Comète,  ils  ont,  je  penfe,  principalement  ufé  ^^fi'^^'^'^'M^'^ 
ou  plutôt  abufé  de  cette  permiffion  par  rapport  à  la  première  apiu^Amai' 
Comète  de  1402.  J'accorde  qu'il  y  a  eu  un  temps  où  cette  ^^^edioi. 
Comète  paroiflbit  toute  la  nuit;  mais  ce  ne  pou  voit  être  au     "  Hifi.Bonou. 
mois  de  Février.  Le  23   Février,    vers  la  première   heure 
de  la  nuit,    la  Comète  étoit  du  côté  du  midi  ^.    Cela  eli    ^ Anml  Ejl, 
très  -  poffible  ;   mais  ce  qu'on  ajoute,  que  Çqs  rayons  étoient 
dirigés  en  haut,  ne  peut  convenir  au  23  Février;  la  queue 
n'auroit  pas  été  ,  à  beaucoup  près ,    oppofée  au   Soleil.  Le 
2.8   Février,   à  vingt -quatre  heures    (  c'e(l-à- dire  vers  le 
coucher  du  Soleil  )  ,    la   Comète    parut  entre   le   midi    & 
l'occident.  Vers  la  fin  de  Février  &  le  commencement  de  Ghkard.p.iî, 
Mars  ,   on  la  voyoit  à  l'occident  :   qWq  fe  couchoit  vers  la   ' 
îroifjème  heure  de  la  nuit.  Tout  cela  fe  iiiit  ;  mais  on  ajoute    Rofu^^, 
que  la  queue  de  la  Comète  étoit  vers  l'occident,  &  fa  baie 


^^8  H  r  s    T  0  î  R    E 

(ou  Ta  tête)  vers  l'orient,  ce  qui  efl  abfoi.ument  împofTibîe. 
D'autres  difent  que  prccilément  dans  le  même  temps,  c'ell-à- 
dire  à  la  fin  de  Février  ou  au  commencement  de  Mars,   la 
Comète  étoiî   du  côte  de  l'orient ,    &:  qu'elle   prccédoit  le 
Annal  Foroh  Soleil.  Mals  l'un  de  ce5  Ecrivains,   en  ajoutant  qu'elle  étoit 
^"  '  ^'  ^'  '      dans  le   Bélier ,    &   qu'elle  ne  paroiffoit   que   dura  t   deux 
Annal.  FcroJ.  heures  &  demie,  donive  une  preuve  évidente  qu'il  confond 
tout,  &  nou;>  difpenle  de  nous  airèter  à  ion  témoignage.  La 
Gomète  au  commencement  de  Mars  ^Loit  réellement  dans  le 
^ So7om.  Pijfor.  Bélier'  :  elle  paroiiroit  le  loir  dès  vingt-deux  iieures,  ou  deux 
["yxiIc.111.  heures  6i  demie  avant  le  coucher  du  Soleil  ,^  &  elle  duroit 
an.  ^2.  julqu'à  trois    heures  de  nuit  ^,    11   y   eut   même   un   temps 

i' Sanu!,  q{j  q[\q   ne  dilparoiiîbit  que   cinq   heures  après   le    coucher 

^  Pogg.LlV.  clii  Soleil^.  Ce  fut  fans  doute  loHqu  elle  luivoit  de  près  le 
'''  Soleil ,    que  fa  queue  parut  dirigée  vers  le  haut  du  ciel.  Sa 

latitude  étoit  alors   boréale  ,    puilqu'on  l'obferva  auffi  entre 
Waiftig^^      l'ouefi  &  le  nord ,  avec  une  queue  dirigée  au  nord-ell:  :  elle 
Ruh.L  VII,  croidbit  de  jour  en  jour  en  grandeur  &  en  éclat,  en  s'appro- 
'Amai.Mediûi.  chant  du  Soleil.  Le  dimanche  des  Rameaux,    lo  Mars,  & 
l'ijior,  les  deux  jours  lui  vans  ,   Ion  accroiiiement  rut  prodigieux  : 

le  dimanche,   fa  queue  fut  longue  de  vingt -cinq  braiîes  ; 
le  lundi,   de  cinquante  &  même  de  cent;  de  plus  de  deux 
cents  le   mardi.    On   ceiTa   alors   de  la  voir  de  nuit  ;    mais 
durant  les  huit  jours  fuivans,  on  la  voyoit  de  jour  près  du 
Soleil ,  qu'elle  précédcit  :  la  queue  n'étoit  plus  que  d'une  ou 
deux  bralfes  ;    ion  éclat  étoit  tel  que  la  lumière  du  Soleil 
^Ekol.  cotnpU.  n'empêchoit  pas  de  la  voir  en  plein  midi.  On  ne  nous  dit 
'AnmiL  Med-oi.  pj^^  pourquoi  on  celfa  de  la  voir  de  nuit.  Je  penfe  que  les 
piace>it.  Anr.aJ.  uuao-es  ieuis  y  mirent  obltacle  en  itaiie  ;  car  clans  ce  même 
^j^  t^mps ,  c'eft-à-dire  dans  celui  de  la  conjonclion  intérieure 

(Je  la  Comète  avec  le  Soleil ,  on  obferva  en  Allemagne  qu'elle 
fuivoit  le  Soleil  après  le  coucher  de  cet  alh'e,  &  qu'elle  le 
.,  EL-ndorf.  précédoit  le  matin  avant  Ion  lever.  Ce  ne  fut  que  dans  cette 
Nifin,'Schlfhî.  circonilance  que  l'on  put  voir  fa  queue  tournée  vers  foccident, 
Je  penfe  que  ce  fut  peu  après  la  conjonélion  qu'on  com- 
mença à  la  voir  toute  la  nuit,  Elle  continua  de  fe  montrer 

jufque 


DES    Comètes.  449 

jufque  vers  îe  milieu  du  mois  d'Av^i^  On  i'obferva  au  ^AnmiLFiandr. 
Japon,  au  printemps  de  ia  vingtième  année  du  règne  de  MdUc' Poman 
Gokomatz^  l'Vii'ï' 

Struyck  croit  que  cette  Comète  pourroit  bien  être  la  même  ^  ^^^"M- '^' '^^ > 
que  ia  féconde  de  1702.  Pour  moi,  je  ne  fais  aucun  doute 
que  ce  ne  /oit  un  retour  de  celle  de  166 1.  r 

Jean-Galéas  Vifconti ,   duc  de  Milan,  mourut  en  cette 
année  ie  j   Septembre  :   fa  mort  fut  annoncée  par  l'appa- 
rition de  ia  Comète  précédente ,  félon  plufieurs  Hiftoriens ^    ""AnnaiForol 
1  ous  les  Uccidentaux  qui  ont  parle  de  la  Comète  luivante ,  Anwmn.  Pogg, 
i'ont  regardée  comme  figne,  ou  même  comme  caufè  de  la  ^'' 
mort  de  ce  Prince.  Ainfi ,  iorfque  quelques  Ecrivains  ^  difent   ^  ^^fl-  ^fi:. 
limplement  que  la  mort  de  Jean-Gaieas   lut  précédée   de  c,  xxiv, 
i'apparition  d'une  Comète  ,  il  n'efl:  pas  poffibie  de  décider 
de  quelle  Comète  ils  ont  prétendu  nous  parier. 

Sponde  fait  dire  à  Walfmgham ,  que  la  première  Comète 
de  1402  fut  vue  àhs  le  mois  de  Janvier  :  dans  mon  édition, 
Walfmgham  ne  nomme  que  ie  mois  de  Alars. 

1402.  *   Deuxième  Comète. 

€c  Le  printemps  étant  fiir  fa  fin ,  &  le  Soleil  parcourant  le 
fjgne  des  Gémeaux  ,  on  vit  (  à  Conflantinople  )  un  figne  « 
dans  la  partie  occidentale  du  ciel  :  c'étoit  une  Comète  claire  « 
&:  brillante ,  qui  portoit  fi  chevelure  éclatante ,  élevée  en  « 
iair,  fêmblable  à  un  brafier  enflammé.  Imitant  la  forme  d'une  « 
pique ,  longue  de  quatre  coudées  &  plus ,  elle  lançoit  Çqs  « 
rayons  d'occident  en  orient.  Après  le  coucher  du  Soleil,  «« 
fon  éclat  le  répandoit  fur  toutes  les  parties  de  la  Terre  :  elle  « 
ne  permettoit  ni  aux  autres  Etoiles  de  déployer  leur  lumière,  « 
ni  à  la  nuit  d'obfcurcir  l'air,  parce  que  la  lumière  étoit  fupé-  « 
rieure  à  l'éclat  àts  autres  Ailres ,  &  qu'elle  s'étendoit  jufqu'au  « 
plus  haut  du  ciel ,  durant  tout  le  temps  qu'elle  étoit  fur  c? 
l'horizon.  Ce  prodige  fut  vu  dans  les  Indes,  en  Chaidée,  « 
en  Phrygie  ,  en  Perfe  ,  dans  i'Afie  mineure ,  en  Thrace ,  « 
dans  ie  pays  des  Huns,  en  Dalmatie,  en  Italie,  en  Efpagne,  « 
en  Allemagne ,  dans  tous  les  pays  qui  bornent  l'océan.  Cet  «« 
Tome  L  L  1  i 


450  Histoire 

>•  étonnant  phénomène  dura  jufqu'à  l'équinoxe  d'automne,  5c 
«  ne  difparut  que  lorfque  ie  Soleil  entra  dans  ie  figne  de  ia 
jDucp.S'f-    Balance:  on  i'appeia  Lam^adïas.  "  Cette  Comète  eft  datée 
de  i'année  de  ia  défaite  de  Bajazet  par  Tamerian ,   &  par 
conséquent  de  l'an  1402.  Il  paroît  par  ia  defcription  qu'en 
îi^         fait  Ducas,    qu'elle  égala  au  moins  la  précédente  en  éciat, 
en  grandeur  &  liir-tout  en  durée  :    cependant  peu   d'Occi- 
dentaux en  ont  fait  mention  ;  les  nuages  apparemment  ne 
permirent  pas  de  l'obferver  auiîi   affiduement   qu'on  avoit 
obfervé  ia  précédente.  On  ia  remarqua   principalement  en 
Italie,  &  les  circonftances  que  les  Italiens  nous  ont  appriies 
de  fon  apparition ,    s'accordent  avec  toutes  les  parties  de  la 
defcription  de  Ducas.  «  La  Comète  commença  à  le  montrer 
«  au  mois  de  Juin  ;   on  ia  voyoit  de  jour  &  de  nuit  :   elle 
«  traînoit   après   elle  une  très -longue  queue.    On  tint  pour 
Ckon,  Bof    certain  qu'elle  préfageoit  la  mort  de  Jean-Galéas  Y ifconti  (g)  ». 
Seion  un  Hiflorien,  que  je  croîs  contemporain,  «  avant  la 
'»  dernière   maladie  de  Jean-Galéas,    on  vit  briller  dans  ie 
"  ciei  une  Comète  durant  trois  mois  entiers  ;  elle  fe  montroit 
»  vers  le  coucher  du  Soleil  :    eile  continua  à  paroître  durant 
»'  ia  maladie  de  Galéas  ,  &  ceiïà  de  fe  montrer  après  ia  mort 
Cand.Decemhr.  ^q  qq  Prince.  '>  On  la  voyoit  de  jour ,   avant  ie  coucher  du 
Soleil  ;  elle  conlinuoit  de  paroître  le  foir  ,  après  le  coucher 
Annal.  Gen.    Je  cet  Aflre.  On  foblèrva  plufieurs  mois  avant  la  mort  du 
Duc;  elle  celfa  de  paroître,  lorfque  ce  prince  eut  celfé  de 
Str,  Caml,     vivre.  Un  Hiftorien  fait  mention  des  deux  Comètes  de  cette 
année.  «  On  vit,  dit-il,  une  Comète,  dont  ie  mouvement 
^  étoit  d'occident  en  orient.  On  obferva  de  plus  dans  le  ciei 
"  une  Etoile ,  qui  précédoit  le  Soleil  durant  le  jour  &  ia  Lune 
"  durant  ia  nuit.  (  Cela  n'eft ,  ni  ne  peut  être  exaél.  La  deuxième 
Comète  a  pu  précéder  le  Soleil  durant  ie  jour  &  ia  Lune 
'^  durant  la  nuit,   mais  en  des  jours  différens  ).   Cette  Etoile 
,  — 

Cg)  Boiïius  dit  que  GaléaS  mourut  le  3  Mai  :  c'efl  manifefteraent  une 
erreur  de  Copifte.  L'apparition  de  ia  Comète  en  Juin  ,  ne  pouvoit  être  le 
préfage  d'une  mort  arrivée  en  Mai  :  d'ailleurs  Boffius,  A4ilanois,  ne  pouvoii; 
ignorer  que  Galéas  étoit  mort  ie  3  Septembre. 


DES    Comètes.  4^1 

parut  Jurant  plusieurs  jours  &  plufieurs  nuits.  Oii  dit  que  « 
Galéas  {'ayant  vue  dcfefpéra  de  fa  vie:   Car,  dit -il,   notre  «« 
père ,   au  lit  de  la  mort ,   nous  a  révélé  que  félon  le  témoi-  « 
gnage  de   tous  les  Aflrologues  ,    au   temps   de  notre   mort ,  « 
une  femblable  Etoile  devoit  paroître  durant  huit  jours.    Ce  « 
Prince  ne  fe  trompa  point  ;   furpris  d'une  maladie  inopinée  « 
(  occafionnée  peut-être  par  fa  frayeur  chimérique) ,  il  mourut  ec 
peu  de  jours  après.  >»  Cet  Ecrivain  n'efl  pas  le  feul  qui  fèmble    ChY^n,  Tamst 
refîerrer  la  durée  de  l'apparition   de  la  Comète   dans   éLÇ:S 
bornes  auiïi  étroites.  Selon  Bzovius  6c  Paul  Jove  ,   elle  ne 
parut  que   quelques  jours  avant  la  mort   de  Jean -Galéas.    Biov.  t,  XV» 
L'Auteur  àts  annales  de  Gènes  paroît  favorifer  cette  opinion. 
Un  Hiftorien ,  qui  écrivoit  peu  après  le  milieu  de  ce  même 
fiècle ,  donne  même  à  entendre  que  la  Comète  ne  parut  que 
iorfque  Jean -Galéas  étoit  déjà  atteint  de  la  maladie  dont  il 
mourut.  «  En  ce  temps,  dit-il,  on  vit  une  grande  Comète. 
Galéas  en  fut  averti ,  {q%  amis  l'aidèrent  à  fortir  de  ion  lit ,  il  et 
vit  la  Comète  &  s'écria  :  Je  rends  grâces  à  mon  Dieu ,  de  ce  « 
qu'il  a  voulu  que  ma  mort  fût  annoncée  aux  hommes  par  ce  « 
pgne  célefle.  Sa  maladie  empirant,   il  mourut  peu  après  à  « 
Marignan  le  3  Septembre.  »  Ne  pourroit-on  pas  conclure     Boninctmtfi 
aa  moins  de  ces  témoignages  ,   que  la  Comète  n'atteignit 
fon  plus  grand  éclat  que  vers  la  fin  du  mois  d'Août  l  Le  4. 
Septembre  elle  parut  encore  le  foir;  les  jours  fuivans  on  ne 
la  vit  plus  qu'au  matin.  Quelques  Auteurs  paroifTent  avoir  Hijlcr>  Bonan^ 
confondu  les  deux  Comètes  de  cette  année  en  une  leule: 
après  avoir  décrit  celle  qui  parut  en  Février  &  Mars,  ils 
difent  qu'après  la  mort  du  duc  de  Milan  ,   la  Comète  dis- 
parut.  11  n'efl  pas  poffible  de  croire  qu'une  même  Comète  Annal.  Medtoi 
ait  pu  paroître  depuis  le  commencement  de  Février  iufque    rj'ri^^^i^' 
vers  le  milieu  de  Septembre ,   avec  toutes  ies  circonirances 
que  les  Hiftoriens  attribuent  aux   deux  Comètes   de  cette 
année. 

14,03.  Outre  les  témoignages  généraux  que  j'ai  cités  fur 
l'an  1400,  je  trouve  dans  un  Auteur,  que  Muratori  juge 
contemporain,  qu'en  1403  il  parut  une  Etoile  plus  éclatante 

Lllij 


4)2  Histoire 

Hijl.  Bonon.  q^g  j^  Luiie ,  depuis  le  lo  Janvier  jufqu'au  17  Février. 
Seroit-ce  la  planète  de  Vénus,  laquelle  étoit  en  effet  alors 
dans  fon  plus  grand  éclat  \  D'autres  Auteurs  font  mention 
d'une  Comète ,   qui  auroit  paru  vers  la  fin  de  Mars  ou  vers 

*Camer.Com.  jg  commencement  d'Avril^;  on  la  voyoit  du  côté  de  l'orient^: 
Kochkdjîom.  un  Écrivain  dit  qu'elle  paroiiïbit  le  foir^. 

Ccef>  Lub, 

b  Are!.  Eber.  I4OO. 

Lub. 

"  Dlugofi.x.       En  la  douzième  année  du  pontificat  d'Othon,  évéque  de 

AChron.Brm.  Brème,  on  vit  une  grande  Comète  à  l'occident^:  elle  parut 

«  Gerirand.     duraut  plufîeurs  nuits  avec  une  queue  embrafée  ^.   Comme 

^'^*  'vu'^^^'  Othon  efi:  mort  le  30  Juin  de  cette  même  année,  il  femble 

que  l'apparition  de  la  Comète  doit  être  rapportée  à  l'un  des 

iix  premiers  mois. 

Fontan.j.vni,       1407.  Comètc  au  Commencement  de  l'année!  Seroit-ce 

« .  lec,   et.  1^  précédente î 


1408. 


^ 


Thii  Vgn.         Comète  fort  fmgulière.  «  Le  \6  Odobre,  dit  un  Auteur ^ 

Roiew.Nciuj,  „  pgy  après  le  coucher  du  Soleil ,  nous  nous  mimes  en  chemin 

memàr.Chron.'''  pour  aller  fouper  chez  le  Fr.  Antoine  de  la  Bulle.  Une  très- 

Verd.  „  belle  Etoile  s'offrit  auffitôt  à  notre  vue ,   ainfi  qu'à  celle  de 

»  la  plupart  de  ceux  qui  étoient  alors   dans  la  rue  de  Saint^- 

'>  Pierre.  Cette  Etoile  paroifîbit  venir  du  lieu  nommé  Tonione), 

'>  &  fe  mouvoir  vers  le  château  Saint-Ange  :  elle  étoit  accom- 

Diar,  Rom.    pagnée  de  deux  autres  Étoiles  rayonnantes  &  très-éclatantes  ». 

Ce  phénomène  étoit  différent  lans  doute  de  la  Comète  que 

les  autres   Hiiloriens   témoignent   avoir  été   obfervée   cette 

année.  ^ 

Capù.  141  G.  *   Comète  Je  lo  Mars. 

141  I.  En  Tannée  qui  fuivit  la  mort  de  l'empereur  Rupert, 
Chron.Beig.    on  vit  une  Comète  dajîs  le  ciel.  Rupert  ou  Robert  efl  mort 

le  I  8  Mai  141  o. 
KecJi.  Lub,         14 14.   Comète. 

lùck.  141 6.  Deux  Comètes  en  Juin,  Lubienietzki  convient  lui- 

même  qu'il  faut  lire  î45<5. 


DES    Comètes.  455 

ï^i6.  Le  p  Juin  ,  on  vit  une  Comète  au-deffus  de 
rÉglife  des  Frères  -  mineurs  ;  elle  étendoit  Tes  rayons  vers 
la  grande  place  de  la  ville  (  de  Liège  )  :  elle  dura  une 
femaine.  Chron.  Beig, 

142c)    ou    1430. 

Gofunna-(o  monta  lur  le  trône  du  Japon  en  142^  :  en 
îa  première  année  de  fon  règne  (1430  plutôt  que  1425)  ) , 
aw  cinquième  jour  du  huitième  mois  (  vers  le  24  Août 
1530)»  on  vit  une  grande  &  terrible  Comète.  Le  P.  Gaubil  Kaem}^f,lU, 
fait  mention  d'une  grande  Etoile,  qui  fut  obfervée  îa  mcme  ^'  ^' 
annce  en  Chine  à  'la  dixième  Lune  (  commençant  le  17 
Odobre  ) ,  &  qui  dura  huit  jours. 

143  ï. 

Le  P.  Gaubil  fait  encore  mention  d'une  Comète  obiervce 
cette  année  à  la  Chine  durant  la  quatrième  Lune  (  com- 
mençant vers  le  i  i  Mai),  dans  la  conftellaîion  Tftng  (pieds 
àes,  Gémeaux). 

1432.* 

Vers  le  2  Février,  on  vit  une  petite  Comète;  elle  dirî< 
geoit  fa  queue  de  l'orient  au  nord  :  elle  diiparut  au  bout  de 
huit  jours.  Micîm'.iiV, 

IA:5  ?.  *  c.  X Lviii, 

^^^  Dlugof  l  XL 

On  vit,  fur- tout  en  Pologne,  une  Comète  remarquable    ""'''   ^^'^' 
&  brillante  :  elle  paroiiîbit  depuis  le  foir  jufqu'à  l'aurore  ;  fon 
rayon  étoit  tourné  ^txi  l'occident  :    elle  dura  pendant  plus 
d'un  mois^,  ou  plutôt  près  de  trois  mois^  Il  paroîî  qu'elle  *<^ww?'./.^X 
fut  vue  en  automne,  puifque  le  roi  de  Pologne  Cafmir  IV  "^^^chov.i.iv, 
étoit  déjà  arrivé  dans  la  ville  où  l'ouverture  de  la  diète  devoit  LXngof  i,  xi 
fe  faire  le  i  i  Novembre ^  Quelques-uns  datent  fa  première  ^"'^^•^M 
apparition  du  12  Qélobre'^.   En  ce  même  mois  elle  paiïbit  ^^''^""^''''''^^' 

/•!•  IJ-•r^  T  Jj  •eT-^i..        ^  Annal,  ForoL 

au  méridien  vers  la  troJiieme  lieure  de  la  nuit   .    Fabncius  Chon.  Foroi. 


dit  qu'on  la  vit  au  mois  de  Septembre,   après  une  grande   ^Hijl,Bonon 

éclipfe  de  Soleil  obfervée  au  mois  de  Juin  *"  (  le  1 7  Juin  }*  ^  ^'"''''  ^^^^ 
'*'  •  ^       f .         i  lit,  ji^ 


on. 


454  Histoire 

Ailleurs  ii  fait  paroître  la  Comète  le  2  Février  1433,   & 

Fahr,  memorak  lui  doiiiie   trois    lîiois   de  durée.   Enfin   dans  un  troifième 

^'  ^^*  Ouvrage,   ii  diffère  &  réclipfe  de  Soleil  &  la  Comète  ju(^ 

qu'en  1434,  &  nomme  Odobre  pour  le  mois  de  l'apparilion 

Idetn.  Origin,  de  la  Comète.  La  Comète  de  1433   fut  aufli  obfervée  à  la 

/.  VU.  Chine ,  à  la  huitième  Lune  intercalaire  (  commençant  vers 

le  14  Septembre),  près  de  la  Couronne  boréale,  àes  Etoiles 

Cauhil,     «^,  (jiy  V  à\x  Bouvier,  &  à^s  Étoiles  (p,  ^,  4  d'Hercule. 

1434.  Comète  vers  le  commencement  de  Tannée,  à  ce 

Càvîtf  Comîers.  qu'il  paroît.  Il  eft  àes  Ecrivains  qui  joignent  à  l'apparition 

d'une  Comète  en  1434,  une  éclipfe  de  Soleil  qu'ils  datent 

Eckjl,  Lui),    du  mois  de  Juin  de  la  même  année.    L'éclipfe   appartient 

certainement  au   17  Juin   1433  ;    il  efl  à  prélùmer  que  la 

Comète  appartient  à  la  même  année. 

143^. 

Jaques  L^  roi  d'Écofle ,  fut  afTaffiné  le  20  Février  1437." 
on  avoit  vu  une  Comète  durant  l'automne  qui  précéda  la 
Boeth  1.  XVII.  mort  de  ce  Prince. 
Biou.uxn  1439.  * 

On  vit  en  Pologne  une  Comète  entre  l'occident   &  le 

midi;  fa  queue  étoit  tournée  vers  le  midi  :  elle  dura  environ 

»  Diugof     un-  mois  ^   Plufieurs  Écrivains  en  font  mention  ^   Elle  fut 

l  XII.  Fabnc.  Q^QÇQ^^^^Q  2i\x  Japou ,  au  troifième  mois  de  la  onzième  année 

memor.  lib.  II.  \      A    r  r   c  •  •        j      •     >    r 

funcc,  du  règne  de  Gofunna-fo   ,  ce  qui  reviendroit  a  ian  1440, 

^  Cavit.      plutôt  qu'à  14^9. 

Çamerar,  Corn,  *■*•*■  J  <^  - 

^,102,  Gare,  1444* 

Lyc,  Chron, 

Nuremb.  £n  Juillet   1 444  ,   les  planètes  fupérîeures  ,    Saturne  &: 

Frkcltirc.  JLipiter  ,   furent  en  conjondion  dans   i  2  degrés  de  l'Écre- 

^  Kaejnpf.  L II.  viffe  :  au  mois  d'Août  de  l'année  fuivante,  Saturne  &  Mars 

«^«  ^'  furent  pareillement  en  conjonélion  dans  27  degrés  du  même 

figne.  Cette  grande  conjonélion  fut  accompagnée  de  l'appa- 

Leouit,      rition  d'une  Comète,   qui  fe  montra  vers  le  foiftice  deîé. 

Ceci  ne  fufKt  pas  pour  décider  l'année  de  l'apparition  ;  mais 

prefque  tous  les  Hifloriens  s'accordent  pour  l'an  1444,  jour 


DES    Comète  s>  455 

de  îa  fête  de  Saint- Guy ^,  15  Juin,  ou  vers  le  folûice  ^ Fah.mmou 
d'été '^j  ce  qui  ell  la  même  choie.  Quelques-uns  diknt  ^LycSthukr. 
qu'elle  parut  dans  le  Lion  *^.  Deux  Écrivains  en  diffèrent  Hév.  Fryjick!  ' 
l'apparition  jufqu'à  l'année  fuivante^;  mais  Mizaud  ,  l'un  ^Rcck,Eckfl. 
d'entr'eux ,  la  donne  pour  avant- coureur  de  la  mort  de  ^'^^'''^''  ^ 
Ladiflas,  roi  de  Hongrie:  or,  Ladiflas  efl  mort  à  la  iin  de  ^^^^q^y/^' 
1444.  Le  même  Mizaud  dit  que  cette  Comète  parut  dans 
i'oppofition  du  figne  de  la  Balance;  donc  dans  le  Bélier.  Mi-i,  ihîd. 

J44J.   Comète,  C'efl  une  répétition  de  la  précédente.        Eckjh  Luh 

1450. 

Au  jour  Gin -ou  de  la  première  Lune,   première   année 
^Kin-îûy  (  ip  Janvier   1450)  ,    Comète  dans  le  Tien- c lie 
(  dont  la   tête   d'Hercule   occupe  le  centre  )  :   elfe   traverfa 
Hercule.  Quelques  Européens  font  auffi  mention  d'une  Com.ète     Gaul'il 
fur  cette  année;   mais  comme  ils  s'étayent  de  l'autorité    de     x?^/'.  RiaU 
Phranza,  il  eft  manifefle  que  la  Comète  dont  ils  parlent  eil  ^'^^'''^^* 
celle  de  1454. 

1452.   * 

Le  P.  Gaubiil  fait  encore  mention  d'une  Comète  qui  parut 
en  la  troifième  année  Kin-tay ^  à  la  troifième  Lune  (  com- 
îTiençant  vers  le  20  Mars  1452),  dans  la  confteiiation  Pi 
(  \q^  Hyades  ).  Selon  deux  écrivains  Européens  ,  vers  le 
temps  du  couronnement  de  f empereur  Frédéric  IIÎ  (cou- 
ronné à  Rome  en  1452),  une  Comète ,  paroiffant  au  lolilice 
d'été,  efîraya  les  eiprits;  elle  parut  pendant  tout  le  mois  de  AvemmlVlh 
Juin.  Ces  caractères  font  bien  analogues  à  ceux  de  la  Comète  Cavîu 
de  1456,  de  laquelle  aucun  de  ces  deux  Ecrivains  ne  fait 
d'ailleurs  mention.  D'ailleurs  Aventin,  l'un  àçs  deux,  ne 
s'ailreint  à  aucun  ordre  chronologique  fuivi  :  au  même  endroit 
où  il  parle  de  l'apparition  de  la  Comète,  il  enîalfe  en  très- 
peu  de  lignes  un  grand  nombre  de  faits ,  dont  plufieurs 
appartiennent  certainement  aux  années  1457  &  1458.  Je 
crois  donc ,  mais  fur  la  feule  autorité  àti  annales  Chinoifes , 
qu'il  a  paru  une  Comète  eu  1452. 


C.LX. 


4j6  Histoire 

La  même  année  troifième  Kin-tay ,  onzième  Lune,  jour 
Kouey-ouey  (  4  Janvier   1453  )  ,    on   vit  à  ia  Chine   une 
nouvelle  Etoile,  dan^  la  conftellation  Yu-kouey  (  ôj  vi,  y,  J\ 
Gauiii.     de  l'EcrevifiTe  ). 

1454. 

<c  Vers  ce  temps  (en  1454 ,  autant  que  je  puis  en  juger) , 
3>  les  Envoyés  des  Pruffiens  arrivèrent  (en  Pologne)  le  Mer- 
»  credi  avant  la  fête  de  la  Chaire  de  Saint-Pierre  :  car  l'année 
>j  précédente,   une  diflenlion  s'étant  élevée  entre  les  Pruli^ens 
»  &  \qs  Chevaliers  de  l'ordre  Teutonique ,   ceux-ci   avoient 
»  été  expulfés  de  toutes  les  villes    &   de   tous  \qs  châteaux 
»  fortifiés.   Sur  ces  entrefaites,  on  vit  (ou  bien  on  avoît  vu; 
•»  le  texte  comporte  les  deux  fens),  on  vit,  dis-je,  des  pro- 
*j  diges  dans  le  ciel  &  àçs  Comètes  :   Super  hoc  prodigia   in. 
Mkhov.LIV,  cœlejlibus ,  &  apparitïones  Cometanim  vifœ^.»  Des  Cométo- 
graphes  modernes^  marquent  fur  cette  année  l'apparition  de 
Eckjl.  Lub.    2eux  Comètes;  mais  Hévélius  lui-même  remarque  judicieu- 
fement  que  ces  Comètes  appartiennent  à  l'an   1456.  Une 
autorité  qui  ne  permet  pas  de  douter  de  l'apparition  d'une 
Comète  en   1454,    efl  celle  de  George  Phranza ,   Proto- 
veftiaire   ou   Maître   de  la   garde  -  robe   dei   empereurs   de 
Conftantinople.  Mais  il  faut  corriger  dans  Phranza  une  faute 
d'impreffion  11  manifefte,  que  je  m'étonne  qu'elle  ait  échappé 
*  Ricci.  Luh.  à  nos  Cométographes  ^    Après  avoir  parlé  de  ia  prile  de 
^"''  Conftantinople  pai'  Mahomet  II  ^,  arrivée  bien  certainement 

hf>hran7. i, IIL  j^  ^^  jy^^j   145  3  ,    ^^^m^z^  dit  au  chapitre  XX  ,    qu'il  fut 
du  nombre  à^h  prifonniers,  &  qu"ilfut  vendu  le  i/"^  Sep- 
tembre 69*52,    1453  de  l'ère  Chrétienne.   L'an  à^^  Grecs 
6962  commun çoit  en  effet  le  i  .^^Septembre  1453.  Phranza 
ajoute  peu  après  :  «  Durant  l'été  de  l'an  6962,   1450  de 
•»  Jédis-Chrilt   (il  eft  clair  qu'il  faut  lire  ici  1454  &  non 
1450;  l'ordre  de  la  narration  le  demande,  .&  d'ailleurs  l'ilé 
de  l'an  <5p62  à^s  Grecs,  concourt  certainement  avec  l'été  de 
j»  l'an  1454  de  notre  ère)  ;   durant  l'été  donc  de  1454,  une 
55  Comète  commença  à  parplîre  tous  les  foirs  après  le  coucher 

du  Soleil  ; 


DES     Comètes.  457 

dki  Soleil  ;  eile  avoit  la  figure  d'une  longue  épée.  La  Lune  « 
ayant  atteint  fon  plein,  ia  Comète  pafTa  devant  Ton  diique  « 
&  réciipfa ,    conformément   aux   loix  qui   occafionnent    les  « 
éciipfes  des  corps  céiefles.   Quelques-uns  faifant  attention  à" 
la  forme  d'épée  qu'on  remarquoit  dans   cette  Comète ,    la  « 
voyant  d'ailleurs  s'avancer  d'occident  en  orient ,    approcher  « 
de  la  Lune  &  la  dépouiller  de  fa  lumière ,   conclurent  que  « 
les  Princes  Chrétiens,  formant  enfemble  une  puiiïante  ligue,  « 
viendroient  de  l'occident,    attaqueroient  le  trône  Ottoman  « 
&  le  renverferoient.    Ce  prodige   ne   caufa   pas   même   de  « 
petites  frayeurs  dans  l'eil^rit  des  Turcs.  »  Ce  récit  ell  telle- 
ment circonftancié ,  toutes  les  parties  en  font  tellement  liéejs 
entr'eiies ,  que  je  ne  vois  pas  comment  on  pourroit  en  afFoi- 
blir  l'autorité.   On  pourroit  feulement  demander   comment 
un  tel  phénomène  a  pu  échapper  aux  peuples  de  l'occident; 
aucun  de  leurs  Hiftoriens ,  û  vous  en  exceptez  peut-être 
Michow ,   n'en   fait  mention.   Mais  un  ciel   couvert  a  pu 
nuire  aux  obfervations.  D'ailleurs ,  fi  ia  Comète  étoit  alors 
plus  près  de  nous  que  la  Lune ,  ce  que  nous  difcuterons 
autre  part ,   fa  parallaxe  étoit  plus  grande  que  celle  de   ia 
Lune ,    &  par  cela  feul  i'éclipfe  a  pu  avoir  lieu  à  Conitan- 
tinople  ,  &;  non  en  Allemagne ,   en  France ,  en  Italie.  Si 
i'écliplè  ou  la  conjondion  eft  arrivée  à  Conflantinople  vers 
neuf  heures  du  foir,  ia  Lune  n'étoit  point  encore  levée  fur 
notre  horizon.  La  pleine  Lune ,  vers  le  folflice  d'été  ,  eft 
peu  élevée;  la  Comète  rabailTée   peut-être  encore  par  fa 
parallaxe  à  la  Lune  ,   étoit  moins  haute  ;  l'éclat  de  la  Lune 
d'une  part,  de  l'autre  les  vapeurs  de  l'horizon  ,  ont  pu  dérober 
aux  Occidentaux  la  vue  de  la  Comète.   Enfin  il  fuit  affez 
naturellement  du  récit  de  Phranza,  que  le  vrai  mouvement 
de  la  Comète  étoit  rétrograde  :  donc  lorfque  ia  Terre  par 
un  mouvement  précipité  étoit  emportée   vers  l'orient  ,   ia 
Comète  avançoit  vers  l'occident  avec  une  égale  prompti- 
tude: ces  deux  Planètes  ont  bientôt  lailfé  entr'eiies  un  grand 
efpace  ;    ia  Comète  ,    par   fa   grande   diftance  ,    étoit    dé]k 
devenue  prefque  invifibie  à  la  vue  fimple ,  iorfque  ia  Luna 
7  orne  L  M  m  m 


45^  Histoire 

ayant  atteint  fà  dernière  quadrature ,   a  cefle  de  roffufquer 
par  des  rayons  trop  éclatans. 

i/^<)6,  Cavitelii  marque  fîir  cette  année  l'apparition  de 

deux  Comètes  terribles  &  de  couleur  noirâtre.  Il  fait  paroître 

l'une  en  Janvier  au  vingtième  degré  à^s,  Poiiïbns ,  &  l'autre 

CaviuLeomio  {q    ^  Décembre,    On   trouve  ailleurs,    qu'en  Décembre  & 

Janvier  l'on  vit  quatre  Etoiles  admirables,  qui  s'avançoient 

avec  force  d'orient  en  occident  ;   elles  étoient  difpofées   en 

'Annal  Placent,  forme  de  croix.  Enfin  ,  il  efl  des  Auteurs  qui   divifent  la 

Comète  fui  vante  en  deux,  dont  l'une  auroit  précédé  le  Soleil 

Geerg.  Trap,  levant ,  l'autre  auroit  fuivi  le  Soleil  couchant.  Voici  le  raifon- 

Ljc.  ire.         nement  de  George  de  Trébilonde  à  ce  fujet  :    «  Lorfque 

j'écrivois  ceci,  dit -il,  une  Etoile  chevelue  parut  à  Rome, 

&  éÀQ  paroit  encore*   On  la  vit  d'abord  le  i  .^"^  Juin ,  à  ce 

qu'on   dit ,   entre  cinq  &  ï\x  heures  de  nuit ,   dans  l'angle 

oriental.  Durant  près  de  quinze  jours,  elle  fembla  fe  mouvoir 

vers  l'orient,  par  un  mouvement  diurne,  qui  étoit  d'environ 

4.  degrés  par  jour.  Le  i  6  Juin ,  on  la  vit  après  le  coucher 

du  Soleil  ;  elle  avoit  été ,  dit  -  on ,  deux  jours  fans  paroître» 

Puifque  le  i.*^  Juin  la  Compte  le  levoit  trois  heures  &  demie 

ft  avant  le  Soleil,   elle  étoit  nécefiairement  vers  3   degrés  du 

M.  Bélier:   ayant  4  degrés  de  mouvement  par  jour,  elle  aura 

7,y  paru  le  14  Juin  vers  la  fin  du  Taureau.  Comme  le  i  6  Juin 

»  le  Soleil  étoit  en  5   degrés  de  l'Ecrevilîè ,   pour  qu'on  ait 

î5  pu  voir  la  Comète  ce  même  jour  au  foir  après  le  coucher 

»  du  Soleil ,  elle  a  dû  être  nécelTairement  au  commencement 

55  du  Lion:  qWq  aura  donc  parcouru  plus  de  60  degrés  en  deux 

!.»  jours.  Ceux  ^ui  ont  vu  la  Comète  le  14  Juin  ,  témoignent 

M  qu'elle  étoit  beaucoup  plus  petite  que  celle  qui   a   reparu 

M  deux  jours  après.  Mais  fi  cette  Comète  diminuoit  de  jour 

»  en  jour  avant  que  de  dilparoître  le  14  Juin ,  comment  Ion 

»  mouvement  ^'elt-il  accéléré  de  manière  qu'au  lieu  de  4  degrés 

»  qu'elle  avoit  parcourus  par  jour  julqu'alors ,  elle  en  ait  par- 

»  couru  trente  en  chacun   àts  deux  jours   qui  ont  lliivi   fà 

K  difparition!  Le  mouvement  de  la  Comète  qui  paroît  main- 

»  tenant  j   le  raiientit  d'autant  plu5  que  lagroileur  du  corpi 


DES    Comètes.  459 

<îe  îa  Comète  diminue.  »  Je  ne  m'arrêterai  point  à  réfuter 
ce  railonnement  ;  ii  porte  tout  entier  fur  une  fuppofition 
fauiïe  ,  à  ilivoir  que  ia  Comète  ne  s'écartoit  pas  de  1  eclip- 
tique.  Si  la  Comète  avoit  piufieurs  degrés  de  latitude  boréale, 
comme  nous  verrons  bientôt  que  cela  étoit,  elle  pouvoit  fe 
lever  le  i  ."^"^  Juin  trois  heures  &  demie  avant  le  Soleil ,  quoique 
beaucoup  plus  avancée  que  le  troifième  degré  du  Bélier; 
elle  pouvoit  paroître  le  i  6  Juin  au  ioir  après  le  coucher  du 
Soleil ,  quoiqu'elle  n'eût  point  encore  atteint  le  commen- 
cement du  Lion.  C'eft  donc  bien  gratuitement  que  George 
de  Trébifonde  lui  attribue  un  mouvement  de  60  degrés  en 
deux  jours ,  &  qu'il  en  prend  occafion  de  la  divifer  en  deux 
Comètes  différentes. 

J'ai  expofë  tout  ce  qui  peut  faire  foupçonner  une  appa- 
rition de  plufieurs  Comètes  en  1456:  je  paffe  au  détail  des 
circonilances  qui  caraclérifent  celle  qui  fut  certainement 
obfervée  au  mois  de  Juin  de  la  même  année. 

Retour  de  îa  Comète  d'HalIey.  Cette  Comète  ne  peut  cap.  lxvi. 
/guère  fe  montrer  avec  un  plus  grand  éclat,  que  lorfqu'elle //^^'"Çf^/*     ' 
paffe  en  fon  périhélie  au  mois  de  Juin  :  on  la  découvre  alors   b  pm.  de  Ugn 
quelques  jours  avant  fon  périhélie  ;    on  ia  voit  en  fon  péri-  ^"'^^'  Zamfi. 
héiie  même,  &  loriqu'elle  l'a  paffé,  elle  continue  d'approcher  e^,^^j^  jr/^^^^. 
de  la  Terre,  &  Ion  éclat  en  conféquence  augmente  durant  hxvi.y.^éé' 
quelques  jours.   C'eft  le  cas  où  elle  s'eft  trouvée  en   1456.  ^ll^"''xuW' 
Auffi ,   quoique  deux  hiftoriens  Polonois  nous  affurent  <j^q  fol  ^^2. 
ia  grandeur  de  cette  Comète  n'avoit  paru  que  médiocre  en     ^  Simomtu 
Pologne    ,   tous  \çs  autres  s  accordent  a  nous  ia  repreienter  p^i,^^^ 
comme  grande^,  terrible^,  d'une  grandeur  extraordinaire^,  ^Ammk.RU, 
traînant  après  elle  une  queue  très -longue^,  couvrant  de  fa ''''''  -^j-^Uh 
queue  deux  fignes  céleiies  ou  60  degrés  ^  Cette  queue  n  étoit  hfefur:  Faber, 
■cependant  pas  toujours  d'une  égale  longueur^:  on  l'obferva     /  Amai 
de  trente  palmes  ;    ou  l'obferva  de  plus  de  cent  palmes  de  ^v^'^' 
iong  ;   en   quelques   cii'conllan ces  on  n'y  découvrit   aucune  ^Hiflor.BonoH. 
appaience  de  queue  ^.  Au  commencement  de  Juin ,  la  tête  h ^n^d. Raim, 

Mmm  ij 


j^6o  Histoire 

étoit  ronde  &:  de  la  grandeur  d'un  œil  de  bœuf;  H  en  fbrtoit 
une  queue  épanouie ,   que   l'on   auroit  pu  comparer  à  une 

Hiji.  Bomn.    queue  de  paon.  Le  6  du  même  mois  (  trois  jours  avant  fon 
paflagë  au  périhélie  )  ,   fon  corps  ou  fon  noyau  étoit  auffi 

Anon.àeCom.  éclatant  qu'unc  Etoile  fixe:    c'eft    un   phénomène  qu'on  a 

^^  encore  remarqué  depuis  dans  cette  même  Comète,  en  1682. 

Ammir.  P.  Il,  ^^  coulcur  de  la  queue  imitoit  celle  de  l'or  :    en   d'autres 
temps,  &  peut-être  en  d'autres  lieux,  elle  paroilîbit  pâle  & 

Hifl,  Bown.    blanchâtre  :  elle  refTembloit  quelquefois  à  une  flamme  étin- 
Zantfl.      celante  ,   &  c'efl  ce  qui  aura  donné  lieu  d'imaginer  qu'elle 

Chren,  Mdlk,_  étoit  commc  furmontée  de  plufieurs  petites  Etoiles. 

Pour  ce  qui  concerne  le  mouvement  apparent  de  cette 
Comète,  j'ai  recueilli  tout  ce  que  les  Écrivains  contempo- 
rains nous  en  ont  appris,  &  j'ai  calculé  la. route  qu'elle  a  dû 
tenir  en  1456:  les  élémens  de  fon  orbite  ont  dû  être ,  à 
très-peu  près ,  tels  que  je  les  propofe. 

Lieu  du  nœud  afcendant » i  ^  i  8"^     30'. 

Inclinaifon  de  l'orbite.. 17.     5  <^. 

Lieu  du  périhélie. . 10.      il       o. 

Logarithme  de  ia  diftance  périhélie.  ....  C);y6y<,à^o, 

PafTage  au  périhélie   en  Juin.  .........  8'    z?.^    10', 

Sens  du  mouvement Rétrograde. 

II  fuit  de  ces  élémens ,  qu'à  ia  fin  de  Mai  la  diflance  de 
la  Comète  à  la  Terre  étoit  à  peu -près  égaie  à  celle  de  k 
Terre  au  Soleil  ;  ia  Comète  ne  devoit  pas  être  fort  brillante  ; 
il  n'étoit  cependant  pas  impofîjbie  de  ia  voir:  auffi,  un  feu! 
Auteur  remarque  qu'on  commença  à  ia  voir  dès  le  2.p  de 
'Ducas,p,ipp,  Mai.  Les   autres  Hiftoriens  datent  fa  première   apparition 

'  Annal,  Foïoi,  du  I  .^"^  ^  OU  du  2  Juîn^,  OU  plus  généralement  du  commen- 

^  Annal.  Raim.  cemeut  de  ce  même  mois*^. 

^  Hifi.  Bonon,       Vcrs  le  I  .^"^  Juiu ,   la  Comète  fe  ievoit  entre  cinq  &  fix 

^Seofg,Tray%'\xQ\xx^s  de  nuit ,  OU  trois  heures  &  demie  avant  ie  SoieiH, 
OU  vers  une  heure  du  matin  :  c'eft  une  conléquence  néceffaire 
delà  théorie  que  j'ai  propofée;  fuivant  elle,  ia  Comète  a  dûfë 
lever  ^^ïi  quatre  heures  du  matin  ï^i  premiers  jours  de  Juin. 


DES    Comètes.  461. 

«  Le  6  Juin,  avant  le  jour,  entre  cinq  &  fix  heures  de 
nuit,  on  vit  pour  la  première  fois  la  Comète  vers  20  degrés  « 
du  Taureau  ;  elle  déclinoit  de  l'écliptique  vers  le  nord  d'en-  « 
viron  14  degrés  :  la  longueur  de  fa  queue  étoit  de  2  2  degrés.  »  Anoti.  de  Corm 
Selon  le  calcul,  à  l'heure  fufdite ,  au  méridien  de  Rome,  la  ^^^^' 
longitude  de  la  Comète  étoit  de  i^  20'^  &  un  quart,  &  fa 
latitude  de  i  3  degrés  &  demi  au  nord. 

«  En  la   nuit   qui   fuivit  le    3    Juin,   dit  un   Hiflorien 
contemporain  ,   cette   Comète   s'étoit  montrée  ;   mais  je  ne  « 
l'ai  vue  que  la  nuit  du  6  du  même  mois  (  ou  la  nuit  du  6  « 
au  7,  à  ce  qu'il  me  iemble  ).  Je  la  trouvai  vers  i  2  (  lifez  22  )  ce 
degrés  du  Taureau ,  avec  une  latitude  de  24  (lifez  14)  degrés  « 
au  nord.  Sa  tête  s'étendoit  vers  l'Étoile  fixe  au  pied  de  Perfée  :  « 
fa  queue ,  contre  l'ordre  des  fignes ,  fe  portoit  vers  A/goI  ou  « 
ia  tête  de  Médufè;  elle  avoit  en  tout  10  degrés  de  longueur,  « 
comme  on  s'en  eft  convaincu  à  l'aide  des  inflrumens.  Cette  « 
Comète  fuivoit  le  mouvement  du  premier  mobile  ;    on  ia  « 
."vit  d'abord  le  matin  ,   deux  heures  environ  après  le  milieu  « 
de  la  nuit  ;   elle  parut  enfuite  le  foir  après  le  coucher  du  « 
Soleil  ,    ce  qui  fit  juger  à  quelques  -  uns  que  c'étoient  deux  « 
Comètes  différentes.  »    La  polition  du  pied  de  Perfée  dans      Ehendorf, 
le  ciel ,  la  longueur  mefurée  de  la  queue  de  la  Comète ,  fa  "J'  f^?,  "^ 
direélion  vers  ia  tête  de  Médufe  ,   direétion  qui  détermine 
à  peu-près  le  lieu  de  ia  Comète  entre  la  tête  de  Médufe  & 
ie  Soleil ,  enfin  fon  lever  vers  deux  heures  du  matin  ,  font 
autant  de  circoniiances  qui  néceffitent  la  correction  des  deux 
erreurs   de   Copifle  ,    qui   s'étoient   gliffées   dans   le   texte 
d'EbendorfFer.  Or  ie  7  Juin,  à  deux  heures  du  matin,  méri- 
dien de  Vienne   en  Autriche ,    félon  les  élémens  propofés 
ci-deffus,  la  Comète  étoit  en  22  degrés  du  Taureau,  avec 
IJ4  degrés  de  latitude  boréale. 

«  Le  Dimanche  1  3  Juin,  à  environ  cinq  heures  de  ianuiî^ 
ia  Comète  étoit  vers  ie  nord ,  &  fa  queue  étoit  tournée  comme  « 
vers  l'orient.  «  L'Auteur  qui  nous  fait  part  de  cette  circonf-     i?^^;^, 
tance  efl  contemporain;  mais,  peu  initié  probablement  dans 
ia  connoJlTance  du  ciel,  il  a  pu  coniondre  des  phénomènes 


j^6z  H  r  s  T  0  ï   R  E 

ôbfervés  en  Jifîerens  jours  :  d'ailleurs ,  il  ne  nous  donne  que 
des  à  peu-près.  Le  13  Juin ,  vers  minuit  ou  une  heure  du 
matin ,  la  Comète  a  pu  paroître  à  peu  de  didance  du  nord  : 
mais  fa  queue  ne  pouvoit  être  dirigée  vers  l'orient  ;  elle 
regardoit  plutôt  le  midi, 

ce  Le  mouvement  diurne  de  la  Comète ,  vers  le  commen- 
Ceoyg.Trq).  cément  de  Juin,  étoit  de  4  degrés.  »  Cela  eft  exaélement 
•vrai  du  i  i  Juin.  D'ailleurs,  depuis  le  7  Juin  jufqu'au   15 
Juin ,    en   huit  jours  de  temps  ,    elle  a  parcouru    environ 
3  2  degrés  de  longitude  ;   c'efl  fur  le  pied  de  4  degrés  par 
jour  l'un  portant  l'autre. 
Ebnidorf. Hi(f.       «  Après  avoîr  vu  la  Comète  le  matin,  on  la  vit  le  foir.  » 
'"*°"'  On  auroit  pu  la  voir  le  loir  dès  avant  le  i  5  Juin  ;  mais  les 

vapeurs  de  l'horizon ,  la  force  du  crépufcuie ,  les  nuages  peut- 
être  en  empêchèrent. 

Ce  qui  ell  certain  ,   c'efl  que  le  mercredi  d'après  la  fête 

de  Saint  Gui  (ou  le  16  Juin  ) ,  on  la  vit  très-bien  le  foir: 

^Mxhoi'.iiv,  en  Piplogne,  elle  ne  /e  coucha  point  &  parut  toute  la  nuit^, 

'^d'u  tiLt^n  ^  Bdiogne,  après  le  coucher  du  Soleil,  elle  (è  montra  entre 

ï'ih.  xiu,    'l'occident  &  le  nord;   elle  difparut  pour  peu  de  temps,  & 

^B'fi.Bonon,   fe  leva  bientôt  après  du  côté  du  nord^.  Selon  notre  théorie, 

le  16  Juin  au  foir,  la  Comète  n'étoît  éloignée  du  Soleii 

que  de  trois  ou  quatre  degrés  à  l'ouefl  ;  mais  fa  latitude  boréale 

étoit  de  I  8  degrés  &  demi ,  &  là  déclinaifon ,  pareillement 

boréale,  étoit  de  42  degrés.  Ainfren  Pologne,  &  par-tout 

où  la  hauteur  du  pôle  excédoit  48  degrés,  la  Comète  reftoit 

perpétuellement  au-deflus  de  l'horizon.   Mais  à  Bologne  eit 

Italie,    où  la  latitude  n'efl  que  de  44   degrés  &  demi,  la 

Comète  le  couchoit ,   mais  pour  peu   de  temps  ;   fa  queue 

flu"-tout ,    après  avoir  entièrement   difparu  ,   ne   devoit  pas 

tarder  à  reparoitre. 

La  queue  étoit  tournée  en  haut  vers  le  pôle  ;   mais   au 
Dh^4'  '•  ^^'  lever  de  l'aurore  elle  fe  îournoit  vers  l'orient.  Il    faudroiî 
lire,  je  penfe,  vers  l'occidenU 

Le  loir,  dit  un  Italien,  la  Comète  paroifToit  vers  le  midi. 
Annal  Raim.  &  le  matin  vers  le  nord ,   fous  ictoile  de  Diane.  Après  la 


D   E   s     C  OMET  E  S.  463 

'tj  Juin,  la  queue  de  ia  Comète  a  pu  être  tournée  îe  foir 
vers  ie  fud  ,  le  matin  vers  le  nord.  Mais  qu'au  mois  de 
Juin  la  Comète  même  ait  été  vue  en  Italie  le  foir  vers  le 
midi ,  &  le  matin  au  feptentrion ,  cela  n'efl:  pas  poffible  :  il 
faudroit  pour  cela  qu'elle  eût  eu  un  mouvement  tout-à-fait 
Singulier,  &  abrolument  différent  de  celui  que  tous  les  autres 
Ecrivains  lui  attribuent.  D'ailleurs  je  ne  connois  pas  l'étoile 
de  Diane. 

La  Comète  parut  à  l'orient  dans  le  quinzième  degré  de 
î'Ecrevilfe.    Le  jour  n'efî:  pas  déterminé;   mais  au  moins  il  Anmï.Hirfaug. 
faut  que  ,   dans  ma  théorie  ,   la  Comète  ait  été  de  nuit  fur  pjime'r.  Bo"i^'. 
l'horizon,  du  côté  de  forient,   dans  le  quinzième  degré  de  ^^c.  ^j.viii. 
iLcreviiie:  or,  celt  ce  qui  elt  arrive  le  ip  Jum,  vers  trois  Eber.Car^, 
heures  du  matin. 

A  AufI)ourg  «  la  Comète  commença  à  paroître  du  côté 
<îe  l'orient  ;   elle  fut  obfervée  dans  les  fignes  de  l'Écrevifîe  « 
^  du  Lion:  elle  parut  durant  plus  de  deux  (emaines-  »>  On  Annal. Augp» 
ne  c®mmença  fans  doute  à  la  voir  à  Auibourg,  que  vers  la  '^°-^^^j^' 
ml -Juin  au  matin  ;    elle  continua   de  ie  montrer   le  foir 
|ufque  dans  \qs  premiers  jours  de  Juillet  (h)  :   durant  cet 
intervalle  de  temps  ,    elle  parcourut  en  effet  les  fîgiies  de  ,         _, 
i'Écrevifîè  &  du  Lion.  Anmi^FiIndr, 

Elle  ne  paroiffolt  plus  que  ie  fôîr  à  l'occident,  après  le  ^•^^J'P'S''^- 
coucher  du  Soleil^:  on  la  vit  ainfi  jufqu'à  la  fin  de  Juin,  ^Hi^.Bo'noL 
ou  même  jufqu'en  Juillet  ^  Le  i  .^^  de  Juillet  fa  diftance  à  Arm^tck. 
ia  Terre  étoit  encore  moindre  que  \ts  trois -quarts  de  ^^  p,"n,' j.  vuL 
^liftance  moyenne  de  la  Terre  au  Soleil  ;  mais  le  16  du  (^^uf^u^,  P^  Jli. 
même  mois^  qMq  excédoit  cinq-quarts  de  cette  même  diflance*  'piacmt[  EhnL 


(h)  GafTare  ,  ^ans  les  Annales 
€Îtées ,  dit  :  Durant  ce  même  mois  en 
mt  une  Comète  ;  &  il  vient  de  nommer 
3e  mois  de  Juillet.  Mais  comme  peu 
■de  lignes  auparavant  il  avoit  nommé 
le  mois  de  Juin,  il  y  a  lieu  de  croire 
que  c'efl  à  ce  même  mois  qu'il  a 
iprétendu  rapporter  la  première  appa- 
•xiîion  de  la  Comète  j   autreniem  H 


feroiî  en  contradlcflion  avec  tous  \çs 
Auteurs  contemporains.  Infeffura  dit 
auiîi  que  la  Comète  a  paru  en  Juillet^ 
di  Giuglio  ;  mais  il  y  a  fi  peu  de  dif- 
férence-entre  les  mots  italiens  Giuglio 
Juillet ,  &  Giugno  Juin  ,  que  l'un  a 
pu  facilement  fe  glifler  dani  uive  copie 
au  lieu  de  ]'âuîr£^ 


464  Histoire 

Eiie  étoît  donc  encore  vifible   dans  ies  premiers  jours   de 
^Cromer.     Juillet:  Ton  apparition  dura  un  mois  entier^  &  même  pius^; 
v'/û  fff^Rii'c.  ""^^^^  J^  doute  qu'on  ait  pu  i'obferver  durant  cinquante  jours, 
Mchov.Frijich.  commc  un  feui  Hiflorien  l'a  avancé  ^. 

^ Doerivg.         jç  j^g  ç^'^^  yj^  pgjj  étendu  fur  cette  Comète;  il  m'a  paru 
p.  II  Tx^XilL  intérelTant  de  convertir  en  certitude   le  foupçon   que  l'on 
avoit  déjà,  que  cette  Comète  ne  difFéroiî  point  de  celle  qui 
a  paru  en  i  53  i  ,   i  607  ,   i  682  &:  175^. 

1457.* 

En  l'année  qui  précéda  la  mort  d'Alphonfe ,  roi  d'Arragon,- 

de  Napies  &  de  Sicile,  on  vit  des  Comètes  en  divers  temps, 

^AmnLFiaiidr,  &  en  diverfès  parties  du  cieP.  Alphonie  mourut  le  2 8  Juin 

lib,  X,  Anwnin.  q 

p.ui,m.xxn,  1450. 

c,  XV.  Tack.         I  ^  |{  en  parut   une  ,   dit  -  on  ,    au  commencement  de 

b  Pontan.     Tannée  ^. 

\'     '  2,?  Nos  Cométographes  modernes '^  en  font  paroître  une 

Prmr,  '       '  au  mois  de  Juin ,  dans  les  Gémeaux  &  i'EcrevilTe  :  ils  ont 

raîion  ,  mais  par  hafard  feulement  ;   car  la  Comète  dont  ils 

parlent  eft  manifeflement  la  Comète  précédente  ,  différée 

d'un  an. 

3.°  Qn  trouve  dans  beaucoup  d'Auteurs,  qu'au  mois  de 

Juin  1457»  on  vit  dans  le  vingtième  degré  des  Poiffons 

une  Comète  ,   de  i'efpèce   de  celles  qu'on  appelle  Comètes 

Chron.Nuïemh.  noii'es.   Auroit-il  paru  deux  Comètes  dans  le  même  temps, 

ST.'S'Ji!  i'une  dans  ies  Poiffons,  l'autre  dans  ies  Gémeaux! 

Amai, Âugflb.      4*°  «  Le  8  Juin  au  matin,  dans  le  crépufcuie,  après  (ou 

col.  z-^^^.»  plutôt  avant)  le  lever  du  Soleil  ,    on  découvrit  la  féconde 

Eber'pnhner.  »  Comète  depuis  l'année  précédente  :   elle  étoit  en   5   degrés 

Lub.Héy.    „  jjes  Gémeaux,  avec  une  latitude  feptentrionale  de  près  de, 

»  <   degrés ,  près  d'une  Étoile  qui  efl  à  la  racine  d'une    des 

»  cornes  du  Taureau  ,    à    moitié   chemin  environ  entre  \ç$ 

M  Pléiades  &  les  cornes  du  Taureau.  Cette  Comète  étoit  fort 

»»  petite  ;   fa  queue  ,   très  -  longue  d'abord  ,   égaloit  i  5   degrés 

?»  d'un  grand  cercle:  elle  s'étendoil:  directement  au  midi,  y^rs 

l'Etoile 


DES    Comètes.  465 

i'étoiie  que  l'on  nomme  Bellatrix  (i).  La  queue  relîembioit  « 
à  une  lance  bien  droite  :  la  couleur  livide  &  obfcure  de  ia  « 
Comète  imitoit  celle  du  plomb.  Son  mouvement  étoit  félon  c< 
l'ordre  des  Signes:  depuis  le  lieu  que  nous  avons  nommé,  « 
elle  atteignit  prelque ,  dans  une  durée  de  trois  mois ,  la  fin  ce 
de  i'Êcreviiîe.  Vers  le  milieu  de  fa  courfè,  elfe  changea  de  ^ 
latitude  ;   vers  la   fin  de  ion   apparition  ,    elle  éîoit  autant  « 
méridionale  qu'elle  avoit  été  feptentrionale   au  commence-  « 
ment.   La  direélion  de  la  queue  avoit  aufli  un  peu  varié,  « 
elle  déclinoit  du  midi  à  l'occident.    Son    mouvement  étoit  « 
donc  fort  lent  :    elle  diiparut  après  trois  mois  de  durée.  »      EhenàQrf, 
Au  mois  d'Août,   on  la  voyoit  vers  ia  feptième  heure  de  la  '^°^'  ^^^' 
nuit  à  l'orient^:   elle  parut  ainfi  durant  plufjcurs  jours,  fa    ^Àntonin.nhi 
queue  étant  dirigée  vers  le  midi  ''.  Quelques  Écrivains  difent  ^"P*"^' 
en  général ,  qu'on  a  vu  une  nouvelle  Comète  vers  ie  mois    ^  ^"Z^^' 
de  Juin  de  cette   année '^;    mais  comme   ils   n'en  donnent  ^f"^^"'"''"^'^^' 
aucune  defcription,  il  n'ell  guère  pofhbîe   de   décider  s'ils     ^         ^^' 
parlent  de  la  Comète  vue  dans  \qs  Poiffons  ou  de  celle  qui 
parut  dans  les  Gémeaux.  II  efl  au  refte  difficile  de  confondre 
ces  deux  Comètes. 

5.°  «  Ladifîas  ,  roi  de  Bohème  &  de  Hongrie  ,    dit  le 

même  EbendorfTer  ,   mourut  le  23   Novembre   1457.   J'ai  « 

entendu  affurer  à  un  homme  favant,   digne  de  foi,  &  qui  « 

étoit  alors  à  la  Cour  de  ce  Prince,   que  la  nuit  qui  avoit  et 

précédé  (à  mort,  on  avoit  vu  à  Prague  une  nouvelle  Comète  « 

de  couleur  de  fang  :  fa  chevelure  ou   fa  queue   imitoit   la  « 

couleur  de  la  flamme.  »    On  ne  nous  dit  rien  de  la  durée      E^ndorf, 

Ci)!.  88 ^^ 


(i)  L'étoile  Bellatrix  eft  celle  de 
l'épaule  occidentale  d'Orion;  elle  eft 
près  de  17  degrés  au  fud  de  i'éciip- 
tique.  Si  la  Comète,  placée  au  nord 
de  i'éclipîique  ,  dirigeoit  fa  queue 
vers  cette  Étoile,  cette  queue  n'étoit 
pas  à  beaucoup  près  direélement 
oppofée  au  Soleil  ,  ce  qui  feroit  |  fous  ce  nom. 
une  exception  à  îa  loi  conftamment  | 

Tome  !>  N  n  n 


obfervée  depuis  deux  fiècles  &  demi. 
L'étoile  Bellatrix  n'étoit  point  d'ail- 
leurs au  midi ,  mais  au  fud-efl  du  lieu 
qu'Ebendorffer  affigne  à  la  Comète. 
Cet  Écrivain  donnoit  peut-être  le 
nom  de  Bellatrix  à  une  Etoile  diffé- 
rente de  celle  que  nous  connoilTons 


î    s    T   0    r    R    E 
de  ce  phénomène  ;  nous  ne  pouvons  décider  fi  c'étoit  une 
Comète  ou  un  météore. 

6f^  Comiers  dit  qu'en  1457  il  parut  une  grande  Comète 
dans  i'Écreviffe  &  dans  la  Vierge,   &  il  cite  Ponîan  fur  le 
Com'ers,Tf.2,  centième  apnorifme  de  Ptolémée.  Pontan  parle  probablement 
F. h  cil,      ^^  1^  Comète  de  14.56. 

1458    ou    1459. 

En  1455?  »   ^  ^^  fixième  Lune,   on  vît  à  la  Chine   une 

Mailla,  uX,  Comète.    Je  crois  qu'il  y  a  une  faute  d'impreffion  dans  le 

^"^^  '  chiffre,    &  qu'il  faut   lire, 145 8.    La   fixième  Lune    corn- 

mençoiî  en    1458,   vers  le   14  Juin.  Nos  Cométographes 

Eoek.Caf.Luh.  modernes   difent   auffi    qu'il  parut  une  Comète   en  Juillet 

^'^^^^'  Ï458,  dans  le  Taureau. 


Jacques  lî,  roi   d'Écoife  ,    fut  tué  le  3  Août  2460  :  la 

»  Boeth.      veille  de  fa  mort,   on  vit  une  Comète    très  -  éclatante '^;    fa 

i^-A      '    ''"'  ^^^^^  ^^oit  longue  de  cinquante    aunes  ^   On   ajoute    qu'à 

^  Stum,        cette  occafion  Jean  Capiftran  prophétifa  la  déiolation  ,   ou^ 

^  Wo!f.      félon  d'autres,  la  réformation  de  i'Eglife  par  Luther'^,   Or 

emeu.  //,    j{  f^^jj  necelfairemeut  que  Capiftran  foit  refllifcité  pour  faire 

pjcc  Lub>        cette  prédiction  ;   car  li  etoit  certainement  mort  quatre  ans 

auparavant,  ou  en  1456. 

Cureiis.  Luh>       Î461.   Comète. 

1463      &     1464. 

En  ïa  feptîème  année  Tien-chun,  (  I4<^3  ),   on  vit  à  la 
Chine  une  Comète,  près  à^  r  ^  xj  de  la  Vierge;  &  l'année 
Çaulil     fuivante ,  au  printemps ,  on  en  vit  une  autre  dans  le  Lion» 

14(35. 

En  ia  première  année  du  règne  de  Go-îliitfî-mikaddo  au 
Japon,  on  vit  à  la  deuxième  Lune  (en  Mars)  une  Comète, 
Eaemyf.  h  II,  dont  la  queue  paroiiïbit  avoir  trois  bralîès  de  long.  Le  P.  Gaui)ii 
'"^'  ^'  témoigne  qu'elle  fut  aufli  obfervée  à  la  Chine. 


DES      C  0   M    E  T   'E   S.  467 

146^7.   «  Après  la  fête  de  Saint- Michei    (  après  ie  2p 
Septembre  )  ,   on  vit  une  Comète  fort  élevée  au  -  JefTus  du  « 
figne  des  'Poisons ,  comme  fi  eile  eût  été  formée  dans  i'Écre-  « 
vllfe;  on  ne  l'apercevoit  que  rarement,  à  caufe  du  temps 

pluvieux.»  J"'%T'5' 

1460.   rremiere  Comète. 

En  ia  quatrième  année  Tclihig  -  hoa ,  jour  Gîn-tching , 
premier  de  ia  deuxième  Lune  (24  Février  1468  ) ,  on  vit 
en  Chine  une  Comète  vers  ia  grande  Ourfe.  CauM, 

14^8.  *  Seconde   Com.ète. 

Un  Auteur  contemporain  dit  de  cette  Comète  :  «  Nous 
ne  devons  point  paffer  fous  filence  la  Comète  qui  parut  cette  « 
année  en  Septembre,  Oélobre  &  Novembre.  Eile  fut  vue  « 
d'abord  au  figne  du  Lion  ,    près  de  ia  queue  du  Lion  :  fa  « 
couleur  étoit  bleue  avec  quelque  méiange   de  pâieur.   Eiie  « 
avoit  une  longue  queue ,  &:  eiie  étendoit  (es  rayons  en  haut,  « 
la  tête  reftant  toujours  en  bas  :  elle  tournoit  autour  du  Chariot,  « 
fans  fe  coucher.  On  auroit  pu  ia  voir  plus  tôt,  û  ia  clarté  du  « 
Soieii  &:  de  ia  Lune  n'en  av oient  empêché.  Ceux  qui  penfent  « 
autrement  font  dans  l'erreur.  J'examine  tous  les  jours  avec  «  TleolpL 
foin  cette  Comète ,   dit  un  autre  Ecrivain.  Le  premier  jour  «  Anon,  ^* 
que  je  i'obfervai  ,    fa  fituation ,    à   l'égard  de  deux  Etoiles  «   "'^'i^f^'^' 
fixes ,  étoit  telle  que  je  ia  repréfente  ici.        ^  « 

Le  nom  d'une  de  ces  deux  Étoiles  eil:  « 

Raflalangue ;  la  féconde  fe  nomme  Raf-  « 

daîegetï.    La  Comète   me  parut  enfuite  *  « 

changer  de  lieu  ,    &   former  avec    ces  lit  « 

deux  Etoiles  un  triangle ,  en  ia  manière  « 

que  j'ai  repréfentée  dans  la  figure  ci -après.  Hier,  i^Oélobre,  « 
la  Comète  avoit  encore  changé  de  lieu;  rf.  « 

elle  étoit  jointe  avec  ia  plus  haute  defdites      ~  é  «« 

Étoiles  :  elle  étoit  affez  précifément  en 
I  -L^  4'  du  Capricorne,  avec  une  latitude       * 
boréale  de  38^^  3o\  Depuis  ie  commen- 
cement  de    mon   obfervation  ,    je    l'ai  * 

N  n  n  ij 


^68  Histoire 

»  toujours  vue  dans  le  figue  du  Capricorne,  avec  un  mou- 
»  vemeiit  marqué  par  rapport  aux  Étoiles  que  j'ai  défignées; 
«  &  c'eft  par  ce  moyen  que  je  me  fuis  alî'uré  que  ce  n'éîoiî 
»  pas  une  Etoile  fixe ,  ni  une  Planète  ,    mais   une  vérit^bie 

«  Comète Cette   Comète ,    comme  je  l'ai    dit ,   étoit 

5'  jointe,  le  î6  Otflobre  ,  à  une  des  deux  Étoiies  iufdites  : 
35  aujourd'hui  i  8  ,  elle  en  eft  éloignée  d'environ  2  degrés  vers 

55  le  midi  &  vers  la  voie  laélée Lorfque  cette  Comète 

3»  commença    à   paroître  ,    ie    Soleil   (ortoit   du    fjgne   de   la 

3>  Balance Je  ne  fuis  pas  bien  aiïliré   du  temps  de  fa 

3'  première  apparition  ;  je  crois  feulement  qu'elle  a  été  vifible 
avant  la  fin  de  Septembre.  »  Ce  paffage  feroit  bien  précieux 
s'il  étoit  exad.   Mais   i."  les  figures    de  la  fitualion  de  la 
Comète ,   à  l'égard  à^s  deux  Etoiles  ,  ne  s'accordent  point 
avec  le  mouvement  qu'on  lui  donne  jufqu'au  i  6  &  au   1 8 
Oélobre.  Si  quelqu'un  avoit  un  manufcrit  de  l'Auteur  plus 
complet  que  celui  que  nous  avons  confuité,  &  où  les  figures 
iulTent  plus  régulières,  &  qu'il  daignât  nous  en  communiquer 
l'extrait,  nous  ferions  peut-être  en  état  de  calculer  l'orbite 
de  la  Comète,  a.""  Les  Etoiles  qu'on  a  défignées  par  les  noms 
de  Ras  -  ûlhague  &  de  Ras  -  algethi ,  font  la  tête  du  Serpen- 
taire &  la  tête  d'Hercule:  or,  ces  deux  Etoiles  font  dans  le 
Sagittaire  &  non  dans  le  Capricorne.  En  conféquence,   on 
ne  peut  tirer  de  ce  long  paffage  aucune  lumière  pour  déter- 
miner l'orbite  de  ia  Comète  :  il  pourra  cependant  fervir  pour 
la  reconnoître,  lorfqu'on  en  aura  d'ailleurs  déterminé  la  révo- 
lution périodique.  La  féconde  Comète  de  1468   étoit  fort 
petite;  elle  trainoit  une  queue  blanchâtre:  on  la  vit  vers  ie 
^Cavît.Chron,  commencement  d'Oélobre^  On  la  vit  à  Augfbourg  ie  i  2  du 
b^       4   rb   ^^"^^^^^^  mois;  elle  parut  rarement,  à  caufe  du  mauvais  temps*'» 
eolié'ôô.       En  Pologne,  on  i'obferva  durant  quinze  jours  entre  l'orient 
&  le  noi'd ,  vers  la  fin  de  ia  coîiftellation  de  i'Ourfe  &  dans 
CwmeY.       le  timon  du  Chariot. 
Diugief  t.  II,        1468.  Troifième  Comète.  Les  auteurs  Polonois  difenî 
B-.  XJII,         que  lorfque  la  Comète  précédente  eut  dilparu  ,    on   en  vit 
une  autre  plus  belle  du  côté  de  l'occident  pendant   quinze 


DES      C  0    7d    È  T  E   S.  ^6^ 

Jours  :  c'étoit  probabiement  ia  même  Comète.  Celle  dont 
l'Anonyme  nous  a  donné  la  pofition  pour  le  i  6  0(5lobre, 
de  voit  paroitre  le  foir  du  côté  de  l'occident. 

146^.  On  vit  une  Comète  au  Japon  en  la  cinquième 
année  du  règne  de  Go-trutfi-mikaddo,  au  dixième  jour  du 
neuvième  mois  (  vers,  le  i  6  Oélobre  )  :  la  queue  avoit  une 
brafle  de  longueur.  Seroit-ce  la  précédente!  K^innpfrr.iJï, 

Lycoflhènes   fait    paroître    en   celte    même   année   deux  ^'  ^' 
Comètes. 

1470.  Comète  le  /j  Janvier.    C'efl  fans  doute  celle  de   Luh-en.  Rkc. 
î^yi,    anticipée  de  deux  ans. 

1470  en  Décembre,  &  1471  en  Janvier,  Comète,  C'efl  Biov.i.xviL 
encore  celle  de  1472. 

Bodin  fait  mention  d'une  Comète  qui  parut  le  i  3  Janvier 

1470  ,  &  qui  avec  une  longue  chevelure  parcourut  tout  le 
Zodiaque.  C'efl  manifeftement  une  faute  d'imprefTion ,  mais    Sodiu.  i  il 
qui  fe  trouve  dans  toutes  \qs  éditions  que  j'ai  confultées,   Wv-^'s* 
faut  lire  en   1472  &  non  1470. 

147 1.  Le  F.  Gaubil  dit  qu'en  147 1 ,  à  la  troifîème  Lune 
(  commençant  vers  le  2  3  Mars  ) ,  on  vit  en  Chine  une  Comète 
vers  les  Etoiles  r  &  l/  de  la  Vierge.  Auroit-il  paru  deux 
Comètes  en  1471,  ou  ceci  ne  feroit-il  qu'une  répétition  de 
la  Comète  de  1463  ,  ou  enfin  ne  fuidroit-il  pas  fubftituer 
îa  onzième  ou  la  douzième  Lune  à  la  troifîème  \  En  ce 
dernier  cas  la  Comète  leroit  celle  de  1472  ,  fur  laquelle  \^s 
annales  Chinoifes  du  P.  Gaubil  gardent  d'ailleurs  le  plus 
profond  filence. 

Ï471» 

«  Deux  Comètes  avoient  annonce  les  maux  que  je  viens 
(de  décrire ,    dit  un  hiflorien  Poionois.   La  première  avoit  «  Mkhoviiv, 
paru   durant  l'automne  de  Tannée  précédente    (  ou  de  l'an  «^•^^'f^' 

1 47 1  )  :  elle  étoit  très-grande ,  d'une  couleur  rougeâtre  ;  ék^  « 
fe  levoit  avant  l'aurore  :  fa  queue  la  précédoit,  c'efl-à-dire  ce 
qu'elle  étoit  tournée  du  côté  de  l'occident.  J'étois  alors  « 
enfant  :  conduit  par  mon  précepteur  au  lieu  defliné  à  l'étude  «s 


^yo  Histoire 

«  des  Sciences,  je  vis  fouvent  cette  Comète.  Je  ne  connoîiïbîs 

»)  pas  encore  alors  ies  loix  du  inouvement  des  Allres  :  depuis 

î>  que  je  fuis   initié  dans  cette  fcience  ,    j'ai    jugé  que  cette 

»  Comète  éîoit  de  l'eipèce   de  celles  qu'on  appelle  Mathuca 

M  ou  le  Soldat:  elfe  efî:  de  la  nature  de  Mars.  Elle  parut  vers 

»  la  fin  du  figne  de  la  Vierge  &  dans  celui  de  la  Balance  : 

»  elle  dura  un  mois  ou  environ.   La  féconde  Comète  parut 

»  bientôt  après,  c'efl-à-dire  au  mois  de  Janvier  1472  :   elle 

»  fil i voit  le  Soleil  après  Ton  coucher,   tramant  après  elle  une 

«  longue  queue  ,    dirigée   vers  l'orient.    Si   cependant   on  la 

>j  compare  avec  la  précédente,  elle  étoit  beaucoup  plus  petite: 

»  elle  dura  environ  deux  mois.  Je  fais  que  cette  Comète  étoit 

«  de  l'efpèce  de  celles  que  les  Aftronomes  appellent  le  feigneur 

«  Aflone  ;  elle  étoit  de  la  nature  de  Mercure ,    participant  un 

5ï  peu  de  celle  de  Saturne.  On  la  vit  d'abord  fous  le  figne  du 

î3  Verfeau:  elle  parcourut  ceux  àes  Poifîbns  &  du  Bélier,  fui- 

vant  toujours  le  Soleil.  »>  Il  efl  clair  qu'en  Pologne  cette 

féconde  Comète  a  été  découverte  plus  tard  qu'en  Allemagne 

&  ailleurs,  Ùlws  doute  à  caufe  du  mauvais  temps.   Quant  à 

ia  première,  Hévélius  croit  que  Michow  n'a  vu  qu'une  feule 

&  même  Comète  ;    mais  que  l'ayant  vue  d'abord  le  matin , 

enfuite  le  foir,'il  en  a  fait  fort  mal-à-propos  deux  Comètes 

différentes.  Cette  opinion  ell  digne  de  la  Phyfique  d'Hévélius. 

Si  ce  zélé  obfervateur  eût  été  plus  initié  dans  la  connoiffance 

de  la  nature  &  du  mouvement  des  Comètes,  il  auroit  conçu 

qu'il   n'étoit  pas  pofîible   que  la  Comète   de    1472   parût 

l'automne  précédent  dans  le  figne  de  la  Vierge.  Cette  Comète 

efl  fortie  de  la  Vierge  dhs  le  mois    d'Oélobre   1471  ;    fa 

diftance  à  la  Terre  excédoit  alors  le  triple  de,  la  dillance 

moyenne  de  la  Terre  au  Soleil  :  étoit- elle  vifible  à  la  vue 

limple!  De  plus,  félon  Michow,  la  Comète  vue  en  automne 

1471  ,  étoit  plus  grande  que  celle  qui  parut  au  mois  cfe 

Janvier  fuivant  :  or,  la  Comète  de  1472  étoit  certainement 

plus  grande  en  Janvier  &  Février  1472,   qu'en  Oétobre  & 

Novembre  de  l'année  précédente ,  puifqu'elle  étoit  beaucoup 

plus  près  de  la  Terre.  Il  faut  donc  dire,  ou  que  Michow, 


DES     Comètes..  471 

jeune  alors ,  s'eft  trompé  fur  le  iieu ,  fur  ie  temps  de  l'appa- 
rition ,  &  fur  la  grofTeur  de  la  Comète  ;  ce  que  la  fuite  du 
texte ,  dont  toutes  les  parties  femblent  fe  foutenir  récipro- 
quement, rend  aiïèz  peu  probable  ;  ou  qu'en  automne  j  47 1 ,  il 
a  réellement  paru  une  Comète  différente  de  celle  qui  fut 
obfèrvée  en  Janvier  1472.  D'autres  Auteurs  ont  parlé  de  la 
Comète  de  1471  ,  comme  cbfervée  durant  l'automne  dans 
ies  fignes  de  la  Vierge  &  de  la  Balance.  Je  ne  parle  point  CureiJs.  Aijt 
dun  ecrjvam  italien  qui  rait  paroitre  deux  Comètes  vers  ie 
commencement  de  cette  année  :  un  anachronifme  d'un  an  Caviu 
lui  a  fait  manifeflement  anticiper  à  l'année  1 47  i  ,  ce  que 
piufieurs  Hidoriens  rapportent  à  l'année  fuivante» 

^  '*  Chïon,  Sponh, 

147^'  Spond. 

Dès  ie  mois  de  Décembre  1 47 1  ,    on  vit  paroître   une  ^.  y[^^^'  '    " 
belle  Comète^.   Au  Japon,   on  ne  l'ob/èrva  qu'au  premiier    ^Coupla. 
jour  du  douzième  mois  ^  (vers   le  _p  Janvier   1472  ).    En      ^Chrcn, 
Chine,  elle  fut  découverte  durant  la  onzième  Lune^  (  laquelle  .^    Tf,', 

j  ,  i-x  '  T  \        A         f  ^  "Anml.Placenu 

dut  commencer  vers  le  i  i   Décembre  1471  ).  Au  Japon,      f  E,mn. 
elle  fut  jugée  la  plus  grande  qu'on  eût  jamais  vue:  fa  queue,   ^'^'  ^^^'VL 
dit  Kaempfer,  avoit  la  longueur  d'une  rue.  En  Europe  ,  on  /.  ViL/ùcSy. 
la  découvrit  plus  tôt  ou  plus  tard,   à  proportion  de  la  féié-  WandaLfaben 
nité  du  ciel,  ou  du  plus  ou  moins  d'attention  qu'on  apportoit  ^^^^"^'^^vang, 

l'/T/  1-  xi'ir  ■  1/  in  Anon.    comp, 

en  diiterens  climats  a  loblervation  des  phénomènes  céleues.  Ckmi.s.AgU. 
Je  trouve  fa  première  apparition  datée  du  25  Décembre'-^,     ^  Veter.  hjc. 

der    T  •       e         j  .      t  /  •  Reeiom.drCcm, 

u  I.     Janvier    ,    du  commencement  du  même  mois  ,   ou  j^^^.civon, 

des  premiers  jours  de  fan  1472^,  du  6^,  du   13  ^,  du  21  Carion.  è-c. 
Janvier',   &c.   Quelques  Ecrivains  nous  repréfentent  cette     ' ^^^'''f 'f'- 

a-^  y  rr  •  Ml'  '  C.CX  X  I.Cruon. 

Comète  comme  allez  petite:  ils  1  ont  vue  lans  doute  plus  Nmemi' . AnncL 
tard  que  les  autres;  &  d'ailleurs,  ils  ajoutent  que  fa  queue  ctwt'B^Zi!' 
étoit  d'une  longueur  prodigieufe ^.  Selon  d'autres,  elle  éîoit  kMc/wi'././y, 
d'abord  petite,  mais  elle  devint  extrêmement  groffe  l  Le  cap.Lxu. 
très -grand  nombre  des  Hiftoriens  la  repréfentent  comme  i'^rfjf' 
très -belle,  ou,  félon  le  flyle  de  ce  fiècle  ,  comme  très-  ^^chron.s^av, 
borrible  &  tout- à -fait  effrayante  "\  Chnm.  AUik. 

Un  tel  pnenomcne  ne  pouvoit  échapper  aux  yeux  de  Amai.  Fiandu 

Cm'iu  ir'Ci 


472  Histoire 

Régiomontan  (k).  Ce  grand  homme  travailloît  depuis  quinze 
ans  à  revivifier  i' Agronomie ,    que  la  barbarie  à^s  îiècles 
précédens  fembioit  avoir  enfeveiîe  dans   ies  ténèbres  de  ia 
pius  profonde  ignorance.  li  comprit  que  la  feule  multitude 
d'oblervations  exades ,   pouvoit  faire  réuffir  un  fi  glorieux 
deiïein;  il  n'épargna  point  Ï.Qi  veilles;   il  étudia  le  ciel  dans 
le   ciel  mémce   II  vit  la  Comète  le   1 3  Janvier  ;   il  fuivit 
jufqu'à  la  fin  de  Février  fon  mouvement  entre  les  Étoiles 
fixes  :  il  nous  en  a  laifîe  la  defcription  fuivante.   «  Le  13 
»  Janvier  1475    (  ^^^  convient  généralement   qu'il  faut   lire 
»   1472),  on  vit  une  Comète  Ibus  le  figne  de  la  Balance, 
»>  dans  les  étoiles  de  la  Vierge.  Le  mouvement  de  la  tête  fut 
3j  très -lent,  jufqu'à   ce   qu'elle  fe   trouvât  près  de  l'épi  de  la 
«  Vierge.  Enfuite  elle  accéléra  fon  mouvement,  paiïa  par  \ts 
n  cuiifes  du  Bouvier,   vers  la  gauche  de  cette  conlMiation : 
«  en  s'en  écartant  enfuite  ,   elle   décrivit ,    dans   i'efpace   d'un 
»  jour  naturel  ,    une   portion  de  grand  cercle  de  40  degrés. 
M  Etant  alors  vers  le  milieu  de  l'Ecrevifîe  ,    fa   plus  grande 
»  diftance  à  l'écliptique  fut  de  jj  degrés:  ainfi,  palfant  entre 
w  \ts  deux  pôles  du  zodiaque  &  de  l'équateur,  elle  fe  trouva 
j'  bientôt  entre  les  pieds  de  Céphée.   Elle  pafla  de -là  fur  la 
»  poitrine  de  Caifiopée  ,   fur  le  ventre   d'Andromède,  fur  le 
î>  Poiifon  boréal  ,  qu'elle  fuivit  félon  toute  fa  longueur;  &  là 
»»  fon  mouvement  le  ralentit  beaucoup.   Elle  approchoit  ainfi 
s>  de  l'écliptique ,    qu'elle   traverfa   vers  le   milieu   du  Bélier. 
5:»  Enfin  elle  fe  perdit  avec  X^^  étoiles  de  la  Baleine  dans  les 
w  rayons  du  Soleil ,  &  nous  cefiames  de  la  voir  dans  \qï>  der- 
»  niers  jours   de  Février.   Par  fon   mouvement  propre  ,   elle 
>»  décrivit  une  portion  de  grand  cercle  :  fon  mouvement  étoit 
M  vers  le  feptentrion ,  &  contre  l'ordre  àç.s  fignes ,  de  la  Balance 
»  au  Bélier.  Au  commencement  &  à  la  fin  de  fon  apparition , 
M  fa  lenteur  fut  proportionnellement  la  même;  mais  au  milieu 


(k)  Son  véritable  nom  éidit  Konigjberg  ^  mot  Allemand  qu'on  a  traduit 
en  Latin  par  de  /\^onte  -  regio  ou  par  Regiomontdnus  )  en  François  par 
B^é^iomoRtm  ou  d&  Âlont-ro^al, 

de  fa 


DES    Comètes.  473 

Je  fa  courfè,  fa  vîîelîë  fut  teile,  qu'en  un  jour  eîîe  parcourut  « 
quatre  fignes  du  zodiaque,  depuis  ia  fin  de  la  Vierge  jufqu'au  « 
commencement  des  Gémeaux.  Dans  une  même  nuit,  vu  le  «^ 
mouvement  diurne  combiné  avec  le  mouvement  proprQ  de  « 
ia  tête,  &  la  direction  confiante  de  la  queue  vers  les  Gémeaux,  « 
cette  queue  regardoit  l'orient,    après  le  coucher  du  Soleil;  ce 
ie  midi,   peu   avant  minuit;    l'occident,    après  minuit;    &  « 
enfin  le  nord ,  peu  avant  le  lever  de  l'aftre  du  jour.  Com-  ce 
parant  la  Comète  avec  l'épi   de  la  Vierge ,   lorfqu'elle   en  « 
étoit  voifme,  j'ai  trouvé  que  la  parallaxe  ne  pouvoit  excéder  *« 
6  degrés.   Le  diamètre  de  la  tête  étoit  de  i  i   minutes  ,    &  « 
celui  de  la  chevelure  de  34  minutes.  »   De  ces  dernières     Reghm  de 
oblervations ,  Régiomontan  conclut  la  diflance  de  la  Comète    ^"''  ■^^-^'^* 
à  la  Terre  &  la  grolTeur  abfolue  de  la  Comète.  Ses  raifon- 
nemens   (ont   fondés   fur   d'excellens    principes;    mais   les 
inflrumens  n'étoîent  pas  afTez  parfaits  pour  des  obfervations 
aufTi   délicates.   Je  trouve  ailleurs  une  obfervation  pofitivè 
de  Régiompntan  ,    faite  avec  un   inftrument  nommé  rayon 
aflronomique.  c»  A  Nuremberg,  le  20  Janvier,  à  dix  heures 
après  midi,   la  Comète   paroiiïoit  en  ligne  droite  avec  la  « 
cinquième  étoile  du  Bouvier  ,    &  la  première   des   Etoiles  « 
informes  qui  font  près  de  la  grande  Ourfe.   (  C'efl;  celle  que  *. 
l'on  appelle  maintenant  la  claire  fous  la  queue  de  la  grande 
Ourfe ,  ou  l'anneau  du  collier  de  Chara).  La  diftance  de  la  « 
Comète  à  la  cinquième  étoile  du  Bouvier,   égaloit  environ  « 
le  tiers  de  la   diilance   de   ces   deux  Etoiles    entr'elles.   La  « 
queue  s'étendoit  prefque  jufqu'au   fixième  degré   du  Lion;  « 
elle  fe  terminoit  un  peu  en-deçà,  environ  fous  la  première  c* 
des  informes  ,    avec  quelque  déclinaifon  vers  ie  midi.    En  ce 
employant  le  rayon  pour  mefurer  la  diilance  de  la  Comète  c* 
à  l'Etoile  (  de  l'extrémité  )  de  la  queue  de  la  grande  Ourfe,  « 
on  trouvoit  pour  fmus  ^53  &  ipo.  Faifant  la  même  opéra-  c« 
ration  par  rapport  à  ia  première  des  Etoiles  informes  ,    les  « 
iinus  ont  été  c)  5  3  &  2  i  o  ;  »  ce  qui  donne  la  didance  de  la  Regkm.foL^^^ 
Comète  à  la  dernière  Etoile  de  la  queue  de  la  grande  Ourfe, 
de  II  degrés,   &  au  collier  de  Chara  de  14^'  22';  &  par, 
Tome  I.  Ooo 


^4  H   T    s    T    0    T    R    E 

conlc'quent  Ja  longitude  de  ia  Comète  de  6^  5^  12',    &  fa 

latitude  boréale  de  46^^  3^  Après  le  témoignage  de  Régio- 

montan ,  il  feroit  inutile  de  citer  \qs  Ecrivains  qui  n'ont  fait 

^GUhertJ.Uh  qae  le  répéter'',    ou  qui  ne  nous  apprennent  lur  les  mou- 

Thurec! k^'ii ,  vcmens  de  ia  Com.ète,   que  àts  circonftances  confirmatives 

c.  ut  f  jeq.  Jy  l'^cit  de  cet  Alironome  ^    Mais   deux  d'entr'eux  difent 

H/T^ir^!"     que  ia  Comète  fut  obfervée  dans  les  fignes  du  Verfeau ,  à^QS 

^Amn.compii.  PoîfTons  &  du  Bélier'^:  fon  cours  auroit  donc  été  direél,  & 

Chron.s.j^gid,  jf^^Qj-,  ^q^^  jg^  autiTS  Ecrivains  il  étoit  rétrograde.  On  peut 

Annal,  AuglM),  ^  r  r/  t 

Chron. Nuremh.  concilier  ces  témoignages,   fi  oppolés  en  apparence.  Le  2  i 

"MokT.' ^'chrmi.  Janvier,  ia  Comète  palfa  entre  les  deux  pôles,  de  l'écliptique 

Carion.  BtTar.  &  de  l'éqiiateur  :  fon  cours,  rétrograde  en  longitude  ou  par 

P.Z'/^.       '  i'apport  à  l'écliptique,  étoit  nécelîairement  direél  en  afcenfion 

'^  Mk/wv,  i.  JV,  droite  on  par  rapport  à  l'équateur.  C'eft  fans  doute  fous  ce 

c,Lxii,Cureu£,  Jej-|^ier  rapport  que  Michow  &  Curée  auront  confidéré  la 

Comète.  PJufieurs  datent  fa  première  apparition  du  2  i  Janvier 

ou  d'après  le  21  Janvier:  or,  en  ce  feul  jour,  21  Janvier, 

la  Comète  eut  un  mouvement  fi  précipité  qu'elle  paifa  en 

vincft- quatre  heures  des  derniers  degrés  de  la  Vierge  aux 

premiers  des  Gémeaux.  Ceux  qui  ne  commencèrent  qu'alors 

à  la  voir,  la  trouvèrent  dans  les  Gémeaux,  en  la  rapportant 

à   l'écliptique  ,    &    dans   le   Verfeau  ,    en   la   rapportant    à 

l'équateur. 

Haiiey  a  calculé  la  théorie  de  l'orbite  de  cette  Comète  Çui 
les  obfervations  de  Régiomontan.  En  voici  les  éiémens. 

Lieu  du  nœud  afcendantc .  .  ,  .  t^*"    i  i'^  ^6'   20*^» 

Inclinaifon  de  i'orbite 5.    20.      o. 

Lieu  du  pcrihclie î.    15.    33.    30. 

Logarithme  de  la  diftance  pcrihclie.  .  .  .  ^,734.584. 

PafTage   au  périhélie  en  Février 28'    22*^    33'      o". 

Sens  du  mouvement Rétrograde. 

Selon  cette  théorie ,  la  plus  courte  didance  que  Régio- 
montan ait  pu  obferver  entre  la  Comète  &  l'épi  de  la  Vierge, 
a  dû  être  de  12  à  13  degrés,  le  13  Janvier,  &  cette  dillance 
â  augmenté  les  jours  fuivans.  Ceci  fembieroit  contredire  ce 


DES    Comètes.  '47^ 

que  dît  cet  Aftronome ,  que  la  Comète  a  eu  un  mouvement 

très-lent ,  juiqu'à  ce  qu'elle  parvint  au  voilinage  de  l'épi  de 

la  Vierge ,  Aonec  vicinaret  fpica.  L'épi  de  la  Vierge  ell:  au 

fud  de  l'écliptique  :  or,  il  eft  facile  de  prouver  par  la  fuite 

de  la  narration  de  Régiomonîan ,  qu'il  n'a  oblèrvé  la  Comète 

qu'au  nord  de  l'écliptique  ,   que  (on  mouvement  depuis  le 

I  3  Janvier,  jour  de  la  première  oblervation  de  Régiomonîan , 

a  toujours  été  vers  le  nord,  &  qu'en  conféquence  elle  s'efl: 

toujours   éloignée   de   l'épi.   Pourquoi    Régiomontan    dit- il 

donc,  donec  vicinaret fpicœ l  Le  fens  ell;,  ielon  Kepler,  que    Aimd HeWL 

ia  Comète  s'eft   mue  lentement  ,    tant   qu'elle   a  été   affez; 

voifine  de  l'épi  pour  qu'on  pût  comparer  fbn  lieu  au  lieu 

de  cette  Etoile.   La  réponle  à  mon  avis  ièra  plus  péremp- 

toire ,  en  difant  que  le  texte  de  Régiomontan  eft  corrompu. 

J'ai  fous  \qs  yeux  un  Ouvrage  fur  les  Comètes,  imprimé 

pour  la  première  fois  très-peu  après  1472  ;  M.  l'abbé  Rive^ 

favant  Bibliographe,  juge  que  c'ell;  en  1475-  ^^-'giot^ontaii 

n'y  efl:  pas  nommé;  mais  fon  oblervation  y  ed  détaillée  à^iis 

les  mêmes  termes  que  nous  avons  traduits  ci-deiïus,  avec  deux: 

différences  cependant.   i.°  L'obfervation  eft  datée  de  1472 

&  non  de  1475.  -^^  ^^^  "V  ^^^  point  donec  vicinaret  fpicœ , 

mais  donec  vicinaret  Alramech  :  or,  l'Etoile  que  \ç:?>  Arabes 

nomment  Alramech  ,    n'efl  point   l'épi   de  la  Vierge  ,    mais 

celle  que  nous  nommons  Arâurus ;  &  il  efl  exaélement  vrai 

que  la  Comète  s'efl:  mue  lentement,    jufqu'à  ce  qu'elle  fût 

parvenue  au  voifmage  d'Ardurus. 

Comiers  dit  que  la  Comète  commença  à  paroître  le  7, 
Janvier,   que  le  i  i   elÏQ  étoit  en  20  degrés  de  la  Balance, 
éloignée  de  l'étoile  Alramech  de   5  degrés  en  longitude  & 
de  2  degrés  en  latitude,  diflanîe  de  i'équateur  de  24^  57^  Comim , tr, lî,^ 
Cela  s'accorde  à  peu -près,  &:  l'on  voit  Alramech  pris  dans    '   '  ^' ^^* 
fa  véritable  fignification  pour  Arâurus ,  &  non  pour  l'épi  de      ^  AmaL 
ia  Vierge,  comme  im  Copifle  ignorant  l'a  inféré  dans  i'ob-  Hirjaug.chwn, 
lervaUon  de  Kegiomontan.  Bergom.i.xvi; 

Quelques  Ecrivains  donnent  quatre-vingts  jours ^  ou  même       Nauckr, 

.(rr/\  r^  \         y  I  T  •  gêner,  /  o . 

troismois'^aeaureeacetteCoinete,acommencerdu2  i  Janvier.     ^  Eariand, 

O  o  o  ij  '""F'  ^^^^' 


4^G  Histoire 

îi  n'tfl:  point  impoffible  qu'elle  ait  paru  jufqu'après  îe  milieu 
ti'Avril  ;  mais  il  faut  nécefTairement  excepter  àiis  jours  de 
fon  apparition,  ceux  durant  lefquels  elle  aura  été  en  conjonc- 
tion intérieure  avec  le  Soleil  ,' vers  le  milieu  de  Mars, 
d'autant  plus  que  (a  latitude  étoit  alors  méridionale.  Lorfque 
Régiomonîan  cefla  de  i'obierver  vers  la  fin  de  Février,  elle 
eîoit  encore  afîëz  grande  pour  être  vue  diu'ant  quelques  jours, 
Re^wm,  de  f]  fa  proximlîé  du  Soleil  n'y  eût  mis  obftacle.  Si  quelques 
'^7^'  Écrivains  ont  dit  le  contraire ,  leur  autorité  ne  peut  être 
prépondérante  à  celle  de  Régiomontan. 

1472.   Seconde  Comète.  Plulieurs  Hiftoriens  témoignent 

que  la  première  Comète   n'étant  pas  encore  évanouie,   on 

^  Chron,       en  y\i  yj-je  féconde  dans  le  Bélier^,  au  mois  de  Mars^.  Mais 

Bergom.iXVi.  la  première,  au  mois  de  Mars,   eîoit  certainement  dans  le 

^v^i^'n^^'  ^^^^^'^'  U^^  Auteur  contemporain,  mais  peu  judicieux,  nous 

'/.  x'vJli.     dit  que  ia  premJère  parut  le  y  Janvier;  la  deuxième,  huit 

Bucehn,  Rhau    jqj^jj.^  après  ;  que  la  première  dura  leulement  quinze  jours ,  & 

^Riccio,        ia  féconde  quarante*^.  Selon  Comiers,  la  première  étant,  devenue 

^i/'    invifible,  une  autre  parut  en  Mars,  &  parcourut  à  reculons 

Comiers.  ir.  Il,  îout  le  Zodiaque  en  commençant  par  la  Balance.   Qui   ne 

^'  ^'  ^'  ^^'      voit  que  c'eil:  ici  une  répétition  de  ia  route  de  ia  première 

Comète  !   L'apparition   de  la  féconde  ell:  ailleurs  rapportée 

au  2  Mai;  fa  queue,  nous  dit-on,  étoit  tournée  vers  l'orient: 

ia  Comète  s'avança  vers  l'occident  ,    enfuite  vers  le  midi, 

jn^ekcrJ.VL  enfin  vers  l'orient.  Je  trouve  encore  que  le  i  i  Janvier  147  i 

(  1472,  félon  notre  ftyle  aéltiel  )  ,    on  vit  à  Sienne   une 

grande  Comète ,  qui  fe  ievoit  vers  l'orient  avec  cinq  Etoiles 

d'un  côté  6c  une  de  l'autre  ;    &  qu'enfuite  il  en  parut  une 

autre  fort  belle,    laquelle  oppofoit  la  pointe  à  ia  première, 

■jEphœ.  Jen,    &  fe  levoit  le  foir  vers  deux  heures  (  après  le  coucher  du 

Soleil). 

i^j^*   Depuis  le  17  Janvier  jufqu'au   î8  Février,  une 

Comète  étonnante  fe  montra  vers  le  fud  ;   elle  iançoit  vers 

le  fud  de  grands  rayons  enflammés  :   elle  étoit  entre  ie  pôle 

£oeth,  append,  &  les  Pléïades.  On  pourroit  taxer  ce  récit  de  contradiéloire; 

ce  qu'on  peui  en  extraire  de  mieux ,  peut  convenir  très-bien 


D  £  s    Comètes.  477 

à  îa  Comète  de  1472.  D'autres  parlent  aiilTi  d'une  Comète 
de  I473«   -^^  pefte  qui  ravagea  J\iagdebourg  en  1474,   eft 
attribuée  à  la  Comèie  qui  avoit   paru  l'année  précédente^,  ""Ckyon.AUgâ. 
dans  l' Êcrevijfe^ ,  traînant  après  eile  une  longue  queue,  qui    °  EdjL  Herl, 
reiîëmbioit  à  une  lance  ^.  ' 

1475.  Ziégler  ,  Frofeiîèur  de  Mathématique  en  AWe-  Sarifb,  il'. 
magne  ,  nous  a  tranfniis  i'oblervation  de  la  Comète  de  1472. , 
faite  par  Régiomontan  :  il  lui  échappa  une  faute  d'impreiTion 
fur  la  date  de  la  Comète  ;  on  imprima  1475  P*^*^^'  1472. 
C'eft  à  cette  erreur  fans  doute  qu'il  iauî  attribuer  celle  de 
plufieurs  Écrivains,  qui  font  paroître  en  i^yj  une  Comète 
parfaitement  femblable  à  celle  de  1472  ^  ^  ''Lui,  Aijl, 

i^^yô.  Comète  au  mois  de  Juin,  en  î  j  degrés  de  TÉcreviffe  :  GarL'a.  Uovit, 
elle  dura  tout  le  mois^.   C'ell  manifeftement  une  répétition    Mi.B.i, 
de  ia  Comète  de  1456,  fondée  apparemment  lur  quelque   ' Mdanchthm! 
faute   d'impreffion.    C'eft  pareillement  par  une  faute  d'im-  ^Z"^-  ^^^^-  <^^ 
preiiion,  qu  on  trouve  la  Comète  de  1472   datée  une  lois   ^f, 
dans  Tycho  ^  de  l'année  1476»     -  ^Lub.sdmkr, 

^  Tych,  l.  Il, 

Vers  la  fin  de  Décembre  1476,  on  vit  une  petite  Comète  :    chron.  £of 
elle  parut  avant  la  mort  de  Gaiéas  Sforce ,  tué  le  2  6  Décembre 
1476^   On  favoit   même  vue  dès  le  commencement   du      ^  Riram. 
même  mois^.    On  ia  voyoit  encore  le  5  Janvier  1477  :  fa  '  ^"''/*     ' 
couleur  étoit  d'un  bleu  paie,  tirant  fur  le  noir^  On  la  regarda  Cadon.' 
comme  préfage  de  la  mort  de  Charles -le -Téméraire ,   Duc  '^  Pontan.lix. 
de  Bourgogne,  tué  devant  Nanci ,  le  même  jour  5  Janvier    ^'^'''  '^^^^' 

1477.   Au  mois  de  Décembre,  on  vit  une  autre  Comète ^  Oi>-o>j.  Carwn, 
1 47  8 .  *  On  vit  une  grande  Comète  au  mois  de  Septembre  ^.  ixïv'.p.s  Ta, 
1 47p.  On  vit  en  Arabie  une  Comète  qui  reîiembloit  à  une   ^  chnn.  Bof 
poutre  très-aiguë  Ôc  comme  parfemée  de  petits  points  :  elle    ^chon.Bojf» 
étoit  accompagnée  d'une  faulx^.  ^'"''' 

i^c^o.   Cow^/^é' <'H/jDri«r<f/7i/7i\  Je  penfe  qu'il  faut  lire  I  3 po    t,^ 
au  lieu  de  14^0.  L'ordre  chronologique  que  fuit  l'Auteur,    ^  y.,,  , 
exige  cette  corredion.   Un  autre  Écrivain  '  anticipe  à  cette  g,  r,'  »fj^^  ' 


^7^  Histoire 

année  l'apparition  de  la  Comète  fulvante  ;  cela  peut  venir 
de  la  dlfîérente  manière  de  commencer  les  années  :  la  chro- 
nologie de  cet  Auteur  efl  d'ailleurs  bien  peu  exade. 

i4pi.  "^ 

Vers  le  commencement  de  cette  année,  on  vît  une  grande 
* Chyon.  Bof  Comètc  ,  avec  une  queue  blanchâtre  &  très -longue^;  elle 
^nneiîj.  amt,  j^.^^  ^^^^  j^  jours  ^,  «  On   la  vlt  Cependant  en^  Pologne 

eakh.  Nupt.  »  jufque  vers  le  milieu  de  Février.  Vers  la  fête  de  rÉpiphanie 

»  (  6  Janvier  ) ,  elle  étoit  dans  la  troifième  divilion  (  dans  les 

»  dix  derniers  degrés,   je  penfe  )    du  figne  des  Poilîbns.  Sa 

i'  tête  n'éîoit  pas  grande;  fa  queue  étoit  longue,  mais  rare  & 

"  de  peu   d  éclat.  Elle  fuivoit  le  Soleil  après  fon  coucher  ;    (a 

Mchor.liv,  queue  étoit  tournée  vers  l'orient.  »   Le   17  Janvier,    entre 

g,  Lxiv.  ç^^  ^  ^çpj.   f^çLjj.e5   jy  Çqi^  ^    Bernard   Walter    l'obferva    à 

Nuremberg  au  commencement  du  figne  du  Bélier ,  avec 
Eegiom.  une  latitude  aiiftrale.  Le  P.  Gaubil  dit  qu'à  la  Chine,  troi- 
fième année  Hoiing-tchi ,  douzième  Lune,  jour  Sîtî'hay 
(  ï  3  Janvier  1 49  i  ) ,  on  vit  une  Comète  dans  le  Cygne.  lî 
n'ell;  guère  poffible  de  concilier  cette  obfervation  avec  \qs. 
obièrvations  Européennes. 

14^2.  Après  le  milieu  de  Décembre  149  i ,  on  vît  trois 
Soleils ,  &  quelque  temps  après ,  une  Comète  parut  durant 
deux  mois  après  le  coucher  du  Soleil.  Ces  phénomènes 
O orner.  ^  furent  regardés  comme  prélages  de  la  mort  du  Roi.  Cafimir, 
roi  de  Pologne,  mourut  effeélivement  en  Juin  14^2.  Quelques 


/.  XXIX, 


Écrivains  retardent  l'apparition   de   cette   Comète   jufqu'eii 
Chron.WaUs.  Décembre  1492  ou  en  Janvier  14^3.  Peut-être  faudroit-ii 
Sch!er^I.7l!'  ^^^  contraire  l'anticiper  d'un  an  ,    &  ne  la  pas  diilinguer  de 
la  Comète  précédente» 

145^4  ou  1495.  "  ^'■^  temps  que  Charles  VIÏI,  roi  de 
France,  entra  en  Italie  ,  on  vit  au  coucher  du  Soleil  une 
Comète  ,  qui  peu  de  jours  après  précédoit  le  lever  de  ce 
même  Allre.  Mon  précepteur  Niphus,  dit  Scaliger,  l'ayant 
Smiig.  ainfi  laiiTé  par  écrit  ,  j'ai  cru  devoir  en  faire  ici  mention.  »» 
Ou  trouve  ailleurs,  qu'en  1495  ^^^  ^^^  ^"  ^'^^^  ""^  flamme 


DES    Comètes, 

de  f^Li,  au-deiïî.is  de  ia  citadeile  de  Milan ,  &  que  ce  phé- 
nomène dura  plufieurs  jours.  Cavîu 


I  500.  * 


Au  mois  d'Avril^,  on  vit  du  côté  du  nord  une  Comète,     *  Miuich, ^ 
'ào\\\  \Qi  rayons  obicurs  regardoient  le  midi  ^  ^Wç.  fut  obfervée  Or^„?  Carkn, 
en  ce  même  mois  cian.^  le  Sagittaire'^  &  dans  le  Capricorne^.  Comkrs.  Zoh. 
Des  Vo  va  tueurs  qui  fiiifoient  voile  du  Bréfii  au  cap  de  Bonne-  ""Chwn.Meiic. 
efpérance ,   ia   virent  le   1 2  Mai    (  &:  non   pas  en   Janvier        j^^^'  '     ' 
comme  le  dit  Hévélius  )  :  elle  paroilloit  du  côté  de  l'Arabie;   ^ Pmtor. Rkd. 
fès  rayons  éîoient  très  -  ioncrs  :  elle  fut  ainfi  continuellement  ^'^'A^-  Major. 
obiervée  ,  jour  &  nuit,  durant,  huit  ou   dix  jours   .    Cette    '^  Cadamufl, 
Comète,  qu'on  nomma  le  feigneur  AJîone ,  étoit  le  mercredi,  ca}'.  lxvii, 
2.0  Mai,    du  côté  du  nord  ,   fous  le  fjgne  du  Capricorne; 
on  remarqua  qu'elle  tournoit  au-defllis  de  la  Lithuanie,  de 
la  RufTie  &  de  la  petite  Pologne.  Je  rapporte  ce  que  diient    Mdwv.iiv, 
les  Hifloriens  ;  je  n'entreprends  point  d'interpréter  \qs  pro-  ^^'''  ^^^^^' 
duélions   de  leur  imagination   &    de  leurs  préjugés.  Cette 
Comète  fut  obiervée  à  la  Chine  ;  c'efl  tout  ce  que  nous  en 
apprend  le  P.  Gaubil. 

1503. 

Un  Hiflorlen ,    qui   écrivoit  l'an   1506    ou   peu   après, 
décrit  la  Comète  de  i  506,  &  il  ajoute  :  «  On  avoit  pareille- 
ment vu  une  Comète  trois  ans  auparavant    (  certainement  « 
en  I  503  )  ;  elle  avoit  paru  vers  la  fête  de  l'Affomption  de  « 
la  glorieufe  Vierge  Marie  ,   dirigeant  fa  queue  ou  fa  barbe  « 

vers   l'orient.  =>  Chron,Wauis; 

I  504.   t'  Auguftinus  Niphus  écrit  qu'en  i  504,  deux  ans 
après  la  conjonélion  àçs  Planètes  fupérieures  dans  le  figne  de  « 
rÉcreviiîë,  il  parut  une  Comète  d'une  grandeur  &  d'un  éclat  « 
furprenant.  »  On  a  confondu  ici  l'année  de  la  conjonélion    Cemma,lî,^ 
des  Planètes  avec  celle  de  l'apparition  de  la  Comète.  Jupiter  '^^'^''  ^  ^   ' 
êi.  Saturne  n'ont  été  en  conjonélion  dans  l'Écreviffe ,  que 
durant  l'automne  de  l'an  1504  :  ia  Comète,   n'ayant"  paru 


480  Histoire 

que  deux  ans  après,  n'a  donc  été  vue  qu'en  1^06.  Pîufieurs 
Rock.  Eckfi.    Cométographes  ont  été  induits  en  erreur  par  Gemma. 

Ricc.Lub.Hév.  ^     ^ 

1505. 


»  Chron, 
Germati, 


•>  Annal, 
Hirfaug, 

'  Ml- 


On   vit  une   Comète   d'une   grandeur  &   d'une   forme 
extraordinaires  ^  «  Je  la  vis  à  Douriach  ( l ),  dit  unHiftorien, 
Cemfin.  1. 1  "»  Cîitre  l'occideut  &  le  nord  ;  elle  ne  parut  que  durant  peu  de 
L  ii.foi.pl,  jours  :  fbn  feui  afpeél;  intimidoit  ceux  qui  ia  voyoient  ^  » 
Joachim  Heiier  i'obferva  vers  ie  commencement  du  Bélier*^. 
Ces  Auteurs ,  qui  conftatent  la  réalité  de  la  Comète  de  i  5  o  5  , 
n'ont  point  paifé  (ous  filence  celle  de  l'année  fuivante;  c'eft 
ce  qui  m'a  fait  regarder  celle  de  1505,  comme  abfolument 
certaine.  Mais  eil-il  également  certain  qu'il  ait  paru  deux 
Comètes  en  cette  même  année  ,  l'une  en  Avril ,  fautre  en 
Cluver.  CalviJ.  Août ,  commc  l'out  avaucé  quelques  Ecrivains,  qui  donnent 
F*l,c.ii,       même  ces  deux  Comètes  comme  precurleurs  de  la  mort  de 
Philippe  I.^*^  roi  d'Efpagne  !  La  Comète  de  150^  a  certai- 
nement été  regardée  comme  préfage  de  cette  mort.  On  ayra 
peut -être  fait  le  même  honneur  à  celle  de  1505;    &  c'eft 
ce  qui  aura  donné  lieu  à  quelques  Écrivains  de  les  rapporter 
toutes  les  deux  à  une  même  année,  ibit  à  l'an  1505,  fdit 
à  l'an  1506.  On  peut  pareillement  douter  fi  la  Comète  de 
1505   doit  être  confondue   avec   un  phénomène  ,    que   ie 
continuateur  de  Rolewink  décrit  en  ces  termes  :  «  Vers  la 
«  fête  de  Saint-Michel   (20  Septembre),  &  vers  la  nouvelle 
"  Lune  de  Novembre  (  vers  le  2  Oclobre  ) ,  on  vit  une  grande 
»  Étoile  nouvelle ,  quatre  heures  environ  avant  ie  jour  :   elle 
»  duroit  jufqu'à  la  huitième  heure  du  jour,  félon  une  horloge 
»  moyennQ,  fecundim  médium  horologiunu  Cette  Étoile  éclairoiî 


(l)  II  y  a  dans  le  texte  Budoris  :  ce 
terme,  félon  Baudrand,  fignifie  ou 
Heidelberg,  ou  Douriach,  ou  enfin 
Burîach  ,  viilage  ou  très-petite  ville, 
\/oiiine  de  Douriach.  Trlthème  dit 
qu'il  a  vu  ia  Comète  de  1506  à 
0eide!berg,  Heidelbergœ  :  il  y  a  donc 


apparence  qu'employant  ici  un  autre 
nom  que  Heidelberga ,  il  a  voulu  déli- 
gncr  une  autre  ville  qu'Heidelberg. 
J'ai  choifi  Douriach,  comme  plus 
connu  que  Buriac  ;  l'erreur  au  refte , 
s'il  y  en  avoit  une ,  feroit  de  la  plus 
petite  conféquence. 

ia  Terre , 


DES      C  0   31    è  T  E  S.  481 

ïa  Terre,    comme  ia  Lune  auroit  pu  ie  faire  :    elle   avoit  ce 

cependant  moins  d'éclat;  elle  procuroit  du  moins  une  iumière  « 

fuftifante  pour  éclairer  ceux  qni  voyageoient  le  matin  ,  paîTant  « 

du  midi  comme  vers  l'occident.  Une  Etoile,  moindre  qu'elle,  « 

la  précédoit  ,    précédée  elle-même  par   deux  Etoiles   plus  « 

petites.    "  Rokw,A}'pend. 

I  50(5.  Vers  le  i  i  ou  i  2  Avril,  on  vit  du  côté  de  i'Ourfè 
une  Comète,  dont  le  mouvement  étoii  d'occident  en  orient; 
elle  dura  cinq  jours  félon  \es  uns ,  félon  les  autres  vingt-cinq 
jours.  Ce  pourroit  être  la  Comète  précédente,  retardée  d'un  ^""^^'^'J^^f; 
an,  ou  ia  lui  vante  ,  accélérée  de  quatre  mois;  un  Copiite  luù.Comiers. 
inattentif  ayant  pu  écrire  le  mois  d'Avril  au  lieu  du  mois 
^'Août. 


1 5  o  d.  * 


On  vit  une  Comète^  au  mois  d'Août^,  du  côté  du  nord"",  ^Chron.Nniwh. 

I               r    o     i>      •         j                  i"                    j'         •  I           01  Chron,  Cuit, 

OU  entre  ie  nord  oc  1  orient  °,  ou  enlm  entre  i  occident  oc  ie  .  ^     •  .  /r 

nord  ^    Comme  cette  Comète  étoit  près  du  pôle  arctique,  B.  Xiil, 

qu'elle paroifîbit  le  foir  après  le  coucher  du  Soleil,  &  le  matin  J°nah^i^ich 

avant  fon  lever ^,  elle  devoit  avoir,  à  différentes  heures  de  Heiy, 

la  nuit,  les  différentes  pofitions  que  les  Hiiloriens  lui  attribuent.  ,  \r9'.T7.' , 

T-iir             ^     -'                                     I                     o/J                              '11/           !•  '•  aaX,  Keek, 

Elle  trainoit  une  queue  longue  &  éclatante ,  qu  elle  etendoit  j  ^^^^^^ 

entre  les  premières  &  les  dernières  roues  du  chariot  ^.   On  Hîrjaug, Annal. 

l'obferva  en  Chine  &  au  Japon  à  la  feptième  Lune    (  qui  l'J'y! Lyc.   ' 

commença  vers  ie  20  Juillet)  ;  elle  couvroit  (de  fa  queue  ^  Annal. 

fans  doute  ) ,  une  partie  du  ciel  '\   Le  P.  Gaubil  dit  qu'elle  Au^fl^. 

parut  d'abord  (en  Juillet)  dans  la  conflellation  Tfan  (croix  {jif^j^^^/j  yf 

d'Orion  )  ;  que  le  3  i  Juillet  qWq  fut  dans  le  palais  Tny-oiiey  Avenm.Llv, 

(où  font  le  dos  &  la  queue   du   Lion,   le  petit  Lion,    la  ^'^' ^'     '\ 

chevelure  de  Derenice,  cxc  j  ;    quelle  tut  de -la  a  la  grande  iv.Eber.Aret. 

Ourfe,  Se  qu'elle  parut  jufqu'au  c)  Août.  11  n'efl  pas  pofffble  ^CovpLGmihih 

qu'en  fi  peu  de  temps  la  Comète  ait  été  à^s  Gémeaux,  où  c'^v^MaW.a 

efl  la  croix  d'Orion,   à  la  grande  Ourfe  ,  en  paffant  par  le  t.  X, p.  2.6;. 
Tay-ouey.  Je  penfè  qu'au  lieu  du  Tay-oiœy ,  il  faut  lire  le 

Tfé-oiiey ,  partie  du  ciel  qui  refte  perpétuellement  fur  fho-  '  ^^^'f-  ^y-  ^-. 

rizon.  En  Europe,  quelques-uns  ia  virent  dès  le  3  Août^:  '^è.vh    '^'    ' 
Tome  L                                                   ï*  P  P 


ai'.  IV. 
cûp.Lxxxr 


482  Histoire 

»  Annal        qh  l'obferva  dans  ies  fignes  du  Lion  Se  de  la  Vierge  ^»  «  Le 

^Amaî    »  Samedi ,  8  Août ,  dit  un  témoin  oculaire  ^,    eiie  étoit  près 

Trevir.     „  j^  pôle,   au-defTiis  à,ç:?>  fept  Etoiles  ou  A^s  Etoiles  du  grand 

Tj'«y?r^' »  Chariot.  La  nuit  fuivante,  elle  fut  obfervce  entre  ces  mcmes 

^ Mkhov.   •»  Étoiles:  enfin,  en  d'autres  nuits  ,    on  la  vit  au-delFous  du 

Chariot.  Déclinant  ainfi   par  les  fignes  de  l'EcrevifTe,   du 

Lion  &  de  la  Vierge,  elle  atteignit  la  partie   feptentrionale 

de  l'horizon  &  difparut  le   14  du  mois  d'Août.  »  Il  fuit  de 

ToLfervation  de  Michow,  qu'à  la  fin  de  Juillet  la  Comète 

a  bien  pu  être  dans  la  conflellation  IJa/i ,  c'efl-à-dire  avoir 

même  afcenfion  droite  que  la  croix  d'Orion  ;  mais  que  pour 

aller  de-là  à  la  grande  Ourfe ,  elle  a  îraverfé  le  Tfe-ouey  & 

non  le  Tûv-oucy  ;  qu'elle  a  cependant  été  au  Tay-ouey ,  mais 

après  le  p  Août,  c'ell-à-dire  lorfqu'on  ne  l'obiervoit  plus  en 

^ Anmi.       Chine.  Cette  Comète  dura  peu"",  on  ne  la  vit  que  durant 

Htrfaug.      j^^^ij.  -^^^  h^    Plufieurs  Écrivains  étendent  fon   apparition  à 

"  Bariand      «^bx-huit,   vmgt  OU  vuigt- uu  jours      oc  même  julqua  plus 

cniucLxvi.    d'un  mois^.    Quant  à  ceux  qui  difent  qu'elle  commença  à 

paroître  vers  le   13    Septembre,    près  du  Chariot^,  il  y   a 

manifedement  une  erreur  de  date;  il  faut  lire  Août  au  lieu 

'^  Pontan, h  XI,  àfà  Septembre, 

B'jar,  Gen.         Uj|  Auteur  du  xvî.^  fiècle  '    dit   qu'il  ne  parut   aucune 

ad'fincm.  '     Comète  dcpuis   \^o6  jufqu'en   1531.  H  "e  faut  pas  fans 

i  Decim.       doute  pren.ire  cette  afîèrtion  en  toute  rigueur. 

e  Gemein.  1. 1 ,        I  5  o/.  Cotiiète  tembîe,  s'il  faut  en  croire  un  feul  Ecrivain  K 

'    '-''^^° ^''  1508.  Comiers  fait  paroître  au  mois  d'Oc1:obre  une  horrihk 

Comète  y   fort  rouge ,  repréfentant   ^qs  têtes  humaines,    à^s 

membres  coupés,    à^s  inftrumens  de  guerre,   une  épée  au 

Comiers.  17. II,  milieu;  elle  dura  une  heure,  &c. 

^'^'  ^'  ^^'  I  5  10.    Comète  Ae  laquelle  on  fait  tomber  fur  la  Terre  des 

lùck.  Lvb.     pierres  de  foufre ,  &c, 

I  5  I  I.  Du  30  Mai  au  3  Juillet,  en  Egypte,  en  Arabie ^ 

Fr.hnc. memor.  en  Ethiopie,  on  vit  une  Comète  dans  le  Lion.  On  en  fait 

Lublm'él.    e^^core  tomber  trois  pierres  de  foufre  :  la  première  pefoit  cent 

fixante  livres ,  la  deuxième  foixante ,   la  troifème  vingt  feu- 

Kech.  Gatn    kmenî.  Gatti  les  fait  fimplement  tomber  du  ciel,  &  il  ajoute 

P.ÎV.cxvu,  -  -^  -  / 


Sno.  nh.  XII. 

Fryflch. 

'5  Maurol.  l.  VI. 


DES     Comètes,  485» 

que  ces  trois  pierres  furent  de  rechef  enlevées  en  i'aîr  par  un 
vent  violent  ,  qui  accompagna  la  formation  d'une  Comète 
qu'on  découvrit  alors.  Cardan  dit  avoir  vu  en  1 5 1  i  à 
Milan,  en  plein  jour  &  par  un  ciel  fort  ferein,  une  Etoile 
extrêmement  éclatante.  Comme  il  ne  défigne  ni  le  jour,  ni   ,  î?f'/'  ^'f'^ 

,9        .  1  '  1  ^  ^'  ■^'■^'  C,LXX, 

le  mois,  nous  ne  pouvons  décider  11  ce  netoit  pas  la  planète 
de  Vénus. 

1512.   * 

Comète^  en  Mars  &  Avril  ^  ^  Chrott. 

1513.    A  Crémone,  à  dix-huit  heures  [6  heures  avant       ScLier'. 

le  coucher  du  Soleil  )  ,  on  vit  vers  le  baptiftère  une  Étoile  b  Vkomerc, 
très-éciatante,  avec  àQs  troupes  de  papillons^. 


Ricc. 
Cavit, 


15  14. 


Comète  :  depuis  la  lin  de  Décembre  i  513  jufqu'au   ip     ^chnln'^' 
ou  21  Février  15  14,  tHe  parvint  de  la  fin   du  ligne   de 
i'Écrevifle  à  la  fin  de  celui    de  la  Vierge  :   on  la  voyoit 
toute  la  nuit.  ^•^■^'  -^«^• 

15 14.  ^  On  vit  pendant  deux  nuits  continues  trois 
Lunes  furmonlées  par  des  cercles ,  dont  la  partie  fupérieure 
étoit  enflammée;  deux  Soleils  parurent  durant  l'aurore.  J'ai  ^'^'''^' 
de  la  peine  à  découvrir  dans  ces  parhéiies  &:  ces  parafe- 
lènes ,  &:c.  un  retour  de  la  Comète  de  1652,  comme 
StrLi3'ck  étoit  tenté  de  le  croire. 

En  cette  même  année  ou  en  la  fuivante  ,    une   Comète 
parcourut  les  douze  fignes  du  Zodiaque:  quelques  livres  en  ^  ^^'^'  hj,]n 
font  foi  ,    dit  Mizaud.   AVolf  marque  aufii  fur  cette  année  Rock,  Lub, 
i  apparition  d'une  Comète,  qui,  félon  Dubravius,  fut  regardée 
comme  préfage  de  la  mort   de  Ladiiîas,   roi   de   Bohème.  ^Voif.cent.ià, 
Mais  Wolf  a  confondu  deux  Princes  de  ce  nom.  /'•7/' 

I  5  1 6.   '*' 

La  mort  de  Ferdinand  -  le  -  Catholique  ,  roi  d'Arragon  IXIX.}k^^6. 
(^arrivée  le  23  Janvier  15  16)  ,  fut  annoncée  par  une  ji^l.^f'^ir^^,,^ 
Comète,  qui  brûla  durant  plufieurs  jours ^  D'autres  ne  lui  Struych.iy^o. 
accordent  que  quelques  jours  ou  quelques  nuits  de  durée  ^  ^A^iR^ok.  Lié\ 

P  p  p  ij  ^^'^e'^- 


^4^4  Histoire 

Je  trouve  dans  i'Hiiloire  naîurelle  à^s  Indes ,  que  farrivée 
à^s  Espagnols  au  Mexique  en  i  5  17,  fut  annoncée  par  plu- 
fieurs  prodiges  ;  qu'entre  autres  il  parut  dans  le  ciel  une 
fiamme  de  feu,  très -grande  Se  fort  refplendi  (Tante  ,  de 
ligure  pyramidale:  elle  commençoit  à  paroltre  vers  le  miiFeti 
de  la  nuit;  s'élevant  enluite  julqu'au  point  du  jour  ,  elle 
atteignoit  le  méridien  vers  le  temps  du  lever  du  Soleil,  & 
ià  elle  dirparoiffoit  :  elle  fe  montra  ainfî  durant  une  année 
entière.  On  ajoute  qu'on  vit  de  plus  une  Comète  en  plein 
jour:  elle  couroit  de  l'occident  à  l'orient,  en  jetant  un  grand 
Acofl.  l  VU.  nombre  d'étincelles.  Ceci  reffemble  plus  à  un  météore  qu'à 

<f.  xxni,  ^^^^^  Comète.  Quoi  qu'il  en  foit ,  comme  les  Elp^.gnols  n'étoîent 
point  encore  arrivés  au  Mexique,  ils  n'ont  pu  être  témoins 
de  ces  phénomènes  :  ainfi  leur  certitude  ne  peut  être  fondée 
que  fur  le  témoignage  Aqs  Mexicains»  Si  le  premier  fur- 
tout  eût  été  une  véritable  Comète,  leroit-il  poifible  que 
dans  i'efpace  d'un  an  qu'il  dura  ,  il  n'eût  pas  été  obfervé 
dans  l'Europe,  dans  toutes  \ts  parties  de  la  Terre l 
Eckjî;  Lud,  Ï5I7'    Comète  dans   le  Lion,    Un  Ecrivain  qui  penioit 

qu'il  ie  formoit  ^q^  Comètes  au-deiflis  de  la  Lune,  d'autres 
au-dellous,   cite  pour  exemple  de  ces  dernières  une  Comète 
Giih.  /.  111,  qu'il  dit  avoir  paru  le  i  i  Oélobre  i  5  17.  Ce  n'étoit  peut- 

s*  vii^  ^^j,g  qy\|j^  météore,  qu'il  faut  rapporter  plutôt  à  l'an  i  527^ 

15  18..  * 

«  Durant   les    nuits   qui  précédèrent  le   6  Avril  ,    une 
Cavîu     Comète  pâle  fut  vue  au-deffus  de  la  citadelle  de  Crémone.  >> 
1520.    On  Vît  une  Comète  le    ly   JVhii.    La    defcription 
qu'en  fait  Sponde,  feul  garant  de  ion  apparition,  eft  plutôî 
celle  d'un  météore  que  celle  d'une  vraie  Comète. 


I  521.   * 


Vwow.en. 


Snim!'v!7l.  Comète  ^  en  Avril ,  à   la  fin  de  l'Ecrevife  :  fa  chevelure 

^  Rkc.  Luh.  étoit  courte,   elle  rejjhnbloït  à  la  Lune  en  quadrature^.  Elle 

IhvéL  ^x^-j.  ^gy^  l'équateur  *^  ;    elle  dura  quelque  temps  ^.  Cavitelli 

^nLIcxi  ^y^^^  P.^^^^  ^^  ^^  ^"^  ^^^^^  ai'rivé  ie  28  &  le  2^  Juin  1 52  ij. 


DES    Comètes.  485 

ajoute  qu'à  la  féconde  heure  d^s  nuits  précédentes ,  on  avoit 
vu  une  terribie  Comète. 

Le  P.  Gaubii  dit  qu'en  Chine,  à  ia  première  Lune  (en 
Février  i  5  2  i  ) ,  on  avoit  vu  une  grande  Étoile ,  répandant 
la  fumière  au  fud-ell;.  Jupiter  paroiffoit  alors  le  matin  ati 
fud-efl. 


15 


22. 


Aiizaud   dit   que    «  6es   témoins  oculaires  ,    agronomes 
înftruits  ,    obfervateurs  exaéls  ,    vivans  encore,    lui   avoienî  « 
afTuré   avoir   vu   en    1522    une    Comète   du    côté   de   i'oc-  „ 
cident^  »   D'autres   Cométographes  font  mention  de  cette     ^Mh.m 
Comète  ^  c.  XI. 

1523.   On  vit  une  Comète  à  Napîes,  le  28  Odobre".      ^,^5f  '  ^"^' 
I  524.   Pendant  la  nuit  du  p  au  10  Décembre,   on  vît  " Schuier, Rock. 
ime  Comète^.    On   cite   Luther;    j'ai   confuité  inutilement  ^^iij]  ^'^"^"'' 
plufieurs  éditions  de  {qs  ouvrages.  ^Eckfi.Lui, 

1525.     Comète  ^.  •  Herllc.  Hév. 

152(5.   Comète,    fembiabîe    à    une    épée    enflammée^,    fSrurm.Rkc, 
horrible,  vue  depuis  le  2  ^  Août  'lufqu'au  7  Septembre^.  Lub.  Heu. 

1527.    Le  II  Août,  a e  grand  mat w ,  vers  quatre  heures ,  îr.ll,P.lc.ii> 
on  vit  paroître  pour  la  première  fois  une  Comète:  toute  l'Europe 
l'obferva.  Contre  la  nature  des  autres  Comètes,    il  en  fortoit 
une  main  armée  d'une  épée ,   &  qui  fembloit  menacer  la  Terre.  Woif.  cent,  i  ^ , 
Beaucoup  d'Ecrivains  font  m.enlion  fur  cette  même  année /''^^-'"'"^i?^'^^* 
d'un  météore  ,    qu'ils  honorent  du  nom   de  Com.ète  ,   qui 
fut  vu  le  II  Oétobre  félon  les  uns .   le  i  i  Décembre  félon 
les  autres,   dans  le  Paiatinaî  du  Rhin:  il   étoit,  difent-ils, 
environné  de  têtes  tranchées  ,    &   ne  dura  que  cinq  quarts 
d'heure  ou  pas   plus    de   deux  heures  ^   Rockemback  leul ,     ^  Gemma  ^e 
dit  qu'on  le  voyoit  tous  les  jours  durant  une  heure  &  un  ComMtm.lh 

Z  c.  VIII.  Biiau 

Deux  Ecrivains,  non  contemporains,  dilent  fimplement  Gerne'm.  1. 11 , 
quil  parut  une  Comète  en  1527^:  il  elt  probable  qu  ils  ^^^  j^^^- ^ 
ont  auiTi  donné  le  nom  de  Comète  au  météore  précédent» 


^86  Histoire 

1528.  *  A  Noto,  en  Siciie,  on  vit  une  Comète  pendant 

dix  jours  ,   au  mois  de  Janvier ,   depuis  la  troifième  jufqu'à 

la  cinquième  heure  d^  ia  nuit;  elle  paroiiïbit  incliner  vers 

■  Lîttar,      la  partie  occidentale  de  i'îie  :  fa  couleur  étoit  blanchâtre,  li 

eft  dit  que  cette  Comète  parut  l'année  fuivante ,   &  l'on  n'a 

nommé  que  i  524:  mais  on  a  enfuite  rapporté  i'hifloire  du 

fac  de  Rome,   arrivé  certainement  en  1^27;  donc  l'année 

fuivante  ell;  1528.   II  faut  que  cette  Comète  ait  été  bien 

méridionale  ,   pour  ne  paroître  que  durant  deux  heures  au- 

à^^us   de   l'horizon  de  Noto.   Nos    Cométographes    difent 

quel/e  commença  à  paroître  le  i  8  Janvier,  dans  les  Poijfons , 

Ficc,  Luh.  en  ovpof.iion  avec  Saturne.   Ceci  appartient  maniieftement  à 

^^^'^^'^'  ia  Comète  de  1538.  En  1528  Saturne  étoit  dans  le  Taureau, 

&  ne  pouvoit   être   en  oppofition   avec  une   Comète,   qui 

n'étoit  éloignée  de  lui  que  de  deux  Signes. 

I  525?.    En  Juillet  &  Août,  on  vit  une  Comète  en  Italie, 

Cavît.Baf.  en  Allemagne  &  en  France;  elle  étoit  barbue. 

l  II,  c,  II.  ^^  j^i^  ^Q^^Q  même  annéi  ,  on   vit  quatre   Comètes  oppofe'es 

5>  entr  elles  :  leurs  queues  étoient  tournées  vers  les  fjuatre  parties 

>^  du  monde,  ou   (  plutôt  )    c'étoit  un  grand  Chalma  ,    formé 

5î  par  un  feu  qui  luifoit  depuis  l'orient  jurqu'à  l'occident,    en 

Or/MP.///,  padant  par  le  Nord.  »  Ce  pouvoit  ctre  une  Aurore  boréale 

/.  XL  Qj^f  quelque  météore.   Nos  Cométographes   modernes   n'ont 

AiilR!cc.Lul.^d.s  laide  échapper  ces  quatre  prétendues  Comètes. 

Hévél,   Tacii, 

Coiniers.  \  ^'XQ>» 

Je  fuis  aiTez  porté  à  croire  qu'il  a  paru  une  Comète  en 

^Âlii.Alpd.  I  c?o;  piufieurs  Écrivains  contemporains  en  font  foi^;  mais 

^Mt^lÉDal  i^s  n'entrent  dans  aucun  détail  à  ce  fujet.    Un   feul  dit  que 

/.  i.c.ix,  ir  cette  Comète  fut  vue  à  la  Haye,  la  nuit  même  de  la  mort 

/.  II,  c.  II.     ^^  Marguerite,  hlle  de  l'empereur  Maximilien^  Cette  Prin- 

Jf!^'^'""""\cc'^Q  efl  morte  le    30   Novembre   1530  ^    Un    Hidorien 

contemporain  ,   mais  peu   exad  fur  les  dates   dQs  Comètes 

''yTf^wo/././,  fui  vantes^,   rapporte  l'apparition  de  cette  Comète  au   mois 

^  ^^'  de  Juin  :    il  a  été   fuivi   par  quelques    Modernes  ^  Cette 

■/li/l^' ^^"^' CoïïièiQ  auroit  été  grande,   terrible,    elle   auroit  duré  un 


DES     Comètes.  ^87 

mois  entier,  fi  l'on  pouvoit  ajouter  foi  au  témoignage  d'un 
autre  Écrivain  de  ce  même  ficcie,  plus  inexacT;  encore  que  Gtdecîard.  l.  L 
Maurolycus.  Le  grand   nombre   de  Comètes   qui   parurent 
alors,    aura  fans  doute  confondu  \qs  idées   i^Qs  Hiitoriens; 
ils  auront  attribué  à  l'une  ce  qui  appartient  à  l'autre:  &  c'eft 
à  cette   caufe    qu'il    faut  rapporter   ce   que   difent  piufieurs 
Cométographes ,  que  la  Comète  de  1530  a  paru  depuis  le 
6  Août^  jufqu'au  3^  ou  jufqu'au  13  Septembre^;  qu'on  l'a    '^  Lyc,  Rke, 
vue  dans  le  Lion  ,    en  ligne  droite  avec  les  deux  dernières       '^  Woif. 
Étoiles  de  la  queue  de  la  grande  Ourfe'^;  qu'elle  a  parcouru  judsp'.Fryfiâ^ 
\çs  fignes  de  TÉcreviflè ,    du   Lion ,    de  la  Vierge  &  de  la     '  i^icc. 
Balance^;   qu'on  la  voyoit  d'abord  le  matin  avant  le  lever    ^Biiar.Gen, 
du  Soleil,  &  qu'elle  parut  enfuite  après  fcn  coucher,  &c  ^.   '  nvoff.^lil" 
Tous  ces  caraélères  dcfigncnt  trop  pofitivement  la  Comète  Fryfuh.ComUrs. 
fui  vante,  pour  qu'on  puitfe  s'y  méprendre.  *  iidem. 

1531.   * 

Retour  de  la  Comète  d'Halley.   Je  trouve   fi   première 
apparition  datée  du   i.^"^  Août^  ou  de  la  fin  de  Juillet ^  Le    ^Vapor, 
2.  s  Juillet,   dit  un  Auteur  contemporain  ,    on  vit  à  Rome  ^  Gii^cdavd, 
une  poutre  de  reu ,    &  deux  Comètes  parurent  .   La  date    c^^^/^^ 
appartient   probablement  au  météore  feul  &  non  aux  deux 
Comètes.  À  la  Chine  &  au  Japon,   la  Comète  de   153  i 
commença  à  paroître  à  la  feptième  Lune  (commençant  vers    Kaempf.liî^. 
ie  13  Juillet).  Au  jour  Y -je  (   5  Août),  elle  étoit  dans  la  ''^^'GaubiL 
conitellation  Tjlng  (  pieds  des  Gémeaux  ).  Le  P.  de  Mailla     CaubiL 
la  fait  auifi  paroître  à  la  feptième  Lune  dans  la  même  conf- 
tel'ation ,   du  côté  de  l'orient,  &  il  ajoute  que  fa  dired:ion, 
celle  de  fa  queue  fans  doute,  étoit  au  nord  :  tous  ces  carac-   Maiik^uX^, 
tères  appartiennent  à  la  Comète  de  i  53  i  ;   c'efî  donc  une  ^*  ^^^' 
faute  dans  le  P.  de  Mailla  d'avoir  daté  de  1532  l'apparition 
de  cette  Comète.    L'obfervation  la  plus  précieufe  que  nous 
ayons  de  la  Comète  de  i  5  3  i  ,  ^ ft  celle  d'Apien  ,  Allronome . 
des  empereurs  Charles  V  &  f  erdinand  L^*^.  Il  ne  commença 
à  i'obferver  que  le   1 3  Août  :  il  remarqua  en  général   que 
fa  queue  fut  toujours  oppolée  au  Soleil,  &  qu'elle  difpai'oiiïbiî^ 


^88  -        Histoire 

iorlque  la  Comète  approchoit  de  i'horizon ,  de  manière  qu'il 
crut  d'abord  que  queique  nuage  lui  en  dérobait  la  vue. 
Apien  ,  pour  déterminer  les  lieux  de  la  Comète  ,  choifit 
conftamment  l'heure  à  laquelle  l'étoile  Arâurus  étcit  au  pre- 
mier vertical  ou  au  plein  ouell  :  cette  pofition  (^Arâurus 
donne  le  temps  (\qs  obfervations.  Dans  la  Table  fuivante , 
dreffée  par  Haliey  ,  la  première  colonne  contient  les  jours 
du  mois  d'Août,  auxquels  Apien  obferva  la  Comète  ;  la 
féconde  colonne  eft  celle  à^s  heures  des  obfervations  :  elle 
eft  calculée  par  Haliey.  La  îroifième  &  la  quatrième,  donnent 
les  hauteurs  obfervées  de  la  Comète  &  fa  diilance  au  pre- 
mier vertical,  ou  fon  amplitude  de  i'oueft  vers  le  nord;  ces 
'Ap.r.ILc.i.  dtux  colonnes  font  copiées  d'après  Apien  :  enfin  dans  la 
cinquième  &  fixième  colonnes,  on  trouve  les  longitudes  & 
les  latitudes  de  la  Comète  ,  déduites  des  obfervations  & 
calculées  par  Haliey  ;  car  Apien  ,  deftitué  du  fecours  des 
locrarithmes ,  avoit  fort  mal  calculé  ces  deux  colonnes. 

Table  des  Obfervations  de  la  Comète  de  ijjr. 


Hal/eifoi.Rrn 


fV^S^SlStSX^ 

5a.^j^aariuaasgt:j^-^J 

1 

■'"■'*■■' 

a 

1 

Cl, 

C 

O 

HEURE 

de 
l'Observ. 

H.       AL 

HAUTEUR 

obfervée. 

D.     M. 

A  M  I 
obfe 

D. 

^LIT. 

'rvce. 

LONGITUDE 

de 

fa  Comète. 

LATITU  D  E 1 
de                  1 

ia  Comète.    | 

AI. 

s.        D.        M.          S. 

i^.         M. 

7 



8.    26 

7.    56 

49. 

-6 

4.   20.    1(5.     0 

23.     30. 

loB. 

14 

8.     22 

8.     2y 

45. 

22 

4.   24.  41.   31 

23.     18. 

45 

M 

8.    19 

9.        0 

41 

21 

4.   29.      I.     0 

23.         I. 

30 

16 

8.    15 

9.    43 

3  5 

13 

5.      5.   3^.    15 

2  2.     2  1. 

40 

^7 

8.    II 

10.    14 

30 

46 

5.    10.   19.  40 

21.     47. 

0      1 

18 

8.     7 

10.    39 

-4- 

42 

5.   i<5.    ^_,j.     0 

20.    -^6. 

15    ! 

22 

7'   54 

II.   25 

7 

.   34 

6.      3.  49.     0 

I  6.   20 

40   j 

23 

7.    50 

w.   16 

•   50 

6.      7.    25.    30 

15.  13. 

40   1 

Apien  obfervoit  à  îngoiftadt;    ainfi   les   ternps    marqués 
dans  ia  deuxième  colonne,   font   moyens  &  rapportés  au 

méridien 


DES    Comètes,  489 

méridien  d'Ingoldadt  en  Bavière,  36^  10"  de  temps  à  i'eft 
du  méridien  de  Paris. 

Ces  obfervations  ^'Apîen  font  afîez  groffières  ,  foît  à 
caiife  de  i'imperfection  des  inftrumens  dont  ii  fe  fervoit, 
fbit  parce  que  la  méthode  qu'il  employoit  pour  déterminer 
le  lieu  de  la  Comète,  étoit,  fur-tout  alors  ,  fort  équivoque 
dans  la  pratique.  Ainfi  la  théorie  de  l'orbite  de  cette  Comète, 
déduite  à^s  obfervations  d'Apien  &  calculée  par  Halley,  n'a 
pas  toute  la  précifion  qu'on  pourroit  defirer.  Voici  cette 
théorie. 

Lieu  du  nœud  afcendant i*"   i  p'^  2  5'. 

Inclinaifon  de  l'orbite 17.    5  (5, 

Lieu  du  périhélie 10.      r.    39. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie 9'75  3  5  83' 

Paflage  au  périhélie  en  Août #  .  .  .  .  24/  21^  27', 

Sens  du  mouvement. Rétrograde. 

Cette  Comète  a  été  vue  Jufqu'au  3   de  Septembre,  ou,     ^i^^^ 
félon  quelques  Auteurs,  jufque  vers  le  commencement  de 
Septembre.         ~  t^abrk,  Mijn^ 

1531.  Comme  la  Comète  obfèrvée  par  Apien  a  paru 
d'abord  le  matin,  enfuite  le  loir,  quelques-uns  ont  conclu 
qu'il  avoit  paru  deux  Comètes  en  i  5  3  i  •  Une  autorité  aiïèz    ■f'^'^f'''  Cavlu 
grave  ,   fur  laquelle  on  pourroit  appuyer  l'apparition   d'une 
féconde  Comète  en  i  5  3  i  ,   efl;  celle  de  Fracalior.   Il  dit  :  fracaft.Homoe, 
ce  Nous   avons  oblervé  avec   le   plus   grand   foin  les   trois  cav,'xxiu. 
Comètes  qui  ont  paru  ces  dernières  années.  La  première  fut  ce 
vue  en  I  5  3  I  le  8  &  le  9  de  Septembre  :  elle  parut  d'abord  ce 
au  matin  ;    elle  étoit  fort  boréale,  étant  beaucoup  plus  au  «« 
nord  que  le  tropique  d'été.   Vers  le  treizième  jour  (  le  i  3  « 
Septembre  ou  le  treizième  jour  de  fon  apparition  !  je  n'en 
fais  rien  ),  on  la  vit  le  loir  vers  le  tropique  d'été.  Les  jours  « 
fuivans,  variant  peu  en  longitude,  elle  changea  de  latitude  c« 
avec  une  Isiie  célérité ,  qu'on  la  vit  au-delà  du  cercle  équi-  « 
Iioxiai  ,  ailes  près  de  Jupiter ,  qui  tîoit  alors  en  ij  degrés  «1 
Tams  L  Q  4  ^ 


49^    •  Histoire 

5>  du  Scorpion.  Vers  le  dix-huitième  jour ,  elle  (e  diffipa  peu- 
à-peu.  »  Par  la  figure  jointe  au  texte,  il  paroît  que  Fracaftor, 
par  latitude,  entendoit  la  déclinaifon  ;  donc  par  longitude, 
il  entendoit  probablement  l'afcenfion  droite.  Cardan  fuppofe 
que  le  8  Septembre  la  Comète  étoit  un  peu  plus  orientale 
que  le  Soleil,  &  par  conféquent  en  24  degrés  de  la  Vierge, 
&  qu'au  commencement  d'Oflobre  elle  étoit  près  de  Jupiter, 
dont  le  lieu ,  félon  Cardan ,  étoit  en  3  &  non  pas  en  i  3  degrés 
du  Scorpion  (dans  la  réalité  il  n'étoit  qu'en  28  degrés  trois 
quarts  de  la  Balance).  «  Ainfi ,  ajoute  Cardan  ,  Fracaftor 
»  s'efl  un  peu  négligé  dans  Ton  explication;  la  Comète  en  un 

Cdyd^n,  Subtil,  mois  a  parcouru  40  degrés  en  longitude.  »*  Cela  eft  vrai;  mais, 

liù.  IV.  comme  nous  l'avons  dit,  il  y  a  toute  apparence  que  Fracaftor, 

par  le  terme  de  longitude,  entendoit  l'afcenfion  droite.  A-t-il 
donc  paru  deux  Comètes  en   143  i  ?   Lubienietzki  ne  veut 

tub.p.^^j.  pas,  dii-il ,  multiplier  fans  néceflité  la  famille  des  Comètes. 
Quel'e  dilciéiion  !  Il  décide  en  conféquence  que  la  Comète 
de  Fracaftor  eft  la  même  que  celle  d'Apien ,  vue  par  celui-ci 
en  Août,  par  celui-là  en  Septembre;  ce  qui  n'eft  pas  poflible: 
ia  Comète  d'Apien  n'a  certainement  pu  être  vue  le  matin  en 

Sracajl.hcgm.  aucun  jour  de  Septembre.  Fracaftor,  dans  un  autre  Ouvrage, 
dit  que  la  Comète  qu'il  a  vue  en  i  5  3  i  ,  a  paru  d'abord  le 
matin,  enfuite  le  foir  ;  &  qu'en  près  de  dix -huit  jours  elle 
a  parcouru  près  de  30  degrés  en  latitude  (  c'eft-à-dire  en 
déclinailon  ).  Donc  dans  le  paifage  rapporté  ci-deftus,  par 
le  dix-huitième  jour ,  il  faut  entendre,  non  le  i  8  Septembre, 
mais  le  dix 'huitième  jour  de  f  apparition  de  la  Comète, 
c'eft-à-dire  le  26  ou  27  Septembre;  c'eft  alors  que  la  Comète 
fe  iera  trouvée  allez  voiiine  de  Jupiter,  non  longé  a  Jove. 
Cela  pofé,  je  penfe  qu'en  effet  il  n'a  paru  en  1531  qu'une 
feule  Comète,  obfervée  &  par  Apien  &  par  Fracaftor  dans 
ie  mois  d'Août.  On  la  voyoit  le  matin  au  8  ou  p  Août;  vers 
le  milieu  du  même  mois  on  l'a  vl^e  le  foir;  à  la  fin  du  mois 
elle  étoit  alîèz  près  de  Jupiter.  En  dix -huit  jours  ^Wq  a 
parcouru  au  moins  3  o  degrés  en  déclinaifon ,  &  fon  mou-- 
yement  en  afcenfion  droite  étoit  moindre.   Il  fe  fera  giiffé 


DES    Comètes.  491 

<îans  Fracaflor  une  faute  de  mémoire  ou  d'imprefTion  :  il 
faut  lire  Août  au  iieu  de  Septembre  ,  &  la  difficulté  efl 
évanouie. 


153 


2. 


II  parut  en  cette  année  une  Comète,  qu'on  a  revue  depuis 
en  1661,  Apien  obferva  fept  fois  celle  de  1532,  avec  un 
très-grand  io'in  y  ftudiojijfîmè ,  dit-il  :  Ces  obfêrvations  cependant 
ne  font  pas  marquées  au  coin  de  la  plus  grande  précifion.  Il 
les  avoit  calculées  lui-même,   mais  avec  auffi  peu  d'exac- 
titude qu'il  \qs  avoit  faites.  Dans  la  première  colonne  de  la 
Table  fuivante  ,  font  ]es  jours   dçs  obfêrvations  ;    dans  la 
féconde,  des  hauteurs  du  cœur  du  Lion  &  à'Arâunis,  prifes 
par  Apien ,   du  côté  de  l'orient.  Dans  la  troifième  colonne , 
je  donne  les  heures  moyennes  de  chaque  obfervation ,  telles 
que  je  \es  ai  déduites  des  hauteurs  marquées  dans  la  colonne 
précédente.  La  quatrième  &  la  cinquième  colonne  contiennent 
les  hauteurs  &•  les  amplitudes  de  la  Comète ,  prifes  du  fud 
vers  l'efl   &  obfèrvées  par  Apien.  J'ai  mis  enfin  dans  \ts 
fîxième  &  feptième  colonnes,  la  longitude  &  la  latitude  de 
la  Comète,  telles  que  je  les  ai  calculées  fur  les  obfêrvations 
précédentes.  Les  lieux  de  la  Comète,  marqués  pour  le  14. 
oc  le  19  d'Oétobre,  ont  été  donnés,  tels  qu'on  les  voit  ici, 
par  Apien  lui-même,  fans  aucune  mention  des  moyens  qui 
lui  ont  fervi  à  former  cette  détermination.  Il  dit  feulement 
que  le  14-  Oélobre  la  Comète,  à  l'heure  même  de  fbn  lever, 
étoit  en  même  temps  dans  l'équateur  &  au  commencement 
du  figne  de  la  Balance.  De  la  polition  du  point  équinoxiai 
dans  l'horizon  ,   j'ai  conclu  l'heure  de  l'obfervation.  Cette 
obfervation  du  14.  Odobre  a  été  faite  à  Léipfick,  les  autres 
à  un  lieu  qu' Apien   nomme  Drefenum.  Je  ne  trouve  point 
JJrefeniim  dans  Baudran  ;  comme  ce  Drefenum  efl  en  Mifiiie» 
je  ne  doute  pas  que  ce  ne  fbit  Drefde ,  ou  du  moins  quelque 
lieu  peu  éloigné  de  cette  capitale  de  la  Mifniç. 


Qqq^i 


492.  Histoire 

Table  des  Ohfer varions  de  la  Comète  de  iyj2. 


JOURS 

HAUTEUR 
des 

TEMPS 

HAUTEUR 
de 

AMPLIT. 
de 

LONGITUDE 
de 

LATIT. 
de 

du 

Étoiles. 

moyen. 

la  Comète. 

ia  Comète 

îa 

Comète. 

la  Comète 

Mois. 

D.         M. 

H. 

yv^. 

D.       M. 

D.       M. 

S. 

Z>.        yl^.          J-, 

D.      M. 

Regubis. 

S.  vers  E. 

Aujirale. 

Od.     2 

34.      0 

4. 

5  0  m^f. 

13.     10 

<^5-  30 

5- 

9.  5^.    0 

13.27 

3 

31.    30 

4. 

30 

9.      0 

73-  17 

I  3.     ^.  30 

10.  à^6 

14 

3- 

48 

(^. 

0.     0.     0 

Boréale. 

19 

5.4^.     0 

4.  51 

Arâurus. 

31 

20.      0 

5- 

0 

8.     0 

8^.  17 

(^. 

22.  50.     0 

13.41 

|Nov.    I 

2.6.     0 

5- 

35 

I  2.  40 

81.  10 

25.  \6.    0 

15.  II 

1            ^ 

25.  40 

5- 

5 

7.   20 

90.  30 

7- 

4.  33.     0 

Sur  les  obfervations  précédentes ,  Hailey  a  calculé  l'orbite 
de  cette  Comète  ;  en  voici  les  élémens  : 

Lieu  du  nœud  afcendant. .       2.^   20*^   27'. 

Inclinaifon  de  l'orbite 32.    3<5. 

I.i£u  du  périhélie 5.    21.     7, 

Logarithme  de  la  djflance  périhélie..  .  .         9,706803. 

Paffage  au  périhélie  en  Oélobre 19'    22*^   21'.. 

Sens  du  mouvement Direél. 

L'apparition  de  cette  Comète  ne  fè  borna  point  au  temps 
àts  obfervations  d'Apien  :  cet  Aflronome  l'avoit  vue  dès  le 
25  Septembre,  &  il  continua  de  la  voir  jufqu'au   20  No- 
vembre. Ailleurs  on  la  découvrit  après  le  milieu  de  Septembre 
dans  le  Lion.  Une  obfervation  bien  précieufe  feroit  celle  de 
Fracaflor ,  fi  l'on  pouvoit  compter  fur  Ton  exaélitude.  «  La 
«  Comète  de  i  5  32  ,  dit  il,  parut  conftsmmenî  le  matin  avant 
»  le  Soleil  :  la  tête  étoit  trois  fois  plus  grofle  que  Jupiter  ;  la 
cap,  xxiii.  „  5arbe  avoit  deux  braffes  de  longueur.  On  commença  à  Ja 


Fracaf. 
Momoc, 


DIS     C  0  M  Û  T  E  S,  493 

voir  ie  22    Septembre;    elle  parut   jufqu'au  8    Décembre  ce 

(  faute  d'imprelîion  :  il  faut  lire  ^  Décembre  ).  Sa  durée  fut  m. 

donc  d'environ  foixante-onze  jours.  La  première  io\t>  que  je  «     - 

pus  fobfèrver  avec  àes  inflrumens  (  le  3  o  Septembre  ,  &  non  « 

pas  le  22,  comme  fe  i'eft  imaginé  Riccioli ,  trompé  fans  doute 

par  Cardan  ),  elle  étoit  prefque  en  5  degrés  de  la  Vierge,  3^^  «    rw,7f. 

au  fud  de  i'équateur,   14^^  au  fud  de  i'écliptique.  Nous  la  ^^  Ricc,'  '     * 

vîmes  enfuite  en  près  de   11^  de  la  Vierge,  déclinant  de  « 

I'équateur   i'^    3  1'  au  fud  ,   &  de  i'écliptique    12^^  au   iud.  « 

Elle  parut  de  plus  en    12*^  &  enfuite  en  ly^  de  la  Vierge,  « 

déclinant   de  I'équateur   de  4^^  au  nord  ,   &  de   I'écliptique  «< 

de  3'^au  fud.  Le  8  Odobre,  elle  étoit  en  21^  de  la  Vierge,  « 

3^  30^  au  nord  de  I'équateur  &  dans  I'écliptique.  Le  14,  on  « 

ia  vit  en  1 2^  de  la  Balance ,  2.^  au  nord  de   i'écliptique  ,  « 

autant  au  fud  de  I'équateur.  Le  4  Novembre,  qWq  fut  au  8^^  «c 

du  Scorpion ,  6^  au  fud  de  I'équateur  ;  elle  étoit  petite    &  « 

prefque  dilTipée.   Le   3    Décembre,    elle    étoit    entièrement  « 

confumée.  »  Il  y  a  encore  une  faute  d'impreilion  à  la  dernière 

obiervation.  Elle  fut  faite  le  2p  &  non  le  4  Novembre. 

Dans  un  autre  ouvrage ,  Fracaûor   entre   dans   un  plu?  Frac^fl.  Fra^m 
grand  détail.  ?.  f-2. 

Le  30  SeptemLre ,  Saturne  étant  au  13*^  de  rÉcreviffe, 
avec  o'^  2y'  de  latitude  auikale,  élevé  de  6 ^^  fur  l'horizon, 
précédant  de  13*^  le  milieu  du  ciel,  qui  étoit  alors  en  2^^ 
de  l'ÉcrevilTe  ,  la  Comète  étoit  élevée  fur  l'horizon  de  ly^; 
elle  précédoit  de  60"^  ie  milieu  du  ciel ,  ayant  environ  6^ 
de  déclinaifon  auftrale ,  i  5^  de  latitude  auftrale,  étant  vers 
j<^  de  la  Vierge. 

Le  lendemain,  i.^""  Oélobre ,  le  milieu  du  ciel  ayant 
pareillesnent  été  déterminé  par  le  lieu  de  Saturne,  la  Comète 
étoit  en  y"^  de  la  Vierge,  déclinaifon  auftrale  3^  30';  latitude 
auftrale  près  de  14*^.    . 

■  Le  2  Oi^tobre,  longitude  5^  8'^  30'  prelque;  déclinaifon 
2^  ;  latitude  12^^  30', 

Le  3,  longitude  5^  ii'^;  déclinaifon  auftrale  i'^;  lati-? 
tu  de  p^ 


494  Histoire 

Le  12,  longitude  5^  32^^;  déclinaifon  boréale  3*^;  latitude 

auftrale  o"^  30'. 

Le  16,  longitude  6^  2^  prefque  ;  déclinaîfbn  boréale  2*^; 
latitude  boréale  4*^. 

Le  23  ,  longitude  6^  12^;  latitude  boréale  2^;  déclinaîibn 
auftrale  4^. 

Le  4  Novembre,  longitude  6^  20^;  latitude  boréale,  près 
de  8"^;  déclinaifon  auflraie  3^^  30'. 

Le  27  Novembre,  longitude  7^  8^^  prefque;  déclinaifon 
auflraie  6^. 

Le  4  Décembre,  la  Comète  parut  ;  mais  robfervation 
qu'on  en  lit  fut  trop  équivoque.  «  Ainfi,  ajoute  Fracaflor , 
»  cette  Comète  paroit,  en  foixante-cinq  jours,  avoir  parcouru 
»  6-j  degrés  de  longitude  d'occident  en  orient,  &  en  latitude 
»  (  c'ell-à-dire  en  déclinaifon)  feulement  10  degrés  ou  envi- 
•»  ron ,  formant  comme  une  efpèce  d'arc,  dont  le  ventre  étoit  au 
nord,  les  cornes  au  fud.  « 

Fracaflor  obfervoit  probablement  à  Vérone ,  ou  au  moins 
près  de  cette   ville.   Ses   obfervations  font  faites    vers  cinq 
heures  du  matin  :  il  ne  nous  apprend  pas  de  quels  inflru- 
mens  il  s'ell  fervi  pour  les  faire.  Il  ne  feroit  pas  pofîible  de 
ies  concilier  avec    celles  d'Apien.   Auquel   à^s   deux  sqw 
rapporter  ?  La  préfomption   eft    pour   Apien  ,    d'autant  plus 
que  la  méthode  employée  par  Fracaflor  efl  bien  plus  com- 
pliquée que  celle  d'Apien ,  &  que  d'ailleurs  \qï>  obfervations 
de  Fracaflor  ne  s'accordent  pas  même  enîr'elles.  On  fait  dire 
iikc,  Luh.    à  Fracaflor  qu'il  jugeoit  la  Comète  plus  élevée  que  la  Lune; 
Fracafl.       il  dit   exprelTémeut  le  contraire. 
Trapfup.i-j,       Un  autre  Aflronome   du    même  temps,  Jean  Vogelîn , 
Mathématicien  de  Vienne  en  Autriche,  difciple  du  célèbre 
Régiomontan,  tenta  de  déterminer  la  diflance  de  la  Comète 
à  la    Terre ,  par  la   parallaxe  de  la  Comète.  C'étoit  fans 
doute  la  meilleure  méthode  :  iriais  ou  Vogelin  employa  des 
inflrumens  fi  mauvais ,  ou  il  sçn  fèrvit  avec  fi  peu  d'intelli- 
gence ou  de  dextérité ,  que  je  regrette  le  temps  que  j'ai  em- 
ployé à  calculer  ki  obfervations.  Les  voici  avec  leur  réfuitat» 


DES    Comètes, 


49  î 


fjOURS 

TEMPS   MOYEN 

AZIMUT 

HAUTEUR 

LONGITUDE 

LATITUDE 

1 

de 

du 

de 

de 

de 

1       ^^ 

1  OCTOB. 

l'Observation 

Sud  à  l'Est. 

fa  Comète. 

la  Comète. 

la  Comète. 

H.      M.      s. 

D.        M. 

£>.        M. 

J".          Z).          yT/. 

D.     M.  ■     J'. 

6 

15.  53.  40 

S6.  45 

5.       0 

5.     18.     2d 

3.    24.      0  A. 

6 

16.  3  5.  40 

78.      0 

Ï2.      30 

17.     30 

3.   47.      0 

I  o 

16.  22.   30 

S-/.     0 

^.      45 

5.     27.     II 

2.      0.    30  B. 

10 

17.  17.     0 

75'    30 

18.       30 

24.     I  2 

2 .   22.      0 

Les  temps  font  rapportés  au  méridien  Je  Vienne  :  Vogelin 
ne  nous  apprend  ni  comment  ii  s'eft  affuré  de  ces  heure?", 
ni  quels  inflrumens  ii  a  d'ailleurs  employés.  On  peut  alTurer 
en  générai  que  {^î,  meilleurs  inflrumens  aftronomiques  étoient 
alors  fort  imparfaits.  Nous  ne  ferons  point  de  tort  à  Vogelin, 
en  fuppofant  qu'il  a  pu  fe  tromper  de  quatre  à  cinq  minutes 
dans  la  détermination  du  temps ,  &  d'un  degré  dans  celle 
àt?>  azimuts  &  à^i  hauteurs.  Or,  en  voilà  beaucoup  plus 
qu'il  ne  faut  pour  renverler  de  fond  en  comble  lediiTce  de 
tous  {qs  calculs  fur  la  parallaxe  de  cette  Comète  :  il  la  fait 
monter  le  6  Od:obre,  lors  de  la  première  obfèrvation ,  à 
3  5^^  31'  i"  ;  au  temps  de  la  féconde,  à  34^  58'  3^"i  ^ 
à  la  première  obfèrvation  du  i  o  ,   à  32^  57'  16". 

Lubienietzki  conclut  d'un  pafîage  de  Keckermann,  qu'ii 
a  paru  deux  Comètes  en  1532;  cette  autorité  ne  feroit  pas 
décifîve.  D'ailleurs  Keckermann  ne  dit  pas  cela  pofitivemenî; 
ii  dit  feulement  qu'on  a  vu  deux  Comètes  dans  l'efpace  d'une 
année,  ce  qui  peut  s'entendre  à^s  Comètes  de  1532  & 
1533,  ^^'^^  l'apparition  ne  renferme  pas  l'efpace  d'une  année 
entière.  L'unique  autorité  fur  laquelle  on  puiiîë  appuyet* 
i'apparition  de  deux  Comètes,  en  i  <j  3  2 ,  eft  celle  àiti  Annales 
Chinoifes ,  où  il  eft  dit  qu'il  en  parut  réellement  deux  en 
k  onzième  année  Kia-tjing  (  1532),  l'une  au  printemps^ 
i'autre  à  la  huitième  Lune  (  en  Septembre  ) ,  au  côté  de 
i'orient. 


Vogdin,  c,  1ÎÎ , 

V'  ^SS  ' 
&   c.    VII , 


^ïï, 


49^  Histoire 


Ï533-  "" 


A^nlAugp.       Vers  le  milieu  Je  Juin,  on  vit  paroître  une  Comète  ;  elle 

(e  montra  peu  après  le  lolftice  d'été  dans  le  pôle   ardique, 

Vapov,      dans  le  Taureau ,  avec  une  queue  fort  longue.  On  date  afTez 

généralement  la  première  apparition  de  la  fin  de  Juin,  &  on 

Rkcbh      ia  fait  durer  jufqu'au  4  Août,    ou  mieux  encore  jufqu'aux 

*  Mil.  Aret.  derniers  jours  d'Août ,  Se  jufqu'aux  premiers  de  Septembre  % 

L^T'Jix'  ^^  ^^  ^^^  ^^^  Chine  à  la  fixième  Lune    (  finiifant  au   2  i! 

text.  j^.      '  Juillet),  dans  les  confleilations  Mao  [\es  Pléiades)  Si  Pi^ 

^  Gauhil.      ^  les  Hyades).  En  Europe  elle  fut  vue  hors  du  Zodiaque, 

"  Miikh.      pj.^g    jg    Perlée  ^  :    par   un    mouvement   rétrograde  ,     elle 

fiyjlch.  parcourut  les  Gémeaux  ,    le    1  aureau    (k   le  15elier  '^.  Ele 

&Crufms,p.îii,  ne  s'arrêta  pas  même   dans  le  Bélier  ;  car  après   avoir  é.é 

/W/7. ^Ara!"  ohfervée  vers  le  commencement  de  Juillet  en  5   (ou  plutôt 

en  I  5  )  degrés  des  Gémeaux ,  près  de  l'étoile  de  la  Chèvre, 

avec  24.  degrés  de  latitude ,  &  48   de  déclinaifon  au  nord, 

elle  fut  emportée  par  un  mouvement  d'orient  en  occident , 

contre  l'ordre  des  Signes  ,  le  long  de  ia  voie  laélée,  juique 

dans  la  conftellation  de  CaiTiopée,  qu'elle  traverfa  pour  aller 

Genuna.hl,  s'éteiudre  dans  le  Cygne.  Ce  mouvement  de  la  Comète  fut 

€*vm,  obfervé  par  le  célèbre   Gemma  Frifius,  père   de  Cornélius 

Gemma  :  s'il  étiit  plus   détaillé,   il    nous  feroit   d'un  grand 

fecours  pour  calculer  l'orbite  de  la  Comète.  Fracaflor.dit  que 

quelques-uns  virent  la   Comète   le    i.*^"^  Juillet,    entre   les 

Pléiades  &  \qs  cornes  du  Bélier ,  ce  qui  n'eit  pas  polTible. 

Dans  ce  que  Fracaftor  ajoute,  il   eil   plus  croyable,   parce 

qu'il  ne  dit  que  ce  qu'il  a  vu  lui-même.  11  vit  la  Comète 

pour  la  première  fois  le  7  Juillet;  elle  étoit  dans  la  tête  de 

Médufè ,  formant  prefque  un  triangle  avec  les  deux  Étoiles 

qui  font  au-de(]us  de  la  claire  de  Médufe.  La  nuit  fui  vante, 

elle  s'étoit  éloignée  de  ces  deux  Etoiles  de  près  de  3  degrés 

vers  le  nord.  Le  2  i  ,  elle  parut  près  de  l'Étoile  qui  efl:  à  la 

main  droite  de  Perlée,   dont  il  tient  une  épée  :    elle  s'étoit 

donc  écartée  de  i  5   degrés  en  latitude  du  lieu  où  on  l'avoit 

>ue  le  7.   Le  27 ,  elle  étoit  près  de  i  Étoile  qui  elt  à  la 

chaife 


DES    Comètes.  497 

cliaiïê  d'Antiope  (  de  Cafliopée  ) ,  ayant  paixouru  près  de 
30  degrés  en  latitude,  depuis  notre  première  obfervation  , 
dit  Fracaftor ,  &  environ  6  5  depuis  que  d'autres  l'avoient 
découverte.  Fracaflor  dit  de  plus  que  ie  7  Juillet  la  Comète 
fe  levoit  à  deux  heures  de  nuit,  &  que  fa  tête  étoit  un  peu 
plus  grolfe  que  Jupiter.  ^  ^  HomoT.fà.j^ 

Apien  obferva  aulFi  cette  Comète,  mais  quatre  fois  feu-  c.xxm.Gan, 

T  ^        II  i>i  i      r  \  r  •  .      ir.  II.  c,  VU» 

lement.  11  ne  marque  pas  1  heure  de  \ts  oblervations  ;  mais  ^f^-ç^ 
du  lieu  du  Soleil  qu'il  détermine  chaque  jour  ,  on  peut 
conclure  qu'il  les  a  faites  vers  dix  à  onze  heures  du  loir. 
La  Table  îuivante  eft  entièrement  de  lui.  Je  n'y  ai  changé 
que  ie  mois  de  Juin  en  celui  de  Juillet,  dans  la  première 
colonne:  au  mois  de  Juin ,  ïe  Soleil  n'efl  pas  dans  leLion; 
i'énoncé  de  la  Table ,  les  diftances  &  les  élongations  du 
Soleil  à  la  Comète,  la  figure  qu'Apien  ajoute  à  Ion  obfer- 
vation ,  tout  concourt  à  déterminer  le  lieu  du  Soleil  dans 
ie  Lion ,  &  par  conféquent  ie  mois  de  Juillet.  On  peut 
même  confirmer  cette  correction  par  les  témoignages  4e 
Fracaflor  &  de  Gemma. 


Table  des  Ohfervatïons  de  la  Comité 

de  i^^^' 

L  0  N  G  I  T. 

du  Soleil 

Ijours 

LONGITUDE 

de 

LATITUDE 
de 

L  0  N  G  I  T. 

du 

distance! 

du  s  0  L  E  I  L      1 

i       ^" 

ijuiLLET. 

b  Comète. 
s.       D.       M. 

la  Comète. 

Soleil. 

la  Comète 

fa    C  0   M  È  T   E. 

D.        M. 

s.        D.        M. 

D.         M. 

D.        M. 

18 

2.      3.    40 

32.      0  B. 

4.      5.      6 

61.     26 

66.  0            1 

21 

I.    20.    20 

3<?.   20 

8.     0 

6S.     30 

73-   0            1 
83.   0            1 

,88.     0  yip'an.  1 

23 
25 

21.    30 
15»      0 

40.    30 
43.     0 

9-   53 
ri.  48 

78-     23 
8^.     48 

La  féconde  obfervation  feroit  peut-être  plus  exaéîe ,    fi 
Apien  eût  déterminé  la  longitude  en    i^  27^  zo'.   Sur  cqs 
obfervations  d' Apien,  M.  Cornélis  Douwes,  à  la  prière  de 
Tome  L  R  r  r 


49B  Histoire 

Struyck,  a  calculé  l'orbite  de  cette  Comète  :  en  voici  les 
élémens,  qu'on  ne  peut  regarder  comme  étant  d'une  grande 
préciiîon. 

Lieu  Ju  nœud  afcenJant ^^     5"^     44.'. 

Inclinaifon  de   l'orbite  à  l'éclîptîque  .  .  .  .  ,  55.     ^(j. 

Lieu  du   pcrihclie 4.    zy.     1 6. 

Logarithme  de  la  diftance  pcrihéire 9,307068. 

PafTage  au  périhélie   en  Juin î  6'    19''    39'. 

Sens  du  mouvement Rétrograde, 

Quelques  Écrivains  fèmblent  ne  dater  la  première  appa- 
rition de  ia  Comète,  que  de  la  fin  d'Août  ou  du  mois  de 
Chytuï'xill.    Septembre  ;    mais  on  peut  fans  conféquence   négliger  leur 
autorité. 
Cavtt.  15  34'   Comète  aa  mots  Je  Juillet,  C'efl:  la  précédente ,. 

Guicciard.   /.  L         ^        li        ,, 

SpoKd.  Locr.    retardée  d  un  an. 

1535.   En  ce  feul  efpace   de   deux   ans ,    il  parut  trois 
Woif.cent. i ^,  Comètes.  Ce  font  les  trois  précédentes,  qui  ont  paru  depuis 
Août  I  5  3  I  julqu  en  pareil  mois   1533» 

1535.   «  A  Milan,  dit  Cardan,  par  un  ciel  fereîn  ,  j'ai 

»  vu   en  plein  jour,  avec  toute  la  ville,  une  Étoile  un  peu 

»>  obfcure,    au  temps  de  la  mort  de  François  Sforce  II,   duc 

Cardan,  Var.  de  Milan.  »   Ce  Prince   eft  mort  le   24   Oélobre    15^5: 

Venus  etoit  alors  trop  éloignée  de  la  lerre,  pour  être  vue 

de  jour. 

1537.   Comète  en  Janvier ,    dans   les  Poijfons ,    &  autre 
'Lyc.Reck.Lub,  Comète  en  Mai  dans  le  Taureau,  Ce  font  manifeilement  les 
deux  Comètes  fuivantes. 

1538.   * 

Le  18  Janvier,  au  foir,  on  vit  une  Comète;  elle  fui  voit 

EheY.  Mi?^,  \q  Soleil    &   elle  étoit  dans   le  figne  des  Poiiïbns.    Apien 

i,  VI,  Fabric.  lODif-iva  depuis  Ic  17  juKju  au  21  ;   Il  ne  nous  a  laiiie  que 

memorab.  à-    fon  obfervation  du   1 7  ;  la  Comète  étoit  en    s   degrés    des 

HeiUr,  fr}'Jich.  Jtoiilons,  avec  une  latitude  boréale  de  17  degrés:  la  queue^ 

longue  de  30  degrés,  étoit  direétement  oppoiee  au  Sokii 


DES    Comètes,  499 

&  tournée  vers  le  zénith.  Le  22,  Gemma  Frifius  obferva 
îa  tête  en  p  degrés  Aqs  Poiiïbns ,  la  latitude  n'étoit  plus  que 
de  I  I  degrés.  La  queue  étoit  très-longue  ;  mais  la  tête  étoit 
obfcure,  &  paroiiToit  former  une  ligne  droite  avec  l'Etoile 
A\i  cou  &  celle  de  l'épaule  de  Pégalè.  Il  y  a  donc  lieu  de    Gama.  î,  r, 
croire  que  îa  latitude  de  la  Comète  diminuoit.  On  nous  dit  ^cJ,  î  xki\ 
cependant  qu'elle  parut  en  Janvier  dans  \^?,  Poiiïons,  qu'elle  V' S^S^, 
fuivoit  le  Soleil,  qu'elle  refîembloit  à  une  longue  pique  qui 
auroit  été  étendue  depuis  l'aile  de  Pégafè  jufqu'à  fon  pied; 
enfin ,   que  par  un  mouvement  précipité  elle  s'approcha  de 
la  tête  d'Andromède,  après  avoir  paru  d'abord  vers  le  cou- 
chant d'hiver.  Si  ce  récit  efl;  vrai,  la  direélion  de  la  queue       Chytr. 
n'aura  point  été  à  Toppofite  du  Soleil  ,    ce  qui  eft  démenti         ^""^"-^ 
par  l'obfervation  d'Apien;  &  la  latitude  boréale  de  la  Comète 
aura  augmenté  ,   ce  qui  n'eft  pas  conforme  à  ce  que  nous 
venons  d'établir.  Struyck  elTaie  de  juflifîer  Chytrée,  fur  la 
direélion  de  la  queue,  en  expliquant  {ç:^  expreiïions  d'une 
autre  aile  de  Pégafe,   différente  de  l'unique  que   nous  con- 
noiffons  ,   &  à  laquelle  Chytrée  n'a  certainement  pas  penfé.  '^"Yu^^^* 
Je  penfè  qu'il  eft  plus  court  d'abandonner  cet  Hiftorien  & 
de  nous  en  tenir  aux  obfervations   d'Apien  &  de  Gemma. 
Il  paroît  que  la  Comète  de   1538    a   été  vue  fort  peu  de 
temps  ,   &  que  fon  apparition  n'a  pas  pafle  le  3  o  Janvier.  Annal.  Augp. 
Lycofthènes  &  Garcée  diient  qu'elle  fut  vue  du  côté   de    "^'  ^^°9' 
l'orient  :  il  faudroit  d'autres  autorités  pour  nous  le  perfuader. 
On  retrouve  cette  Comète ,  datée  du  mois  de  Janvier  1539, 
dans  Lubienietzki. 

Bucelin  ayant  parlé  de  la  Comète  de  1538,  qu'on  voyoit 
ie  foir  ,  ajoute  que  dans  le  même  temps  on  voyoit ,  au  matin  , 
une  certaine  Etoile  ,  traverfée  comme  par  <^qs  lignes  de  fang.  Bucdîn  Rhau 
Faudroit-il  entendre  de  cette  Etoile  ce  que  Scaiiger  écrivoit 
vers  I  5  5  <^  î  Voulant  prouver  que  deux  Comètes  peuvent 
paroître  en  même  temps  :  «  il  y  a  quelques  années,  dit-il, 
que  nous  en  avons  réellement  vu  deux,  durant  les  mêmes 
nuits  :  l'une  paroiiïbit  le  ibir  »  l'autre  le  matin  :  leur  latitude 
ctoit  différente.  »  _  ^'^''J'i' 

K  r  r  i| 


joo  Histoire 

Struyck  croît  que  ia  Comèie  de  1538   poiirroh  ne  pas 

'StYuychiys),  différer  de  celle  de    1744. 
V.  8â,  /  ^^ 

1539.  * 

La  Comète  de  cette  année  fut  obfêrvée  depuis  îe  6  Mai 
'Jpian,      jufqu'au    17.  En  Chine  on   ne  ia  vit  que  le  i  o  Mai,    & 
GauhiL     elle  dura  vingt  jours.  Quelques  Européens  la  découvrirent 
^Amal.Atigp.  dès    le  30     Avril  ^  Plulieurs   lui    donnent    trois  femaines 
co^  y   /^.    ^^  Jurée  ^.  Des   Auteurs,   peu   exaéls    d'ailleurs  ,   ia   font 
'//Wf//*5 apud   paroitre    dans  le    Taureau^,  ou   dans   le  Bélier^:  elle  fut 
Héi'.Frj'jich,    j-éellement   obfêrvée  dans  le  Lion  ^ ,  ôc  peut-être    dans   la 
Cavit}'  Leo'Au  Vierge  ^.  La   caufè    de  l'erreur  vient  fans  doute  de  ce  que 
Hdier.  \çs  Allrologues  attribuèrent  ia  génération   de  cette  Comète 

<«  Rock.  Luh.    ^  yj-jg  écliple  de  Soleil  obfêrvée    quelques  jours   auparavant 
yî;»wH.  Gemm.  ^^"^^  9  degrcs  Gu  1  aureau.  La  rhiloiophie  de  ce  temps-ia 
Eèer.   Bi'iar.  coucluoit  que  la  Comèîe  avoit  été  formée  dans  le  ligne  du 
f  ^  ,  Taureau  :  de-là  quelques-uns  crurent  &  dirent  qu'elle  avoit 

^uttiïngo,         paru    dans  ce  figne.   Apien  i'obferva  le  17  Mai,  le  Soleil 
étant  dans  5  degrés  des  Gémeaux.  A  la  dixième  heure  de 
la  nuit ,  la  Comète  avoit  i  p  degrés  de  hauteur  ;.  elle  étoit  de 
5  à  6  degrés  au  fud  du  premier  vertical  :  d'où  Apien  con- 
clut fa  longitude  de  ly  degrés  dans  le  Lion,  &  fa  latitude 
'Aptan,      ^^  3    degrés  au  fud.  Par  la  dixième  heure  de  la  nuit,  il  efl 
clair  qu'il  faut  entendre  i  o  heures  du  foir  ;  la  CoMète  étoit 
alors,  félon  i'oblervation  faite  par  Apien  de  fon  azimuth  & 
de  fa   hauteur  en  20  degrés   du  Lion,    avec   une  latitude 
auflrale   de  4  degrés  &  demi.    Le   i  i   Mai  on  favoit  vue 
'Eheu     près  de  la  tête  du  Lion.  Gemma  Frifius  I'obferva  (  peut-être 
le  même  jour  i  i   Mai  )  en  5  degrés  du  Lion ,    avec   une 
^Gemm.i.  I,  latitude  boréale  de  12  degrés  :  elle  étoit  pâle,  &;  fa  queue 
Gen'l'xxi'  ^^^^^  P^"  ^^  longueur,  ion  mouvement  étoit  principalement 
/./«<?.         de  l'écliptique  vers  le  fud  ^  Struyck  penfe  que  cette  Comète 
i>S{ru)'c/i,     pourroit  être  la  même  que  celle  de  1737  ^. 
' Lyc  Cav't        M4^*    L apparition    dune  Comète   en   cette  année  eit 
Cuïcciard.  i.  I.  appuyée  fur  d'alfez  foibies  autorités  '^^  Celle  de  Mézerai  fèroit 
ComUrL      P^*-^^  forte;  mais  après  avoir  fait  men.îion  de  la  Comète,  if 


DES     Comètes.  joi 

«dît   que  l'année  fuivante ,  il    y  eut  une  grande    éciipfè  de 
Soleil  dans  le  Bélier  :  or  i'éclipfe  appartient  certainement  à  l'an 

I  540  ;  donc  la  Comète  doit  être  rapportée  à  l'an  i  539. 

I  S4I»  Le  2  I  Août ,   Comète  en  forme  de  dragon  ^  ^^i''  '^"^'^' 

f^       ^.       rr  *     ^  z-'      /i     .•        I  j     ..  CœJ.Eck(}.Héi'^ 

I  542.   Comète  eiirayante  a  Conltantmople  pendant  qua-  aijî.  Tack. 

rante  jours  ^  S'agiroit-ii  ici  de  la  Comète  de  i  548  ,  anticipée      ^  WAtm, 

de  Ik  ans  ?  ^  ^^'^'^ 

1543.   «  A  Zefenhufen  ,   village  de  Souabe  ,    près   de 

Pfortzhaim  ,  le  4  Mai ,  vers  quatre  heures  &  demie  du  foir ,  « 

on  vit  une  grande  Comète,  avec  une  queue  tournée  vers  le  nord^  « 

II  en  fortit  une  flamme,  qui,  femblable  à  un  dragon,  vola  « 
vers  la  Terre  ,  engloutit  un  ruilTeau  voifm  ,  dévora  une  <g 
grande  partie  âes  biens  de  la  terre,  &  revola  enluite  vers  „ 

le  ciel.  «   11   eft  clair  que  cette  prétendue  Comète   n'étoit   Lyc.  Crues  ; 
qu'un  météore,  „>  ,/■  '  '      ' 

rx  Wolj,  cent,  i  o, 

1545'.  f.sosà-so8, 

«  Une  Comète,  dit  un  de  nos  CométograpRes ,  dont  ^'à^^'^sfr''^'^ 
clieveiure  étoit  de  couleur  de  fang,  brûla  durant  quelques  ^ra, 
jours;  étant  devenue  plus  pâle,  elle  s'évanouit  bientôt.  Peu 
de  perfonnes  la  remarquèrent  ;  mais  àç$  perfonnes  dignes 
de  foi  m'ont  alTuré  qu'elle  avoiî  été  iérieufemenî  obfervée  à 
Thorna ,  »  c'efl-à-dire ,  je  penfe ,  à  Dierna  en  Tranfilvanie. 
D'autres  Écrivains  ont  parlé  de  cette  Comète»  Alfl.Rod.Lvl, 

1548.   «  Avant  le  départ  des  Turcs  de  Coniîantinople ,  ^-^^"'(^"^/'TacL 
on  vit,  dit-on,  ifne  Etoile  chevelue,   de  laquelle  il  fortoit 
comme  deux  traits  de  feu.  '»  C'efl;  un  feui  Auteur  qui  parle;    ^/      ^  ^j^ 
il  ne  parie  que  par  ouï-dire  >    &  il  ne  dit  rien  de  la  durée 
du  phénomène. 

ijj^.   Comète^.  .\  ,  ^Cœj.Luh, 

1555.  On  vit  une  épée  dans  lecieP.  En  Italie  on  obferva    ^''^^*  -^-''«^'^'^ 
durant  un  mois  une  Étoile  chevelue    très  -  efîl*ayante  &  de      '^'j^\^ 
couleur  pâle  ;  {^^  rayons  étoient  éclatans   comme  l'or  :    elle 
aiioit  du  fud  au  nord.  De  plus ,  on  vit  près  de  la  Lune  une     c^vît. 
Etoile  d'un  éclat  extrême  &  d'une  grandeur  extraordinaire; 
on  ne  pouvoit  en  foutenir  i'afpeél.   Cette  Étoile  pouvoit     7^^,^, 
n'être  qu'un  météore. 


^02  Histoire 

15  5^.* 

Paul  Fabrice,  médecin  &  mathémaicien  de  Vienne  en 
Autriche,  luivit  le  cours  de  cette  Comète  depuis  le  4  Mars 
jufqu'au   15.  J'ai  cherché  inutilement  (es  oblèrvations  ;   j'en 
ai  feulement  trouvé  dans  Lycoilhènes  &:  ailleurs,  une  figure 
petite  &  aifez  groffière  :   j'ai  cependant  cru  devoir  en  pro- 
fiter, d'autant  plus  que  c'efî:  principalement  ilir  les  obfervations 
de  Fabrice,  qu'Hailey  a  calculé  l'orbite  de  cette  Comète,  & 
que  l'inutilité  de  mes  recherches  me  porte  à  croire  que  cette 
Carte  ou  figure,  eft  l'unique  monument  qui  nous  relte  des 
obfervations  de  Fabrice. 
"Annal  Augflh.       La  CoiTièîe  Commença  à  paroître  àhs  ia  fin  de  Février. 
coh  iSSo,    £j^  pkifieurs  lieux,   on  ne  la  vit  qu'au  commencement  de 
Mars  :   elle  égafoit  en  grandeur  ia  moitié  de  la  Lune.   Sa 
chevelure  étoit  alTez  courte;  elle  n'étoit  point  confiante,  on 
y  découvrolt  un  mouvement  fembiable  à  celui  de  la  flamme 
dans  un  incendie  ,    ou  à  celui  d'un  flambeau   agité  par  le 
CarAan,  Vau  yent.   Cette  queue  regardoit  l'occident,  c'eft-à-dire  le  lieu 
Ijc,  precilement  oppoie   au  ooleil ,  dit  Gemma  ,  dont  1  autorité 

peut  au  moins  contre-balancer  celle  d'Homméiius,  qui  nie 
que  la  queue  ait  toujours  été  oppolée  au  Soleil.  Au  refte, 
nous  ne  difconvenons  pas  que  cette  direélion  ne  puiffe  être 
lujette  à  quelque  déviation  ;  nous  en  verrons  bientôt  àçs 
.exemples. 

«  Quoique  Paul  Fabrice  ait  écrit  que  la  Comète  lui  parut 
»?  petite,  je  puis  alTurer,  dit  Gemma,  que  dès  le  commen- 
«  cément  de  fbn  apparition  ,  je  i'ai  trouvée  au  moins  aufîi 
»>  grand-e  que  Jupiter.  La  longueur  de  la  queue  étoit  d'environ 
>»  4  degrés  :  la  couleur  de  ia  Comète  imitoit  celle  de  Mars  ; 
Cmm.lib.ji,  fa  jougeur  dégénéra  cependant  en  pâleur.  »  Un  autre  témoin 
'^'^^'  ^'  oculaire  dit  que  la  couleur  de  la  queue ,    vers  fon  extré- 

mité, fut  toujours  pâle,  livide,  fembiable  à  celle  du  plomb; 
ZWr.  .a}^ud  mais  qu'elle  acquéroit  de  l'éclat  en  approchant  de  la  tête. 

Le  3  Mars,  félon  Gemma,  la  Comète  étoit  vers  le  figne 
Gemm. lib^H,  jg  [^  Balance ,  peu  éloignée  du  zodiaque, 

§ib,lll,cap,lllf, 


DES    Comètes,  503 

Le  4  Mars  ,  félon  ia  Carte  de  Fabrice  ,  elle  étoit  en 
8  degrés  de  la  Balance  &  dans  i'équateur  :  fa  pofition  en 
8  degrés  de  la  Balance ,  efl  coniirmée  par  d'autres  Auteurs.     ^^"^î'^-  Car.  K 

Le  5,   elle  avoit  un  peu  rétrograde,    oc  elle  etoit  plus  c;,„,^,2';^y;/^ 
boréale:    ^Wq  étoit  à  peu-près  dans  une  ligne  droite,    qu'on  V'  ss^> 
fuppoferoit  tirée  par  les  Etoiles  y  &  ô  de  la  Vierge  ,   &  à 
une  diftance  renfiblement  égale   de  l'une  &  de  1  autre  :   fa 
queue  ie  terminoit  à   l'Etoile  y  :    telle  eiï  l'obfervation   de 
Fabrice.  Hommeiius  prétend  l'avoir  vue  le  même  jour  près 
de  l'aile   gauche   de  la  Vierge  ,    au-delTus  de   l'épi.   Deux  Apud  //rk/. 
Ecrivains ,   contemporains  l'un  &:  l'autre  ,    difent  en  termes 
abfolument  les  mêmes  ,    qu'ils  ont  obfervé  la  Comète  le  5 
Mars  ,   au  milieu  de  la  Balance,    avec  60  degrés  de  décli- 
naifon  boréale.  Lequel  des  deux  a  copié  l'erreur  de  l'autre  !       Cûv^av ,  uLl 

Le  6 ,  la  Comète  étoit  plus  boréale  que  ^  de  la  Vierge,  &  "^'^^'    '^^* 
la  queue  le  terminoit  à  cette  Etoile  :  elle  étoit  à  peu -près 
entre  g  &  G,  plus  voilme  d'g:  ceci  efl  tiré  de  la  Carte  de  Fabrice» 
On  trouve  ailleurs   que  la  Comète  étoit  en  8  degrés  de  la 
Balance.  Thuan.ixvih 

Le/,  elle  étoit  dans  le  parallèle  de  t  de  la  Vierge,  &  n'en  "'  ^^' 
étoit  pas  fort  éloignée  ;  fa  déclinaifon  boréale  étoit  moindre     Leovu.  apud 
^ue  celle  à'Arâiirus.  -^^'^''^^* 

Le  8  ,   on  l'obferva  au-deiïbus  du  genou   du  Bouvier,    Homme!. z-^nà 
plus  occidentale  cependant  que  cette  Étoile.  Elle  parvint  ce  ^^^^^' 
même  jour  au  tropique  de  l'Écreviife.  Ripamontius  la  place  Gemma,  1,11, 
au  milieu  du  fléau  de  la  Balance ,  où  elle  n'étoit  certaine-  '^'  ^* 
ment  pas. 

Le  9 ,  elle  étoit  vers  5  degrés  &  un  tiers  de  la  Balance , 
un  peu  au  nord  du  tropique  :  fa  latitude  étoit  prefque  la  même 
que  celle  d'Arâiirus  ;  fa  déclinaifon  étoit  plus  boréale  que 
celle  de  l'Etoile  :  elle  paroiffoit  en  une  même  ligne  droite 
avec  Arâunis  &  la  chevelure  de  Bérénice.  Hommeiius  dit 
feulement  qu'elle  étoit  près  à' Arâunis.  Ces  deux  autorités,  Apud  Hùil 
de  Fabrice  &  d'Hommelius ,  fuffiient  pour  montrer  quel  ïonds 
on  peut  faire  fur  le  récit  de  nos  deux  témoins  prétendus  ocu- 
laires, Cardan  &  Lycoflhènes,  iîelon  eux,  la  Comète  étoit 


504  H   r   s    T  0   T   R    E 

le  5>  Mars  au  pôle  même  de  iequateur,  ayant  parcouru  30 
degrés  en  déclijiaifon,  Sc/^  degrés  d'orient  en  occident.  La 
pluie  les  empêcha  (}ieiLi  obferver  davantage ,  &  nous  n'y  avons 
rien  perdu. 

Le  10,  la  Comète  étoit  entre  la  Couronne  &  la  cheve- 
lure de  Bérénice. 

Le  I  ï ,  (AÏQ  étoit  entre  ê  du  Bouvier  &  îa  claire  du  collier 
de  Chara.  En  la  même  nuit  qWq  parut  plus  haute  que  y  du 
Bouvier;  elle  étoit  environ  dans  un  degré  de  la  Balance. 

Le  12  ,  elle  étoit  en  o  degré  de  la  Balance,  &  avoit 
près  de  42  degrés  de  déclinaiibn  boréale.  Le  même  jour  & 
le  fuivant,  elle  parcourut  \qs  figncs  de  la  Vierge,  du  Lion 
&L  de  i'Ecreviiïè  ;  &  lorfqu'elle  fut  ainii  voifme  du  pôle  de 
i'éclipti,(|ue ,  Ton  mouvement  fut  de  i  5  degrés  d'un  grand 
cercle  en  un  jour.  Vers  le  12  ,  elle  étoit,  ielon  Ripamonîius, 
nipamHipr,  à  60  degrés  de  l'équateur  :  mais  Ripamonîius  ne  fait  pa,s 
une  autorité  deciiive. 

Le  14,  Fabrice  Ici  vit  au  commencement  des  GemCiiux, 
à  7  ou  8  degrés  de  diilance  du  pôle  du  zodiaque. 

Enfin ,  il  robferya  pour  la  dernière  fois  le  i  5  Mars ,  vers 
%Q  degrés  du  Bélier;  elle  étoit  encore  en-dedans  du  cercle 
polaire,  &  par  conféquent  dans  la  condellation  de  Céphée,. 
Le  17,  elle  n'avoit  point  encore  quitté  cette  confteilaîion, 
félon  Léo vi.ti us.  Le  16,  elfe  avoit  ^5  degrés  de  décli- 
naiion  boréale,  félon  Ripamontius;  &  dans  cette  pofition, 
-dit- il,  elle  étoit  un  aftre  bien  etfrayant. 

La  Comète  ne  difparut  point  après  le  milieu  de  Mars; 
on  continua  de  i'pbferver  jufqu'en  Avril.  Elle  avoit  para 
dans  la  Vierge  &  dans  le  Bouvier:  de -là,  par  un  mou- 
vement précipité ,  elle  s'étoit  avancée  jufqu'au  voiiînage  du 
pôle  arélique  de  l'écliptique  :  continuant  ainfi  fa  route  par 
CéiDhée  &  Andromède,  elle  parvint  au  ligne  du  Bélier,  où 
le  Soleil  étoit  alors,  avec  Saturne,  Mars  &  Mercure.  On 
^continua  ainli  de  la  voir  durant  quelques  jours  ,  au  mois 
f/y'/r.f,;^'^///.  d'Avril ,  avant  le  lever  du  Soleil.  Elle  parut  ainfi  décrire 
^vfTez    exactement   un   grand   cercle   de  Ja   iphère  ,    qu'oii 

fuppoleroit 


DES    Comètes,  505 

iîippofèroît  tiré  par  i  i   degrés  de  la  Balance  &  i  i  degrés 
du  Bélier  (  félon  Fabrice,  l'orbite  apparente  de  la  Comète 
coupoit  l'écliptique  en  S'^  3  o'  de  la  Balance  ).  Plus  la  Comète 
approchoit  de  Saturne,  plus  Ton  mouvement  fe  ralentiiïoit: 
Saturne  étoit  alors  fous  le  Poiffon  boréal,  dans  le  figne  du 
Bélier;  la  Comète  le  joignit,    après  s'être  arrêtée  quelque 
temps  dans  les  chaînes  d'Andromède.  Continuant  de  rétro-  Camerar.  Com. 
grader,  elle  parvint  enfin,  avant  la  fête  de  Pâques  (tombant  ^'^^  '  '" 
au  5  Avril  en  155^),  à  précéder  le  Soleil ,  &  à  paroître  le 
matin  avant  le  lever  de  cet  aftre.  Hommelius  dit  que  ,   fur     i^ock, 
la  fin  de  fon  apparition  ,    la  Comète  prit  un  mouvement 
direél  depuis  Andromède  jufqu'^w  Jlgfie  des  PoiiTons.  Mais 
Andromède  eli  dans  le  figne  du  Bélier  :  fi  donc  la  Comète 
a  pafTé  d'Andromède  dans  le  figne  des  PoifTons ,  elle  conti- 
nuoit  de   rétrograder.    II   ell   cependant   poffible  &  même 
vraifemblable ,   que  la  Comète  avant  de  diiparoître   entiè- 
rement,  fera  devenue  ftationnaire  &  direéle.  *  Annal.  Aw^ilb, 
On  continua  de  voir  la  Comète  jufqu'au  21  Avril*,  ou    coi.  1S80. 
jufqu'à  la  fin  du  même  mois  ^  Selon  Gemma,  «  elle  dilparut    ^J,f^^' 
vers  le  23   Avril  ,    près   de  la  chaife   de  Caffiopée  ,    aflez  « 
belle   encore  pour   être   vue   durant  plufieurs   jours  ,   mais  « 
effacée  par  l'éclat  des  rayons  du  Soleil ,  dont  elle  étoit  trop  « 
voifine,  Sec.  "  Il  n'eft  pas  étonnant  que  Cornélius  Gemma,    Gemm^UUi 
qui,  de  fon  propre  aveu,  goûtoit  alors  fort  peu  les  Sciences  ^'  ^' 
mathématiques,  ait  obfervé  fort  imparfaitement  cette  Comète, 
&  qu'il  ait  encore  eu   moins   d'exaélitude  dans  le  compte 
qu'il  a  tenu   de  {es  obfervations.   Mais   je  ne   conçois  pas 
facilement   comment  ,    après    avoir   fait   des   progrès   aflëz 
confidérables  dans  fAftronomie  ,  il  a  pu  faire  imprimer  en 
1573,  que  l'éclat  des  rayons  folaires  empêchoit  la  Comète 
de   paroître  dans  la  pofiîion   qu'il  lui  donne.   Il  n'ignoroit 
certainement  pas  que  la  conflellation  de  Caffiopée  ne  fe  couche 
point  fur  l'horizon  de  Louvain  ,    &   qu'en  conféquence   la 
Comète,  étant  dans  cette  confiellaîion,  devoit  paroître  toute 
la  nuit  :  or ,  les  rayons  du  Soleil  ne  font  pas  fenfibies  toute 
k  Buit  fur  l'horizon  de  Louvain ,  au  mois  d'Avril, 
Tome  L                                                    S  f  f 


jo6  Histoire 

Hailey  a  calculé ,  comine  il  fuit,   Torbite  de   la  Comète 
de  I  5  5  6» 

Lieu  du  nœud  afccndant 5^   2,5*^   42'      o". 

Inclinaifon  de  l'orbite ^ 32.      é.    30. 

Lieu  du  périhélie 9.       8.    50.      o. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie.  .  .  .  9, <5 (56424.. 

Paflage   au  périhélie  en  Avril 21'    20*^    12'. 

Sens  du  mouvement Dired;. 

Cette  théorie,  appuyée  fur  àti  fondemens  auffi  imparfaits, 

ne   peut   être   qu'ébauchée  :    elle   relTemble   beaucoup  à   la 

théorie  de  la  Comète  de  1264  ,   comme  je  l'ai  dit  en  fbn. 

lieu.  Pour  rapprocher  davantage  ces  deux  théories ,  il  Tuffiroit 

de  diminuer  un  peu  l'inclinaiion  &.  la  diftance  périhélie  de 

la  Comète   de  i  5  5  6  ^  &  de  retarder  de  quelques  heures  le 

temps  de  Ton  paiïàge  au  périhélie  :  alors  la  nouvelle  théorie 

reprélenteroit  les  obiervations   de  Fabrice ,    d'une   manière 

auffi  fatisfaifante  que  le  peut  faire  la  théorie  d'Halley.  Je  ne 

doute  donc  pas  qu'il  ne  faille  mettre  la  Comète  de  1556  au 

nombre  de  celles  dont  on  connoît  la  révolution  périodique. 

L'apparition  de  cette  Comète  produifit  un  effet  bien  fin- 

GiticciardJ.iii.  gulicr ,    felon    plufieurs   Écrivains.    Elle   effraya   l'empereur 

^^^hèmienf.^'  Charles -Quint  :  ce  Prince  ne  douta  point  que  fa  mort  ne 

Pontan.i.xiii,  fût  prochaine;  il  s'écria,  dit-on, 

Biiçir.   Gen. 

hh.   XXII 1 ,  j^i^  ^Ypro  indiciïs  me  me  a  fat  a  vacant, 

j'.j  ;  S.Spond.  °  ^ 

Chytr.LXvm,       ç^  ^^^^  ^  ^^^  ^jj^^j  traduit  en  notre  langue  : 

Par  la  trîjle  Comète , 
I  Qui  brille  fur  ma  tête , 

Je  connais  que  les  deux 
CQfi^ffg  JSd' appellent  de  ces  lieux. 

On  l'auroit  peut-être  mieux  rendu  par  ce  ieui  vers  : 

Dans  cefigne  éclatant  je  lis  ma  fin  prochaine, 

Cette  terreur  panique  contribua  beaucoup,  s'il  en  faut 


DES    Comètes.  507 

croire  les  Hiftoriens  que  j'ai  cités,  au  delfein  que  forma 
Charles  V,  &  qu'il  exécuta  peu  de  mois  après,  de  céder  la 
Couronne  impériale  à  Ton  frère  Ferdinand  :  il  avoit  déjà 
renoncé  à  la  couronne  d'Eipagne  en  faveur  de  ion  fils  Philippe. 
Si  ce  récit  eft  vrai,  on  peut  mettre  ce  fait  au  rang  des  grands 
cvènémens  produits  par  de  bien  petites  cauies. 

Keckermann  tranfporte  l'apparition  de  la  Comète  des  mois 
de  Mars  &  d'Avril  en  ceux  d'Août  &  de  Septembre.  Ailleurs 
il  la  rapporte  au  mois  de  Mars;  &  il  obierve  qu'après  avoir 
difparu  quelque  temps  (fans  doute  à  caufe  des  nuages),  elle 
'  reparut  de  nouveau  :  en  cette  féconde  apparition ,  on  la  vit 
à  un  endroit  du  ciel  prefque  oppofe  à  celui  où  elle  avoit 
paru  d'abord.  C'eft  fans  doute  ce  qui  a  donné  lieu  à  un 
Écrivain  de  dire  que,  outre  la  Comète  du  mois  de  Mars, 
on  en  vit  une  la  même  année,  au  matin,  avant  le  lever  du 
Soleil,  &  que  cette  dernière  s'arrêta  long -temps  dans  les 
chaînes  d'Andromède.  Camerar.amtot. 

1557-   * 

«Au  mois  d'Oélobre,  le  Soleil  étant  dans  la  Balance,  on 
vît  une  Comète  du  côté  de  l'occident,  dans  le  Sagittaire  >>.  Camerar.  Cmn, 
Camérarius  écrivoit  cela  en  i  5  5  8.  Il  ajoute  que  cette  Comète  ^  * 
avoit  la  figure  d'un  poignard  ou  d'une  épée. 


1558.  * 


Cette  Comète  parut  des  le   1 4  Juillet ,  félon   Mézerai  : 
ies  autres  rapportent  affez  unanimement  au  mois  d'Août  fa 
première  apparition.    «  On  la  vit  d'abord,  dit  Camérarius,    Leo^t,  Gare, 
du  côté  de  l'occident,  dans  le  figne  du  Lion,  fous  la  grande  "  ^^* 
Ourfè ,  près  de  la  Chevelure  de  Bérénice.   Elle  parut  pour  « 
ia  première  fois  vers  le  5   Août;  pour  nous,  nous  ne  l'ob-  « 
fervames  que  peu  de  jours  après.  Elle  montoit  en  haut  vers  «^^  Cmnerar. 
le  cercle  méridien,  mais  par  un  chemin  que  je  ne  connois  «  ^  Anyiœh. 
pas  bien  encore  «  ^.  Le  6  Août  elle  étoit  fous  la  Chevelure  ^  ,^/"""^f' 
de  Bérénice  °;  &  c  eit  ce  même  lieu  qu  on  lui  donne  encore  Pontan.i.xiii, 
ie  13  au  foir^.  Le  i  5  elle  étoit  fous  ia  queue  de  la  grande  j^^ùanj  x^xi 

S  f   f  ij  n,'  le. 


5o8  Histoire 

'Annal  Augftb,  Qurfe.  Lc  I  /  ,  Gemma  i'obferva  lefoirvers  roccîJent,  elle 

'^'    cloit  beaucoup  plus  pâle  que  celle  qui  avoit  paru  deux  ans 

auparavant.  Gemma  la  jugea  en  12  degrés  de  la  Vierge.  Le 

20  elle  étoit  diftante  de  30^32'  d'Arâurus ,  &  de  28 '^  33' 

GewTiû,  l.  II,  de  rextrémité  de  la  queue  de  la  grande  Ourle,  ce  qui  donne 

'^'  ^'  Çà  longitude  en  5^  \^^  36',  &  fa  latitude  de  26^  23'  au 

nord.  Sa  queue  étoit  tournée  vers  l'orient.  Les  pluies  qui  fur- 
vinrent  ne  permirent  pas  à  Gemma  de  fuivre  plus  long-temps 
cette  Comète.  Le  Landgrave  de  Hefle,  détermina  Ton  lieu 
ie  20  Août  vers  p  heures  en  5^  20^^,  avec  une  latitude 
boréale  de  3  i'^.  Le  21,  elle  s'étoit  avancée  au  23^^  de  la 
Vierge,  fans  changement  lenfibie  dans  fa  latitude.  Le  23: 
enfin,  la  Comète  étoit,  félon  ce  même  Prince,  en  28 '^  du 
Ep.Tych.     même  figne,   avec  3  5^^  30^  de  latitude  boréale.   On  a  pu 

ï'  i^â.        remarquer  l'énorme  différence  qui  fe  trouve  entre  l'obferva- 

tion  du  Landgrave  au  20  Août,  &  celle  de  Gemma  au  même 

jour  :  l'une  ou  l'autre  eft  certainement  fauffe ,  &  Tycho  croit 

que  l'erreur  eft  du  côté  du  Prince,  qui  fe  fervoit  d'un  inl^ 

ib'id.  p.  1^4.  trument  bien  plus  défeélueux  que  celui  qu'employoit  Gemma; 

^  ^'^1"-  mais  fi  cette  obfervation  du  Landgrave  efl  fauffe,  qui  nous 
garantira  rexa(flitude  àes  obfervations  fuivantes,  faites  avec 
le  même  inflrument!  J'ai  en  effet  tenté  fort  inutilement  de 
fonder  fur  les  connoifîances  précédentes  une  théoi'ie  tolérabl© 
de  f  orbite  de  cette  Comète.  Elle  difparut  le  24  ou  le  2  5 
*  Fal'r'c.      Août,  apparemment  derrière  des   nuages  :  car  d'autres    la 

,  ^/      "  *     virent  iufqu'au  <:  ou  6  Septembre.  Un  Hiftorien  affure  même 

^Thuan.A^eTer,         ,    m  i.r  )x  pi  t     i  .    i     p  4^r       i 

Henmnf.        qu  elle  ne  dilparut  qu  a  1  heure  de  la  mort  de  1  empereur  Charles- 
quint,  c'efl-à-dire,  le  2  i  Septembre.  Il  ajoute  qu'elle  étoiî 
d'abord  affez  peu  brillante,  mais  que  Ion  éclat  augmentoit  en 
même  proportion  que  le  danger  de  la  maladie  dont  Charles  avoit 
"pontan.  l  Xill.  été  attaqué  dhs  \qs,  premiers  momens  de  fon  apparition.  Mais 
tout  cela  pourroit  n'être  que  des  rêves  de  Cométomantiens. 
Quelques  Écrivains  paroiffent  anticiper  fapparition  de  la 
Bell.  Lwon.    Comète  jufque  vers  le  milieu  du  Carême. 
^''''°  De  1558  à  I  "yjji  il  ne  parut  aucune  Comète,  dit  Fro-, 

Trom  (,  vu,  mond  3  il  auroit  pu  excepter  au  moins  la  Comète  de  i  5  6^,. 


Cavit, 
Ricc.Lub.Hev, 
LnhUn, 


jj      Thuan. 
l.  XXVIl, 

A 

Epi  t.  Fndin^I, 
Lub.  Hév, 

Lub.  Hév, 


DES    Comètes.  509 

I  5  5p.  Autre  Comète,  depuis  la  fin  de  Mai  jufqu'au  22 
de  Juin,  ou,  félon  Comiers ,  du  17  Mai  au  2  8  Juin,  elle 
paroiiïbit  à  l'orient. 

i')')^»  Comète  en  Novembre. 

I  560. 

«  A  Orléans,  durant  la  tenue  dts  Etats -généraux,  nous 
vîmes,  dit  de  Thou ,  une  Comète  au  mois  de  Décembre, 
figne  certain  de  la  mort  du  Roi  »  François  1  ï ,  mort  le  5 
Décembre.  Elle  parut  durant  28  jours  (m). 

I  5  ^4.  Comète.  Leovitius  l'avoit  prédite  :  Leovitius  pou- 
yoit-il  fe  tromper? 

l'y 6 6,  Deux  Comètes,  dont  une  barbue.  Woif. 

En  la  même  année,  le  10  Juin,  à  15  heures  (vers  10    "S. i»/, 
heures  du  matin),  on  vit  à  Turin  une  Comète,  dit  un  témoin 
oculaire,  qui  aura  pu  prendre  pour  une  Comète   quelque    c/iron.Tam 
météore  ,  ou  même  la  planète  de  Vénus  ,  qui  étoit  alors 
vilible  de  jour. 

1568  *.  Le  30  Août,  pendant  l'aurore,  on  vit  vers  le 
couchant  une  Étoile  chevelue ,  avec  une  queue  tournée  vers 
l'orient.  Elle  avoit  donc  paru  toute  la  nuit,  û  c'étoit  une  Cm\ 
véritable  Comète.  D'ailleurs,  le  Soleil  étant  prêt  à  fe  lever, 
&  la  Comète  étant  à  l'occident ,  c'eft-à-dire ,  prelque  oppofëe 
au  Soleil,  fa  queue  ne  pouvoit  pas  être  bien  longue.  Cette 
Comète  n'eft  probablement  qu'un  météore. 

En  Novembre,  on  vit  une  Comète  dans  le  Serpentaire, 
&  dans  les  fignes  du  Sagittaire  &  du  Capricorne.  Son  mou-  Ke^hr,f'i l'f^ 
vement  en  longitude  égala  l'étendue  de  ces  deux  lignes  ,  félon 


(m)  Dans  la  deuxième  édition 
de  l'Hifloire  de  M.  de  Thou,  par 
Drouart ,  on  lit  :  Cometa  XXVIII 
apparuit  Decembri  menfe.  Ce  pafTage 
cft  altéré  :  s'il  a  quelque  fens  ,  c'efl 
fans  doute  que   la  Comète  a  paru 


durant  vingt  -  huit  jours  ,  &  noTi 
qu'elle  n'a  été  vue  que  le  28 
Décembre.  Dans  ce  dernier  fens  , 
elle  n'auroit  pu  être  figne  ou  préfage 
de  la  mort  du  Roi ,  qui  étoit  moït 
dès  le  5  du  même  mois. 


i.^-.. 


'STî  r         _r  b   àn  mois  eiuS 


1-7            .7          7 

.,7.,:    :7  kTc:-:7    7 

7        7     -  .  :-  7    --'-.:  2. 

_   i . 

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-iTr^  jai  Orârrc;  ^-    .    . 

-    r      z..      : -  re  de 

_i r     -  . 

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CJOHI  iL  JSr^'^ir    ri/     1  r    lt:__L  I-l  -^ti-tefS:  i6  os.  s  fXn^- 


ijtac. 


DES    C  :  j  /  1  7  1  î.  511 

I  ;  "  I .   Y^^\£StBSBBi  pale  dW  âambesn  cpe  fiHi  râ  si 

cette  £-r.rc ,  &:  que  ^aà^DEs  P^^dais,  «ët-â,  lÛEBt  an 

î  --2.   CosÊetem  Ce  r/r^:n  pcirt  '^~e  C:r:f-r.  n^ii  iizc -i;'-  ^-^  ^* 
beik  ElDfie  éxe,    -      "     ;t:    -     :     1      :     ---it  — r-    :t 

N^Ofonfire,  près   _-  -^    :    ._  z    :^   ,. \ -.-.     ..    :..   __:i,-' 

en  1574. 

1573.  On  Tït  une  ter^Â^  Êtooe  «^sei^doe,  - 1 \  ^  zn 
<Êi  %îîe  des  PoiSbus,  Si  c^éëok  kœ  te^  C  -  t  t  t  t  j^it 
deroîî  psj  être  fi  tsrîble,  pisCr^r  ^  t^t  -  .  t__:  3  : 1. 
iDsiîîOD.  Adizreitrer.  2i?rè5  ^^c.  :  .;  r  _.  _  :_:  :— "-  -^  -^ 
DOtrveile  Étciie ,  ::::::  t  :  :  ;r  ;.  I>:.c  MiiiJ=:_r- 
de  Bivière,  ei  Aini^ij":      -_  :.  t   r-t     :::         :"   ;t 

cet  sîire  tiToriIiie  î_:  ;:;:z:i.^    rt    .z    :-_t   _  ._ it  ^  :_t 
cœ  *  ei-kjCi  3r   -   -  V7 

i>-f'.   Gr^zid  Ci^zit-^   r-,  Sz-^r^Ji^i..    C  fi":    12   :'_  —  f   '^'^^_ 

soîtîcipce    c  ;:i:   aH .    Jr    _-_    _izj    o-    :    .   -  . r    .,.  z 

'  -  -  —  -    ^^«•"  -  g, 

fe  TÎîTgt-troÊèB^    : --*    --    :i-'    :rf   -  ; _- f  rers  îe  2  No- 
T^nbre  ),  on  vit  1    t  :  :  :  le  C  :  -  c:e  \  £^e  7         ;    -    f    f        "  ^^"^  '  ~' 
Percs  fc  i.^y:    7     -   7       I     1:75  7        t       :.     .         ^  ^j^  z  ZZ, 
le  10,  le  II    ;_    r      1      ..    7-     t       ;  .      _t      ;      t  : .  r^    ^  ^-• 
B'avoh  px5  e-crre  crrini  de  d^bs  ffewmi»,  Jnrfqpp  ce-  -J--^'''^f%^ 
Boorei  âizre  t:  :  7      t.     fax  du  ^s»i  Tjcfeo  :  il  le  léic- -  ^^lasaal 

lie  iiiiv  T    r  f  4T€c  lii«l&  la  pEédâoa,  étsm.  ._        /^^^  asaK* 

fée!  ei7-:  _--7  .-:77,î  .  ii  crwiimrnçs  lès  €?|?éf^pksss  ^  .^ 
jour  mé— e. 

parmcH  tse  ^  n^xire-  f  :l  :7r   :f  -57^  *  ~    r^s. 

TvcnO    ivc':    Zr ':     :  ..   r     7     :    :    "      -77""r  _     T     .  ;  :    f . 

:7:--r   ^-.    .    .:73re  a  A:..::  :7  w^   ^r  :   :.;";r     .-.     .       .    ;   7 


p2  Histoire 

dont  les  cieux  font  formés.  Quelques  Phyficîens  penfbîent 
comme  Tycho  ;  le  plus  grand  nombre  demeuroît  attaché  aux 
anciens  préjugés.  A  peine  la  Comète  de  i  5  77  commença-t-elle 
à  paroître,  que  tous  furent  attentifs  à  l'arrêt  que  ce  phénomène 
porteroit  pour  ou  contre  Ariflote  ,  &  qu'ils  s'emprelsèrent 
même  de  le  diéler.  Cornélius  Gemma  ,  Michel  Mœlilin  , 
Thaddée  Hagecius,  le  Landgrave  deHeffe,  Simon  Grynée, 
en  un  mot  tous  ceux  qui  fe  piquoient  alors  d'avoir  quelque 
connoiiïance  du  ciel,  obiervèrent  les  mouvemens  de  cette 
Comète,  &  firent  part  au  public  de  leurs  découvertes  réelles 
ou  prétendues.  La  plupart  employèrent  des  inftrumens  gref- 
fiers, n'en  connoiffant  pas  de  plus  parfaits,  des  méthodes  qui 
exigeoient  dans  les  obfèrvations  une  précifion  dont  ils  étoient 
incapables ,  des  fuppofitions  qui  ne  pouvoient  que  les  égarer. 
Tycho  feul  conçut  les  précautions  qu'il  convenoit  de  prendre; 
il  ufa  àç^s  meilleurs  inflrumens  connus  en  ce  fiècle,  &  per- 
fectionnés ou  imaginés  en  partie  par  lui-même  :  il  eut  recours 
à  la  méthode  la  plus  afTurée  qu'on  pût  fuivre  alors ,  celle  de 
prendre  tous  les  jours  plufieurs  difîances  de  la  Comète  à  des 
Etoiles  fixes  :  il  rétablit  par  {^s  propres  obfervations ,  les  vrais 
lieux  à^s  Étoiles  auxquelles  il  avoit  comparé  la  Comète ,  en 
déterminant  l'heure  de  leur  pafîage  au  méridien ,  &  leur 
hauteur  méridienne  :  &:  fi  l'imperfeélion  de  {qs  eonnoiiîances 
fur  les  réfraélions ,  le  défaut  d'une  horloge  bien  précife ,  & 
de  plufieurs  autres  inftrumens  inconnus  alors,  ne  permettent 
pas  de  reconnoître  dans  fès  obfervations  la  précifion  la  plus 
parfaite ,  on  peut  dire  au  moins  que  ces  mêmes  obfervations 
(ont  moins  au-defîbus  àç.s  plus  parfaites  d^entre  les  nôtres , 
qu'elles  ne  font  fupérieures  à  toutes  celles  qui  avoient  été 
faites  avant  lui.  Je  ne  rapporterai  donc  ici  que  les  obfervations 
de  Tycho  ;  ce  que  je  pourrois  dire  ^ts  autres  ne  ferviroit  qu'à 
groifir  inutilement  ce  volume.  Si  quelqu'un  cependant  eft 
curieux  de  les  çonnoître  &  de  Iq^  comparer,  il  peut  confuiter 
fe  dixième  chapitre  du  deuxième  livre  de  Tycho,  il  les  y 
ti'ouvera  prefque  toutes  raffemblées;  il  y  lira,  il  y  admirera 
i^  critique  fage  &  éclairée  de  Tycho  fur  chaque  obfervatioii 

particulière  ; 


DES    Comètes.  p  I 

particulière;  il  conviendra  qu'aucune  vue  d'utilité  ne  pouvoit 
m'engager  à  les  inierer  ici. 

^  Tychy  a  fait  Tes  obfervations  à  Uranibourg,  dans  i'île 
d'Huène,  fous  une  latitude  boréale  de  55^  54^  i  ^",  &  fous 
un  méridien  d'environ  quarante-une  minutes  de  temps  plus 
oriental  que  Paris.  Dans  la  Table  fuivante  ,  la  première 
colonne  contient  les  jours  d^s  obfervations  ;  le  figne  :  :  affec- 
tant un  jour,  délîgne  que  les  nuages  ont  nui  à  i'obrervatiou 
de  ce  jour,  &  ont  pu  y  répandre  quelque  incertitude.  Dans 
la  féconde  colonne  font  les  heures  d^s  obfervations,  telles 
que  Tycho  lui-même  les  a  déterminées  :  les  abréviations  av. 
ap.  env*  qui  font  quelquefois  jointes  aux  heures,  dénotent 
que  les  obfervations  ont  été  faites  ou  un  peu  avant ,  ou  un 
peu  après  l'heure  marquée ,  ou  aux  environs  de  cette  même 
heure.  La  troifième  colonne  préfente  le  nom  des  Étoiles  aux- 
quelles Tycho  a  comparé  la  Comète.  La  quatrième  donne  la 
diflance  obfervée  entre  la  Comète  &  TEtoile  nommée  dans 
Ja  colonne  précédente.  La  cinquième  colonne  renferme  les 
longitudes,  &:  lafixième  les  latitudes  de  la  Comète  calculées 
par  Tycho  lui-même  ,  d'après  \qs  difiances  marquées  d'un 
aflérifque  *  dans  la  quatrième  colonne. 

Table  des  Obfervations  de  la  Comète  de  ry^y'^ parTycho-Brahé, 


JOURS 

des 
Mois. 

HEURE 

des 
Observât. 

NOMS 

des 

ÉTOILES. 

DISTANCES 

obfervées. 

L  0  N  G  I  T. 

de 

la  Comète. 

LATITUDE 

de 
la  Comète. 

« 

H.    M. 

— . 

D.        M. 

s.        D.        AI. 

D.        M.   ■ 

Nov.  I  3 

5.  30 

6.  0  av. 

La  Lune 

Claire  de  l'AisIe  . .  . 
Corne  infér.  du  7> .  . 

18.    30 
26.  48     * 
21.19     * 

9-    7'  15 

8.  <,^  B. 

H 

4.  50 
6,     0  av. 

Bord  voifin  de  ^.  . 
Claire  de  l'Aigle. .  . 
Corne  infér.  du  ;6  . . 
Saturne ......... 

26.    25 
23.   23     * 
18.   26    * 
I  0.    I  2 

p.  10.  42 

10.  42 

1 

Tome  ' 

/. 

Ttt  i 

■ 

514 

H    I    S    T    0    I 

R    E 

JOURS  HEURE 

NOMS 

DISTANCES 

L  0  N  G  I  T. 

LATITUDE 

des 
M  O  I  s. 

des 

Observât. 

des 
É     T     0      ÎLES, 

obfervée.';. 

de 
la  Comète. 

de 

fa  Comète. 

H.     M. 

D.        M. 

s,      n.      M. 

Z).        Al. 

Nov.  I  5 

6.     0  env> 

Claire  de  i'Aigle. .  . 

20.    25      * 

Corne  infér.  du  ^  . . 

16.     14      * 

9,   13.  47 

12.  id  B. 

20  l6.      0  av. 

Claire  de  l'Aigle  . .  . 

II.       7     * 

\peu  après. 

Bouche  de  Pégafe.. 

27.    35      * 

9'  ^^'  59 

18.  15 

zi  .6.     0  ap. 

Claire  de  l'Aigle  . .  . 

10.    37     * 

Bouche  de  Pégafe. . 

25.    19      * 

9'  29.  14 

19.     9 

23 

5.  30 

Bouche  de  Pégafe.. 

21.       8 

5-  45 

6  d'Antinoiis 

4.    38     * 

1 

6.     0  ^v. 

Claire  de  i'Aigle  . .  . 

II,       I      * 

1 

(h  du  Verfeau 

18.    15      * 

1 

Bouche  de  Pégafe.. 

21.        5      * 

10.     3.  31 

20.  45 

1 

<5.  30 

ô  d'Antinoiis 

4.   40 

1 

8.     0 

Bouche  de  Pégafe. . 

21.       0 

8.35 

Bouche  de  Pégafe. . 

20.    5^ 

25 

.5-45 

Bouche  de  Pégafe.. 

17.    2  1      "^ 

5.  52 

6  d'Antinoiis. ..... 

8.  25    * 

^.     0 

Claire  de  l'Aigle..  . 

12.    38      * 

10.    7,  24 

22.     6 

1^.    30  :: 

Cuiffe  de  Pégafe..  . 

42. 

:  :    28  fit  T  med. 

Bouche  de  Pégafe.. 

12.  45 

y   Andro. 

Cuifle  de  Pégafe..  . 

35-  15 

z^^6.     0  av. 

9  d'Antinous 

14.  35    * 

6.     0 

-y  du  petit  Cheval.  . 
Claire  de  l'Aigle  .  . 

3.  50 

id.  49    * 

' 

d.   15 

Bouche  de  Pégafe.. 

II.  33    * 

Cuifle  de  Pégafe  . .  . 

35-  45    * 

10,  13.  45 

24.    0 

1 

7.      ^ 

*  du  petit  Cheval.  . 

4-  5  3 

1 

9.      0 

Bouche  de  Pégafe.. 

11.25 

1 

9.    10 

fjL  de  Pégafe 

35-  3<^ 

1 

1. 

i 

D 

ES       €  0    M    E 

T  É  S. 

5'S 

jjOURSj 

HEURE 

NOMS 

DISTANCES 

L  0  N  G  I  T. 

LATITUDE 

■       ^^^ 

des 

des 

obfervée5 

de 

de 

Mois.  1 

Observât. 

Étoiles. 

fa  Comète. 

la   CO?4ÈT£, 

H. 

M. 

D.         /W. 

X         D.        M. 

X>.        yW. 

Nov.  30, 

6. 

0  ^v. 

Bouche  de  Pégafe.. 
9  d'Antinous 

I  0.   25 

15-  53 

* 

* 

■ 

6. 

0  em. 

Claire  de  l'Aigle..  . 

17.  45 

* 

10.  15.     3 

24.  29  B. 

6. 

45 

CuifTe  de  Pégafe  .  .  . 

34.  z6 

* 

7- 

0 

Bouche  de  Pégafe.  . 

10.  20 

8. 

45 

a.  du  petit  Cheval .  . 

4.  27 

9- 

15 

Bouche  de  Pégafe.  . 

10.  14 

Dec.     I 

5- 

30 

Claire  de  l'Aigîe. .  . 

18.47 

* 

5- 

30^/. 

Bouche  de  Pégefe. . 
a.  du  Ver-feau 

9.  20 
17.  3^ 

* 
* 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 

33.  14 

* 

10.  16.  22 

24.  47 

7- 

10 

Bouche  de  Pégafe. . 

9-  ï7 

9- 

30 

Bouche  de  Pégafe.. 

9.  10 

,10 

5- 

30 

Bouche  de  Pégafe  . . 

4.  43 

* 

j 

(^. 

0  ^;2V. 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 
Markab 

24.  33 
21.  14 

* 

10.  25.  47 

2(^.    50 

I  2 

^. 

0 

Bouche  de  Pégafe. . 

5.     8 

* 

" 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 

23.     7 

* 

10.    27.    2  1 

27.     8 

Markab 

20.     0 

* 

13 

6. 

0  env. 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 

22.  23 

* 

Bouche  de  Pégafe.. 
Markab 

5.  30 
I  9.  20 

+ 

^ 

10.  28.  10 

27.  18 

7- 

40 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 

22.  18 

1 

9- 

30 

Cuifle    de  Pégafe. .  . 

22.  14 

i 

14 

6. 

0  ^v.  , 

Cuifle  de  Pégafe. .  . 

21.42 

* 

1 

Bouche  de  Pégafe., 

5-  53 

* 

10.    28.    5  5 

27.  z6       1 

17 

8. 

0  env. 

Cuifl"e  de  Pégafe. .  . 

19-  3  5 

* 

1 

Bouche  de  Pégafe.. 

7.  20 

* 

II.       I.    17 

27.  4^       1 

Markab 

l 

17.     0 

* 

1 

Ttt  i] 


5i6 


Histoire 


JOURS 

des 
Mois. 


HEURE 

des 
Observât. 

\H.    M. 


8.  30 

23   (?.     o  env. 


30 
31 


6,     o  ^/. 
(5.     o  emi 


9.      o  «f/^V- 


fJanv.    I 
1578 


6.     o  ^;2v. 


6.     o  ^w. 


f).     o  enV' 


6.  o  <f;^y. 
^.  O  ap. 
y.  20 


NOMS 

des 

Étoiles. 


Cujfle   de  Pégafe. . 

Markab 

Bouche  de  Pégafe. 
M  de  Pégafe 


Cuifle  de  Pégafe. . 

Markab 

Cuiffe  de  Pégafe. . 

Adarkab 

Bouche  de  Pégafe. 

^  de  Pégafe 

Cuifle  de  Pégafe. . 


Cuifle  de  Pégafe. . 

Markab 

Bouche  de  Pégafe. 
Cuifle  de  Pégafe. . 

Markab 

Cuifle  de  Pégafe. . 


Cuifle  de  Pégafe. . 

Markab 

Cuifle  de  Pégafe. . 
y)  de  Pégafe.  ,  .  .  . 


de  Pégafe 


ju  de  Pégafe .  . 


de  Pégafe 
Cuifle  de  Pégafe. 


DbTANCES 
obfervées. 


D.        M. 


8.  4.0 
6,  20 
O.  27^* 
3.    58I* 


2.  35 

1.  5^ 

2.  O 

r.  36 

4.  o 

I.  2 

I.  56 


35 

25 
8 

10 
5 


5?.  50 

10.  34 

8.  15 

7.  40 

2.  45 

3.  50 


L  ON  GIT. 
de 

ia  Comète. 


s.       D.       M. 


latitude! 

de 

ia  Comète. 


D.        AI. 


II.      5.  23 


28.  24IB. 


II.      9.14 
II.      9.  54 


28.  42 

28.  4(i 


II.  10.  22 


II.  10.  54 


ri.  12.  24 


II.  14.  15 


28.  49 


28.  51 


28.  57 


29.      3 


29.  10 
29.  18  B. 


DES    Comètes,  517 

La  iongitude  &  la  iatitude  du  2.6  Janvier,  font  fondées 
fur  ce  que  la  Comète  paroiffoit  à  une  diilance  fenfiblement 
égale  de  Scheat  ou  la  cuiïfe  ,  &  de  ft  de  Pégafe  :  elle  s'écartoit 
d'environ  un  degré  au  lud-efl,  d'une  ligne  droite  qu'on 
fuppoleroit  tirée  par  les  centres  de  ces  deux  Etoiles.  La  peti- 
teife  &  robfcurité  de  la  Comète  ne  permit  point  de  faire 
d'autres  obfervaîions.  Tycho ,  durant  le  temps  de  l'apparition 
de  cette  Comète,  avoit  pris  fou  vent  des  aiignemens  fem- 
blables  :  il  exécuîoit  fans  doute  ces  opérations  avec  plus 
d'intelligence  &  de  dextérité  que  les  autres  Aftronomes  de 
Ion  fiècle;  mais  fimperfeélion  &:  fincertitude  de  cette  mé- 
thode fubfillent  toujours;  elle  n'efl  admilfible  qu'au  défaut 
de  toutes  les  autres.  En  conféquence,  j'ai  cru  pouvoir  omettre 
tous  ces  aiignemens,  les  diftances  aux  Etoiles  obfervées  par 
Tycho,  fufîifent  pour  établir  la  théorie  de  f orbite  de  cette 
Comète.  Je  me  fuis  d'autant  plus  volontiers  déterminé  à 
conflruire  &  à  inférer  ici  une  Table  de  toutes  ces  diftances 
&  de  leurs  réfultats  fur  les  mouvemens  de  la  Comète ,  qu'il 
ii'eft  pas  facile  de  les  déduire  des  œuvres  de  Tycho.  Outre 
que  les  Étoiles  y  font  fou  vent  défignées  ,  de  manière  à  n'être 
pas  facilement  reconnues  ,  fédition  dont  je  me  fuis  fervi , 
celle  de  1648,  efl  remplie  de  fautes  d'impreffion,  que  je 
crois  avoir  toutes  corrigées ,  n'épargnant  pas  même  les  calculs 
iorfque  je  les  ai  jugé  néceffaires. 

Feu  M.  de  flfle  l'Aûronome,  m'a  communiqué  un  ma- 
nufcrit  précieux;  il  fait  partie  de  la  bibliothèque  qu'il  a 
cédée  au  Roi,  pour  être  confervée  au  Dépôt  de  la  Marine. 
Ce  manufcrit  contient  un  grand  nombre  d'obfervations  de 
Tycho,  entre  autres  celles  des  Comètes  auxquelles  il  a  eu 
part ,  foit  direélement ,  foit  indireélement.  Je  compte  en  faire 
im  grand  ufage  pour  les  Comètes  fuivantes;  mais  pour  ce 
qui  regarde  la  Comète  de  i  577,  je  crois  pouvoir  m'en  tenir 
à  ce  que  Tycho  lui-même  en  a  fait  imprimer.  Dans  le  ma- 
nufcrit il  eft  dit  qu'on  donne  les  diilances  corrigées  de  feffet 
de  la  parallaxe  de  f  œil  :  Tycho  fe  fervoit  alors  d'inftrumens 
tels,  que  l'œil  11e  pou  voit  être  placé  à  leur  centre^  mais  uis 


ji8  Histoire 

peu  au  delà  ,  de  manière  que  l'angle  marqué  fur  le  limbe 
par  les  deux  règles  de  l'indrument,  éîoit  néceffairement  plus 
grand  de  quelques  minutes  que  f angle  de  vilion,  formé  fur 
ia rétine  de  l'œil.  Lorfque  Tycho  faifoit  imprimer  fes  Œuvres, 
il  connoilîbit  ce  défaut  de  lès  inp:rumens,  puifqu'il  enfeigne 
le  moyen  d'y  remédier:  n'y  a-t-il  donc  pas  lieu  de  croire 
qu'il  y  a  remédié  réellement  \  Il  avertit  que  les  lieux  des 
Étoiles,  tels  qu'il  les  détermina  en  1577,  ne  furent  point 
établis  auifi  exaélement  qu'ils  le  furent  après  la  reélification 
de  {^s  inllrumens ,  &  il  domine  une  Table  à^s  erreurs  de  {^^ 
premières  obfervations;  mais  les  erreurs  dépendantes  de  la 
parallaxe  de  l'œil  dévoient  être  plus  fenfibles,  &  Tycho  n'en 
parie  pas  :  c'eil  fans  doute  parce  qu'il  y  avoit  eu  égard  dans 
le  détail  de  [q?>  obfervations.  Les  différences  que  j'ai  remar- 
quées «nîre  le  manufcrit  &  l'imprimé ,  peuvent  donc  être 
attribuées  à  la  plus  grande  correélion  de  l'imprimé.  D'ailleurs 
ces  différences,  qui  font  ordinairement  très-légères,  alîére- 
roient  peu  le  réfultat  àts  obfervations.  Tout  cela  mûrement 
confidéré,  j'ai  cru  devoir  laiifer  le  tout,  tel  que  Tycho  lui- 
même  a  jugé  à  propos  de  le  publier. 

Outre  les  obfervations  relatives  au  mouvement  de  la 
Comète,  Tycho  en  a  fait  beaucoup  d'autres  fur  ia  grandeur 
de  cet  aftre,  lur  la  longueur,  la  forme,,  la  direélion  de  fa 
oueue,  &c.  Un  trop  long  détail  ennuieroit  :  je  me  conten- 
terai de  dire  que  le  premier  jour  que  Tycho  vit  la  Comète, 
-î'  jugea  que  le  diamètre  de  fa  tête  étoit  de  7  minutes;  que 
la  longueur  de  fa  queue  étoit  de  22  degrés;  que  cette  queue 
fut  toujours  direélement  oppofée  au  S'oleil;  qu'elle  n'étoit 
point  droite ,  mais  un  peu  courbée  en  arc  de  cercle ,  de  ma- 
nière que  la  convexité  regardoit  le  zénith  ;  que  ia  tête  étoit 
blanche ,  mais  un  peu  livide  &  moins  éclatante  que  les  Etoiles 
fixes  ;  que  l'éclat  de  la  queue  fe  ternilTbit  à  proportion  qu'elle 
s'éloignoit  du  noyau,  le  tout  fe  terminant  par  un  pâle  obfcur, 
dont  il  étoit  fouvent  difficile  de  faifir  fexîrémité;  que  la  queue 
^toit  quelquefois  rougeâtre  à  fa  nailîance,  &.  qu'elle  relfembloit 
à  une  fiamme  qui  fait  effort  pour  percer  une  fumée  épaifîè, 


D  E   s      C  O^M    ETES.  519 

phénomène  que  Tycho  attribuoit  à  l'épaifleur  de  l'air  qui 
borde  notre  horizon;  que  depuis  la  première  apparition  de 
la  Comète,  la  grandeur  de  la  tête,  la  longueur  de  la  queue, 
l'éclat  de  l'une  &  de  l'autre  diminuèrent  prefque  toujours, 
de  forte  que  des  avant  le  1  8  Décembre,  Tycho  fe  plaignoit 
que  les  obfervations  devenoient  difficiles.  Un  Écrivain,  très-  . 
capable  de  fè  tromper,  témoigne  que  la  Comète  fut  obfervée  Littar, 
juiqu'en  Mars;  mais  il  paroît  certain  qu'on  n'en  aperçut  plus 
aucun  veftige  après  le  26  Janvier,  jour  auquel  Tycho  feul 
l'obferva  pour  la  dernière  fois;  tous  les  autres  avoient  celfé 
de  la  voir  vers  le  milieu   du  même  mois. 

Voici  la  théorie  de  l'orbite  de  la  Comète  de  i  577,  calculée 
par  Halley,  fur  les  obfervations  de  Tycho. 

Lieu  du   nœud   afcendant o*^   25*^    52'      o". 

Inclinaifon  de  l'orbite 7^.    ^2.   45.    _ 

Lieu  du  périhélie 4,       (j.    22.      o. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie c)jz6 ^^^y. 

Paiïage  au  périhélie  en  Oélobre 26 J    18^    5^'. 

Sens  du  mouvement Rétrograde. 

Comme  l'appafition  de  cette  Comète  a  duré  jufqu'en  1578, 
pïufieurs  la  datent  de  cette  même  année  1578;  ce  qui  paroît   s^uarcp.j^i 
ne  devoir  donner  lieu  à  aucune  difficulté.  ^'^^'  ^-  ^^^' 

I  578.  Depuis  le  13  Février,  prelque  juiqu'au  22  Avril,  z^o'ixz^^l 
le  ciel  fut  couvert  de  nuages  &  il  plut  fouvent.  La  nuit  qui 
précéda  le  premier  mardi  d'Avril  (  i  Avril),  on  vit  une  Étoile 
chevelue,  dont  la  queue  divifée  en  deux  reffembloit  à  un 
dragon  :  le  temps  étoit  pluvieux  &  le  vent  violent.  C'étoit     Câvu, 
probablement  un  météore. 

I  578-  Le  I  6  Mai,  à  neuf  heures,  après  le  coucher  du 
Soleil,  Jupiter  &  la  Lune  étant  en  conjonélion  dans  la  Balance, 
on  vit  une  Comète  vers  l'orient  ôc  le  midi  ;  elle  étendoit  une 
longue  queue  vers  le  nord  :  deux  autres  Comètes  plus  petites 
la  fuivoient;  &  à  l'oppofite  on  vit  à^s  flambeaux  ardens  qui 
s'évanouirent  bientôt.  Tout  cela  paroît  devoir  être  relégué  LukHtpJlocài. 
dansia  clallè  à^s  jnétéoreSj 


j2o  Histoire 

I  578.  En  Oélobre  &  mois  fuivaiis,  on  vit  une  nouvelle 

Comète,  plus  pâle  que  celle  de  l'année  précédente,  dans  le 

Verfeau ,  fous   la  conftellation   de  Pégafe ,  parcourant  trois 

degrés  par  jour;  elle  parvint  bientôt  aux  têtes  du  Serpentaire 

Annah.  Faimc   ^  d'HcrcuIe.  Comment  cette  Comète  a-t-elie  échappé  aux 

memor,  tLkjt,    n-.!  i^ii      fw  r-  70 

l.ub,  lycho,  aux  Mocltun,  aux  Gemmai  occ. 

1578.  Durant  la  nuit   qui  précéda  le   23    Novembre, 

entre  la  feptième  &  la  huitième  heure,  on  vit  à  Rome  & 

ailleurs  un€  Etoile  très-éclatante ,  avec  une  chevelure  qui  iè 

Caviu       divifoit  pareillement  en  deux.  C'étoit  apparemment  Vénus 

ou  Jupiter,  dans  un  nuage  rare  &  léger. 

I  578.  Vers  la  fin  de  cette  année,  Simon  Gryneus  vit  la 
planète  de  Vénus  environnée  d'un  éclat  extraordinaire.  Elle 
avoît  paru  avant  le  coucher  du  Soleil  ;  elle  étinceloit  comme 
les  Etoiles  :  ces  apparences  ne  furprirent  point  Grynée  ;  il 
iavoit  qu'elles  avoient  été  fouvent  obfervées.  Mais  il  vit 
d'autres  phénomènes  ,  qui ,  félon  lui ,  ne  pouvoient  être 
attribués  qu'à  une  Comète  qui  accompagnoit  Vénus.  Cette 
Planète  étoit  plus  grande  qu'à  l'ordinaire;  elle  n'étoit  point 
parfaitement  ronde,  mais  triangulaire  ou  même  quadrilatère; 
éXo.  lançoit  Aq^  rayons  :  quoique  fort  éclatante ,  elle  étoit 
d'une  couleur  rougeâtre ,  comme  Mars  ,  &c.  Mais  il  me 
lèmble  que  tout  cela  peut  être  facilement  rapporté  à  la  conf- 
îitution  de  fair.  En  effet,  excepté  le  26  Décembre,  premier 
jour  de  fobfervation  ,  jour  auquel  Grynée  jugea  fair  très- 
pur  ,  il  convient  que  le  ciel  fut  moins  fèrein  \qs  jours 
îliivans ,  qu'il  y  avoit  à^s  nuages,  &  fur -tout  que  Vénus 
étoit  environnée  d'une  couronne  ou  halon.  îl  remarque,  au 
ïefte  ,  qu'en  d'autres  lieux  on  avoit  vu  long  -  temps  ce 
phénomène  ,  &  qu'à  Rome  on  i'avoit  obfervé  àhi>  le  i  G 
■Cryn.  p.  6^  Novembre* 

ï  57p.  Halepo  dit,  qu'en  1575),  on  vit  à  Cotiflantinople 
me  grande  Comète  ;   qu'il  n'en  avoit  point  paru  de  femhlable 
depuis  celles  qui  annoncèrent  la  deflruéîion  de  Sodome ,  &  la 
Wûif.  cent.  î  6,  fubmerfton  de  Pharaon  dans  la  mer  rouge, 


DES     Comètes,  521 

1580.  Cavitelli  dit  qu'au  commencement  Je  Juiiiet. 
on  vit  une  Étoile  très-éclatante,  C'éîoit  fans  doute  Vénus» 

I  580.   * 

Michel  Mœftiin  découvrit  cette  Comète  à  Tubingen, 
dès  le  2  Oélobre  :  Tycho  à  Uranibourg  6c  Hagecius  à 
Prague,  ne  i'aperçurent  que  le  10  du  même  mois.  Tous 
fes  trois  1  obfèrvèrent  avec  quelque  attention  ;  mais  les  obier- 
vations  de  Tycho  font  fans  doute  préférables  à  celles  des 
deux  autres,  quand  ce  ne  fèroit  que  parce  qu'il  empîoyoit 
àQS  inftrumens  plus  parfaits.  Je  rapporterai  ces  obfervations 
de  Tycho  en  détail  ,  parce  qu'elles  n'ont  point  encore  été 
communiquées  au  public  :  je  les  ai  extraites  du  manufixit 
dont  j'ai  parlé  fur  l'an  i  577.  Les  diitances  de  la  Comète 
aux  Etoiles  ont  été  prifes  avec  deux  inftrumens,  un  rayon 
aftronomique  &  un  fextant  :  je  diftinguerai  ces  diftances  par 
les  lettres  R  Sl  S,  initiales  du  nom  àQS  inftrumens  avec 
iefquels  elles  ont  été  faites. 

Je  donne  deux  Tables  pour  chaque  jour.  La  première 
contient  i."  l'heure  marquée  par  l'horloge  de  Tycho  ; 
^,^  l'heure  vraie,  que  j'ai  déduite  du  paftage  des  Étoiles  au 
méridien ,  de  leur  hauteur  ou  de  leur  azimut ,  &  quelque- 
fois même,  quand  je  n'ai  pu  mieux  faire,  de  la  médiation, 
de  la  hauteur  &  de  l'azimut  de  la  Comète  ;  3.""  le  nom 
des  aftres  dont  Tycho  a  déterminé  la  hauteur  &  l'azimut  ; 
4.°  &  5.°  les  azimuts  &  \qs  hauteurs  obfervées  par  Tycho. 
Les  azimuts  font  toujours  comptés  depuis  le  méridien  ou 
depuis  le  fud  à  l'eft  ou  à  l'oueft  ,  félon  que  les  nombres 
de  l'azimut  font  fuivis  de  la  lettre  E  ou  O.  J'ai  défigné  \qs 
Étoiles  par  les  caracftères  qu'on  leur  donne  à  préfent ,  ce 
<jui  ne  m'a  pas  été  toujours  également  facile. 

La  féconde  Table  contient  i.''  le  numéro  des  obferva- 
tions; 2. '^l'heure  marquée  par  l'horloge  de  Tycho;  j.Theure 
vraie ,  conclue  des  obfervations  de  la  première  Table  ;  4.  le 
nom  àts  Étoiles  dont  on  a  pris  la  diflance  à  la  Comète; 
|."  la  diftance  obfervée  entre  la  Comète  &  l'Étoile.  Cette 
Tomi  L  Uuu 


522  H  T    S    T    0    T    R    E 

dillance  efl;  fouvent  double  &  quelquefois  triple.  La  première 
diftance  eft  celle  que  marquoit  l'inflrument ,  afFedée  de 
l'erreur  de  l'indrument  ,  &:  de  la  parallaxe  occafionnée  par 
ia  diftance  de  l'œil  au  centre  du  fextant,  peut-être  aufli  de 
l'erreur  de  la  pofition  que  Tycho  donnoit  alors  à  l'Etoile  à 
laquelle  il  comparoit  la  Comète  :  la  féconde  &  la  troifième 
diflance  font  corrigées.  Je  ne  trouve  pas  dans  ces  corrections 
une  marche  uniforme  ;  mais  Tycho  favoit  fans  doute  ce 
qu'il  failoit  :  je  donne  ce  que  j'ai  trouvé  dans  (on  manufcrit. 

Les  obfervations  auxquelles  Tycho  donne  l'épithète  de 
bonnes ,  font  défignées  par  un  aflérique  *  ;  celles  qu'il  donne 
comme  très-bonnes ,  par  un  double  aflérique  *  *  ;  les  dou- 
teufes  par  le  ligne  :  : 

lo   Odobre. 

Vers  7  heures,  Tycho  découvrit  la  Comète  près  ie  Poifîbn 
auftral  :  fa  lumière  étoit  foible ,  fa  couleur  livide,  fà  queue 
rare  &:  difficile  à  diflinguer ,  la  grandeur  de  la  tête  égale  à 
celle  de  Vénus  périgée,  c'eft-à-dire ,  félon  Tycho,  d'environ 
8  minutes. 


T  E  M 

de 
l'H  o  r  l 


P  S 

o  G  E, 


H. 


M- 


8.  4 

8.  10. 

8.  17. 

8.  25). 

8.  37. 

9.  17. 


o 

50 

40 

10 

5 
30 


TEMPS 

vrai. 


H.         M.        S. 


9.      5).  30 


NOMS 

des 

A    S^   T    R     E    s. 


La  Comète. 
La  Comète. 
La  Comète, 
La  Comète. 
La  Comète. 
La  Comète. 


AZIMUT 

de 

L' A  S  T  R    E. 


D. 


21. 

14. 

I  2. 

O. 


M. 


E. 


HAUTEUR 

de 

l'A  s  t  r  e. 


D,         M. 


30.     17 

30.     32 

30-   57 
31.   13 

31.  47 


DES   Comètes. 


-$zi 


F 


EMPS 
^  >         de 

i'Horlogfc. 


cr 


H. 


M. 


I  7.  Id 

7.  25 

3  7-  45 

4  9.  40 

5  j   9-  54 

6  II  I.  15 

7  I  ^^z^  après, 

8  II.  35 

9  !-•  ^5    I 


TEMPS 


H. 


M. 


7 

7 

7 

9 

9 
1 1 


1 1 

I  2 


1 1 
18 

38 
32 

3 


N 


É     T 


O    M 

des 
O     I     L 


E     S. 


23 

2 


Markab  de  Pégafe . . 
Aigénib  de  Pcgafe .  . 

y  des  Poiiïbns 

Markab 

Aigénib 

Aigénib 

Markab 

Markab 

Markab 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


D. 


AU 


D.     Al, 


21. 

3- 

15- 

21. 

21 . 
15- 
15' 
15' 


20   R. 

3  R- 
40   R. 

43   S. 

53 

53 

3c» 
28 

25 


eu  5 


21 


Après  avoir  détaillé  de  fuite  toutes  les  obfervations  de 
Tycho ,  nous  en  donnerons  îe  réfultat  fur  la  longitude  & 
îa  latitude  de  ia  Comète  pour  chaque  jour. 


1 1 


Odobre. 


La  queue  de  ia  Comète  pouvoit  à  peine  fe  diftînguer,. 


28 


V. 


M. 


jf-fWilWgWif  I  *'tW 


TEMPS 
de 

Il'H  o  R  L  o  G    E. 


H. 

/V. 

X 

6, 

2. 

30 

6. 

5^. 

10 

7- 

2<5. 

35 

7- 

40. 

40 

7- 

48. 

10 

8. 

50. 

45 

9- 

42. 

50 

9- 

58. 

15 

1 1. 

39- 

0 

12. 

2. 

0 

14. 

^. 

40 

15. 

2î. 

î  0 

TEMPS 
vrai. 

H.         M.        s. 


5-    37-   25 


10. 
10. 
I  2. 
13. 


o.  o 

44.  30 

57'  4c 

23.  o 

43.  o 

30,  o 

34.  15 


NOMS 

des 
A    s    T    R    E    S. 


Claire  de  i' Aigle. 
Étoile  polaire.  .  . 

La  Comète 

Comète 

Comète 

a  du  Verfeau. .  .  . 

Comète 

Markab 

Comète 

Comète 

Comète 


Rigei  d'Orion. .  . 


AZIMUT 
de 

l'A  s  t  r  e. 


D. 


6 

4 
34 

3î 

29 

o 

o 

o 


34 

6z 


M. 


O 
30 
38 

3 


O. 

E. 
E. 


50    O. 
o 


o 

5 

55 
o 
o 


o. 


O. 


HAUTEUR 

de 

l'Astre. 


D. 

M. 

41. 

51 

28. 

30 

29. 

3^ 

30. 

0 

31- 

48 

33- 

34   * 

47. 

6 

30. 

0  i   : 

28. 

30 

17- 

6        * 

,P  1  *   1 

22.     3 


U  u  u  ij 


524 


Histoire 


Item  PS 
ae 

l'Horîoge. 

H.       M. 


TEMPS 


H.      Ai. 


7- 


3 

4 

5 
6 

l 


9 
I  o 


5<^ 
5 

23 
32t 
39 
15 


9- 
9.  15 

10.25 

14.  32 


7- 
7- 
7- 
7- 
7- 
7- 


y- 

I  2. 


14 
2 1 

31 
38 
45 
50 
2  r 

21 

19 

53 


NOMS 

des 

Étoiles. 


Markab 

Markab 

Algénib , 

Enif  de  Pégafc. 
6  de  Pégafe . .  .  , 
^  de  Pégafe .  .  . 
y  des  Poiflbns  , 
'(du.  Verfeau. .  , 

Markab 

(  de  Pcgafe  .  .  . 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE. 

AUX      ÉTOILES. 


D. 


M. 


13 

14 

24 

19 
12 

9 

(5 

6 

14 

14 


48 
10 
20 
28 
o 

50 
20 

20 

7 
3 


R. 
S. 


R. 


S. 


13- 
23. 

19. 

1 1. 

9 


54 
57 
26 

45 

39 
17 


<5.  10 


yW. 


13 
23. 

I  r . 


57 

42 
43 


Tycho  dit  qu'à  l'heure  de  la  reptième  &  de  la  huitième  obfervation  ;. 
la  Comète  étoit  bien  précilément  entre  y  ^es  PoifFons  &  (^  du  Verleau» 

1 2    Ocîobre. 

A  midi,  dit  Tycho,  l'horloge  avançoit  de  plus  de  deux  heures;  on 
Fa  remife  à  peu-près  fur  l'heure  vraie. 


T 

E  M 
de 

P  S 

T 

E  M 

P  S 

L'H 

0  R  L 

0  G  E. 

vrar. 

i  ^ 

M. 

.r. 

H. 

A'J. 

s. 

1 

6. 

4. 

45 

6. 

27. 
42. 

0 

6. 

0 

6. 

3^. 

0 

6. 

5^. 

15 

6. 

50. 

0 

7- 

12. 

0 

7- 

5- 

30 

7- 

31- 

5  5 

7- 

25. 

0 

8. 

30. 

20 

y. 

22. 

0 

1   ^' 

30. 

20 

8. 

22. 

0 

1  9- 

3- 

1 0 

8. 

53- 

50 

1   '^' 

3^. 

30 

9- 

22. 

G 

9- 

50. 

0 

9- 

40. 

0 

10. 

7- 

0 

9- 

57- 

0 

10. 

20. 

30 

10. 

10, 

0 

I  r. 

56. 

40 

1 1. 

24. 

0 

I  I. 

46. 

30 

1 1. 

34. 

0 

î  I. 

53- 

15 

1 1 . 

40. 

0 

12. 

3- 

0 

1 1. 

50. 

0 

I  2. 

9- 

5 

1 1. 

56. 

0 

1:2. 

14. 

20 

1 2. 

I. 

0 

13. 

32. 

50 

M- 

18. 

0 

13. 

40. 

10 

13. 

25. 

0 

14. 

37- 

20 

14. 

21. 

52 

15- 

20. 

20 

15- 

4. 

20 

15 


NOMS 

àts, 

Astres. 


24.    10 


— r-mimi  1  n  1  m  n  1 inm 1  un  1  |«>.^..ff.^..^> 


et  de  l'Aiole 

Etoile  polaire .  .  .  . 

Comète 

Comète 

Comète .  . 

Comète 

Comète 

338''  de  l'équateur, 

Markab 

Comète ........ 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète 

Comète.  ....,.,. 
Comète ...  «  ...  . 

Comète 

Aidcbaran 

Rigeï 

Mars 


U   TlH  AUTEUR 
de 

L'A   s   T   R  E, 


DES    Comètes, 


^52^ 


*  « 

n 

o 


I 

2 

3 
4 
5 

7 
8 

9 
10 

1 1 

1 2 

13 


TE  MPi) 

de 
i'Horloffe. 


H.      M. 


TEMPS 
vrai. 


H.     M. 


40 

7 

•  33 

48 

7 

.  41 

9 

8 

I 

15 

8 

•   7 

27 

8 

19 

43 

8 

35 

52 

8 

43 

22 

I  2. 

8 

29 

I  2. 

15 

53 

I  2. 

39 

8 

I  2. 

53 

25 

n- 

10 

57 

ï3' 

42 

wmiammammmmaBaBamaamsia 

N    O    M,    S 

des 
Étoiles. 


a.  du  Verfeau.  . 
ô  de  Pégafe  ... 
a.  du  Verfeau.. 
0  de  Péagfe ... 
Enif  de  Pégafe. 

Markab 

^  de  Pégafe. .  . 
a  du  Verfeau.  . 
ô  de  Pégafe  .  .  . 
^  de  Pégafe . .  .  . 

Markab 

Markab ■ 

^  de  Pégafe ... 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


r>. 


7 
6 

7 
6 

13 
14 

8 

7 

5 

8 

14 

14 

7 


36 

25 
40 

25 
5<3 

30 

5 

23 

35 
o 

42 

42 

53 


R. 


Z). 


M. 


7- 
6, 

7- 
6. 


3« 

^3l 

31 
18 


7. 
14, 


51 

^5 


ZJ.     yw. 


7- 


32 


Tycho  avertit  que  la  treizième  obfervation  eu  de  fon  Archi- 
tede ,  &  qu'elle  n'efl  que  médiocrement  bonne. 


^3 


Odobre. 


A  midi,  dit  Tycho,  l'horloge  avançoit  de   i 
&  le  lendemain,  à  pareille  heure,  de  zi'  35". 


TEMPS 

de 

l'H  orlog  e, 


H. 


M. 


6 
6 
6 
6 

7 

7 
8 

9 
I  o 

I  2 
I  2 
I  2 
14 


0. 

•   5- 

.  31. 
.  36. 

•   5- 

•  15- 

.  1 1. 

.  47. 
.  28. 

.   4. 

•  31- 

•  44- 

.  43. 

o 

10 

15 

I  o 

40 

35 

35 

5 
o 

45 
I  o 

40 

45 


TEMPS 


vrai. 


H. 


M.      S. 


5- 

S- 
6. 

6. 

6. 

7- 
8. 

9- 
I  o. 

I  o. 

I  I. 

I  2. 
I  2. 
I/L. 


51 

5^ 

22 

27 
5^ 

I 

35 

15 
I  o 

51 

17 

30 
28 


36 

7 
o 

o 

o 
o 

30 

o 
o 

18 

o 
o 
o 

20 


NOMS 

des 

Astres. 


minutes, 


Z   I  M   U   T 
de 
l' A  s  T  R    E. 

M. 


a  de  l'Aigle. 
a.  de  l'Aigle. 
La  Comète. . 
Comète.  .  .  . 
Comète .  .  .  . 
Comète.  .  ,  . 
Comète .  .  .  . 
Comète .  .  .  . 
Comète.  .  .  . 
ûL  du  Verfeau. 
Comète .  .  .  . 
Comète  .  .  . 
Comète  .  .  .  . 
Aldébaran  .  . 


TmmiWBroWWBBijOTHWniWgBBMWBBi 


o. 

E. 


5.  o 

6.  30 
29.  48 

27.  40 
19.  47 
I^.    50 

o.      o 

28.  18   o. 

40.  o 
Id.  prefque. 
^5.  o 
71.  o 
74.  o 
4.     o 


H A  UTE  u  : 

de 

l'A  s  T  R  E. 


Z>.        M. 


wmmmmmm 


41. 
41. 

33- 

34, 

35- 
3^. 

37- 

34. 

30. 
25. 
19. 
i^. 
14. 

49- 


53  î 

47 
30 

o    :  : 
O    * 

rv     i    *    * 
/       2 


50 
10 

45 
17 
34 

43 


9f    :^ 


isonspn 


IT  E  M  P  S 

de 

'Horlof/e 

P 

1 

i    H.       M. 


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3 

4 

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7 


9 

10 

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I  2 

14. 
15 


8. 
8. 


2^ 

54 
o 

2.6 

45 
îo 


8.     55 

^^-z^  après, 

().     20 

3° 

35 

5° 
o 

18 

20 


9- 
I  o. 

r  o. 

I  2. 
I  2. 

13- 


T  E 


526 

îi. 


Histoire 


l.'.'il»Jja'.«^n..ilil»ll,m».jiiiii|,iHi|mi[ff^. 


/î".       yl/. 


44 
50 
15 
34 
39 
44 


18 

22 


NOMS 

des 

ÉTOILES. 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


9  de  Pégafe 

^  de  Pégafe 

Enif 

8  de  Pégafe 

^  de  Pégafe 

^  de  Pégafe 

ê  de  Pégafe,  Enif.  . 

Enif 

t,  de  Pégafe 

CL  du  Verfeau 

a.  du  Verfeau 

a.  du  Verfeau 

c£  du  Verfeau  (b)  .  . 

e:  du  Verfeau 

Enif 


D.       M. 


32 

17 

25 

I  O 

30 
19 

39 

37  \ 
38 

42  1 
44 
54  =  • 


R. 

S. 
R. 
S. 


£>'. 

M. 

I  . 

27 

9- 

14 

I. 

id 

9- 

14. 

8. 

20 

9- 

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5- 

33 

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5- 

32 

5- 

36 

i:».     ykT. 


r. 
9, 


3<^i 


22 


i  * 


5.   30 
5-  3ï 


(^^^  Au  moment  de  la  treizième  obfervation  ,    la  Comète  étoit  en  ligne  droite 
entre  9  de  Pégafe  &  «t  du  Verfeau, 

17    Odobre. 

Tycho  commença  ce  joiir-ià  à  fe  fervir  de  Jeux  Horloges» 
une  plus  petite,  que  je  défignerai  par  la  lettre  P  ;  une  autre 
plus  grande,  qui  ne  fera  défignée  par  aucune  marque. 


naaasaBSSBSi 


TEMPS 


Horloges. 


H. 


M. 


TEMPS 
vrai. 


H. 


M. 


6.     7.    2(5 
^      <?.    12.    47 


6.   17.  40  P. 
6.   23.  40 
6.    22.    I  o  P. 
6.  42.   20       [      6.   30. 
îo.      5.      5       ^ 
9.   54.   20  P.  J      9-  42.    15 

''•5-         p  I    'O.   37. 
10.   50.   I  5  P.  5  ^'^ 


NOMS 

des 

Astres. 


a  de  l'Aigie.  .  .  .  . 

a  de  l'Aigle.  ... 

Comète 

Algénib  de  Pégafe 
Comète 


12.   20.    30 

12.    13.    30  P. 
16^.    émir  en. 


1 1.  50. 

1 2.  o. 


AZIMUT 

de 

l'A  s  t  r  e. 


D. 


M. 


> Comète.  ...... 

.  I Etoile  polaire.  .  . 

a'*»>tivwiW(iiBiMnaiaflifctffiiWitffifli3Ëaa 


15 

16 

O 

o 

7^ 

5 


10    O. 

54 
o 

o 

o 

o 
3'^ 


HAUTEUR 

de 
l'Astre. 


M. 


41. 

40. 
43. 

47. 
23. 

I  Ir 


6 
53  I 

20    : 
O 

2 

4-1 


V  E  s    Comètes. 


'5^7 


TEMPS 
de  la  grande 
Horloge. 


H.       M. 


O 

1  I 

2  I 

32 

47 
54 
45 


TEMPS 
vrai. 


H.     M. 


8.  41 

8.  51 

9.  I 
9.  II 
9.  25 
9.  32 

II.  17 


NOMS 

des 

Étoiles. 


Enif  de  Pégafe. 
a  de  l'Aigle.  .  . 
ô  d'Antinous.  . 
yâ  du  Verfeau . . 
y  du  Dauphin. . 
É  du  Dauphin . . 
et  de  i'Aigle . .  . 


DISTANCES  DR  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


AT. 


II.   27  S. 

I^.  58 

16,  ^6 
18.   53 

6.   iz 

6.  I  2 
II.   31 


yW. 


II.  14, 

ï6.  39 

i(^.  37 

18.  31 

6,  5 


I(^. 

45  i 

I^. 

31 

18. 

27 

5- 

53 

zo   Oélobre. 

Tycho  étoit  à  Helfmbourg,  ville  du  Schonen  ou  de  la  Scanie, 
41'  10"  de  temps  à  l'orient  de  Paris,  &  par  ^6^  z'  d^  latitude,  L'hor- 
ioge  de  la  ville  marquoit  fept  heures  trois  quarts ,  &  il  étoit  tout  au 
plus  huit  heures  lorfque  Tycho  ,  avec  Ton  rayon  agronomique , 
obferva  la  diftance  de  la  Comète  à  la  claire  de  l'Aigle  de  7^  35', 
Les  nuages  ne  lui  permirent  aucune  oblèrvation  ultérieure. 

z  I    Odobre. 

Tycho  étoit  à  Helfinbourg  ;  les  obfervatîons  faites  avec  le  rayon 
aftronomique  ou  marquées  d'une  R ,  font  de  lui  :  il  fe  lèrvoit  d'une 
petite  horloge  réglée  fur  l'horloge  de  la  viile.  Il  remarque  que  l'éclat 
de  la  Lune  nuifoit  beaucoup  à  celui  de  la  Comète  ;  à  peine  on 
pouYoit  y  diflinguer  une  queue  extrêmement  rare  ,  &  d'une  ténuité 
plus  grande  qu'aux  jours  précédens.  La  dernière  obfervation  de  la 
hauteur  d'ot  de  l'Aigle,  fans  fon  azimut,  eft  auiïi  de  Tycho. 

Toutes  les  autres  oblèrvations  ont  été  faites  à  Uranibourg  par  deux 
difciples  de  Tycho  :  les  diftances  ont  été  prifès  avec  le  fextant.  L'heure 
étoit  marquée  fur  les  deux  horloges,  dont  il  a  été  parlé  fur  le  17^ 
Oélobre.  La  petite  horloge  retardoit  allez  conftamment  de  feize 
minutes  fur  la  grande  ;  j'ai  cru  en  conféquence  qu'il  fuffifoit  de 
donner  les  temps ,  tels  qu'ils  étojent  marqués  par  la  greffe  horloge. 


T  E  M 

P  S 

de 

l'H  O  B   L 

0   G   E. 

H.         M. 

J'. 

5.     31. 

30 

6,        2. 

55 

6.    17. 

15 

6,   57. 

20 

7-     7- 

0 

7.  4(^ 


518 

T  E  M 
vrai. 


Histoire 


p  s 


//,  vW. 


I  r . 


o. 


9 
9 
V 

10 

I  I 


50. 
4. 
45. 
54. 
34. 

17- 


4-5 
o 

25 


NOMS 

des 

Astres. 


Markab.  .  . 
La  Comète, 
et  de  i'Aigle 
La  Comète, 
a  de  l'Aigle 
La  Comète. 


a  de  rAic(Ie 


AZIMUT 
de 

L'  A  s   T   R   E. 


O.        O 

66.      o    O. 

(38.  40 

79.  o 

80.  o 
po.      o 


HAUTEUR 
de 

L'A  s   T   R    E. 


D. 


Ai, 


47.         « 
31.     20 


23. 
23. 
16, 


9 

48 

38 


1 6.   34 


environ. 


rsBEÊBBaazass 


9 

î  o 

I  I 

12 
ï3 


7- 


9- 
9- 

9- 

9- 
1 1 . 


50 
15 

25 

o 

10 

20 

45 
o 


^. 
6. 

7- 
7- 


^7  à 
34- 

Mi 
ï9t 


TEMPS 
vrai. 

H.     M. 


9 
9 

9 

I  o 

10 


7 

3^ 

42 

17 

27 

37 
2 

17 


2 1 

30 

I 

7 


NOMS 

des 

Étoiles. 


a  de  l'Aigle 

^  de  i'Aigle 

P>  du  Cygne  (c)  •  •  - 

et.  de  i'Aigle 

Enif  de  Pégafe .... 

Enif . 

a.  de  i'Aigle 

a  de  i'Aigle 

Claire  du  Dauphin  ('t:/^ 

rt  de  i'Aigle 

Enif 

Enif 

et  de  i'Aigle 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


M. 


20 

3° 
5 


6 

13 
15 

^.2  1 

z6.     y 

26.    10 
^.21 

6,   22 


*  R. 

* 


8.  53   S. 

6.  22 

26.  1 6 

26,  21 

^.  25 


/?,   /w. 


15.      3 

6.  i9i 

25.  44 

^.   22 


6 

25 


43 
15 

47 

52 
18 


-O.       yW, 


6,  22  ♦* 


rt«  /-'/î/j'. 


/c^   De  cette  obfervation,  Tyclio  conclut  qu'à  S"*  o',  ou  temps  vrai  à   S^»   17',  fa  Comète  çtoif 
diUante  de  ê  de  Pégafe,    de  zd^  o'  :  je  ne  vois  pas  bien  clairement  la  conféquence. 
{dj  Je  crois  que  c'eft  i  du  Dauphin, 


f  r 


On  avertit  que  la  grofle  horloge  d'Uranibourg  avançoit  de  3^  i^'  j 


îe  2i  Odobre  à  midi 


3.6  Odobrer 


DES    Comètes, 

1 6    Ocftobre. 


î^9 


Tycho  continua  d'obfèrver  à  Elfmbourg  &:  Ces  deux  dif- 
cîpies  à  Uranibourg.  Tycho  ne  fit  aucune  obfervation  qui 
puiiîe  lèrvir  à  reélifier  l'heure  marquée  par  (on  horloge.  Les 
dix  premières  diftances  ont  ctc  prifes  par  lui  avec  le  rayon 
agronomique,  les  huit  autres  par  Tes  difciples  avec  le  fextant. 
Les  hauteurs  &  les  azimuts  ont  pareillement  cté  détermines 
par  içs  difciples  de  Tycho. 


TEMPS 
de 

!l'H   O  R  L  O  G  E, 


H. 


Af. 


S' 
6, 


3y.    25 

6.   14-.    50 


TEMPS 


Af. 


5.  4.5.  56 

6.  I  I.  o 

6.  22.  o 

7.  23.  ri 


NOMS 

des 

Astres- 


oc  de  l'Aigle 
La  Comète. 
La  même .  . 
La  même .  . 


AZIMUT 
des 

Astres. 


V. 


A-f. 


19. 
4.2. 
44. 
63. 


20 

30 

O 

O 


HAUTEUR 

A    s    T    K   E  s. 


D. 


Ai. 


40. 
44. 
43. 

3^- 


37 

20} 

14   f 


2 
O 


2 
3 

5 

7 
8 

9 
I  o 


I  I 

I  2 

^3 

14 


16 

17 
18 


TEMPS 

de 

l'Hoi  Joe;  ^, 


H. 


M. 


15 

35 

40 

50 
o 

15 

20 
30 

55 


27 

33 

44 

51 

30 

35 
4-) 

y- 


TEMPS 


H.        M. 


6. 

6, 
6. 
6. 

7- 
7- 

7- 


35 

41 

52 
59 

39 
44 

54" 
5^1- 


N    O    M    S 

des 

É     T     o     I     L     K     s. 


r  de  l'Aigle  .  .  . 
/i  du  Cygne . .  . 
^  de  i'Aigle.  .  . 
/î  du  Cygne  . .  . 

La  même 

a.  de  lA'igfe..  . 
^  de  l'Aigle..  ^ 
^  du  Cygne. • 
y  de  la  Flèche 
^  de  l'Aigle.  . 


a  de  l'Aigle.  . 
C  de  l'Aigle  .  . 
(h  du  Cygne. . 
È  du  Dauphin. 
La  même.  .  . 
OL  de  l'Aigle. . 
^  de  1  Aigle.  . 
La  même .  .  . 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX      ÉTOILES. 


3- 

10. 

3- 
I  I . 

1 1 . 

I  2. 

3" 
1 1 . 

1 1. 
3" 


i  2. 

3- 
I  r . 

21. 

21 . 

I  2. 

y 

3' 


30 
38 

31 
28 


R. 


32 
30 

28 

32 


3<5 
35 
50 


5 
50 
38 
37 


32 


1 1 . 


12.  33 


II.  43* 


12.  22 

3 

1 1 

20 
20 

1 2 


31 
37 

38 

41 


34 


3-  3 


/'r^  Il  doit  y  avoir  ici  Une  fauie  de  Codifie,  la  diflauce  doit  être  i  r«  ^^\ 

Tome  L  X  x  x 


iîu  plus. 


530 


Histoire 


Tycho  avertît  qu'au  moment  de  ia  féconde  obfervatîon  ia 
Comète  étoit  au-deiFous  de  l'Étoile  ,  prefque  dans  le  même 
vertical. 

La  queue  de  ia  Comète  s'étendoit ,  dit  Tycho  ,  vers  les 
Étoiles  de  la  Flèche,  &  principalement  vers  celle  que  Bayer 
a  depuis  déligné  par  la  lettre  A 

Les  deux  dernières  oblervations  dçs  difciples  de  Tycho 
font  douteuiès  ,  à  caufe  des  nuages  ,  qui  ,  s'accumulant  de 
plus  en  plus  ,  ne  leur  permirent  pas  de  fuivre  plus  loin  la 
Comète. 

27    Oélobre. 

La  Comète,  vers  p  &  10  heures  ,  avoit  dépalfé  fenfi- 
blement  la  ligne  droite ,  tirée  de  Ç  de  l'Aigle  à  /3  du  Cygne, 
ligne  dans  laquelle  elle  avoit  été  obfervée  la  veille.  Une  autre 
ligne  droite,  tirée  de  la  claire  du  Cygne  à  /3  de  la  même 
conftellation ,  auroit  paffe  le  27  par  le  milieu  de  la  Comète. 
C'ell  l'unique  obfervation  que  la  multitude  àçs  nuages  ait 
permis  à  Tycho  de  faire  ce  jour -là  à  Eilmbourg.  Il  revint 
ie  28  à  Uranibourg  :  les  oblervations  fuivantes  font  de  lui. 
Je  continue  à  ne  faire  ufage  que  des  heures  marquées  par 
ia  grande  horloge. 

2  8    Oélobre. 


T 

E  M 
de 

P  S 

T 

E  M 

P  S 

L'H 

0  R  L 

0  G    E. 

vrai. 

H. 

Ah 

S. 

H. 

M. 

s. 

4- 

54. 

30 

7- 

21. 

15 

5- 

I  0. 

50 

7- 

38. 

0 

6. 

I. 

5 

8. 

29. 

59 

6, 

18. 

17 

8. 

47- 

24 

6, 

2^. 

40 

8. 

56. 

16 

6. 

37- 

20 

9- 

7- 

0 

6. 

44. 

40 

9- 

15. 

0 

7- 

2. 

30 

9- 

32. 

$5 

7- 

14. 

0 

9- 

45. 

0 

7- 

arasant 

20. 

(jUTBifliini 

55 

9- 

52. 

0 

lOJJMMiiJwraŒ: 

NOMS 

des 

Astres, 


AZIMUT 

de 

l'A  s  t  r  e. 


La  Comète. .... 

La   même 

oL  de  i'Aigie.  .  .  . 

La  même 

La  même 

La  Comète 


La  même 

CL  de  i'Aigie .... 


La  Comète. 
La  même . . 


5^ 

73 
6y 

7ï 

73 

5)2 

94 
81 


M. 


o   O. 

o 

o 

o 

o 

30 

o 

o 


100.      o 
ICI.    32 


HAUTEUR 

de 

L'Astre. 

n.      M.       s. 


32 

31 

24 

21 

20 

19 
18 

ï5 

ou 

14 
13 


25. 
47* 

I. 
45. 

23  * 

2  2  * 

33- 

33- 
14. 

14. 


o 
o 
20 
o 
o 
o 
o 
o 

30 

o 
o 


iiiMiirfWi<mKftf't»ifft'mvi-ii<wiiwiiftM>ii<iii  iiuiiiffli*  ^iit.wif  Biiriifiii'v.-iHi«ffiaff.'gassmaBi.*iii« 


DES    Comètes. 


^3' 


TEMPS 
de 

l'Horloge. 


H.      M. 


5-      3 
5.    20 

Idem. 

5.     27 


5> 
38 


7.     30 
7.     35 


TEMPS 

vrai. 


//.      M- 


7.  30 

7.  48 
presque, 

7-  5  5 

8.  3 
8.  6 

10.  2 

10.  8 


NOMS 

des 

ÉTOILES, 


(^  de  l'Aigle . 
jS  du  Cygne . 
^de  l'Aigle. 
/3  du  Cygne. 

La  Lyre.  .  . 
a.  de  l'Aigfe 

iS  du  Cygne . 

a.  de  i'Aigîe . 


..s  ^.i~^  ij....tM>.mcwu.iT!ai»a» 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 
AUX    Étoiles. 


D. 


4. 
I  2. 

4. 
I  2. 
I  2. 
21. 

15- 
16. 

13- 
13- 


y1^. 


25  R. 

4(j  R. 

30  S. 

48  R. 

58  S. 

35  S. 

55    R-* 
II    S. 
10    S. 

4    R:: 

i^.      30    S. 


J2C)    06lobre. 


Z). 

yj/. 

4. 

22 

I  2. 

'•-r  ' 

;72 

4- 

25 

I  2. 

44 

2  I  . 

I  I 

15- 

53 

I  2. 

5  5 

I^. 

1 1 

Al. 


4.     22 


21.     30 


TEMPS 

de 

Il'Horloge. 


H. 


5 
5 
5 

6 
6 

9 
9 
9 
9 

I  o 
I  o 
I  o 
I  o 


M. 


32. 
43. 

51- 

3- 
10. 

18. 

25- 
19. 

29. 

39- 
50. 


o 

25 
5^ 

35 

40 

15 

45 
o 

10 

55 
25 


o.  30 

28.  5 

43.  25 

55-  45 


TEMPS 


H.  M.  S. 


5' 

19. 

33 

5- 

38 

9 

5- 

49 

0 

5- 

5^ 

0 

^. 

3 

0 

6. 

1 1. 

0 

8 

53 

0 

9 

3 

0 

9 

13 

0 

9 

23 

0 

9 

32 

.  29 

9 

57 

.  38 

10 

1 1 

•  31 

10 

22 

.  45 

NOMS 

des 
Astres. 


a  de  i'Aigîe. 
a  de  l'Aigle 
a.  de  l'Aigle. 
La  Comète. 
La  même.  .  . 
La  même .  .  . 
La  même  .  .  . 
La  même  »  .  . 
La  même  .  .  . 
La  même .  .  . 
La  même  .  .  . 


a  de  l'Aigle 


La  même .  . 
La  même.  . 
La  Comète. 


AZIMUT 
de 

l'Astre, 


15 
18 

2  I 

47 

49 

51 

53 
92 

94 

96 
98 

81 

87 
90 

I  I  o 


Al. 


(f)    O  O. 

30 
o 

o 

o 

o 

o 

o 

o 

o 

o 

41 

o 
o 

15 


HAUTEUR 

de 

l'A  s  T  R  E. 

n.      Al. 


(f )  L'Étoile ,  die  Tycho  ,  pouvoit  avoir  paiTé  cet  azimut ,  mais  de  b'en 

Xxx  i| 


s. 


41 

1 0. 

40 

43- 

40 

21. 

44 

3- 

43 

z6. 

42 

19- 

41 

53- 

20 

4. 

18 

.  43. 

17 

19. 

\6 

.  0. 

15 

0. 

1 1 

35- 

9 

33- 

7 

50. 

o 

o 
o 
o 

30 

o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
50' 


peu, 


53^ 


Histoire 


TEMPS 

de 

l'HorJoge. 


H.     M. 


6. 
6. 
6. 

7- 
7- 
7- 

10. 

I  o. 


38 

47 

7 

19 

38 

5 
46 


TEMPS 
vrai. 


H.      Aï. 


7 

7 

9 
10 


22 

3<5 

39 
48 

I 

37 
14 


N    O    M    S 

des 

ÉTOILES. 


(^  de  i'Aigle .  .  ,  .  . 

/o  du  Cygne 

CL  d'Ophiuchus .  .  . 

La  même • 

oL  de  l'Aigle 

La  Lyre 


^  de  l'Aigle, 
La  même. .  . 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 

AUX     ÉTOILES. 


D.        M- 


5 

5 

13 

^3 

18 

19 
18 

18 
17 

17 
20 

2 1 

5 
5 


35  R- 

40  S. 

24  R. 

45  S. 

30  R. 

o  S. 

32  R. 

58  S. 

18  R. 

3  5  S. 

55  R- 

\i)  S. 

45  S. 

46  R. 


£>.     JM. 


5.    36    * 

5-   34 


iJ.     ykf. 


au  plus. 


13- 

^9     : 

r^  >T 

18. 

38* 

18 

37- 

18.   38  bis. 
ly.  30 

17- 

1(5 

20. 

25     i 

21.     3 

Tycho  dit  que  ia  dernière  obfervation  de  la  didance  de 
la  Comète  à  ia  Lyre  ed  bonne  j  &  qu'elle  a  été  priie 
deux  fois. 

Le  30  Oélobre,  à  midi,  i'horîoge  avançoît  Je 45^ 40"» 

3  o   Oélobre. 


T 

E  M 
de 

P  S 

T 

E  M 

P  S 

NOMS 
des 

A    Z    I   M 

de 

U   T 

HAUT 
de 

EUR 

L'H 

0  R   L 

0   G   É. 

vrai. 

A    S    T    ïl    É    S. 

l' A  S  T  1 

V  E. 

l'A  s  t 

R   t. 

H. 

M. 

S; 

H. 

yi/. 

s. 

D.            M. 

iî. 

M. 

13. 

30 

S' 

9- 

28 

a  de  l'Aigle 

13.      0 

0. 

41, 

19 

20. 

0 

5- 

15- 

34 

La  même ....... 

I  5,        0 

41. 

8 

)  • 

26. 

10 

5- 

21 . 

42 

La  même  ,...  =  .. 

17.      0 

40. 

55 

43' 

20 

.  .  .  . 



La  Ccmèie» ..... 

47-      0 

44. 

18 

50. 

50 

.  .  i  . 

.... 

La  même .  .  .  .  é  .  . 

49-      0 

43. 

40 

é 

58. 
5- 

n  Q 

?  T              0 

42. 
42. 

5^ 
8 

3  5 

La  même ....... 

53.          0 

artiotfi 

DES    Comètes, 


533 


T  E  M  P  S 
de 

THorioge. 

H.        M. 


6.  15 

6,  23 

6.  29 

6.  ^6 


TEMPS 

vrai. 
n.       M. 


NOMS 

âes 

Étoiles. 


6.  5 

6.  11 

6.  18 

6.  24 


a  de  l'Aigle..  .  .  .  . 

a.  d'Ophiuchus  .  .  .  . 

La  Lyre 

(h  du  Cygne ...... 


DISTANCES  DE  LA  COMÉ  'Y  E 
AUX     Étoiles. 


D,  M. 


18 

19 

20 

20 
14 
14. 


41  R 
5^  S 
17  R 
29  S 
29    R 

49  S 
40    R 

49    S 


/?.         Al, 


17.    I  o 

20.   ad 


z?,      yj^. 


18.      ^yy 


2Ô.      4<? 


"r-r.«f<itrHTt\vTi>t«ffi'ff,^-™j<™''iMtT!^jjjw..AaiM.i»37..7Tyi^^^,rY.[''j'Tia.rfiTffrrn''^^ 


Le  3  I  ,  à  midi,  i'horloge  avançoit  de  i^  45'   lo'^. 

3  î    06lobre* 

Les  azimuts,  les  Iiaiiteiirs  &  les  huit  premières  diflances, 
ont  été  prifes  par  les  difciples  de  Tycho  à  Uranlbourg;  ies 
douze  autres  dillances ,  par  Tycho  à  Eifmbourg, 


T 

L'H 


E  M  P  S 
de 

o  R  L  o  G    E. 


H. 


M. 


4 

•    45 

4 

53 

5 

.      6 

5 

2^ 

5 

37 

5 

46 

7 

T  2 

7- 

19 

7- 

30 

7' 

41. 

8. 

29. 

E  M  P  5 
vrai. 


//. 


/Vf,      S. 


50 

20 

15 

40 

35 
î  I 

o 

50 

48 

50 

4^-    50 
58.    50 

I  2»     20 


î  i 

17 
^5 
43 
52 
o 
14 
20 
30, 
39. 
20. 

35' 
4(5. 

57- 


3û 
41 

34 
o 

o 

o 

48 

0 
ô 
o 
o 
o 

5ï 


N    C)    M   S 
des 

Astres. 


AZIMUT 

de 

l'  A  s  T  R    E. 


a  de  l'Aigle 
La  même. . 
La  même  . . 
La  Comète. 
La  même .  . 
La  même .  . 
CL  de  l'Aigle 
La  mêm.e ,  . 
La  Comète. 
La  même .  . 
La  même    . 
La  même .  . 
La  même.  . 
a  de  l'Aigle 


D. 


Aï. 


15. 

17- 
19. 

52. 

55- 

'>7' 

51- 

53- 

7^' 
82, 

90. 

93- 

95- 
76. 


o 
o 

30 

30 
o 
o 

30 

o 
o 
o 

o 
o 
o 
o 


o. 


HAUTEUR 

de 
l'A  s  t  r  e. 


»tam°ji»»Yi»ifmr-.^»rY'w  ti  yiffi'MiiTTmairiTiiini 


41.  8 
40.  52 

40.  24 

42.  38 

41.  32 
40.  39 
31.  39 
30.  50 
29.  3 
27.  49 

2  2.  O  \tcr 
19.  54 
I  8.  34 
18.  41  I 


/r. 


534 


H    T    s    T    0    T    R    E 


IT  E  M  P 

de 
i'HoiIo^e. 


H.      M. 


3 

4 

5 
6 

7 
8 

5^ 
r  o 

I  I 

r  2 

13 
14 

15 

17 

t8 

19 

20 


^. 
6, 
6, 

7- 

7- 
8. 

8. 


5^ 

4 

15 


577 

57 


^  • 
5- 
5- 


30 

3  5 

45 
o 

5 

r  o 

20 
40 

45 

55 

20 


TEMPS 


yj^. 


9 
17 
27 

3^ 

4.() 

5^ 

59 

5 


N    O     M    S 

des 

•  ÉTOILES. 


DISTANCE  SDE  LA  COMÉ 
AUX    Étoiles. 


D. 


M. 


a  de  l'AioIe. .  . 
a  d'Ophiuchus . 

La  Lyre 

(h  du  Cygne  . .  . 
a  d'Ophiuchus  o 
a.  de  i'Aigle..  . 

La  Lyre 

/3  du  Cygne    .  . 


a  de  i'Aigfe..  .  . 
CL  d'Ophiuchus.  . 
^  de  I'Aigfe.  .  .  . 


et  de  l'Aigîe. 


|aa«i»agaguM^av-jj.Agi'ywjMW>~  j  v^^rrmirrr. 


La  même ...... 

et  d'Ophiuchus.  . 

La  même 

(h  du  Cygne.  .  .  . 

La  Lyre 

a  de   l'Aigîe. .  .  . 

La  même '  •  •  !    -*^* 

(h  du  Cygne f    15 


20. 
16, 

20. 

16. 

20, 

20. 

15- 

rp. 


19. 

20. 

15- 
15. 

15. 
20. 
20. 


I 
8 

45 

45 

4 

25 
4.0 

43 

50 
o 

3 

50 

4 

55 

57 

-5 
I  2 

8 


8    S. 


£>. 

yw. 

19. 

55 

15- 

50 

20. 

2  2 

15- 

27 

15- 

4<S 

20. 

2 

20. 

17 

15- 

25 

20. 

10 

15- 

48 

20. 

34 

20. 

14 

i?  .       AI. 


Tyclio  aîïïire  qu'ii  avoit  vérifié  Ton  horloge  fur  le  coucher 
du  Soieifc 

Les  diilances  prifes  par  les  difciples  de  Tycho  ,  ne 
paroiiT  nt  pas  s'accorder  bien  parfaitement  avec  celles  que 
Tycho  lui-même  a  déterminées. 

La  Comète  étoit  le  3  i  Oc%bre  à  peu-près  égale  en  gran- 
deur à  la  claire  de  i'Aigle  ,  un  peu  plus  livide  cependant  : 
elle  n'éîinceloit  point;  on  auroit  pu  la  comparer  à  Saturne; 
mais  celui-ci  la  furpaifoit  en  éclat.  La  queue  paroilToit  peu  ^ 
à  caufe  des  nuages  qui  la  couvroient  fréquemment;  elle 
étoit  plus  vifible  la  veille.  Tycho  donne  fouvent  fa  direélion 
vers  différentes  Étoiles  :  ces  fortes  d'obfervations  n'offrent  rien 
d'intéreffant.  Je  me  contente  de  remarquer  que  des  obfer- 
vations  de  Tycho ,  il  fuit  que  la  queue  de  la  Comète  étoit 
toyjolirs  aiïez  direélement  oppofée  au  SoieiL 


DES     Comètes.  53J 

I  o    Novembre. 

La  Comète  parut  vers  l'occident,  aiiffi  belle  qu'on  l'avoît 
vue  le  mois  précédent  :  fa  queue ,  très  -  aifée  à  diftinguer , 
étoit  comme  courbée  dans  fon  milieu  ;  elle  étoit  plus  large 
vers  fon  extrémité  que  vers  fa  naiffance  de  la  tête  de  la 
Comète.  Une  demi -heure  environ  avant  que  les  cornes  du 
Bélier  paffalfent  au  méridien,  c'eft-à-dire  vers  neuf  heures 
&  un  quart,  une  ligne  droite  tirée  d'/  du  Cygne  à  et  de  la 
Lyre,  &:  prolongée  au-delà  de  la  Lyre,  auroit  pafTé  par  le 
centre  de  la  Comète  ;  &  la  diftance  de  la  Comète  à  cl  de 
la  Lyre,  prife  avec  le  rayon  aftronomique,  étoit  de  ix^  j'^ 
Cette  obfervaîion,  faite  fur-tout  au  voifmîige  de  l'horizon, 
ïfeft  propre  qu'à  déterminer  bien  gro (fièrement  le  lieu  de 
la  Comète.  La  longitude  de  cet  aftre  auroit  été  ,  félon  cette 
obfèrvation  ,  de  8^  20^  42'  46''  ,  &  fa  latitude  boréale, 
de  42^  37'  55"  :  en  comparant  ce  réfultat  à  celui  à^s 
autres  obfervations  de  Tycho  ,  l'erreur  doit  être  d'environ 
un  degré,  tant  en  longitude  qu'en  latitude;  la  réfraélion, 
dont  on  a  négligé  l'effet  dans  le  calcul ,  ne  peut  être  la  feule, 
ni  même  la  principale  caufe  de  cette  erreur. 

12    Novembre. 

Tycho  avertit  que  dans  \qs  obfervations  Je  ce  jour, 
faites  avec  ie  fextant,  il  n'y  avoif  aucune  parallaxe  de  l'œil 
à  corriger. 

A  7^  2 8'  de  i'horioge,  Aîgénib  de  Pégafe  paffa  au  méridien  '. 
donc  temps  vrai,  7^  57'  -•  s"' 


Î3^ 


H   I    s    T  0    I    R    E 


p«TV»M'!lwl'Ui».l«-»»l''t'>><»a«)-»<»»rirCT>'W»i>Tmy.^^ 


•o    TEMPS 

^  de 

^       i'Horlogs. 


H.       M. 


1> 
4 

6. 

5 

6. 

6 

6. 

7 

7- 

8 

7- 

î^ 

7- 

I  o 

7- 

r  I 

7- 

I  2 

7- 

().      o 

îdcm, 
6.  30 
35 

4-5 

51 
o 

5 
19 

25 

4.0 

45 


TEMPS 
vrai. 


H.     /W. 


6.    2f) 

Idem> 
6 


7- 

7- 

7- 

7- 

7- 

7- 

7- 
8. 

8. 


59 

4 

14 

?.o 

34 
48 

54 
9 

î4 


NOMS 

des 

Étoiles. 


a.  d'Ophiuchus 
La  iTiémc. .  .  . 
a.  d'Hercule  .  . 
La  même.  ■  . 
Cf.  d'Ophiuchus 
La  même. .  .  . 
La  Lyre .... 
(T  d'Hercule-  . 
La  même. .  •  . 
e.  d'Ophiuchus 
La  même. .  .  . 
C  de  l'Aigfe, . 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE. 
aIjx    Étoiles. 


M. 


23 

9 
9 
5 
6. 

19. 


o 

13 

I  2 

59 
I 

16 

48 

51 

59 

o 

30 


R. 
S. 
R. 
S. 
R. 


Z3.      yv:f.        !      -O 


6.     8 

8.  20 
6.     ^ 

23.  27 


^^  y  A  !  'mflant  de  cette  quatrième  obfervation  ,    îa  Comète  étoit  en  ligne  droite 
avec  la  Lyre  &  a.  d'Ophiuchus,  plus  haute  que  cette  dernière  Etoiie, 

La  queue  de  ia  Comète  avoit  environ  trois  degrés  de 
longueur  :  quoiqu'elle  fût  encore  fort  rare  ,  on  la  voyoit 
^Tiieux  ^ue  \t^  autres  jours ,  nonobflant  le  clair  de  Lune* 

1 3   Novembre. 
Markab  paiïa  au  méridien  à  6^  i  5'  de  îa  pendule;   iî 


étoit  donc  alors  6^ 


45     25     temps  vrai. 


Ta. 

O 


TEMPS 
de 

f  Horloge. 


H.      M. 


6. 

6. 
7- 


38 

38 
43 


TEMPS 

vrai. 


H.      M. 


6,  5 

7- 

7.  I 


3 


NOMS 

des 
Étoile 


et-  d'Ophiuchus 
a.  d'Hercule  . .  . 
^  d'Hercule. . 
La  Lyre .  .  .  .  , 
a  de  l'Aîgie..  . 


^^;..KjlMU|.J^.i(Jiy^^«l«^ 


DISTANCES  DE  LA  COMETE 

AUX      ÉTOILES. 


M. 


5.  31 

7.  16 

9.  25 

23.  44 

33.  24 


D.        M. 


5-    34 


M. 


Aux 


DES    Comètes,  537 

Aux  deux  dernières  oblervations  ,  la  Comète  étoit  bien 
voifiiie  de  i'horizon  :  ces  deux  oblervations  doivent  paiTer 
pour  un  peu  équivoques. 

1 5    Novembre. 

A  4^  55'  de  i'horloge ,  g  de  Pégafe  pafla  au  méridien 
avec  42^^  9'  de  hauteur:  on  en  conclut  5^  16'  48"  de 
temps  vrai. 


o 


TEMPS 

de 

i'Horloge. 


H. 


M. 


5' 

5- 

6. 

6. 


3^ 

45 

o 

9 


TEMPS 

vrai. 

H. 

M. 

5- 

58 

6. 

7 

6. 

22 

6. 

31 

NOMS 
des 
ÉTOILE 


a.  d'Ophiuchus .  .  . 

a  d'Hercule 

ce  d'Hercule 

a  d'Ophiuchus .  .  . 


DISTANCES  DE  LA  COMÈTE 
AUX    Étoiles. 


Ai. 


48   R. 

54 
5  5 
48  j 


:jui'  nniMf&UMWM, 


17   Novembre. 

A  7^  30'  de  l'horloge,  et  d'Andromède  étoit  au  méridien; 
II  étoit  donc  en  temps  vrai  7^  31'  32".  Tycho  ne  prit  ce 
jour -là  que  deux  diltances  avec  le  rayon.  A  7^^  35'  dé 
l'horloge  ou  7^  3<^'r  temp^  vrai,  la  Comète  étoit  à  4^  28' 
de  la  tête  d'Ophiuchus,  &  onze  minutes  après,  à  4^^  28^ 
de  la  tête  d'Hercule.  Cette  dernière  Etoile  étoit  alors  bien 
voifme  de  l'horizon  ;  ce  qui  rend  cette  obfervation  un  peu 
douteufè. 

2  5    Novembre, 

Le  Vendredi  2  5  Novembre ,  vers  6  heures ,  Tycho  faifant 

voile  d'Uranibourg  vers  le  Schônen  ou  la  Scanie  ,    vit  la 

Comète   comme   une  Étoile  de  la  féconde  grandeur.   Elle 

étoit  plus   balTe  que    ia  tête   d'Hercule  ,     dont   elle   étoit 

Tome  J,  ^YJ 


M. 


D.        M. 


^38  Histoire 

diftanie  d'environ  un  degré  &:  demi  :  une  ligne  droite  tirée 
par  cette  Étoiie  6c  par  la  Comète  auroit  atteint  y  du  Cygne. 
Celte  diflance  &  cet  alignement  donneroient  à  la  Comète 
8^"  11^  10'  de  longitude,  &  38^  ^^'  50"  de  latitude 
boréale. 

I  2    Décemibre. 

\-Qs  obrervations  fuivantes  font  d'un  difciple  de  Tycho. 


z 

T  E  M  P  S 
de 

THoricgc. 

H 

T  E  -M  P  S 

vrai. 

N    0    M    S 

ÉTOILES. 

DISTANCES  DE  LA 

AUX      É    T    0    I    L 

COMÉTE 

E    S. 

< 

H.      I-:. 

D. 

D.         M- 

-•-'■ 

I 
3 

I  8.   25 
18.  42 
18.  49 

18.    25 
18.   42 
18.    49 

jc  d'OpIliucîiUj.  .  .  . 
y  d'Ophiuchus .... 
CL  d'Ophiuchus .... 

7.      29   K. 
14.     45 
16.        0    * 

8.   20 
15.   27 

Les  18,  ip  (Se  20  Décembre,  &  \qs  jours  fui  vans , 
Tycho  (Se  i^i  diiciples  cherchèrent  en  vain  la  Comète. 
Hévélius  dit  cependant  que  Matthias  Meine  i'obferva  jufqu'au 
I  I  ,  ou  même  jufcju'au  14.  Janvier  158  i. 


DES    Comètes.  539 

Table     des    lieux    de   la    Comète    de    i  J  8'o , 
calcidés  fur  les  Ohfervations  de  Tycho. 


JOURS 

des 
Mois. 


Oa.  10 


I  I 


I  2 


21 
z6 
28 
29 

Nov.  1 2 

13 

15 

17 

Dec.  12 


TEMPSTEM  PS 


vrai. 


H.     M. 


moyen. 


H.     AI. 


7.    II 

7.  38 

7-  31 

8.  21 

8.  44.  i 

7.  41 

8.  7 
8.  22 
7.  16 

7.  58  f 

8.  34 
I  r.  46 

8.  5^ 

9.  II 
^.  30 
9.  27 
9.  30 


6.  yz 
8.     ^ 

10.     8 

7.  19 
^.  18 

8.  21  J- 
8.45 

14 


7 
47  T 

33 
4^ 


6. 

7- 
9- 

7- 


7- 

7- 
8. 

7- 
7- 
8. 

1 1. 


6. 

9- 
9- 


5^ 

23 

31 
16 

29 
26 
52 

y 

o 

42 
18 

30 
40 

55 
14 

1 1 

14 


6.  1,6 

7.  50 


9.  52 

7.  3 

^.        2i 

8.  5 
8.  29! 

7-     I 
6.  55 

5-  55 

7-  3  5 
8.  33 

8.  4^ 


rt.',*'am"Jim'j'Ni'"r  'fi-ju 


OBSERVAT, 
de  Tycho, 

comparées. 


2.=  &  3.^ 

4.^  &  5.^. 

2.^    <5c   3.*. 

7.=  &  8.^ 

Markab  méd 
i.^=  &  2.^ 
3.^   &4.=  ^ 
Markab  méd 

I."  &  2.^ 

Médiat.  .  . 
5."  6.^  &  I 
14.* 

2.^  &  3.^ 

Algénib  med 
4.^  &  5.^ 

lo.'&ii.Y/i) 

d.^  &  8.' 

ii.^&i3.Y4; 
5.^  &  6.^ 
7."^  &  8.* 
5."  &  6." 
i."  &  3.^ 
i."  Vertical  ^^; 
17.'  &  18.". 
3.^&  5.^  . 

i.'"  &  2.^. 

I."  &  2.^  . 
I.'^  &    2.^  . 

i.^^  &  2.^  ^/4; 
2.^  &  3.^  ('a; 


SlJBli.Ji'lm'tAI^MLH.S'.t-^VJJI 


LONGITUDE 
de 

la    C  O  iM  È  T  E. 


n.      AI. 


S. 


36. 
44. 

7- 

24- 


13- 
13- 
13- 

9- 

9- 

9- 

S- 

5- 

5- 
I. 

I . 

o. 

o. 

14. 
14. 
14. 

o. 

o. 

16. 

I  6.  46. 
II.  47. 


15- 
8. 

î6. 

7- 
1 1 . 

58. 

25. 

41. 

38. 

53- 
14. 

17- 

2  "7. 


I    I. 

9- 

7- 

5- 

5- 
19. 

18. 

id. 

14. 

3- 


35- 
32. 

31- 
17- 
51- 

34- 
29. 

34- 
37- 
57- 


L  .1-  qi&B^<J'l..  j^t 


-  ) 
30 

20 
5 

I  o 

18 

20 
45 

40 

15 
o 

4 

55 

45 
26 

50 
25 
S) 

15 

o 

40 

40 

30 

30 

30 
o 

30 

20 
I  o 

30 

5  5 

■XJ.it..  -M-. 


latitude! 

fcoréaîe. 
z?.       AL      S. 


4- 

4. 

':r.'V 

4- 

9- 

4. 

/• 
8. 

8. 

39- 
58. 

10. 

10 

^5 
5^ 

1 1 . 

30. 

.50 

1 1 . 

3  5- 

I  0 

1 1 . 

34- 

5 

14. 

5  5- 

20 

15- 
^5- 

s! 

44 
0 

I  >• 

30. 

37 

26. 

52- 

50 

26. 

53- 

27 

26. 

41. 

40  . 

34. 

26. 

40 

34- 

24. 

10 

39- 

1 1. 

20 

39- 

10. 

I  0 

40. 

18. 

20 

40. 

33- 

0 

40. 

42. 

30 

41. 

I . 

20 

41. 

28. 

5^ 

41. 

18. 

20 

41. 

-5 

41. 

14. 

0 

40. 

40. 

1 0 

40. 
23- 

:)  ■ 
44. 

40 
o{l) 

24. 

!/• 

0 

fîj  De  la  cortihinairon  des  deux  mêmes  obfervations  deuxième  &  troifîème ,  Tvclio 
conclut   la  longitude  de  la  Comète  en    ii^  13'!  25';  détermination  qui  s'accorderoit 

Yyyij 


540  Histoire 

Dans  la  Table  précédente,  i'expreffion  med.  owmédiaî. 
dénote  que  la  pofition  coiTefpoiidante  de  la  Comète  a  été 
conclue  de  la  médiation  de  la  Comète  ou  de  fon  paffage  au 
méridien  combiné  avec  le  palTage  d'une  Etoile  fixe ,  dont 
je  nom  précède  ladite  exprefiion.  On  a  auiîi  employé  une 
fois  le  patîage  de  la  Comète  par  le  premier  vertical ,  pour 
"*  déterminer  la  longitude  &  fa  latitude.  Mais  ces   détermina- 

tions font  les  plus  incertaines  de  toutes  ;  Tycho  fe  déficit 
lui-même  de  l'exaélitude  de  i^s  obfervations  de  patfages  au 
méridien  ;  il  recommande  de  s'en  rapporter  aux  feules  ob- 
fervations à^s  diftances. 

Halley  a  calculé  l'orbite  de  la  Comète  de  1580  fur  les 
obfervations  de  Mefllin  ,  \ç:s  moins  mauvaifes  dont  il  eût 
connoifTance  :  j'ai  appliqué  fa  théorie  aux  obfervations  de 
Tycho  ;  j'ai  trouvé  des  erreurs  de  près  d'un  degré.  Je  me 
fuis  déterminé  en  conféquence  à  calculer  de  nouveau  \t^ 
élémens  de  l'orbite  de  cette  Comète  fur  les  obfervations  de 
Tycho  ;  mais  quelque  foin  que  j'y  aie  apporté ,  je  n'ai  pu 
concilier  le  calcul  avec  les  obfervations  qu'à  10  ou  \% 
jninutes  près.  Voici  le  réfultat  de  mon  travail  : 

Lieu  du  nœud  afcenJant 0^19*^      y    37". 

Inclinaifon  de  l'orbite  à  l'éciiptique. ..  .  64,.    51.    50. 

Lieu  du  périhélie 3,     19.    11.    55, 

Logarithme  de  la  diflance  périhélie..  9,774903. 

Paffage  au  périhélie  en  Novembre.  ...  28'    i  3''    54.'. 

Sens  du  mouvement Direél. 

Cavitelli  divife  en  deux  la  Comète  Je  lySo. 
I  58  I.  Au  mois  de  Septembre,    on  vît  une  Comète  en 
Cavît.     Normandie  ,  &  dans  \ts  provinces  circonvoifmes. 

beaucoup  mieux  que  la  nôtre  avec  les  deux  autres  rélultats  que  nous  avf  «s  propofés 
pour  te  même  jour.  Tvcho  avoit  apparemment  corrigé  la  diftance  prife  entre  Algénib 
&  la  Comète  ,   ;iutrement  il  fe  feroit  trompé  de  20  minutes. 

(k)  Les  obfervations  ,  marquées  de  cette  lettre ,  ont  été  faites  ,  non  par  Tycho ,  mais 
par  ^t%  diiciples. 

(  l)  De  ces  deux  mêmes  oblervations  TycFio  conclut  la  longitude  de  la  Comète  de 
S*"  3<i  50'  30"  &  fa  'atitude  de  zû/^  17'  :  il  avott  peut-être  fait  aux  obfervations  à^i 
corredions  qu  il  ne  nous  a  pas  commUHiqué«» 


DES    Comète  s.  54  i 

1582.   *   Première  Comète. 

En  parcourant  ies  Annales  du  monde  ,    nous  avons  fou- 
vent  accufé  le  filence  des  Auteurs  su  fiijet  de  l'apparition, 
du  lieu ,    du  mouvement   &    des  autres  phénomènes    des 
Comètes.    Inflruits  par  les   détails  qu'ils   auroient  pu   nous 
tranfinettre,  combien  d'orbites  de  Comètes  n'aurions  -  nous 
pas  calculées  !  la  théorie  de  ces  Aftres  leroit  peut-être  main- 
tenant aufîi  perfeélionnée  que  celle  àes  Planètes.  Je  fuppofe 
que   les    détails  de    ces   Auteurs   euifent  été  exacls,    &:  par 
conféquent  réfléchis  :    car   loriqu'un  Ecrivain ,   entraîné  par 
des  préjugés  ,   Toit  contraires  ,    loit    même   conformes  à  la 
vérité ,  ne  fait  attention   aux  phénomènes ,   qu'autant  qu'ils 
peuvent  appuyer  l'opinion  qu'il  a  embralîée  au  haiard ,    il 
rapporte  tout  à  ce  but  ;  il  traite  légèrement ,  négligemment, 
fauflement   même  les  circonllances  qu'il  juge   étrangères  à 
ion  objet.    Souvent  un   tel    Ecrivain    nous   auroii  éié  plus 
utile  par  fon  filence,  que  par  des  détails  ir;a!liables  de  laits 
contradiéloires.  Tel  a  vrailèmbiablement  été   Antoine  San- 
tucci  de  Ripomaranci.  Il  entreprit  de  prouver,  veïs  le  com- 
mencement du  dix-fepiième  fiècle,  que  les  Comètes  étoienî 
fupérieures  à  la  Lune;    leur  défaut  de  parallaxe  lormoit  fa 
preuve  la  plus  démonftrative  :  julque-là  Santucci  ne  mérite 
que  des  éloges.  Mais  rempli  de  ce  ïeul  objet,  Santucci  paroît 
avoir  négligé  tout  le  refle;    les  dates  iur-tout  fembleni  être 
pour  lui  des  circonflances  abfolument  indifférentes.  Aijifi  il 
rapporte  à  l'an  i  55)7,  l'apparition  d'une  Comète,  obfervée 
bien  certainement  en  l'année  précédente.  Ainfi  au  mois  de 
Mars    1582,   il  règle   le  lieu  du  Soleil  furie   Calendrier 
Grégorien ,    qui  ne  fut   établi  qu'au   mois  d'Oélobre  de  la 
même  année.   Ces  anachronifmes  ne  me  permettent  pas  de 
faire  ufage   de  l'obfervation   d'une  Comète  qu'il  dit  avoir 
faite  au   mois  de  Mars    1582:    qui  nous  aiîurera  en  effet 
qu'il  n'y  a  point  d'erreur  lur  la  date  de  l'année  \  Santucci 
obfervoit  à  Rome  à  la  Trinité  du  Mont  :  «  Au  commence- 
ment du  mois  de  Mars ,  dit-il ,  le  Soleil  fe  trouvant  en  i  z  « 


J42  Histoire 

s»  degrés  àçis  Poiflbns ,  ia  fource  de  l'éclat  (  e'eft-à-dîre  la  tête  ) 
»  de  ia  Comète   étoit    veri  ie  commencement   du  Taureau. 
»>  Elfe  parut  d'abord  le  matin ,  fur  l'horizon  oriental ,  avant  le 
»  lever  du  Soleil.  Le  lo  Mars,  le  Soleil  étant  en  20  degrés 
«  àiQs    Poiflbns ,   la   têie  de  la  Comète  étoit  en  6  degrés  du 
>»  Taureau  ;   fa  diftance  à  l'Equateur ,  du  côté  du  nord ,  étoit 
»  précifément  de   \j^  o\  Le  même  jour  le  Soleil  fe  coucha  à 
»   5^48':  mais  la  tête  de  la  Comète  pafla  au  méridien  à  2^ 
»  50',  &  fe  cacha  fous  l'horizon,  du  côté  de  l'occident,  vers 
»   10  heures.  Le  Soleil  fe  leva  à  18^   i  i',  &  la  Comète  4^ 
I  g'  avant  midi  ».  Santucci  ajoute  que  cette  Comète  fut  vue 
jufqu'au  milieu    du  mois    d'Avril,    que  fa  queue  avoit  x6 
degrés  de  longueur,  que  la  Comète  même  étoit  moins  lon- 
gue (Se  moins  grofle,  mais  plus  éclatante  que  celle  de  i  577, 
Santucà    ^^'  -^^  Soleil  au   commencement  de   Mars,    (le  2  Mars, 
sap.  xiir,  nouveau  ftyle  )    étoit,  lelon  Santucci  ,   en  12  degrés.^ des 
PoifTons ,  Se  la  Comète  vers  ie  commencement  du  Taureau: 
donc  la  Comète  étoit  de  près   de    50  degrés  plus  orientale 
que  le  Soleil  ;  comment  a-t-eiie  pu  être  obfervée  le  matin , 
du  côté  de  l'orient ,  avant  le  lever  du  Soleil  !  Dira-t-on  que  fà 
déclinaifon  boréale   pouvoit  être   aflez  forte  ,   paur  qu'elle 
parût  avant  le  Soleil  fur  l'horizon  \    Cela  pouvoit  être  Ç^lus 
doute.  Mais  en  premier  lieu  dans  cette  hypotheie,  la  Comète 
auroit  été  bien  pks  vifible  le  foir  que  le  matin  :   pourquoi 
donc  un  Aftronome  nous  dit-il  fimpiement  qu'on  ia  voyoit 
d'abord  ie  matin  \  De  plus ,  fi  eiie  fe  montroit  réellement 
le  matin  avant  le  lever   du  Soleil ,    quoique  de  5  o  degrés 
plus  orientale  que  cet  Aftre ,   elle  devoit  paroître  vers  l'ho- 
rizon feptentrional ,  plutôt  quau-dejfus  de  l'horiipn  oriental. 
Enfin,  en  admettant  qu'au  commencement  de  Mars  la  Comète 
avoit  40  degrés  de  déclinaifon ,  &  que  le  i  o  du  même  mois, 
comme   ie   dit  Santucci,   elle  n'en  eut  plus   que    17,   fon 
mouvement  en  longitude  ayant  été  aiïez  lent,  quoique  félon 
î'ordre  des  fignes ,  elle  a  dû  varier  beaucoup  en  latitude  du 
nord  au  fud  ;  elle  a  dû  paffer  bientôt  au  fud  de  l'écliptique, 
fe  perdre  dans  les  rayons  du  Soleil   &:  ceifer  d'être  vilible 


DES    Comète  s.  543 

bien  avant  ia  fin  de  Mars  ;  &  cependant  on  nous  dît  qu'elle 
a  paru  jufqu'au  milieu  d'Avril.  Outre  ia  confufion  des  deux 
calendriers ,  que  j'ai  déjà  relevée ,  on  pourroit  demander 
encare  comment  Santucci  a  déterminé  l'heure  du  lever  de 
ia  Comète  &  celle  de  fon  pafîàge  au  méridien  \  tout  cela 
eit  arrivé  de  jour  ;  la  Comète  étoit-elie  vifjble  en  plein  jour, 
même  à  l'horizon  \  Comment  une  telle  Comète  a -t- elle 
échappé  généralement  à  tous  \qs  yeux ,  excepté  à  ceux  du 
feul  Santucci!  Celui-ci  ne  dit -il  pas  en  effet  qu'elle  éîoit 
fupérieure  en  éclat  ,  même  à  la  Comète  de  1577!  Ces 
raifons,  &  d'autres  fur  iefquelles  je  pourrois  encore  infifter, 
m'empêchent  de  décider  fi  la  Comète ,  obfèrvée  par  Santucci 
en  Février  ou  en  Mars  1582,  eft  la  même  qui  fi.it  obfèrvée 
deux  à  trois  mois  après  par  Tycho.  Struyck  difi;ingue  cqs 
deux  Comètes;  il  a  probablement  raifon.  Cependant  j'ai 
calculé  l'orbite  de  la  Comète  de  Tycho  de  différentes  ma- 
nières; &  j'ai  trouvé  une  théorie,  félon  laquelle  la  Comète 
ie  I  G  Mars  étoit  en  6^  ^'  du  Taureau  ,  c'efi-à-dire ,  affez 
précilément  au  lieu  où  Santucci  obferva  la  fienne  ie  même 
jour.  De  plus ,  félon  cette  même  théorie ,  la  Comète  de 
Tycho  étoit  au  mois  de  Mars  bien  plus  voifine  de  la  Terre^ 
que  iorfque  Tycho  la  perdit  de  vue  dans  le  crépufcule  ,  au 
mois  de  Mai  ;  elle  étoit  donc  vifible  en  Mars.  Mais  elle 
n'avoit  point  encore  alors  paffé  par  Ion  périhélie ,  &  fa  dif- 
îance,  tant  au  Soleil  qu'à  la  Terre,  excédoit  celle  de  ia 
Terre  au  Soleil  :  comment  accorder  ces  circonflances  avec 
l'éclat  qui  caracftérifoit ,  félon  Santucci ,  ia  Comète  du  mois 
de  Pvlars  !  De  plus  ,  la  Comète  de  Tycho  ,  ie  i  o  Mars , 
(  ftyle  de  Santucci  ) ,  devoit  avoir  41  degrés  de  déclinaifbn 
iioréale,  &  celle  de  Santucci  n'en  avoit  que  17  f/jj.  Enfin, 
ia  Comète  de  Tycho  a  dû  difparoître  avant  ia  fin  de  Mars; 
&  Santucci  fait  durer  l'apparition  de  la  fienne  jufqu'au  milieu 

('nj  On  pourroit  peut-être  dire  qu'il  s'efl;  gliffé  une  erreur  dans  le  narré  de 
Saritucci ,  qu'il  faut  y  lire  que  la  Comète  étoit  diilante  de  17  degrés  (  non  de 
l' Équareiif ,  mais)  de  l'Ecliptiquer  l'obfervation  s'éloigneroit  aiors  moins  du 
calcul.  Mais  alors  la  Comète  Te  Teroit  couchée  bien  après  i  o  heures. 


544  Histoire 

d'Avril.  Si  donc  îe  récit  de  Santucci  eft  vrai  dans  Çqs  prin- 
cipales circonflances ,  on  ne  peut  fè  difpenfer  de  reconnoître 
qu'il  a  paru  deux  Comètes  en  1582;  l'une  au  mois  de 
Mars,  vue  par  Santucci;  la  féconde,  vifible  peut-être  en 
Mars ,  mais  trop  foible  alors  pour  être  facilement  décou- 
verte,  invifible  en  Avril,  vifible  de  nouveau  en  Mai,  & 
réellement  obfervée  par  Tycho  en  ce  dernier  mois  :  car 
Tycho  ne  fe  contentoit  pas  de  voir  ,  il  a  circonftancié 
celle-ci  mieux  que  Santucci  n'a  fait  celle  du  mois  de  Mars. 

1^82.   *   Seconde  Comète. 

«  On  vit  une   Comète   au  mois    de  Mai,    dans  le    12.® 
"  degré  à^s  Gémeaux  ,    près   de  l'Etoile  appelée   la  Chèvre  : 
^  elle  avoit  une  queue  rayonnante ,    qui  s'étendoit  par-deffus 
C^mhdat.  Eiii.  &  au~delà  de  l'épaule  droite  du  Cocher.  »  Elle  fut  obfervée 
à  Gorlitz  dans  la  Liiface ,  entre  les  épaules  du  Cocher ,  de- 
Myiius.       puis  le  12  jufqu'au   23   Mai.  A  Tubingen  on  la  vit  le  ij: 
Crufius,P.IlI,  Mai  dans  même  lieu  du  Ciel;    elle  étoit  fort    grande.  La 
U.  Xil.  pjij^  longue  durée  qu'on  accorde  à  fon  apparition  ,  n'excède 

Hennenf.Caviu  pas  quinze  jours.  C'efl  fans  doute  cette  Comète,  &  non  la 
précédente,  qu'on  obferva  en  Chine,  en  la  r^''  année  du 
Coiifet,  72.^  cycle.  Nonobflant  la  force  du  crépuicule,  qui  vers  le 
milieu  de  Mai  n'a  d'autres  bornes  en  Danemarck  que  celles 
de  la  nuit,  Tycho  découvrit  cette  Comète,  &  l'obferva  à 
Uranibourg  depuis  le  i  2  jufqu'au  i  8  de  ce  mois,  ^qs  ob- 
fervations  font  extraites  du  manufcrit  dont  j'ai  parlé  ci-dedus; 
elles  n'ont  point  encore  été  communiquées  au  public.  Tycho 
aiïure  qu'elles  ont  été  faites  dans  la  plus  grande  précilion , 
de  manière  qu'il  n'y  a  pas  même  une  minute  d'erreur,  fur- 
tout  par  rapport  à  celles  qui  ont  été  faites  avec  le  fextant  : 
ii  ajoute  que  les  temps  à^s  obfervations  font  pareillement 
afiTez  précis. 

12   MaL 

A  I  o  heures  &:  demie ,  la  Comète  étoit  alTez  voifîne  de 
jlîorizon  ;    elle  tengit  à  peu-près  le  milieu  entre  les  Etoiles 

de  la 


D   E  s      C  0  M  E  T  E  s. 

'ée  la  deuxième  &  de  la  troifième  grandeur:  fa  couleur  étoit 
livide,  fa  queue  tournée  vers  (è  du  Cocher. 


■auiUAJUBLiusa&H 


B- 


'  o 

O 


TEMPS 

de 

l'H  o  r  l  o  g  e, 


H. 


M. 


10. 
lO. 
lO. 

1 1. 
1 1. 
1 1, 


47 

o 
3 


NOMS 

des 

Étoiles. 


La  Chèvre.  . .. 
^  des  Gémeaux 
/S  des  Gémeaux 
La  Chèvre. .  .  . 
La  Chèvre. .  .  . 
La  Chèvre..  .  . 


LEUR  DISTANCE 
à 

fa   Comète. 


/;. 


Ai. 


10. 

10. 
10, 
10. 


50 
32 

47 
37 
3^ 


R. 


Les  deux  dernières  obfervations  font  moins  certaines  que 
îes  autres;  la  Comète,  trop  voifine  de  l'horizon,  avoit  peu 
d éclat.  A  11^  18'  un  difciple  de  Tycho  trouva  la  diftance 
de  la  Comète  à  la  Chèvre  de  10^  45^  Le  milieu  de  l'ex- 
trémité de  la  queue  étoit  diftant  de  2  à  3  degrés  de  i3  du 
Cocher;  la  queue  fe  terminoit  prefque  verticalement  au 
delfous  de  cette  Etoile  :  la  Chèvre  étoit  éloignée  de  5  degrés 
de  la  partie  de  la  queue  la  plus  voifine  d'elle. 

Comparant  enfemble  la  première  &  la  deuxième  obfer- 
vation,  on  trouve  à  10^'  49^»  2.^  10^  54'  33"  pour  longi- 
tude, &  13''  11^  3"  pour  latitude  boréale  de  la  Comète; 
&  c'efl  ce  que  donne  la  théorie  que  nous  propoferons  ci- 
deffous. 


13 


lai. 


A  10^  32^  du  ibir,  la  Comète  étoit  haute  d'environ  j 
degrés  ,  &  avoit  environ  23  degrés  d'azimut  du  nord  à 
î'ouefl.  Cette  obfervation  fut  faite  groffièrement  :  îes  nuages 
qui  furvinrent  ne  permirent  pas  de  s'affurer  mieux  du  lieu 
de  la  Comète.  Une  telle  obfervation  ne  peut  être  employée 
Tome  L  Z  £  z 


5^6  Histoire 

pour  la  détermination  de  l'orbite  de  la  Comète;  elle  don- 
neroif  fon  lieu  en  2^  i  i'^  33'  &  fa  latitude  boréale  de  i  5^ 
3-7',  ce  qui  ne  s'écarte  pas  d'un  degré  àe.s  déterminations 
que  fournit  la  théorie  :  cette  précilîon  eil;  bien  luffifante  pour 
une  obfèrvation  auffi  imparfaite. 


17 


Mai. 


Z 


TEMPS 
de 
O     l'Horloge. 


TEMPS 
vrai. 


4 

6  ! 
7 


î  o 

1 1 

1 2 

14  j 

18  I 

1 9  ! 


/W.        X 


4.0.  30 

51-  57 

o.  10 

6.  20 

8.  o 

11.  10 
14.  I  o 
17.  50 
22.  20 
24.  o 
27.  30 

32.  30 

46'.  50 

4<^.  52 

12.  10 

20.  I  o 

Q.i),  O 

47.  50 

II.  50 


/^.       M- 


I  I.      0.   41 

II.      7.    42 


ï  I  .    25.     36 


II.  47.     29 


12.  30.        5 

13.  12.     54 


NOMS 
Astres. 


DISTANCES 


fa  Comète. 


/â  des   Gémeaux .  .  . 

La  Comète 

a.  de  la  Couronne .  . 
/J  des  Gémeaux..  .  . 

ût  du  Serpent 

/J  des  Gémeaux.  .  . 

La  même 

La  même 

La  même 

/S  du  Scorpion.  .  .  . 

La  Chèvre 

/3>  du  Cocher.  .  .  .  . 
a  du  Scorpion.  .  .  . 

La  Comète 

/S  du  Cocher 

La  Chèvre 

La  Chèvre. ...... 

La  Comète 

/2>  du  Cocher 


D. 


30.   40    S. 


30.   42- 


30-    37 

30.    37 

30.   42 
30.    37 


3.  52 

4.  39 


4.   42 
3.    50 


AZIMUT 

des 
Astres. 


D.        M. 


2  i  .      30    O. 
O.        O 

o.     o 


o.      o 


o.      o 
II.  23  o. 


o.  o 
o.  o 
o.      o 


HAUTEUR 

des 

Astres. 


D.        M, 


î  2. 


27 


10.     II 


II.     16 
9.     3e 


Les  trois  derniers  palîages  au  méridien  ont  été  pris  aa 
nord  fous  le  pôle*  Les  autres  azimuts  de  la  Comète  font 
comptés  du  nord   vers  l'oued. 

La  têie  de  la  Comète  égaloit  à  peine  l^i  Etoiles  de  la 
«quatrième  grandeur  ;   fa  queue ,    longue  au  plus  de  trois 


DES    Comètes.  547 

degrés ,   &  très  -  rare  ,   étoit  tournée  vers  (è  de  la  grande 
Ourle. 

Comparant  \qs  trois  derniers  paiïàges  au  méridien  ,  ob- 
fervés  par  Tycho  ,  c'eft-à-dire  les  oblèrvations  dix-feptième, 
dix-huitième  &  dix-neuvième,  on  trouve  la  Comète  en  2^ 
ip^  23'  40"  avec2o'^  3  5'  50"  de  latitude  boréale,  à  i  2^ 
47'  50",  temps  de  la  pendule,  ou  à  i  2^^  44' temps  moyen. 
Mais  cette  détermination  efî:  alfez  incertaine,  de  légères  erreurs 
dans  \qs  temps  des  paiïàges  occalionnant  des  erreurs  bien  plus 
iènfibles  dans  les  réïultats.  Cette  méthode  eft  regardée  main- 
tenant  comme  la  plus  allurée  de  toutes  ;  mais  c'eiï:  que  nous 
avons  dQs  quarts-de-cercle,  foit  hmples,  foit  muraux^  dQS 
micromètres ,  des  machines  parallaéliques ,  des  horloges  à 
pendules,  inconnus  à  Tycho,  &  des  inflrumens  bien  plus 
parfaits  que  les  {lens.  Ce  grand  Aiïronome  nous  avertit  lui- 
même  de  nous  défier  de  {^s  obfervations  de  paiïàges  au 
méridien  ,  &  de  nous  en  rapporter  plutôt  aux  diiïances  ob~ 
fervées  avec  le  fextant.  En  effet,  la  hauteur  méridienne  de 
ia  Chèvre  fous  le  pôle,  telle  que  Tycho  la  détermine,  eft 
certainement  trop  forte  de  plus  de  50  minutes  :  qui  nous 
afTurera  que  celle  de  la  Comète  eft  exaéle ,  ou  du  moins  que 
i'on  peut  corriger  une  erreur  par  l'autre  !  Cette  obfervation 
du  paiïàge  de  la  Comète  au  méridien ,  ne  m'a  cependant 
pas  été  inutile.  Dans  les  obfervations  des  diftances  ,  la 
Comète  étoit  fort  près  de  la  ligne  droite ,  qu'on  fuppoferoit 
tirée  par  les  Étoiles  auxquelles  je  voulois  la  comparer ,  & 
Tycho  ne  nous  dit  point  fi  la  Comète  étoit  au  nord  ,  ou  au 
fud;  à  droite  ou  à  gauche  de  cette  ligne.  Ainfi  les  feules 
diftances  obfervées  ne  fufîifoient  pas  pour  déterminer  le  vrai 
lieu  de  la  Comète  ;  je  trouvois  par-tout  deux  folutions  :  les 
faufîes  folutions  s'accordoient  mal  entr'elles  ;  mais  \qs  vraies 
ne  s'accordoient  pas  non  plus  bien  parfaitement.  Le  réfultat 
des  paiïàges  au  méridien  &  des  hauteurs  méridiennes ,  m'a 
pleinement  décidé.  Je  n'ai  pas  pofé  pour  principe  que  l'info 
îrument  de  Tycho  fût  bien  orienté;  j'ai  fuppofé  feulement 
qu'iln'étoit  pas  irop  éloigné  du  plan  du  méridien,   &  qu'il 

Zzz  ii 


'54B  H  r  s  T  0  T  n  E 

étoit  fixe  ,-  au  moins  durant  l'intervaile  des  troîs  dernières 
obfervations  méridiennes.  Dans  cette  ruppofition  ,  Tycho 
aura  obfervé  le  paflas^e  des  Étoiles  &  de  ia  Comète  par  un, 
vertical ,  peu  éloigné  du  méridien ,  à  une  allez  grande  dis- 
tance du  pôle  &  du  zénith.  En  conféquence  j'ai  pris  la  diffé- 
rence du  temps  dQs  paifages  pour  celle  d'alcenlion  droite , 
&  la  différence  àes  hauteurs  pour  celle  d^s  déclinai  Tons  ; 
ie  réiultat  ne  pouvoit  être  fujet  qu'à  quelques  8  à  10  minutes 
d'erreur. 

Mais  les  foîutions ,  que  ce  réfukaî  m'a  fait  reconnoître  pour 
vraies  ,  ne  fe  font  pas  auffi  parfaitement  accordées  que  je 
i'aurois  defiré.  En  combinant  [es  neuvième  ôc  onzième  ob- 
fervations, je  trouve  à  i  i^  zo'  \  temps  moyen,  2^  ip^ 
8'  47"  pour  longitude,  &  20^  ly'  20"  pour  latitude  nord 
de  la  Comète  ;  mais  de  la  comparailon  des  obfervations 
onzième  &  douzième,  on  conclut  la  longitude,  à  i  i^  ^'y'i: 
temps  moyen,  en  2^  i^^  i  5'/",  &  la  latitude  de  20^  24.' 
\i  o".  En  cinq  minutes  de  temps  ,  la  Comète  ne  pouvoit 
avoir  fait  autant  de  chemin.  Le  choix  entre  ces  deux  déter- 
minations n'efl  pas  difficile  à  faire.  Le  lieu  de  la  Comète 
étoit  tellement  fitué  à  l'égard  de  la  Chèvre  &  de  jS  des 
Gémeaux ,  que  la  moindre  erreur  ,  dans  l'obfervation  des 
^iftances ,  en  occafionnoit  une  très-fenfjble  dans  la  longitude 
&  la  latitude  de  la  Comète  :  j'ai  fait  varier  Teuiement  de 
deux  minutes  la  diftance  de  la  Comète  à  (è>  des  Gémeaux  ; 
&  j'ai  trouvé  2^  icj^  15'  15"  pour  longitude  ,  &  20^^  26' 
33"  pour  latitude  de  la  Comète;  la  longitude  ell  plus  avan- 
cée de  6  minutes,  &  la  latitude  augmentée  de  plus  de  ^ 
minutes.  La  Comète  n'étoit  pas  dans  cette  pofition  à  l'égard 
de  la  Chèvre  &  de  j8  du  Cocher  ;  \es  erreurs  de  la  longi- 
tude &  de  la  latitude  conclues,  n'excédoient  guères  celles 
que  l'on  auroit  fuppolees  dans  [es  diltances.  Ajoutez  à  cela 
que  le  réfuitat  des  diflances  de  la  Comète  à  ces  Etoiles  ^ 
paroît  confirmé  par  la  comparailon  des  palîages  de  la  Comète 
&  de  ces  deux  mêmes  Etoiles  au  méridien.  Donc  pour  éta- 
blir la  théorie  de  l'orbite  de  cette  Comète,  j'ai  fuppoié  que 


D  E  ^    Comètes.  549 

îe  17  Mai,  à  11^  25'  temps  moyen,  la  longitude  de  ia 
Comète  éîoit  en  2^  i^'  15'^,  &  fa  latitude  boréale  de 
20^  24'  -i. 

1  ycho  avertit  qu'au  midi  fuivant ,  ion  horloge  avançoit 
de  z^  (econdes. 

18    Mai. 


z 

o 

b 


TEMPS 

marqués 

par    T  V  C  H  o, 


H. 


10. 
10. 


10. 


33-     30 
54. 


NOMS 

àes 

Étoiles. 


/i  des  Gémeaux. 

La   même 

/S  du  Cocher.  .  . 
La  même 


LEUR  DISTANCE 


Ja  C   o    M    È   T    E. 


D. 


M. 


29, 
29. 

3- 
3- 


47         S. 

22 

24  -i  B. 


La  tête  de  la  Comète  étoit  fort  petite  ,  ce  qui  empêche 
Tycho  de  donner  ces  obfervations  pour  auffi  exaéles  que 
celles  du  17  Mai.  Auffi,  (oit  à  caufe  de  la  peîitefFe  de  la 
Comète  &  de  fa  trop  grande  diflance,  foiî  parce  que  le 
crépuicule  augmentoit  toutes  içs  nuits,  foit  plutôt  par  l'union 
de  ces  deux  caules  ,  il  ne  fut  plus  poffible  de  découvrir  la 
Comète. 

Je  iuppofe  la  dillance  de  la  Comète  à  /2  des  Gémeaux 
de  2p^  52',  en  prenant  un  milieu  entre  hs  deux  premières 
obfervations,  <Sc  la  diflance  à  /S  du  Cocher  de  2^  22',  telle 
qu'elle  a  été  oblervée  avec  le  fextant ,  je  trouve  deux  folu- 
îions;  l'une  àçs  deux  fuppoie  un  mouvement  manifestement 
trop  précipité  dans  une  Comète  qui  paroifioit  s'éteindre. 
L'autre  folution  efl;  qu'à  lo^  ^6',  la  Comète  étoit  en  z^ 
2.0^  2^'  24"  ,  avec  21^  I  5'  I  5"  de  latitude  boréale» 

Elémens   Ae  la  Comète  de  i  j  82, 

Lieu   du   nœud   afcendant 7^   21^      y 

Inclinaifon   de    l'orbite 5i.    2-7. 

Lieu  du  périhélie , .      8. 


•2" 


20 
50. 
Î0  = 


^JO  H    I     s     T    0     I     R    E 

Logaritlime  de  la  diflance  périhélie 9,353522. 

PafTage  au  périhélie  en  Mai <5'    16'^    9'. 

Sens  du   mouvement Rétrograde. 

La  détermination  de  l'orbite  d'une  Comète,  qui  a  été  vue 
peu  de  jours ,  &  dont  le  mouvement  apparent  n'a  pas  été 
fort  précipité ,  ne  peut  être  regardée  comme  fort  exade ,  la 
Comète  de  1582  en  fournit  un  exemple  bien  frappant. 
Qu'on  fuppofe  le  17  de  Mai  ia  longitude  &  la  latitude  de 
îa  Comète,  telles  qu'on  les  conclut  de  ï^s  diftances  à  la 
Chèvre  &  à  jÔ  àç^s  Gémeaux  ;  la  différence  entre  cette  iuppo- 
fition  &  celle  que  nous  avons  admife ,  n'eft  que  de  6'  20" 
en  longitude,  &  de  6'  50"  en  latitude  :  voici  la  théorie 
qu'on  conclura  de  cette  nouvelle  fuppofition ,  en  iailfant 
intaéîes  les  déterminations  établies  pour  le  i  2  &  le  i  8  Mai. 
Cette  théorie  repréfente  la  longitude  de  la  Comète  oblervée 
le  I  o  Mars  (  nouveau  ftyle  )  par  Santucci  ;  mais  elle  donne 
une  latitude  fort  différente  de  celle  que  Santucci  a  déterminée. 

Lieu  du  nœud  afcendant 7^     4,'^  4.2'    3  5"., 

Inclinaifon  de  l'orbite 59.    29.      5'- 

Lieu  du  périhélie 9.    11.    26.   45. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie 'è,6ciiy<f/^. 

Paflage  au  périhélie  en  Mai #  .  7)     8'^     30'. 

Sens  du  mouvement .  Rétrograde. 

1584.  LeovJtius  avoit  prédit  pour  cette  année  l'appari- 
tion d'une  grande  Comète;  fon  Allrologie  s'efl;  trouvée  en 
défaut. 

N.  B. 

J'empîoîrai  dorénavant  le  nouveau  flyle,  ou  le  flyle  Gré- 
gorien ,  fi  je  n'avertis  du  contraire. 

'^        * 
1555.       ' 

Tycho  multiplia  extrêmement  \gs  obfervations  de  cette 
Comète  :  non  -  feulement  il  prit  fouvent  la  diflance  aux 
Etoiles  fixes  ;  il  compara  de  plus  la  Comète  foit  à  Aldéba- 
ran ,  foit  à  la  claire  du  Bélier ,  prenant  avec  ài^s  armilles  les 


T>Es    Comètes,  551 

iJiftances  horaires  de  ia  Comète  &  de  ces  Etoiles  au  niéri- 
dien ,  pour  en  conclure  directement  la  différence  d'afcenfion 
droite  entre  la  Comète  &  \qs  Étoiles  :  on  prenoit  aux  mêmes 
inllans  &  avec  Iq^  mêmes  inftrumens  la  déciinaifon  de  la 
Comète.  Ces  oblervations  fe  faifoient  toutes  en  même  temps, 
foit  par  Tycho ,  foit  par  Tes  difcipies  ;  on  les  réitéroit,  on 
employoit  àes  inftrumens  diflerens  ,  afin  que  ÏQs  réfultats 
fufTent  moins  équivoques.  Le  détail  de  ces  opérations  occupe 
un  très -grand  nombre  de  pages  dans  le  manufcrit  déjà  cité. 
Tycho  a  calculé  lui-même  divers  lieux  de  la  Comète  , 
fur  un  certain  nombre  d'obfervations  cholfies  ;  \qs  voici  tels 
qu'il  les  a  publiés.  J'ai  aperçu  quelques  légères  différences  Tych.  epifi, 
entre  le  manufcrit  &  l'imprimé;  la  préfompîion  doit  être  V'^^''^" 
fans  doute  pour  l'imprimé,  je  l'ai  fuivi.  Les  temps  font  dé- 
terminés par  Tycho. 


JOURS 
Mois. 

TEMPS 

vrai. 

LONGITUDE 

de 

ia    C    0    M    È   T    E. 

LATITUDE 

de 

ia    C    0    M    Ê   T    E. 

H. 

M. 

S. 

D.      m:      s. 

D. 

yjf.       X             1 

Od.     28 

I  0. 

15 

0, 

I  c).    29.     30 

3- 

29.    45    A.   j 

12. 

43 

0. 

19. 

42.    20 

3- 

25- 

0 

13- 

30 

0. 

19. 

45.    40 

3- 

24. 

0 

30 

I  2. 

16 

0. 

23 

45.      0 

I . 

39. 

0 

13- 

15 

0. 

23. 

51.      0 

I. 

36. 

0 

Nov.      I 

I  0. 

6 

0. 

27 

20.      0 

0. 

7- 

0 

13 

15 

0 

27. 

30.    15 

0. 

I . 

10   A. 

16 

10 

0. 

^7- 

42.    15 

0. 

3- 

0    B. 

14 

7 

5 

13 

I  2.    40 

6. 

18 

30 

I  0 

35 

13- 

1 6.    20 

6. 

19. 

30 

,    M 

7 

50 

14 

3.    50 

6. 

3<^ 

^°          i 

I  I 

31 

14 

10.    30 

6. 

3? 

0 

13 

30 

>    14 

T4.    30 

6. 

38 

20 

\6 

6 

5 

14 

49.      0 

6. 

51- 

0 

I  I 

42 

r      14 

.    58.      0 

6. 

54 

30 

14 

•      55 

•      15 

•      3-    15 

6. 

59 

0 

^7 

7 
8 

•      19 
.      16 

•  15 

•  15 

.   34.      0 
.   3<3.    20 

7- 
7- 

4 
6 

40 
3<^ 

15) 

8 

1 1 

.    1(5 

.    <^6.    20 

7- 

3^ 

30 

9 

.      30 

•    17 

0.      0 

7- 

32 

0 

22 

8 
9 

=     48 
20 

.    18 
.    18 

.  44.    30 
.  46.    30 

8. 
8. 

7 

7 

0 
0    B. 

h  f 


^<^%  Histoire 

La  Comète  durant  les  premiers  jours  de  Ton  apparition , 
égaioit  Jupiter  en  grandeur  ;  mais  ^\\q  avoit  moins  d'éclat  : 
fa  lumière  étoit  terne;  on  pouvoit  la  comparer  à  la  nébu- 
ieulè  de  l'Ecreviiïe.  Elie  n'avoit  ni  barbe ,  ni  queue  :  ie  3  o 
Octobre  &  le  i.^^  Novembre  feulement  ,  on  en  voyoit 
fortir  un  rayon  très-grêle  &  difficile  à  découvrir,  de  la  lon- 
gueur d'une  palme  au  plus. 

Le  mauvais  temps  ne  permit  pas  à  Tycho  de  découvrir 
îa  Comète  avant  le  j|  06lobre  ;  le  favant  Landgrave  de 
Hefle,  &  Chriftophe  Rothmann  fon  Aiironome,  fa  voient 
obfervée  dix  jours  plus  tôt.  Le  Landgrave ,  alors  abfènt  de 
Cafî'ei ,  la  jugea  le  1 8  Oc1:obre ,  à  p  heures  du  foir ,  en 
I  i^  2j^  13'  avec  une  latitude  auflraie  de  14^  o^;  le  10, 
en  I  i^  25^  50'  avec  13^  6^  de  latitude;  eniin,  le  20  au 
Tych.  ep!jl  foir,  en  o^  2  l'î,  &  avec  4  degrés  de  latitude  auftraïe.  Cette 
dernière  détermination  n'a  été  faite  que  d'après  des  aljo-ne- 
Diens  rapportés  fur  un  globe  ;  elle  eil;  bien  certainement  du 
Landgrave  ;  les  deux  autres  obfèrvations  pourroient  bien  être 
de  Rothmann. 

Rothmann  obfervoit  à   CaiïeL  Voici  Çqs  obfèrvations  & 
Snell.        leurs  réfultaîs,  calculés  par  Rothmann  lui-même. 


IJOURS 

ides 
IM  O  I  s. 


Od.î8 


19 


HEURE 

Rothmann 


H. 


M. 


I  I. 

I  I  . 

7' 

7- 

I  r. 

I  I. 

13. 

7"° 
7- 
9- 
9^ 


ÏO 

45 

55 
4.0 

50 

25 

30 

10 

13 
o 


NOMS 
Étoiles. 


ce  du  Bélier.  .  . 

Markab 

Markab  .  .  .  ,  . 
et  du  Bclier.  .  . 
a.  du  Bclier,  .  . 
Markab  .  .  .  .  . 
a.  du  Bclier.  .  . 
Markab  .  .  .  .  . 
a  du  Bclier .  .  . 
Markab  .  .  .  .  . 
Ci  du  Béiier .  .  , 
Markab 


LEURDIST. 

à 
la  Comète. 


LONGITUDE 
de 

h  Comète. 


D. 


45 
33 
33 

42 

4.2 

33 
41 
33 
3^ 
3  3 
3^ 
33 


/W. 


.  1^1 

•  43  4 

.   2 1 

•   3^ 

•      9 

.   19 

•    55 

•   17 

•  47 

.    10 

•   55 

.   iz 

1 1, 


l  I 


1 1 


1 1. 


o. 


M. 


23.       9.  2 

25.   47.  41 

2(5.    14.  57 

2(J.   28.  ^ 


50. 


ï.  40. 


4 


LATITUDE 


fa  Comète. 


y^/. 


n 


I  2 


I  2 


I  2 


î  O 


10 


52. 


49' 


52. 

48. 


9   A. 


20 


43.   57 


25  : 
JOURS 


DES    Comètes. 


JOURS'HEURE 
I      félon 


Mois. 


N    O   IVl   S 

àts 
ÉTOILES. 


LEUR    DIST. 
à 

ia  Comète. 


H. 


Al. 


Oa.24 

!Nov.  I 

I  2 

14 


I  I 
I  I 

15 
16 

9 
15 

ï  5 
15 
15 
7 
7 
7 
7 
7 
7 


o  'a  du  Bélier 


5 

55 
I 

o 

8 

6 

I  o 

7 
I  I 

36 
41 

37 

43 

25 
30 


Markab  .  .  . 
et  du  Bélier. 
CL  d'Andromède 
>  de  Pégafe  . 
CL  du  Bélier .  . 
Aldcbaran.  .  . 
CL  du  Bélier.  . 
Aldébaran. .  . 
a  du  Bélier.  . 
a  du  Bélier.  . 
Algol   Médus 
oL  du  Bélier.  . 
Algol. ..... 

a.  du  Bélier.  . 
Algol 


D. 


M. 


I 

55 

15 
40  '- 

38 

25 

14 

36.  46 
10.  45  4 
I  o.    24 


34. 
19. 

31- 

25- 

I  2. 

38. 
I  2. 


I  ». 
I  I . 

17- 
14. 

I  î. 


51  i 

50 

30 

40 


LONGITUDE 

de 

la  C  o  M  è  T  E. 


553 


L,  A  T  I  T  U  D  E 
de 
la   C  o  M 


M.      S, 


O.  9.  5b. 
O.  17.  57. 
o.  25.  27. 
o.  25.  55. 

0.  27.  42. 

1.  1 1 


9 

40 

56 
58 

46 


ETE. 


/if. 


7- 
4. 

o. 


3^ 
I.  I  3.  20.  49 

r.   I  ^.  17.  19 


31. 

15- 

53- 

o.   42. 

o.      3. 

5-    39- 

6.  18. 

7.  15. 


La  première  obfervatioii  du  21  Odobre,  eft  douteufe  à 
caufe  des  nuages;  les  deux  fuivantes  ne  font  données  que 
comme  médiocrement  bonnes,  pour  la  même  raifon  :  à  celle 
du  27  Ovfîobre  ,  cl  d'Andromède  étoit  trop  peu  élevé  fur 
l'horizon.  Enfin  la  première  du  3  i  Oélobre  &  celle  du 
i.^"^  Novembre  font  marquées  très-exaéîes. 

Rothmann  remarque,  ainfi  que  Tycho  ,  que  rinclinaifon 
apparente  de  l'orbite  de  la  Comète  fur  le  pian  de  leclipti- 
que  n  etqit  pas  confiante ,  mais  qu'elle  dimînuoit  de  jour  en 
jour.  Copernic  n'auroit  pas  été  lurpris  de  cette  variation; 
elle  efl  une  luite  néceiîaire  du  mouvement  annuel  de  la 
Terre. 

Halley  a  calculé  l'orbite  de  la  Comète  de  1585;  eu 
voici  les  élémens. 

Lieu  du  nœud  afccndant ,...,,.       i^      7*^  '42     30  . 

Inclinaifon  de  l'orbite 6.      4.      o. 

Lieu  du  périhélie ç.      8.51.      o» 

Tome  L  Aaaa 


6:  A. 
15    :  : 

33    * 

23  A. 
25;  B.* 
6 

49 
39  B. 


Myl'tus, 


5J4  H  I  s  T  û  I 

Logarithme  de  la  diflance  périhélie.  . 
FafTage  au  périhélie  en  Odobre. .  .  . 
Sens  du  mouvement 

I  55)0.    * 


R    È 


10,038 


7 


50. 
19"   29'. 
Dired. 


«t  Depuis  îe  5  Mars  jufqu'au  17  cîu  même  mois,  on  vit 
3>  une  Comète  de  grandeur  médiocre  :  elle  portoit  une  grande 
5î  queue,  étendue  vers  ie  zénith.  Feu  de  perfonnes  la  décou- 
M  vrirent.  Son  cours  étoit  fi  précipité,  qu'elle  parcouroit  tous 
»  les  jours  4  degrés  d'un  grand  cercle.  Elle  parut  d'abord  vers 
»  le  PoiiTon  boréal  :  delà  elle  prit  fa  courfe  en  droiture  vers 
»  le  Cocher  par  le  Triangle  ,  la  tête  de  Médufe  &  les  pieds 
»  de  Perfée  :  elle  couvrit  toutes  ces  Étoiles  de  fes  rayons. 
M  Elle  ne  parvint  pas  cependant  jurqu'au  Cocher  :  avant  que 
M  d'atteindre  cette  conflellation,  elle  s'évanouit  près  à^s  pieds 
»  de  Perfée^  après  avoir  parcouru  la  plus  grande  partie  du 
Bélier  &  du  Taureau  «. 

Cette  Comète  n'a  point  échappé  à  Tycho  :  il  l'obferva 
avec  autant  de  foin  qu'il  avoit  fait  la  précédente  :  {q%  obfer- 
vations  font  détaillées  fort  au  long  dans  le  manulcrit  dont 
j'ai  parié  :  voici  les  principales ,  telles  qu'elles  ont  été  choi- 
fies  &  mifes  en  ordre  par  1  ycho  lui-même ,  je  n'y  change 
que  îe  flyle  du  calendrier. 

Tous  \ts  azimuts  de  la  Comète  font  pris  du  fudàl'oueft. 


7 


TEM  PSI 
vrai. 


H. 


M, 


30 

3 

I  2 

55 

49 
58 

^5 


NOMS 

des  É  T  O  ILES, 
comparées. 


^  ^u  Bélier.  . 
^  du  Bélier.  . 
^  d'Andromède 
/S  du  Triangle . 
a  de  Perfée. .  . 
Aldébaran  .  .  . 
CL  de  Perfée.  . 
tt.  de  Perfée.  . 


LEUR    DIST. 


fa  Comète 


DÉCLIN. 

de 

la  Comète. 


ï5- 
I  r . 

6. 

ï  o. 
23. 

39- 
22. 

22. 


D.        M.  D.        M. 


3^ 
ï3 
33 
5 
3ï 
51 
55 
à^6 


23. 
27. 
27. 
28. 

31- 
31. 

31- 

31. 


5 
58 

5i^ 

2 

28 
38 

39 

43 


8   B. 


AZIMUT 

de 
la  Comète. 


£>,         M. 


HAUTEUK 
de 

la  Comète 


D.         M. 


I  2. 
30. 
30. 
29. 
38. 
21. 


o 

40 

o 

o 

5 
25 


17.   30 


DES       C  0   M   è   T  E  S. 


5  55 


> 


TEMPS 


lO 


1 1 


H. 


M. 


12 

14 

16 


7' 
7- 
7- 
8. 

7- 

7- 
8. 

7- 

7- 

9- 
10. 

II. 

I  2. 

ï3- 

'5- 

7- 

7- 

9- 
10. 

'5- 

7- 
9- 
7- 
8. 

9- 
10. 

1 1. 

8. 


7 
i^ 

55 
18 

léf 

45 

20 

19 

4^ 

4(5 
40 
40 

37 
25 

9 
49 

o 

47 

35T 
40 

37 

27 
i(^ 

18 
30 


NOMS 

des  Étoiles, 

comparées. 


AlgoI 

Algol 

Algol 

Aigol .  .... 
fi>  du  Cocher. 
/3  du  Cocher. 
(i  du  Cocher. 
a  du  Cocher. 
La  même..  . 
La  même  . .  . 
La  même . .  . 
La  même . .  . 
La  même. .  . 
La  même. .  . 


LEUR    DIST. 
à 

(a  Comète 


D. 


M. 


(h  du  Cocher. 
La  même  . .  . 
La  même  . .  . 
La  même. .  . 


/S  du  Cocher. 
La  même. .  . 
(h  du  Cocher. 
La  même  . .  . 
La  même  . .  . 
La  même. .  . 
La  même  . .  . 
(è  du  Cocher. 


r  o. 
r  o. 
r  o. 
10. 

33" 

33- 

33- 
30. 

30. 

30. 

29. 

29. 

29. 

29. 


59 

5  3 

44 

39i 

2,6 

19 

I  2 

I 

2T 

51Î 

41 

3<^ 

^5T 


DÉCLIN. 

de 
la  Comète. 


D,        M. 


34. 
34. 
34. 
34. 

37- 
37- 

37- 
38. 

38. 

38. 

38. 

38. 


3 
6 

6 

9 

34 
3<^ 
39 
38 

40 
40 

41 

45 
52 
53 


D. 


M, 


27- 

27- 

27. 

27. 


3ï 

24- 

16 
5 


25. 
24. 

22. 
22. 
22. 
22. 
22. 


o 

53 
59 

54 

50 
4<5 

40 
3^ 


39- 
39" 
39' 
39- 


21 

24 
27 


92. 

98. 

104. 


55 

20 

43 


n- 


40. 
40. 
40. 
40. 
40. 
40. 
40. 

41. 


o 

5 
28 

30 

31 

33 

33 
10 


1 29. 
138. 
148. 
159. 
180. 
89. 


I  27. 
180. 

94. 
III. 

92. 


27 
6 

35 

24 

o 
o 


o 
o 
o 
o 

23 


A  ZIM  U  T|  HAUTEUR 

de 
fa  Comète. 


la  Comète 


I  I  o. 


40. 
38. 

33- 

30. 

45. 
41. 

3^. 

47- 
43. 

33- 
21. 

15- 
I  o. 

7- 
4. 

51- 


22. 

5- 

48. 

3  5- 

50. 
43. 
36. 
28. 
20. 


Le  ^  Mars  la  Comète  paroifTbit  comme  une  Étoile  Je  la 
féconde  grandeur  ;  fa  queue ,  rare  &  obfcure  ,  étoit  dirigée 
vers  y  heures  &  demie  au  zénith,  elle  pou  voit  avoir  4  à 
5  degrés  de  longueur.  La  même  nuit ,  Ja  Comète  parut 
égaler  les  Etoiles  du  premier  ordre  en  grandeur,  mais  non 
pas  en  éclat  ;  la  queue  avoit  7  degrés  de  longueur.  Tycho 
a  fait  piuûeurs  autres  obftr valions  fur  la   direciion  de  1*4 

A  a  a  a  ij 


M. 


20 

34 

ï5 

30 

40 

31 

4if 

30 

587 
10 
20 
52 

54 
29 

'>9\ 
3i 


')7 
38 
30J 

30 
5 

14 

27 

39 
ï6 


556  H  r  s   T  0  I  R    E 

queue  :  toutes  concourent  à  prouver  qu'elie  avoit  toujours  été 
alTez  diredement  oppoiée  au  Soleil.  Quant  à  la  tête  ou  au 
corps  même  de  la  Comète,  l'ycho  rapporta  fur  fou  grand 
globe  de  cuivre  les  obfervations  qu'il  en  avoit  faites ,  &  de 
leur  combinaifon  il  dreiïa  l'éphéméride  fuivante  :  les  lieux 
de  la  Comète  y  font  déterminés  chaque  jour  pour  p  heures^ 
temps  vrai ,  méridien  d'Uranibourg. 


% 

ASCENSION 

DÉCLINAIS. 

LONGITUDE 

LATITUDEi 

> 

droite 

boréale 

de 

de           1 

a 

delà  Comète. 

de  laCOMÈTF. 

la    C  0   M 

ETE. 

la  Comète.  | 

■    1 

D.           M. 

i3.            A/. 

X          £). 

Tkf, 

D.            M.     1 

5 

i).        29 

24.           I 

0.        18. 

27 

18. 

14    1 

6 

16 

26 

28.        16 

0.        2(5. 

2  I 

19. 

^^    1 

7 

2  2 

58 

31.       40 

I.     3. 

17 

20 

24    1 

8 

28 

52 

34»      15 

I.        9 

I  I 

20. 

55 

9 

34 

9 

3(5.      12 

I.      14 

16 

2  r 

1 2 

1 0 

38 

39 

37.      38 

I.      18 

^5 

2  I 

^      ï5 

1 1 

42 

3^ 

38.     41 

I.      21 

57 

2  I 

•      15 

1 2 

4<5 

2 

39,     27 

I.      24 

5^ 

21 

1 2 

13 

49 

I 

40.        6 

I.     27. 

29 

2  I 

7 

14 

51 

43 

40.      32 

I.      29 

44 

20 

5« 

15 

53 

58 

40.      53 

2.        I 

34 

20 

•      52- 

16 

5^ 

0 

41.      10 

2.        3 

.      15 

20 

.     46 

Tycho  remarque  que  l'inclinaifon  apparente  de  l'orbite 
de  la  Comète  avec  l'écliptique  étoit  de  21*^  i  ^  ,  &.  de 
^^'^  avec  le  plan  de  l'équateur. 

Halley  a  calculé  i'orbite  de  cette  Comète» 

Lieu  du  nœud  afcendant #  .      5*" 

Inciinaifon  de   l'orbite. 

Lieu  du  périhélie 7. 

Logarithme  de  la  diflance  périhélie.  .  .  . 

Paffage  au  périhélie  en  Février.  ...... 

Sens   du  mouvement ..........  .  .  . 


ly    30    40 

29.   40.  40. 

6.    54.    30.- 

9,7(50882. 

8i     3"    5V 

Rétrograde» 


DES    Comètes.  557 

î  5p2.  En  ia  2p^  année  du  72^  cycle  ,  on  vît  à  la  Chine 
une  Comète ,  du  côté  de  i'orient.  Couplet, 

1593.  * 

«  Le  20  Juillet,  ie  Soleil  étant  dans  le  dernier  degré  de 
i'Ecrevifle ,  une  Comète  parut  avant  le  lever  du  Soleil  dans  « 
les  fignes  cardinaux  du  lolftice.  Par  Ton  mouvement  elle  « 
s'avança  du  tropique  de  l'EcrevilTe  ,  par-deiïlis  toute  l'Eu-  « 
rope ,  jufqu'au  cercle  polaire  ardique,  ou  du  fud  au  nord;  « 
rétrogradant  cependant  par  \qs  fignes  de  l'Écrevid'e ,  des  «c 
Gémeaux  &  du  Taureau ,  de  manière  que  ie  27  Août  on  « 
la  vit  près  du  cercle  arctique  au  cojnmencement  du  Tau-  « 
reau  :  elle  fe  diiTipa  le  3  i   Août  près  de  Céphée  ".  RocL  HévéL 

Tycho  ne  vit  point  cette  Comète  :  un  de  Tes  difciples , 
Chrétien-Jean  de  Ripen,  la  découvrit  6c  i'oblerva  à  Zerbft, 
ville  de  la  principauté  d'Anhait,  fous  ia  l.titude  d'environ 
52^  10^,  &  41  minutes  de  temps  à  i'orient  de  Paris.  Voici 
{^s  ob/êrvations  \qs  plus  effentielies ,  exti'aites  du  manuicrit 
mentionné  ci-deiïlis. 

Le  I."  Aoiit,  ia  Comète  fut  vue,  mais  non  obiervée. 

Le  4,  à  I  o^  39'  45"  ,  la  Comète  éîoit  diflante  de  41^  |- 
d'cc  de  Perlée  ;  &  à  i  i^  6'  24",  fa  diitance  à  i  de  ia 
grande  Ourle  étoit  de  43^»  Donc,  efl-il  dit  dans  le  manuf^ 
crit ,  à  10^  53',  ia  Comète  étoit  en  3^  14^  -y  avec  2.^'  -^ 
de  latitude  boréale.  M.  l'Abbé  de  ia  Caiile,  par  un  calcul 
plus  précis,  détermine,  pour  11^  7' le  lieu  de  la  Comète  ^'' ' "^^^ ^['^^^o 
en  3'  14^^  1,^' ,  &  fa  latitude  boréale  de  28"^  59'.  La  tête  ^-^^^'^''-^ 
de  la  Comète  égaloit  \qs  Etoiles  de  troifième  grandeur;  fa 
couleur  éioit  livide  &  rougeâtre  :  la  queue  avoit  environ  4 
degrés  &  demi  de  longueur. 

Le  p  ,  à  14  heures,  la  Comète  étoit  en  ligne  droite  avec 
l'Etoile  polaire  &  a  des  Gémeaux  d'une  part,  &  de  l'autre 
avec  a.  de  la  grande  Ourle,  &  le  pied  gauche  ou  précédent 
(  c'efl;  à- dire  /  )  du  Cocher. 

Le  I  5  ,  \Qïs  14  heures,  la  Comète  étoit  très-ex a-flement 
en  ligne  droite,  d'une  part  avec  cl  de  CalTiopée  &  0  de  la 


jj8  Histoire 

grande  Ourfe,  de  l'autre  avec  ^  de  la  grande  Ourfe  &  la 
Chèvre.  Il  s'enfuit ,  félon  le  manufcrit ,  qu'elle  étoit  en  2.^ 
2.6^  25'  40"  avec  une  latitude  de  47^  42'  au  nord.  Elle 
furpafioit  en  lumière  \ts  Etoiles  de  la  quatrième  grandeur; 
on  y  diilinguoit  avec  peine  quelque  léger  veftige  de  queue. 

Le  I  6  ,  à  I  o^  28',  la  Comète  ,  haute  de  3  8  ^ ,  étoit  dis- 
tante de  29^^  Y  à^o.  de  Perlée:  à  10^  5  l' j  fa  diflance  à  ^ 
de  la  grande  Ourle  étoit  de  40^  j. 

Le  ip,  à  p^  3  5^  didance  d'oc  de  CafTiopée,  2p^  20'; 
à  10^  I  i'  40"  ,  diflance  d'à  de  la  grande  Ourle,  5  i<^  50^ 
A  I  i^  2'  20",  la  Comète  eil  en  ligne  droite  avec  l'Étoile 
polaire ,  &  celle  qui  eit  à  la  racine  de  la  queue  de  la  même 
'  cpnflellation  (efl-ce  e  delà  petite  Ourfe!)  de  manière  ce- 
pendant que  la  queue  décline  vers  le  midi  d'environ  un  de 
{e.?>  diamètres ,  (je  n'entends  pas  cela.  )  D'autre  part  la  Co- 
inète  forme  une  autre  ligne  droite  avec  ce  de  la  grande  Ourfè 
&  /  de  CafTiopée.  Quoi  qu'il  en  loit  de  ces  alignemens  ,  dont 
ie  premier  me  femble  inintelligible,  M.  l'Abbé  de  la  Caille 
'Ac  d(s  Sdenc.  a  calculé  \qs  diitances  obfervées  le  i  p  ,  &  a  conclu  qu'à  i  o^ 
i7f7'F'J<^^'  ^2'  20",  temps  vrai,  méridien  de  Zerbd,  la  Comète  étoit 
en  2^  ly'^  ^5^»  dvec  une  latitude  boréale  de  53^  ^2',  M. 
de  la  Caille  avertit  qu'il  ne  faut  point  du  tout  compter  fur 
cette  latitude  :  la  pofjtion  de  la  Comète  entre  les  deux 
Étoiles  étoit  telle  ,  que  la  moindre  erreur  dans  les  dillances 
en  devait  occalionner  une  très-fenfible  dans  la  latitude  de 
ia  Comète.  Heureulement  il  n'en  étoit  pas  de  même  de  la 
longitude;  &  la  longitude  feule  étoit  ici  néceliaire  ,  pour 
calculer  l'orbite  de  la  Comète.  On  avoit  beaucoup  de  peine 
le  icp  à  diftinguer  quelque  trace  de  la  queue  delà  Comète. 

Le  2^  à  p^^  i^'î"»  ^^  Comète  étoit  en  ligne  droite  avec 
i'Étoile  polaire  &  ^a  de  Calfiopée;  ou  bien  ,  une  lign.  droite, 
tirée  par  f Etoile  polaire  &  le  centre  de  la  Comète,  divifoit 
en  deux  parties  égales  l'efpace  qui  fépare  y  8c  cT  de  Caffio- 
pée.  Une  autre  ligne  droite  palToit  par  la  Comète ,  par  i  de 
Céphée  &  par  une  Étoile  du  bonnet  de  Céphée ,  c'eft-à- 
dire ,  par  celle  qui  eft  la  plus  boréale ,  ou  ia  fuivante  de  ia 


DES      Comètes,  559 

bafe  du  triangle,  &  la  plus  voifine  de  Caïïiopée.  Ripen  a 
peut-être  voulu  défigner  A  de  Céphée.  En  générai  tous  cqs 
alignemens  font  au  moins  fort  mai  exprimés  dans  le  manui^ 
crit  :  je  \ts  défigne  autant  qu'il  m'elt  poffibie  par  les  carac- 
tères qui  nous  lont  connus;  je  ne  me  flatte  cependant  pas 
d'avoir  toujours  rencontré  jufte.  Au  même  inftant,  la  Co- 
mète ,  l'Étoile  polaire  dii.  y  à^  Céphée ,  formoient  un  trian- 
gle ,  fenfiblement  redangle  à  la  Comète  :  la  dirtance  de  la 
Comète  à  «y  de  Cépiiée  étant  fuppofée  2  ,  celle  de  la  Comète 
à  l'Étoile  polaire  étoit  égale  à  5.  La  Comète  égaloit  y  de 
Céphée  en  lumière ,  en  grandeur ,  en  couleur ,  li  ce  n'eft 
qu'elle  étoit  plus  pâle  &  plus  obfcure. 

Le  3  I   à   ^^   34^  la  Comète  couvroit  exaélement  e  de 
Céphée  ,  d'où  M.  de  la  Caille  conclut  qu'elle  étoit  en  o^ y^  Ac.  desSckr.a 
:22^  avec  55»^  58'  30"  de  latitude  boréale.  i7^7>V'S^^^- 

Le  I."  Septembre  à  14^  3'  (  c  eft-à- dire,  je  penfè,  ia 
même  nuit  du  31  Août  au  i.^*^  Septembre)  ,  la  Comète 
étoit  à  48^'  \  d'à  de  Perfée  ,  &  à  48  degrés  &  ^  d'ct  du 
Cygne.  Elle  avoit  déjà  quitté  e  de  Céphée  ,  dirigeant  fon 
cours  vers  le  Cygne  :  éXo.  étoit  à-peu-près  à  égale  difiance 
d'e  &  de  Ç  de  Cépliée ,  un  peu  plus  voifme  cependant  de  Ç^ 
qu'elle  égaloit  en  grandeur.  Sa  lumière,  rare  &  obfcure, 
ia  rendoit  allez  comparable  à  q^s  deux  Etoiles.  ^\\q  n'avoit 
aucune  apparence  de  queue. 

Le  2  à  p  heures,  une  ligne  droite  ,  tirée  d'cc  du  Cygne 
à  /S  de  Caffiopée ,  ialfloit  la  Comète  à  environ  deux  tiers 
de  degré  du  côté  du  pôle  de  l'écliptique;  &  une  autre  ligne, 
tirée  de  jS  de  Céphée  à  ;  de  Pégafe ,  palfoit  par  le  centre  de 
ia  Comète.  La  Comète  égaloit  en  grandeur  &  en  lumière 
\ti  Étoiles  du  fixième  ordre. 

Le  3  Septembre  elle  étoit  dans  la  Voie  laclée,  entre  la 
queue  du  Cygne  &  le  bonnet  de  Céphée  ,  dont  elle  étoit 
à-peu-près  également  diilante  :  il  fut  impoffible  de  bien  dé= 
terminer  fa  polition. 

Ces  obfervations  ,  comme  on  s'en  aperçoit  facilement , 
font'  a^z   groifières.   Ripen  ne   manquoit  pas  i-aw^  doute 


^6o  Histoire 

d'habileté  ;  maïs  ii  n'avoit  pas  d'inftrumens.  Le  rayon  adro- 
nomique ,  dont  il  ft  lervoit  pour  prendre  des  diftances , 
étoiî  apparemment  bien  petit ,  puirqu'il  ne  détermine  ces 
didances  qu'en  degrés  &  fixièmes  de  degrés.  Cependant , 
•vu  ia  promptitude  du  mouvement  de  la  Comète  ,  ces  obler- 
vations,  tout  imparfaites  qu'elles  font  ,  ont  pu  fufEre  pour 
calculer  avec  quelque  exaélitude  l'orbite  de  la  Comète.  En 
voici  les  éiémens  calculés  par  feu  M,  l'Abbé  de  la  Caille. 

Lieu  du  nœud  afcendaiit ,  .  .  ^^    14.*^    15' 

ïnciinaifon  de  l'orbite 87.    5  8. 

Lieu  du  périhélie 5 .    26.    19. 

Logarithme  de  la  diâance  périhélie.  ...  8,  94.9 9 2<5. 

Paffage  au  périhélie  en  Juillet 18'    13''   ^y" 

Sens   du  mouvement Dire(fl. 

Cette  Comète  fut  auffi  obfèrvée  à  la  Chine  dans  le  palais 
Maf/ia,  t.X,  Tfé-oucy ,   (enceinte  àQs  Etoiles  qui  ne  fe  couchent  pas). 

Comiers  dit  que  cette  Comète ,    qu'il  rapporte  à  l'année 

ï  597,  d'après  Santucci ,  fut  obfèrvée  depuis  le    i  i   Juillet 

jufqu'au   I  2  Août.  «  Nos  Allronomes ,    dit  Mylius ,    virent 

53  le  17  Juillet,  une  Comète  dans  la  conffcellaîion  du  Cocher  : 

"  fa  couleur  étoit    foible  &  pâle  ;   fa  queue   tournée  vers  les 

>'  Chevreaux.  Cette  queue ,   au  premier  coup-d'œil ,  paroifToit 

>'  aiïèz  longue;    mais  pour  peu   qu'on  ia  regardât  fixement , 

"  elle  iembloit  s'évanouir.  La  conltellation  du  Cocher  appar- 

'>  tient  au  figne  des  Gémeaux  :  de  là  la  Comète,  par  un  mou- 

»  yement  précipité ,  parcourut  les  fjgnes  de  l'EcrevilTe  &  du 

»  Lion ,  &  après  avoir  atteint  le  commencement  de  la  Vierge, 

elle  lè  diilipa  dans  la  grande  Ourfe  ^>.   Mais  avant  que  de 

dii|3aroitre,  elle  devint  Itationnaire,  vers  le  quatrième  degré 

îù'pier.p.  vs^  t!e  la  Vierge.  «  On  Tobièrva  à  Roine  le  i  6  Juillet   i  55^7  » 

i'^  f^o.      „   ^  i\Cq.^  ^  )9^)  i  ^'"  deilus  des  deux  Étoiles  de  la  patte  anté- 

»  rieure  de  la  grande  Ourfe.    A  deux  heures  de  la  nuit  ,    elle 

j»  éto5t  disante  de  39  degrés  &  demi  du  pôle  arétique ,  (elle 

avoit 


DES    Comètes,  j6i 

avoit  Jonc  50^  30^  de  déclinaiion  ).    A  6  heures  &  demie  « 
de  la  même  nuit,    elle  paiïa  au  méridien   (  de  Rome)   fous  « 
le  pôie ,  avec  4^^  o^  de  hauteur ,    (  donc  avec  5  2  degrés  de  « 
déclinaifon  ).  Dans  fa  plus  grande  hauteur  méridienne  ,  elle  « 
s'approcha  de  7  degrés  de  notre  zénith  ;  (  donc  fa  plus  grande  « 
déciinaifon  a  été  de  4^  degrés).  Depuis  la  première  obfcr-  ic 
vation ,  elle  continua  de  faire  trois  révolutions  entières  au-  « 
tour  du  pôle,  au-deiïlis  de  l'horizon.    Mais  s'écartant  tous  « 
les  jours  du  pôle,  le  quatrième  jour,  qui  fut  le  20  Juillet,  « 
elle  toucha  l'horizon  fous  le  pôle  dans  le  méridien;  &  le  22  « 
du  même  mois ,    elle  fe  coucha  vers  cette  même  partie  du  ce 
ciel ,  &  ne  reparut  que  deux  heures  après.   Sa  plus   grande  « 
longueur  fut  de  4  degrés.  Elle  reftolt  tous  \qs  jours  en  arrière  « 
vers  l'orient.  La  nuit  qui  fuivit  le  5  Août,  elle  atteignit  le  « 
tropique  de  l'EcreviiTe  :  elle  fut  vue  enluite  dans  le  parallèle  « 
du  cœur  du  Lion.  En  vingt-quatre  jours  elle  s'approcha  de  « 
i'équateur  de  27  degrés,  &  elle  en  parcourut  3  6  par  un  mou-  « 
vement  rétrograde  ».  C'efl  Santucci  qui  iious  débite  ces  par- 
ticularités, j'ai  penfé  dire,    ce  galimathias.    i."^  11  rapporte 
l'apparition  de  la  Comète  à  l'an  155)7;  elle  a  certainement 
paru  en    i  'y^6.  2."  Sa  plus  grande  déciinaifon  eft  tantôt  de 
52    degrés,    tantôt   de  4^    leulement.    3.°   Santucci  la  fait 
paroître  dès  le   i  6  Juillet  dans  la  grande  Ourfe ,  &  l'on  fait 
d'ailleurs  que  le  17  ,  elle  n'étoit  encore  que  dans  le  Cocher. 
4.°  Il  eft  faux  qu'elle  ait  atîeiiit  le  tropique  durant  la  nuit  du 

5  au  6  Août,  il  s  en  falloit  d'environ  2  degrés.  5.°  En  vingt- 
quatre  jours ,  à  compter  du  i  6  Juillet,  elle  a  parcouru  en  lon- 
gitude, non  pas  -^6  degrés,  mais  plus  de  70.  6.°  Puifque 
de  l'aveu  de  Santucci ,  la  Comète  reftoit  tous  \es  jours  eti 
arrière  vers  l'orient,   fon  mouvement  apparent  étoit  direél , 

6  non  rétrograde. 

Rothmann  obferva  peu  cette  Comète.  Le  3  i  Juillet , 
après  10  heures,  il  examina  fa  configuration  avec  i/  &  ^  de 
la  grande  Ourfe,  &  conjeélura  que  la  Comète  étoit  en  28 
degrés  du  Lion,  avec  une  latitude  de  27  degrés  &  demi 
yers  le  nord.  Le  4  Août  j  à  la  vue  fimple ,  il  jugea  qu'elle 
Tome  L  B  b  b  b 


€6i  Histoire 

avoit  parcouru  4  degrés  dans  Ton  orbite ,  un  peu  plus  en 
Smii.      longitude,  ■&  près  de  2  degrés  en  iatitude. 

Meftiin  prit  le  22  Juillet,  vers  10  heures,  désaligné^ 
mens  de  la  Comète  :  la  vingt-unième  Etoile  {/j.)  de  la  grande 
Ourfe,  la  Comète,  &  la  dix-huitième  Étoile  {c)  de  Ferfée, 
étoient  en  ligne  droite  ;  une  autre  ligne  droite  étoit  formée 
par  la  Comète ,  la  onzième  Étoile  (ô)  de  la  grande  Ourfe , 
&  la  deuxième  (y)  de  Céph^ée.  Le  27  Juillet,  la  Com.ète, 
la  onzième  Étoile  (ô)  de  la  grande  Ourfe ,  &  la  dixième 
(  <r  )  de  Perfée ,  form oient  une  ligne  droite,  ainfi  que  la 
Comète,  la  vingt-deuxième  (4)  &  la  vingt-fixième  [Q  de 
la  grande  Ourfe.  En  rapportant  ces  alignemens  fur  un  globe 
de  4  pieds  de  diamètre  (  de  telles  obfervations  ne  deman- 
dent pas  d'autres  calculs,)  je  trouve  que  le  22  Juillet,  la 
Comète  étoit  en  3  degrés  &  demi  du  Lion ,  avec  3  i  degrés 
de  latitude  au  nord.  &  le  27,  en  20^^43'  ^^^  Lion,  avec 
3  G  degrés  &:  demi  de  latitude  boréale. 

C'ell  probablement  fur  les  oblervations  précédentes,  que 
Halley  a  calculé  l'orbite  de  cette  Comète  ;  voici  les  élémens 
qu'il  a  déterminés. 

Lieu  du  nœud  afcendant 10^    12^    12'    30* 

InciJnaifon  de  l'orbite 55.    12. 

Lieu  du  périhélie 7.    18.    16. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie.  .  .  .      9,710058. 

Paflage  au  périhélie  en  Août 10'    20^      4.' 

Sens   du   mouvement Rétrograde. 

Lorfqu'Hailey  propofoit  cette  théorie ,  il  n'avoit  point  de 
connoiitance  des  obfervations  fui  vantes.  Elles  fontdeTycho; 
le  manufcrit,  dont  j'ai  fouvent  parlé,  les  contient  dans  le 
plus  grand  détail  ;  j'en  ai  raffembié  l'efTentiel  dans  le  précis 
qui  fuit. 

Tycho  vit  pour  la  première  fois  cette  Comète  à  Copen- 
hague, le  24  Juillet,  entre  10  &  i  i  heures,  entre  loueii 
&  le  nord:  quelques-uns  afTuroient  l'avoir  vue  trois  jours 
plus  tôt.  Sa  tête  égaloit  les  Étoiles  de  ia  féconde  grandeur. 


DES    Comètes.  563 

telles  que  celles  de  ia  grande  Oiirfe  ;  la  couleur  en  étoît  cepen- 
dant moins  éclatante;  la  queue,  rare  &  foible,  pouvoit  avoir 
3  ou  4  palmes  de  longueur;  elle  éîoit  dirigée  vers  y  de  la 
grande  Ourle ,  en  déclinant  cependant  un  peu  vers  (è,  La 
tête  étoit  près  d^s  deux  Étoiles  (  ^a  &  A  )  de  ia  première 
patte  poilérieure  de  la  même  conftellalion  ,  une  fois  &  demie 
aufli  éloignée  de  A  ,  que  A  Tefl  de  fx  :  une  ligne  droite  tirée 
de  A  par  la  Comète  alloit  joindre  i  des  pattes  antérieures. 
Cette  obfervation  efl:  aiïez  bien  repréfentée  par  la  théorie 
d'Halley,  félon  laquelle  la  Comète  auroit  été  le  24  Juillet  à 
1  I  heures  du  foir  en  4.^  1 1^  4^',  avec  une  latitude  boréale 
de  3  i*^   I  1' 

Le  2  5  ,  vers  i  o  heures ,  Tycho  vit  ia  Comète ,  (ans  en 
prendre  aucun  alignement;  il  le  contenta  de  repréfenter  afîez 
grofTièrement  fa  pofition  à  l'égard  de  quelques  Etoiles  deîa 
grande  Ourle. 

Le  26,  ia  Comète  égaloit  les  Étoiles  de  ia  troiiièmc 
grandeur. 

Le  27,  Tycho,  de  retour  à  Uranibourg,  fit  les  obfer- 
vations  fui  vantes.  Les  hauteurs  &  déclinaifons  ,  marquées 
doubles ,  ont  été  prifes  avec  deux  inftrumens  différens. Toutes 
ies  difîances  font  prifes  à  ia  claire  du  collier  de  Chara.  Les 
azimuts  font  du  lud  à  l'oued. 


TEMPS 

vrai 
deTYCHO. 


H. 


2.     I 


2Ç) 

371 
44 
47  î 


tita&BSBEOGSC9 


DISTANCE 

de  la 

Comète 

à  Chara. 


DECLIN. 

boréale 

de  11 

Comète. 


M. 


l    D. 


L  * 
* 


24,.  3  0 

24..  37 

24.  3^1* 

24-  37  î  = 


43- 
43- 


M. 


43-     o 
42.   59 


HAUTEUR 
de  la 

C  o  M  ETE. 


D. 


M. 


12.     143- 
10.     37 


9-   5<îi 


AZIMUT 

de  la 
CO  MÈTE. 


D. 


M. 


NOMS 

des 

ÉTOILES. 


I  57.    4.8  !«  de  l'Aigle. 

T  d'Ophiuch. 

j  o£  de  l'Aigle  . 

'La  même. .  . 

.  .  .  o  .  .  .  I  La  même. .  . 
;  La  même. .  . 


B  b  b  b  ij 


Leur 

Azimut. 


^^4  Histoire 

Les  azimuts  de  la  dernière  colonne  ont  été  pris  pour 
corriger  l'heure. 

Comme  la  dernière  diflance  de  ia  Comète  à  Chara  eft 
marquée  douteufe,  &  que  d'ailleurs  cette  diflance  diminuoit 
de  4  à  5  minutes  par  heure  ,  nous  pouvons  établir  qu'à 
il  3^  8'  cette  diftance  étoit  de  x^^  ^6'  ^o"  ,  &  ia  déclinaifon 
de  ia  Comète  de  43 "^  o^  Donc  longitude  de  ia  Comète  en 
4^  20^  57'  40"  ;  latitude  boréale  30*^  30'  20".  Les  éiémens 
déterminés  par  Halley  donneroient  une  longitude  moins 
avancée  de  12  minutes,  &  une  latitude  moindre  de  3  ^ 
minutes. 

Le  3  I  Juillet ,  on  fit  les  obfervations  fuivantes  :  on  avertît 
que  lorfqu'il  y  a  deux  hauteurs  marquées,  la  première  ou  la 
Supérieure  mérite  plus  de  confiance.  Les  azimuts  font  tou- 
jours comptés  depuis  le  fud.  Aux  deux  premières  obferva- 
tions ,  on  a  pris  l'azimut  d'Arélurus ,  aux  autres  celui  d'cc 
de  l'Aigle. 


|T  E  M  P  s 

vrai 
{de   T  Y  CH  O. 


H. 


I  O. 


M. 


10.   S5  ^ 


I  r 

I I 

1 1 
1 1 
1 1 
II 

1 1 

puMiinnwm  iii.m 


I   J 

9i 
13 

26 

3ii 


DISTANCE 

de  ia 
Comète 


M. 


Arâunis . . 
42.  ^y^ 
42.  55 
Chara,  -  .  . 
20.  1 1  f 
20.    10  4 


DÉCLIN, 

boréale 

de  ia 

Comète, 


D. 


M. 


38.    14 


38.    13 


HAUTEUR 

de  la 

Comète. 


M. 


16.  32f 

16.  27  I 

16.  I  O  j 

I  ^.      8  '^ 

15,  36 


14.    34 


13-   23  r 
12.  51  f 


AZIMUT 

de  ia 
Comète. 


AZIMUT! 

des 

Étoiles. 


r>.      M. 


134.    28      74.    55?  O. 


13^.     17 


y6. 

é^ 

5- 

.47  E- 

2. 

30 

0. 

^5  ^ 

0. 

II  0 

I. 

3^1 

DES    Comètes,  565 

J'aî  corrigé  quelques  fautes  &  fuppiéé  quelques  omiffions 
du  manufcrit,  qu'on  ne  pouvoit  manifellement  attribuer  qu'à 
l'inattention  du  copifle. 

•  Selon  \^s  précédentes  obfervations  ,  à  i  i^  14' ,  la  Comète 
étoit  en  4^28^  48'45",  &  fa  latitude  étoit  de  28^28' 30". 
Selon  [es  élcmens  d'Hailey  ,  la  longitude  auroit  été  de 
4^27^  54^,  &  la  latitude  de  27^^  50^ 

-  Le  3  Août ,  on  fit  les  obfervations  fuivantes ,  les  azimuts 
toujours  pris  du  fud. 


De  plus ,  lorfque  l'azimut  d'ct  de  l'Aigle  étoit  de  ^^  ^^ 
'du  fud  vers  l'ouefl; ,  l'Étoile  e  de  la  grande  Ourfe ,  ayant 
37"^  18'  de  hauteur,  étoit  dans  le  même  vertical  que  la 
Comète.  La  Comète  étoit  fort  petite,  égale  tout  au  plus  aux 
Étoiles  V  &  ^  de  la  grande  Ourfe.  Sa  queue  étoit  dirigée 
y  ers  la  claire  du  collier  de  Chara, 


^66  Histoire 

En  ruppofant  à  lo^  45Ma  diilance  de  la  Comète  à  Arc- 
tui'Lis  de  3p^  47^  &  fa  déclinaifon  boréale  de  3  5^  lo^,  la 
iongitude  aura  été  de  5^2^  52'  45"  >  ^  ^^  latitude  de 
26^48'  50"  au  nord.  Les  éiémens  d'Halley  donnent  une 
longitude  plus  occidentale  d'un  degré  3  c)  minutes ,  &  une 
latitude  moins  boréale  de  3  c)  minutes. 

Enfin  ,  le  6  Août  la  Comète  fut  vue  pour  ia  dernière  fois; 
elle  étoit  fi  petite  qu'on  ne  put  employer  les  inflrumens. 
A  la  vue  fimple  on  jugea  que  peu  avant  le  pafîage  de  la 
claire  de  l'Aigle  au  méridien,  c'efl- à-dire,  vers  10  heures  y, 
la  Comète  étoit  en  ligne  droite  avec  v  Se  A  de  la  grande 
Ourle,  Si  de  plus,  autant  qu'il  fut  poffible  de  l'apprécier, 
aufTi  éloignée  de  v  que  v  l'eft  de  ^.  O  1  ne  peut  faire  fond 
fur  une  telle  obfervation  :  elle  donneroit  ia  longitude  eu 
5^2^3p',  &  la  latitude  feroit  de  25^  47'  au  nord.  La 
iongitude  devoit  être  plus  avancée  au  moins  d'un  degré  5c 
demi ,  &  la  latitude  moins  boréale  d'environ  40  minutes. 

Il  eft  à  préfumer  que  de  toutes  les  obfervations  de  cette 
Comète,  celles  de  Tycho  méritent  le  plus  de  confiance.  II 
eit  probable  qu'Halley  n'en  a  pas  eu  connoiffance  ;  le  réfultat 
des  .éiémens  qu'il  a  propofés  ,  s'écarte  de  près  de  2  degrés 
des  obfervations  faites  le  3  Août  par  Tycho.  Une  telle  erreur 
n'efi:  pas  vraifemblable  dans  les  obfervations  d'un  ^es  plus 
éclairés  reftaurateurs  de  i'Aflronomie.  J'ai  cru  devoir ,  en 
conféquence ,  calculer  de  nouveau  l'orbite  de  la  Comète  de 
15^6,  fur  les  obfervations  de  Tycho.  Les  éiémens,  que 
j'en  ai  conclus ,  fatisfont  fufîifamment  aux  obfervations  gi'of- 
fières  des  autres  Aftronomes  de  ce  temps.  J'en  excepte 
cependant  celles  de  Santucci  ;  celles-ci  ne  s'accordent  pas 
mieux  avec  notre  théorie  qu'avec  celle  d'Halley. 

Lieu  du  nœud  afcendant lo*"    15''    36'   50" 

ïnclinaifon  de  l'orbite  à  i'édiptique .  ...  52.      9.   45. 

Lieu  du  périhélie 7.   28.    30.    50. 

Logarithme  de  la  diftance  périhélie.  ...  9,739908. 

Pafîkge  au  périhélie  en  Aoiit 8'    15''   43' 

Sens  du  mouvement.  .  < Rétrograde. 


DES    Comètes,  567 

Un  Écrivain  contemporain  ,  mais  d'une  autorité  d'ailleurs 
fort  furpede,  dit  qu'en  i  ^96 ,  on  vit  durant  piufieurs  jours 
deux  Comètes  dans  le  figne  de  la  Vierge,   fous  la   grande    suorrfglj'.Jl 
Ourfe.  Comiers  le  répète.  Lx ,p,  6Si. 

Je  termine  ce  premier  Volume  avec  le  feizième  fiècle; 
la  fin  de  l'Hifloire  des  Comètes  commencera  le  volume 
fui  vaut. 

SUPPLÉMENT 

-\ 
A 

l'histoire   des  COMETES. 

L'impression  de  ce  Volume  étoit  fort  avancée,  lorfque 
j'eus  le  bonheur  de  iier  une  connoifTance  plus  particulière 
avec  M.  de  Guignes.  Je  favois,  ainfi  que  tout  le  Public  , 
que  cet  Académicien  étoit  parfaitement  inilruit  de  tout  ce 
qui  concerne  la  Littérature  &  les  Antiquités  Chinoifes  ; 
j'ignorois  qu'il  eût  étendu  (es  recherches  jufqu'à  l'Aftronomie 
&  à  l'Aftroiogie  de  cette  Nation.  Son  fils ,  qui  marche  à 
grands  pas  lur  les  traces  de  fon  illuftre  père ,  venoit  de  pré- 
fenter  à  fAcadémie  d^s  Sciences,  un  Planilphère,  fur  lequel 
les  conftellations  Chinoifes  étoient  tracées,  &  rapportées  à 
nos  confteilations  Européennes  :  ce  Planifphère  étoit  accom- 
pagné d'un  catalogue,  où  les  Etoiles  de  ces  confteilations  & 
les  confteilations  mêmes,  exprimées  en  noms  Chinois,  mais 
en  caradères  Européens,  étoient  rangées  par  ordre  alphabé- 
tique ,  &  déterminées  par  \gs  différentes  lettres  grecques  & 
latines,  qui  diftinguent  les  Etoiles  de  nos  confteilations,  fui- 
vaut  la  nomenclature  de  Bayer.  L'ouvrage  fut  très-bien  ac- 
cueilli par  fAcadémie  ;  elle  décida  qu'il  feroit  imprimé  dans 
le  recueil  des  Mémoires  qui  lui  font  préfentés  par  dts  Savans 
étrangers.   Cette  circonftance  me  procura  l'occaiion  de  voiy 


^68  Histoire 

M.  de  Guignes  ;  je  rapportai  de  chez  lui  à^?>  connoîiïances 
de  l'Aftronomie  Chinoi(e ,  bien  plus  étendues  que  celles 
que  j'avois  puifées  dans  les  écrits  du  P.  Gaubil.  Peu  après , 
Ion  fils  entreprit  un  ouvrage,  qui  pouvoit  m'être  d'un  bien 
plus  grand  fecours  ,  le  catalogue  de  toutes  \qs  Comètes 
obiervées  en  Chine  :  Ma-tuon-iin ,  favant  Chinois  ,  s'étoit 
attaché  à  les  rafTembler  toutes  ,  dans  le  286.^  livre  de  ^ow 
Ouen-hïen-tong-kao  ;  M.  de  Guignes  û\s,  a  traduit  ce  livre, 
&  le  jugement  de  l'Académie  fur  cette  traduélion  a  été  con- 
forme à  celui  qu'elle  avoit  précédemment  porté  fur  le  Pla- 
nifphère  &  le  catalogue  à^s  Etoiles.  Ma-tuon-lin  termine 
fon  catalogue  des  Comètes  à  l'an  1222  de  l'ère  Chrétienne. 
II  a  fans  doute  omis  quelques  Comètes  ;  mais  il  en  a  rafTem- 
h\é  plufieurs  qui  n'ont  été  connues  ni  du  P.  Gaubij ,  ni 
d'aucun  autre  écrivain  Européen  :  il  entre  fouvent  dans  des 
détails  qu'on  chercheroit  vainement  ailleurs  :  j'ai  remarqué 
quelques  erreurs  dans  fa  chronologie  ;  mais  il  redreiïë  alTez 
fouvent  celle  des  PP.  Gaubil  &  de  Mailla,  &  d'ailleurs  iG$ 
erreurs,  fuivant  M.  de  Guignes,  juge  plus  compétent  que 
moi  dans  cette  matière,  peuvent  n'èu'e  que  de  fimples  fautes 
d'impreiïion.  Afin  donc  que  l'ouvrage  que  je  .préfente  au 
Public,  trompe  le  moins  qu'il  me  fera  poffible  fon  attente, 
.&  celle  de  l'Académie ,  je  ne  puis  me  difpenfer  de  joindre 
ici,  par  forme  de  fupplément,  ce  que  j'ai  pu  recueillir,  5c 
des  converfations  de  M.  de  Guignes  le  père ,  &  des  Mé- 
moires de  M.  de  Guicrnes  le  fils.  Ma-tuon-lin  vivoitau  trei- 
zième  fiècle  de  notre  ère  vulgaire. 
Ï3es  cycles  Page  ip  I.  Il  efl  facile  de  s'apercevoir  que  les  noms  des 
jours  qui  compofent  le  cycle  Chinois,  font  formés  par  une 
fuite  de  dix  mots,  Kïa ,  y ,  ping  y  &c  ,  combinés  avec  une 
autre  fuite  de  douze  mots,  tfe  ou  tjii ,  (  car  on  prononce 
indifféremment  de  l'une  ou  de  l'autre  manière)  tchéou ,  yn , 
&c.  Dans  cette  féconde  fuite,  le  cinquième  &  le  neuvième 
terme,  défignés  pai'  différens  caraélères  dans  l'écriture  Chi- 
îioife,  ont  cependant  la  même  prononciation  chin ,  la  diffé- 
rence ne  çoiiliilant  que  dans  la  quantité  dç  la  fyiiabe,  longue 

dans 


Chinois. 


D  t   s      C  0  M  è  T  E  s.  f6^ 

'Jans  run ,  brève  dans  l'autre.  C'efl  fans  doute  pour  diflinguer 
l'un  &  l'autre,  que  le  P.  Gaubii  exprime  l'un  par  tc/ii/i , 
l'autre  par  c/iin,  M.  de  Guignes  écrit  par-tout  c/ih ,  confor- 
méinentà  la  véritable  prononciation  ;  mais  il  joint  à  chaque 
jour  équivoque  le  rang  que  ce  jour  occupe  dans  le  cycle; 
ce  qui  coupe  court  à  toute  ambiguïté.  De  plus,  par-tout  où 
ie  P.  Gaubii  écrit  ouey  dans  ce  cycle  fexagénaire,  M.  de 
.Guignes,  le  P.  Noël  8c  d'autres  écrivent  ou/  ou  ouL 

Le  cycle  de  foixante  ans  eft  fort  ancien  ;  il  l'efl  cependant 
moins  que  celui  de  foixante  jours,  fur  lequel  il  a  été  mo- 
delé :  les  années  de  ce  cycle  portent  les  mêmes  noms  que 
ies  jours  de  l'autre  cycle  ;  la  première  année  du  cycle  fe 
nomme  Kia-tfe ,  h  kconde  y-tcAeou ,  Sec, 

Les  Chinois  ont  obfervé  affez  groffièrement  le  mouvement  ï^^cs 
'des  Comètes;  on  ne  peut  cependant  difconvenir  qu'ils  n'aient  "^^J'^"''*'* 
été  à  cet  égard  &  plus  attentifs ,  8c  plus  exaéls  que  les  anciens  '"  Comètesi 
Européens:  leur  entêtement  des  rêveries  de  l'AflroIogie  ju- 
diciaire, &  l'idée  folle  &  fingulière  qu'ils  s'étoient  formée 
du  Ciel ,  contribuèrent  beaucoup  à  produire  cet  heureux 
effet.  Le  Ciel  étoit,  fuivant  eux ,  une  valie  république,  un 
grand  empire ,  compofé  de  royaumes  ou  de  provinces  ;  ces 
provinces  étoient  les  conftellations  :  là  étoit  fbuverainement 
décidé  tout  ce  qui  devoit  arriver  de  favorable  ou  de  défa- 
vorable au  grand  empire  terreftre ,  à  celui  de  la  Chine.  Les 
Planètes  étoient  les  adminiftratrices  ou  les  furintendantes  de 
îa  république  célefte ,  les  Etoiles  étoient  leurs  miniflres ,  les 
Comètes  leurs  courrières  ou  meflagères  ;  les  Planètes  en- 
yoyoient  celles-ci  de  temps  à  autre ,  pour  vifiter  les  provin- 
ces, &  pour  y  remettre  ou  y  entretenir  l'ordre  :  mais  tout 
ce  qui  fe  faifoit  là-haut,  étoit  ou  lacaufe,  ou l'avant-coureur 
'de  ce  qui  devoit  arriver  ici  bas.  Qu'on  juge  donc  d'après  ce 
beau  fyflème ,  s'il  n'étoit  pas  de  la  plus  grande  importance 
d'examiner  avec  la  plus  grande  attention  le  mouvement  & 
les  diverfes  phafès  des  Comètes. 

On  ne  diftinguoit  guère  en  Chine  les   Comètes  que  par 
leur  queue  ;  lorfqu  elles  n'en  avoient  pas ,  quel  que  fût  leur 
Tome  L  C  c  c  c 


t-yo  Histoire 

mouvement ,  on  ne  leur  donnoît  que  ie  nom  d'Etoîîe ,  ou 
d'Étoile  nouvelle,  ou  même  d'Etoile  hôte  ou  hôtejfe ,  vili- 
tant  les  provinces  &  logeant  en  divers  lieux  ,  comme  en 
autant  d'hôtelleries.  Elles  le  tenoient  dans  les  veftibules  des 
palais  célefles  :  là  fous  une  forme  invifible ,  elles  attendoient 
l'ordre  de  partir  ;  l'ordre  expédié ,  elles  devenoient  vilibles 
&  fe  mettoient  en  route.  Si  dans  leur  courie  elles  acqué- 
roient  une  queue  ,  on  diioit  que  l'Etoile  étoit  devenue 
Comète. 
Sur  les  Les  Chinois  commencent  bien  certainement  à  compter  les 

conaeiiations  Jegrés  de  leurs  conftellations  à  l'Etoile  qu'ils  ont  déterminée 

Chinoifes,  o  nu*  •       5x     i         • 

¥'  'P3  à-juiv,  pour  première  de  chaque  conlteliation  ,  quoiqu  a  la  ngueur 
qWq:  ne  foit  pas  la  plus  occidentale  de  toutes. 

M.  de  Guignes  ne  fuit  pas  tout-à-fait  la  même  nomen- 
clature que  le  P.  Gaubil ,  quant  à  la  dénominaiion  de  cha- 
que confteliation  :  fuivant  lui  ^  la  fixième  conftellation  a  pour, 
vrai  nom  ,  Ouey  ;  la  dixième  ,  Niu  ;  la  douzième  ,  Goey  ; 
la  treizième,  Ché  ou  Yng-ché ;  la  quatorzième,  Pie  oa 
Toungpie ;  la  dix-feptième,  Guey ;  la  dix-neuvième,  Pie ;^ 
ÔL  la  vingt-fepiième,  Ye, 

Les  Chinois  divifent  le  Ciel  en  quatre  parties  ou  contrées:, 
la  partie  orientale  comprend  les  fept  premières  conftellations^ 
Kio  ,  Kaiig ,  Ty ,  Fang ,  Sin  ,  Ouey  &  Ki  ;  la  partie  fepten-, 
trionale  renferme  les  fept  fuivantes ,  Teou ,  Nieou ,  Niu,Hiu, 
Goey  >  Ché  d^  Pie;  les  fept  qui  fuivent,  Kouey ,  Leou  ,  Guey, 
Mao ,  Pie ,  Tfoui  &  Tjan ,  appartiennent  à  la  contrée  occi^ 
dentdie  ;  enfin ,  la  contrée  méridionale  contient  \qs  fept  der- 
nières, Tfing ,  Kouey,  Lie  ou ,  Sing ,  Tchang ,  Ye ,  Tchiri, 
Lors  donc  que  Ma-îuon-lin  dit  qu'une  Comète  a  paru  dans 
une  telle  contrée  célefte  ,  M.  de  Guignes  croit  qu'on  fa 
obfervée  dans  une  ou  plufieurs  des  conflellations  qui  forment 
cette  contrée  ;  &  ce  fentiment  paroîtroit  en  effet  le  plus  na- 
turel. Nous  verrons  cependant  bien  des  exemples,  où  Ma- 
tuon-lin  dit  qu'une  Comète  a  paru  dans  une  contrée,  lor^ 
que  toutes  les  conflellations  qu'elle  a  traverfées ,  appartien- 
nent à  des  contrées  abfolument  différentes  :   &  cela  arrive  fk 


DESCOÂIETES.  57! 

ïbuvent ,  qu'il  nous  paroît  difficile  d'en  rejeter  la  caufe  fur 
àes  fautes  d'imprelfion  dans  l'édition  que  poiïède  M.  de 
Guignes.  Chez  le  P.  Gaubil  la  contrée  occidentale  eil;  tou- 
jours la  partie  du  Ciel  qui  eft  actuellement  à  l'occident  ;  iï 
en  eft  de  même  refpeéiivement  des  autres  parties  ou  contrées 
céleftes.  Nous  penlons  qu'on  pourroit  admettre  ici  une  dil- 
tinélion  ;  quand  Ma-tuon-lin  dit  qu'une  Comète  a  paru  dans 
ou  parmi  les  Etoiles  d'une  telle  contrée ,  le  terme  de  contrée 
ou  de  partie  doit  s'entendre  dans  le  lens  de  M.  de  Guignes; 
mais  quand  il  dit  fimplement  que  la  Comète  a  été  vue  dans 
la  partie  ou  dans  la  contrée  orientale ,  occidentale ,  &c.  il  nous 
paroît  que  le  fens  doit  être  qu'on  l'a  obfervée  du  côté  de 
î'eH: ,  ou  de  i'oueft ,  &c.  Au  refle ,  nous  rapporterons  les 
expreilions  de  Ma-tuon-lin;  nousy joindrons  nos  réflexions, 
s'il  y  a  lieu,  &  nous  foumettrons  le  tout  au  jugement  du  ledeur. 

11  y  a  deux  palais  célefles  ,   le  Tfé-  oiiey  &  le  Tay-  ouey  :       ^^^"^^^^ 

I  I    •  •    r  I      ^T^-  1  '  I  I    /       /i    n        râlais  celeltes^ 

CQs  deux  palais,  anili  que  le  iien-clie  ou  le  marche  celeite,  ^.  x$S. 
ont  des  murailles;  {i  ,  comme  il  y  a  lieu  de  le  croire,  ils 
font  bornés  à  l'enceinte  de  ces  murailles  ,  ils  n'ont  pas  à 
beaucoup  près  toute  l'étendue  que  j'avois  cru  ,  d'après  les 
manukrits  du  P.  Gaubil,  devoir  leur  affigner.  Ainli  toutes 
les  fois  que  j'ai  dit ,  fur  l'autorité  du  P.  Gaubil  ou  du  P.  de 
Mailla ,  qu'une  Comète  avoit  paru  dans  le  Tfé-ouey .  le  Tay- 
ouey ,  ou  le  Tien-ché ,  il  faut  limiter  cti  expreffions  aux  elpaees 
céleftes  que  nous  allons  déterminer. 

Le  palais  Tfé-ouey  ou  TJu-kong  a  pour  murailles ,  d'un  côté 
ïa  conftellation  Chinoife  Chao-tching  ^  de  l'autre  la  conflel- 
iation  Yeou-tchu.  La  première  contient  dix  Étoiles,  /,ô,>ij, 
Ç,  e,  ^  du  Dragon  ,  x-,  55,7  de  Céphée  ,  &  une  fous  le 
ventre  de  la  Renne  qui  ne  fe  trouve  point  dans  le  cata- 
logue Britannique.  La  conftellation  Yeou-tchu  comprend  fept 
Étoiles,  a  ,  îG  ,  A  du  Dragon,  la  vingt-fepîième  de  la  grande 
Ourfe,  &  trois  Etoiles  de  la  Giraffe,  qui  font  la  trente-hui- 
tième du  catalogue  Britannique ,  &  deux  autres  du  catalogue 
dHévélius  ,  que  Doppeimayer  a  délignées  par  les  lettres 
c^  S. 

Cccc  ï] 


jyz  Histoire 

Le  Tay-ouey  a  pour  murailles,  à  droite,  ou  à  l'occident; 
ia  confteilation  Yeou-chi-fa ,  J^,  G,  /,  o-  du  Lion  &  (è  de  la 
Vierge;  à  gauche,  ou  à  l'orient,  la  confteilation  Chang<^. 
tfidfig ,  V) ,  y ,  J^,  e  de  la  Vierge,  &:  la  quarante  -  deuxième 
de  la  chevelure  de  Bérénice. 

Les  murailles  du  Tien-ché  ow  Tien-chï  font,  à  l'oueft,  la 
confteilation  Ho-chung ,  qui  eft  formée  par  onze  Etoiles , 
Ç,  e,  J^  du  Serpentaire;  e,  et,  J^,  ^,  y  du  Serpent;  x,  y,^ 
<l'Hercule  ;  à  l'eft  ,  la  confteilation  Sitng  ,  qui  contient  pa- 
reillement onze  Étoiles,  <^,  A,  /x,  o  &  la  cent  treizième 
d'Hercule  dans  le  catalogue  Britannique ,  Ç  de  l'Aigle  ,  ô  vi 
du  Serpent,  t  du  Serpentaire,  v  ,  ^  du  Serpent  ,  &  vi  du 
Serpentaire. 

Telles  font  fans  doute  les  limites  que  les  Aftronomes 
Chinois  afîignent  aux  palais  Tfé-ouey  (Se  Tay-ouey ,  8c  au 
marché  célefte  Tïen-ché ;  je  n'en  répéterai  pas  les  définitions 
dans  le  détail  <\ts  Comètes  de  Ma-tuon-lin. 

Des  mefures  Les  Chinois  mefurent  la  longueur  de  la  queue  àits  Co- 
moicj.  Ys\t\.^s  par  tfun ,  ché  8l  tchmig.  Le  tfun  eft  la  dixième  partie 
du  ché ;  le  r///eft  le  pied  Chinois,  il  eft,  je  penfe,  un  peu 
plus  long  que  notre  pied  de  roi  ;  le  tchang  contient  dix  che\ 
Dans  l'Hiftoire  générale  à^s  Comètes,  nous  avons  fouvent 
fuhftitué  des  degrés  aux  ché  Chinois  ,  &.  nous  l'avons  fait  à 
l'exemple  du  P.  Gaubil  ;  cette  lubftitution  n'eit  peut  -  être 
pas  tout-à-fait  exaéte.  Ce  n'étoit  point  par  une  meiure  ac- 
tuelle que  les  Chinois  déterminoient  le  nombre  de  ché  ou 
de  tchang  que  comprenoit  la  longueur  ou  la  largeur  de  la 
queue  d'une  Comète;  c'étoit  à  la  vue  ,  par  une  fimple  eftime^ 
qui  ne  pouvoit  être  que  fort  groffière.  Ainh  leurs  oblerva- 
tions  à  cet  égard  ne  peuvent  nous  inftruire  de  la  grandeur 
abfolue  de  la  queue  des  Comètes  ;  mais  elles  nous  donnent 
au  moins  la  connoiiïànce  de  leur  grandeur  relative  :  une 
Comète  longue  de  pluiieurs  tchang  étoit  fans  doute  beaucoup 
plus  longue  que  cçlle  à  laquelle  on  n  accordoit  que  quelques 
€hé  de  longueur. 


DES    Comètes,  jy^ 

Venons  maintenant  aux  Comètes  du  catalogue  de  Ma- 
tuon-lin. 

Pdge  ^JJ,  ligne  2  ,  ajoute^,  il  n'en  eil  fait  aucune 
mention,  ni  dans  Ma-tuon-lin ,  ni  dans  aucun  autre  à^^ 
Hiftoriographes  Chinois  que  j'ai  confultés. 

Page  2^^.  La  Comète  de  (5 12  a  paru,  fuivant  Ma-tuon- 
iin  ,  à  ia  feptième  Lune,  en  automne,  &  par  confcquent  au 
mois  d'Août ,  ou  dans  les  premiers  jours  de  Septembre.  Le 
fondateur  de  la  Dynaftie  Tchéou ,  qui  occupoit  alors  le  trône 
Impérial,  avoit  bien  ordonné  qu'on  commenceroJt  l'année 
par  la  Lune  qui  renfermoit  le  iolltice  d'hiver,  Se  félon  cette 
difpofition ,  la  leptième  Lune  auroit  commencé  vers  le  i  i 
Juin;  mais  eW^  ne  leroit  pas  tombée  en  automne.  Apparem- 
ment que  l'arrangement  des  Tcheou  n'avoit  pas  été  généra- 
lement adopté,  &  que  dans  la  principauté  de  Lou ,  dont 
Confucius  écrivoit  l'Hiitoire,  oji  fuivoit  l'ancien  ufage,  de 
regarder  comme  première  Lune  de  l'année  &  du  printemps, 
celle  durant  laquelle  le  Soleil  entre  au  figne  des  Poiiïbns  ; 
ufage  qui  redevint  général ,  deux  fiècles  ejiviron  avant  notre 
ère  vulgaire. 

J'ai  cité  Confucius  ,  parce  que  ce  qui  eft  dit  dans  Ma- 
tuon-lin  des  Comètes  de  612,  531  &  481,  efl  extrait  du 
Tchun-tfieou  de  ce  Philofophe. 

Page  2.^^,  ûjoutei: 

En  îa  dixième  année  de  Tchao-kong,  Prince  de  Lou, 
dans  l'hiver,  on  vit  une  Comète  dans  Ta-chin  (ou  J/// , 
cinquième  conllellation  du  zodiaque  Chinois  ).  Cette 
Comète  pourroit  ne  pas  différer  de  l'Étoile  nouvelle  ou 
Comète ,  qui  parut ,  félon  le  P.  Gaubil ,  vers  l'an  "^t^^  , 
en  hiver,  dans  la  conllellation  Nu  ou  Niu ,  dixième  du 
zodiaque. 

Page  J2j^  ,  ajoute^.  La  Comète  de  48  i  parut  en  hiver, 
à  la  onzième  Lune,  dans  la  partie  orientale,  fuivant  Ma- 
tuon-ljn.  La  conllellation  Sm ,    où  le  P.  de  Mailla  la  fait 


jy^  H  T    S    T  0    T    R    E 

parojtre ,  appartient  réellement  à  la  contrée  orientale.  Maïs 
d'un  autre  côté  la  Comète  étant  à  ia  onzième  Lune  dans  ie 
Scorpion  ,  ne  pou  voit  paroître  que  le  matin  du  côté  de  l'eft. 
Quant  à  la  conftellation  Ytig ,  que  le  P.  de  Mailla  dit  être 
à  deux  degrés  de  Sin ,  je  ne  fais  ce  que  c'efl.  Ce  Père  ad- 
met formellement  une  1  année  o  entre  l'an  i  avant  &  l'an  r 
après  le  commencement  de  notre  ère  vulgaire  ;  &  cependant 
je  me  fuis  aiïiiré ,  tant  par  la  confrontation  de  fa  chronologie 
avec  celle  d^s  autres  écrivains  de  l'Hiftoire  de  la  Chine, 
que  par  le  calcul  de  quelques-unes  des  éclipfes  mentionnées 
dans  fon  Hifloire,  qu'il  antidate  d'un  an  \qs  faits  qui  précé- 
dent la  nailfance  de  Jéfus-Chrift;  c'eft-à-d*fre ,  qu'il  les  date 
comme  fi  l'an  i  avant  l'ère  Chrétienne  eût  précédé  immé- 
diatement l'an  I  de  cette  ère.  J'avertis  donc  ici  une  fois 
pour  toutes  qu'il  faut  diminuer  d'une  unité  toutes  les  années 
avant  Jéfus-Chrifl ,  fur  lefquelles  le  P.  de  Mailla  marque 
i'apparition  d'une  Comète. 

A^éme  page ,  ajoutei. 

En  la  deuxième  année  du  règne  de  Tching-tîng-ouang  , 
Empereur  des  Tchéou ,  on  vit  une  Comète  ;  elle  ne  diffé- 
reroit  pas  de  celle  de  4(^5  ,  û  celle-ci  pou  voit  être  anticipée 
à  l'an  466.  D'ailleurs  ,  û  la  Comète  de  466  n'a  paru  qu'après 
le  milieu  de  la  onzième  Lune  ou  durant  la  douzième,  elle 
n'aura  été   obfervée  qu'en  Janvier  ou   en   Février  de  fan 

Page  2Lj8 ,  I.  ^  par  Je  bas .  mais  la  réalité,  &c.  jufqu'à 
la  fin  de  l'article,  lifez.  La  réalité  de  l'apparition  de  cette 
Comète  eft  conftaîée  par  le  témoignage  du  P.  Couplet,  par 
celui  du  P.  de  Mailla,  &  par  l'autorité  de  Ma-tuon-lin,  qui 
date  cette  apparition  de  la  huitième  année  du  règne  de 
Kao-ouang. 

Page  26^.  Ma-tuon-lin  fait  mention  des  deux  Comètes 
de  304  &  de  302  ;  elles  parurent  en  la  dixième  &  en  la 
douzième  année  de  Nan-ouang. 


DES    Comètes.  575 

En  la  dix-neuvième  année  du  même  Prince ,  on  vit  encore 
une  Comète. 

En  cette  année  ,  feptième  de  Chi-hoang-ti ,  il  ne  parut , 
félon  Ma-tLioivlin,  qu'une  feule  Comète  ;  q\Ig  fortit  de  la 
contrée  orientale  ,  elle  palfa  dans  la  contrée  feptentrionale  , 
enfin  à  la  cinquième  Lune,  (  au  mois  de  Juin  ou  de  Juillet) 
on  la  vit  dans  la  contrée  occidentale  pendant  feize  jours. 

En  la  neuvième  année  de  Chi  -  hoang  -  ti ,  il  parut  une 
Étoile  à  l'horizon.  A  la  quatrième  Lune,  ou  en  Mai,^n  la 
vit  dans  la  contrée  occidentale  ;  elle  parut  enfuite  dans  la 
contrée  feptentrionale  :  elle  employa  quatre-vingts  jours  à  aller 
depuis  le  Teou  (  fans  doute  celui  du  Sagittaire  ,  une  des 
vingt-huit  conflellations  )  jufqu'au  midi. 

En  ia  treizième  année  du  même  Prince ,  à  la  première 
Lune,  qui  commença  vers  le  ip  Février,  on  obferva  une 
Comète  dans  la  partie  orientale. 

213.  En  la  trente-troifième  année  du  même  règne,  une 
Étoile  fortit  de  la  partie  occidentale.  Si  cette  expreffion 
dénote  un  mouvement  propre  dans  l'Etoile ,  comme  je  le 
croirois  affez  volontiers  ,  le  P.  de  Mailla  a  eu  raifon  de 
donner  à  cette  Etoile  le  nom  de  Comète. 

Ma-tuon-iin  fait  auifi  mention  de  la  Comète  de  l'an  203, 
il  date  (on  apparition  de  la  troilième  année  du  règne  de  Kao- 
ti ,  à  la  feptième  Lune,  qui  commença  vers  le  i  3  Août: 
elle  parut  dans  Ta-kïo  ,  c'eil  Arâurus ;  fa  durée  fut  de  dix 
jours  ,  après  lefquels  elle  dilparut. 

Page  2  6y.  La  Comète  de  l'an  156,  félon  Ma-tuon-Iin  , 
fut  vue  dans  la  partie  occidentale  :  ia  bafe  ,  c'eft-à-dire  appa- 
remment ia  tête ,  éîoit  aux  conitellations  Ouej^  &  Ki  (  fixième 


^y6  HrSTÛfRE 

&.  fepîième  des  vingt-huit  )  ;  elle  tendoit  vers  Hiu  Se  Goey 
(  onzième  &  douzième  àti  vingt-huit  )  ;  fà  longueur  étoit 
de  piufieurs  tchang  :  eîie  parvint  au  Tien-han ,  c'efl-à-dire  à 
ia  voie  ladée  ;  après  feize  jours  on  ne  la  vit  pius.  On  peut 
remarquer  ici"  que  ia  partie  occidentale ,  au  fens  à^s  Chinois , 
ne  renferme  ni  Ouey ,  ni  Ki ,  où  étoit  la  tête  de  ia  Comète, 
ni  Hiu  Se  Goey ,  vers  lefquelles  elle  étendoit  fa  queue ,  ou 
vers  lefquelles  elle  Ce  portoit.  La  leçon  du  P.  Gaubil  fait 
difparoître  la  difficulté.  La  neuvième  Lune  commença  cette 
année  dans  les  premiers  jours  d'0(5tobre  ;  fi  la  Comète  étoit 
dans  Ouey  &  Ki ,  elle  devoit  paroître  le  foir  vers  l'ouefl, 
comme  le  dit  le  P.  Gaubil. 

Des  trois  Comètes  qui  parurent,  fuivant  le  P.  de  Mailîa, 
en  155  &  en  154,  c'eft-à-dire  en  i  54  &  i  53  ,  Ma-tuon- 
iin  ne  parle  que  d'une  feule,  &  cell  probablement  de  ia 
première  :  elle  parut ,  dit-il ,  en  la  deuxième  année  du  règne 
de  Hiao-king-ty  ;  elle  fortoit  du  fud-ouell.  Dans  le  texte 
Chinois  des  grandes  Annales,  compuifées  par  M.  de  Guignes^ 
il  eft  dit,  comme  chez  le  P.  de  Mailla,  quelle  parut  en  hiver 
à  la  douzième  Lune  :  cette  douzième  Lune  de  la  deuxième 
année  du  règne  de  Hiao-king-ty  commença  vers  le  16 
Janvier   154. 

Pcige  268.  Ma-tuon-lin  entre  dans  quelque  détail  fur  ia 
Comète  de  148,  ou  plutôt  de  147  :  elle  parut,  dit-il,  en 
ia  huitième  année  Tchong  \  donc  en  147,  à  ia  troifième 
Lune,  ]o\xï  Ting-yeou,  au  nord  -  oueft.  Sa  couleur  étoit 
blanche,  fa  longueur  d'un  tchang  ;  elle  étoit  dans  la  conftel- 
iation  Tfu-tchoui  ou  Tfoui ,  vingtième  des  vingt-huit  :  elle 
s'éloigna  un  peu  ,  &  après  quinze  jours ,  elle  ne  parut  pius. 
Le  P.  de  Mailla  date  l'apparition  de  la  Comète  de  la  qua- 
trième Lune  ,  &  il  a  probablement  raifon  ;  il  n'y  eut  point 
de  jour  Ting-yeou  dans  la  troifième  Lune,  il  y  en  eut  un 
dans  la  quatrième ,  ce  fut  le  1 8  Mai ,  la  quatrième  Lune 
n'ayant  fini  que  le  28.  Dans  le  texte  Chinois  àts  grandes 
Annales ,  il  eft  dit  que  la  Comète  parut  à  la  neuvième  Lune; 
alors  le  jour  Ting-yeou  feroit  tombé  au  1 4  Novembre.  Mais 

fuivant 


D   E   s     C  0   M   E  T  E   s.  )j-J 

fiùvaiit  Ala-tuon-iin  ,  la  Comète  avoit  même  a(cenflon  droite 
que  la  iête  d'Orion ,  &:  elle  déclinoit  de  plufieurs  degrés 
vers  le  nord  ;  autrement  on  ii'aiiroit  pu  i'obierver  au  nord- 
oueiL  Or,  dans  cette  pofiiion ,  la  Comète,  le  14  Novem- 
bre ,  devoit  paroître  toute  Li  nuit,  le  foir  au  nord-eft,  à 
minuit  vers  le  méridien,  le  matin  feulement  au  nord-oueft: 
pourquoi  nous  dit -on  fiirplement  qu'elle  a  paru  au  nord- 
ouell:  ?  Auroit-on  vu  àç:ux  Comètes  à  la  Chine  en  l'an  147  l 
cela  ne  feroit  pas  impollible.  Aimera-t-on  mieux  dire  que 
dans  les  gjrandes  Annales  on  a  pu  confondre  la  date  de  la 
Comète  avec  celle  d'une  éclipfe  de  Soleil ,  qui  eut  réelle- 
ment lieu  à  la  neuvième  Lune  ,  c'efl-à-dire ,  le  20  Novembre, 
trentième  jour  de  la  neuvième  Lune!  on  voit  par  l'Hilloire 
du  P.  de  Mailla ,  que  les  Chinois  rapportent  aflez  indiffé- 
remment leurs  éclipies  de  Soleil ,  ou  à  la  Lune  qui  commence, 
ou  à  celle  qui  liniî. 

La  Comète  qne  le  P.  de  Mailla  rapporte  à  l'an  147,  n'a 
paru  qu'en  146:  il  eft  donc  probable  qu'elle  ne  diffère  pas 
de  celle  qu'on  vit  en  Europe  en  cette  dernière  année. 

Page  jzâp, 

137,   Trois   Comètes. 

Sous  le  règne  d'Hiao-vou-ty  ,  troifième  année  Kleu-yven , 
à  la  féconde  Lune,  commençant  vers  le  8  Mars ,  on  vit  une 
Comète  dans  le  fond  de  la  contlellation  Tchang,  vingt-fixième 
dQs  vingt-huit.  Elle  traveria  le  palais  Tay-ouey ,  vint  au  palais 
Tfé-ouey ,  &  parvint  enfuiie  au  Tien-han ,  à  la  voie  laclée. 

En  la  même  année,  à  la  quatrième  Lune,  il  parut  une 
Comète  dans  le  Tien-ky ,  (  9,  w,  u,  g,  Ç,  &:c.  d'Hercule)  , 
elle  parvint  jufqu'à  Tché-tûu  (a.,  e,  Ç  de  la  Lyre), 

La  troifième  Comète  eft  celle  que  le  P.  de  Mailla  dit 
avoir  paru  durant  l'automne  de  l'an  138. 

Page  2yQ. 

134. 

Il  parut,  fui  vaut  Ma-tuonrlxn,   deux  Comètes  en  cette 
Tome  L  D  d  d  d 


"^jS  Histoire 

année,  fîxîème  du  règne  d'Hiao-vou-ty ,  la  première  à  îa 
fixième  Lune,  dans  la  partie  occidentale,  ia  leconde  à  ia 
huitième  Lune  dans  la  partie  orientale;  la  longueur  de  celle-ci 
terminoit  le  ciel ,  au  bout  de  trente  jours  elle  difparut.  La 
fixième  Lune  en  134  renouvela  vers  le  commencement  de 
Juillet ,  ia  huitième  vers  la  fin  d'Août*  Je  perlîfte  à  recon- 
noître  ici  la  Comète  de  Juftin;  mais  je  penfe  que  les  deux 
Comètes  de  Ma-tuon-lin  n'en  font  qu'une  feule,  confor- 
mément à  ce  que  dit  le  P.  de  Mailla,  d'après  le  Tong-tieu^ 
kang-mou.  Elle  aura  commencé  à  paroître  après  la  mi-Juillet, 
du  côté  de  l'occident  ;  avant  la  fin  d'Août  ,  elle  aura  été 
cachée  pour  quelques  jours  dans  les  rayons  -du  Soleil ,  Sc 
elle  aura  pu  palfer  alors  par  ion  périhélie.  Elle  aura  reparu 
avec  plus  d'éclat  durant  la  huitième  Lune,  ou  au  commen- 
cement de  Septembre ,  du  côié  de  l'orient  ;  cette  nouvelle 
apparition  aura  duré  trente  jours ,  l'apparition  totale  foixante- 
douze  jours.  Ainfi  tout  s'accordera,  Mithriuate  fera  né  l'an 
134  avant  Jéfus  -  Chrift ,  ielon  notre  manière  de  compter; 
&  il  aura  vécu  foixante-douze  ans,    comme  le  dit  Eutrope. 

Pûge  2.JJ  ,  après  la  quiii(jèwe  ligne ,  ajoute?^  :  Enfin  ce 
qui  coupe  court  à.  toutes  les  diilicultés ,  c'efl;  que  l'autorité 
du  P.  Couplet  eil  ici  fortitiée  par  celle  de  Ma-iuon-iin, 
qui  fait  paroître  la  Comète  en  la  quatrième  année  Yven-cheoUf 
à  la  quatrième  Lune  ,  donc  en  Mai  118.  11  n'en  dit  d'ailleurs 
autre  chofe,  finon  qu'elle  lortit  du  nord-ouelh 

Même  page ,  ligne  vingtième,   iio,  deux  Comètes,  lifei', 

I  op.   Deux  Comètes. 

Elles  parurent ,  félon  Ma-tuon-lin ,  en  la  première  année 
Yven-iiing-,  à  la  cinquième  Lune ,  qui  commença  cette  année 
vers  le  27  Mai  ;  ce  n'étoiî  donc  pas  en  automne  ;  l'une  étoii 
dans  Tong-tftng ,  ou  Tfing ,  vingt -deuxième  des  vingt  -  huit 
conflellations  ;  l'autre  parut  dans  San-tay ,  ou  dans  les  trois 
Tay ,  qui  lont  Chang-tay ,  i,  il;  Tchang-tay ,  A,/^/  &  Hia- 
Uiy ,  V ,  ^  de  ia  grande  Ourle, 


DES     Comètes,  579 

108. 

En  îa  deuxième  année  Yven-fung,  on  vit  une  Comète 
dans  Ho- chu  :  ce  nom  eft  commun  aux  deux  Ho  ,  Pé-ho , 
<L,  /3,  des  Gémeaux,  &  Nan-lio,  et , /3  de  Procyon ;  ou 
plutôt  ii  défigne  tout  i'efpace  compris  entre  ces  deux  Ho* 

Avant  l'an  pp  ,   ajoute^: 

102    ou    lOI. 

Au  milieu  des  années  Tay-îfo ,  elles  répondent  aux  années 
103  ,  102,  10  I  &:  100  avant  notre  ère  vulgaire,  il  parut 
une  Comète  dans  Tchao-yao  ,  y  du  Bouvier. 

Page  2.-/^  ,  après  la  quatrième  ligne ,  a'jouîei  :  Ma-tuon- 
iin  fait  auffi  mention  de  cette  Comète  ;  elle  parut  en  la  cin- 
quième année  TJo-yven ,  du  règne  de  Siven-îy ,  donc  en  43  ; 
elle  fortit  vers  le  nord-oueft,  elle  étoit  d'une  couleur  rouge, 
tirant  fur  le  jaune;  fa  longueur  fut  de  huit  che ,  après  plu- 
fieurs  jours  elle  devint  longue  de  plufieurs  Tchang ,  elle  fè 
dirigeoit  vers  le  nord-efl ,  &.  elle  étoit  dans  une  portion  de 
la  confleilation  Tfan,  la  vingt-unième  des  vingt-huit.  La  queue 
de  la  Comète  étoit  trop  longue ,  pour  que  Dion  l'ciit  traitée 
d'Étoile  nouvelle.  Il  ne  paroît  pas  non  plus  qii'on  puifle  la 
confondre  avec  la  Comète  d'Augufte  :  la  Comète  Chinoife, 
fuivant  le  témoignage  des  PP.  Gaubil  &  de  Mailla  ,  a  été 
vue  à  la  quatrième  Lune,  commençant  le  17  Mai  ;  &:  celle 
d'Augufle  à  la  fin  de  Septembre.  Outre  la  date  formelle, 
donnée  fans  aucun  concert  par  les  deux  Miffionnaires ,  on 
peut  remarquer  que  la  Comète  étant  dans  Tfan,  elle  a  pu 
paroître  le  17  Mai  &  jours  fui  vans ,  au  nord-  oueil ,  avec 
une  queue  dirigée  vers  le  nord-eft ,  ce  qui  n'auroit  pas  été 
pofTibie  vers  la  fin  de  Septembre. 

Comète  de  3  I  ,  ajoufei  :  Celte  Comète  fut  vue  en  Chine, 
en  la  première  année  Kicnchï  du  règne  de  Tching-ty,  donc 
en  3  I  ,  à  la  première  Lune,  commençant  le  5  Février, 
dans  la  conlleiiation  Yng-ché  ou  Ché  (  treizième  àes  vingt-* 

D  d  d  d  i; 


j8o  Histoire 

huit)  :    fa  couîeur  cloit   bleuâtre,    Ta  iongueur  de  Çix  à  fcpt 
tchûiig ,  ià  largeur  de  plufieurs  ché. 

Page  280  ,  Comète  de  l'an  i  i  ,  ajoute^:  Ma-tuon-liii 

date  l'apparition  de  cette  Comète ,    ainfi  que  le  P.  Gaubil  , 

de  la  première  année  Yven-yen;  mais  voici  la  route  qu'il  lui 

fait  fuivre.  Le  jour  Sïn-oii  delà  feplième  Lune,    25  Août, 

on  la  vit  dans  le  Tung-tfuig  ou  Tfmg  oriental ,  vingt-deuxième 

des  vingt-huit  conftellations.   Elle  traverfa  les  Ou-tchou-heou 

(Ô,  T,  /,  u,  (p  des  Gémeaux)  ;  elle  fortit  de  Ho-chu  (voyez 

plus  haut  ilir  l'an   108  l'explication  de  ce  mot)  :  elle  dirigea 

la  courle  au  nord  &:  alla  dans  Hïen-yven  (  55,  et,,  vi,  7,  iÇ,  /^,  g,5o 

du  Lion  ,  F  &:  une  autre  petite  du  petit   Lion  ,    &:   quatre 

Étoiles  de  la  queue  du  Lynx  ) ,  &  dans  le  palais  Tay-ouey, 

Cette  route  eft  très-naturelle,  il  n'y  ell  pas  fait  mention  du 

nor«l  de  l'Aigle,  ni  mcme  d'ArcT;urus  ,  ni  du  Tien -ché,  & 

elle  convient  en   tontes  (es  parties  à  la  Comète  de   1661  : 

dans  la  ruppofilion  que  ce  foit  la  mcme  Comète,    elle  aura 

pu  paroîîre  durant  Ibixante-trois  jours,  comme  le  dit  le   P. 

Gaubil  ;  elle  aura  mcme  pu  parvenir  jiirqu'au  Tien-ché.  Mais 

ce   que  Ma-tuon-lin  ajoute   donne  lieu  à  ^qxxx  diiTicuhc's. 

Le  jour  fuivdiit ,  dit-il,  la  Comète  ètoit  avancée  de  fix  degrés.. 

Ma-tuon-lin  n'a  nommé  que  le  jour  Stn-ouï ,    25  Août  :  ce 

jourfiiivdiit  eft-il  le  26  Août!  Ma-tuon-lin  revient  donc  fur 

(qs  pas;  on  bien  il  faut  dire  que  la  Comète  avoit  parcouru 

en  une  feule  nuit,  ou  mcme  en   peu   d'heures  la  route  que 

Ma-tuon-lin  venoit  de  décrire,   ce  qui  n'efl  guère  vraifem- 

blable.  Or  en  ce  cas,  cette  Comète  ne  pourroit  être  la  mcme 

que  celle  de    1661.   Mais  on  peut  penfèr  auffi  que  cq  jour 

fuivûiit  ell  le  lendemaîji  du  jour  où  la   Comète  cto.it  entrée 

dans  le  palais  Tay-ouey,  Alors  pour  fauver  l'identité  de  cette 

Comète  avec  celle  de    i6<5i  ,   il  faut  dire  que  le  premier 

jour  011  on  l'obferva  dans  Tay-ouey ,  on  ne  détermina  point 

préciiément  à  quelle  dillance  elle  pouvoit  être  de  l'enceinte 

de  ce  palais  ,  mais  que  le  lendemain  on  obfèrva  qu'elle  étoit 

avancée  de  fix  degrcs  dans  (on  intérieur  :  M.  de  Guignes, 

fils ,  penfe  que  le  texte  Chinois  peut  comporter  celte  inter^ 


DBS    Comètes.  ,  j  8  l 

prctatîon.  La  féconde  difficultc  ii'efl;  pas  iî  facile  à  refoudre. 
Suivant  Ma-tuon-lin,  la  Comète  le  leva  le  matin  dans  la 
partie  orientale,  &  le  treizième  jour  au  loir  elle  parut  dans 
ia  contrée  occidentale.  Ceci ,  en  quelque  lèns  qu'on  l'en- 
tende, eil  incompatible  avec  les  cicmens  de  la  Comète  de 
1661.  Si  l'on  explique  cQi>  contrées  dans  le  fèns  de  M.  de 
Guignes,  il  faudra  dire  que  ia  Comète  aur^i  parcouru  en  peu 
de  jours  prefque  tout  le  zodiaque.  On  la  vit  d'abord  dans  \es 
Gémeaux,  puis  dans  le  Lion,  elle  a  donc  parcouru  toute  ia 
contrée  méridionale.  De  la  contrée  orientale  elle  fut  en  treize 
jours  à  la  contrée  occidentale  ;  elle  n'a  pu  le  faire  qu'eu 
parcourant  en  entier  les  contrées  orientale  &  iepientriojiale. 
Sa  courfe  apparente  anra  donc  excédé  neuf  lignes  du  zodia- 
que, ce  que  je  ne  crois  pas  poiïible.  D'ailleurs,  ia  Comète 
de  ï66i,  ne  pouvoit  avoir  au  mois  d'Août  un  mouvement 
apparent  aulfi  précipité.  Si  par  contrée  orientale  ou  occiden- 
tale ,  on  entend  la  partie  orientale  ou  occidentale  du  ciel , 
ia  route  de  cette  Comète  n'en  fera  pas  plus  compatible  avec, 
celle  de  la  Comète  de  1661;  cette  dernière,  aux  mois 
d'Août  &  de  Septembre  n'a  pu  paroître  que  le  matin  ,\  l'efl'. 
D'un  autre  côté,  pour  que  la  Comète  de  l'an  i  i  ait  paru 
au  bout  de  treize  jours  le  foir  à  fouefl',  il  faut  qu'elle  ait 
paffé  avec  beaucoup  de  rapidité  des  conilellations  nommées 
par  Ma  -  tuon  -  lin  ,  dans  des  conilellations  beaucoup  plus 
orientales:  pourquoi  ces  conilellations  ne  (ont-elles  nommées 
ni  par  JVla-tuon-lin  ,  ni  par  le  P.  Gaubil!  Il  a  peut-être  paru 
deux  Comètes  en  l'an  i  i ,  &  Ma-tuon-lin  aura  pu  confondre 
ce  qu'il  en  avoit  trouvé  d'écrit  dans  diftcrentes  Annales, 

Pûge  2  oj.  Comète  de  l'an  2  2  de  l'ère  Chrétienne ,  ajoute^: 
Elle  parut,  (uivant  Ma-tuon-lin,  en  la  iroiiîème  année  Ty- 
hoûfig  du  règne  de  Ouang-mang,  à  la  onzième  Lune,  com- 
mençant vers  le  12  Décembre,  dans  la  condellaîion  Tchdng , 
vingt-fixième  àts  vingt-huit;  elle  alla  ver;?  le  fud-efl:  après 
cinq  jours  on  Jie  la  vit  plus. 

Pdge  28^.  Comète  de  fan  3^,  ûjouîei  :  Elle  parut, 
félon  Ma  -  tuoia  -  Ji|i  ^  eu  la  quinzième   année  Kien-vou^^ 


^§2  Histoire 

première  Lune,  jour  Tifig-oui ,  13  Mars,  dans  Mao:  elfe 
tourna  peu-à-peu  vers  le  norJ-oueO;  ;  eiie  entra  dans  Yng- 
ché  ou  ché ;  eile  s'approcha  de  Ly-kong.  (  Il  y  a  trois  Ly- 
kong ,  tous  trois  dans  Pégafè,  i.^  11,  0;  2,"  A.,  ft;  j.^t,  i^  ). 
A  la  troifième  Lune,  jour  Y -oui,  30  Avril,  la  Comète 
parvint  dans  Toung-pie ,  où  elle  périt,  après  quarante  -  neuf 
jours  de  durée. 

Page  28  y  y  Comète  de  60»  Ma-tuon-lin  s'accorde  en  fout 
avec  ie  P.  Gaubil.  Au  jour  Ting-mao,  la  Comète,  longue 
de  deux  che\  éîoit  au  nord  de  Tien-  tchiien  (  >i ,  y,  et,  J^,  c, 
/A,  b  de  Perfée  )  ;  elie  tourna  lentement  vers  iejiord  ,  & 
parvint  au  midi  de  Katig  :  on  la  vit  durant  ceiit  trente-cinq 
jours. 

Page  28 y,  Comète  de  65.  En  la  huitième  année  Yung- 
ping,    dit  Ma-tuon-lin,  fixième  Lune,    une  grande  Etoile 
fbrtit  de  la  conflellation  Lieou ,  vingt -quatrième  àos  vingt- 
huit,  &  du  trente-feptième  degré  de   Tchang ,  qui   en  efl  la 
vingt-fixième;  elle  s'approcha  de  Hien-yven  (f,  c«.,  y,  î,  x, 
&c.  du  Lion  ) ,  traverfa  le  Tien-tchuen  (  voyez  quelques  lignes 
plus  haut  )  ,  &  fut  jufqu'au  Tay-ouey.    Cette  vapeur  parvint 
jufqu'au  Chang-tay ,  /,  îc  de  la  grande  Ourfe,  &  dura  en  tout 
cinquante-f]x  jours.  Il  y  a  ici  nécelTairement  plufieurs  fautes. 
Cette  grande  Etoile  eft  bien  décidément  une  Comète ,  fon 
mouvement  ne  permet  pas  (^^w  douter.  Elle  n'a  pas  pu  lortir 
du  trente-feptième  degré  de   Tchang,  qui  n'a  que  dix-fept, 
ou  tout  au  plus  dix-huit  degrés  d'étendue  :   M.  de  Guignes 
croit  que  c'eil  une  faute  du  copifle  ou   de  l'imprimeur  ,  qui 
aura  écrit  trente-feptième  pour   dix-feptième.    La   Comète  n'a 
pu  aller  de  Lieou  Se  Tchang ,  celi-à-dire,    de  la  tête  &  du 
corps  de  l'Hydre  au  Lion  ,  &.  revenir  à  Perfée  ,  pour  retourner 
delà  entre  le  Lion   &  la  Vierge.    La  route  devient  encore 
plus  irrégulière,  fi  l'on  fait  aller  la  Comète  du  Tay-ouey  à  la 
patte  de  la  grande  Ourle:    mais  Ma-tuon-lin  n'a  peut-être 
voulu  dire  autre  chofe,  fmon  que  la  vapeur  ou  la  queue  de 
la  Comète  s'eft  étendue  jufqu'à  /  &  k>  de  la  grande  Ourfe. 
-  Piige  2.8  g.  La  Comète  àt  j 'y  parut  en  la  dix -huitième 


DES    Comètes,  583 

2nnée ' Yiing-ping. ;  à  la  fixième  Lune,  au  jour  Ki-om,  14 
Juillet,  elle  foriit  dans  la  ccnileiiation  Tchang  ,Miwgi-i\\\tmQ 
du  zodiaque  Chinois  ;  fa  longueur  étoit  de  trois  ché  :  eiie 
fut  au  midi  de  Lang-tjiang,  ciievelure  de  Bérénice,  &  elle 
entra  dans  le  palais  /  ay-ouey. 

Page  2p  0,  Sur  la  Comète  de  y6 ,  aucune  différence  entre 
îe  P.  Gaubii  &.  Ma-iuon-iin  ,  finon  que  celui-ci  ne  donne 
à  la  Comète  que  deux  c/ié  de  longueur  ,  &  qu  il  ajoute  qu'elle 
maichoit  lentement. 

Même  page ,  ligne  11  ,  efface^  ou  y^,  Ma-tuon-Ihi, 
d'accord  fur  le  reite  avec  le  P.  Gaubii ,  fait  paroîîre  ia  Comète 
a  la  douzième  Lune  ,  &  il  ajoute  que  peu-à  peu  la  Comète 
entra  dans  le  palais  Tfé-ouey.  En  7  8  ,  le  jour  Vou  ~yn ,  i  8 
Janvier ,  appartenoit  à  la  onzième  Lune  ,  la  douzième  n'ayant 
commencé  que  le  20.  H  eft  donc  probable  que  la  Comète 
a  paru  en  jj.  Quant  au  P.  de  Mailla,  fa  Comète  ayant  été 
vue  au  douzième  mois  dans  Tfé-ouey ,  il  y  a  tout  lieu  de 
croire  que  fa  Comète  ne  difière  pas  de  celle  de  Ma-tuon-Iin. 

Page  ap  I  ,   ajoute^  : 

I  I  0, 

En  k  troifième  année  Yung-fo  du  règne  de  Yao-ngan,  a 
la  douzième  Lune,  qui  commença  le  8  ou  p  Janvier  i  10  , 
îi  s'éleva  une  Comète  de  Tien-yven  ;  elle  aliolt  vers  le  nord- 
efl; ,  fa  longueur  étoit  de  ïix.  à  lept  ché.  îl  y  a  trois  Tien-yven 
dans  le  ciel  Chinois,  le  i/*"  o,  g,  ?t,,  (p,  p^,  «T,  &c.  del'Éridan; 
le  2/cc,  ^,  Ô,  <  du  Sagittaire;  lej.^'^r  delà  Baleine,  y,  J^,  «,  Ç, 
*i ,  T ,  &c.  de  i'Eridan  :  c'efi  dans  ce  dernier  que  la  Comète 
a  paru ,  le  caraèlère  du  texte  Chinois  ne  pouvant  convenir 
«|u'à  ce  dernier. 

î  32.  ' 

Sixième  année  Yung-kien  de  l'empereur  Hiao-chun  ,  une 
Comèie  fortit  aans  le  Teou ,  huitième  conflellation  des  vingt-, 
lîuit ,  &  le  Nieoii  t  neuvième  des  mêmes;  elle  s'éteignit  dans 
Hiii  &  Coey ,  onzième  &:  douzième  des  vingt-huit.  Il  efl 
4onc  piobabie  que  l'Etoile   d'Adrien  étoit   une  YÙ}Xdbi& 


jB^  Histoire 

Comète ,  (Se  qu'elle  a  paru  dans  la  confteiïation  d'Antinous  ,- 
dont  l'afcenfion  droite  répond  à  celle  de  Teoii ;  ce  n'étoit 
donc  pas  un  retour  de  la  Comète  de  1(^52. 

P^^-^  -2^^.  Ma-tuon-lin  date  la  Comète  de  lA.!  ^  delà 
même  année  que  la  précédente,  c'eft-à-dire  de  i  j  2  :  il  efl 
contredit  par  le  P.  Gaubil,  par  le  P.  de  Mailla,  par  \^s 
grandes  Annales  de  ia  Chine ,  confultées  par  M.  de  Guignes. 
\\  aura  probablement  iû  dans  i'annalifte  qu'il  .copioit ,  en  la 
même  année ,  6c  il  ne  fe  fera  pas  aperçu  qu'il  ne  s'agifToit 
plus  de  ia  fixième  année  Yung  -  kien ,  mais  de  la  fixième 
Yung-ho.  Quoi  qu'il  en  foit ,  voici  la  route  qu'il  fait  fuivre  à 
cette  Comète. 

A  la  féconde  Lune,  jour  Ting-fe ,  27  Mars  141  ,  il  parut 
une  Comète  dans  la  contrée  orientale;  le  P.  Gaubil  traduit, 
elle  parut  à  l'efl,  &  je  penlè  qu'il  a  raifon.  La  Comète  étoit 
longue  de  fix  à  fèpt  ché ,  elle  indiquoit  le  fud-oueft  de  la 
conftellation  Yng-ché  (c<,  /3  de  Pégafe).  Je  ne  fais  ce  que 
font  ces  indications  qu'on  rencontre  fréquemment  dans  Ma- 
tuon-lin  ;  il  me  paroît  vraifemblabie  que  cela  a  trait  à  la 
direction  de  ia  queue.  Or,  ii  la  Com.ète  paroilfoit  le  matin 
du  côté  de  i'orient ,  fa  queue  pou  voit  facilement  être  dirigée , 
fe  terminer  même  vers  le  fud-oueft  de  Yng-ché  ;  &  c'eli  ce  qui 
n'étoit  pas  pofîibie,  il  ia  Comète  étoit  dans  une  des  conflel- 
lations  qui  conflituent  la  conîréç  orientale.  Ma-tuon-lin 
continue  :  Elle  parvint  à  la  conftellation  Fuen-mu  (  y,  Ç,  v),7r 
du  Verieau  ).  Au. ]Q\Jiï  Ting-tchéou ,  16  Avril,  une  Comète 
(  ou  plutôt,  la  Comète,  car  c'étoit  manifeflement  la  même  ) , 
étoit  au  premier  degré  de  Kouey  (  fon  afceniion  droite 
excédoit  de  peu  céA^àt.  Ç  d'Andromède)  ;  elle  étoit  longue 
de  {vx  ché.  Au  jour  Kouey-oui ,  22  Avril,  tWe  parut  le  foir  ; 
elle  traverfa  le  fud-ouefl:  des  conlleilations  Mao  &  Pie, 
(  Pléiades  &.  Hyades  ).  Au  jour  Kia-chin,  23  Avril,  elle 
ctoit  dans  ie  Tung-tfing,  {  pieds  &:  cuifles  des  Gémeaux  ). 
Elle  traverfa  les  confleiiations  Lieou,  Sing  Se  Tchang ,  vingt- 
quatrième,  vingt-cinquième  &  vingt-fixième  des  vingt-huit; 
elle  étoit  très  -  enflammée.  Elle  parvint  eafuite  au  San-tay , 


DES    Comètes.  585 

(  /,%,  X,  (W,  V,  g  de  la  grande  Oiirfe  )  ,  &  s'avança  au  milieu 
à'Hien-yven  (  5^ ,  ce ,  7,6,  x-,  &c,  du  Lion  ) ,  où  elle  périt. 

Pour  une  parfaite  exactitude,  je  dois  remarquer  ici  qu'en 
i'an  141,  l'équinoxe  efl  arrivé  le  23  Mars  vers  cinq  heures 
du  foir,  que  la  Lune  qui  a  renouvelé  la  nuit  du  25  au  26, 
éîoit  à  la  rigueur  la  troillème  Lune ,  qu'alors  la  féconde  Lune 
n'auroit  pas  eu  de  jour  Ting-fe ,  le  27  Mars  appartenant  à 
la  troifième.  Mais  il  ell:  fortpolTible  que  les  Chinois  fe  foient 
trompés  d'un  ou  deux  jours ,  foit  dans  la  détermination  de 
l'équinoxe ,  foit  dans  celle  de  la  nouvelle  Lune.  En  i  3  2  > 
ie  jour  Tinir-fe  tomboit  au  i  5  Mars,  bien  en  féconde  Lune, 
îe  jour  Ting-tchéou  au  4  Avril,  &  les  jours  Koiiey-oui&L 
Kia-chin  aux  i  o  &  11  du  même  mois  :  mais  ces  derniers 
jours  appartenoient  à  la  troifieme  Lune,  qui  avoit  commencé 
vers  le  4  Avril,  &  quand  il  y  a  changement  de  Lune,  Ma- 
tuon-îin  a  coutume  d'en  avertir,  ^w  141  ,  tous  les  jours 
nommés  par  Ma-tuon-lin,  appartenoient  bien  conftamment 
à  la  même  Lune. 

Page  2^^.  Ma-tuon-lin  fait  paroitre  la  Comète  de  148 
ou  14c)  en  la  première  année  Kien-ho  du  règne  de  Hiao- 
huon-ty,  donc  àhs  l'an  147;  il  n'ajoute  rien  d'ailleurs  au 
récit  du  P.  Gaubil,  fmon  que  la  couleur  de  la  Comète  étoit 
d'un  jaune  pâle.  En  l'année  de  l'apparition  de  la  Comète, 
ie  jour  Y-tchéoii,  félon  Ma-tuon-lin  &  Gaubil,  a  dû  être 
dans  la  huitième  Lune,  &  le  jour  Vou-chin ,  cinquième  du 
cycle,  dans  la  neuvième:  or,  cela  n'eft  arrivé  qu'en  l'an 
14^  ,  &  d'ailleurs  la  date  du  P.  de  Mailla  eft  confirmée  par 
ies  grandes  Annales  de  la  Chine,  compulfëes  par  M.  de 
Guignes.  C'eil  donc  en  14^  que  la  Comète  a  paru. 

i^i.   Deuxième  Comète. 

En  la  quatrième  année  Yen  -y  ,  cinquième  Lune  ,  Jour 
'Sin-yeou,  14  Jum,  il  y  eut  une  Étoile- hôte  dans  Yng-ché 
(ce,  /3  de  Pégafe);  elle  tendoit  vers  l'occident;  ks  rayons 
étoient  longs  de  cinq  ché  :  parvenue  au  premier  degré  de 
ia  confcellation  Sin ,  qui  commence  à  o-  du  Scorpion,  elle 
Tome  L  E  e  e  e 


586  Histoire 

devint  Comète,  c'ell-à-dire ,  qu'elle  commença  à  avoir  une 
queue. 

Page  2.^^,  La  Comète  de  l'an  178,  fut  obfèrvée  à  fa 
Chine ,  en  la  première  année  Kouang-ho  du  règne  de  Hïao- 
litig ;  elle  fut  vue  à  la  huitième  Lune,  ou  en  Septembre, 
au  nord  de  Kang  (  jc ,  A ,  ; ,  0  de  la  Vierge  )  ;  elle  entra  au 
milieu  du  Tien-ché :  fa  longueur  fut  d'abord  de  quelques  ché , 
peu-à-peu  elle  s'étendit  jufquà  cinq  ou  {iy.  îchang:  fa  couleur 
étoit  rouge  ;  elle  traverfa  dix  confiellations ,  &  après  avoir 
duré  quatre-vingts  jours,  elle  s'éteignit  au  milieu  de  Tïen-yven 
(  'TT  de  la  Baleine  ,y,cr,€,Ç,vi,T,  &c.  de  l'Eridan  ) . 

180.   Deux  Comjètes. 

Troifième  année  Kouang~ho ,  dans  l'hiver,  une  Comète 
fortit  à  l'orient  de  Lang  (  Sirius  )  &  de  Hou  ,  ou  bien 
Hou- ché  (  x,  e,  J^,  n  du  grand  Chien,  i ^  ^,  o ,  k,  ?it  y  du 
Navire  faj  )  :  elle  parvint  jufqu'à  Tc/wng ,  vingt-fixième  àes 
vingt-huit,  où  elle  dilparut.  L'hiver  en  Chine  comprend  la 
dixième ,  la  onzième  &  la  douzième  Lune  ;  il  n'y  a  donc 
point  de  doute  que  cette  Comète  ne  foit  celle  que  le  P.  de 
Mailla  dit  avoir  été  vue  à  la  dixième  Lune  ;  elle  n'a  donc 
paru  qu'après  la  fuivante. 

A  la  feptième  Lune,  commençant  le  9  Août,  une  Comète 
fortit  du  bas  de  San-tay  (  / ,  x- ,  A,  /x,  v ,  §  de  la  grande  Ourfe ^ 
ce  font  apparemment  v  &  |  qui  en  forment  le  bas  )  :  elle 
alloit  vers  l'orient  ;  elle  parvint  au  Tay -tfu  8^  Hïng  ~  tch'm 
(  deux  petites  Étoiles  en  dedans  du  cercle  formé  par  la  queue 
du  Lion).  Après  vingt  jours  ,  elle  s'éteignit. 

182.   Première  Comète. 

En  la  cinquième  année  Koiiang-ho ,  à  la  deuxième  Lime  j 
une  Comète  fortit  de  Kouey ,  feizième  ées  vingt-huit  conf- 
iellations ;  elle  tendoit  yeïs  l'orient  :  elle  entra  dans  le  palais 

(a)  Ces  Étoiles  du  Navire  font  cotées  fur  l'ancienne  ncmcnclature  t 
fuivant  la  nomenclature  de  l'Abbé  de  la  Caille  ,  les  Étoiles  feront  ,  je 
pcuTe,  -a-,  ^,  /•  &  k,  G,  f  de  la  poupe  du  Navire. 


DES     Comètes,  587 

Tfé-ouey ,  Se  en  fortit  au  bout  de  trois  jours.  Après  foixante 
jours,  eile  dirparut.  En  l'an  182,  i'équinoxe  efl:  arrivé  à 
Pékin  le  22  Mars,  peu  avant  midi;  la  Lune  qui  renouvela 
une  ou  deux  heures  après ,  dut  être  une  Lune  intercalaire , 
6c  la  Lune  qui  avoit  commencé  le  2  i  Février  a  dû  être 
comptée  pour  féconde  Lune.  Mais  qui  nous  aiTurera  que  l^s 
Chinois  ne  fe  feront  point  trompés  de  quelques  heures  dans 
la  détermination  de  I'équinoxe  &  de  la  nouvelle  Lune!  Quoi 
qu'il  en  Ibit,  cette  Comète  ne  peut  fe  confondre  avec  celle 
que  le  P.  de  Mailla  dit  avoir  été  obfervée  à  la  feptième  Lune  : 
cette  Comète  du  P.  de  Mailla  eil  donc  la  féconde  de  l'an 
ïSi.A  la  quatrième  ligne  de  celle-ci^  au  lieu  de  patte  précé- 
dente ,  lifei  pattes.  Quant  au  Tay-ouey ,  nous  l'avons  mieux 
défini  au  commencement  de  ce  fuppiénient. 
Page  2pj,  ajoutei'. 

Troifième  année  Tfo-pîng  du  règne  de  Hien-ty,  neuvième 
Lune,  commençant  le  24  Septembre  ou  le  24  Oélobre , 
la  nouvelle  Lune  ayant  encore  cette  année  concouru  de  fort 
près  avec  I'équinoxe,  l'étendard  de  Tchi-yeou  (nom  que  les 
Chinois  donnent  à  une  grande  Comète)  fortit  du  fiid  de 
Kio  &  de  Kang,  les  deux  premières  conftellations  à^s  vingt- 
huit  ;  fa  longueur  excédoit  dix  tchang;  fa  couleur  étoit 
blanche. 

La  Comète  de  1^3  parut  d'abord  entre  les  deux  Kio , 
(  et  &  Ç  de  la  Vierge  )  ,  allant  vers  le  nord-efl  :  après  être 
enti'ée  au  milieu  du  Tien-ché  ^  eile  difparut. 

Page  2p  6,  La  Comète  de  l'an  200  parut  en  la  cinquième 
année  Kien-ngan,  à  la  dixième  Lune,  jour  Sin  -  Imy ,  6 
Novembre,  dans  Ta-leang  ou  Leang  (  J^  du  Serpent). 

204. 

En  la  neuvième  année  Kien-ngan  ;  onzième  Lune ,  félon 
Ma-tuon-iin,  dixième  fuivant  \qs  grandes  Annales,  une 
Comète  parut  dans  le  Tung-tfmg ,  &  Yu-l\ouey,  vingt-deuxième 

E  e  e  e  i] 


^588  Histoire 

&  vingt -troifième  des  vingt -huit  conlleilatîons  :  eiîe  entra 
dans  Hien  -yven  (  c- ,  y  ,^ ,  &c.  du  Lion  ) ,  &  dans  le  palais 
Tay-ouey. 

\jSi  Comète  de  %o6  parut  en  ia  onzième  année  Kien-ngan  ^ 
à  la  première  Lune,  qui,  celte  année,  dut  commencer  le 
27  Janvier:  fa  tête  éioit  au  milieu  du  Fé-teoii  (  les  fept 
Etoiles  du  grand  Chariot);  fa  queue  rempiilîoit  le  palais 
Tfé-ouey  (cela  ne  fe  pouvoit  pas)  :  elle  parvint  juiqu'à 
Pé-tchin  ou  Pé-kie  ( /3,  y ,  <^,  ^,  c,  de  ia  petite  Ourle). 

2,07. 

Douzième  ^wnéQ  Kien-ngan ,  dixième  Lune,  ]our  Sin-mao , 
ïo  Novembre,  il  y  eut  une  Comète  dans  Chun-ouey  (  uii 
à^s  douze  figiles  du  zodiaque  Chinois,  répondant  au  Lion), 
Le  P.  de  Mailla  a  tort  de  rapporter  cette  Comète  à  ia  même 
année  que  la  précédente:  en  206  il  n'y  a  point  eu  de  jour 
Sin-mao  dans  la  dixième  Lune ,  &  d'ailleurs  le  témoignage 
de  Ma-tuon-lin  eft  confirmé  par  celui  du  P.  Couplet. 

Ma-tuon-lin  n'ajoute  rien  à  ce  que  dit  le  P.  Gaiibil,  de  fa 
Comète  de  2  I  3  :  Ou-tchu-heou  elt  ô,  /,  r,  f,  cp  des  Gémeaux. 

Page  2py ,  ligne  y.  Ce  qu'on  dit  ici  de  la  Comète  de 
218,  eft  extrait  du  P.  de  Mailla,  tome  IV,  page  yo.  Ma- 
tuon-lin  entre  dans  un  plus  grand  détail.  En  la  vingt -troi- 
lième  année  Kïen-ngan ,  à  ia  troifième  Lune,  on  vit,  dit-il, 
ime  Comète  dans  la  contrée  orientale  ;  le  P.  de  Mailla  dit , 
c  l'efl ,  &  je  penfe  qu'il  a  raifbn.  Au  bout  de  vingt  jours, 
au  loir ,  elle  fbrtit  de  la  contrée  occidentale  ;  elle  pafla  près 
é^Ou-  telle'  (  jô  du  Taureau  ,  et ,  ^  ,^^1  du  Cocher  ) ,  de  Tung- 
tfing  (pieds  &  cuilFes  àes  Gémeaux)  ,  de  Ou-tchu-heou 
(6,  T,  /,  u,  ^  àes  Gémeaux),  de  Vcn-tchang  (u,  cp,  t,  ^,h,f,  e  de 
Ja  grande  Ourfe,  de  Hien-yven,  tête  &  corps  du  Lion,&c.  )j 
&  par  le  palais  Tay-ouey.  La  voilà  donc  revenue  à  la  porte 
de  ia  contrée  orientale  :  avoit-elle  parcouru  tout  le  ciel! 
il  eii  bien  plus  naturei  de  penler  qu'on  ia  vit  d'abord  le 


D   JE  s      C  C  M  è  T  E  Ss  '589 

matin  cfii  côté  de  l'orient,  &  que  vingt  jours  après  elle  fut 
obfervée  le  foir  du  côté  de  l'occident  ,  ce  qui  fe  concilie 
parfaitement  bien  avec  la  route  que  Ma-tuon-lin  lui  fait  tenir. 
Il  ajoute  que  la  Comète  étoit  enflammée,  &  qu'elle  indiquoit 
Ti-tfo  [cl  d'Hercule), 

225, 

Sixième  année  Hodng-tfou  de  l'empereur  Ven-ty ,  dixième 
Lune,  jour  Y-oui ,  p  Décembre,  on  vit  une  Comète  dans 
Chao  -  ouy  (  m  du  Lion ,  la  quarante-unième  &  la  cinquante- 
deuxième  du  petit  Lion ,  &  une  entre  ces  deux  dernières  )  ; 
elle  îra-Veï^n  Hien-yvefi   {cL,y,i,  &c.  du  Lion  ). 

La  Comète  de  232  parut  en  la  fixième  année  Tay-ho , 
jour  Pïng-yn  de  la  onzième  Lune,  dans  Ye  (  ia  Coupe)  ; 
elle  s'approcha  du  Tay-ouey  &  de  Chang-  tfiaiig  (  cr  du  Lion). 

23  e.   Plufieurs  Comètes. 

Ma-tuon-lin  marque  (iir  cette  année  l'apparition  de  trois 
Comètes.  La  première  parut  le  30  Novembre  dans  Zic:?- f/z/« 
{^(T  ^<L^  r  du  Scorpion  )  ,  &:  le  refte  ,  comme  dans  le  P. 
Gaubil. 

Au  jour  Y-yeou ,  i."  Décembre,  il  y  eut  une  Comète 
dans  la  partie  qi'ienîaie.  C'éîoit  probablement  la  même 
Comète  ;  étant  dans  le  Scorpion  ,  elle  précédoit  le  Soleil , 
qui  étoit  alors  dans  le  Sagittaire;  elle  devoit  donc  paroîîre 
le  matin  du  côté  de  l'orient.  D'ailleurs  la  conileilation  S'm 
ou  Ta-chin  appartient  à  ce  que  les  Chinois  nomment  conîrég 
orientale, 

La  troifîème  Comète  parut  à  la  onzième  Lune ,  au  jour 
Y-hay ,  félon  Ma  -  tuon  -  lin.  Le  jour  Y-hay  tomboit  au  2  î 
Novembre  ;  mais  la  Lune  qui  avoit  renouvelé  cinq  jours 
auparavant,  n'étoit  que  ia  dixième  Lune.  Il  faut  donc  lire 
avec  le  P.  Gaubil,  au  jour  Ki-hay ,  i  j  Décembre,  premier 
jour  de  la  onzième  Lune,  La  Comète  s'approcha  de  Hoan- 
telle  (ia  foixanîième  d'Hercule,  e,f,  &c.  du  Serpentaire  )  ^ 
&  de  Tïcn-ky  (  0,  e,  Ç,  &€.  d'Hercule  ). 


jpo  Histoire 

La  première  Comète  d^  z^^^  parut  en  la  deuxième  année 
K'wg-tjo  ,  à  la  huitième  Lune,  commençant  vers  le  27  Août, 
dans  la  conflellation  Tchang ;  elle  alioit  vers  l'orient;  après 
quarante-un  jours  elle  di(|)arut. 

Page  2p8.  La  Comète  de  240  parut  ,  fuivant  Ma- 
tuon-iin  ,  au  jour  Y-yeou,  10  Novembre,  dans  la  contrée 
occidentale;  elle  ètoit  dans  Ouey ,  fixième  à^s  vingt -huit 
conlleilations.  On  voit  ici  clairement  l'expreffion  de  contrée 
o^crdentale  prife  pour  la  partie  occidentale  du  ciel;  puifque 
la  conflellation  Ouey ,  où  étoit  la  Comète,  eft  fort  éloignée 
de  ce  que  les  Chinois  nomment  contrée  occidentale.  La 
Comète  avoit  (ans  doute  quelque  latitude  boréale ,  autrement 
elle  n'auroit  pu  être  de  nuit  fur  l'horizon  de  la  Chine  :  or , 
cette  latitude  fuppofée  ,  la  Comète  étoit  réellement  vifible 
le  foir  du  côté  de  roccident.  Elle  continua  d'être  ainfi  vifible 
le  foir;  elle  pafla  par  Nieou  (  cr,  /2,  5?,  Ç  du  Capricorne  )  ; 
éX^  s'approcha  de  Tay-pe  (  Vénus  )  ;  au  jour  lùa  -  //^  de  la 
onzième  Lune ,  i  p  Décembre  ,  elle  étoit  très-près  d'Yu  -  lia 
(  p^  &  les  trois  4^  du  Ver/eau  ).  Sa  longueur  fut  de  deux 
îcliang ,  du  moins  vers  le  commencement  de  fon  apparition. 

La  Comète  de  245  étoit  blanche,  dit  Ma-tuon-lin  ;  fur 
tout  le  refte  il  eft  d'accord  avec  le  P.  Gaubil. 

A  ce  que  dit  le  P.  Gaubil  de  la  Comète  de  247,  Ma- 
tuon-lin  ajoute  que  la  longueur  de  la  Comète  étoit  d'un  ché, 
&  il  ne  lui  donne  que  cinquante-fix  jours  de  durée.  Le  Soleii 
à  Pékin  entra  au  Verfeau  le  20  Janvier,  vers  ilx  heures  & 
demie  du  foir;  la  Lune  qui  renouvela  le  24,  dut  donc  être 
première  Lune.  Ainfi  le  i  6  Janvier,  premier  jour  de  l'appa- 
rition de  la  Comète,  fuivant  Ma-tuon-lin  &  Gaubil, 
appartenoit ,  non  à  la  onzième ,  mais  à  la  douzième  Lune. 
Il  peut  y  avoir  eu  quelques  jours  d'erreur  dans  le  calendrier 
Chinois. 

:248.  Première  Comète. 

Neuvième  année  Tching-tchï ,  à  la  troifième  Lune ,  com^ 
mençant  vers  le  1 1  ou  iz  Avril ,  ou  vit  une  Comète  dans 


DES    Comètes.  591 

MdO  (  les  Piéïades  )  ;  elle  ctoit  longue  de  fix  ché ,  fa  couleur 
d'un  violet  pâle  ;  Tes  rayons  tendoîent  vers  le  fud-ouefl. 

Quant  à  la  deuxième  Comète  ,  qui  parut  à  la  feptième 
Lune,  Ma-tuon-lin  en  dit  tout  autant  que  le  P.  Gaubil. 
Ses  expreffions  permettroient  de  confondre  [gs  deux  Comètes 
en  une  feule;  mais  puifqu'il  ne  donne  que  quarante- deux 
jours  de  durée  à  la  Comète  de  la  feptième  Lune,  il  ne  croyoit 
pas  qu'elle  eût  été  vue  àhs  la  iroifième  Lune. 

Page  2pp.  La  première  Comète  de  252,  doit  être  datée 
de  251.  Ma-tuon-lin,  d'accord  fur  le  refte  avec  le  P.  Gaubil, 
date  la  première  apparition  de  la  Comète  ,  non  du  jour 
Kouey-ouî ,  10  Janvier  252,  mais  du  jour  Kouey-hay ,  2.1 
Décembre  251,  &  il  a  probablement  raifon.  Les  deux 
Cométographes  conviennent  que  la  Comète  a  commencé  à 
paroître  à  la  onzième  Lune  :  or  ,  le  2  i  Décembre  apparte- 
noit  à  la  onzième  Lune,  &  le  10  Janvier  à  la  douzième, 
qui  avoit  dû  commencer  dès  le  3  o  Décembre. 

La  Comète  fuivante ,  celle  de  252,  parut  fuivant  Ma- 
tuon-lin,  dans  la  contrée  occidentale,  ce  qui  eft  vrai,  dans 
quelque  fens  qu'on  l'entende  :  la  couleur  étoit  blanche  ,  ïts, 
rayons  tendoient  vers  le  midi ,  elle  traverfa  Tjan  (  croix 
d'Orion  ). 

Même  page  ,  ligne  i  j,  La  Comète  précédente  ,  &c. 
Supprime:^  ceîte  phrafe. 

La  Comète  de  2  5  3  parut  à  îa  onzième  Lune  dans  Tchin, 
dernière  conflellation  à^s  vingt- huit ,  dans  le  palais  Tay-ouey 
&  dans  Tfo-chi-fa  (  >i  de  la  Vierge  )  ;  elle  indiquoit  le  fud- 
oueft  :  après  cent  quatre-vingt-dix  jours  ^Wç:  difparut. 

254.  Première  année  Tchïng-yven  du  règne  de  Kao- 
kouey  -  yang- kung  ,  onzième  Lune,  commençant  le  27 
Novembre,  une  vapeur  forîit  à  côté  du  Naii-teou  (huitième 
des  vingt-huit  conftellations  )  ;  elle  étoit  large  de  piufieurs 
tchang ,  s'étendant  à  l'horizon  :  Ouang-fo  dit  que  c'étoit 
i'étendard  de  Tchï-yeou ,  c'eft-à-dire ,  une  grande  Comète. 
Comme  on  ne  nous  dit  rien  de  la  durée  de  ce  phénomène ^ 


^92  Histoire 

nous  ne  pouvons  décider   fi   c'étoit    une  Comète,    ou  un 

météore. 

255. 

Deuxième  année  Tchîng  - yven  ,  première  Lune  ,  com- 
mençant vers  le  2  5  Janvier ,  une  Comète  parut  au  nord- 
ouefl  ;  elie  étoit  à  l'horizon. 

257. 

Deuxième  année  Kan-lou ,  onzième  Lune ,  elle  commença 
vers  le  24  Novembre  ou  le  23  Décembre,  Comète  de 
couleur  blanche  dans  Kio ,  première  des  vingt -huit  coni^ 
teiiations. 

La  Comète  de  la  troifième  année  lûiig-yven  ,  ou  de  l'an 
262,  étoit  blanche.  Ma  tuon-lin,  d'accord  fur  tout  le  refte 
avec  le  P.  Gaubil,  ne  donne  à  la  Comète  que  cinq  tfun  ou 
cinq  pouces  de  longueur:  le  P.  Gaubil  aura  pu  lire  cinq 
tchang  pour  cinq  tfun. 

Deuxième  année  Hien-y ,  cinquième  Lune,  ou  au  mois 
de  Juin  ,  Comète  dans  Ouang -  leang  ( /2,  A,  cj,,  >i,  x-  de 
Cafliopée  )  ,  longue  d'nn  tchang ,  de  couleur  blanche  ;  elle 
tendoit  vers  le  fud-eft  :  après  douze  jours  elle  diiparut. 

Il  ne  parut  cette  année  qu'une  Comète.  Au  jour  Ping-fa 
de  la  première  Lune,  18  Février,  eïÏQ  étoit  dans  Tch'in  ; 
fa  couleur  étoit  d'un  bleu  pâle ,  elle  ailolt  vers  le  nord-ouefl; 
enfuite  qWq  tourna  vers  i  efl. 

2(^p. 

Cinquième  année  Tay-tchï ,  à  la  neuvième  Lune,  com- 
mençant vers  Is  1 3  Oélobre ,  Comète  dans  le  Tfu-kong  ou 
Tfé-ouey,  Le  P.  de  Mailla  la  rapporte  à  la  môme  année; 
c^fl  par  erreur  qu'à  la  page  2pp  ou  l'a  antidatée  d'un  an. 

Page 


DES    Comètes,  ^^i 

Page  jo 0,  ajoute^: 

275. 

Dixième  année  Tay-tchi ,  douzième  Lune  ,  commençant 
vers  le  14- Janvier  275  ,  Comète  dans   Tchin  (le  Corbeau). 

2j6,   Trois  Comètes, 

Deuxième  année  Hien-fùng ,  fixième  Lune,  jour  Kia-[u , 
{23  Juin,  jour  appartenant  à  la  cinquième  Lune,  la  fixième 
n'ayant  commencé  que  le  2f)  Juin  )  ,  on  vit  une  Comète 
dans  Ty    (  troifième  à^s  vingt-huit  confteiiations  ). 

Septième  Lune,  commençant  ie  28  Juiiiet  ,  Comète 
'à-àwsTa-klo   (  Arélurus  ). 

Huitième  Lune,  commençant  le  27  Août,  Comète  dans 
le  palais  Tay-ouey  ;  elle  parvint  à  la  conftellation  Ye  (  pénul- 
tième des  vingt-huit),  au  Pé-îeou  (grand  Chariot)  &  au 
San-tay   (  /,  x,,  A,  /^,  j/,  ^  de  la  grande  Ourfe  ). 

277.   Plufieurs  Comètes. 

En  cette  troifième  année  Hien  -  ning  ,  il  a  paru  cinq 
Comètes,  fuivant  Ma-tuon-lin. 

Première  Lune,  commençant  la  nuit  du  2  i  au  22  Janvier, 
Comète  dans  la  partie  occidentale. 

Troifième  Lune,  commençant  le  20  Avril ,  Comète  dans 
Coey  (la  Mouche). 

Quatrième  Lune,  commençant  le  20  Mai,  Comète  dans 
Yu-niu  (  tt  du  Lion  ). 

Cinquième  Lune,  commençant  le  18  Juin,  Comète  dans 
la  partie  occidentale. 

La  cinquième  Comète  eft  celle  du  P.  de  Mailla. 

Ces  cinq  Comètes  pourroient  peut-être  être  réduites  à  un 
moindre  nombre.  On  voit  que  le  commencement  de  la 
plupart  diQ%  Lunes  indiquées  par  Ma-tuon-lin,  concourt  de 
très-près  avec  l'entrée  du  Soleil  dans  les  fignes  du  zodiaque: 
à^s  erreurs  ,  légères  même  ,  dans  le  Calendrier  Chinois , 
pourroient  en  confequence  déranger,  de  près  d'un  mois,  les 
dates  que  nous  avons  déterminées. 

Tome  L  Ffff 


jp^  Histoire 

En  la  quatrième  année  Hien-ning ,  ou  en  278  ,  à  la  qua- 
trième Lune,  l'étendard  de  Tchi-yeou  ^  c'eft  -  à  -  dire  ,  une 
grande  Comète,  parut  dans  le  Tung -tfing  (vingt-deuxième 
dQS  vingt-huit  con(leilations)  :  après  l'année  elle  fut  détruite. 
Efl-ce  qu'elle  auroit  duré  huit  mois  \  Au  refte  cela  ne  feroit 
pas  impoffibie.  La  quatrième  Lune  avoit  commencé  vers  ie 
5?  Mai, 

27p.   Deux  Comètes* 

En  îa  cinquième  année,  à  la  troifième  Lune  ,  commençant 
je  30  Mars,  Comète  dans  la  conflellation  Licou ^  vingt- 
quatrième  des  vingt-huit. 

A  la  quatrième  Lune,  commençant  le  28  Avril,  il  parut 
une  autre  Comète  dans  Yu-nîu  (  tt  du  Lion  )  :  à  la  Teptième 
Lune,  commençant  le  26  Juilleti,  elle  étoit  dans  le  palais 
Tfu-kong  ou  Tfé-oiiey. 

281.  Deux  Comètes. 

En  îa  deuxième  année  Tay-kang ,  huitième  Lune,  com- 
prenant tout  le  mois  de  Septembre  ,  on  vit  une  Comèfe 
dans  la  conflellation  Tchang ,  vingt-fjxième  des  vingt-huit. 

En  la  onzième  Lune ,  comprenant  prefque  tout  Décembre,, 
Comète  dans  Hïen-yven  (^,  ce,  y,  Ç,  s,  &c.  du  Lion).. 

283. 

En  la  quatrième  année  ,  à  la  troifième  Lune ,  commençant 
îe  15  Avril,  jour  Vou-chin ,  22  Avril,  Comète  dans  ie 
fud-ouefl. 

A  ce  que  dit  le  P.  Gaubil,  de  ia  Comète  de  287  ,  Ma- 
îuon-lin  n'ajoute  autre  chofe ,  fmon  que  la  longueur  de  la 
Comète  fut  jugée  de  dix  îchang. 

2^0. 

Première  2XiVié.QYung-y ,  à  ia  quatrième  Lune ,  commençant 
le  zy  Avril  ^  il  parut  une  Étoile -hôte  dans  le  TJe-ouey. 


DES    Comètes,  595 

Cinquième  année  Yven  -  kaiig  du  règne  de  Hoey~ty ,  à  la 
quatrième  Lune,  commençant  le  i.^*^  Mai,  Comète  dans 
Kouey,  quinzième  des  vingt-huit  conflellations  ;  elle  parvint 
à  Hïen-yvcn  (f ,  et,  y,  g,^  &c.  du  Lion  )  ,  &:  au  paiais 
Tay-ouey  :  eile  traverfa  ies  Etoiles  San-tay  (/,x,,A,|a,i/,  ^ 
de  la  grande  Ourfe  )  ,  &  Tay-ling  (  ^ ,  ô ,  t  ,  oc  de  Perfée  & 
la  tête  de  Médufe  ).  Pour  que  (a  route  ait  été  régulière ,  ii 
faut  qu'elle  ait  été  de  Kouey  à  Tay-liiig ,  enfuite  i  San-tay , 
à  Hien-yyen ,  enfin  au  Tay-ouey, 

300   ou   301. 

Première  année  Yung-kang ,  à  la  douzième  Lune,  com- 
mençant ie  27  Décembre  300,  une  Comète  fortit  à  l'ouefl; 
de  A^/>oz/,  neuvième  des  vingt-huit  conftellations,  indiquant 
ie  Tien-ché,  Pour  peu  que  la  douzième  Lune  fut  avancée  , 
ia  queue  de  ia  Comète  devoit  réellement  fe  porter  vers  le 
Tien  -  ché. 

301. 

Deuxième  année,  quatrième  Lune,  commençant  le  2  5 
Avril,  Comète  dans  ia  contrée  de  Tfy.  Il  y  a  deux  Tjy 
dans  le  ciel  à^s  Chinois  ;  l'un  efl  <»  du  Capricorne ,  l'autre 
eft  dans  le  rameau  d'Hercule ,  la  cent  -  dixième  Etoile ,  je 
penfe ,  de  cette  confleiiation  ,  dans  le  Catalogue  Britannique» 

302. 

Première  année  Tay-gan ,  à  la  quatrième  Lune ,  com-^ 
mençant  vers  ie   14  Mai,   une  Comète  parut  ie  matin, 

303. 

Deuxième  année,  à  ia  troillème  Lune,  commençant  ie 
3  Avril ,  Comète  dans  la  partie  orientale  ,  indiquant  ie 
San-tay  (pattes  de  ia  grande  Ourfe).  Le  terme  que  M.  de 
Guignes  traduit  par  indiquer ,  fignilie  à  la  lettre  ,  montrer  au 
doigt,  Sïf  comme  je  ie  peafe,  cette  exprellion  détermine  la 

Ffffij 


59<^  Histoire 

direclion  Je  la  queue ,  il  faut  encore  convenir  ici  que  par 
le  terme  de  partie  orientale ,  Ma- tuon-lin  enîendoit  la  partie 
du  ciel  qui  eft.  vers  l'orient,  &  non  les  fept  premières  conl^ 
îelkîions  Chinoifes» 

305.  Deux  Comètes. 

En  îa  deuxième  année  Yung-hïng ,  à  la  huitième  Lune  ^ 
commençant  le  6  Septembre,  on  vit  uwq  Comète  dans  y^^a- 
^  Pi  (Pléiades  &  Hyades). 

A  la  dixième  Lune,  jour  Ting-îcheou,  22  Novembre,, 
une  Comète  parut  dans  le  Siuen-ki  du  Pé-teou  (dans  le 
quarré  de  la  grande  Ourfe  ). 

Quant  à  la  Comète  que  le  P.  de  Mailla  rapporte  à  cett^ 
année,  elle  e(t  probablement  la  même  que  la  première  de 
Ma-tuondin  :  une  Comète  peut  être  voifine  du  pôle,  & 
avoir  même  afcenfion  droite  que  Mao  &  //,  &:  d'ailleurs 
la  Comète  a  pu  s'élever  de  Mao  &  de  Pi  jufqa'au  voifniage 
du  pôle* 

En  îa  quatrième  znwée  Hien-ho ,  de  l'empereur  Tchin g- îj^ 
à  la  fepîième  Lune,  commençant  le  7  Août,  on  vit  une 
Comète  ciu  nord -oued;  dh  s'approcha  fort  près  de  Teou. 
(  II  y  a  trois  Teou  dans  le  ciel  Chinois,  celui  du  nord^ 
qu'ils  ne  nomment  guère  fans  y  ajouter  le  mot  caraélérifiique 
Pé,  nord  ;  c'efl  le  grand  chariot  :  le  Teou  du  fud  ,  ou  le 
Nan-teou  eil  la  huitième  Aqs  vingt  -  huit  conftellatioiis  ;  îa 
Comète  en  Ton  voifniage  n'auroit  pu  paroîîre  au  nord-ouefl: 
il  eft  donc  probable  qu'il  s'agit  ici  du  troiûème  Teou  ,  formé 
pai-  ûD,  jf7,  //,  0,  «,  de  la  maifue  d'Hercule).  Après  vingt- 
trois  jours  la  Comète  difparut. 

Page  jo  I,  Suivant  Ma -tuon-lin,  la  Comète  de  ^^6, 
parut  en  la  deuxième  année  Hien-kang,  deuxième  Lune 5. 
jour  Sin-je ,  au  foir ,  dans  la  contrée  occidentale,  dans  Kouey. 
Mais  la  deuxième  Lune  n'eut  point  de  jour  Sin-fe  ;  1  faut 
]kQ  première  Lune  avec  le  P.Gaubil,  le  P.  de  Mailla  &les. 


DES    Comètes. 

grandes  Annaies  Je  ia  Chine.  Celles  -  ci  ajoutent  que  la 
Comète  fut  aulTi  obfervée  dans  Le  ou. 

La  Comète  de  340  ,  païut  en  ia  fixième  année  Hien-kang, 
jour  Sïn-je  de  la  deuxième  Lune ,  dans  le  palais  Tay  ~  ouey. 
Le  P.  de  Mailla  la  fait  paroitre  à  ia  première  Lune,  mais 
cette  Lune  en  340,  n'eut  pas  de  jour  Siti-fe. 

La  Comète  de  343  éîoit  blanche;  fur  tout  ie  reûe,  Ma^ 
tuon-iin  s'accorde  avec  le  P,  Gaubil. 

Page  ^02..  Ma-tuon-lin  eft  pareillement  d'accord  avec  ie 
P.  Gaubil ,  iur  ia  Comète  de  350.  On  peut  ou^ecler  à  l'un 
&  à  l'autre  que  le  jour  Y-mao  ,  7  Janvier ,  appartenoit  à  ia 
douzième  Lune,  commencée  le  26  Décembre  342.  La 
chevelure  de  la  Comète,  dit  Ma-tuon-lm  >  lerminoit  i'ouefl , 
fa  couleur  étoit  blanche. 

350.   Deuxième  Comète» 

Sixième  année  Yung-ho ,  première  Lune,  commençant  ie 
25  Janvier,  on  vit  une  Comète  dans  Kang ,  féconde  à^s 
vingt-huit  conftellations.  Ces  deux  Comètes  de  350  pour- 
rcient  n'être  qu'une  feule  ck  même  Comète,. 

35S. 

Deuxième  année  TJîng-pïng ,  cinquième  Lune ,  jour  77/;^- 
hay  (  12  Juillet;  le  loiilice  éîoit  arrivé  le  22  Juin  à  cinq 
ou  fix  heures  du  foir ,  méridien  de  Pélcin  ;  ia  Lune  qui 
commença  le  23  ,  n'étoit  pas  à  la  rigueur  cinquième  Lune^ 
mais  une  erreur  de  quelques  heures  aura  fufîi,  pour  ia  faire 
regarder  comme  telle  )  ;  une  Comète  parut. 

La  Comète  qu'on  obferva  en  ia  première  année  HïJig-îiïfig^ 
du  règne  de  Ngay-îy  ^  c'eli-à-dire  en  l'an  3^3,  après  avoir 
paru  dans  Rio  «Se  Kang  y  les  deux  premières  à^s  vingt -huk 
confleilations  j  entra  dans  le  Tien-ché. 

\  373*   Trois  Comètes^ 

Première  année  Nirig-kang ,  de  Hiao-vou-ty,  première 
Lune^   jour   Ting-Jé,  p   Mars,    Comète    dans  Mu;  eik 


jpS  Histoire 

traverfà   7/.,  Kang ,  Kio  ^  Tchin ,    Ye ,    Tthang,   Toutes  ces 
coiifteifations  font  du  nombre  à^s  vingt-huit. 

Deuxième  Lune,  jour  Ping-fu,  j  Avril,  Comète  dans 
Ty  ({a  Balance).  Ne  feroit-ce  pas  ia  précédente,  qui  vers 
ie  même  temps  a  été  pareillement  obfervée  dans  Ty  ! 

Neuvième  Lune,  jour  Ting-uheou,  24.  Odobre,  Comète 
dans  ie  Tïen-ché» 

Ma-tuon-lin  ne  parie  pas  de  la  Comète  de  374» 

Page  jo fcluS.  Comète  de  jpo  fut  obfervée  à  la  Chine, 
en  ia  quinzième  année  Tay~yven  :  au  jour  Gin  -  chin  de  la 
jfeptième  Lune,  22  Août,  elle  fut  dans  Pe-ho  (ce,  jS  des 
Gémeaux  )  ;  elle  paiîà  par  ie  palais  Tay^ouey ,  par  San  -  tay 
(/,  X,  A,  //,,  V,  J  de  ia  grande  Ourfe  )  &  Ven-tchang , 
(  T,  u,  cp,  ô ,  h ,  fy  e  de  ia  grande  Ourfe  )  ,  &  entra  dans 
ie  Pé-teou  (  grand  Chariot).  Sa  couleur  étoit  blanche,  fa 
longueur  de  dix  tchang.  A  la  huitième  Lune,  jour  Vou-fu^ 
ly  Septembre  ,  elle  entra  dans  ie  palais  Tfé-ouey ;  enfuite 
elle  dilparut.  Cette  route  feroit  plus  régulière ,  fi  l'on  en 
reîranchoit  ie  paiîage  par  Tay-ouey  ;  ce  palTage  gâte  tout. 

Pages  ^06  &  3^7'  Ma-tuon-lin  fait  fuivre  à  la  Comète 
de  400,  ia  même  route  que  le  F.  Gaubil  ;  il  nomme  feule- 
-îjient  San -tay  (pattes  de  la  grande  Ourle)  ,  au  lieu  de 
Tny-yang-cheou ,  ce  qui  ne  dérange  pas  la  régularité  de  igi 
fouîe.  C'eft  à  la  troifiènae  Lune,  commençant  ie  i  i  Avril, 
que  ia  Comète  fe  dirigea  vers  ie  Tay-ouey ,  Ti-tjo  &  Tuon- 
nioen.  Pour  Ti-tfo,  il  faut  néceiÏÏiircment  lire  Ou-tï-tfo 
(  /3  du  Lion).  Tuon-moen  eil:  l'efpace  entre  jÔ  &  >i  de  Ig, 
Vierge.  Quanta  l'enceinte  occidentale  du  palais  Tfe-oiiey, 
^lle  ed  formée  par  la  conllellation  Yeou-tchu;  voyez -en 
-l'explication  aju  commencement  de  ce  fuppiément. 

Page  jop  ,  ajoiiîeii  ^    _  - 

415  &  4  ï  6.    Piufieurs  Comètes, 

En  la  onzième  année  Y-hy ,  cinquième  Lune  ,  jour  Â/V/- 
■çhin,  24  Juiii  415,  iieux  Comètes  fortirent  du  Tien-che\ 


DES    Comètes,  599 

elles  pafsèrent  par  77 -tfo  [cl  d'Hercule  ) ,  &  s^arrêtèrent  au 
nord  de  Fang  &  de  Si/i  (  quatrième  &  cinquième  des  vingt- 
huit  confleiiaîions  ).  Cette  route,  dans  ie  texte  Chinois, 
pourroit  n'appartenir  qu'à  une  feule  des  deux  Comètes. 

En  la  première  année  Tay-tchang ,  fous  le  règne  de  Ming° 
yven-ty  à^s  Heu-goey  ,  à  la  cinquième  Lune,  ]ouï  Kia-chin^ 
18  Juin  416,  deux  Comètes  parurent. 

Ces  deux  paires  de  Comètes  ,  paroilTant  en  deux  années 
conlécutives ,  à  la  même  Lune,  au  même  jour,  &  extraites 
de  deux  Annaliftes  difFérens,  pourroient  être  réduites  aune 
feule  paire  ;  un  des  deux  Hiitoriens  ayant  pu  facilement 
accélérer  ou  retarder  d'un  an  l'apparition  des  à^ux  Comètes» 

418.   Deux    Comètes. 

En  la  quatorzième  année  Y-hy ,  jour  Keng-îfe  de  la  ciiî^ 
qùième  Lune ,  24  Juin ,  on  vit  une  Comète  au  milieu  du 
Kuey  du  Pé-teou  (  carré  de  la-  grande  Ourfe)  :  celte  Comète 
diffère  néceflairement  de  la  luivante.  C'efL  peut-être  la 
perfuafion  que  ces  deux  Comètes  n'en  formoient  qu'une  Çqi\\q  , 
qui  a  porté  le  com.te  Marceiiin  à  donner  iept  mois  de  durée 
à  la  Comète  de  418. 

La  féconde  Comète  eft  celle  de  Philoiiorge  &  du  P.  Je 
Mailla.  L'éciipfe  du  1 9  Juillet  n'ayant  pas  été  vifible  à  ja 
Chine,  on  n'y  put  découvrir  la  Comète  durant  i'obfcurité 
totale;  on  ne  la  vit  même  qu'aifez  long- temps  après,  peut- 
être  à  caufe  des  nuages  &  du  mauvais  temps.  Au  jour  Kouey- 
hay  de  la  ièpîième  Lune,  ou  au  i  j  Septembre,  elle  fortit 
du  palais  Tay-ouey  à  i'ouefi:;  elle  fe  leva  au-delTus  de  l'étoile 
Chûfig-fidug.  (  Il  y  a  deux  Chang-fiang ,  ^  du  Lion  &  y 
de  ia  Vierge;  je  crois  qu'il  s'agit  ici  de  ^  du  Lion  ).  La 
chevelure ,  petite  d'abord ,  s'accrut  jufqu'^à  la  longueur  dé 
dix  tchang  &  plus.  La  Comète  palTa  par  le  Pé-teou,  fe 
Tfé-ouey  &  ie  Tchung-tay  (A,  il  de  la  grande  Ourle).  Cette 
route  ed  plus  régulière  que  celle  que  le  P.  de  Mailla  fait 
tenir  à  la  Comète  :  il  faut  cependant  remarquer  que  la  Comète 
a  dû  paflei'  au  Tchung-tay ^  a^ant  d'aïiiver  au  Pé-teou  &  aa 


6oo  Histoire 

Tfé'Ouey;  Ma-tuon-Iin  nomme  le  Tchung-tay  îe  dernier; 
mais  il  ne  décide  pas  formellement  que  ce  (oit  la  dernière 
conftellation  où'i'oa  ait  obièrvé  la  Comète. 

Page  j  /  / ,  ajouîei  : 

41^. 

Première  année  Yven-y  de  l'empereur  Kung-ty ,  première 
Lune,  jour  Vou-fu ,  ly  Février,  on  vit  une  Comète  dans 
le  palais  Tay-ouey ,  à  l'oueft,  c'efl-à-dire  apparemment,  près 
de  l'enceinte  occidentale  de  ce  palais;  car  la  Comète  étant 
en  oppofiiion  avec  le  Soleil,  elle  devoit  paroître  toute  la 
nuit,   le  foir  à  l'eil;,  à  minuit  au  fud,  le  matin  à  i'ouefl. 

La  première  Comète  de  la  troifième  aimée  Yurig-tfo  de 
Sung-vou-ty  ou  de  l'an  422,  parut  à  la  deuxième  Lune, 
au  jour  Ping -fil,  zi   Mars,  dans  Hiu  &  Goey. 

Page  ^  I-  2  ,  ajoute?^. 

422.   Deuxième  Comète* 

Onzième  Lune,  jour  Vou-ou ,  18  Décembre,  Comète 
dans  Yng-ché  (oc,  ^  de  Pégafe  ), 

En  423  ,  première  année  lùng- ping  ,  de  l'empereur 
Chao-ty,  on  obferva  au  moins  (Içiux  Comètes  à  la  Chine. 
A  la  première  Lune,  jour  Y-mao  ,  13  Février,  on  vit  la 
première  dans  Tung-me  ,  quatorzième  à^^  vingt -huit 
condellations. 

La  deuxième  fut  vue  à  ia  dixième  Lune,  au  jour  Ki-ouey, 
14  Décembre,  dans  la  conllellation  Ty  ,  troifième  à^i 
vingt -huit. 

432. 

Première  année  Yen-ho  de  Tay-vou-ty,  empereur  ou  roi 
àiis  Yven-goey ,  on  vit  une  Comète  dans  Plïen-yven  (5^,  et, 
y,  g,  &c.  du  Lion)  :  elle  entra  dans  Tay-ouey,  Si.  parvint 
jufqu'à  Ta-lùo  (  Arclurus  )    où  elle  périt. 

La  Comète  de  442  fut  obfervte  à  la  Chine,  en  la  dix- 
neuvième   année   Yven-kia   dg   l'empereur   Ouen-ty.   A  la 

neuvième 


DES     Comètes.  6oi 

neuvième  Lune,  jour  Ping-chin  ,  \^^  Novembre,  on  vit 
une  Etoile -hôte  dans  le  Pé-teou  ;  elle  devint  Comète.  Elle 
entra  dans  Ven-tchaug  (  u,  (p,  6,  &c.  de  la  grande  Ourfè  )  ; 
elle  traverla  Ou-tché  (ce,  /3,  ô,  /,  &:c.  du  Cocher,  /3  du 
Taureau),  Tien-tfie  (5),  tt,  h,  b,  c,  d,  r  du  Taureau), 
&:  Tien-yven  (  tt  de  la  Baleine,  y,  J^,  g,  Ç,  vi,  r,  Sec.  de 
l'Éridan  )  :  elle  di(î:)arut  en  hiver.  L'hiver  commença  en 
Chine  le   i  8  Novembre. 

Ma-tiion-lin,  confultant  fans  doute  d'autres  fades  que  le 
P.  Gaubil  ,  fait  paroître  la  Comète  de  4-45?  en  la  vingt- 
fixième  année  Yven-kia ,  au  jour  Kouey-mao  de  la  dixième 
Lune,  dans  le  palais  Tay-oiiey.  Le  jour  ell  le  i  i  Novembre, 
&:  cette  date  eft  plus  exade  que  celle  du  P.  Gaubil  ;  le 
jour  Sin-fe,  19  Décembre,  n'étoit  point  de  la  dixième 
Lune ,  la  onzième  étoit  commencée  depuis  le  premier  du 
mois. 

Page  ^  I ^  ,  ligne  1 0  ,  ajoutei.  Ce  qui  la  détermine  encore 
plus  poiitivement,  c'efl  que  cette  même  Comète  fut  obfervée 
à  la  Chine,  en  la  vingt-huitième  année  Yveihkia,  donc  en  4  5  i . 
A  la  quatrième  Lune,  jour  Y-maOy  ly  Mai,  elle  parut  dans 
[Mao  (  les  Pléiades  )  ;  à  la  fixième  Lune,  jour  Gin-tfe, 
(13  Juillet,  elle  étoit  au  milieu  du  Palais  Tay  -  ouey ,  en 
oppofition  avec  Ti-tfo  (  tcte  d'Hercule  ).  Je  ne  conçois  pas 
quelle  pouvoit  être  cette  oppofition  ;  elle  a  trait  fuis  doute 
à  quelque  rêverie  de  l'aftrologie  Chinoife.  A  la  rigueur,  la 
douzième  Lune  n'auroit  dû  commencer  que  le  14  Juillet: 
l'erreur  d'un  jour  eft  une  erreur  bien  légère  pour  l'Aftro- 
nomie  de  ce  temps -là. 

Page  Ji^,  ajoutei^: 

50Î. 

Troîfième  année  Yung-yven  de  Tung-hoen-heou ,  première 
Lune,  jour  Y-tfe' ,  13  Février,  une  grande  Etoile  parut  à 
l'horizon.  A  la  deuxième  Lune,  au  jour  Gin-fu,  2  Mars, 
on  vit  paroître  l'étendard  de  Tchi-yeou.  La  deuxième  Lune 
ne  commença  que  ie  5  Mars  ;  il  peut  y  avoir  une  faute 
Tome  L  Gggg 


èoi  Histoire 

d'impreiïîon  ,  deuxième  Lune  pour  première  Lune,  ï  &  2  ne 
différant  dans  l'écriture  Chinoile  que  par  un  feul  petit  trait. 

Page  ^  I S  ,  a'jQuîei  : 

533.  En  la  cinquième  année  Tchung-ta-tung  Je  Vou-ty, 
première  Lune,  jour  Ki-yeou,  i.^*^  Mars,  une  grande 
Étoile  parut. 

Même  page ,  aux  deux  dernières  lignes ,  par  Hia-tay ,  tî 
faut  entendre  v ,   ^  de  la  grande  Ourfe. 

Page  j  I ^.  Ma-tuon-lin  diffère  du  P.  Gaubil  en  quelques 
points  eflèntieis,  fur  la  Comète  de  53^  1  qu'il  date  de  la 
cinquième  année  Tchung~ta-tung ;  cette  année  tH  la  même 
que  la  première  Hing-ho  du  P.  Gaubil.  Au  jour  Sin-tcheou 
de  la  dixième  Lune,  la  Comète  iortit  du  Nan-teou:  jufqu'icî 
les  deux  Ecrivains  font  d'accord.  La  longueur  de  la  Comète 
étoit  d'un  ché ;  peu -à- peu  eiie  s'étendit  jufqu'à  un  tchang, 
A  la  onzième  Lune  (elle  avoit  commencé  vers  le  26  No- 
vembre) ,  au  jour  Y-mao ,  i.^*^  Décembre,  la  Comète  parvint 
à  Leou  (et,  jS,  y  du  Bélier)  ;  eniuite  elle  difparut.  Je 
(bupçonnerois  volontiers  qu'il  eft  échappé  au  P.  Gaubil 
d'écrire  Ping-fu,  i,^^  Janvier  540,  au  lieu  de  Ping -ou, 
2. 2  Novembre  5  3  p ,  &  voici  mes  raifons.  i .°  Le  jour  Ping-fu 
n'appartenoit  pas  à  la  onzième  Lune;  la  douzième  avoit 
renouvelé  au  plus  tard  le  26  Décembre  :  ainli,  il  y  a  au 
moins  une  erreur  dans  la  defcription  que  le  P.  Gaubil  nous 
donne  de  la  route  de  cette  Comète.  2.^  Le  jour  nommé  par 
ie  P.  Gaubil  doit  être  entre  le  jour  Sin-tcheou  de  la  dixième 
Lune ,  &  un  jour  Y-mao ,  que  Ma-tuon-lin  dit  bien  exprelfé- 
ment  être  de  la  onzième  Lune  ;  or ,  entre  le  jour  Sin-tcheou 
de  la  dixième  Lune  &  le  jour  Y-mao  de  la  onzième  ,  ii 
îiy  a  point  eu  de  jour  Ping-fu.  3."  En  ce  jour  Ping-fu, 
ï.^*^  Janvier,  la  Comète  étoit,  félon  le  P.  Gaubil,  à  3  degrés 
de  Vénus  •  or  ,  j'ai  calculé  de  nouveau  fur  les  Tables  \qs 
plus  récentes ,  le  lieu  de  Vénus  pour  le  i.^*^  Janvier  au  foir,  & 
î'ai  trouvé  cette  Planète  encore  plus  voifme  du  Soleil,  que 
je  ne  l'avois  déterminé  dans  l'Hifloire  générale  ,  fon  élon- 
gation  n'étant  que  de  i^  z6'  avec  une  latitude  boréale  de 


DES     Comètes.  ëoj 

5  ^  3  S  ';  Jans  cette  pofition ,  Vénus  n'étoit  certaînement  pas 
vifible  à  la  vue  fimple.  Au  contraire,  le  22  Novembre  au 
foir,  Vénus  étoit  en  9^  14^^  26',  avec  une  latitude  auflrale 
de  2^  23^;  Ton  élongation  étoit  de  42^  22';  non-feulement 
elle  étoit  vifible  &  dans  fon  plus  grand  éclat,  mais  de  plus 
elle  fe  trouvoit  fur  la  route  que  la  Comète  devoit  tenir  pour 
aller  de  Leou  à  Mao.  Il  paroît  donc  que  le  texte  même 
du  P.  Gaubil  exige  la  légère  correction  que  nous  propofons. 

Il  ne  me  fèmble  pas  auffi  aifé  de  concilier  Procope  avec 
les  deux  Cométographes  Chinois  ;  mais  il  faut  néceffairement 
convenir  que  Procope  s'eft  trompé  dans  quelque  partie  de 
ion  récit.  La  Comète ,  dit  -  il ,  étoit  dans  le  Sagittaire  ,  & 
fuîvoît  le  Soleil  ,  qui  étoit  dans  le  Capricorne  :  mais  le 
Sagittaire  précède  le  Capricorne  ,  il  fe  lève  avant  lui ,  il 
paffe  au  méridien  avant  lui ,  il  ne  le  fuit  en  aucun  fens.  Ne 
pourroit-on  pas  fuppofer  que  Procope  ayant  rafîemblé  diffé- 
rentes notices  fur  l'apparition  de  cette  Comète ,  il  aura  joint 
enfemble  des  circonltances  qui  appartenoient  à  différens  jours! 
Voici  l'analyfe  que  je  penfe  qu'on  pourroit  faire  du  récit  de 
Procope.  La  Comète  a  paru  quarante  jours  &  plus  ;  fi  oa 
ne  fa  pas  obfervée  auffi  long-temps  à  la  Chine ,  les  nuages 
y  auront  fans  doute  mis  obflacle.  On  la  découvrit  à  Conf^ 
tantinople  vers  le  8  ou  10  Novembre  ;  alors  ^^q  précédoit 
le  Soleil ,  fa  tête  étoit  vers  l'orient ,  fa  queue  s'étendoit  vers 
l'occident.  En  conjonélion  avec  le  Soleil,  elle  eut  affez  de 
latitude  pour  être  vifible ,  le  matin  avant  le  lever  du  Soleil  ^ 
ie  foir  après  le  coucher  de  cet  Aftre.  Arrivée  au  Sagittaire , 
elle  fuivit  le  Soleil,  &  continua  de  le  fuivre  jufqu'à  l'entrée 
du  Soleil  au  Capricorne.  Tout  dans  cette  explication  s'accorde 
avec  les  obfèrvations  Chinoifes;  fi  on  ne  veut  pas  l'admettre, 
il  faut  dire  qu'il  a  paru  deux  Comètes  en  53  p. 

Page  ^22.  Ma-tuon-lin  confirme  tout  ce  que  dît  le  F» 
Gaubil  de  la  Comète  de  560. 

5^5.  Deux  Comètes. 

En  la  quatrième  année  Ho-tfin^  de  Vou-tching-ty,  prince 

Ggggi) 


6o4  Histoire 

de  Pé-tfy ,  à  la  Iroifième  Lune,  commençant  le  i^  ou  17 
Avril ,  une  Comète  parut. 

Ma-tuon-iin  rapporte  ce  qui  regarde  la  féconde  Comète 
d'après  les  Annales  de  trois  Dynaflies. 

Sixième  année  Tien-kia  de  l'empereur  Ouen-ty  àQs  Tchin, 
à  la  fixième  Lune,  jour  Sin-yeou ,  23  Juillet  ,  on  vit  une 
Comète  dans  Chang-  tay  (  / ,  x  de  la  grande  Ourfe  ). 

Première  année  Tien-timg  de  Heou-ichu,  autre  prince 
àts  Tchin  ,  même  Lune,  jour  Giti-fu ,  24  Juillet ,  la  Comète 
iortit  de  Ven-tchang ,  au  nord-ett;  elle  étoit  longue  comme 
la  main;  elle  s'étendit  enfuite  julqu'à  pkilieurs  tchaug.  Après 
cent  jours ,  elle  diiparut. 

Cinquième  année  Pao  -  tïng  de  Vou  -  ty  ,  prince  des 
Tcheou  ,  fixième  Lune,  jour  Keng-chin,  22  Juillet,  une 
Comète  fortit  du  Chang- tay ,  entra  dans  Ven-tchang  ,  s'ap- 
procha très-près  de  Tu-tftang ,  traverla  les  murailles  occiden- 
tales du  palais  Tfé -  ouey  (  la  conftellation  Yeou-  tchu)  ,  Se 
entra  dans  Goey  (douzième  confteliation  des  vingt- huit). 
M.  de  Guignes  n'a  trouvé  Tu-îfiang  dans  aucun  Dictionnaire» 
La  longueur  de  la  Comète  étoit  d'un  tchang ,  elle  indiquoit 
Ché  &  Pi  (treizième  &:  quatorzième  des  vingt- huit  cons- 
tellations). Après  cent  jours  &  plus,  (a  longueur  feréduifit 
à  deux  ché  cinq  tfun,  ou  à  deux  pieds  &  demi.  Elle  périt 
entre  Hiu  Se  Goey  (onzième  &  douzième  des  vingt -huit), 

Ma-tuon-lin  a  pareillement  raflembié  ies  Mémoires  de 
trois  Annaliftes,  fur  la  Comète  de  568.  L'un  d'eux  n'en  dit 
autre  choie ,  fmon  qu'en  la  deuxième  année  Kuang-ta  de 
Fy-ty ,  prince  des  Tchin ,  à  ia  fixième  Lune ,  jour  Ting-hay p 
2.  Août,  on  vit  une  Comète. 

Cette  Comète  ,  fuivant  un  autre  Annalifte  ,  parut  à  îa 
quatrième  année  Tien-tung ,  dans  la  confteilation  Tfing  ou 
Tung-tftng, 

Un  troifième  enjfîn ,  ia  fait  paroître  en  la  îroifième  année 
Z/>/;-/^o  de  Vou-ty.  A  la  fixième  Lune,  jour  Kia-fu,  20 
Juillet,  elle  étoit  dans  Tung-tfing  ^  de  couleur  blanche  par  le 
haut ,  par  le  bas  couleur  de  chair  ;  elle  brilloit  allez  &  aiîoit 


DES    Comètes.  '605 

vers  i'orîent.  Lorfqii'eile  eut  fubfiilé  jufqu'au  jour  Kouey-mao 
de  ia  feptième  Lune,  18  Août,  elle^  s'arrêta  à  huit  pouces 
au  nord  de  Kuey  (  ô ,  vi ,  7 ,  ^  de  l'EcrevifTe  )  :  enfuite  elle 
fut  détruite. 

Page  ^2^. 

$74- 

Troifième  année  Kien-te  de  Vou-ty ,  prince  des  Tcheou; 
quatrième  Lune  ,  jour  Y-mao  ,  3  i  Mai ,  on  obferva  une 
Comète  dans  le  Tfe-ouey ,  hors  Aqs  murailles  de  ce  palais  : 
g\[q  étoit  groffe  comme  le  poing  ,  de  couleur  rouge  pâle  ; 
elle  indiquoit  Ou-îi-tfo  (  /3  du  Lion);  elle  alloit  à  petits 
pas  vers  le  fud-eft  :  fa  longueur  étoit  d'un  tchang  cinq  che\ 
Au  jour  Kia-îfe  de  la  cinquième  Lune,  ^  Juin,  elle  s'arrêta 
au  nord  de  Chang~tay  (  /,  îc  de  la  grande  Ourfe  )  ,  &  elle 
diiparut. 

575- 

Septième  année  Ta-kten ,  de  l'empereur  Siven-ty,  qua- 
trième Lune,  jour  Ping-fu  ,  27  Avril,  Comète  dans  Ta-kïo 
(  Ardurus  )  :  c'eft  celle  que  le  P.  Gaubil  rapporte  à  l'an 
574 ,  mais  mai-à-propos.  La  feptième  année  Ta-kien  concourt 
bien  certainement  avec  fan  575  ;  Siven-ty,  qui  donna  à 
l'année  le  nom  de  Ta  -  kieti ,  ne  monta  fur  le  trône  qu'en 
568  ;  la  première  année  de  fon  règne  concourut  donc  avec 
i'an  56^;  donc  l'an  574  n'étant  que  la  fixième  année  de 
fon  règne,  ne  put  être  que  la  fixième  année  Ta-kien, 

Page  ^2^, 

581. 

Douzième  année  Ta-kten ,  jour  Shi-fe  de  îa  douzième 
Lune,  20  Janvier  581,  on  vit  une  Comète  au  fud-ouefl. 

Page  ^2^.  Ma-tuon-lin  confirme  le  récit  du  P.  Gaubil, 
fur  its  Comètes  de  588  &  de  595  ;  il  y  ajoute  feulement 
que  cette  dernière  fut  aulfi  obfervée  dans  Coey  (  *  du 
Verfeau,  e,  ô  de  Pégafe), 


6o6  H  r  s  T  0  T  R  E 

Page  ^27. 

607.  Première  Comète, 

Troifième  année  Ta -nie  de  l'empereur  Yang-ty,  jour 
Ki-tcheou  de  la  deuxième  Lune,  13  Mars,  on  vit  une 
Comète  dans  Tfing  (vingt-deuxième  des  vingt-huit  conflel- 
lations  )  &  Ven~îchang  (  u ,  cp ,  t  ,  &c.  de  la  grande  Ourfe  )  : 
elle  traverfa  Tay  ling  (  % ,  t  ,  6 ,  x.  de  Perfée  ,  i3 ,  5) ,  &c.  de 
Médule  ) ,  Ou-tché  (  a ,  /3 ,  0 ,  /  du  Cocher ,  jS  du  Taureau  ) , 
Pé-ho  (  et,  /2  des  Gémeaux)  :  elle  entra  dans  le  palais  Tay- 
ouey ,  paiîa  par  l'Étoile  Ti-tfo  [en  d'Hercule  )  ,  &  après 
cent  jours  elle  s'arrêta.  Vu  la  route  que  Ma-tuon-lin  attribue 
à  cette  Comète  ,  elle  a  dû  réellement  pafler  par  Tfing ,  c'eft- 
à-dire  avoir  même  afcenfion  droite  que  les  pieds  des  Gémeaux; 
mais  ce  n'a  pu  être  qu'après  avoir  traverfé  Tay  -  litig  & 
Ou-tché.  Quant  à  Ven - tchang ,  je  ne  vois  pas  trop  quand, 
ni  comment  la  Comète  a  pu  y  palTer.  Y  auroit-il  ici  deux 
Comètes  diffèrentes,  dont  Tune  auroit  été  de  TJtng  à  Ven- 
tchang;  l'autre,  après  quelques  jours  de  mauvais  tem^^s^ 
auroit  été  vue  dans  Tay-ling  &  prife  pour  celle  qu'on  avoit 
laifTée  dans  Ven-tchang ,  auroit  pafTé  de  Tay-ling  à  Ou-tché, 
à  Pé-ho,  &c?  Dans  cette  fuppofition,  il  auroit  paru  quatre 
Comètes  en  60  j  ^  ce  qui  n'efl  pas  impoffible. 

Les  deux  autres  Comètes  ,  celles  dont  le  P.  Gaubîl  décrit 
îa  route ,  font  réduites  à  une  feule  par  Ma-tuon-lin  ;  en  cela 
nous  ne  pouvons  être  de  fon  avis.  Le  jour  Sin-hay  delà 
troîfjème  Lune,  dit-il,  une  grande  Étoile  parut  à  l'horizon 
dans  la  contrée  occidentale ,  c'eft-à-dire  à  l'ouefl ,  comme  le 
P.  Gaubil  l'a  traduit  :  elle  traverla  les  conftellations  Kouey , 
Leou ,  Kio ,  Kang ,  &  di/parut.  A  la  neuvième  Lune ,  jour 
Sin-oui ,  elle  reparut  dans  la  contrée  méridionale  ;  elle  vint 
dans  Kio  &  Kang ,  traverfa  le  palais  Tay  -  ouey ,  &  l'Étoile 
Ti-tfo  (et  d'Hercule  )  ;  elle  approcha  très-près  de  plufieurs 
confteilations  ;  elle  ne  parvint  pas  jufqu'à  Tfan  &  Tfmg  ; 
elle  pafla  à  côté  de  Suy ,  (Jupiter)  &  diiparut.  Il  efl  d'abord 
de  doute  que  cette  Comète  qui  reparoit ,  fuivant  Ma<» 


DES    Comètes,  607 

tiion-Iîn,  à  la  neuvième  Lune,  eil  différente  Je  celle  qui 
avoit  difparu  piufieurs  mois  auparavant.  Quant  à  la  route 
que  Ma-tuon-iin  affigne  à  cette  nouvelle  Comète ,  elle  mérite 
quelque  réforme.  Si ,  ce  qui  me  paroît  ie  plus  probable ,  le 
mouvement  apparent  de  la  Comète  a  été  contre  l'ordre  des 
fignes,  la  Comète  n'a  pu  rencontrer  Jupiter,  qui  étoit  alors 
au  commencement  du  Sagittaire ,  &:  elle  n'aura  point  pafle 
par  Ti-tfo ,  mais  par  Ou-îi-tfo  (  /S  du  Lion).  Si  la  Comète 
au  contraire  a  fuivi  l'ordre  des  fignes ,  puifqu'elle  a  traverfé 
le  Tay-oiiey ,  &  que  d'ailleurs  elle  s'elt  arrêtée  avant  que 
d'entrer  dans  Tfan  &  Tfing-,  elle  aura  parcouru  les  trois  quarts 
du  zodiaque;  ce  qui  ne  nous  paroît  poffible  qu'autant  que 
la  conjonélion  de  la  Comète  avec  ie  Soleil  auroit  précédé 
ou  fuivi  de  fort  près  fon  paffage  au  périhélie  ;  que  ce  palfage 
feroit  arrivé  vers  le  milieu  de  l'apparition  de  la  Comète ,  & 
qu'enfin  la  diflance  périhélie  feroit  fort  petite.  Or,  dans  ces 
fuppofitions,  la  Comète  a  dû  difparoître  durant  piufieurs  jours 
vers  le  temps  de  fa  conjonélion ,  &  l'on  ne  nous  dit  rien 
de  cette  circonftance.  Bien  plus ,  on  nous  dit  que  la  Comète 
a  pafle  par  Ti-tfo  [cl  d'Hercule  )  &  près  de  Jupiter.  La 
Comète  étant  en  Ti-tfo ,  étoit  bien  réellement  en  conjon61;ion 
avec  Jupiter ,  &  voifme  de  la  conjondion  avec  le  Soleil  : 
mais  fa  latitude  étoit  trop  grande  ,  pour  qu'on  pût  dire  qu'elle 
étoit  près  de  Jupiter;  elle  en  étoit  au  contraire  très-éloignée; 
&  par  la  mcme  railon  elle  ne  pouvoit  devenir  invifible  dans 
(a  conjondion  avec  le  Soleil  ;  donc  elle  ne  pouvoit,  par  ion 
mouvement  apparent  ,  parcourir  neuf  fignes  du  zodiaque. 
Quelque  route  qu'on  affigne  à  la  Comète,  il  ne  paroît  pas 
poffible  qu'elle  ait  rencontré  Jupiter ,  d'autant  plus  que  cette 
Planète  fut  en  conjojiélion  avec  le  Soleil  vers  le  i  o  Novem- 
bre ,  un  mois  moins  deux  jours  après  la  première  apparition 
de  la  Comète, 

do8. 

Quatrième  année  Ta- nie ,  une  Comète  fortît  de  Ou-tché 
(  et ,  ^ ,  6 ,  /  du  Cocher ,  ^  du  Taureau  ) ,  traverfa  Ven-chang, 


go8  Histoire 

(u,  (^,  9,  T,  &c.  de  la  grande  Ourfe  )  ,  &  parvînt  Jufqua 
Fang  (  quatrième  des  vingt  -  huit  conflellations  )  ,  où  elle 
diiparut. 

Page  ^28.  Suivant  Ma-tuon-iin,  la  Comète  de  615 
parut  d'abord  au  fud-eft  de  Ven~tchang ,  iongue  de  cinq  à 
îix  tfuriy  de  couleur  noire ,  8c  pointée  :  elle  étoit  fort  agitée 
durant  la  nuit  :  elle  tendit  plufieurs  jours  vers  le  nord-ouell, 
parvint  à  Ven  -  tchang ,  s'approcha  de  quatre  à  cinq  tfun  du 
palais  (  le  texte  ne  détermine  pas  quel  palais ,  c'ell  proba- 
blement celui  de  Tfé-ouey  ) ,  fans  y  entrer  :  enfuite  elle  rétro- 
grada &  difparut. 

Sur  la  Comète  de  6ij  ,  Ma  -  tuon  -  lin  eft  parfaitement 
d'accord  avec  le  P.  Gaubil. 

61  j.  Deuxième  Comète. 

Même  année,  treizième  Ta-nie  ou  Ta-ye,  neuvième  Lune, 
commençant  le  6  Octobre,  il  parut  une  Comète  dans  Yng- 
ché  (et,  jS  de  Pégafe). 

La  Comète  de  6z6  étoit  le  31  Mars  dans  Kiven-chè 
(i',  e,  g,  Ç,  o  de  Ferfée). 

Page  ^2.().  La  Comète  de  (^34  parut  en  la  huitième 
année  Tching-kuon ,  dans  Hiu  Sl  Goey  (  onzième  &  douzième 
àQs  vingt -huit  conflellations);  elle  traverfa  Hiven-hiao; 
(  c'effc  le  figne  que  le  P,  Gaubil  dit  répondre  à  notre  Verfeau  ). 
Au  jour  Y-hay ,  elle  ne  parut  plus. 

La  Comète  de  ^38  eft  rapportée  par  Ma-tuon-lin ,  à  la 
treizième  année  Tching-kuon ,  donc  à  l'an  ^39.  Au  jour 
Y-tcheou  de  la  troifième  Lune,  30  Avril,  elle  étoit  dans 
A4ao  ^  Pi,  L'équinoxe  arriva  en  638  ,  le  17  Mars;  la 
Lune  qui  commença  le  2  i  au  foir ,  étoit  do]ic  la  troifième 
Lune  ,  &  le  5  Mai  ne  pouvoit  appartenir  à  cette  Lune» 
En  63^,  la  troifième  Lune  n'ayant  comjrjencé  que  le  ^' 
Avril ,  renferma  le  jour  Y-tcheou ,  3  o  Avril.  La  Comète  a 
donc  paru  en  ^3p- 

3ur  la  Comète  de  <>42,  Ma-tuon-lin  ziomme  ie  jour 

Ki-ycoUf 


DES    Comètes.  ^09 

Kï-yeou,  22  Juillet,  pour  le  jour  Ki-ouey ,  i/*^  Août;  ces 
deux  jours  font  i'un  &  l'autre  de  la  iixième  Lune, 

Page  jjo.  Traifième  année  Lurig-fo  de  Kao-tfung,  le 
zj  Septembre  66^  ,  la  Comète  parut  dans  Tfo-nie-ti  ou 
Tfo- telle -tï  (0,  'TT,  Ç  du  Bouvier),  elle  étoit  longue  de 
deux  ché :  au  jour  1^-/^,  2p  Septembre,  on  ne  la  vit  plus» 

La  Comète  de  (5 (57  étoit  dans  Ou-tché  (et,  /3,  6,  /  du 
Cocher,  ^  du  Taureau  ) ,  entre  Mao  (les  Pléiades)  &  Pi 
(  les  Hyades  )»  J'aimerois  mieux  la  leçon  du  P.  Gaubii.  Au 
jour  Y-hay ,   12  Juin,  on  ne  la  vit  plus. 

Page  J^r.  Ma-tuon-lin  eil  entièrement  conforme  au 
P.  Gaubii  iur  la  première  Comète  de  6y6.  La  féconde, 
fuïvant  lui,  étoit  au  jour  Ting-hay ,^  Septembre,  dans 
Tung-tfing  (  vingt- deuxième  des  vingt-huit  confteilations  )  , 
indiquant  Pé~ho  {cl,  ^  des  Gémeaux):  fa  longueur  étoit 
de  trois  tchang  (  il  faut  fans  doute  lire  ,  trois  che\  avec  le 
Pi  Gaubii  ).  La  Comète  alioit  vers  le  nord-efl;  fa  chevelure 
étoit  brillante  &  ailoit  en  augmentant ,  fa  longueur  fut  de 
trois  tchang.  Elle  indiquoit  Tchung-tay  (A,  yu)  &  Ven- 
tchang  (  ô,  u,  cp ,  &:c.  de  la  grande  Ourfe  ).  Le  i  ^^  Novembre^ 
on  ne  la  vit  plus. 

Page  jjj>  La  Comète  de  6%  i  alioit  vers  l'eft,  &  parvint 
a  Ho-ku  (a.,  (è,  y  de  l'Aigle  ). 

683. 

Deuxième  année  Yung-tchung,  jour  Ping- ou  de  la  troi- 
fième  Lune,  20  Avril,  on  vit  une  Comète  dans  le  nord 
de  Ou-tché  (et,  /3,  ô,  /  du  Cocher,  i8  du  Taureau).  A  la 
c[uatrième  Lune,  jour  Sin-oui ,    1  5  Mai,  on  ne  la  vit  plus. 

La  première  Comète  de  6S^,  fut  vue,  dit  Ma-tuon-lin^ 
ie  foir  dans  la  contrée  occidentale. 

Avant   684.  Deuxième  Comète,  ajoutei: 

684.   Première  année  Kuang-tfe  du  règne  de  Tchung- 

tfung,  au  jour  Ting-tcheou  de  la  neuvième  Lune,  i  i  0<flobre, 

on  vit  dans  la  contrée  occidentale  une  Etoile  qui  relîembloit 

à  une  demi -lune.   Cette  Étoiif  avoit-elle  un  mouvement! 

Tome  L  H  h  h  h 


6io  Histoire 

Combien  Jura-t-elle  ?  c  efl  ce  qu'on  ne  nous  dit  pas ,  &  c'efi: 
cependant  ce  qu'il  feroit  nccefîaire  de  favoir,  pour  déter- 
miner u  cette   Etoile  ctoit  une  Comète. 

Page  jjf>  ajoute^: 

Première  année  King-lung,  dixième  Lune,  jour  Gin- ou ^ 
\i  6  Novembre ,  on  vit  une  Comète  dans  la  cojitrce  occi- 
dentale :  au  jour  Kia-yn  de  la  onzième  Lune,  i  8  Décembre  j^ 
elle  ne  parut  plus. 

708.   Deux   Comètes. 

Deuxième  année  King-lung,  deuxième  Lune,  jour  Ting- 
yeou  y  3  I  Mars  ,  une  Comète  parut  entre  Mao  &  Goey 
(les  Pléiades  &:  la  Mouche).  Le  jour  Tyng-yeou  appar- 
tenoit  à  la  troifième  Lune ,  qui  avoit  commencé  au  plus- 
tard  le  27  Mars. 

Une  féconde  Comète  parut  dans  Tfé-ouey  ,  au  jour  Gin- 
cliin  de  la  huitième  Lune,   ou  au  21  Septembre. 

Pûge  JJJ'  Ma-tuon-lin  diflingue  la  Comète  qui  parut 
le  2p  Août  730,  dans  Ou-tché  [cl,  ^,  Ô,  i  du  Cocher ^ 
jS  du  Taureau  )  ,  de  celle  qu'on  obferva  le  7  Septembre  dans 
Pi  &c  Mûo  :  je  penfè  volontiers  ,  avec  le  P.  Gaubil  ,  que 
ce  n'étoit  qu'une  même  Comète. 

La  Comète  de  738  étoit  le  i.^*^  Avril  dans  les  murailles 
'du  Tférouey;  elle  traveria  le  Kouey  du  Pé-teou  ou  le  carré 
de  la  grande  Ourfe  :  on  la  vit  dix  jours  Se  plus;  les  nuages 
ne  permirent  pas  de  l'obferver  ultérieurement. 

Pages  ^j6  &  ^jy-  La  Comète  de  y 60  parut  en  fa 
troifième  année  Kicn  - yven  ;  elle  étoit  le  16  Mai  dans  la 
contrée  orientale  entre  Goey  (  la  Mouche  )  &:.  Leoii  (  cornes 
du  Bélier).  Mais  Goey  Si.  Leoii  appartiennent  à  ce  que  \es 
Chinois  appellent  contrée  occidentale  ;  au  lieu  que  fi  par 
contrée  orientale  on  entend  la  partie  du  ciel  qui  étoit  alors 
a  l'orient,  Ma-tuon-lin  ne  dit  rien  que  de  vrai:  le  \6  Mai, 
la  Comète  étant  entre   Goey  &   Mao,  devoit  parollie  ï^ 


D  r  s    Comètes,  6\\ 

matin  p  Ju  cote  de  l'orient.  La  couleur  de  la  Comète  ctoit 
bianche  ,  elie  étoït  longue  de  cinq  cJic  ;  elle  alloit  avec 
•vîteire  vers  ia  contrée  orientale.  Comment  y  alloit -elle,  fi 
elle  y  étoit  dcjài  Dans  la  rcalitc ,  elle  alloit  de  l'oued;  à  l'ell:, 
félon  Tordre  des  fignes;  car  elle  traverla  A4ao  ,  Pi ,  Tjoui , 
JfdH  ,  Tfitig ,  Koiicy ,  Licou,  Hien-yven  (  le  Lion  )  ,  & 
parvint  à  l'oueft  de  Ycou-chi-fa.  Apres  cinquante  jours ,  ou 
ne  ia  vit  plus, 

y  60,  Deuxième  Comète. 

Au  jour  Sin-ycoii ,  premier  de  la  Lune  intercalaire,  10 
Mai ,  il  parut  une  Comète  dans  la  contrée  occidentale , 
elle  étoit  longue  de  plulieurs  rchang  :  à  la  cinquième  Lune, 
commençant  le  i  8  Juin,  on  ne  la  vit  plus.  Seroit  -  ce  la 
Comète  précédente  ,  qui  après  avoir  paru  quatre  jour^  à 
l'orient,  auroit  padé  dès  le  cinquième  jour  à  l'occident? 
Cela  n'efl:  pas  ablolument  impollii^le  :  mais  en  Europe ,  où 
cette  Comète  fut  vue  moins  long-temps  qu'à  la  Chine,  elle 
fat  obfervée  durant  dix  jours  à  l'orient.  D'ailleurs  il  eft  dit 
que  la  Comète  précédente  parut  durant  cinquante  jours ,  &: 
l'on  nous  donne  à  entendre  que  l'apparition  de  celle-ci 
n'excéda  pas  le  18  Juin. 

y6y. 

Première  année  Ta-lie ,  du  règne  de  Tay-tfimg  ,  douzième 
Lune,  jour  Ki-hay,  22  Janvier  j(>j  y  on  obier  va  dans 
Pay-kua  (  n ,  G,  (^  jc  du  Dauphin  )  une  Comète  longue  d'un 
ché.  Après  vingt  jours  on  ne  la  vit  plus. 

770.   Deux  Comètes. 

Cinquième  année  ,  jour  Ki-oui  de  ïa  quatrième  Lune , 
26  Mai,  on  vit  une  Comète  Axws  Ou  tché  (  a,  /3,  0,  /  du 
Cocher,  /3  du  Taureau);  chevelure  brillante,  longue  de 
trois  îchnng. 

Au  jour  Ki-mao ,  de  la  cinquième  Lune,  i  5  Juin,  une 
Comète  de  couleur    bianclie  parut  dans   la  contrée  fepten- 

Hhhh  ij 


6i2  Histoire 

trionale.  Au  jour  Kouey-oui ,  19  Juin,  eiie  alla  vers  l'orient: 
elle  s'approcha  enfuite  du  milieu  de  Pa-ko  (  ^  ,  J^  du  Cocher, 
ia  deuxième ,  la  feptième  de  la  Giraffe ,  &  cinq  autres  entre 
ÏQs  pattes  ).  A  la  fixième  Lune,  jour  Kouey-mao ,  p .Juillet, 
eiie  fut  près  de  San  -  kung  (  trois  petites  Etoiles  dans  les 
Chiens  de  chade  ,  fous  vi  &  ^  de  la  grande  Ourfe).  Au  jour 
Ki-oui ,  25  Juillet,  on  ne  ia  vit  plus. 

773.  En  la  feptième  année,  douzième  Lune,  jour  Pifig- 
yn ,  17  Janvier,  on  vit  une  grande  Étoile  au  bas  de  Tjau 
(  croix  d'Orion  ). 

Page  ^jp,  ajoutei: 

815. 

Dixième  année  Yven-îio  de  Hien-tfung ,  troifième  Lune , 
commençant  vers  le  i  3  Avril ,  une  grande  Etoile  parut  au 
bas  du  palais  Tay~ouey ;  elle  parvint  jufqu'à  Hien-yven  (tête 
&  corps  du  Lion  ,  &c.  ). 

La  Comète  de  8  17  fut  vue  à  la  Chine,  en  la  douzième 
année  Yvcn  -  ho ,  au  jour  Vou  -fe  de  la  première  Lune ,  1 7 
Février  ,  dans  Pi   (  les  Hyades  ). 


2  I. 


Deux  Comètes. 


En  ia  première  année  Cliang-king  de  Mo-tfung,  première 
Lune,  jour  Ki-oui ,  27  Février  ,  Comète  dans  Ye  (  ia  Coupe, 
&c).  Au  jour  Ting-mao  de  la  deuxième  Lune,  7  Mars, 
elle  fuî  à  l'oueft   de   Tay-ouey    dans    Chang-îfang   \(t  au. 

Lion  ). 

A  la  fixième  Lune  ,  commençant  le  3  Juillet  ^  Comète 
dans  Mao  (  les  Pléiades);  elle  éîoit  longue  d'un  tchangi 
après  dix  jours,  on  ne  la  vit  plus, 

828. 

Deuxième  année  Tay-ho ,  de  Ouen-tfung,  feptième  Lune, 
jour  Kia-c  h  in ,  quarante -unième  du  cycle,  3  Septembre, 
on  vit  une  Comète  près  de  Yeou-îché-îi  (  >i ,  r ,  u  du  Bouvier  )  i 
elle  étoit  longue  de  deux  ché. 


DÈS    Comètes,  613 

834. 

Huitième  année  ,  neuvième  Lune  ,  jour  Sin  -  hay ,  9 
Odobre  ,  on  vit  une  Comète  dans  le  palais  Tay-ouey ,  elle 
étoit  longue  d'un  tchang  ,  elle  alloit  au  nord  :  elle  fut 
au  delà  de  Lang  ~  goey  (  chevelure  de  Bérénice).  Au  jour 
Keng-chin,  dix-fepîième  du  cycle,  7  Novembre,  elle  ne 
parut  plus. 

Page  ^^0,  Le  P.  Gaubil  ne  dit  rien  de  ia  Comète  de 
^1>7  »  ^'-'^  Ma-tuon-lin  ne  dife  pareillement  :  voici  quelques 
légères  circonftances   que  ce    dernier   ajoute  aux  détails  du 
P.  Gaubil. 

Le  22  Mars,  ia  Comète  indiquoit  i'ouefl  de  Nan-téoii 
{^y  T i  a ,  Ç',A,  ^,  ^  du  Sagittaire ). 

Le  6  Avril  ,  eiie  indiquoit  le  midi  ,  allant  doucement 
yers  i'oueft. 

Le  y  Avril ,  elle  étoit  large  de  trois  ché. 

Le  I  o  Avril ,  un  des  deux  rayons  de  ia  queue  indiquoit 
Ty  (  ia  Balance  ). 

Le  I  I  Avril,  elle  indiquoit  îe  nord,  &  elle  étoit  dans  ie 
feptième  degré  de  ia  conllt^llation  Kang.  La  Comète  a  pu 
cîre  obfervée  durant  la  même  nuit  d'abord  au  neuvième  & 
enfuite  au  feptième  degré  de  cette  confiellation  ;  mais  dans 
cette  pofition  ,  il  n'eft  guère  poffible  qu'elle  ait  étezidu  une 
belle  queue  vers  le  nord. 

Le  T  2   Avril ,  la  Comète  indiquoit  l'orient. 

Le  28  Avril,  ia  Comète  étoit  à  la  droite  (  c'efl-à-dlre ^ 
je  penfe,  à  i'oueft)  de  Hien-yven  (p,  a,  vi,  y,  Ç,  /a  ,  g,  x-  du 
Lion,  deux  Etoiles  du  petit  Lion,   &  quatre  du  Lynx). 

•     Page  ^^^ ,  ajouîei: 

837.  Deuxième  Comète* 

Il  a  réellement  paru  une  feconde  Comète  en  837:  au 
jour  Ting-yeou  de  la  huitième  Lune  ,  10  Septembre,  elle 
étoit  dans  Hiu  &  Goey  (  onzième  &  douzième  à^s  vingt» 
îiuit  coriftellaîions  ). 


6i4  Histoire 

SjS,  Deux  Comètes. 

Troifième  année  Kay-ching,  jour  Y-fe  Je  la  dixième  Lune, 
1 1  Novembre,  on  vit  une  Comète  dans  la  principale  Étoile 
de  Tchin  (  le  Corbeau  ). 

A  la  onzième  Lune,  jour  Y-mao  (  2  i  Novembre,  c'étoît 
réellement  le  premier  jour  de  la  onzième  Lune),  on  vit 
une  Comète  dans  la  contrée  orientale  ;  elle  étoit  dans  les 
conflellations  Ki  &  Ouey  (  feptième  &  fixième  des  vingt- 
huit  )  ;  elle  s'étendoit  dans  le  ciel  e(l  &  oueft  :  au  jour 
Gin-chïn ,  vingt-neuvième  du  cycle,  de  la  douzième  Lune, 
2.8  Décembre,  on  ne  la  vit  plus. 

Pû^e  ^^6 ,  après  la  ligne  12  ,  ajoutei. 

83  p.   Deux  Comètes. 

Quatrième  année  Kay-ching  ,]ouï  Kouey-yeou  de  la  première 
Lune,  y  Février,  on  vit  une  Comète  dans  Yu-lin  (  p^  Scies 
trois  4*  du  Verfeau  ). 

Jour  Ping-ou  de  la  Lune  intercalaire,  12  Mars,  Comète 
au  nord  de  Kiven-ché  (  i» ,  e ,  | ,  Ç ,  o  de  Perlée  )  :  au  jour 
Ki-mao  delà  féconde  Lune,  14  Avril,  elle  ne  parut  plus. 

Il  ne  paroît  pas  qu'aucune  de  c^s  deux  Comètes  puiife  être 
celle  qu'on  vit  en  Europe  au  mois  de  Janvier.  Quant  à  la 
féconde  de  ces  deux  Comètes,  on  peut  obierver  qu'en  839 
l'équinoxe  eft  arrivé  en  Chine  le  17  Mars  vers  dix  heures 
du  matin,  &  la  Lune  n'a  renouvelé  que  le  ip  au  matin  : 
ainfi  la  Lune  qui  couroit  le  1 2  Mars  ,  étoit  à  la  rigueur 
ieconde  Lune,  Scelle  qui  couroit  le  14  Avril  étoit  troi- 
fième Lune,  ou  tout  au  plus  Lune  intercalaire;  mais  le 
comput  Chinois  pouvoit  -  il  être  fufceptlble  d'une  auffi 
grande  précifion  î 

840.  Deux  Comètes, 

Cinquième  année,  deuxième  Lune,  jour  Keng-chin ,  10 
Mars ,  Comète  entre  Yng-ché  &  Pi  (  treizième  &  quator- 
zième àes  vingt -huit  confleilaîions  )  :  après  vingt  jours, 
elle  dilparute 


DES    Comètes.  615 

Onzième  Lune  ,  jour  Vou  -yn  ,  3  Décembre ,  Comète 
dans  la  contrée  orientale. 

841.  Première  Comète. 

Première  année  Hoey  -  tcliang  de  Vou  -  tfung  ,  feptième 
Lune,  commençant  le  21  ou  22  Juillet,  on  vit  une 
Comète  dans  Yu-lin  [y^  &i  \qs  trois  4^  du  Verfeau  ) ,  entre 
Yng-ché  8l  Pi.  Elle  pouvoit  avoir  été  vue  -en  Europe  le  2  5 
Juin  dans  le  Sagittaire. 

Sur  la  féconde  Comète  de  841,  Ma-tuon-lin  s'accorde 
avec  le  P.  Gaubil.  La  Comète  étoit  le  22  Décembre  dans 
Pe-lou-fé-moen ,  c'efi:  Fomalhaut ,  &:c. 

Page  j^7,  ajoutai: 

852. 

Sixième  année  Ta-tchung,  de  Sîven- tfung,  troîfième 
Lune,  commençant  le  24  Mars  au  foir,  une  Comète  parut 
dans  Tfoui  &  T^an  (Orion). 

857. 

Onzième  année ,  au  jour  Y  -  ouï  de  la  neuvième  Lune  ^ 
{22  Septembre,  la  Lune  renouveloit  le  jour  même,  quoique 
fort  tard),  une  Comète  longue  de  trois  ché ,  parut  dans 
Fang  (  quatrième  à^%  vingt-huit  conftellations  ) . 

8^4. 

En  la  cinquième  année  Hien-tung  du  règne  de  Hy-tfimg^ 
cinquième  Lune ,  jour  Ki-hay ,  2  i  Juin  ,  pendant  la  nuit  ^ 
le  leou  (  clepfydre  )  n'avoit  pas  encore  rempli  un  ké  (  mefure 
Chinoile,  qui  fe  remplit  cent  fois  en  vingt-quatre  heures)  ;, 
iorfque  l'on  vit  fortir  une  Comète  de  la  contrée  orientale  ;  fa 
couleur  étoit  d'un  jaune  pâle,  fa  longueur  de  trois  f////  qWq 
étoit  dans  Leou  (ct,(è,  y  du  Bélier  )c  Mais  Leou ,  fuivant  le 
Diélionnaire  à^s  Chinois ,  appartient  à  la  contrée  occiden- 
tale ;  au  lieu  que  {\  par  contrée  orientale  on  entend  l'orient, 
il  fera  vrai  que  la  Comète  étant  dans  Leou,  le  2  ï  Juin^, 
elle  aura  pu  paroiîre  à  l'orient^  avant  minuit  &  un  quart» 


6i6  Histoire 

Page  ^^S.  La  Comète  de  8  68,  fut  obfervéeà  la  Chine, 
en  ia  neuvième  année  Hien  -  tung ,  à  la  première  Lune, 
commençant  vers  le  27  Janvier  ,  dans  Leou  &  Goey  (  feizième 
&  dix-feptième  àQs  vingt-huit  conilellations  ). 

8(^p. 

Dixième  année  ,  huitième  Lune  ,  commençant  le  ^  ou 
I  0  Septembre  /  on  obferva  une  Comète  dans  Tay  -  ling 
(  ^ ,  X,  ô ,  T  de  Perfée  ,  i3,  5)  de  Médufe,  &c.  )  ;  elle  alloit 
yers  le  nord-eft. 

Page  ^^0  ,  ligne  18  ,  ajoutei:  Cette  Comète  fut  vue  à 
la  Chine,  en  la  quatrième  année  Kien-fu  de  Hy-tfung  ,  à  la 
cinquième  Lune ,  qui  avoit  commencé  vers  le  1 4  Juin, 

885. 

Première  année  Kuang-kï,  on  vit  une  Comète  entre 
Tfte-choui   (  a  ou  'n  ào,  Perfée  )  &  Tfte-fm  (  x,  à^^  Gémeaux), 

Deuxième  année,  cinquième  Lune,  jour  Pïng-fu,  13 
Juin ,  on  vit  une  Comète  dans  Ouey  &  Kï  (  lixième  & 
feptième  A^$  vingt -huit  conftellations  )  :  elle  traverfa  le 
Pé-tcou  (  le  grand  Chariot  )  ,  &  le  N'ie-ty  (  avant  le  Pé-teou 
ians  doute  :  il  y  a  deux  Nîe-ty  ou  Ché-ty ,  tous  deux  dans  le 
Bouvier;  TJo-ché-ty  0,  tt  ,  (J.  &  Yeou-ché-ty  >i ,  r,  y). 

Page  ^^ï  ,  ligne  12,  ajoutez:  Ma-tuon-lin  fait  p?.rojtre 
cette  Comète  en  la  deuxième  année  Ta-chun  de  Tchao-tfung; 
au  jour  Keng'chin  de  la  quatrième  Lune  ,  12  ?vîai  ^  elle 
étoît  dans  San- tay,  elle  alloit  vers  leil ,  elle  entra  dans 
Tay ' ouey ,  elle  traverfa  7^-A/o  (  Arclurus  )  &  le  Tien-ché ; 
elle  étoit  longue  de  dix  tchang.  Au  jour  Kia-fu  de  ia  cin- 
quième Lune,  5  Juillet,  on  ne  ia  vit  plus. 

-.  8p2.  Trois  Comètes» 

Première  année  King-fo ,  cinquième  Lune  ,  qui  occupa 
tout  le  mois  de  Juhi,  l'étendard  de  Tchi-yeou  parut;  il  avoit 

en  fortant 


DES      C  0   Ad    E  T  E   S.  6lJ 

€11  (brtant  ia  figure  d'une  Comète  blanche ,  femblabfe  à  une 
cheveiure,  fa  longueur  éîoit  de  deux  ché. 

A  ia  onzième  Lune,  commençanî:  ver^  ie  2  j  Novembre, 
on  vit  une  Comète  dans  Teou  &  N'ieou  (  huitième  &  neu- 
vième des  vingt-huit  conflellaîions  ). 

A  la  douzième  Lune,  jour  Pîrig-tfe ,  28  Décembre;  une 
Comète,  appelée  Tien -îf an,  fortit  du  fud-ouefl.  Au  jour 
Ki-mao,  31  Décembre,  le  ciel  étant  couvert,  on  ne  la 
vit  plus. 

La  Comète  de  '^^'^  ^  oblervée  à  la  Chine  en  la  deuxième 
année  King-fo  ,  eft  précifément  la  même  que  celle  qui  eft 
rapportée  par  le  P.  Gaubii ,  à  la  même  deuxième  année 
King-fo  ;  mais  à  l'an  8^5.  La  première  année  King-fo 
répond  bien  certainement  à  notre  année  8^2.  Le  temps  tut 
couvert,  dit  Ma-tuon-lin  ,  juiqua  la  quatrième  Lune.  Au 
jour  Y-yeou ,  6  Mai,  les  nuages  le  diiïipèrent  peu -à -peu; 
on  vit  une  Comète  dans  Chang-tay  (  ^ ,  jc  de  la  grande  Ourfe  ), 
longue  de  dix  tcliang  ;  elle  alloit  vers  l'orient  :  elle  entra 
dans  Tay-Quey  ,q\\q  traverfa  Ta-kio  (  Ardurus  )  &  le  Ticn-ché: 
fa  durée  fut  de  trente -fept  jours;  fa  longueur  fut,  en  aug- 
mentant toujours ,  jufqu'à  vingt  tchang.  ]^çs  nuages  l'ayant 
cachée,  on  ne  la  vit  plus»  Nous  avons  remarqué  qu'en  85)5 
ie  jour  Y-yeoii ,  n'apparteooit  pas  à  la  quatrième  Lune,  mais 
à  la  cinquième,  qui  étoit  même  fort  près  de  fa  fin  ,  ce  qui 
confirme  que  notre  date  efl  plus  exaéle  que  celle  du  Ps 
GaubiL 

8p4.     ■ 

Première  année  Kien-nïng,  première  Lune,  commençant 
ie  p  Février;  il  y  eut  une  Comète  dans  Chun-cheoii  (  un  àes 
douze  fignes  Chinois  ,  répondant  en  grande  partie  à  notre 
eonflellation  mobile  àes  Gémeaux  ). 

Page  ^  ^j,  ûjoutei,  La  Comète  de  5)05  iut  vue  en  Chine, 
à  ia  deuxième  année  Tien-yeou.  A  la  quatrième  année  ,  jour 
Kia-chin,  quarante -unième  du  cycle,  22  Mai  ,  elle  ctoit 
Tome  L  II  i  i 


6i8  Histoire 

dans  Pé-ho  {cl,  (è  des  Gémeaux)  ;  elle  traverfa  Ven-tchaiig 
(  G,  y,  (p,  T,  e,  f,  h  de  la  grande  Ourfe  )  ;  fa  loiigueur 
étoit  de  trois  tchang.  Elle  fut  au-delà  de  Tchuiig-tay  (A,  //, 
de  la  grande  Ourfe  )  &  de  Hia-tay  (i/,  g  de  la  même). 
Au  jour  Y-tcheou  de  la  cinquième  Lune,  i  2  Juin,  elle  fortit 
de  Hien -yveji  (^,  et,  vi,  y,  Ç,  /x,  e,  x,  &c.  du  Lion  )  & 
de  KîO  de  la  gauche  [0,  r  de  la  Vierge  )  ;  elle  parvint 
aux  murailles  occidentales  du  Tien-ché.  Sa  chevelure  étoit 
brillante,  elle  avoit,  dit  Ma-tuon-lin,  l'air  irrité,  fa  lon- 
gueur s'étendoit  dans  le  ciel.  Au  jour  Ping-yn,  13  Juin, 
des  nuées  obfcures  la  cachèrent.  Au  jour  Sin-oui ,  18  Juin, 
les  nuages  étant  diiîipés,  on  ne  la  vit  pas. 

cj  12. 

Deuxième  année  Kïen-hoa  du  règne  de  Tay-tfu,  qua- 
trième Lune,  jour  Gïn-chin ,  13  Mai,  une  Comète  fortit  de 
Tchang  (  vingt-fixième  des  vingt-huit  confteiîations  ). 

Même  Lune,  jour  Kia-ju,  15  Mai,  une  Comète  fortit 
de  Ling-tay  (^,  c,  d  du  Lion).  Pour  admettre  ici  deux 
différentes  Comètes  ,  il  nous  faudroit  des  éclairciffemens 
ultérieurs.  L'une  <Sc  fautre  paroiflbit  le  foir  à  l'occident , 
caraélère  que  les  Européens  donnent  à  leur  Comète  de  cj  1 2. 

Page  ijf .  ajoutei: 

5)28. 

Troifième  année  Tïen-tching  de  Ming-tfung ,  à  la  dixième 
Lune,  jour  Keng-ou,  13  Décembre,  une  Comète,  longue 
d'un  tchang,  fortit  du  fud-ouefl  ;  eWe  indiquoit  le  fud-efl: 
elle  étoit  à  5  degrés  de  Nieou  (  elle  avoit  5  degrés  d'afcen- 
fion  droite  plus  que  3  du  Capricorne  ).  Parvenue  à  trois 
foirées ,  on  ne  la  vit  plus. 

Troifième  année  Tfing-tay  de  Lou-ouang,  neuvième  Lune, 
jour  Ki-tcheou,  21  Septembre,  une  Comète  fortit  de  Hîii 
&  de  Goey  (onzième  &  douzième  des  vingt-huit  conflella- 
tions  )  ;   elle  étoit  longue  d'un  ché ,    de  figure  mince,    dit 


DES    Comètes,  619 

Ma~'tuon-Iin  :  elle  traverfa  Tien-louy  -tdiing  (  ^  cîu  Verfeau  , 
Cj  A  du  Capricorne)  &  Âo  (e  du  Verfeau,  ^  du  Capricorne). 

Sixième  année  Tien-fo  du  règne  de  Kao-tfu  des  Tfiii 
poftérieurs,  neuvième  Lune,  jour  Gïn-tfé  (  18  Septembre 
ou  17  Novembre:  la  huitième  Lune  a  fini  le  23  Septembre, 
la  dixième  a  fini  le  2  i  Novembre  au  foir  ;  fi  l'erreur  vient 
du  comput  Chinois  ,  il  n'ed  pas  facile  de  décider  laquelle 
de  ces  deux  Lunes  ils  ont  comptée  pour  neuvième  ).  Au 
jour  Gin-tfé ,  dis- je,  une  Comète  fortit  de  la  contrée  occi- 
dentale; elle  balaya  \es  murailles  du  Tien-ché:  fa  longueur 
étoit  d'un  tchang.  (  Si  la  Comète  parut  à  l'occident  près  du 
Tien- elle,  ce  devoit  être  le  18  Septembre,  plutôt  que  le 
\iy  Novembre  ). 

5?43- 
Huitième  année,  dîxièmeLune,  ]ouy  Keng-fu ,  5  Novembre, 
on  vit  une  Comète  dans  la  contrée  orientale;  ^We  indiquoit 
fouefl;,  le  veflige  de  fa  queue  étoit  long  d'un  ehé :  elle  étoit 
dans  p  degrés  de  Kio  (  Ton  afcenfion  droite  excédoit  de 
p  degrés  celle  de  cl  de  la  Vierge  ). 

Page  jjé,  ajouîei: 

Troifième  année  Hien-té  de  Tchi-tfung,  première  Lune, 
jour  Gin-fu ,  13  Mars,  on  vit  la  nuit  une  Comète  chnsTJh/i 
(  croix  d'Orion  )  ;  fa  chevelure  indiquoit  le  fud  -  oueff.  La 
Lune  en  c)j6  a  renouvelé  le  i  5  Mars;  i'équinoxe  eft  arrivé 
îe  même  jour  après  fix  heures  du  foir;  ainfi  cette  Lune  étoit 
véritablement  deuxième  Lune.  La  Lune  précédente  ,  qui 
couroit  le  13  Mars,  étoit  à  la  rigueur  Lune  intercalaire; 
on  l'aura  comptée  pour  première  Lune  ;  l'erreur  étoit  peu 
confidérable  :  elle  le  feroit  davantage ,  fi  l'on  eût  compté  pour 
féconde  Lune,  ou  pour  Lune  intercalaire,  celle  qui  finilToit 
ie  I  5  Mars  ;  alors  le  jour  Gin-fu  feroit  le  i  3  Janvier ,  &  la 
première  Lune  n'auroit  dû  commencer  -que  le  1 6.   Cette 

1  i  i  i  ij 


620  Histoire 

dernière  erreur  dans  le  comput  Chinois  ne  ferolt  cependant 
pas  impoffible. 

Page  ^/7.  Ma-tuon-iin  eit  d'accord  avec  le  P.  Gaiibiî^ 
fur  la  Comète  de  la  huitième  année  Kay-pao  de  Tay-tfu- 
hoang  -  ti ,  ou  de  l'an  p/  5  ,  excepté  qu'au  lieu  de  dire  qu'on 
la  vit  entre  fept  heures  &'  neuf  heures  du  matin  ,  il  dit 
fimplement  qu'on  la  voyoit  le  matin  dans  la  contrée  orien- 
tale, c'efl- à-dire  à  l'orient,  &  non  dans  ce  que  \qs  Chinois 
appellent  contrée  orientale ,  puirqu'aucune  àçs  onze  conflel- 
iations  par  iefqiTelles  la  Comète  a  palfé  ,  fuivant  Ma-tuon-lio 
&  Gaubif ,   n'appartient  ri  cette  contrée. 

Paot  j  j  S,  ligne  2^.  Il  en  parut  une  en  Chine,  <Scc.  Sup- 
primei  ^^'^'^  ^  ^^^  ^^  ^^  lignes  Juivantej. 

Page  ^  jg.  après  la  ligne  2.  ,  ajoutei:  Ma-tuon-îin  entre 
dans  un  plus  grand  détail.  En  la  deuxième  année  71/o/;-/^o//^ 
de  Tay-fung  ,  ou  en  ^ 89  à  la  fixième  Lune  (il  faut  lire 
avec  le  P.  de  Alfi-illa ,  &  d'après  les  grandes  Annales  de  la 
Chine  ,  à  la  fepiième  Lune ,  elle  avoit  commencé  le  6  Août).; 
au  jour  Vou-tfé ,  \  3  Août,  une  Comète  fortit  de  Tung-tfing 
(  vingt-deuxième  conflellation  ûqs  vingt -huit  )  :  fa  couleur 
étoit  d'un  bleu  pâle,  fa  chevelure  brillante,  s'alongeant  peu- 
à-peu,  La  Comète  parut  le  matin  au  nord-efl;  dix  jours 
après,  on  la  vit  au  nord-ouefl:  elle  traverfi  Yeou-  ché -ty 
(>i^  T,  u  du  Bouvier).  Après  trente  jours,  elle  vint  à  Kang 
(  deuxième  à^s  vingt-huit  conftellations  )   où  elle  périt. 

Page  ^6  G,  Comète  de  ^^'è  ,ajoutei.'  Elle  parut,  fuivant 
Ma-îuon-iin,  en  la  première  année  i7/>/?-//>;^  de  Tchin-fîng, 
au  jour  Kia-chin  de  la  première  Lune,  23  Février  :  qWq  fortit 
du  nord  de  Yng-ché ;  fa  chevelure  étoit  brillante  ,  longue 
d'un  ché.  Elle  parvint  au  jour  Ting-yeou  ,  8  Mars ,  fa  durée 
fut  de  quatorze  jours.  Il  eft  clair  que  c'eft  cette  même  Comète 
que  le  P.  Gaubif  rapporte  à  l'an  5)8^,  d'autant  plus  que  ce 
Père  date  fa  Comète,  ainfique  Ma-tuon-iin,  de  la  première 
année  Hien-ping.  Mais  fur  cette  date  de  ^89,  le  P.  Gaubii 
eft  contredit  par  le  P.  de  Mailla ,  par  le  P.  Couplet  ,  par 
l'Auteur  de  la  Synopfe  chronologique ,  imprimée  dans  le 


T>   E   s      C  0   M   È  T  E  s,  62 1 

Recueil  de  Thévenot  :  il  efl  certain  d'ailleurs  que  la  première 
année  Hien-ping  concourt  avec  i'an  ^p8  ;  Tchin  -  fung  ou 
Tchin-tfong ,  qui  donna  ce  nom  à  l'année,  ne  régnoit  pas 
encore  en  5^ 8 p.  L'apparition  de  la  Comète  en  p^S  eft 
encore  confirmée  par  les  grandes  Annales  de  la  Chine  de 
M.  de  Guignes. 

Page ^62 ,  ligne  2^  ,  ajoutei!  On  la  vit,  fiiivant  Ma-tuoiv 
lin,  en  la  fixième  année  Hien-ping.  Au  jour  Kia-yn  de  la 
onzième  Lune,  23  Décembre,  elle  pai'ut  dans  Tjing  & 
Kouey  (  vingt -deuxième  &  vingî-troifième  àts  vingt  -  huit 
confiellations  }  ;  éXe  étoit  grande  comme  un  vafe  y  d'une 
couleur  de  bleu  pâle;  fa  chevelure  étoit  brillante,  longue  de 
quatre  ché.  La  Comète  s'approcha  très-près  de  Ou-îchou-heou 
(  ô,  T,  /,  t;,  (p  àçis  Gémeaux)  ;  elle  palTa  par  Ou-tché , 
(ce,  i3,  6,  ;  &c,  du  Cocher,  /2  du  Taureau  )  ;  elle  entra  dans 
TJan  (  croix  d'Orion  )  :  après  trente  jours  elle  dilparut. 

Page  ^6j,  ligne  j  ,  ûjoutei:  Ma-îuon-lin  la  fait  paroiîre 
en  la  deuxième  année  Tïen-hi,  donc  en  10  iB.  Au  jour 
Sin-hay  de  la  fixième  Lune,  4  Août,  elle  forîic  au  nord-efl 
de  la  féconde  Etoile  du  Kouey  du  Pé-teou  (  du  quarré  de  la 
grande  Ourle  ) ,  elle  étoit  longue  de  trois  ché ,  &  elle  alioit 
vers  le  nord  avec  la  première  Etoile  du  Pé-teou,  Qu'eil-ce 
que  cela  peut  lignifier!  La  première  Étoile  du  Pé~teou  a-t- 
elle  un  mouvement  l  La  Comète  traverfa  Tïen-lao  (  ca  de  la 
grande  Ourie  )  &  Ven-tchang  (  u  ,  ^  ,  t,  Ô,  &c.  de  la  grande 
Ourfe  )  ;  fa  longueur  éioii  de  trois  tchang  :  tW^  paffa  par  le 
palais  Tje-ouey ,  par  San-îay  { \^s  trois  Tay ,  i ,  ?c;  A  ,  //.;  v,  ^ 
de  la  grande  Ourle  ) ,  par  Hien-yven  (  ê,  et,  y  &c.  du  Lion),, 
Elle  alla  enfui  te  en  s'éioignant  vers  l'occident  jufqu'à  Sing 
(  cœur  de  i'Hydre  &  Etoiles  voiiines  ).  Après  trente- fept  jours 
d'apparition  elle  iut  détruite.  îl  y  auroit  fans  doute  à^s 
réformes  à  faire  dans  cette  route.  Peut-être  que  Ma-tuon-îin 
&  \qs  Chinois  difent  qu'une  Comète  pafîë  par  une  conflel- 
iaîion ,  lorfqu'elle  couvre  cette  confleilation  de  fa  queue. 
Quoi  qu'il  en  foit,  la  date  que  Ma-tuon-lin  donne  à  notre 
Comète  aétueile  eft  confirmée,  non-feuiement  par  le  P.  de 


62  2  Histoire 

Mailla,  mais  encore  par  le  témoignage  de  tous  les  Écrivains 
Européens  :  donc  le  P.  Gaubil  a  eu  tort  de  la  rapporter  à  la 
troifième  année  Tien-hi  ou  à  l'an  loip. 

Tranfportez  donc  à  i'an  i  o  i  8  ce  que  le  P.  Gaubil  dit 
de  la  Comète  de  loi^  ,  changeant  feulement  la  da.e  du 
3  o  Juillet  en  celle  du  4  Août.  L'apparition  d'une  Comète 
en  loip  deviendra  alors  au  moins  très-incertaine. 

Page  }yo,  lime  26 ,  ûjoutei:  Elle  parut  en  la  deuxième 
année  Adîng-tao  de  Gin-fung ,  au  jour  Voii-fu  de  la  leconde 
Lune,  5  JVlars ,  à  i'efî:  de  la  contrée  feptentrionaîe ,  c'efl-à- 
dire  peut-être  au  nord-eil: ,  &  non  pas  au  nord-oued:,  comme 
dit  Mailla  :  fa  couleur  étoit  d'un  blanc  rouge  ,  fa  chevelure 
brillante ,  fa  longueur  de  deux  ché. 

Même  page ,  ajoute^  : 

103  5.  Deux  Comètes, 

Deuxième  année  lùng-yeou ,  donc  bien  certainement  en 
1035,  huitième  Lune  ,  jour  Cin-fu ,  i  5  Septembre  ,  on  vit 
une  Comète  dans  Tcliang  &  Ye ,  longue  de  lept  ché  cinq 
tfun  :  après  douze  jours  elle  difj^arut.  Cette  Comète  eft  rap- 
portée par  le  P.  de  Mailla  à  l'an  1034;  fi  c'eft  en  1035 
qu'elle  a  paru ,  la  colonne  de  feu ,  dont  parlent  Cédrène  & 
Glycas  fur  l'an  1034,  pourroit  n'être  qu'un  météore. 

Au  jour  Ki-oin  de  la  dixième  Lune  ,  i  i  Novembre  ,  une 
Étoile  fortit  pendant  la  nuit  de  Vay  -  ping  (lien  occidental 
àQs  Poiifons)[;  fa  chevelure  étoit  trcs-foible. 

Page  ^y2  ,  ligne  y,  ajoutei:  J'en  dis  prefque  autant  de 
la  route  que  Ma-tuon-lin  lui  fait  tenir.  Il  la  faitfortir  d'abord, 
comme  le  P.  Gaubil,  le  10  Mars  matin,  de  la  conftellation 
Htu ,  Se,  dit-il,  delà  contrée  orientale:  mais  Hiii  eft  bien 
loin  de  la  contrée  orientale  des  Chinois  ,  au  lieu  que  la 
Comète  étant  le  i  o  Mars  dans  Hiu ,  elle  devoit  paroître  le 
matin  du  côté  de  l'orient.  Elle  indiquoit  le  fud  -  oueft  ,  dit 
Ma-tuon-lin,  &  cela  devoit  naturellement  être»  De  Hiu  la 
Comète  va  gagner  le  Tfé-ouey  &  revient  à  Leou  ;  ceci  n'efl 
pas  fi  naturel.  Eft -ce  que  le  P.  Gaubil  du  Tfé-ouey  auroit 


DES    Comètes.  623 

fait  les  Jeux  conlleilations  Tfé  ou  Tfoiii  &  Ouey ,  nom  qu'il 
donne  à  la  Mouche  l 

Même  page ,  ligne  i6,  ajoute^:  Ma-tuon-lin  la  fait  fortir 
à  la  feptiènie  Lune,  non  de  la  conftellation  Tfoui  ^  mais  du 
palais  Tfé-ouey  ;  il  ajoute  que  la  couleur  étoit  blanche  :  fur 
tout  le  refle  il  eft  d'accord  avec  le  P.  Gaubil. 

Page  ^yy,  ajoutei  :  Il  n'eft  pas  facile  de  concevoir  îe 
détail  où  Ma-tuon-lin  entre ,  par  rapport  aux  mouvemens  de 
la  Comète  de  1066;  le  voici  fidèlement  traduit  par  M.  de 
Guignes.  «  Troilîème  année  Tchï-pïng  de  Hing-tiung  ,  à  la 
troifième  Lune,  au  jour  10- oui  (  2  Avril  )  ,  une  Comète  « 
fortit  de'Yng-ché  {cL,(è  de  Pégafe  )  :  eile  parut  le  matin  ,  « 
dans  la  contrée  orientale  (  c'eft-à-dire ,  fans  aucun  doute,  àcc 
l'orient).  Sa  longueur  éloit  de  fept  c/ie;  elle  indiquoit  le  « 
fud-oueft,  étant  entre  Goey  (  a  du  Verfeau,  g,  6  de  Pégafe),  « 
&  Fuen-niu  (y,Ç,  Tijvrdu  Verfeau).  Peu-à-peu  elle  s'éloi- « 
gna ,  en  allant  vers  l'orient  ;  elle  s'approcha  du  Soleil  &  elle  « 
fut  cachée-  Au  jour  Sin-fe ,  (  24  Avril  )  ,  elle  parut  le  foir  « 
dans  le  nord-ouefl.  11  y  eut  une  Étoile  (on  powroit  ahfoJii-  « 
ment  parlant  traduire,  c'étoit  une  Etoile)  fans  chevelure.  Il  y  « 
eut  auiïi  une  vapeur  blanche,  longue  de  trois  clié :  elle  tra- « 
verfi  le  haut  du  palais  Tfé-ouey ,  l'Etoile  dans  Fang  (  frojit  « 
du  Scorpion).  Sa  tête,  fa  queue  entrèrent  dans  Pi  (  les  ce 
Hyades  ) ,  allant  vers  left ;  elle  traverfa  Ven-îchang  (  u, (p,  t,  0 ,  « 
&c.  de  la  grande  Ourfe  )  &  le  Pé  -  îeoii  (grand  Chariot  )  ;  « 
eile  traverfa  Ouey  (  queue  du  Scorpion  ).  Parvenue  au  jour  « 
Gin-ou  (  2  5  Avril  )  ,  l'Etoile  eut  de  nouveau  une  chevelure;  « 
la  Comète  longue  d'un  tchang  trois  c/^/ indiquoit  le  nord-elt,  « 
&  traverfa  Ou-îché  {cl,  fé,  0,  i,  &c.  du  Cocher,  (è  du  « 
.Taureau  ).  La  vapeur  blanche  étoit  divifée  &  en  travers  du  « 
ciel  :  elle  traverfa  Pe-/io  (  ci ,  ^  ûçs  Gémeaux) ,  Ou-tchu-lieou  « 
(  T,  Ô ,  / ,  u ,  xp  dQs  Gémeaux  )  ,  Hien-yven  (a.,y,i,  &c.  du  « 
Lion,  quatre  Étoiles  du  Lynx,  &c.  )  ,  le  palais  Tay-ouey,  « 
Ou  -  îi  -  îfo  (  ^  du  Lion  ) ,  Nuy-ou-tchou-heou  (  cinq  Etoiles  à  « 
l'ouefl  de  5^  &  ^  de  la  Vierge)  ;  d\Q  vint  dans  Kio,  Kang ,  « 
77 ,  Fang  (  les  quatre  premières  à^i  vingt-huit  conlleilations).  « 


624  Histoire 

►  Au  jour  Koiiey -  oui  (  ^6  Avril) ,  ia  Comète  étoit  longue 
.  d'un  tchûng  cinq  ché.  li  y  eut  une  Comète  comme  un  boii- 
.  feau ,  elle  traverâ  Yng-clié ,  &  vintjufqu'au  nord  de  Ttchang 
(  X,  y,  A,  [Xf  cp  de  l'Hydre  )  ce  qui  fait  auatorze  confiella- 
'  îions.  Au  bout  de  foixante-fept  jours,  i'Êtoiie  ,  la  Vapeur, 
ia  Comète  furent  toutes  détruites  ».  II  règne  Ici  une  confufioii 
de  Comète,  d'Etoile,  de  Vapeur,  qu'il  n'ell:  guère  poffible 
de  diffiper,  J'avois  bien  trouvé  quelque  choie  de  tout  cela 
dans  le  P.  Gaubil  ;  mais  ce  Père  avoit  omis  \ç:?>  circonilances 
les  plus  embarraiTantes  ,  il  avoit  arrangé  différemment  les 
autres  :  j'ai  cru  entrevoir  de  la  clarté  où  Ma  -  îuon  -  Vin  me 
prouve  qu'il  n'y  avoit  que  à^i  ténèbres.  Tout  ce  que  je  puis 
conjeéturer ,  c'eft  que  le  24  &  le  2  5  Avril ,  outre  la  Comète, 
il  a  paru  un  ou  plulieurs  météores ,  &  que  A4a-tuon-lin  ou 
quelque  Hiilorien  qu'il  aura  copié ,  raffemblant  tout  ce  qu'ii 
avoit  trouvé  d'épars  ,  tant  iur  les  météores  que  fur  la  Comète, 
a  fait  un  feul  tout ,  &  en  a  conûruit  ce  labyrinthe ,  où  il  eft 
difficile  de  ne  fe  pas  égarer.  Ce  que  je  penfe  qu'on  peut  en 
extraire  de  plus  probable ,  c'eft  que  la  véritable  Comète  a 
paru  le  2  Avril  au  matin  ,  dans  le  commencement  de  ia 
conileliation  17^ o- -  <:7/^',  que  fon  cours  apparent  étoit  direél , 
qu'elle  fut  en  conjonélion  avec  le  Soleil  ,  que  le  24  Avril 
elle  avoit  pafle  à  l'orient  du  Soleil  ,  &  que  ce  même  jour 
on  la  vit  le  foir  au  nord-oueft  ;  qu'elle  pouvoit  éîre  ce  jour- 
là  dans  Pi ,  c'eft-à-dire ,  avoir  même  afcenfion  droite  que 
les  Hyades,  mais  avec  une  latitude  boréale;  que  le  25  Avril 
elle  put  traverfer  Ou-tché ;  enfin  qu'en  foixante-fept  jours 
elle  a  parcouru  en  afcenfion  droite  quatorze  confteliations 
Ghinoilès,  depuis  O/ ou  l//^- -<:/// jufqu'à  TcJiang,  fui  vaut 
l'ordre  àes  figues.  Tout  le  refte  doit  être  rapporté  à  quelques 
météores  ,  ou  même  en  partie  à  une  féconde  Comète  qui 
aura  été  obfervée  aux  mêmes  jours  que  la  Comète  principale» 
Page  S79>  ^igi^^  ^f  ajoute^:  Elle  parut  comme  une  Etoile, 
fuivant  Ma-îuon-iin,  en  la  huitième  année  Hy-fiing  de  Chin- 
tfuncx,  le  17  Novembre  au  fud-eft ,  au  milieu  de  Tchin  ; 
die  reffçm'bioit  à  i'Étpile  de  Saturne ,  fa  couleur  étoit  d'un 

bleu 


ï>  E  s    C  0  M  È  T  n  :t  61^ 

ïaleu  pille.  Le  18  N()ven»I)re,  il  lui  jiacjiiil  des  cornes  hril 
Luîtes,  longues  tie  trois  (/it';  (  (a  (jucue  éloil  divilte  laii.-» 
doute  en  deux  rayons,  ce  <|iii  n'cll  pas  iiilolite  )  ;  elle  cloit 
inclinciie  Si  indi(]iioii.  /)/////,  Au  1  (^  Novi  initie  le.  lornes 
étoieni  brillantes  6l  lon^ui's  de  eincj  c/ic.  I  ,e  20  Novembre, 
J.i  Comète ,  longue  de  ièpt  <//<',  éloit  incliiu'e  &  indi(|uoit 
î'F-toile  Tfo-y/i  (  vi  du  Corbeau  ).  Parvenue  au  jour  'fi/if;' oui , 
2.Ç)  Novembre,  elle  entra  dans  Tc/io  (ou  /'/,  les  I  lyadi  s) , 
tk  ne  parut  plus. 

Allante  p<if,c  ,  lip;nc  /^,  /ijouîci  :  Ma-tiion-lîn  ciinx'  dans 
lui  j)lu.s  grauil  <l('tail  lur  celle  Cumclt*.  A  la  troilitiiie  aiuu'e 
Yven  -  fitni.'-  tle  'IVbin  llunt- ,  nu  en  i(j8o  ,  Icplicuic  l.iuie, 
jour  Koiuy  -  OUI  ,  10  Aoiil,  elle  lorlil  au  nord-oueit  (\qs 
murailles  de  'l'dy-oucy ,  au  lud  de  l .tiiii'^oucy  (  cbevelure  de 
Bércnice  )  :  c'étoil  une  vapeur  blanelie,  longue  d'un  ti/idiig; 
elle  etûit  inclin(5e  cx  intli(|uoit  le  hul  ell.  Lu  Comète  (Jtoit 
au  milieu  de  Tchiii ,  c'e(t-à-dire ,  qu'elle  avoît  liuii  ou  luid 
degrés  d'afcenfion  droile  j)lus  (|ue  y  du  Corbeau.  Au  jour 
^Ping-jn ,  13  Août,  elle  tendoit  au-devant  de  l'ouefl  de  la 
contrée  lej)lentri(jnale  (  je  ne  (àis  ce  que  ceci  |)eul  bgnider; 
la  Comète  u'avoil  aui  une  tendance  vers  ee  <jue  les  CIlinoii» 
appellent  contn'c  JepU'ntrion^ile )  ;  elleétoit.au  nn'lieu  de  Ye  , 
ou,  en  termes  Européens  ,  elle  avoit  environ  neul  degrés 
d'alcenlion  droite  [)lus  (jue  et  de  la  Coupe.  Au  jour  Ko////^, 
115;  Août,  la  longueur  étoil  de  U-oi;.  ///('.elle  <-loil  iuiliuée^ 
6l  elle  pénétra  dans  Lang-gocy  (  cbevelure  de  Bérénice). 
Au  jour  Koucy  uKio ,  30  Août,  (il  |)Ouiroit  y  avoir  ici  uwi.". 
laule  d'impretiiun  ,  on  aura  mis  Koucy  m, to  |)our  Sïn  nhio , 
(18  Août,  ou  pour  Koucy-fc ,  20  Aoul  )  ,  la  Comète  j)a(la 
très-près  iX Hien-yvcn  (et,  y,  e,  cScc.  du  Li(jn  ).  Au  j<jur 
Tiiii'j-ycou ,  24.  Août,  la  Comète  entra  dans  'i'c/io  (  ou  7^/, 
k'S  ilyatles)  ik  difparul.  Au  jour  K'tn^-ifi:,  27  Août,  elle 
reparut  dans  'fLliani^  (3''>'J»  A,  /x,  (p  de  l'Hydre),  jul(|u'au 
jour  Voit -on,  14.  iieptembre  ;  on  la  vit  en  loui  niiile  Iik 
jours  &  elle  dilj)arut.  il  elt  Irès-probabb.*  (jue  Ma  tu(^n  lin  \\ 
conlondu  ici  Ai:\.\y.  Comètes  bien  diUincles;  celle  (ju'on  vit 
7  me  /,  K  k  k  k 


626  Histoire 

le  27  Août  dans  Tchang ,  ne  pouvoit  être  celle  qui  avoît 
dj/J:)aru  le  24  dans  Jcho»  Le  faut  que  l'on  lait  du  i  5  au 
30  Août,  pour  revenir  eniuite  au  24  &  au  27  du  même 
mois,  eft  lé  feul  de  cette  elpèce  que  je  trouve  dans  Ma- 
îuon-lin  ;  c'eii  ce  qui  me  faii  loupçonner  qu'il  s'eft  gliiïe 
en  cette  partie  une  faute  d'imprelîion ,  ^  M.  de  Guignes 
regarde  cette  faute  comme  très-poffible.  En  la  corrigeant, 
la  route  de  la  première  Comète  devient  régulière,  fi l'on  en 
excepte  cependant  la  pénétration  dans  la  chevelure  de  Bérénice. 
Cette  première  Comète  ne  peut  être  celle  d'Halley  ;  miiis 
rien  n'empêche  d'en  reconnoître  un  retour  dans  celle  qui  fut 
oblervée  depuis  le  27  Août  jufqu'au  14  Septembre. 

Page  ^82,  ligne  2.^ ,  ûjoutei:  Suivant  Ma-tuon-lin ,  on 
la -vit  en  Chine,  à  la  quatrième  année  Tchao-tching  de 
Tché-tfung,  au  jour  Kï-yeou  de  la  huitième  Lune,  6  Odobre; 
elle  fortit  au  milieu  à^s  degrés  de  Ty  (  8  degrés  à  l'eil  de  cl 
de  la  Balance  )  :  elle  étoit  comme  Saturne  ;  elle  avoit  une 
chevelure  ,  fa  couleur  étoit  brillante  ,  c'étoit  une  vapeur 
blanche ,  longue  de  trois  ché :  elle  étoit  inclinée  &  regardoit 
les  murailles  du  Tïen-ché.  A  la  neuvième  Lune,  jour  Giii-tjé, 
(9  0(5lobre,  la  Lune  avoit  en  effet  renouvelé  le  8  ) ,  fa 
chevelure  étoit  brillante  &  longue  de  cinq  ché  :  la  Comète 
entra  dans  les  murailles  du  Tien- ché.  Au  jour  Ki-oui,  16 
Oiflobre,  elle  s'approcha  de  très-près  àuTien-ché  (ou  plutôt ^ 
fans  doute,  elle  étoit  très-près  du  Tïen-ché),  Jour  Keng-chin, 
ij  Oélobre,  ellepaffa  très- près  de  Ti-tfo  (et  d'Hercule  )  & 
àes  murailles  du  Tïen-ché.  Au  jour  Vou-chïn ,  cinquième  du 
cycle ,  2  5  Odobre ,  on  ne  la  vit  plus.  Il  paroit  que  cette 
Comète  monta  du  huitième  degré  de  7/  à  la  tête  d'Hercule, 
en  fjivant  une  à^s  murailles  du  Tien -ché,  &  comme  les 
Étoiles  qui  forment  ces  murailles  ne  font  pas  placées  en  ligne 
droite,  la  Comète  étoit  tantôt  en-dedans,  tantôt  en- dehors 
de  ia  muraille. 

Page  ^8y ,  après  la  ligne  ^2,  ajoutei  :  Ma-luon-h'ii 
après  avoir  dit  qu'en  la  cinquième-  année  Tfiing-ning  de 
Hoej-tfung,  au  jour  V^ou-fu  de  la  première  Lune,   cette 


DES     C  0   M  È  r  E  S,  627 

C^omèîe  fortît  de  la  contrée  occidentaie ,  ajoute  qu'elle  éîoit 
fèmblable  à  la  bouche  d'un  petit  vafe  ,  que  fa  chevelure 
étoit  brillante  &  éparfè,  que  ia  longueur  étoit  de  fix  tchang 
trois  ché ,  &  qu'au  commencement  elle  indiquoit  le  nord- 
efl.  Sur  la  route  de  la  Comète,  Ma-tuon-liii  efî;  parfaiterneiit 
d'accord  avec  le  P.  Gaubil. 

Pa^e  ^g  0  ,  fur  la  Comète  de  i  i  00 ,  ajoutei  :  On  l'ob- 
ferva"  en  Chine,  félon  Ma-tuon-lin,  en  la  quatrième  année 
Ta-kiion.  Jour  Ting-oid  de  la  cinquième  Lune,  2p  Mai, 
elle  fortit  de  Kouey  &:  de  Leou ;  fa  chevelure  étoit  brillante, 
iongue  de  hx  ché.  La  Comète  ailoit  vers  le  nord ,  elle  entra 
dans  les  murailles  de  Tfé-ouey.  Parvenue  au  nord-ouell,  ^\\q 
entra  dans  Tdio  (  ou  Pi ,  les  Hyades ,  c'eft  -  à  -  dire  qu'elle 
commença  à  avoir  la  même  afcenfion  droite  que  \^?,  Hyades, 
on  ne  pourroit  l'entendre  dans  un  autre  fens ,  fans  prêter 
à  la  Comète  une  marche  tout-à-fait  irrégulière)  ;  &  on  ne 
ia  vit  plus. 

Page  jp 2.  La.  première  Comète  de  1126  fut  vue  à  la 
Chine ,  en  la  première  année  Tfing-kuon  de  Kin-tfung.  Au 
jour  Gin-fu  de  la  fixième  Lune,  elle  fortit  des  murailles  du 
Tfé-ouey, 

A  la  onzième  Lune  intercalaire ,  commençant  le  i  j  ou 
(16  Décembre,  on  vit  une  Comète  à  l'horizon. 

I  13  I.  Première  année  Chao-hwg  de  Kao-tfung,  neuvième 
Lune,  commençant  le  23  ou  24.  Septembre,  une  grande 
Etoile  parut. 

1132.  Deux  Comètes. 

La  même  année,  douzième  Lune,  jour  Vou-yn ,  j  Janvier 
[i  I  3  2  ,  on  vit  une  Comète. 

Deuxième  année,  huitième  Lune,  jour  Kia-yn ,  7  Oéîo- 
bre  ,  une  Comète  parut  dans  Goey  ,  (  ia  Mouche  )  ;  au  jour 
Kïa-fu  de  la  neuvième  Lune,  27  Oèlobre,  elle  difparut. 

Page  JP ^'  La  Comète  de  i  145  parut,  fuivant  Ma-tuon- 
lin  ,  en  la  quinzième  année  Ghao-hïng,  Au  jour  Vou-yn  de 
k  quatrième  Lune,    z6  Avril,   éilo,  fortit  du  milieu  d.Qz 

K  k  k  k  ij 


6lS  H  I    s    T   0    T    R    É 

conileliatîons  Je  ia  contrée  orientale  :  ici  ces  conftelîatîon? 
font  probablement  les  fept  premières  du  zodiaque  Chinois, 
commençant  à  a  de  ia  Vierge.  Après  cinquante  jours  elle 
difparut.  Au  jour  Ping-chin  (ce  feroit  donc  le  13  Juillet, 
&  non  le  14  Mai)  elle  reparut  dans  Tfan  (croix  d'Orion)  ; 
après  qu  nze  jours  elle  périt.  Nous  ne  pouvons  décider 
entre  Ma-tuon- lin  &:  Gaubil  ;  nous  dirons  feulement  que 
s'il  faut  s'en  tenir  à  l'expofé  de  Ma-tuon -lin,  la  Comète 
qui  reparut  le  i  3  Juillet  ,  pouvoit  être  différente  de  celle 
qui  avoit  difparu  le  15  Juin.  Nous  remarquerons  de  plus, 
que  fi  la  Comète  eft  fortic  du  milieu  d^s  conftellations  de 
ia  contrée  orientale,  c'efl-à-dire ,  û  elle  a  paru  d'abord  le 
z6  Avril  dans  le  Scorpion,  il  n'ed  guère  poffible  qu'elle 
foit  parvenue  le  14  Mai  à  la  croix  d'Orion,  pour  retourner 
le  p  Juin  à  la  conflellation  Tchang ,  conformément  à  ce  que 
dit  le  P.  Gaubil. 

Ma-tuon-lin  ajoute  que  la  même  anne'e,  au  jour  Ting-fe 
de  la  cinquième  Lune ,  4  Juin ,  &  par  conféquent  lorfque 
ia  Comète  précédente  paroilToit  encore ,  on  vit  une  Comète; 
c'étoit ,  dit-il ,  une  Étoile  -  hôte ,  fa  couleur  étoit  d'un  bleu 
pâle. 

Page  jp^,   ajoute:^: 

ii^y»  Première  Comète. 

Seizième  année  Chao-hing ,  jour  Vou-fu  de  la  douzième 
Lune,  I  I  Janvier  i  147,  une  Comète  Ibrtit  au  fud-ouelt 
de  Goey  (  et  du  Verfeau  ,  g,  Ô  de  Pégafe  ). 

La  féconde  Comète  fbrtit,  fuivant  Ma-tuon-lin,  l'année 
fui  vante  ,  jour  Y-hny  de  la  première  Lune,  ij  Février  i  147, 
à  l'efl  de  la  contrée  feptentrionale  dans  Niou  (  <j-, /2,  5),  Ç  du 
Capricorne).  Au  fécond  jour  de  la  deuxième  Lune,  vers 
le   5  Mars ,  elle  périt. 

Ma-tuon-lin  date  de  la  vingt-deuxième  année  Chao-hing, 
ou  de  I  I  52  ,  l'apparition  de  ia  Comète  qui  efl  rapportée  à 
ia  vingt-fixième  année,  ou  à  l'an  i  156,  par  le  P.  Gaubil, 
par  le  P.  de  Mailla ,  &  même  par  hs  grandes  Annales  de  la 


DÈS    Comètes.  629 

Chine ,  confultces  par  M.  de  Guignes.  A  la  feptîème  Lune, 
'dit-il,  jour  Pïng-oii  (  celeroit  alors  le  i  5  Août)  une  Comète 
parut  à  i'ed  de  la  contrée  ieptentrionale ,  au  milieu  de 
TJing  (  cette  Comète  étant  au  milieu  d^s  Gémeaux ,  pou- 
voit,  devoit  même  paroître  le  matin  du  côté  du  nord-efl; 
mais  elle  n'avoit  aucun  rapport  à  ce  que  \gs  Chinois  nom- 
ment contrée  feptentnonalc ,  elle  lui  étoit  au  contraire  diamé- 
tralement oppofée  ).  Au  jour  Tîiig-oiii ,  i  6  Août ,  la  Comète 
étoit  femblable  à  Jupiter ,  fa  chevelure  avoit  deux  ché  de 
longueur.  Au  ]0\n'  Koiicy-tchcou ,  22  Août,  pendant  la  nuit, 
une  Comète  (  c'étoit  probablement  la  même  )  patîa  très-près 
de  Ou-tchou-heou  (  G,  t,  /,  i»,  (p  <\qs  Gémeaux  ). 

Péige  jp  j.  Sur  ia  Comète  de  1162  ,  on  peut  remarquer 
^que  les  Etoiles  Yu-Iin  font  ^  Se  les  trois  4  du  Verfeau. 

1174.  Deuxième  année  Chiing-hi  de  Hiao-tfung,  Jour 
^Sin-tcheou  de  la  feptième  Lune,  i  5  Août,  une  petite  Étoile 
étoit  au  dehors  des  murailles  du  Tfé~oiiey ,  au-deffus  des 
étoiles  Tfie-kiing  (t,  cp,  ^,  ^  d'Hercule,  /x,  ^  du  Bou- 
vier )  ;  elle  étoit  petite  comme  Mars.  On  ne  nous  parle ,  ni 
de  la  durée,  ni  du  mouvement  ,  ni  de  la  queue  de  cette 
Etoile;  nous  ne  pouvons  décider  fi  c'étoit  une  Comète. 

Page  ^00,  ligne  2.  ,  ûjoiitei  :  Ma-tuon -lin  fait  paroître 
cette  Comète  en  la  quinzième  année  Â/<^-////^' de  Ning-tfung, 
ou  en  1222.  Au  jour  Kia-ou  de  la  huitième  Lune,  25 
Septembre,  elle  fortit  de  Yeou-îché-ty  (  >i,  r,  1/  du  Bouvier )« 
Sa  chevelure  étoit  brillant)?,  &  longue  d'environ  trois  tchang: 
ia  Comète  étoit  petite  comme  Jcipiter;  elle  dura  deux  mois, 
traverfa  Ty  ,  Fang  &  Sin  (  troifième  ,  quatrième  8c  cinquième 
^es  vingt-huit  conftellations  ) ,  &  enfin  elle  périt. 

Cette  Comète  termine  le  Catalogue  de  Ma-tuon-lin. 

On  vient  de  pubher  une  Hifloire  de  Rullie,  en  cinq 
volumes ,  par  M.  Levefque  ;  \qs  fiiits  hifloriques  y  font  làns 
doute  fidèlement  rapportés  :  je  n'en  puis  dire  autant  de  quel- 
ques phénomènes  célefles  qui  y  font  mentionnés.  J'y  ai 
rencontré  ï\y.  éclipfes  de  Soleil  &  une  lèule  de  Lune.  De 
ces  fept  éclipfes ,   deux  feulement  font  exadement  datées  ^ 


Histoire,  é^c. 

celles  de  Soieîl  du  i  i  Août  i  124  &  du  25?  Juillet  1375^ 
L  eelipfe  du  1 5)  Mars  i  1 1  3  .  ed  datée  du  i  p  Mai  ,  &  celle 
du  i/^  Mai  118  5  eft  rapportée  à  l'année  fuivanîe  118^. 
Quant  aux  éclipfes  de  Soleii  du  2  Mai  lo^o,  &  du  zr 
Septembre  1385,  elles  font  de  pure  imagination ,  ainfi  que 
celle  de  Lune  du  5  Février  1102.  On  trouve  dans  cette 
même  Hiftoire  l'apparition  de  quatre  Comètes.  On  en  vit 
une  à  Kief  en  1028.  En  1064  ,  une  Comète  fut  aperçue 
pendant  fept  nuits.  En  i2(S8  ,  il  en  parut  une  autre;  on  la 
voyoit  au  couchant,  &  fa  queue  étoit  dirigée  vers  le  midi: 
elle  fe  montra  pendant  treize  nuits.  Enfin,  en  1368  on  vit 
une  Comète  à  queue.  Celle-ci  ne  foufîre  pas  de  difficulté ,■ 
fon  apparition  eft  conflatée.  Quant  aux  trois  autres ,  qui  nous 
garantira  que  l'Auteur  efl  plus  exacl;  dans  leur  date  que 
dans  celle  des  éclipfes! 


Fin  du  Tome  premier. 


Fautes   à   corriger, 

JL^igc     ^y ,  ligne  ^o ,   efacei  &. 

joo  ,  ligne  i^ ,  générale  GafTendi  ;  ïa  terralTa,  U^ei  générale^ 
GafTendi  la  terraffa. 

/  S 2  ,   ligne  22.  ,  c'eft  ce  qui  efl  facile  ,  lij'ei  c'eft  ce  qu'il  efl  facile, 

1^0  ,  ligne  2^ ,  àt%  Hin..  .  .  en  i'an  245  ,  /z/^:^  des  Tfin..  .  . 
en  l'an  24.8. 

jpi  ,  ligne  2^  ,  Le   19   Janvier  1780,  lifei  Le   20  Janvier 

1780. 
2jS  j  fur    TA  CIT.    Venetis  ,    ///^:j;    Venetiis. 
24-0,   ligne    jo  ,  occuîaire ,   lifei    oculaire. 
2S2  ,  ligne      6 ,   Comment   une   Étoile ,    lifei  Comment  une 

telle  Etoile, 

^2p  ,  vis -a-vis  de  la  ligne  11 ,  Clemenc.  Mettez  cette  citation 
vis-à-vis  de  la  ligne  précédente. 

^6 0  ,  ligne  dernière ,  vers  quatre  heures,   lijei  vers  une  heure, 

^j2  ,  ligne    i6  ,  tn  s'en  écartant ,   lifei  ôi  s'en  écartant. 

^S  j  ,  ligne      ^  ,  qni  ,   life?^  qui. 

■J-P4- >  ligne     1^  5^  32'^i  i^f^l  S^    -2^'. 

) 3  0  ,  ligne      6  ,  defigné ,   lifei  défignée. 

j^fo  ,  ?wte  (l)  y  ligne  2  ,  il  avott ,  lifei  il  avoit;  èr"  ligne  j', 
après  communiquées  ,  ajoutei  ;  ou  ,  plus 
vraifemblablement ,  il  s'efl  glific  quelques- 
erreurs  de  Copifte  dans  notre  manufcrit» 

J^^  ,   ligne    jj ,  dans  même  lieu,  lifei  dans  le  même  iieu, 

)p2  ,   ligne  20  ,   d'nn  tchang ,  lifei  d'un  tchang. 

Sp6 ,   ligne  pénultième ,   \  faut,  lifei  il  faut. 

601  f   ligne  26  ,  douzième  Lune,  lifei^  iîxième  Lune. 

Pour  ce  qui  regarde  les  Comètes  obfervées  à  la  Chine  ,  il  faut  faire 
attention  aux  correélions  que  nous  avons  propofées  dans  le  Supplément,. 
j)age  ^6y  &  Suivantes  ;  foit  fur  les  limites  Aes  palais  Tfé  -  oiici  ôc 
"Xay  ~  ouei ,  &  du  marché  célefte  Tien-  ché  ;  foit  fur  le  mois,  l'année 
&  le  lieu  de  l'apparition  de  plufieurs  Comètes ,  rapportées  par  ies 
3PP.  Gaubil  &  de  Mailla. 


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